Cese
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Auto-saisine n°68/2023
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Avis
du Conseil Economique, Social et Environnemental
Auto-saisine n°68/2023
Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
1 - Annexe 1 : Liste des membres de la commission chargée des affaires sociales et de la solidarité
2 - Annexe 2: Liste des acteurs auditionnés
3 - Annexe 3 : Résultats de la consultation lancée sur la plateforme de participation citoyenne du CESE sur les
urgences médicales
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
Synthèse
Le présent avis du CESE analyse, de manière circonstanciée et objective, l’état actuel du système
des urgences médicales dans notre pays. Le Conseil qui accorde, de plus en plus, une attention
particulière à des thématiques intrinsèquement liées au bien-être des citoyen(ne)s, propose
des recommandations à même d’améliorer la prise en charge des urgences médicales pour
préserver et sauver des vies humaines et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
La filière de prise en charge des urgences médicales est une composante essentielle de tout
système de santé avec comme finalité ultime la sauvegarde du droit à la vie. La qualité de cette
prise en charge constitue également une exigence cruciale pour organiser, comme l’ambitionne
notre pays, des évènements de portée internationale, stimuler le développement du secteur
touristique, attirer les investissements étrangers, etc.
En dépit des efforts déployés par notre pays durant ces 20 dernières années (création d’une
spécialité de médecine d’urgence, restructuration des services d’urgence en réseaux, mise en
place du SAMU–service d’aide médicale d’urgence, etc.), la qualité de prise en charge des urgences
médicales reste bien en-deçà des attentes des citoyens et des standards internationaux. Divers
déficits et fragilités ayant trait notamment au système de gouvernance d’ensemble de la filière
des urgences médicales ont été relevés, parmi lesquels il convient de souligner :
• Des insuffisances en matière de régulation médicale, mission assignée depuis 2011 au
SAMU. Elle consiste à assurer une permanence de l’écoute médicale, orienter le patient,
initier l’intervention la plus appropriée et coordonner, le cas échéant, le transport vers une
structure de soins. Il demeure que ce dispositif est encore peu connu, non-encore déployé
à ce jour dans trois régions, limité en capacités humaines et logistiques et acheminant
exclusivement les patients vers les structures relevant de la santé publique.
• Des carences patentes au niveau du transport sanitaire public et privé pouvant parfois
aggraver l’état de la personne secourue. De surcroît, le ramassage des accidentés de la voie
publique est réservé, en vertu d’une circulaire ministérielle datant de 1956, exclusivement aux
services relevant de la protection civile. Il n’est ainsi pas permis, selon cette règlementation,
aux ambulances du SMUR (structure mobile d’urgence et de réanimation) d’intervenir sachant
qu’elles sont les mieux outillées pour le transport en particulier des polytraumatisés.
• Une coordination très limitée et non-systématisée entre les services de la protection
civile, les CHU et hôpitaux provinciaux, les cliniques privées et les collectivités territoriales,
notamment en matière de prise en charge pré-hospitalière.
• L’absence de normes opposables aux secteurs public et privé concernant l’organisation
des services hospitaliers d’urgence, les bâtiments, les équipements, etc.
• La sur-sollicitation des services d’urgence dans le secteur public résultant de divers
dysfonctionnements tels que l’insuffisance de coordination dans les parcours de soins, la
prédominance des urgences ressenties (64% des cas), etc.
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et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
Introduction
La filière de prise en charge des urgences médicales est une composante essentielle de tout
système de santé avec comme finalité ultime la sauvegarde du droit à la vie. La qualité de cette
prise en charge constitue également une exigence cruciale pour organiser, comme l’ambitionne
notre pays, des évènements de portée internationale4, stimuler le développement du secteur
touristique, attirer les investissements étrangers, etc.
Par ailleurs, les services d’urgences hospitalières sont une porte d’entrée importante du système
de soins hospitaliers. En effet, au Maroc, 25% des hospitalisations et près de 47% des cas opérés
en 2021 ont été effectués à partir des services des urgences5.
Le système des urgences nécessite des ressources techniques et financières conséquentes,
des compétences professionnelles et humaines élevées, des interventions multidisciplinaires
et intersectorielles coordonnées, ainsi que des capacités organisationnelles adaptées à la
géographie, la démographie, l’épidémiologie et aux conditions socio-culturelles d’un territoire.
Encadré 1 : la notion d’urgence
En langage courant, le terme les « urgences » fait référence d’une part aux services intra-
hospitaliers (publics ou privés, ouverts 24h/24) assurant une « permanence » médicale et
d’autre part à une situation que la personne concernée ou des proches jugent urgente. En
langage médical, le terme fait référence à une situation qui requiert une intervention médicale
immédiate ou rapide, afin de secourir une personne dont le pronostic vital ou fonctionnel
est susceptible d’être engagé. L’urgence médicale relève ainsi nécessairement d’une décision
médicale et répond à des critères précis qui permettent de la définir.
L’organisation de la filière des urgences médicales doit conduire à des soins répondant aux six
critères qualitatifs de l’OMS. Ils doivent être :
1. Sûrs: éviter tout préjudice aux patients lié aux soins destinés à les aider.
2. Délivrés en temps opportun: réduire les attentes et les retards parfois préjudiciables pour
les personnes qui reçoivent et ceux qui donnent des soins.
3. Efficaces : fournir le niveau de services en adéquation avec les connaissances scientifiques.
4. Efficients : éviter les pertes de temps et le gaspillage d’équipements, de fournitures, d’idées
et d’énergie.
