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Rapport n1: Étude Et Analyse Des Couches Limites Pour Les Écoulements Turbulents

Ce rapport analyse les couches limites dans les écoulements turbulents, en se concentrant sur les méthodes numériques pour leur étude, notamment RANS et LES. Il souligne l'importance de l'adaptation de maillage pour capturer les phénomènes turbulents près des parois, en particulier dans le contexte des applications industrielles comme les éoliennes. L'objectif est d'évaluer si la méthode VMS couplée à l'adaptation de maillage est suffisante pour simuler correctement la couche limite et prédire les phénomènes de décollement.
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Rapport n1: Étude Et Analyse Des Couches Limites Pour Les Écoulements Turbulents

Ce rapport analyse les couches limites dans les écoulements turbulents, en se concentrant sur les méthodes numériques pour leur étude, notamment RANS et LES. Il souligne l'importance de l'adaptation de maillage pour capturer les phénomènes turbulents près des parois, en particulier dans le contexte des applications industrielles comme les éoliennes. L'objectif est d'évaluer si la méthode VMS couplée à l'adaptation de maillage est suffisante pour simuler correctement la couche limite et prédire les phénomènes de décollement.
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Rapport n1 : Étude et analyse des

couches limites pour les écoulements


turbulents

Laure BILLON

CEMEF, Mines-ParisTech
Projet MAIDESC, ANR "Méthodes numériques"
10 janvier 2014

Directeur de thèse : Thierry COUPEZ


Maître de thèse : Elie HACHEM
2
Introduction

Introduction générale

En aérodynamique, on distingue deux types d'écoulements : les écoulements laminaires


(réguliers), les lignes de courants sont parallèles à l'axe, et les écoulements turbulents (chao-
tiques), des instabilités engendrent la formation de tourbillons. Il existe une zone de transition
entre l'écoulement laminaire et l'écoulement turbulent encore mal connue, la transition s'ef-
fectue pour un nombre de Reynolds (Re = ρVµL ) compris entre 2000 et 4000. Les écoulements
rencontrés en aéronautique ne sont en général laminaires que sur une faible partie du prol
(au voisinage du bord d'attaque).

L'étude de la turbulence est encore un grand dé de nos jours, nous n'avons pas les
moyens de résoudre les équations de Navier-Stokes directement (DNS) sur des cas complexes.
En eet, la résolution DNS selon Kolmogorov nécessite un nombre de n÷uds très important
(Nx Ny Nz ∼ Re9/4 ). Nous devons donc recourir à des méthodes moins coûteuses et donc
moins précises. Pour cela il existe plusieurs méthodes d'approximations :
 La méthode Reynolds Averaged Navier-Stokes (RANS) consiste à prendre la valeur
moyenne de l'écoulement. Chaque grandeur instantanée est décomposée en une partie
moyenne et une partie uctuante (u = ū + u0 ). L'écoulement est lissé et en cas de
turbulence, cette méthode doit être couplée à un modèle de turbulence adapté à l'échelle
à approximer.
 La méthode grande échelle (LES) consiste à résoudre de manière directe les grandes
échelles et à approximer les petites échelles par l'ajout d'une viscosité turbulente µt
dans la résolution grande échelle.
Ces méthodes sont à même de produire une approximation intéressante de l'écoulement près
des parois. Toute la subtilité est d'avoir un maillage assez n pour capter les uctuations
qui engendrent des vortex.

Spalart a donné en 2000 une évaluation de la disponibilité des diérentes méthodes (Table
1) en supposant que l'augmentation de la puissance des ordinateurs continuerait au même
rythme. A savoir que la puissance de calcul augmenterait d'un coecient 5 tous les cinq ans,

Méthodes Dépendance de Re Maillage Pas de temps Disponibilité


RANS faible 107 103 1985
LES faible 1011.5 106.7 2045
DNS fort 1016 107.7 2080

Table 1  Évaluation de la disponibilité des méthodes de calcul pour des applications


industriels [1]

ce qui est très loin de la réalité (Fig.1). En se basant sur l'évolution des calculateurs ces 13
dernières années on peut estimer que la puissance de calcul nécessaire à la résolution LES
sera atteinte d'ici 2020 et que celle de la DNS pourra être atteinte avant 2040. De plus, la
parallélisation et les nouvelles techniques d'adaptation de maillage laissent espérer l'atteinte
de la résolution DNS bien avant 2080.

