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Cours Composite Pi

Le document présente un cours sur les matériaux composites, abordant leur définition, classification, caractéristiques et comportement élastique. Il décrit également la résistance à la rupture des composites unidirectionnels et leur anisotropie, en introduisant des concepts de mécanique des milieux continus. Enfin, des notations ingénieur sont proposées pour simplifier les calculs des propriétés mécaniques des matériaux composites.

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Le document présente un cours sur les matériaux composites, abordant leur définition, classification, caractéristiques et comportement élastique. Il décrit également la résistance à la rupture des composites unidirectionnels et leur anisotropie, en introduisant des concepts de mécanique des milieux continus. Enfin, des notations ingénieur sont proposées pour simplifier les calculs des propriétés mécaniques des matériaux composites.

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Polytech Internationale de Tunis

Département Mécatronique

Matériaux Composites
(Cours)

3ème année Mécatronique


par

Yamen Maalej

Professeur, ENIT
Table des matières

1 Propriétés du matériau composites 2


1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Classification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Caractéristiques volumétrique et massique du mélange . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Résistance à la rupture d’un pli unidirectionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.5 Anisotropie des matériaux composites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

2 Loi de comportement élastique d’un composite unidirectionnel 8


2.1 Introduction et objectif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.2 Constantes élastiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

3 comportement élastique des plaques stratifiées 13


3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.2 Constantes élastiques d’un pli en-dehors de ses axes d’orthotropie . . . . . . . . . . . 14
3.3 Théorie des stratifiés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

1
Chapitre 1

Propriétés du matériau composites

1.1 Définition
Un matériau composite est l’assemblage de deux ou plusieurs matériaux non miscibles. En général,
on distingue un matériau rigide et résistant à phase discontinue répartie dans une phase continue.
La phase discontinue qui joue le rôle de l’inclusion est habituellement plus dure avec des propriétés
mécaniques supérieures à celles de la phase continue qui joue le rôle de la matrice. La matrice conserve
leur dispositions géométriques aux fibres et leur transmet les sollicitations auxquelles est soumise
la pièce. Le matériau ainsi obtenu est très hétérogène et fortement anisotrope dont les propriétés
résultent :
• des propriétés des matériaux constituants,
• de leur distribution géométrique,
• de la nature de l’interface matrice-renfort.

1.2 Classification
Selon la nature de la matrice et des fibres, les matériaux composites sont classés suivant les couples
d’associations utilisés :
• Composite à matrice organique (résine) avec des fibres ;
— minérales : verre, carbone
— organique : Kevlar
— métallique : bore, aluminium
— naturel : Alpha, Chanvre, lin (appelé couramment Bio-Composites)
— nanoscopique : plaquettes d’argile Montmorionnite, nanotubes de carbone ... (appelé cou-
ramment Nano-Composites)
• Composite à matrice métallique (aluminium, titane) avec des fibres de carbone, de bore ou de
carbure de silicium.
• Composite à matrice minérale (céramique) avec des fibres de bore
Cette dernière classe de matériau est particulièrement recommandée pour les applications à fort
chargement thermique (allant jusqu’à 1000o C)
2
1.3 Caractéristiques volumétrique et massique du mélange 3

1.3 Caractéristiques volumétrique et massique du mélange


Les proportions relatives de la matrice et du renfort sont des facteurs indispensables à la caracté-
risation des matériaux composites. Cette proportion est exprimée soit en fraction volumique, utile
pour la caractérisation du comportement mécanique, soit en fraction massique, facile à mesurer lors
de l’élaboration.
Les indices c, f et m sont utilisés dans la suite comme indices respectifs du matériau composite, des
fibres et de la matrice.

1.3.1 Teneur en masse du renfort


La fraction massique, ou teneur en masse du renfort Mf s’écrit :
masse du renfort
Mf = (1.1)
masse totale
De la même manière, la fraction massique, ou teneur en masse de la matrice Mm s’écrit :
masse de la matrice
Mm = = 1 − Mf (1.2)
masse totale

1.3.2 Teneur en volume du renfort


La fraction volumique, ou teneur en volume du renfort vf , généralement utilisée lors de l’estimation
du comportement macro, s’écrit : volume du renfort
vf = (1.3)
volume totale
De la même manière, la fraction volumique, ou teneur en volume de la matrice vm s’écrit :
volume de la matrice
vm = = 1 − vf (1.4)
volume totale
Cette teneur volumique intervient directement dans les modèles théoriques décrivant le comportement
des matériaux composites. Il est donc nécessaire de savoir passer de la teneur massique, plus facile à
quantifier, à la teneur en volume. Ce passage peut être effectué en connaissant les masses volumiques
du renfort ρf et de la matrice ρm : Mf
ρf
vf = Mf Mm
(1.5)
ρf
+ ρm

Ces teneurs dépendent directement du procédé de fabrication. Le tableau 1.1 donne l’ordre de gran-
deur des teneurs en volume vf pour les principaux procédés de fabrication :

