TH2022ROUABAHMAROUA
TH2022ROUABAHMAROUA
granulation humide
Maroua Rouabah
COMPOSANTES SANTE
Faculté de Médecine et Maïeutique Lyon Sud - Charles Mérieux Doyenne : Mme Carole BURILLON
Ecole Supérieure de Chimie, Physique, Electronique (CPE Lyon) Directeur : Gérard PIGNAULT
UFR des Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives Directeur : M. Yannick VANPOULLE
(STAPS)
3
4
À mes chers parents, mes H2M et mon soleil Luna...
5
Remerciements
Isaac Newton avait dit un jour : « Lorsque deux forces sont jointes, leur efficacité est double. ».
Sa pensée s’applique certes à un large champ d’étude de la physique mais rejoint si bien la définition
d’un travail d’équipe pour mener à bien et à terme un travail de thèse. Un projet d’une longueur de
trois années mais dans lequel certaines ondes dépassent la notion du temps.
Par la beauté et le sens de cette citation, je tenais vivement à mentionner que ce travail n’aurait pas
pu voir le jour sans la présence, l’aide, l’encouragement et la participation de près ou de loin de
nombreuses personnes. C’est ainsi qu’il convient d’adresser mes plus amples et sincères
remerciements à chacune d’entre elles m’ayant accompagnées tout au long de ce périple.
Ce travail a été réalisé au sein du Laboratoire d’Automatique de Génie des Procédés et de Génie
Pharmaceutique (LAGEPP), UMR 5007 CNRS - Université Claude BERNARD Lyon 1. Mes plus vifs
remerciements s'adressent en premier lieu à la directrice du laboratoire et en même temps co-
directrice de ma thèse Mme Stéphanie BRIANÇON, pour son accueil au sein de la structure, qui de par
sa confiance en moi m’a offert la possibilité d’effectuer ce travail de recherche. Je la remercie
également pour ses encouragements, ses conseils et les opportunités qu’elle m’a accordées pour la
suite de mon parcours académique. Dans le cadre de la direction du laboratoire, je remercie
chaleureusement la directrice administrative que je surnomme Soleil du laboratoire Mme Nadia
CHAPEL, pour l’énergie positive qu’elle dégage au quotidien, pour son travail, sa réactivité, sa présence
et ses encouragements sans faille.
Ce travail a été jugé et validé par l’ensemble des membres du jury qui ont pris le temps d’évaluer cette
thèse pour qui j’associe mes plus sincères remerciements : M. Khashayar SALEH et M. Juergen
SIEPMANN qui m’ont fait l’honneur d’être rapporteurs principaux de mon manuscrit ainsi que M.
Christian JALLUT et M. Mathieu OUILLON en tant qu’examinateurs. Je vous remercie pour vos précieux
commentaires bien avisés ainsi que vos compliments sur ce travail.
J’adresse mes chaleureux et spéciaux remerciements à la personne sans qui rien n’aurait été possible
ma directrice de thèse Mme. Claudia COGNÉ, pour cette belle opportunité qu’elle m’a offerte de
pouvoir travailler à ses coté, d’apprendre et de grandir scientifiquement et humainement en
m’inspirant de son professionnalisme, ses compétences, son engagement pour le projet, ses qualités
scientifiques et pédagogiques ainsi que ses nombreuses qualités humaines. Ce fut un honneur pour
moi d’évoluer sous son encadrement. Je la remercie pour le temps qu’elle m’a accordé, pour sa
présence, son aide et soutien inestimables, sa patience et sa compréhension.
Ces travaux n’auraient pas pu être réalisés sans le soutien de M. Roman PECZALSKI, que je tiens à
remercier énormément pour l’opportunité qu’il m’a accordé de réaliser mon stage de Master II sous
sa direction. Je le remercie pour son aide et de m’avoir si bien formé et partagé son savoir. Un savoir
scientifique solide qui m’a permis de passer en immersion directe dans mon sujet de thèse.
Il me doit aussi de remercier l’ensemble des membres du laboratoire où nos chemins se sont croisés
d’une longue ou courte durée et où on a partagé des moments conviviaux inoubliables. Mention
spéciale pour l’équipe technique M. Olivier GUARRIGUES pour son aide côté informatique (merci
également pour les moments de partages musicaux), M. Jean-Pierre VALOUR pour sa présence tout en
6
sourire, Mme. Géraldine AGUSTI pour son aide, sa disponibilité et ses superbes images au MEB qui
n’ont fait qu’embellir mes posters/présentations étoilées, merci également de m’avoir si bien intégrée
au laboratoire, Mme. Cynthia BARRATIER pour ses encouragements et pour tous les merveilleux
moments qu’on a passé ensemble à l’ISPB et enfin Maria pour son énergie positive contagieuse.
Ce projet de recherche s’est effectué à cheval entre deux équipes ProDis et GePharm. J’adresse ainsi
mes remerciements aux membres des deux équipes et spécialement à Mme. Émilie GAGNIÈRE (ma
prof préférée), qui a été pour moi une grande source d’inspiration depuis ma licence à l’UCBL de par
son professionnalisme et sa détermination mais aussi son soutien et conseils avisés, M. Noureddine
LEBAZ d’avoir enrichi ma culture générale lors de nos pauses déjeuner, ainsi que M. Stéphane
LABOURET. Je remercie également M. Julien ANDRIEU pour son soutien et suivi jusqu’au jour de ma
soutenance mais aussi Mme. Valérie DOS SANTOS pour ses encouragements et sa sympathie.
Durant ces trois années de thèse, ma deuxième maison était le bureau G231 et je peux dire que j’avais
une deuxième famille qui y habitait avec des membres qui venait et qui partait. Je tiens à les remercier
tous un par un du plus ancien au plus récent survivor, en commençant par le pack’doc : Alinette qui
m’avait si bien accueillie lors de mon stage de Master II dans le cadre de sa thèse, Asma, Pierrot, Marie
Thé, Fabrice, Maria et par la suite le pack’next’doc : Steeven et Quentin (nos IA genius ! Merci
beaucoup pour votre précieuse aide Pythonienne), Fadwa, Lei, et enfin Romanos que je remercie
énormément pour son soutien et son écoute spécialement lors de mes derniers mois de thèse. Merci
à vous tous, pour tous les merveilleux moments qu’on a pu vivre en doc’habitant ensemble et d’avoir
contribué à embellir et ensoleiller mes journées de thèse.
Un grand merci à mes amis, pour leurs encouragements, leur motivation quand j’en avais le plus
besoin, merci de m’avoir écouté me plaindre quand ça n’allait pas et d’être contents pour moi quand
les thèse’days me souriaient. Merci à Rym, Sara, Greta, Chahinez, Rita, Albert, Anis et Romain. Vous
êtes les meilleurs.
On dit qu’il faut garder le meilleur pour la fin et le meilleur pour moi c’est ma famille. Si je suis arrivée
là aujourd’hui c’est grâce à eux, je tiens alors à les remercier modestement du plus profond de mon
cœur car je ne pourrais jamais le faire au degré qu’ils méritent. Merci à mon frère Hamza et ma belle-
sœur Cécilia pour leur énorme soutien malgré les kilomètres qui nous séparaient. Merci à ma petite
sœur Manar pour sa force et son courage desquels j’ai pu m’inspirer. Merci à ma grande sœur Mouna,
grande par sa sagesse et sa générosité, celle qui m’épaule depuis ma naissance mais spécialement par
sa présence, son aide et son soutien inconditionnels durant mes années d’études (rien n’aurait pu se
passer ainsi sans ta présence). Merci également à mon beau-frère Zine-Eddine et spécialement à notre
soleil Luna, ma nièce que j'aime tant.
Enfin, j’adresse le plus beau des remerciements à mes chers parents, pour tout l’amour dans lequel on
m’a fait grandir, de m’avoir tant donné, de m’avoir toujours poussé vers le haut et soutenu pour
réaliser mes rêves. Je me sens tellement reconnaissante, chanceuse et bénie d’avoir des parents
comme vous. Et mon papa, cette thèse on l’a faite ensemble comme tu le sais et elle t’est entièrement
dédiée.
7
8
Résumé
La granulation humide, procédé couramment utilisé dans différents secteurs industriels
(pharmaceutiques, chimiques, cosmétiques, …) a été abordée dans cette thèse. Ce procédé
consiste à fabriquer des agrégats solides (granulés) et constitue une étape intermédiaire à la
fabrication de différentes formes pharmaceutiques (comprimés, gélules…). L'industrie
pharmaceutique exige des propriétés contrôlées et une très bonne reproductibilité des
produits intermédiaires (granulés) et finis (comprimés), il est donc nécessaire de comprendre
et de maîtriser le procédé. Des études expérimentales et numériques ont été menées dans
cette thèse afin de mieux appréhender le processus de granulation humide à fort taux de
cisaillement. Le modèle numérique est basé sur la méthode des éléments discrets (DEM) : ce
modèle tient compte des propriétés intrinsèques de la poudre, de la géométrie du procédé
ainsi que des conditions opératoires. Il présente l’avantage de prendre en compte la
dynamique des particules et d’intégrer des phénomènes complexes entre les particules telles
que la cohésion.
Dans un premier temps, un travail préliminaire a été mené pour calibrer les paramètres
d'entrée du modèle : il a nécessité l’ajustement du coefficient de frottement statique et de
l’énergie de surface à partir de mesures expérimentales d’angles de repos. Cette calibration a
été validée par des essais expérimentaux (volumétrie, mélange en tambour) et pour différents
types de poudre.
Dans un second temps, le modèle a été déployé pour simuler le comportement des particules
au cours du procédé de granulation. Une démarche progressive a été développée afin de
tester la robustesse du modèle et un outil de post-traitement a été programmé pour calculer
la taille des granulés formés. Deux échelles de granulateurs ont pu être modélisées (0,5L et
4L) et comparées aux résultats expérimentaux. Bien qu’il n’a pas été possible de modéliser
des tailles de particules aussi fines que celles expérimentales, nous avons pu conclure que le
modèle permet de suivre les cinétiques de croissance des granulés et que les tendances
observées sont similaires.
Enfin une étude paramétrique a été menée. Elle a permis de mettre en évidence l’influence
des vitesses d’agitation, de la présence de l’émotteur et de la méthode d’ajout du liant, à la
fois d’un point de vue numérique et expérimental. Une étude de changement d’échelle a
également été développée, permettant de conclure que l’outil élaboré permet de sécuriser
les problématiques de changement d’échelle des granulateurs à fort taux de cisaillement.
Mots-clés :
9
Abstract
First, preliminary work was carried out to calibrate the input parameters of the model. This
required the adjustment of the static friction coefficient and the surface energy based on
experimental measurements of the angles of repose. This calibration was validated using
experimental tests (volumetry, drum mixing) and for different types of powder.
Second, the model was deployed to simulate the behaviour of the particles during the
granulation process. A stepwise approach was developed to test the robustness of the model
and a post-processing tool was programmed to calculate the size of the granules formed. Two
scales of granulators were modelled (0.5L and 4L) and compared with experimental results.
Although it was not possible to model particle sizes as fine as those found in the experiments,
we concluded that the model was able to follow the growth kinetics of the granules and that
the observed trends were similar.
Finally, a parametric study was carried out. It allowed to highlight the influence of the agitation
speeds, the presence of the chopper and the binder addition method, both numerically and
experimentally. A scaling study was also developed, concluding that the developed tool can
secure the scaling-up to high shear granulators.
Keywords :
Wet granulation, High shear granulator, Modelling and Simulation by DEM, Numerical granule
formation, Process Scale-up, Pharmaceutical process.
10
Table des matières
REMERCIEMENTS ....................................................................................................................... 6
RÉSUMÉ ...................................................................................................................................... 9
ABSTRACT ................................................................................................................................. 10
LISTE DES FIGURES.................................................................................................................... 15
LISTE DES TABLEAUX ................................................................................................................ 18
NOMENCLATURE ...................................................................................................................... 19
INTRODUCTION GÉNÉRALE ...................................................................................................... 21
CHAPITRE I : SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE ............................................................................. 25
PARTIE I : LA GRANULATION HUMIDE : ÉTUDES EXPÉRIMENTALES ........................................ 26
1. ÉTAT DE L’ART SUR LA GRANULATION ............................................................................. 26
2.1. Méthodes de granulation .............................................................................................. 26
2.1.1. La granulation par voie sèche ................................................................................ 27
2.1.2. La granulation par voie humide ............................................................................. 27
2.1.3. Procédés divers ...................................................................................................... 27
2.2. La granulation humide et ses différents mécanismes .................................................. 28
2.2.1. Mouillage et nucléation ......................................................................................... 28
2.2.1.1. Régimes de nucléation ........................................................................................... 29
2.2.1.2. Mécanismes de nucléation .................................................................................... 31
2.2.1.3. Mécanismes de liaison en agglomération ............................................................. 32
2.2.2. Consolidation et croissance ................................................................................... 34
2.2.2.1. Mécanismes de croissance .................................................................................... 34
2.2.2.2. Propriétés de saturation du liquide liant ............................................................... 36
2.2.3. Attrition et rupture ................................................................................................ 38
2.3. Technologies de granulation humide ............................................................................ 38
2.3.1. Granulateurs mécaniques ...................................................................................... 39
2.3.1.1. Granulateurs à faible taux de cisaillement ............................................................ 39
2.3.1.2. Granulateurs à fort taux de cisaillement (GFTS) .................................................... 39
2.3.2. Granulateurs à lit fluidisé ....................................................................................... 40
2.4. Méthodes de contrôle du procédé de granulation humide en GFTS ........................... 41
2.4.1. Mesures indirectes ................................................................................................. 41
2.4.2. Mesures directes .................................................................................................... 43
2.5. Effet des paramètres opératoires sur les granulés produits......................................... 44
2.5.1. Paramètres de formulation.................................................................................... 44
2.5.1.1. Caractérisation du liquide liant .............................................................................. 44
2.5.1.2. Effet de la méthode d’ajout de liant ...................................................................... 46
2.5.1.3. Effet de la méthode de distribution de liant ......................................................... 47
2.5.1.4. Effet du débit d'ajout de liant ................................................................................ 47
2.5.2. Impact de la géométrie de l’équipement et des paramètres du procédé ............ 48
2.5.2.1. Conception et vitesse de rotation de la turbine et de l’émotteur ........................ 48
11
2.5.2.2. Taux de remplissage de la cuve ............................................................................. 50
2.5.2.3. Impact des caractéristiques du matériau sur les propriétés des granulés ............ 50
2.6. Propriétés et contrôle des granulés .............................................................................. 51
2.6.1. Granulométrie ........................................................................................................ 51
2.6.2. Forme ..................................................................................................................... 51
2.6.3. Porosité interne ..................................................................................................... 52
2.6.4. Surface spécifique .................................................................................................. 52
2.6.5. Densité ................................................................................................................... 52
2.6.6. Teneur en eau ........................................................................................................ 53
2.6.7. Aptitude à l’écoulement ........................................................................................ 53
2.6.8. Études de tassement .............................................................................................. 54
2.6.9. Friabilité ................................................................................................................. 54
3. CONCLUSION SUR LES ÉTUDES EXPÉRIMENTALES DE LA GRANULATION HUMIDE ......... 55
PARTIE II : LA GRANULATION HUMIDE : ÉTUDES NUMÉRIQUES ............................................. 57
1. INTRODUCTION SUR LA MODÉLISATION ET SIMULATION NUMÉRIQUE.......................... 57
2. L’ANALYSE DIMENSIONNELLE ........................................................................................... 58
2.2. Prédiction des mécanismes de fonctionnement .......................................................... 60
3. MÉTHODES NUMÉRIQUES EN GRANULATION.................................................................. 61
3.1. Modélisation par bilans de populations (PBM)............................................................. 61
2.2. Modélisation par éléments discrets (DEM)................................................................... 63
2.2.1. Physique de suivi temporel .................................................................................... 63
2.2.2. Modèles de contact ............................................................................................... 66
2.2.2.1. Modèle de contact de Hertz-Mindlin..................................................................... 66
2.2.2.2. Le modèle Hertz-Mindlin avec JKR......................................................................... 69
2.2.2.3. Le modèle Hertz-Mindlin avec JKR version 2 ......................................................... 70
2.2.2.4. Modèle de contact par ponts liquides ................................................................... 71
2.3. Modèles hybrides .......................................................................................................... 73
3. OUTILS DE CALIBRATION NUMÉRIQUE DES PARAMÈTRES DEM ...................................... 74
4. APPLICATIONS DE LA DEM EN GRANULATION HUMIDE................................................... 75
5. CONCLUSION ..................................................................................................................... 79
CHAPITRE II : ÉTUDE EXPÉRIMENTALE ET NUMÉRIQUE DE CALIBRATION DES PARAMÈTRES
D'ENTRÉE POUR LA SIMULATION DU PROCÉDÉ DE GRANULATION HUMIDE ......................... 81
1. INTRODUCTION ................................................................................................................. 82
2. MATÉRIELS ET MÉTHODES ................................................................................................ 83
2.2. Étude expérimentale ..................................................................................................... 83
2.2.1. Choix des poudres modèles et formation des granulés ........................................ 83
2.2.2. Caractérisation des poudres .................................................................................. 84
2.3. Étude numérique........................................................................................................... 84
2.3.1. La modélisation par DEM ....................................................................................... 84
2.3.2. Procédure de simulation par DEM ......................................................................... 85
3. RÉSULTATS ET DISCUSSION ............................................................................................... 88
12
3.1. Caractérisation des poudres ......................................................................................... 88
3.2. Étude de calibration des paramètres d’entrées DEM ................................................... 91
3.2.1. Prédiction du coefficient de frottement statique .................................................. 91
3.3. Études de cas de validations expérimentales et numériques ....................................... 94
3.3.1. Applications de compressibilité ............................................................................. 94
3.3.2. Influence de la granulométrie sur les propriétés d’écoulement des poudres ...... 96
3.3.3. Étude du mélange de particules .......................................................................... 102
4. CONCLUSION ................................................................................................................... 104
CHAPITRE III : MODÉLISATION ET SIMULATION DU PROCÉDÉ DE GRANULATION HUMIDE . 107
1. INTRODUCTION ............................................................................................................... 108
2. MATÉRIELS ET MÉTHODES .............................................................................................. 109
2.1. Conception d’un granulateur numérique à fort taux de cisaillement. ....................... 109
2.2. Modèle des particules simulées .................................................................................. 111
2.3. Propriétés mécaniques des matériaux........................................................................ 112
2.4. La méthode DEM adaptée à la modélisation du procédé........................................... 114
2.5. Approche de granulation numérique .......................................................................... 115
2.6. Outils de post-traitement des granulés ...................................................................... 116
3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS ........................................................................................... 120
3.1. Essais avec la grande cuve de 4L ................................................................................. 120
3.1.1. Résultats expérimentaux de granulation à fort taux de cisaillement .................. 120
3.1.2. Suivi granulométrique temporel .......................................................................... 123
3.2. Résultats numériques des simulations préliminaires ................................................. 125
3.2.1. Simulation avec 100 particules ............................................................................ 125
3.2.2. Simulation avec 10.000 particules ....................................................................... 128
3.2.3. Simulation avec 100.000 particules ..................................................................... 130
3.3. Validation de la routine de calcul des diamètres d’agglomérats ................................ 132
3.4. Influence du taux de remplissage de la cuve sur la répartition granulométrique...... 134
3.4.1. Post-traitement à 2000 Particules ....................................................................... 135
3.4.2. 50.000 particules.................................................................................................. 136
3.4.3. 100.000 particules................................................................................................ 138
3.5. Comparaison granulométrique expérimentale et numérique pour la cuve de 4L ..... 140
3.6. Essais avec la cuve de 0,5 L ......................................................................................... 144
3.6.1. Résultats expérimentaux de granulation ............................................................. 144
3.6.2. Résultats numériques .......................................................................................... 147
3.6.2.1. Simulation avec 20 g (environ 70 000 particules)................................................ 147
3.6.2.2. Simulation avec 40 g (environ 100 000 particules).............................................. 150
3.6.2.3. Simulation avec 62 g (environ 385 000 particules).............................................. 153
3.6.3. Validation du modèle numérique : Comparaison des tests de 62 g.................... 154
4. CONCLUSION ................................................................................................................... 156
CHAPITRE IV : ÉTUDE DES EFFETS DES PARAMÈTRES OPÉRATOIRES – APPROCHE DE
CHANGEMENT D’ÉCHELLE ...................................................................................................... 159
13
1. INTRODUCTION ............................................................................................................... 160
2. ÉTUDE PARAMÉTRIQUE .................................................................................................. 160
2.1. Effet de la vitesse d’agitation de la turbine ................................................................ 160
2.2. Effet de l’émotteur ...................................................................................................... 163
2.3. Effet de la méthode d’ajout du liant ........................................................................... 166
3. ÉTUDE DU CHANGEMENT D’ÉCHELLE ............................................................................. 170
3.1. Rappels des principaux nombres adimensionnels ...................................................... 170
3.2. Étude du changement d’échelle.................................................................................. 172
4. CONCLUSION ................................................................................................................... 174
CONCLUSION GÉNÉRALE ........................................................................................................ 177
1. Bilan des travaux ......................................................................................................... 178
2. Perspectives de l’étude ............................................................................................... 182
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES .......................................................................................... 185
ANNEXES................................................................................................................................. 193
14
Liste des figures
15
Figure 25 : Images de simulations des angles de repos des mélanges 1 (a) et 2 (b) avec coupe
intérieures .............................................................................................................................. 101
Figure 26 : Images de simulation et d'expérience de ségrégation des particules dans un
tambour tournant sans ailette centrale ................................................................................. 102
Figure 27 : Images de simulation et d'expérience de ségrégation des particules dans un
tambour tournant avec ailette centrale................................................................................. 103
Figure 28 : Représentations tridimensionnelles de la petite (a) et la grande (b) cuves de
granulation ............................................................................................................................. 110
Figure 29 : Dimensions de la cuve de 0,5 L. (a) Vue de côté, (b) vue d’en haut .................... 110
Figure 30 : Dimensions de la cuve de 4L. (a) Vue de côté, (b) vue d’en haut ........................ 110
Figure 31 : Étapes numériques de granulation sous EDEM - (1) : remplissage de la cuve ; (2) :
granulation ; (3) : formation des granulés ............................................................................. 115
Figure 32 : Image illustrant la formation des granulés dans une cuve de granulation avec le
modèle JKR ............................................................................................................................. 116
Figure 33 : Image illustrant la démarche de calcul du diamètre équivalent d’un granulé .... 119
Figure 34 : Algorithme de post-traitement des granulés ....................................................... 119
Figure 35 : Vitesses et couples de l’agitateur et l’émotteur .................................................. 122
Figure 36 : Images au MEB du suivi de formation des granulés toutes les 2 minutes .......... 124
Figure 37 : Distributions granulométriques des granulés de MCC chaque 2 minutes .......... 125
Figure 38 : Image du début et de la fin d’une granulation simulée à 100 particules ............ 126
Figure 39 : Nombre de coordination dans la cuve de 100 particules .................................... 127
Figure 40 : Nombre de coordinations en fonction du temps pour 100 particules ................ 127
Figure 41 : Image zoomée sur les vecteurs de contacts entre les particules d’un agglomérat
................................................................................................................................................ 128
Figure 42 : Images d’une granulation simulée à 10.000 particules ....................................... 129
Figure 43 : Nombre de coordination au cours du temps de la simulation à 10.000 particules
................................................................................................................................................ 129
Figure 44 : Distribution granulométrique initiale des 100.000 particules ............................. 130
Figure 45 : Vitesses moyennes des 100.000 particules dans la cuve ..................................... 130
Figure 46 : Nombre de coordination au cours du temps de la simulation à 100.000 particules
................................................................................................................................................ 131
Figure 47 : Nombre de coordination au cours du temps de la simulation à 100.000 particules
................................................................................................................................................ 132
Figure 48 : Masses des agglomérats par EDEM ..................................................................... 133
Figure 49 : Distribution granulométrique : Simulation à 2000 particules ............................. 136
Figure 50 : Distribution granulométrique : Simulation à 50.000 particules .......................... 137
Figure 51 : Simulation à 100.000 particules : Distributions granulométriques par volume
initiale et finale ....................................................................................................................... 139
Figure 52 : Comparaison des distributions granulométriques expérimentales et numériques
pour la poudre initiale et pour les granulés ........................................................................... 141
16
Figure 53 : Comparaison des diamètres moyens expérimentaux et numériques au cours du
temps ...................................................................................................................................... 143
Figure 54 : Vitesses et couples de l’agitateur et de l’émotteur – Cuve de 0,5 L.................... 145
Figure 55 : Distribution granulométrique finale moyenne à 25% de la cuve de 0,5 L ........... 146
Figure 56 : Images du début de la simulation à 20g .............................................................. 147
Figure 57 : Vitesses moyennes de 20 g de particules dans la cuve ........................................ 148
Figure 58 : Images des particules en nombre coordination - Simulation à 20 g.................... 149
Figure 59 : Nombre de coordination au cours du temps de la simulation à 20 g de particules
................................................................................................................................................ 149
Figure 60 : Cuve de 0,5L remplie à 16% ................................................................................. 150
Figure 61 : Vitesses moyennes de 40 g de particules dans la cuve ........................................ 151
Figure 62 : Images des particules en nombre coordination - Simulation à 40 g.................... 152
Figure 63 : Nombre de coordination moyen au cours du temps - Simulation à 40 g de
particules ................................................................................................................................ 152
Figure 64 : Distribution granulométrique initiale pour la simulation à 62 g ......................... 153
Figure 65 : Comparaison des distributions granulométriques expérimentales et numériques
................................................................................................................................................ 155
Figure 66 : Distributions granulométriques expérimentales et numériques finales à
différentes vitesses d’agitation (trait plein : données expérimentales, pointillés : résultats
numériques) ........................................................................................................................... 161
Figure 67 : Effet de la vitesse de cisaillement sur le d50 (Ramaker et al., 1998) .................. 163
Figure 68 : Vitesse moyenne des particules dans la cuve avec et sans émotteur ................. 164
Figure 69 : État des particules dans la cuve avec et sans émotteur ...................................... 165
Figure 70 : Distributions granulométriques numériques des granulés en fin de granulation
avec et sans et sans émotteur................................................................................................ 165
Figure 71 : Méthode d’ajout par pulvérisation ...................................................................... 167
Figure 72 : Méthode d’ajout avec la poudre .......................................................................... 167
Figure 73 : Nombre de coordination par méthode ................................................................ 168
Figure 74 : Distributions granulométriques numériques des granulés en fin de granulation
par deux méthodes d’ajout du liant ....................................................................................... 169
Figure 75 : Répartition granulométrique expérimentale et numérique pour la cuve de 0,5 L
(900 tour/min) et pour la cuve de 4L (600 tour/min) ............................................................ 173
17
Liste des tableaux
Tableau 1 : Taux d’humidité en fonction des régimes de croissance des granulés ................. 37
Tableau 2 : Synthèse bibliographique des effets des paramètres opératoires sur les
propriétés des granulés ............................................................................................................ 55
Tableau 3 : Nombres adimensionnels utilisés en mise à l’échelle en GFTS ............................. 59
Tableau 4 : Synthèse bibliographique des avantages et inconvénients des trois méthodes
numériques appliquées à la granulation humide .................................................................... 79
Tableau 5 : Propriétés mécaniques des matériaux lactose et MCC (G : Granulés, NG : Non
granulés) ................................................................................................................................... 86
Tableau 6 : Les coefficients de frottement statique calibrés.................................................... 93
Tableau 7 : Propriétés mécaniques des matériaux pour les essais de compressibilité ........... 95
Tableau 8 : Résultats des hauteurs des poudres avant et après tassement pour la poudre et
les granulés de MCC, et les granulés de lactose ...................................................................... 95
Tableau 9 : Nombre de particules par mélange et pourcentage en masse ............................. 97
Tableau 10 : Simulation des propriétés mécaniques et des angles de repos expérimentaux et
numériques pour les mélanges 1 et 2 ...................................................................................... 98
Tableau 11 : Propriétés mécaniques des particules utilisées ................................................ 113
Tableau 12 : Propriétés expérimentales avant et post granulation avec la cuve de 4 L ....... 120
Tableau 13 : Résultats de masse de simulation et de code de calcul + diamètre équivalent 134
Tableau 14 : Conditions numériques de la simulation à 2000 particules .............................. 135
Tableau 15 : Conditions numériques de la simulation à 50.000 particules ........................... 137
Tableau 16 : Conditions numériques de la simulation à 100.000 particules ......................... 139
Tableau 17 : Tailles et nombres de cellules de contact par simulation ................................ 140
Tableau 18 : Résultats statistiques des distributions granulométriques ............................... 141
Tableau 19 : Propriétés expérimentales avant et post granulation avec la cuve de 0,5L ..... 144
Tableau 20 : Conditions numériques de la simulation 20 g ................................................... 148
Tableau 21 : Conditions numériques de la simulation 40 g ................................................... 151
Tableau 22 : Conditions numériques de la simulation 60 g ................................................... 154
Tableau 23 : Résultats statistiques des distributions granulométriques ............................... 154
Tableau 24 : Résultats statistiques granulométriques aux différentes vitesses .................... 162
Tableau 25 : dimensions des cuves de granulation de 0,5 et de 4L ....................................... 170
Tableau 26 : Valeurs des différents nombres sans dimensions ............................................. 172
Tableau 27 : Résultats statistiques granulométriques du changement d’échelle ................. 173
Tableau 28 : Étude paramétrique d’établissement d’un protocole expérimental ................ 194
Tableau 29 : Résultats de l’ étude paramétrique ................................................................... 195
Tableau 30 : Images au MEB à différentes échelles ............................................................... 196
Tableau 31 : Dimensions et propriétés du tambour tournant: .............................................. 197
18
Nomenclature
Lettres romaines
a Rayon de contact m
dv Diamètre volumique m
E Module de Young Pa
e Coefficient de restitution -
F Force N
FJKR Force normale de contact JKR N
Fij Force de contact N
Fr Nombre de Froude -
Frup Force de rupture N
g Accélération de la pesanteur m.s-2
G Module de cisaillement Pa
Ic Indice de compressibilité -
Ih Indice d’Hausner -
mi Masse d’une particule i kg
Np Nombre de Newton -
R Rayon équivalent d’une particule donnée m
Re Nombre de Reynolds -
S rigidité N.m-1
Smax Saturation maximale des granulés en liquide -
Stdef Indice de déformation de Stokes -
T Température °C
tc Temps de circulation s
Tij Couple de contact Nm
tp Temps de pénétration d’une goutte dans une particule s
v Vitesse tr/min
V Volume m3
Indices
i Particule i
j Particule j
n Normal
t Tangentiel
19
Lettres grecques
Acronymes
20
Introduction générale
21
l’estimation de paramètres empiriques pas toujours faciles à mesurer et ne tiennent
pas compte de la dynamique des particules.