1
Fig.1 - Évolution de la puissance des calculateurs

Contexte

Cette étude bibliographique s'inscrit au sein du projet MAIDESC (Mesh Adaptation for
unsteady Interfaces with DEformation, Stretching and Curvature) mené par l'INRIA, l'Uni-
versité de Montpellier II et le CEMEF. Ce consortium s'est formé an de développer les mé-
thodes d'adaptation de maillage multi-échelle et multi-physique (interaction uide/structure)
et de les rendre applicables au niveau industriel sur des problèmes diciles encore irrésolus
à ce jour. Un aspect fondamental de cette technique est sa convergence d'ordre élevé sur
des cas singuliers où les autres méthodes d'approximations n'y parviennent pas. Parmi les
applications industrielles qui illustrent bien la problématique, nous nous intéresseront tout
particulièrement aux écoulements d'air autour des éoliennes permettant leur mise en mou-
vement. Il s'agit d'un problème à quatre dimensions (3D en espace et instationnaire), il est
donc nécessaire de dénir un maillage à la fois en espace et en temps. Pour cela, on construit
un estimateur de l'erreur, en temps et en espace, commise lors de la résolution des équations
aux dérivées partielles sur les maillages statiques et dynamiques, la métrique instationnaire
optimale sera établie à partir de la minimisation de cette erreur. Une autre diculté dans la
résolution des problèmes éoliens est la prise en compte des interfaces courbes et nécessitant
d'être suivies tout au long de la simulation.

Le groupe CIM a développé au sein de CIMLIB une approche monolithique qui consiste
à considérer la totalité du domaine comme un seul domaine, maillé avec une unique grille.
L'interface entre le volume immergé et le uide est localisée en utilisant une fonction level-
set [2]. Puis, le problème est résolu à l'aide d'une méthode variationnelle à échelle multiple
(VMS) [3], dite implicite LES, elle consiste en une résolution LES où les eets des plus petites
échelles sur les grandes sont pris directement en compte par une méthode de stabilisation
(u = uh +u0 ). Cependant le maillage autour des volumes immergés, xes pour le moment, est
adapté grâce à une méthode d'adaptation de maillage anisotropique [4] portant sur l'erreur
a posteriori [5] et non aux hypothèses de couche limite. Pour que l'adaptation vérie la
couche limite, il faut s'assurer que la taille de maille respecte la loi de Kolmogorov (cascade
turbulente) [6] an de capter l'essentiel des perturbations proche paroi. Le but de cette
étude est de comprendre la couche limite, de déterminer les critères à vérier pour traiter
correctement l'écoulement proche paroi et obtenir de meilleurs résultats. Le solveur VMS
combiné à l'adaptation de maillage est-il susamment précis pour traiter la couche limite ?
Des paramètres supplémentaires sont-ils nécessaires ? Si bien qu'au terme de cette thèse
nous soyons en mesure d'approcher au plus près la DNS en couplant de manière optimale le
maillage à la nouvelle méthode de résolution multi-échelle (VMS).

2
1 Présentation générale de la couche limite

Dans cette section nous allons présenter les équations et paramètres qui nous permettront
de mieux comprendre l'écoulement d'un uide autour d'un prol.
Soit un écoulement à grand nombre de Reynolds autour d'un prol. On a généralement
apparition du phénomène de turbulence à la suite d'une instabilité dans l'écoulement la-
minaire. Le uide considéré n'étant pas parfait, il possède une viscosité non nulle. Celle-ci
impose l'adhérence du uide à la paroi, soit une vitesse de l'écoulement nulle sur le prol.
Plus on s'éloigne du prol, plus la vitesse augmente jusqu'à atteindre celle de l'écoulement
libre. Ainsi, les eets de viscosité du uide se manifestent uniquement dans une ne couche
à proximité immédiate du prol tandis que les eets inertiels dominent l'écoulement au-delà.
C'est ici que se manifeste la turbulence, il est donc plus que nécessaire de soigner le maillage
dans cette zone appelée couche limite.

