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© Dunod, 2020
11 rue Paul Bert, 92240 Malakoff
www.dunod.com
ISBN : 978-2-10-081014-7
Vous aussi, ayez le réflexe
Boîte à outils
La Boîte à outils
Des outils opérationnels tout
de suite
MÉTIERS
Acheteur, 3e éd.
S. Canonne, Ph. Petit
Assistante, 2e éd.
C. Harache, H. Tellitocci
Auditeur financier, 2e éd.
S. Boccon-Gibod, É. Vilmint
Chef de produit, 2e éd.
N. Van Laethem, S. Moran
Chef de projet, 2e éd.
J. Maes, F. Debois
Chief Digital Officer
E. Métais-Wiersch, D. Autissier
Chief Happiness Officer
A. Motte, S. Larabi, S. Boutet
Coaching, 3e éd.
B. Ammiar, O. Kohneh-Chahri
Commercial, 3e éd.
P. Bélorgey, S. Mercier
Communication, 4e éd.
B. Jézéquel, Ph. Gérard
Community Manager, 2e éd.
C. Pellerin
Comptabilité, 2e éd.
B. Bachy
Consultant, 2e éd.
P. Stern, J.-M. Schoettl
Contrôle de gestion
C. Selmer
Création d’entreprise, 2020
C. Léger-Jarniou,G. Kalousis
CSE
A.-L. Smaguine
E-commerce
C. Delabre
Formateurs, 4e éd.
F. Bouchut, I. Cauden, F. Cuisiniez
Management, 2e éd.
P. Stern, J.-M. Schoettl
Manager de managers
A. Hamayon, J. Isoré, J.-P. Testa
Micro-entrepreneur
J. Hellart, C. Selmer
Publicité
S. Barre, A.-M. Gayrard-Carrera
Qualité, 4e éd.
F. Gillet-Goinard, B. Seno
Responsable financier, 3e éd.
C. Selmer
Marketing, 3e éd.
N. Van Laethem, B. Durand-Mégret
Ressources Humaines, 3e éd.
A. Haegel
Santé - Sécurité - Environnement, 3e éd.
F. Gillet-Goinard, C. Monar
Speaker-conférencier
C. Morlet, B. Deloupy
TPE
G. Ducret
COMPÉTENCES TRANSVERSALES
Accompagnement professionnel
M.-L. Barthélémy, H. Le Pennec
Animer vos réunions
F.Gillet-Goinard, L. Maimi
Conduite du changement et de la transformation, 2e éd.
D. Autissier, J.M. Moutot, K. Johnson, E. Métais
Créativité, 3e éd.
F. Debois, A. Groff, E. Chenevier
Dialogue en entreprise
Arnaud Stimec, Arnaud Benitah
Design management
B. Szostak, F. Lenfant
Design thinking
E. Brunet
Développement durable et RSE
V. Maymo, G. Murat
Dialogue en entreprise
A. Stimec, A. Benitah
Écrire pour le Web
M. Gani
Gestion des conflits, 2e éd.
J. Salzer, A. Stimec
Inbound marketing et growth hacking
S. Truphème, Ph. Gastaud
Innovation, 2e éd.
G. Benoit-Cervantes
Innovation managériale
D. Autissier, É. Métais, J.-M. Peretti
Intelligence collective
B. Arnaud, S. Caruso-Cahn
Intelligence économique
C. Deschamps, N. Moinet
Lean, 2e éd.
R. Demetrescoux
Leadership, 2e éd.
J.-P. Testa, J. Lafargue, V. Tilhet-Coartet
Management de la relation client, 2e éd.
L. Chabry, F. Gillet-Goinard, R. Jourdan
Management transversal, 2e éd.
J.-P. Testa, B. Déroulède
Marketing digital, 2e éd.
S. Truphème, Ph. Gastaud
Marketing vidéo
T. Gasio
Mind mapping, 2e éd.
X. Delengaigne, M.-R. Delengaigne
Mon parcours professionnel
F. Gillet-Goinard, B. Seno
Négociation, 2e éd.
P. Stern, J. Mouton
Organisation, 2e éd.
B. Pommeret
Orthographe
A. Ponsonnet
Prise de décision
J.-M. Santi, S. Mercier, O. Arnould
Réseaux sociaux, 4e éd.
C. Bladier
Sécurité économique
N. Moinet
Stratégie, 3e éd.
B. Giboin
Stratégie Big Data
R. Rissoan, R. Jouin
Stratégie digitale omnicanale
C. Headley, C. Lejealle
Supply chain
A. Perrot, Ph. Villemus
DÉVELOPPEMENT PERSONNEL
Bien-être au travail, 2e éd.
C. Huet, G. Rohou, L. Thomas
Confiance en soi
A. Leibovitz
Développement personnel
L. Lagarde
Efficacité professionnelle
P. Bélorgey
Gestion du stress
G. du Penhoat
Gestion du temps, 2e éd.
P. Bélorgey
Intelligence émotionnelle, 2e éd.
C. Peres-Court, M.-E. Launet
Marketing de soi
N. Van Laethem, S. Moran
Motivation
S. Micheau-Thomazeau, L. Thomas
Pleine conscience au travail
S. Labouesse, N. Van Laethem
Psychologie positive au travail
B. Arnaud, E. Mellet
Santé au travail
C. Vasey
Remerciements
“
Voyez, dans la vie, il n’y a pas de solution. Il y a des forces en
marche : il faut les créer et les solutions les suivent.
Antoine de Saint-Exupéry
“
Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour
créer du nouveau et non pas se battre contre l’ancien
Dan Millman
Les outils
1 Découvrez votre raison d’être en forme
2 Inventez la recette du changement durable
3 Suivez un protocole d’expérimentation
4 Passez de l’intention aux actes
5 Adoptez la procédure du « si… alors »
6 Créez votre « fan-club santé »
OUTIL Découvrez votre
1 raison d’être en forme
“
Pour opérer de profonds changements dans
votre vie, vous avez besoin d’inspiration ou
de désespoir.
Tony Robbins
En quelques mots
Nous sommes enclins à penser que prendre soin de notre
santé est un devoir à accomplir. Cela nous donne l’image
d’efforts constants et insurmontables, que nous n’avons
pas toujours envie de fournir. Si nous regardons au-delà,
nous pouvons renforcer notre détermination à agir, selon
nos valeurs. L’engagement à prendre soin de nous est
plus solide et durable lorsqu’il est au service d’un
objectif de vie profond. Lorsque nous sommes
pleinement conscients que jouir d’une bonne santé nous
permet de nous rapprocher de l’essentiel, chaque effort
pour être en bonne santé est une récompense.
MA SANTÉ EST AU SERVICE D’UNE QUALITÉ DE VIE ESSENTIELLE
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter de considérer la prévention comme une corvée à exécuter ;
• s’engager profondément à exploiter notre potentiel de santé ;
• orienter ses forces intérieures vers ce qui est essentiel dans la vie.
Contexte
Souvent, nous savons quoi faire pour prendre soin de notre santé, mais
nous n’avons pas envie d’y penser au quotidien. Le résultat semble
lointain et non immédiat, cela peut nous paraître fastidieux. Malgré
tout, de tout petits changements, appliqués chaque jour auront des
conséquences déterminantes sur notre santé dans 10 ou 20 ans. Avec
une telle vision, activer les pratiques de prévention de façon durable
est un réel défi !
