Bonjour à toutes et à tous !
Permettez-moi d’abord de féliciter les organisateurs de ce colloque
portant sur une thématique très intéressante :
« L'importance du marketing international pour renforcer les
capacités des petites et moyennes entreprises à pénétrer les
marchés internationaux ».
Ma communication s’inscrit dans le premier axe de ce colloque et
s’intitule :
La PME : deux approches de définition et deux courants de
pensée
Dans cette présentation j’évoquerai successivement les points
suivants :
1. Après une brève introduction
2. Les approches de définition de la PME
3. La PME entre courant de spécificité et courant de
diversité
4. Conclusion
Le caractère familial et concentration de la propriété du capital
entre les mains du dirigeant
La PME familiale constitue bien souvent la forme dominante des
PME dans le monde (entre 60 % et 95 % selon les estimations et les
pays) et la première spécificité réside dans la concentration de la
propriété du capital entre les mains du dirigeant.
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Leur point commun est l’influence d’un ou de plusieurs
membres d’une famille sur les décisions principales de l’entreprise.
La confusion d’identité entre le propriétaire dirigeant et
l’entreprise
Derrière chaque entreprise il y a des hommes, et en ce qui
concerne les PME il y a d’abord un dirigeant le plus souvent
propriétaire. En présence d’une PME, il est souvent difficile de
séparer les ressources financières de l’entreprise et celles de son
propriétaire dirigeant et par conséquent la difficulté de séparer les
états financiers de la PME de ceux de son propriétaire
La centralisation et personnalisation de la gestion
La PME est caractérisée par une concentration de la gestion et de
la décision dans la personne du dirigeant qui assume la responsabilité
technique et financière de l’entreprise et qui contrôle le
développement de celle- ci.
Les actions entreprises dans les PME sont rattachées à la volonté
du dirigeant, c’est-à-dire sa vision stratégique, sa philosophie de
gestion et ses pratiques managériales.
La dissociation entre les fonctions de direction et de propriété est
peu valide en PME.
La faible formalisation du système d’information
Le poids des réseaux interpersonnels est un trait caractéristique
des PME. À l’inverse des grandes entreprises qui doivent mettre sur
pied tout un mécanisme formel permettant le transfert d’information
tout en minimisant les interférences et en favorisant la surveillance de
l’environnement, les PME fonctionnent par contact direct et se
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caractérisent principalement par un système d’information simple et
faiblement structuré proche du dialogue.
Une clientèle locale, une part de marché réduite
Le marché de la PME est souvent local, et peu de PME exportent
sur les marchés étrangers. L’exportation provient certainement du fait
que les stratégies de globalisation suscitent des modes de gestion à
distance des activités, tandis que la forme PME semble au contraire
fondée sur une forte proximité géographique, voire physique de ses
activités (rôle prépondérant du dirigeant omniprésent et omnipotent,
coordination fondée sur l’ajustement mutuel ou la supervision directe,
liens directs et étroits avec les clients et les fournisseurs).
Ces types d’entreprises ont une part de marché réduite, elles ne
savent pas souvent mesurer leur marché cible. Les créneaux
produits/marchés sont étroits et souvent aisément accessibles à des
concurrents plus puissants
Structure simple non élaborée et nombre réduit de niveaux
hiérarchiques
Le capital de toute entreprise est composé de capital financier,
humain et social. Dans la PME, l’actionnaire contribue non seulement
au capital financier, mais aussi fortement au capital humain et social,
par son engagement personnel et les liens avec les employés et autres
parties prenantes. Le capital émotionnel (attachement à l’entreprise) et
le capital symbolique (nom de famille, réputation) y sont également
très importants.
- Une forte imbrication des fonctions de l’entreprise
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La PME se caractérise par une absence de décomposition
fonctionnelle. Si l’analyse fonction par fonction est très pratique et
pertinente dans une grande entreprise, elle est en revanche inadéquate
dans le cadre d’une PME où les problèmes peuvent difficilement être
traités de façon aussi analytique.
- Un dénominateur commun : la proximité
Beaucoup de ces caractéristiques trouvent leur origine dans la
proximité, qui est un des principaux « traits de caractère » de la PME.
- Proximité spatiale, du fait de la petite taille et de la concentration en
un site principal, cette proximité géographique amplifie la
centralisation en atténuant l’intérêt de créer des intermédiaires.
- Proximité hiérarchique, en raison de la centralisation de la gestion
- Proximité fonctionnelle, qui favorise la polyvalence des salariés
permet à chacun à travers des contacts multiples d’avoir une meilleure
connaissance des problèmes de l’entreprise et d’y être davantage
réceptifs.
- Proximité temporelle, qui se traduit par une stratégie intuitive et
peu formalisée. En fait plus la taille de l’entreprise est petite, plus son
horizon temporel est court.
Ces proximités forment un cadre d’ensemble cohérent qui permet au
dirigeant de la PME de maintenir son emprise sur l’entreprise et son
évolution. En d’autres termes, il apparait que la gestion spécifique des
PME obéit à un principe de proximité.
- Les spécificités financières
La plupart des études qui se rapportent au financement des PME
affirment que ces dernières obéissent à des spécificités financières qui
les distinguent des grandes entreprises et limitent ainsi leur accès au
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financement. Contrairement à la grande entreprise, la PME est
fortement exposée à des risques multiformes qui nuisent à sa
performance et à la qualité de son crédit.