1.1 Équations

Les équations de Navier-Stokes incompressible régissent les écoulements de uide vis-


queux : 
ρ(∂t u + u.∇u) − ∇.(2µε(u) − [Link] ) = F
∇.u = 0
Le caractère non linéaire des termes de convection confère toute sa diculté à la résolution
des problèmes présentant de la turbulence.

Dans le cas 2D et sous les hypothèses de couche limite, les équations s'écrivent comme
suit :
∂U ∂U ∂U ∂Ue ∂Ue 1 ∂τ


 +U +V = + Ue +
∂t ∂x ∂y ∂t ∂x ρ ∂y
∂U ∂V
+ =0


∂x ∂y
adhérence : U = V = 0 pour y = 0
raccord ext : U (x, ∞) = Ue (x)

U + u0
 
avec u = le champ de vitesse de l'écoulement, Ue la vitesse d'entrée suivant l'axe x,
V + v0
∂U
et τ = µ − ρhu0 v 0 i la contrainte de frottement.
∂y

1.2 Grandeurs utiles

Dans cette section, nous allons nous appliquer à dénir les grandeurs dont nous aurons
besoin par la suite pour caractériser la couche limite.

Épaisseur de la couche limite


L'épaisseur δ de la couche limite est conventionnellement dénie comme la distance à la
paroi pour laquelle la vitesse dans la couche limite atteint 99% de la valeur de la vitesse

3
extérieur Ue (Fig.2), soit : U (δ) = 0.99Ue .
Une analyse adimensionnelle des équations de Navier-Stokes [7] nous permet de dénir δ en
tout point du prol en fonction de la distance au bord d'attaque x et du nombre de Reynolds
Re de l'écoulement

x
δ(x) ∼ √
Re

Fig.2 - Représentation de l'épaisseur de la couche


limite

Frottement à la paroi
La contrainte de non-glissement sur la paroi est due à la viscosité du uide qui engendre
une force de frottement. On dénit la contrainte de frottement à la paroi :
 
∂U
τω = µ |y=0 − ρhu0 v 0 iy=0
∂y
La condition de non-glissement impose : hu0 v 0 iy=0 = 0. Le terme ρhu0 v 0 i est dominant dans
tout l'écoulement excepté à proximité de la paroi.

Cette contrainte peut être normalisée par la pression dynamique 21 ρUe2 , on obtient ainsi
le coecient de frottement local (sans dimension) :
τω
CF = 1
2
ρUe2

La connaissance du coecient de frottement local permet d'accéder au coecient de traînée


CD dont la maîtrise est un des enjeux majeur en aéronautique :
1 L
Z
1
CD = CF dx CD ∼ √
L 0 Re
On dénit, de plus, la vitesse de frottement Uτ qui correspond à la vitesse de l'écoulement
à proximité immédiate de la paroi (1ere maille) :
r
τω
Uτ =
ρ

Ces grandeurs vont nous permettre de décrire le comportement du uide dans la couche
limite et les phénomènes mis en jeu, tel le décollement.

1.3 Phénomène de décollement

Considérons l'écoulement d'un uide autour d'un cylindre (Fig.3a). Dans le cas d'un
écoulement sans frottement, les particules de uides accélèrent de D à E et décélèrent de E

4
à F tel qu'elles aient la même vitesse en F qu'en D. Cependant, dans la couche limite les
frottements sont non négligeables ainsi une telle particule perd tellement d'énergie cinétique
pour aller de D à E qu'elle n'en a plus assez pour aller de E à F. Ainsi la particule tend à
s'arrêter et repartir dans le sens inverse dans cette région où la pression augmente fortement,
c'est ce qu'on appelle le décollement de la couche limite [8].

En eet, le phénomène de décollement se produit lorsqu'une couche limite se développe


en présence d'un gradient de pression positif dans le sens de l'écoulement (gradient adverse).
Si ce gradient de pression est susamment intense, la vitesse de ces particules va diminuer
jusqu'à s'annuler puis par devenir négative : on dit que la couche limite décolle. On dénit
l'abscisse de décollement S telle que : τω = 0 (cf Fig.3b)
Dans la zone dite de recirculation qui suit le décollement, on a en général un développement
d'instabilités et l'écoulement devient turbulent.