5. Equitables : fournir des soins dont la qualité ne varie pas selon des caractéristiques
personnelles.
6. Centrés sur le patient : fournir des soins respectueux de chaque patient et adaptés à leur
situation.
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Depuis 2005, les pouvoirs publics ont successivement mis en place plusieurs stratégies et plans
visant à mettre à niveau le système de prise en charge des urgences médicales. En dépit de
ces initiatives, les résultats sont peu perceptibles, et l’usager reste confronté aux conséquences
des déficiences structurelles du système de santé en général, y compris la filière de prise en
charge des urgences médicales6. Ainsi, la problématique de la gouvernance, la pénurie des
ressources humaines qualifiées, la faiblesse des moyens financiers et matériels, la quasi-absence
de partenariats public-privé et les coûts des soins sont autant de facteurs qui pèsent sur la
performance de la filière de prise en charge des urgences médicales et qui ont été mis en
exergue dans les travaux du CESE relatifs à l’accès équitable et généralisée aux soins de santé de
base, au projet de loi n°131-13 relatif à l’exercice de la médecine, à la protection sociale et plus
récemment à la santé mentale.
Cet avis, qui vient enrichir les travaux du CESE dans ce domaine, revêt une importance capitale,
notamment avec l’entrée en vigueur de la généralisation de l’assurance maladie obligatoire.
Cette réforme, visant à garantir l’égalité d’accès aux soins de santé pour tous les citoyens, ne
manquera pas d’exercer une pression accrue sur les services de santé, et plus particulièrement
sur les services des urgences médicales déjà fortement sollicités, accueillant chaque année plus
de six millions de patients aux urgences hospitalières publiques7.
Le Conseil Économique, Social et Environnemental s’est autosaisi de ce sujet en visant deux
objectifs majeurs :
1. Analyser la situation des urgences médicales et identifier les principales contraintes qui
pèsent sur ce système ;
2. Proposer des recommandations pour disposer d’une filière de prise en charge des urgences
médicales délivrant des soins sûrs, en temps opportun, efficaces, efficients, équitables et
centrés sur le patient, conformément aux six critères qualitatifs de l’OMS.
6 - Société marocaine de médecine d'urgence (SMMU) : Livre blanc de la médecine d’urgence au Maroc, 2020.
7 - Ministère de la Santé « cadre référentiel : structures des urgences », Direction des hôpitaux et des soins ambulatoires, 2020, page 13.
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et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
c ) Un dispositif hospitalier, les « services des urgences » dont la mission est de prendre en
charge les personnes présentant une urgence, 24h/24 et 7j/7. Pour assurer cette mission,
ces services s’organisent de manière à trier une première fois rapidement les patients au
niveau de l’accueil, selon la nature et la gravité de leur cas, puis à les orienter vers le circuit
adapté à leur situation clinique. Le triage et l’orientation seront affinés par le(s) médecin(s)
au fur et à mesure des résultats des examens complémentaires réalisés. En fin de parcours,
le patient sera soit hospitalisé, soit transféré vers un autre établissement spécialisé, soit
renvoyé chez lui.
Certains services d’urgence intra-hospitaliers sont spécialisés: urgences traumatologiques,
urgences neurologiques, urgences cardiologiques, urgences ophtalmologiques, urgences
obstétricales, urgences psychiatriques, etc.
A. En matière de gouvernance
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15 - Le terme de secourisme désigne l’ensemble des méthodes pratiques de sauvetage et des techniques thérapeutiques (gestes d’urgence)
mises en œuvre pour porter assistance à des personnes en danger et leur dispenser les premiers soins.
16 - Fédération française de cardiologie, « Arrêt Cardiaque, 1 vie = 3 gestes », https://fedecardio-acvr.org/wp-content/uploads/2022/01/FFC_
Brochure_GQS_2022.pdf.
17 - Dans sa préface de l’ouvrage « Le secourisme et les gestes élémentaires de survie », de Houcine Khaldi, paru en 2007, l’ancien ministre
de la Santé, M. Mohamed Cheikh BIADILLAH, affirmait « Aujourd'hui, il est largement admis que les gestes de sauvetage et de secourisme
doivent être prodigués sur les lieux même de l'accident avant même l'intervention des équipes spécialisées de secours. Un grand nombre de
décès pourrait être ainsi évité si les témoins étaient formés à intervenir en attendant l'intervention des secours médicalisés. Toutes les études
montrent que le pronostic vital est étroitement lié à la rapidité de l'alerte et à l'efficacité des actions entreprises avant l'arrivée des secours
spécialisés. »
18 - Constat avancé par la Société marocaine de médecine d'urgence lors de son audition par le CESE, le 21/09/2022.
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19 - En répondant à une question orale à la Chambre des Conseillers, le 04 janvier 2023, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Khalid
Ait Taleb a indiqué que « 80% des prestations de soins non urgentes sont dispensées par les services d'urgences aux hôpitaux, affirmant que
les unités de proximité et les centres de santé ne fonctionnent pas selon le même mode pour recevoir les patients qui affluent aux urgences
et provoquent de l’encombrement ».
20 - Audition de la direction générale de la protection civile (DGPC)
21 - 9 SAMU sont fonctionnels, chacun des 5 CHU a son propre SAMU, les 4 autres sont du ressort des Directions régionales de la santé.
22 - Ministère de la Santé, Direction des Hôpitaux et Soins Ambulatoires, « Cadre référentiel des structures des urgences », 2020.
