Chapitre 1 : Description et mesure de l’activité économique
Les opérations économiques résultent principalement des activités effectuées par les individus suite aux
décisions prises dans le cadre des choix microéconomiques. Les individus représentent les agents
économiques au sein d’une économie. Ils peuvent être des consommateurs, des producteurs, des
investisseurs (ou des entrepreneurs), l’Etat, le ministre (etc). Toutes ces informations devraient être
regroupées dans des grandeurs mesurables. Ce sont des grandeurs globales qu’on appelle les agrégats
macroéconomiques. Toutes les opérations économiques effectuées par les agents sont enregistrées par
la comptabilité nationale.
Section 1. Présentation des agents économiques
Sur le plan économique, un agent économique peut être un acteur physique ou moral capable de prendre
une décision et d’effectuer un choix d’ordre économique. Le comportement d’un agent économique
reflète une variété de décisions prises entre plusieurs alternatives possibles. On distingue plusieurs types
d’agents économiques. On peut donc se baser sur plusieurs critères pour définir un ensemble d’agents
économiques homogènes. Ces agents peuvent être classifiés selon le revenu, selon la classe sociale qu’ils
occupent et selon la classe sociale qu’ils détiennent. En comptabilité nationale, les agents économiques
sont distingués suivant leur fonction principale. On peut donc définir l’agent économique comme étant
l’ensemble d’acteurs effectuant la même fonction économique et exerçant des opérations économiques
identiques. Une économie est composée de cinq agents économiques.
1. Les sociétés et quasi-sociétés non financières :
Ce sont les entreprises (sauf banques) qui produisent des biens et services marchands non financiers. Les
unités ont leurs opérations financières séparées de celle des propriétaires des unités institutionnelles en
question.
L’activité des entreprises peut être classée en 3 secteurs :
o Secteur primaire (agriculture, élevage, et extraction des minerais) .
o Secteur Secondaire (industrie) .
o Secteur Tertiaire (transport, commerce, tourisme, artisanat, services, etc).
Origine des ressources : ventes de biens et services produits.
2. Les ménages :
Tous les individus qui vivent ensemble sous le même toit qu’ils aient ou non des liens de parenté et ayant
une consommation commune : une famille, un célibataire, ensemble des internes, etc.
Fonction principale : la consommation des B et S
Les ménages pour l’essentiel, fournissent du travail et achètent des B S aux entreprises
Il est d’usage courant de classer les ménages selon des catégories socioprofessionnelles présentant
chacune une certaine homogénéité sociale :
o Exploitants agricoles
o Ouvriers agricoles
o Les cadres supérieurs/ Administration / ..
o Cadres moyens Administration/ Techniniciens.
o Commerçant, employeurs non agricoles ou indépendant
o Employés de service/ de bureau.
o Ouvrier non agricole.
o Inactifs et autres cas.
3. Les administrations publiques :
Elles regroupent toutes les organisations dont l’activité principale est de produire des services non
marchands, c’est-à dire qui accomplissent des tâches d’intérêt général ou effectuent des opérations de
redistribution du revenu et des richesses nationales.
Dans cette catégorie, on distingue deux types d’administrations : Administrations publiques (Etat,
Collectivités locales, Sécurités sociales, etc.) dont la fonction principale consiste d’une part à produire des
services non marchands destinés à l’ensemble des citoyens et d’autre part, à assurer une certaine
redistribution du revenu (allocations familiales, prestations de services publics). Administrations privées
ou ISPBL (partis politiques, syndicats, associations, etc) dont la fonction principale est la fourniture de
services non marchands à leurs adhérents.
L’Etat représente l’autorité publique dont le rôle est de réguler la vie des hommes au sein de l’économie.
Sur le plan économique, l’Etat : - Fixe le cadre institutionnel et juridique définissant les règles de l’activité
économique. Ce cadre est relatif à la fixation des prix, des règles d’échange, du droit des contrats… -
Assure une certaine justice entre les individus de l’économie en redistribuant les revenus à travers le
prélèvement des impôts et l’octroi des subventions.
Les organismes publics exercent, tout comme les entreprises, une fonction de production et offrent aux
consommateurs et aux producteurs des biens et des services publics non-marchands destinés à la
collectivité (des services gratuits et quasi-gratuits). Il s’agit principalement des services relatifs à la
sécurité, à la santé, à l’éducation, à l’éclairage, aux routes, aux organismes de soins, aux organismes de
l’éducation (etc). En contrepartie de ces services, les administrations publiques ne peuvent tirer qu’une
partie minime de leurs ressources à travers des prélèvements des cotisations sociales et des impôts.
Puisque les administrations ne vendent pas leurs services, leur revenu est constitué par les prélèvements
fiscaux (impôts et cotisations sociales) pour l’Etat et par les cotisations et les subventions pour les
administrations privées.
4. Les sociétés financières :
Les institutions financières : établissements dont la fonction principale est le financement de l’économie
(collecter l’épargne et l’utiliser pour donner des crédits). Il s’agit principalement des banques, et des
compagnies d’assurance. L’activité principale de ces dernières est la transformation de risques individuels
en risques collectifs.