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Cherchez une raison profonde d’agir pour votre santé.
Parmi les questions suivantes sélectionnez-en 3 qui raisonnent
en vous : déterminez la ou les raisons qui vous motiveront à
préserver votre santé.
• Devrais-je agir autrement pour ma santé aujourd’hui afin
de me donner toutes les chances d’avoir une belle qualité
de vie dans 20 ans ? Ce n’est que dans plusieurs années
que nous pourrons apprécier les effets de mesures de
prévention prises aujourd’hui.
• Si je tombais très malade, qu’est-ce que je regretterais de
ne plus pouvoir vivre ? Souvent c’est lorsque nous
sommes malades que nous réalisons la chance que nous
avions d’être en bonne santé.
• Si j’activais mon plein potentiel de santé comment ma vie
changerait-elle ? Quels projets entreprendriez-vous si vous
étiez davantage en forme encore, si vous vous sentiez en
pleine confiance de votre force physique, de vos capacités
cognitives et émotionnelles ?
• Si j’étais au seuil de ma mort, qu’est-ce que je souhaiterais
encore pouvoir faire ? Nous instensifions notre qualité de
présence et réalisons l’essentiel lorsque nous sommes
proches d’une fin.
• Comment mes proches souhaiteraient-ils que je prenne soin
de ma santé ? Adopter le regard bienveillant de nos
proches nous permet de mieux comprendre comment nous
pourrions prendre soin de nous.
• Et si prendre soin de ma santé était oser être pleinement
moi-même ? Il s’agirait plutôt d’être libre d’être qui vous
êtes, dans votre originalité et votre parcours de vie unique.
2. Dans un moment de partage avec une personne de
confiance, ou par écrit, développez honnêtement votre réponse
à chacune des 3 questions que vous avez sélectionnées.
Laissez-vous « infuser » par la réflexion.
3. Consolidez votre détermination : mettez au point une phrase
qui synthétise le sens de votre volonté d’agir pour votre santé.
Évoquez ce slogan dès que vous avez besoin d’une « piqure de
rappel » pour passer à l’action : « Je souhaite encore pouvoir
voyager dans 20 ans », « J’aimerais donner le bon exemple à
mes petits enfants », « je veux être pleinement présent chaque
jour », « Je veux me sentir vivant et profiter de l’amour de mes
proches », etc.
Développé avec la collaboration de Nicolas von Burg
Méthodologie et conseils
L’impression de devoir faire des efforts pour appliquer les mesures de
prévention diminue si nous gardons en tête qu’être en bonne santé
nous permet de réaliser notre rêve ou l’essentiel de notre vie.
Interview
Ma santé au service de mon rêve
Nicolas von Burg est ancien joueur de tennis de niveau international, entraîneur, expert en
gestion mentale et émotionnelle, auteur.
Pour ma santé au travail, je suis l’inspiration de mon cœur, j’organise mon temps et mes
journées comme j’ai envie, j’ai confiance en les graines que je sème qui pousseront et donneront
des fruits demain.
“
Nous sommes appelés à renaître, à
congédier le vieillard amer.
Christiane Singer
En quelques mots
Cultiver notre santé demande une attention constante, un
engagement personnel et de la discipline pour intégrer
les changements nécessaires dans notre quotidien. Dans
le rythme de vie accéléré que nous vivons actuellement,
il nous reste souvent peu de temps pour prendre soin de
nous. Il est indispensable de rester modeste et très
concret dans nos objectifs de changement pour réussir
à les mettre en œuvre et les maintenir dans le temps.
Appliquer la bonne méthode pour changer certaines de
nos habitudes nous permet de gagner en efficacité dans la
prévention.
« IL FAUT QUE CELA CHANGE » DEVIENT : « JE CHANGE ! »
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter de se décourager en cours de route en se fixant un objectif
irréaliste ou trop général ;
• formuler un objectif de changement réaliste et concret qui pourra
se réaliser facilement ;
• connaître les étapes et les pièges du processus de changement.
Contexte
Nous n’arrivons pas toujours à réaliser les changements d’habitudes
que nous souhaitons. Souvent c’est parce que nous n’appliquons pas la
bonne méthode : par exemple, lorsque nous formulons notre objectif
comme une privation. Notre cerveau cherchera par tous les moyens à
compenser cette privation en attendant la « récompense » qui lui est
« due » pour s’être privé ! Il nous sera alors difficile de maintenir les
nouveaux comportements que nous souhaitons.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Faites une liste de tous les changements que vous voudriez
mettre en place pour votre santé.
2. Focalisez-vous sur un changement à la fois. Lequel aura un
réel impact sur votre santé ? S’il est trop important, divisez-le
en microchangements à réaliser chaque jour. Soyez humble et
réaliste en tenant compte de vos possibilités actuelles.
3. Soyez le capitaine de votre santé et maintenez le cap.
Canalisez votre énergie dans la direction que vous avez choisie.
Pour être engagé, il est indispensable que vous soyez persuadé
que le changement est utile et nécessaire, au service d’un
objectif important pour vous (voir outil 1).
4. Passez à l’action et pratiquez chaque jour. Des exercices
réguliers renforcent votre détermination. Les micropratiques
peuvent être intégrées dans votre journée de travail sans que
cela prenne du temps supplémentaire. Avancez à petits pas
chaque jour dans un degré de difficulté croissant.
5. L’inconfort marque le seuil à dépasser. L’inconfort est le
climat nécessaire dans lequel s’opèrent beaucoup de
changements. « Cela ne ressemble pas à ce que j’ai connu et ce
n’est pas encore ce que cela pourrait devenir ». Identifiez
l’inconfort temporaire comme un encouragement à persévérer
dans l’effort.
6. Une fois le changement intégré comme une nouvelle
habitude, son maintien ne vous coûte pas d’énergie
supplémentaire. Prenez le temps de reconnaître le changement
accompli, donnez-lui de la valeur pour renforcer la confiance
en votre capacité à changer. Puis formulez un nouvel objectif.
Méthodologie et conseils
Si nous ne parvenons pas à acquérir le nouveau comportement, cela
signifie qu’une étape a manqué dans le processus de changement.
Était-ce trop ambitieux ? Trop contraignant ? Pas réaliste ? Non
essentiel pour nous ? Une fois analysé ce qui s’est passé, nous pouvons
formuler un nouvel objectif. Nous devrions toujours avoir au moins
une mesure de prévention en cours. Nous sommes l’actrice/l’acteur de
notre santé et il est important d’agir sur les bons leviers au bon
moment. Personne ne peut le faire à notre place !
Exemple
Les objectifs de santé au travail
Voici une liste d’objectifs de santé, choisissez ceux qui vois ressemblent :
CORPS
• Je pratique une activité physique au moins ½heure par jour, cela peut être fractionné en ¼
heures.
• Je me défoule en chantant à tue-tête quelques minutes dans ma voiture en rentrant du
travail, j’observe les effets en variant l’intensité et le type de chanson.