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et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
D’après le département, les SAMU ont reçu en 2020, environ 1.500.000 d’appels via le numéro
d’appel « 141 » dont 850.000 appels concernant des cas Covid-19.
Il est manifeste que l’opérationnalisation du SAMU rencontre toujours des difficultés dans
les régions dotées de ce dispositif de régulation médicale. C’est un dispositif encore trop
peu connu. De plus, il n’est pas à ce jour déployé au niveau de trois régions : Guelmim
Oued Noun, Draa Tafilalet, Dakhla Oued Eddahab et limité aussi bien, en capacités
humaines23, qu’en moyens logistiques. Selon la société marocaine de médecine d’urgence24
(SMMU), plusieurs contraintes pèsent sur ce dispositif :
- l’absence d’assistants à la régulation médicale (ARM), dont le rôle est de répondre en premier
aux appels et de faire le premier recueil d’informations avant de les transférer aux médecins
régulateurs du SAMU;
- la non-mise à disposition d’un logiciel informatique pour l’enregistrement des demandes et
la facilitation de l’exploitation des données ;
- l’absence de protocoles de régulation basés sur la situation des ressources humaines et
matérielles de chaque région au niveau des différentes spécialités ;
- l’absence de répertoire régional des ressources humaines actualisé en fonction des
nouvelles affectations, des mutations et des départs à la retraite ;
- l’absence d’audit des dossiers de régulation qui posent problème ;
- l’absence d’information en temps réel des lits d’hospitalisation disponibles dans les hôpitaux ;
- le manque d’adaptation des salles de régulation (absence d’insonorisation, de casques
mobiles et de système d’enregistrement à grande capacité).
Réponses des participants sur « ouchariko »
20% uniquement des répondants estiment connaitre le SAMU et seulement 10% déclarent
avoir fait appel à lui.
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et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
secours. En vertu d’une circulaire ministérielle datant de 1956, la protection civile possède la
prérogative exclusive du ramassage et de l’évacuation des blessés et accidentés de la voie
publique26.
Le rôle de la protection civile est déterminant avant le transport des accidentés. Toutefois,
au regard de la stricte formation au secourisme de ses agents, elle n’est pas suffisamment
outillée pour transporter certaines victimes d’accidents de la voie publique, notamment les
polytraumatisés.
En effet, malgré les efforts et l’engagement de ses agents, diverses difficultés empêchent un
déploiement efficace de la protection civile dans le sens d’une conformité aux standards de
prise en charge des urgences médicales.
En outre, bien que la protection civile dispose de fonds logés dans un compte d’affectation
spéciale27, en plus des crédits du budget général de l’Etat, les moyens financiers alloués à la
DGPC demeurent modestes (cf. encadré n°3 ci-dessous). Ainsi, la DGPC dispose en moyenne
d’une ambulance pour 47.512 habitants, ou encore une ambulance par 904 km2 de territoire.
Quant aux moyens humains, le ratio au Maroc est de un (1) agent de la protection civile pour
5335 habitants, ce qui est très bas en comparaison avec d’autres pays. Ainsi, le ratio en Europe
se situe à un (1) agent de protection civile pour 1000 habitants, alors qu’aux États-Unis, ce ratio
s›établit à un agent pour 200 habitants. Dans des pays géographiquement plus proches du
Maroc, tels que la Tunisie, le ratio est d’un agent de protection civile pour 2000 habitants.
Par ailleurs, les effectifs insuffisants des agents de la protection civile les exposent aux risques
psycho-sociaux en raison de cadences de travail très élevées, difficiles à tenir (alternance de 24
heures de travail consécutives et d’un repos de 24 heures pendant la période estivale, soit un
nombre d’heures égal au double du temps travaillé par un fonctionnaire). De plus, la polyvalence
étant la règle, la formation de base est insuffisante et inadaptée (équipe ambulancier, équipe
secouristes).
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(*) : En France, le budget global des SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) est de 5 169 M€, dont 4 326 M€ en fonctionnement
et 843 M€ en investissement.
(**) : Au 31 décembre 2020, la France comptait 251 900 sapeurs-pompiers, dont 41 800 sapeurs-pompiers professionnels (17%), 197 100 sapeurs-
pompiers volontaires (78%) et 13 000 militaires (5%).
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
Par ailleurs, les délais d’intervention sont alarmants. Les délais de route enregistrés dans
les différentes régions varient entre 40 minutes et 195 minutes28 et ce malgré les efforts
constants fournis par la DGPC et ses services extérieurs. Il faut cependant signaler, qu’en milieu
urbain particulièrement, les embouteillages, l’absence de voies spéciales et l’étroitesse des rues
dans certains quartiers sont autant de facteurs qui entravent et ralentissent le déplacement des
véhicules.
Encadré n°5 : Le temps d’intervention des secours
• En France :
14 min 49 s s’écoulent en moyenne entre l’appel et l’arrivée des secours :
- 2 min 21 s pour le traitement de l’alerte (décroché + écoute / analyse + décision / ordre).
- 12 min 28 s de délai de route (de la diffusion de l’alerte à l’arrivée du premier véhicule).
Source : Ministère de l’intérieur et des Outre-mer, « les statistiques des services d’incendie et de
secours », (édition 2022) 29 .
• Aux Etats Unis :
- Temps moyen d’arrivée des secours (Emergency Medical Services – numéro des secours :
911) : 7 minutes.