Dans le troisième chapitre, nous nous sommes focalisés sur la modélisation du procédé de
granulation humide. Le matériel expérimental utilisé y est décrit et reproduit numériquement.
Un outil numérique de post-traitement est également développé dans cette partie afin de
détecter les agglomérats et de calculer leur volume. Une série de tests numériques sera
22
présentée avant de terminer par une comparaison expérimentale/numérique des cinétiques
de croissance des granulés à deux échelles de procédés.
Enfin dans le dernier chapitre, dans un premier temps, une étude paramétrique sur les effets
des paramètres opératoires sur les granulés produits sera développée. Les paramètres testés
sont la variation de la vitesse d’agitation de la turbine, la présence ou non de l’émotteur et
enfin l’effet de la méthode d’ajout de l’élément liant corrélé à l’énergie de surface. Dans un
second temps, une étude de changement d’échelle est explorée par calcul de nombre
adimensionnel pour une extrapolation à une similitude physique. Deux échelles de cuves de
granulateurs à fort taux de cisaillement de 0,5 et 4L seront traitées.
23
24
Chapitre I : Synthèse bibliographique
25
Partie I : La granulation humide : études expérimentales
La granulation est un procédé qui prend effet dans plusieurs domaines, tels que les domaines
pharmaceutique, chimique, agroalimentaire… Cette opération consiste en l’agglomération de
fines particules de poudres cristallisées ou amorphes en agrégats solides de taille plus
importante que celle de la poudre initiale appelés grains ou granulés. Ces granulés sont
généralement d’aspects plus ou moins résistants et plus ou moins poreux (Le Hir, 2001).
Dans le domaine pharmaceutique, la granulation est principalement utilisée pour avoir une
facilité d’écoulement supérieure, une plus grande densité, une meilleure conservation et une
répartition plus homogène des dosages volumétriques, une grande aptitude à la compression
et enfin une porosité supérieure mais bien calibrée facilitant la dissolution (Saleh and Guigon,
2009a). À cet effet les propriétés physico-chimiques de la poudre s’améliorent et sa
manipulation ultérieure est facilitée. Dans le contexte de l’industrie pharmaceutique destinée
à la fabrication de médicaments, la maitrise du procédé de granulation humide revêt un
caractère prépondérant pour garantir la qualité du produit fini dispensé au patient et peut
engendrer d’importants enjeux thérapeutiques et économiques. Une bonne reproductibilité
de ce procédé est essentielle à l’homogénéité finale de teneur en substance active dans le
médicament ainsi qu’à la stabilité de cette dernière. Il convient donc de tenir compte de toutes
contraintes supplémentaires spécifiques.
26
2.1.1. La granulation par voie sèche
Cette technique est généralement utilisée dans le cas où les produits modèles sont sensibles
à l’humidité et au séchage par chaleur ou lorsqu’ils sont caractérisés par une grande solubilité
dans les liquides de mouillage. Des liants sous forme de poudres sèches sont préconisés afin
d’assurer une cohésion entre les particules (Parikh, 1997).
La granulation par voie sèche comprend deux étapes : une étape de compression ou de
compactage (rollor-compactor) des poudres suivie d’un broyage-tamisage.
Les principaux avantages de cette méthode sont sa simplicité, sa transposition industrielle et
son faible coût, particulièrement dans le cas d’un procédé par compactage. Elle présente
toutefois l’inconvénient de produire des granulés plus friables...
C’est le procédé le plus classique et le plus courant dans le domaine pharmaceutique. Une
opération beaucoup plus sollicitée mais complexe à la fois, comportant plusieurs mécanismes.
C’est une technique qui consiste en l’agglomération de particules de poudre fine (principes
actifs et excipients) en présence d’un agent de mouillage et d’un liant, afin de créer des ponts
liquides entre les particules et de provoquer leur croissance (Bouillon-Camara, 2005).
Parmi ces méthodes, la granulation humide est la plus courante en pharmacie et est l’objet
principal de notre étude. Dans la suite de cette thèse, nous nous focalisons donc uniquement
sur la granulation humide.
27
2.2. La granulation humide et ses différents mécanismes
Le mouillage est l’étape qui consiste à mettre le liant liquide en contact avec la poudre sèche
dans la zone de mouillage et à tenter de distribuer ce liquide uniformément sur toute la
poudre. C’est une étape très importante dans la granulation humide qui est fortement
influencée par plusieurs paramètres opératoires comme la méthode et le débit d’ajout du
liant, ainsi que de sa distribution dans la cuve (Narang and Badawy, 2018).
28
L’étape du mouillage favorise la nucléation, qui est définie comme étant l’étape où le liant
liquide et la surface de la poudre entrent en contact pour la première fois formant le granulé
primaire (noyaux initiaux) dans la zone de nucléation (Iveson et al., 2001). Il existe deux
processus très importants dans la zone de nucléation. Premièrement, la formation des noyaux
qui est influencée par la thermodynamique et la cinétique de mouillage et deuxièmement la
dispersion du liant, qui change suivant les différents paramètres opératoires. Le mécanisme
de nucléation est de plus influencé par la taille des gouttelettes du liquide liant par rapport à
la taille des particules de poudre sur lesquelles elles se déposent. De ce fait, deux mécanismes
de nucléation ont été distingués (Iveson et al., 2001).
Le premier proposé par Kristensen et al., (Kristensen and Schaefer, 1987), et le deuxième
proposé par Scott et al., (Scott et al., 2000) comme montré sur la figure 2. Ces mécanismes
stipulent que si la gouttelette du liquide liant est plus grosse que les particules de poudre, la
nucléation se fait par immersion des particules les plus petites dans la gouttelette la plus
grosse. Cela forme des noyaux avec des pores saturés. Autrement, la nucléation avec des
gouttelettes relativement petites, se produit par distribution des gouttelettes sur la surface
des particules, qui commence alors à coalescer (Hapgood et al., 2003).
29
nucléation (Iveson et al., 2001). Parmi les paramètres clés qui contrôlent cette étape, on cite
le temps de pénétration de gouttelettes et le débit de pulvérisation de la solution liante. Ces
deux propriétés sont détaillées ci-après :
Lorsqu’un liquide liant entre en contact avec la surface du lit de poudre, il pénètre dans les
pores, à l’intérieur et entre les particules pour former des noyaux. Le temps nécessaire pour
qu’une goutte pénètre complètement dans un lit de poudre sans qu’il ne reste de liquide à la
surface est défini comme étant le temps de pénétration de la goutte (Parikh, 2016).
Un modèle simple du temps de pénétration des gouttes dans un lit de poudre a été établi par
Denesuk et al., Ce modèle tient en compte de la tension superficielle et de la viscosité du
liquide, de l’angle de contact solide-liquide et de la taille des pores du lit de poudre (Denesuk
et al., 1993).
Cette approche a été réétudiée par la suite par Hapgood et al., en introduisant des termes
pour la porosité effective et la taille effective des pores du lit de poudre (Hapgood et al., 2002).
Puis Nguyen et al., ont ajouté les effets des composants hydrophobes de la poudre (Nguyen
et al., 2009) en définissant le temps de pénétration de la goutte comme suit :
ൗమ
య ఓ
ݐ ൌ ͳǡ͵ మ ………………. (1)
כ൰ ோ ఊ௦ఏ
൬ሺଵିకሻఌ
Cependant le temps de pénétration le plus souvent utilisé est celui proposé par Hapgood et
al., (Hapgood et al., 2003). Il est représenté par un temps de pénétration adimensionnel défini
tel que :
௧
߬ ൌ ………………. (2)
௧
30
Où tp est le temps de pénétration de la goutte et tc le temps de circulation, qui représente
l’intervalle de temps entre le moment où une quantité de poudre quitte la zone de
pulvérisation et celui où elle y retourne de nouveau. Le temps de circulation est fonction de
l’écoulement de la poudre, du taux de remplissage du granulateur et de la vitesse de rotation
de la pale d’agitation (Hapgood et al., 2003).
Le flux de pulvérisation du liant fait partie des paramètres clés qui contrôlent la nucléation. Il
est défini par Litster et al., comme étant un nombre adimensionnel mesurant le débit de
pulvérisation du liant à partir de la buse par rapport au flux de renouvellement à la surface de
la poudre (Litster et al., 2001). Ce paramètre aide à quantifier la taille des premiers noyaux
formés par nucléation (<a).
ଷ
Ȳ ൌ ………………. (3)
ଶௗ ఔ௪ೞ
Selon la formulation et les variables du procédé, deux mécanismes distincts de nucléation ont
été proposés par Litster et al., (Litster et al., 2001) : la nucléation par dispersion contrôlée par
gouttes et la dispersion mécanique.
Lorsqu’une goutte pénètre assez rapidement et que les différentes gouttes sont bien séparées
les unes des autres, la nucléation est contrôlée par la goutte. Ce mécanisme est observé en
appliquant un faible flux de pulvérisation et un petit temps de pénétration des gouttes.
Au contraire, si la pénétration des gouttelettes est lente ou si le flux de pulvérisation est trop
élevé, le mécanisme de dispersion mécanique domine (Iveson et al., 2001).
31
Figure 3 : Carte de régimes de nucléation ((Hapgood et al., 2003))
En se basant sur ces régimes, Hapgood et al., ont proposé une carte de régimes de nucléation
représentée en figure 3 (Hapgood et al., 2003). Cette carte trace le temps de pénétration
adimensionnel des gouttes en fonction du flux de pulvérisation. Bien que les valeurs exactes
des limites de cette carte ne soient pas connues, elle fournit quand même une base logique
pour l'étude et le développement des processus de granulation. La quantification des limites
de transition de la carte du régime est un domaine clair pour les études futures, ce qui
permettrait de faire progresser davantage le domaine de la nucléation contrôlée.
Il existe cinq mécanismes responsables des forces qui s’exercent pendant et après
l’agglomération. Il s’agit des éléments suivants :
32
La résistance d’un pont liquide immobile est liée à la fois à l’action de la tension superficielle
du pourtour du ménisque de liquide entre deux particules et à la différence de pression entre
l’intérieur du ménisque et l’extérieur.
L’humidité résiduelle après séchage des granulés peut être présente sous forme de couches
minces, mais il est peu probable qu‘elle contribue de manière significative à la résistance
globale des granulés secs. Les films minces et immobiles de liants très visqueux, peuvent
parfois former des liaisons solides, dont la résistance peut dépasser celle des couches liquides
mobiles (Parikh, 2016).
Une problématique en granulation est la qualité de l’étalement du liquide sur la surface des
particules. Lorsque le niveau du liquide à la surface augmente au-delà de celui d’un film
mince, le liquide mobile forme des ponts où la pression capillaire et les forces interfaciales
créent de fortes liaisons (Saleh and Guigon, 2009b). La résistance du pont liquide est liée à la
nature du liant (tension de surface), du solide (mouillabilité) et à l’angle solide. Ces liaisons
précèdent la formation de ponts solides. Les films liquides mobiles sont une condition
préalable aux ponts solides formés par les liants liquides de granulation (Bouillon-Camara,
2005).
Les ponts solides peuvent se développer par diffusion de molécules d’une particule à une
autre par fusion partielle à des points de contact où des pressions élevées se développent, en
particulier à des températures élevées. Cette augmentation en température peut provenir
d’une source externe, d’un frottement durant la granulation ou de la conversion énergétique.
Des ponts solides peuvent également se créer par réactions chimiques, cristallisation des
substances dissoutes par le liant, solidification des composant fondus et durcissement des
liants (Hadzovic, 2008).
33
- Forces d’interaction entre les particules solides :
Il existe des forces qui s’exercent sur les surfaces des particules, quand elles se rapprochent
assez les unes vers les autres. Ces forces interagissent pour lier ces particules même en
l’absence de liquide liant. Il s’agit d’interactions de Van Der Waals, des forces électrostatiques
ou des interactions de type magnétique. Les deux premiers types de force sont les plus
rependus dans le domaine de la granulation humide pharmaceutique (Parikh, 2016).
- Enclenchement mécanique :
Plusieurs types de particules telles que les fibres ou les petites plaquettes peuvent
s’entrecroiser ou se plier les unes autour des autres, ce qui entraine des liaisons à forme
fermée. Bien que les imbrications mécaniques des particules influencent la résistance des
agglomérats, leur contribution est généralement considérée comme faible par rapport aux
mécanismes cités précédemment (Parikh, 2016).
La consolidation des granulés (aussi appelée densification ou compactage) est produite par
collision d’un grain avec des grains voisins, avec les pales d’agitation ou les parois du
granulateur. Elle résulte donc d’une contrainte externe qui s’applique sur un granulé (Iveson
et al., 2001). Cette étape diminue la porosité des granulés, où le liquide liant vient combler les
pores en augmentant leur saturation. La consolidation favorise la croissance, où la collision de
deux particules ou plus provoque la formation d’un granulé plus gros (Narang and Badawy,
2018).
Deux mécanismes de croissance ont été distingués par Iveson et Litster : croissance régulière
et croissance par induction, avec l’hypothèse que le liant liquide soit déjà réparti
uniformément sur la surface de la poudre (Iveson and Litster, 1998).
La croissance par induction quant à elle, est caractérisée par un retard dans le processus de
croissance de la taille des granulés après l’ajout du liquide liant (figure 4B). Ce type de
croissance est susceptible de se produire beaucoup plus dans le cas des matériaux non
déformables (non élastiques), où les granulés ne se déforment pas suffisamment pour se
coalescer au moment de l’impact. Cependant une consolidation très lente au fil du temps
s’opère si le liquide est suffisamment présent à la surface des grains (Narang and Badawy,
2018).
Par ailleurs, la croissance des granulés s’arrête lorsqu’une quantité suffisante de liquide liant
est disponible à la surface des granulés (Iveson and Litster, 1998).
Figure 4 : Schéma des mécanismes de croissance régulière et par induction ((Narang and
Badawy, 2018))
35
2.2.2.2. Propriétés de saturation du liquide liant
L’augmentation de la teneur en liquide liant a un effet bien marqué sur la structure des
granulés produits lors d’une granulation humide, sachant que les mécanismes de liaison à
l’état humide dépendent des forces capillaires et des forces interfaciales entre les particules.
Une fois qu’une quantité suffisante de liquide est ajoutée, la formation de granulés passe d’un
état liquide à surface immobile à un état de film mobile. Cet effet a tout d’abord été décrit par
Newitt et Conway-Jones (Newitt and Conway-Jones, 1958) puis par Barlow (Barlow, 1968) où
quatre états de saturation ont été définis et appelés : pendulaire, funiculaire, capillaire et
gouttelettes ou suspension. Ces quatre états sont schématisés sur la figure 5.
Figure 5 : Représentation des différents états de saturation en liquide des granulés (Narang
and Badawy, 2018)
Plus récemment, Iveson et al., ont montré qu’au fur et à mesure que la teneur en liant liquide
augmente, le nombre de ponts liquides entre les particules primaires augmente : le granulé
passe de l’état primaire « pendulaire » à l’état « funiculaire » (Iveson et al., 2001). Lorsque la
teneur en liquide augmente davantage, les ponts liquides se fondent en un réseau continu
conduisant à l’état « capillaire ». Une augmentation supplémentaire de la teneur en liquide
liant entraine une sursaturation (Iveson et al., 2002). À ce stade, l’état de gouttelettes est
atteint et le liquide entoure complètement le granulé, résultant en une phase externe
composée de liquide, avec une phase solide interne (suspension ou état de gouttelettes). La
force capillaire (force exercée par un pont liquide reliant deux grains sphériques) dépend de
la tension superficielle de la phase liquide (Bocquet et al., 2002) de l’interface solide-liquide.
Un état intermédiaire entre l’état capillaire et l’état de gouttelette peut exister, si de l’air reste
piégé entre les granulés. Il pourrait donc être possible que le liquide de surface soit à une
36
saturation légèrement inférieure à 100 % (Iveson et al., 2001). Cet état est nommé pseudo-
gouttelettes, comme illustré sur la figure 5.
À partir d’une hypothèse de sphères lisses et monodisperses, Flemmer a rapporté les taux
d’humidité (% MC (moisture content)) par volume de poudre sèche pour les trois premiers
états de croissance des granulés, comme montré en tableau 1 (Flemmer, 1991).
Régime % MC
Pendulaire 0 - 13,6
Capillaire 100
L'augmentation de la teneur en liquide dans les pores en fonction de la teneur en liquide liant
peut varier au cours du processus de granulation selon la formulation et les paramètres
opératoires. Ces variables influent toutes les deux sur l'étendue de la consolidation des
granulés (Barlow, 1968). Afin de quantifier la teneur en liquide liant, la saturation maximale
des granulés en liquide Smax est utilisée comme une mesure adimensionnelle de cette
propriété. Elle est généralement utilisée comme un moyen de comparaison entre différents
systèmes de granulation. Sa formule a été appuyé par Iveson et Litster(Iveson and Litster,
1998)(Iveson and Litster, 1998), en se basant sur l’étude théorique de Kristensen et Schaefer
(Iveson and Litster, 1998; Kristensen and Schaefer, 1987) et est donnée par :
ఘೞ ሺଵିఌ ሻ
ܵ௫ ൌ ఘ ఌ
………………. (4)
37
2.2.3. Attrition et rupture
Ces deux derniers mécanismes consistent en la brisure, la rupture ou la fracture des granulés
humides ou secs à la suite d’un choc, d’une usure ou d’un compactage dans le granulateur
voire lors de la manipulation ultérieure du produit.
La rupture des granulés humides a une influence directe et peut permettre de contrôler la
distribution granulométrique finale, particulièrement dans des granulateurs à fort taux de
cisaillement. La rupture peut être utilisée dans certains cas pour réduire la taille maximale
des granulés (Narang and Badawy, 2018).
L’attrition des granulés secs entraîne la formation de poudres fines à nature poussiéreuse.
Pour la plupart des fabricants, cela représente souvent une situation désastreuse à éviter
(Bouillon-Camara, 2005).
L’attrition et la rupture des granulés sont potentiellement des processus très importants en
granulation humide, qui affectent directement la dispersion du liant et donc la distribution
granulométrique finale des granulés. Il est donc important de bien étudier ce processus et
d’établir les conditions dans lesquelles ces mécanismes se produisent (Iveson et al., 2001).
La granulation humide peut s’effectuer en trois différents modes : discontinu (batch), semi-
continu (semi-batch) et continu. Deux grandes catégories de technologies ont été répertoriées
38
et sont les plus souvent utilisées actuellement à savoir : les granulateurs mécaniques (à faible
ou fort taux de cisaillement) et les granulateurs à lit fluidisé. Les deux catégories fonctionnent
dans les deux modes continu ou discontinu (Suresh et al., 2017).
Les granulateurs mécaniques regroupent les deux types à faible et fort taux de cisaillement.
Les mécanismes de ce type de granulateurs se basent sur des forces mécaniques comme le
cisaillement et sont généralement utilisés en mode discontinu (batch) (Narang and Badawy,
2018).
Les granulateurs à faible taux de cisaillement souvent utilisés pour le traitement de matériaux
sensibles au cisaillement et fonctionnent généralement à une vitesse inférieure à 150 tr/min.
Parmi les granulateurs de ce type couramment utilisés, on peut citer : les granulateurs à ruban,
les granulateurs planétaires, à vis en orbite et à lame sigma (Suresh et al., 2017).
Les granulateurs à fort taux de cisaillement intègrent une turbine à la base de la cuve et un
broyeur (émotteur) généralement monté verticalement, fonctionnant à des vitesses de
rotation très élevées. La turbine fournie l’énergie mécanique nécessaire à l’alimentation du
mélange de poudre tandis que l’émotteur sert à briser les gros agglomérats qui se créent et
ainsi réduire leur granulométrie. À une énergie suffisamment importante, le mécanisme de
rupture des granulés domine. Ainsi une augmentation de la vitesse de rotation de turbine et
de l’émotteur, entraine une diminution de la taille des granulés (Kristensen and Schaefer,
1987) (Suresh et al., 2017).
Les paramètres qui ont une influence majeure sur les granulés produits par cette méthode,
sont : les propriétés géométriques de la turbine et de l’émotteur ainsi que leurs vitesses
d’agitation, la géométrie de la cuve de granulation (la forme, la taille) et le taux de remplissage
de la cuve (Badawy et al., 2012) (Chitu et al., 2011a).
Grace à l’agitation continue de la turbine, le liant se répartit uniformément sur les surfaces de
la poudre, ce qui provoque les différents mécanismes de granulation cités précédemment, à
39
savoir la nucléation, la consolidation et la croissance des particules en agglomérats de taille
plus importante. Ceux-ci sont brisés par les lames de l’émotteur pour réduire leur taille et ainsi
contrôler leur croissance.
Ce type de granulateurs est le plus souvent utilisé dans l’industrie pharmaceutique et fait le
support de notre étude expérimentale. Il présente tout de même certains inconvénients tels
que :
Les granulateurs à lit fluidisé fonctionnent sur les deux modes batch et continu. Une première
étape en batch consiste en la formation des granulés suivie d’une deuxième étape en continu
où le produit fini est déchargé à travers une vanne de sortie (Suresh et al., 2017).
D’après Betz et al., ce profil se compose de cinq phases distinctes durant un processus
classique de granulation humide (Betz et al., 2003).
41
encore de formation de ponts liquide entre les particules primaires. On remarque donc que
la consommation d’énergie n’augmente pas.
Dans la phase II, les ponts liquides entre les particules commencent à se former, ce qui fait
référence au début du mécanisme de consolidation avec la formation des premiers granulés.
L’énergie de consommation quant à elle augmente considérablement avec l’augmentation de
la quantité du liant ajouté.
Dans la phase III, le mécanisme de croissance prend le relais, avec la formation de granulés
plus gros grâce à la multiplication de ponts liquides entre les particules et le remplissage des
vides interparticulaires. La consommation d’énergie reste relativement constante dans cette
phase.
Dans la Vème et dernière phase, à mesure où le liquide liant est ajouté, des suspensions se
forment, où les particules s’entourent complètement de liquide. Dans cette phase la
saturation en liquide arrive à l’étape de gouttelettes. Cette phase est caractérisée par une
diminution de l’énergie de consommation (Rondet et al., 2012).
42
Par ailleurs, Betz et al., stipulent que seuls les granulés formés au cours de la phase III avec
une saturation en liquide à l’état funiculaire sont utilisables pour le développement ultérieur
de la forme posologique (Betz et al., 2003).
Ainsi, le profil de consommation d’énergie peut être utilisé pour surveiller le processus de
granulation humide et déterminer le point optimal d’arrêt.
Une autre méthode citée dans la littérature, consiste à mesurer en ligne la distribution
granulométrique et la forme des granulés. Un premier cas d’étude a été élaboré par Watano
et Miyanami, où un système de contrôle a été mis au point pour le suivi de la croissance des
granulés dans un granulateur à lit fluidisé (Watano and Miyanami, 1995). Le dispositif
expérimental doté d’une sonde d’image comprenant une caméra CCD (Charge Coupled
Device – Récepteur à transferts de charge qui convertit les signaux lumineux en signaux
électriques) a permis de photographier en continu les granulés pendant la granulation. Les
photos ont été alors stockées, numérisées puis traitées par un système de traitement
d’image. Ainsi, grâce à l’analyse statique des images, la taille (médiane), le facteur de forme
(par circularité et rapport d’aspect) et le nombre de granulés ont été déterminés. Les résultats
de cette étude ont montré que cette méthode a permis de détecter avec précision la
croissance des granulés dans des plages à faible et forte teneur d’humidité lors de la
granulation ainsi que leur forme.
Cette méthode a été également appliqué dans les granulateurs à fort taux de cisaillement par
Watano et al., (Watano et al., 2001).
Durant un processus de granulation humide à fort taux de cisaillement, le liquide liant est
dispersé dans le mélange de poudre. Des ponts liquides se créent entre les particules afin de
former des agglomérats. Ainsi les propriétés physiques du mélange de poudre telles que la
taille des particules, la forme, la porosité, la densité et la consistance du mélange changent
avec le temps au cours du processus de granulation. Les modifications constatées sur les
particules/granulés, peuvent être utilisées comme méthode de mesure directe pour indiquer
et déterminer le point d’arrêt de granulation (Parikh, 2016).
