Notes Cours
Notes Cours
1 - Un bref historique
Jusqu’au XIXe siècle, l’étude de l’électricité se réduit à celle des phéno-
mènes électrostatiques : on sait qu’il existe deux types de charges (positives et
négatives), auxquelles est associée une force dont Charles-Augustin Cou-
lomb (1736-1806) met en évidence la loi : « les forces électriques s’exercent en
raison inverse du carré de la distance ». En 1781, le biologiste italien Luigi
Galvani observe pour la première fois la contraction de pattes de grenouilles
lorsqu’elles sont touchées simultanément par deux métaux différents. Après
ces observations, Alexandre Volta, physicien et chimiste italien, construit
en 1800 la première pile, constituée d’un empilement de disques de zinc et
de cuivre séparés par un tissu imbibé de saumure. En reliant les deux ex-
trémités de la pile par un fil métallique il produit des courants électriques
continus et stables. Albert Einstein dira d’ailleurs plus tard de cette inven-
tion qu’elle est « la base fondamentale de toutes les inventions ». Et c’est en
effet à partir de la création de la pile que l’étude des phénomènes électriques
va beaucoup progresser. Dans les décennies qui suivirent, Georg Ohm dé-
couvre l’existence d’une relation de proportionnalité entre la différence de
potentiel appliquée aux bornes d’un conducteur et le courant électrique qui
le traverse, et le physicien anglais James Prescott Joule (connu surtout
pour ses travaux en thermodynamique), énonce une relation entre le courant
électrique traversant un conducteur et la chaleur dissipée par celui-ci. En
1820, le physicien danois Hans Oersted observe (de manière assez fortuite
lors d’une démonstration expérimentale en classe) la déviation de l’aiguille
d’une boussole sous l’influence d’un courant électrique. François Arago et
3 - Quelques ressources
Pour aller plus en détail dans l’histoire de l’électricité, celle-ci est très bien
décrite sur le site d’EDF. On y retrouvera par exemple des liens vers des
animations qui peuvent être insérées dans des leçons.
Le site RTE référence des données sur le réseau de transport d’électricité
français. On y retrouve notamment une description du système de distribu-
tion d’électricité et les données en temps réel du réseau électrique national.
Enfin, la plus grande source d’informations à votre disposition reste la
bibliothèque de Montrouge. Dès que vous en avez la possibilité, il faut se
plonger dans les livres et constituer votre propre corpus de connaissances.
II Grandeurs électriques
Définition ♥
L’électrocinétique est l’étude du mouvement de particules chargées dans Si on considère des variations typiques à une fréquence f (période
la matière (circuits) sous l’action d’un champ électrique. T = 1/f ) se propageant dans un circuit de longueur caractéristique L,
l’approximation des régimes quasi-stationnaires est réalisée si :
1 - Terminologie des circuits c
L ≪ cT ⇐⇒ f≪ (II.1)
Quelques définitions des éléments constitutifs d’un circuit électrique : L
• Dipôle : composant électrique relié au circuit par
deux bornes.
• Nœud : point commun d’au moins trois dipôles.
• Branche : portion de circuits qui relie deux nœuds Application
consécutifs. Dans quelle gamme de fréquence vérifie-t-on l’ARQS en TP ? Est-elle
• Des dipôles sont en série s’ils appartiennent à la même branche. vérifiée à l’échelle du réseau électrique français ?
• Des dipôles sont en parallèle (ou en dérivation) s’ils sont reliés aux
deux mêmes nœuds. Typiquement, en TP, on a L ∼ 1 m, donc L/c ∼ 3 ns et f ≪ 300 MHz.
Son unité est l’ampère (A), qui correspond à des C/s. C’est une unité du
Système Internationale (SI), définie désormais (depuis 2019) à partir de la En régime stationnaire ou dans l’ARQP, il n’y a ni accumulation ni dispa-
charge élémentaire e et de la seconde s tel que 1 A = 1 C/s. L’intensité se rition de charge ; il y a conservation de la charge. La charge contenue dans un
mesure à l’aide d’un ampèremètre branché en série dans le circuit. Elle est volume quelconque d’un conducteur ne varie pas au cours du temps : dans
représentée par une flèche sur un fil : si le sens conventionnel du courant est ce volume, le débit des charges entrant réellement est donc égal au débit des
celui de la flèche alors i > 0 , sinon i < 0. De plus, l’intensité en entrée d’un charges sortant réellement.
dipôle est égal à l’intensité en sortie de ce même dipôle.
Ordres de grandeur ¨
• Tensions usuelles en TP : 1 − 10 V
• Lignes électriques HT : ∼ 100 kV
Application
On considère le réseau électrique figuré ci-dessous.
0 100 t (ms) La valeur moyenne vaut 0 pour le secteur, et la valeur efficace vaut :
u 2 t +T
v
uu 0
1 + cos(4πf t + 2ϕ)
ueff = t 0 dt
T t0 2
C’est une tension sinusoïdale, de fréquence f = 50 Hz . v
u0 u 1
u
=√ u 1+ [sin(4πf t +2ϕ)
}]tt
0 +T
0
2 t 4π
Remarque
| {z
période T /2
En TP, si, en cherchant un signal, vous trouver quelque chose qui varie u0
=√
à cette fréquence, il est probable que ce soit du bruit dû à l’alimentation 2
de l’appareil par le secteur...
Lorsqu’on souhaite mesurer une grandeur électrique, deux modes sont pos- L’amplitude u0 vaut alors 325 V.
sibles. En régime continu, le mode DC ("Direct Current") donne la valeur
instantanée du signal. En régime sinusoïdal, le mode AC ("Alternative Cur-
Exercice 2
rent") donne la valeur efficace du signal. Certains appareils sont dotés d’une
Quelles sont les valeurs efficaces pour des tensions triangulaires et carrés ?
entrée AC+DC q : si on a u(t) = u1 + u0 cos(2πf t + ϕ), la valeur donnée par
l’appareil est u21 + u2eff . Dans le cas du secteur, on a u1 = 0 et f = 50 Hz. De la même manière, on montre que :
√
— pour un signal triangulaire : u = 0, ueff = u0 / 3
Remarque — pour un signal carré : u = 0, ueff = u0
La ligne du RER B est découpée en deux parties, chacune possédant son
propre système électrique : le sud de la ligne (appartenant à la RATP) est
électrifié en 1 500 volts continu, alors que le nord (appartenant à la SNCF)
est électrifié en 25 000 volts alternatif.
⟨P ⟩ = ⟨u(t)i(t)⟩
= ⟨u0 i0 cos(ωt + ϕu ) cos(ωt + ϕi )⟩
1 ((
= u0 i0 ⟨(cos(2ωt
((+ (ϕ ((
u + ϕi ) + cos(ϕi − ϕu ))⟩
2 | ( {z }
moyenne nulle
Figure 4 – Production électrique française en 2019 (Source : RTE) = ueff ieff cos(ϕ)
avec ϕ = ϕi − ϕu
Exercice 3 ü
Le rapport λ = ⟨P ⟩/ueff ieff = cos(ϕ), compris entre 0 et 1, est appelé
A partir de vos connaissances en électrostatique, justifier l’expression
facteur de puissance. La puissance moyenne consommée est maximale lorsque
donnée pour la puissance électrocinétique reçue par un dipôle quelconque.
le courant et la tension sont en phase.
En convention récepteur par exemple : que doit-on fournir au circuit
comme travail pour transférer les charges positives d’un point A à un
point B ? Définition ♥
Pendant l’intervalle de temps dt, une charge dq entre en A, dq = idt sort en
On distingue la puissance apparente P = ueff ieff (en VA) de la puis-
B. Le dipôle reçoit donc une énergie dqVA et perd une énergie dqVB . Il reçoit
sance active Pa = ueff ieff cos(ϕ) (en W) et de la puissance réactive Pr =
donc dE = (VA − VB )dq, soit une puissance P = dE dt = ui. ueff ieff sin(ϕ) (en VAR) .
Un dipôle est caractérisé par la tension u entre ses bornes, et l’intensité i i(t)
R
qui le traverse. Expérimentalement, si l’on impose une certaine tension u
t e : 1/
(continue) à ses bornes, il en résulte une valeur donnée du courant i (et Pen
réciproquement). La donnée de i en fonction de u ( i = f (u)) est appelée
caractéristique du dipôle. La relation la plus simple que nous pouvons u(t)
imaginer est une relation affine (résistances, générateurs) : de tels dipôles
sont dits linéaires.