• Durant 2 semaines, je me couche à heure fixe y compris les week-ends pour rétablir un
rythme de sommeil régulier.
MENTAL
• Je m’accorde 5 minutes de rêverie et de détente mentale à chaque fois que je prends le
train.
• Je planifie des mesures qui me changent les idées durant les périodes de surcharge.
ÉMOTION
• Je trouve chaque soir une raison qui me fait apprécier ma journée de travail et je me
félicite des efforts que j’ai fournis.
• Je ris au moins une fois par jour.
LIENS
• Je fais des heures supplémentaires un maximum de 2 fois par semaine.
• Je bloque une plage horaire chaque jour pour des activités nécessaires à mon bien-être
comme ma vie de famille, mes amis, le sport, un moment de détente.
ÉVOLUTION
• J’écoute une conférence, je lis un article au moins chaque semaine sur un thème qui est
complètement étranger à mon travail.
SENS
• Chaque semaine je trouve une bonne raison qui me rappelle que mon travail n’est pas ma
vie
OUTIL Suivez un protocole
3 d’expérimentation
“
Apprendre c’est développer en soi
l’irrévérence, l’initiative, la liberté d’esprit.
C’est construire son intelligence.
Albert Jacquard
En quelques mots
Le protocole d’expérimentation décrit les conditions et le
déroulement d’une expérience ou d’un test. Cette
description doit être clairement définie afin que
l’expérience puisse être reproduite. Utiliser cette
méthode pour nos changements intérieurs permet de
conserver une attitude neutre, non affectée
émotionnellement et ouverte à l’exploration libre,
sans attente d’un résultat prévu à l’avance. Plutôt que
d’appliquer des mesures de prévention préétablies, par
l’expérimentation rigoureuse, nous pouvons développer
nos propres gestes et actions sur-mesure qui répondent
parfaitement à ce dont nous avons besoin.
J’EXPLORE LES MODES DE PRÉVENTION ADÉQUATS AVEC RIGUEUR ET
PERSÉVERANCE
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter d’appliquer des solutions préétablies qui ne sont pas
adaptées à son fonctionnement ;
• valider les micro-pratiques testées dans son environnement
spécifique ;
• maintenir ces micro-pratiques dans le temps avec la certitude
qu’elles seront efficaces.
Contexte
Nous cherchons parfois à appliquer directement une méthode ou une
micro-pratique « préfabriquée » sans l’adapter à notre contexte
personnel et à nos aptitudes. Parfois nous manquons de rigueur pour
appliquer ce changement dans notre vie quotidienne. Lorsque le
résultat n’est pas à la hauteur de nos attentes, nous abandonnons sans
persévérer. Affectés émotionnellement, nous le vivons comme un
échec et nous risquons de ne pas bénéficier du changement nécessaire
dont nous avions besoin.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
Focalisez votre attention sur un nouvel objectif que vous aimeriez
appliquer dans votre quotidien. Afin d’explorer et de préciser la
meilleure façon de le réaliser, suivez le protocole d’expérimentation :
1. Objectif : Posez votre hypothèse (que se passerait-t-il si… ?).
Elle peut émerger d’une observation singulière dans votre
quotidien ou d’une idée de changement à tester pour la valider
(voir témoignage p. 23).
2. Actions : Déterminez les modalités des expériences concrètes
que vous souhaitez découvrir ou tester. Les actions sont
personnelles et testées dans le « laboratoire » de votre vie
quotidienne. Reproduisez le phénomène plusieurs fois en
faisant varier un ou plusieurs paramètres impliqués dans
l’hypothèse, ne vous attendez pas à un résultat idéal dès le
premier essai. Ce qui ne fonctionne pas a autant d’importance
que ce qui réussit !
3. Évaluation : Observez vos résultats. Est-ce qu’ils valident ou
non l’hypothèse, faites une analyse critique, avec une prise de
recul du terrain, éventuellement avec l’aide d’un allié objectif,
détecter d’éventuels défauts d’application : ce qui fonctionne
que vous pouvez maintenir, ce qu’il faut approfondir, des essais
supplémentaires, ce qui ne fonctionne pas ou qui n’est pas
efficace pour vous et qu’il faut abandonner.
4. Application : Choisissez les bonnes recommandations, les
acquisitions que vous allez implémenter dans votre quotidien
de façon durable. Vous avez créé votre façon personnelle
d’appliquer la mesure qui tient compte de vos limites et de
votre contexte de vie spécifique.
Méthodologie et conseils
Tout changement dans notre routine ou nos habitudes nous coûte de
l’énergie et de l’attention. L’effort doit en valoir la peine et nous
devons être persuadés de son efficacité pour pouvoir le maintenir et
bénéficier des effets positifs sur le moyen terme. Trouver les mesures
les plus adaptées à notre situation demande une exploration par
tâtonnement, de faire des essais et de commettre des erreurs.
“
Si tu veux connaître quelqu’un, n’écoute pas
ce qu’il dit mais regarde ce qu’il fait.
Dalaï Lama
En quelques mots
L’envie d’être en bonne santé est là, nous connaissons les
mesures que nous devrions mettre en place dans notre
quotidien, comment passer de l’intention aux actes
durables ? Le plus grand défi de notre santé au travail
est de passer à l’action et de maintenir les bonnes
pratiques dans le temps. Les stratégies pour soutenir
nos actions sont essentielles, de plus, lorsque nous
respectons nos engagements personnels de changement,
nous développons notre discipline ce qui crée un cercle
vertueux. Nos actes ont un impact positif, nous sommes
satisfaits d’avoir agi pour notre santé et cela nous
encourage à continuer.
JE M’ACCOMPAGNE POUR AGIR POUR MA SANTÉ AVEC RESPECT,
PLAISIR ET RÉGULARITÉ
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• créer un mode d’emploi personnel pour passer à l’action ;
• identifier les éventuels « saboteurs » qui nous découragent d’agir ;
• construire une stratégie pour maintenir l’action dans la durée.
Contexte
Passer à l’action demande d’appliquer des stratégies adéquates, ce
n’est pas qu’une question de volonté. Il est indispensable de bien
connaître notre propre fonctionnement et de savoir comment s’y
prendre pour passer à l’action et maintenir « l’agir » dans la durée.
Sinon, nous risquons de ne pas réussir à tenir nos engagements. Notre
inconscient enregistre l’idée qu’agir n’est pas si important, nous
prenons l’habitude d’abandonner rapidement plutôt que de maintenir
nos actions dans la durée. La compétence essentielle de passer à
l’action passe souvent à la trappe.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
Pour trouver une formule que vous pourrez suivre durablement, voici
une stratégie en 3 étapes qui vous permettra de définir précisément les
composantes de votre méthode personnelle :
1. Identifiez et notez 5 conditions qui vous motivent pour
passer à l’action.
Pensez aux contextes qui favorisent une dynamique d’action pour
vous (environnement, type de musique, entourage, experts, amis,
compétition, attitude intérieure, rituels, slogans ou types de pensées,
images, etc…). Inspirez-vous des propositions de l’exemple en page
suivante.
2. Identifiez et notez 5 éléments qui vous inciteront à
maintenir vos efforts dans la durée.