43
2.5. Effet des paramètres opératoires sur les granulés produits
Plusieurs paramètres du procédé ont des effets sur les granulés produits en granulateur à fort
taux de cisaillement. Parmi ces paramètres, on retrouve essentiellement les caractéristiques
de formulation, dont le choix du liant et sa concentration ainsi que son débit et sa méthode
d’ajout, mais aussi les paramètres de l’équipement et des variables du procédé, comme la
vitesse de rotation de la turbine ou de l’émotteur. Ces propriétés influent sur le produit fini
par sa distribution granulométrique, sa forme, sa porosité et sa fluidité.
44
- Viscosité : La viscosité d'un liquide est la mesure de sa résistance à l'écoulement et est
généralement mesurée à l'aide d'un rhéomètre rotatif à cisaillement continu (Parikh,
1997).
- Angle de contact : L'angle entre la surface d'un liquide et le plan du solide est appelé angle
de contact. Cet angle est le résultat des énergies interfaciales. C’est une mesure de la
mouillabilité d'un solide par un liquide. Un angle de contact entre le liquide liant et la
poudre inférieur à 90 degrés, implique un mouillage presque total de la surface de la
poudre, ce qui peut favoriser la distribution du liquide liant (Hapgood et al., 2002).
L'influence de la tension superficielle solide/liquide a été étudiée par Ennis et al., et ensuite
par Iveson et al., (Ennis et al., 1991) et (Iveson et al., 2001). Ils ont constaté qu'une tension
superficielle minimale était nécessaire pour favoriser l'agglomération.
Iveson et al., ont stipulé qu’une diminution de la tension superficielle du liant peut entraîner
une diminution de la limite d'élasticité dynamique dans l'agglomérat, mais qu’à des viscosités
plus élevées, la viscosité du liant domine la limite d'élasticité dynamique du granulé humide
(Iveson et al., 2001).
Ritala et al., ont constaté que la consommation d'énergie du granulateur augmente avec
l'augmentation de la tension superficielle du liant (Ritala et al., 1988). Et enfin Ennis et al., ont
étudié l'effet couplé de la viscosité et de la tension superficielle (Ennis et al., 1991). Ils ont
constaté que les mécanismes de granulation dépendent essentiellement de la concurrence
entre les forces capillaires et visqueuses. Ils ont ainsi défini un nombre capillaire visqueux
(Cavis) en relation avec ces forces tel que :
ఓಽ
ܽܥ௩௦ ൌ ………………. (5)
ఊಽ
- Si ܽܥ௩௦ < 10-3, la dissipation d'énergie due à la viscosité peut être négligée par rapport aux
forces capillaires et que l'adhésion est le produit des forces interfaciales.
45
L’impact de la viscosité du liant sur les granulés produits a été examiné dans la littérature et
est souvent controversé. La viscosité gouverne le temps d’étalement du liquide sur la poudre
sèche lors de la phase de nucléation, mais affecte également les mécanismes de croissance et
de consolidation des granulés.
Chitu et al., ont étudié l’influence des propriétés du liant à différentes concentrations de
povidone (PVP) et d’hypromellose (HPMC), afin de couvrir différentes valeurs de viscosité et
d’adhérence sur les courbes de couple de granulation, de cinétique de croissance et de
résistance des granulés (Chitu et al., 2011a). Il a été constaté que le besoin optimal en liquide
durant la granulation varie selon le type de liant et diminue avec l’augmentation de la
viscosité, tandis que la cinétique de croissance des granulés est plutôt liée au travail
d’adhésion des liants à faible viscosité.
Bien que la granulation humide puisse s’effectuer en utilisant seulement des solvants purs tels
que l’eau comme liant liquide, dans la majorité des cas, des liants en poudre sont ajoutés pour
améliorer le processus de granulation (Tamrakar et al., 2018). Généralement ces liants sont
ajoutés au système par deux méthodes :
- Méthode d’ajout de liant humide : dans cette méthode le liant est dissous dans un fluide de
granulation approprié à la formule pour former une solution liante, qui est ensuite pulvérisée
sur le lit de particules.
- Méthode d’ajout de liant à sec : dans ce cas, les particules de liant solide sont directement
mélangées avec l’ensemble de poudre (principes actifs et excipients), puis un solvant
(habituellement de l'eau) est pulvérisé sur le lit de particules pour dissoudre ces liants.
La méthode d’ajout de liant humide est la plus favorisée en granulation humide à fort taux de
cisaillement, tandis que la méthode d’addition à sec est généralement utilisée dans les
procédés de granulation par voie sèche, tels que le compactage par rouleaux ou dans les
procédés de granulation par fusion (Suresh et al., 2017). Plusieurs études ont été effectuées
sur l’effet de la méthode d’addition de liants sur les propriétés des granulés finaux.
Chaturdedi et al., ont conclu que la croissance des granulés formés par la méthode d’ajout
humide est mieux maitrisée et que les granulés finaux sont plus calibrés que par la méthode
46
d’ajout à sec (Chaturbedi et al., 2017). Des résultats similaires ont été également observés par
D’alonzo et al., et Osborne et al., à travers des expériences de granulation à fort taux de
cisaillement (D’alonzo et al., 1990) (Osborne et al., 2011).
Le débit d’ajout du liant peut avoir des effets sur la qualité des granulés finaux. Cependant, en
granulation humide, il est préférable d’ajouter le liquide liant à des vitesses relativement
faibles, pour éviter des surhumidifications locales (Morkhade, 2017). Afin d’assurer une
régularité de débit, il est conseillé par Narang et Badawy d’utiliser des buses pneumatiques
ou une pulvérisation par buse à pression (Narang and Badawy, 2018).
À grande échelle, des périodes d’addition de liquide plus longues sont favorisées également
pour éviter la sur-humidification locale du produit. Afin de maintenir un temps et un débit
d’ajout de liquide liant similaires à ceux d’une machine à petite échelle. Une approche sur le
temps d’addition de liant à grande échelle peut être calculée comme suit : Tour par minute
± ሺȀሻ
ᇱ ሺ± ሻ ൌ ᇱ ± ൈ
± ሺȀሻ
47
Tan et al., ont étudié l’effet du débit d’ajout du liant liquide sur les granulés. Il a été retenu
que la distribution du liant à un faible débit est plus rentable, vu l’uniformité du liant à la fois
à l’intérieur d’un lot et entre des lots différents (Tan et al., 2014).
Les variables de procédé jouent un rôle critique dans la finalité de production de granulés.
Certaines influent majoritairement sur les propriétés des granulés finaux. Les études des
impacts de ces variables sur le granulé produit sont généralement faites à l’échelle du
laboratoire avant de passer à l’échelle de production, sachant qu’il existe des différences
significatives entre les deux échelles en termes de conception, de forme, de taille, de vitesse
et de géométrie de la cuve du granulateur. Bien que la formulation soit similaire, les propriétés
physiques des granulés obtenues pourraient être radicalement différentes en raison de ces
différences. Cela pourrait directement influer sur les propriétés et le rendement des produits
finis (comprimés par exemple).
Un granulateur à fort taux de cisaillement est généralement composé d’une turbine et d’un
émotteur. La turbine assure le mélange et donc le mouvement du lit de poudre à l’intérieur
de la cuve de granulation, alors que l’émotteur, a pour fonction de réduire la taille des gros
agglomérats et aide à homogénéiser la distribution du liant à l’intérieur du granulateur.
Les différentes conceptions de la turbine et de l’émotteur peuvent avoir un impact majeur sur
le volume de poudre balayé (par la turbine et l’émotteur), la température du produit,
l'adhérence du matériau et l'attrition pendant le processus de granulation (Badawy et al.,
48
2012). Oulahna et al., ont étudié l’effet du cisaillement sur les propriétés de granulés formés
sous différentes vitesses de rotation de turbine (Oulahna et al., 2003). Les granulés produits
ont été examinés en termes de porosité, friabilité et teneur en liant. Ils ont constaté que
l'augmentation de la vitesse de rotation de la turbine entraîne une diminution de la proportion
des particules fines et une diminution du rapport liquide/solide nécessaire pour atteindre le
point de granulation optimal (point d’arrêt). Il est donc recommandé d’après cette étude de
travailler à des vitesses de rotation élevées de la turbine pour avoir un bon contrôle de la
croissance des granulés.
Chitu et al., ont aussi examiné l’effet de la vitesse d’agitation de la turbine dans un granulateur
à fort taux de cisaillement avec et sans présence d’émotteur, en effectuant des cycles de
granulation avec une poudre fine de cellulose microcristalline cohésive (Avicel 105, d50 = 20
μm) (Chitu et al., 2011b). Il a été constaté qu’à des faibles vitesses de rotation de turbine, la
présence d’un émotteur s’avère nécessaire pour une meilleure distribution du liant. Tandis
qu’à des vitesses de rotation plus élevées avec ou sans émotteur, des granulométries et des
mécanismes de croissance similaires ont été observés entre les différents lots produits. Il a été
aussi retenu que la résistance des granulés secs augmente avec l’augmentation de la vitesse
de rotation de la turbine.
Plus récemment, Börner et al., ont étudié la conception des pales de la turbine, sachant que
les turbines à trois pales sont souvent utilisées en GFTS. Ces dernières nécessitent des vitesses
de rotation élevées pour un meilleur mélange et homogénéité du lit de poudre, ce qui
engendre un grand besoin en énergie s’accompagnant d’une contrainte thermique
indésirable. Pour y remédier Börner et al., ont proposé une turbine à deux pales d’agitation
avec des ailes latérales allongées comme illustré sur la figure 7, fonctionnant à des vitesses de
rotation faibles. Leurs résultats ont montré que la turbine est performante à grande échelle
comme à l’échelle de laboratoire et que le comportement de croissance des granulés est plus
robuste (Börner et al., 2016).
Badawy et al., Mangwandi et al., Mirza et al., et Rahmanian et al., ont aussi étudié l’effet de
la conception et de la vitesse de rotation de la turbine (Badawy et al., 2012; Mangwandi et al.,
2010; Mirza et al., 2015; Rahmanian et al., 2011). Des résultats similaires à ceux de Oulahna
et al., Et Chitu et al., (Oulahna et al., 2003) (Chitu et al., 2011b) ont été obtenus.
49
Figure 7 : Turbine à deux pales (Gentlewing) avec deux ailes latérales allongées
((Börner et al., 2016)).
Mangwandi ont étudié l’effet de la taille des lots sur les propriétés mécaniques des granulés
lors d’une GFTS, telles que la résistivité et le module de Young. Leurs résultats ont montré
qu’une augmentation de la taille des lots entraine une réduction de l’efficacité du mélange et
une plus grande distribution de la poudre dans la cuve. Ils ont également souligné l’influence
de la taille des lots sur les propriétés d’écoulement (Mangwandi et al., 2011).
2.5.2.3. Impact des caractéristiques du matériau sur les propriétés des granulés
Le choix du matériau des parois de la cuve peut influer sur la qualité et les propriétés des
granulés finaux. Bouwman et al., ont étudié l’impact de différents matériaux de parois de
cuves sur les distributions granulométriques des granulés lors d’une GFTS. Les types de
matériaux utilisés sont le verre, l’acier inoxydable, le PMMA (polyméthacrylate de méthyle) et
50
le PTFE (polytétrafluoroéthylène). Il a été retenu que les distributions granulométriques des
granulés diffèrent d’un matériau à un autre. L’angle de contact élevé du PMMA aide à avoir
un mouillage plus rapide du lit de poudre, ce qui conduit à des distributions granulométriques
plus étroites. Tandis que pour les cuves en verre ou en acier inox à faible angle de contact,
une couche de liquide peut se former sur la surface de la paroi, ce qui mène à la formation de
zones de sur-humidification locales, conduisant à une distribution granulométrique plus large
et hétérogène (Bouwman et al., 2004).
Les granulés produits par tous les types de procédés de granulation doivent représenter et
respecter un certain nombre de propriétés d’usage selon les exigences et les attentes des
fabricants ainsi que leur utilisation ultérieure. Une série d’essais s’effectue sur les granulés
surtout en recherche et développement afin de garantir un procédé de granulation fiable avec
une bonne reproductibilité. Parmi ces contrôles, on retrouve classiquement les mesures
granulométriques, rhéologiques, la teneur en eau, l’écoulement et l’aptitude à la
compression…
2.6.1. Granulométrie
Il existe de différentes techniques pour l’analyse granulométrique des granulés, telles que :
- Le tamisage : une technique manuelle, très simple à utiliser mais ne peut être précise pour
des particules à forme allongée.
- Diffraction laser : plus facile et rapide que le tamisage, mais qui peut être inadaptée pour
des particules sphériques (Collet et al., 2010).
2.6.2. Forme
La forme des granulés est un paramètre très important, car elle a un effet sur plusieurs autres
paramètres tels que la fluidité ou son aptitude à l’écoulement. Parmi les techniques d’analyse
de la forme, on cite :
- L’œil nu : la forme des granulés peut être déterminée à l’œil nu, si ces derniers
représentent une taille macroscopique.
51
- Microscopie optique : plusieurs paramètres sont proposés pour déterminer la forme des
granulés par microscopie optique, tel que le facteur isométrique Q, qui est égal à 1 quand
le granulé est de forme sphérique.
ସగ
ܳൌ మ
………………. (6)
La porosité des granulés peut être décrite comme étant le pourcentage des espaces vides d’un
granulé tel que :
௨ௗ௦௦
ܲݐ݅ݏݎ± ൌ ൈ ͳͲͲ ………………. (7)
௨௧
Elle représente la surface totale d’une poudre par unité de masse tel que :
ௌ௨௧௧
ܵݏ݂݁ܿܽݎݑ±݂ܿ݅݅ ݁ݑݍൌ ݁݊݉ଶ Ȁ݃ ………………. (8)
ெ௦௦
Elle peut aussi être déterminée avec la technique BET par l’adsorption d’un gaz neutre
(azote)
2.6.5. Densité
- Densité apparente : elle correspond au volume apparent d’un granulé
52
ெ௦௦
ݐ݅ݏ݊݁ܦ±ܽ ݁ݐ݊݁ݎܽൌ ௨௧ ………………. (9)
ெ௦௦
ݐ݅ݏ݊݁ܦ±݃ ݁ݎ݈݅ܽݑ݊ܽݎൌ
௨௧ି௨ௗ௦௦௧௨௦
………………. (10)
ெ௦௦
ݐ݅ݏ݊݁ܦ± ݁݅ܽݎݒൌ
௨௧ି௨ௗ௦௦௧௨௦௧௨௦
………………. (11)
Figure 8 : Représentation graphique des pores inter et intra-granulaires ((Le Hir, 2001))
Le volume apparent peut être mesuré à l’aide d’un voluménomètre de tassement ou avec
une simple éprouvette graduée
L’humidité résiduelle est un facteur qui peut influer certains paramètres comme la cohésion,
l’adhésion ou l’électricité statique des granulés, ainsi que la stabilité et la conservation du
principe actif (Gabbott et al., 2016). Elle peut être quantifiée à l’aide d’une thermo-balance
infrarouge.
Ce paramètre est très important lors du traitement ultérieur des granulés comme lors du
passage des granulés à travers la trémie pour la compression. La forme et la taille des granulés
peuvent faire varier ce facteur qui peut être déterminé à l’aide du testeur de poudre
(Hosokawa) en mesurant l’angle de repos statique des particules par exemple. Cette aptitude
53
peut aussi être déterminée selon différentes méthodes décrites à la Pharmacopée
Européenne en évaluant par exemple le débit d’écoulement à travers un orifice ou encore par
des études de tassements.
Ces études consistent à déterminer les masses volumiques apparentes vracs et tassées des
granulés à l’aide d’un voluménomètre de tassement. Cela permet ainsi de calculer les indices
de compressibilité (ou indice de Carr) et d’Hausner. Le calcul se fait en déterminant les
volumes vracs V0 (Volume sans tassement) et les volumes apparents V10, V500 et V1250
(obtenus après 10, 500 et 1250 tassements).
బ ିೌ
ܿܫൌ ൈ ͳͲͲ ………………. (12)
బ
Indice d’Hausner
బ ఘೌೞೞ±
݄ܫൌ ൌ ………………. (13)
ೌೞೞ± ఘೡೝೌ
Ces indices permettent de caractériser l’aptitude à l’écoulement d’une poudre (Ph. Eur, 2017).
2.6.9. Friabilité
Les granulés produits doivent présenter une certaine résistance et dureté pour ne pas
retourner à l’état de poudre initial au cours de traitements ultérieurs. Les tests de friabilités
peuvent être effectué dans un petit tambour tournant à des vitesses variables mais pas trop
élevées (Ph. Eur, 2017).
54
3. Conclusion sur les études expérimentales de la granulation humide
Tableau 2 : Synthèse bibliographique des effets des paramètres opératoires sur les propriétés
des granulés
Néanmoins, la prédominance d’un mécanisme sur les autres est difficile à prédire et la plupart
des études sont consacrées à l’investigation d’un seul mécanisme prédominant. Par ailleurs,
l'effet des paramètres opératoires sur les mécanismes de croissance des granulés est
fortement dépendant des matières premières et de la technologie utilisée, ce qui rend difficile
la généralisation des tendances observées et la transposition d’échelle du procédé.
55
56
Partie II : La granulation humide : études numériques
L'utilisation de divers outils de modélisation des processus devient de plus en plus courante
et joue un rôle essentiel dans la compréhension de ces processus. En effet l'approche basée
sur un modèle est toujours pratique quand l’étude expérimentale devient trop pesante,
demandant beaucoup d’expérimentations et d’un coût important pour comprendre les
multiples facettes d'un procédé dynamique comme la granulation. C’est pour cela que les
industries pharmaceutiques suscitent beaucoup d’intérêts à la modélisation et la simulation
numérique, car il est devenu possible de traiter avec précision les phénomènes de granulation
réels, en tenant compte des propriétés de la poudre, de sa distribution granulométrique, de
sa forme sphérique ou irrégulière et du nombre important de particules, mais aussi la
conception du procédé dont l’équipement. Des simulations à l'échelle macroscopique
(comportement de l’écoulement global du procédé), mésoscopique (ensembles de poudre et
de granulés) et microscopique (poudre ou granulés étudiés individuellement) pourront
considérablement aider à comprendre ce procédé.
Il existe différents niveaux de complexités dans les études numériques, dépendant du niveau
d’informations que nous souhaitons obtenir. Dans une première partie, nous développerons
quatre types de modèles : (i) l’analyse dimensionnelle, (ii) les bilans de population, (iii) la
méthode par éléments discrets, (iv) les modèles couplés.
Dans un second temps, nous nous intéresserons plus spécifiquement aux travaux de
modélisation en DEM appliqués à la granulation humide.
57
2. L’analyse dimensionnelle
L’analyse dimensionnelle est souvent utilisée pour la mise à l’échelle de différents systèmes
tels que la granulation humide à fort taux de cisaillement. Pour deux systèmes
dynamiquement similaires, les nombres adimensionnels nécessaires pour décrire le processus
ont la même valeur numérique, où leur représentation sans dimension reste invariante
(Narang and Badawy, 2018).
En granulation à fort taux de cisaillement, plusieurs variables doivent être prises en compte
lors du changement d’échelle, à savoir : la vitesse de rotation de la turbine et de l’émotteur,
le débit d’ajout de liant et le taux de remplissage de la cuve. Les nombres adimensionnels les
plus couramment utilisés pour décrire le procédé de granulation humide et interagissent en
changement d’échelle sont : les nombres de Newton, Froude et Reynolds, résumés dans le
tableau 3 (Faure et al., 2001).
58
Tableau 3 : Nombres adimensionnels utilisés en mise à l’échelle en GFTS
59
2.2. Prédiction des mécanismes de fonctionnement
Les processus qui se produisent en GFTS, sont classés dans les différents mécanismes cités en
section (2.3). Des cartes de régimes adimensionnelles ont été développées pour la croissance
et la consolidation (Iveson et al., 2001). Les principaux groupes adimensionnels qui définissent
les mécanismes de fonctionnement sur ces cartes de régime sont la saturation en liquide
maximale (Smax), l'indice de déformation de Stokes (Stdef), le flux de pulvérisation (ψa) et le
temps de pénétration (τp) adimensionnels (Hapgood et al., 2003). Ces quatre groupes
adimensionnels sont définis comme suit :
ଷሶ
߰ ………………. (17)
ଶሶௗ
௧
߬ ൌ ௧
………………. (18)
ఠఘೞ ሺଵିఌౣሻ
ܵ௫ ൌ ………………. (19)
ఘ ఌౣ
ఘ మ
ܵݐௗ ൌ ………………. (20)
ଶ
Où ܸሶ , ܣሶ, dd, tp, tc, ߱, ߝ୫୧୬, ߩ௦ , ߩ , ߩ ,ܷ , ܻௗ sont respectivement : le flux de pulvérisation, le
flux de poudre, le diamètre de la gouttelette, le temps de pénétration de la goutte, le temps
de circulation à l’intérieur du granulateur, le rapport massique liquide/solide, la porosité
minimale que la formulation atteint en conditions opératoires précises, la densité du liquide,
la densité du granulé, la vitesse de collision et enfin la limite élastique dynamique.
Ces groupes adimensionnels sont utilisés pour les cas d’étude prédiction de fonctionnement
optimale (Hapgood et al., 2003), (Iveson et al., 2001), (Kayrak-Talay and Litster, 2011).
Cette méthodologie est simple à mettre en œuvre mais ne permet pas d’obtenir des
informations pertinentes à l’échelle de la particule, telles que l’évolution de la taille des
particules au cours du temps qui permettrait d’identifier les paramètres clés du procédé.
60
3. Méthodes numériques en granulation
Les bilans de populations sont des bilans de matière, souvent appliqués aux systèmes
granulaires. Le bilan représente un équilibre numérique autour de chaque fraction de
distribution granulométrique basé sur une loi de "conservation des nombres". Cette loi sert à
suivre le nombre de particules ayant un ensemble donné de propriétés, telles que la taille, la
porosité et la forme, tout en tenant compte des changements qui peuvent survenir au cours
de la croissance, la rupture, ou d'autres phénomènes. L'équation générale de l'équilibre de
bilan de population est donnée par Ramkrishna (Ramkrishna, 2000) :
డிሺ௫ǡ௧ሻ డ ௗ௫ሺ௫ǡ௧ሻ
డ௧
ቂܨሺݔǡ ݐሻ ቃ ൌ Ը௧ ሺݔǡ ݐሻ െ Ըௗ±±௧ ሺݔǡ ݐሻ ………………. (21)
డ௫ ௗ௧
Avec, F la densité des particules, x le vecteur qui représente les caractéristiques d'un granulé.
Le terme de différence partielle par rapport à x tient compte des changements de propriété
dus à la stratification, à l'addition de liquide ou à la consolidation. Ըformation (x,t) et Ըdéplétion
(x,t) sont des fonctions représentant les taux de croissance et de disparition des particules
décrites par la propriété interne x. En granulation, ces deux taux sont régis par les processus
d'agrégation, de nucléation et de rupture.
Pour les modèles unidimensionnels (1D), les granulés sont caractérisés par une seule
propriété. Ils sont traditionnellement utilisés pour modéliser de simples processus de
61
granulation (Iveson, 2002) (Biggs et al., 2003). Ces modèles partent de l'hypothèse qu'un
granulé peut être suffisamment décrit seulement par sa taille comme propriété indépendante
qui affecte significativement le comportement de croissance des granulés et qu'il n'y a pas de
variations considérables des autres caractéristiques au sein d'une classe de taille.
Immanuel et Doyle ont pu développer une technique efficace et robuste pour la modélisation
tridimensionnels par bilan de population décrivant les processus de granulation. La méthode
se base sur l’extension d’un modèle unidimensionnel simple comme montré sur l’équation
classique donnée par Ramkrishna (Ramkrishna, 2000). Elle repose sur une stratégie de
solution hiérarchique à deux niveaux, qui détermine le phénomène de nucléation, de
croissance, d'agrégation/rupture dans un premier temps, et la mise à jour de la distribution
de la taille des particules dans un deuxième temps. Leurs résultats de calculs ont montré que
l'application de cette technique au modèle de granulation tridimensionnelle permet d'obtenir
un calcul très efficace avec un temps de simulation plus court.
62
డ డ ௗ డ ௗ௦ డ ௗ
ܨሺݏǡ ݈ǡ ݃ǡ ݐሻ ቀܨሺݏǡ ݈ǡ ݃ǡ ݐሻ ቁ ቀܨሺݏǡ ݈ǡ ݃ǡ ݐሻ ቁ ቀܨሺݏǡ ݈ǡ ݃ǡ ݐሻ ቁ ൌ Ը௨
డ௧ డ ௗ௧ డ௦ ௗ௧ డ ௗ௧
La méthode des éléments discrets est une méthode numérique qui présente l’avantage de
pouvoir décrire avec précision le caractère discontinu du milieu granulaire en tenant compte
de la géométrie, du comportement des éléments composant le milieu et des lois d’interaction
entre les éléments. Elle a été proposée à l’origine par Cundall et Strack, à l’idée qu’un milieu
granulaire peut être prédit si le mouvement individuel des particules peut être modélisé
(Cundall and Strack, 1979). La méthode est basée sur les interactions entre un nombre fini de
particules en contact et le mouvement individuel de chaque particule.
La trajectoire d’une i particule est décrite par les équations dynamiques suivantes :
Mouvement de translation :
63
ௗమ ௫Ԧ
݉ ൌ σ ሬሬሬሬԦ
ܨపఫ ݉ ݃റ ………………. (23)
ௗ௧ మ
Mouvement de rotation :
ௗఠ
ܫ ൌ σ ܶ ………………. (24)
ௗ௧
ሬሬሬԦ,
Où mi,ݔ ప t, ݃
Ԧ, ω, I sont respectivement la masse d'une particule, son vecteur de position, le
ሬሬሬሬԦ
temps, la gravité, la vitesse angulaire et le moment d'inertie d'une particule. ܨ పఫ et ܶ sont les
forces et le couple de contact résultants de toutes les interactions avec les particules voisines
et la paroi de la géométrie utilisée. Et enfin d²xi/dt² et dω/dt représentent respectivement
l'accélération translationnelle et angulaire d'une particule (Cundall and Strack, 1979).
En utilisant la deuxième loi de Newton qui tient compte des forces externes agissant sur la
particule, la DEM permet de décrire le mouvement de chaque particule individuelle, sa
trajectoire et sa vitesse. En ajoutant des équations de transfert, on peut également tenir
compte de l’état physique, thermique ou chimique de chaque particule (Mesnier et al., 2019)
Parmi les forces externes, on retrouve les forces de contact particule-particule et particule-
paroi. Ces deux forces sont les plus dominantes lors des écoulements granulaires.
La force de contact agissant sur une particule est calculée à l'aide d'un modèle à sphères dites
molles ou souples (Johnson and Johnson, 1987; Luding, 1998; Stevens and Hrenya, 2005). Dans
ce modèle, trois types de forces de contact mécaniques sont calculées, à savoir : la force de
rebond élastique, la force d'amortissement visqueuse et la force de frottement entre les
particules en contact. Lors d’un contact particule-particule, une déformation résultante du
choc entre les deux particules est exprimée par une distance de chevauchement δ. Le contact
particule-paroi est traité de la même manière que le contact particule-particule (Cundall and
Strack, 1979).
En plus de ces différentes forces de contact mécaniques, la DEM peut prendre en compte
d'autres forces externes telles que les forces interparticulaires cohésives (Forces de Van Der
Waals, Forces de ponts liquides et forces électrostatiques).
64
L’algorithme général de calcul typique pour la réalisation d’une simulation DEM est
schématisé dans la figure 9 comme suit pour un cas limité de la mécanique :
Le calcul débute par une configuration initiale du système où à t0 l’ensemble des positions,
accélérations et vitesse des différents éléments est supposé être connu. Ensuite, vient l’étape
de prédiction des mouvements des particules et de la configuration du système sur un
intervalle de temps donné. Les contacts sur l’ensemble du système sont par la suite détectés
sans connaitre réellement les forces de contact. Enfin, les forces agissant sur une seule
particule sont calculées, avec une correction de la configuration du système faite par
prédiction.
