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détection de pluie
Isabelle Bord
THÈSE
présentée à
L'UNIVERSITÉ BORDEAUX I
ÉCOLE DOCTORALE DE SCIENCES PHYSIQUES ET DE L’INGENIEUR
DOCTEUR
SPÉCIALITÉ : ELECTRONIQUE
*********************
*********************
Après avis de :
- 2006 -
Remerciements
Avec ma formation de physico-chimiste, rien ne laissait présager que je préparerai un jour une
thèse en électronique. Et pourtant, me voilà aujourd’hui Docteur en sciences physiques et de
l’ingénieur, spécialité électronique…..
Je remercie très sincèrement le Professeur Claude Pellet pour m’avoir fait l’honneur de
présider mon jury de thèse. J’exprime toute ma gratitude au Maître de Conférences Jean-Paul
Viricelle (Ecole Nationale Supérieure des Mines de Saint Etienne) et au Professeur Eduard
Llobet (Universitat Rovira i Virgili de Tarragona), rapporteurs de cette thèse, pour toute
l’attention qu’ils ont porté à mon travail. Je remercie également Stéphane Charton, ingénieur à
PSA, pour avoir accepté de participer à ce jury.
Je tiens à remercier mon directeur de thèse, le Directeur de Recherches Francis Ménil, pour la
confiance qu’il m’a accordée tout au long de ces années et pour ses précieux conseils,
notamment lors de la rédaction de ce document.
J’associe à ce travail et je remercie le Maître de Conférences Bertrand Carbonne ainsi que les
ingénieurs et techniciens Bruno Lévrier, Jean-Yves Delétage, Bernard Plano, Régis Devreese,
Patrick Villesuzanne, Jean-Emmanuel Dom, Jean-Luc Lachaud et Serge Destor pour leur aide
précieuse et leur disponibilité.
Je tiens également à remercier les Maîtres de Conférences Nathalie Malbert, Hervé Lapuyade
(et Patricia), Jean-Baptiste Begueret, Eric Kerhervé, Thierry Taris et sa douce, Benjamin
Caillard et Frédéric Darracq, les Professeurs Yves Ousten et Yann Deval ainsi que les
ingénieurs Magali de Matos, Patrick Hellmuth et Birama Goumballa pour leur sympathie et
leur soutien.
Merci à tout le personnel administratif et plus particulièrement à Simone Dang Van pour sa
bonne humeur quotidienne. Je n’oublierai pas de remercier l’ensemble du personnel
technique, notamment Alice Tea pour sa gentillesse légendaire.
Et puis, il y a tous les doctorants (beaucoup ne le sont plus !) avec qui j’ai traversé ces dures
années de labeur, en particulier Nathalie Deltimple (ma grande blonde préférée), Cyril
Recoquillon (c’est vrai qu’il va souvent à la piscine !), Christophe Rougier (non, je ne suis pas
taxi !), Vincent Lagareste (et sa petite) et Nicolas Seller (tous deux expatriés à Grenoble),
Mikaël Cimino (La Moustache) et sa chérie, Didier Castagnet (rugbyman en congés maladie),
Patrice Jaulent (le gars du sud), Laurent Mendizabal, Guillaume Monnerie (et ses blagues),
Sébastien Frégonèse, Nolwenn Huby, Corinne Bestory et Alexandrine Guédon-Gracia : merci
à chacun de vous…
J’ai eu la chance, durant ma thèse, de pouvoir enseigner d’abord au département « Mesures
Physiques » de l’IUT en tant que vacataire puis à l’UFR de Physique pendant mon année
d’ATER. Je tiens donc à remercier l’ensemble des personnes, enseignants et étudiants, avec
qui j’ai eu le plaisir de travailler ainsi que les techniciens Laurent Gonthier (IUT), Pierre
Bordenave (Département Licence de l’UFR) et Xavier Brilland (CRPHY) pour leur grande
disponibilité. Un merci tout particulier aux Professeurs Eric Mevel (CELIA) et Daniel
Chasseau (ICMCB) qui m’ont très vite accordé leur confiance. A cette occasion, j’adresse un
grand merci au groupe IX de l’ICMCB et surtout au Maître de Conférences Corine
Mathonière pour son soutien et son amitié.
Ces travaux n’aurait jamais pu aboutir sans le soutien moral de mes amis : Nathalie et
Vincent, Sophie et Vincent, Anne et Marc, Emilie et Laurent, Carine et Roland, Nico, Mit,
Cécile et Julien, Marianne et Julien (et leur petite Léane) ainsi que Laurent et Cécilia. Je tiens
à leur témoigner ici de ma plus profonde amitié…
Un infini merci à ma famille, particulièrement à mes parents. Je sais qu’ils sont fiers de moi,
mais peut-être ne savent-ils pas que moi je suis encore plus fière d’être leur fille (unique en
plus !). Papa, maman, merci pour tout …
Mais cette thèse m’a apporté bien plus que le grade de Docteur, l’homme de ma vie : Cédric,
je t’aime tellement….
Table des matières
INTRODUCTION.................................................................................................................... 1
II.2. Relations entre les écartements séparant les électrodes et l’épaisseur du verre ....... 83
II.3. Relation entre la largeur des électrodes et l’épaisseur du PVB ................................ 84
II.4. Relation entre la largeur des électrodes et la largeur de la couche athermique........ 84
II.5. Relations entre les écartements entre électrodes et la longueur des électrodes........ 84
III. Estimation des capacités par la méthode des capacités partielles .................................. 86
III.1. Condensateurs coplanaires bicouches ..................................................................... 86
III.2. Condensateurs coplanaires multicouches................................................................ 88
III.3. Limitations des modèles analytiques....................................................................... 94
IV. Calcul des capacités par la méthode des éléments finis................................................. 94
IV.1. Principe de la méthode............................................................................................ 94
IV.2. Méthode de programmation .................................................................................... 96
V. Dimensionnement du capteur par simulation numérique................................................ 98
V.1. Simulations numériques en 2D................................................................................. 98
V.1.a. Choix de la fréquence de fonctionnement du capteur ....................................... 99
V.1.b. Initialisation des valeurs.................................................................................. 100
V.1.c. Optimisation des paramètres dimensionnels ................................................... 102
V.2. Simulations numériques en 3D............................................................................... 105
V.2.a. Configurations du capteur ............................................................................... 105
V.2.b. Dimensionnement des capteurs en condition sèche ........................................ 108
VI. Fabrication des capteurs simplifiés .............................................................................. 113
VI.1. Dépôts des électrodes par sérigraphie : technologie couche épaisse .................... 115
VI.1.a. Choix de l’encre ............................................................................................. 115
VI.1.b. Sérigraphie ..................................................................................................... 116
VI.1.c. Traitement thermique ..................................................................................... 120
VI.1.d. Caractérisation ............................................................................................... 120
VI.2. Dépôts des électrodes par évaporation thermique sous vide : technologie couche
mince .............................................................................................................................. 122
VI.2.a. Méthode directe.............................................................................................. 123
VI.2.b. Méthode indirecte (résine photosensible positive)......................................... 125
VII. Conclusion .................................................................................................................. 126
Bibliographie .................................................................................................................. 128
Table des matières
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation
numérique et validation expérimentale.............................................................................. 131
I. Introduction..................................................................................................................... 133
II. Cas simple : étude de l’influence d’un film d’eau par simulation numérique............... 134
II.1. Variation des capacités en présence d’un film d’eau ............................................. 134
II.2. Comparaison des configurations complète et simplifiée........................................ 136
II.2.a. Electrodes linéaires .......................................................................................... 136
II.2.b. Electrodes interdigitées.................................................................................... 137
II.3. Influence de l’électrode de garde............................................................................ 141
III. Cas réel : étude de l’influence de gouttes d’eau par simulation numérique et validation
expérimentale ..................................................................................................................... 146
III.1. Capteurs à électrodes linéaires .............................................................................. 147
III.1.a. Etude par simulation numérique..................................................................... 147
III.1.b. Validation expérimentale ............................................................................... 150
III.2. Capteurs à électrodes interdigitées ........................................................................ 153
III.2.a. Etude par simulation numérique..................................................................... 153
III.2.b. Validation expérimentale ............................................................................... 154
III.2.c. Origine du manque de sensibilité ................................................................... 156
IV. Conclusion ................................................................................................................... 162
Bibliographie .................................................................................................................. 165
INTRODUCTION
1
INTRODUCTION
2
INTRODUCTION
Le marché de l’électronique automobile est en plein essor. Près du tiers de la valeur d'un
véhicule est d’origine électronique ou informatique et 80 % des innovations en Recherche &
Développement concerne ces domaines. Les avancées technologiques permettent d’améliorer
le confort mais aussi la sécurité des passagers du véhicule. Citons comme exemples le
régulateur de vitesse, la détection d’obstacles, la vision IR de nuit, le freinage ABS, le
stabilisateur de trajectoire ESP ou encore le kit mains libres permettant de transférer
automatiquement les appels d'un téléphone mobile vers l'interface vocale du véhicule.
Dans un premier temps, une étude bibliographique permet de faire le point sur l’état de l’art
en matière de capteurs de pluie. Le mode de fonctionnement, les performances et les points
faibles de chaque capteur sont analysés dans le but de définir les bases du travail de
développement d’un capteur capable de résoudre les problèmes inhérents aux capteurs
capacitifs de pluie. Cette étude préliminaire fait l’objet du premier chapitre. A l’issue de cette
étude, notre choix se porte sur un capteur capacitif différentiel constitué d’une capacité
sensible à la présence d’eau et d’une capacité de référence. L’étude bibliographique montre,
outre la validité théorique du concept, l’intérêt de lancer une étude approfondie d’un tel
capteur par simulation numérique afin d’identifier les paramètres sensibles influant sur son
fonctionnement.
3
INTRODUCTION
constitué d’un film synthétique de polyvinyl butyral (PVB) inséré entre deux feuillets de
verre. L’étude expérimentale du comportement des permittivités diélectriques du verre et du
PVB en fréquence permet de déterminer le domaine fréquentiel optimal de fonctionnement du
variations de température [ −40 à + 80°C] et devra pouvoir fonctionner correctement dans cet
capteur. Par ailleurs, le capteur, implanté à l’intérieur du pare-brise, sera soumis aux mêmes
La sensibilité à l’eau du capteur est étudiée au quatrième chapitre. L’influence de l’eau sous
diverses formes (film uniforme et gouttes de volumes variables) est d’abord évaluée par
simulation numérique, sur chacune des configurations du capteur. Des mesures de capacités
4
INTRODUCTION
sont ensuite effectuées sur les capteurs simplifiés, en condition sèche, puis en présence de
gouttes d’eau. A l’issue de cette étude, nous aurons une idée plus précise des performances et
des limites de détection de chaque motif d’électrodes (linéaires et interdigitées) envisageable
pour le capteur final.
5
INTRODUCTION
6
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
CHAPITRE I
Capteurs de pluie : Etat de l’art
Positionnement de l’étude
I. Introduction......................................................................................................................... 9
II. Détection de l’eau : principes et applications.................................................................... 9
II.1. Préambule ................................................................................................................... 9
II.2. Application à la détection de pluie sur un pare-brise ............................................... 11
II.2.a. Capteurs électro-optiques .................................................................................. 12
II.2.b. Capteurs capacitifs............................................................................................. 14
III. Capteur capacitif de pluie : étude bibliographique......................................................... 17
III.1. Capteurs à électrodes externes ................................................................................ 18
III.1.a. Historique ......................................................................................................... 18
III.1.b. Bilan ................................................................................................................. 25
III.2. Capteurs à électrodes protégées .............................................................................. 26
III.2.a. Electrodes déposées sur la face interne du pare-brise ...................................... 26
III.2.b. Electrodes intégrées au pare-brise.................................................................... 27
III.3. Bilan ........................................................................................................................ 30
IV. Positionnement de l’étude.............................................................................................. 31
IV.1. Cahier des charges .................................................................................................. 31
IV.1.a. Intégrabilité/compatibilité ................................................................................ 31
IV.1.b. Sensibilité......................................................................................................... 32
IV.1.c. Fiabilité/durabilité ............................................................................................ 33
IV.1.d. Reproductibilité................................................................................................ 34
IV.1.e. Coût .................................................................................................................. 34
IV.2. Choix de la configuration du capteur...................................................................... 34
IV.2.a. Description du capteur ..................................................................................... 35
IV.2.b. Principe de fonctionnement ............................................................................. 36
IV.3. Objectif de l’étude................................................................................................... 36
Bibliographie .................................................................................................................... 38
7
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
8
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
I. Introduction
Les capteurs de pluie sont utilisés dans des domaines variés essentiellement liés à
l’environnement, à l’agriculture, à l’automobile ou encore au bâtiment. Dans d’autres
secteurs, comme l’industrie alimentaire ou chimique, des capteurs sont utilisés pour contrôler
la présence d’eau lors de certains processus de fabrication. Dans la littérature, différents
principes de détection sont décrits, mais peu sont adaptés à la détection de pluie sur un pare-
brise automobile. A ce jour, seuls deux types de capteurs semblent à même de remplir ce
rôle :
• les capteurs électro-optiques,
• les capteurs capacitifs.
Les capteurs électro-optiques sont déjà largement diffusés sur le marché automobile, mais
présentent certains inconvénients qui justifient l’intérêt croissant porté aux capteurs capacitifs.
Ces derniers, malgré leur simplicité et leur faible coût de revient, présentent eux aussi
quelques défauts, qui ont jusqu’ici retardé leur éclosion sur le marché automobile. L’objectif
de ce travail consiste à chercher des solutions contribuant à résoudre les problèmes inhérents
aux capteurs capacitifs de pluie développés jusqu’à maintenant.
Dans ce contexte, une étude bibliographique permet de faire l’inventaire des différents types
de capteurs capacitifs adaptés à la détection de pluie sur un pare-brise et d’en analyser les
modes de fonctionnement ainsi que les défauts et qualités. Cette phase est déterminante pour
le choix de la configuration du capteur à développer.
Dans le cadre de ce travail, seule la partie sensible du capteur est étudiée. Le dispositif
électronique associé n’est pas traité.
II.1. Préambule
Les principes de détection de l’eau sont aussi variés que l’application des capteurs. La plupart
sont destinés à détecter de petites quantités d’eau, souvent sous forme de vapeur
(hygromètres). D’autres permettent de déterminer la teneur en eau liquide dans les milieux
9
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
poreux (par exemples les sols) ou dans certaines substances comme le pétrôle [Gar95], les
huiles ou encore les solvants.
Ces capteurs reposent sur des principes de détection variés, basés notamment sur :
• la gravimétrie,
• la déformation d’un matériau,
• la modifications des propriétés optiques,
• la modifications des propriétés électriques.
La majorité de ces capteurs présente une couche sensible qui réagit au contact de l’eau.
Voici quelques exemples de détecteurs d’eau qui illustrent chacun de ces principes.
Parmi les capteurs à couche sensible, le plus connu des capteurs gravimétriques est la
microbalance à quartz, dont le principe repose sur l’effet piézoélectrique. La microbalance est
généralement recouverte d’une couche hygroscopique. Cet élément sensible, dont la masse
augmente en présence de vapeur d’eau, constitue l’oscillateur d’un circuit résonant. Le
changement de masse entraîne une modification de la fréquence de résonance, utilisée pour
détecter la présence d’eau.
Certains capteurs utilisent des matériaux superabsorbants, le plus souvent des polymères, qui
gonflent au contact de l’eau. De tels capteurs sont utilisés pour détecter la présence d’eau dans
les fibres optiques [Hog93]. La mesure de la perte optique, liée à la déformation du câble, par
réflectométrie optique temporelle (OTDR), permet de localiser l’eau dans la fibre
[Tak94][Kin02]. De même, pour mesurer la teneur en eau des solvants organiques, Bai et
Seitz [Bai94] utilisent un capteur à fibre optique dont l’élément sensible est une résine
polymère échangeuse d’anion. Le gonflement du polymère avec l’eau provoque le
mouvement d’un diaphragme réfléchissant qui modifie l’intensité du faisceau réfléchi dans la
fibre optique. La déformation des matériaux, engendrée par l’adsorption et/ou l’absorption
d’eau, est également utilisée par les transducteurs piézorésistifs [Sag94].
Si certains capteurs à couche sensible utilisent la variation de volume, d’autres reposent sur la
modification des propriétés optiques d’une substance chimique en interaction avec l’eau,
comme la fluorescence [Cha97] ou l’absorbance. En 1996, Blyth et al. [Bly96] développent
un capteur holographique qui relie le maximum d’absorption de la lumière diffractée à la
concentration en eau dans les solvants.
10
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
D’autres types de capteurs utilisent la modification des propriétés électriques des matériaux
en présence d’eau. Les capteurs résistifs reposent sur la variation de la résistivité de
matériaux, comme les céramiques [Tra95] ou encore certains polymères. Le
polydiméthylphosphazène est utilisé comme membrane sensible par Anchini et al. [Anc96]
dans l’élaboration de capteurs résistifs et capacitifs. Les électrolytes polymères solides
constituent également de bons candidats [Li01] comme film sensible pour ce genre
d’applications. Les capteurs capacitifs représentent près de 75% des capteurs d’humidité
commerciaux [Rit02]. Leur principe repose sur la variation de la capacité induite à la fois par
les propriétés hygroscopiques des matériaux et par la géométrie et les dimensions des
électrodes. En 1970, Goodman et al. [Goo70], décrivent un capteur capacitif permettant de
déterminer la pression partielle de vapeur d’eau dans l’air ambiant. Le capteur est constitué
d’une base d’aluminium recouvert d’une couche mince et poreuse d’alumine. La capacité
entre les deux électrodes, l’une connectée à l’alumine et l’autre à l’aluminium, varie
proportionnellement à la pression partielle de vapeur d’eau dans l’atmosphère.
Si certains capteurs capacitifs présentent une couche sensible dont la permittivité diélectrique
varie en présence d’eau (par exemple en polyimide [Mat98] ou en polysulfone (PSF)
[Kur95]), d’autres n’en possèdent pas. C’est le cas du dispositif de sonde capacitive mis au
point par Fen-Chong et al. [Fen04] permettant de déterminer la teneur en eau liquide et la
constante diélectrique dans les milieux poreux (sols). Cette technique utilise les propriétés
diélectriques très différentes de l’eau, de l’air et du substrat minéral. En 2004, Auge et al.
[Aug04] développent un capteur capacitif permettant de mesurer le taux d’écoulement des
liquides dans un capillaire en reliant les valeurs de capacité au volume des gouttes. Jachowisz
et Wermczuk [Jac00] considèrent un hygromètre à point de rosée (détection optique)
comprenant un détecteur capacitif interdigité permettant de différencier l’eau surfondue et la
glace aux températures négatives. Le principe de ce capteur repose sur la modification de la
capacité avec l’état de l’eau. En 2000, Marendic-Milijkovic et al. [Mar00] étudient un capteur
de pluie dont la détection repose sur le contact électrique établi par une goutte de pluie entre
deux électrodes interdigitées.
eau
faisceau IR
verre
verre
feuilleté
récepteur émetteur
Une variante, développée par Britt [Bri97], consiste à transmettre un faisceau IR à travers le
pare-brise (Figure I.2). En condition sèche, le faisceau traverse le verre et ne revient
quasiment pas sur le photodétecteur. Si, au contraire, de l’eau est présente sur la surface du
pare-brise, le faisceau est réfléchi vers le photodétecteur. Le boîtier contenant l’émetteur et le
récepteur, fixé derrière le rétroviseur, est placé à 2cm du pare-brise afin de balayer une zone
sensible d’environ 20cm2.
12
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
Condition sèche
Condition humide
Dans les deux cas, la quantification du rayonnement réfléchi permet, en principe, d’estimer la
quantité d’eau présente sur le pare-brise et d’optimiser la vitesse de balayage et/ou le nombre
de passages des essuie-glaces.
En 1999, Stam et al. [Sta99] décrivent une méthode électro-optique où l’intensité de l’image
d’une section du pare-brise est analysée afin de détecter la présence de pluie ou de brouillard.
Une approche similaire est exposée dans la référence [Bus00].
Ces raisons justifient que l’on s’intéresse à un nouveau type de capteur de pluie, permettant de
s’affranchir de ces différents problèmes.
13
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
Notre choix s’est porté vers les capteurs capacitifs en raison de leur simplicité, de leur
sensibilité et de leur faible coût de revient. La détection de type capacitive est d’ailleurs
largement utilisée par de nombreux capteurs :
• de déplacement (potentiomètre, condensateur à armatures mobiles, …),
• de pression,
• d’accélération,
• de température,
• de détection de composés divers,
• d’humidité.
Parmi les capteurs capacitifs, certains possèdent une couche sensible pouvant générer des
inconvénients qui se révèlent incompatibles avec la détection de pluie sur un pare-brise, dont :
• un risque de dégradation du matériau sensible lié au vieillissement et à l’empoisonnement,
entraînant un problème de fiabilité dans le temps,
• la fragilité mécanique du matériau sensible,
• un temps de réponse trop long,
• un temps de réinitialisation également trop long.
Un capteur capacitif de pluie sans couche sensible est donc préférable. Ce type de capteur
utilise la différence importante existant entre les permittivités relatives de l’eau (ε r = 80) et
d’eau. Considérons l’exemple simple du condensateur plan représenté Figure I.3, constitué de
deux électrodes planes parallèles de surface S et séparées d’une distance d par un diélectrique
de permittivité relative ε r .
14
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
εr S
Un pare-brise automobile est constitué d’un film synthétique de polyvinyl butyral (PVB)
inséré entre deux feuillets de verre (verre feuilleté). La vue en coupe d’un pare-brise est
représentée Figure I.4.
15
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
Feuillets de verre
Film de PVB
Certains pare-brises automobiles présentent une couche athermique, notée CA, déposée sur le
film de PVB, contre le feuillet de verre extérieur. Celle-ci, constituée d’oxydes métalliques, a
pour fonction de filtrer le rayonnement infrarouge et donc de limiter l’échauffement de
l’habitacle en période estivale.
Le champ électrique régnant entre les électrodes est dispersif : les lignes de champ divergent
largement jusqu’à sortir du verre dans certaines configurations (Figure I.6.(a)). Le volume de
diélectrique influencé par le champ électrique entre les électrodes comporte alors une partie
de verre du pare-brise (ε r ≈ 8) et une partie d’air. En présence d’eau sur le pare-brise, les
16
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
lignes de champ sortant du verre sont canalisées dans la couche d’eau en raison de la forte
permittivité de l’eau (Figure I.6.(b)). Cette augmentation de la permittivité « globale » du
diélectrique conduit à l’augmentation de la capacité du condensateur. C’est la mesure de cette
variation de capacité qui permet de détecter la présence d’eau.
air air
eau
verre verre
E1 E2 E3 E1 E2 E3
PVB PVB
E4 E4
(a) (b)
Figure I. 6 : (a) allure des lignes de champ électrique entre deux électrodes coplanaires intégrées au pare-brise
en condition sèche et (b) déformation des lignes de champ électrique en présence d’eau
Les capteurs capacitifs sans couche sensible permettent a priori de résoudre les problèmes
inhérents aux capteurs électro-optiques et présentent en outre de nombreux avantages parmi
lesquels :
• un faible coût de fabrication,
• pas d’obstruction de la vision du chauffeur (possibilités d’électrodes transparentes, par
exemple en ITO -Indium Tin Oxyde-, placées dans la zone de balayage des essuie-glaces),
• une bonne sensibilité,
• la simplicité du circuit électronique associé.