- Pour les zones rurales, le temps moyen est de 14 minutes.
Source : JAMA Surg. 2017 - Emergency Medical Services Response Times in Rural, Suburban, and Urban Areas
28 - Données communiquées par Direction générale de la protection civile lors de son audition par le CESE le 28/09/2022.
29 - file:///C:/Users/DELL%207420/Downloads/StatsSDIS22BD.pdf
30 - Ambulances conçues pour le transport des patients dont l’état de santé nécessite une réanimation et une surveillance médicale lors du
transport par un médecin et un infirmier, dûment autorisés à exercer conformément à la réglementation en vigueur.
31 - Ambulances conçues pour le transport des patients stabilisés dont l’état de santé ne requiert pas d’assistance ou de soins d’urgence
avancés lors du transport.
32 - Audition du MSPS par le CESE, le 14/09/2022.
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Entre 2013 et 2020, le Maroc a expérimenté un système de transport par hélicoptère pour les
urgences médicales. Le ministère de la santé et de la protection sociale a procédé à l’achat de ce
service auprès de prestataires privés pour l’évacuation de patients se trouvant dans des zones
enclavées. Ainsi, une flotte de 4 Héli-SMUR a été déployée pour couvrir l’ensemble du territoire
national. Cependant, en 2021, il a été mis fin à cette expérience en raison du coût prohibitif
de la prestation (entre 46000 et 96000 dirhams par heure de mobilisation d’hélicoptère) et
des contraintes techniques liées à l’exploitation des hélicoptères loués (problèmes de lieu
d’atterrissage dans certains endroits, exclusion des vols de nuits, conditions météorologiques,
autorisations de vol nécessaires, etc.). L’orientation actuelle est de nouer un partenariat avec
la Gendarmerie Royale pour effectuer, en tant que de besoin, les interventions héliportées
d’évacuation sanitaire.
3. Le transport sanitaire privé : faible régulation et prolifération de l’informel
D’après l’association nationale des services d’ambulances et d’assistance (ANSAM), le secteur
ambulancier privé est constitué de 310 entités, avec un parc estimatif de 950 véhicules, dont
150 véhicules de type « A »33 et 600 véhicules de type « B »34. 50% de ces entités privées ont le
statut de société à responsabilité limitée, 30% sont personnes physiques et 20% exercent sans
statut juridique précis.
Concernant le transport médical privé, sur les 310 entités que compte le secteur, seules 60
disposeraient d’une autorisation de la commune comme cela est prévu par les textes juridiques
en vigueur. Dans la pratique, cette autorisation revêt un caractère purement administratif voire
bureaucratique et ne garantit aucune conformité des ambulances à des normes techniques
et sanitaires établies. En effet, sur la base d’un appel d’offre et sous réserve d’un engagement
sur un cahier des charges et du paiement d’une redevance annuelle de 20 000 dirhams (par
ambulance), la commune délivre une autorisation pour 5 années. Outre le montant rédhibitoire
de la redevance, la durée limitée à 5 ans est de nature à décourager l’investissement dans le
secteur du transport médical et à dissuader la mise en place d’une véritable stratégie de
développement des entreprises dans cet écosystèmes.
Toujours selon l’ANSAM, le secteur connaît une pénurie en ressources humaines qualifiées. La
question de la formation se pose avec une grande acuité, touchant à la fois la gestion des secours,
les soins d’urgence à bord du véhicule et l’utilisation du matériel. La majorité écrasante des
entreprises ne propose aucune formation en matière de gestion des secours, de soins d’urgence
à bord du véhicule ou d’utilisation du matériel médical d’urgence, et pratiquent plutôt un mode
de fonctionnement pouvant être assimilé à un «transport taxi allongé ».
Le nombre de personnes exerçant dans le secteur privé, qui comprend des chauffeurs, des
brancardiers, des secouristes et des infirmiers, est estimé entre 1500 à 1600, dont seulement
15% sont formés et titulaires d’un certificat de formation aux premiers gestes de secours délivré
par le croissant rouge ou un institut de la formation spécialisée35. Les autres effectuent des
interventions de ramassage et de secours dans l’improvisation la plus totale.
33 - Une ambulance de type « A » est un véhicule équipé et aménagé pour assurer au patient pendant son transport un suivi médical, des soins
intensifs et un service de réanimation.
34 - Une ambulance de type « B » est un véhicule léger équipé et utilisé pour le transport de patients qui ne nécessitent pas de soins particuliers
et dont l’état est stable.
35 - Audition de l’ANSAM par le CESE, le 12/10/2022
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
A souligner que certains brancardiers employés dans les ambulances sont des intérimaires ou
exécutent leurs taches à la course36. En ce qui concerne leur niveau d’éducation, plus de 50% des
ambulanciers ont atteint seulement le niveau de scolarité correspondant au CM237.
D’après la société marocaine de médecine d’urgence38, seules 10% des entreprises marocaines
peuvent assurer un transport avec un infirmier (ou médecin généraliste/médecin en formation)
à bord et un minimum de matériel de surveillance médicale et de réanimation. Les prématurés
sont les principales victimes de cette situation, car 90% des ambulances ne disposent pas de
couveuses pour une prise en charge adéquate et un transport sécurisé.
D’autre part, la tarification du transport sanitaire privé est arbitraire, vu qu’il n’existe pas de
texte réglementant les tarifs de transport en fonction du kilométrage et de l’état du patient
à transporter. Il est à préciser que l’AMO et les assurances privées (sauf pour les assurés ayant
souscrit à un contrat d’assistance médicale) ne prennent pas en charge les frais de transport
sanitaire.
