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Sabin Petit Messi

La littérature française du XXe siècle est marquée par des bouleversements historiques tels que les guerres mondiales et la décolonisation, ainsi que par l'évolution des courants littéraires comme le surréalisme. Ce mouvement, caractérisé par une liberté d'expression et des jeux de rhétorique, explore des thèmes comme le rêve et le désir, avec des figures emblématiques comme André Breton et Paul Eluard. L'impact des événements politiques et des influences étrangères a également façonné la littérature, entraînant une réflexion sur la civilisation et la barbarie.

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Sabin Petit Messi

La littérature française du XXe siècle est marquée par des bouleversements historiques tels que les guerres mondiales et la décolonisation, ainsi que par l'évolution des courants littéraires comme le surréalisme. Ce mouvement, caractérisé par une liberté d'expression et des jeux de rhétorique, explore des thèmes comme le rêve et le désir, avec des figures emblématiques comme André Breton et Paul Eluard. L'impact des événements politiques et des influences étrangères a également façonné la littérature, entraînant une réflexion sur la civilisation et la barbarie.

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PLAN

INTRODUCTION

I- CONTEXTE LITTÉRAIRE

II- CONTEXTE HISTORIQUE

a- Guerre mondiale et décolonisation

b- L'instabilité politique

c- Les rayonnements de France

d- Civilisation ou barbarie ?

III- LES MOUVEMENTS LITTÉRAIRES DU XXÈ SIÈCLE

a- Le surréalisme et les jeux de rhétorique

b- Les caractéristiques du surréalisme

c- Les thématiques du surréalisme

d- Les grands auteurs du surréalisme

IV- LES ROMANS DU XXÈ SIÈCLE

V- LES AUTEURS DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE DU XXÈ SIÈCLE

VI- PÉRIODISATION DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE DU XXÈ SIÈCLE ET LES TRAITS DOMINANTS


DE LA PÉRIODE

VII- LA LITTÉRATURE, L'ARTS

CONCLUSION

INTRODUCTION
La littérature française du XXe siècle s'inscrit dans un siècle tumultueux marqué par
deux guerres mondiales, par l'expérience des totalitarismes fascistes et communistes et par une
décolonisation difficile. La littérature verra aussi son statut évoluer sous l'effet des
transformations technologiques comme l'apparition et le développement des éditions de poche
ou la concurrence d'autres loisirs comme le cinéma, la télévision ou la pratique informatique.
On assistera parallèlement à une dilution progressive des courants esthétiques et intellectuels
après l'époque du Surréalisme, de l'Existentialisme et du Nouveau Roman. Le manque de recul
par rapport aux dernières décennies du siècle entraîne nécessairement des choix contestables:
la sagesse conseille de ne pas vouloir chercher l'exhaustivité mais de retenir les auteurs les plus
régulièrement cités par les histoires de la littérature généralistes.