Différents capteurs de type capacitif pour la détection de pluie sur un pare-brise ont été décrits
dans la littérature. Deux grandes familles de capteurs ressortent de cette étude : les capteurs à
électrodes externes dont la détection repose à la fois sur la mesure de la capacité et de la
conductivité et les capteurs à électrodes protégées dont la détection est purement capacitive.
Dans ce chapitre, nous allons faire l’inventaire des publications les plus pertinentes relatives à
ces différents capteurs, afin d’orienter le choix de la configuration du capteur à développer.
17
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
Les dispositifs comportant des électrodes externes sont sensibles à la fois à la capacité et à la
résistivité. Ces principes reposent sur la variation de l’impédance (résistance et capacitance)
résultant de la présence d’eau sur le pare-brise.
III.1.a. Historique
La réalisation de ce type de capteur pose certains problèmes comme le maintien des fils sur le
pare-brise.
18
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
Comme dans les références précédentes, la variation de l’impédance entre les électrodes est
utilisée comme paramètre sensible. L’originalité de ce capteur provient essentiellement des
matériaux utilisés. Les électrodes (14) sont sérigraphiées à partir d’une encre contenant une
grande proportion de fritte de verre (50 à 95%) et le complément à 100% d’oxyde de
ruthénium (RuO2). La haute teneur en verre procure plusieurs avantages, parmi lesquels, une
grande résistance à l’abrasion, une excellente compatibilité thermomécanique avec le pare-
brise et une garantie de bonne adhérence sur ce dernier. La présence d’oxyde de ruthénium
confère au film ses propriétés conductrices en maintenant la compatibilité chimique avec le
fritte de verre. L’ensemble est recouvert d’une seconde couche (20) de composition voisine
mais beaucoup moins conductrice permettant à la fois de protéger les électrodes et d’assurer
le contact électrique avec la couche d’eau. Les températures et temps de cuisson de ces encres
permettent d’envisager l’intégration de la phase de fabrication du détecteur dans la celle de
mise en forme du pare-brise sans modification notable du procédé.
19
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
capteur n’est pas vraiment capacitif puisque c’est essentiellement la conductance entre les
électrodes qui est exploitée. Dans ces conditions, le capteur dont les électrodes sont les plus
rapprochées est court-circuité dans des conditions de pluie fine alors que l’autre ne l’est pas.
Lors de fortes précipitations, le second capteur est également court-circuité ce qui permet de
moduler la vitesse de balayage des essuie-glaces. Un système de chauffage continu du capteur
permet d’évaporer l’eau entre les électrodes, ce qui stoppe le balayage lorsque la pluie cesse.
Un tel système, en plus de nécessiter un étalonnage, comporte un circuit de contrôle très
compliqué et surtout consommateur d’énergie (chauffage continu).
5- En 1987, P.A. Hochstein [Hoc87] décrit un capteur de pluie dont la partie sensible est
constituée d’un conducteur (18) en forme de spirale, déposé sur la surface externe du pare-
brise (Figure I.9). L’originalité de ce capteur consiste en son unique électrode permettant
d’obtenir à la fois un effet capacitif et inductif dépendant de la géométrie et de la taille de la
spirale. Cette particularité présente l’avantage de simplifier la connectique. Le circuit passif
possède une fréquence de résonance dépendante de C et de L, comprise dans la gamme de
fréquences du générateur de champ électromagnétique.
La capacité varie en présence d’eau sur le pare-brise alors que l’inductance ne change pas. Il
en résulte une modification de la fréquence de résonance du détecteur, qui entraîne une
diminution du couplage entre le générateur et le circuit passif. Un exemple de détecteur,
représenté Figure I.10, consiste en une couche d’argent-palladium sérigraphiée sur la face
externe du pare-brise.
20
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
6- En 1989, H.S. Koontz et al. [Koo89] décrivent un capteur d’humidité composé de deux
ensembles de couches conductrices. Le capteur est représenté Figure I.11. Le premier
ensemble, situé sur la face externe du feuillet extérieur du pare-brise, comporte deux parties
interdigitées (28) et (30) isolées l’une de l’autre, réalisées en matériau résistant à l’abrasion.
Le second ensemble, situé sur une plaque flexible (38) disposée sous la face interne du feuillet
de PVB, directement sous le premier ensemble, comporte deux parties (34) et (36), également
isolées entre elles, et déposées de préférence par évaporation ou pulvérisation.
(a) (b)
Figure I. 11 : (a) vue de dessus et (b) vue en coupe du capteur selon [Koo89]
Ce dispositif est équivalent à un circuit comportant d’une part, deux capacités d’isolement
entre les conducteurs internes et externes correspondants, le diélectrique étant constitué des
épaisseurs ajoutées du film de PVB et du feuillet de verre externe, et d’autre part l’impédance
située entre les conducteurs externes comportant une partie résistive en parallèle avec une
21
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
partie capacitive. A sec, la résistance est très élevée et le détecteur est assimilable à un
condensateur pur. En présence d’eau, la résistance chute, alors que la capacité croît. Sa
capacitance diminue, l’impédance entre les conducteurs externes s’approche alors d’une
résistance pure.
La même année, des variantes très similaires de capteurs de pluie de type résistif/capacitif
sont développés par D.L. Mueller et al. [Mue89] et J.F. Wilson et al. [Wil89].
7- En 1991, J. Medzius [Med91] décrit un capteur censé améliorer les précédents, notamment
en ce qui concerne la difficulté d’assurer un bon isolement électrique entre les fils de
connexion des électrodes. Le détecteur de pluie comporte deux électrodes externes, l’une
connectée au générateur de signal, l’autre au récepteur. Le dispositif décrit ici, présenté
Figure I.12, se distingue des précédents car il ne comporte plus que deux électrodes au lieu de
trois ou quatre. Ces électrodes interdigitées, sont directement exposées au contact des gouttes
d’eau et doivent donc présenter une bonne résistance à l’abrasion. Elles sont connectées
électriquement au circuit de contrôle par deux pistes dont l’écartement relatif est différent de
celui des électrodes. De cette façon, à sec ou lorsque de l’eau accumulée en bordure de pare-
brise vient interconnecter les pistes, le signal est différent de celui obtenu lorsque des gouttes
d’eau viennent court-circuiter les électrodes.
Avec des électrodes placées sur la surface interne du pare-brise, le même système permettrait
de détecter la présence de buée ou de glace sur cette surface et de déclencher la ventilation et
le chauffage.
22
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
protège en partie le capteur de la corrosion. Cette dernière forme une double couche électrique
entre les électrodes et les gouttes de pluie. Le système est alors équivalent à une capacité en
parallèle avec la résistance de la couche de passivation, connectés en série avec la résistance
de l’eau. La détection repose sur le contact électrique entre le capteur et la goutte de pluie. Le
capteur est placé à l’extérieur de l’habitacle, au niveau du capot ou du pare-chocs, en raison
des problèmes de planéité et donc d’usure des essuie-glaces. La présence de rainures au
niveau des électrodes permet au capteur de répondre même si sa surface est sale ou
poussiéreuse.
9- En 1995, M.Y. Lu et al. [Lu95] décrivent un capteur d’humidité de type capacitif pour
véhicule ou bâtiment représenté Figure I.13.
Le capteur comporte un réseau de conducteurs externes (14) isolés les uns des autres de façon
à générer une série de condensateurs (12) exposés aux gouttes d’eau. En dessous de ce réseau
de conducteurs, séparés par une vitre ou un diélectrique quelconque (22), deux électrodes (30)
et (32) sont connectées au générateur et au circuit de mesure. A côté de cet ensemble, se
trouve un dispositif identique en tous points, à ceci près que le réseau de conducteurs externes
est recouvert d’un film isolant (41). De ce fait, les gouttes d’eau ne peuvent pas court-circuiter
le réseau de conducteurs (42). Ainsi, en présence d’eau sur le pare-brise, les conducteurs de
l’élément sensible sont court-circuités (la partie réelle de l’impédance diminue) alors que pour
la zone de référence, isolée, la résistance reste inchangée. La mesure du déphasage entre le
23
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
10- En 1996, J.J. Geraldi et al. [Ger96] décrivent plusieurs variantes de capteurs capacitifs
permettant de mesurer l’épaisseur et l’hétérogénéité de la couche de glace qui peut apparaître
sur les bords d’attaque et le dessus des ailes d’avion. Une des variante, présentée Figure I.14,
comporte un ensemble d’électrodes de largeurs et d’écartements variables, situées pour
certaines, en surface et pour les autres sous un film de polyfluorure de vinylidène (PVDF)
collé sur l’aile de l’avion. Une première partie du capteur permet de déceler la présence de
glace, une autre de déterminer son épaisseur, et la troisième de mesurer la température.
24
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
Le premier capteur comporte une électrode externe de petite dimensions (56) séparée d’une
autre électrode plus grande (57) par le film de PVDF. Cette configuration favorise la sortie
des lignes de champ dans l’air ou l’eau/glace environnant l’électrode externe, ce qui confère à
cet ensemble sa sensibilité à la présence d’eau/glace. Le deuxième capteur comporte deux
électrodes coplanaires (66) et (67) situées sur la surface externe du PVDF. Les lignes de
champ pénètrent profondément dans l’air ou l’eau/glace. La capacité de ce condensateur est
ainsi variable sur un large registre selon l’épaisseur de glace. Le troisième élément exploite
quant à lui la dépendance connue de la permittivité diélectrique du PVDF en température.
Comme pour le premier capteur, les électrodes (76) et (77) sont situées de part et d’autre du
film de PVDF, mais ici l’électrode externe est plus grande de façon à ce que le capteur ne soit
sensible qu’à la permittivité du PVDF. Cependant un tel système, plus spécifiquement dédié à
la détection de glace, peut difficilement être envisagé pour une automobile.
III.1.b. Bilan
25
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
L’intérêt d’une capacité de référence est qu’elle permet également de s’affranchir, dans une
large mesure, des variations de capacité liées aux contraintes mécaniques et aux perturbations
électromagnétiques.
1- En 1986, R.A. Kraus et al. [Kra86] décrit un capteur d’humidité comprenant un détecteur
capacitif couplé au pare-brise. Le détecteur consiste en deux électrodes (12) situées sur la face
intérieure du pare-brise (Figure I.15).
2- En 1975, Steinmann [Ste75] décrit un dispositif à trois électrodes coplanaires qui générent
un champ dispersif. Les électrodes sont déposées sur la face interne du pare-brise, dans une
zone en regard de celle balayée par les essuie-glaces.
(a) (b)
Figure I. 16 : capteur selon [Ste75] en condition sèche (a) et en présence d’eau (b)
L’électrode centrale (3) (électrode écran) est reliée à la masse. L’électrode (2) reliée à un
générateur de tension sinusoïdale, sert à l’excitation et l’électrode (4) raccordée au récepteur,
26
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
prélève le signal. Les électrodes (2) et (4) sont situées de part et d’autre de l’électrode
centrale. Cette disposition permet de minimiser le signal à sec, le bouclage des lignes de
champ se faisant essentiellement sur l’électrode écran (3) (Figure I.16.(a)). En revanche, en
présence d’une goutte de pluie sur le pare-brise dans la zone située entre (2) et (4), la fraction
des lignes de champ qui atteignent (4) est augmentée de façon significative (Figure I.16.(b)).
L’électrode (2), constituée d’une bande très étroite, permet d’obtenir une grande intensité de
champ.
Ce système a, plus tard, été amélioré par son auteur [Ste91].
Bien que la localisation interne des électrodes garantisse une bonne longévité du capteur, elle
conduit à des valeurs de capacité très faibles. De plus, les capteurs décrits ici sont sensibles
aux perturbations électromagnétiques et aux variations de température. En effet, malgré la
présence de l’électrode écran qui permet d’augmenter la partie du signal liée à la couche
d’eau, la plus grande partie du signal provient du verre dont la permittivité diélectrique
dépend de la température.
1- En 1985, H.L. Armstrong [Arm85] décrit un détecteur capacitif constitué d’une paire de
fils fins métalliques (10), noyés dans le film intermédiaire de PVB entre les deux feuillets de
verre du pare-brise et positionnés sous une zone balayée par les essuie-glaces (Figure I.17).
Ce système se veut plus évolué que ceux des références [Ino72] et [Bla82], pour lesquels
l’impédance totale, et pas seulement la partie capacitive, constitue le paramètre détecté. Ce
dispositif, dont la capacité varie avec la quantité d’eau déposée sur le pare-brise, comporte des
électrodes protégées de la corrosion et des influences mécaniques externes. Les électrodes
sont de plus situées dans une zone où elles ne gênent pas la vision du conducteur.
27
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
Dans ce dispositif, il est essentiel d’assurer le meilleur isolement possible aux fils constituant
les électrodes, car tout défaut d’isolement ajoute des capacités parasites qui compromettent la
sensibilité du capteur. En effet, comme mentionné dans la référence [Hoc87], les fils
constituant les électrodes vont du capteur au circuit de contrôle, générant ainsi une zone
sensible allant au-delà du pare-brise et donc susceptible d’être sensible aux perturbations
électromagnétiques préjudiciables à son bon fonctionnement.
2- En 1993, F.A. Waldman et al. [Wal93] décrit un instrument de mesure des propriétés
diélectriques des matériaux, dont le principe de base est semblable aux dispositifs précédents.
Comme le montre la Figure I.18, le détecteur présente, comme ceux des références [Ste75] et
[Ste91], trois électrodes principales protégées du milieu à examiner par une couche de
diélectrique (verre ou polymère). La première électrode (4), utilisée pour l’excitation, est
connectée au générateur, la deuxième (6) sert à la mesure, alors que la troisième (électrode
shunt) (8), reliée à la masse, permet d’accroître la sensibilité du détecteur.
Le dispositif diffère de ceux des références [Ste75] et [Ste91] par la position de l’électrode
shunt qui n’est plus située entre les électrodes (4) et (6) mais placée à proximité de celles-ci,
28
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
dans le but de diminuer le signal arrivant sur (6) lorsque la permittivité diélectrique du
matériau augmente. Dans une variante, représentée Figure I.19, le dispositif est amélioré en
doublant les électrodes (6) et (8) dans une position symétrique par rapport à l’électrode (4) et
en ajoutant sous celles-ci, une électrode de garde (14), elle aussi reliée à la masse. En
protégeant ainsi les autres électrodes des influences intérieures, l’électrode de garde permet
d’améliorer le rapport Signal/Bruit et donc la sensibilité du capteur. Cette deuxième variante,
par sa configuration symétrique, permet également de s’affranchir d’éventuel gradient
d’épaisseur du diélectrique de protection.
Les dispositifs décrits dans ces deux brevets comportent des électrodes internes, donc
protégées de la corrosion. L’utilisation d’une électrode de garde procure une directionnalité à
la détection, en écrantant le capteur des influences intérieures. Cependant, aucun de ces
capteurs ne permet d’éviter l’effet de la température ou des perturbations électromagnétiques.
3- En 1998, Y. Netzer [Net98] décrit plusieurs variantes d’un capteur de pluie capacitif
différentiel pour pare-brise automobile. Le dispositif de base, représenté Figure I.20, est
constitué de quatre électrodes dont trois (12), (13) et (14), situées sur la face interne du
feuillet extérieur de verre (16), sont de mêmes dimensions et espacées de façon identique. Ces
électrodes délimitent deux capacités. Située sous ces trois électrodes coplanaires, de part et
d’autre du film de PVB (18), se trouve une électrode de garde (15) reliée à la masse.
gure 1A d = d
32
19
30
16
12 13 14
18
15
17
31
29
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
Suivant les variantes, des électrodes écran, également reliées à la masse, sont ajoutées autour
du dispositif de base afin d’optimiser l’effet d’écrantage en délimitant la zone de sensibilité
ou intercalées entre les électrodes coplanaires pour empêcher la propagation des lignes de
champ dans le PVB. Une autre variante combine deux capteurs de base de façon symétrique
par rapport à un axe médian afin de diminuer l’influence des gradients d’épaisseur des
diélectriques ainsi que les gradients thermiques et/ou des contraintes mécaniques. Cependant,
quelle que soit la variante, lorsque le pare-brise est uniformément recouvert d’eau, le capteur
ne répond pas. La dernière variante, présentée Figure I.21, permet de résoudre ce problème.
Dans ce cas, les trois électrodes coplanaires ont des dimensions et des espacements différents,
conduisant à l’équilibre des capacités en condition sèche et à un déséquilibre en présence
d’eau sur le pare-brise.
III.3. Bilan
30
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
La dernière variante du capteur proposé par Netzer, représenté Figure I.21, répond
favorablement à l’ensemble de ces points.
L’étude bibliographique a permis de faire l’inventaire des publications les plus pertinentes
relatives aux capteurs capacitifs de pluie pour pare-brise automobile et de définir les bases du
travail de développement d’un capteur de ce type. Cependant, avant de faire un choix définitif
quant à la configuration du capteur à retenir, il faut vérifier l’accord avec le cahier des
charges, établi conjointement avec le constructeur automobile [Psa02].
Le cahier des charges rassemble les critères requis pour une intégration en grande série. Ces
critères sont classés en cinq points : intégrabilité/compatibilité, sensibilité, fiabilité/durabilité,
reproductibilité et coût. Pour chacun de ces critères, nous expliquons la façon dont le capteur
répond.
IV.1.a. Intégrabilité/compatibilité
Le capteur doit pouvoir s’intégrer facilement dans l’existant. Ceci implique les conditions
suivantes :
• un mode de réalisation simple, de préférence inclus dans le procédé de fabrication du
pare-brise,
• le capteur ne doit pas gêner la vision du conducteur : il doit donc être transparent ou petit
et/ou situé dans une zone non gênante,
31
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
• le système doit préférentiellement se situer dans la zone de balayage des essuie-glaces afin
d’être réinitialisé à chaque passage,
• le dispositif électronique associé doit être simple, utiliser des composants de grande
distribution, peu consommateurs d’énergie et compatibles avec les équipements
électroniques existants.
• Solutions envisagées
IV.1.b. Sensibilité
Le capteur doit permettre de détecter de façon sûre la présence d’eau sur le pare-brise en
restant le plus possible insensible aux paramètres perturbateurs susceptibles d’entraîner un
déclenchement intempestif, tels que les interférences électromagnétiques, les variations de
température et les contraintes mécaniques. Le système doit, de plus, être doué de
directionnalité.
• Solutions envisagées
32
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
(et difficilement modifiables) du pare-brise. Il existe également une étroite dépendance avec
les permittivités diélectriques des différents matériaux : verre, PVB et métal des électrodes.
La surface sensible de ce capteur est virtuellement extensible à toute la surface balayée
(sensibilité encore améliorée) et ceci sans gêner la vision du conducteur grâce à l’utilisation
d’électrodes transparentes.
Un autre point critique pour la plupart des capteurs capacitifs concerne la sensibilité aux
fluctuations de température et aux contraintes mécaniques. Le fonctionnement en mode
différentiel permet de s’affranchir, ou du moins de réduire, les variations de capacité
consécutives à des paramètres perturbateurs, puisque la capacité de référence, soumise aux
mêmes contraintes que la capacité de mesure, évolue de façon similaire et compensera, a
priori, la dérive de celle-ci.
De plus, un blindage efficace contre les perturbations électromagnétiques est procuré par la
présence de l’électrode de garde, qui assure, en outre, une directionnalité à la détection.
IV.1.c. Fiabilité/durabilité
Dans la mesure où le capteur est installé lors de la phase de fabrication du pare-brise, il doit
présenter un niveau de vie similaire à ce dernier. En particulier, il doit pouvoir résister à
l’abrasion, aux attaques chimiques diverses, au rayonnement solaire et aux variations de
température généralement subies par le pare-brise.
• Solutions envisagées
Le capteur capacitif différentiel de pluie précédemment décrit, résout la plupart des problèmes
inhérents aux capteurs capacitifs à électrodes protégées tout en conservant son principal
avantage, l’inaltérabilité des électrodes. De cette dernière propriété, nous pouvons
raisonnablement nous attendre à ce que la durée de vie du capteur soit équivalente à celle du
pare-brise.
Pour la fiabilité, un capteur intégré au pare-brise ne devrait pas poser de problème
insurmontable. La technologie éprouvée de dépôt sur verre de couches conductrices présente à
cet égard toutes les qualités requises.
33
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
IV.1.d. Reproductibilité
Il est primordial que les caractéristiques du capteur soient reproductibles, ceci afin d’éviter de
fastidieuses opérations de calibration pour chaque élément produit.
• Solutions envisagées
IV.1.e. Coût
Le coût de revient doit être plus faible que celui d’un capteur électro-optique.
• Solutions envisagées
Le coût de revient d’un tel capteur est étroitement lié aux critères d’intégrabilité et de fiabilité,
mais aussi dans une moindre mesure, des matériaux employés pour réaliser le capteur. Par
ailleurs, les dispositifs basés sur une mesure de zéro, ne nécessitent généralement que des
montages électroniques relativement simples et ne comportant que des composants de coût
modéré.
34
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
Un tel capteur est constitué de quatre électrodes, dont trois sont utiles à la détection en mode
différentiel et une (l’électrode de garde) permet d'assurer la directionnalité de la détection.
Ces quatre électrodes sont implantées à l’intérieur du pare-brise, protégées ainsi des risques
de corrosion.
Les trois électrodes, notées E1, E2 et E3, sont localisées entre la face interne du feuillet de
verre extérieur et le film de PVB. Les électrodes E1 et E2 délimitent la capacité C1 sensible à la
présence d’eau et E2 et E3, la capacité de référence C2, insensible.
Située sous ces trois électrodes coplanaires, de part et d’autre du film de PVB, se trouve
l’électrode de garde E4. Reliée à la masse, cette électrode permet d’écranter le capteur des
influences intérieures assurant ainsi un blindage électromagnétique et un caractère
directionnel à la détection.
Un schéma descriptif fonctionnel du capteur capacitif différentiel de pluie étudié est présenté
Figure I.22.
C1
C2
Eau
Verre extérieur verre
CA PVB E1 PVB E2 E3 CA
Verre intérieur E4
Figure I. 22 : schéma descriptif fonctionnel du capteur de pluie recouvert d’un film d’eau
Pour une meilleure vision du conducteur, les quatre électrodes du capteur doivent être
préférentiellement transparentes. Elles peuvent être réalisées soit par dépôt (par exemple en
ITO), soit directement gravées dans la couche athermique (CA). Quoi qu’il en soit, la
présence de cette couche conductrice autour de la zone sensible du capteur permet de
renforcer le blindage électromagnétique, procuré par l’électrode de garde.
35
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
Le capteur étudié s’appuie sur le principe des électrodes à champ dispersif, déjà commenté.
Lorsqu’une différence de potentiel est appliquée entre les électrodes coplanaires, les lignes du
champ électrique qui en résultent, s’incurvent largement et s’étendent dans une zone de
l’espace dont la dimension dépend de la longueur, de la largeur, de l’épaisseur et de
l’écartement des électrodes. De ce fait, la capacité entre les deux électrodes dépend de la
permittivité diélectrique des matériaux contenus dans cette zone sous influence.
Bien que différentes du point de vue dimensionnel, les trois électrodes E1, E2 et E3 doivent
être disposées de telle façon qu’en condition sèche, les deux capacités C1 et C2 soient égales.
Lorsque de l’eau est présente sur le pare-brise au dessus du capteur, l’équilibre des capacités
est rompu. La valeur de C1 est augmentée en raison de la forte permittivité diélectrique de
l’eau, alors que celle de C2 ne l’est que très peu (idéalement pas !). La différence entre ces
deux capacités résulte du fait que pour C1 les lignes de champ sortent largement du verre,
alors que pour C2 elles restent confinées majoritairement dans celui-ci. Le déséquilibre entre
C1 et C2 sera utilisé pour la détection.
