Diodes Et Transistors Bipolaires Discrets: Jean Encinas
Diodes Et Transistors Bipolaires Discrets: Jean Encinas
discrets
par Jean ENCINAS
Docteur de l’Université de Caen (mention Sciences)
ès la fin des années 50, les modèles des transistors bipolaires au germanium,
D en régime linéaire petits signaux, sont suffisamment précis pour permettre
le calcul des performances, à la température ambiante, des circuits électroniques.
En revanche, en régime forts signaux, le modèle utilisé n’est pas assez précis
car il ignore les phénomènes secondaires.
Au début des années 60, outre les transistors au germanium, les transistors
au silicium, de type planar, sont de plus en plus utilisés et il faut donc les modé-
12 - 1993
liser. Cela se traduit par une pression importante sur l’étude du fonctionnement
approfondi du transistor dont le modèle va pouvoir tenir compte des phéno-
mènes secondaires.
En 1970 deux ingénieurs américains, H.K. Gummel et H.C. Poon, développent
un modèle de transistor d’une grande précision quel que soit le régime de
fonctionnement.
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Cependant la complexité du modèle est telle que les calculs à la main sont
extrêmement longs. Heureusement, les progrès des calculateurs vont résoudre
ce problème. Enfin, l’informatique va venir au secours des électroniciens en leur
proposant des logiciels permettant le calcul des circuits. La précision des résultats
sera d’autant plus grande que les modèles des transistors seront mieux connus.
En outre les logiciels disposent de bibliothèques où la plupart des transistors
et diodes disponibles dans le commerce sont modélisés.
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2 EG
n i p i = n i = KT 3 exp – ---------- en cm –6 (1)
V th
1.2 Courants électroniques
où K est une constante.
À 300 K, on a : 1.2.1 Courant de conduction
2
n i = 2,1 ⋅ 10 20 cm – 6 (2) Sous l’action d’un champ électrique E , les électrons et les trous
peuvent se déplacer avec une vitesse v telle que :
1.1.2 Semi-conducteur de type N
v = µE (5)
On confère le caractère N au silicium en introduisant dans son
où µ est la mobilité de la charge.
réseau cristallin des atomes dits donneurs de la colonne V du tableau
de Mendeleïev : phosphore, arsenic ou antimoine. Cela permet de Plus précisément, on distingue :
rendre libre un des cinq électrons appartenant à la couche de valence, — la mobilité des électrons µ n ;
les quatre autres assurant les liaisons avec les quatre électrons de — la mobilité des trous µ p .
valence du silicium. À la température ambiante, la presque totalité La densité de courant totale de conduction et la résistivité, dans
des atomes donneurs cèdent un électron, ils s’ionisent donc et un matériau de type N, sont données par les relations suivantes :
prennent une charge positive égale à 1,602 · 10 –19 C. En désignant
par Nd la concentration de ces atomes et par n n0 celle des électrons
J = q ( µ n n n0 + µ p p n0 ) E (6)
libres (dits porteurs majoritaires), on a (à la température ambiante) :
n n0 ≈ Nd 1
ρ i = ----------------------------------------------------- (7)
Comme pour le silicium intrinsèque à l’équilibre, on a : q ( µ n n n0 + µ p p n0 )
2
n n0 p n0 = n i (3)
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J p = q µ p p n E – qD p grad p n (14)
Figure 1 – Jonction PN
1.3 Recombinaison. Génération.
Durée de vie
Par rupture des liaisons de valence, des paires électron-trou
peuvent être créées, par exemple sous l’action de la lumière ou de
la chaleur.
Inversement ces électrons et ces trous peuvent se recombiner en
créant des liaisons, ce qui libère de l’énergie : le phénomène est donc
réversible.
Il y a par conséquent, création et disparition, toujours par paires
électron-trou.
Ce qu’il faut surtout retenir c’est que, si l’on s’écarte des concen-
trations relatives à l’équilibre, un mécanisme de recombinaison ou
de génération va aussitôt intervenir pour rétablir cet équilibre.
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À l’équilibre tout se passe comme si deux courants identiques et En idéalisant la répartition de la charge d’espace comme indiqué
opposés se superposaient, donnant un courant résultant nul : l’un
est provoqué par la diffusion et l’autre par la présence du champ sur la figure 5, il est facile de déterminer le champ E et le
électrique. potentiel électrostatique V en utilisant le théorème de Gauss.