I. Le contexte littéraire

En 1891, Jules Huret réalise dans l’Echo de Paris toute une série d’interviews d’écrivains qui
jouissent alors d’une notoriété à ses yeux. Et il constate plus ou moins ceci :
• Les écrivains interrogés s’accordent de façon quasi unanime que « le naturalisme est mort »
(la phrase d’Anatole France illustre merveilleusement ce fait : « Il me paraît de toute évidence
qu’il (le naturalisme) est mort. ») Cette mort représente la fin d’une littérature que avait occupé
le devant de la scène près d’un demi-siècle.
• La scène actuelle est donc occupée par d’autres courant ou écoles dont notamment : les
psychologues (Paul Bourget) , les symbolistes dont en particulier le porte-parole Stéphane
Mallarmé.
• J. Huret constate également d’autres nouveautés qui méritent d’être remarquées et qui
annoncent peut-être une littérature née d’autres sources que la psychologie ou lesymbolisme.
Ses observations remarquent que « M. Maurice Barrès occupe une place qui, si une enquête
avait été faite il y a 5 ans, aurait certainement été celle de Pierre Loti. » (Et il faut noter ici que
les auteurs interviewés relèvent plutôt de la littérature établie que de l’avant-garde.) C’est que
M. Barrès venait de bouleverser, à 29 ans, le monde littéraire par la publication de sa trilogie du
Culte du moi (1888-1891). En 1891 paraît son dernier volume - Le Jardin de Bérénice - et dans la
réponse de Barrès à Huret, on peut relever des éléments d’une sorte de programme, résumés
dans cette formule : « Donner aux idées et aux conceptions modernes des choses et de la vie
une expression passionnée. »
• De plus, avec Maurice Maeterlinck, Maurice Barrès est le seul des écrivains interrogés à attirer
l’attention de Huret sur un jeune écrivain qui surgit comme un annonciateur de la littérature à
venir - André Gide : « Si vous aviez ouvert les Cahiers d’André Walter, publiés sans nom
d’auteur par A. Gide [...] vous connaîtriez les plus récentes poussées de l’évolution littéraire. »
Et Maurice Maeterlinck de placer Les Cahiers d’André Walter aux côtés de ses préférences
littéraires, auprès de Baudelaire et de Jules La forgue.La situation littéraire de la dernière
décennie du XIXe siècle présente beaucoup plus des signes de renouvellement que l’enquête de
Jules Huret ne pouvait repérer. Mais est reste tout de même significative en ce qu’elle a repéré
A. Gide et M. Barrès. (En 1891, Gide allait publier à 22 ans son Traité du Narcisse. La même
année, Paul Valéry, ami de Gide, publie son Narcisse parle dans la revue de Pierre Louÿs La
Coque.
• L’enquête d’Huret ignore cependant encore Paul Claudel qui vient de publier la Tête d’or
(1890)
• Le débat entre les psychologues, symbolistes naturalistes et même parnassiens est d’ores et
déjà dépassé.
• Les données mêmes du problème littéraire commencent alors d’être bouleversées par les
débats idéologiques et par la révolution intellectuelle allant, à leur tour, agir sur l’évolution
littéraire jusque vers 1925-1930.
Le contexte historique (histoire et civilisation au XXe siècle)
a. Les Guerres mondiales et décolonisation
Déjà l’époque d’avant 1914 était-elle mue par des affaires d’ordre politico-éthique, socio-
financier ou culturel. Il s’agit en premier lieu des affaires comme:- le scandale de Panama
(1892);l’affaire Alfred Dreyfus (1894-1906) ; (1898 J’accuse d’Emile Zola); la séparation des
Eglises et de l’Etat (loi du 9 décembre 1905) qui implique en effet la fin du Concordat entre la
France et le Saint-siège de 1801; la crise marocaine (1905 le coup de Tanger, 1911 le coup
d’Agadir); à ceci il faut ajouter aussi les conflits sociaux avec la création de la Section de
l’Internationale ouvrière en 1906.Il va sans dire que tout ceci a eu des répercussions sur la
littérature. Entre 1914-1918 survient la terrible épreuve dont la France sort comme victorieuse,
il est vrai,mais épuisée par une affreuse hécatombe. De ce point de vue, l’avenir allait être sous
le signe d’un urgent besoin d’assurer la sécurité. Celui-ci fut vain d’ailleurs vu l’échec total de
l’activité des la Société des nations et de ses plans de sécurité collective et de désarmement.
Car la France, au plan matériel et moral, était mal préparée au conflit nouveau qui allait éclater
une vingtaine d’années plus tard. En 1940, la France est de nouveau submergée par l’armée
allemande. La différence dans la nature des deux conflits (1914 x 1939) est évidente : à la
guerre des patries (nations) allait succéder la guerre idéologique, l’origine de cette
transformation remontant à la révolution russe de 1917. De ce fait, la guerre n’est plus un
conflit entre Etats souverains qui prônent la défense de leurs propres intérêts, mais un
affrontement idéologique qui oppose deux visions de l’organisation du monde. Ainsi, un seul
ennemi commun est facilement repérable dès l’attaque de Hitler en 1941 vers l’Est, ce qui
permet aux démocraties occidentales de s’allier avec l’Union soviétique contre l’Allemagne
nazie. Or une fois le totalitarisme hitlérien abattu, un autre conflit mondial se fait jour, à savoir
celui des blocs (Occident - communisme), prenant la forme de Guerre froide. Depuis 1945,
l’énormité de la menace atomique a empêché le pire, il est vrai, mais à un prix dont
l’importance est encore de nos jours à considérer et reconsidérer.Les années 1950-1960 ont vu
naître toute une série de conflits sanglants que l’on attribue généralement au processus de
décolonisation, dont en premier lieu celui de l’Afrique (Algérie), du Moyen-Orient, de l’Asie du
Sud-est (Corée, Indochine). A partir des années 1950, la France se replie sur l’Hexagone, même
assez concrètement, lorsque la majorité des Français vivant dans les anciennes colonies se
réinstalle en France métropolitaine.
.b. L’instabilité politique
La IIIe république n’a pas survécu au désastre de 1940, étant remplacée par l’Etat français.
Tandis que le général de Gaulle appelait les Français à rester fidèles à la république et à
continuer la lutte. Ainsi, l’action des Forces Françaises Libres (FFL) et des Forces Françaises de
l’Intérieur (FFI) a permis à la nation de rester présente dans le conflit jusqu’à son terme. Or
cette victoire 6 n’est plus celle de 1918, c'est-à-dire « notre victoire » ; la défaite de 1940,
l’occupation et ladivision des Français devaient avoir des conséquences graves et durables.De la
libération naquit la IVe République ; toutefois, celle-ci est une héritière de la IIIe,puisque la
Constitution n’assure au pouvoir exécutif ni stabilité ni efficacité. On ne s’étonne nullement
donc, si elle se voit emportée par les événements de 1958, n’étant pas capable de résoudre un
nouveau drame sanglant - la crise algérienne. L’action de la Ve république sous l’égide de
Charles de Gaulle se prolonge avec des styles différents sous l’impulsion de Georges Pompidou
et Valéry Giscard d’Estaing. La victoire de la gauche en 1981 apporte une vague de
modifications profondes marquées notamment par les nationalisations.
c. La France et le monde
La victoire de 1918 avait permis à notre pays de recouvrer, par le traité de Versailles, l'Alsace-
Lorraine perdue en 1871 et de tenir une place importante à la Société des Nations ; mais le
désastre de 1940 et la dissolution de l'Empire colonial, précipitée sans doute par la chute de
prestige qu'entraînait la défaite, ont diminué le rôle politique de la France dans le monde.
Souhaitons que son rayonnement intellectuel et artistique n'en soit pas affecté à son tour.
Le rayonnement de la France
Son pouvoir d'attraction et d'expansion est resté grand pendant le premier demi-siècle, comme
l'attestent de nombreux signes : la carrière d'un Picasso, d'un Chagall, ou la composition de
«l'École de Paris » groupant des peintres de toute nationalité ; la renommée des
mathématiciens français ; l'attribution du Prix Nobel de Littérature à Sully Prudhomme, Frédéric
Mistral, Romain Rolland, Anatole France, Henri Bergson, Roger Martin du Gard, André Gide,
François Mauriac, Albert Camus, Saint-John Perse et Samuel Beckett ; enfin le « nouveau
théâtre » représenté surtout par un Irlandais, un Russe et un Roumain d'expression française
(Beckett, Adamov et Ionesco).
Les influences étrangères.
Inversement, comme les échanges se multiplient en dépit des frontières fermées et des
antagonismes idéologiques, la France a subi, dans tous les domaines, des influences parfois
essentielles. Sans parler du marxisme-léninisme, source doctrinale du communisme
international, nos vues sur l'univers ont été transformées par la théorie de la relativité, due à
EINSTEIN (1879-1955) né Allemand et mort citoyen américain. L'exploration de l'inconscient par
l'Autrichien Sigmund FREUD (1856-1939), fondateur de la psychanalyse, a bouleversé la
psychologie, la littérature, et remis en question la morale. Nos philosophes contemporains se
recommandent du Danois KIERKEGAARD (1879-1955), des phénoménologistes allemands et de
HEIDEGGER (né en 1889) ; enfin l'absurde du Tchèque Franz KAFKA (1883-1924), le monologue
intérieur de l'Irlandais James JOYCE (1882-1941) marquent profondément la pensée, le théâtre
et le roman français. L'art abstrait doit beaucoup à KANDINSKY (né à Moscou en 1866, devenu
Français et mort à Neuilly en 1944), au Suisse Paul KLEE, aux « mobiles » de l'Américain
CALDER ; en musique, les influences les plus frappantes sont celles d'Igor STRAVINSKY (né Russe
et devenu citoyen américain) et de compositeurs germaniques comme SCHŒNBERG, Alban
BERG OU HINDEMITH. Un fait notable est aussi le goût des Occidentaux pour la musique nègre,
l'art nègre, et plus généralement pour le primitif, pour tout ce qui suscite, dans notre
inconscient, des réminiscences lointaines, remontant peut-être aux premiers âges de
l'humanité.
.d. Civilisation ou barbarie ?
Depuis 1900, découvertes et inventions se succèdent à une allure prodigieusement accélérée : il
en résulte un progrès matériel étonnant, mais aussi un contraste brutal, car la majeure partie
de la population du globe reste sous-développée, sinon sous-alimentée. En outre, le vieux
mythe de l'apprenti-sorcier revêt une actualité tragique : par la fission de l'atome, l'homme
assure son pouvoir sur la structure même de la matière, mais risque du même coup de
provoquer son propre anéantissement. Ainsi s'explique un désarroi profond : nos conceptions
psychologiques, morales et métaphysiques s'essoufflent à rattraper la science et la technique
qui les remettent sans cesse en question. Plus de stabilité ; mais sans stabilité, comment fonder
une sagesse et perpétuer une civilisation ? Dès 1919, VALERY lançait le cri d'alarme: « Nous
autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. » Consciemment ou
non, nous sommes plongés dans cette angoisse. Les horreurs de la seconde guerre mondiale :
déportations massives, tortures, génocide, et leurs séquelles qui se prolongent ont fait surgir la
barbarie en pleine « civilisation ». L'âge atomique sera-t-il un nouvel âge des cavernes ? Nous
vivons dans une atmosphère d'Apocalypse, au double sens du terme : révélation des arcanes et
annonce de la fin des temps. Il faut en prendre conscience pour tenter d'éviter la catastrophe,
et aussi pour comprendre la nature même de l'art et de la littérature d'aujourd'hui, qui
descendent aux abîmes sans savoir toujours s'ils y .