De manière plus générale, en régime quelconque (continu ou variable), on
appelle dipôle linéaire tout dipôle pour lequel u(t) et i(t) sont reliés par une
équation différentielle linéaire à coefficients constants. La relation la plus Ordres de grandeur ¨
simple que nous pouvons imaginer est une équation différentielle du premier
• Résistance d’un fil électrique : 0,1 Ω
ordre (condensateurs, bobines).
• Corps humain : 2 kΩ
1 - Résistance • Résistance de contact : ∼ 1 Ω
Une résistance (ou résistor) est un composant dont la tension u à ses • Résistance usuelles en TP : 1 − 100 kΩ
bornes et l’intensité i vérifient, en convention récepteur, la loi d’Ohm :
• Résistance de sortie d’un GBF : 50 Ω
u = Ri
• Résistance interne d’un oscilloscope : 1 MΩ
R est appelée résistance : elle est positive et s’exprime en ohms (Ω).
On représente une résistance par :
1 ∗. La conductivité électrique est la grandeur physique qui varie le plus dans l’Univers :
G= (III.1) près de 30 ordres de grandeur entre isolants et conducteurs !
R
3. La puissance totale instantanée transportée par la ligne triphasée est L’emploi de transformateurs pour transporter des hautes tensions fut un
Ptri (t) = P1 (t) + P2 (t) + P3 (t), avec : argument important aussi qui favorisa le déploiement de la distribution de
courant alternatif par rapport au courant continu, à la fin du XIXe siècle ∗ .
P1 (t) = u1 (t)i1 (t) = u0 itri [cos(ϕ) + cos(4πf t + ϕ)]
P2 (t) = u2 (t)i2 (t) = u0 itri [cos(ϕ) + cos(4πf t + ϕ − 4π/3)]
Attention
P3 (t) = u3 (t)i3 (t) = u0 itri [cos(ϕ) + cos(4πf t + ϕ − 2π/3)]
Quelques éléments au sujet de la sécurité
En sommant, les termes en cos(4πf t) s’annulent, et il reste • Un des dangers de l’électricité est l’échauffement par effet Joule : un
Ptri (t) = 3u0 itri cos(ϕ). Pour transporter la même puissance avec fil ou une connexion traversé par un courant électrique chauffe et peut
la même tension que dans une ligne monophasée, on doit donc avoir ainsi provoquer un incendie. Un dispositif de protection contre ce
imono = 3itri . La puissance perdue par effet Joule dans les deux cas est risque domestique est le disjoncteur † qui interrompt la circulation du
donc : courant au-delà d’un certain seuil d’intensité (de l’ordre de 10 A).
• Un autre risque électrique important est l’électrocution : un courant
PJ,tri = 3Ri2tri , PJ,mono = 2Ri2mono = 18Ri2tri = 6PJ,tri
dont l’intensité est supérieure à 25mA provoque une paralysie respi-
Le pertes Joule sont donc plus importantes dans le monophasé. Cependant le ratoire, et peut être mortel. La résistance du corps humain étant de
problème n’est pas aussi simple : pour ne pas abîmer le câble, on ne peut pas 2 500 Ω en moyenne, et la tension du secteur de 230 V, l’intensité du
dimensionner une ligne qui laisse passer un courant i comme une ligne qui courant qui peut traverser le corps humain est, d’après la loi d’Ohm,
supporte un courant 3i. Il faut donc tripler la section du câble monophasé. de l’ordre de 100 mA, et est donc suffisante pour provoquer la mort.
Sa résistance est alors divisée par 3 : Pour s’en protéger, on utilise un autre dispositif : le disjoncteur dif-
férentiel, qui coupe le courant si la différence d’intensité qui parcourt
R la phase et le neutre est supérieure à 30 mA. Par exemple, le disjonc-
PJ,mono = 2 (3itri )2 = 2PJ,tri
3 teur différentiel arrête le courant si le fil de phase touche la carcasse
métallique d’un appareil, ou si une personne (reliée au sol) touche di-
Les pertes sont donc toujours inférieures dans le triphasé. De plus, le vo-
rectement la phase. En revanche, le disjoncteur différentiel ne protège
lume de métal nécessaire pour la construction des câbles est inférieur dans
pas si on touche simultanément la phase et le neutre.
le triphasé :
Pour ces dispositifs électromécaniques, le principe est souvent le même.
Vtri = 3L × S, Vmono = 2L × 3S = 2Vtri Les fils du neutre et de la phase sont enroulés autour d’un même anneau
ferromagnétique, en sens opposé. Dans le cas de la présence d’un courant
On a donc tout intérêt à transporter l’électricité dans des lignes triphasées ! de fuite If , les courant I1 et I2 sont différents, et un courant Ir est induit,
alimentant alors un relais K2 qui coupe l’alimentation. Si la cause de la
fuite de courant est réglée, on peut alors "réarmer" le disjoncteur.
Il faut garder à l’esprit qu’environ 10% de la production électrique natio-
nale est consommée dans le réseau (pertes par effet Joule dans les lignes et
pertes dans les transformateurs) : c’est l’équivalent de 5 centrales nucléaires ! ∗. Voir l’article https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_des_courants pour plus
d’informations sur la bascule entre courant continu et courant alternatif.
Pour diminuer l’effet Joule, donc le courant i, on peut augmenter la tension †. Il y a plusieurs types de disjoncteur, anciennement le fusible était répandu (fil confiné
u grâce à des transformateurs : c’est pourquoi les grandes lignes de transport dans du verre ou de la céramique, qui se casse au-delà d’un certain seuil de courant), des
de l’électricité sont portées à des tensions de plusieurs centaines de kilovolts. dispositifs électromécaniques, plus pratiques, les ont aujourd’hui remplacés.
Exercice 5 ♥
R1
On a donc : U1 = E ×
R1 + R2
i = i1 + i2 i1 R1 = i2 R2
R2
On a donc : i1 = i ×
1. Pont diviseur de tension : dans le premier montage, donner U1 en R1 + R2
fonction de R1 , R2 et E. Généraliser.
3. On peut réaliser un pont diviseur de tension dont une des résistances
2. Pont diviseur de courant : dans le deuxième montage, donner i1 en
est variable R, et la seconde est la résistance interne r du GBF, et on observe
fonction de R1 , R2 et i. Généraliser.
le signal à l’oscilloscope. Lorsque r = R, l’amplitude du signal mesurée est
3. Application : Proposer un montage permettant de mesurer la résis- divisée par 2.
tance interne d’un GBF.
4. Le potentiel entre R3 et R4 est donné par un pont diviseur de tension :
4. Application. Dans le montage suivant (pont de Wheatstone), donner
V34 = E R3R+R
4
. De même, le potentiel entre entre R1 et R2 est V12 = E R1R+R
2
.
la relation entre R1 , R2 , R3 et R4 qui permet de vérifier U = 0. A 4 2
Lorsque U = 0, on a donc V12 = V34 , soit :
quoi peut servir un tel montage ?
R1 R4 = R2 R3
4. Pour mesurer la résistance réelle du fil, il faut utiliser une mesure dite
4 points : les fils d’amenée du courant et ceux de la mesure de la ten-
sion ne doivent pas être connectés au même point du composant dont on
veut mesurer la résistance. On utilise alors deux fils pour injecter le cou-
A
rant dans le circuit, et deux autres fils pour mesurer la tension aux bornes
A de la résistance. Comme le courant traversant le voltmètre est négligeable
E E
R V V devant celui traversant la résistance, les résistances de contact sont igno-
R
rées : ∆V ≈ Rdipole Icircuit . Certains multimètres de la collection permettent
Courte dérivation Longue dérivation d’ailleurs de faire directement une mesure à 4 points.
Exercice 8 ü
Théorème de Millman. On considère le circuit suivant. Déterminer l’ex-
pression du potentiel VB en fonction des potentiels VA , VC et VD .
2 - Sources de tension et de courant Dans la réalité, un générateur (qui délivre un courant ou une tension) a
souvent une caractéristique affine. On peut modéliser cette source de deux
Une source de tension idéale délivre une tension u = e à ses bornes quel
manières.
que soit le courant i qui la traverse. e est appelée force électromotrice (ou
f.e.m.) de la source.
Équivalence Thévenin-Norton ♥
i(t) u(t) Il est possible de remplacer un morceau de circuit linéaire composé de
plusieurs éléments par un dipôle comprenant un générateur de tension idéal
et une résistance en série (théorème de Thévenin) ou bien par un dipôle
u(t) i(t)
comprenant un générateur de courant idéal et une résistance en parallèle
(théorème de Norton).
Une source de courant idéale délivre le courant i = η quel que soit la
tension u à ses bornes. η est appelé courant électromoteur (ou c.e.m.) de la Modèle de Thévenin Modèle de Norton
source.