Encadré n° 6 : le transport sanitaire en France
En 2021, la France comptait 5 025 entreprises de transport sanitaire, disposant au total de 28
000 ambulances et véhicules sanitaires légers (VSL).
Toute entreprise de transport sanitaire doit obtenir un agrément auprès de l’agence régionale
de santé (ARS). Pour obtenir l’agrément, le professionnel doit respecter des normes et disposer
d’au moins deux véhicules (dont une ambulance ou une ambulance de secours et de soins
d’urgence) et d’un équipage du véhicule conforme (personnels ayant reçu une formation
spécifique).
En cas d’urgence médicale (appel du SAMU), l’Assurance maladie prend en charge les frais
transport39.
Source : Rapport d’information sur les transports sanitaires – Assemblée nationale - février 2022
36 - Idem
37 - Idem
38 - Ibid.
39 - Rapport d’information sur les transports sanitaires – Assemblée nationale - février 2022
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
d’une combinaison de facteurs qui impactent en fin de compte la qualité de la prise en charge
des urgences médicales.
Le secteur hospitalier public compte 148 services d’accueil des urgences répartis selon la
hiérarchie suivante40:
- 94 services d’urgences médico-hospitalières de base au niveau des hôpitaux de proximité et
hôpitaux provinciaux ou préfectoraux (UMHB).
- 23 services d’urgences médico-hospitalières complètes au niveau des hôpitaux régionaux et
des CHU (UMHC).
- 31 services d’urgences médico-hospitalières spécialisées (UMHS).
Pour renforcer le système, 100 services d’urgences médicales de proximité au niveau des centres
de santé de niveaux 2 (UMP2) ont été mis en place.
Le ministère de la santé et de la protection sociale estime le nombre de personnels affectés aux
services des urgences à :
- 481 médecins généralistes ;
- 14 médecins spécialisés en urgentologie ;
- 1163 infirmiers dont 460 spécialisés en soins d’urgence et soins intensifs ;
- 300 aides-soignants ;
- 435 techniciens amblanciers formés au secourisme.
Le travail aux services des urgences est insuffisamment valorisé
La majorité des médecins travaillant dans les services des urgences sont des médecins
généralistes. Entre 2002 et 2022, et depuis la mise en place de la spécialité dans les CHU, seuls 29
médecins urgentistes ont été formés. De ce fait, le nombre de médecins spécialisés en médecine
d’urgence et de catastrophe reste bien inférieur aux besoins. La pénibilité de cette spécialité et
sa faible valorisation sont les raisons principales de son manque d’attractivité.
Il est à signaler que le passage aux urgences est programmé à la fin du cursus des études
médicales. Pour les post-gradués, quelques diplômes interuniversitaires (DIU) permettent de
combler en partie ce manque de formation, mais ne permettent pas le développement optimal
de l’ensemble des compétences requises (savoir être et savoir agir) en matière de prise en charge
des urgences médicales.
Les urgences médicales des CHU, sont gérées en pratique, principalement par des médecins
internes ou des « faisant fonction d’internes », qui ne sont pas suffisamment qualifiés et qui sont
au CHU pour acquérir des compétences auprès de médecins « séniors » plus qualifiés. Dans la
réalité, ces médecins internes sont en première ligne, généralement peu ou pas véritablement
encadrés, un sénior n’étant joignable que par téléphone, en cas de besoin41.
40 - Audition du MSPS
41 - Audition par le CESE du SMMU, le 21/09/2022 et de l’Association des médecins internes de Rabat, le 19/10/2022
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Par ailleurs, ils ne sont pas ou très peu rémunérés (aux alentours de 20 dirhams de
l’heure), payés parfois un an plus tard bien qu’ils enchainent plusieurs jours de garde.42
La situation des infirmiers et les aides-soignants n’est guère meilleure. L’affectation de ces
personnels ne constitue pas l’aboutissement d’un choix de carrière mais souvent la conséquence
de hasards de parcours, de contraintes administratives voire de mesures disciplinaires prises à
leur encontre. Leur formation repose principalement sur leur expérience pratique développée
sur le terrain, acquise auprès des médecins qu’ils vont côtoyer. Ce personnel, très exposé aux
risques psychosociaux (stress, agressions physiques et verbales) et aux risques de contaminations
(maladies contagieuses notamment) n’est ni suffisamment formé, ni accompagné, ni réellement
motivé, et se doit d’accomplir d’innombrables tâches (accueil, accompagnement, transport,
prises des constantes, prélèvements, pansements, plâtres, discussions avec les accompagnants,
tenue des registres, etc.).
A titre d’exemple, un sondage effectué auprès du personnel médical et non-médical affecté
au service des urgences de l’Hôpital Cheikh Zayd, relevait, que 64% des personnels interrogés
avaient été victimes, d’au moins une agression verbale ou physique. Le représentant de
l’association des résidents et internes de l’Hôpital Ibnou Sina a témoigné également, à
propos des violences, font part des agressions au quotidien de la part des patients ou des
accompagnants.
L’hétérogénéité architecturale des différents hôpitaux impose de procéder à l’audit de chaque
service des urgences selon un ensemble d’aspects normatifs pour évaluer objectivement et
précisément la situation de chacun d’entre eux. Les informations collectées lors des auditions et
des visites sur le terrain permettent de relever que les responsables sont très conscients de leurs
problèmes et œuvrent avec beaucoup d’engagement pour améliorer l’architecture de leurs
services des urgences et les circuits des malades, en tenant compte des nombreuses contraintes
qui leur sont imposées.