La zone comprenant des charges non compensées est dite de Considérons la figure 6 où le champ électrostatique, de part et
transition, de charge d’espace ou désertée. d’autre de la jonction, est perpendiculaire à la surface de cette
dernière que l’on prendra égale à l’unité. Soit E n et E p les champs
2.1.2.2 Étude quantitative respectivement dans la zone N et dans la zone P à la limite de la
jonction, on a :
2.1.2.2.1 Barrière de potentiel qN d x n
E n = ------------------
- (20)
La figure 3b représente les concentrations des porteurs en ε0 εr
fonction de l’abscisse x le long du dispositif, en tenant compte des
relations fondamentales (3) et (4) et de la diffusion des porteurs. Les qN a x p
– E p = – -------------------- (21)
limites de la zone désertée sont comprises entre – x n et + x p . ε0 εr
Les densités de courant Jn et Jp qui circulent dans la zone de charge avec ε0 permittivité du vide,
d’espace lorsque l’on ne considère que la seule dimension x sont :
εr permittivité relative du silicium.
dn (x ) Pour assurer la continuité du champ électrostatique, on doit
J n (x ) = q µ n n (x ) E (x ) + qD n ------------------ (15)
dx avoir :
dp (x ) qN d x n qN a x p
J p (x ) = q µ p p (x ) E (x ) – qD p ------------------- (16) E n = E p = -------------------
- = -------------------- (22)
dx ε0 εr ε0 εr
À l’équilibre ces courants sont rendus nuls par l’apparition d’une ce qui entraîne la neutralité électrique, c’est-à-dire :
barrière de potentiel :
n n0 Nd x n = N a xp (23)
Φ 0 = V th ln ---------- (17)
n p0
Dn
dans laquelle V th = --------
-
µn
On trouve de même :
p p0
Φ 0 = V th ln ------------ (18)
p n0
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2 ε0 εr
xn + xp = ----------------
q 1
Nd Na
1
--------- + --------- Φ 0 (25)
10 36
Φ 0 = 25,9 ln ------------------------------------------------------------
- ≈ 0,935 V Figure 8 – Distribution du champ (a ) et du potentiel (b )
1,45 ⋅ 10 10 ⋅ 1,45 ⋅ 10 10
le long de la jonction à l’équilibre
— la largeur de la zone de transition (25) :
n n0
Φ 0 – V = V th ln -------------------- (26)
np ( xp )
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V
n p ( x p ) = n p0 exp ----------
V th
la solution est :
V xp – x
n p (x ) – n p0 = n p0 exp ---------- – 1 exp ----------------- (33)
V th Ln
En remplaçant cette valeur dans (27), on trouve : 2.1.3.2.3 Densité de courant totale traversant la jonction
Les densités de courant des trous et des électrons sont données,
V
n p ( x p ) = n p0 exp ---------
V th
(29)
respectivement, par les expressions suivantes :
d p n (x )
J p (x ) = – qD p ---------------------
De même pour les trous : dx
d n p (x )
V
p n ( – x n ) = p n0 exp ---------
V th (30) J n (x ) = qD n ---------------------
dx
La densité de courant totale à travers la jonction est :
2.1.3.2.2 Concentration des porteurs de charge J = J p (– x n) + Jn (x p)
dans les zones N et P
Considérons, par exemple, la zone P et intéressons-nous aux por- Soit S la surface de la jonction, d’après (33) et (34), on a l’intensité
teurs minoritaires, les électrons. Ils sont injectés de façon continue de courant :
en xp (figure 9b ) avec une concentration, en excès par rapport à
qD p p n0 qD n n p0
l’équilibre, de : V
I = – S ----------------------
- + ----------------------- exp ---------- – 1 (35)
Lp Ln V th
∆np (x p ) = n p0 [exp (V/V th ) – 1]
Les électrons étant plus nombreux à la limite de la zone de tran- C’est l’équation de la caractéristique idéale de la diode. Le signe
sition vont se déplacer latéralement, vers les x croissants, où leur moins est dû au fait que le courant circule de la zone P vers la zone
concentration est plus faible. En outre la recombinaison par des trous N, alors que nous avons choisi le sens inverse sur l’axe des x.
va l’emporter sur la génération et plus on s’éloignera du bord de
la zone de transition plus leur concentration sera proche de celle de
l’équilibre.