36
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
37
CHAPITRE I : Capteurs de pluie : Etat de l’art - Positionnement de l’étude
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42
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
CHAPITRE II
Comportement diélectrique des
matériaux du pare-brise : étude en
fréquence et en température
I. Introduction......................................................................................................................... 45
II. Matériaux du pare-brise................................................................................................... 45
II.1. Polyvinyl butyral ...................................................................................................... 46
II.2. Verre sodocalcique ................................................................................................... 47
III. Etude théorique des phénomènes diélectriques.............................................................. 48
III.1. Approche macroscopique des phénomènes diélectriques ....................................... 48
III.1.a. Généralités........................................................................................................ 48
III.1.b. Condensateur plan dont les armatures métalliques sont séparées par le vide .. 49
III.1.c. Condensateur plan dont les armatures métalliques sont séparées par un milieu
diélectrique ................................................................................................................... 50
III.2. Approche microscopique des phénomènes diélectriques........................................ 54
III.2.a. Modes de polarisation....................................................................................... 54
III.2.b. Polarisation dipolaire : modèle de Debye ........................................................ 56
IV. Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise .............................................. 59
IV.1. Principe de la spectroscopie d’admittance .............................................................. 59
IV.2. Caractérisation électrique du PVB .......................................................................... 61
IV.2.a. Mesures préliminaires ...................................................................................... 61
IV.2.b. Applicabilité du modèle de Debye................................................................... 63
IV.2.c. Approche quantique des phénomènes diélectriques : modèle du double puits de
potentiel........................................................................................................................ 65
IV.3. Caractérisation électrique du verre ......................................................................... 70
IV.3.a. Comparaison des trois échantillons de verre.................................................... 71
IV.3.b. Approche quantique des phénomènes diélectriques ........................................ 72
V. Conclusion....................................................................................................................... 75
Bibliographie .................................................................................................................... 76
43
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
44
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
I. Introduction
brise, est amené à subir les mêmes variations de température [ −40 à + 80°C] [Psa03] et doit
particulièrement de la température. Le capteur, devant être implanté à l’intérieur du pare-
l’intervalle [100Hz à 100kHz ] , est menée en parallèle afin d’orienter le choix de la fréquence
numérique. Une étude des permittivités diélectriques en fonction de la fréquence, dans
de fonctionnement du capteur.
Les résultats expérimentaux sont confrontés au comportement théorique des diélectriques. Par
cette étude, nous cherchons à modéliser la variation de la permittivité diélectrique des
matériaux du pare-brise en fonction de la température et de la fréquence. L’utilisation de ces
expressions permettra de prévoir l’influence de ces paramètres sur les capacités et donc sur les
performances du capteur.
45
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
H2
H C H
CH2 C C
O H O
C
C3H7
n
H
CH2 C
OH
n
• 1% de polyvinyl acétate
H2C HC
O
O
CH3
n
46
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
L’échantillon de PVB dont nous disposons, se présente sous la forme d’un film plastique
opaque de 0,8mm d’épaisseur.
Nous avons à notre disposition trois types de verre utilisés dans la confection de pare-brises
automobiles, de 2,1mm d’épaisseur, teintés différemment :
• le verre Dark : échantillon le plus teinté,
• le verre Light : échantillon de teinte intermédiaire,
• le verre Clear : échantillon le plus clair.
Une analyse EDX est réalisée sur chacun des trois échantillons de verre. La Figure II.4
présente le spectre obtenu pour l’échantillon Dark.
cps
O Rb
Si
100
80
60 Ca
Na
40 Mg
Zn
20 Ca
Rb K
C Ca
Zn Mo K Fe
0
2 4 6
Energy (keV)
47
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
L’analyse chimique des trois verres révèle la présence majoritaire de silice (≈70%), de sodium
(sous forme d’oxyde de sodium Na2O), de calcium (sous forme d’oxyde de calcium CaO),
ainsi que de quelques ions métalliques additionnels résultant du processus de fabrication.
Cette composition est représentative des verres sodocalciques, couramment utilisés pour la
confection des pare-brises automobiles.
La composition chimique des trois échantillons de verre est très similaire. Seule la quantité
de fer varie d’un échantillon à l’autre. Du fer est clairement présent dans l’échantillon Dark,
ainsi que dans le Light mais en moindre proportion. Quant au verre Clear, il est difficile de
conclure, le pic correspondant au fer, s’il existe, est noyé dans le bruit de fond. Ceci confirme
les différences de teinte observées, puisque les ions Fe2+ de l’oxyde ferreux confèrent une
coloration vert bouteille au verre. L’échantillon de verre Dark, dont la teneur en fer est la plus
élevée, est le plus teinté.
III.1.a. Généralités
Si un milieu diélectrique, compris entre deux électrodes métalliques, est soumis à un champ
G
électrique statique E , la charge Q accumulée aux électrodes est donnée par :
48
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
Q = ∫∫ D.dS
G G
(4)
S
donc : P = ε 0 (ε s − 1) E
G G
(6)
La charge accumulée sur les armatures métalliques, résultant de l’application d’une différence
G
de potentiel continue V ( E constant) est donnée par :
q0 = D0 .S
G G
(7)
avec : D0 = ε 0 E
G G
(8)
donc : q0 = ε 0 E.S
G G
(9)
q0 = ε 0 S
V
(10)
d
49
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
D0 =
C0V
(13)
S
Soumis à un champ alternatif E( t ) = , tel que V(t) = V0sinω t , de pulsation ω donnée par
V( t )
d
ω=2πf où f représente la fréquence du signal, le courant dans le circuit bouclant les deux
armatures, en quadrature avance sur la tension, est donné par :
ε 0S
i0( t ) = jC0ωV( t ) = j ωV( t ) (14)
d
Nous définissons également la conductivité par :
σ 0 = jε 0ω (15)
Par rapport au cas précédent, la charge stockée sur les armatures augmente. Comme l’indique
la Figure II.5, des chaînes de dipôles orientés par le champ électrique sont créées dans le
milieu. La somme des charges est globalement neutre dans le volume du diélectrique, mais ils
provoquent une dissymétrie électrique telle que des charges apparaissent près de la surface
50
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
des armatures. Les charges portées par les armatures doivent donc à la fois neutraliser la force
électromotrice appliquée, mais en plus neutraliser les charges stockées dans le diélectrique.
-q -V
+++++++++++++++++++++++
_
+ G
_
E
_ _ _ _ _+_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
+q +V
Cette charge reflète la polarisation du matériau qui se traduit par sa permittivité relative, ici
statique εs, de telle façon que :
q = ε S C0V = CV (16)
La capacité s’écrit alors :
C = ε 0ε S
S
(17)
d
Dans ce cas, l’induction électrique devient :
D = ε 0 E + PS = ε 0ε s E
G G G G
(18)
G
Dans cette expression, PS représente la polarisation statique du milieu, telle que :
PS = ε 0 (ε S − 1) E
G G
(19)
La permittivité relative du matériau, que nous appelons ε r (ω ) , n’est maintenant plus une
constante. Elle dépend de la fréquence du signal et donc de la nature des dipôles mis en cause.
Le courant électrique dans le circuit d’alimentation devient :
i( t ) = jC(ω )ωV( t ) = jC0ωε r (ω )V( t ) (20)
Si la capacité était parfaite, l’orientation des dipôles se ferait sans contrainte ni perte. Dans ce
cas, ε r (ω ) serait réelle et le courant serait en quadrature avance sur la tension. Mais, en raison
51
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
suit que, pour traduire ces pertes diélectriques, la permittivité relative ε r (ω ) s’exprime sous
forme complexe :
ε r (ω ) = ε '(ω ) − jε ''(ω ) (21)
soit encore :
i( t ) = ωε ''(ω ) C0V( t ) + jωε '(ω ) C0V( t ) (23)
il vient :
i( t ) = (Yr (ω ) + jYi (ω ) )V( t ) (26)
Après identification des termes de la relation (23), nous montrons que l’admittance présente
une partie réelle en phase avec la tension :
Yr (ω ) = ωε ''(ω ) C0 = ωε ''(ω ) ε 0
S
(27)
d
et une partie imaginaire en quadrature sur la tension, qui reflète l’aspect purement capacitif du
diélectrique :
σ (ω ) = = ε 0ε ''(ω ) ω + jε 0ε '(ω ) ω
i( t )d
(29)
V( t ) S
Par ailleurs, comme dans le cas du condensateur statique, le vecteur polarisation est donné
par :
P( t ) = ε 0 (ε r (ω ) − 1) E( t )
G G
(30)
52
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
Nous supposons maintenant que le diélectrique présente une conductivité σ dc sous une
tension continue et que les porteurs de charge qui en sont responsables sont suffisamment
mobiles pour suivre les évolutions du champ électrique aux fréquences de travail.
La conductivité complexe se scinde alors en une partie réelle :
σ 1(ω ) = σ dc + ε 0ε "(ω ) ω (31)
qui traduit les fuites et les pertes diélectriques (énergie requise pour l’orientation des dipôles
dans le champ), et une partie imaginaire :
σ 2(ω ) = ε 0ε '(ω ) ω (32)
En présence d’un diélectrique, le système peut être représenté par une résistance Rp et une
capacité Cp montées en parallèle, comme le montre la Figure II.6.
Yr (ω ) = σ dc + ωε ''(ω ) C0 = σ dc + ωε ''(ω ) ε 0 =
S 1
(phénomènes résistifs) (34)
d Rp
Yi (ω ) = C p (ω )ω = ωε '(ω ) C0 = ωε '(ω ) ε 0
S
(phénomènes capacitifs) (35)
d
53
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
La représentation du courant et de la tension dans le plan complexe est donnée Figure II.7.
V(t)
ir
ϕ
δ i(t)
ii
ε ''(ω )
tan δ = =
ε '(ω ) R pC pω
1
(37)
54
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
• Polarisation moléculaire :
Sous l’application d’un champ électrique de fréquence plus faible, ou bien naturellement pour
les molécules polaires, les molécules du matériau présentent microscopiquement une
répartition des charges inhomogène, que l’on peut représenter par une charge positive et une
charge négative formant un dipôle. Lors de l’application d’un champ électrique, ces dipôles
peuvent soit se déformer (polarisation atomique ou ionique), soit tourner sur eux-mêmes
(polarisation d’orientation), ce qui entraîne une modification du moment électrique. La
réponse de tels systèmes est très variable. Cependant, les fréquences de résonance de ces
dipôles se situent généralement dans le domaine des hyperfréquences, voire de l’infrarouge.
55
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
Polarisation par déplacement de charges limité dans l’espace : Sous l’action d’un champ
électrique alternatif, des sauts de porteurs de charges q entre deux sites localisés, font
apparaître une dissymétrie de charges dans le volume du matériau. Ceci se traduit par
l’apparition d’un moment dipolaire qui induit une polarisation sur les électrodes. Une telle
polarisation dépend de la nature du diélectrique, de la quantité de charges et de leur répartition
dans le volume. La probabilité de saut des porteurs, donc la création de moments électriques,
est une fonction du temps dépendant du système et des contraintes extérieures. On caractérise
les moments par une constante de temps τ.
Les phénomènes de polarisation par transfert de charges limité dans l’espace, qui
optique et moléculaire relaxent à des fréquences supérieures qui ne donnent, a priori, pas lieu
à des pertes appréciables dans le domaine d’utilisation du capteur. Dans la suite, nous
appelons ε ∞ et P∞ la permittivité relative et la polarisation induite par les processus de
polarisations optique et/ou moléculaire et nous admettons que leurs valeurs sont constantes
dans la plage de fréquences étudiée. Nous négligeons également les interactions entre dipôles.
Divers modèles ont été proposés pour rendre compte des phénomènes diélectriques. Les plus
couramment utilisés dérivent du modèle de Debye. Cet auteur suppose qu’à une fréquence
de travail et à une température particulière, un seul type de dipôles, caractérisé par une
constante de temps, participe à la polarisation du matériau.
G
Si PS représente la polarisation statique du diélectrique obtenue à l’équilibre par application
G G
Si maintenant nous appellons PSD la polarisation statique dipolaire et P∞ la polarisation
optique et/ou moléculaire, nous avons :
PS = PSD + P∞
G G G
(39)
56
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
où ε ∞ représente la permittivité relative induite par les processus de polarisation optique et/ou
moléculaire, il vient :
PSD = ε 0 (ε S − ε ∞ ).E
G G
(41)
τ (T ) = PSD − PD ( t )
dPD ( t )
(42)
dt
Dans cette équation, τ (T ) , temps caractéristique de la relaxation des dipôles, dépend de la
température T.
Si Wd est l’énergie nécessaire pour déplacer la charge entre deux sites localisés, nous avons :
τ (T ) = τ 0 exp(
Wd
) (43)
kT
où k représente la constante de Boltzmann et τ 0 le temps de relaxation lorsque T tend vers
l’infini.
est appliqué sur le matériau, alors la réponse dipolaire sera la somme d’une solution
transitoire et d’une solution permanente. La solution de l’équation (42) est :
−t ε (ε − ε ∞ ) G
PD ( t ) = K exp( )+ 0 S .E0 exp( jω t )
G G
τ (T ) 1 + jωτ (T )
(45)
Dans la plupart des cas, après un temps relativement court, le premier terme transitoire peut
être négligé. Dans ce cas, en posant :
PD ( t ) = ε 0 (ε r (ω ) − ε ∞ ). E( t )
G G
(46)
57
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
(ε S − ε ∞ )
ε r (ω ) = ε ∞ +
1 + jωτ (T )
(47)
(21), il vient :
(ε S − ε ∞ )
ε '(ω ) = ε ∞ +
1 + ω 2τ (2T )
(48)
ωτ
ε ''(ω ) = (ε S − ε ∞ ).
1 + ω 2τ (2T )
(49)
Les variations théoriques de ε '(ω ) et de ε ''(ω ) sont représentées, Figure II.8, en coordonnées
semi-logarithmiques.
ε’ ε’’
εS (ε S − ε ∞ )
2
ε∞
ωτ ωτ
0,1 1 10
0,1 1 10
ε '(ω ) passe par un point d’inflexion pendant que ε ''(ω ) présente un maximum pour ωτ = 1 .
Ce phénomène est appelé relaxation dipolaire.
58
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
brise
Les propriétés diélectriques du PVB et des trois échantillons de verre utilisés dans la
59
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
Etuve(SECASI-VRT-SIRPAC)
Etuve
(SECASI) Electrodes
Couche
Couche
S
Couche
Matériau S
Couche
Couche métallique
S
conducteur 1
diélectrique
matériau
Pt 1000
Matériau diélectrique
métallique
diélectrique
diëlectrique
métallique
métallique
métallique
(PVB(PVB)
(PVB ou verre)
ou verre)
(Verre ou PVB)
Multimètre
dd
Spectromètre
d’admittance
(HIOKI 3522-50)
Le PVB et le verre sont des isolants, par conséquent, la conductivité σ dc est négligée dans la
suite de l’étude.
Dans le domaine de fréquence étudié, les parties réelle et imaginaire de l’admittance évoluent
respectivement suivant les lois (27) et (28). Connaissant la surface S des électrodes et
l’épaisseur d de l’échantillon (dPVB = 0,8mm et dverre = 2,1mm), en accord avec la Figure II.7,
les parties réelle ε '(ω ) et imaginaire ε ''(ω ) de la permittivité diélectrique sont données par :
Y sin ϕ .d
ε '(ω ) =
ω .ε 0 .S
(50)
Y cos ϕ .d
ε ''(ω ) =
ω .ε 0 .S
(51)
ε '(ω ) =
ε 0S
CP .d
(52)
ε ''(ω ) =
ω RPε 0 S
d
(53)
60
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
6,5
1- montée en température
2- descente en température
6
5,5
ε' 4,5
3,5
2,5
-40 -20 0 20 40 60 80
Température (°C)
Figure II. 10 : variation de ε' du PVB en fonction de la température à 1kHz pour un cycle complet
Les valeurs de permittivité obtenues lors de la montée en température sont supérieures de près
d’une unité aux valeurs mesurées ensuite, lors de la descente. Afin de vérifier ces résultats,
des cycles thermiques supplémentaires sont effectués sur le même échantillon de PVB. Nous
retrouvons alors des valeurs de permittivité reproductibles, similaires à celles obtenues lors de
la descente en température.
61
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
Une analyse par Calorimétrie Différentielle à Balayage (DSC), effectuée sur un nouvel
échantillon de PVB, permet d’expliquer ce phénomène. Le PVB, initialement soumis à une
température de −80 °C est chauffé jusqu’à +130 °C, puis refroidi. Le spectre obtenu par DSC
est présenté Figure II.11.
1- montée en
température
Flux de chaleur (mW)
2- descente en
température
Température (°C)
Lors du processus industriel de fabrication du verre feuilleté, le film de PVB est assemblé en
autoclave, sous une pression de 12 bars à une température de l’ordre de 140°C [Psa03], ce qui
implique que l’évaporation des composés volatils se produit. Il paraît donc opportun de
considérer, dans la suite de l’étude, les valeurs de permittivité obtenues lors de la descente en
température.
62
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
L’analyse par DSC nous renseigne également sur la température de transition vitreuse Tg du
PVB. Sa valeur (Tg = 20,75°C) relativement basse pour un polymère, est en accord avec les
valeurs mesurées sur des échantillons commerciaux de PVB [Dha02].
Les évolutions de ε ' et de ε '' du PVB en fonction de la fréquence, entre 100Hz et 100kHz,
sont présentées Figure II.12, pour différentes températures comprises entre −35°C et +75°C .
-35°C
-25°C
-15°C
6 +15°C 1
+35°C -35°C
+55°C -25°C
+75°C -15°C
5,5
+15°C
0,8 +35°C
+55°C
5 +75°C
0,6
ε' ε''
4,5
4
0,4
3,5
0,2
3
2,5 0
0,1 1 10 100 0,1 1 10 100
Figure II. 12 : variations de ε' et de ε '' du PVB en fonction de la fréquence pour différentes températures
Les courbes représentant ε ' et ε '' ont des allures différentes suivant le domaine de
température. Il semble que la température de transition vitreuse (Tg = 20,75°C), déterminée
par DSC (Figure II.11), marque un changement des mécanismes de polarisation dans le PVB.
63
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
• T > Tg : L’augmentation des pertes diélectriques ε '' observée à haute fréquence est
vers les hautes fréquences lorsque la température augmente. Une telle variation est en
accord avec la relation (43) : lorsque la température augmente, le temps caractéristique de
relaxation des dipôles τ (T ) diminue, ce qui implique que la fréquence de relaxation
augmente.
δ+ H2
H C H
δ- O H O δ-
CH2 C C
C3H7
n
Figure II. 13: représentation du moment dipolaire dans le monomère -(vinyl butyral)
L’augmentation des pertes diélectriques ε '' aux basses fréquences correspond au courant
de fuite σ dc .
Au-delà de la température de transition vitreuse, le comportement du PVB peut donc être
représenté par le modèle de Debye, en admettant une distribution de constantes de temps
de relaxation. Afin de tenir compte de cette distribution de constantes de temps, différents
64
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
auteurs, comme Cole et Cole, Davidson, Havriliak, Negami et Jonscher ont apporté des
corrections au modèle de Debye, par le biais de formules empiriques [Coe93]. Mais nos
fréquences de travail sont trop basses pour déterminer ces constantes de temps de
relaxation.
montre une déviation notable par rapport au modèle de Debye. De nombreux matériaux
désordonnés, tels que le PVB, sont caractérisés par une absence de pics de ε '' dans la
gamme des basses fréquences. Ce type de variation de ε ' et ε '' chez les matériaux
amorphes est expliqué en terme de polarisation par déplacement de charges limité dans
l’espace. Le PVB est constitué de plusieurs types de dipôles auxquels correspondent
autant de temps de relaxation. Les courbes obtenues représentent la superposition des
réponses de chacun des dipôles.
Dans le modèle du double puits de potentiel, la polarisation résulte de sauts d’une charge
entre deux sites énergétiques stables, séparés l’un de l’autre par une distance r et une barrière
de potentiel E0, comme le montre la Figure II.14. Nous avons vu que la polarisation
volumique aux basses fréquences est le plus souvent expliquée en terme de transferts de
charges limités dans l’espace. Dans ce cas, chaque dipôle, dans la matrice diélectrique, peut
être considéré comme le déplacement géométrique d’un porteur de charge, sautant d’un puits
vers le puits voisin. Les deux états fondamentaux dans les puits sont séparés par un faible
écart énergétique ∆E, modifié par l’application d’un champ électrique externe E .
G
65
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
G
E
E0 ∆E
Plusieurs modèles microscopiques sur le comportement individuel des dipôles ont été
proposés pour expliquer les phénomènes diélectriques, à partir du modèle du double puits de
potentiel. Le modèle le plus simple est celui de Pollack et Geballe [Pol61] qui considère une
constante de temps τ unique et une répartition géométrique uniforme.
= εs − ε∞
NµD2
(54)
3kT
les parties réelle (48) et imaginaire (49) de la permittivité diélectrique complexe ε r (ω ) , dans le
ε '(ω ) = ε ∞ +
NµD2
3kT 1 + ω 2τ 2
1
. (55)
ωτ
ε ''(ω ) =
NµD2
3kT 1 + ω 2τ 2
. (56)
Nous avons vu que, dans le cas d’une polarisation par déplacement de charges limité dans
l’espace, la permittivité ε ∞ induite par les processus de polarisations optique et/ou moléculaire
peut généralement être négligée. Si nous considérons un dipôle élémentaire, caractérisé par un
déplacement de charge e d’une distance r dans la direction du champ électrique, tel que :
µD = er (57)
66
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
N ( er )
ε '(ω ) =
2
3kT 1 + ω 2τ 2
1
. (58)
N ( er ) ωτ
ε ''(ω ) =
2
3kT 1 + ω 2τ 2
. (59)
Pour les matériaux amorphes, les différents modèles utilisés (Mott, Pollack et Pike entre
autres) découlent du modèle de Pollack et Geballe, mais en admettant une distribution des
constantes de temps de relaxation des dipôles. Dans ce cas, les quantités r, E0 et ∆E sont des
variables aléatoires dont la distribution peut être représentée par une probabilité p(r,E0,∆E).
L’expression de la partie réelle de la permittivité diélectrique ε ' déduite de la formule (58)
s’écrit :
De telles dépendances ont été observées sur une grande variété de matériaux passée en revue
par Jonscher [Jon75] et notamment sur les matériaux amorphes.
67
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
Afin de vérifier l’applicabilité de ce modèle au PVB, nous utilisons l’expression (61) pour
A(T) et n sont calculés numériquement dans l’intervalle de fréquence [100Hz à 100kHz ] pour
représenter le comportement de la partie réelle de la permittivité diélectrique. Les paramètres
11 0,99
10
0,98
9
8
0,97
A(T) 7 n
0,96
6
5
0,95
4
3 0,94
-40 -20 0 20 40 60 80 -40 -20 0 20 40 60 80
A(T) augmente à peu près linéairement avec la température avec un changement de pente aux
alentours de la température de transition vitreuse (Tg = 20,75°C). L’exposant n, constant
jusqu’à Tg , diminue ensuite avec la température. Les variations de A(T) et de n traduisent la
68
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
• Lorsque T > Tg , nous avons vu que le comportement du PVB est conforme au modèle de
Debye, en admettant une distribution de constantes de temps de relaxation, qu’il nous est
impossible de déterminer à nos fréquences de travail. Bien que l’expression (61) ne soit
plus valable au-delà de la température de transition vitreuse, nous choisissons malgré tout
d’utiliser cette relation dans le but de modéliser de façon empirique la dépendance de ε ' à
la température et à la fréquence.