Cette étape est répétée N fois ou N représente le nombre total des particules. Ceci permet de
calculer les forces et les couples de contact sur toutes les particules individuellement. Les
vitesses et positions des particules sont alors calculées en résolvant numériquement les
équations de la loi de Newton par rapport au temps, avec un pas de temps donné. Ces étapes
sont répétées pendant la durée requise, pour le nombre de particules simulées, ce qui
65
entraîne la simulation du flux granulaire pendant une certaine durée de temps à déterminer
(Watano and Nakamura, 2019).
Les modèles de contact sont généralement divisés en modèles de base, modèles de friction
par roulement et modèles supplémentaires.
Un modèle de base définit la collision physique entre les particules d’un milieu granulaire ou
les particules et les parois. Généralement un seul modèle de base peut être ajouté par
simulation et sert à calculer les différentes forces de contacts qui se créent entre les particules
dans les directions normale et tangentielle (Thapa et al., 2018).
Les calculs des résistances à la rotation et de pertes de puissance pendant les mouvements de
rotation sont importants en modélisation par DEM. La plupart des modèles incluent un
composant de friction par roulement pour tenir compte de la résistance des matériaux au
roulement.
Ci-après sont détaillés quelques modèles de base avec certains modules physiques de plus
comme la cohésion.
Ce modèle de contact est considéré parmi les modèles de base en modélisation par DEM. Dans
ce modèle, la composante de force normale est basée sur la théorie de contact hertzien (Hertz,
66
1882). Elle décrit une relation entre la force normale ܨ et le chevauchement normale ߜ à
l'interface de contact entre deux sphères.
Le modèle de force tangentielle est basé sur les travaux de Mindlin-Deresiewicz (Mindlin,
1949), (Mindlin and Deresiewicz, 1953). Pour mieux expliquer le comportement élastique des
grains en contact, le modèle de contact normal de Hertz a été couplé au modèle de Mindlin,
afin de mesurer le contact tangentiel entre deux sphères sous contrainte de cisaillement.
Les forces normales et tangentielles ont toutes deux des composantes d'amortissement dont
le coefficient d'amortissement est lié au coefficient de restitution décrit par Tsuji et al., (Tsuji
et al., 1992). Enfin, la force de frottement tangentielle suit le modèle de la loi de Coulomb
comme a été décrit par Cundall et Strack (Cundall and Strack, 1979).
La force normale de contact ܨ est donc exprimée en fonction du chevauchement normal ߜ
et est donnée par :
య
ସ כ
ܨ ൌ ܧ
ଷ
ξܴ ߜ כమ ………………. (25)
ଵ ሺଵିజ మ ሻ ሺଵିజ మೕ ሻ
ൌ ………………. (26)
ாכ ா ாೕ
ଵ ଵ ଵ
ൌ ………………. (27)
ோכ ோ ோೕ
Avec Ei, νi, Ri et Ej, νj, Rj les modules de Young, les coefficients de Poisson et le rayon de deux
particules en contact.
67
De plus, la force d'amortissement, ܨ est donnée par :
ହ ሱሮ
ܨ ൌ ʹට ߚඥܵ ݉ߥ כೝ ………………. (28)
ିଵ
ଵ ଵ
݉ כൌ ൬ ൰ ………………. (29)
ೕ
ሱሮ
Où ߥೝ est la composante normale de la vitesse relative et ݉ כla masse équivalente.
ି ୪୬
ߚ ൌ ξ୪୬ ………………. (30)
మ ାగమ
Avec :
ହ ሱሮ
ܨ௧ ൌ ʹට ߚඥܵ௧ ݉ߥ כ௧ೝ ………………. (34)
ሱሮ
Où ߥ௧ೝ est la vitesse tangentielle relative.
68
Figure 10 : Schéma descriptif du modèle de Hertz-Mindlin
Ce modèle de contact utilise les mêmes calculs que le modèle de contact Hertz-Mindlin pour
les types de force suivants :
య
ସா כ
ܨோ ൌ െͶඥߨߛܽ כ ܧమ ܽଷ ………………. (36)
ଷோ כ
మ
ߜൌ ோכ
െ ඥͶߨߛ ܽΤ……………… כ ܧ. (37)
69
Avec E*, R* et a sont le module de Young équivalent, le rayon équivalent et le rayon de contact
définis dans le modèle de contact Hertz-Mindlin.
Pour une énergie de surface nulle, la force normale de contact JKR se transforme en force
normale Hertz-Mindlin telle que :
య
ସ
ܨு௧௭ ൌ ଷ כ ܧξܴ ߜ כమ ………………. (38)
ସா כయ
ܨோଶ ൌ െ ሺͺߨ߁ܽ כ ܧଷ ሻଵȀଶ………………. (39)
ଷோ כ
మ ଶగ௰ ଵȀଶ
ߜൌ ோכ
െቀ ቁ ………………. (40)
ாכ
70
ߛଵ ݁ߛݐଶ sont les énergies de surfaces des particules 1 et 2 et ߛଵǡଶ est l'énergie de surface de
l'interface.
Dans le cas d’un système monodisperse où deux particules de même taille et du même
matériau se chevauchent, l’énergie de surface de l’interface ߛଵǡଶ devient nulle et ainsi l’énergie
de surface interfaciale devient ߁ ൌ ʹߛ .
La force de rupture, force nécessaire pour rompre le contact entre deux particules est :
ଷ
ܨ௨ ൌ െ ߨܴ ……………… ߁ כ. (42)
ଶ
Lorsque des surfaces liquides se trouvent à proximité, un pont liquide se créé entre elles, ce
qui engendre une force d'attraction due à la tension superficielle et à la pression
71
hydrostatique à l'intérieur du pont. L’équation de Laplace-Young peut permettre de calculer
la différence de pression entre deux surfaces séparées par un liquide.
ଵ ଵ
οܲ ൌ ߛሺ െ ሻ ………………. (43)
ோభ ோమ
Pour pallier cette problématique, il existe des modèles largement utilisés qui consistent à
établir une relation entre la force, le volume du pont liquide, l’angle de contact et la distance
entre les particules. Ce modèle a été écrit et validé Remy et al., (Remy et al., 2011) pour des
particules de même taille avec la même teneur en eau.
Une seconde méthode, souvent utilisée due à sa simplicité est l’utilisation de l’approximation
toroïdale de Fisher :
ఘభ ାఘమ
ܨ ൌ ߨߛߩଶ ఘభ
………………. (45)
72
Avec les rayons de courbures spécifiques ߩଵ et ߩଶ représentés sur la figure ci-dessous :
En plus des modèles de bilans de population et des éléments discrets, il existe des modèles
hybrides, offrant l'avantage de combiner deux ou plusieurs modèles et donc de minimiser les
limites de chacun individuellement.
Sachant que le procédé de granulation humide se compose de phases solide et liquide, il est
préférable de modéliser les deux phases individuellement, ce qui peut être réalisé en utilisant
des modèles hybrides (Thapa et al., 2018).
Parmi les différents modèles hybrides les plus utilisés, on cite les modèles DEM couplés aux
PBM. Comme mentionné précédemment, la modélisation par bilans de population est
souvent utilisée pour étudier les différents mécanismes de granulation humide. Ces
mécanismes sont directement affectés par les comportements intra et interparticulaires.
Ce modèle hybride peut donc être utilisé pour déterminer l'effet des collisions particules-
particules et particules-équipements tout en contrôlant chaque mécanisme individuellement
(Reinhold and Briesen, 2012). Barrasso et al., ont utilisé ce modèle hybride afin de développer
la modélisation PBM-DEM multi-échelle prenant en compte les fréquences de collisions et la
distribution des liquides pour expliquer les sous-processus complexes de la granulation
humide. Ils ont démontré l'effet de la distribution granulométrique sur la fréquence des
collisions et l'augmentation de la taille des particules dans le temps (Barrasso et al., 2015).
73
Il existe aussi un autre modèle hybride couplant la DEM avec la CFD, la Mécanique des Fluides
Numériques (MFN), plus souvent désignée par le terme anglais Computational Fluid
Dynamics (CFD). Mais ce modèle est plus utilisé dans les procédés de granulation en lit fluidisé
(Börner et al., 2017).
L’usage de la DEM est souvent rapporté aux problèmes de traitement de poudres dans
différents domaines, tels que les industries pharmaceutiques où la poudre fait partie des
matériaux de base pour la fabrication de différentes formes pharmaceutiques. Ces poudres
ont souvent assez sensible et nécessite généralement un traitement rigoureux pour la bonne
conduite de la chaine de fabrication tout en assurant une bonne répétabilité des différentes
expériences menant au produit final.
Afin de prédire le comportement physique d’une poudre par la DEM lors du fonctionnement
d’un procédé donné, il est nécessaire d’entamer une étape de calibration afin de valider le
modèle numérique utilisé. Plusieurs tests expérimentaux et reproductibles numériquement
peuvent être utilisés selon les mécanismes critiques qui se reproduisent dans les réelles
applications. Cela mène au choix de tests expérimentaux simples qui seront en mesure
d’englober ces mécanismes et paramètres en question. Une procédure de calibration est alors
à suivre selon des étapes précises et pouvant être utilisée tout en assurant la reproductibilité
du test expérimental en question. Le but est de prédire numériquement le système tout en
s’approchant au mieux de l’expérience. Les paramètres en question seront alors calibrés. Les
étapes à suivre lors d’une calibration sont les suivantes.
Le choix d’un test expérimental simple et reproductible qui fera office d’un test d’étalonnage
approprié et parmi ces tests nous retrouvons : l’angle de repos statique ou dynamique
(Mesnier et al., 2019), les tests de densité aérée ou tapée (compressibilité) (Jager et al., 2015),
les tests en cellule de cisaillement annulaire (Salústio et al., 2020) et les tests avec le
rhéomètre FT4 Freeman (Hare et al., 2015; Vivacqua et al., 2019; Wilkinson et al., 2017).
74
les paramètres au préalable et les quantifier soit expérimentalement par des tests de
calibration simples ou les récupérer de la littérature. Parmi les paramètres qui peuvent
être identifiés au préalable nous retrouvons : la distribution granulométrique des
particules, le module de cisaillement qui est relié au module d’élasticité (module de
Young (Bassam et al., 1990; Perkins et al., 2007)), les coefficients de frottement
statique et au roulement (Baxter et al., 2000), les coefficients de restitution (Crüger et
al., 2016; Li et al., 2019), la masse volumique des particules et l’énergie de surface
(Spillmann et al., 2008). D’autres paramètres peuvent être calibrés en fonction de la
nature du système.
- Une fois que les expériences de calibrations préliminaires sont faites, les données
obtenues seront utilisées afin de démarrer les simulations de calibrations numériques.
Le choix d’un modèle numérique permettant de bien décrire le contact entre les
particules et les phénomènes d’interaction est très important et dépend forcément
des paramètres à calibrer.
- Une calibration réussie part d’une distribution granulométrique appropriée en
s’approchant au mieux de l’expérience et d’un ajustement des paramètres de contact
particule-particule et particule-paroi de la géométrie. Cela peut être fait en exécutant
un certain nombre de simulations DEM à petite échelle en plus des paramètres ciblés
pour chaque procédé. Et ainsi la combinaison des paramètres qui fournit les résultats
les plus proches des données expérimentales dans une marge d’erreur acceptable est
celle qui est choisie.
Ces outils de calibration nous fournissent ainsi une prédiction des paramètres DEM en passant
par une étape de mesure expérimentale avec des tests de répétabilité et une étape de
modélisation avec le choix du modèle physique adéquat.
75
sommes orientées dans cette étude vers une approche DEM. Elle représente un outil puissant
et un véritable atout pour le calcul et la représentation quantitative de ces propriétés. Elle est
classée parmi les approches les plus prometteuses pour la modélisation et l'analyse des
processus de granulation. Toutefois, son application soulève certaines contraintes cruciales
comme la limitation du nombre de particules, qui est souvent très inférieur à celui des
processus réels de granulation. La méthode des éléments discrets a néanmoins été considérée
jusqu’à présent comme un très bon outil qui peut fournir des informations importantes sur la
conception des processus de granulation. Par ailleurs, cette méthode reste en bonne voie
d’exploitation pour une meilleure prédiction du phénomène réel de granulation humide
(Suresh et al., 2017).
76
La cinétique de mélange et de ségrégation à l'intérieur de la cuve a été étudiée et analysée
quantitativement.
En 2003 Sinnott et Cleary ont utilisé la DEM pour étudier la conception et l’optimisation des
broyeurs mélangeurs à fort taux de cisaillement, où l’effet de la géométrie de l’enceinte sur
les particules a été relevé (Sinnott and Cleary, 2003).
Shi et McCarthy ont développé un modèle dynamique de transfert de liquide à utiliser dans la
modélisation par éléments discrets, de systèmes à particules hétérogènes. Ce modèle a été
couplé avec une simulation DEM d’une pulvérisation de liquide sur un lit de poudre dans un
tambour rotatif (principe utilisé en granulation humide). Leur modèle a notamment été validé
par des essais expérimentaux (Shi and McCarthy, 2008).
Ketterhagen et al., se sont intéressés à différentes approches pour la modélisation par DEM
de plusieurs procédés pharmaceutiques dont la granulation (Ketterhagen et al., 2009). La
revue de Cameron et al., sur le même sujet y a été citée (Cameron et al., 2005), notamment
les travaux de Gantt et al., qui ont simulé un granulateur à fort taux de cisaillement en utilisant
une approche avec des conditions limites périodiques pour représenter un flux granulaire
(Gantt and Gatzke, 2005) (Gantt et al., 2006).
Les travaux de Antonyuk et al., Sato et al., Hassanpour et al., Liu et al., et Nguyen et al., ont
aussi utilisé la DEM pour simuler de simples systèmes autour de la granulation humide
(Antonyuk et al., 2006), (Sato et al., 2008), (Hassanpour et al., 2009), (Liu et al., 2013), (Nguyen
et al., 2014). Notamment Nakamura et al., et Nasato et al., qui l’ont utilisé pour des études
de mise à l’échelle (Nakamura et al., 2013) et (Nasato et al., 2015).
Récemment, Sarkar et Chaudhuri ont fait une étude d’un système simple de granulation
humide à fort taux de cisaillement (Sarkar and Chaudhuri, 2018). Le but était de mettre en
place un modèle DEM dans des conditions dynamiques de procédé pour améliorer la
compréhension du processus. Le modèle utilisé suit la formation dynamique et la rupture des
ponts liquides entre les particules au fur et à mesure de l’ajout du liant dans le système. Le
produit type utilisé pour les études expérimentales et numériques est le Lactose Fast Flo (316
NF Kerry Inc) de taille (d50 = 67 μm), avec de l’eau comme liant. Les expériences de
granulations ont été réalisées dans une cuve de 1 L fixée à un granulateur KG5 (Key
77
International, NJ). Le système a été ensuite modélisé avec les mêmes caractéristiques de
géométrie et propriétés des paramètres d’entrée. L’approche utilisée a été celle des ponts
liquides avec des teneurs en liquide entre 5 et 10 %. Les effets du débit d'addition de liquide
et de la vitesse de rotation de la turbine ont été examinés en suivant la formation dynamique
et la rupture des ponts liquides. De plus, les résultats expérimentaux et numériques se sont
comparées favorablement donnant une validité au modèle.
Les simulations par éléments discrets nécessitent généralement une connaissance de certains
paramètres d’entrée. Alizadeh et al., ont mis en place une méthodologie d’étalonnage des
paramètres d’entrée DEM avec des simulations de poudres cohésives (Alizadeh et al., 2018).
Un mélange contenant trois particules modèles a été utilisé afin de simuler leur ségrégation
lors de la formation d’un tas. Les particules ont été enrobées de polyéthylène glycol 400 (PEG
400) afin d’augmenter leur paramètre de cohésion. L'adhérence résultante a été exprimée en
termes d'énergie interfaciale équivalente pour les simulations par DEM et a été réglée par un
étalonnage minutieux en utilisant la méthode de l'angle de repos. Il a été conclu que la
méthodologie d'étalonnage proposée a permis de prévoir les tendances expérimentales de
près et de parvenir à un accord raisonnable par le biais de simulations DEM.
Bien que plusieurs systèmes complexes aient fait l'objet de nombreuses études récentes, il
reste encore beaucoup à faire pour mieux comprendre le procédé de granulation humide et
mieux l’exploiter numériquement à l’échelle mésoscopique mais aussi à l’échelle
microscopique.
78
5. Conclusion
Enfin, les avantages et les inconvénients des trois modèles les plus utilisés à savoir la PBM, la
DEM et les modèles hybrides sont résumés dans le tableau 4 suivant :
79
80
Chapitre II : Étude expérimentale et numérique de
calibration des paramètres d'entrée pour la simulation
du procédé de granulation humide
81
1. Introduction
Les solides divisés sont une part importante des produits, finis ou intermédiaires, utilisés dans
un grand nombre d’industries (chimique, pharmacie, agroalimentaire, …). Néanmoins, la
production et la manipulation des poudres (mélange, transformation, stockage, transport,
écoulement, …) engendrent un certain nombre de difficultés de mises en œuvre dans la chaine
de fabrication : on peut citer les problèmes de ségrégation lors des opérations de mélange,
d’écoulement lors du stockage et du transport, d’hétérogénéités pour différentes applications
telles que la granulation ou la compression.
Ces problématiques peuvent être liées soit aux propriétés intrinsèques de la poudre (taille,
forme, …) mais également aux paramètres du procédé (géométrie, agitation, conditions
opératoires, …). S’il est possible de multiplier les expériences pour vérifier la faisabilité de
l’opération de manipulation, la démarche reste néanmoins couteuse à la fois en temps et en
quantité de poudre qui peut être à haute valeur ajoutée. L’objectif de ce chapitre est une
étude préliminaire pour développer un outil capable de prédire le comportement de poudre
cohésive et non cohésive lors de manipulations relativement simples à mettre en œuvre
numériquement. La méthode des éléments discrets a été utilisée avec les modèles de contact
Hertz-Mindlin et Hertz-Mindlin avec JKR. Dans un premier temps, nous mettrons en place la
méthodologie en étudiant les paramètres clés qui régissent l’écoulement tels que le
coefficient de frottement statique, l’énergie de surface, ainsi que la granulométrie des
poudres traitées. Des tests de calibration ont été fait au moyen d’essais d’angles de repos
statique. Dans un second temps, des essais de tassement ont été validés avec des mesures
expérimentales.
82
2. Matériels et méthodes
2.2. Étude expérimentale
2.2.1. Choix des poudres modèles et formation des granulés
Les attributs des différents lots ont été caractérisés en termes de distribution granulométrique
à l'aide d'un granulomètre par diffraction laser (Mastersizer 3000, Malvern), de forme par
microscopie électronique à balayage (MEB), de fluidité avec un testeur de poudre (Hosokawa
PT-X) et de propriétés de compressibilité au moyen d'un voluménomètre de tassement (JEL
STAV II).
Figure 14 : Schéma d'un granulateur de laboratoire à fort taux de cisaillement (Hofmaier, n.d.)
83
2.2.2. Caractérisation des poudres
Des tests d'écoulement ont été réalisés en utilisant des essais d’angle de repos statique avec
trois tests de répétabilité, pour les poudres de lactose et de MCC non granulées et granulées.
L'équivalent de 200 g de poudre de chaque échantillon a été versé dans la trémie de mesure
du testeur de poudre Hosokawa et l'angle de repos a été évalué. Le testeur de poudre
Hosokawa, développé à l'origine par Hosokawa Micron corporation, est basé sur la théorie de
Carr de Ralph L. Carr (Hosokawa et al., 1988) et sert à caractériser la fluidité et l'écoulement
des poudres sèches. Dans notre cas, les mesures statiques de l'angle de repos ont été
effectuées avec des vibrations de la trémie à une fréquence de 50 Hz et une amplitude de
déplacement de 1 mm. Les amas de poudre sont formés sur une coupelle de 80 mm de
diamètre par chute libre. L'angle de repos est mesuré par une technologie de traitement
d'image, en injectant une source de lumière LED à travers l'échantillon. L'angle formé par les
lignes de crête de la zone où la lumière de la source est obstruée par l'échantillon est capturé,
la valeur de l'angle est alors donnée par la forme du triangle donné.
Dans un deuxième temps, des tests de compressibilité ont été effectués avec un
voluménomètre de tassement (Jel STAV II). Il est utilisé pour déterminer le volume d'un
produit avant et après tassement afin d'obtenir les densités apparentes vrac et tassée. Les
mesures sont effectuées à l'aide d'une éprouvette graduée de 250 mL après 500 tassements
d’une hauteur de 3 mm ± 0,2 mm. La compressibilité est déterminée en mesurant la hauteur
de la poudre dans l'éprouvette graduée avant et après tassement.
84
2.3.2. Procédure de simulation par DEM
Les simulations ont été réalisées sur une station de calcul DELL (T7910) avec deux processeurs
à 10 cœurs (Intel Xeon E5-2660v3) en utilisant le logiciel commercial Académique EDEM
2020.1. Les paramètres de simulation ont été définis pour chaque matériau, c'est-à-dire les
paramètres mécaniques du lactose et de la MCC résumés dans le tableau 5.
Ces paramètres d'entrée de la simulation ont été généralisés pour toutes les simulations. Le
pas de temps qui a été fixé à 20% du pas de temps théorique de Rayleigh pour les particules
d'un diamètre inférieur à 0,7 mm et porté à 40% comme valeur maximale pour celles d'un
diamètre de 1 mm. Ce paramètre dépend de la taille et des propriétés mécaniques des
particules car il caractérise le temps nécessaire à une onde de cisaillement de se propager à
travers une particule. Nous avons bien conscience que pour quelques applications de
transformation, certains de ces paramètres pourraient varier au cours du temps. Néanmoins,
la valeur des coefficients de roulement a été minimisée et la valeur des coefficients de
restitution est peu affectée par la taille des particules. Par ailleurs, une étude paramétrique
sur certains d’entre eux n’a pas montrer d’influence significative.
Les angles de repos de nos différentes poudres ont été mesurés par la même méthode
expérimentale (méthode triangulaire), tandis que la compressibilité a été mesurée en
85
capturant le volume et la hauteur de la poudre dans le cylindre de 250 mL avant et après le
tassement.
86
Figure 15 : Images du testeur de poudre expérimental HOSOKAWA à gauche et du testeur
simulé par EDEM à droite (vues de face et de côté)
87
3. Résultats et discussion
Les excipients pharmaceutiques utilisés dans cette étude sont fondamentalement des
poudres fines non-granulées. Nous avons donc procédé à une granulation humide selon le
protocole expérimental décrit précédemment, à la fois pour le Lactose et la MCC séparément,
afin de les tester sous forme non granulée et granulée.
Les résultats de caractérisation des poudres et granulés ont permis d’avoir une idée sur leur
forme, taille et propriétés d’écoulement. Les images au microscope électronique à balayage
(figure 18) montrent l’aspect granulaire après 10 minutes de granulation (Voir en Annexe II
pour d’autres images à différentes échelles). D’un point de vue numérique, ces deux types de
particules sont représentées par des sphères, ce qui semble adapté pour la MCC, beaucoup
moins pour le lactose au regard des photos de MEB montrant des amas de particules. Il en est
de même pour les particules non granulées (figure 17). C'est pourquoi la plupart de nos tests
numériques ont été réalisés avec la poudre de MCC.
Quant à la polydispersité des particules, elle a été numériquement prise en compte en suivant
les résultats des distributions granulométriques expérimentales (figure 19). On note que la
distribution de la MCC granulée est plus resserrée. Par la suite, les différentes études de
calibration ont été réalisées sur les 4 types de poudre : Lactose ou MCC granulés et non-
granulés, en considérant les conditions susmentionnées, particulièrement la polydispersité.
88
(a) (b)
(c) (d)
Figure 17 : Images au MEB des particules de lactose ((a) à 50 μm, (b) à 300 mm)
et de MCC ((c) à 50 μm, (d) à 300 μm) avant granulation
Figure 18 : Images au MEB des granulés de lactose ((a) à 500 μm, (b) à 1 mm)
et de MCC ((c) à 500 μm, (d) à 1 mm) après 10 minutes de granulation
89
Lactose MCC
Volume (%)
Volume (%)
(a)
Volume (%)
(b)
90
3.2. Étude de calibration des paramètres d’entrées DEM
3.2.1. Prédiction du coefficient de frottement statique
Dans le cadre d'une simulation DEM, il convient de prendre en compte un certain nombre de
paramètres d'entrée afin d'assurer le bon déroulement du modèle. Certains de ces éléments
peuvent être identifiés facilement dans la littérature, à savoir le module d'Young ou le module
de cisaillement, d'autres, comme on l’a déjà discuté en 1.1.2, peuvent évoluer au cours de la
granulation, mais ont une faible influence sur les applications visées (coefficient de frottement
au roulement ou le coefficient de restitution). Le modèle DEM nécessite toutefois une
connaissance précise de :
Cette méthodologie a été adoptée pour des poudres de lactose et de MCC granulées et non-
granulées tout en assurant une bonne répétabilité. Les résultats de cette première étude
préliminaire sont présentés sur les figures 20 et 21. De plus, le tableau 6 montre les résultats
des coefficients ajustés pour chaque type de poudre ou de granulés.
91
Figure 20 : Ajustement du coefficient de frottement statique de la poudre et des granulés de
Lactose : Angles de repos expérimentaux (a) poudre : 29,70° ; (c) granulés : 32, 00°. Angles de
repos numérique (b) poudre : 29,67° ; (d) granulés : 32,07
92
La figure 20d illustre la méthode numérique de mesure de l'angle en faisant une coupe au
milieu du tas et en traçant un triangle qui relie les trois extrémités du tas. L'angle est ainsi
donné par le rapporteur directement sur l'interface EDEM. Grâce à cette étude de calibration,
nous avons pu calibrer les coefficients des matériaux relatifs aux poudres de lactose et de MCC
(granulé et non granulé) et cela a été validé par les résultats des tests expérimentaux et de
simulations qui sont en parfait accord.
Il a été observé que plus l'angle de repos est élevé, plus le coefficient de frottement statique
est élevé. Cela s'explique par le fait que pour former un amas plus élevé et plus stable, la force
qui tend à maintenir un corps dans un état statique doit être élevée. Ces coefficients sont
spécifiques à chaque type de poudre, donc la comparaison avec la littérature est compliquée.
On peut citer, tout en restant prudent sur la comparaison, les travaux de Zafar et al., (Zafar
et al., 2014) qui ont mesuré par une méthode de chute de particules sur un substrat, une
énergie interfaciale du lactose de l’ordre de 10 mJ/m² correspondant à l’ordre de grandeur de
nos mesures.
La calibration est une étape importante pour la fiabilité du modèle qui sera utilisé dans
diverses applications de ces produits telles que la granulation humide par exemple. Elle est
nécessaire, doit être précise et nécessite une mesure expérimentale. Néanmoins, un seul test
expérimental est requis, et il peut être assez simple à mettre en œuvre.
93
3.3. Études de cas de validations expérimentales et numériques
Afin de tester la fiabilité de l’étape de calibration, nous avons simulé des essais de
compressibilité en utilisant les mêmes paramètres d’entrée du modèle (tableau 5) et les
mêmes coefficients de calibration (tableau 6) pour la poudre et les granulés de MCC ainsi que
de lactose. Nous avons ensuite confronté les résultats numériques aux valeurs
expérimentales.
