0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
189 vues3 pages

Préambule

Le préambule de La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges appelle à l'union des femmes et revendique leur place dans la sphère politique, tout en s'appuyant sur les valeurs des Lumières. L'autrice utilise une argumentation fondée sur le droit naturel pour dénoncer l'exclusion des femmes et promouvoir leur égalité. Ce texte constitue un manifeste féministe qui pose les bases des revendications futures pour les droits des femmes.

Transféré par

0jowzermalik0
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
189 vues3 pages

Préambule

Le préambule de La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges appelle à l'union des femmes et revendique leur place dans la sphère politique, tout en s'appuyant sur les valeurs des Lumières. L'autrice utilise une argumentation fondée sur le droit naturel pour dénoncer l'exclusion des femmes et promouvoir leur égalité. Ce texte constitue un manifeste féministe qui pose les bases des revendications futures pour les droits des femmes.

Transféré par

0jowzermalik0
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Le préambule <-

INTRO

Depuis l’Antiquité, la littérature d’idées joue un rôle essentiel pour dénoncer les inégalités,
éveiller les consciences et appeler au changement. Dans le siècle des Lumières, ce pouvoir
des mots devient un outil d’émancipation, notamment pour celles et ceux qui sont exclus du
projet révolutionnaire. Olympe de Gouges, figure pionnière du féminisme et autrice engagée,
s'inscrit dans ce courant en revendiquant une égalité réelle entre les sexes. En 1791, elle
publie La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, un texte fondateur,
directement inspiré de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qu’elle
réécrit pour mieux en dénoncer les limites. Ce texte, écrit dans une forme juridique solennelle,
s’inscrit dans le contexte des Lumières et du combat pour l’universalité des droits.

L’extrait que nous allons étudier est le préambule de cette Déclaration. Il ouvre l’œuvre et en
constitue le cœur argumentatif. Il expose les fondements idéologiques de sa revendication et
annonce la nécessité d’un changement profond dans la société.

LECTURE DU TEXTE (On entame la lecture du texte: )

Nous analyserons Comment Olympe de Gouges, dans ce préambule, construit-elle un


manifeste féministe fondé sur les valeurs des Lumières, tout en dénonçant l’exclusion
politique des femmes, en s’intéressant au 3 mouvement du texte : dans un premier temps, L1
à 2, Un appel solennel à l’union des femmes, ensuite L2 à 12 Une argumentation fondée sur
les principes du droit naturel, enfin, le reste du texte, Une valorisation de la femme et
l’annonce d’un nouveau texte

***************************************************************************

MOUVEMENT 1 (Un appel solennel à l’union des femmes)


 A partir de la première phrase, on remarque qu’Olympe de Gouges ne se met pas en
avant, c’est une prise de parole s’adressant à toute la gente féminine, en introduisant
des termes féminins avec une accumulation de noms : « le mères, les filles, les
sœurs ».

 Cette énumération ternaire crée un effet de convivialité et de solidarité unissant les


femmes entre elles.

 De plus, Olympe de Gouges rappellent que la femme est à l’origine même de la vie
grâce à son rôle maternel, mais le limite à un statut qui est tout d’abord familiale et
non sociale, enfermant la femme dans cette position qui lui est imposé
impérativement.

 Le terme « représentantes de la Nation » résume la déclaration puisqu’ici, Olympe de


Gouges représente les femmes non pas par leur sexe, mais par leur statut social, elle
change les termes biologiques en des termes politiques.

 Ensuite, elle introduit sa requête sur un ton solennel grâce au verbe « Demandent ».
L’emploi du présent de l’énonciation exige donc une lecture immédiate de la demande et
donne au texte un ton performatif.

 L’autrice vise à accomplir une révolution à l’intérieur de la révolution : Accorder aux femmes
une véritable place dans la sphère politique. Son objectif est donc dévoilé.
MOUVEMENT 2 (Une argumentation fondée sur les principes du droit naturel)
 Ce mouvement consiste en une phrase longue, ou Olympe de Gouges pose un
raisonnement déductif à travers les arguments qu’elle utilise.

 L’autrice part d’abord d’une observation qui aboutira dans la suite à une déduction

 C’est donc une période oratoire ou l’autrice expose son point de vue comme l’indique
« considérant que » qui est ensuite suivi d’une énumération qui justifie cette demande.