D’après la Figure II.12, dès 55°C, l’évolution de ε ' présente un palier à basse fréquence,
correspondant à la permittivité statique ε s du modèle de Debye. Il convient donc de
scinder ce domaine de température en deux :
Dans ce cas, l’expression précédente ne suffit plus. Il faut tenir compte du palier à basse
fréquence qui se déplace vers les hautes fréquences avec la température. Au niveau du
palier, l’exposant n tend vers 1 et A(T) vers 5,5. Lorsque la fréquence augmente (dès 1kHz
à 55°C ou 10kHz à 75°C), l’expression (66) permet de nouveau de modéliser correctement
la dépendance de la partie réelle de la permittivité diélectrique ε ' à la température et à la
fréquence.
69
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
Bien que A(T) et n traduisent les variations de plusieurs paramètres en même temps (r, E0, ∆E,
τ ) lorsque T < Tg , et sont même purement empiriques lorsque T > Tg , les expressions
obtenues permettent de rendre compte des variations de ε ' du PVB avec la température sur
tout l’intervalle de fréquence étudié (comme le montre la Figure II.16 à 1kHz).
ε ' = 5,5
5
ε'
ε '(ω ,T ) = (4,12
4 + 1,5.10−2 T )ω −0,02
2
-40 -20 0 20 40 60 80
Température (°C)
De par sa position sous les électrodes et du faible volume sous influence, le film de PVB n’a,
a priori, qu’une incidence minime sur les capacités du capteur. En revanche, le feuillet de
verre, localisé entre les électrodes et la zone de détection, d’épaisseur supérieure à celle du
PVB, aura vraisemblablement une influence beaucoup plus importante. Un effet éventuel de
la température sur la permittivité du verre aura une incidence sur le fonctionnement du
capteur qu’il convient d’évaluer. Dans ce qui suit, les dépendances des propriétés
diélectriques du verre en température et en fréquence sont donc étudiées.
Conformément à l’étude menée avec le PVB, l’admittance complexe est mesurée sur chacun
des trois échantillons de verre (Clear, Light et Dark) pour des fréquences comprises entre
100Hz et 100kHz entre –40°C et +80°C.
70
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
• En fréquence
Les évolutions de ε ' et de ε '' des trois échantillons de verre, en fonction de la fréquence,
entre 100Hz et 100kHz, sont présentées Figure II.17, à 20°C.
0,4
0,25
ε' ε''
8
0,2
7,8 0,15
0,1
7,6
0,05
7,4 0
0,1 1 10 100 0,1 1 10 100
Figure II. 17 : variation de ε' et de ε '' des trois échantillons de verre en fonction de la fréquence à 20°C
Quel que soit le verre considéré, la permittivité diélectrique diminue avec la fréquence.
Comme pour le PVB, lorsque la fréquence augmente, les dipôles ont du mal à suivre les
changements de direction du champ électrique. Les verres Dark et Light présentent des
permittivités similaires en fréquence, supérieures à celle du verre Clear. Les différences de
permittivité entre les trois échantillons de verre résultent des teneurs différentes en oxydes
métalliques, utilisés pour la coloration des verres. Le verre Clear, le moins teinté, présente
une teneur en oxydes métalliques plus faible et donc une permittivité diélectrique inférieure à
celle des deux autres verres.
Les comportements en fréquence des pertes diélectriques des trois échantillons de verre sont
comparables jusqu’à 10kHz. Au-delà, une dispersion est observée.
71
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
• En température
Les évolutions de ε ' et de ε '' des trois échantillons de verre, en fonction de la température,
entre – 40°C et + 80°C, sont présentées Figure II.18, à 1kHz.
9,5 1
Clear
Light
Dark
9 0,8
Clear
Light
Dark
8,5 0,6
ε' ε''
8 0,4
7,5 0,2
7 0
-40 -20 0 20 40 60 80 -40 -20 0 20 40 60 80
Figure II. 18 : variation de ε' et de ε '' des trois échantillons de verre en fonction de la température à 1kHz
Quel que soit le verre considéré, les parties réelle et imaginaire de la permittivité
diélectrique augmentent avec la température. Les verres Dark et Light présentent des
permittivités similaires en température, supérieures à celle du verre Clear.
Les variations de ε ' et de ε '' des verres diffèrent notablement des courbes théoriques du
modèle de Debye représentées Figure II.8. Ce dernier n’explique qu’imparfaitement les
phénomènes de polarisation dans les solides qui sont essentiellement dus, à basse fréquence,
aux transferts de charges limités dans l’espace. Le verre est un mélange amorphe, constitué de
plusieurs types de dipôles auxquels correspondent autant de temps de relaxation. Les spectres
obtenus représentent la superposition des réponses de chacun des dipôles.
Les trois échantillons de verre présentent des comportements similaires aussi bien en
température qu’en fréquence. Dans ce qui suit, seul le verre Light est considéré.
72
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
Les évolutions de ε ' et de ε '' du verre Light en fonction de la fréquence, entre 100Hz et
100kHz, sont présentées Figure II.19 pour différentes températures comprises entre –40°C et
+85°C.
11,5 3
-40°C -40°C
11 -20°C -20°C
0°C 2,5 0°C
+20°C 20°C
10,5 +40°C 40°C
+ 60°C 60°C
+ 85°C 2 85°C
10
9
1
8,5
0,5
8
7,5 0
0,1 1 10 100 0,1 1 10 100
Figure II. 19 : variation de ε' et de ε '' du verre Light en fonction de la fréquence pour différentes
températures
Sur la courbe relative aux pertes diélectriques ε '' , le pic visible aux alentours de 6kHz
correspond à un artefact de mesures, et non à une relaxation dipolaire (le pic ne se déplace pas
avec la température).
73
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
[100Hz à 100kHz ] pour chaque température. L’évolution de A(T) et n avec la température est
présentée Figure II.20.
30 1
0,85
A 15 n
(T)
0,8
10
0,75
5 0,7
0 0,65
-40 -20 0 20 40 60 80 -40 -20 0 20 40 60 80
n = 0,86 − 2 ,3.10−3 T
induite par les processus de polarisation optique et/ou moléculaire ε ∞ est normalement
indépendante de la température. Cependant, le domaine de fréquence que nous considérons ne
permet pas d’estimer correctement ε ∞ car d’autres phénomènes de polarisation, activés
thermiquement, interviennent.
74
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
L’expression (68) permet de rendre compte des variations de ε ' du verre Light sur tout
l’intervalle de fréquence [100Hz à 100kHz ] et de température [ −40 à + 80°C] étudié.
V. Conclusion
Afin de modéliser leur variation respective, nous nous sommes basés sur des considérations
théoriques. Le PVB et le verre sont des matériaux amorphes, ce qui implique que le modèle
de Debye est insuffisant pour traduire leur comportement diélectrique. Aux basses fréquences
auxquelles nous travaillons, la polarisation est principalement induite par des transferts de
charges limité dans l’espace, qui dépendent de la température. En utilisant la modélisation en
double puits de potentiel et en admettant une distribution de temps de relaxation, nous avons
obtenu une loi exprimant la dépendance de ε ' à la fréquence et à la température, telle que
ε '(ω ,T ) = A(T )ω n −1 . Cependant, cette dépendance ne s’exprime pas simplement car la
température intervient au travers de différents paramètres par l’intermédiaire de A(T) et de n.
Ainsi que nous l’avons déjà mentionnés, même s’il existe une incertitude quant à la réalité
physique de ces paramètres, ces derniers permettent néanmoins de rendre compte du
comportement de la permittivité ε ' du PVB et des verres de pare-brise, dans les gammes de
fréquence et de température concernées par l’application du capteur.
Grâce à cette étude, il est possible de :
• choisir une fréquence de fonctionnement pour le capteur et procéder à son
prévoir l’influence des fluctuations de température [ −40 à + 80°C] sur les capacités pour
dimensionnement par simulation numérique. Ce point fait l’objet du chapitre suivant.
•
des fréquences comprises entre 100Hz et 100kHz par l’utilisation, dans les programmes de
simulation, des expressions semi-empiriques traduisant le comportement expérimental de
ε ' du verre et du PVB. Ce point fera l’objet du dernier chapitre.
75
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
Bibliographie
[Deb29] P. Debye, Polar molecules : the chemical catalog, New York, 1929
[Jon75] A. K. Jonscher, New interpretation of dielectric loss peaks, Nature 256 (1975) 566-
568
[Jon77] A. K. Jonscher, The universal dielectric response, Nature 267 (1977) 673-679
76
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
[Saa95] G.R. Saad, E. El-Shafe, M.W. Sabaa, Dielectric and mechanical properties in the
photodegradation of poly(vinyl butyral) films, Polymer Degradation and Stability 47
(1995) 209-215
77
CHAPITRE II : Comportement diélectrique des matériaux du pare-brise :
étude en fréquence et en température
78
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
CHAPITRE III
Dimensionnement des capteurs par
simulation numérique et fabrication
I. Introduction....................................................................................................................... 81
II. Règles de dimensionnement des capteurs capacitifs ....................................................... 82
II.1. Relation entre les écartements séparant les électrodes ............................................. 83
II.2. Relations entre les écartements séparant les électrodes et l’épaisseur du verre ....... 83
II.3. Relation entre la largeur des électrodes et l’épaisseur du PVB ................................ 84
II.4. Relation entre la largeur des électrodes et la largeur de la couche athermique........ 84
II.5. Relations entre les écartements entre électrodes et la longueur des électrodes........ 84
III. Estimation des capacités par la méthode des capacités partielles .................................. 86
III.1. Condensateurs coplanaires bicouches ..................................................................... 86
III.2. Condensateurs coplanaires multicouches................................................................ 88
III.3. Limitations des modèles analytiques....................................................................... 94
IV. Calcul des capacités par la méthode des éléments finis................................................. 94
IV.1. Principe de la méthode............................................................................................ 94
IV.2. Méthode de programmation .................................................................................... 96
V. Dimensionnement du capteur par simulation numérique................................................ 98
V.1. Simulations numériques en 2D................................................................................. 98
V.1.a. Choix de la fréquence de fonctionnement du capteur ....................................... 99
V.1.b. Initialisation des valeurs.................................................................................. 100
V.1.c. Optimisation des paramètres dimensionnels ................................................... 102
V.2. Simulations numériques en 3D............................................................................... 105
V.2.a. Configurations du capteur ............................................................................... 105
V.2.b. Dimensionnement des capteurs en condition sèche ........................................ 108
VI. Fabrication des capteurs simplifiés .............................................................................. 113
VI.1. Dépôts des électrodes par sérigraphie : technologie couche épaisse .................... 115
VI.1.a. Choix de l’encre ............................................................................................. 115
VI.1.b. Sérigraphie ..................................................................................................... 116
79
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
80
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
I. Introduction
81
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Les mesures de capacité que nous effectuerons avec le capteur simplifié seront ensuite
comparées aux résultats de simulations numériques. Nous postulons que si les résultats
concordent, il en ira de même pour le capteur complet, ce qui permettra de valider l’ensemble
des simulations.
Avant d’initier la phase de dimensionnement du capteur par simulation numérique, une étude
bibliographique préalable permet de dégager un certain nombre de règles de dimensionnement
pour les capteurs capacitifs. Dans la littérature, il a été montré que le fonctionnement optimal
d’un capteur capacitif à champ dispersif impliquait le respect de certaines relations entre
paramètres dimensionnels. L’utilisation de ces règles permet de raccourcir la phase de
simulation en partant sur des bases éprouvées.
La Figure III.1 représente la vue en coupe du capteur intégré à la couche athermique du pare-
brise. Le second feuillet de verre du pare-brise, qui se trouve sous l’électrode de garde E4,
n’est pas représenté et ne sera pas modélisé lors des simulations numériques, car l’électrode
de garde assure un blindage électromagnétique permettant d’écranter le système de toute
influence intérieure. Ce point a été vérifié numériquement.
Verre d1 d2 everre
CA E1 E2 E3 CA eélec
PVB ePVB
E4
lCA lE1 l E2 lE3 lCA
Nous adoptons les notations suivantes pour définir les différents éléments du capteur :
• E1, E2 et E3 : les trois électrodes coplanaires,
• E4 : l’électrode de garde,
• CA : la couche athermique.
82
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Nous rappelons que la capacité sensible, notée C1 , est délimitée par les électrodes E1 et E2 et
La profondeur de pénétration des lignes de champ entre les électrodes est liée à la distance les
séparant. Plus l’écartement est grand, plus les lignes de champs sont susceptibles de sortir du
verre et d’être influencées par l’eau [Zar88]. Les électrodes E1 et E2 doivent donc être
suffisamment éloignées de manière à rendre la capacité C1 sensible à la présence d’eau. Au
contraire, les électrodes E2 et E3 doivent être très proches afin que les lignes de champs restent
confinées dans le verre et que C2 ne soit pas influencée par l’eau. Il faut donc que : d1 > d 2 .
et l’épaisseur du verre
83
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
du PVB
de la couche athermique
Toujours d’après la référence [Wal93], le rapport Signal/Bruit du capteur est amélioré lorsque
la couche athermique entourant le capteur présente une largeur très supérieure à celle des
=
lCA lCA
électrodes : 1.
lE1 lE2
La Figure III.2 représente une vue en coupe des électrodes coplanaires du capteur en 3D.
84
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
LE1 = LE2
LE3
eélec
E1 E2 E3
d1 d2
Selon le modèle du condensateur plan, que nous utilisons en première approximation, deux
condensateurs réalisés à partir d’un même diélectrique, présentent la même capacité, s’ils
S
présentent le même rapport , S étant la surface des électrodes et d leur écartement. Pour
d
obtenir l’égalité des capacités à sec, la surface des électrodes S = e. L , où e représente
l’épaisseur des électrodes et L leur longueur, doit être dans le même rapport que leur
= =
LE1 LE2 LE3
écartement : . L’épaisseur des électrodes étant identiques en raison du mode
d1 d1 d2
de fabrication, les longueurs des électrodes doivent être ajustées.
L’ensemble de ces relations va permettre de faire une première estimation des paramètres
dimensionnels du capteur, conduisant à l’égalité des capacités C1 et C2 à sec. Pour cela, divers
modèles analytiques ont été développés.
85
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
capacités partielles
Dans la littérature, différents modèles ont été proposés dans le but d’évaluer les capacités dans
les systèmes coplanaires. Les plus courants reposent sur la méthode des capacités partielles
qui utilisent les transformations conformes [Bro96]. Ces transformations mathématiques
analytiques permettent de calculer, à partir de la formule connue du condensateur plan, les
capacités dans les systèmes coplanaires à l’aide d’un rapport d’intégrales elliptiques K (k ) , tel
que :
C = ε 0ε '
1 K ( k ')
(1)
2 K (k )
π 1 2 1.3 4 1.3.5 6
et K ( k ) = +
+ + k + ...
2 2 2
2 2 2.4 2.4.6
1 k k (3)
Dans la relation (1), ε0 représente la constante diélectrique du vide, ε ' la partie réelle de la
permittivité diélectrique, K(k) est l’intégrale elliptique totale du premier ordre et k son
module.
La capacité totale C est alors égale à la somme des trois capacités partielles :
C = Cverre + CPVB i nt er −élec + CPVB (4)
86
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
ε 'verre
Verre
d
ε ' PVB
PVB
b
ε ' PVB
Figure III. 3 : vue en coupe d’un condensateur coplanaire bicouches selon le modèle de Endres
Les capacités partielles linéiques Cverre et CPVB sont calculées à l’aide de la méthode des
transformations conformes :
2
d
K 1−
ε 'verre + ε ' PVB b
Cverre + CPVB = ε 0
(5)
K
2 d
b
où d représente la distance inter-électrodes et b la distance séparant le milieu des électrodes.
condensateur plan :
Dans les formules (5) et (6), les capacités partielles Cverre , CPVB et CPVB i nt er élec sont
calculées par unité de longueur (F.m-1). Chacune des capacités linéiques doit ensuite être
multipliée par la longueur L des électrodes pour obtenir la capacité 3D.
Bien que ce modèle ait été initialement conçu pour des électrodes non recouvertes (face
supérieure des électrodes en contact direct avec l’air), il permet, en remplaçant la permittivité
diélectrique de l’air par celle du PVB, de faire une approximation des capacités en condition
sèche. Néanmoins, ce modèle est insuffisant pour calculer les capacités en présence d’eau
(impossibilité de considérer plusieurs couches superposées).
87
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Dans le modèle précédent, les épaisseurs du verre et du PVB ne sont pas prises en compte. Or,
dans le cas de la capacité C1 , les lignes de champ qui sortent du verre sont significativement
influencées par l’air et/ou l’eau qui se trouve au-dessus du feuillet de verre, comme le
représente la Figure III.4.
Air ε 'air
Eau ε 'eau
ε 'verre
Verre
d
c
PVB ε ' PVB
Afin de tenir compte de la superposition des différents diélectriques, O.G. Vendik propose un
modèle qui repose également sur la méthode des capacités partielles [Ven99]. Il définit des
permittivités diélectriques partielles ε * , qui prennent en compte l’influence mutuelle des
différentes couches de diélectriques sur la distribution des lignes de champ dans chacune
d’elles. Cependant, ce modèle, comme le précédent, suppose que les électrodes sont en
contact direct avec l’air. En remplaçant l’air par une couche de PVB, la capacité totale se
décompose en deux (condition sèche) ou trois capacités (en présence d’un film d’eau)
connectées en parallèle, comme le représente la Figure III.5. Dans ce modèle, la capacité liée
à l’épaisseur des électrodes est négligée.
88
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Air ε *air
c ε *eau
ε *verre
Cverre Verre
d
CPVB ε *PVB
PVB c
Figure III. 5 : représentation des capacités partielles CPVB , Cverre et Ceau selon le modèle de Vendik
En condition sèche (sans film d’eau), les permittivités diélectriques partielles ε * sont
définies par :
ε *verre = ε verre − ε 'air (7)
89
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Les capacités partielles Cverre et CPVB sont calculées à l’aide la méthode des transformations
conformes :
1 + kverre
−1
= π ln 2
0,5
K ( k 'verre ou PVB )
1 − kverre ou PVB
ou PVB
avec 0,5
(11)
K ( kverre ou PVB )
πd
tanh
4.everre ou PVB
=
πc
et kverre ou PVB (12)
tanh
4.everre ou PVB
Dans ce cas (présence d’un film d’eau), la relation (15) conduit à une permittivité diélectrique
partielle négative et donc à une capacité partielle négative pour le feuillet de verre. En effet,
Vendik a conçu ce modèle pour des électrodes coplanaires recouvertes d’une fine couche
férroélectrique de permittivité diélectrique bien plus élevée que celle du feuillet de verre
présent dans notre configuration. Dans la référence [Ven99], il est précisé que ce modèle n’est
ε ' ferro ou verre
applicable que si l’inégalité d ≤ 10.e ferro ou verre est vérifiée pour > 10 2 en
ε 'air
ε ' ferro ou verre
> 10 2 en présence d’un film d’eau, ce qui n’est pas le cas
ε 'eau
condition sèche ou
90
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Figure III. 6 : (a) motif représentant deux électrodes interdigitées et (b) vue en coupe du réseau d’électrodes
interdigitées et distribution des potentiels électriques selon [Igr04]
Figure III. 7 : exemple du circuit équivalent à une structure multicouches d’électrodes interdigitées à six
électrodes selon [Igr04]
C = ( N − 3) + 2 I E avec N > 3
CI CC
C I + CE
(16)
2
91
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Dans notre cas, en condition sèche, les capacités CI et CE, calculées à l’aide de la méthode des
capacités partielles, s’écrivent :
C I = C I ,air + C I ,verre + C I ,PVB
K ( kI∞ ) K ( k I ,verre ) K ( k I ,PVB )
+ (ε 'verre − 1)
K ( k ' I ,verre ) K ( k ' I ,PVB )
CI = ε0 L + ε ' PVB
K ( k ' I ∞ )
(17)
et
CE = CE ,air + CE ,verre + CE ,PVB
K ( k E∞ ) K ( k E ,verre ) K ( k E ,PVB )
+ (ε 'verre − 1)
K ( k ' E ,verre ) K ( k ' E ,PVB )
CE = ε 0 L + ε ' PVB
K ( k ' E∞ )
(18)
Les capacités partielles liées au verre, C I ,verre et CE ,verre , tiennent compte de l’influence de la
couche d’air infinie par le biais de la permittivité diélectrique partielle du verre (relation (7)
avec ε 'air = 1 ). Pour traduire la présence de l’électrode de garde, les capacités partielles liées
au feuillet de PVB, C I ,PVB et CE ,PVB , ne dépendent que de la permittivité diélectrique ε ' PVB
D’après la Figure III.7, dans le cas d’un système constitué uniquement de deux électrodes
linéaires, la capacité est assimilable à une capacité unitaire entre deux électrodes « externes »
telle que :
C=
CE
(19)
2
Les équations détaillées, indispensables aux calculs des capacités partielles, sont fournies dans
le Tableau III.1.
92
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Tableau III. 1 : équations utilisées pour le calcul des capacités CI et CE selon [Igr04]
η= =
λ
W 2W
W +G
(20)
Comme pour le modèle de Vendik, les capacités partielles C I ,verre et CE ,verre sont négatives en
raison de la forte permittivité diélectrique de l’eau, ce qui n’a pas de réalité physique.
93
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Avec de petites modifications, les modèles de Endres (remplacement de l’air par du PVB) et
de Igreja (calcul de la capacité unitaire entre deux électrodes linéaires) permettent d’estimer la
valeur des capacités en condition sèche. Les résultats sont donnés dans le Tableau III.8 (cf.
p111) pour faciliter la comparaison avec les résultats numériques. Le modèle de Vendik ne
peut quant à lui être appliqué à notre configuration, en raison de son application trop
spécifique (couche ferroélectrique).
Si les modèles de Endres et de Igreja permettent d’évaluer facilement la capacité C1 entre les
deux électrodes E1 et E2 identiques, la capacité C2 est plus difficile à calculer. Cette dernière
est délimitée par les électrodes E2 et E3, de longueurs et de largeurs différentes. La difficulté
consiste à déterminer les longueurs et largeurs efficaces qu’il est nécessaire de considérer lors
des calculs de capacité.
Un autre problème concerne l’électrode de garde, reliée à la masse, dont nous ne connaissons
pas l’influence sur les capacités et qu’il est difficile de prendre en compte avec les modèles
analytiques. De plus, aucun de ces modèles ne permet d’évaluer les capacités en présence
d’un film d’eau, et encore moins de gouttes de pluie.
Pour toutes ces raisons, nous choisissons de dimensionner le capteur par une méthode
numérique : la méthode des éléments finis. Cette méthode offre une plus grande souplesse vis
à vis des modifications des paramètres dimensionnels et permettra d’étudier l’influence de
l’eau sous diverses formes (film uniforme et gouttes d’eau de volumes variables) sur le
capteur.
finis
L’étude numérique est réalisée à l’aide du logiciel ANSYS 7.0 qui permet de résoudre les
problèmes d’électrostatique gouvernés par les équations aux dérivées partielles. Le principe
du calcul repose sur la méthode des éléments finis (FEM) qui résout l’équation de Poisson par
94
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
linéarisation des équations différentielles sur de petits domaines, en tenant compte des
conditions imposées aux limites. Il s’agit d’une technique particulière d’approximation des
fonctions solutions par sous-domaines où les inconnues sont des valeurs de ces fonctions
solutions en certains points ou nœuds de chaque sous-domaine.
La zone à analyser doit être subdivisée en éléments finis, ou sous-domaines, comme le montre
la Figure III.8.