Quel est le meilleur accompagnement pour vous dans la durée, que
ce soit votre façon de vous soutenir vous-même ou l’appui extérieur
dont vous avez besoin (rappels réguliers, encouragements,
challenge, stratégies de motivation mentale, évaluations régulières
des progrès, etc.) ? Inspirez-vous des propositions de l’exemple en
page suivante.
3. Identifier vos « saboteurs » habituels.
Le nombre d’excuses est illimité ! Identifiez et notez vos croyances
limitantes, soyez attentifs à vos pensées dès que vous sentez que
vous risquez de « déraper » vers l’abandon progressif et de
démobiliser votre énergie. Identifier vos saboteurs internes vous
permettra de les reconnaître rapidement et d’agir pour les
désamorcer avant que cela ne vous démotive. Inspirez-vous des
exemples de « bonnes excuses » pour ne plus agir en page suivante.
Méthodologie et conseils
Il est très intéressant d’observer les pratiques qui aident nos proches, la
façon de nous mettre à l’action et de maintenir l’effort dans le temps.
Cela est tout aussi important que les actions elles-mêmes !
Agir chaque jour est un formidable entraînement de confiance en soi et
en sa détermination ! Lorsque nous constatons que nous restons
persévérants et engagés dans nos efforts, cela renforce notre confiance
en nous et nous ressentons une satisfaction durable et plus profonde
que le plaisir éphémère de ne rien faire.
En pratique
Afin d’orienter l’ensemble des parties de nous dans le même sens, il
faut leur trouver un objectif commun.
Par exemple, si je cherche un nouvel emploi mais qu’une partie de moi
estime que j’ai « l’arrogance de prétendre » correspondre au profil
recherché, il y a de fortes chances pour que je sabote l’entretien
d’embauche. Si je me dis que je rends service aux personnes qui ont
besoin de mes compétences et que je leur serai utile, ce sera plus facile
de les contacter.
Si nous cherchons à faire plaisir tout en devant poser des limites, alors
c’est parfois incompatible ! En revanche, il est possible de décider
d’oser dire non pour permettre un travail d’équipe plus efficace sur le
moyen terme au risque de décevoir les autres temporairement.
Exemple
Mode d’emploi pour agir
Votre efficacité sera maximale dans les conditions qui vous font « vibrer » émotionnellement ou
qui sollicitent vos sens. Vous trouvez ici des exemples de situations pour les 3 étapes de la
création de votre mode d’emploi pour agir.
1. PASSER À L’ACTION
• Lorsque c’est ludique, ou intéressant je me prends au jeu et j’agis facilement.
• J’ai besoin d’être guidé pas à pas par un expert pour agir.
• Une routine quotidienne, un rituel facilite mon action.
• Un défi ou un challenge avec d’autres me stimule pour agir.
• En parler autour de moi m’engage à agir.
• J’agis lorsque j’ai touché un seuil, que je suis au pied du mur.
“
La chance arrive quand on s’est préparé à
saisir l’occasion.
Tony Robbins
En quelques mots
La procédure du « si… alors » est l’outil
indispensable pour anticiper les résistances ou les
difficultés à changer. Distractions, vieilles habitudes,
automatismes, situations à risques constituent des pièges
prévisibles ou des obstacles au changement que nous
souhaitons. La composante « si » décrit la situation
(évènement, climat intérieur, pensée, tentation, humeur)
qui pourrait constituer un obstacle à l’atteinte de notre
objectif. La composante « alors » précise la réponse que
nous choisissons à l’avance. Véritable « simulateur de
vol », la stratégie « si… alors » associe une situation
piège à un signal activant la réalisation d’un
comportement choisi.
MES SIMULATIONS ME PRÉPARENT À BIEN RÉAGIR AUX OBSTACLES
PRÉVISIBLES
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter de se sentir désemparé et impuissant devant l’obstacle ;
• préparer les options possibles face aux pièges prévisibles d’une
démarche de changement ;
• se libérer des automatismes et des habitudes comportementales et
émotionnelles.
Contexte
Lorsque nous souhaitons appliquer un changement dans nos habitudes,
il est fréquent de rencontrer le même genre de situations qui nous fait
retomber dans nos automatismes. Sans anticipation des pièges
éventuels, il peut s’avérer difficile d’appliquer au quotidien le
changement souhaité.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. « Si… ». Décrivez le plus précisément possible les obstacles
qui vous empêcheraient de réaliser votre objectif de santé. La
situation et sa fréquence, le contexte, les personnes impliquées,
les effets sur vous : humeur, pensée ou évènement sensible
qui pourrait mettre en échec votre intention. Par exemple :
• « si mon chef me fait un reproche et que cela me
décourage… » ;
• « si je suis tenté de manger un deuxième dessert… » ;
• « si je me sens découragé devant l’ampleur du travail à
faire… ».
2. « Alors ». Déterminez à l’avance ce que vous souhaitez faire,
penser ou sentir, préparez la réponse adéquate ou à tester dans
cette situation précise. Par exemple :
• « … alors je me souviens de mes derniers succès
professionnels » ;
• « … alors je choisis un fruit et je me souviens qu’être plus
léger me permettra de courir plus facilement avec mes
enfants» ;
• « … alors j’écoute une musique dynamique pour me
motiver et je me laisse entraîner par le rythme pour
travailler ».
3. Chaque « si… » que vous avez identifié comme éventuel piège
déclenchera le « alors », la réponse adéquate que vous
souhaitez appliquer ou expérimenter.
Méthodologie et conseils
Il est beaucoup plus facile de déterminer une réponse adéquate à
l’avance plutôt qu’essayer d’improviser une bonne réaction au moment
de la tentation. L’état émotionnel de la situation piège provoque une
confusion mentale qui ne nous permet pas d’être lucide et créatif.
Afin de renforcer notre motivation et d’éviter les dérives éventuelles,
nous pouvons créer « des ancrages » qui provoquent le climat intérieur
du « alors » que nous souhaitons renforcer. Pour être efficaces, les
ancrages doivent solliciter nos 5 sens, par exemple : dire à haute voix
notre slogan, voir une image « en fond d’écran » de notre dernier
succès, porter un vêtement dans lequel nous nous sentons élégant ou
des chaussures avec lesquelles nous nous sentons bien enracinés et
stables au sol, écouter le son des vagues de l’océan pour nous
détendre, toucher un objet dans notre poche qui nous rappelle l’amour
de nos proches, déguster le premier (et unique) dessert que nous
mangeons…
Exercice
Exercez-vous à la stratégie du « si… alors »
> Pour chaque « si… » proposé, choisissez au moins une réponse « alors » qui vous
conviendrait. Vous pouvez facilement en inventer d’autres une fois la stratégie bien
intégrée.
“
Certains vous délivrent de vous-même aussi
naturellement que la vue d’un cerisier en
fleurs. Leur vrai travail, c’est leur présence.
