Lysa Hope KOUA
Ce jour-là, tous semblaient différents. J' avais tellement attendu cette journée. Finalement
je suis stressée et angoissée. En effet, c'était la proclamation des résultats du baccalauréat.
J'avais promis ce cadeau à ma tendre mère. J'ai perdu son père quand elle n'avait que dix ans.
Ma mère se pliait en quatre pour sa scolarisation et ses besoins sans vraiment penser à elle.
J'ai pris conscience de cette difficulté qu'après un événement qui surgit des mois après ma
réussite au BEPC. Il changea ma vie à tout jamais, mais je fit une promesse à ma mère ce
jour-là. C'était deux ans plutôt, je descendais du taxi quand elle aperçoit leurs bagages dehors.
C'est en courant que je rentre à notre domicile.
— Maman! (Cri-t-elle depuis le portail quand elle voit son soi-disant oncle pousser sa mère
des escaliers).
— …(Silence)
— Que faites-vous à ma mère, mon oncle?
— Ne m'appelez surtout pas ton oncle. Ta mère et toi n'êtes que des profiteuses de la pire
espèce. Sortez d'ici avant que je fasse quelque chose de regrettable! S'énerva-t-il.
— Maman, que se passe-t-il? Réponds-moi s'il te plait. Pourquoi tonton a-t-il mis nos affaires
hors de notre maison?
— Ma...ma chérie réussit-elle à dire entre deux sanglots.
— Oui maman, dis moi tout...
— Ton oncle m'accuse d'avoir trompé ton défunt père et de l'avoir ensuite assassiné dans le
but de s'accaparer de tous ses biens. me dit-elle en pleurant. Je rentre à la maison voir mon
oncle. Il ne peut pas nous faire ça.
— Tonton, tonton, s'il vous plaît écoutez-moi. Je vous en supplie, pour l'amour que vous
aviez pour mon défunt père, ne nous jetez pas hors de notre maison pitié. Il pouffa de rire.
— Amour? Ton défunt père ? Votre maison ? ... Me riait-il au nez.
— Tonton, pardonne-nous si nous t'avons blessé ou fait quelque chose de mal. Mais pas ça.
Où irons-nous? Nous n'avons plus personne. Dis-je en pleurant.
— Je m'en fiche tu sais. Vous pouvez aller au diable ou plutôt chez ton père. Oui, oui c'est ça
chez ton père biologique.
— Tonton...Pourquoi ?
— ....(silence)
— Pourquoi tout ce mépris envers nous?
— Maintenant tu m'arrêtes ce cinéma et tu sors de MA MAISON SALE BÂTARDE.
POURQUOI, POURQUOI ? VAS LE DEMANDER À TA PROSTITUÉE DE MÈRE ET
FOUTEZ MOI LA PAIX. JE NE VEUX SURTOUT PAS VOUS RETROUVER DEHORS
À MA SORTIE. C'EST CLAIR? Cri-t-il d'un ton sévère avant de me pousser au sol. C'est en
pleure que je trouve ma mère qui s'était ressaisie et rangeait nos affaires. Je me joins à elle.
Après cela je lui demande ce qu'on allait faire. Elle me prit entre ses mains et dit ceci:
— Ne t'en fais pas. Le Dieu que nous servons est juste et fidèle.
— Je n'en doute pas mais qu'allons-nous devenir sans abri?
— Cesse de me poser des questions. On y va avant que ton oncle ne nous trouve ici.
— Maman attend-moi quelques secondes s'il te plait.
Je me rends discrètement dans ma chambre récupérer un sac que papa m’avait confié deux
ans avant sa mort. Ce sac contient des documents légaux de ses biens ainsi qu'une lettre qu'il
m'a laissé à n’ouvrir qu'après mon baccalauréat. Je lui ai fait la promesse d'en prendre soin.
Une fois avec maman, je lui tendis le sac avant d'ajouter :
— Maman, ma petite maman, je te promets de faire de toi la plus heureuse, de sécher tes
larmes. Je me battrai pour avoir mon baccalauréat. Je ferai tout pour te rendre fière maman.
Dis-je avant de la prendre dans mes bras.
— Oulala que c'est beau... Nous nargue-t-il. Tu pourras devenir une étudiante en passant.
Bien sûr si tu y arrives. Rire-t-il SORTEZ!
— Tu ne perds rien pour attendre Jean...lança maman.
— J'ai hâte de vous voir ce jour où je rendrai justice cher Monsieur… Rétorquais-je avant de
tourner les talons comme ma mère.
Depuis cet événement, j'étais comme animée par un feu de réussite. Je m'investis doublement
dans mes études avec pour seul objectif rendre justice. Nous avons survécu toutes seules. J'ai
appris à voler de mes propres ailes. Six ans que papa n'est plus; à croire que j'ai perdu cette
lettre qu'il m'avait laissé. Que contenait-elle? Aucune idée.
Trois ans que nous avons été jetées comme des malpropres de notre maison. Nous sommes
le jour j. Le jour tant attendu. Il m'ouvrira la porte vers ma quête. Maman me remontait le
moral en me parlant des beaux moments qu'elle a vécu avec papa. C'était si émouvant mais
j'ai dû me rendre au centre pour récupérer mon relevé du baccalauréat car le ciel commençait
à s'assombrir.
— Vas-y maintenant. La pluie s'annonce.
Une fois le relevé en mains, je décide de l'ouvrir avec ma mère. J'étais tout à coup excitée et
impatiente. Je serai bientôt une étudiante. Je ferai mes preuves afin de m'insérer parmi ces
grands hommes vertueux en toge de ma région. Imaginer ce monstre ramper aux pieds de ma
mère pour obtenir une clémence me fait sourire.
— Maman, je suis là.
— Alors ça dit quoi?
— On le découvre ensemble?
Elle fait un Oui de la tête... C'est incroyable! J'ai obtenu mon baccalauréat avec une
mention. Mes yeux se remplissent de larmes dans les bras de maman. Nous ne cessons de
pleurer et de rendre gloire à Dieu. Après un bon moment à s'enlacer, maman se retire dans la
chambre pour en ressortir plus tard avec une lettre.
— Tiens c'est pour toi...Dit-elle en me tendant la lettre. Je reconnais à l'instant ma lettre.
— C'est ma lettre criais-je un peu fort. Où l'as-tu trouvé?
— Oh, ta lettre? Je l'ai retrouvé ce fameux jour de pluie où j'ai dû déplacer nos affaires. Je l'ai
donc soigneusement gardé pour toi.
Après la lecture de cette lettre retrouvée, je compris l'assurance de ma mère ce jour où nous
avons été expulsées de notre maison.
— Jamais, je dis bien jamais cet homme ne sortira vainqueur de ce combat , maman. Je t'en
fais la promesse… (dis-je avant lever mes yeux remplis de larmes vers elle). Cette bataille
qu'a déclenchée mon oncle est désormais la mienne!
Je suis admise au baccalauréat avec une mention très bien. Du haut de mes 16 ans, je rêve
d'être Avocate et pourquoi pas m'insérer au plan international en tant que consultante des
droits humanitaires. Ce choix me tient à cœur car je suis déterminée à faire valoir ce que de
droit. En plus, cela ne change en rien mes passions. J'aime lire et écrire. J'adore voyager et
manger raison pour laquelle j'aurais choisi la pâtisserie si je n'avais pas cette rage de rendre
justice.