(dx,dy,dz)
dy
dz
(0,0,0) dx
(dx,0,0)
Le potentiel sur le premier nœud étant connu grâce aux conditions aux limites, le logiciel
calcule les potentiels sur les nœuds suivants à l’aide de la loi de Poisson :
ρ
∆V + =0
ε 0ε r
(23)
∆V = x+ +
d²V d ²V
y d ²Vz
(24)
dx² dy² dz²
où dx , dy et dz représentent les déplacements des coordonnées d’espace.
95
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Le logiciel ANSYS offre deux modes d’utilisation possibles. La première solution consiste en
l’écriture d’un programme constitué de commandes textuelles dans une fenêtre d’éditeur de
texte. La seconde possibilité est l’utilisation directe des menus disponibles dans l’interface
graphique. Bien que la seconde alternative soit plus conviviale et simple d’utilisation, la
programmation textuelle offre une plus grande souplesse vis à vis des modifications des
paramètres dimensionnels. Nous optons donc pour cette dernière solution.
1
Le choix des éléments de maillage s’opère parmi les éléments dédiés à l’électrostatique, en
accord avec la géométrie du volume à mailler. Chaque élément sélectionné comporte un seul
degré de liberté par nœud, le potentiel. Pour les simulations en 2D, un élément quadrilatéral
composé de huit nœuds (plane121) est systématiquement utilisé. Pour les simulations en 3D,
la gamme de choix de l’élément de maillage est plus variée. Un élément parallélépipédique
comprenant vingt nœuds (solid122) et un élément tétraédrique de dix nœuds (solid123) sont
classiquement utilisés (éléments « h »). Cependant, un second jeu d’éléments (éléments « p »)
dont la géométrie et le nombre de nœuds sont similaires aux précédents (respectivement
96
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
solid128 et solid127) sont également disponibles. Ces éléments utilisent un ordre polynomial
supérieur lors de l’approximation des fonctions solutions, ce qui nécessite des temps de calcul
plus longs. Bien que les résultats soient plus précis, le peu de différence observée entre les
solutions obtenues avec les deux jeux d’éléments ne justifie pas l’utilisation des éléments
« p ».
De façon générale, les éléments tétraédriques permettent un maillage plus facile mais
conduisant à des résultats moins précis, parfois erronés. Outre le fait qu’ils contiennent moins
de noeuds, ils supportent difficilement les déformations. Il est donc préférable, tant que la
géométrie le permet, de mailler avec l’élément solid122 et de compléter avec le solid123.
2
L’environnement électrostatique du capteur (potentiel nul à l’infini) est modélisé par des
éléments infinis (infin110) pour les simulations en 2D et par un domaine de Trefftz en 3D
[ANS], auxquels nous attribuons le matériau air. La méthode de Trefftz est la version
améliorée, du point de vue efficacité et simplicité d’utilisation, de la méthode des éléments
infinis pour les études numériques tridimensionnelles.
3
Le logiciel ANSYS offre la possibilité d’obtenir les valeurs des capacités de deux
façons distinctes :
• en écrivant textuellement les formules adaptées dans le programme de simulation (le
logiciel calcule l’énergie électrostatique W à partir de laquelle la capacité C peut être
déduite : C =
2W
),
V2
• en utilisant la commande «CMATRIX» qui effectue directement le calcul. «CMATRIX»
est une macro de ANSYS, conçue pour résoudre les problèmes les plus complexes
d’électrostatique, mettant en jeu plusieurs conducteurs et/ou diélectriques. Cette
commande permet de calculer l’ensemble des capacités mutuelles d’une structure
(fabrication d’une matrice).
Nous choisissons cette seconde option car l’utilisation de la commande «CMATRIX» permet
de s’affranchir de l’estimation de la zone de diélectrique sous l’influence du champ
électrostatique (indispensable au calcul des capacités à partir de l’énergie électrostatique)
ainsi que des coefficients d’influence existant entre les différents conducteurs.
97
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
∆C1 C1eau − C1
= * 100 (%), et une variation
C1
variation relative maximale de C1, notée
C1
∆C2 C2 eau − C2
= * 100 (%).
C2 C2
Un bon rapport Signal/Bruit nécessite un signal d’amplitude suffisante. Cette amplitude est
directement liée à la variation relative de la capacité en présence d’eau, elle-même dépendante
de la valeur de la capacité en condition sèche. L’optimisation de la capacité repose d’une part
sur le choix de la fréquence de fonctionnement du capteur dont dépendent les permittivités
diélectriques des matériaux, et d’autre part, sur le bon dimensionnement des paramètres
géométriques des électrodes (longueurs, largeurs, épaisseurs et écartements).
Les simulations numériques sont d’abord effectuées à partir de modèles en 2D, permettant de
dégager les grandes tendances du problème et de faire apparaître les bases du calcul en 3D.
Cette simplification des calculs permet en outre de gagner un temps précieux, les calculs en
3D étant beaucoup plus longs que ceux en 2D.
dC
Les simulations numériques en 2D conduisent à des capacités linéiques (en F/m). C’est
dL
donc la variation des capacités C1 et C2 en fonction des paramètres dimensionnels qui est
étudiée ici.
98
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
L’étude des propriétés diélectriques des matériaux permet d’orienter le choix de la fréquence
de fonctionnement du capteur. Nous cherchons à obtenir une variation relative maximale de la
capacité sensible C1 en présence d’eau. C’est donc principalement la permittivité diélectrique
de l’eau qui va conditionner le choix de la fréquence. Comme la capacité évolue dans le
même sens que la partie réelle de la permittivité diélectrique ε ' , plus ε ' est élevée, plus la
capacité sera grande. Dans cette optique, il est préférable de travailler à une fréquence où ε '
de l’eau est maximale. La Figure III.9 représente la variation de ε ' de l’eau en fonction de la
fréquence et de la température [Fen05].
Figure III. 9 : variation de la partie réelle de la permittivité diélectrique de l’eau en fonction de la fréquence et
de la température [Fen05]
Jusqu’à une fréquence de 1GHz, la partie réelle de la permittivité diélectrique ε ' de l’eau ne
varie pas ( ≈ 80 à 20°C). Au-delà de cette fréquence, ε ' chute brutalement. Il faut donc
travailler à une fréquence inférieure à 1GHz.
Nous cherchons également à obtenir des valeurs de capacité suffisamment grandes conduisant
à un rapport Signal/Bruit acceptable. De ce fait, la partie réelle de la permittivité diélectrique
ε ' des matériaux du pare-brise doit être élevée. Au chapitre précédent, nous avons vu que ε '
du verre et du PVB diminue avec la fréquence. Des valeurs maximales de ε ' sont donc
obtenues à basse fréquence. De plus, le comportement capacitif des diélectriques est maximal
lorsque la partie imaginaire de la permittivité diélectrique ε '' , traduisant les pertes, est
minimale. Lors de l’étude des propriétés diélectriques des matériaux, nous avons constaté que
les pertes ε '' du verre et du PVB, bien que globalement très faibles (isolants), diminuent avec
99
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
la fréquence jusqu’à 10kHz, puis augmentent (excepté pour le verre Clear). Il semble donc
judicieux de se placer à une fréquence comprise entre 1kHz et 10kHz, où ε '' < 0,15 quel que
soit le matériau à température ambiante.
Enfin, la fréquence de fonctionnement doit être compatible avec les conditions d’utilisation du
capteur comme matériel embarqué dans une automobile (notamment la compatibilité
électromagnétique et le coût). Nous choisissons donc de travailler à une fréquence de 1kHz
[Psa03].
• Permittivités diélectriques
Les simulations numériques sont réalisées avec les valeurs des permittivités diélectriques ε '
du verre Light et du PVB mesurées à 1kHz à température ambiante. Les électrodes
métalliques sont définies en tant que conducteurs. Les permittivités de l’eau et de l’air sont
quant à elles fournies dans la littérature. Le Tableau III.2 rassemble les valeurs des
permittivités diélectriques utilisées dans les programmes de simulation.
Verre
Matériaux PVB eau air
(Light)
Tableau III. 2 : valeurs des permittivités diélectriques des différents matériaux à 1kHz, à 20°C, utilisées dans
les programmes de simulation
• Paramètres dimensionnels
Les programmes de simulation sont initialisés avec des valeurs de paramètres dimensionnels
en accord avec les règles de dimensionnement précédemment établies. La plupart de ces
paramètres restent cependant dépendants des paramètres géométriques existants et
difficilement modifiables du pare-brise, telles que les épaisseurs des diélectriques, verre et
PVB, ainsi que celle de la couche athermique, imposées par le fabricant. Bien que l’épaisseur
de cette couche soit très faible (eCA < 200nm), le logiciel impose des ordres de grandeur
100
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
comparables entre les dimensions des différents éléments. Dans le cas contraire, le maillage
est inhomogène et le calcul ne converge pas. Nous fixons donc cette épaisseur, notée eCA, à
120µm. Dans l’hypothèse où les électrodes sont gravées dans la couche athermique, nous
considérons que les épaisseurs des électrodes eelec sont égales à eCA. Afin d’assurer la
compatibilité avec les autres dimensions, nous fixons l’épaisseur de l’air à 3mm. La présence
d’eau est, dans un premier temps, grossièrement modélisée par un film continu et uniforme,
comme le montre la Figure III.10, de façon à ce que la variation de la capacité sensible soit
clairement perceptible. De ce fait, nous choisissons une épaisseur notable de 1mm.
L’ensemble des valeurs d’épaisseur utilisées dans les programmes de simulation sont
rappelées dans le Tableau III.3.
Valeurs adoptées
Epaisseurs
(mm)
everre 2,10
ePVB 0,80
eelec 0,12
eair 3,00
eeau 1,00
Tableau III. 3 : valeurs des épaisseurs utilisées dans les programmes de simulation
101
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Air
eair
Eau eeau
everre
Verre
lCA / E1 d1 d2 lCA / E3
l E4
La configuration optimale du capteur est obtenue en faisant varier successivement chacun des
paramètres suivant :
• les écartements entre les électrodes d1 et d2,
• les largeurs des électrodes lE1 , lE2 , lE3 et lE4 ,
102
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
L’incidence de chaque paramètre sur la variation relative des capacités est détaillée dans le
rapport industriel [Bor031] pour PSA.
Les meilleurs résultats sont obtenus avec le jeu de valeurs présenté dans le Tableau III.4.
d1 3,150
d2 0,525
lE1 4,200
l E2 4,200
lE3 0,525
l E4 52,600
lCA / E1 15,000
lCA / E3 15,000
lCA 5,000
103
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
nous choisissons de conserver la plus grande largeur possible pour E4, soit toute la largeur du
système (Figure III.10). En effet, en deçà d’une certaine largeur, la qualité de l’écrantage
diminue.
la couche athermique est beaucoup plus large que les électrodes puisqu’elle s’étend sur toute
la surface du pare-brise. Cependant, pour des raisons intrinsèques au logiciel de calcul, toutes
les dimensions doivent avoir des ordres de grandeur comparables. Des simulations montrent
que la valeur de ce paramètre ne joue pas un rôle déterminant dans la variation des capacités.
Une largeur faible permet de diminuer la zone à mailler et ainsi de raccourcir les temps de
calcul.
Les valeurs de C1 et C2, obtenues avec les dimensions optimisées, ainsi que leur variation
relative en présence d’un film d’eau de 1mm d’épaisseur, sont exposées dans le Tableau III.5.
Tableau III. 5 : valeurs et variations relatives de C1 et de C2 obtenues avec le jeu de paramètres dimensionnels
optimisés
C1 varie significativement en présence d’eau, contrairement à C2. Bien que les capacités
obtenues soient très faibles (de l’ordre du picofarad pour des électrodes de 1cm de long), la
variation de C1 est suffisamment importante pour être détectée. La variation négative de C2
n’a pas de réalité physique. Elle peut cependant être attribuée aux erreurs de calculs du
logiciel générées lors du maillage. Ceci rappelle la confiance toute relative qu’il faut accorder
à la précision des simulations.
104
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Lélec/CA(haut)
lCA / E1 lE1 l E2 lE3 lCA / E3
LE1 = LE2
LE3
lca d1 d2 E3
E1 E2
Lélec/CA(bas)
CA
105
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
lCA/E
lCA/EA
1
lE1 EAE1
Lélec/CA A
/CA(bas
(bas) lele
L élec/CA (haut)
) c
lca
llEE1 llEE2 LE
A S
d2
lEC
d1
d1
llEE2
d2 E E2 E3
l l E3
EC
S
lCA/E
lCA/EC S E
3
CA
Par souci de clarté, les notations utilisées pour le capteur à électrodes linéaires sont
conservées.
Au laboratoire, il nous est difficile de fabriquer le capteur complet, tel qu’il est représenté sur
la Figure III.13, car nous ne disposons pas des moyens d’assemblage verre/PVB/verre. De ce
106
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
fait, il ne nous est pas possible de valider expérimentalement les résultats de simulations
relatifs au capteur complet.
Verre
CA E1 E2 E3 CA
PVB
E4
Verre
CA E1 E2 E3 CA
Si les mesures effectuées sur le capteur simplifié concordent avec les simulations, cet accord
sera selon toute vraisemblance également vérifié pour le capteur complet, ce qui permettra de
valider l’ensemble des simulations.
107
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Nous cherchons à obtenir l’égalité des capacités C1 = C2 à sec. Pour cela, la longueur de
chaque élément du capteur doit être ajustée en conséquence.
Le Tableau III.6 rassemble les valeurs des paramètres dimensionnels 3D (cf. Figure III.11)
choisis sur la base des résultats des simulations 2D.
LE3 5
lCA 5
Lelec/CA(haut) 15
Lelec/CA(bas) 10
lCA / E1 15
lCA / E3 15
108
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
champ générées par les électrodes coplanaires, ni des effets de bord. Les longueurs LE1 et LE2
doivent donc être affinées jusqu’à obtenir l’égalité des capacités. Nous rappelons que les
électrodes E1 et E2 sont identiques ( LE1 = LE2 ).
A l’issue des simulations, l’égalité des capacités en condition sèche est obtenue pour :
• le capteur complet avec LE1 = LE2 = 22mm ce qui conduit à C1 = C2 = 0,50pF,
Les longueurs des électrodes conduisant à l’égalité des capacités sont très différentes suivant
la configuration du capteur considérée. Avec LE1 = LE2 = 22mm (longueur des électrodes du
capteur complet), les capacités C1 et C2 du capteur simplifié ne sont plus équilibrées. Les
simulations donnent : C1 = 1,04pF et C2 = 0,53pF. Bien que le film de PVB, l’électrode de
garde et le second feuillet de verre soient situés sous la zone de détection, ces éléments
influent significativement sur la valeur des capacités et notamment de la capacité sensible C1.
Les capacités obtenues avec les électrodes linéaires étant faibles, nous nous intéressons à un
capteur à électrodes interdigitées. L’augmentation des capacités, générée par l’allongement
des électrodes, tend, a priori, à améliorer le rapport Signal/Bruit.
Les valeurs des paramètres dimensionnels (cf. Figure III.12) sont initialisées à partir des
valeurs optimisées des capteurs à électrodes linéaires, en augmentant la longueur effective des
électrodes. Ces valeurs sont rassemblées dans le Tableau III.7.
109
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
lCA 5
Lelec/CA(haut) 10
Lelec/CA(bas) 20
lCA / E1 10
lCA / E3 10
Une simple multiplication des longueurs ne suffit pas car, dans les systèmes interdigités, le
champ dispersif est plus important, en raison des effets de bords à chaque branche [Mam04].
Ici encore, le dimensionnement de la longueur des électrodes doit être affiné jusqu’à
l’obtention de l’égalité des capacités. En raison de la géométrie des électrodes (Figure III.12),
c’est uniquement sur la valeur de la longueur des doigts des électrodes LE que nous jouons.
A l’issue des simulations, l’égalité des capacités en condition sèche est obtenue pour :
• le capteur complet avec LE = 30mm ce qui conduit à C1 = C2 = 7,31pF,
• le capteur simplifié avec LE = 11,5mm ce qui conduit à C1 = C2 = 6,48pF.
Globalement, pour une même configuration du capteur (complète ou simplifiée), les capacités
augmentent dans le même rapport que la longueur effective des électrodes, ce qui traduit des
effets de bords négligeables.
110
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Le Tableau III.8 rassemble les valeurs des capacités obtenues numériquement pour les
différentes configurations du capteur et les compare aux valeurs calculées à l’aide des
modèles analytiques de Endres [End91] et de Igreja [Igr04]. Pour le calcul des capacités du
capteur simplifié, la couche finie de PVB est remplacée par une couche infinie d’air.
Modèle de
Igreja 0,40pF 0,41pF 6,33pF 4,98pF 1,02pF 0,94pF 14,92pF 7,56pF
Simulations
par
0,49pF 0,49pF 6,48pF 6,48pF 0,50pF 0,50pF 7,31pF 7,31pF
éléments
finis
Tableau III. 8 : valeurs des capacités obtenues avec différentes méthodes de calcul
111
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Capteur complet : Les valeurs des capacités calculées selon les modèles de Endres et de Igreja
sont nettement supérieures aux valeurs obtenues numériquement. Le modèle de Igreja conduit
à la meilleure approximation car ce dernier permet en partie de tenir compte de la présence de
l’électrode de garde, en considérant la couche de PVB comme finie et écrantée de l’influence
extérieure. Etant donné l’écart avec les simulations, il semble que les méthodes analytiques
soient malgré tout insuffisantes pour traduire l’influence globale de l’électrode de garde sur la
distribution des lignes de champ du capteur. Dans la littérature, il a été montré que la présence
d’une électrode de garde engendrait une diminution notable des capacités [Tsa05]. Ce point
sera développé au chapitre suivant.
Les simulations par éléments finis permettent d’estimer les capacités quelle que soit la
configuration du capteur, contrairement aux modèles analytiques, dont la validité est limitée
aux configurations les plus simples (électrodes identiques, pas d’électrode de garde, condition
sèche).
Le dimensionnement des capteurs a été effectué avec la permittivité du verre Light mesurée à
1kHz, à température ambiante ( ε ' = 8,15 ). Dans le chapitre II, nous avons constaté que les
verres Dark et Light présentaient des permittivités diélectriques identiques, supérieures à celle
du verre Clear. De ce fait, le dimensionnement des capteurs est également valable avec le
verre Dark. Mais qu’en est-il du verre Clear? De nouvelles simulations sont réalisées en
remplaçant la permittivité ε ' du verre Light par celle du verre Clear mesurée à 1kHz, à
température ambiante ( ε ' = 7,75 ), en conservant les valeurs des paramètres dimensionnels
optimisés pour le verre Light. Les résultats sont présentés dans le Tableau III.9 pour les deux
motifs d’électrodes du capteur complet.
Tableau III. 9 : influence du type de verre sur les capacités du capteur complet
112
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
L’égalité des capacités en condition sèche est conservée avec le verre Clear, malgré une
diminution des capacités, notamment de la capacité sensible C1. Le volume de diélectrique
sous influence du champ électrique étant plus important dans le cas de la capacité C1, cette
dernière est proportionnellement la plus affectée par la modification des propriétés
diélectriques. Lorsque le volume de verre sous influence augmente (cas des électrodes
interdigitées), l’équilibre des capacités est menacé. Par conséquent, le dimensionnement des
capteurs reste valable quel que soit le verre utilisé pour confectionner les pare-brises, à
condition de ne pas augmenter la taille des capteurs.
Notons également que l’égalité des capacités en condition sèche est conservée sur une large
gamme de fréquence autour de 1kHz car la variation des permittivités diélectriques des
matériaux avec la fréquence est faible (cf. Figure II.12 et Figure II.19).
Initialement, nous avions considéré l’éventualité de graver directement les électrodes dans la
couche athermique, qui s’étend sur toute la surface du pare-brise. Cette fine couche
métallique, déposée sur la face interne du feuillet de verre extérieur par pulvérisation
atomique, a pour fonction de filtrer le rayonnement infrarouge afin de limiter l’échauffement
de l’habitacle en période estivale. Sa résistivité ρ est de 6.10-08 Ωm , ce qui correspond à la
résistivité du zinc, son composant majoritaire. L’analyse EDX d’un feuillet de verre recouvert
d’une couche athermique, présentée Figure III.15, révèle également la présence d’argent et de
titane.
113
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
cps
600 Si verre
couche
athermique
Zn
400
O
200
Ca
Ag Zn
Ti
CaTi Zn
0
Ca
0 2 4 6 8 10
Energie (keV)
Figure III. 15 : analyse EDX d’un feuillet de verre recouvert d’une couche athermique
Malgré sa conductivité intéressante, la couche athermique s’avère beaucoup trop fragile dans
les conditions de l’expérience pour pouvoir établir des contacts électriques avec une tenue
mécanique suffisante du fait de sa faible épaisseur ( < 200nm ). Les électrodes doivent donc
être fabriquées par dépôt conducteur sur le verre.
Pour des condensateurs à électrodes coplanaires d’épaisseur négligeable par rapport à leur
largeur, la capacité dépend essentiellement de la surface des électrodes [Wan03]. Ce point a
été confirmé pour nos capteurs par des simulations numériques. A priori, les deux techniques
de dépôt peuvent donc être utilisées indifféremment.
Lors du dimensionnement des capteurs, les propriétés électriques du verre Light ont été
utilisées. C’est pourquoi, afin de comparer les résultats expérimentaux et numériques, le verre
Light est systématiquement utilisé comme substrat lors de la fabrication des capteurs.
114
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
couche épaisse
La sérigraphie, très utilisée en micro-électronique hybride, permet de déposer, selon la
technique du pochoir, un réseau de conducteurs, de résistances ou de diélectriques, de
quelques micromètres d’épaisseur sur un substrat plan [Cha92]. L’élaboration de ces couches
épaisses comporte plusieurs étapes comme le montre la Figure III.16.
Fabrication
de l’encre Sérigraphie Etuvage Cuisson Caractérisation
Une encre est essentiellement composée d’une phase organique (liquide) qui garantit
l’impression de l’encre sur le substrat avant la cuisson et d’une phase minérale (poudre) qui
assure les propriétés électrique et mécanique recherchées après la cuisson, comme l’explique
la Figure III.17.
ENCRE
PHASE MINERALE PHASE ORGANIQUE
(poudre ) (liquide)
0.5-10µm
115
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Plusieurs types d’encres commerciales ont été testées dans le cadre de ce travail. L’utilisation
d’une encre classique nécessite une cuisson dans un four à passage, suivant un profil de
température, comportant généralement un palier d’une dizaine de minutes entre 850 et 950°C.
Cependant, la cuisson à haute température risque de modifier les caractéristiques électriques
du substrat de verre. En effet, la température de transition vitreuse (Tg) des verres
sodocalciques se situe aux environs de 540°C. A cette température, les propriétés optiques du
verre sont modifiées : une coloration jaune apparaît. Nous avons donc opté pour une encre
conductrice polymère argent (1901-S ESL) qui polymérise à basse température (calibration :
125°C / 10 minutes), la rendant compatible avec la plupart des substrats.
VI.1.b. Sérigraphie
Le choix de l’écran dépend de l’encre utilisée lors la sérigraphie, notamment de la taille des
grains la constituant. Pour l’encre conductrice polymère argent utilisée, il est préconisé
116
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
d’employer des écrans de 200 à 325 meshs avec un angle de maillage de 45° afin de faciliter
le raclage.