Christian Bobin
En quelques mots
Le contexte social actuel qui valorise l’effort et la
compétitivité à tout prix est parfois réfractaire aux
mesures de santé. Nous avons besoin d’un
environnement soutenant nos efforts. Nous pouvons
créer un « fan-club santé ». Il s’agit d’un cercle
d’influence positive dans lequel nous pouvons partager
nos expériences et nos explorations, être encouragés à
mettre en place les bonnes pratiques de prévention, nous
y sommes aussi confrontés et remis en question dans nos
vieilles habitudes. Si les autres prennent le risque de
sortir de leur zone de confort, alors nous aussi, nous
pouvons oser relever ce défi !
MON ENTOURAGE M’ENCOURAGE À PRENDRE SOIN DE MA SANTÉ
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter de se démobiliser en étant seul à prendre soin de sa santé ;
• faire partie d’un réseau de personnes engagées à préserver leur
santé ;
• partager les explorations, être stimulés et encouragés à mettre en
place les bonnes pratiques.
Contexte
Dans des contextes professionnels qui valorisent la performance à tout
prix, préserver sa santé demande souvent de nager à contre-courant des
habitudes collectives. Pire, lorsque nous prenons des mesures pour
nous protéger, nous risquons d’être jugés par nos collègues ou notre
hiérarchie d’être faibles et peu résistants à endurer les contraintes ! Si
nos collègues ou nos amis subissent le stress au travail et prennent des
risques pour leur santé, nous ne sommes ni inspirés ni mis au défi de
nous améliorer à prendre soin de nous.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Invitez 2 ou 3 personnes avec qui vous êtes en confiance
(amis ou collègues) ;
2. Réunissez-vous une fois par mois autour d’un nouveau thème
de santé (choisissez parmi les outils de cet ouvrage). Connaître
le thème à l’avance permet d’approfondir les partages.
3. Laissez-vous inspirer par les autres, dans leur défi, leur
succès, leur détermination et partagez votre expérience. La
dynamique de groupe est une force de changement pour
chacun !
4. Respectez le temps, terminez la réunion à l’heure et fixez une
nouvelle rencontre. La frustration éventuelle de ne pas avoir pu
tout dire motivera à participer activement la fois suivante.
5. Gardez en « mémoire vive » les actions quotidiennes
favorisant votre équilibre de santé : notez ce que vous vous
engagez à mettre en pratique et que vous avez tendance à
oublier à cause du rythme rapide et les sollicitations extérieures
constantes du travail. Échangez avec les autres afin de recevoir
des stimulations et un véritable soutien au quotidien.
Méthodologie et conseils
Pour que ce groupe dure, il est très important de respecter un cadre
précis. Le fan-club santé peut se dérouler dans la convivialité mais il a
un objectif déterminé, il ne s’agit pas d’amis qui se voient pour l’apéro
ou pour passer du bon temps ensemble.
Voici quelques règles de fonctionnement d’un cercle d’influence
positive :
1. engagement ferme à se réunir régulièrement ;
2. commencer la séance en revenant à soi et à ses besoins (outil
29) ;
3. rester centrés sur le thème et la consigne, éviter les distractions
et les apartés ;
4. s’offrir mutuellement une attitude de non-jugement (écoute
active plutôt que de chercher des solutions ou de « donner de
bons conseils ») ;
5. respecter un équilibre dans le temps de parole de chacun ;
6. terminer la séance à l’heure même si c’est très intéressant, le
travail continuera en dehors des réunions ;
7. s’engager à pratiquer avec sincérité, à « petites doses », selon
ses besoins, ses possibilités et son contexte de vie.
“
Laisser être la rose : la voir avec des yeux de rosée.
Jean-Yves Leloup
Chacun d’entre nous dispose d’un potentiel de santé unique. Quels sont
les domaines dans lesquels vous êtes entièrement engagé, efficace et où
vous avez largement révélé vos forces de santé ? Quels sont les domaines
où vos possibilités sont en sommeil, non activées ? Comment être au
service efficient de votre santé ?
L’efficience énergétique
Il n’existe pas une santé idéale qu’il faudrait atteindre quel que soit
notre âge ou notre situation de vie. Chaque être humain a un potentiel
santé qui lui est propre. Parfois, notre énergie est emprisonnée dans la
répétition due aux habitudes de pensée ou de comportement. Mais
notre potentiel santé n’est pas statique, au contraire, nous pouvons
l’activer, l’économiser et l’optimiser : il suffit de savoir s’y prendre.
L’efficience énergétique vise à réduire le gaspillage de notre énergie.
En chemin vers une qualité de vie meilleure, nous avons des seuils à
dépasser, des obstacles à repérer, des pièges à éviter en identifiant tout
ce qui nous empêche de réaliser notre potentiel de santé.
“
Le but dans la vie n’est pas que nous soyons
parfaits mais que nous devenions la
meilleure version possible de nous-même.
Eckart Tolle
En quelques mots
La santé au travail comporte 6 dimensions
interconnectées entre elles. Lorsque nous améliorons un
domaine, un cercle vertueux s’enclenche et consolide les
autres : notre équilibre de santé est activé et se renforce.
En évaluant précisément nos forces et nos faiblesses,
nous pouvons déterminer comment agir avec efficience.
Nous bénéficions tous d’un potentiel de santé unique
à développer jusqu’à notre mort. Lorsque nous révélons
ce potentiel, nous pouvons vivre pleinement et de façon
engagée.
J’ACTIVE MON POTENTIEL SANTÉ DANS TOUS LES DOMAINES
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter d’avoir une vision restreinte et simpliste des mesures de
santé ;
• évaluer les forces activées dans les 6 domaines de la santé au
travail ;
• identifier les points faibles ou le potentiel non activé.
Contexte
La santé au travail est vaste et pluridimensionnelle. Il est parfois
difficile de savoir où nous améliorer, comment et avec quelles
priorités. Par réaction, nous mettons en place des mesures alors que
nous sommes déjà en déséquilibre dans notre santé et nous stoppons
ces actions lorsqu’il n’y plus de symptômes.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Évaluez chaque domaine en fonction du potentiel de santé
activé par des pratiques de prévention :
• A = intégré à mes habitudes, pratique quotidienne quoi
qu’il arrive, je donne le meilleur de mon potentiel.
• B = partiellement pratiqué, cela ne tient pas en période
de surcharge, j’ai une marge d’amélioration.
• C = je le fais quand j’y pense et si j’ai le temps, c’est
irrégulier.
• D = je ne pratique pas même si je saurais quoi faire, par
le passé je le faisais bien.
• E = je n’y pense jamais, je ne pratique rien, je ne sais pas
quel est mon potentiel dans ce domaine.
2. Mettez en évidence 3 points sur lesquels vous souhaitez
vous améliorer durant les prochains mois.
Méthodologie et conseils
Les domaines s’influencent mutuellement entre eux. Par exemple, la
confiance en soi peut être renforcée en musclant son corps, en
entraînant sa mémoire ou en développant son réseau de soutien.
“
Le bonheur n’est pas au sommet de la
montagne mais dans la façon de la gravir.
Confucius
En quelques mots
Un bon équilibre de santé est discret et ordinaire.
