Introduction générale
Les normes ISSAI 200, 300 et 400 sont des directives internationales qui régissent les
pratiques d'audit au sein des institutions supérieures de contrôle des finances publiques. Elles
offrent un cadre structuré garantissant la qualité, la transparence et l'intégrité des audits
financiers, de performance et de conformité.
ISSAI 200 définit les principes de l'audit financier, mettant l'accent sur la vérification
des états financiers afin d'assurer qu'ils reflètent fidèlement la situation financière des
entités auditées.
ISSAI 300 encadre l'audit de performance, dont l'objectif est d'évaluer l'efficacité,
l'efficience et l'économie des activités publiques, tout en soulignant l'importance d'une
utilisation responsable des ressources.
ISSAI 400 traite de l'audit de conformité, veillant à ce que les entités auditées respectent
les lois, règlements et politiques en vigueur.
L’Ensemble de ces normes forment un ensemble cohérent de principes qui renforcent la
responsabilité, la transparence et une gestion rigoureuse des finances publiques dans le cadre
des audits réalisés par les institutions supérieures de contrôle.
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ISSAI 200 - PRINCIPES DE L’AUDIT FINANCIER
Introduction :
L'ISSAI 200 fait partie des normes internationales d'audit développées par l'INTOSAI
(Organisation internationale des Institutions Supérieures de Contrôle des Finances Publiques).
L'objectif de cette norme est de définir les principes clés pour les audits financiers dans le
secteur public, en s'assurant que les états financiers sont conformes aux référentiels comptables
appropriés et offrent une assurance raisonnable sur leur exactitude.
1. Champ d'application de l'ISSAI 200 :
L'ISSAI 200 s'applique à l'audit d'états financiers ou à d'autres formes de présentation
d’informations financières. Elle définit des exigences minimales pour les auditeurs du secteur
public, tout en laissant une certaine flexibilité pour adapter l'audit aux réglementations
nationales spécifiques.
2. Cadre de l’audit financier :
L’audit financier vise à vérifier si les informations financières sont présentées conformément
aux référentiels comptables établis. Il peut s'agir de référentiels reposant sur la présentation
fidèle (évaluation de la réalité économique) ou sur la conformité (respect strict des règles et
des normes comptables).
Conditions préalables à la réalisation d’un audit :
- L'acceptabilité du référentiel comptable utilisé.
- La direction de l’entité doit être responsable de la préparation des états financiers, du contrôle
interne, et de la transparence des informations fournies.
3. Éléments constitutifs de l’audit financier
L’audit financier repose sur plusieurs éléments :
- Le sujet de l'audit : Ce sont généralement les états financiers ou des éléments spécifiques
comme des rubriques comptables.
- Les intervenants :
L'auditeur : Personne responsable de l'exécution de l’audit.
La partie responsable : L'entité publique responsable des informations financières.
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Les utilisateurs présumés : Les destinataires des rapports financiers (pouvoir législatif,
citoyens, ministères).
4. Principes de l’audit financier :
a) Accord sur les termes de la mission :
Avant de commencer l’audit, il est important que l'auditeur et l’entité auditée s’accordent
sur les responsabilités, les objectifs, et les termes de la mission. Cela est souvent prescrit par la
législation dans le secteur public.
b) Planification :
Une bonne planification est essentielle pour garantir l'efficacité de l'audit. L'auditeur doit
établir un plan d'audit en tenant compte des risques potentiels et des objectifs de la mission.
c) Caractère significatif :
L'auditeur applique un seuil de significativité pour déterminer quelles anomalies ou erreurs
sont suffisamment importantes pour affecter les utilisateurs des états financiers. Il ajuste ce seuil
en fonction des risques identifiés pendant l'audit.
d) Connaissance de l’entité auditée :
L'auditeur doit acquérir une connaissance approfondie de l'entité et de son environnement,
notamment en ce qui concerne son système de contrôle interne. Cela permet d'identifier les
points faibles qui peuvent poser des risques pour la qualité des états financiers.
e) Évaluation et réponse aux risques :
L’auditeur évalue les risques d’anomalies significatives et y répond en effectuant des tests
appropriés. Les risques incluent aussi bien les erreurs que les fraudes potentielles.
f) Considérations relatives à la fraude :
L'auditeur doit identifier les risques de fraude qui pourraient affecter les états financiers.
Toutefois, la responsabilité première de la prévention de la fraude incombe à la direction de
l'entité auditée.
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g) Continuité d’exploitation :
L'auditeur évalue si l'entité est en mesure de continuer ses activités de manière durable.
Des événements ou des circonstances pourraient compromettre la capacité de l'entité à
fonctionner dans le futur.
h) Lois et règlements :
L’auditeur doit également évaluer la conformité de l’entité aux lois et règlements qui ont
un impact direct sur les états financiers.
i) Éléments probants :
L'auditeur collecte des éléments probants suffisants et appropriés pour soutenir ses
conclusions. La qualité et la pertinence de ces preuves sont essentielles pour formuler une
opinion d’audit.
j) Anomalies et évaluation :
Toutes les anomalies détectées sont consignées et signalées. L'auditeur évalue leur
importance et leur impact sur les états financiers.