Procédés de fabrication Teneur en volume de renfort vf


au contact 30%
à la presse 40%
enroulement 60% - 85%
sous vide 50% - 80%

Table 1.1 – Ordre de grandeur de vf en fonction du procédé de production


1.4 Résistance à la rupture d’un pli unidirectionnel 4

1.3.3 Masse volumique du pli


La masse volumique du mélange renfort-matrice s’écrit :
masse totale masse renfort masse matrice
ρ = = +
volume totale volume totale volume totale
volume renfort volume matrice
= . ρf + . ρm (1.6)
volume totale volume totale
Ce qui donne la loi de mélange suivante pour l’obtention de la masse volumique du pli à partir des
masses volumiques du renfort et de la matrice :
ρ = ρf . vf + ρm . (1 − vf ) (1.7)

1.4 Résistance à la rupture d’un pli unidirectionnel


En comparant les courbes de comportement à la rupture (figure 1.1) d’un matériau métallique clas-
sique à un composite unidirectionnel, on peut ressortir les différences suivantes :
• Absence de plasticité pour l’unidirectionnel : la limite à la rupture correspond à la limite élas-
tique. Ceci traduit un comportement fragile ce qui constitue un inconvénient pour l’utilisation
de ces matériaux.
• contrainte de rupture élevée pour l’unidirectionnel ce qui constitue un avantage par rapport
aux matériaux classiques.
• déformation élastique importante pour l’unidirectionnel. Ceci constitue un avantage quand à
leurs utilisation pour la réalisation des pièces mécaniques nécessitant une haute performance
mécanique et une souplesse importante (exemple : ressorts, perches à sauter, arcs ...).
effort

effort

Métallique Unidirectionnel

allongement allongement
Figure 1.1 – Comparaison du comportement à la rupture
Afin de déterminer la limite à la rupture du composite unidirectionnel en fonction de celle des fibres
et de la matrice, on propose d’utiliser les hypothèses suivantes :
• Pas de décohésion fibre-matrice : l’interface fibre-matrice reste parfaite.
• Les fibres se rompent avant la matrice (comportement fragile des fibres).
En utilisant ces hypothèses de modélisation, la limite à la rupture dans le sens longitudinal (celui des
fibres) σRl d’un unidirectionnel s’écrit :
σRl = vf . σR,f + (1 − vf ) . σm (1.8)

où σR,f représente la contrainte à la rupture des fibres et σm la contrainte dans la matrice au moment
de la rupture des fibres.
Afin de déterminer σm , on utilise l’hypothèse d’adhésion parfaite fibre-matrice ce qui se transforme
1.5 Anisotropie des matériaux composites 5

en l’égalité des déformations au moment de la rupture des fibres :


σm σR,f
ǫm = ǫf ⇒ = (1.9)
Em Ef
où Ef et Em désignent respectivement les modules d’Young des fibres et de la matrice.
En combinant les deux équations (1.8)et (1.9), on obtient alors :
Em
σRl = σr,f vf + (1 − vf ) . ≃ σR,f . vf (1.10)
Ef
La dernière approximation met en avant l’influence majeure de la teneur en volume des fibres vis à
vis de l’amélioration du comportement mécanique des matériaux composites. Néanmoins, afin d’at-
teindre des teneurs assez élevées de fibre, il faudra utiliser des procédés spécialisés comme le moulage
à vide ce qui augmente le prix de revient de ces matériaux.

1.5 Anisotropie des matériaux composites


Le comportement anisotrope des matériaux composites a été évoqué dans la partie précédente. Cette
partie est consacrée à un rappel de quelques éléments de base de la mécanique des milieux continus et
l’introduction d’une nouvelle notation ingénieur, utile dans le calcul des propriétés du comportement
mécanique des matériaux composites.

1.5.1 Rappel MMC


• L’état des contraintes en un point est défini par un tenseur de second ordre noté σ :
 
σ11 σ12 σ13
σ = σij =  σ21 σ22 σ23  (1.11)
 

σ31 σ32 σ33


avec, suite à la symétrie du tenseur des contraintes, σ21 = σ12 , σ31 = σ13 et σ32 = σ23 .
• L’état des déformations en un point est défini par un tenseur de second ordre noté ǫ :
 
ǫ11 ǫ12 ǫ13
ǫ = ǫij =  ǫ21 ǫ22 ǫ23  (1.12)
 

ǫ31 ǫ32 ǫ33


avec, suite à la symétrie du tenseur des contraintes, ǫ21 = ǫ12 , ǫ31 = ǫ13 et ǫ32 = ǫ23 .
• Un milieu continu est dit élastique linéaire, si les déformations sont des fonctions linéaires
et homogènes des contraintes et réciproquement. Les relations de linéarités sont notées sous
forme d’un tenseur d’ordre 4 appelé :
— Tenseur de Rigidité, pour la relation des contraintes en fonction des déformations :
σ=R : ǫ (1.13)
— Tenseur de Souplesse, pour la relation des déformations en fonction des contraintes :
ǫ=S : σ avec S = R−1 (1.14)
• Un milieu continu est dit homogène si tout les termes du tenseur de rigidité R (ou de souplesse
S) caractérisant le comportement élastique du milieu considéré ne sont pas des fonctions de
la position dans le milieu considéré.
1.5 Anisotropie des matériaux composites 6

1.5.2 Notations ingénieur


Afin de simplifier les écritures des tenseur loi de comportement, il est commode de ranger les com-
posantes indépendantes des tenseurs de contrainte et de déformation sous forme de vecteurs à six
composantes :
       