Lorsque tout va bien, notre attention n’est pas
naturellement attirée par les signes de santé. De plus,
culturellement, nous ne sommes pas éduqués à y être
attentifs. En revanche, lors d’un déséquilibre, les
symptômes apparaissent (douleur, fatigue, tensions, perte
d’efficacité, émotions désagréables). Leur fonction est de
nous avertir qu’il faut prendre des mesures de protection
et de rééquilibrage. Développer une vigilance accrue aux
signaux d’alerte nous permet d’agir au bon moment pour
maintenir notre équilibre de santé et éviter la
maladie.
J’IDENTIFIE RAPIDEMENT TOUT DÉSÉQUILIBRE DE SANTÉ
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• identifier les signaux d’alerte rapidement afin d’appliquer les
mesures de protection adéquates ;
• ne pas laisser les symptômes s’installer et déséquilibrer sa santé ;
• prévenir pour éviter une intervention médicale.
Contexte
Il n’est pas toujours évident de repérer les signaux d’alerte qui
apparaissent souvent de façon progressive et insidieuse.
Culturellement, nous sommes plutôt habitués à réagir lorsque cela
ne va pas. Nous consultons un médecin lorsque nous sommes malades
plutôt que prendre conseil pour rester en bonne santé. Les signes «
d’alerte » ne jouent plus leur rôle préventif, d’autant plus que nous
avons l’habitude de nous y adapter plutôt que de nous en alerter. Nous
nous persuadons qu’en cas de douleur, il nous est possible de tenir le
coup encore un peu, sans modifier nos mauvaises habitudes… Il nous
arrive même de devenir insensibles à ces signes : la prise de
conscience n’intervient alors qu’au moment où les « limites
humaines » sont largement dépassées. Installés depuis longtemps, ces
signaux se manifestent de plus en plus fréquemment sous forme de
symptômes graves.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Complétez le tableau de bord de santé (en page suivante).
2. Une présence fréquente de signes positifs dénote d’un bon
équilibre de santé dans votre travail. Leur manque de fréquence
doit vous inciter à la vigilance et au changement. Faites-vous
une image claire et précise de vos signes de santé au travail,
ainsi vous repèrerez rapidement leur disparition. Ne vous
contentez pas d’un simple RAS (rien à signaler) qui généralise
et vous empêche de détecter les premiers signes d’alerte.
3. Déterminez 3 signaux d’alerte personnels.
Lorsque vous dépassez vos limites au travail, quels sont les
3 signaux sensibles et évidents qui devraient vous alerter ?
Méthodologie et conseils
Notre corps s’exprime simplement : lorsque tout va bien, celui-ci ne
nous donne aucune sensation forte. Il n’y a pas d’intensité
extraordinaire mais une simple fluidité, une « banale normalité » dans
les fonctions organiques et la gestion des émotions. Notre corps
possède, en bonne santé, une réserve suffisante d’énergie, un
dynamisme propre. Nos émotions sont alors présentes, vivantes, sans
être envahissantes. Dans notre culture occidentale, nous ne sommes
pas éduqués à être attentifs aux signes de santé.
Tant que les signes de santé sont présents, l’équilibre est bon, des
mesures simples de prévention peuvent être prises de façon à maintenir
cet équilibre. Lorsque les signaux d’alerte apparaissent dans notre
quotidien, il est important d’identifier le plus précisément possible
quels sont les facteurs qui ont déclenché le déséquilibre. Identifier
ces facteurs nous permettra de prendre les mesures de prévention
adaptées avant que cela ne s’aggrave. Agir pour retrouver la santé
est plus long et difficile que de prévenir !
Auto-évaluation
Mon tableau de bord de santé
> Faites un état des lieux de votre santé en évaluant la fréquence des signes suivants au
cours des 6 derniers mois.
> Puis, identifiez 5 à 7 signes de santé qui sont pour vous significatifs auxquels vous
souhaitez être attentifs.
(Source : campagne de prévention « Efficacité et bienveillance au travail ».)
OUTIL Préparez votre
9 kit de survie
“
Les situations extrêmes agissent sur nous
comme des révélateurs de ce que nous avons
appris et de qui nous sommes.
Ed Viesturs, alpiniste, a gravi 7 fois l’Everest
En quelques mots
Le kit de survie équipe tous les militaires, pilotes de
brousse ou explorateurs travaillant dans des endroits
éloignés ou dans des régions aux conditions climatiques
extrêmes. Adapté au terrain hostile (couteau suisse,
lampe de poche, cordage, trousse de secours, etc.) il
permet de se protéger par un abri sommaire, de se
procurer les premiers soins, de s’alimenter en nourriture
et en eau, de s’orienter et signaler sa présence aux
sauveteurs. Nous avons aussi besoin d’outils et d’une
procédure à suivre pour « survivre » lorsque nous
évoluons en terrain hostile ou en période de stress dans
notre travail.
JE PRENDS LES MESURES DE PROTECTION ADÉQUATES EN PÉRIODE
EXTRÊME
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter de manquer de préparation durant les périodes difficiles ;
• appliquer la procédure de survie dès que le milieu est hostile à la
santé.
Contexte
Engagés dans notre travail, nous avons pris l’habitude de solliciter au
maximum nos compétences, jusqu’à dépasser nos limites. À ce
moment-là, nous évoluons en « milieu hostile ». Au-delà de notre zone
de sécurité, notre santé est en danger, nous avons besoin d’utiliser les
« outils de survie » adaptés aux périodes d’effort et de sollicitations
accrues pour préserver notre santé.
COMMENT L’UTILISER ?
Modalités
1. Protégez votre sommeil : imposez-vous des horaires de
coucher et de lever réguliers y compris le week-end, mangez
léger et tôt dans la soirée, faites chambre à part s’il y a un
risque d’être réveillé par un proche (voir outil 20).
2. Distrayez-vous : lâchez mentalement votre travail dès que
vous n’y êtes plus, protégez votre vie privée des
préoccupations professionnelles (voir outil 27).
3. Cadrez vos pensées : limitez toute rumination ou auto-
agressivité mentale en développant un discours interne
bienveillant : « qu’ai-je bien réalisé ? » et « comment puis-je
m’améliorer pour la suite ?» sont les deux seules questions à
vous poser sur votre performance. La reconnaissance du
chemin accompli vous encourage, ne cherchez pas uniquement
à voir « la sortie du tunnel » (voir outil 24) !
4. Défoulez-vous : appliquez quotidiennement les micro-
pratiques qui vous permettent de décharger les tensions dues au
stress. Les activités dans la nature régénèrent plus efficacement
l’organisme et créent une sérénité mentale bienvenue (voir
outil 31).
5. Focalisez-vous sur vos ressources : soyez attentif aux
meilleures façons de récupérer plutôt que vous préoccuper de
réduire le stress et les contraintes. Planifiez les moments
d’activités qui vous permettent de remonter votre niveau
d’énergie (voir outil 13).
5. Négociez chaque délai ou travail supplémentaire : même s’il
est courant que votre hiérarchie ne dispose d’aucun moyen
supplémentaire, il est important qu’elle soit consciente de ces
conditions extrêmes qui ne doivent en aucun cas devenir la
norme (voir outil 37) !
Méthodologie et conseils
Il est essentiel d’être bien préparés et d’avoir entraîné les mesures de
kit de survie au préalable, avant d’entrer dans une période de
surcharge. Pour cela, il est nécessaire de bien comprendre notre
fonctionnement et nos besoins spécifiques lors de périodes exigeantes.