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L’expression suivante :
qD p p n0 qD n n p0
I s = S ---------------------- + ----------------------
Lp Ln (36)
1
C j = S ----------------- ----------------------- ------------------------------
- (38)
Pour calculer la capacité de transition on reprend l’équation (25), 2 Na + Nd ( Φ 0 – V ) 1/ 2
et l’on remplace Φ 0 par Φ 0 – V ; il vient :
expression que l’on peut écrire de façon plus concise en posant :
2 ε 0 εr 1
1
xn + xp = - ------- + ------- ( Φ 0 – V )
--------------- (37) q ε 0 εr Na Nd
1/2
q Nd Na C j0 = S ---------------------------------------
2 Φ0 ( Na + Nd )
C j0
ce qui donne C j = ---------------------------------------- (39)
[ 1 – ( V/ Φ 0 ) ] 1/2
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Sur la figure 13 nous avons représenté la distribution du poten- 2.2.3 Schéma équivalent d’une diode à jonction
tiel et le champ électrique d’une jonction PN polarisée en inverse.
La surface délimitée par le champ électrique est égale au poten- Un tel schéma est donné sur la figure 14. On note l’association
tiel. On a donc : en parallèle de la capacité de jonction C j avec la capacité de diffusion
1 C D et la présence d’une résistance en série rs .
----- E 0 ( x n + x p ) = Φ 0 – V (40)
2
En éliminant xn + xp entre les équations (37) et (40), on trouve
l’expression du champ maximal :
2.3 Structure des diodes
2qN a N d 2.3.1 Contacts
E0 = --------------------------------------
- Φ0 – V (41)
ε0 εr ( Na + Nd )
Les contacts ne doivent pas être redresseurs. Pour cela, là où ils
sont placés, les concentrations en porteurs minoritaires doivent
être égales à celles de l’équilibre.
2.2 Caractéristique dynamique
2.2.1 Généralités
Nous avons vu que l’application d’une tension directe entraînait
une augmentation de la concentration en porteurs minoritaires, et
de celle en porteurs majoritaires, dans les zones neutres, de part et
d’autre de la zone de transition.
En ce qui concerne la zone P, cette distribution correspond à une
charge donnée par l’expression :
Qn = q S xp
∞
[ n p ( x ) – n p0 ] dx (42)
V
Q n = qSn p0 exp ---------- – 1 L n (43)
V th
Figure 12 – Capacité en fonction de la tension pour une jonction PN
En divisant l’équation (43) par (35) membre à membre et en sup-
posant p n0 n n0 , on trouve :
2
Qn Ln
- = --------
------- - (44)
I Dn
Qn
Or I = --------
- (45)
τn
2
d’où L n = Dn τn
τn
qD p p n0 qD n n p0 V
C D = --------- S ---------------------- + ---------------------- exp ----------
V th Lp Ln V th
qui est l’expression de la capacité de diffusion. Figure 14 – Symbole (a) et schéma équivalent (b) de la diode
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On obtient des contacts ohmiques en augmentant la vitesse de Reprenons l’expression du champ électrique (41) :
recombinaison à l’interface silicium-contact. En effet, par suite de
la grande vitesse de recombinaison, les porteurs, en excès par 2qN a N d
E0 = --------------------------------------- Φ0 – V
rapport à l’équilibre, ne peuvent pas y séjourner. ε0 ε r ( Na + Nd )
Pratiquement on dépose le contact sur une zone fortement dopée.
On voit qu’en augmentant la tension on augmente aussi le champ
Suivant la distance W qui sépare le contact ohmique de la jonction,
électrique et cela d’autant plus que la zone P de la diode est dopée.
nous avons affaire à deux types de diodes : celles dites épaisses
En considérant de nouveau les données dans l’exemple du para-
W L n et celles dites minces W L n (figure 15). graphe 2.1.2.2.2 et une tension de 8 V, on trouve avec la formule
précédente un champ de 1,6 · 106 V/cm.
On admet que, lorsque l’on dépasse 106 V/cm, on brise des liaisons
2.3.2 Diodes épaisses de covalence du silicium, libérant ainsi des paires électron-trou, ce
qui se traduit par une augmentation du courant. Ce type de claquage
Ce sont celles que nous avons étudiées. Par conséquent toutes est dit Zener.
les relations établies sont valables.