σ11 σ1 ǫ11 ǫ1
       
 σ22   σ2   ǫ22   ǫ2 
       
 σ   σ   ǫ   ǫ 
 33   3   33   3 
σ= =  et ǫ= =  (1.15)
 σ23   σ4   ǫ23   ǫ4 
       
 σ   σ   ǫ   ǫ 
 13   5   13   5 
σ12 σ6 ǫ12 ǫ6
Cette convention permet en particulier de mettre le tenseur d’ordre 4 décrivant la loi de comportement
sous une forme matricielle. Cela permet alors de visualiser et d’analyser les différentes composantes
de cette loi de comportement. Le tenseur de rigidité R peut alors être réécrit en terme d’une matrice
carrée d’ordre 6, symétrique
 :   
σ1 R11 R12 R13 R14 R15 R16 ǫ1
    
 σ2   R22 R23 R24 R25 R26    ǫ2 
 
  
 σ   R33 R34 R35 R36   ǫ3  
 3  
= (1.16)

  
 σ4   R44 R45 R46    ǫ4 
 
  
 σ   Sym. R55 R56    ǫ5 
 
 5  
σ6 R66 ǫ6
De même pour le tenseur de souplesse S.
La symétrie de la loi de comportement met alors en évidence l’existence de 21 cœfficients distincts
décrivant la loi de comportement d’un matériau ne présentant aucune symétrie du comportement
mécanique. On parle alors d’un matériau complètement anisotrope ou encore matériau triclinique.
La plupart des matériaux possèdent une ou plusieurs symétries. Cela réduit alors le nombre des
cœfficients indépendants nécessaires pour décrire le comportement du matériau.
On présente dans ce qui suit quelques familles classiques de ces matériaux.

1.5.3 Matériau orthotrope


Définition : Un matériau orthotrope est un matériau élastique homogène présentant en tout point
deux plans orthogonaux de symétries du comportement mécanique. L’invariance de la matrice loi de
comportement dans un changement de base effectué par symétrie par rapport à l’un des deux plans
orthogonaux conduit à une matrice
 de rigidité (ou de souplesse) de la forme :
R11 R12 R13 0 0 0
 

 R22 R23 0 0 0  
 R33 0 0 0 
(1.17)
 
 

 R44 0 0  

 Sym. R55 0  
R66
Dans laquelle le nombre de cœfficients indépendants est réduit à 9.
En pratique, c’est le cas par exemple d’un tissu de fibres noyé dans une matrice.
1.5 Anisotropie des matériaux composites 7

La caractérisation de ces 9 cœfficients peut être effectués expérimentalement ou en utilisant les


techniques de mélange (où encore d’homogénéisation) présentées au chapitre 3.

1.5.4 Matériau isotrope transverse


Définition : Un matériau isotrope transverse est un matériau élastique homogène présentant un
axe de révolution où tout plan passant par cet axe est un plan de symétrie du comportement mé-
canique. Ce type de matériau est alors appelé orthotrope de révolution ou encore unidirectionnel.
L’exploitation des symétries supplémentaires par rapport au matériau orthotrope conduit alors aux
relations :
R22 − R23
R12 = R13 ; R22 = R33 ; R55 = R66 et R44 = (1.18)
2
La relation entre le module de cisaillement R44 et les cœfficients R22 et R23 est démontrée pour un
matériau isotrope. L’utilisation de ce résultat dans le cadre de ce matériau unidirectionnel est due
au fait qu’il présente une isotropie du comportement mécanique dans plan transverse.
La matrice de rigidité d’un matériau
 isotrope transverse s’écrit alors sous
 la forme :
R11 R12 R12 0 0 0
 

 R22 R23 0 0 0  
 R 22 0 0 0 
(1.19)
 
R
 −R



22
2
23
0 0  

 Sym. R66 0  
R66
Le nombre des cœfficients indépendants d’un matériau isotrope transverse est réduit à 5. En pratique,
c’est le cas par exemple d’un unidirectionnel de fibres noyé dans une matrice.
La caractérisation de ces 5 cœfficients peut être effectuée expérimentalement ou en utilisant les lois
de mélange (chapitre 3).

1.5.5 Matériau isotrope


Définition : Un matériau isotrope est un matériau élastique homogène présentant en tout point une
infinité de plan de symétrie du comportement mécanique. Son comportement est alors indépendant du
choix des axes de référence. L’application de cette propriété au matériau isotrope transverse conduit
alors aux relations :
R11 − R12
R12 = R23 ; R22 = R11 et R66 = (1.20)
2
La matrice de rigidité d’un matériau isotrope s’écrit alors sous la forme : 
R11 R12 R12 0 0 0
 

 R11 R12 0 0 0 

 R 11 0 0 0 
(1.21)
 
R11 −R12
 

 2
0 0 

R11 −R12

 Sym. 2
0 

R11 −R12
2
Dans laquelle le nombre de cœfficients indépendants est réduit à 2.
En pratique, c’est le cas par exemple des matériaux métallique usuels.
Chapitre 2