 Ensuite, ce suit une gradation à connotation péjoratif « l’ignorance, l’oubli ou le


mépris ». C’est une gradation qui peut être considéré comme accusatrice puisque
l’autrice blâme la société en tant que premier responsable de la situation de la femme.

 Elle explique que cette misogynie qui est le résultat de la corruption de la société
n’affecte pas uniquement les femmes, mais toute la société et mène à sa déchéance,
d’où l’emploi du terme « malheurs publics ».

 Par ailleurs et afin de consolider ses propos, elle utilise une gradation ascendante « les
droits naturels inaliénables et sacrés de la femme », ce rythme ternaire rend légitime
sa demande, puisque :

 « Naturels » a une valeur morale, « inaliénables » a une valeur juridiques et « sacrés »


a une portée religieuse.

 Elle poursuit son argumentation avec trois propositions subordonnées circonstancielles


de but introduite par la locution conjonctive « Afin que ».

 Cela fait écho au participe présent ouvrant la phrase « considérant » et qui confère au
préambule une dimension argumentative et juridique.

 Avec habileté, elle affirme que cette déclaration contribuerait « au bonheur de tous »,
en s’appuyant sur des adjectifs neutres et indiscutables tels que « simples » et «
incontestables ». Elle en précise finalement l’essence même en introduisant le terme «
but », qui en résume l’objectif fondamental.

 L’hyperbole lyrique « au maintien, aux bonnes mœurs, au bonheur de tous » témoigne


de l’enthousiasme de l’autrice. Il est à constater que le pronom indéfini « Tous » n’est
pas féminisé dans l’hypertexte. Ainsi, Olympe de Gouges fait la promesse d’un
bonheur universel et non seulement féminin, ce qui s’inscrit pleinement dans le
contexte des Lumières.

 Ainsi, cette phrase, construite uniquement autour de propositions subordonnées de


but introduites par « afin que », renvoie directement à l’esprit des Lumières.

 Par cette déclaration, Olympe de Gouges espère éclairer les consciences sur la
nécessité d’une véritable égalité entre les sexes.

MOUVEMENT 3 (Une valorisation de la femme et l’annonce d’un nouveau texte)

 Le troisième et dernier mouvement de l’extrait représente la conclusion de son discours


déductif, une péroraison.

 Olympe de Gouges explique d’une façon provocatrice et audacieuse que la femme


peut être considéré comme supérieur à l’homme par sa beauté. Par le biais de cette
hyperbole valorisante, l’autrice brosse un portrait mélioratif de la femme.

 La femme a été considéré pendant plusieurs siècles comme le sexe faible, dans ce
passage, l’autrice nie cela en présentant la femme comme supérieure

 Elle revendique ainsi la supériorité de la femme en raison de sa beauté « en beauté »


et de son « courage ». Le courage est ici justifié par les souffrances maternelles subies
par les femmes, et ainsi par leur résistance à la douleur, notamment lors de
l’accouchement.

 Cette fin du préambule se présente sous la forme d’une longue phrase qui inaugure le
style juridique de la Déclaration. Olympe de Gouges conclue son préambule par une
transition qui sert d’annonce d’une nouvelle déclaration plus juste et plus égalitaire en
introduisant les dix-sept articles de la DDFC : « les Droits suivants de la Femme et de
la Citoyenne. »

**********************************************************************************

CONCLUSION
Ce préambule s’impose comme un véritable texte de combat et d’émancipation. Olympe de
Gouges utilise la forme solennelle d’un texte juridique pour dénoncer l’exclusion des femmes
de la citoyenneté et revendiquer une égalité pleine et entière. À travers cette déclaration, elle
pose les fondements de ce qui deviendra les grandes revendications féministes, même si son
œuvre fut longtemps ignorée. De plus, deux siècles plus tard, Simone Veil prolonge ce combat
en défendant à l’Assemblée nationale le droit à l’avortement en 1974. En faisant entendre la
voix des femmes dans les institutions républicaines, elle réalise, en acte, l’un des rêves les
plus chers d’Olympe de Gouges : faire des femmes des citoyennes à part entière.

Vous aimerez peut-être aussi