η
u(t) E
i(t) R
⇔
i i R
u(t) η(t)
u
u
Attention
Ces définitions permettent de dégager deux notions importantes de sécu- Les modèles de Thévenin et de Norton sont équivalents si E = Rη .
rité :
• il ne faut jamais placer de court-circuit (interrupteur fermé, fil)
entre les bornes d’un générateur de tension : celui-ci cherchera alors
à augmenter (indéfiniment) le courant pour tenter d’imposer une ten-
sion...qu’il n’arrivera jamais à atteindre. Le courant augmentant, l’ap-
pareil est détruit.
• il ne faut jamais placer de coupe-circuit (interrupteur ouvert) entre
les bornes d’un générateur de courant : ce dernier cherchera à aug-
menter la tension entre ses bornes afin d’imposer le courant, mais ceci
n’arrivera jamais, et l’augmentation de la tension conduit à la destruc-
tion de l’appareil.
3 - Bobine
Ordres de grandeur ¨
Une bobine (ou inductance) est constituée d’un enroulement de spires
conductrices. La tension u(t) aux bornes d’une bobine idéale traversée par • Chargeur de téléphone : 1 à 10 µH
un courant i(t) vérifie :
• Bobine en TP : 10 à 100 mH
di • Bobine principale d’une RMN : 50 à 100 H
uL (t) = L
dt
Elle dérive d’une énergie W = 12 Li2 . De plus l’énergie est une grandeur
continue, donc l’intensité traversant une bobine est une grandeur continue
elle aussi.
L1 L2 Leq ≡ L1 + L2
⇐⇒
4 - Condensateur
Ordres de grandeur ¨
Un condensateur est constitué de deux armatures qui se font face et qui
portent des charges opposées +q et −q. Les deux armatures du condensateur • Condensateur en TP : 1 nF à 10 µF
peuvent être séparées par du vide, mais plus fréquemment par un matériau
isolant (diélectrique). Pour un condensateur idéal, la charge q(t) est propor- • Entrée d’un oscilloscope : 10 pF
tionnelle à la tension u(t) appliquée entre les armatures :
q(t) = Cu(t)
Remarque
avec C la capacité du condensateur exprimée en Farads (F). La relation Pour construire son propre condensateur à la maison :
tension-intensité prend alors la forme : https://youtu.be/Nl73TPL_g8M
du
i(t) = C
dt
Exercice 10 ♥
La convention de représentation d’un condensateur est la suivante : a) Calculer la puissance reçue par un condensateur, et en déduire l’éner-
C gie emmagasinée. En déduire une propriété sur la tension aux bornes
i +q -q
d’un condensateur.
b) Donner les lois d’association des condensateurs en série et en
parallèle.
u
C1
Ceq ≡ C1 + C2
⇐⇒
C2
Attention
Il existe plusieurs de condensateurs. Parmi eux, les condensateurs électro-
lytiques sont polarisés et doivent être branchés correctement. Le terminal
positif (+) doit être connecté au potentiel positif et le terminal négatif (-)
au potentiel négatif. Inverser la polarité peut entraîner une défaillance du
condensateur, une surchauffe ou même une explosion.
Pensez aussi à décharger les condensateurs avant de les toucher avec les
doigts.
La solution homogène, notée uc,homo (t), est ici sous forme d’exponentielle Il s’agit du temps de réponse du circuit.
décroissante (elle est égale à sa dérivée à unfacteur près) :
t
uc (t)
uc,homo (t) = λ exp −
τ E
−E/τ •
état final
ur R
uc
0 t/τ
ic
C
E
uc
a) En appliquant la loi des mailles, on obtient du
dt + τ = 0, avec τ = RC.
c
−t
uc (t) = E exp .
τ
i(t)
Exercice 13 ü
Oscillations de relaxation d’un tube Néon (Pearson-Anson effect). On
considère le montage suivant :
R V0 u(t)
B
U (t) C G
On peut calculer le temps pour lequel la tension arrivera à la valeur seuil
de V0
E
uc (t0 ) = V0 ⇒ t0 = RC ln (IV.1)
A E − V0
À partir de ce temps, le condensateur se décharge brutalement dans le tube
La tension U (t) est un échelon de tension à E pour t > 0. Le composant (qui émet un flash lumineux), puis la résistance de celui-ci devient infinie
noté G est un tube à gaz (Néon) ∗ . Son comportement est le suivant : il se et la charge du condensateur reprend. On a donc une alternance de charges
comporte comme une résistance infinie tant que la tension à ses bornes est (avec une constante de temps RC) et de décharges (instantanées) qui se met
inférieure à une certaine tension V0 < E, et comme une résistance r ≪ R en place de manière périodique, la période étant égale au temps que met le
dès qu’elle dépasse V0 . Lorsque ceci se produit, le condensateur se décharge condensateur pour atteindre une tension V0
instantanément en produisant dans le tube un éclair très bref.
E 24
−6
T = RC ln = 1000 · 10 ln ≈ 0,23 ms (IV.2)
E − V0 19
a) Tracer la caractéristique du tube à gaz.
b) On ferme l’interrupteur à t = 0 : montrer que la tension aux bornes Cette fréquence des flashs lumineux est donc suffisante pour donner l’impres-
du tube subit des oscillations dont on déterminera la période. Tracer sion d’un éclairage continu.
le graphe de cette tension.
c) A.N. : E = 24V, R = 1000Ω, C = 1µF , V0 = 5V .
∗. Les lampes Néon ne sont rien d’autre que deux électrodes métalliques à l’intérieur
d’une ampoule scellée contenant le gaz néon. Aucun courant ne peut circuler entre les
électrodes si aucune tension n’est appliqué à leurs bornes : résistance infinie. En revanche,
si la tension appliquée excède un certain seuil, le gaz s’ionise (on atteint le champ disruptif
du gaz) et le courant peut circuler : la résistance est drastiquement réduite.
2 - Circuit RL série Ici, l’intensité aux bornes de la bobine est continue (pour que la puissance
reçue par la bobine le soit), en revanche la tension aux bornes de la bobine ne
La situation est semblable à celle du circuit RL :
l’est pas (elle subit une discontinuité de E à t = 0). Tout se passe comme si
la bobine bloquait l’établissement du courant pendant le régime transitoire,
avant de devenir équivalente à un fil lorsque le régime permanent est établi
(i = E R , uL = 0 ).
iL
L Remarque
Rupture du courant dans une bobine
Si on ouvre à présent l’interrupteur, on se retrouve dans un cas semblable
Figure 17 – Circuit RL série à la décharge du condensateur : la bobine, s’opposant à ce que le cou-
rant s’annule soudainement, voit sa tension brusquement passer de 0 à E,
À t = 0, on ferme l’interrupteur. L’application de la loi des mailles donne puis décroitre exponentiellement. Dans le même temps, le courant, initia-
ici une équation pour l’intensité semblable au paragraphe précédent, à savoir : lement de valeur E/R, décroit exponentiellement pour s’annuler. Au total,
la bobine fournit au circuit une énergie électrique égale à celle qu’elle avait
diL R E stockée pendant sa charge.
dt + L iL = L
Application
Le temps caractéristique du circuit RL est τ ′ = L
R .
Un courant i est établi au sein d’un circuit RL. On ouvre le circuit
Les conditions initiales sont désormais iL = iL (0+ ) (0− )
= 0 (continuité de (rupture du courant dans la bobine). Effectuer le bilan de puissance puis
l’intensité aux bornes de la bobine, et donc au sein du circuit ; en revanche, le bilan d’énergie du circuit RL.
il peut y avoir discontinuité de uL (t)), ce qui permet de résoudre l’équation On multiplie la loi des mailles par l’intensité i(t) :
différentielle et ainsi obtenir : d
1 2
Ei = uL i + uR i = Ri2
Li + |{z}
|{z} dt 2
E t
PGBF PJ
iL (t) = 1 − exp − ′
| {z }
Eelec
R τ
et par conséquent
diL t
uL (t) = L = E exp − ′
dt τ
V Régime transitoire des circuit linéaires du second de la physique, notamment en mécanique. Il est alors possible de dresser
une analogie entre les grandeurs électriques et mécaniques. En effet, si on
ordre
considère une particule ponctuelle soumise à une force de rappel −kx, des
On fait désormais l’étude du régime transitoire de circuits linéaires du se- frottements fluides −λẋ et une force F , alors son équation du mouvement
cond ordre, i.e. au sein desquels les grandeurs électriques obéissent à une s’écrit :
d2 x λ dx k F
équation différentielle d’ordre 2. Notre étude portera principalement sur l’in- + + x=
contournable circuit RLC série, qui conduit à l’étude de l’équation différen- dt2 m dt m m
tielle de l’oscillateur harmonique amorti (la résolution de cette équation étant
la même qu’en mécanique). Le tableau suivant précise la correspondance entre les grandeurs.