Un autre mécanisme intervient lorsque le dopage de la zone P est
plus faible : en traversant la zone de transition, lorsque le champ
2.3.3 Diodes minces est suffisamment élevé, les porteurs libres acquièrent des vitesses
telles qu’ils provoquent la rupture de liaisons en créant des paires
électron-trou. Ces paires vont à leur tour en créer d’autres avec
Dans ce cas, W L n et le courant est donné par, en supposant l’apparition d’un phénomène d’avalanche.
p n0 n p0 : Il y a multiplication M du nombre de porteurs et l’on a :
qSD n n p0 V 1
I D = -------------------------- exp ---------- – 1 (47) M = -----------------------------
- avec 2<n<6 (49)
W V th 1 – V/V a n
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Figure 21 – Diagramme des concentrations des porteurs minoritaires Figure 22 – Composantes des courants dans le transistor
en régime normal
uniformes ; V BC
— l’injection est faible. I CR = – I CS exp ----------- – 1 (54)
V th
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Le courant collecteur relatif au cas 2 est donc : où α R est le gain en courant inverse ou le rendement du collecteur
défini par :
V BE V BC I nC
I C = α F I ES exp ---------- – 1 – I CS exp ----------- – 1 (55) α R = -----------------------
- (57)
V th V th I nC + I pC
où α F est le gain en courant direct ou rendement de l’émetteur. En fonctionnement normal, c’est-à-dire pour V BC 0 , les équa-
tions précédentes deviennent :
Pour le courant émetteur :
V BE
I C = α F I ES exp ---------- – 1 + I CS
V BE V BC (58)
I E = – I ES exp ---------- – 1 + α R I CS exp ----------- – 1 (56) V th
V th V th
V BE
I E = – I ES exp ---------- – 1 – α R I CS (59)
V th
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V BE
I E = – I ES exp ---------- – 1 (61) que l’on écrit habituellement sous la forme :
V th
IC = – α F IE + ICB0 (76)
Si l’on admet la relation dite de réciprocité : en posant ICB0 = ICS (1 – α F α R) (77)
α R ICS = α F IES = IS (62) Cette équation correspond au montage base commune. En émet-
En reportant cette relation dans les équations (54) et (55), on teur commun, on trouve, en éliminant I E entre les relations (69)
trouve les expressions suivantes, dites d’Ebers et Moll : et (76) :
αF I CB0
I C = ----------------- I B + ----------------
- (78)
1 – αF 1 – αF
V BE Is V BC
I C = I s exp ---------- – 1 – -------- exp ----------- – 1 (63)
V th αR V th
IC = β F IB + (1 + β F) ICB0 (79)
IC = β F IB + ICE0 (80)
Is V BE V BC
I E = – -------- exp ---------- – 1 + I s exp ----------- – 1 (64)
αF V th V th La dernière relation est obtenue en faisant :
(1 + β F)ICB0 = ICE0
Afin d’alléger les notations nous poserons :
V BE
I F = I s exp ---------- – 1 (65) 3.2.6 Schémas équivalents statiques forts signaux
V th
Sur la figure 24 nous avons groupé les trois schémas équivalents
que l’on peut déduire des équations (67) et (68) (Ebers et Moll) et
V BC
IR = I s exp ----------- – 1 (66) des équations (72), (73) et (74). Nous utiliserons dans la suite uni-
V th quement la figure 23c.
les équations d’Ebers et Moll s’écrivent alors :
IR
3.2.7 Efficacité d’injection de l’émetteur
I C = I F – -------- (67) et du collecteur
αR
Dans la figure 25a sont indiqués les courants relatifs à l’émetteur.
IF
-+I
I E = – ------ (68) À partir des diagrammes de concentration (figure 25b ) on déter-
αF R
mine les densités de courant, ce qui permet de calculer les
Calculons le courant de base IB , on a : efficacités d’injection en fonction des paramètres physiques des
jonctions :
IB + IE + IC = 0 (69)
2 B
( qn i D nB )/ ( N a W )
α F = ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
- (81)
1 1 2 B 2 E
I F 1 – -------- + I R 1 – -------- + I B = 0 (70) ( qn i D nB )/ ( N a W ) + ( qn i D pE )/ ( N d L pE )
αF αR
1
1 – αF 1 – αR α F = -------------------------------------------------------------------------------------- (82)
B E
I B = I F ---------------- + I R ------------------ (71) 1 + ( D pE /D nB ) ( W/L pE ) ( N a /N d )
αF αR
On obtient de la même façon :
En posant :
1 – αF 1
α
----------------
1
------- = - α R = ----------------------------------------------------------------------------------------
B C
- (83)
βF F 1 + ( D pC /D nB ) ( W/L pC ) ( N a /N d )
1– α
1
------- =
βR ------------------
α R
R
-
3.2.8 Schéma équivalent dynamique forts signaux
les équations (67), (68) et (71) s’écrivent : 3.2.8.1 Charges stockées
IR On peut associer, comme dans le cas de la diode, aux porteurs
IC = I F – I R – -------- (72)
βR en excès par rapport à l’équilibre, une charge appelée charge
stockée. On fera correspondre à cette charge un courant qui lui sera
IF proportionnel et dont le coefficient de proportionnalité est une
I E = – I F + I R – -------
- (73) constante de temps.