La préparation des écrans s’effectue selon le principe de la photolithographie dans une pièce
inactinique. Cette opération consiste à déposer sur l’écran un film mince de résine
photosensible. Nous verrons que la résine peut également se présenter sous forme liquide
suivant l’application. Ces résines sont des composés organiques, généralement des polymères
thermoplastiques, dont la solubilité est affectée par le rayonnement UV. Il en existe deux
types :
• les résines négatives pour lesquelles le rayonnement UV entraîne une polymérisation des
zones exposées, conférant ainsi à ces zones une tenue particulière au solvant de révélation,
alors que les parties non insolées disparaissent sélectivement dans ce solvant,
• les résines positives pour lesquelles le rayonnement UV entraîne une rupture des
macromolécules, d’où une solubilité accrue des zones exposées dans le révélateur.
Un film de résine négative de 50µm d’épaisseur (MS FILM 50, Murakomi Co), recouvert
d’un feuillet plastique de protection, est déposée sur un écran vierge et propre. La résine est
préalablement trempée dans de l’eau froide (solvant de révélation) de façon à bien imprégner
les mailles de l’écran lors du séchage en étuve (50°C pendant une heure), comme le montre la
Figure III.19.
plastique
résine photosensible
écran
Après avoir enlevé le film plastique, le typon, qui représente le motif des électrodes à
sérigraphier, est plaqué contre la face supérieure, au centre de l’écran comme indiqué Figure
III.20. Le typon est réalisé à l’aide d’un logiciel de dessin puis imprimé sur du papier de type
calque de façon à laisser passer les UV. La durée de l’insolation est fonction de l’épaisseur du
117
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
film de résine. Pour une épaisseur de 50µm, trois à quatre minutes sont nécessaires pour que
la résine non protégée polymérise sous l’effet du rayonnement UV.
U.V.
Un rinçage à l’eau tiède permet d’enlever la résine négative non-insolée, et de conserver les
parties insolées insolubles dans l’eau. L’écran est ensuite étuvé à 50°C pendant deux heures.
La Figure III.21 représente un écran ainsi fabriqué destiné à la sérigraphie d’un capteur à
électrodes linéaires. Nous avons ajouté des plots à la configuration initiale des électrodes afin
de faciliter la prise de contact lors des mesures et de ne pas endommager les électrodes.
Figure III. 21 : écran (200 meshs, 45°) destiné à la sérigraphie d’un capteur à électrodes linéaires
118
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
boutons de commandes
Lors de la sérigraphie, l’encre doit être à température ambiante de façon à être suffisamment
fluide. Une encre a un comportement pseudo-plastique, c’est-à-dire que sa viscosité diminue
sous l’effet d’un cisaillement, ce qui facilite le passage à travers les mailles de l’écran sous
l’effet de la raclette, et réaugmente ensuite, pour ne pas s’étaler sur le substrat. Comme
indiqué Figure III.23, c’est le déplacement de la raclette sur le motif de l’écran et la pression
exercée qui permettent de déposer l’encre sur le verre aux emplacements des électrodes. Dès
que l’écran quitte la surface du substrat, le nappage commence.
mouvement raclette
119
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
La couche humide est d’abord séchée à 100°C pendant dix minutes de manière à éliminer les
solvants, puis étuvée à 125°C dix minutes également, afin de polymériser et d’acquérir les
propriétés recherchées. Dans le cas des encres polymères, c’est la polymérisation qui confère
au film ses propriétés de solidité, de stabilité (adhérence au substrat, cohésion de la couche,
frittage suffisant…), mais aussi fonctionnelles (électriques et mécaniques). A cette
température, les caractéristiques du verre ne sont pas modifiées.
VI.1.d. Caractérisation
L’épaisseur de la couche humide, mesurée à l’aide d’un microscope à coupe optique, est de
quelques dizaines de micromètres (environ 40µm). Après le traitement thermique en étuve,
l’épaisseur de la couche sérigraphiée se trouve réduite suite à l’élimination du véhicule
organique présent dans l’encre.
Des mesures au profilomètre optique permettent de déterminer l’épaisseur des couches sèches
sérigraphiées. Pour le capteur présenté Figure III.24, l’épaisseur des électrodes est de l’ordre
de 15-20µm comme le montre la Figure III.25. Pour les mêmes réglages de la machine à
sérigraphier, cette valeur d’épaisseur de couche est reproductible.
120
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
25
20
Surface des
électrodes
15
épaisseur (µm)
10
Surface 0du
-1 1 3 5 7 9 11
verre
-5
distance (mm)
Ce problème peut être résolu en jouant sur l’épaisseur de la résine photosensible utilisée pour
la fabrication des écrans (<50µm) ou en changeant d’encre (même caractéristiques
fonctionnelles, température de polymérisation comparable mais thixotropie plus faible).
Néanmoins, chaque essai est fastidieux puisqu’il nécessite la fabrication d’un nouvel écran
ainsi que plusieurs essais de réglage lors de la sérigraphie. C’est pourquoi, si la méthode de
métallisation des électrodes sous vide s’avère plus concluante, nous privilégierons ce mode de
dépôt. Notons que, malgré un dimensionnement erroné, ces capteurs ont permis d’effectuer
les premières mesures de capacité.
121
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
La métallisation a lieu dans une enceinte reliée à un système de pompage (Figure III.26). Une
pompe à palettes permet de faire un vide primaire puis une pompe à diffusion d’huile prend le
relais pour atteindre un vide secondaire (de l’ordre de 10-6mbar). Le métal à évaporer,
l’aluminium, est déposé dans un creuset en tungstène chauffé par effet Joule.
enceinte
Pompe secondaire
Pompe primaire
122
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Afin de métalliser les électrodes sur le verre, deux voies sont possibles :
• la méthode directe consistant à superposer un masque au verre lors de la métallisation,
afin que ne soient métallisées que les zones réservées aux électrodes,
• la méthode indirecte consistant à métalliser toute la surface de verre et à éliminer
ensuite les parties indésirables au moyen d’une gravure à l’aide d’un masque de résine.
Dans un premier temps, la fabrication d’un masque souple, utilisable pour des dépôts
successifs, est considérée. Après quelques essais peu concluants avec du papier cartonné et un
film plastique (manque de précision lors de la découpe), des tests sont effectués avec le film
de résine photosensible négative (MS FILM 50, Murakomi Co), utilisé pour la fabrication des
écrans en sérigraphie. Afin de pallier au manque de rigidité du film dû à sa faible épaisseur
(50µm), plusieurs films de résine sont superposés et collés les uns aux autres avec de l’eau.
Après étuvage (50°C) et insolation sous UV pendant quelques minutes en présence du typon,
un rinçage à l’eau permet de dissoudre la résine non-insolée, laissant apparaître
l’emplacement des électrodes pour la métallisation. Cependant, malgré plusieurs épaisseurs de
résine, le masque reste très fragile et inutilisable pour la fabrication des capteurs.
L’utilisation d’un masque rigide, par exemple en acier inoxydable, paraît inévitable. Les
masques sont découpés par laser dans une tôle en inox de 200µm d’épaisseur, suffisamment
épaisse pour être rigide, mais pas assez pour générer des zones d’ombre lors de la
métallisation. La découpe est effectuée par une entreprise spécialisée dans l’usinage laser et la
découpe au jet d’eau de la région bordelaise.
Pour métalliser les électrodes, le masque en acier est superposé au substrat de verre.
L’ensemble est ensuite positionné dans l’enceinte de la station d’évaporation. Une fois un
vide secondaire atteint, nous pouvons procéder à la métallisation des électrodes. L’épaisseur
du dépôt est fonction de la durée de l’évaporation de l’aluminium. Des mesures au
profilomètre optique révèlent une épaisseur de l’ordre de 200 à 400nm.
123
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
A l’issue de ces différents essais, la fabrication d’un masque indépendant du substrat et donc
réutilisable, permettant un dimensionnement correct des électrodes, semble difficile. Nous
choisissons donc de solidariser le masque et le substrat de verre afin d’éviter tous les
problèmes précédemment cités. Pour cela, nous utilisons un film de résine photosensible
comme masque.
Un film de résine photosensible négative (MS FILM 50, Murakomi Co) est déposé sur toute
la surface du verre. Pour assurer une bonne adhésion, la résine est préalablement humidifiée.
Un étuvage à 50°C pendant plusieurs jours permet d’éliminer toute trace d’eau susceptible de
fragiliser la résine. Après insolation sous UV, pendant deux à trois minutes, un rinçage à l’eau
permet d’enlever la résine non-insolée. Le verre est ensuite étuvé à 50°C pendant quelques
heures.
L’observation à la binoculaire révèle la présence de bulles d’air entre la résine et le verre ainsi
que des irrégularités au niveau de la démarcation des électrodes : les bords ne sont pas
rigoureusement rectilignes en raison de la fragilité de la résine. De plus, il subsiste des traces
de résine aux emplacements des électrodes. En temps normal, la projection d’eau sous
pression permet d’enlever l’éventuelle résine restante, mais dans le cas présent, le film est
beaucoup trop fragile pour procéder de la sorte.
Un autre problème lié à ce mode de fabrication, concerne la suppression de la résine insolée
après la métallisation des électrodes. La résine insolée est soluble dans un solvant adéquat, le
Pregasol. Cependant, il faut veiller à ne pas laisser trop longtemps le Pregasol en contact avec
l’aluminium afin de réduire tout risque d’attaque chimique. Des tests ont montré qu’au bout
de quelques minutes, l’aluminium est attaqué par le Pregasol, alors que toute la résine insolée
n’est pas complètement dissoute.
124
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
La solution consiste à trouver une résine dont le solvant permet d’enlever la résine insolée,
sans altérer l’aluminium. C’est le cas de la résine photosensible positive S1813 Shipley, qui
utilise l’acétone comme solvant.
Dans le cas d’une résine positive, le substrat de verre doit, au préalable, être métallisé sur
toute sa surface. L’opération de dépôt de la résine photosensible, sous forme liquide,
s’effectue par centrifugation au moyen d’une tournette. Le substrat est maintenu par aspiration
sur un support solidaire du plateau en rotation. Cette opération, également appelée laquage,
s’effectue dans une pièce inactinique. L’épaisseur finale de la couche de résine est
principalement fonction de la quantité de résine déposée sur l’échantillon, de sa viscosité et
des conditions de rotation. Les paramètres choisis (vitesse : 3500 tours/mn, accélération :
1000 tours/mn/s, temps : 30 s) conduisent à des épaisseurs de résine de l’ordre de 400nm. La
résine photosensible, visqueuse après son étalement sur le verre, est alors durcie sur une
plaque chauffante à 100°C pendant huit minutes afin d’éliminer les solvants. Le verre
recouvert de résine est ensuite insolé quatre secondes à travers un masque représentant le
motif des électrodes. Ces masques, fabriqués au LAAS à Toulouse, sont directement gravés
sur des plaques de verre chromées. Le rayonnement UV entraîne une rupture des chaînes,
d’où une solubilité accrue des zones exposées dans le révélateur. Le verre recouvert de résine
insolée est plongé trente secondes dans un mélange basique aqueux de façon à n’éliminer que
la résine insolée. Il est ensuite placé sur une plaque chauffante à 120°C pendant 10 minutes
afin que la résine non-insolée polymérise. Après avoir laissé refroidir le verre, les zones non
protégées par la résine polymérisée sont gravées par attaque acide. Le mélange utilisé est
constitué de 77% d’acide phosphorique, 9,5% d’acide nitrique et de 13,5% d’eau. Les restes
de résine sont ensuite éliminés à l’aide d’acétone. L’aluminium résiste à tous les produits
utilisés dans ce protocole, sans être altéré.
L’ensemble de ces opérations est effectué à Toulouse, dans les locaux de l’AIME.
La Figure III.27 représente un capteur simplifié à électrodes interdigitées, déposées par
évaporation thermique sous vide, selon le protocole précédemment décrit.
125
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Figure III. 27: capteur simplifié à électrodes interdigitées déposées par évaporation thermique sous vide
Ce dernier procédé de fabrication permet d’obtenir la meilleure précision sur les dimensions
des électrodes. Des mesures au microscope optique révèlent une précision de ± 3µm.
Dans la mesure du possible (les capteurs étant réalisés au LAAS à Toulouse), nous
privilégions cette méthode pour la fabrication des capteurs. En outre, la réalisation en couches
minces semble plus appropriée car elle permet de faciliter l’intégration du capteur au sein du
pare-brise. Notons à ce propos que les électrodes du capteur devront être transparentes pour
ne pas gêner la vision du conducteur.
VII. Conclusion
Des simulations numériques, dont le principe repose sur la méthode des éléments finis, ont
permis de déterminer le dimensionnement des capteurs conduisant à l’égalité des capacités en
condition sèche (à 1kHz). Ce dimensionnement est valable quel que soit le verre utilisé
(Clear, Light ou Dark) pour la confection des pare-brises. Deux motifs d’électrodes sont
étudiés : électrodes linéaires et électrodes interdigitées. Le capteur complet n’étant pas
réalisable au laboratoire, une variante simplifiée du capteur (sans PVB ni électrode garde) est
simulée puis fabriquée dans le but de valider expérimentalement ses performances. Ces
travaux ont fait l’objet de deux rapports industriels pour PSA [Bor031] [Bor032] et de la
conférence Eurosensors XVIII [Bor042].
126
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Il nous faut maintenant s’assurer de la sensibilité des capteurs à la présence d’eau. Une étude
par simulation numérique permettra dans un premier temps de vérifier l’influence de l’eau
sous diverses formes (film uniforme et gouttes d’eau de volumes variables) sur les capacités.
Des mesures seront ensuite effectuées sur les capteurs simplifiés, en condition sèche puis en
présence de gouttes d’eau. Les résultats permettront de statuer sur la validité et les limites de
détection de chacun des capteurs étudiés.
127
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
Bibliographie
[Bor042] I. Bord, P. Tardy, F. Ménil, Dimensioning and first tests of a differential capacitive
humidity sensor, Eurosensors XVIII, Rome, Italie, 12-15 Septembre 2004, 708-709
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for a multi-layered structure, Sensors and Actuators A 112 (2004) 291-301
128
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
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monitoring of environmental parameters, Smart Mater. Struct. 9 (2000) 421-428
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211
[Ven99] O.G. Vendik, S.P. Zubko, M.A. Nikol’skii, Modeling and calculation of the
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electrode dielectrometry, IEEE Transactions on Electrical Insulation Vol.23 No 6
(1988) 897-917
129
CHAPITRE III : Dimensionnement des capteurs par simulation numérique et fabrication
130
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
CHAPITRE IV
Influence de l’eau sur les capacités
du capteur : étude par simulation
numérique et validation expérimentale
I. Introduction..................................................................................................................... 133
II. Cas simple : étude de l’influence d’un film d’eau par simulation numérique............... 134
II.1. Variation des capacités en présence d’un film d’eau ............................................. 134
II.2. Comparaison des configurations complète et simplifiée........................................ 136
II.2.a. Electrodes linéaires .......................................................................................... 136
II.2.b. Electrodes interdigitées.................................................................................... 137
II.3. Influence de l’électrode de garde............................................................................ 141
III. Cas réel : étude de l’influence de gouttes d’eau par simulation numérique et validation
expérimentale ..................................................................................................................... 146
III.1. Capteurs à électrodes linéaires .............................................................................. 147
III.1.a. Etude par simulation numérique..................................................................... 147
III.1.b. Validation expérimentale ............................................................................... 150
III.2. Capteurs à électrodes interdigitées ........................................................................ 153
III.2.a. Etude par simulation numérique..................................................................... 153
III.2.b. Validation expérimentale ............................................................................... 154
III.2.c. Origine du manque de sensibilité ................................................................... 156
IV. Conclusion ................................................................................................................... 162
Bibliographie .................................................................................................................. 165
131
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
132
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
I. Introduction
L’objectif de ce travail consiste à étudier l’influence de l’eau sous diverses formes (film
uniforme et gouttes de volumes variables) sur les capacités en fonction de la configuration du
capteur (électrodes linéaires -Figure III.11- ou interdigitées -Figure III.12-, capteur complet -
Figure III.13- ou simplifié -Figure III.14-). Quelle que soit sa configuration, le capteur doit
satisfaire les deux conditions suivantes :
• l’égalité des capacités en condition sèche : C1 = C2,
• une variation relative maximale de la capacité sensible C1 et une variation relative
minimale (idéalement nulle) de la capacité de référence C2 en présence d’eau.
Le premier point a été vérifié numériquement au chapitre précédent. L’étape suivante consiste
donc à s’assurer de la sensibilité du capteur à l’eau. Cette sensibilité est d’abord évaluée par
simulation numérique, sur chacune des configurations du capteur. Des mesures de capacités
sont ensuite effectuées sur les capteurs simplifiés, en condition sèche, puis en présence de
gouttes d’eau. Comme nous l’avons expliqué au chapitre précédent, toutes les configurations
du capteur ne peuvent pas être testées expérimentalement. Les capteurs complets n’étant pas
réalisables au laboratoire qui ne dispose pas des moyens d’assemblage verre/PVB/verre, seuls
les résultats numériques relatifs aux capteurs simplifiés pourront être comparés aux mesures.
Si ces dernières concordent avec les simulations, cet accord sera, selon toute vraisemblance,
également vérifié pour les capteurs complets, ce qui permettra de valider l’ensemble des
simulations. A l’issue de cette étude, nous aurons une idée plus précise des performances et
des limites de détection de chacune des configurations du capteur, ce qui permettra d’orienter
le choix du motif d’électrodes (linéaires ou interdigitées) à retenir pour le capteur final.
133
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
simulation numérique
intervalle suffisamment large : [10 à 1000µm ] . Le résultat de ces simulations est présenté :
du capteur. Dans ces simulations, nous faisons varier l’épaisseur du film d’eau dans un
13
0,8 C1 simplifié
12 C2 simplifié
C1 complet
0,75 C2 complet
11
0,7
Capacité (pF)
Capacité (pF)
10
0,65
C1 simplifié 9
0,6 C2 simplifié
C1 complet
C2 complet 8
0,55
7
0,5
6
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Figure IV. 1 : influence de l’épaisseur d’un film d’eau sur les capacités (a) des capteurs complet et simplifié à
électrodes linéaires et (b) des capteurs complet et simplifié à électrodes interdigitées
En condition sèche, les capacités C1 et C2 sont équilibrées pour chacune des configurations du
capteur. En présence d’un film d’eau, la capacité sensible C1 augmente significativement avec
l’épaisseur du film, alors que la capacité de référence C2 est très peu affectée, quelle que soit
la configuration du capteur. Au-delà d’une épaisseur d’eau de 200µm, la capacité C2 des
134
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
capteurs à électrodes linéaires augmente légèrement avec l’épaisseur du film. Cette variation
reste cependant négligeable par rapport à celle de C1.
Afin d’étudier la sensibilité à l’eau des différentes configurations du capteur, nous nous
∆C
intéressons à la variation relative des capacités C1 et C2 , donnée par :
C
∆C Ceau − Csec
= × 100
C
(%) (1)
Csec
d’épaisseur variable [10 à 1000µm ] est présentée Figure IV.2 pour chacune des quatre
L’évolution de la variation relative de la capacité sensible C1 en présence d’un film d’eau
70
Variation relative de la capacité sensible (%)
60
50
40
30
20 C1 linéaire simplié
C1 interdigité simplifié
10 C1 linéaire complet
C1 interdigité complet
0
0 200 400 600 800 1000
Figure IV. 2 : influence de l’épaisseur d’un film d’eau sur la variation relative de la capacité sensible pour
chaque configuration du capteur
Globalement, toutes les configurations du capteur voient leur capacité sensible C1 s’accroître
de façon significative en présence d’eau.
135
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
A ce stade de l’étude, il est imprudent de conclure quant au motif d’électrodes le plus sensible
car les simulations des capteurs à électrodes linéaires et interdigitées ne sont pas effectuées
exactement dans les mêmes conditions. En raison d’un nombre de nœuds limité par la version
du logiciel que nous utilisons, les simulations des capteurs à électrodes interdigitées sont
parfois réalisées sans modéliser de domaine de Trefftz. Des simulations en 2D montrent que
les résultats obtenus avec et sans éléments infinis, conduisent à des résultats similaires. Il est
donc intéressant et souvent nécessaire pour certains calculs lourds en 3D, de se passer de
l’environnement électrostatique du capteur afin de limiter la taille des structures à modéliser.
Notons que cette simplification reste tout à fait acceptable dans la mesure où les résultats
numériques des simulations ne fournissent que des valeurs indicatives.
Afin d’analyser les différences de sensibilité observées Figure IV.2, nous allons comparer les
deux configurations du capteur, complète et simplifiée, pour chaque motif d’électrodes.
Les deux configurations du capteur à électrodes linéaires ont la même valeur de capacité en
condition sèche (≈ 0,5pF). Pourtant, le capteur complet présente une variation liée à la
présence d’eau supérieure à celle du capteur simplifié.
136
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
Nous définissons par surface active, la surface du capteur sur laquelle l’eau provoque une
variation de la capacité sensible. Cette surface, représentée Figure IV.3 pour les capteurs à
électrodes interdigitées, correspond à la surface couverte par les électrodes, étirée de
λ
≈ 5mm de chaque côté (λ représente la longueur d’onde spatiale du réseau périodique). En
3
effet, il a été montré lors d’études précédentes [Zar88], que seul le diélectrique situé dans une
λ
région de du plan de électrodes était sous influence du champ électrique généré par les
3
électrodes interdigitées.
La longueur LE des électrodes conduisant à l’égalité des capacités en condition sèche étant
différente pour les configurations complète et simplifiée du capteur à électrodes interdigitées,
leur surface active est également différente.
137
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
λ
EAE1
lelec
5 mm d52 mm
lEC
d
ESE2
5 mm ECE3
CA
L’évolution de C1 en fonction de S est tracée Figure IV.4(a), pour les deux configurations du
capteur, en condition sèche et en présence d’un film d’eau de 200µm d’épaisseur. L’évolution
∆C1
de est représentée Figure IV.4(b).
C1
138
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
16 40
10 30
8 C1 simplifié
C1 complet
25
6
4 20
2
3000 3200 3400 3600 3800 4000 4200 4400 4600 3000 3200 3400 3600 3800 4000 4200 4400 4600
(a) (b)
Figure IV. 4 : influence de la surface active des capteurs à électrodes interdigitées sur (a) la capacité sensible
en condition sèche et en présence d’un film d’eau de 200µm d’épaisseur et sur (b) la variation relative de C1
La capacité sensible augmente avec la surface active du capteur. A surface active égale, le
capteur complet est nettement plus sensible à l’eau que le capteur simplifié. Quelle que soit la
configuration du capteur à électrodes interdigitées, plus la surface active est grande, plus la
variation relative de C1 en présence d’eau est importante. Cette augmentation s’avère
d’ailleurs plus rapide dans le cas du capteur complet.
139
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
Tableau IV. 1 : variation relative de C1 pour les configurations complète et simplifiée du capteur à électrodes
interdigitées à capacité sensible égale (C1 = 6,43pF)
Comme pour les capteurs à électrodes linéaires, la variation relative de la capacité sensible
liée à la présence d’eau est nettement supérieure pour le capteur complet.
Ainsi, pour un même motif d’électrodes (linéaires ou interdigitées), que ce soit à surface
active ou à capacité à sec égales, la configuration complète du capteur présente toujours
une meilleure sensibilité à l’eau que la configuration simplifiée.
Au chapitre III, lors de la phase de dimensionnement des capteurs, nous avons déjà remarqué
que les longueurs des électrodes conduisant à l’égalité des capacités, étaient très différentes
suivant la configuration du capteur (simplifiée ou complète). Avec les longueurs retenues
pour les électrodes linéaires du capteur complet ( LE1 = LE2 = 22mm conduisant à
Bien que le film de PVB, l’électrode de garde et le second feuillet de verre, présents dans la
configuration complète du capteur, mais absents de la configuration simplifiée, soient situés
sous la zone de détection, ces éléments ont une influence notable sur la valeur des capacités et
donc sur la sensibilité des capteurs vis-à-vis de l’eau. Intéressons nous à l’influence respective
de chacun de ces éléments :
140
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
• le second feuillet de verre, localisé sous l’électrode de garde, n’a pas d’incidence sur la
valeur des capacités. Des simulations numériques ont permis de vérifier ce point.