Fig.3 - (a) Décollement de la couche limite (à gauche)[8] ;


(b) Profil de vitesse dans la couche limite lors du décollement (à droite)

2 Outils d'analyse de la couche limite

L'objectif essentiel de l'analyse quantitative de la couche limite est d'estimer si la méthode


VMS couplée à une technique d'adaptation de maillage permet de simuler correctement la
couche limite. C'est une étape primordiale pour la simulation de la mise en mouvement de
l'éolienne et de l'entretien de sa rotation. On vériera le respect de l'épaisseur de la couche
limite δx , de son prol de vitesse U , mais aussi de sa contrainte pariétale de frottement τω
an d'une part d'en déduire la traînée de frottement visqueux et d'autre part de prédire un
éventuel décollement de la couche limite. An de mener à bien notre analyse nous allons
présenter ici les deux cas de références qui nous permettront d'évaluer si le maillage de la
couche limite est adapté. Le premier cas et de loin le plus répandu est le cas de plaque plane,
celui-ci est déterminant et d'autant plus intéressant qu'on pourrait comparer la plaque plane
au dos d'une pâle de l'éolienne.

2.1 Plaque plane

Le cas de référence pour l'étude des couches limites est le cas de plaque plane à incidence
nulle dans un écoulement de uide visqueux incompressible. C'est un cas simple car la pres-
sion statique reste constante dans tout l'écoulement, ainsi il n'y a pas de décollement. Ce cas
est parfaitement documenté et la solution exacte est connue pour un écoulement laminaire

5
sans gradient de pression (solution de Blasius).

Les écoulements aéronautiques, éoliens, etc., atteignent rapidement des nombres de Rey-
nolds supérieurs à 106 . Ces écoulement sont donc sans aucun doute du type turbulent. Nous
ne pouvons donc pas nous contenter d'étudier les écoulements laminaires.

En régime turbulent, le prol de vitesse croît beaucoup plus rapidement avec la distance à
la paroi (Fig.4) et par conséquent le frottement turbulent est bien plus élevé que le frottement
laminaire. Ainsi la couche limite turbulente résiste beaucoup mieux aux gradients de pression
adverses : elle est donc plus dicile à faire décoller. De plus, elle est plus épaisse que son
homologue laminaire.

Fig.4 - Couche limite turbulente sur une plaque plane

2.1.1 Prol de vitesse dans la couche limite turbulente


La génération de maillage de couche limite pour un écoulement visqueux est nécessaire
pour mesurer avec précision le prol de vitesse proche des parois. Le maillage est donc adapté
pour capter cette particularité. En eet, si la taille de maille est trop grande au départ, il
sera impossible par la suite de retrouver l'intégralité des perturbations.

An de valider le traitement de la couche limite dans une méthode de résolution, on teste
souvent celle-ci sur le cas de plaque plane et on compare le prol de vitesse obtenu à celui
présent dans la littérature [9] détaillé ci-dessous.

Grandeurs adimensionnelles
Dans la région de proche paroi, les grandeurs cinématiques sont généralement reliées aux
paramètres internes de la couche limite, à savoir Uτ , la vitesse de frottement à la paroi et ν
la viscosité cinématique du uide. Il est donc possible d'adimensionner la vitesse U par la
vitesse à la paroi Uτ , et la distance au prol y par la taille de la première maille h0 = Uντ .
On dénit ainsi les grandeurs adimensionnelles U + et y+ :

U yUτ
U+ = et y+ =
Uτ ν
Dans la région externe, d'autres paramètres peuvent intervenir comme δ l'épaisseur de la
couche limite et Ue la vitesse de l'écoulement à l'extérieur. On dénit ainsi la grandeur

6
adimensionnelle η , qui représente la distance au prol depuis la région extérieure à la couche
limite :
y
η=
δ

On cherche le prol de vitesse dans la couche limite turbulente sous la forme U + = f (y + ).


