LA RAGE HUMAINE
Signes- Diagnostic-Traitement
Dr DOUTCHI M
FSS/UZ/EM4
OBJECTIFS
1. Décrire les deux signes pathognomoniques de la
rage spastique à la phase d’état
2. Décrire les deux autres formes cliniques de rage
3. Enoncer les éléments du diagnostic étiologique de
la rage humaine
4. Citer au moins 3 diagnostics différentiels de la rage
5. Décrire la CAT en cas de morsure par un animal
suspect de rage
PLAN
1. GENERALITES 3. DIAGNOSTIC
1.1. Définition 3.1 Positif
1.2. Intérêts 3.2 Différentiel
1.3. Rappels 3.3 Etiologique
2. SIGNES 4. TRAITEMENT
2.1. Type de description 4.1 Curatif
2.2. Formes cliniques
4.2 Préventif
5. CONCLUSION
GENERALITES
DEFINITION
• Encéphalomyélite aiguë mortelle due au virus
rabique, virus ARN-, genre Lyssavirus et famille
Rhabdoviridae
• Anthropozoonose accidentellement humaine
• Maladie d’inoculation transmise par la salive :
– Mammifères terrestres infectés, après griffure, léchage
ou morsure
– Mammifères aériens (Chéiroptères) infectés après
inhalation de poussière contaminée ou morsure
INTÉRÊT
• Epidémiologique
– Zoonose tropicale négligée
– Problème de santé publique en Asie et Afrique
≈55.000 cas, 10 millions TPE/an (OMS)
• Pronostique
– Mortelle à 100% mais évitable à 100%
– Urgence prophylactique
EPIDEMIOLOGIE : ENDEMIE RABIQUE SELON LE
NIVEAU DE RISQUE EN 2010
55 000 cas/an
Afrique et Asie
PHYSIOPATHOLOGIE
SIGNES
TDD : rage spastique de l’adulte
• Incubation : moyenne 40 jours [1 semaine-1
an]
• Phase début inconstante, 2 à 4 jours
caractérisée par :
– un prurit localisé à la morsure
– paresthésies à type de fourmillements,
d'hyperesthésies ou de douleurs fulgurantes.
– troubles du caractère et du comportement
TDD : rage spastique de l’adulte
• Période d'État :
– Spasmes musculaires
• HYDROPHOBIE
• L’AÉROPHOBIE
– Accentuation des troubles du caractère
– Troubles auditifs: hypoacousie voire surdité.
– Syndrome infectieux avec fièvre à 41° C-42°C
TDD : rage spastique de l’adulte
• Évolution
– Eléments de surveillance:
• Constantes, examen neurologique,
cardiovasculaire
– Modalités:
• Rage déclarée toujours fatale au bout de 4 j.
• Pronostic redoutable
Formes cliniques
• Formes symptomatiques
– Furieuse ou démentielle (Variante)
» Agressivité, bouffées délirantes
» Evolution rapidement fatale
– Paralytique
» paralysies ascendantes de type LANDRY,
– Formes atypiques
» Priapisme
» Pneumomediastin….
Formes cliniques
• Formes selon le terrain
– Formes de l’enfant
» Incubation courte
» Aérophobie et hydrophobie manquent
souvent
DIAGNOSTIC
DIAGNOSTIC POSITIF
• Arguments épidémiologiques :
– Notion de morsure par un animal suspect,
– absence de vaccination,
– profession à risque
• Arguments cliniques :
– hydrophobie, aérophobie +++
– Autres signes encéphalitiques,
DIAGNOSTIC POSITIF
• Arguments paracliniques
▫ Prélèvements
Du vivant du malade : larmes, salive, LCR, tissus
cornéen, glandes salivaires, biopsie cutanée
En post-mortem : tissu cérébral (Corne
d'Ammon, bulbe rachidien) par ponction
s/occipitale ou retro orbitaire.