Loi de comportement élastique d’un composite


unidirectionnel

2.1 Introduction et objectif


Un composite unidirectionnel (UD) est un mélange entre une matrice et un ensemble de fibres orientés
tous dans une même direction (noté par la suite direction longitudinale l). L’objectif de ce chapitre
est de prédire le comportement d’une plaque composite unidirectionnelle à l’échelle macroscopique
en connaissant le comportement de ses constituants à l’échelle microscopique. On parle alors d’un
passage micro-macro ou loi de mélange ou encore homogénéisation du matériau hétérogène.
Afin d’avoir une telle prédiction, quelques hypothèses de modélisation seront considérées :
• comportement élastique isotrope des fibres et de la matrice
• adhérence parfaite fibre/matrice
• comportement plan
La loi de comportement à l’échelle micro est alors caractérisée par les modules d’Young et les cœffi-
cients de Poisson des fibres (E f , ν f ) et de la matrice (E m , ν m ).
Le matériau composite UD est un matériau à comportement isotrope transverse, le tenseur de sou-
plesse dans le plan (l, t) se réduit alors à :
1 νtlc
    
c
ǫ
 l   Ec − 0  σlc
   l Etc 


 c   νlt c
 ǫt  =  − 1  c 
0    σt  (2.1)
 
   Ec Ec
   l t  
 c   1  c 
ǫlt 0 0 σlt
Gclt

e2 = et

e2 = et′
e1 = el
Figure 2.1 – Composite unidirectionnel UD

8
2.2 Constantes élastiques 9

2.2 Constantes élastiques


2.2.1 Module longitudinal Elc
Une simulation d’essai de traction dans le sens longitudinal est réalisée. Le matériau UD peut être
modélisé par une loi rhéologique par l’assemblage de deux ressorts en parallèle modélisant l’élasticité
des deux constituants du matériau composite UD. En adoptant ce modèle rhéologique, l’essai de
ǫfl kf
00000000000
11111111111
00000000000
11111111111
00000000000
11111111111
σlc
Flc Flc
00000000000
11111111111
11111111111
00000000000
00000000000
11111111111
00000000000
11111111111
00000000000
11111111111
⇐⇒
00000000000
11111111111
11111111111
00000000000
00000000000
11111111111
m
ǫl km
Figure 2.2 – Modèle rhéologique de l’essai de traction longitudinal

traction conduit aux relations suivantes :

Fc = Ff + Fm ⇔ S σlc = S f σlf + S m σlm


ǫcl = ǫfl = ǫm
l (2.2)

Où S, S f , et S m désignent respectivement les surfaces en traction du composite UD, de la composante


de cette surface en fibres et de celle en matrice.
Par ailleurs, la relation entre les contraintes et les déformations dans les fibres et la matrice est gérée
par la loi de comportement à l’échelle micro :
f
σ(l,t) = E f ǫf(l,t)
m
σ(l,t) = E m ǫm
(l,t) (2.3)

En utilisant la loi de comportement à l’échelle micro (2.3) et l’égalité des déformations (2.2), le
module d’Young longitudinal à l’échelle macro peut alors s’écrire :

Sf f Sm m
Elc = E + E (2.4)
S S
Les fractions de surfaces peuvent être remplacées, modulant la longueur, par les fractions volumique
du renfort v f et de la matrice v m = 1 − v f . On abouti alors à la loi de mélange suivante :

Elc = v f E f + (1 − v f ) E m (2.5)

Au cas où le module des fibres est très grand devant celui de la matrice, on peut approximer ce
module longitudinal par :
Elc ≃ v f E f quand E f ≫ E m (2.6)

2.2.2 Module transversal Etc


Une simulation d’essai de traction dans le sens transversal est réalisée. Le matériau UD peut être
modélisé par une loi rhéologique par l’assemblage de deux ressorts en série dans le sens de la traction
2.2 Constantes élastiques 10
Ftc
Ftc

σtc
σtf 000000000
111111111
111111111
000000000
000000000
111111111 kf
000000000
111111111
000000000
111111111
000000000
111111111 ⇐⇒
σtm
000000000
111111111
000000000
111111111
000000000
111111111
000000000
111111111
000000000
111111111 km
000000000
111111111
000000000
111111111

Ftc Ftc
Figure 2.3 – Modèle rhéologique de l’essai de traction transversale

transversale. En adoptant ce modèle rhéologique, l’essai de traction transversal conduit aux relations
suivantes :

Fc = Ff = Fm ⇔ S σtc = S σtf = S σtm


∆uc = ∆uf + ∆um ⇔ Lc ǫcl = Lf ǫfl + Lm ǫm
l (2.7)

Où S est la surface en traction et L, Lf , et Lm désignent respectivement les longueurs dans le sens
de la traction transversale du composite UD, de la composante de cette longueur en fibres et de celle
en matrice.
Les fractions de longueurs peuvent êtres remplacées, modulant la surface en traction, par les fractions
volumique du renfort v f et de la matrice v m = 1 − v f . La relation entre les déformations (2.7) s’écrit
alors :
ǫct = v f ǫft + (1 − v f ) ǫm
t (2.8)

En utilisant la loi de comportement à l’échelle micro (2.3), cette déformation peut s’écrire :
f
σtc f σt
m
f σt
=v + (1 − v ) m (2.9)
Etc Ef E