On distingue cinq régions, celles-ci sont représentées sur la courbe de vitesse (Fig.5) :
• Sous couche visqueuse y + < 5
A proximité immédiate de la paroi, le terme de frottement laminaire est dominant car
les vitesses moyennes et les uctuations de vitesse tendent vers 0 à la paroi. L'échelle
caractéristique de la vitesse dans cette zone est la vitesse de frottement Uτ .
U + = y+

• Zone tampon - Spalding (1961)


Le raccordement de la loi linéaire valable dans la sous-couche visqueuse et du prol
logarithmique valable dans la partie supérieure de la couche interne se fait progressi-
vement dans une région tampon.
 
+ + −KB KU + + 1 + 2 1 + 3
y =U +e e − 1 − KU − (KU ) − (KU ) , K ≈ 0.41, B ≈ 5
2 6
• Zone logarithmique (loi de paroi) 50 < y+ < 500
Le frottement entre les lets de l'écoulement est essentiellement dû à l'agitation tur-
bulente (−ρhu0 v 0 i  µ dU
dy
). 1
U + = ln(y + ) + B
K
• Couche extérieure y + > 500
Lorsque l'on quitte la sous couche visqueuse, le terme de frottement turbulent devient
progressivement prépondérant par rapport au frottement laminaire. Si bien que lorsque
l'on s'approche de la frontière de la couche limite, le frottement laminaire devient
négligeable. La diérence entre la vitesse moyenne U dans cette zone et la vitesse
extérieure Ue est de l'ordre de grandeur de la vitesse de frottement Uτ .
Ue − U 1
= − ln(η) + A, A ≈ 2.35
Uτ K
• Zone de sillage
Zone où les mouvements sont très désordonnés. C'est une cause importante de dissi-
pation d'énergie. On y dénit le prol de vitesse par une loi complètement empirique
avec les valeurs de Coles et Clauser [10] tirées de nombreuses expérimentations :
Ue − U 1 Π Π
= − ln(η) − W (η) + 2
Uτ K K K
avec W (η) = 2 sin2 ( π2 η) et Π ≈ 0.8(β + 0.5)0.75

Ce prol de vitesse, bien qu'établis sur le cas de plaque plane, est souvent utilisé pour
approcher le prol de vitesse sur une géométrie quelconque par les logiciels commerciaux tel
Fluent. Mais ce cas ne nous permet pas de vérier la satisfaction du décollement, nous allons
donc nous intéresser à un second cas.

7
Fig.5 - Profil de vitesse à travers la couche limite turbulente d'une plaque plane [9]

2.2 Écoulement autour d'un cylindre

Un deuxième cas de référence pour l'étude des couches limites est l'écoulement autour
d'un cylindre. On place un cylindre dans un écoulement de uide visqueux incompressible
perpendiculaire à l'axe du cylindre (Fig.6). L'intérêt de ce cas est l'étude du décollement
en fonction du nombre de Reynolds. Ce cas est très bien documenté grâce à de nombreuses
expériences, il permet d'évaluer la qualité du maillage de couche limite de manière beaucoup
plus réaliste qu'avec la plaque plane.

Fig.6 - Écoulement autour d'un cylindre [11]

L'étude de l'évolution de l'écoulement est lié à des grandeurs physiques caractéristiques


telles que :
 L'angle de décollement θsep de la couche limite sur le cylindre (cf Fig.6),
 La longueur de recirculation Lr ,
 Le coecient de traînée CD ,
 La fréquence du lâchage tourbillonnaire f , on dénit le nombre de Strouhal par
fL
St =
U∞

Évolution de l'écoulement en fonction du nombre de Reynolds [11]


• Re ≤ 4, Écoulement rampant
Pour des valeurs très faibles du nombre de Reynolds, les forces de viscosité sont nette-
ment supérieures aux forces d'inertie. Dans de telles conditions, les lignes de courant

