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Ostéintégration

Le document présente un cours sur l'ostéo-intégration destiné aux étudiants en médecine dentaire, abordant sa définition, son processus biologique, les facteurs influençant son succès et les échecs possibles. Il détaille les phases de stabilisation primaire et secondaire, ainsi que les critères de succès et les recommandations pour maintenir l'ostéo-intégration. La conclusion souligne l'importance de ce processus pour la réussite des implants dentaires et la nécessité de suivi pour prévenir les complications.

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Ostéintégration

Le document présente un cours sur l'ostéo-intégration destiné aux étudiants en médecine dentaire, abordant sa définition, son processus biologique, les facteurs influençant son succès et les échecs possibles. Il détaille les phases de stabilisation primaire et secondaire, ainsi que les critères de succès et les recommandations pour maintenir l'ostéo-intégration. La conclusion souligne l'importance de ce processus pour la réussite des implants dentaires et la nécessité de suivi pour prévenir les complications.

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UNIVERSITE MOULOUD MAMMERI TIZI OUZOU

FACULTE DE MEDECINE

DEPARTEMENT DE MEDECINE DENTAIRE

L’Ostéo-intégration

Cours destiné aux étudiants en 4ème année médecine dentaire

Réalisé et présenté par : Dr. Bourkache

1
Plan :

Introduction

1) Definition
2) Processus biologique de l’ostéointégration
3) Stabilisation primaire et secondaire.
4) Facteurs influençant l’ostéointégration
5) Critères de succès de l’ostéointégration
6) Maintien de l’ostéointégration
7) Echec de l’ostéointégration

Conclusion

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Introduction :

Dans les années 1970-1980, l’interface souhaitée entre un os et un implant était fibreuse,
appelée depuis la fibrointégration. Les travaux de Brånemark, initiés dès les années 1970,
voulaient qu’existe entre l’os et l’implant un contact direct, appelé par cet auteur
l’ostéointégration.

1) Définition : A l’ origine, Brånemark définit l’ostéointégration en 1977 comme une « une


apposition osseuse directe sur la surface implantaire sans interposition de tissu fibreux »

Plus tard, en 1985 cette définition s’est modifiée en «une jonction anatomique et
fonctionnelle directe entre l’os vivant remanié et la surface de l’implant mis en charge»

2) Processus biologique de l’ostéointégration

Après la mise en place d’un implant, l’os va cicatriser et se remanier seulement si 3 conditions
sont remplies :

❖ la présence de cellules adéquates : ostéoblastes, ostéocyres, ostéclastes.


❖ La revascularisation
❖ et stimulus déclenchant le processus

Le processus d’ostéointégration suit donc un programme biologiquement déterminé de


cicatrisation osseuse non spécifique.
a) Formation du caillot sanguin : interaction des cellules sanguines avec l’implant

b) Formation d’un réseau de fibrine : sert d’échafaudage à la migration des cellules


ostéogéniques (ostéoconduction) et éventuellement à la différenciation de ces
cellules (ostéoinduction).

c) Apposition osseuse primaire : en fonction de la résistance des fibres (du réseau de


fibrine) à la traction des cellules il y aura :
• Ostéogenèse de contact : les fibres résistent à la traction des cellules et sont
bien ancrées, les cellules ostéogéniques peuvent arriver directement vers la
surface implantaire et y apposer de l’os.
• Ostéogenèse à distance : si les fibres ne résistent pas à la traction des cellules,
les cellules ostéogénique resteront alors à distance de la surface implantaire et
l’apposition osseuse se fera depuis la berge du trait de forage vers la surface
implantaire.

d) Apposition osseuse et ostéointégration : les ostéoblastes et les cellules


mésenchymateuses migrent et s’attachent à la surface implantaire formant une
matrice ostéoide. Cet os immature va ensuite être remanié pendant plusieurs mois de
sorte à former un os haversien mature ; assez résistant pour supporter les forces
occlusales
3) Stabilisation primaire et secondaire : L’ostéointégration des implants dentaires se déroule en
deux phases :
4.1) La stabilisation primaire : stabilité immédiate de l’implant,
3
Phase d’ancrage mécanique de l’implant dans le site préparé, dépend essentiellement de la
qualité de l’os et de son volume disponible, de la technique chirurgicale et de la morphologie
implantaire.
En effet cette stabilité primaire est un facteur déterminant pour l’ostéointégration.
Elle est obtenue essentiellement par la portion implantaire au contact des tables osseuses
corticales, Cette stabilité mécanique initiale diminue progressivement pour être remplacée par
une stabilité biologique (ostéointégration).
4.2) La stabilisation secondaire : caractérisée par la formation d’une cohésion
biologique entre le tissu osseux et l’implant (ostéointégration).

4) Facteurs influençant l’ostéointégration :

5.1) Facteurs liés à l’hôte :


• L’état de santé du patient (affections cardio-vasculaires, affections endocriniennes...),
• Les habitudes de vie (alcool, tabac...),
• La qualité et la quantité des tissus mous et des tissus durs doivent être analysés avec
rigueur.
Il existe différentes classifications de la qualité osseuse, la plus utilisée étant celle proposée
par Lekholm et Zarb en 1987:
Type I : l’os est composé presque entièrement d’os cortical
Type II : l’os cortical assez large entoure un os spongieux assez dense
Type III : l’os cortical fin entoure un os spongieux assez dense
Type IV : l’os cortical fin entoure un os spongieux très poreux.