En matière d’équipements, la situation est très hétérogène également, et les problèmes récurrents
sont liés à la maintenance des appareils ou à la disponibilité continue des consommables (câbles,
capteurs, etc.), nécessaires à leur fonctionnement.
Enfin, et bien que d’importants efforts aient été déployés, la disponibilité ininterrompue de
médicaments et des consommables dans les services d’urgences reste un fait soulevé par les
soignants selon les visites de terrains effectuées par le CESE.
2. Dans les services médicaux militaires : un accès aux services d’urgence principalement
réservé aux militaires et à leur ayants droit
Le Maroc est doté d’hôpitaux militaires établis dans certaines villes (Rabat, Marrakech, Meknès,
Laayoune, etc.) qui relèvent des FAR. La médecine militaire dispose de compétences, de capacités
et de moyens d’action qui lui permettent de répondre rapidement à des situations d’urgence ou
de catastrophe. Ces atouts sont également mobilisés au service de la santé publique, notamment
dans des situations de crise sanitaire.
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
Les hôpitaux militaires font partie du système national de soins. Ils dispensent leurs prestations
de soins en priorité aux militaires et leurs ayants-droits, avec possibilité de l’élargir aux citoyens
civils dans la limite de leurs capacités d’accueil et de prise en charge.
Ces établissements de soins sont dotés du statut SEGMA43 qui leur confère une autonomie
financière. Leurs prestations sont payantes, sauf pour les militaires actifs qui bénéficient de la
gratuité des soins.
Chaque hôpital militaire dispose d’un service des urgences doté d’un plateau technique des
plus performants à l’échelle nationale et de moyens humains. Les ressources humaines sont
principalement constituées de médecins anesthésistes réanimateurs, urgentistes ou généralistes,
d’internes, de résidents, et de personnel paramédical spécialisé.
Les services des urgences des hôpitaux militaires ont la particularité d’être extensibles pour une
éventuelle gestion des afflux massifs à travers l’utilisation des fluides médicaux au niveau des
couloirs et des halls pour organiser des lits mobiles supplémentaires, la mobilisation en urgence
de modules complémentaires, voire l’installation d’un hôpital de campagne.
Au titre de l’année 2021, les services des urgences des hôpitaux militaires ont enregistré 189 897
admissions, dont 151 918 concernaient les militaires et leurs ayants-droits, et 37 979 des patients
civils (soit 20% du total). Ces chiffres témoignent du poids important des hôpitaux militaires
dans le système de prise en charge des urgences médicales.
L’on peut mettre en avant, une certaine collaboration avec le secteur de santé publique. Ainsi,
l’hôpital militaire est rattaché au CHU lorsqu’une faculté de médecine est installée dans sa
région et les militaires et leurs ayant droits ont la liberté de choisir la structure des soins civile ou
militaire qui convient le mieux à leurs besoins, notamment en cas d’urgence44.
3. Dans le secteur hospitalier privé à but lucratif et à but non lucratif : des services d’urgence
insuffisamment intégrés à l’offre publique de soins
La loi-cadre 06-22 relative au système national de santé (remplaçant la loi 34-09), stipule : « le
secteur public et le secteur privé, que celui-ci soit à but lucratif ou non, sont organisés de manière
synergique afin de répondre avec efficacité aux besoins de santé par une offre de soins et de
prestations complémentaires, intégrées et cohérentes ».
Aujourd’hui, force est de constater qu’à la lumière des informations disponibles, le secteur
médical privé s’est développé en dehors de ce cadre, notamment en raison de certaines
insuffisances relatives :
- au système d’information sanitaire et d’évaluation de la qualité des soins ;
- aux cartes sanitaires ;
- au cahier des charges pour les cliniques privées ;
- à l’accréditation des établissements privés ;
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Avis du Conseil Economique, Social et Environnemental
- au partenariat public-privé ;
- au réseau de soins d’utilité publique.
En outre, le secteur privé, à but lucratif et à but non-lucratif se démarque du secteur public au
regard de la qualité de ses locaux et de ses équipements qui renforcent son attractivité et lui
permet de capter les patients les plus solvables.
Le secteur à but lucratif, « les cliniques » :
Selon l’Association Nationale des Cliniques Privée du Maroc (ANCP)45, le Maroc compte 408
cliniques privées à but lucratif46, qui jouent un rôle important dans le domaine des urgences
malgré leur nombre limité et leur concentration (80%) sur l’axe Casablanca, Rabat et les grandes
villes comme Marrakech et Tanger. Par ailleurs, l’ANCP relève que 9 assurés sur 10 sont traités
dans le secteur privé et que 4 régions ne comptent aucune clinique privée.
Selon l’ANAM et les gestionnaires de l’AMO, le secteur privé, toutes branches médicales
confondues (imagerie médicale, biologie, explorations fonctionnelles, consultations, chirurgie,
soins dentaires, hospitalisations, etc.) capte annuellement plus de 90% des dépenses de l’AMO
et ce, depuis sa création.
L’ANCP relève aussi le faible développement des PPP et le manque de mesures incitatives à
l’investissement dans les régions.