βF
IF IR
I B = -------
- + -------
- (74)
βF βR
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Q DR IR
- = τ R ----------
C DR = ------------ (87)
V BC V BC
C j0C
C TC = -------------------------------------------------
- (89)
[ 1 – ( V BC / Φ 0C ) ] mC Figure 27 – Schéma équivalent forts signaux
dI B Is I g mF 1
- = --------------- exp ( V BE /V th )
------------- ≈ ---------------
V β
F
= ---------- = ------------ (91)
dV BE V th β F th F βF re β F
rπ = β F re (92)
On remplace la diode en direct par la résistance suivante : D’où le schéma équivalent donné en figure 27.
26 Pour s’aligner sur les notations habituelles, on posera :
r π = β F -------- ( en ohms ) (93)
IF C DF + C TE = Cπ
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Pour son calcul, on ne tiendra pas compte de la résistance r µ et Pour la déterminer, on part des équations (55) et (56) puis, à
on négligera le courant traversant la capacité C µ . l’aide des relations (62) et (69), on trouve, en négligeant 1 devant
On a alors : exp(V BE /V th ) et exp(V BC /V th ) :
βF ( 0 ) ( 1/α R ) + ( I C /I B ) ( 1/ β R )
iC g mF r π
------ = β F (ω ) = ------------------------------------------------- = -------------------------------- (99) V CE sat = V th In --------------------------------------------------------------
1 – ( I C /I B ) ( 1/ β F )
(107)
ii 1 + rπ ( Cµ + Cπ ) j ω 1 + j (ω /ω β)
1 1 Pour IC = 0, on a :
f β = --------- --------------------------------------------------- (100)
2π β F ( 0 ) r e ( C µ + C π )
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QR PQ IC ( 0 ) VA
- = --------------------------- ;
----------- = ---------- = ----------------------- ( V BC < 0, V A > 0 ) (109)
TS PT I C ( V BC ) V A – V BC
V BC
I C ( V BC ) = I C ( 0 ) 1 – ----------
- (110)
VA
V BE
Mais
V th
I C ( 0 ) = I s exp ----------- – 1
V BC V
exp ----------
V
BE
donc I C ( V BC ) = I s 1 – ----------
- - –1 (111)
VA th
Comme Is ∝ 1/W, on a :
W (0)
W ( V BC ) = ----------------------------------- (113)
( 1 – V BC /V A )
V BC
β F ( V BC ) = β F ( 0 ) 1 – ----------
VA
-
(114)
τB ( 0 ) V BC 2
τ F ( V BC ) = ------------------------------------------
[ 1 – ( V BC /V A ) ] 2
- = τ B ( 0 ) 1 + ----------
VA
-
(115)
avec – V BC V A .
Les expressions des courants collecteur et de base s’écriront Figure 32 – Gain en fonction du courant pour VBC = 0
donc, à partir des équations (65), (66), (72) et (74) :
On y distingue :
V BC
V BE V BC
I CT = I s ( 0 ) 1 – ----------
V A
- exp ----------- – 1 – exp ----------- – 1 (116) — un courant de recombinaison en surface ;
V th V th — un courant de recombinaison dans la zone de charge d’espace
de l’émetteur ;
Is ( 0 ) — un courant dû à des canaux de surface entre l’émetteur et la
V BE V BC
I CT = ---------------------------------- exp ----------- – 1 – exp ----------- – 1 (117) base.