Les résultats expérimentaux et numériques avant et après compressibilité sont présentés sur
la figure 22. Suite aux essais de compressibilité expérimentaux et numériques, nous avons
mesuré les hauteurs des poudres contenues dans les éprouvettes de mesure avant et après
tassement. Ceci a montré que les résultats expérimentaux et numériques sont en parfaite
concordance avec une marge d'erreur maximale de ±0,2 cm.
Ceci confirme la bonne précision de nos résultats de prédiction des coefficients de frottement
statique issus de l'étude de calibration. Ce qui signifie que le modèle est capable de prédire le
comportement d'une poudre monodisperse ou bien polydisperse. Ces résultats peuvent être
utilisés dans d'autres simulations, telles que des études de l'influence de la granulométrie sur
l'écoulement de la poudre ou dans des simulations plus avancées de granulation humide.
D’autres essais de validation ont été effectués avec la poudre de MCC ainsi que les granulés
de Lactose. Le tableau 8 résume les résultats expérimentaux et numériques des hauteurs de
poudre avant et après tassement. Ceci montre une encore une fois la cohérence entre les
résultats expérimentaux et numériques.
94
Tableau 7 : Propriétés mécaniques des matériaux pour les essais de compressibilité
Tableau 8 : Résultats des hauteurs des poudres avant et après tassement pour la poudre et
les granulés de MCC, et les granulés de lactose
95
Avant tassement
Après tassement
Nous avons utilisé 3 tailles différentes de poudre de MCC, à savoir : poudre (A) : 0,1 mm ;
poudre (B) 0,5-0,7 mm ; poudre (C) : 1 mm.
Deux mélanges différents ont été réalisés avec ces poudres : mélange 1 : poudre A + poudre
C ; mélange 2 : poudre B + poudre C. Pour ces deux mélanges, 4 mesures expérimentales de
96
l'angle de repos statique ont été réalisées de manière récurrente avec un pourcentage
croissant de poudre A pour le mélange 1 et de poudre B pour le mélange 2. Afin de mieux
connaître le comportement de ces différents mélanges, nous avons simulé numériquement
les mêmes essais en utilisant uniquement le modèle de contact de Hertz-Mindlin. Pour des
raisons d'accélération du temps de calcul, nous avons augmenté la taille des particules de la
poudre A de 0,1 mm à 0,4 mm afin que le nombre de grilles de cellules ne soit pas trop élevé.
Les différents pourcentages en masse ainsi que le nombre de particules par essai sont
présentés dans le tableau 9, sachant que le nombre total de particules par mélange est
équivalent à 100 grammes de poudre.
Mélange 1 Mélange 2
Poudre A Poudre C Poudre B Poudre C
% en masse
0,4 mm 1 mm 0,5 – 0,7 mm 1 mm
0% 0 161214 0 161214
30 % 34291 97495 38960 89690
70 % 77769 38280 90839 38933
100 % 679000 0 209975 0
Comme pour la première étude de calibration, les coefficients de frottement statique ont été
déterminés à partir des angles de repos expérimentaux par test de calibration pour chaque
mélange mais conduisent aux mêmes résultats. Ces coefficients de frottement statique ne
sont pas influencés par la granulométrie. Les différents coefficients, les angles expérimentaux
et numériques ainsi que les propriétés mécaniques pour les 4 pourcentages de chaque
mélange sont résumés dans le tableau 10. Les résultats montrent une fois de plus que le
coefficient de frottement statique est spécifique à chaque mélange de poudre sachant que
cette calibration a été faite pour les mélanges 1 et 2.
97
Tableau 10 : Simulation des propriétés mécaniques et des angles de repos expérimentaux et
numériques pour les mélanges 1 et 2
Mélange 2
Angle de repos expérimental [°] 32.80 31.50 29.84 27.73
98
Figure 23 : Angles de repos expérimentaux et numériques du mélange 1 en fonction du
pourcentage croissant de poudre A
99
À 100% l’angle de repos reste le même. Cela peut indiquer que les tas formés avec des
particules de 1 mm sont beaucoup plus grands, en raison du fait que des particules sphériques
monodisperses ont été utilisées, ce qui facilite l'empilement les unes sur les autres. La
présence de poudre plus petite a dû déstabiliser la formation des tas dans un système
polydisperse, puisque les plus petites particules ont tendance à glisser entre les plus grandes
et à se concentrer sur la surface du verre de mesure (un cas concret de ségrégation). Dans ce
cas de mesure de l'angle de repos, la valeur de l'angle peut bien impliquer un bon écoulement
de la poudre, mais cela est souvent trompeur lors des manipulations ultérieures ou ce
phénomène de ségrégation tend toujours à limiter le traitement des poudres. Sur la figure 25
(a), on peut clairement voir le dépôt de poudre de taille 0,4 mm à l'intérieur du tas (particules
orange) alors que l'extérieur reste couvert de particules plus grosses (particules blanches).
La même tendance a été observée avec le mélange 2 où des particules de MCC légèrement
plus grandes (entre 0,5 et 0,7 mm) que celles du mélange 1 ont été utilisées. Cependant, une
diminution linéaire de l'angle de repos a été observée avec l'augmentation du pourcentage
d'ajout de poudre de plus petite taille (figure 24). Une ségrégation locale est également
présente dans ce cas comme le montre la figure 25 (b) (particules jaunes pour les plus fines et
blanches pour les plus grosses). De plus, les résultats expérimentaux et numériques se suivent
généralement à une mesure près et sont en parfait accord.
100
Figure 25 : Images de simulations des angles de repos des mélanges 1 (a) et 2 (b) avec coupe
intérieures
101
3.3.3. Étude du mélange de particules
La DEM peut également être utilisé pour prédire l'influence des ailettes ou du taux de
remplissage pour limiter les phénomènes de ségrégation. Dans la continuité des travaux d’A.
Mesnier (Mesnier, 2019), nous avons étudié le mélange de particules au sein d'un lit granulaire
dans un tambour oscillant. Le lit granulaire est composé de particules calibrées d'acétate de
cellulose, de 2 mm (particules orange) et de 3 mm (particules noires). L'étude de calibration a
permis d'estimer le coefficient de frottement statique à 0,3. Les dimensions et la rotation du
tambour ainsi que la taille des ailettes sont présentées en Annexe III.
102
Le modèle ainsi que l’expérience ont permis de montrer le très mauvais mélange du lit en
tambour oscillant malgré la présence d’ailettes de différentes tailles. L’ajout d’une ailette
centrale a permis d’améliorer le mélange. En effet comme montré en figure 27 après 10
minutes de mélange, les particules orange sont cette fois réparties de façon plus homogène
au sein du mélange.
103
4. Conclusion
Ce chapitre a d’abord permis de développer une méthodologie pour calibrer des paramètres
d’entrée d’un modèle DEM.
Les produits obtenus ont ensuite été utilisés comme modèles de poudre pour une étude de
calibration par des essais d'angle de repos au moyen de tests expérimentaux et numériques
utilisant la DEM. Pour des poudres non cohésives, seul un paramètre est à ajuster (coefficient
de frottement statique). Pour des poudres cohésives, deux paramètres sont à ajuster
(coefficient de frottement statique et énergie de surface). Le développement d’un modèle
DEM ne permet donc pas de s’affranchir de mesures expérimentales. Mais le dispositif
expérimental peut être simple à mettre en œuvre, rapide à exploiter et une seule mesure
permet de prédire le comportement de la poudre dans diverses configurations.
Les résultats des études de compressibilité réalisées avec les mêmes propriétés physiques que
la poudre utilisée dans la partie de calibration, c'est-à-dire le coefficient de frottement
statique et l'énergie de surface ont validé l'étude de calibration avec une bonne adéquation
des mesures expérimentales et numériques. L'effet du coefficient de friction statique sur
l'écoulement de la poudre a été démontré.
En plus de cela, l'influence de la distribution de la taille des particules a été étudiée plus en
détail avec une série de tests expérimentaux et numériques d’angle de repos en utilisant deux
mélanges de poudre de MCC avec 3 tailles différentes et un pourcentage de masse croissant
de la plus petite taille de poudre. Les résultats ont montré l'influence et l'importance de la
distribution granulométrique sur l'écoulement de la poudre, où une distribution
104
granulométrique plus étroite avec des poudres non fines est recommandée pour éviter l'effet
des forces cohésives non désirées entre les particules. Cela a déjà été démontré
expérimentalement, mais avec la modélisation DEM et les résultats de la simulation, nous
avons pu observer des cas de ségrégation, qui peuvent systématiquement influencer les
résultats de mesures de l'angle de repos. Cela ne peut pas vraiment être observé lors de
l'expérience, par conséquent, ceci montre la capacité de la modélisation DEM à détecter de
tels cas de ségrégation, où les trajectoires des particules étaient suivies pendant tout le
processus.
Cet outil numérique a également permis de prédire le mélange de particules dans un tambour
rotatif et de mettre en évidence l’influence de la taille, du nombre et de la position des ailettes.
Ainsi, des prédictions de mesures d’angle solide en fonction de la granulométrie, (ii) des
prédictions de compressibilité, (iii) des prédictions de mélange en tambour oscillant en
fonction de la taille et du nombre d’ailettes ont été réalisées.
La bonne adéquation des résultats numériques avec les valeurs expérimentales pour
différentes configurations permet de conclure que la méthodologie est validée et que le
modèle est prédictif.
Il peut donc être envisagé d’extrapoler la démarche à des applications plus complexes telles
que la granulation humide à fort taux de cisaillement.
105
106
Chapitre III : Modélisation et simulation du procédé
de granulation humide
107
1. Introduction
Comme mentionné au chapitre I, la granulation en voie humide à fort taux de cisaillement est
un procédé complexe mettant en œuvre des phénomènes microscopiques (forces
d’interaction) et des phénomènes macroscopiques (agitation). La problématique est d’obtenir
des propriétés d’usage bien maitrisées. Les facteurs principaux à contrôler sont les cinétiques
de croissance et la distribution granulométrique des agglomérats. Dans l’industrie
pharmaceutique, l’enjeu est important car les produits granulés sont souvent à haute valeur
ajoutée.
Dans une seconde partie, les résultats numériques seront présentés puis discutés pour
différents taux de remplissage. Par ailleurs, ils seront comparés aux essais expérimentaux pour
une cuve de 4L et de 0,5L.
108
2. Matériels et méthodes
Le granulateur simulé a été créé à l’aide d’un logiciel de conception assistée par ordinateur
(Logiciel open source FreeCAD V.0.18, sous licence LGPLv2+). Les géométries en 3 dimensions
des cuves ont été ensuite importées et complétées sur le logiciel de simulation EDEM (Détails
sur le logiciel en Annexe IV). La figure 28 montre les représentations tridimensionnelles des
deux cuves de granulation de 0,5L (a) et de 4L (b) à l’échelle avec le couvercle, les pâles et la
présence de l’émotteur en périphérie en forme de deux lames croisées pour la cuve de 0,5L
et deux lames parallèles à 1cm de distance pour la cuve de 4L.
Les dimensions des deux cuves simulées sont illustrées en figure 29 pour la cuve de 0,5 et 30
pour la cuve de 4L. Pour les deux cuves, le rotor avec les trois pales d’agitation est coloré en
rouge, l’émotteur en bleu et la buse de pulvérisation en vert.
109
(a) (b)
(a) (b)
Figure 29 : Dimensions de la cuve de 0,5 L. (a) Vue de côté, (b) vue d’en haut
(a) (b)
Figure 30 : Dimensions de la cuve de 4L. (a) Vue de côté, (b) vue d’en haut
110
2.2. Modèle des particules simulées
Les particules utilisées dans les simulations DEM sont des particules à sphères molles. Le
terme sphères molles « soft-particle » en anglais, fait référence au fait que les particules
peuvent se déformer lors d’un contact, autrement dit, ce contact engendre un
chevauchement entre les particules. C’est le type le plus courant des modèles de particules
DEM. Les particules restent géométriquement rigides mais la déformation lors du
chevauchement est prise en compte sachant que plusieurs contacts peuvent se produire
simultanément. Ce type de particules permet d’appliquer des modèles de contact variés où
les forces de contact sont typiquement résolues en forces normales et forces tangentielles en
prenant en compte des forces supplémentaires comme la cohésion dans notre cas.
Parmi les hypothèses prises en compte pour ce type de particules, on retrouve le facteur de
sphéricité en partant du principe que les poudres modèles utilisées sont de forme sphérique,
ce qui veut dire que les particules sont des mono-sphères. Cette hypothèse nous permet de
faire un gain sur le temps de calcul. Nous avions montré dans le chapitre II, suite à des
observations en MEB que les granulés de lactose étaient plutôt sous forme d’amas, alors que
les granulés de MCC avaient une forme assez sphérique. Afin d’avoir une meilleure adéquation
modèle/expérience, nous avons donc préféré de travailler avec de la poudre de MCC, ce qui
nous permet de simuler des particules sphériques.
Dans le modèle, nous avons intégré une population de particules polydisperse en taille. Cela
a été rendu possible dans EDEM grâce à un diamètre moyen de particules et un écart type
représentatif de la répartition de la poudre expérimentale. La plus grande difficulté du modèle
qui en sera sans aucun doute sa limite principale réside dans le diamètre moyen des particules.
Au cours de tests préliminaires qui seront présentés par la suite, nous avons diminué
progressivement la taille moyenne des particules, mais il n’a pas été possible de descendre à
la taille réelle de la poudre (100 μm). En effet, la résolution numérique nécessite une détection
des contacts particules/particules en découpant la géométrie sous forme de cellules. Leurs
dimensions sont calculées grâce au rayon de la plus petite particule (taille de cellule = 2,5 du
plus petit rayon au maximum). Le fait de diminuer la taille des particules engendre une
augmentation du nombre des cellules, et par conséquent une augmentation très significative
du temps de calcul. Le but a été de faire un compromis entre la taille minimale de particules
111
que l’on peut atteindre en fonction du nombre maximal de cellules de détection de contacts,
tout en respectant un temps de calcul réalisable.
Les propriétés mécaniques de la poudre de MCC utilisée sont répertoriées dans le tableau 11.
Nous y retrouvons les différents paramètres ajustés lors de l’étude de calibration, les
paramètres qui ont été trouvés dans la littérature, ainsi que les paramètres estimés ou ajustés
pour des fins d’amélioration du temps de calcul.
Le coefficient de Poisson (ν) qui est une propriété élastique caractérisant la contraction de la
matière a été fixée à une valeur de 0,25 pour toutes les simulations par recommandation
d’EDEM en tenant compte de l’hypothèse d’une valeur expérimentale proche de la valeur
théorique indiquée pour un matériau idéalement isotrope. Ce coefficient est en fonction du
module de Young (E) et du module de cisaillement (G) tel que : E=2(1+ ν). G.
En ce qui concerne le pas de temps « Time Step » qui représente le temps entre les itérations
(pas de calcul des différentes propriétés physico-chimiques des particules), pour toutes les
simulations, il prend une valeur allant de 30 à 40 % au maximum sur un pas de temps critique
de Rayleigh 'TR (le temps nécessaire pour qu’une onde de cisaillement se propage à travers
une onde solide). Cette valeur 't est calculée comme suit :
గඥఘΤீ
οܶோ ൌ
ǡଵଷସఔାǡ଼
………………. (46)
112
Tableau 11 : Propriétés mécaniques des particules utilisées
Où r est le rayon de la plus petite particule dans le système. De ce fait plus le pas de temps est
petit, plus le nombre de points de calcul de données est élevé, ce qui nécessite un temps réel
de calcul supplémentaire. Il s'agit donc d'un pas de temps théorique maximal pour une
simulation DEM d'une sélection de particules quasi-statique dans laquelle le nombre de
coordination pour chaque particule reste supérieur à 1.
Le nombre de coordination est défini comme étant le nombre total de contacts que peut avoir
une particule donnée dans un milieu granulaire. Ce nombre est directement corrélé à la valeur
d’énergie de surface utilisée. Donc plus l’énergie de surface est grande, plus le nombre de
coordination par particule est élevé. Concernant l’énergie de surface, nous avons montré au
chapitre II qu’une plage de valeur permettait de prédire correctement l’angle solide de
particules cohésives. Une étude préliminaire (paragraphe 3.2) nous a permis d’étudier plus
spécifiquement ce paramètre et d’affiner sa valeur à 1,7 J/m² pour la suite des simulations.
113
2.4. La méthode DEM adaptée à la modélisation du procédé
Les simulations par la méthode des éléments discrets menées pour la modélisation de ce
procédé ont été faites en utilisant le modèle cohésif Hertz-Mindlin avec JKR 2 comme
mentionné précédemment. Le modèle JKR utilise la propriété de cohésion entre les particules
en plus de la théorie de contact de la sphère molle. L’approche numérique adoptée consiste
en la détection de toutes les interactions de surface telles que les interactions de Van Der
Waals et surtout les interactions adhésives de contact. La force de cohésion entre les
particules est prise en compte suite à l’utilisation du modèle JKR en fonction de la taille, et
l’énergie de surface entre les particules. Lors d’une granulation humide typique
expérimentale, la cohésion entre les particules est due à la présence du liquide liant qui sert à
mouiller la surface solide des particules pour les faire coller entre elles d’où les mécanismes
de mouillage, nucléation, consolidation et croissance.
Ainsi, pour les simulations numériques, quelques hypothèses ont été prises en compte afin
d’assurer une bonne application du modèle JKR pour ce procédé :
- La présence du liquide liant en expérience joue sur la surface des particules, ce qui
enrobe en partie les rugosités et l’aspect poreux de certaines particules. Ceci couvre
donc généralement les aspérités de surface, d’où la négligence dans un premier temps
des effets de rugosité et de porosité lors des simulations numériques.
- La taille des particules, comme mentionné au paragraphe 2.2 de ce chapitre, n’est pas
tout à fait représentative des résultats de granulométries expérimentales. La taille
moyenne a été diminuée progressivement en approchant au fur et à mesure le
diamètre moyen numérique à celui obtenu expérimentalement et en tenant en
compte la polydispersité du système.
- Généralement pour les simulations en DEM, la modification de certains paramètres
physiques est récurrente telle qu’un module d’élasticité plus élevé et un pas de temps
plus important. Les premières simulations menées dans le cadre de notre étude ont
été faites en calibrant numériquement l’énergie de surface mais le module d’élasticité
a été maintenu aux valeurs trouvées dans la littérature pour des poudres de MCC.
- La démarche suivie pour la formation des granulés est basée sur la théorie de JKR
comme cité précédemment. Dans notre cas, l’énergie de surface est implémentée
114
numériquement afin de couvrir les forces de tensions de surfaces qui opèrent à
l’échelle expérimentale. Quant aux forces visqueuses, de faibles valeurs du coefficient
de restitution sont utilisées afin de tenir compte de la dissipation visqueuse qui est
justifiée dans notre cas par un faible rebond des particules au sein de la cuve.
Figure 31 : Étapes numériques de granulation sous EDEM - (1) : remplissage de la cuve ; (2) :
granulation ; (3) : formation des granulés
Toute particule en mouvement est dotée d’une énergie cinétique. Cette énergie se perd au
fur et mesure des collisions qui se produisent dans une cuve de granulation, ce qui est traduit
par une diminution de la vitesse. Lors de l’étape 3, la perte de vitesse est essentiellement due
à l’activité locale de l’énergie de surface. La condition pour que l’opération d’agglomération
soient réussie est que l’énergie de surface doit être suffisamment grande
proportionnellement à la taille des particules. Dans ce cas, les particules perdent alors leur
énergie cinétique en atteignant une vitesse relative nulle suite aux collisions. Elles se collent
115
alors les unes aux autres, ce qui engendre la formation de granulés. Ce mécanisme est illustré
en figure 32, où on peut voir les étapes de formation des granulés dans la cuve.
Figure 32 : Image illustrant la formation des granulés dans une cuve de granulation avec le
modèle JKR
Les granulés obtenus suite aux différentes simulations effectuées avec notre logiciel EDEM
ont fait l’objet d’un traitement de données sous deux unités. EDEM a permis dans un premier
temps d’accéder directement aux données collectées lors des granulations numériques au
cours du temps comme les vitesses relatives, le nombre de collisions, le nombre de contacts
et le nombre de coordinations. Ces données ont pu être traitées et exploitées sous EDEM.
Néanmoins, les distributions granulométriques des particules n’ont été accessibles qu’avant
granulation (taille des particules individuelles de départ seulement). Le suivi de la cinétique
de croissance des granulés n’a pas été possible vu que l’outil de simulation ne prend en
compte que les interactions individuelles des particules en contact et non les propriétés d’un
amas de particules agglomérées. Ceci a été problématique dans un premier temps vu que la
quantification de la taille des granulés obtenus est nécessaire pour vérifier le modèle
numérique et le faire valider expérimentalement. Pour y remédier, l’utilisation d’un tierce
outil a été indispensable pour traiter les résultats de tailles des granulés obtenus. Cela a été
116
fait par le biais d’un package Python nommé EDEMpy. Cette extension permet un post-
traitement et une analyse de données des simulations DEM en récupérant tous les fichiers de
simulation sous une structure de fichiers d’extension « .hdf5 ». Grace à cet outil, nous avons
développé un code numérique de tri des granulés sous Python (Logiciel Spyder 4.0.1 – Python
version 3.7.6). Ce code permet dans un premier temps de récupérer les données de contact
brutes en paires types/indices de particules puis de faire un tri entre les paires de particules
agglomérées (contact permanent) et les paires de particules en collision (contact éphémère).
En partant d’un pas de temps donné, la première liste des particules en contact parcoure celles
qui se suivent au pas de temps suivant, ce qui permet une sortie de données finales avec une
liste des agglomérats formés dite « liste de cluster ». Si deux particules n’ont pas de cluster
associé, une création d’un nouveau cluster pour les deux particules est exécutée. Une des
étapes de calcul du code consiste à échanger et trier en croissance les paires permanentes en
contact afin d’éviter les doublons lors du tri. Suite à ce tri, deux fonctions de calcul sont
appliquées pour quantifier la taille des granulés :
Le calcul des volumes des clusters permet de calculer le diamètre de sphère équivalent en
volume par granulé :
1/ 3
§ 6V ·
dv ¨ ¸ ………………. (47)
© S ¹
117
L’outil présenté avec son code de calcul en Annexe V nous semble innovant, puisque à notre
connaissance, aucun outil similaire n’a été trouvé dans la littérature. À titre d’exemple, le
temps de calcul nécessaire pour trier 100.000 particules et en déduire les tailles des
agglomérats est de 3 heures.
Sur le même principe, en estimant l’aire de l’enveloppe du cluster, nous pouvons calculer le
diamètre équivalent en surface ou en surface spécifique. Par la suite, nous avons exploité les
résultats avec le diamètre équivalent en volume, permettant une comparaison plus direct
avec les résultats expérimentaux issus du granulomètre.
Les diamètres sont ensuite triés et tracés en classes de tailles pondérées avec le logiciel
Matlab. Une représentation des distributions granulométriques en échelle logarithmique a
été adoptée par la suite.
Afin de mieux comprendre la démarche que nous avons développée et adoptée, une
explication schématisée en algorithme est montrée en figure 34.
118
Figure 33 : Image illustrant la démarche de calcul du diamètre équivalent d’un granulé
119
3. Résultats et discussions
Les premières expériences ont été menées dans la cuve de 4L (pour des raisons de
logistique, il n’a pas été possible de commencer avec la cuve de 0,5L). Ces tests ont été
effectués avec de la poudre de MCC comme excipient et une solution aqueuse de PVP K30
à 3% m/v de comme liant. Cette formule a été validée dans les travaux du chapitre II lors
de l’étude de calibration des paramètres d’entrées pour les simulations DEM. Le choix de
la MCC comme poudre modèle s’est basé sur la sphéricité des particules de départ comme
détaillé en hypothèses. Les différentes propriétés expérimentales avant et post-
granulation sont résumées en tableau 12.
Unités
Masse excipient [g] 48,5
Débit du liant [ml/min] 7
Taux de remplissage [%] 25
Turbine 600
Vitesse [tr/min]
Émotteur 600
Durée de granulation 10
[min]
Durée de maturation 5
Température initiale 22,4
[°C]
Température finale 28,8
Taux d’humidité après séchage [%] 2,87
120
Parmi ces expériences, nous retrouvons des essais moyennés avec des prélèvements de la
matière lors de la granulation sur des intervalles de temps de 2 min jusqu’à 10 minutes. Le but
étant de faire un suivi granulométrique de la matière au cours du temps et ainsi voir
l’évolution de la distribution granulométrique moyenne des granulés. La vitesse d’agitation
pour l’agitateur et l’émotteur a été fixée à 600 tr/min. Les profils des couples et des vitesses
agitateur / émotteur sont illustrés en figure 35, avec les vitesses portées en ordonnée en axe
primaire, et les couples en axe secondaire en fonction du temps. Le maximum de vitesse du
rotor est limité à 1000 tr/min et à 3000 tr/min pour l’émotteur.
Les arrêts pour les prélèvements affectent certes directement la stabilité du couple agitateur
/ émotteur, ce qui est marqué par des paliers croissants pour les vitesses agitateur / émotteur
et des paliers décroissants pour les couples, mais cela a permis de faire un suivi
granulométrique temporel sans avoir recours à un outil spécifique.
On voit néanmoins qu’il est très difficile de faire un suivi en ligne avec la valeur du couple que
ce soit pour l’agitateur principal ou l’émotteur. Il est difficile de corréler ces valeurs à la
croissance des particules.
121
Figure 35 : Vitesses et couples de l’agitateur et l’émotteur
122
3.1.2. Suivi granulométrique temporel
Les granulés prélevés lors de l’essai précédent ont été caractérisés par leur forme sous
microscopie électronique à balayage (MEB) et par leur taille par diffraction laser. Ces granulés
ont été traités après un séchage à l’air libre pendant 48h. Le taux d’humidité d’un échantillon
de ces granulés a été estimé à 2,87 % après 6 minutes d’analyse en utilisant un analyseur
d’humidité (Sartorius MA37) à 120°C en dessiccation standard.
Les résultats des images au MEB sont représentés en figure 36, où nous retrouvons un suivi
de formations des granulés chaque 2 minutes.
Les images montrent l’aspect de forme sphérique des granulés de MCC acquis par la forme de
poudre de base et conservée au cours du temps, ce qui nous conforte dans le choix de poudre
afin de supposer une sphéricité de départ des particules lors de l’étude numérique. Ces
résultats sont complétés par un suivi granulométrique représenté à la figure 37 qui regroupe
un graphique de distribution moyenne pour chaque prélèvement à 2 minutes d’écart avec une
répétabilité à n = 3. Les tracés montrent une granulométrie monomodale et assez étroite pour
les différents temps. Ces résultats sont comparés à la granulométrie de départ des particules
de MCC sphere 100 non granulées (à temps 0). Nous remarquons que plus la granulation
avance, plus les classes de tailles s’élargissent et les volumes correspondant diminue. Ceci
confirme les mécanismes de consolidation et croissance des granulés comme montré sur le
graphique à 10 minutes où les granulés finaux ont une taille entre 89 μm pour les particules
les plus petites et 3086 μm pour la plus grande classe de tailles.
Les résultats de ces essais serviront de base pour les tests numériques qui vont suivre dans le
but de faire une validation des données de simulation expérimentalement.
123
Figure 36 : Images au MEB du suivi de formation des granulés toutes les 2 minutes
124
Figure 37 : Distributions granulométriques des granulés de MCC chaque 2 minutes
Dans ce premier test numérique, nous avons utilisé un très petit nombre de particules, avec
un diamètre plus grand que celui de la poudre expérimentale afin de tester l’environnement
de simulation et de voir l’effet de la marge de valeurs d’énergie de surface utilisées sur le
déroulement du procédé. Une toute première simulation a été menée avec un nombre total
de 100 particules de 6 mm de diamètre, une énergie de surface de 5 J/m² et une vitesse de
rotation de la turbine à 100 tour/min comme dans l’étape expérimentale de pré-mélange.