Les mouvements littéraires du XXe siècle


Le surréalisme et ses jeux de rhétorique

Ce mouvement littéraire du XXe siècle, après les guerres mondiales, se caractérise par de nombreux jeux
de rhétorique qui illustrent une liberté de style et d’expression sans limite.

Les caractéristiques du surréalisme

Les surréalistes cherchent à changer le monde en abandonnant toute rationalité. Ils prônent la libre
expression et la remise en cause des valeurs bourgeoises. Ils ont recours à des figures de style d’analogie
inattendues (des métaphores, des comparaisons et des périphrases inattendues), des jeux de mots et
des jeux de sonorités, et un discours dépourvu de logique et de ponctuation.

Les thématiques du surréalisme

Le surréalisme se concentre généralement sur les sujets suivants :Le rêve ;L’amour ;Le désir ;La
femme ;La folie ;Le hasard. Leurs œuvres traitent essentiellement du rêve, de l’inconscient, du hasard,
de la folie, du désir et de la femme.

Les grands auteurs du surréalisme

Parmi les grands auteurs de ce mouvement littéraire, on peut citer André Breton (le fondateur du
mouvement – Clair de terre), Paul Eluard (Capitale de la douleur) et Louis Aragon (Le Mouvement
perpétuel). Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit de
tout autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout
contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. Le surréalisme
repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d’associations négligées jusqu’à lui, à
la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée.