Enfin, l’égalité des contraintes (2.7) nous donne alors la loi des mélanges pour le module d’Young
transversal à l’échelle macro :
1 vf (1 − v f )
= + (2.10)
Etc Ef Em
ou encore :
Ef Em
Etc = = m (2.11)
(1 − v f ) + v f EE f
f
v f + (1 − v f ) EEm
Au cas où le module des fibres est très grand devant celui de la matrice, on peut approximer ce
module transversal par :
Em
Et ≃ m quand E f ≫ E m
c
(2.12)
v
2.2 Constantes élastiques 11

2.2.3 Cœfficient de Poisson νltc


En revenant à la simulation de l’essai de traction dans le sens longitudinal et en adoptant le modèle
des deux ressorts en séries pour la déformation transversale, l’essai de la figure 2.2 conduit à :

ǫcl = ǫfl = ǫm
l

ǫct = v f ǫft + (1 − v f ) ǫm
t (2.13)

La division de ces deux dernières équations nous donne alors la loi des mélanges pour le cœfficient
de Poisson νltc :
ǫc
νltc = ct = v f ν f + (1 − v f ) ν m (2.14)
ǫl

2.2.4 Module de cisaillement Gclt


Une simulation d’essai de cisaillement dans le plan longitudinal transversal consiste à considérer les
distorsions angulaires induites par les déformations de la partie fibre et matrice du composite UD
(figure 2.4).
Les distorsions angulaires étant très faible (hypothèse des petites déformations en élasticité), un

τltc γltc

γltm
m m
e

11111111111
00000000000
00000000000
11111111111 γltf
00000000000
11111111111
e f f
τltc
Figure 2.4 – Modélisation de l’essai de cisaillement

développement limité d’ordre 1 est alors appliqué (γ ≪ 1 7→ sin γ ≃ γ , cos γ ≃ 1 et tan γ ≃ γ).
En suivant cette modélisation, la distorsion angulaire du composite γltc peut être exprimée en fonction
de celle des fibres γltf et de la matrice γltm :

γltc (em + ef ) = γltf ef + γltm em (2.15)

Le matériau étant en cisaillement, les contraintes dans les fibres et la matrice sont alors égaux :

τltc = τltf = τltm (2.16)

Par ailleurs, les relations entre les contraintes de cisaillement et les distorsions angulaires sont gérées
par les lois de comportement à l’échelle micro et s’écrivent :
Ef
τltf = Gf γltf avec Gf =
2(1 + ν f )
Em
τltm = Gm γltm avec Gm = (2.17)
2(1 + ν m )
2.2 Constantes élastiques 12

En utilisant la loi de comportement à l’échelle micro (2.17) et l’égalité des contraintes de cisaillement
(2.16), l’équation (2.15) s’écrit :
em + ef ef em
= + (2.18)
Gclt Gf Gm
Les fractions d’épaisseurs peuvent être remplacées, modulant la surface en cisaillement, par les frac-
tions volumiques du renfort v f et de la matrice v m = 1 − v f . On abouti alors à la loi de mélange
suivante :
1 vf (1 − v f )
= + (2.19)
Gclt Gf Gm
ou encore :
Gf Gm
Gclt = = m (2.20)
(1 − v f ) + v f GGf
f
v f + (1 − v f ) GGm
Au cas où le module de cisaillement des fibres est très grand devant celui de la matrice, on peut
approximer ce module de cisaillement par :
Gm
Gclt ≃ quand Gf ≫ Gm (2.21)
vm

2.2.5 Loi de comportement élastique d’un UD


La loi de comportement élastique d’un composite unidirectionnel s’écrit alors :

1 νtlc
 
− 0   

 Elc Etc  Ēlc νtlc Ēlc 0
c
 ν 1   
en souplesse : [S] =  − ltc 0  et en rigidité : [R] =  c c
 νlt Ēt Ētc 0 
 El Etc  
c
 
 1  0 0 Glt
0 0
Gclt
Elc Etc
dans laquelle : Ēlc = et Ēt
c
= .
1 − νltc νtlc 1 − νltc νtlc
Avec :

Elc = v f E f + (1 − v f ) E m
1 vf (1 − v f )
= +
Etc Ef Em
ǫc
νltc = ct = v f ν f + (1 − v f ) ν m
ǫl
1 vf (1 − v f )
= +
Gclt Gf Gm

Le comportement d’un pli unidirectionnel étant identifié, on propose dans le chapitre suivant, de
réaliser l’empilement de différentes couches d’unidirectionnel afin d’obtenir la loi de comportement
du matériau stratifié qui en résulte.
Chapitre 3

comportement élastique des plaques stratifiées

3.1 Généralités
3.1.1 Définition
Le stratifié est un matériau composite constitué par un empilement de plusieurs couches (ou plis)
d’unidirectionnel, de tissus ou de mats avec des orientations différentes pour chaque pli. Cette opé-
ration d’empilement est appelé : drapage.
Lors de la conception du stratifié, le nombre de pli à placer dans chacune des orientations est tributaire
des sollicitations mécaniques qui s’exercent sur la pièce.