L’électrode de garde écrante totalement le capteur des influences intérieures, assurant
ainsi à la fois un blindage électromagnétique et un caractère directionnel à la détection.
• le film de PVB influe sur la valeur des capacités par le biais de sa permittivité
diélectrique, environ quatre fois supérieure à celle de l’air ( ε' PVB = 3,85 à 1kHz à 20°C).
Dans ce cas, nous devrions constater une augmentation des capacités du capteur complet.
Mais c’est le contraire qui est observé.
• la raison du décalage semble donc incomber à l’électrode de garde. C’est ce que nous
nous proposons de vérifier dans la suite de l’étude.
Verre
CA E1 E2 E3 CA
PVB
E4
141
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
Verre
CA E1 E2 E3 CA
PVB
fonction de l’épaisseur du film d’eau [10 à 1000µm ] est présentée Figure IV.7. Les résultats
L’évolution des capacités C1 et C2 du capteur à électrodes linéaires sans électrode de garde en
1,8
1,6
Capacité (pF)
1,4
C1 complet
1,2 C2 complet
C1 sans E4
C2 sans E4
1
0,8
0,6
0,4
0 200 400 600 800 1000
Figure IV. 7 : influence de l’épaisseur d’un film d’eau sur les capacités des capteurs à électrodes linéaires
complet et sans électrode de garde
D’après la Figure IV.7, l’absence d’électrode de garde conduit à une augmentation notable
des capacités, en particulier de la capacité sensible (d’où un déséquilibre des capacités en
condition sèche). Une telle influence de l’électrode de garde a déjà été observée dans des
travaux antérieurs [Tsa05].
142
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
Bien que la méthode des capacités partielles, exposée au chapitre III, soit insuffisante pour
calculer les capacités du capteur complet, elle permet néanmoins de dégager des tendances et
de comprendre l’influence de l’électrode de garde. Appliquons cette méthode aux deux
configurations précédentes du capteur, dont les schémas électriques équivalents sont
représentés :
• Figure IV.8(a) : capacité du capteur complet (avec électrode de garde),
• Figure IV.8(b) : capacité du capteur sans électrode de garde.
Cair Cair
Air Air
Cverre Cverre
Verre Verre
PVB PVB
CPVB C’PVB
Air
C’air
Figure IV. 8 : schémas électriques équivalents à la capacité sensible du capteur (a) avec et (b) sans électrode de
garde
En présence d’une électrode de garde (Figure IV.8(a)), les lignes de champs s’étendent dans
le verre et l’air situés au-dessus des électrodes, ainsi que dans le PVB situé au-dessous.
L’électrode de garde écrante le feuillet de PVB de toute influence extérieure. Dans ce cas, la
capacité C( a ) est la somme de trois capacités partielles :
143
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
dans l’air situé sous le feuillet de PVB. La capacité C( b ) est donc la somme de quatre
capacités partielles :
C( b ) = Cair + Cverre + C ' PVB + C 'air (3)
En calculant chacune des capacités partielles par la méthode des transformations conformes
(cf. chapitre III, paragraphe III.2), nous constatons que :
CPVB < C ' PVB + C 'air (4)
ce qui implique que :
C( a ) < C( b ) (5)
Bien que l’électrode de garde influe sur les deux capacités C1 et C2 du capteur, la capacité
sensible C1 est la plus affectée, puisque la profondeur de pénétration des lignes de champ est
directement liée à l’écartement entre les électrodes.
Afin d’étudier l’influence de l’électrode de garde sur la sensibilité des capteurs, nous
∆C1
calculons pour les deux configurations du capteur à électrodes linéaires, en présence
C1
d’un film d’eau d’épaisseur variable [10 à 1000µm ] . Les résultats de ces calculs sont
144
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
60
40
30
20
C1 complet
C1 sans E4
10
0
0 200 400 600 800 1000
Figure IV. 9 : influence de l’épaisseur d’un film d’eau sur la variation relative de la capacité sensible des
capteurs à électrodes linéaires complet et sans électrode de garde
D’après la Figure IV.9, le capteur complet présente une meilleure sensibilité à l’eau.
Reprenons la Figure IV.8. à laquelle nous ajoutons un film d’eau (entre le verre et l’air) à
chacune des configurations (a) et (b). En utilisant la méthode des capacités partielles, les
capacités C( a ) (avec électrode de garde) et C( b ) (sans électrode de garde) en présence du film
d’eau s’écrivent :
C( a ) ( eau ) = C ''air + Ceau + Cverre + CPVB (6)
Les variations relatives des capacités avec et sans électrode de garde, sont calculées à l’aide
de la formule (1) :
La variation liée à l’eau (expression du numérateur) est comparable dans les deux cas.
145
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
∆C( a ) ∆C( b )
> (10)
C( a ) C( b )
A capacité à sec égale, la part de la capacité qui varie avec l’eau est donc plus
importante pour un capteur comprenant une électrode de garde. C’est pourquoi la
configuration complète du capteur conduit à une meilleure sensibilité à l’eau que la
configuration sans électrode de garde.
Ce raisonnement s’appuie sur la méthode des capacités partielles qui, rappelons le, s’est
avérée insuffisante pour le calcul des capacités du capteur avec électrode de garde. Dans cette
méthode, nous considérons que les capacités partielles de part et d’autre des électrodes sont
indépendantes, ce qui n’est pas rigoureusement vrai. Mais cette méthode permet malgré tout
d’expliquer simplement l’influence de l’électrode de garde sur les variations de capacité.
La modélisation de la pluie sur un pare-brise par un film d’eau continu et uniforme a permis
de vérifier rapidement la sensibilité des capteurs à la présence d’eau. Cependant, un tel
modèle n’est pas très réaliste. Dans la suite de l’étude, le film d’eau est remplacé par des
gouttes.
146
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
Dans un premier temps, nous nous intéressons à l’influence du volume V de la goutte d’eau
sur le comportement du capteur. Le diamètre D des gouttes de pluie est généralement compris
entre 200 et 3000µm [Erp98]. Le Tableau IV.2 donne la correspondance entre D, le diamètre
de la goutte de pluie lors de sa chute (modèle sphérique) calculé à partir du volume V, et Di, le
diamètre de la goutte étalée après l’impact sur le capteur (modèle de la calotte sphérique pour
D > 1200µm et modèle hémisphérique pour D < 1200µm [Mar00]). Di et hi, la hauteur de la
goutte après l’impact, sont les paramètres dimensionnels de la goutte utilisés lors des
simulations numériques. Notons cependant que la forme des gouttes dépend beaucoup de
l’état de la surface d’impact.
Dans ces simulations, nous faisons varier le volume de la goutte entre 4,2nl et 20000nl,
volumes correspondants aux diamètres évoqués plus haut.
Volume de la goutte V
0,0042 1,8 4,2 5,0 10,0 15,0 20,0
(µl)
Diamètre D de la goutte
lors de sa chute (µm)
200 1510 2000 2120 2670 3060 3370
Diamètre Di de la goutte
après l’impact (µm)
252 2000 2800 3200 5000 6000 7000
Hauteur hi de la goutte
126 900 1150 1150 1200 1400 1500
après l’impact (µm)
147
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
E3 Verre
E1 E2 E3
E E
E11 E22
(a) (b)
Figure IV. 10 : (a) vue de dessus et (b) vue en coupe de la goutte d’eau sur les capteurs à électrodes linéaires
La variation relative des capacités C1 et C2 en présence d’une goutte d’eau de volume variable
est présentée Figure IV.11 pour les configurations simplifiée et complète du capteur à
électrodes linéaires.
25
Variation relative des capacités (%)
20
C1 simplifié
C2 simplifié
C1 complet
C2 complet
15
10
0
0 5 10 15 20
Figure IV. 11 : influence du volume de la goutte d’eau sur la variation relative des capacités des configurations
simplifiée et complète du capteur à électrodes linéaires
Pour des gouttes d’eau de volume inférieur à 1,8µl, aucune variation de la capacité sensible
C1 est observée. Pour des gouttes plus grosses, quelle que soit la configuration du capteur à
électrodes linéaires, C1 augmente avec le volume de la goutte d’eau. Une goutte de seulement
148
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
5µl engendre une variation relative de C1 de 3,5%, contre une variation négligeable (0,03%)
de C2. Pour un volume de goutte supérieur à 5µl, la variation de C1 est légèrement supérieure
avec le capteur complet, en raison de la présence de l’électrode de garde.
L’influence de la position de la goutte sur le capteur est ensuite étudiée. Comme pour le
capteur à électrodes interdigitées, nous définissons une surface active, représentée Figure
IV.12.
5 mm Surface active
5 mm Position 1 5 mm
E3
Position 2
E1 E2
5 mm
CA
Figure IV. 12 : surface active du capteur à électrodes linéaires et localisation de la goutte d’eau
149
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
15
10
0
0 5 10 15 20
Figure IV. 13 : influence du volume de la goutte d’eau sur la variation relative de la capacité sensible du
capteur simplifié à électrodes linéaires pour deux positions différentes de la goutte sur le capteur
Comme prévu, la variation relative de C1 est supérieure lorsque la goutte est en position 1. En
position 2, une variation de 2% nécessite une goutte de 10 µl, mais la sensibilité du capteur
reste significative.
Les mesures de capacité sont effectuées à l’aide d’un capacimètre (HP 4284A LCR Meter)
dans les mêmes conditions que celles retenues pour les simulations numériques (1kHz, 20°C,
500mV). Les prises de contact sur les électrodes sont réalisées par des pointes de test au
niveau des plots prévus à cet effet (Figure III.24). L’ensemble est placé dans une cage de
Faraday reliée à la masse. Le montage est schématisé Figure IV.14.
150
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
Cage de Faraday
Support des pointes
Pointes de test
Capteur simplifié
Support du capteur
Capacimètre
HP 4284A LCR Meter
Pour des raisons déjà évoquées, les mesures de capacités sont réalisées sur un capteur
simplifié, dont le dimensionnement conduit, d’après les simulations numériques, à
C1 = C2 = 0,49pF en condition sèche.
Afin de vérifier l’égalité des capacités, les mesures (incertitude de ±0,05%) sont d’abord
effectuées en condition sèche, puis en présence d’une goutte d’eau (utilisation d’eau
déminéralisée). La goutte est déposée sur le capteur, sur la face opposée aux électrodes, à
l’aide d’une micropipette permettant de contrôler le volume de celle-ci.
d’une goutte d’eau de volume variable [1,8 à 20µl ] , localisée en position 1 (Figure IV.12),
L’évolution des capacités C1 et C2 du capteur simplifié à électrodes linéaires en présence
est présentée Figure IV.15. Les résultats de simulation sont reportés pour comparaison.
151
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
0,7
C1 simulée
C2 simulée
C1 expérimentale
0,65 C2 expérimentale
Capacité (pF)
0,6
0,55
0,5
0,45
0 5 10 15 20
Nous remarquons au premier abord un décalage entre les valeurs simulées et les valeurs
expérimentales, tel que Csimu < Cexp , déjà observé lors d’études précédentes [Mar00]. En
effet, la méthode des éléments finis (FEM) a tendance à sous-estimer la valeur des capacités,
parfois jusqu’à plus de 30%.
Par ailleurs, l’égalité des capacités en condition sèche n’est pas complètement
respectée expérimentalement puisque C2exp > C1exp . En raison de la petite taille de l’électrode
E3, la capacité C2 est probablement affectée par l’incertitude dimensionnelle des électrodes,
relative au processus de fabrication des capteurs.
Cependant, conformément aux résultats de simulation numérique, la capacité sensible C1
augmente avec le volume de la goutte d’eau, alors que la capacité de référence C2 reste
stable.
La variation relative de la capacité sensible dans les conditions expérimentales précédentes est
présentée Figure IV.16. Les résultats de simulation sont là encore indiqués pour comparaison.
152
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
C1 simulée
C1 expérimentale
20
15
10
0
0 5 10 15 20
Figure IV. 16 : influence du volume de la goutte d’eau sur la variation relative de la capacité sensible du
capteur simplifié à électrodes linéaires obtenue expérimentalement et par simulation numérique
Les variations relatives des capacités expérimentales se révèlent supérieures à celles calculées
numériquement. La sensibilité des capteurs à électrodes linéaires est donc confirmée
expérimentalement avec une goutte d’eau.
Intéressons nous maintenant aux capteurs à électrodes interdigitées.
électrodes interdigitées avec une goutte d’eau de volume variable [1,8 à 20µl ] , positionnée
Les simulations numériques sont effectuées sur les deux configurations du capteur à
au centre du capteur, comme indiqué Figure IV.17(b). Les résultats sont présentés dans le
Tableau IV.3. pour le volume maximal de la goutte (20µl).
153
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
∆C1
avec une goutte de 20µl 1,05% 1,2%
C1
Tableau IV. 3 : variation relative de C1 pour les deux configurations du capteur à électrodes interdigitées en
présence d’une goutte d’eau de 20µl
Bien que la position centrale de la goutte (de volume maximal de 20µl) représente a priori un
cas favorable pour la sensibilité du capteur, seule une très faible variation de la capacité
sensible C1 est observée.
Pour éviter de perdre un temps précieux à résoudre les éventuels problèmes de simulation,
nous passons directement à la phase expérimentale.
Nous cherchons dans un premier temps à vérifier expérimentalement les résultats surprenants
obtenus par simulation numérique en présence d’une goutte d’eau.
154
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
Les mesures de capacité sont effectuées sur le capteur simplifié, à l’aide du montage présenté
Figure IV.14. D’après les simulations numériques, le dimensionnement du capteur conduit à
C1 = C2 = 6,48pF en condition sèche. Cependant, nous mesurons des capacités de l’ordre de
seulement 5,8pF. L’observation des capteurs à la loupe binoculaire révèle quelques rayures
sur les électrodes, probablement causées par les pointes de test, qui peuvent générer une
modification de la longueur des électrodes et donc des capacités. En effet, la couche
d’aluminium, déposée par évaporation thermique sous vide, est très fine (< 400nm) et donc
très fragile. Les capacités mesurées sont ainsi sous-estimées.
Une goutte d’eau, dont nous faisons varier le volume [1,8 à 20µl ] , est ensuite déposée au
/EA E
EA1
lelec
E1 E2
E3 d2
lEC
d
E2
ES E3
EC
(a) (b)
Figure IV. 17 : localisation de la goutte d’eau sur (a) le capteur à électrodes linéaires et sur (b) le capteur à
électrodes interdigitées
155
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
40
C1 interdigité
30
25
20
15
10
0
0 5 10 15 20
Bien que la variation expérimentale de la capacité sensible en présence d’une goutte d’eau
soit supérieure aux résultats de simulation, cette variation reste dérisoire par rapport à celle
observée avec le capteur à électrodes linéaires. Notons d’ailleurs que la sensibilité de ce
dernier est encore améliorée lorsque la goutte est exactement positionnée entre les électrodes
E1 et E2 (influence maximale).
Les capteurs à électrodes linéaires et les capteurs à électrodes interdigitées présentent des
surfaces actives différentes. La surface active du capteur à électrodes interdigitées
( S ≈ 3032mm 2 ), représentée Figure IV.3, est près de sept fois supérieure à celle du capteur à
électrodes linéaires ( S = 452mm 2 ), présentée Figure IV.12. Dans les mêmes conditions de
156
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
pluie, une goutte déposée sur le capteur à électrodes linéaires, correspond statistiquement à
sept gouttes sur le capteur à électrodes interdigitées.
Une nouvelle série de mesures est alors effectuée avec sept gouttes de 20µl (volume maximal
considéré) chacune, déposées une par une sur le capteur, suivant la numérotation de la Figure
IV.19. Une huitième goutte, excentrée par rapport aux électrodes, mais toujours comprise dans
la surface active du capteur, est ajoutée afin de vérifier la sensibilité du capteur lorsqu’une
goutte est localisée en position jugée défavorable.
Surface active
8
/EA
Surface active
7 E1
EA
5 lelec
2
1 d2
3 lEC
d 4 E3
EES
2 6
Zone de détection EC
homogène
CA
Figure IV. 19 : répartition des sept gouttes d’eau sur le capteur à électrodes interdigitées
Les capacités C1 et C2 sont mesurées après le dépôt de chaque goutte. Ces mesures vont
permettre d’étudier l’influence du nombre de gouttes sur les capacités mais également
l’influence de la position des gouttes sur la surface active du capteur.
157
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
20
10
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8
Figure IV. 20 : influence du nombre et de la position des gouttes sur la variation relative expérimentale des
capacités
La capacité sensible augmente avec le nombre de gouttes. Cette augmentation est directement
liée à la position de la goutte sur le capteur. Nous définissons une zone de détection
homogène dans laquelle une goutte de 20µl provoque une variation de la capacité sensible
d’environ 3%, quelle que soit sa position dans cette zone (position 1 à 5 de la Figure IV.19).
Dans cette zone, la variation de C1 augmente donc de façon linéaire avec le nombre de
gouttes. En position 6 et 7, la goutte n’est que partiellement comprise dans la zone de
détection homogène. De ce fait, la variation relative de la capacité sensible est plus faible
mais reste significative (≈2%). Enfin, lorsque la goutte est située en position 8, position
excentrée par rapport aux électrodes et exclue de la zone de détection homogène, la variation
de C1 est négligeable (0,18%). Plus la goutte s’éloigne de la zone de détection homogène et
plus la variation de C1 diminue.
Quant à la capacité de référence, la présence de sept gouttes de 20 µl provoque une variation
de près de 5%. Les gouttes 5 et 6 engendrent la plus forte augmentation de la capacité en
raison de la proximité avec l’électrode E3.
Le Tableau IV.4 rappelle les variations relatives de la capacité sensible mesurées pour chaque
motif d’électrodes du capteur simplifié en présence de gouttes d’eau de 20µl.
158
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
Nombre de gouttes
Motif des électrodes Variation relative de C1
(Volume = 20µl)
1 3,14%
Electrodes interdigitées
7 20,25%
Tableau IV. 4 : variation relative de C1 pour les deux motifs d’électrodes du capteur simplifié en fonction du
nombre de gouttes d’eau (V=20µl)
Le capteur à électrodes linéaires présente une capacité en condition sèche beaucoup plus
faible que le capteur à électrodes interdigitées. La variation relative de C1 liée à une même
quantité d’eau est donc logiquement plus importante dans le cas du capteur à électrodes
linéaires, et devient significative dès un faible volume d’eau.
Nous pouvions cependant nous attendre à ce qu’une même quantité d’eau provoque une
augmentation similaire de la capacité sensible pour les deux motifs d’électrodes. Mais,
d’après les résultats expérimentaux, rassemblés Tableau IV.5, l’augmentation de C1 générée
par une même quantité d’eau, est plus importante pour le capteur à électrodes linéaires que
pour celui à électrodes interdigitées.
159
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
Tableau IV. 5 : augmentation de C1 pour les deux motifs d’électrodes du capteur simplifié en fonction du
volume de la goutte d’eau
Cet effet peut avoir diverses origines : le motif des électrodes, la surface du capteur (longueur
des électrodes) ou encore la valeur de la capacité.
Bien que les simulations numériques sous-estiment les variations de capacité, ces dernières
permettent malgré tout de dégager des tendances. De nouvelles simulations sont donc
réalisées avec les deux motifs d’électrodes du capteur simplifié, en présence d’une goutte
d’eau de 20µl, à surface active égale puis à capacité égale. Ces effets sont obtenus en
augmentant la longueur des électrodes linéaires. Les résultats sont présentés dans le Tableau
IV.6.
160
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
∆C1 ∆C1
= 2,23% = 1,70%
C1 C1
Electrodes linéaires ( LE1 = LE2 = 126 mm ( LE1 = LE2 = 142 mm
∆C1 ∆C1
Electrodes interdigitées = 1,05% = 1,05%
C1 C1
Tableau IV. 6 : variation relative de C1 pour les deux motifs d’électrodes du capteur simplifié à surface égale et
à capacité égale
161
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
∆C1 ∆C1
en condition de en condition
Motif des électrodes Volume de la goutte C1 C1
(µl) test du laboratoire réelle
(goutte déposée) (goutte étalée)
10 30,77% 40,44%
Electrodes linéaires
20 39,88% 55,15%
10 1,68% 5,27%
Electrodes interdigitées
20 3,14% 13,13%
Tableau IV. 8 : variation relative de C1 pour les deux motifs d’électrodes du capteur simplifié en fonction de
l’étalement de la goutte
IV. Conclusion
L’objectif de ce chapitre était d’étudier l’influence de l’eau sur les capacités du capteur. Une
première approche par simulation numérique a permis d’évaluer la sensibilité de chacune des
configurations du capteur lorsque un film d’eau d’épaisseur variable recouvre sa surface.
Quelle que soit la configuration du capteur, la capacité sensible C1 augmente
significativement avec l’épaisseur du film, alors que la capacité de référence C2 est très peu
affectée. La meilleure sensibilité à l’eau est obtenue avec les capteurs complets qui
possèdent une électrode de garde. En plus d’écranter le capteur des influences extérieures,
en assurant à la fois un blindage électromagnétique et une directionalité à la détection,
l’électrode de garde permet d’augmenter la variation de la capacité sensible liée à la présence
d’eau : le volume de diélectrique sous influence des électrodes est réduit par l’électrode de
garde, ce qui augmente la part de la capacité qui varie avec l’eau.
Le modèle du film d’eau n’étant pas très réaliste, l’effet de gouttes sur les capacités du capteur
a été étudié. Afin d’évaluer la limite de détection de chacune de ses configurations, une seule
162
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
goutte d’eau est considérée. Après une étude par simulation numérique, des mesures de
capacité sont réalisées sur les configurations simplifiées du capteur. En voici les principaux
résultats :
• Les capteurs à électrodes linéaires présentent une bonne sensibilité à l’eau dès un très
faible volume d’eau. Une goutte de seulement 1,8µl, déposée au centre du capteur,
provoque une variation de C1 supérieure à 1,2%. Une goutte d’eau de 10µl, même
excentrée par rapport aux électrodes, est toujours détectée. La capacité de référence C2
reste inchangée.
• En présence d’une goutte d’eau, la réponse des capteurs à électrodes interdigitées est très
faible. Pour expliquer un tel comportement, une comparaison est effectuée entre les deux
motifs d’électrodes. D’abord, la surface active des capteurs à électrodes interdigitées est
plus grande. Afin de comparer les sensibilités en conditions similaires, le nombre de
gouttes d’eau est augmenté dans le même rapport que la surface active. Même dans ces
conditions, la sensibilité des capteurs à électrodes interdigitées reste inférieure à celle des
capteurs à électrodes linéaires, tandis que la capacité de référence devient sensible à la
présence d’eau. Outre la surface active, la valeur de la capacité en condition sèche est
beaucoup plus élevée dans le cas des capteurs à électrodes interdigitées. Ceci entraîne une
variation relative de C1 en présence de la même quantité d’eau plus faible que celle des
capteurs à électrodes linéaires. Cependant, les mesures ont démontré que l’augmentation
de C1 générée par une même quantité d’eau, était toujours supérieure dans le cas du
capteur à électrodes linéaires.
163
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
Il faut également ajouter que l’étude sur le capteur à électrodes linéaires a été effectuée en
présence d’une seule goutte d’eau. Nous pouvons penser que plusieurs gouttes engendreront
une réponse encore plus significative du capteur.