Les Romans du XXe siècle


Ce genre très large voit la continuation du roman traditionnel mais aussi des innovations et des
remises en cause comme celles du statut du narrateur, de la notion de personnage ou de
l'intrigue, souvent éclatée et parfois rejetée. La présentation à grands traits du roman du XXe
siècle (qu'il faudrait peut-être appelé " récit ") est évidemment une gageure mais on peut
définir quelques lignes de force en suivant l'avancée du siècle. Accompagnant la forme
classique et les idées progressistes d'Anatole France (L'île des pingoins,1908), des romanciers
écrivent de grands cycles romanesques constituant des fresques sociales et historiques
marquent l'époque, que ce soit Les Thibaut (1922-1929) de Roger Martin du Gard, Les Hommes
de Bonne Volonté (1932-1946) de Jules Romains, la Chronique des Pasquier (1933-1945)de
Georges Duhamel ou encore des œuvres plus complexes comme Les Chemins de la liberté de
Jean-Paul Sartre(1945) ou Les Communistes (1949-1951)de Louis Aragon. Parallèlement le
roman va se nourrir des différentes expériences de la vie de chacun en mettent au jour des
itinéraires singuliers, que ce soit à travers la guerre avec Henri Barbusse (Le feu, 1916) ou
Roland Dorgelès (Les croix de bois,1919), l’adolescence avec Alain-Fournier (Le Grand
Meaulnes, 1913), Romain Rolland (Jean-Christophe, 1903-1912) ou Raymond Radiguet (Le
diable au corps, 1923), la condition féminine avec Colette et la série des Claudineou La Chatte
(1933), la nature et le régionalisme avec Louis Pergaud (La guerre des boutons, 1912),Charles-
Ferdinand Ramuz (La grande peur dans la montagne, 1926), Jean Giono (Colline, 1928 - Regain,
1930), Henri Bosco (L'âne Culotte, 1937) ou l’interrogation morale et métaphysique avec
Georges Bernanos (Sous le soleil de Satan, 1926) ou François Mauriac (Thérèse
Desqueyroux,1927).Le roman d'approfondissement psychologique initié par Maurice Barrès ou
Paul Bourget, va trouver deux maîtres avec Marcel Proust et son œuvre fondatrice sur la
fonction du roman et le jeu de la mémoire (A la Recherche du temps perdu, 1913-1927), et
André Gide, également poète (Les Nourritures terrestres, 1895) et autobiographe (Si le grain ne
meurt, 1920-1924) qui met en scène l'acte libre (Les caves du Vatican, 1914) et qui transforme
la structure narrative dans Les Faux- Monnayeurs (1925). Ce questionnement psychologique va
déboucher à la génération suivante sur le sentiment de l'absurde avec le personnage de
Meursault dans L'Étranger (1942) d'Albert Camus ou le Roquentin de La Nausée (1938)
existentialiste de Jean-Paul Sartre. Des auteurs moins prestigieux peuvent leur être associés
comme Valéry Larbaud (Fermina Marquez, 1911) ou Paul Morand (L'homme pressé, 1940). Le
poids des évènements historiques va aussi orienter certains romanciers vers l'engagement en
exaltant les héros politiques et guerriers comme André Malraux dans La Condition humaine
(1933) ou L'Espoir (1937), Antoine de Saint- Exupéry (qui est aussi l'auteur d'un joli conte
mondialement célèbre Le Petit Prince, publié en 1943) dans Vol de nuit (1931)ou Terre des
hommes (1939) ou Albert Camus dans La Peste (1947). A l'opposé apparaît le type du antihéros
à la manière du Bardamu de Louis-Ferdinand Céline ballotté par les évènements et confronté au
non-sens du monde oppresseur des faibles sur tous les continents dans Voyage au bout de la
nuit (1932). Ces orientations thématiques particulières sont accompagnées d'un certain
renouveau formel: Marcel Proust renouvelle la prose romanesque avec sa phrase- rosace et
cultive l'ambiguïté quant à l'auteur/narrateur, Louis-Ferdinand Céline invente une langue
oralisante, André Malraux applique le découpage cinématographique, André Breton (Nadja,
1928 - L'Amour fou, 1937) et après lui Raymond Queneau]] (Pierrot mon ami, 1942 – Zazie dans
le métro, 1959), Boris Vian (L'écume des jours, 1947 - L'herbe rouge, 1950) et Julien Gracq (Le
rivage des Syrtes, 1951) introduisent une poétisation surréaliste, Albert Camus joue, sous
l'influence du roman américain, avec le monologue intérieur et le rejet de la focalisation
omnisciente dans L’Étranger(1942), Jean Giono donne un souffle puissant à ses métaphores
créatrices dans Regain (1930) ou dans Le Chant du monde (1934), Francis Carco (L'homme
traqué, 1922 ) et Marcel Aymé (La jument verte, 1933) ou plus tard Albert Simonin (Touchez
pas au grisbi ! 1953) exploiteront la verdeur des parlers populaires ... La recherche formelle
devient systématique avec le courant que l'on a appelé "le nouveau roman" des années
cinquante aux Editions de Minuit: ces " romanciers de laboratoire "œuvrent à la disparition du
narrateur, du personnage, de l’intrigue, de la chronologie au bénéfice de la subjectivité et du
désordre de la vie, de la présence brute des choses avec surtout Alain Robbe-Grillet (Les
Gommes, 1953), Michel Butor (La modification, 1957), Claude Simon (La route des Flandres,
1960) et Nathalie Sarraute (Le Planétarium, 1959 ) qui se différencient alors nettement des
romanciers traditionnels comme Françoise Sagan (Bonjour tristesse, 1954), Hervé Bazin (Vipère
au poing, 1948), Henri Troyat (La lumière des justes,1959/1963) ou Robert Sabatier (Les
Allumettes Suédoises, 1969)ou encore François Nourissier (Allemande, 1973). A côté de ces
romans " expérimentaux " ou de ces œuvres assez peu marquantes, les années 60-80 offrent
des auteurs de grande réputation avec des personnalités littéraires affirmées et des œuvres
originales et fortes. Par exemple Marguerite Yourcenar (Mémoires d'Hadrien, 1951 - L'Œuvre
au noir, 1968), Marguerite Duras, parfois rattachée à la mouvance du nouveau roman,
(Moderato cantabile, 1958 - L'amant, 1989), Albert Cohen (Belle du seigneur, 1968), Michel
Tournier (Vendredi ou les limbes du Pacifique, 1967 - Le Roi des aulnes, 1970) ou JMG Le Clézio
(Le procès-verbal, 1963 - Désert, 1980) ou Pascal Quignard (Tous les matins du monde, 1991)...
Le siècle est également riche de la profusion des formes populaires issues du XIXe siècle comme
le roman policier peu à peu influencé par le roman noir américain avec Georges Simenon, (Le
chien jaune, 1932), Boileau-Narcejac (Celle qui n'était plus, 1952), ), Léo Malet (Nestor Burma
et le monstre, 1946), Jean Vautrin (Canicule, 1982), Didier Daeninckx (La mort n’oublie
personne, 1989), Philippe Djian (Bleu comme l'enfer, 1983 ), Jean-Christophe Grangé (Les
Rivières pourpres, 1998) ... Le roman historique se multiplie avec Maurice Druon (Les Rois
maudits, 1955-1977), Gilles Lapouge (La bataille de Wagram, 1987), Robert Merle (Fortune de
France, 1977) ou Françoise Chandernagor (La Chambre, 2002). Abondent aussi les récits de
voyage et d'aventure (Henry de Monfreid - Les secrets de la mer Rouge, 1932)et les romans
d'action et d'exotisme avec Jean Lartéguy (Les centurions, 1963), Jean Hougron (La nuit
indochinoise, 1950/1958) ou encore Louis Gardel (Fort-Saganne, 1980). La science-fiction et le
fantastique produisent également un nombre très important d'œuvres avec René Barjavel (La
Nuit des temps, 1968), Michel Jeury (Le Temps incertain, 1973), Bernard Werber (Les Fourmis,
1991) ..., qui ont cependant une certaine difficulté à concurrencer les œuvre traduites. La veine
égocentrique est, elle aussi, très productive avec des formes plus ou moins innovantes
d'autobiographie avec Marcel Pagnol (La Gloire de mon père, 1957), Simone de Beauvoir
(Mémoires d'une jeune fille rangée, 1958), Jean-Paul Sartre (Les mots, 1964), Julien Green
(Terre lointaine, 1966), Nathalie Sarraute (Enfance, 1983), Georges Perec (W ou le souvenir
d'enfance, 1975),Marguerite Yourcenar ('Archives du Nord, 1977) ou Hervé Guibert (À l'ami qui
ne m'a pas sauvé la vie, 1990) et l'écriture de soi s'associe au roman dans le genre assez vague
de " l'autofiction " avec Patrick Modiano (Rue des boutiques obscures, 1978), Annie Ernaux (La
Place, 1983), Jean Rouaud (Les champs d'honneur, 1990), Christine Angot (Sujet Angot, 1998) ,
Michel Houellebecq (La Possibilité d'une île, 2005) ...Terminons ce survol du roman français du
XXe siècle en notant l'apport, d'une certaine façon refondateur, de l'inspiration de l'ailleurs
avec quelques noms de la période récente comme Réjean Ducharme (L'Hiver de force, 1973),
Tahar Ben Jelloun (La Nuit sacrée, 1987 ), Ahmadou Kourouma (Allah n’est pas obligé, 2000) ou
Nancy Huston (Lignes de faille, 2006)...
Les auteurs de la littérature française du xxè siècle
La première génération est celle qui est née autour de 1870: ils publient leurs œuvres
principales vers 1910. Il s'agit de Proust, de Gide, etc. Ils annoncent la modernité. La deuxième
génération d'écrivains est celle qui est née à la fin du XIXe siècle. Ils écrivent bien souvent après
la Première Guerre mondiale: il s'agit de Bernanos, Giono, Malraux, Céline, Aragon, etc. Enfin, la
troisième génération d'auteurs est celle qui est née vers 1930. Leurs œuvres principales sont
publiées après la Seconde Guerre mondiale. Au XIXe siècle, le roman rend les personnages
vivants: le lecteur doit «vivre» l'histoire. Les personnages reposent sur un certain type de
psychologie: le lecteur peut comprendre le personnage. L'aspect héréditaire est important:
l'ascendance du personnage permet de comprendre sa psychologie, son caractère.En résumé,
on peut dire, s'agissant de la «mission» du roman, qu'elle consistait pour l'écrivain à être le
«secrétaire du siècle»: il fallait rendre compte de la société.
Périodisation de la littérature française du XXe siècle.
Lorsqu’on se propose de porter un regard englobant tout le 20e siècle, on est impérativement
amené à chercher sa source dans la dernière décennie du 19e siècle. C'est-à-dire à l’époque où
les innovations esthétiques, spirituelles et intellectuelles connaissent un essor remarquable.
Ainsi du point de départ de notre réflexion sur l’évolution de la littérature française du 20e
siècle qui peut être tracée par des périodes charnières :
1) 1920 - 1930 représente le moment où se chevauchent les deux grandes époques du siècle -
1890-1930 et 1920 - 1960.
2) années 1950 - 1970 représentent une fracture incontestable dans l’évolution littéraire du
siècle et dont l’épicentre se situe aux environs des années 1960. Esquissée de cette manière,
l’évolution de la littérature française du 20e siècle recoupe le progrès de la notion de
modernité, telle que Charles Baudelaire l’avait introduite en 1846. Modernité1En gros traits, il
est possible de délimiter 4 périodes dans la littérature française du 20e siècle :
• La première période s’étendrait du début du XXe siècle jusqu’aux années 1930 et sera
marquée par multiplicité d’innovations esthétiques qu’incarnent, dans le domine du roman, les
personnalités telles que Gide, Proust ou Céline et, dans le domaine de la poésie et des arts de
l’image, le mouvement surréaliste.
• La deuxième période serait celle qui commence au début des années 1930 jusqu’au milieu
des années 1950 et qu’il sera possible de caractériser par la notion d’engagement, qu’il soit
historique, éthique ou politique. Cette période recoupe l’avènement du fascisme, de la seconde
guerre mondiale ainsi qu’avec l’éclatement des guerres de décolonisation et les noms que l’on y
associe généralement sont ceux de Gide, de Malraux, de Camus, de Sartre et d’Aragon.
• Vers le milieu des années 1950, cette période sera substituée par la nouvelle génération dont
le trait majeur serait la volonté de rupture esthétique, contestant les présupposés des
générations précédentes. Ainsi tout domaine d’activité humaine se voit pourvu du label «
nouveau » (nouveau roman, théâtre, nouvelle critique, vague, etc.). Cette période se définirait
comme une recherche expérimentale sur les formes narratives, et sur « L’écriture et
l’expérience des limites » (Philippe Sollers). C’est avec cette expérience des limites que le projet
se radicalise et le mouvement Tel Quel pratiquant la textualité – écriture qui se veut sa propre
fin – se donne pour but de rompre avec toute forme d’illusion, qu’elle soit référentielle ou
romanesque. Après 1968, les idées se radicalisent au même degré que le caractère
révolutionnaire du mouvement. Les impasses ne se font pas attendre et cette ultime phase du
modernisme dans la littérature française se donne sa propre fin au moment où il adopte un
nouveau nom ainsi qu’une nouvelle ligne de conduite (L’Infini).
• Une quatrième période littéraire s’amorce ensuite, recouvrant le dernier quart du XXe siècle.
Il s’agit d’une littérature du temps des crises : non seulement la crise du roman serait la
caractéristique capitale de la littérature de cette période, mais celle-ci sera confrontée
également à la crise économique, débouchant, au début des années 1990, sur une
reconfiguration de l’espace économique et politique ; à la crise idéologique, entamée par les
évènements de mai 1968 et à la crise biologique marquée notamment par l’apparition du
nouveau fléau pandémique - le sida - et par le remodelage de la vie que les nouvelles
possibilités scientifiques inédites ont accéléré. Non seulement la littérature est exposée à la
nécessité de composer avec de telles crises, mais avant tout, elle en est issue. L’écriture est
travaillée par l’état d’incertitude que le soupçon, évoqué déjà par Nathalie Sarraute dans les
années 1950, avait poussé jusqu’à la méfiance envers toute forme de systématisme, dont en
particulier celui du discours critique sur la littérature.