6. Rapport d’audit et formulation d'une opinion :
a) Formulation d'une opinion :
L'auditeur exprime une opinion sur les états financiers :
- Opinion non modifiée : Si les états financiers sont conformes aux référentiels.
- Opinion modifiée : Si des anomalies significatives sont détectées.
b) Types d'opinions modifiées :
- Opinion avec réserve : Des anomalies existent mais elles ne sont pas généralisées.
- Opinion défavorable : Les anomalies sont significatives et généralisées.
- Impossibilité d'exprimer une opinion : L'auditeur n’a pas pu obtenir les éléments probants
suffisants.
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c) Ajout de paragraphes d'observations :
L'auditeur peut ajouter des commentaires ou des observations dans son rapport si cela est
nécessaire pour attirer l'attention sur un point particulier.
Conclusion :
L’ISSAI 200 pose les fondations de l'audit financier dans le secteur public, offrant des
orientations détaillées pour garantir la fiabilité des informations financières. Il contribue ainsi
à renforcer la transparence et la responsabilité dans l'utilisation des fonds publics, tout en
fournissant un cadre rigoureux pour les auditeurs.
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PRINCIPES FONDAMENTAUX DE L’AUDIT DE
LA PERFORMANCE
L'ISSAI 300 établit les principes pour la réalisation des audits de performance dans le
secteur public, centrés sur l'évaluation de l'économie, de l'efficience et de l'efficacité des
opérations, systèmes, programmes et activités des entités publiques. Il vise à encourager la
gouvernance transparente et à renforcer l’obligation de rendre compte.
1. Définition de l’audit de performance :
L'audit de performance consiste en un examen objectif et indépendant visant à évaluer si
une organisation du secteur public fonctionne conformément aux principes d’économie,
d’efficience et d’efficacité. Il vise à fournir des informations, analyses et recommandations
permettant d’améliorer la gestion publique.
2. Principes d'économie, d'efficience et d'efficacité :
- Économie : Minimiser les coûts des ressources tout en obtenant des biens ou services
appropriés en termes de qualité et de quantité.
- Efficience : Maximiser les résultats obtenus avec les ressources disponibles.
- Efficacité : Atteindre les objectifs fixés et produire les résultats attendus.
3. Objectifs des audits de performance :
Les audits de performance visent à encourager la gouvernance efficiente et à améliorer la
transparence et l’obligation de rendre des comptes. Ils ne visent pas à remettre en question les
décisions politiques, mais à vérifier si les objectifs sont atteints de manière optimale.
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4. Principes généraux de l’audit de performance :
- Objectif d’audit : Les auditeurs doivent fixer un objectif clairement défini centré sur
l'économie, l'efficience et l'efficacité des opérations.
- Approche d’audit : L’audit peut adopter une approche axée sur les systèmes, les résultats ou
les problèmes spécifiques. Ces approches permettent d’identifier les dysfonctionnements dans
les processus administratifs ou les résultats obtenus.
- Critères : Les critères utilisés pour l’audit doivent être spécifiques, mesurables et pertinents
pour évaluer la performance de l’entité auditée.
5. Processus d’audit :
L’audit de performance suit un processus structuré avec plusieurs étapes :
- Planification : Sélection des thèmes d’audit, analyse des risques et conception d’un plan
d’audit clair.
- Collecte des éléments probants : Les auditeurs doivent rassembler suffisamment de preuves
pertinentes pour appuyer leurs conclusions.
- Réalisation de l’audit : L’analyse des données et des informations collectées permet d’établir
des constatations et de formuler des recommandations.
- Rapport : Le rapport d'audit présente les conclusions de manière claire, exhaustive et
équilibrée.
- Suivi : Les auditeurs assurent un suivi des recommandations formulées afin de vérifier leur
mise en œuvre et leurs effets.
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6. Communication et interaction :
Une communication constante entre les auditeurs et les parties prenantes est essentielle tout
au long de l'audit. Cela permet d’assurer que les informations nécessaires sont accessibles et
que les recommandations sont compréhensibles et applicables.
7. Compétences des auditeurs :
Les équipes d’audit doivent avoir des compétences variées, allant des connaissances en
gestion publique aux compétences analytiques et techniques. Elles doivent également pouvoir
faire preuve de jugement professionnel et d’esprit critique.
Conclusion :
L'ISSAI 300 offre un cadre global pour la conduite des audits de performance dans le
secteur public. Il aide les entités auditées à améliorer leurs opérations tout en renforçant la
transparence et la gestion des ressources publiques.
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PRINCIPES FONDAMENTAUX DE L’AUDIT DE
CONFORMITE
Introduction :
L’ISSAI 400 repose sur les principes fondamentaux définis dans l’ISSAI 100. Il offre
un cadre complet pour l’audit de conformité dans le secteur public, aidant les institutions
supérieures de contrôle (ISC) à évaluer la conformité des entités publiques aux lois et
règlements en vigueur.