125
La figure 38 montre la disposition des particules dans le granulateur qui a été effectuée de
manière aléatoire avant de démarrer la granulation. Après une minute de mélange, une
formation de trois gros agglomérats a été remarquée aux extrémités de chacune des pales
d’agitation. Ce phénomène est d’ailleurs très souvent observé lors de l’étude expérimentale,
où les granulés ont tendances à être formés à proximité des pales, notamment en présence
d’un surmouillage. Ceci est directement corrélé dans ce cas à la valeur de l’énergie de surface
utilisée.
Afin de mieux expliquer le phénomène, cette particularité a été caractérisée par le nombre de
coordination, qui est le nombre de particules en contact avec une particule donnée. Ce
nombre peut dépendre de la définition de la distance de séparation critique en dessous de
laquelle deux particules sont considérées comme étant en contact (Nan et al., 2016).
En général, le nombre de coordination diminue fortement lorsque les contacts formés entre
les particules dans un lit sont rompus sous l'effet d’une forte interaction particules-parois des
pales d’agitation ou de l’émotteur (non utilisé dans ce cas).
126
La quantification du nombre de coordination moyen du lit en fonction du temps est illustrée
sur la figure 40. On remarque qu’après un petit temps de calcul à valeur presque nulle due à
l’introduction des particules dans la cuve, ce nombre fluctue à des valeurs entre 4 et 5 contacts
par particule.
Nombre de coordination
127
La formation de ces gros agglomérats est observée de près dans la cuve par le vecteur de
contacts entre les particules. La figure 41 montre tous les vecteurs crées entre deux particules
en contact, sur une échelle de 1 à 4 millimètre. Ces vecteurs de contact vont d’un centre d’une
particule à une autre si un contact a lieu.
Figure 41 : Image zoomée sur les vecteurs de contacts entre les particules d’un agglomérat
Ces vecteurs sont accentués aux valeurs élevées entre 3 et 4 mm, sachant que les particules
ont un diamètre de 6 mm. L’aspect très cohésif entre les particules est donc confirmé. La
formation instantanée des agglomérats n’est pas réaliste, ceci s’expliquant par une valeur de
l’énergie de surface trop élevée.
L’essai suivant a été mené avec 10.000 particules d’un diamètre moyen de 1,27 mm et une
distribution de taille initiale allant de 0,55 à 1,78 mm avec un écart type de 0,20 mm, une
énergie de surface à 3 J/m² et une vitesse d’agitation à 600 tr/minute pour le mobile
d’agitation et l’émotteur. L’utilisation de particules de tailles plus petites permet d’avoir un
meilleur mélange à fort taux de cisaillement ce qui engendre une formation de granulés plus
lente. Les images sur la figure 42 montrent cet effet au cours du temps où une simulation de
70 sec a été effectuée.
128
T=2s T = 30 s T = 70 s
129
3.2.3. Simulation avec 100.000 particules
Les essais de simulations se sont ensuite poursuivis avec un nombre plus important de
particules, passant à 100.000, afin de voir le comportement de granulation dans une cuve plus
remplie. L’essai a été effectué sous les mêmes conditions que la précédente simulation avec
une distribution granulométrique initiale allant de 0,55 à 1,78 mm et un diamètre moyen de
1,27 mm et un écart type de 0,20 mm (figure 44), sauf l’énergie de surface qui a été fixée à
1,7 J/m².
Cette particularité est reliée à la formation des granulés et est corrélée au nombre de
coordination entre les particules. Ceci augmente relativement avec l’augmentation du
nombre de particules dans la cuve comme on peut le voir sur les images de la figure 44 mais
reste faible aux passages des pâles d’agitation, ce qui permet une formation progressive des
granulés.
Le tracé graphique du nombre de coordination en fonction du temps (figure 47), montre une
certaine stabilité du nombre aux alentours de 4 contacts par particule jusqu’à la fin de la
granulation.
131
Figure 47 : Nombre de coordination au cours du temps de la simulation à 100.000 particules
Les essais préliminaires dans la cuve de 4L de la partie 3.2.1 (100 particules de MCC de 6 mm
de diamètre, énergie de surface de 5 J/m², vitesse de rotation turbine 100 tour/min) ont été
utilisés pour valider la routine de post-traitement de détermination de diamètre équivalent.
Cette routine a été décrite à la section 2.6.
Dans un premier temps, les données de masses des trois gros agglomérats obtenus ont été
récupérées du logiciel de simulation EDEM comme montré sur la figure 48.
Ce test a permis de vérifier les résultats du « détecteur de masse » d’EDEM qui donne
automatiquement le nombre de particules et la masse d’un cluster. Ceci a été réalisable du
fait que les agglomérats sont séparés sachant que le détecteur de masse ne fonctionne qu’à
cette condition, sinon toutes les particules seront considérées comme un seul amas. Dès que
le nombre de particules est important, la détermination de la masse d’un cluster avec ce
détecteur devient problématique car les amas sont en contact.
Dans un second temps, un calcul manuel a été réalisé en comptant individuellement le nombre
de particules d’un cluster. Connaissant le volume élémentaire d’une sphère de diamètre 6mm
et de masse volumique 460 kg/m3, on a estimé la masse du cluster.
132
Dans un troisième temps, le code de calcul a été appliqué en récupérant les données de cette
simulation sur le script python. Le code a bien détecté les 3 agglomérats et a identifié le même
nombre de particules par cluster que la détermination manuelle.
On note une parfaite concordance des résultats obtenus avec les 3 méthodes (tableau 13).
Pour un nombre important de particules par cluster ou pour une population de particules
polydisperse, la masse donnée par le code Python pourrait être surestimée par rapport au
calcul manuel car la détermination de l’enveloppe contenant N particules conduit à un volume
supérieur au volume élémentaire de N sphères.
Par la suite, il n’est pas envisageable d’appliquer un comptage manuel des particules pour
chaque simulation. Par ailleurs, le résultat donné par EDEM est erroné dès lors que deux amas
sont en contact sans être agglomérés. Par conséquent, le calcul de la masse et du volume d’un
agglomérat par la routine Python sera adopté pour la suite de l’étude.
133
Tableau 13 : Résultats de masse de simulation et de code de calcul + diamètre équivalent
Masse [g]
Nombre de
particules Calcul manuel Simulation EDEM Calcul code Python
Agglomérat 1 40 2,081 2,081 2,081
Agglomérat 2 33 1,717 1,717 1,717
Agglomérat 3 27 1,405 1,405 1,405
ଵൗ ൯
ܸ ൫ ଷ
݀ൌ ൨
ߨ
134
3.4.1. Post-traitement à 2000 Particules
La simulation présentée ici a été lancée avec 2000 particules d’une distribution
granulométrique à 1,5 mm de diamètre moyen. Les conditions de simulation sont résumées
dans le tableau 14.
Le nombre de granulés obtenus est de 125. Les résultats du post-traitement de ces données
sont représentés sur la figure 49 où la distribution granulométrique numérique des granulés
obtenus a été tracée.
Cette distribution est pondérée par un calcul de fractions de volume (%) en fonction des
classes de tailles. Les particules de départ ont une distribution granulométrique allant de 0,6
à 1,9 mm. Les granulés formés ont des tailles entre 1,627 et 10,904 mm avec plus de
population sur les classes de grandes valeurs. Ceci est corrélé encore une fois à la valeur de
l’énergie de surface utilisée (3 J/m² dans ce cas d’étude). La formation de gros agglomérats
est donc favorisée.
Unités
Nombre de particules 2000 /
Diamètre moyen initial 1,5 [mm]
Énergie de surface 3 [J/m²]
Pas de temps 30 %
Taille de la cellule de contact 2,5 Rmin /
Temps de simulation 10 min
Granulés formés 125 /
135
Figure 49 : Distribution granulométrique : Simulation à 2000 particules
Dans ce deuxième cas, une simulation de 50.000 particules a été traitée. Les conditions de
départ sont résumées dans la tableau 15. Le nombre de granulés obtenus est de 4154 en
partant d’une granulométrie à 1,27 mm de diamètre moyen et 0,20 d’écart type. La
distribution granulométrique de ce test est représentée par le graphique des fractions de
volume (%) en fonction des classes de tailles en figure 50. Les granulés formés à l’issu de cette
simulation ont une taille entre 1,442 et 7,172 mm avec des classes de tailles peu peuplées
entre 1,442 et 3,424 mm et plus denses entre 3,424 et 7,172 mm. L’effet de l’énergie de
surface revient encore affecté la formation des granulés suite à l’utilisation d’une valeur de
2,7 J/m² pour cette simulation. La distribution granulométrique n’est donc pas homogène et
est concentrée à des classes plutôt grandes par rapport au diamètre moyen des particules de
départ qui va de 1,2 en début de simulation à 5,5 comme diamètre moyen final, confirmant
ainsi la formation de gros agglomérats.
136
Tableau 15 : Conditions numériques de la simulation à 50.000 particules
Unités
Nombre de particules 50.000 /
Diamètre moyen initial 1,2 [mm]
Énergie de surface 2,7 [J/m²]
Pas de temps 30 %
Taille de la cellule de contact 3 Rmin /
Temps de simulation 7 min
Granulés formés 4154 /
137
3.4.3. 100.000 particules
Ce troisième cas d’étude représente une simulation lancée avec 100.000 particules de 1278
μm de diamètre moyen, entre 552 et 1782 μm et avec un écart type de 202 μm. L’ensemble
correspond à une masse de poudre de 42g. La distribution granulométrique de départ est
illustrée en figure 44 de la section 3.2.3 de ce chapitre. Les conditions de simulation sont
répertoriées dans le tableau 16.
Après plus de 6 minutes de simulation, 9652 granulés ont été formés. Les données à l’issu de
cet essai ont été traitées par le code de tri et les diamètres équivalents des granulés produits
ont été calculés. Les résultats de distribution granulométrique sont représentés sur la figure
51.
Néanmoins, les 9652 granulés obtenus de cette simulation ont des tailles entre 1260 et 5500
μm. Ceci dépasse alors les normes d’une distribution obtenue par diffraction laser
(Mastersizer 3000). Afin d’y remédier, un calcul de raison de la suite géométrique avec laquelle
la distribution expérimentale subdivisée est tracée a été fait (Lebaz, 2015). Cette raison q a
été donc estimée à 1,1364. En partant du premier terme u0= 0,010 μm, nous avons pu calculer
la suite des classes de tailles. Chaque classe fait référence à la fraction volumique, surfacique
ou par nombre des particules d’un diamètre équivalent issu de nos données de simulation
traitées avec une représentation logarithmique.
Ceci nous a permis d’homogénéiser les résultats et de les représenter de la même manière en
vue d’une validation expérimentale des données numériques.
À l’issue de cette simulation, les granulés obtenus ont un diamètre équivalent moyen de 2654
μm avec un écart type de 565 μm. Ceci est justifié par la valeur d’énergie de surface utilisée
138
(1,7 J/m²), permettant une formation de granulés plus lente, tout en évitant la formation de
gros agglomérats avec une dense population.
Unités
Nombre de particules 100.000 /
Diamètre moyen initial 1,15 [mm]
Énergie de surface 1,7 [J/m²]
Pas de temps 40 %
Taille de la cellule de contact 4 Rmin /
Temps de simulation 6 min
Granulés formés 9652 /
139
3.5. Comparaison granulométrique expérimentale et numérique pour la cuve de 4L
Les répartitions en volume sont présentées sur la figure 51 à la fois pour la poudre initiale et
les granulés finis.
140
La figure 52 représente les distributions granulométriques expérimentales et numériques des
granulés obtenus en fin de granulation et l’ensemble des résultats statistiques est résumé
dans le tableau suivant :
Bien que les problématiques de temps de calcul nous ont contraint à augmenter
arbitrairement la granulométrie de la poudre initiale, nous pouvons tout de même observer
un certain nombre de tendance :
141
- La forme de la distribution en volume des granulés issus des calculs numériques
ressemble en représentation semi-logarithmique à une distribution expérimentale,
même si certaines classes peuvent être sous représentées.
- L’augmentation du diamètre moyen entre l’état initial et l’état final des particules est
de 1,8 fois pour les essais expérimentaux et de 2 fois pour la simulation, donc le rapport
est du même ordre.
- Au regard de l’écart type, la granulométrie finale numérique est moins étalée que la
granulométrie expérimentale (rapport écart type final/initial de 6,7 pour la
granulométrie expérimentale et 2,8 pour la granulométrie numérique), traduisant
peut-être une énergie de surface (1,7 J/m²) un peu trop faible.
142
Figure 53 : Comparaison des diamètres moyens expérimentaux et numériques au cours du
temps
143
3.6. Essais avec la cuve de 0,5 L
Les essais de granulation ont été poursuivis avec une série d’expériences dans la petite cuve
d’une contenance maximale de 0,5 L. Cette cuve interchangeable sur le granulateur à fort taux
de cisaillement Glatt TMG 1/6 est également décrite dans la section 2.1 de ce chapitre.
Les expériences faites avec cette cuve ont repris la même formule utilisée précédemment
mais adaptée niveau masse/taux de remplissage aux dimensions de la petite cuve avec
utilisation de la turbine et de l’émotteur. Les différentes propriétés expérimentales avant et
post-granulation sont résumées dans le tableau 19.
Unités
Masse excipient [g] 62,5
Débit liant [ml/min] 0,8
Taux de remplissage [%] 25
Turbine 600
Vitesse [tr/min]
Émotteur 600
Durée de granulation 10
[min]
Durée de maturation 5
Température initiale 20,8
[°C]
Température finale 25,6
Taux d’humidité après séchage [%] 3,02
Ces expériences ont été menées en suivant les mêmes étapes du protocole expérimental
établi précédemment avec un taux de remplissage de 25% équivalent à 62,5 g de poudre de
MCC et de 8 ml de liant pulvérisé sur les 10 premières minutes à un débit volumique de 0,8
ml/min.
La série des 3 essais expérimentaux a été alors moyennée et les résultats sont décrits par la
suite.
144
La moyenne des profils de granulation par suivi de couples/vitesses agitateur/émotteur est
illustrée sur les graphiques de la figure 54, où on peut voir une certaine stabilité des couples
suite à l’arrêt de pulvérisation du liant entre 9 et 10 min. Le palier de stabilité de 10 à 15 min
représente l’étape de maturation.
145
À la fin des granulations, un séchage à l’air libre a eu lieu. Le taux d’humidité d’un échantillon
de ces granulés a été mesuré avec l’analyseur d’humidité (Sartorius MA37) à 120°C en
dessiccation standard. Il a été estimé à 3,02 % après 5 min d’analyse.
Les granulés obtenus ont été traités et caractérisés de la même manière que les granulés des
lots précédents avec la cuve de 4L par taille en diffraction laser. Les résultats ont été
représentés par classes de tailles pondérées par fractions de volume. Cette distribution
granulométrique est illustrée à la figure 55 et montre un résultat moyenné des tailles des
granulés obtenus par la série de granulations. Les granulés ont des tailles entre 160 et 2400
μm avec une distribution granulométrique monomodale, resserrée et pas très éloignée de la
gamme de tailles des distributions engendrées par la cuve de 4L (populations de tailles entre
89 et 3086 μm).
Ces résultats serviront comme modèle de comparaison pour les essais numériques qui
suivent.
146
3.6.2. Résultats numériques
Suite aux différentes expériences de granulation humide effectuées avec la cuve de 0,5 L, des
tests numériques avec la petite cuve simulée sous EDEM ont été faits à différents taux de
remplissage. Cette démarche numérique suit la même que celle menée avec la cuve de 4 L,
afin de voir dans un premier temps le comportement des granulés à l’intérieur de la cuve en
faisant augmenter le nombre de particules au fur et à mesure. Le but est de faire une
validation expérimentale des données numériques.
Le premier test numérique avec la cuve de 0,5 L a été fait avec une quantité de poudre simulée
à 20 g, équivalente à un taux de remplissage de 8 % comme montré sur la figure 56 où on voit
la disposition des particules aléatoirement dans la cuve avant (a) et au démarrage de la
granulation (b). Le nombre de particules générées a été estimée à 69.644 particules, d’une
distribution granulométrique entre 350 et 1098 μm avec un diamètre moyen de 722 μm, une
énergie de surface à 1,7 J/m² et une vitesse d’agitation de l’agitateur et l’émotteur à 600
tr/min. Les conditions numériques de départ sont résumées en tableau 20.
147
Tableau 20 : Conditions numériques de la simulation 20 g
Unités
Nombre de particules 69.644 /
Diamètre moyen initial 0,7 [mm]
Énergie de surface 1,7 [J/m²]
Pas de temps 30 %
Taille de la cellule de contact 2,5 Rmin /
Temps de simulation 4 minutes
Granulés formés 7850 /
La figure 57 représente les profils de vitesses simulées en début, milieu et fin de simulation,
où on voit bien l’effet de la granulation à fort taux de cisaillement avec l’accentuation des
vitesses des particules en contact avec les pales d’agitation. La vitesse de rotation des
particules augmente au milieu de la granulation et se stabilise vers la fin en atteignant un
régime stationnaire dû à la formation des granulés.
148
Ces profils de vitesses sont corrélés au nombre de coordination décrit précédemment comme
le nombre de particules en contact avec une particule donnée. Les figures 58 et 59 montrent
successivement des images de la cuve avec les particules colorées en nombre de coordination
au début, milieu et fin de granulation ainsi que le tracé du nombre de coordination au cours
du temps avec une valeur maximale de 11 contacts par particule. Le tracé du nombre de
coordination moyen montre une stabilité autour de 5 contacts moyen par particule.
149
3.6.2.2. Simulation avec 40 g (environ 100 000 particules)
150
Tableau 21 : Conditions numériques de la simulation 40 g
Unités
Nombre de particules 132.289 /
Diamètre moyen initial 0,66 [mm]
Énergie de surface 1,7 [J/m²]
Pas de temps 30 %
Taille de la cellule de contact 3 Rmin /
Temps de simulation 4 min
Granulés formés 10589 /
151
Figure 62 : Images des particules en nombre coordination - Simulation à 40 g
152
3.6.2.3. Simulation avec 62 g (environ 385 000 particules)
Le dernier essai numérique exploité dans ce chapitre a rassemblé les mêmes conditions
opératoires expérimentales, avec une quantité de poudre simulé estimée à 62 g pour un taux
de remplissage de 25 %. Le nombre de particules générées pour cette simulation est de
385.078 avec une distribution granulométrique initiale entre 258 et 822
μm et un diamètre moyen de 592 μm. Cette distribution se rapproche le plus de la distribution
granulométrique expérimentale avec un écart type de 95 μm. Le nombre de cellules de
contact maximal obtenu avec cette configuration a été estimé à 42.340.320 avec une taille de
cellule à 4 fois le rayon minimum (128 μm). Ce nombre a été considéré comme valeur limite
pour la capacité de calcul de notre station.
153
Tableau 22 : Conditions numériques de la simulation 60 g
Unités
Nombre de particules 385.078 /
Diamètre moyen initial 0,59 [mm]
Énergie de surface 1,7 [J/m²]
Pas de temps 30 %
Taille de la cellule de contact 4 Rmin /
Temps de simulation 7 min
Granulés formés 23.256 /
Nombre de cellule de contact 42.340.320 /
À la fin de cette granulation 23.256 granulés ont été formés. Les différents diamètres
équivalents ont été calculé par notre routine de post-traitement et les distributions
granulométriques sont tracés et comparés aux résultats expérimentaux dans la section
suivante.
154
Figure 65 : Comparaison des distributions granulométriques expérimentales et numériques
On peut tirer le même genre de conclusions que pour l’étude de la cuve de 4L. La forme des
distributions granulométriques simulées ressemble à celles expérimentales. En terme
d’augmentation du diamètre moyen, il a augmenté de 2,6 fois expérimentalement et 1,6 fois
en numérique. En terme d’écart type traduisant l’étalement de la distribution, il a augmenté
de 5 fois expérimentalement et de 4,4 fois numériquement, traduisant un étalement de
distribution assez similaire. Les ratios sont toujours plus faibles en numérique, on peut de
nouveau en conclure que l’énergie de surface a peut-être été sous-estimée.
En ce qui concerne la différence de classes, un indice de dispersion a été calculé avec la
différence des fractions volumiques de chaque distribution et cet indice a été estimé à 2,43.
On peut alors dire que les distributions se suivent à un écart près dû à la limitation des
distributions granulométriques de départ par limite de capacité de la station de calcul à
générer les cellules de contacts.
155
4. Conclusion
Pour conclure, dans ce chapitre nous avons abordé la modélisation et la simulation du procédé
de granulation humide à fort taux de cisaillement, avec dans un premier temps une étude
expérimentale avec deux cuves de granulation à 4 et ensuite 0,5 L. Les essais expérimentaux
ont servi à obtenir des données de distributions granulométriques des différents granulés
obtenus, mais également des cinétiques de croissance en vue de les comparer aux résultats
numériques par la suite.
En parallèle de cet outil, nous avons effectué un certain nombre de simulations pour tester
progressivement la robustesse du modèle face au nombre de particules et à leur taille. Si la
gestion du nombre de particules n’a pas engendré de problèmes majeurs, il n’a en revanche
pas été possible d’approcher la taille expérimentale de la poudre utilisée, ce qui constitue la
limite de la machine de calcul.
Enfin, dans une dernière partie, nous avons comparé la croissance des granulés à la fois d’un
point de vue expérimentale et d’un point de vue numérique à deux échelles de procédé (0,5L
et 4L). On a pu observer une répartition granulométrique numérique des granulés tout à fait
réaliste de forme gaussienne en semi logarithmique, mais il est nécessaire d’avoir
156
suffisamment de particules pour être statistiquement représentatifs. Par ailleurs, les ratios de
croissance entre la poudre finale et les granulés finis sont d’ordre comparables aux deux
échelles, tout comme l’étalement de la distribution granulométrique. Il a également été
possible pour certaines expérimentations de suivre les cinétiques de croissance des granulés
au cours du procédé et de les comparer à notre modèle. Nous avons conclu à des tendances
similaires entre l’expérience et la modélisation, permettant ainsi d’obtenir des informations
au cours du temps complémentaire à celles obtenues par mesure du couple sur l’arbre
d’agitation.
157
158
Chapitre IV : Étude des effets des paramètres
opératoires – approche de changement d’échelle
159
1. Introduction
Des essais numériques ainsi qu’expérimentaux ont été réalisés afin de traiter l’effet de la
vitesse d’agitation du rotor à trois pales d’agitation, l’effet de l’utilisation ou non de l’émotteur
et la méthode d’ajout du liant corrélée à l’énergie de surface.
Dans un deuxième temps et dans le but de faire une validation du changement d’échelle, une
approche de mise à l’échelle a été développée, basée sur le calcul des nombres
adimensionnels qui influencent cet aspect. Les propriétés géométriques, cinétiques et
dynamiques ont été mises en examen.
L’étude de ce chapitre a utilisé le même matériel mis en œuvre lors de l’étude de granulation,
à savoir un granulateur de laboratoire à fort taux de cisaillement (Glatt TMG 1/6). Ce dispositif
expérimental comme décrit précédemment est doté de deux cuves interchangeables de 0,5
et de 4L. Ce granulateur a été modélisé numériquement pour les simulations sur EDEM par la
méthode des éléments discrets comme détaillé en chapitre III section 2.1.
2. Étude paramétrique
160
Numériquement, les mêmes tests ont été réalisé avec les mêmes conditions numériques
utilisées en simulation dans la cuve de 0,5 L à 62 g détaillée en section 3.3.2.3 du chapitre III.
Seule la vitesse d’agitation de la turbine changeait d’une simulation à une autre entre de 300,
600 puis 900 tr/min. Les granulés obtenus ont également été caractérisé selon leurs tailles par
la routine de suivi de la taille des particules et les résultats obtenus ont été tracés et comparés
aux résultats expérimentaux pour chaque cas de vitesse.
Les résultats reprennent la même conclusion émise en chapitre III en ce qui concerne l’indice
de dispersion entre les résultats expérimentaux et numériques, dû à la distribution
161
granulométrique numérique de départ qui est limitée par la génération des cellules de
contacts engendrant l’augmentation du temps de calcul. Mais hormis ce point, nous
remarquons des tendances assez similaires entre l’expérience et la simulation pour chaque
vitesse d’agitation (cf. Tableau 24)
Nous pouvons donc conclure que le cisaillement, directement reliée à la rotation de la pale
d’agitation a un effet notoire sur la répartition granulométrique finale. Il apporte l’énergie au
système et agit sur les fréquences de collisions entre particules, puis entre les grains
permettant les phases de croissance et d’attrition.
162
Il est à noter que dans la littérature, ce paramètre fait débat au niveau expérimental. Les
travaux de Saleh et al., ont montré qu’une augmentation de la vitesse de l’agitateur engendre
une augmentation du diamètre moyen des grains (Saleh et al., 2005), alors que l‘étude de
Ramaker et al., (Ramaker et al., 1998) irait dans notre direction (cf. figure 67).
Pour aller plus loin, il conviendrait d’étudier l’influence du cisaillement au cours du temps,
pour comprendre plus précisément l’influence de ce paramètre à la fois sur les mécanismes
de nucléation puis croissance/attrition.
Dans cette étude, l’effet de l’utilisation de l’émotteur a été traité. Pour rappel, le granulateur
utilisé est doté d’un émotteur tournant à une vitesse entre 300 et 3000 tr/min. Son utilité
principale c’est de casser les gros agglomérats qui se forment au cours du temps. Pour voir
cela plus en détails, des simulations ont été menée dans la cuve de 0,5 L à une vitesse
d’agitation de la turbine constante à 600 tr/min, ainsi, deux cas d’études ont été pris, avec ou
sans émotteur tournant à une vitesse de 600 tr/min. Les profils de vitesses des particules sont
tracés en figure 68 pour un certain pas de temps. Ceci montre dans un premier temps
l’importance de la présence de l’émotteur, vu que les particules qui granulent sans émotteur
tournent à une vitesse moyenne aux alentours de 1,28 m/s tandis que celle qui granulent avec
émotteur ont un profil de vitesse plus rapide avec une moyenne à 10,14 m/s. Ce phénomène
163
est relié à l’énergie de surface appliquée entre les particules où de gros agglomérats se
forment et alourdissent le mouvement des petits granulés formés dans la cuve. Les images sur
la figure 69 montrent l’état des granulés dans la cuve avec et sans émotteur où l’impression
qu’un seul agglomérat est formé dans la cuve sans émotteur, tandis que pour l’autre, les
particules passent au contact de l’émotteur pour rupture.
Figure 68 : Vitesse moyenne des particules dans la cuve avec et sans émotteur
164
Figure 69 : État des particules dans la cuve avec et sans émotteur
165
2.3. Effet de la méthode d’ajout du liant
La méthode d’ajout du liant représente une propriété très importante dans le procédé de
granulation humide pour une production optimale de granulés aux propriétés voulues. Ce
paramètre opératoire a été également étudié par simulations dans ce chapitre pour faire une
évaluation numérique de son effet à l’intérieur de la cuve ainsi que sur la taille des granulés
obtenus.
Deux méthodes d’ajout ont été testées dans la cuve de 4L avec une vitesse d’agitation du rotor
et de l’émotteur à 600 tr/min pour 100.000 particules simulées dans les deux cas. Le diamètre
moyen de départ ainsi que l’écart type sont respectivement de 1269 μm et 203 μm.