. Traits dominants de la période


Les traits dominant de l’évolution et des métamorphoses de l’esprit du XXe siècle ainsi que les
facteurs qui y ont pris une part considérable peuvent être saisis dans les points qui suivent :
1) La naissance du 7e art - le cinéma - et son essor au cours du 20e siècle qui a ébranlé les
structures fondamentales des genres, des arts traditionnels, du langage et même de la pensée.
2) Le XXe siècle a vu s’affirmer l’influence de la philosophie sur les arts dont notamment les
lettres françaises (cf. Henri Bergson, Jean-Paul Sartre, Albert Camus)
3) La peinture et la sculpture, sous l’action de la photographie, assument de plus en plus des
ambitions métaphysiques.
4) On exige partout d’approfondir son approche.
5) Partout, on entreprend une quête des essences : poésie pure, roman pur, peinture pure.
6) Ont été remises en question les valeurs léguées par des siècles précédents et qui sont celles
du christianisme, de l’humanisme de Descartes et des Encyclopédistes.
7) Les menaces et l’angoisse devant les nouveaux fléaux de la civilisation occidentale (la guerre
et ses armes) commencent à peser lourd. L’expérience de la guerre représente un poids
écrasant. Avec l’âge atomique, la présence de la mort se fait sentir effectivement à chaque
moment de la vie.
8) Dans ce contexte, les esprits créateurs hésitent généralement entre deux orientations
majeures sur deux plans :
a. sur le plan artistique
- perpétuer les traditions ancestrales en les vivifiant
- opérer dans les arts une révolution perpétuelle. Cette deuxième tendance correspond à
l’accélération de l’histoire.
- (ou bien faire un amalgame, instable mais d’autant plus fécond, des deux précédents) ;
b. sur le plan éthique
- attitude individualiste
- engagement dans telle ou telle idéologie.