Tout au long de ce chapitre, on considère le circuit RLC série suivant :
Analogie électro-mécanique ♥
C
R
Circuit RLC série Oscillateur mécanique
Signal q x
L Signal dérivé i v
R λ
Paramètres L m
C 1/k
s
Figure 18 – Circuit RLC série 1 k
Pulsation propre ω0 √
LC m
s √
1 L km
1 - Analogie électro-mécanique Facteur de qualité Q
R C λ
Commençons par écrire la loi des mailles : e(t) = uR (t) + uC (t) + uL (t) L m
Temps de relaxation
Tous les dipôles sont traversés par le même courant i(t) : 2R 2λ
Énergie potentielle / 11 2 1 2
2 q kx
i(t) = dq
dt , uR (t) = Ri(t) = R dq
dt et uL (t) = di
L dt = L ddt2q électrostatique 2C 2
Énergie cinétique / 1 2 1
Li mv 2
On a donc une équation différentielle d’ordre 2 portant sur la charge q(t) : magnétique 2 2
d2 q ω0 dq e(t) Dissipation Joule /
+ + ω02 q = Ri2 λv 2
dt 2 Q dt L frottements
√ d2 q d2 x
avec ω0 = 1/ LC la pulsation propre et Q = 1/2ξ = R1 L/C le facteur de
p Équation dynamique u=L F =m
dt2 dt2
qualité (ξ est le facteur d’amortissement) du système (on reviendra sur la
signification physique de ces quantités). Il s’agit d’une équation différentielle
linéaire d’ordre 2. Ce type d’équation intervient dans différents domaines
2 - Réponse indicielle du RLC série • ∆ < 0, i.e. Q > 12 (ξ < 1) : régime pseudo-périodique
On a comme racines de l’équation caractéristique :
−ω0 q q
On s’intéresse d’abord à la solution de l’équation différentielle homogène r± = 1 ∓ i 4Q2 − 1 = ω0 −ξ ± i 1 − ξ 2
du RLC série. Une telle solution revient à considérer un circuit sans source, 2Q
i.e. à faire l’étude du régime libre du circuit. La recherche de solutions de la
forme ert nous conduit à une équation, dite équation caractéristique, sur r : et les solutions (réelles) de l’équation différentielle sont donc de la forme
ω0
r2 + r + ω02 = 0 q(t) = e−t/τ Aeiωt + Be−iωt = e−t/τ (A′ cos(ωt) + B ′ sin(ωt))
Q
q
1 2Q 2L
en posant ω = ω0 1 − 4Q2
la pseudo-pulsation et τ = = le temps
Son discriminant vaut : ω0 R
ω02 1 d’amortissement.
∆= − 4ω02 = 4ω02 −1
Q2 4Q2
Remarque
La forme des solutions dépend du signe de ∆ : Selon les problèmes, on peut préférer comme forme de solution
A′ cos(ωt + ϕ)e−t/τ .
u(t) [V]
0.5
Exercice 14 ü 0.0
Déterminer la réponse indicielle du condensateur dans le cas Q > 1/2.
-0.5
La solution totale est de la forme : 0.000 0.002 0.004 0.006 0.008 0.010
q(t) t [s]
= 1 + e−t/τ (A sin(ωt) + B cos(ωt))
CE Figure 19 – Tension aux bornes du condensateur uc (t) pour un signal E(t)
Les conditions initiales sont q(0) = 0 et q̇(0) = 0, donc : (bleu) carré compris entre +5 V et 0 V avec ω0 = 1e4 rad/s et Q = 2.5
( (jaune), Q = 0.5 (vert) et Q = 0.25 (rouge).
A = −1
ωτ
B = −1
Exercice 15 ü
Donc :
Tracer le portrait de phase des trois régimes pour la décharge.
q(t) sin (ωt)
= 1 − e−t/τ + cos (ωt)
CE ωτ
e−t/τ
q
=1− p 2 2
sin(ωt) + 4Q − 1 cos(ωt)
4Q − 1
e−ω0 t/2Q q q
=1− p 2 sin ω0 t 4Q2 − 1 + arcsin 4Q2 − 1
4Q − 1
3 - Temps de réponse
Exercice 16
En plus des différentes constantes de temps déjà vues, on définit le temps
de réponse à 5% comme étant la durée TR au bout de laquelle le système a) Soit T = 2π/ω la pseudo-période, et T0 = 2π/ω0 . A quoi correspond
atteint sa valeur finale à moins de 5% près. T0 ? Calculer en fonction de L et de C la valeur maximale de R telle
que :
T − T0
< 10−3
T0
Application numérique : L = 1 mH, C = 1 µF. Commenter.
b) Montrer que le facteur de qualité est une estimation du nombre d’os-
cillations du système avant d’atteindre la valeur finale.
c) Quel est le temps de réponse minimal pouvant être atteint avec L =
1 mH et R = 10 Ω ?
d) Comment expliquer l’allure de la courbe de la figure 19 ?
Le temps de réponse TR correspond à la durée du régime transitoire, et
est calculable. Le graphe représenté Fig. 19 montre l’évolution du temps de
−1/2
réponse en fonction du facteur d’amortissement. On remarque qu’il y a un
T 1
a) On a T0 = 1− 4Q2
. T0 est la période lorsque Q → ∞, i.e. quand
minimum, correspondant à un régime pseudo-périodique ∗ . En pratique, on T −T0
fera en sorte que la période du créneau soit au moins le double de TR . on supprime tout effet dissipatif. On pose ε = T0 ≪ 1, d’où T < T0 (1 + ε).
q
Avec quelques développements limités, on obtient R < 8Lϵ C ≈ 2,8 Ω.
b) Les oscillations disparaissent (on s’écarte de moins de 5% de la valeur
finale) après un temps τ ln(20) ≈ 3τ = 6Q
ω0 . Le nombre d’oscillations est donc
3τ ω
donné par T ≈ ω0 Q −→ Q.
Q≫1
1
c) Le temps de réponse minimal est tel que Q = 2ξ = 1/1.38 et ω0 TR ≈ 3 :
3 L
TR ≈ ω0 ≈= 4.14 R = ...
d) En régime apériodique, le temps de réponse croit exponentiellement
avec l’amortissement. En régime pseudo-périodique, une petite variation de
l’amortissement peut réduire ou augmenter l’amplitude des dépassements, et
donc modifier le temps de réponse d’une pseudo-période (d’où l’aspect en
escalier).
A2 −2t/τ
Estocké ≃ e
Exercice 17 ♥ 2C
a) Faire un bilan d’énergie du circuit RLC série. b) ii) L’énergie stockée perdue pendant une pseudo-période est :
b) On se place de nouveau en régime libre (donc pas d’énergie injectée
extérieurement dans le système) dans le cas d’un amortissement très ∆Estocké = Estocké (t + T ) − Estocké (t)
faible (i.e. faible valeur de R, i.e. régime pseudo-périodique). = Estocké (t) e−2T /τ − 1
i Donner l’expression approchée de l’énergie stockée dans le cir-
2T
cuit en fonction du temps. ≃ Estocké (t) 1 − −1
τ
ii Donner l’énergie perdue par l’oscillateur au cours d’une pseudo- −A2 T −2t/τ
période T . En déduire une interprétation énergétique du facteur = e
τC
de qualité Q dans le cas d’un amortissement très faible (et uni-
Soit :
quement dans ce cas).
|∆E| 2T 2π
= =
E τ Q
a) On multiplie la loi des mailles par l’intensité i(t) :
d 1 2 d 1 2
Ei = uc i + uL i + uR i = Cuc + Ri2
Li + |{z}
|{z} dt 2 dt 2
PGBF | {z } | {z } PJ
Econd Ebob
VI Circuits linéaires en régime sinusoïdal forcé Aux temps longs, le régime permanent du courant dans le circuit s’écrit
donc :
On s’intéresse désormais à la réponse d’un circuit électrique en régime R Lω
sinusoïdal forcé, i.e. en présence d’une source délivrant un signal sinusoï- i(t) = 2 2 2
e0 cos(ωt) + 2 e0 sin(ωt)
R +L ω R + L2 ω 2
dal. L’étude d’un système si particulier ouvre sur l’étude fréquentielle d’un
circuit, complémentaire à son étude temporelle. En effet, tout signal d’ex-
citation peut être décomposé en une somme de fonctions sinusoïdales (c’est La démarche employée ici est très générale, mais est fastidieuse et calcu-
la décomposition de Fourier). C’est une occasion d’aborder les notions de latoire.
résonance et de filtrage. Autre méthode plus simple (oubliez donc dès à présent tout ce qui
précède) : on utilise le fait que les circuits sont linéaires, et on passe en
notation complexe :
1 - Notation complexe
Pour motiver l’étude de la notation complexe, reprenons l’exemple du cir- u = U ejωt = U0 ej(ωt+ϕu )
cuit RL série, cette fois forcé par un générateur de tension sinusoïdale : i = Iejωt = I0 ej(ωt+ϕi )
e(t) = u0 cos(ωt). On rappelle l’équation sur i(t) donnée directement par la
loi des mailles : U et I sont appelés amplitudes complexes, U0 et I0 sont appelés amplitudes
réelles. On résout ainsi en complexe, puis on revient au signal de départ par :
di u(t) = Re(u(t)) = U0 cos(ωt + ϕu ) et i(t) = Re(i(t)) = I0 cos(ωt + ϕi ).