Si l’ANCP ne dispose pas de données spécifiques concernant l’activité et l’épidémiologie des
urgences des cliniques privées, elle affirme néanmoins, qu’aucun cas ne lui a été reporté de
patient décédé dans une clinique privée suite à un manquement caractérisé en matière de prise
en charge médicale.
Les cliniques privées restent cependant très critiquées de manière récurrente, notamment en
raison de la pratique du chèque de garantie et de la demande d’argent « en noir ».
L’ANCP, consciente de l’illégalité du chèque de garantie, condamne dans ses discours, cette
pratique tout en expliquant que les cliniques privées sont contraintes de les réclamer, étant
donné qu’elles ne disposent d’aucun recours en cas de non-paiement des factures. L’ANCP
reconnaît toutefois que cette pratique n’est plus justifiée, d’autant plus que le taux définitif
d’impayés ne représenterait que 0,0025%.
Concernant les versements consentis du « noir », l’ANCP avance qu’ils ne concerneraient pas
le paiement des prestations des cliniques, mais qu’il est principalement lié aux dépassements
d’honoraires des médecins par rapport à la tarification nationale de référence (TNR). Pour rappel,
la TNR totalement obsolète aujourd’hui, avait été négociée dans le contexte particulier de la
mise en œuvre de l’AMO en 2005, sous réserve d’une révision tous les 5 ans.
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
47 - Avis du Conseil de la concurrence n° A/4/22 relatif au fonctionnement concurrentiel du marché des soins médicaux dispensés par les
cliniques privées et les établissements assimilés au Maroc, octobre 2022.
48 - Op.cit. avis du Conseil de la concurrence n° A/4/22
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
- Le transport sanitaire des malades et des blessés manque d’organisation (secteur privé),
de mise à niveau (ressources humaines) et d’équipements (ambulances). Son caractère
anarchique peut s’avérer délétère.
- La prise en charge dans les services hospitaliers souffre de différents maux. Les services
d’urgences sont souvent sous tension dans le secteur public et reflètent les carences du
système de santé. Ce secteur médical vital est globalement sous-estimé par rapport à son
importance dans le système de soins et insuffisamment valorisé. Dans le secteur privé,
insuffisamment développé sur le territoire national et concentré surtout dans les grandes
villes, la barrière des coûts fait obstacle à l’accès aux soins pour de larges franges de la
population.
Les principaux défis identifiés relèvent de plusieurs niveaux :
- L’organisation territoriale.
- La régulation de l’offre de soins des urgences médicales.
- L’accès financier aux soins.
- Les ressources humaines.
- La qualité des prestations.
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Avis du Conseil Economique, Social et Environnemental
1. Mobiliser et développer les énergies et les synergies entre les différents acteurs
au niveau territorial
1. Mettre en place des filières de soins d’urgences médicales dans chaque région, adaptées
aux spécificités populationnelles, culturelles et géographiques des territoires en impliquant
tous les acteurs des territoires : élus, autorités, protection civile, assureurs -AMO et privés-,
professionnels de santé, professionnels du transport sanitaire, secteurs public et privés à but
lucratif et non lucratif, les associations fournissant un travail social, etc.
2. Intégrer le secteur privé à but lucratif et à but non lucratif dans l’offre de soins et l’inciter à
investir selon une approche gagnant-gagnant dans les infrastructures et le transport sanitaire,
et ce :
- en facilitant l’accès au foncier ;
- en définissant une tarification juste des prestations ;
- en fournissant aux entreprises de transport une visibilité financière à long terme, compte
tenu de la lourdeur des investissements et des coûts de maintenance, et en simplifiant les
procédures administratives.
3. Mieux appréhender les besoins des populations des régions, en mettant en place des systèmes
d’information et de veille, digitalisés et interconnectés concernant l’activité médicale et
l’épidémiologie régionale.
51 - https://www.hospihub.com/actualites/plus-de-51-800-patients-pris-en-charge-pendant-la-coupe-du-monde-2022-au-qatar
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
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52 - Il s’agit d’exercices pratiques de simulation de situation d’urgence pour développer les attitudes à adopter et les capacités d’intervention
des apprenants.
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
- Faire régulièrement des exercices de simulation de catastrophes au sein des grands services
d’urgence afin d’en améliorer les performances.
- Valoriser et mieux former les agents de la protection civile.
2. Revoir le cadre juridique et indemnitaire pour les gardes et astreintes :
- Reconnaitre la pénibilité du travail et l’exposition aux risques psychosociaux des soignants
dans les services d’urgence intra et extrahospitaliers en veillant à mettre en place des leviers
de motivation (revalorisations salariales, indemnisations spéciales, etc.).
- Encadrer juridiquement les nouvelles pratiques telles la téléconsultation, le télé-conseil et la
téléexpertise en tenant compte de tous les aspects de ces nouvelles pratiques : administratifs,
financiers, organisationnels, aspects liés à la responsabilité des médecins, aspects liés à la
protection de l’usage et du stockage des données personnelles.
5. Etablir des normes et mettre à niveau les services hospitaliers des urgences
dans les secteurs public et privé
1. Élaborer des cahiers de charges qui constitueraient un référentiel normatif opposable
aux secteurs public et privé concernant les bâtiments, les équipements, les personnels et
l’organisation des services hospitaliers d’urgence.
2. Mettre à niveau progressivement, sur les plans architectural et organisationnel l’ensemble des
services d’urgences, publics et privés, selon ces cahiers des charges, puis assurer un contrôle
de conformité à travers une procédure d’homologation.