I.5. LA LITTÉRATURE, LES ARTS


Jamais on n'avait fait une telle consommation de mots en -isme, et vu naître autant d'écoles
avec leurs manifestes et leurs revues souvent éphémères. Jamais, non plus, les rapports
d'influence réciproque entre la littérature et les beaux-arts n'avaient été si serrés, si vivants et si
complexes. Pourtant le rôle des personnalités fortes ne s'en est pas trouvé amoindri, bien au
contraire. Des créateurs comme PEGUY, CLAUDEL, PROUST, GIDE et VALERY sont proprement
inclassables, et chacun d'eux nous a vraiment révélé un univers ; le nom d'APOLLINAIRE résume
tout un ensemble d'expériences audacieuses ; le seul surréaliste orthodoxe est peut-être André
BRETON ; Jean-Paul SARTRE demeure le chef de file de l'existentialisme français, sans se limiter
à des caractères existentialistes ; le nouvel humanisme d'Albert CAMUS répondait à une attente
diffuse, mais son accent irremplaçable est celui d'une conscience individuelle, noble, lucide et
exigeante. Parallèlement, un artiste comme PICASSO participe aux principaux mouvements du
siècle sans jamais s'y perdre, mais pour affirmer en définitive son originalité irréductible.
.a. La littérature
Avant 1914
A première vue, la littérature d'avant 1914 nous semble, comme le « modem style », périmée
ou tributaire du XIXe siècle. Un reclassement parfois brutal a plongé dans l'oubli ou réduit à un
intérêt documentaire une grande partie des œuvres qui occupaient alors le devant de la scène,
dans cette « foire sur la place » dont parlait Romain Rolland. Mais l'ironie d'Anatole FRANCE
n'est point périmée, et les méditations de BARRES nous concernent encore, que nous soyons
plus sensibles au culte du moi ou à l'enracinement dans la terre ancestrale. Cette courte
période nous a légué l'admirable message de PEGUY, couronné par sa mort au champ
d'honneur ; la révolution poétique amorcée par APOLLINAIRE ; une grande partie de l'œuvre de
CLAUDEL — dont le souffle puissant vivifiait le drame et le lyrisme — et de l'œuvre de GIDE,
depuis les Nourritures Terrestres jusqu'aux Caves du Vatican. En VALERY de mûrissait l'analyste
de l'intellect et le poète de La Jeune Parque, tandis que Marcel PROUST découvrait le secret du
temps retrouvé et dessinait les méandres de sa phrase inimitable. Bref, la « belle époque » fut
aussi, pour la littérature comme pour les arts (cf. p. 12-13), une grande époque.
De 1919 à 1939
Après la mort de PROUST (1922), La Recherche du Temps perdu achève de paraître ; CLAUDEL
poursuit son œuvre cosmique ; GIDE, toujours en quête de lui-même, affirme la maîtrise de son
art ; revenu à la poésie, VALERY connaît la gloire. PROUST, qui lègue à ses successeurs une
psychologie enrichie d'une quatrième dimension, celle du temps, reproduit par la création
littéraire l'expérience fortuite par laquelle il a pu accéder, hors du temps, à « l'essence des
choses». De leur côté GIDE et VALERY, si différents l'un de l'autre, ne sont pas rapprochés
seulement par l'amitié : tous deux se consacrent à une minutieuse analyse de la démarche
créatrice, l'un dans Les Faux-Monnayeurs et le Journal des Faux-Monnayeurs, l'autre dans toute
son œuvre. Ainsi la création se double d'une réflexion sur elle-même, d'une prise de conscience
de ses propres conditions, de ses lois et de ses hasards: on reconnaîtra dans ce dédoublement
l'influence de Mallarmé, et l'un des traits majeurs de la littérature et de l'art modernes.
Cependant une nouvelle génération s'apprête à prendre la relève. Il lui faudra d'abord
dépasser, ou repousser, les tentations des « années folles » qui suivent la guerre et ses horreurs
: fantaisie désinvolte, cosmopolitisme facile, goût du bizarre et de l'inédit. Mais bientôt le
mouvement surréaliste laisse paraître, parmi des provocations déplaisantes, une inquiétude
profonde et de hautes ambitions. La recherche de l'insolite n'est plus un jeu mais une méthode
et peut-être une métaphysique ; les structures du langage et de la pensée sont soumises à une
sorte de désintégration tendant à saisir, sous les conventions et les mécanismes, une réalité
authentique. Le surréalisme est typique et spectaculaire, mais il ne saurait à lui seul caractériser
l'entre-deux- guerres. De 1920 à 1940, notre THEATRE connaît de belles réussites dans la
comédie de mœurs, et une renaissance de la tragédie avec GIRAUDOUX ; aux confins du
comique et du tragique, SALACROU scrute l'énigme de la condition humaine ; ANOUILH révèle,
dès ses débuts, une vigoureuse originalité. De Radiguet à Malraux, le ROMAN est
particulièrement riche et divers. Après RADIGUET, un CHARDONNE, un ARLAND s'inscrivent
dans la tradition des moralistes ; des chrétiens comme MAURIAC et BERNANOS peignent des
créatures engagées sur les voies 9 mystérieuses de la damnation ou du salut. Sous la forme du
roman-fleuve, Roger MARTIN DU GARD et DUHAMEL esquissent un humanisme moderne, ainsi
que Jules ROMAINS, dont l'unanimisme, né avant 1914, trouve ainsi une large audience.
COLETTE, parvenue au plein épanouissement de son talent, charme d'innombrables lecteurs
par la fraîcheur de ses sensations et la qualité de son humour. GIONO rajeunit le grand thème
de la nature, tandis que MONTHERLANT, SAINT EXUPERY, MALRAUX édifient un roman de la
grandeur.
Depuis 1940
La seconde guerre mondiale donne une extrême urgence au problème de la condition humaine
et contribue à répandre d'une part la philosophie de l'absurde, d'autre part la littérature
engagée. Des poètes comme ARAGON OU ÉLUARD, hier surréalistes, chantent la Résistance et
retrouvent les voies ancestrales du lyrisme. Les années 40 sont marquées aussi par une large
diffusion des thèses existentialistes, en particulier dans le théâtre, les romans et les essais de
Jean-Paul SARTRE. Albert CAMUS dépasse l'absurde par la révolte et défend la personne
humaine contre tout ce qui menace de l'écraser. Le surréalisme, une fois décanté, révèle sa
fécondité par une influence durable sur de nombreux poètes et romanciers. Cependant,
MONTHERLANT accède à la scène, où se confirme le succès d'ANOUILH. Enfin des courants
nouveaux apparaissent, au théâtre avec BECKETT et IONESCO , dans le nouveau roman avec
ROBBE-GRILLET, BUTOR, Claude SIMON, Nathalie SARRAUTE. Leur tendance dominante est
peut-être de pousser à l'extrême la critique de toutes les structures : poète, romancier ou
dramaturge, le créateur ne se contente plus de s'observer lui-même en train de créer, il en
vient à poser, par son œuvre même, la question du sens et de la possibilité de l'acte créateur.
Ainsi s'expliquent des termes comme apoèmes, antithéâtre, antiroman, qui révèlent les
répercussions, sur la littérature, de cette réflexion philosophique selon laquelle l'être postule le
néant.