1+ ( V BC /V A ) V th V th Ces courants sont de la forme :
Is ( 0 ) Is ( 0 )
V BE V BC
V BE
I B = ---------------- exp ----------- – 1 + ----------------- exp ----------- – 1 (118) I B ( surface ) = I s ( surface ) exp -------------- – 1 (119)
βF ( 0 ) V th β R (0) V th 2V th
Nous nous plaçons à V BC = 0. V BE
I B ( canaux ) = I s ( canaux ) exp ------------- – 1 (121)
La figure 32 illustre les variations de β F avec le courant. On y 4V th
distingue trois zones :
— la zone 1 relative aux faibles courants ; et en principe on devrait les ajouter au courant de base. En fait, on
— la zone 2 où le gain est constant ; modélise l’ensemble de ces trois courants en l’exprimant à l’aide
— la zone 3 où le gain décroît aux forts courants. d’un seul courant composite dont la formule est la suivante :
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V BE 3.3.5.1 Montage en base commune
I F = I s ( 0 ) exp ---------- – 1 (124)
V th
La tension maximale que l’on peut appliquer au transistor monté
en base commune correspond, en général, au passage en avalanche
Is ( 0 ) de la tension base-collecteur (émetteur en l’air) que l’on note V CB0 .
V BE
I B = ----------------- exp ----------- – 1 (125) Son étude a été faite dans le paragraphe 2.4.
β F (0) V th
■ Zone 3 : elle correspond aux courants élevés. On dit, alors, que l’on
est en présence d’une injection forte, ce qui se traduit, dans la base,
par une concentration importante de porteurs minoritaires dont la
concentration peut égaler ou même dépasser celle des porteurs
majoritaires. Comme la neutralité électrique doit être maintenue
dans la base, la concentration des porteurs majoritaires augmente de
la même quantité que celle des porteurs minoritaires. L’expérience
et la théorie montrent que le courant collecteur est alors
∝ exp(V BE /2V th).
La modélisation d’un tel effet se fait en remplaçant dans le modèle
à courant moyen l’équation (124) par la relation :
Is ( 0 )
V BE
I F ( 0 ) = --------------------------------------------------------- exp ----------- – 1
1 + θ exp ( V BE /2V th ) V th
avec V BE > 0.
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V CB0
V CE0 = ----------------------------
- avec 2<n<6 (130)
( 1 + β F) 1/n
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C’est un modèle assez mathématique et assez peu intuitif. La température modifie n i , µ, D et si la température est très basse
Il traite simultanément les trois effets suivants : le coefficient d’ionisation aussi.
— la modulation de la base (effet Early) ; Une augmentation de la température conduit aux résultats
— la haute injection ; suivants :
— la constante de temps τ F en fonction du courant I C . — augmentation des courants de fuite due au courant de
La concentration de la base est quelconque. La figure 38 illustre saturation Is ;
le diagramme des concentrations en mode saturé. — diminution de la polarisation directe des jonctions à courant
constant due à l’augmentation de Is qui l’emporte sur celle de V th ;
Le transistor est toujours considéré comme unidimensionnel. — augmentation des charges stockées ;
■ Détermination du courant de saturation — augmentation des gains.
Rappelons que dans le cas d’une base uniforme nous avons
trouvé :
qS E D nB n i
2 3.6 Bruit
I s = ------------------------------
-
Na W
L’origine du bruit est due au caractère corpusculaire du courant.
Pour une base non uniforme, on serait très tenté de généraliser
l’expression précédente, en écrivant : Le bruit a pour effet de limiter le plus petit signal que l’on peut
amplifier.
2
qS E D nB n i
I s = ---------------------------------
B
N a (x ) dx
3.6.1 Bruit de grenaille (shot noise )
qS E DnB n i
2 dont la valeur pour un courant de 1 mA est de 1,8 · 10– 8 A/Hz.
V BE V BC
I CT = I F – I R = ------------------------------- exp --------- – 1 – exp ---------- – 1 (133)
V th V th La distribution de l’amplitude est gaussienne et la densité de pro-
babilité du courant de la diode a l’allure indiquée sur la figure 39.