L (t) + Ri(t) = e(t) = e0 cos(ωt)
dt
La solution est la somme de la solution de l’équation homogène et d’une
Représentation complexe ♥
solution particulière.
Nous avons déterminé précédemment la solution de l’équation homogène : En notation complexes, les opérateurs dérivation et intégration de-
elle correspond au régime libre (décharge de la bobine) et disparaît au bout viennent :
de 5τ environ (ici, τ = L/R). Dans ce chapitre, on sera surtout intéressé
signaux réels représentation complexe
par le comportement en régime permanent, qui correspond à une solution
d
particulière du système. Dérivation ∗jω
dt
Cherchons une solution particulière de la forme ip (t) = A cos(ωt) +
B sin(ωt). En injectant dans l’équation différentielle, il vient : 1
Intégration dt ∗
jω
a) Résistance : u = Ri donc ZR = R.
2 - Impédance d’un dipôle en RSF
Condensateur : i = C du
dt ∼ jCωuc , donc ZC =
c 1
jCω .
On définit, en RSF, l’impédance complexe d’un dipôle comme le rapport di
Bobine : uL = L dt ∼ jLωi donc ZL = jLω
entre la tension complexe et l’intensité complexe à ses bornes :
b) A haute fréquence, ZC → 0 et ZL → ∞.
u U A basse fréquence, ZC → ∞ et ZL → 0.
Z = Zejϕ = = ej(ϕu −ϕi )
i I
Association de dipôles linéaires : 1 1
R1 + jCω (R2 + jLω) R1 + R2 − j (Lω − Cω
• association de n dipôles en série : Z eq = 2
1
(R1 + R2 )2 + Lω − Cω
Z = Z 1 + Z 2 + ... + Z n On demande que la partie imaginaire soit nulle, donc que
R2 1 L
• association de n dipôles en parallèle : 2 2
(R1 + R2 ) LR1 ω − = Lω − R1 R2 + ,
C C C
1 1 1 1
= + + ... +
Z Z1 Z2 Zn qui se simplifie en
L R22 L
soit : L R12 − ω2 = − 2. (VI.1)
C C C
Y = Y 1 + Y 2 + ... + Y n
La pulsation à laquelle courant et tension sont en phase est donc
Exercice 19 v
u R2 C 2
t LC − 1
u 2
Courant et tension en phase. On considère le montage suivant en RSF. ω= .
R12 C 2 − LC
Lois de Kirchoff en RSF : Les lois de Kirchoff (loi des noeuds, loi des
mailles) continuent d’être vérifiées en RSF si l’on est toujours dans le cadre Exercice 20 ♥
de l’ARQS. Elles peuvent se réécrire avec les amplitudes complexes : Circuit déphaseur. On considère le circuit suivant en RSF (e(t) =
• Lois des noeuds ∗
: on note ik (t) = i0k cos(ωt + ϕk ) et ik = i0k ej(ωt+ϕk ) . em cos(ωt)). On pose VA − VB = u = Um cos(ωt + ϕ). Déterminer Um
On a la loi des noeuds et ϕ dans le cas où R = r.
C
X X R
εk ik (t) = εk i0k cos(ωt + ϕk ) = 0 A
k k
T /2 = π/ω, et on a : B
X X
εk ik (t + π/ω) = εk i0k sin(ωt + ϕk ) = 0
k k
e(t)
On obtient ainsi, par combinaison linéaire des deux équations précé-
dentes :
Utilisons un pont diviseur de tension (ou le théorème de Millman) pour
X
i0k ejϕk obtenir les potentiels en A et B :
P
k εk ik =0 soit εk I k = 0 avec Ik =
k
1
re jCω e e e e jrCω − 1
• Lois des mailles : même démarche que précédemment, on arrive à : u=VB −VA = − 1 = − =
r + r r + jCω 2 1 + jrCω 2 jrCω + 1
Uk = u0k ejϕk
P
k εk Uk =0 avec On en déduit les grandeurs réelles en calculant le module et la phase de u
em
Attention Um = |u| = ϕ = arg(u) = arg(jrCω − 1) − arg(jrCω + 1)
2
X
0 = 0 ou X
X0k
P PX
k ε
En revanche on ne peut pas dire X k iX k ε
ku =X0.
X X π
k XX On sait que arctan(−x) = − arctan(x) et arctan(1/x) = 2 −arctan(x), donc :
X X
π
ϕ=2 − arg(1 + jrCω) = π − 2 arctan(rCω)
2
Il s’agit d’un filtre dont le gain est constant, mais dont le déphasage varie
avec la fréquence.
Exercice 21 ü Exercice 22 ü
Pont d’impédance. Le pont d’impédances représenté ci-dessous est dit Adaptation d’impédance. Un générateur d’amplitude E et d’impédance
équilibré lorsque uAB = 0. Pour quelle valeur de C cet équilibre est-il Zg est branché en série avec une charge d’impédance Zc . A quelle condi-
réalisé ? Intérêt du montage ? tion la puissance utile transmise à Zc est-elle maximale ? On dit qu’il y a
R L R adaptation d’impédance. Calculer le rendement associé.
B
Le courant dans le circuit est :
C
E E
I= =
R Zg + Zc (Rg + Rc ) + j(Xg + Xc )
A
R
Soit :
E
|I| = q
e(t)
(Rg + Rc )2 + (Xg + Xc )2
La puissance utile reçue par la charge est donc :
Comme dans l’exercice sur le déphaseur, on met la masse à droite du
circuit. On peut alors calculer par un diviseur de tension les potentiels Rc E 2
Pu = R c I 2 =
(Rg + Rc )2 + (Xg + Xc )2
1
R 1
R
+jCω 1
VB = e VA = 1 e= e (VI.2) La puissance est maximale pour Xg +Xc = 0 et Rg = Rc , soit Pu = E 2 /4R.
2R + jLω R+ 1 2 + jRCω
+jCω
R Pour maximiser le transfert de puissance, on doit donc adapter l’impédance
Le pont est équilibré pour VA = VB , il faut donc passer aux modules de la charge.
La puissance du générateur est Pg = EI = E 2 /2R.
R2 1 On en déduit le rendement :
2 2 2
= ⇔ 4R2 + R4 C 2 ω 2 = 4R2 + L2 ω 2 , (VI.3)
4R + L ω 4 + R2 C 2 ω 2 Pu 1
η= =
ce qui se produit quand Pg + Pu 2
L
C= (VI.4) L’adaptation d’impédance impose au pont diviseur de diviser la tension aux
R2
bornes de la charge par deux. Maximiser la puissance transmise n’est donc
Ce pont est appelé pont de Maxwell, il permet de déterminer facilement une
pas toujours la meilleure option...
inductance de valeur inconnue dès qu’on possède des résistances connues et
une capacité variable. Par ailleurs, le fait d’être en régime variable permettra
de mieux repérer la position exacte de l’annulation de VA − VB (on peut
changer ω avec le GBF pour vérifier que l’annulation persiste lorsqu’on pense
avoir atteint la bonne valeur de C).
∗. Qui pourrait vous être utile le jour de l’oral lors du temps de préparation de votre
leçon de physique !
I
Exercice 23 ♥
Résonance en intensité. On considère le circuit RLC série précédent, avec E/R
e(t) = Eejωt .
e E
I = |i| = = r
1 2
R + j Lω −
1
Cω R2 + Lω − Cω
1
!