.b. Les arts


L'art abstrait
L'histoire de l'art au XXe siècle est marquée par la naissance de l'ART ABSTRAIT, qui cesse de
reproduire, même en les interprétant, les êtres ou objets réels, et entend se créer ses propres
objets. L'art ainsi conçu n'est plus représentation, mais présentation, ou création au sens strict
de ce terme. Peintres et sculpteurs doivent donc opter désormais entre la tradition figurative et
l'aventure non-figurative. Sans doute ne peut-on concevoir une rupture analogue en
architecture, puisque cet art est non-figuratif par nature (encore que la colonne soit fille du
tronc d'arbre); mais le fonctionalisme d'un LE CORBUSIER n'est pas sans parenté, dans sa
hardiesse, avec l'art abstrait. En musique, l'écriture atonale, qui rejette les fonctions tonales
traditionnelles, fondement de l'harmonie classique, s'est organisée en dodécaphonisme par la
libre exploitation des douze sons de la gamme chromatique ; en s'imposant ces « gênes
exquises » sans lesquelles, selon Valéry, il n'est pas d'art véritable, le dodécaphonisme est
devenu musique sérielle. Mais, depuis 1948, une autre révolution, beaucoup plus radicale,
bouleverse l'art des sons : cette musique « concrète », en dépit de son nom, semble bien être la
sœur de la peinture et de la sculpture abstraites. Elle obtient en laboratoire des sons et des
rythmes « inouïs », par la manipulation de bandes d'enregistrement sonore.
La peinture
La peinture du XXe siècle devient synonyme d’éclectisme. Les courants picturaux se
renouvellent. Il ne s’agit pas d’une succession mais bien d’une cohabitation de genres. On ne
peut pas réduire un peintre à un seul courant pictural mais bien à des tendances successives.
L’artiste est libre de s’inspirer de diverses sources. Par exemple, la peinture de Pablo Picasso
peut être caractérisée à la fois de postimpressionniste, primitive, fauve, cubiste et surréaliste
au fur et à mesure du XXe siècle.
L’art moderne et l’art contemporain au XXe siècle
L’histoire de l’art au XXe siècle se découpe en deux périodes significatives pour la peinture :
l’art moderne et l’art contemporain séparés par la Seconde Guerre Mondiale. Avec l’émergence
de la photographie, les peintres Cézanne, Gauguin et Van Gogh bouleversent le concept
traditionnel de la représentation objective, en échappant à la recherche du Beau. Les tableaux
ne sont plus fidèles à la nature mais retranscrivent un nouveau mode de communication entre
l’artiste, l’œuvre et le spectateur. L’exploration et l’expérimentation sont les maîtres mots de
l’art moderne.
De nombreux peintres entrent dans l’histoire de l’art au début du XXe siècle : les Fauves
(Chagall, Matisse, Vlaminck), les Expressionnistes (Ensor, Munch, Soutine, Modigliani) et les
représentants de l’Art nouveau (Klimt). Introduit par le pinceau de Kandinsky, l’art abstrait se
développe. En parallèle, le mouvement cubiste voit le jour avec Picasso, Braque, Léger. Au
lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la peinture contemporaine s’affirme avec encore
plus de créativité. Aux côtés de l’art abstrait, du cubisme et du surréalisme, viennent s’ajouter
l’Art optique, le Pop Art, le Minimalisme qui gomment les frontières entre les différents arts de
l’époque.Les principaux courants picturaux que nous pouvons retenir au cours du 20ème siècle
sont :
le Fauvisme (1900-1910),
l’Expressionnisme (1905-1920),
le Cubisme (1907-1920),
le Futurisme (1909-1935),
le Surréalisme (1924-1966).
La sculpture
RODIN meurt en 1917. Tout en s'affranchissant de son influence, BOURDELLE (1861-1929) et
MAILLOL (1861-1944) l'égalent en grandeur et en puissance. Ces deux méridionaux ont le culte
des formes pleines et de la plastique méditerranéenne. Le premier, dans ses bustes et ses
sujets antiques, se montre peut-être plus varié ; l'œuvre du second constitue tout entière un
hymne grandiose au corps féminin. A l'opposé de ce classicisme se situent les constructions
abstraites d'Antoine PEVSNER (né Russe, citoyen français depuis 1930), auteur, avec son frère
Naum, dit GABO, d'un Manifeste constructiviste (1920). Influencés par Dada et le surréalisme,
Germaine RICHIER, COUTURIER, GIACOMETTI (né dans les Grisons, 1901-1966) procèdent soit à
une distorsion hallucinante des formes naturelles, soit à l'élaboration de volumes autonomes
suggérant une poésie pure des rapports entre le plein et le vide, entre l'immobilité et le
mouvement. D'ordinaire, la sculpture abstraite refuse toute « superstition » du matériau «
noble » (marbre ou bronze) et pense étendre ainsi le champ de ses possibilités.
Musique et littérature
Après DEBUSSY et FAURE, disparus en 1918 et 1924, RAVEL (1875-1937) devient le
représentant le plus typique du génie musical français ; il avait donné en 1906 une spirituelle
illustration des Histoires Naturelles de Jules Renard ; puis c'est, en 1925, sa fantaisie sur un
livret de Colette, L'Enfant et les Sortilèges. A sa génération appartiennent Paul DUKAS (1865-
1935), Albert ROUSSEL (1869-1937), Erik SATIE (1866-1921) dont l'humour et le style dépouillé
vont séduire le jeune « Groupe des Six » qui se placera sous son patronage. Les « Six »
composent collectivement la musique d'un ballet conçu par Cocteau, Les Mariés de la Tour
Eiffel (1921), puis chacun suit sa voie et quatre d'entre eux surtout deviennent célèbres :
Georges AURIC (né en 1899) ; Darius MILHAUD (né en 1892), auteur de Bolivar, opéra sur un
livret de Supervielle ; Arthur HONEGGER (1892-1955, de nationalité helvétique), à qui l'on doit
Pacific 231 et deux admirables oratorios : Le Roi David (1921), puis Jeanne au bûcher, sur un
texte de Paul Claudel (1939) ; enfin Francis POULENC (1899-1963), qui a composé des mélodies
sur des poèmes d'Apollinaire, Cocteau, Max Jacob, Eluard, Aragon, Louise de Vilmorin, et
l'opéra Dialogues des Carmélites, d'après Bernanos (1957)- — Citons encore Henri SAUGUET qui
excelle dans la musique de ballet, Olivier MESSIAEN remarquable à la fois par ses audaces et
par son inspiration mystique, André JOLIVET, Jean FRANÇAIX, Pierre BOULEZ.
Le cinéma
Utilisant la technique mise au point par Louis LUMIERE en 1895, Georges MELIES tourne ses
premiers films à partir de 1897. Avant 1914, d'autres metteurs en scène commencent à se
signaler : Max LINDER, Abel GANCE, Léonce PERRET. PUIS viennent Jacques FEYDER, Marcel
L'HERBIER, Louis DELLUC, René CLAIR, tandis que le succès de Charlie CHAPLIN se répand en
France (ses premières bandes datent de 1915). Avec BUNUEL et DALI (Un Chien andalou, 1928)
ou COCTEAU (Le Sang d'un poète, 1931), le cinéma participe au mouvement surréaliste.
Mais,vers le même temps, la sonorisation menace d'en faire un théâtre filmé ; il saura pourtant
surmonter cette crise et tirer des effets heureux des correspondances entre la musique et les
images. Cependant un René CLAIR montrera toujours, dans ses films « parlants », une discrète
tendresse pour « le muet ». En 1937 commence, avec Drôle de Drame, une féconde
collaboration entre Marcel CARNE et Jacques PREVERT (Les Visiteurs du Soir, 1942 ; Les Enfants
du Paradis, 1945). Passant de la scène à l'écran, Marcel PAGNOL travaille volontiers avec Giono.
En 1939, André MALRAUX tire de son propre roman un film épique : L'Espoir. L'année 1943
révèle trois metteurs en scène : BECKER, avec Goupi-mains-rouges (suivi, en 1952, de Casque
d'or), CLOUZOT, avec Le Corbeau, et BRESSON, avec Les Anges du Péché (que suivront, d'après
Bernanos, Le Journal d'un Curé de campagne en 1950, puis, en 1967, Mouchette). En 1960,
l'élection de René CLAIR à l'Académie Française consacre, avec le « septième art », une œuvre
riche d'humour et de poésie : Un Chapeau de paille d'Italie (1927), Le Million, A nous la liberté
(1931), Fantôme à vendre (1935),Ma Femme est une Sorcière (1942), Le Silence est d'or (1947),
Les Belles de nuit (1952). Alain RESNAIS doit à Marguerite Duras le sujet de Hiroshima mon
amour (1959) et à Robbe-Grillet celui de L'Année dernière à Marienbad (1961). Tandis que
Jacques TATI, satirique souriant venu de la pantomime au cinéma, retrouve les voies du
comique pur, la nouvelle génération fournit des metteurs en scène très doués et très tôt
célèbres comme Louis MALLE, Claude CHABROL, François TRUFFAUT, Jean-Luc GODARD, Claude
LELOUCH, Éric ROHMER. Précieux auxiliaire de la littérature, lorsqu'il sait illustrer de grandes
œuvres sans les trahir, et inciter un vaste public à les lire, le cinéma exerce à son tour son
influence sur le roman (cf. p. 656-664), qui s'inspire parfois de l'optique, du découpage, des
séquences cinématographiques. Et surtout il accède à une poésie autonome. Il a pu rivaliser
avec la peinture, comme en témoignent La Kermesse héroïque de Jacques Feyder, et, avec
l'appoint de la couleur, Le Fleuve de Jean Renoir, fils du grand peintre.