8
suivent parfaitement le contour de l'obstacle : l'écoulement est non décollé et parfaite-
ment symétrique en x et en y.
• 4 ≤ Re ≤ 49, Recirculation décollée stationnaire
Les forces d'inertie cessent d'être négligeables devant les forces de viscosité. L'écou-
lement quitte la surface du cylindre en deux points de décollement, une zone de re-
circulation stationnaire est formée par deux tourbillons symétriques autour de l'axe x
et contra-rotatifs. Plus Re augmente, plus les points de décollement se déplacent vers
l'amont, entraînant l'allongement de la zone de recirculation.
• 49 ≤ Re ≤ 190, Sillage périodique laminaire
Aux alentours d'un nombre de Reynolds critique égal à 49, on observe l'apparition d'un
phénomène périodique connu sous le nom d'allée de von Kármán. Le lâchage alterné
de tourbillons est caractéristique de ce régime d'écoulement.
• 190 ≤ Re ≤ 260, Écoulement instationnaire transitionnel
Pour un nombre de Reynolds de 200, l'écoulement se situe à la limite d'apparitions des
instabilités qui conduisent à la turbulence. L'écoulement présente toujours une allée
tourbillonnaire de von Kármán.
• Re > 260, Écoulement instationnaire faiblement turbulent
Des eets tridimmensionnels commencent à apparaître, et croissent pour assurer la
transition vers la turbulence.

Re Auteurs 2Lr /L St θsep CD


20 He et Doolen (1997) [12] 1,842 42,96 2,152
40 He et Doolen (1997) [12] 4,490 59,84 1,499
100 He et al. (2000) [13] 0,1670 1,3528
200 He et al. (2000) [13] 0,1978 1,3560
1000 He et al. (2000) [13] 0,2350 1,5051

Table 2  Caractéristiques de l'écoulement en fonction du nombre de Reynolds [11]

3 Maillage de la couche limite dans la littérature

Jusqu'ici nous avons beaucoup parlé de la physique du phénomène, intéressons nous


maintenant à la construction du maillage dans la couche limite. Des critères supplémen-
taires sont-ils nécessaires an d'obtenir un maillage optimal de la couche limite ou pouvons
nous nous contenter de miser sur le couplage VMS-adaptation de maillage pour obtenir ce
maillage ? Regardons de plus près comment la couche limite est maillée dans les logiciels
développés par les deux principaux laboratoires de recherche experts, eux aussi, en maillage.

3.1 INRIA [14]

Soit l'étude d'un écoulement turbulent autour d'un prol aérodynamique, le domaine est
tout d'abord maillé avec un maillage 3D valide tout le long de la simulation. Des modica-
tions locales sont ensuite eectuées sur des volumes de maillages pour générer un maillage
anisotropique sur les surfaces, pour insérer un maillage de couche limite sur un maillage

9
existant, ou pour eectuer un ranement anisotrope classique.

L'épaisseur de la couche limite dépend du nombre de Reynolds local. Le maillage de la


couche limite est mis en place après l'extrusion de la surface initiale le long des normales
ou par des modications locales du maillage. La génération du maillage de couche limite est
basée sur un champ continu (la distance au corps solide) et sur un maillage initial de fond.
La distance au corps est calculée en utilisant un algorithme classique de level-set.

La métrique dénit spéciquement pour la zone de couche limite, donnée pour un champ
continu, suit une loi exponentielle de la forme h0 exp(αφ(.)), où h0 la taille initiale de la
couche limite et α le facteur de croissance sont donnés par l'utilisateur et φ est la fonction
distance.

La plus petite taille de maille h0 est calculée en utilisant un calculateur externe. Le calcul
de h est réalisé comme suit sur le site de la NASA :
2 r
ρU∞ L −1/7 CF ρU∞ τω
Re = CF = 0.026(Re) τω = Uτ =
µ 2 ρ

y+µ
h=
Uτ ρ

D'où
y+L
h= √
0.013Re13/7
Ainsi, la connaissance de Re et L sut à déterminer la distance au corps h, pour obtenir
h0 il faut se placer sur la première maille soit en y + = 1. On peut toutefois s'interroger sur
l'approximation choisie pour le calcul du coecient de frottement. Il semble que ce soit un
compromis qui soit valable peu importe le nombre de Reynolds. C'est une approximation
non négligeable.