N a ( x ) dx
B
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Il produit une tension dont la valeur quadratique moyenne est : 3.6.6 Sources de bruit du transistor
v2 = 4kTR∆f (136) Dans un transistor fonctionnant en régime normal et en petits
On peut aussi l’exprimer en courant : signaux, les porteurs minoritaires se déplacent, dans la base, par
diffusion et sous l’action d’un champ électrique, ce dernier pouvant
1 être très faible. Collectés et accélérés par le champ électrique qui
i 2 = 4kT ---- ∆f (137) règne dans la zone de charge d’espace du collecteur, ils constituent
R
un courant électrique qui consiste en une série d’impulsions aléa-
À la température ambiante on a : toires. Par conséquent, le courant collecteur I C présente un bruit du
type grenaille donné par l’équation (134). Il sera représenté, sur le
4kT = 1,617 · 10–20 J
2
On trouve ce type de bruit dans toutes les résistances. schéma équivalent, par un générateur i C , comme indiqué sur la
figure 41.
Le courant I B est dû à la recombinaison (nous ne la négligeons
3.6.3 Bruit de scintillation (flicker noise ) plus) dans la base elle-même et dans la zone de transition de
l’émetteur et à l’injection de courant dans ce dernier. On a là aussi
Ce bruit a pour origine les pièges, les défauts cristallins et affaire à du shot noise qui sera représenté par un générateur de
différentes contaminations situés dans la zone de transition de 2
l’émetteur. Ils libèrent ou absorbent des charges de façon aléatoire bruit i B placé entre l’émetteur et la base.
et à basse fréquence. La résistance de base r B présente un bruit thermique ainsi que
Le courant correspondant à ce bruit est de la forme : celle du collecteur r C . Le bruit présenté par cette dernière est négli-
geable. On remarquera que les résistances fictives r π et r e n’ont pas
In
i 2 = K 1 ------ ∆f avec 0,5 < n < 2 (138) de bruit. Le bruit de la résistance de base est représenté par un géné-
f
2
La constante K1 est très dépendante de la technologie. rateur de tension v B en série avec cette dernière dont la valeur
est donnée par l’équation (136).
L’expérience a montré que le bruit flicker noise et le bruit en
3.6.4 Bruit en créneau créneau peuvent être représentés par des générateurs de courant
(popcorn noise ou burst noise ) connectés entre la base et l’émetteur. Ces bruits seront inclus dans
2
le générateur i B .
L’origine de ce bruit est très mal connue. Sa fréquence est infé-
rieure au kilohertz. Les sources de bruit sont indépendantes. Elles sont au nombre
Il se manifeste par des variations brusques du courant dont la de trois. Elles ont pour valeur moyenne quadratique :
périodicité est aléatoire. Il est de la forme :
2
v B = 4kTr B ∆f (140)
Ip
i 2 = K 2 -------------------------2- ∆f (139)
1 + ( f/f c ) 2
i C = 2qI C ∆f (141)
où K2 est une constante fortement liée à la température, I est le
n p
courant, p est compris entre 0,5 et 2 et f c est une fréquence de 2 IB IB
coupure qui dépend de la technologie. La courbe de la figure 40 i = 2qI B ∆f + K 1 -------- ∆f + K 2 --------------------------2- ∆f (142)
B f 1 + ( f /f c )
illustre le bruit en créneau.
Sur la figure 42 nous avons tracé la courbe de la densité spec-
trale de bruit en fonction de la fréquence d’un transistor bipolaire.
3.6.5 Bruit d’avalanche Elle est donnée par l’équation :
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3.7 Modèle SPICE Par analogie avec la loi d’Ohm, on écrit une équation linéaire
reliant l’écart de température (différence de potentiel) à la puis-
sance dissipée (courant), de la forme :
SPICE est le logiciel de simulation le plus répandu. Il a été déve- T j – T a = R thja · P d (144)
loppé par l’université de Berkeley et a été repris par de nombreuses
universités et sociétés qui l’ont adapté à leurs besoins. Parmi ces avec Tj température de la jonction,
modifications figurent, en bonne place, celles des modèles des Ta température ambiante,
composants.
R thja résistance thermique jonction-ambiante,
■ Phénomènes pris en compte : Pdpuissance dissipée.
— transistor idéal (gain normal, gain inverse, charges stockées,
On décompose, généralement, la résistance thermique en trois
capacités de transition) ;
termes :
— effet Early émetteur et collecteur ;
R thja = R thjc + R thcs + R thsa (145)
— courant de base à bas niveau non idéal ;
— haut niveau d’injection (normal et inverse, influence sur le gain avec R thjc résistance thermique jonction-boîtier,
et les charges stockées) ;
— résistance de base (défocalisation et modulation de la R thcs résistance thermique boîtier-dissipateur,
résistivité) ; R thsa résistance thermique dissipateur-ambiante.