La première méthode a été utilisée lors des essais du chapitre III et a consisté en l’ajout du
liant par pulvérisation comme montré sur la figure 71 sous forme de particules de poudre qui
font office de liquide de mouillage. Les particules de liant sont au nombre de 20.000 particules
et ont les mêmes propriétés de taille que celles de la poudre. Ces 20.000 particules sont
comprises dans les 100.000 particules au total. L’énergie de surface dans ce cas est donc
appliquée aux particules liantes.
Les premiers résultats ont caractérisé les nombres de coordination en fonction du temps par
méthode tracés en figure 73.
Pour la méthode d’ajout par pulvérisation, le nombre de coordination moyen est aux
alentours de 4. Ce qui veut dire que chaque particule est en contact en moyenne avec plus au
moins 4 particules au cours de la granulation. En ce qui concerne la méthode d’ajout avec la
poudre, son tracé de nombre de coordination montre une moyenne entre 2 à 3 contacts par
particules.
166
Le fait d’appliquer l’énergie de surface directement entre les particules dans la cuve fait
augmenter certes l’effet de cohésion entre les particules, mais par effet de rupture avec
l’utilisation de l’émotteur le nombre de coordination ne fluctue par énormément. En ce qui
concerne la méthode d’ajout par pulvérisation, le nombre de coordination est légèrement plus
élevé d’un contact par particule vu que la formation des granulés se fait lors d’un contact
direct d’une particule de liant avec plus au moins 4 particules de poudre.
167
Figure 73 : Nombre de coordination par méthode
Les résultats des distributions granulométriques pour les deux méthodes sont tracés en figure
74. On note donc une distribution plus resserrée et monomodale pour la méthode d’ajout par
pulvérisation avec une répartition granulométrique d’un diamètre moyen de 2654 μm et un
écart type de 565. Quant à la méthode d’ajout avec la poudre, elle est marquée par une
répartition granulométrique bimodale avec un diamètre moyen global de 2702 μm et un écart
type à 733 μm. Ces résultats mènent à conclure que les deux méthodes donnent des
distributions à des diamètres moyens assez proches en nombres mais pas en forme.
Cet essai a également été marqué par le temps de calcul pour chaque méthode. Ceci a
légèrement été plus important pour la méthode d’ajout avec la poudre, vu que le temps de
contact entre les particules est plus élevé, ce qui engendre une formation de cellule de
contacts plus importante.
168
Figure 74 : Distributions granulométriques numériques des granulés en fin de granulation par
deux méthodes d’ajout du liant
169
3. Étude du changement d’échelle
L’objectif de cette partie est d’étudier les possibilités du modèle en vue de l’utiliser comme
un outil d’aide à des problématiques de changement d’échelle. Les deux volumes de cuves de
granulateur à fort taux de cisaillement de 0,5 L et de 4 L ont été exploitées.
Les diamètres ainsi que les hauteurs des deux cuves sont resumés dans le tableau 25.
Les similitudes géométriques : celles-ci sont souvent connues et imposées par le fabricant
avec une précision sur le diamètre et la hauteur de la cuve ainsi que les dimensions de la
turbine et de l’émotteur ;
Les similitudes dynamiques permettant d’avoir des rapports de forces constants à différentes
échelles ;
Les similitudes thermiques et chimiques : ceci n’est pas exploité dans ce cas, vu qu’aucune
réaction chimique ou transfert thermique ne soit pris en compte.
170
Cela mène donc aux calculs des nombres adimensionnels qui sont le nombre de Newton (Np),
le nombre de Froude (Fr), le nombre de Reynolds (Re) ainsi que la vitesse en bout de pale, où
pour des systèmes similaires comme annoncé dans les conditions, ces nombres doivent avoir
les mêmes valeurs numériques.
- Nombre de Newton :
ܰ ൌ ………………. (48)
ሺఘൈయ ൈௗఱ ሻ
- Nombre de Froude :
మ ൈௗ
ܨ ൌ ………………. (49)
- Nombre de Reynolds :
ௗమ ൈൈఘ
ܴ ൌ ………………. (50)
ఎ
మ ௗ
ൌ ቂ భ ቃ ………………. (52)
భ ௗమ
171
3.2. Étude du changement d’échelle
Dans cette étude, nous avons choisi comme critère d’extrapolation la vitesse en bout de pale.
Ca se rapproche des conditions préconisées par Tao et al., tout en gardant un rapport de
similitude purement physique (Tao et al., 2015).
Le tableau 26 résume les valeurs des nombres sans dimensions (uniquement la partie nda, a=
2, 1 et 0,5 correspondant à maintenir constant respectivement le nombre de Reynols, la
vitesse en bout de pale et le nombre de Froude) aux deux échelles de travail.
On a donc chercher à comparer la taille finale des granulés et leur écart type pour une
production de lots à une échelle laboratoire (0,5L avec une vitesse d’agitation de 900
tour/min) et pilote (4L avec une vitesse d’agitation de 600 tour/min). Dans les 2 cas, la vitesse
de l’émotteur a été maintenue à 600 tour/min.
Nous pouvons donc tracer la répartition granulométrique des agglomérats finaux, à la fois
d’un point de vue expérimentale et numérique (cf. figure 75).
172
Figure 75 : Répartition granulométrique expérimentale et numérique pour la cuve de 0,5 L
(900 tour/min) et pour la cuve de 4L (600 tour/min)
On peut déduire de ce tableau que quelque soit le volume de la cuve, la taille moyenne du
granulé est d’environ deux fois la taille de la particule initiale (entre 1,4 et 2,1) et ce à la fois
expérimentalement et numériquement.
173
Au niveau de l’étalement de la distribution, l’écart type lié au changement d’échelle n’est pas
identique, mais l’ordre de grandeur reste respecté. Il conviendrait désormais d’ajuster sur la
même méthologie de similitude afin d’affiner les résultats.
Ainsi le modèle développé semble pertinent pour prédire la taille finale des granulés à 0,5L et
4L. Il peut donc être utilisé comme un outil pour sécuriser le changement d’échelles. Il
conviendrait par la suite de consolider les résultats en s’intéressant à d’autres critères
d’extrapolation (géométrique, dynamique, …).
4. Conclusion
Dans ce dernier chapitre, deux études autour de la granulation humide ont été exposées. La
première partie a consisté en une étude paramétrique sur l’effet de trois différents
paramètres opératoires où dans un premier temps l’effet de la vitesse d’agitation de la turbine
a été traité dans la cuve de 4L. Dans cette étude, des essais expérimentaux et numériques de
granulation humide ont été menée à trois vitesses d’agitation de la turbine à savoir 300, 600
et 900 tr/min. Les résultats ont caractérisé les granulés obtenus par répartitions
granulométriques, où les données expérimentaux et numériques ont vu une bonne
concordance malgré la présence d’un indice de dispersion dû à un écart entre les tailles des
particules de départ.
Par la suite, une étude de l’effet de l’émotteur a été exposé par deux simulations avec et sans
émotteur dans la cuve de 0,5L. Les résultats de distributions granulométriques de cette étude
ont montré numériquement le rôle de l’émotteur dans l’obtention de granulés de taille
moyenne plutôt petite. Ceci étant déjà bien démontré expérimentalement, le but était de voir
l’effet de la rupture présente dans le modèle JKR numériquement.
Enfin, l’effet de la méthode d’introduction du liant a été exploité numériquement avec des
simulations dans la cuve de 4L. Deux méthodes d’ajout ont été essayées. La première par ajout
direct du liant sous forme de particules directement avec la poudre de MCC, la fonction de
174
liant est donc appliquée directement entre les particules par énergie de surface entre les
particules. La deuxième méthode a consisté en l’ajout des particules de liant par pulvérisation
au cours du temps sur le lit de poudre où l’énergie de surface est appliquée à ce niveau. Les
résultats de distributions granulométriques des granulés ont montré de meilleurs tendances
avec la méthode d’ajout par pulvérisation.
Dans la deuxième partie, une étude sur le changement d’échelle a été menée par l’exploitation
de la vitesse en bout de pale de deux volumes de cuves de granulateur à fort taux de
cisaillement à 0,5L et 4L.
Nous avons calculé différents nombres adimensionnels caractéristiques et nous avons choisi
de maintenir constant celui caractéristique de la vitesse d’agitation en bout de pales.
Par la suite les calculs d’extrapolation ont menée à une comparaison des tailles finales des
granulés pour des productions de lots de granulés à l’échelle laboratoire 0,5 L à 900 tr/min et
pilote 4L à 600 tr/min. Vu les résultats obtenus, nous avons pu conclure que l’extrapolation a
permis de conduire à des granulés de propriétés d’usage similaires en terme de répartition
granulométrique. Ainsi, le modèle développé peut également être utilisé à différentes
échelles.
175
176
Conclusion générale
177
1. Bilan des travaux
Ce travail de thèse a porté sur l’étude du procédé de granulation humide d’un point de vue
expérimental et numérique. Le but était de développer des méthodes de calculs prédictives
qui viennent appuyer les conclusions tirées des récentes études expérimentales, mais aussi
d’essayer de mieux appréhender tous les phénomènes complexes autour du procédé de
granulation humide qui rendent difficiles la compréhension expérimentale et le changement
d’échelle.
Lors d’une granulation humide, les attributs obtenus doivent être quantifiés et qualifiés dans
un besoin industriel précis. Donc l’amélioration des propriétés physiques, mécaniques et
d’écoulement des granulés est nécessaire. Expérimentalement, le suivi du couple de l’arbre
d’agitation donne des informations temporelles, mais elles restent limitées par rapport à la
qualité finale des granulés. De ce fait, un suivi temporel de la cinétique de croissance des
granulés s’avère nécessaire.
Les méthodologies prédictives adoptés pour ce travail ont donc consisté en le développement
d’un modèle multi-physique/échelle par la méthode des éléments discrets (DEM) pour
modéliser et simuler le procédé dans un premier temps, et par la suite mettre en avant un
outil numérique pour la prédiction de la croissance des particules de poudres testées. Pour
réaliser ce modèle, le travail a été divisé en plusieurs parties.
Dans le premier chapitre de cette thèse, une synthèse bibliographique a été divisée en deux
parties. La première a permis de mettre en évidence les aspects expérimentaux de la
granulation en général et de la granulation humide à fort taux de cisaillement plus en détails.
Un rappel sur les travaux récents sur ce sujet a été exposé. De cette partie, nous avons conclu
et souligné la complexité du procédé de granulation humide reliée à ses différents
mécanismes. Cette complexité s’articule également autour des effets des paramètres
opératoires qui entrent en jeu. La nécessité de s’intéresser à une approche numérique pour
compléter l’approche expérimentale a été abordée.
Dans la seconde partie bibliographique, la granulation humide a été synthétisée d’un point de
vu numérique. Les différentes notions et méthodes en introduction à la simulation et la
modélisation de ce procédé ont été décrites. Nous avons retenu que quatre méthodes
numériques permettent de modéliser ce procédé, à savoir : l’analyse dimensionnelle, la
178
modélisation par bilans de population, la modélisation par éléments discrets et enfin les
modèles hybrides qui consistent à coupler deux ou plusieurs méthodes à la fois. Les
conclusions nous ont mené à dire que malgré la facilité de mise en œuvre de l’analyse
dimensionnelle ainsi que la pertinence de la modélisation par bilans de population, leurs
applications nous semblaient limitantes pour ce procédé où la dynamique des particules joue
un rôle essentiel. La modélisation par éléments discrets a retenu notre attention car elle
permet de tenir compte de la trajectoire des particules et d’ajouter des phénomènes
complexes au niveau de chaque contact entre particules. Nous avons donc décrit le principe
de la méthode, ainsi que le modèle de cohésion que nous avons retenu pour cette étude
(modèle JKR). Enfin, nous nous intéresserons aux travaux récents de modélisation en DEM en
granulation humide.
Les résultats de cette étude de calibration ont été validés par la suite avec succès au moyen
d’essais de volumétrie et de mélange de particules dans un tambour tournant. Cette validation
nous a permis de conclure que nous ne pouvions pas nous affranchir d’essais expérimentaux
pour la calibration, mais un seul test expérimental simple à mettre en œuvre conduit au
développement d’un modèle prédictif fiable.
Ainsi, nous avons pu développer ce modèle pour modéliser un procédé plus complexe dans le
3ème chapitre. En effet, le procédé de granulation humide à fort taux de cisaillement engendre
des problématiques de mélange, mais également de cohésion.
179
résultats des distributions granulométriques obtenus ont servi de base pour une comparaison
avec les résultats numériques.
L’étude numérique a consisté d’abord à mettre en place la méthode prédictive qui tient
compte et de la mécanique et de la dynamique du procédé au moyen de simulations
numériques résolues par le biais d’un logiciel commercial EDEM. L’exploitation des données
dans ce logiciel n’a pas permis d’accéder aux résultats de granulométries finales, ce qui a
nécessité le développement d’un outil de post-traitement dans un logiciel tierce. Ce code nous
a donc permis de faire un suivi temporel de la formation des granulés. Les tests numériques
ont été fait avec une progression au niveau du nombre de particules afin de nous assurer de
la robustesse de l’outil. Les résultats obtenus à l’issu de cette étude ont montré une
comparaison expérimentale et numérique des distributions granulométriques des granulés.
Cette comparaison n’a pas vu une conformité totale pour cause de génération de particules
numériques de départ. Néanmoins les essais menés sur les deux échelles à 0,5 L et 4 L ont
engendré des distributions granulométriques réaliste et avec des ratios de tailles des granulés
comparables aux deux échelles avant et après granulation.
Dans le dernier chapitre, une étude paramétrique a été menée sur les effets des paramètres
opératoires sur les tailles des granulés produits. Les paramètres testés sont :
180
énergie de surface ou par ajout direct du liant avec la poudre initiale dans la cuve. Les
résultats de cette étude ont permis de retenir la méthode d’ajout par pulvérisation vu
la meilleure distribution granulométrique obtenue.
181
2. Perspectives de l’étude
Quelques perspectives sont donc listées ci-dessous pour pouvoir lever les limites actuelles
du modèle :
- Le modèle JKR a été retenu dans un premier temps pour sa simplicité de mise en œuvre
comme modèle d’adhésion. Néanmoins, il n’est probablement sans doute pas
représentatif de tous les états d’agglomération au cours du processus (pendulaire,
funiculaire, capillaire et gouttelettes). Un travail sur le modèle de cohésion évolutif au
cours du temps reste à développer, il pourrait être complété par des mesures
expérimentales par AFM notamment.
- Le modèle DEM pourrait être complexifier en intégrant des particules non sphériques,
comme on peut le constater expérimentalement. Des géométries simples peuvent être
réalisées en associant plusieurs particules sphériques. Des géométries plus complexes
peuvent être importées à partir de morphologies expérimentales. La démarche restera
la même mais les points de contacts entre particules étant multiples, les temps
peuvent être considérablement augmentés.
- La limitation des simulations lié au temps de calcul (qui peut dépasser deux semaines
pour 100.000 particules). Ce problème nous a contraint à augmenter de façon fictive
la taille des particules. Par ailleurs, il n’a pas été possible de faire toutes les simulations
envisagées. Une solution envisageable consisterait à coupler la DEM aux bilans de
populations. La DEM permettrait d’alimenter les noyaux d’agglomération et de
dissociation des bilans, mais le couplage permettrait une résolution moins couteuse
en temps.
182
- Un couplage DEM-CFD pourrait être complémentaire pour une meilleure
représentation de l’état liquide du liant (force de trainée) en tenant compte des
transferts hydriques.
Ainsi, le modèle JKR simplifié pourrait être agrémenté en un modèle multiphasique pour tenir
compte des interactions entre la dynamique des particules solides (adhésion), l’état fluide du
liant et ses interactions avec les particules (transferts hydriques) et enfin le suivi d’une
cinétique thermique au cours de la granulation.
183
184
Références bibliographiques
185
Références :
Alizadeh, M., Asachi, M., Ghadiri, M., Bayly, A., Hassanpour, A., 2018. A methodology for calibration of
DEM input parameters in simulation of segregation of powder mixtures, a special focus on
adhesion. Powder Technology 339, 789–800. https://doi.org/10.1016/j.powtec.2018.08.028
Antonyuk, S., Khanal, M., Tomas, J., Heinrich, S., Mörl, L., 2006. Impact breakage of spherical granules:
Experimental study and DEM simulation. Chemical Engineering and Processing: Process
Intensification 45, 838–856. https://doi.org/10.1016/j.cep.2005.12.005
Badawy, S.I.F., Narang, A.S., LaMarche, K., Subramanian, G., Varia, S.A., 2012. Mechanistic basis for the
effects of process parameters on quality attributes in high shear wet granulation. International
Journal of Pharmaceutics 439, 324–333. https://doi.org/10.1016/j.ijpharm.2012.09.011
Barlow, C.G., 1968. The granulation of powders. Chemical Engineering Journal 196–201.
Barrasso, D., Eppinger, T., Pereira, F.E., Aglave, R., Debus, K., Bermingham, S.K., Ramachandran, R.,
2015. A multi-scale, mechanistic model of a wet granulation process using a novel bi-
directional PBM–DEM coupling algorithm. Chemical Engineering Science 123, 500–513.
https://doi.org/10.1016/j.ces.2014.11.011
Barrasso, D., Ramachandran, R., 2012. A comparison of model order reduction techniques for a four-
dimensional population balance model describing multi-component wet granulation
processes. Chemical Engineering Science 80, 380–392.
https://doi.org/10.1016/j.ces.2012.06.039
Bassam, F., York, P., Rowe, R.C., Roberts, R.J., 1990. Young’s modulus of powders used as
pharmaceutical excipients. International Journal of Pharmaceutics 64, 55–60.
https://doi.org/10.1016/0378-5173(90)90178-7
Baxter, J., Abou-Chakra, H., TüZün, U., Mills Lamptey, B., 2000. A DEM Simulation and Experimental
Strategy for Solving Fine Powder Flow Problems. Chemical Engineering Research and Design,
Chemical Reaction Engineering 78, 1019–1025. https://doi.org/10.1205/026387600528139
Bednarek, X., Martin, S., Ndiaye, A., Peres, V., Bonnefoy, O., 2017. Calibration of DEM parameters on
shear test experiments using Kriging method. EPJ Web Conf. 140, 15016.
https://doi.org/10.1051/epjconf/201714015016
Betz, G., Bürgin, P.J., Leuenberger, H., 2003. Power consumption profile analysis and tensile strength
measurements during moist agglomeration. International Journal of Pharmaceutics 252, 11–
25. https://doi.org/10.1016/S0378-5173(02)00601-4
Bock, T.K., Kraas, U., 2001. Experience with the Diosna mini-granulator and assessment of process
scalability. European Journal of Pharmaceutics and Biopharmaceutics 52, 297–303.
https://doi.org/10.1016/S0939-6411(01)00197-7
Bocquet, L., Charlaix, É., Restagno, F., 2002. Physics of humid granular media. Comptes Rendus
Physique 3, 207–215. https://doi.org/10.1016/S1631-0705(02)01312-9
Börner, M., Bück, A., Tsotsas, E., 2017. DEM-CFD investigation of particle residence time distribution
in top-spray fluidised bed granulation. Chemical Engineering Science 161, 187–197.
https://doi.org/10.1016/j.ces.2016.12.020
Börner, M., Michaelis, M., Siegmann, E., Radeke, C., Schmidt, U., 2016. Impact of impeller design on
high-shear wet granulation. Powder Technology 295, 261–271.
https://doi.org/10.1016/j.powtec.2016.03.023
Bouillon-Camara, A.-L., 2005. Extrapolation du procédé de granulation humide en mélangeur haute
vitesse.
Bouwman, A.M., Visser, M.R., Eissens, A.C., Wesselingh, J.A., Frijlink, H.W., 2004. The effect of vessel
material on granules produced in a high-shear mixer. European Journal of Pharmaceutical
Sciences 23, 169–179. https://doi.org/10.1016/j.ejps.2004.07.008
Cameron, I.T., Wang, F.Y., Immanuel, C.D., Stepanek, F., 2005. Process systems modelling and
applications in granulation: A review. Chemical Engineering Science, Granulation across the
186
length scales - 2nd International Workshop on Granulation 60, 3723–3750.
https://doi.org/10.1016/j.ces.2005.02.004
Chaturbedi, A., Bandi, C.K., Reddy, D., Pandey, P., Narang, A., Bindra, D., Tao, L., Zhao, J., Li, J., Hussain,
M., Ramachandran, R., 2017. Compartment based population balance model development of
a high shear wet granulation process via dry and wet binder addition. Chemical Engineering
Research and Design 123, 187–200. https://doi.org/10.1016/j.cherd.2017.04.017
Chitu, T.M., Oulahna, D., Hemati, M., 2011a. Wet granulation in laboratory scale high shear mixers:
Effect of binder properties. Powder Technology 206, 25–33.
https://doi.org/10.1016/j.powtec.2010.07.012
Chitu, T.M., Oulahna, D., Hemati, M., 2011b. Wet granulation in laboratory-scale high shear mixers:
Effect of chopper presence, design and impeller speed. Powder Technology 206, 34–43.
https://doi.org/10.1016/j.powtec.2010.07.016
Collet, R., Oulahna, D., De Ryck, A., Jezequel, P.H., Martin, M., 2010. Mixing of a wet granular medium:
Effect of the particle size, the liquid and the granular compacity on the intensity consumption.
Chemical Engineering Journal 164, 299–304. https://doi.org/10.1016/j.cej.2010.07.012
Crüger, B., Salikov, V., Heinrich, S., Antonyuk, S., Sutkar, V.S., Deen, N.G., Kuipers, J.A.M., 2016.
Coefficient of restitution for particles impacting on wet surfaces: An improved experimental
approach. Particuology 25, 1–9. https://doi.org/10.1016/j.partic.2015.04.002
Cundall, P.A., Strack, O.D.L., 1979. A discrete numerical model for granular assemblies. Géotechnique
1, 47–65. https://doi.org/10.1680/geot.1979.29.1.47
D’alonzo, G.D., O’connor, R.E., Schwartz, J.B., 1990. Effect of Binder Concentration and Method of
Addition on Granule Growth in a High Intensity Mixer. Drug Development and Industrial
Pharmacy 16, 1931–1944. https://doi.org/10.3109/03639049009028348
Denesuk, M., Smith, G.L., Zelinski, B.J.J., Kreidl, N.J., Uhlmann, D.R., 1993. Capillary penetration of
liquid droplets into porous materials. Journal of Colloid and Interface Science 158, 114–120.
Ennis, B.J., 1996. Agglomeration and size enlargement session summary paper. Powder Technology 88,
203–225. https://doi.org/10.1016/S0032-5910(96)03124-5
Ennis, B.J., Tardos, G., Pfeffer, R., 1991. A microlevel-based characterization of granulation
phenomena. Powder Technology 65, 257–272. https://doi.org/10.1016/0032-5910(91)80189-
P
Faure, A., York, P., Rowe, R.C., 2001. Process control and scale-up of pharmaceutical wet granulation
processes: a review. European Journal of Pharmaceutics and Biopharmaceutics 52, 269–277.
https://doi.org/10.1016/S0939-6411(01)00184-9
Flemmer, C.L., 1991. On the regime boundaries of moisture in granular materials. Powder Technology
66, 191–194. https://doi.org/10.1016/0032-5910(91)80100-W
Gabbott, I.P., Al Husban, F., Reynolds, G.K., 2016. The combined effect of wet granulation process
parameters and dried granule moisture content on tablet quality attributes. European Journal
of Pharmaceutics and Biopharmaceutics 106, 70–78.
https://doi.org/10.1016/j.ejpb.2016.03.022
Gantt, J.A., Cameron, I.T., Litster, J.D., Gatzke, E.P., 2006. Determination of coalescence kernels for
high-shear granulation using DEM simulations. Powder Technology 170, 53–63.
https://doi.org/10.1016/j.powtec.2006.08.002
Gantt, J.A., Gatzke, E.P., 2005. High-shear granulation modeling using a discrete element simulation
approach. Powder Technology, Particle Technology Forum Special Issue 156, 195–212.
https://doi.org/10.1016/j.powtec.2005.04.012
Hadzovic, E., 2008. Roller compaction of theophylline (Thesis). University_of_Basel.
https://doi.org/info:doi/10.5451/unibas-004641745
Hapgood, K.P., Litster, J.D., Biggs, S.R., Howes, T., 2002. Drop Penetration into Porous Powder Beds.
Journal of Colloid and Interface Science 253, 353–366. https://doi.org/10.1006/jcis.2002.8527
Hapgood, K.P., Litster, J.D., Smith, R., 2003. Nucleation regime map for liquid bound granules. AIChE J.
49, 350–361. https://doi.org/10.1002/aic.690490207
187
Hare, C., Zafar, U., Ghadiri, M., Freeman, T., Clayton, J., Murtagh, M.J., 2015. Analysis of the dynamics
of the FT4 powder rheometer. Powder Technology, Pharmaceutical Particle Technology 285,
123–127. https://doi.org/10.1016/j.powtec.2015.04.039
Hassanpour, A., Kwan, C.C., Ng, B.H., Rahmanian, N., Ding, Y.L., Antony, S.J., Jia, X.D., Ghadiri, M., 2009.
Effect of granulation scale-up on the strength of granules. Powder Technology, Special Issue:
3rd International Workshop on Granulation: Granulation across the Length Scales 189, 304–
312. https://doi.org/10.1016/j.powtec.2008.04.023
Hertz, H., 1882. Über die Berûhrung fester elastischer KÖrper. J. reine und angewandte Mathematik
156–171.
Hofmaier, L., n.d. High shear granulation [WWW Document]. Glatt - Integrated Process Solutions. URL
https://www.glatt.com/en/processes/granulation/high-shear-granulation/ (accessed 7.3.22).
Horisawa, E., Danjo, K., Sunada, H., 2000. Influence of Granulating Method on Physical and Mechanical
Properties, Compression Behavior, and Compactibility of Lactose and Microcrystalline
Cellulose Granules. Drug Development and Industrial Pharmacy 26, 583–593.
https://doi.org/10.1081/DDC-100101273
Immanuel, C.D., Doyle, F.J., 2005. Solution technique for a multi-dimensional population balance
model describing granulation processes. Powder Technology, Particle Technology Forum
Special Issue 156, 213–225. https://doi.org/10.1016/j.powtec.2005.04.013
Iveson, S.M., 2002. Limitations of one-dimensional population balance models of wet granulation
processes. Powder Technology, Control of Particulate Processess IV 124, 219–229.
https://doi.org/10.1016/S0032-5910(02)00026-8
Iveson, S.M., Beathe, J.A., Page, N.W., 2002. The dynamic strength of partially saturated powder
compacts: the effect of liquid properties. Powder Technology 127, 149–161.
https://doi.org/10.1016/S0032-5910(02)00118-3
Iveson, S.M., Litster, J.D., 1998. Growth regime map for liquid-bound granules. AIChE Journal 44, 1510–
1518. https://doi.org/10.1002/aic.690440705
Iveson, S.M., Litster, J.D., Hapgood, K., Ennis, B.J., 2001. Nucleation, growth and breakage phenomena
in agitated wet granulation processes: a review. Powder Technology 117, 3–39.
https://doi.org/10.1016/S0032-5910(01)00313-8
Jager, P.D., Bramante, T., Luner, P.E., 2015. Assessment of Pharmaceutical Powder Flowability using
Shear Cell-Based Methods and Application of Jenike’s Methodology. Journal of Pharmaceutical
Sciences 104, 3804–3813. https://doi.org/10.1002/jps.24600
Johnson, K. L., Johnson, Kenneth Langstreth, 1987. Contact Mechanics. Cambridge University Press.