5.2) Facteurs liés à l’implant :


• Matériau
Le titane commercialement pur est aujourd’hui le matériau le mieux adapté (du fait de ses
propriétés mécaniques, biocompatibilté...) et le plus documenté.
• Forme de l’implant :
Permet d’optimiser la stabilité primaire et la répartition des contraintes dans le tissu osseux.
C’est ainsi que les formes implantaires ont évolué. Initialement de formes cylindriques,
les implants deviennent plus effilés à la pointe (coniques).
En plus de la forme générale de l’implant, le col (droit, évasé...), les spires (nombre,
orientation, espacement), l’apex, la longueur et le diamètre de l’implant contribuent à
optimiser les résultats cliniques.
• Etat de surface
Il est aujourd’hui clairement admis que les surfaces rugueuses présentent de nombreux
avantages par rapport aux surfaces usinées : la formation de tissu osseux est plus précoce, le
remodelage osseux plus rapide et le pourcentage de contact os/implant plus important.
L’obtention d’état de surface rugueux peut se faire selon différents procédés : par addition
(revêtement titane, hydroxyapatite), et par soustraction physique ou chimique (sablage,
mordançage, oxydation électrolytique).

5.3) Facteurs liés à la technique chirurgicale


• Protocole de forage
Le respect du protocole de forage (vitesse de rotation, irrigation abondante, forets tranchants
et de diamètre croissant) permet de limiter le traumatisme au niveau du site implantaire et
donc la zone de nécrose osseuse.

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• Technique chirurgicale :
Le chirurgien dispose aujourd’hui de différentes techniques chirurgicales permettant
d’optimiser la stabilité primaire (sous forage, absence de taraudage, ostéotome...) et donc les
chances d’ostéointégration
• Chronologie implantaire :
L’ostéo-intégration n’est pas une simple immobilisation mécanique de l’implant par l’os, mais
le collage biologique de l’os sur le titane. Ce processus
prend plusieurs semaines et justifie souvent la mise en nourrice de l’implant, ainsi à l’abri de
toute charge risquant d’altérer le processus par l’interposition d’un tissu fibreux généré par les
charges mécaniques
Dans les années 80, le Professeur Brånemark propose dans le but d’augmenter le taux de
succès des implants un protocole en deux temps chirurgicaux basé sur les principes suivants :
➢ Enfouissement de l’implant
➢ Mise en fonction après 4 à 6 mois de cicatrisation.
Ce protocole dit conventionnel a fait ses preuves, et présente des taux de succès et un recul
clinique importants.

5) Critères de succès de l’ostéointégration :


L’ostéointégration conditionne la réussite d’un implant. Albretksson, Zarb, Worthington et
Eriksson ont défini en 1986 les critères de succès d'un implant :
• L’implant doit rester immobile quand il est testé cliniquement.
• L’absence de zones radio-claires autour de l'implant doit être évidente sur un cliché
rétroalvéolaire de bonne qualité, présentant une définition suffisante.
• La perte osseuse doit être inférieure à 0,2 mm entre deux examens espacés d'un an,
après la perte survenant au cours de la première année de mise en fonction de
l'implant, au plus égale à 1,5 mm.
• De nombreux signes cliniques subjectifs et objectifs persistants et/ou irréversibles
doivent être absents : douleur, infection, nécrose tissulaire, paresthésie ou anesthésie de
la zone implantée, communication bucco-sinusienne ou bucco-nasale, effraction du canal
dentaire inférieur.
• Le taux de réussite à 5 ans doit être de 85 % et de 80% à 10 ans pour parler de
technique à succès, en fonction des critères précédemment définis.

6) Maintien de l’ostéointégration : Le maintien de l’ostéointégration dans le temps dépend


de nombreux facteurs comme :
• La conception, la précision d’adaptation et l’équilibration occlusale de la restauration
prothétique.
• La motivation et l’hygiène du patient essentielles à la stabilité des résultats.

7) Echecs de l’ostéointégration :
L’échec d’un traitement implantaire peut survenir précocement ou tardivement, et peut être dû
à différents facteurs et à tout moment de la chronologie du traitement implantaire :
• Echauffement de l’os lors du temps chirurgical ;
• Serrage excessif de l’implant ;
• Stabilité primaire insuffisante ;
• Mise en charge trop précoce ;
• Infection.

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Conclusion :
L’ostéo-intégration n’est pas une simple immobilisation mécanique de l’implant par l’os, mais
le collage biologique de l’os sur l’implant.
Ce processus prend plusieurs semaines et sa validation se fait sur des critères cliniques et
radiologiques
L’établissement de séances de maintenance permettra de préserver la stabilité tissulaire et
d’intercepter toute complication péri-implantaire ou prothétique.

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Bibiographie :
1) Actualisation du concept d’ostéointégration : Dr Thierry Rouach - Dr Alexandre Miara
2) La liaison os-implant Marc Bert / Parresia, 2021
3) Albrektsson et al. Osseointegration of bone implants: Areview of an alternative mode
of fixation. Acta Orthop. Scand. 58, 567-577, 1987.

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