— résistances collecteur et émetteur fixes ;
Exemple
— capacité collecteur subdivisée aux deux extrémités de la résis-
tance de base ; Ordre de grandeur :
— déphasage dû au temps de transit ; • Rthjc = 0,5 à 3 oC/ W pour un transistor de puissance ;
— capacité collecteur-substrat ; • Rthjc = 100 à 500 oC/ W pour un transistor de faible puissance ;
— influence de la température sur de nombreux paramètres ; • Rthcs = 0,1 à 0,5 oC/ W ;
— bruit (shot noise, thermique, flicker noise ). • Rthsa = 0,5 à 0 oC/ W.
■ Phénomènes ignorés :
— tensions de claquage ;
— gain du PNP substrat. 3.9 Polarisation
V CC – V BE
I C = β F -------------------------- (147)
RB
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auquel cas :
V CC – V BE
I C = --------------------------
2 RC
V CC + V BE
et V CE = --------------------------
-
2
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R C // R L
A v = – --------------------- (153)
re
ro = RC //R L (154)
Figure 48 – Schéma équivalent petits signaux
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Le convertisseur continu peut être de trois types. Nous ne 3.12.4 Régulateur de tension automobile
décrirons que le type représenté sur la figure 55.
Dans ce type d’application, il est nécessaire d’utiliser un transistor Dans une telle application (figure 56), il est nécessaire d’utiliser
et une diode discrets. En effet, la présence du transformateur deux transistors de puissance associés en montage Darlington
demande au transistor une forte tension de claquage et, en outre, (figure 57). Ces transistors sont montés dans un boîtier unique
le transistor doit dissiper une puissance élevée. L’intégration comprenant trois connexions, on peut donc les considérer comme
complète d’un tel dispositif serait extrêmement coûteuse. Il faudrait un transistor unique discret. Comme dans l’exemple précédent, une
une technologie très spécifique, pour une production relativement telle fonction n’est pas totalement intégrable avec des semi-
réduite et, en plus, un boîtier de puissance comprenant de nom- conducteurs.
breuses connexions, non standard.
3.12.5 Conclusions
Nous avons pu voir, bien que de façon très limitée, le rôle que
jouent les diodes et transistors discrets autour des circuits intégrés.
Pendant encore bien longtemps ce rôle leur sera dévolu. Cependant,
pour des raisons économiques et de fiabilité, la tendance générale
est de pousser l’intégration au maximum, par conséquent, inexo-
rablement, la part de marché diodes et transistors ne peut que dimi-
nuer, dans les systèmes électroniques, par rapport à celle des circuits
intégrés.
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Notations et Symboles
Symbole Définition
S Surface de la jonction PN
SC Surface du collecteur
SE Surface de l’émetteur
Ta Température ambiante
Tj Température de la jonction
V Potentiel électrostatique
Va Tension d’avalanche
V BB ,
Tensions d’alimentation
V CC ,V EE
V BC Tension base-collecteur
V BE Tension base-émetteur
V CE Tension collecteur-émetteur
VD Tension directe d’une diode
Vs Tension de saturation
V th Tension thermique (25,9 mV à 27 oC)
v Vitesse des électrons
vi Tension d’entrée
vo Tension de sortie
W Épaisseur de la jonction PN
WB Épaisseur de la base du transistor
xn Épaisseur de la zone de charge d’espace de la région N
xp Épaisseur de la zone de charge d’espace de la région P
αF Gain en courant en base commune direct
αR Gain en courant en base commune inverse
βF Gain en courant en émetteur commun direct
βR Gain en courant en émetteur commun inverse
ε0 Permittivité du vide (8,8 · 10–12 F/m)
εr Permittivité relative du silicium (11,7)
µn Mobilité des électrons
µp Mobilité des trous
τn , τp Durée de vie des porteurs mobiles
τF Constante de temps relative à la charge stockée
en direct
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P
O
U
Diodes et transistors bipolaires R
discrets
E
N
par Jean ENCINAS
Docteur de l’Université de Caen (mention Sciences)
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L
Philips composants
SGS Thomson Microelectronics
Thomson Composants Militaires et Spatiaux (TMS)
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(0) (0)
S
SGS Thomson
SGS Thomson
Instruments
Instruments
Motorola
Motorola
Philips
Philips
Texas
Texas
TCM
TMS
TCM