5. Le reste du monde :
Les autres économies représentent un agent économique appelé le reste du monde ou l’extérieur. Le
reste du monde est constitué par l’ensemble des agents ne résidant pas sur le territoire national et
possédant des relations en effectuant des opérations avec les résidents nationaux. Si un agent résident
n’effectue des opérations qu’avec les agents de son territoire national, il ne peut pas être classifié parmi
ceux du reste du monde.
Section 2 : Présentation des opérations économiques
La création des richesses dans l’économie et la réparation de ces richesses représentent deux
fondamentaux axes de la comptabilité nationale. D’où l’importance du revenu et de la production.
1. Présentation des opérations sur les biens et les services
1) L’activité de production
La production est une activité destinée à la création des biens et des services habituellement échangés
sur un marché pour satisfaire les besoins des agents économiques ou obtenus à l’aide de facteurs de
production s’échangeant sur le marché. Il peut en résulter des biens marchands ou non marchands.
Pour la production marchande, les biens et les services sont échangés sur les marchés en contrepartie
d’un prix. Ce prix sert comme une évaluation de la valeur de cette production. Cette valeur est relative à
la quantité des biens échangés multipliés par le prix de marché unitaire de chaque bien.
Dans la mesure où la production non marchande ne possède pas un prix de marché, son évaluation dans
la comptabilité nationale pose un grand problème. L’évaluation de la production non marchande
s’effectue suivant deux techniques. En effet, on peut utiliser les mêmes prix utilisés dans le secteur privé
du même service offert. Exemple, l’évaluation des prestations de l’enseignement public en se basant sur
les prix (tarifs) proposés dans l’enseignement privé. La deuxième technique sert comme une évaluation
sur la base des coûts supportés pour cette production. On ajoute donc les consommations intermédiaires
aux différents revenus ou salaires payés pour assurer cette production.
On parle notamment des différents salaires des ouvriers et des travailleurs et des autres revenus. On note
donc ;
La production non-marchande = consommations intermédiaires + rémunérations des salaires versés aux
administrations publiques.
2) La consommation des agents économiques
La consommation consiste à la destruction des différents biens et services offerts sur le marché. Il existe
plusieurs types de consommation.
I. La consommation finale
Après avoir transformé les inputs en outputs à leur stade final, la consommation finale consiste à une
utilisation et à une destruction de ces inputs pour satisfaire les besoins.
II. La consommation intermédiaire
Il s’agit d’une consommation des biens marchands pour assurer leur destruction dans une autre activité
de production dans le but de créer un bien à son stade final de production. Cette utilisation des produits
semi-finis consiste à une consommation intermédiaire.
III. La consommation destinée à la collectivité
Il s’agit d’une consommation des services non marchands. Dans la comptabilité nationale, cette
consommation pose un problème. Prenons l’exemple du service de l’éclairage public et de celui de
l’assemblage et du transport des ordures : ces deux services satisfont à la fois les besoins des
consommateurs et des entreprises. Les consommateurs les utilisent suivant une consommation finale,
tandis que les entreprises les utilisent suivant une consommation intermédiaire. La détermination de la
consommation de chaque agent est difficile à identifier puisque les consommateurs ne paient pas une
facture relative à l’utilisation de ces services. En comptabilité nationale, la valeur de ces services est
définie en fonction de la consommation finale effectuée par les administrations publiques.
3) L’activité d’investissement
L’investissement est constitué à la fois de la « Formation Brute de Capital Fixe » (FBCF) et de celle des
stocks. Pour assurer l’activité de production, l’entreprise acquis des biens durables don’t la période
d’utilisation dure au moins une année. La valeur de ces biens représente la FBCF. Cet investissement
consiste à l’acquisition des équipements de production qui seront amortis au cours du temps à travers
leur utilisation continue dans la production. Avec la déduction des valeurs de l’amortissement des
équipements, on définit la Formation Nette de Capital Fixe (FNCF). On écrit donc :
Formation Nette de Capital Fixe = Formation Brute de Capital Fixe – Amortissements
Une importante capacité de production de l’entreprise influence son poids sur le marché. De même, le
volume des stocks des produits intermédiaires possède une influence sur la production des entreprises.
L’investissement englobe de ce fait la formation des stocks. Au cours du processus productif, le stock
des produits intermédiaires varie au cours du temps. On peut donc définir la différence entre le volume
du stock final et son niveau initial par « la variation des stocks ». Dans la mesure où on a pris en
considération la déduction de la valeur des amortissements au cours du processus de production, on
peut donc illustrer ces deux expressions :
Investissement Brut = FBCF + Formation des stocks
La formation des stocks est définie aussi par la variation des stocks (∆S), on peut donc écrire :
Investissement Brut = FNCF + Amortissements + ∆S
2. Présentation des opérations avec le reste du monde
Les relations avec l’extérieur se définissent à travers les opérations des exportations et des importations.
