Comprendre la dimension psychologique
Définition de la dimension psychologique
La dimension psychologique fait référence à l'ensemble des facteurs
affectifs, émotionnels, cognitifs et comportementaux qui influencent le
bien-être d'un patient. Cela inclut :
Les émotions (stress, anxiété, dépression).
Les perceptions de la maladie et de la souffrance.
La capacité à gérer les émotions et à faire face à la douleur.
La résilience face aux défis liés à la santé.
Pourquoi intégrer la dimension psychologique ?
La santé mentale et la santé physique sont étroitement liées. Un patient
ne peut être considéré comme "complètement soigné" si ses besoins
psychologiques ne sont pas pris en compte, même si ses problèmes
physiques sont traités. La dimension psychologique influence :
L'évolution de la maladie : Par exemple, un patient stressé ou
anxieux peut avoir des difficultés à suivre son traitement
(observance thérapeutique).
La qualité de vie : Une prise en charge psychologique peut réduire
les symptômes de stress, améliorer l'adaptation aux traitements et
renforcer la coopération avec l'équipe soignante.
Exemples concrets
Scénario 1 : Patient âgé atteint de démence
Situation : Un patient âgé souffrant de démence est hospitalisé
pour une fracture du fémur. Il se montre agité, refuse de collaborer
avec les soignants et semble anxieux.
Analyse : Son agitation est liée à sa confusion mentale, mais aussi à
l'anxiété provoquée par l'hospitalisation et le changement de son
environnement quotidien.
Intervention : L'infirmier(ère) doit identifier les sources de détresse
psychologique (anxiété, peur de l'inconnu) et adapter la prise en
charge. Par exemple, en réduisant les stimuli stressants (éclairage
tamisé, environnement calme) et en communiquant de manière
rassurante.
Scénario 2 : Patiente atteinte d'un cancer du sein
Situation : Une patiente doit subir une chimiothérapie. Elle exprime
de la peur, de l'angoisse et de l'incertitude concernant le traitement,
ce qui la conduit à s'isoler et à refuser certains soins.
Analyse : Son anxiété et son incertitude affectent son
comportement et sa capacité à accepter les soins.
Intervention : L'infirmière peut expliquer en détail le processus de
traitement pour réduire l'incertitude et l'anxiété. Elle peut
également offrir un espace sécurisé pour que la patiente exprime
ses peurs et ses préoccupations, ce qui l'aidera à se sentir soutenue
et plus en contrôle de la situation.
L'impact du psychologique sur le corps
Effets des émotions négatives
Les émotions négatives, comme le stress ou l'anxiété, peuvent avoir des
répercussions physiques, notamment :
Tension musculaire.
Troubles du sommeil.
Douleurs chroniques.
Affaiblissement du système immunitaire.
Effets des émotions positives
À l'inverse, un état émotionnel positif peut :
Favoriser la guérison.
Augmenter les défenses immunitaires.
Améliorer la qualité de vie et la résilience face à la maladie.
La relation soignant-soigné
Importance de la relation de confiance
Une relation de confiance et de respect entre l'infirmier(ère) et le patient
est essentielle pour :
Améliorer l'adhésion aux soins.
Créer un environnement psychologiquement sécurisant.
Faciliter la communication et la compréhension des besoins
émotionnels du patient.
Compétences clés
Écoute active : Reformuler, clarifier et valider les émotions du
patient.
Empathie : Comprendre et partager les sentiments du patient pour
mieux répondre à ses besoins.
Identification des besoins psychologiques du patient
Évaluation de l'état psychologique
Pour évaluer l'état psychologique d'un patient, plusieurs méthodes
peuvent être utilisées :
Observation : Repérer les signes de détresse émotionnelle
(anxiété, agitation, repli sur soi, tristesse).
Entretiens : Utiliser des techniques d'entretien avec des questions
ouvertes et une écoute active.
Échelles d'évaluation : Utiliser des outils spécifiques comme
l'échelle d'anxiété de Hamilton ou l'échelle de dépression de Beck
pour mesurer l'intensité des symptômes.
Facteurs de stress
Les facteurs de stress peuvent être :
Internes : Peurs, croyances, manque de confiance en soi, état
émotionnel.
Externes : Hospitalisation, douleur, communication avec les
proches ou l'équipe soignante, incertitude du pronostic.
Prise en compte des pathologies préexistantes
Certaines pathologies, comme les troubles anxieux ou la dépression,
peuvent affecter l'état psychologique du patient. Il est crucial de les
identifier pour les intégrer dans la planification des soins.
Stratégies pour intégrer la dimension psychologique dans
les soins
Écoute active et communication empathique
Pratique de l'écoute active : Reformuler les propos du patient,
clarifier ses émotions et valider ses sentiments.
Communication non-verbale : Utiliser le contact visuel, les gestes
et le ton de la voix pour créer un climat de confiance.
Gestion des émotions du patient
Réduire l'anxiété : Techniques de relaxation (respiration profonde,
visualisation positive) et informations claires sur les traitements.
Soutien face à la douleur : Approches multidimensionnelles
(physiques et psychologiques) pour atténuer la douleur.
Accompagnement en fin de vie : Offrir une présence rassurante
et être attentif aux besoins spirituels et émotionnels.
Favoriser l'autonomie et la participation
Encourager le patient à participer aux décisions concernant ses soins
renforce son sentiment de contrôle et réduit le stress lié à l'incertitude.
Collaboration interprofessionnelle
Travailler en équipe avec des psychologues, psychiatres et travailleurs
sociaux permet une prise en charge globale et cohérente du patient.
Outils et méthodes d'intervention psychologique
Approches cognitives et comportementales
Restructuration cognitive : Aider le patient à identifier et modifier
des pensées négatives ou irrationnelles.
Gestion du stress : Techniques de relaxation, respiration
abdominale et exercices de pleine conscience.
Thérapie par le soutien
Soutien émotionnel : Être présent pour le patient, fournir des
informations claires et l'encourager dans ses moments de doute.
Accompagnement psychologique spécifique : Pour les patients
atteints de maladies chroniques ou en fin de vie, un soutien
psychologique plus poussé peut être nécessaire pour gérer le deuil,
la peur de la mort ou les ajustements à une nouvelle réalité.