3. Inciter les dirigeants d’établissements de soins à s’inscrire dans une démarche d’accréditation
par des organismes d’évaluation indépendants.
4. Mettre en place des mécanismes de suivi, contrôle et d’évaluation de la qualité de prise en
charge médicale dans tous les établissements publics ou privés ayant des services d’urgence.
5. Développer au sein de chaque région les filières d’urgences spécialisées qui permettent
une prise en charge rapide et optimale des patients polytraumatisés, des grands brûlés, des
nouveau-nés, des patients atteints d’accidents cérébrovasculaires ou cardiaques.
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
ANNEXES
Visites de terrain
• CHU Ibn Sina à Rabat
• Hôpital provincial Mohammed V et hôpital Aicha à Safi
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La Protection civile reste l’instance que la majorité des participants (40,1%) associent à la gestion
des urgences médicales. Un peu plus du tiers des répondants (34,49%) déclarent toutefois
préférer s’adresser directement à une clinique privée. Seuls 19,8% des répondants indiquent
le SAMU comme service à contacter pour gérer une urgence médicale. 10,40% des répondants
préfèrent solliciter d’autres parties.
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Seul 1 participant sur 10 (10,23%) déclare avoir effectivement contacté le SAMU pour une
urgence médicale. La majorité (68,28%) s’adresse prioritairement au secteur libéral et privé. Ainsi,
face à une situation jugée relevant des urgences médicales, 17,33% des répondants ont sollicité
un médecin libéral ou une société type « SOS médecin » pour une consultation à domicile,
20,62% se sont dirigés vers leur médecin de famille, et 30,33% vers une clinique privée. Un peu
moins du tiers (32,76%) ont demandé l’intervention de la protection civile. 14,21% ont appelé
d’autres intervenants.
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
Moyen de transport
Le transfert de la personne en situation d’urgence médicale vers la structure de prise en charge
s’effectue majoritairement par les moyens propres des participants. Près de 88% déclarent avoir
utilisé une voiture personnelle (73,70%) ou le transport public (près de 15%). Seuls 21,75%
ont fait appel à une ambulance, et aucun participant n’a signalé avoir eu recours aux services
médicaux aériens.
Le service d’ambulances publiques demeure celui auquel la majorité des répondants ont recours
(77,84%, contre 31% pour le privé). Il est à souligner que près de 80% des ambulances publiques
sollicitées étaient non médicalisées contre 57% des ambulances privées.
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Médicalisée
40,00%
Non-
20,00% médicalisée
0,00%
Coût du transport
Le coût de l’opération de transport incombe en grande majorité (76,44%) aux personnes
concernées ou à leurs proches. L’assurance maladie partielle ou totale n’intervient que
marginalement (9%), alors que 14,66% bénéficient de ce service gratuitement. Pour les
répondants ayant supporté le coût de transport de l’ambulance, totalement ou partiellement,
ils trouvent pour la quasi-majorité (78%) ce coût élevé. Seuls 22% d’entre eux le considèrent
abordable.
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
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Améliorer la prise en charge des urgences médicales pour préserver
et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
Lors de leur expériences relatées avec les structures d’urgences médicales, 45% des participants
déclarent avoir été confrontés à un acte de corruption de la part d’un agent de sécurité, 20% de
la part d’un infirmier et 11% de la part d’un médecin. 58% d’entre eux rapportent des faits de
discrimination fondée sur la condition sociale des intéressés, ou de leur genre (6%). 35% des
répondants ont avancé d’autres motifs qui sont traités dans rubriques de cette consultation
(corruption, exigence du dépôt d’un chèque de garantie, etc) .
A l’issue de leurs expériences dans les services des urgences des hôpitaux publics et des
structures de soins privées, il ressort que l’appréciation de la qualité de l’accueil, de la prise en
charge médicale et du coût des soins n’est positive que dans moins de 50% des cas. Le taux
d’insatisfaction le plus élevé concerne l’accueil, avec un tiers des participants qui ne sont pas
satisfaits du tout (32,10%) et un peu plus du quart qui ne sont que faiblement satisfaits (27,16%).
Les avis sont un peu plus partagés concernant la prise en charge médicale, avec presque la moitié
des répondants qui ont fait part de leur satisfaction (47,6%), tandis que (22%) sont totalement
insatisfaits. Quant au coût, la part des répondants ayant déclaré leur manque de satisfaction
dépasse les 50%.
Niveau de satisfaction des services des urgences des structures de soins publiques et
privée
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Experts
Benseddik Fouad
Himmich Hakima
Lamrani Amina
Rachdi Abdelmaksoud
Zoubeir Hajbouha
Syndicats
Bahanniss Ahmed
Bensaghir Mohamed (vice-rapporteur de la Commission)
Dahmani Mohamed (rapporteur de la Commission)
Essaïdi Mohamed Abdessadek
Hansali Lahcen (vice-président de la Commission)
Khlafa Mustapha
Abderrahmane Kandila
Jamaâ El Moâtassim
Organisations professionnelles
Bensalah Mohamed Hassan
Bessa Abdelhai (Président de la Commission)
Boulahcen Mohamed
Société civile
Berbich Laila
Chouaib Jaouad (rapporteur du thème)
Elkhadiri Mohamed
Zahi Abderrahmane
Zaoui Zahra
Membres de droit
Adnane Abdelaziz
Cheddadi Khalid
Lotfi boujendar
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et sauver des vies et contribuer à assurer des soins de qualité pour tous
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