Les ventes d’un pays donné au reste du monde sont définies par les exportations. Leurs prix ne tiennent
pas compte des coûts relatifs aux assurances et aux coûts de la transportation des marchandises. L’achat
des marchandises auprès du reste du monde consiste à une opération d’importation. La valeur des
marchandises importées intègre le coût de leur transportation et les frais des assurances entre le pays
importateur et le reste du monde.
3. Présentation des opérations de répartition des richesses
La production des entreprises consiste à créer de la valeur ajoutée. Les opérations de répartitions
consistent à une distribution de cette valeur entre les agents économiques. Deux types de répartition à
identifier, primaire et secondaire.
1) La répartition primaire de la richesse
Ce type de répartition consiste à une distribution de la richesse entre ceux ayant contribué à sa création.
Tout processus de production est assuré par deux facteurs essentiels, le travail et le capital. D’une part, la
répartition de la richesse consiste à une première opération de rémunération du travail en payant les
salaires et les cotisations sociales des travailleurs. Ces remunerations sont assurées par l’employeur.
D’autre part, on distingue une deuxième opération de répartition de la richesse qui est relative à la
rémunération du capital. L’employeur doit payer les loyers, les dividendes et les intérêts.
2) La répartition secondaire de la richesse
La répartition secondaire consiste à une opération de redistribution des richesses. Elle s’effectue à
travers un transfert aux ménages des prestations sociales. Ces versements sont issus des prélèvements
obligatoires sous forme d’impôts. L’Etat fixe des impôts sur la production des entreprises, sur les
produits, sur le revenu, sur le patrimoine et à travers les prélèvements des cotisations sociales.
4. Présentation des opérations financières
Il s’agit des opérations relatives à créer et à circuler les moyens facilitant les paiements. Les opérations
financières assurent de même le placement de l’argent dans les établissements financiers qui assurent
de leur part le financement des entreprises et des ménages en contrepartie des intérêts payés.
5. Les types de marchés
Un marché se définit comme un lieu (physique ou virtuel) où se rencontrent des vendeurs ou des offreurs
et des acheteurs ou des demandeurs d’un bien ou d’un service. La quantité échangée des biens se
détermine à travers cette rencontre. Plusieurs types de marché sont distingués.
1) Le marché des biens et des services
Sur ce marché s’effectuent les échanges des biens et des services entre les agents économiques dans la
mesure où la production est destinée à la vente sur ce type de marché. D’une part, pour produire et se
présenter sur le marché des biens et services, le producteur peut alors être vu comme un offreur des
biens et des services sur ce marché où se détermine le prix d’équilibre pour le cas d’une économie de
marché. D’autre part, le consommateur peut être vu comme demandeur de biens et services.
2) Le marché du travail
Sur ce marché se confrontent les offreurs et les demandeurs de travail. Sur le marché de travail, le
consommateur peut constituer son revenu en offrant son travail en contrepartie d’une rémunération ou
d’un salaire. L’acte de production amène les producteurs à se présenter sur le marché de travail appelé
aussi le marché des facteurs de production comme demandeurs de travail et de capital. Le marché de
travail permet la détermination du salaire d’équilibre, du niveau d’emploi et de celui du chômage.
3) Le marché financier
Ce marché est appelé aussi marché de capitaux. Les investisseurs ont besoins des moyens de
financement pour financer leurs projets et leurs entreprises. Ce sont des demandeurs de capitaux. Les
établissements financiers, qui sont des épargnants, offrent leurs capitaux sur ce marché. Le taux
d’intérêt se détermine donc à travers le niveau d’offre et de la demande de capitaux sur ce marché.
4) Le marché monétaire
Les liquidités qui sont considérées comme des moyens de paiement pour les agents économique
s’échangent sur le marché monétaire. Les institutions financières et monétaires comme les banques et
la banque centrale sont les acteurs principaux de ce marché. Ce dernier influence le niveau du taux
d’intérêt.
5) Le marché de change
Les opérations avec le reste du monde s’effectuent sur le marché de change. Les devises nécessaires
pour effectuer le paiement des importations et des exportations s’échangent sur ce type de marché. Il
existe une relation directe traduisant la liaison entre ces marchés. L’ensemble des relations entre ces
marchés s’illustre à travers le circuit économique. Un circuit traduisant la relation d’interdépendance
entre tous ces marchés.
Section 3. Présentation du circuit économique
Le circuit économique est une représentation schématique de l’activité économique d’un pays sous forme
de flux de richesse entre les différents agents économiques. Il décrit donc les relations entre les différents
agents économiques (ménages, entreprises, institutions financières, administrations et reste du monde).
Il s’agit d’un modèle visuel qui reflète les flux réalisés entre les agents économiques. Il existe deux types
de flux. Les flux réels sont relatifs aux flux des biens et des services, au travail offert ou au capital acquis.
Ces flux sont représentés par un trait continu (dans les graphiques ci-dessous). Les flux monétaires
traduisent les flux des rémunérations ou des sommes d’argent versées en contrepartie d’un travail offert
ou de l’acquisition d’un bien ou d’un service.
Dans le cas où l’économie nationale est ouverte à l’extérieur, on doit prendre en considération les flux
des exportations et des importations. On peut donc noter :
Y+M=C+I+G+X