L’objectif de l’audit de conformité est d’évaluer si les entités publiques se conforment
aux critères législatifs, réglementaires et autres standards applicables. Il est fondé sur les
principes de transparence et de responsabilisation des fonds publics.
1. Objectif et autorité des principes de l’audit de conformité :
Les principes de l’audit de conformité visent à :
- Évaluer la conformité : Examiner si les activités et transactions sont conformes aux critères
établis.
- Assurer une base pour les audits : Les audits de conformité peuvent être associés à des audits
financiers ou de performance, ou réalisés de manière indépendante.
L’audit de conformité est souvent indispensable dans le secteur public pour s’assurer que
les fonds publics sont bien utilisés et que les lois sont respectées.
2. Cadre de l’audit de conformité :
L’audit de conformité inclut :
- L’objectif : Évaluer la conformité des opérations publiques avec les critères pertinents.
- Les caractéristiques : Il peut porter sur la régularité (respect des lois) ou la bonne gestion
(application des principes de bonne gestion financière).
- Les différents contextes :
Audit associé à un audit financier : Vérifie la conformité des états financiers aux lois et
règlements.
Audit indépendant : Un audit de conformité peut être mené de manière distincte sans
lien avec d’autres types d’audits.
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Audit associé à un audit de performance : La conformité est ici évaluée dans un contexte
d’efficacité, d’efficience et d’économie.
3. Éléments constitutifs de l’audit de conformité**
L’audit de conformité repose sur trois principaux éléments :
- Les textes législatifs et les critères : L’auditeur doit se référer aux lois, règlements et autres
textes pertinents pour établir les critères d’évaluation.
- Le sujet considéré : Il peut s’agir d’activités, de transactions financières ou d’informations.
- Les intervenants :
L’auditeur : Effectue l’audit.
La partie responsable : Entité publique auditées.
Les utilisateurs présumés : Destinataires du rapport (par exemple, le pouvoir législatif,
les citoyens).
Assurance en matière d’audit de conformité
Il existe deux niveaux d’assurance pour un audit de conformité :
1) Assurance raisonnable : L’auditeur conclut si le sujet considéré est ou n’est pas
conforme aux critères.
2) Assurance limitée : L’auditeur signale qu’aucun élément n’a été trouvé pour remettre
en cause la conformité.
4. Principes de l’audit de conformité :
a) Principes généraux :
- Jugement professionnel et esprit critique : L’auditeur doit exercer un esprit critique, planifier
et exécuter l’audit en utilisant son jugement professionnel tout au long du processus.
- Contrôle qualité : L’auditeur est responsable de la qualité de l’audit en s’assurant que toutes
les étapes respectent les normes en vigueur.
- Compétences de l’équipe d’audit : L’équipe doit posséder les connaissances techniques
nécessaires pour mener à bien l’audit. Il peut être nécessaire de faire appel à des experts externes
pour des compétences spécifiques.
b) Risque d’audit :
Le risque d’audit est que l’opinion de l’auditeur soit erronée. Les auditeurs doivent gérer ce
risque tout au long de l’audit en évaluant :
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- Le risque inhérent (lié à la nature du sujet audité).
- Le risque de non-contrôle (lié à la qualité des contrôles internes).
- Le risque de non-détection (lié à l'incapacité de détecter des anomalies importantes).
c) Caractère significatif :
Les auditeurs doivent déterminer ce qui est significatif pour l’audit, c’est-à-dire les éléments
susceptibles d’influencer les décisions des utilisateurs présumés. Cela peut être un critère
quantitatif (valeur monétaire) ou qualitatif (fraude ou mauvaise gestion).
5. Processus de l’audit de conformité :
Le processus d’audit de conformité suit plusieurs étapes :
- Planification : Définir l’étendue de l’audit, le sujet considéré et les critères. La stratégie et le
plan d’audit sont élaborés en fonction de la nature des risques identifiés.
- Collecte des éléments probants : L’auditeur doit rassembler des preuves suffisantes et
appropriées pour formuler des conclusions. Les éléments probants peuvent être quantitatifs
(chiffres) ou qualitatifs (informations descriptives).
- Évaluation des éléments probants : L’auditeur doit s'assurer que les preuves collectées sont
suffisantes pour soutenir ses conclusions. En cas d’éléments contradictoires, l’auditeur devra
ajuster ses procédures.
Établissement du rapport :
Le rapport d’audit doit être complet, objectif et répondre aux principes d’intégralité, de
neutralité, de transparence et de ponctualité. Le rapport présente les conclusions de l’auditeur
et les recommandations, si nécessaire.
6. Suivi :
Les auditeurs doivent s’assurer que les recommandations sont mises en œuvre par les entités
auditées. Cela permet de vérifier que les mesures correctrices sont bien appliquées.
Conclusion :
L’ISSAI 400 offre un cadre détaillé pour les audits de conformité, en définissant des
normes rigoureuses qui assurent la régularité et la bonne gestion des fonds publics. Ces audits
permettent de renforcer la transparence, la responsabilité et la confiance dans la gestion
publique, en garantissant que les lois et règlements sont respectés.
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