L’évaluation de l’outil 7 nous permet de faire le point sur les stratégies
qui nous manqueraient, puis d’explorer les outils des catégories à
améliorer. Dans une période de surcharge de travail et de stress, il est
difficile de « tester » de nouvelles méthodes que nous n’avons pas
intégrées dans nos habitudes.
“
Ne t’inquiète pas que ta vie soit sens dessus
dessous. Comment sais-tu que le sens auquel
tu es habitué est meilleur que celui à venir ?
Shams
En quelques mots
Nous avons tous déjà vécu positivement de nombreuses
situations de stress. Cet état d’éveil et d’alerte nous
permet d’agir rapidement et efficacement. Notre corps
fonctionne en surrégime pour nous mettre à disposition
davantage d’énergie immédiatement utilisable : nous
bénéficions d’un esprit vif et clair, nous sommes
déterminés à atteindre notre objectif avec une impression
d’intensité de réflexion, mais aussi émotionnelle et
musculaire. En revanche, le stress devient toxique
lorsqu’il dure trop longtemps sans récupération
suffisante. Des mesures doivent être prises pour se
préserver de l’usure dans le temps.
JE ME PRÉSERVE DES EFFETS TOXIQUES DU STRESS CHRONIQUE
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• identifier les 3 types de facteurs de stress toxique au travail et
comprendre les mesures à appliquer ;
• connaître la différence entre le stress positif et le stress chronique
pour s’en prémunir.
Contexte
Sur le moyen terme (6 mois ou plus), le cortisol, hormone du stress,
attaque notre système nerveux et altère les capacités intellectuelles,
physiques et émotionnelles. Il devient difficile de réfléchir de façon
pertinente car la vision d’ensemble se perd, les troubles de mémoire
sont fréquents. La vigilance est exacerbée et entraîne une humeur
irritable, une tendance à s’inquiéter pour rien. De nombreux efforts
sont fournis pour compenser le manque d’efficacité croissant ; les
émotions deviennent chaotiques et perturbent la réflexion et les
relations ; les ruminations et les pensées toxiques envahissent la vie
privée, il n’y a plus de possibilité de récupération. C’est le burn-out !
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Identifiez les facteurs de stress physique au quotidien :
sédentarité, excès de travail à l’écran, manque de mouvement
musculaire d’expansion et d’étirement, lumière artificielle,
bruit constant, geste répétitif, posture inadéquate,
déshydratation, environnement trop chaud ou trop froid.
Déterminez un plan d’action pour vous préserver de ces facteurs :
• effectuez des exercices physiques et des mouvements au
travail (voir outils 14 et 15) ;
• conservez une posture correcte lors du travail à l’écran
(voir outil 17) ;
• levez-vous aussi souvent que possible en expirant ;
• buvez un verre d’eau au minimum chaque heure.
2. Identifiez les facteurs de stress mental : effort de
concentration, rythme rapide, interruptions fréquentes,
surcharge d’informations, compétitivité, complexité, pensées
toxiques, ruminations.
Déterminez un plan d’action pour vous préserver de ces facteurs :
• disciplinez vos pensées toxiques et vos ruminations (voir
outils 24 et 25) ;
• alternez les activités complexes avec des tâches simples
(voir outil 13) ;
• limitez les interruptions de concentration.
3. Identifiez les facteurs de stress émotionnel : environnement
agressif, ambiance lourde et conflictuelle, critiques négatives,
injustices, plaintes collectives, travail avec des clients en
souffrance ou agressifs qui menacent votre intégrité.
Déterminez un plan d’action pour vous préserver de ces facteurs :
• apprenez à différer vos émotions sans les nier (voir outils
30 et 31) ;
• protégez-vous des émotions des autres (voir outil 38) ;
• faites face à la plainte des collègues (voir outil 38) ;
• développez une vigilance sereine (voir outil 21).
Méthodologie et conseils
Le stress est vécu différemment d’une personne à l’autre : une
personne va se charger de beaucoup de tensions et son collègue se
sentira peut-être complètement à l’aise. Ces différences sont en partie
dues aux mesures prises pour faire face, donc bien vivre, les conditions
de stress professionnel. Il s’agit d’apprendre à nager en quelque sorte.
Interview
Le degré d’épuisement professionnel dû au stress chronique,
mesurable par un test biologique
Dr méd. Urs von Rotz, médecin du travail FMH.
Pour ma santé au travail : le sport que je pratique, mes pensées positives (optimisme) et me
déconnecter régulièrement du travail.
Le docteur Urs von Rotz est médecin du travail, il nous explique les effets nocifs du stress
chronique sur notre systéme nerveux autonome.
LA MESURE DE LA VARIABILITÉ
DE LA FRÉQUENCE CARDIAQUE
1. Le système nerveux autonome régule-t-il le stress et la récupération ?
L’être humain possède un système nerveux autonome, c’est-à-dire qu’il n’est pas soumis au
contrôle volontaire. Il régule certaines fonctions automatiques du corps, comme les
battements cardiaques, la respiration, le sommeil, le système hormonal. Le système
nerveux sympathique accélère nos fonctions, il domine en état de stress.
Son antagoniste, le système nerveux parasympathique permet la récupération, il prend le
relais lors du sommeil, du repos ou de la relaxation. En cas de stress chronique, l’activité
du système parasympathique diminue, ce qui altère le repos. Si la surcharge se prolonge, le
système sympathique se dégrade également et l’énergie vitale s’altère. C’est le processus
observé chez les personnes souffrant de stress chronique qui conduit au burn-out.
2. Qu’est-ce que la variabilité de la fréquence cardiaque ?
La mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque permet d’indiquer à quel point la
personne est stressée sans récupération suffisante. Lorsque le système sympathique
domine, les battements deviennent réguliers (les écarts temporels entre les battements
cardiaques sont égaux). À l’inverse, lorsque le système parasympathique agit, ces écarts
augmentent et varient constamment. Plus les écarts sont variables, plus la personne est
équilibrée et énergique. Plus les écarts sont égaux, moins elle possède d’énergie, ce qui est
signe d’une exposition à un stress chronique (voir figures ci-dessous). Cet examen est
utilisé en milieu sportif et se répand dans d’autres milieux professionnels.
3. Quelles informations sont mesurées ?
La mesure se fait à l’aide d’électrodes collées sur votre thorax et reliées à un petit appareil
porté en bandoulière durant 24h. Un journal de bord est rempli pour indiquer les diverses
activités. Ces informations seront utiles lors de l’analyse des résultats. La variabilité de la
fréquence cardiaque :
• renseigne sur l’état de santé du système nerveux autonome ;
• indique le niveau de stress (plein d’énergie ou épuisement). La mesure décrit la
situation des derniers mois et non seulement du jour de l’examen ;
• met en évidence le moment de la journée où vous avez la meilleure performance ;
• informe sur la qualité du repos durant le sommeil ou lors de pauses.
Le rythme cardiaque sur 24 heures dépiste une éventuelle présence d’arythmies
cardiaques.
Le profil de votre sommeil informe sur le délai d’endormissement, l’architecture et la
qualité du sommeil (sommeil réparateur ou non).