Biopsie de peau
Facile à collecter (peu invasif)
4 mm de diamètre
Biopsy punch (Stiefel Labs)
Prélevée à la base de la nuque (zone facilement
accessible avec une forte densité de cheveux)
Bryceson et al., 1975, Blenden et al., 1986, Crepin et al., 1998
Ponction biopsie sous occipitale
Aiguille à biopsie (à baïonnette) ou
aiguille à ponction lombaire
(cliché de B.M. Diop, CHU Fann, Dakar)
DIAGNOSTIC POSITIF
Techniques
1. Immunofluorescence
• Principe : reconnaissance Ag rabique par AC
spécifique
• Matériel : Cerveau, biopsie cutanée et LCR
• Délai : 2 heures
2. Elisa
• Principe : Recherche Ag (cerveau) ou Ac (sérum)
• Délai : 4 heures ou 24 heures
DIAGNOSTIC POSITIF
3. Isolement sur culture cellulaire ou SNN
• Principe : recherche du virus (cerveau)
• Délai : 2 jours (culture cellulaire) 15 jours
(SNN)
4. RT-PCR
• Principe : Recherche ARN viral par
amplification
• Matériel : Cerveau, biopsie de la peau, LCR
• Délai : 3 heures
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
• Forme furieuse ou spastique
– Autres encéphalites et les méningo-encéphalites
virales, bactériennes
– Tétanos
– Delirium tremens
– Hystérie
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
• Forme paralytique
Poliomyélite antérieure aiguë
Syndrome de Guillain Barré
Polyradiculonévrites d’origine virale, toxique,
bactérienne
Botulisme
DIAGNOSTIC ÉTIOLOGIQUE
Ordre: Mononegavirales
Famille: Rhadoviridae
Genre : Lyssavirus
Espèce: Rhabdovirus
DIAGNOSTIC ÉTIOLOGIQUE
• Mode de transmission
Mammifères terrestres: PE cutanéomuqueuse
(+++)
Mammifères aériens: Inhalation
Autres:
Inoculation accidentelle lors de la manipulation
Greffes d’organe
DIAGNOSTIC ÉTIOLOGIQUE
une large variété de réservoirs animaux
En Afrique, la rage est canine à 99%, urbaine, rurale, par
des chiens errants, semi errants et domestiques
DIAGNOSTIC ÉTIOLOGIQUE
• Trois modalités épidémiologiques
– La rage sauvage: des carnassiers ou rage
selvatique
– La rage urbaine ou citadine ou rage canine
– La rage des Chéiroptères ou rage des
vampires et des chauves souris
TRAITEMENT
Traitement curatif:
La rage déclarée est toujours mortelle.
4.1.1. But :
Aider le malade à mourir dignement.
4.1.2. Moyens :
Isolement sensoriel
Sédatifs : Diazépam (0,1 à 0,2 mg/kg/j),
Phénobarbital (2 à 5mg/kg/j)
Rééquilibrage hydro-électrolytique (Ringer
lactate, sérum glucosé 5%)
• Réanimation respiratoire
TRAITEMENT CURATIF
• Pas de traitement curatif efficace
• Traitement uniquement symptomatique
• Isolement sensoriel, sédatifs
• Rééquilibrage hydroélectrolytique,
• Réanimation respiratoire
TRAITEMENT PREVENTIF
• Traitement préexposition
• Lutte contre rage animale
• Prévention vaccinale avant exposition
• Traitement post exposition: PEC morsures animaux:
– Soins locaux
• Nettoyage plaies : eau savonneuse + antiseptique pendant 15 min.
• Pas de suture immédiate
– Prophylaxie antitétanique
– Evaluation risque rabique et PEC
Modalités du traitement
Recommandations OMS. Technical Report Series 931
Schémas de vaccination (vaccins purifiés sur cellules
VERO (VeroRab®, Immovax®) post exposition
Protocoles intradermiques
Surveillance vétérinaire
• Déclarer l’agression
• Rechercher le propriétaire si l’animal est connu,
• Mettre en observation vétérinaire l’animal agresseur
• Abattre tout chien errant ou malade et envoyer la tête
au poste vétérinaire le plus proche
• Port de collier et vaccinations des animaux domestiques
CONCLUSION
• Maladie mortelle à 100% mais évitable à 100%
• Nécessité de déclarer les morsures à risque
• Prévention et sensibilisation +++
– Journée Mondiale de la Rage
– Elaboration de plans nationaux de lutte contre la
rage
OBSERVATION
Il s’agissait d’une patiente âgée de 19 ans, mère d’un
enfant de 4 mois, admise au service des maladies
infectieuses de l’HNZ pour troubles de comportement,
dysphagie, hyper sialorrhée et fièvre évoluant depuis 48
heures. L’anamnèse retrouvait une notion de morsure par
un chien errant il y a 2 mois, alors qu’elle était couchée
dans sa chambre. L’animal serait abattu après avoir mordu
3 autres personnes toutes décédées au village. Sur ces
arguments, le diagnostic de la rage était posé. Notre
patiente est décédée 12 heures après son admission dans
un tableau de phobies, de délire et d’agressivité. Le
diagnostic post mortem n’avait pas été effectué. La
prophylaxie des sujets contacts était prescrite