Exemple
Pour une vitesse de 1m/s, une longueur caractéristique de 1m, une masse volumique
de 1kg/m3 et une viscosité dynamique de 10−5 P a.s (≈ Écoulement d'air). On obtient ainsi
Re = 105 puis h0 = 2.10−4 m

L'utilisateur rentre donc la valeur obtenue pour h0 , le facteur de croissance choisi (α ≈


1.2) puis le code de calcul va mailler le problème comme décrit précédemment puis faire
de l'adaptation de maillage au fur et à mesure du calcul, en veillant bien à conserver la
taille de maille la plus petite trouvée entre l'algorithme d'adaptation et la valeur dénie par
l'utilisateur.

3.2 MIT [15] [16]

L'équipe du MIT utilise une méthode bien diérente pour générer le maillage de couche
limite. Cette technique permet de faciliter la génération d'un maillage autour d'une géométrie

10
complexe et d'améliorer la robustesse de la résolution. Pour cela ils génèrent un maillage "cut-
cell" composé de triangles(2D) ou tétraèdres (3D) couplé à une technique d'adaptation de
maillage basée sur l'erreur a posteriori.
Pour mettre en ÷uvre un maillage "cut-cell", le prol géométrique est déni à l'aide de
splines, un domaine de calcul est déni autour de cette géométrie. Un maillage de fond
grossier est construit dans tout ce domaine (géométrie incluse), un algorithme de découpe
des éléments est ensuite eectué pour déterminer les éléments coupés par les splines (Fig.7).

Fig.7 - Intersection entre le maillage de fond et un profil d'aile [15]

Pendant la découpe des éléments, ceux-ci sont repérés comme à l'intérieure ou à l'ex-
térieur du domaine de calcul, les éléments complètement à l'intérieur de la géométrie sont
éliminés du domaine de calcul. Les equations de Navier-Stokes sont ensuite résolues sur ce
maillage à l'aide d'une méthode de Galerkin discontinu, l'intégration sur les éléments coupés
est réalisée en utilisant une quadrature numérique. Enn, le maillage est adapté sur l'erreur
a posteriori et ainsi de suite jusqu'à convergence.
C'est une approche très intéressante et qui donne apparemment de bons résultats sur la
couche limite, à regarder par la suite.

Conclusion

Pour étudier l'écoulement de l'air autour des éoliennes il est nécessaire de s'intéresser
nement à la physique du problème. En eet, il s'agit d'un écoulement complexe dont la ré-
solution est un challenge numérique important qui requiert un solveur puissant et des outils
de maillages avancés. Sachant que 60% de l'écoulement se concentre autour des pâles, il est
clair que l'étude de la couche limite est un point clé de la résolution.

Cette étude bibliographique nous a permis de bien comprendre les subtilités de la couche
limite et va nous permettre de mettre en ÷uvre les tests nécessaire sur CIMLIB an de
vérier que le maillage de la couche limite est satisfaisant et d'améliorer son traitement si
nécessaire. Le solveur VMS devra sûrement lui-aussi être amélioré an de toujours mieux
prendre en compte les petites échelles de l'écoulement.

11
Bibliographie

[1] P. R Spalart. Strategies for turbulence modelling and simulations. International Journal
of Heat and Fluid Flow, 21(3) :252263, 2000.
[2] E. Hachem, S. Feghali, R. Codina, and T. Coupez. Immersed stress method for
uidstructure interaction using anisotropic mesh adaptation. International Journal
for Numerical Methods in Engineering, 94(9) :805825, 2013.
[3] E. Hachem, B. Rivaux, T. Kloczko, H. Digonnet, and T. Coupez. Stabilized nite
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putational Physics, 229(23) :86438665, November 2010.
[4] T. Coupez. Metric construction by length distribution tensor and edge based error for
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2011.
[5] E. Hachem, S. Feghali, R. Codina, and T. Coupez. Anisotropic adaptive meshing and
monolithic variational multiscale method for uidstructure interaction. Computers &
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[6] Uriel Frisch and Andrei Nikolaevich Kolmogorov. Turbulence : The Legacy of A. N.
Kolmogorov. Cambridge University Press, November 1995.
[7] Jean Cousteix. Aérodynamique : turbulence et couche limite. Cépaduès-editions, 1989.
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