Conclusion
La littérature française du XXe siècle présente des facettes nombreuses et de grandes écrivains
qui ont été souvent couronnés par le Prix Nobel de Littérature (1901 Sully Prudhomme, 1904
Frédéric Mistral, 1915 Romain Rolland, 1921 Anatole France, 1927 Henri Bergson, 1937 Roger
Martin du Gard, 1947 André Gide, 1952 François Mauriac, 1957 Albert Camus, 1960 Saint-John
Perse, 1964 Jean-Paul Sartre, 1969, Samuel Beckett - Irlandais mais son œuvre est écrite pour
l'essentiel en français, 1985 Claude Simon) ; mais leur nombre se raréfie (seulement un dans les
trente dernières années). Le poids international de la littérature française s'amenuise et les
traductions en langues étrangères semblent également marquées le pas, par exemple 2% de
livres français traduits aux Pays- Bas contre 23% pour les textes anglais – source [1] et trente
fois moins de traductions françaises au Japon aujourd'hui qu'il y a trente ans - source [2].
Tout n'est pas noir cependant (voir, malgré la faute d'orthographe fâcheuse [3]), et par ailleurs
se fait jour peu à peu, chez de nombreux romanciers en tout cas une mise en cause d'une
littérature nombriliste "sans autre objet qu'elle-même" : ils appellent de leurs vœux (voir [4]
une "littérature-monde ", que peut vivifier l'apport des auteurs étrangers utilisant la langue
française et que symbolise Jonathan Littell et son roman Les Bienveillantes, couronnée en 2006,
et pour lequel on annonce une diffusion mondiale.

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