3.1.2 Désignation d’un stratifié


La désignation des stratifiés est effectuée selon un code normalisé respectant les conventions suivantes :
• Chaque couche est désignée par la valeur, en degrés, de l’angle que fait la direction des fibres
avec l’axe x de référence.
• Les couches successives sont séparées par un slash.
• Les couches successives ayant une même direction sont désignées par un indice indiquant le
nombre de couches dans cette direction.
Ainsi, l’exemple de désignation suivant : [45/0/902/30] correspond à un stratifié à 5 couches dont
la 1ière est à 45◦ , la 2ième à 0◦ , la 3ième à 90◦ , la 4ième à 90◦ et la 5ième à 30◦ .
Par ailleurs, d’autres conventions de notations sont également utilisés pour le :
• Stratifié symétrique si son plan moyen est un plan de symétrie miroir. L’indice s désigne alors
cette symétrie et l’on se contente avec la désignation de la moitié des couches du stratifié.
L’exemple suivant : [45/0/ − 45]s désigne alors un stratifié à 6 couches : 1ière → 45◦ ,
2ième → 0◦ , 3ième → −45◦ , 4ième → −45◦ , 5ière → 0◦ et 6ième → 45◦ .
• Stratifié séquencé si une séquence d’orientations est répétée. Un indice désigne alors le nombre
de fois où cette séquence est successivement répétée. L’exemple suivant : [(45/ − 45)2 ]s
désigne alors un stratifié à 8 couches : 1ière → 45◦ , 2ième → −45◦ , 3ième → 45◦ , 4ième → −45◦ ,
5ière → 0◦ et 6ième → 45◦ .
• Stratifié hybride si les couches comportent des fibres de nature différentes. Un indice désigne
13
3.2 Constantes élastiques d’un pli en-dehors de ses axes d’orthotropie 14

alors la nature des fibres constituant chaque couche comme le montre l’exemple suivant :
[45V /0C /−45K ] qui désigne un stratifié à 3 couches : 1ière → 45◦ en fibre de Verre, 2ième → 0◦
en fibre de Carbone, 3ième → −45◦ en fibre de Kevlar.

3.2 Constantes élastiques d’un pli en-dehors de ses axes d’ortho-


tropie
Afin d’étudier le comportement d’un stratifié constitué de plusieurs plis d’orientation différentes, il est
nécessaire de prendre un système d’axes de référence pour l’ensemble du stratifié. Le comportement
élastique de chaque couche doit être alors rapporté à ce système de référence.
On considère alors dans cette section, un pli unidirectionnel d’axes d’orthotropie (l, t) avec l la
direction des fibres et t la direction transversale. Le pli étant de faible épaisseur, on se place dans
l’hypothèse des contraintes planes. Le comportement du pli dans le système d’axe (l, t) s’écrit alors :
   
1 νtl
 
ǫ l σ l − 0







  El Et 
ν 1
 
 ǫt  = [S](l,t)  σt  avec [S](l,t) =  − lt
   
0 (3.1)
 

     El Et 
1 
    
0 0
   
ǫlt σlt
Glt
L’objectif étant alors d’identifier les propriétés de cette couche dans un système d’axe (x, y) faisant
un angle θ avec le système d’axe (l, t) (figure 3.1). Ces propriétés sont démontrées dans ce qui suit
pour le tenseur de souplesse [S](x,y) en fonction de [S](l,t) . Le même travail peut être reproduit pour
le tenseur de rigidité [R](x,y) en fonction du comportement dans les axes d’orthotropie [R](l,t) .
y t

x
θ

Figure 3.1 – Systèmes d’axes d’orthotropie (l, t) et de références (x, y) d’un Pli

3.2.1 Transport des tenseurs contraintes et déformations


Le transport d’une matrice d’une base à une autre s’effectue moyennant les formules de changement
de base :
[σ](l,t) = t [P ] [σ](x,y) [P ] (3.2)

où [P ] est la matrice de passage de la base (l, t) vers la base (x, y) :


! ! " # (
x l c s c = cos θ
= [P ] avec [P ] = et (3.3)
y t −s c s = sin θ
3.2 Constantes élastiques d’un pli en-dehors de ses axes d’orthotropie 15

Le tenseur des contraintes dans la base (l, t) (3.2) s’écrit alors :


" # " #" #" #
σl σlt c −s σx σxy c s
= (3.4)
σlt σt s c σxy σy −s c
ce qui donne : 
2 2
 σl = c σx − 2 sc σxy + s σy

σt = s2 σx + 2 sc σxy + c2 σy (3.5)

σlt = sc σx + (c2 − s2 ) sc σxy − sc σy

qui peut se mettre, en utilisant les notations ingénieurs, sous la forme :


     2 
σl σx c s2 −2 sc
 σt  = [T ]  σy  avec [T ] =  s2 c2 2 sc  (3.6)
     

σlt σxy sc −sc (c2 − s2 )


De la même façon, on montre une écriture équivalente pour le transport du tenseur des déformations :
     
ǫl ǫx c2 s2 sc
t
 ǫt  = [T ]  ǫy  avec [T ] = [T ] =  s2 c2
′  ′
−sc  (3.7)
    

ǫlt ǫxy −2 sc 2 sc (c2 − s2 )

3.2.2 Matrice de souplesse dans la base (x, y)


La matrice de souplesse dans la base (x, y) peut être exprimée en combinant les équations (3.7), (3.1)
et (3.6) : 
ǫx
 
σx

t
 ǫy  = [S](x,y)  σy  avec [S](x,y) = [T ][S](l,t) [T ] (3.8)
   