1 Lω −
Cω
ϕ = arg(i) = arg(e) − arg R + j Lω − = − arctan
Cω R
ω0
∆ω = |ω2 − ω1 | =
Q
q q
Dans le cas Q ≥ √1 : si x ≤ 1− 1
2Q2
alors f ′ (x) ≤ 0 et si x ≥ 1− 1
2Q2
Exercice 24 ♥ 2 q
alors f ′ (x) ≥ 0. Il y a donc résonance en ω = ω0 1 − √1 . 1
2Q2
si Q ≥
Résonance en tension. On étudie cette fois la tension uc (t) aux bornes 2 q
1
du condensateur. Il faut également noter que la pulsation de résonance ω0 1 − 2Q 2
q
1
a) Donner uc (t) en fonction de e. Que vaut son amplitude U ? Son dé- est différente de la pseudo-pulsation en régime libre ω0 1 − 4Q2 !
phasage avec e(t) ?
b) Étudier les variations de U en fonction de ω. On distinguera deux
U
cas possibles.
x x π x
2 2
arg 1 − x + j = arg j −j(1 − x ) + = +arg − j(1 − x2 )
Q Q 2 Q ϕ
Exercice 25
Résonance et anti-résonance. Donner qualitativement l’allure des varia-
tions avec la fréquence du module de l’impédance du dipôle suivant (pour
simplifier, L′ = L et C ′ = C) :
L0
C
L
A B
C0
Enfin,
P1 + P2
P = P1 + P2 = Uef f I cos ϕ ⇒ cos ϕ = ≈ 0, 65
Uef f I
b) En ajoutant un condensateur en parallèle, l’admittance totale du circuit
s’écrit
1 1 R2 1 Lω
Y eq = jCω + + = + + j Cω − 2 2 .
jLω + R2 R1 L2 ω 2 + R22 R1 L ω + R22
(
u<0⇒i=0
i>0⇒u=0 u(t)
Exercice 27 ♥
Redressement double alternance ∗ . On considère le montage électrique
suivant :
R VR
a) Pour e(t) > 0, le courant passe par la diode en bas à gauche puis en
haut à droite. Pour e(t) < 0, le courant passe par la diode en bas à droite
puis en haut à gauche.
b) La tension VR est la valeur absolue du signal e(t).
c) Voir le graphe.
∗. Le montage étudié ici est utilisé pour transformer une tension alternative en tension
continue : la moyenne du signal obtenu après redressement (non nulle) est récupérée à
l’aide d’un filtre passe-bas, puis stabilisé par une diode Zener, puis un transistor permet de
fournir une puissance suffisante. Une maquette de démonstration de la conversion alternatif-
continu est disponible à Montrouge.
Remarque : même quand elles ne sont pas illuminés (Φ = 0), un très faible
courant les traverse, appelé courant d’obscurité, de l’ordre de 1 nA.
−Vsat
Voici quelques exemples de montages à base d’ALI que vous pourrez ren-
contrer en TP. Parmi ces ALI, tous fonctionnent en régime linéaire sauf le Exercice 29 ü
comparateur de tension. Retrouver les relations entre s(t) et e(t) pour les différents montages à
base d’ALI présenté précédemment.
Quel est l’intérêt du montage suiveur ?
Montage amplificateur inverseur Montage amplificateur non inverseur
R2
R2 Pour calculer les relations entrée-sortie de montages avec des ALI en fonc-
-
tionnement linéaire, le principe est souvent le même :
- R1
R1
+
— Appliquer les hypothèse de l’ALI idéal : V+ = V− , i+ = i− = 0
+
e s s — Appliquer la loi des noeuds sur l’entrée de l’ALI
e
— Appliquer la loi des mailles sur la maille formée par la tension d’alimen-
tation et l’entrée de l’ALI
s R2 s R2
=− =1+ — Appliquer la loi des mailles sur la maille formée par la boucle de rétro-
e R1 e R1
Montage suiveur Montage soustracteur action, l’entrée et la sortie de l’ALI
— Combiner les différentes équations
- R
L’intérêt du montage suiveur vient du fait que le courant d’entrée de l’ALI
+ R
- est nul : il n’y a pas de fuites de courant. On peut donc réaliser des mesures
s R
+ de tension sans influer sur le circuit mesuré. Par exemple on peut mesurer la
e e1
s charge d’un condensateur sans que celui ci ne se décharge dans la résistance
e2
R
interne du voltmètre.
s=e s = e2 − e1
Montage à résistance négative Comparateur de tension
R
A -
+ s
R -
e
+
s
Rp
s e
e
Les ALI sont réalisés à partir d’un assemblage assez complexe de résis- Le modèle de l’ALI idéal n’étant évidemment pas vérifié dans le monde
tances et de transistors. La structure interne du µA741 (très répandu et réel, on peut lister les principales limitations des ALI.
utilisé en TP) est reproduite sur la figure (26). Les performances des ALI
dépendent fortement de la qualité des transistors d’entrée, qui sont bipo- Limites de l’ALI ♥
laires pour le µA741 et à effet de champ pour le TL081 (également utilisé
en TP). Les transistors à effet de champ étant de meilleure qualité que les • Limitation en tension de sortie : |s| < Vsat , la valeur de saturation
transistors bipolaires, on utilise préférentiellement le µA741 pour mettre en étant fixée par l’alimentation continue de l’ALI. De plus, µ0 n’est pas
avant les limitations des ALI, et le TL081 pour les mettre en avant leurs infini (même s’il reste très grand).
performances. • Limitation en courant de sortie : |is | < isat .
Q12 Q13
Pour les ALI en TP, on a isat ∼ 10 mA.
Q8 Q9 7
VS+ • Résistances d’entrée et de sortie : Re < ∞ et Rs > 0.
Q14
Ainsi, les courants d’entrée ne sont pas strictement nuls.
Non-inverting Inverting
input input
Q1 Q2 4.5 kΩ • Vitesse de balayage : ds dt < σ ≃ 1 V/µs.
Q16 Q17
3 2 25 Ω A haute fréquence, un signal sinusoïdal apparaîtra triangulaire.
30 pF
Q3 Q4 6
39 kΩ
7.5 kΩ Output
50 Ω
Q7
Caractéristique Idéal µA741 TL081
Paramètres linéaires
Q20
Q15
Q10 Gain µ0 ∞ 2 × 105 2 × 105
1 Q6 5 Q22
Q5 Q19 Résistance d’entrée Re ∞ 2e6 Ω 1e12 Ω
Offset 50 kΩ Offset Q11
null null Résistance de sortie Rs 0Ω 100 Ω 100 Ω
1 kΩ 5 kΩ 50 kΩ 50 Ω
1 kΩ Courant de polarisation d’entrée (i+ + i− )/2 0 A 80 nA 30 pA
4
VS− Tension de décalage (offset) Vd 0V 1 mV 3 mV
Paramètres non-linéaires
Figure 27 – Structure interne d’un ALI µA741. Tension maximum de sortie Vcc 15 V 15 V
Courant maximum de sortie ∞ 10 mA 10 mA
Vitesse de balayage σ ∞ 0,5 V/µs 13 V/µs
∞
X +∞
X Éléments de démonstration :
s(t) = a0 + [an cos(nωt) + bn sin(nωt)] = cn cos(nωt + ϕn )
n=1 n=−∞ 1 T 1
cos(nωt)2 dt =
T 0 2
Les coefficients an et bn sont appelés coefficients de Fourier ; d’autre part T
p
on a cn = an + b2n (et tan(ϕn ) = bn /an ). L’ensemble des coefficients cn
2 1 1
sin(nωt)2 dt =
est appelé spectre (discret) du signal s(t). T 0 2
T
1
cos(nωt) sin(mωt)dt = 0
Si on veut être rigoureux, il faut préciser que s(t) est une fonction est à T 0
valeurs réelles et C 1 par morceaux, mais en pratique c’est toujours le cas... ∗
Remarque
La détermination des coefficients de Fourier pour une fonction donnée
n’est pas au programme de l’agrégation.
2 - Notion de filtre Dans la suite, on ne considérera que des filtres linéaires, et on se placera
en régime permanent (et plus précisément en RSF).
Ainsi, un signal périodique peut être caractérisé par son spectre de Fourier
(i.e. l’ensemble des coefficients cn ). Peut-on, à l’aide d’un circuit électronique,
modifier ce spectre, voir supprimer certaines composantes ? C’est ce que font Méthode pour le signal de sortie d’un filtre à partir du signal d’en-
les filtres, que l’on peut définir comme « tout dispositif modifiant à dessein le trée : c’est là qu’intervient la décomposition de Fourier introduite précé-
spectre d’un signal d’entrée ». Un filtre est donc, comme le montre le schéma demment. On décompose e(t) en ses harmoniques, on regarde la réponse du
suivant, un quadripôle qui, à partir d’un signal d’entrée, délivre le signal de filtre pour chacune de ces harmoniques, et on somme toutes ces réponses
sortie filtré : individuelles pour retrouver s(t). Ainsi, l’étude du comportement d’un filtre
se résume à déterminer sa réponse pour une grandeur d’entrée sinusoïdale,
autrement dit, si on connaît la réponse du filtre pour une signal d’entrée
harmonique e(t) = e0 cos(ωt) pour toute pulsation ω, on connaît sa réponse
pour un signal quelconque e(t) !