Kayrak-Talay, D., Litster, J.D., 2011. A priori performance prediction in pharmaceutical wet granulation:
Testing the applicability of the nucleation regime map to a formulation with a broad size
distribution and dry binder addition. International Journal of Pharmaceutics, A priori
Performance Predictions 418, 254–264. https://doi.org/10.1016/j.ijpharm.2011.04.019
Kendall, K., 1971. The adhesion and surface energy of elastic solids. Journal of Physics D: Applied
Physics 4, 1186–1195. https://doi.org/10.1088/0022-3727/4/8/320
Ketterhagen, W.R., am Ende, M.T., Hancock, B.C., 2009. Process Modeling in the Pharmaceutical
Industry using the Discrete Element Method. Journal of Pharmaceutical Sciences 98, 442–470.
https://doi.org/10.1002/jps.21466
Kristensen, H.G., 1988. Agglomeration of powders. Acta Pharmaceutica Suecica 187–204.
Kristensen, H.G., Schaefer, T., 1987. Granulation: A Review on Pharmaceutical Wet-Granulation. Drug
Development and Industrial Pharmacy 13, 803–872.
https://doi.org/10.3109/03639048709105217
Le Hir, A., 2001. Pharmacie Galénique: Bonnes pratiques de fabrication des médicaments.
Pharmacology: Good Practices of Manufacturing of Medicines, Eighth ed. Masson. ed. Paris.
Lebaz, N., 2015. Modélisation de l’hydrolyse enzymatique de substrats lignocellulosiques par bilan de
population (These de doctorat). Toulouse, INSA.
Li, J., Tao, L., Buckley, D., Tao, J., Gao, J., Hubert, M., 2013. The Effect of the Physical State of Binders
on High-Shear Wet Granulation and Granule Properties: A Mechanistic Approach to
188
Understand the High-Shear Wet Granulation Process. Part IV. The Impact of Rheological State
and Tip-speeds. Journal of Pharmaceutical Sciences 102, 4384–4394.
https://doi.org/10.1002/jps.23750
Li, X., Dong, M., Li, S., Shang, Y., 2019. Experimental and theoretical studies of the relationship between
dry and humid normal restitution coefficients. Journal of Aerosol Science 129, 16–27.
https://doi.org/10.1016/j.jaerosci.2018.12.006
Litster, J.D., Hapgood, K.P., Michaels, J.N., Sims, A., Roberts, M., Kameneni, S.K., 2002. Scale-up of
mixer granulators for effective liquid distribution. Powder Technology, Control of Particulate
Processess IV 124, 272–280. https://doi.org/10.1016/S0032-5910(02)00023-2
Litster, J.D., Hapgood, K.P., Michaels, J.N., Sims, A., Roberts, M., Kameneni, S.K., Hsu, T., 2001. Liquid
distribution in wet granulation: dimensionless spray flux. Powder Technology 114, 32–39.
https://doi.org/10.1016/S0032-5910(00)00259-X
Liu, P.Y., Yang, R.Y., Yu, A.B., 2013. DEM study of the transverse mixing of wet particles in rotating
drums. Chemical Engineering Science 86, 99–107. https://doi.org/10.1016/j.ces.2012.06.015
Luding, S., 1998. Collisions & Contacts between Two Particles, in: Herrmann, H.J., Hovi, J.-P., Luding, S.
(Eds.), Physics of Dry Granular Media, NATO ASI Series. Springer Netherlands, Dordrecht, pp.
285–304. https://doi.org/10.1007/978-94-017-2653-5_20
Mangwandi, C., Adams, M.J., Hounslow, M.J., Salman, A.D., 2011. Effect of batch size on mechanical
properties of granules in high shear granulation. Powder Technology 206, 44–52.
https://doi.org/10.1016/j.powtec.2010.05.025
Mangwandi, C., Adams, M.J., Hounslow, M.J., Salman, A.D., 2010. Effect of impeller speed on
mechanical and dissolution properties of high-shear granules. Chemical Engineering Journal
164, 305–315. https://doi.org/10.1016/j.cej.2010.05.039
McMillan, W.G., Teller, E., 1951. The Assumptions of the B.E.T. Theory. J. Phys. Chem. 55, 17–20.
https://doi.org/10.1021/j150484a003
Mesnier, A., 2019. Étude expérimentale et simulation de la ségrégation mécanique et thermique de
billes millimétriques dans un séchoir de type tambour tournant.
Mesnier, A., Rouabah, M., Cogné, C., Peczalski, R., Vessot-Crastes, S., Vacus, P., Andrieu, J., 2019.
Contact heating of bi-dispersed milli-beads in a rotary drum. Mechanical segregation impact
on temperature distribution and on heating kinetic analyzed by DEM simulation. Powder
Technology 354, 240–246. https://doi.org/10.1016/j.powtec.2019.05.059
Mindlin, R.D., 1949. A Mathematical Theory of Photo-Viscoelasticity. Journal of Applied Physics 20,
206–216. https://doi.org/10.1063/1.1698334
Mindlin, R.D., Deresiewicz, H., 1953. TIMOSHENKO’S SHEAR COEFFICIENT FOR FLEXURAL VIBRATIONS
OF BEAMS (No. TR-10). COLUMBIA UNIV NEW YORK.
Mirza, Z., Liu, J., Glocheux, Y., Albadarin, A.B., Walker, G.M., Mangwandi, C., 2015. Effect of impeller
design on homogeneity, size and strength of pharmaceutical granules produced by high-shear
wet granulation. Particuology 23, 31–39. https://doi.org/10.1016/j.partic.2014.12.009
Morkhade, D.M., 2017. Comparative impact of different binder addition methods, binders and diluents
on resulting granule and tablet attributes via high shear wet granulation. Powder Technology
320, 114–124. https://doi.org/10.1016/j.powtec.2017.07.038
Muguruma, Y., Tanaka, T., Tsuji, Y., 2000. Numerical simulation of particulate flow with liquid bridge
between particles žsimulation of centrifugal tumbling granulator/ 9.
Nakamura, H., Fujii, H., Watano, S., 2013. Scale-up of high shear mixer-granulator based on discrete
element analysis. Powder Technology 236, 149–156.
https://doi.org/10.1016/j.powtec.2012.03.009
Nan, W., Wang, Y., Wang, J., 2016. Numerical analysis on the fluidization dynamics of rodlike particles.
Advanced Powder Technology 27, 2265–2276. https://doi.org/10.1016/j.apt.2016.08.015
Narang, A.S., Badawy, S.I.F., 2018. Handbook of Pharmaceutical Wet Granulation: Theory and Practice
in a Quality by Design Paradigm. Academic Press.
189
Nasato, D.S., Goniva, C., Pirker, S., Kloss, C., 2015. Coarse Graining for Large-scale DEM Simulations of
Particle Flow – An Investigation on Contact and Cohesion Models. Procedia Engineering 102,
1484–1490. https://doi.org/10.1016/j.proeng.2015.01.282
Newitt, D.M., Conway-Jones, J.M., 1958. A contribution to the theory and practice of granulation. The
Institution of Chemical Engineers 36, 422–442.
Nguyen, D., Rasmuson, A., Thalberg, K., Niklasson Bjo¨rn, I., 2014. Numerical modelling of breakage
and adhesion of loose fine-particle agglomerates. Chemical Engineering Science 116, 91–98.
https://doi.org/10.1016/j.ces.2014.04.034
Nguyen, T., Shen, W., Hapgood, K., 2009. Drop penetration time in heterogeneous powder beds.
Chemical Engineering Science 64, 5210–5221. https://doi.org/10.1016/j.ces.2009.08.038
Osborne, J.D., Sochon, R.P.J., Cartwright, J.J., Doughty, D.G., Hounslow, M.J., Salman, A.D., 2011.
Binder addition methods and binder distribution in high shear and fluidised bed granulation.
Chemical Engineering Research and Design, Special Issue on Agglomeration 89, 553–559.
https://doi.org/10.1016/j.cherd.2010.08.006
Oulahna, D., Cordier, F., Galet, L., Dodds, J.A., 2003. Wet granulation: the effect of shear on granule
properties. Powder Technology 130, 238–246. https://doi.org/10.1016/S0032-
5910(02)00272-3
Parikh, D.M., 2016. Handbook of Pharmaceutical Granulation Technology. CRC Press.
Parikh, D.M., 1997. Handbook of Pharmaceutical Granulation Technology. CRC Press.
Perkins, M., Ebbens, S.J., Hayes, S., Roberts, C.J., Madden, C.E., Luk, S.Y., Patel, N., 2007. Elastic
modulus measurements from individual lactose particles using atomic force microscopy.
International Journal of Pharmaceutics 332, 168–175.
https://doi.org/10.1016/j.ijpharm.2006.09.032
Ph. Eur, 2017. Pharmacopée Européenne, 9ème édition.
Poon, J.M.-H., Immanuel, C.D., Doyle, I., Francis J., Litster, J.D., 2008. A three-dimensional population
balance model of granulation with a mechanistic representation of the nucleation and
aggregation phenomena. Chemical Engineering Science, Control of Particulate Processes 63,
1315–1329. https://doi.org/10.1016/j.ces.2007.07.048
Poon, J.M.-H., Ramachandran, R., Sanders, C.F.W., Glaser, T., Immanuel, C.D., Doyle III, F.J., Litster, J.D.,
Stepanek, F., Wang, F.-Y., Cameron, I.T., 2009. Experimental validation studies on a multi-
dimensional and multi-scale population balance model of batch granulation. Chemical
Engineering Science, 3rd International Conference on Population Balance Modelling 64, 775–
786. https://doi.org/10.1016/j.ces.2008.08.037
Rahmanian, N., Naji, A., Ghadiri, M., 2011. Effects of process parameters on granules properties
produced in a high shear granulator. Chemical Engineering Research and Design 89, 512–518.
https://doi.org/10.1016/j.cherd.2010.10.021
Rajniak, P., Mancinelli, C., Chern, R., Stepanek, F., Farber, L., Hill, B., 2007. Experimental study of wet
granulation in fluidized bed: Impact of the binder properties on the granule morphology.
International Journal of Pharmaceutics 334, 92–102.
https://doi.org/10.1016/j.ijpharm.2006.10.040
Ramaker, J.S., Jelgersma, M.A., Vonk, P., Kossen, N.W.F., 1998. Scale-down of a high-shear pelletisation
process: Flow profile and growth kinetics. International Journal of Pharmaceutics 166, 89–97.
https://doi.org/10.1016/S0378-5173(98)00030-1
Ramkrishna, D., 2000. Population Balances: Theory and Applications to Particulate Systems in
Engineering. Elsevier.
Reinhold, A., Briesen, H., 2012. Numerical behavior of a multiscale aggregation model—coupling
population balances and discrete element models. Chemical Engineering Science 70, 165–175.
https://doi.org/10.1016/j.ces.2011.06.041
Remy, B., Khinast, J.G., Glasser, B.J., 2011. Polydisperse granular flows in a bladed mixer: Experiments
and simulations of cohesionless spheres. Chemical Engineering Science 66, 1811–1824.
https://doi.org/10.1016/j.ces.2010.12.022
190
Ritala, M., Holm, P., Schaefer, T., Kristensen, H.G., 1988. Influence of Liquid Bonding Strength on Power
Consumption During Granulation in a High Shear Mixer. Drug Development and Industrial
Pharmacy 14, 1041–1060. https://doi.org/10.3109/03639048809151919
Rondet, E., Denavaut, M., Mandato, S., Duri, A., Ruiz, T., Cuq, B., 2012. Power consumption profile
analysis during wet agglomeration process: Energy approach of wheat powder agglomeration.
Powder Technology 229, 214–221. https://doi.org/10.1016/j.powtec.2012.06.035
Saleh, K., Guigon, P., 2009a. Mise en œuvre des poudres Granulation humide : bases et théorie.
Techniques de l’ingénieur Opérations unitaires. Génie de la réaction chimique.
https://doi.org/10.51257/a-v1-j2253
Saleh, K., Guigon, P., 2009b. Mise en œuvre des poudres Techniques de granulation humide et liants.
Techniques de l’ingénieur Médicaments et produits pharmaceutiques.
https://doi.org/10.51257/a-v1-j2254
Saleh, K., Vialatte, L., Guigon, P., 2005. Wet granulation in a batch high shear mixer. Chemical
Engineering Science 60, 3763–3775. https://doi.org/10.1016/j.ces.2005.02.006
Salústio, P.J., Machado, M., Nunes, T., Silva, J.P.S. e, Costa, P.C., 2020. Lactose monohydrate flow
characterization using shear cell method. Pharmaceutical Development and Technology 25,
686–693. https://doi.org/10.1080/10837450.2020.1731531
Sarkar, S., Chaudhuri, B., 2018. DEM modeling of high shear wet granulation of a simple system. Asian
Journal of Pharmaceutical Sciences 13, 220–228. https://doi.org/10.1016/j.ajps.2018.01.001
Sato, Y., Nakamura, H., Watano, S., 2008. Numerical analysis of agitation torque and particle motion
in a high shear mixer. Powder Technology 186, 130–136.
https://doi.org/10.1016/j.powtec.2007.11.028
Scott, A.C., Hounslow, M.J., Instone, T., 2000. Direct evidence of heterogeneity during high-shear
granulation. Powder Technology 113, 205–213. https://doi.org/10.1016/S0032-
5910(00)00354-5
Shi, D., McCarthy, J.J., 2008. Numerical simulation of liquid transfer between particles. Powder
Technology 184, 64–75. https://doi.org/10.1016/j.powtec.2007.08.011
Simons, T.A.H., Weiler, R., Strege, S., Bensmann, S., Schilling, M., Kwade, A., 2015. A Ring Shear Tester
as Calibration Experiment for DEM Simulations in Agitated Mixers – A Sensitivity Study.
Procedia Engineering, New Paradigm of Particle Science and Technology Proceedings of The
7th World Congress on Particle Technology 102, 741–748.
https://doi.org/10.1016/j.proeng.2015.01.178
Sinnott, M., Cleary, P., 2003. 3D DEM simulations of a high shear mixer 6.
Spillmann, A., Sonnenfeld, A., Rudolf von Rohr, P., 2008. Effect of Surface Free Energy on the
Flowability of Lactose Powder Treated by PECVD. Plasma Processes and Polymers 5, 753–758.
https://doi.org/10.1002/ppap.200800069
Stevens, A.B., Hrenya, C.M., 2005. Comparison of soft-sphere models to measurements of collision
properties during normal impacts. Powder Technology 154, 99–109.
https://doi.org/10.1016/j.powtec.2005.04.033
Suresh, P., Sreedhar, I., Vaidhiswaran, R., Venugopal, A., 2017. A comprehensive review on process
and engineering aspects of pharmaceutical wet granulation. Chemical Engineering Journal 328,
785–815. https://doi.org/10.1016/j.cej.2017.07.091
Tamrakar, A., Chen, S.-W., Ramachandran, R., 2018. A DEM Model-based Study To Quantitatively
Compare The Effect Of Wet and Dry Binder Addition In High-shear Wet Granulation Processes.
Chemical Engineering Research and Design. https://doi.org/10.1016/j.cherd.2018.12.016
Tan, B.M.J., Loh, Z.H., Soh, J.L.P., Liew, C.V., Heng, P.W.S., 2014. Distribution of a viscous binder during
high shear granulation—Sensitivity to the method of delivery and its impact on product
properties. International Journal of Pharmaceutics 460, 255–263.
https://doi.org/10.1016/j.ijpharm.2013.11.020
Tao, J., Pandey, P., Bindra, D.S., Gao, J.Z., Narang, A.S., 2015. Evaluating Scale-Up Rules of a High-Shear
Wet Granulation Process. Journal of Pharmaceutical Sciences 104, 2323–2333.
https://doi.org/10.1002/jps.24504
191
Terashita, K., Nishimura, T., Natsuyama, S., Satoh, M., 2002. DEM Simulation of Mixing and Segregation
in High-Shear Mixer. Journal of the Japan Society of Powder and Powder Metallurgy 49, 638–
645. https://doi.org/10.2497/jjspm.49.638
Thapa, P., Tripathi, J., Jeong, S.H., 2018. Recent trends and future perspective of pharmaceutical wet
granulation for better process understanding and product development. Powder Technology.
https://doi.org/10.1016/j.powtec.2018.12.080
Thornton, C., 2015. Granular Dynamics, Contact Mechanics and Particle System Simulations : A DEM
study, 1st ed, Particle Technology Series. Springer.
Tsuji, Y., Tanaka, T., Ishida, T., 1992. Lagrangian numerical simulation of plug flow of cohesionless
particles in a horizontal pipe. Powder Technology 71, 239–250. https://doi.org/10.1016/0032-
5910(92)88030-L
Vandewalle, N., Lumay, G., Gerasimov, O., Ludewig, F., 2007. The influence of grain shape, friction and
cohesion on granular compaction dynamics. Eur. Phys. J. E 22, 241–248.
https://doi.org/10.1140/epje/e2007-00031-0
Vivacqua, V., López, A., Hammond, R., Ghadiri, M., 2019. DEM analysis of the effect of particle shape,
cohesion and strain rate on powder rheometry. Powder Technology 342, 653–663.
https://doi.org/10.1016/j.powtec.2018.10.034
Watano, S., Miyanami, K., 1995. Image processing for on-line monitoring of granule size distribution
and shape in fluidized bed granulation. Powder Technology 83, 55–60.
https://doi.org/10.1016/0032-5910(94)02944-J
Watano, S., Nakamura, H., 2019. Chapter 22 - Numerical Modeling for Wet Granulation Processes, in:
Narang, A.S., Badawy, S.I.F. (Eds.), Handbook of Pharmaceutical Wet Granulation. Academic
Press, pp. 737–763. https://doi.org/10.1016/B978-0-12-810460-6.00015-4
Watano, S., Numa, T., Koizumi, I., Osako, Y., 2001. Feedback control in high shear granulation of
pharmaceutical powders. European Journal of Pharmaceutics and Biopharmaceutics 52, 337–
345. https://doi.org/10.1016/S0939-6411(01)00182-5
Wilkinson, S.K., Turnbull, S.A., Yan, Z., Stitt, E.H., Marigo, M., 2017. A parametric evaluation of powder
flowability using a Freeman rheometer through statistical and sensitivity analysis: A discrete
element method (DEM) study. Computers & Chemical Engineering 97, 161–174.
https://doi.org/10.1016/j.compchemeng.2016.11.034
Zafar, U., Hare, C., Hassanpour, A., Ghadiri, M., 2014. Drop test: A new method to measure the particle
adhesion force. Powder Technology 264, 236–241.
https://doi.org/10.1016/j.powtec.2014.04.022
192
Annexes
193
Annexe I : Étude paramétrique expérimentale de granulation humide
Une série de lots a été préparée par granulation humide à 500 g de mélange dans le
granulateur à fort taux de cisaillement, muni de la cuve de 4L.
Les détails sur les différents lots sont présentés dans le tableau suivant :
97% m de
3 Lactose 2 min sans
FL100 émotteur à 10 min à 400 tr/min
100 tr/min
Pulvérisation par
4 Solution liante
égouttement de la 10 min à 600 tr/min
: 3% m PVP
solution liante
K30 + eau
(Pompe Master Flex
5
L/S) 10 min à 600 tr/min
97% m de
(Prélèvement de granulés
MCC
6 chaque 2 min)
sphères
100
Les granulés produits ont été caractérisé selon leur taille par diffraction laser MasterSizer
(Malvern 3000), forme par microscopie électronique à balayage (MEB), fluidité par un testeur
de poudres (Hosokawa powder tester PT-X).
Les résultats obtenus pour chaque lot sont regroupés dans le tableau suivant avec :
DG : Distribution granulométrique
AR : Angle de repos
IF : Indice de fluidité
AàE : Aptitude à l’écoulement
194
Tableau 29 : Résultats de l’ étude paramétrique
AR : 36,2°
IF : 64 Granulés fragiles,
2 /
AàE : Bonne Friction élevée
AR : 37,2°
Large DG, Granulés
IF : 36
3 poreux et fragiles,
AàE : Correcte
Forme irrégulière
AR : 35°
DG plus étroite,
IF : 43,5
4 Granulés denses de
AàE : Bonne
forme sphérique
- Granulés denses
AR : 33,7°
et lisses
6 IF : 65
- Forme plutôt
AàE : Bonne
sphérique
195
Annexe II : Images au microscope électronique à balayage du Lactose et de la
MCC avant et après granulation à différentes échelles
Lactose
avant
granulation
MCC avant
granulation
Lactose
après
granulation
MCC après
granulation
196
Annexe III : Dimensions et propriétés du tambour tournant
Tableau 31 : Dimensions et propriétés du tambour tournant:
Dimensions/Propriétés Valeur
Diamètre 30 cm
Largeur 4,2 cm
Masse volumique 7800 kg.m-3
Volume du tambour m3
Coefficient de cisaillement G 7.1010 Pa
Angle de balancement ± 90°
Taux de remplissage 30 %
Largeur des ailettes 4,2 cm
Le tambour fait des balancements à ± 90° avec une fréquence de 2 balancements par
minute. Les deux configurations testées sont les suivantes :
Expérience
Simulation
Configuration 2 : Avec une ailette centrale de 11 cm + 7 ailettes de 1,5 cm
197
Annexe IV : Détails sur le logiciel EDEM
EDEM est un logiciel de modélisation par éléments discrets qui permet de suivre l’évolution
de petites particules. Lors de la création d’une simulation, il faut renseigner les matériaux des
particules et de la cuve.
I. Composants EDEM
I.1. EDEM Creator : Module de définition du problème à traiter.
Ce module permet à l’utilisateur de définir la géométrie de l’enceinte et la géométrie du grain,
en introduisant en parallèle leurs différents paramètres physiques comme la masse
volumique, le module de Young (élasticité), le coefficient de poisson, le coefficient de
frottement au roulement et le coefficient de frottement statique.
L’utilisateur doit introduire par la suite la « Factory » qui contiendra le lit de particules, en
précisant son type :
- Statique : avec une génération instantanée du lit (à un moment donné) où la simulation
est mise en pause pendant la création des particules.
- Dynamique : où les particules sont produites pendant toute la durée d’une simulation.
(La simulation se produit au fur et à mesure que les particules sont créées.)
Les deux types disposent de différents paramètres de remplissage à définir tels que:
- Le nombre total ou la masse totale des particules.
- Le temps de démarrage de génération des particules.
L’utilisateur peut créer et générer plusieurs Factories en même temps.
Les modèles qui décrivent le comportement des éléments en contact les uns avec les autres
peuvent être classés en trois types selon les interactions entre les éléments :
- Modèles de contacts de particule-en-particule
- Modèles de contacts de particule-en-géométrie
- Forces particulaires « Particule Body Force »
198
La valeur est affichée en tant que pas de temps réel (en secondes) ainsi qu’en pourcentage du
pas de temps de Rayleigh. Le pas de temps de Rayleigh est le temps nécessaire pour qu’une
onde de cisaillement se propage à travers une onde solide.
Plus le pas de temps est petit, plus le nombre de points de données est élevé.
Les vitesses et les positions sont calculées pour des pas de temps espacés de t/2, ce qui
nécessite un léger coût de calcul supplémentaire.
- Le temps de simulation « Simulation Time » : c’est le temps réel que représente la
simulation. La durée totale de la simulation peut être définit avec cette option et sera affichée
en secondes ou en minutes.
- Grille de simulation « Simulator Grid » : EDEM calcul le rayon de la plus petite particule
dans le lit (Rmin), l’utilisateur doit donc définir une valeur de taille de cellule « cell size » basée
sur la taille de cette particule.
Le Grid cell n’a pas d’impact sur les résultats de la simulation, mais seulement sur sa vitesse.
Comme dit précédemment, la méthode DEM a pour originalité la détection des contacts. En
divisant le domaine en cellules de grille « Grid Cell », le simulateur peut vérifier le contenu de
chaque cellule et analyser que celles qui contiennent deux particules ou plus (et donc un
contact possible au minimum par cellule), ce qui réduit le temps de traitement.
Le processus de simulation est le suivant :
1. Définition de la grille en divisant le domaine en cellules d'une taille spécifiée.
2. Identification des cellules actives (celles qui contiennent deux éléments ou plus) et
détection des contacts.
3. Calcul des forces entre les éléments en contacts.
4. Repositionnement des éléments à la suite de toute force agissant sur eux.
5. Les cellules actives sont à nouveau identifiées et le processus se répète.
I.3. EDEM Analyst : Module de traitement des données
EDEM Analyst est l'environnement de post-traitement où les simulations sont examinées et
analysées, en fonction des différentes propriétés du lit de particules.
Une large palette de traitement de propriétés s’offre à l’utilisateur, comme : la vitesse des
particules, le nombre de coordination, leur masse, leur volume …
Les données peuvent être extraites facilement à n’importe quel pas de temps, avec la
possibilité de prendre plusieurs data sur le même fichier. Il y a tout de même la possibilité de
faire des captures d’image des simulations ou même créer des vidéos sur des intervalles de
temps donnés, en les convertissant de temps simulé en temps réel.
199
Annexe V : Code de calcul Python
import edempy.Deck as Deck
deck = Deck('simulationname.dem')
import numpy as np
from pyevtk.hl import pointsToVTK
import time
import math
import os
import csv
# This function simply extract the data from a cluster list, removing
# the class structure
def extractClusters(clusters):
returnList = []
for cluster in clusters:
returnList.append(cluster.get())
return returnList
200
try :
contacts_at_time_zero =
convertContactData(deck.timestep[str(defined_timestep[0])].contact.surfSurf.getContacts(), deck)
except KeyError as e:
raise KeyError("Error : there is no contact at start time.")
# This step consists in exchanging and sorting in growth the pairs in order to avoid duplicates
for particle in contacts_at_time_zero:
if particle[0][1] > particle[1][1]:
particle[0][1], particle[1][1] = particle[1][1], particle[0][1]
permanent_contacts = contacts_at_time_zero.copy()
for t in defined_timestep:
contact_at_time_t = convertContactData(deck.timestep[str(t)].contact.surfSurf.getContacts(),
deck)
for particle in contact_at_time_t:
if particle[0][1] > particle[1][1]:
particle[0][1], particle[1][1] = particle[1][1], particle[0][1]
# This loop retains only the pairs that are repeated at each time t of the defined_timestep
permanent_contacts = [x for x in contact_at_time_t if x in permanent_contacts]
return permanent_contacts
def Boxvolume(cluster,deck,timestep)
def clustermass(cluster,deck)
def time_step_g( start: float, stop: float, step: float) -> np.ndarray:
return np.arange(start, stop, step)
201
def Func_cal(clusters, funcs, deck, time_steps=None) -> list:
res = []
for cluster in clusters:
res_func = []
for func in funcs:
if func is clustermass:
res_func.append(func(cluster, deck))
else:
time_res = []
for time_step in time_steps:
time_res.append(func(cluster, deck, time_step))
res_func.append(time_res)
res.append(res_func)
return res
def export_to_excel(output):
nom_fichier =
with open(File) as myfile:
wr = csv.writer(myfile, delimiter=';')
for row in output:
res = []
for col_number, e in enumerate(row[0]):
if col_number > 0:
res.append('')
for val in e:
res.append(val)
wr.writerow(res)
202
Communications et publications
Conférences Nationales :
Conférences Internationales :
- Rouabah Maroua, Sandrine Bourgeois, Stéphanie Briançon, Claudia Cogné. Experimental and
numerical studies of input parameters calibration for the simulation of the wet granulation
process for pharmaceutical use. 12th World Meeting on Pharmaceutics, Biopharmaceutics and
Pharmaceutical Technology, Mai 2021, Conférence en ligne.
Publications:
203