ǫxy σxy
Tout calcul effectué, on obtient la loi de comportement en souplesse suivante :
1 νyx µxy
    
 ǫx   Ex − Ey Gxy   σx 
    
 ǫy  =  − νxy 1 ηxy 
    
  σy  (3.9)
   E Ey Gxy  
  
   x 
   µx ηy 1  
ǫxy σxy
Ex Ey Gxy
avec :
1
Ex (θ) = 4 4
 
c s 2 2
1 νtl
+ +c s −2
El Et Glt Et
1
Ey (θ) = 4
c4
 
s 2 2
1 νtl
+ +c s −2
El Et Glt Et
1
Gxy (θ) =
(c2 − s2 )2
 
2 2
1 1 νtl
4c s + +2 +
El Et Et  Glt 
νyx νxy νtl 4 4 2 2 1 1 1
(θ) = (θ) = (c + s ) − c s + −
Ey Ex Et  El E t Glt
c2 s2

µxy µx 2 2 νtl 1
(θ) = (θ) = −2sc − + (c − s ) −
Gxy Ex  E2l E2t  Et 2Glt 
ηxy ηy s c νtl 1
(θ) = (θ) = −2sc − − (c2 − s2 ) −
Gxy Ey El Et Et 2Glt
3.3 Théorie des stratifiés 16

µxy
On remarque dans cette loi de comportement (3.9), l’existence de deux termes de couplage ( et
Gxy
ηxy
) entre les déformations de traction (ǫx , ǫy ) et les contraintes de cisaillement σxy . Ce couplage
Gxy
apparaı̂t puisque le pli n’est plus chargé dans ses axes d’orthotropie, un chargement de traction induit
alors (à cause de l’anisotropie) une distorsion angulaire.
Il est à noter que ces termes de couplage sont des fonctions impaires de θ. Le couplage disparaı̂t pour
les angles θ = 0 où θ = π/2 ce qui revient à charger le matériau unidirectionnel suivant ses axes
d’orthotropie.

3.2.3 Matrice de rigidité dans la base (x, y)


La matrice de rigidité dans la base (x, y) peut être obtenue de façon similaire. Tout calculs effectués
on obtient l’expression suivante :
    
σx Ē11 Ē12 Ē13 ǫx
 σy  =  Ē21 Ē22 Ē23   ǫy  (3.10)
    

σxy Ē31 Ē32 Ē33 ǫxy


avec :
Ē11 (θ) = c4 Ēl + s4 Ēt + 2c2 s2 (νtl Ēl + 2Glt )

Ē22 (θ) = s4 Ēl + c4 Ēt + 2c2 s2 (νtl Ēl + 2Glt )

Ē33 (θ) = c2 s2 (Ēl + Ēt − 2νtl Ēl ) + (c2 − s2 )2 Glt

Ē12 (θ) = Ē21 (θ) = c2 s2 (Ēl + Ēt − 4Glt ) + (c4 + s4 )νtl Ēl

Ē13 (θ) = Ē31 (θ) = −cs{c2 Ēl − s2 Ēt − (c2 − s2 )(νtl Ēl + 2Glt )}

Ē23 (θ) = Ē32 (θ) = −cs{s2 Ēl − c2 Ēt + (c2 − s2 )(νtl Ēl + 2Glt )}
expression dans lesquelles :
Ēl = El /(1 − νlt νtl )
Ēt = Et /(1 − νlt νtl )

3.3 Théorie des stratifiés


On considère dans ce qui suit un stratifié plan à symétrie miroir d’épaisseur e et constitué de n plis.
Le pli numéro k a une épaisseur notée ek . Le plan (x, y) est le plan de symétrie miroir.
Le stratifié est soumis, dans son plan, de sollicitations dites de membrane N x , N y et T xy . Il s’agit
des éléments de réduction pour les contraintes dans la section de chargement appelés encore flux
d’efforts dans le stratifié (figure 3.2).
3.3 Théorie des stratifiés 17
z

N y dx
dx z
T xy
n
ek :
x T xy dy k e/2
N x dy :
:
: 0
:
: e/2
2
1

Figure 3.2 – Stratifié soumis à un chargement dans son plan

En tenant en compte de la variation des contraintes par couche du stratifié, l’expression de ces solli-
citations membranaires s’écrivent :

• N x : Effort résultant dans la direction x, par unité de largeur suivant la direction y :

Z e/2 nième pli


X
Nx = σx (dz × 1) = (σx )k × ek (3.11)
−e/2
k=1er pli

où (σx )k désigne la contrainte de traction suivant la direction x dans la couche numéro k du
stratifié.

• N y : Effort résultant dans la direction y, par unité de largeur suivant la direction x :

Z e/2 nième pli


X
Ny = σy (dz × 1) = (σy )k × ek (3.12)
−e/2
k=1er pli

où (σy )k désigne la contrainte de traction suivant la direction y dans la couche numéro k du
stratifié.