Prenons donc e(t) = e0 cos(ωt). En notation complexe, la réponse est don-
née en complexe par la relation :
Définition ♥
m n
! !
Un filtre est dit linéaire si les grandeurs d’entrée e(t) et de sortie s(t) X X
Ak (jω)k s = Bi (jω)i e
sont reliés par une équation différentielle linéaire à coefficients constants : i=0 i=0
n m
X dk s X di e
A0 s(t) + Ak = B0 e(t) + Bi Définition ♥
k=1
dtk i=1
dti
On définit alors la fonction de transfert du filtre comme :
L’ordre du filtre est donné par max(m, n). m
X
Ak (jω)k
s
Remarque H(jω) = = i=0
n
e X
L’ordre d’un filtre est majoré par le nombre de condensateurs et de bo- Bi (jω)i
i=0
bines du circuit.
3 - Diagramme de Bode
Exercice 30 ♥
On considère les deux filtres suivants :
C
Définition ♥
Pour faire l’étude du comportement du filtre en fonction de ω, on peut
R avoir recours au diagramme de Bode du filtre : il s’agit de la représenta-
C
tion graphique de la fonction de transfert. Il se compose de deux courbes :
R -
R • la courbe de gain représente GdB = 20 log |H(jω)| en fonction de
+ log(ω) (GdB s’exprime en décibel, les échelles verticales et horizontales
e s e s sont logarithmiques).
C
s
1
1
Remarque
jCω
H(jω) = = 1 = 1 + jx Une multiplication de la fonction de transfert par 10 correspond à une
e R + jCω
augmentation de GdB de 20dB.
avec τ = RC et x = ωτ .
Pour le filtre de droite :
Méthode ♥
On note Z1 l’impédance équivalente du RC série et Z2 celle du RC parallèle.
La loi des mailles et le modèle de l’ALI idéal donnent : Pour tracer le diagramme de Bode d’un filtre on procédera toujours dans
l’ordre qui suit :
V+ = V− = 0 v− + Z1 i = e s + Z2 i = V− • Analyse du comportement en HF et BF, prévision du type de filtre
avec τ = RC et x = ωτ .
1
a) La fonction transfert est : H = 1+jx avec x = RCω.
Exercice 31 ♥ A basse fréquence : H ≈ 1, donc GdB = 20 log|H| ≈ 0 et ϕ = arg H ≈ 0
1
A haute fréquence : H ≈ jx , donc GdB ≈ −20 log x et ϕ ≈ −π/2
a) Tracer le diagramme de Bode du filtre d’ordre 1 étudié dans l’exercice
précédent.
b) Soit un filtre dont la fonction de transfert s’écrit : 0 0
H0 −10
H(jω) = −0.5
1 + jx/Q + (jx)2
GdB
−20
ϕ
−1
(i) Donner un exemple de système (déjà vu) dont la fonction de trans- −30
fert peut s’écrire sous cette forme.
−40 −1.5
(ii) Tracer le diagramme de Bode du filtre. √
(iii) Montrer que le gain présente une résonance si Q > 1/ 2, et 10−2 10−1 100 101 102 10−2 10−1 100 101 102
x x
donner la pulsation ωr associée en fonction de ω0 et Q. b) (i) Tension aux bornes du condensateur dans un circuit RLC série.
(iv) Montrer que le gain maximum à la résonance est : (ii) A basse fréquence : H ≈ H0 , donc GdB = 20 log|H0 | et ϕ = arg H 0 ≈ 0
H0
A haute fréquence : H ≈ −x 2 , donc GdB ≈ 20 log H0 − 40 log x et ϕ ≈
2Q2 2
arg H0 − arg(−x ) = −π
Gmax = |H0 | p 2
4Q − 1
GdB
ϕ
−20 −2
jx/Q H0
H(jω) = H0 2
=
1 + jx/Q + (jx) 1 + jQ(x − 1/x)
−40 −3
et tracer de manière générale le diagramme de Bode d’un filtre dont 10−1 100 101 10−1 100 101
x
la fonction de transfert peut s’écrire sous cette forme. Donner un √ x
iii) On étudie les variations de |H(x)|. Lorsque Q ≥ 1/ 2, il y a résonance
exemple déjà vu de système dont la fonction de transfert s’écrit sous q
1
cette forme. en ω = ω0 1 − 2Q2 . Voir chapitre sur la RSF.
|H0 |
iv) On a G(x) = q 2
.
(1−x2 )2 + x 2
Q
q
1
Il suffit alors d’insérer la valeur de xmax = 1 − 2Q 2 pour obtenir l’expression
demandée.
Si on augmente trop le facteur de qualité, alors Gmax ≈ H0 Q ≫ H0 , et on
risque une surtension !
−1/2
c) On a H = , donc H0 = −1 1
2 et Q = 2 .
1+ 2j (x− x1 )
On peut écrire H(x) = jx ′ ′
Q × H (x), avec H (x) étudié à la question b. Donc :
jx
GdB = 20 log + 20 log H ′ (x)
Q | {z }
| {z } Diagramme de Bode précédent
Pente de +20dB/décade
jx π
ϕ = arg + arg H ′ = + arg H ′
Q 2
Le logarithme transforme les produits en somme, donc on peut sommer les
digrammes !
0 Q = 0.5
Q = 1.0
Q = 5.0
Q = 10
−20
GdB
−40
−60
0
ϕ
−1
Pour nommer le comportement d’un filtre, on décrit la forme de la courbe Quel critère nous permet de dire quelles sont les pulsation associées à une
de gain. Par exemple un filtre qui n’atténue que les hautes fréquences est dit atténuation significative du signal ? On définit pour cela les (ou la) pulsa-
« filtre passe-bas ». Au contraire, un filtre n’atténuant que les basses fréquence tion(s) de coupure à 3dB pour lesquelles (ou laquelle) :
est un filtre « passe-haut ». On précise en général l’ordre du filtre.
|H|max
GdB = Gmax − 3dB ⇔ |H| = √
2
Méthode ♥
√
Voici un moyen mnémotechnique simple pour se souvenir du comporte- puisque 20 log( 2) ≈ √ 3 dB. Le domaine de pulsation pour lequel
ment d’un filtre ! GdB ⩾ 20 log(|H|max / 2) s’appelle la bande passante à 3 dB du sys-
tème ∗ Le domaine complémentaire s’appelle la bande atténuée.
Filtres d’ordre 1 :
Exercice 32 ü
Donner la bande-passante du filtre suivant :
jx
Q
H(x) = j
1+ Qx − x2
Bleu : passe-bas, vert : passe-haut, violet : passe-tout (déphaseur).
√
L’amplitude maximale est divisée par 2 pour x = xc , qui donne la condi-
Filtres d’ordre 2 : tion : s 2 √
p
1 ±1 + 1 + 4Q2
1 + Q2 xc − = 2 =⇒ xc =
xc 2Q
ω0
On en déduit que la bande passante est ∆ω = Q.
Remarque
Au sujet du filtre passe-bande :
• Lorsque Q > 1, on dit que le filtre passe-bande est sélectif (réso-
nance aigüe)
• Lorsque Q ≤ 1, le filtre passe-bande est dit peu sélectif (résonance
floue).
Exercice 33 ♥
1 ω0
a) On a H = 1+jx . En bande atténuée (x → ∞), on a H ≈ jω . En passant
t
dans le domaine réel, on a donc : s(t) = s(0) + ω0 0 e(t′ )dt′ .
jx jω
b) On a H = 1+jx . En bande atténuée (x → −∞), on a H ≈ ω0 . En
passant dans le domaine réel, on a donc : s(t) = ω10 de
dt .
jx/Q
c) On a H = 1+jx/Q−x2 /Q2
.
Pour x2 ≫ 1 et ω ≫ max ωQ0 ; ω0 , on a H ≈ jωQ
x2 ≫ |x/Q|, i.e. ω0
: compor-
2
tement intégrateur. Pour 1 ≫ x et 1 ≫ |x/Q|, i.e. ω ≪ min (ω0 Q; ω0 ), on a
H ≈ jωQ
ω0 : comportement dérivateur.
−20
−1
GdB
−40
ϕ
a) Le courant i3 étant non nul, on ne peut pas multiplier les deux fonctions −2
−60
de transfert !