Ce travail a fait l’objet de deux rapports industriels pour PSA [Bor032] [Bor051], des
conférences JNRDM [Bor041] et Eurosensors XVIII [Bor042] et d’un article dans la revue
Sensors and Actuators B [Bor06].
l’intérieur du pare-brise, sera soumis aux mêmes variations de température [ −40 à + 80°C]
capteur dépend de plusieurs paramètres, notamment de la température. Le capteur, implanté à
et devra fonctionner correctement dans cette gamme de température. C’est ce que nous nous
proposons de vérifier dans le dernier chapitre.
164
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
Bibliographie
[Bor041] I. Bord, Capteur de pluie de type capacitif différentiel, Proceedings des VIIèmes
Journées Nationales du Réseau Doctoral de Microélectronique JNRDM, Marseille,
France, 4-6 Mai 2004, pp 41-43.
[Bor042] I. Bord, P. Tardy, F. Ménil, Dimensioning and first tests of a differential capacitive
humidity sensor, Eurosensors XVIII, Rome, Italie, 12-15 Septembre 2004, 708-709
[Erp98] G. Erpul, D. Gabriels, D. Janssens, Assessing the drop size distribution of simulated
rainfall in a wind tunnel, Soil Till. Res. 45 (1998) 455-463
165
CHAPITRE IV : Influence de l’eau sur les capacités du capteur : étude par simulation numérique
et validation expérimentale
[Wal93] F.A. Waldman et al. (Axiomatics Corp), (USA), Apparatus and methods for
measuring the dielectric constant and geometric properties of materials, , US Patent
5223796, 38 pp, 29 Jun, (1993)
[Wan03] Y. Wang, Y.L. Cheng, Y.W. Zhang, H.L.W. Chan, C.L. Choy, Dielectric behaviors
of lead zirconate titanate ceramics with coplanar electrodes, Materials Science and
Engineering B99 (2003), pp 79-82
[Zar88] M.C. Zaretsky, L. Mouayad, J.R. Melcher, Continuum properties from interdigital
electrode dielectrometry, IEEE Transactions on Electrical Insulation Vol.23 No 6
(1988) 897-917
166
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
CHAPITRE V
Influence de la température sur les
performances du capteur : étude par
simulation numérique et validation
expérimentale
I. Introduction..................................................................................................................... 169
II. Influence de la dilatation thermique des matériaux....................................................... 169
II.1. Capteur simplifié .................................................................................................... 171
II.2. Capteur complet...................................................................................................... 171
III. Influence de la modification des propriétés diélectriques des matériaux..................... 173
III.1. Capteur simplifié ................................................................................................... 173
III.1.a. Etude par simulation numérique..................................................................... 173
III.1.b. Validation expérimentale ............................................................................... 174
III.2. Capteur complet .................................................................................................... 178
IV. Conclusion ................................................................................................................... 181
Bibliographie .................................................................................................................. 182
167
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
168
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
I. Introduction
169
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
Verre
Matériaux PVB Aluminium
sodocalcique
α à 20°C
9 6600 24
(10-6 C-1)
∆L
L0
Les variations dimensionnelles de chaque élément du capteur sont calculées dans les trois
dimensions de l’espace, pour les deux températures extrêmes −40°C et +80°C . Les nouvelles
dimensions sont ensuite injectées dans les programmes de simulation 3D. Afin de dissocier
l’effet de la dilatation thermique de celui de la variation des propriétés diélectriques des
matériaux sur les capacités, les valeurs des permittivités diélectriques mesurées à 20°C
(Tableau III.2) sont conservées quelle que soit la température.
Cette étude est réalisée sur le capteur à électrodes linéaires en raison de la simplicité de sa
géométrie, qui ne nécessite que des modifications mineures dans les programmes de
simulation. Les deux configurations de ce capteur, simplifiée et complète, sont
successivement traitées.
170
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
et une rétraction de −7, 2 µm à −40°C . De même, l’épaisseur du verre everre, égale à 2,1mm à
20°C , n’est modifiée que de ±1,1 µm dans ce même intervalle de température.
D’après les simulations numériques, la variation des capacités C1 et C2, liée à la modification
des paramètres géométriques du capteur simplifié, est négligeable (< 0,5%) dans la gamme de
171
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
0,515 3
C1
C2
0,51 2
Capacité (pF)
0,505 1
0,5 0
0,495 -1
0,49 -2
-50 0 50 100 -50 0 50 100
(a) (b)
Figure V. 2 : influence de la dilatation thermique des matériaux sur (a) les capacités et (b) la variation
différentielle relative des capacités du capteur complet à électrodes linéaires
considéré [ −40 à + 80°C] et s’opère dans des proportions similaires pour les deux capacités,
L’augmentation des capacités C1 et C2 reste faible (< 3,4%) dans l’intervalle de température
bien que la capacité sensible soit davantage affectée par la modification de l’épaisseur du film
de PVB. Cependant, ce dernier est inséré entre deux feuillets de verre dont le CTE est faible.
Rien ne prouve que le PVB soit libre de se dilater en épaisseur dans ces conditions. Nous
pouvons donc considérer que la dilatation thermique des matériaux n’a qu’une influence
mineure sur les capacités et que l’égalité des capacités C1 et C2 en condition sèche est
pratiquement respectée dans la gamme de température étudiée.
notre intervalle d’étude [ −40 à + 80°C] . Nous pouvons penser qu’il en sera de même pour le
pas de façon significative l’équilibre des capacités des capteurs à électrodes linéaires dans
Intéressons nous maintenant à la variation des propriétés diélectriques des matériaux avec la
température et à leur influence sur les performances du capteur.
172
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
Comme nous l’avons montré au chapitre II, la permittivité diélectrique des matériaux varie
avec la température. L’étude expérimentale a permis de constituer une banque de données
regroupant les permittivités diélectriques ε ' du verre et du PVB, dans la gamme de
température [ −40 à + 80°C] et d’établir des expressions semi-empiriques permettant de
rendre compte de leur dépendance en fréquence et en température. Dans cet intervalle, les
permittivités considérées augmentent significativement avec la température. Nous pouvons
donc nous attendre à ce que les capacités augmentent également avec la température.
Le capteur fonctionne en mode différentiel. Les deux condensateurs sont donc soumis aux
mêmes contraintes thermiques. Cependant, ces derniers présentent une géométrie différente et
ne sont pas constitués du même volume de diélectrique. Il est alors indispensable de
déterminer l’incidence de la variation des permittivités diélectriques des matériaux sur
chacune des capacités et ainsi sur les performances du capteur.
Pour la configuration simplifiée du capteur, seules les propriétés diélectriques du verre varient
avec la température. L’expression semi-empirique (68), déterminée au chapitre II, permet de
rendre compte du comportement de la partie réelle de la permittivité diélectrique ε ' du verre
Light dans les gammes de fréquence et de température utilisées pour l’application du capteur :
ε '(ω ,T ) = ε ∞ + A(T )ω n −1 (3)
n = 0,86 − 2 ,3.10−3 T
Ces expressions sont injectées dans les programmes de simulation. La fréquence est fixée à
1kHz, seule la température est modifiée.
173
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
Les simulations sont effectuées en condition sèche puis en présence d’un film d’eau
d’épaisseur moyenne (200µm). La permittivité diélectrique de l’eau évolue avec la
ε 'eau = 80 − 0, 4 (T − 20 )
température suivant la loi [McG29] :
avec T en °C (4)
Les résultats de simulation sont présentés Figure V.5 et Figure V.6 avec les résultats
expérimentaux pour faciliter l’interprétation.
• Dispositif de mesure
Les mesures de capacité sont effectuées à l’aide du montage présenté Figure IV.15 au chapitre
précédent. L’ensemble est placé dans une étuve (SECASI-VRT-SIRPAC) permettant de
174
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
Etuve SECASI-
VRT-SIRPAC
Cage de Faraday
Pointes de test
Pt 1000
Capteur simplifié
Support du capteur
Multimètre
Capacimètre
HP 4284A LCR Meter
Les mesures de capacité sont d’abord effectuées en condition sèche, puis en présence de
gouttes d’eau de 15µl : une seule goutte est déposée sur le capteur à électrodes linéaires (i.e.
position 1 de la Figure IV.12) tandis que sept gouttes sont déposées sur le capteur à électrodes
interdigitées (i.e. Figure IV.19). Pour les plus hautes températures, les mesures doivent être
effectuées rapidement en raison de l’évaporation des gouttes qui rend difficile le contrôle du
volume d’eau.
175
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
0,6 7,5
C1 expérimentale
0,58 C1 simulée C1 expérimentale
C1 simulée
7
0,56
Capacité (pF)
Capacité (pF)
0,54
6,5
0,52
6
0,5
0,48
5,5
0,46
-60 -40 -20 0 20 40 60 80 -40 -20 0 20 40 60 80
(a) capteur simplifié à électrodes linéaires (b) capteur simplifié à électrodes interdigitées
Figure V. 5 : influence de la température sur la capacité sensible (a) du capteur simplifié à électrodes linéaires
et (b) du capteur simplifié à électrodes interdigitées obtenue expérimentalement et par simulation numérique
Le décalage observé entre les valeurs simulées et les valeurs expérimentales a déjà été
commenté au chapitre précédent. Comme nous pouvions nous y attendre, la capacité sensible
augmente significativement avec la température quel que soit le motif des électrodes. Un tel
comportement s’avère gênant puisque, dans le cas du capteur à électrodes linéaires par
exemple, une variation de 10°C a le même effet sur C1 qu’une goutte d’eau de 4,2µl à
température ambiante. Néanmoins, le mode différentiel devrait permettre de s’affranchir de
l’influence de la température sur les capacités.
l’aide de la relation (2), dans la gamme de température [ −40 à + 80°C] , en condition sèche
Nous traçons, pour chaque capteur, la variation différentielle relative des capacités, calculée à
puis en présence d’eau, afin de contrôler l’influence de la température sur les performances du
capteur.
176
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
En raison des problèmes de maillage rencontrés lors de la modélisation des gouttes d’eau,
notamment pour le capteur à électrodes interdigitées (cf. chapitre IV, paragraphe II.2.a), un
film d’eau de 200µm d’épaisseur est considéré lors des simulations. Expérimentalement, le
dispositif de mesure utilisé rend difficile le dépôt d’un film. C’est pourquoi nous déposons des
gouttes d’eau, de volume suffisamment important (15µl) pour provoquer une variation
significative de la capacité sensible.
à sec num.
+ film d'eau de 200µm num.
à sec exp.
+ 1 goutte d'eau de 15µl exp.
Variation différentielle relative des capacités (%)
Variation différentielle relative des capacités (%)
30 30
à sec num.
25 25 + film d'eau de 200µm num.
à sec exp.
+ 7 gouttes d'eau de 15µl exp.
20 20
15 15
10 10
5 5
0 0
-5 -5
-10 -10
-40 -20 0 20 40 60 80 -40 -20 0 20 40 60 80
(a) capteur simplifié à électrodes linéaires (b) capteur simplifié à électrodes interdigitées
Figure V. 6 : influence de la température sur les capacités (a) du capteur simplifié à électrodes linéaires et (b)
du capteur simplifié à électrodes interdigitées obtenue expérimentalement et par simulation numérique
En condition sèche : L’équilibre des capacités est respecté aux incertitudes expérimentales
près (cf. chapitre IV, paragraphes III.1.b et III.2.b.) quels que soient la température et le motif
des électrodes. L’utilisation du mode différentiel rend donc les capteurs simplifiés insensibles
aux fluctuations de température.
177
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
En présence d’eau : Le capteur est sensible à l’eau quelle que soit la température. Cependant,
nous notons une diminution de la sensibilité des capteurs avec la température, liée à la baisse
de la permittivité de l’eau (i.e. relation (4)). En configuration simplifiée, le capteur à
électrodes linéaires reste plus sensible à l’eau que le capteur à électrodes interdigitées, quelle
que soit la température.
Le décalage observé entre les variations de capacité simulée et expérimentale s’explique par
la différence de volume d’eau considéré.
• au-delà de 50°C :
ε ' = 5,5 (6)
178
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
[ −40 à + 80°C] . Les expressions (3) et (4) sont respectivement utilisées pour modéliser le
La fréquence est fixée à 1kHz. Nous faisons varier la température dans l’intervalle
Les simulations sont effectuées en condition sèche puis en présence d’un film d’eau de
200µm d’épaisseur. Les variations différentielles relatives des capacités, calculée à l’aide de
la relation (2), sont présentés :
• Figure V.7(a) : pour le capteur complet à électrodes linéaires,
• Figure V.7(b) : pour le capteur complet à électrodes interdigitées.
Les résultats de simulation obtenus avec un film d’eau d’épaisseur variable [10 à 200µm ]
à sec à sec
+ film d'eau de 200µm + film d'eau de 200µm
Variation différentielle relative des capacités (%)
200µm
30 200µm 30
20 20 100µm
100µm
10 50µm 10 50µm
20µm 20µm
10µm 10µm
0 0
-10 -10
(a) capteur complet à électrodes linéaires (b) capteur complet à électrodes interdigitées
Seuil de détection
Valeur critique
Figure V. 7 : influence de la température sur les capacités (a) du capteur complet à électrodes linéaires et (b) du
capteur complet à électrodes interdigitées obtenue par simulation numérique
179
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
En présence d’eau : Le capteur est sensible à l’eau et à la glace quel que soit le motif des
électrodes, dans l’intervalle de température considéré. Il existe cependant un risque de
confusion entre la présence d’eau sur le capteur et une fluctuation de température lorsque la
variation différentielle relative des capacités augmente. Il faudra donc définir un seuil de
détection au-delà duquel il n’y a plus d’ambiguïté quant à l’origine de cette augmentation. Ce
seuil devra se situer au niveau de la valeur maximale de la variation différentielle relative des
capacités générée par une fluctuation de température en condition sèche. Cette valeur critique
correspond, pour les deux motifs d’électrodes du capteur, à la variation observée à −35°C ,
soit 8,65% pour le capteur à électrodes linéaires et 7,49% pour le capteur à électrodes
interdigitées. Dans les deux cas, un film d’eau d’épaisseur inférieure à 50µm ne pourra être
détecté par le capteur.
Seul, le mode différentiel ne permet donc pas de protéger efficacement les capteurs
complets de l’influence de la température. Si le seuil de détection s’avère insatisfaisant, il
est possible d’adjoindre un capteur de température afin de limiter le fonctionnement du
capteur, par exemple aux températures positives (limitation à la détection de pluie). La
« détectivité » des capteurs serait ainsi significativement améliorée : le capteur à électrodes
linéaires serait alors capable de détecter un film d’eau de seulement 10µm. Rappelons que
pour une épaisseur d’eau inférieure à 40µm, le capteur à électrodes linéaires conduit à une
meilleure sensibilité que le capteur à électrodes interdigitées (cf. chapitre IV).
180
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
IV. Conclusion
Figure II.12 et Figure II.19, pour différentes températures [ −40 à + 80°C] . D’après ces
résultats, pour des fréquences supérieures à 10kHz, les variations des permittivités
diélectriques des matériaux avec la température sont significativement diminuées, ce qui
permettrait de réduire le déséquilibre des capacités en condition sèche. Dans ce cas, la valeur
du seuil de détection pourrait être abaissée et les plus faibles volumes d’eau détectés par le
capteur. Remarquons cependant que lorsque la fréquence augmente, les pertes diélectriques
sont plus importantes et la valeur des permittivités plus faible. Les capacités seraient alors
également plus faibles, ce qui pourrait engendrer une dégradation du rapport Signal/Bruit et
donc une diminution de la sensibilité des capteurs.
Il sera de plus difficile de supprimer complètement le déséquilibre des capacités, car, quelle
que soit la fréquence, la permittivité diélectrique du PVB augmente toujours plus rapidement
avec la température que celle du verre.
181
CHAPITRE V : Influence de la température sur les performances du capteur :
étude par simulation numérique et validation expérimentale
Bibliographie
[Fen05] T. Fen-Chong, A. Fabbri, Freezing and thawing porous media : experimental study
with a dielectric capacitive method, Comptes Rendus de Mécanique 333 (2005) 425-
430
182
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
183
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
184
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
Lors de ce travail, les performances d’un capteur de pluie capacitif différentiel ont été
étudiées.
Une étude bibliographique, objet du premier chapitre, a d’abord permis de faire le point sur
l’état de l’art en matière de capteurs de pluie pour pare-brise automobile et de définir les bases
du travail de développement d’un capteur capable de résoudre les problèmes inhérents aux
capteurs commerciaux. A l’issue de cette étude, un capteur capacitif différentiel, constitué de
trois électrodes coplanaires protégées, délimitant une capacité sensible à l’eau et une capacité
de référence, a été sélectionné. Le fonctionnement en mode différentiel permet de réduire
l’influence des paramètres perturbateurs extérieurs. Une électrode supplémentaire, située sous
les trois autres, écrante le capteur des influences intérieures, assurant ainsi un caractère
directionnel à la détection.
Afin de réduire le champ des investigations expérimentales, une étude du capteur par
simulation numérique s’est avérée nécessaire, avec, comme étape préalable, la connaissance
du comportement des permittivités diélectriques des matériaux du pare-brise, objet du
être déterminé : [1 à 10kHz ] . Dans ce domaine, nous avons choisi de travailler à 1kHz. Par
deuxième chapitre. Le domaine fréquentiel optimal de fonctionnement du capteur a ainsi pu
dans cette gamme de température. L’influence de la température sur les permittivités du verre
et du PVB a donc également été étudiée dans ce deuxième chapitre. En nous basant sur des
considérations théoriques, nous avons ensuite établi des expressions semi-empiriques
traduisant le comportement expérimental des permittivités des matériaux, dans les gammes de
fréquence et de température concernées par l’application du capteur. Ces expressions ont
ensuite été injectées dans les programmes de simulation afin de déterminer l’influence de la
température sur les performances du capteur (objet du dernier chapitre).
185
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
L’étude de l’influence de l’eau sur les capacités du capteur constitue le quatrième chapitre.
Une première approche par simulation numérique a permis de s’assurer de la sensibilité de
chacune des configurations du capteur en présence d’un film d’eau. Afin d’être plus réaliste,
l’effet de gouttes sur les capacités a ensuite été considéré. Pour les capteurs simplifiés, les
mesures se sont révélées en accord avec les résultats de simulation. Le motif linéaire des
électrodes conduit à une bonne sensibilité, dès un très faible volume d’eau (≈2µl). Une seule
goutte suffit à provoquer une variation significative de la capacité sensible, quelle que soit sa
position sur la surface active du capteur. En revanche, dans les mêmes conditions, la réponse
du capteur à électrodes interdigitées est très faible. Les différences de surface active et de
capacité entre les deux motifs d’électrodes ne suffisent cependant pas à expliquer le manque
de sensibilité de ce type de capteur. En effet, une même goutte d’eau provoque une
augmentation de la capacité sensible plus importante avec le capteur à électrodes linéaires.
Dans leur configuration complète, la sensibilité des capteurs est notablement améliorée par
l’électrode de garde, quel que soit le motif des électrodes. Dans ce cas, les simulations
numériques indiquent que, dès une épaisseur d’eau de 40µm, la tendance est inversée puisque
le capteur à électrodes interdigitées conduit à une sensibilité supérieure.
186
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
Sur la base des critères requis pour l’intégration en grande série d’un capteur de pluie (critères
détaillés au premier chapitre), le développement industriel de notre capteur semble
envisageable. Ajoutons quelques remarques au sujet de la sensibilité qui, rappelons-le,
constitue le point délicat.
• Dans le cadre de notre application, une solution pour améliorer la sensibilité est de jouer
sur la disposition et l’encombrement du capteur sur le pare-brise :
187
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
∗ Un grand capteur permet de couvrir une large surface du pare-brise mais souffre d’un
manque de sensibilité. A l’inverse, un petit capteur conduit à une bonne « détectivité »
mais la zone sensible se trouve alors limitée. Un compromis consisterait à répartir
plusieurs petits capteurs sur la surface du pare-brise (pas de gêne de la vision du
conducteur avec des électrodes transparentes, par exemple en ITO, dans la zone de
balayage des essuie-glaces). Nous pouvons imaginer chaque capteur autonome et capable
d’envoyer une information en présence d’eau. Suivant la densité des informations
transmises par l’ensemble des capteurs au système de traitement (par exemple un circuit
logique), il serait alors possible d’estimer la quantité d’eau présente sur le pare-brise afin
d’optimiser la vitesse de balayage des essuie-glaces. En discrétisant le système, la
résolution serait ainsi significativement améliorée. A noter que la sensibilité du capteur
dépend du dispositif électronique associé. Il faudra donc veiller à ce que ce dernier soit
capable de détecter de faibles variations de capacité (≈ de l’ordre de 0,02pF).
• Nous avons montré que le capteur de pluie était également sensible à la glace et au givre.
Cependant, le déclenchement systématique des essuie-glaces peut conduire dans ce cas à
une dégradation accélérée des balais. Il serait donc utile de savoir différencier l’eau de la
glace afin de déclencher les actions appropriées. Outre l’ajout d’un capteur de
température, une autre solution serait d’exploiter la différence du comportement des
propriétés électriques des deux phases de l’eau. Alors que la permittivité de l’eau est quasi
indépendante de la fréquence dans le domaine fréquentiel choisi, celle de la glace chute
notablement avec la fréquence d’excitation, quelle que soit la température (Figure III.9).
Une détection fiable de la glace pourrait donc être obtenue en utilisant un générateur à
deux fréquences d’oscillation, par exemple 1kHz et 400kHz.
188
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
189
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
190
PRODUCTION SCIENTIFIQUE
PRODUCTION SCIENTIFIQUE
• I. Bord, P. Tardy and F. Ménil, Dimensioning and first tests of a differential capacitive
humidity sensor, Eurosensors XVIII, Rome, Italie, 12-15 Septembre 2004, pp 708-709
• I. Bord, P. Tardy and F. Ménil, Dimensioning and first tests of a differential capacitive
rain sensor, 2èmes Journées Franco Espagnoles CMC2 – IBERNAM Microsystèmes,
ESTIA, Bidart, France, 18-19 novembre 2004
• I. Bord, P. Tardy and F. Ménil, Eurosensors XIX , Temperature influence on a differential
capacitive rain sensor, Eurosensors XIX, Barcelone, Espagne, 11-14 Septembre 2005,
Vol.II pp WPb68
• I. Bord, Capteur de pluie de type capacitif différentiel, Proceedings des VIIèmes Journées
Nationales du Réseau Doctoral de Microélectronique JNRDM, Marseille, France, 4-6 Mai
2004, pp 41-43
• I. Bord, Capteur capacitif différentiel de pluie, Journée de l’Ecole Doctorale des Sciences
Physiques et de l’Ingénieur SPI, Bordeaux, France, 11 Mai 2004
• Contrat PSA /IXL, 1° Phase, Rapport d’avancement (janvier 2003), Capteurs capacitifs
d’humidité pour pare-brise : Détermination des paramètres clés par simulation
numérique 2D
191
PRODUCTION SCIENTIFIQUE
• Contrat PSA /IXL, 1° Phase, Rapport final (novembre 2003), Capteurs capacitifs
d’humidité pour pare-brise : Détermination des paramètres clés par simulation
numérique 3D
• Contrat PSA /IXL, 2° Phase, Rapport d’avancement (mai 2005), Capteur capacitif
différentiel pour la détection de pluie/buée sur un pare-brise : Comparaison des
performances des capteurs à électrodes rectilignes / interdigitées : simulation et
validation expérimentale et Influence de la température
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