• T xy : Cisaillement de membrane résultant par unité de largeur suivant la direction y :

Z e/2 nième pli


X
T xy = σxy (dz × 1) = (σxy )k × ek (3.13)
−e/2
k=1er pli

où (σxy )k désigne la contrainte de cisaillement au plan (x, y) dans la couche numéro k du
stratifié.
3.3 Théorie des stratifiés 18

3.3.1 Comportement en membrane du stratifié


Le déplacement élastique de tout point du stratifié est supposé bidimensionnel plan, dans le plan (x,
y) du stratifié. En utilisant la loi de comportement de chacun des plis (3.10), on en déduit alors :
nième pli
X
k k k
Nx = (Ē11 ǫx + Ē12 ǫy + Ē13 ǫxy )k × ek (3.14)
k=1er pli

Expression dans laquelle nous avons utilisé l’hypothèse d’adhésion parfaite entre les différents pli de
façon à avoir une égalité des déformations : ǫk = ǫ pour tout pli k.
Un réarrangement des termes de cette expression conduit à la forme suivante :
nième pli
X
k
N x = A11 ǫx + A12 ǫy + A13 ǫxy avec A1j = Ē1j ek (j = 1..3) (3.15)
k=1er pli

De manière analogue, l’équation (3.12) peut se mettre sous la forme :

nième pli
X
k
N y = A21 ǫx + A22 ǫy + A23 ǫxy avec A2j = Ē2j ek (j = 1..3) (3.16)
k=1er pli

Et de même pour l’effort de cisaillement (3.13) :

nième pli
X
k
T xy = A31 ǫx + A32 ǫy + A33 ǫxy avec A3j = Ē3j ek (j = 1..3) (3.17)
k=1er pli

L’ensemble des équations (3.15), (3.16) et (3.17) peuvent alors se mettre sous une forme matricielle :
    
Nx A11 A12 A13 ǫx nième pli
X
 N y  =  A21 A22 A23   ǫy  avec Aij = Ēijk ek = Aji (3.18)
    

T xy A31 A32 A33 ǫxy k=1er pli

3.3.2 Remarques concernant la loi de comportement du stratifié

1. Les cœfficients Aij (3.18) du tenseur reliant les efforts généralisés de membrane aux défor-
mations se représentent en une opération de sommation sur le comportement de chacun des
plis constituant le stratifié. Ainsi, dans le cadre de cette théorie classique des stratifiés, ces
cœfficients Aij sont indépendants de l’ordre d’empilement des plis.

2. L’examen du tenseur [A] (3.18) montre que les flux d’efforts en traction N x où N y engendrent
des distorsions angulaires ǫxy . Ce couplage disparaı̂t si les termes A13 et A23 sont nuls.
En effet, dans le cas d’un stratifié équilibré, c’est à dire représentant autant de plis à un angle
(+θ) que de plis (−θ), les termes Ē13 et Ē23 sont antisymétriques en θ et donc s’éliminent
pour les paires de plis à ±θ dans le calcul de A13 et A23 .
La loi de comportement d’un stratifié équilibré s’écrit alors :
3.3 Théorie des stratifiés 19

    
Nx A11 A12 0 ǫx
 N y  =  A21 A22 0   ǫy  (3.19)
    

T xy 0 0 A33 ǫxy

3. La loi de comportement reliant les contraintes aux déformations peut être déduite en substi-
tuant aux flux d’efforts N x , N y et T xy (3.18) des contraintes homogénéisées (moyenne globale
sur les sections) :
Nx Ny T xy
σxh = , σyh = , et h
σxy = (3.20)
e e e
L’exposant h est mentionnée afin de distinguer cette contrainte (fictive) homogène équivalente,
constante dans la section, de la contrainte dans chaque couche du stratifié qui elle dépend de
l’emplacement dans la section.
En combinant les équations (3.20) et (3.18), on en déduit alors la loi de comportement du
stratifié, rendu “homogène” sous la forme :
     
σxh ǫx A11 A12 A13
h  1
avec [Rhc ] =
 h 
 σy  = [Rc ]  ǫy   A21 A22 A23  (3.21)
 
e
h
σxy ǫxy A31 A32 A33

Dans laquelle [Rhc ] représente la matrice de rigidité homogénéisée du composite stratifié.


La matrice de souplesse homogénéisée du stratifié [S hc ] peut être ensuite calculée en inversant
la matrice de rigidité (3.21) :
[S hc ] = [Rhc ]−1 (3.22)

4. Les termes de la matrice de rigidité [Rhc ] (3.21) s’écrivent :


n ième
1 Xpli ek
h
Rij = Aij = Ēijk (3.23)
e er e
k=1 pli

Puisque les termes constitutifs des Aij sont indépendants de l’ordre d’empilement des plis, les
quotients eek peuvent être réarrangés pour constituer les proportions pθl (%) des familles de

plis ayant une même direction θl◦ :


h 1 X θ◦ ◦
Rij = Aij = Ēijl pθl (%) (3.24)
e Orientations θ ◦
l

Comme exemple, les termes de la matrice de rigidité d’un stratifié [0/−452 /452/90]s , s’écrivent :
h 1 ◦ ◦ ◦ ◦ ◦ ◦ ◦ ◦
Rij = Aij = Ēij0 p0 (%) + Ēij−45 p−45 (%) + Ēij45 p45 (%) + Ēij90 p90 (%)
e
De plus, si tous les plis constituant ce stratifié sont de même épaisseur, on en déduit :
h 1 1 ◦ 1 ◦ 1 ◦ 1 ◦
Rij = Aij = Ēij0 + Ēij−45 + Ēij45 + Ēij90
e 6 3 3 6

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