−3
b) Un diviseur de tension donne immédiatement : H 1 (jω) = 1/(1 + jx) avec −80
10−2 10−1 100 101 102 10−2 10−1 100 101 102
x = RCω. x x
1 d2 s R2 1 ds
Les AO sont supposés idéaux et fonctionnent en régime linéaire. + 2− +s=0
2
ω0 dt2 R1 ω0 dt
a) Premier montage. Calculer la fonction de transfert A(jω) =
s1 (jω)/e1 (jω) du premier montage. On peut faire une analogie avec un système mécanique et montrer que pour
R2
R1 ≥ 2, on obtient un oscillateur amplifié. Il a alors croissance des oscillations
b) Deuxième montage. Calculer la fonction de transfert B(jω) = (pouvant être générées par du bruit) jusqu’à une amplitude maximale qui
s2 (jω)/e2 (jω). De quel type de circuit s’agit-il ? correspond à la saturation de l’ALI.
c) Troisième montage. Quel est le lien avec les deux montages précé-
dents ? Donner l’équation qui régit le système bouclé. A quel condi-
tion y a-t-il établissement d’un régime sinusoïdal spontané ? ∗
R1
a) On a V+ = V− = e1 . Un pont diviseur de tension donne : V− = R1 +R2 s1 .
On a donc :
s1 R2
=1+
e1 R1
b) Un pont diviseur de tension donne :
s2 1 1
= =
e2 1
1 + R + jCω R + 1
3+j x− 1
jCω x
Comment transmettre un signal sur une certaine distance ? C’est l’objet La modulation d’un signal est la technique par laquelle on transpose à
d’étude des télécommunications. plus haute fréquence les informations à communiquer.
Pour cela, on utilise une onde porteuse, qui s’écrit typiquement :
Les ondes électromagnétiques sont mises
en évidence par Henrik Hertz à la fin du A cos(ωp t + ϕ)
XIXe siècle, qui n’y voit, à ce moment là,
aucune application particulière. Il existe ainsi trois manières de faire de la modulation, en jouant sur un des
paramètres de la porteuse :
« Electromagnetic waves are of no use • Modulation d’amplitude (AM) : on module l’amplitude de la por-
whatsoever[...] this is just an experiment teuse A (ex : radio AM, téléphonie 4G et 5G, TNT ).
that proves Maestro Maxwell was right ».
• Modulation de fréquence (FM) : on module la fréquence de la por-
Mais ces ondes s’avèrent d’une grande teuse ωp /2π (ex : radio FM, TV par satellite, téléphonie 3G).
utilité pour transmettre une information • Modulation de phase (PM) : on module la phase de la porteuse ϕ
sur une longue distance. Comment trans- (ex : Wifi, RFID, Bluetooth).
mettre par exemple un signal audio (20 Hz
à 20 000 Hz) ? H. Hertz dans son laboratoire
Application numérique
Quelle est l’ordre de grandeur de la taille que doit faire une antenne pour
transmettre un signal de fréquence f = 1 kHz ?
c
λ ∼ ∼ 300 km
f
L’idée est donc de travailler sur une autre gamme de fréquence. C’est ce
que permet la modulation du signal à transmettre.
Ordres de grandeur
2 - Modulation d’amplitude
Soit un signal de porteuse vp (t) = Ap cos(ωp t) et un signal modulant
vm (t) = B cos(ωm t). Le signal vm (t) est injecté dans le multiplieur addi-
tionné d’une tension continue A constante, avec le signal de porteuse vp (t).
Le multiplieur multiplie également par une une constante k caractéristique
du composant (souvent, k ≈ 0,1 V−1 ). En sortie du multiplieur, on a alors :
s(t) = kAp [A + B cos(ωm t)] × cos(ωp t)
Figure 29 – Représentation fréquentielle de la modulation d’amplitude
DBPC (haut) et DBPS (bas).
L’amplitude du signal varie donc
entre a = A − B et b = A + B. On Il existe de nombreux moyens de faire de la démodulation en amplitude.
est alors amené à définir le taux de Un exemple de démodulation par détection de crête est développé dans la
modulation : composition de physique de 2015.
b−a B
m= =
b+a A
Exercice 36 ü
Modulation et démodulation d’amplitude. Faire la partie III de la compo-
Le signal s(t) peut alors s’écrire : sition de physique de la session 2015 de l’agrégation externe de physique-
chimie, option physique.
m m
s(t) = kAp A cos(ωp t) + cos ((ωp + ωm )t) + cos ((ωp − ωm )t)
2 2
3 - Traitement numérique
Exercice 37
La numérisation d’un signal est une technique avantageuse qui permet Échantillonnage, critère de Shannon et repliement de spectre.
de stocker l’information et de mener simplement des opérations de traite-
ments (numériques). Cela nécessite de passer d’un signal continu, ou analo- a) Soit s(t) un signal sinusoïdal de fréquence f . Quel est le spectre du
gique, à une signal numérique discret. La construction d’un signal numérique signal échantillonné sech (t) ?
à partir d’un signal analogique se décompose en trois opérations fondamen-
b) Comment reconstruire simplement le signal s(t) à partir du signal
tales :
échantillonné ? Comment choisir fe , la fréquence d’échantillonnage,
— l’échantillonage du signal avec une période régulière Te ; pour garantir le fonctionnement de cette méthode ?
— la quantification du signal échantillonné sur un niveau discret ; c) On considère maintenant un signal s(t) quelconque, dont le spectre
— la représentation de chaque niveau par un élément binaire. est borné. Quel est le spectre du signal échantillonné ? En déduire une
La première opération d’échantillonnage du signal consiste donc à passer condition sur fe pour remonter facilement à s(t) à partir de sech (t).
d’une grandeur continue s(t) à une suite discrète de valeurs (sk )k∈N . Pour d) Que se passe-t-il pour un signal s(t) à spectre non-borné ? Comment
cela, on utilise un échantillonneur, qui prend les valeurs de s(t) à intervalles appelle-t-on ce type de phénomène ? Comment l’éviter ?
de temps réguliers Te (fréquence d’échantillonnage fe ).
Schéma de principe : a) Le signal échantillonné sech (t) est le produit du signal s(t) et d’un peigne
de Dirac d(t, Te ) de fréquence Te :
∞
X
sech (t) = s(t) × d(t, Te ) = s(t) × δ (t − kTe )
k=0
(
s(t) si t = kTe , k ∈ N
=
0 sinon
fe
fmax ≤ ≡ fN
2
Méthode ♥
Pour effectuer la TF d’un signal à l’oscilloscope (par exemple) : le nombre
d’échantillons N du signal est fixé. Ainsi, on choisit fe en choisissant le
calibre temporel (f e = 1/Te = N/T0 avec T0 = N Te la durée d’acquisition).
D’autre part, c’est la durée d’acquisition du signal qui fixe la résolution
spectrale ∆f :
∆f = 1/T0
Une fois le signal échantillonné, ce n’est pas fini. En effet, le signal peut Ainsi il y a parfois un compromis à trouver, car choisir fe grand (pour
encore admettre un continuum de valeurs en ordonnée. Il faut donc quan- respecter le critère de Shannon) contraint à choisir Te petit et donc T0
tifier également l’axe des ordonnées (c’est l’opération de quantification petit, ce qui implique une résolution spectrale moindre !
du signal). Ainsi, par exemple (et comme nous allons le voir dans l’exercice
suivant), si le signal à échantillonner est une tension comprise entre 0 V et
Question ü
5 V, et si la quantification a lieu sur 8 bits, le signal quantifié ne pourra
prendre qu’un nombre discret de valeurs (plus précisément, 28 = 256 valeurs Un oscilloscope propose également de choisir une fenêtre de pondéra-
possibles seulement). Cette opération est réalisée par une convertisseur tion pour effectuer une TF. Quel en est l’intérêt ?
analogique-numérique (CAN). L’opération inverse, qui permet de pas- Le choix d’une fenêtre FFT va résulter d’un compromis entre la résolu-
ser d’un signal numérique quantifié à un signal analogique, est assurée par tion en fréquence et la précision en amplitude. Il dépend donc en partie
un convertisseur numérique-analogique (CNA). Le signal analogique de ce que l’on veut mesurer et des caractéristiques du signal source. Mo-
ainsi restitué doit alors à son tour être filtré (filtrage de restitution) afin de difier le fenêtrage va modifier la forme et l’amplitude des pics et des lobes
supprimer les hautes fréquences dues au fait que le signal est échantillonné. latéraux. Le choix du fenêtrage doit être adapté au signal étudié.
Exercice 38 ü
Convertisseurs numérique-analogique et analogique-numérique. Faire la
partie IV de la composition de physique de la session 2015 de l’agrégation
de chimie.