4. Quel est le but de cet examen ?
De nombreuses personnes en stress chronique et épuisées sont dans le déni et ne réalisent
pas la gravité de leur état de santé. La mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque
permet d’objectiver l’état de santé et les conséquences toxiques du stress chronique sur la
base de mesures objectives.
Comparons l’activité cardiaque de deux personnes :
Homme de 49 ans, manager, sportif, en bonne santé. Le système nerveux autonome est
intact, le feu de vie vif. Cette personne présente un très bon niveau d’énergie tout au long de
la journée. La structure du sommeil est préservée et la qualité du sommeil est bon avec une
forte activité du système parasympathique ce qui permet une bonne récupération et
régénération durant la nuit.
“
Ce qui noie quelqu’un ce n’est pas le
plongeon, mais le fait de rester sous l’eau.
Paulo Coelho
En quelques mots
Au travail, les tâches intéressantes, les challenges
motivants, le sens et l’utilité de nos activités, la
reconnaissance de notre hiérarchie ou des clients, une
bonne ambiance d’équipe, tout cela constitue des sources
d’énergie. Ces ressources nous permettent de
compenser les dépenses d’énergie de ce qui est usant
et stressant. Le degré de pénibilité d’un travail ne détruit
pas instantanément notre équilibre de santé : ce qui
compte c’est de maintenir un équilibre entre la quantité
d’énergie que nous dépensons et l’énergie que nous
gagnons.
JE PEUX DÉPENSER DE L’ÉNERGIE SI J’EN GAGNE PAR AILLEURS
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• ne pas compter uniquement sur la vie privée pour compenser la
dépense d’énergie au travail ;
• équilibrer l’énergie dépensée par des mesures qui nous ressourcent
au travail.
Contexte
Lorsque le poids de ce qui est usant est plus important que ce qui nous
ressource au travail, pour rester en bonne santé, nous compensons le
surplus de dépense d’énergie en comptant sur notre vie privée. Cela
constitue une vulnérabilité accrue. Sur le moyen terme, un cercle
vicieux peut s’installer, nous accumulons la fatigue, nous effectuons
des heures supplémentaires, nous nous inquiétons du travail pendant
nos temps libres, nous nous désengageons progressivement de notre
vie privée. Nous manquons de ressources au travail et en plus nous
perdons progressivement les possibilités de récupérer et de nous faire
du bien dans notre vie privée. Le danger de s’épuiser est alors présent.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Établissez votre liste d’usures au travail (dépense d’énergie).
Les usures sont les tâches, les situations ou les attitudes qui
amènent un sentiment d’impuissance, de fatigue, d’agacement,
de lourdeur et qui vous prennent de l’énergie. Il peut s’agir de
petites choses anodines, pas grave mais qui se répètent trop
souvent et qui durent trop longtemps. L’usure se fait sur le
moyen à long terme. Pour vous aider, utilisez la grille
« usure/ressources » de la page suivante.
2. Établissez votre liste de ressources dans votre travail (gains
d’énergie). Les ressources sont les tâches, les situations ou
attitudes qui vous motivent, qui vous intéressent, qui vous
donnent de l’énergie et de la satisfaction. Les ressources
peuvent être des petits plaisirs éphémères qui donnent du sens
lorsqu’ils sont cumulés ou s’ils sont présents chaque jour. Pour
vous aider, utilisez la grille en page suivante.
3. Analysez vos deux listes. Quelle est votre impression
subjective, est-ce que l’équilibre est là, ou de quel côté penche
la balance entre usures et ressources ? Repérez sur quels points
vous avez un pouvoir d’agir de vous-même.
Méthodologie et conseils
Ce bilan est personnel, chacun d’entre nous a ses propres sources
d’usure et ses différentes façons de les compenser par ses ressources
au travail.
Concernant les points sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir d’agir,
la stratégie à adopter pour économiser notre énergie est d’accepter que
cela fait partie de nos conditions de travail. Accepter est un acte choisi,
ce n’est plus subir. Nous pourrons ainsi porter toute notre attention sur
les points que nous pouvons changer de nous-même. Dans cet
ajustement constant, nous pouvons chercher comment diminuer les
facteurs de tensions ; il est habituellement plus facile de focaliser sur
les possibilités de développer davantage de sources d’énergie au
travail.
Voir aussi outils 10 et 13
Exercice
Liste d’usures et de ressources au travail
> Cochez dans les listes ce qui est usant et ce qui vous ressource au travail.
> Puis, mettez en évidence les points sur lesquels vous avez un pouvoir d’agir pour créer la
stratégie de prévention du stress chronique personnalisée en lien avec votre situation
professionnelle actuelle.
(Tiré de C. Vasey, Comment rester vivant au travail, Dunod, 2017)
“
Les retraites doivent rythmer la vie, lui
donner, comme la ponctuation dans un texte,
sa respiration propre.
Christiane Singer
En quelques mots
L’athlète de compétition équilibre ses efforts durant
l’année par cycles de trois phases : 1. Les
entraînements (essais de nouveau matériel, musculation,
répétitions des techniques, préparation mentale) 2. La
compétition qui nécessite des soins particuliers en
termes de ressources (bon sommeil, bonne alimentation,
massages musculaires, gestion mentale impeccable) 3.
La récupération active (entraînements allégés,
étirements, réflexion sur les changements à apporter).
Nous pouvons appliquer cette même stratégie pour faire
face aux fluctuations d’exigences de notre travail dans
l’année et maintenir notre santé à long terme.
J’ALTERNE EFFORT ET RÉCUPÉRATION SUR LE LONG TERME
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• réfléchir à l’endurance au travail, entretenir son capital d’énergie
sur un long terme ;
• gérer son rythme et ses efforts en fonction d’une vision sur l’année
entière ;
• éviter d’être en « sprint » constant sans prévoir de récupération
suffisante.
Contexte
La charge de travail, le rythme et l’exigence de production dans la vie
professionnelle varient sur le long terme mais souvent les employeurs
cherchent à exploiter le maximum de ressources humaines à flux
tendus, la routine n’existe plus et les tâches non effectuées dans
l’urgence ne peuvent plus être rattrapées. Identifier les fluctuations de
charge de travail et de tensions dans l’année permet de mieux s’y
préparer et d’y faire face sans dommage pour notre santé.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Déterminez « vos compétitions » professionnelles. Ce sont
les périodes de l’année les plus chargées, les plus exigeantes,
les plus stressantes, les enjeux sont importants, la productivité
est maximale.
2. Déterminez vos périodes de « récupération active ». Ce sont
les accalmies où la charge de travail est dans la norme, vous
êtes dans une forme de routine habituelle, la productivité est
normale.
3. Déterminez vos périodes de vacances. Nette coupure avec le
travail, récupération et repos en priorité.
4. Déterminez vos périodes de préparation à la compétition.
Le moment où vous préparez le pic de stress et de surcharge, la
tension augmente. Le temps nécessaire pour vous préparer
dépend de l’intensité et de la durée de compétition.
5. Dessinez la courbe de votre rythme durant l’année entre
tension et récupération active, différenciez les périodes de
préparation à la charge maximale et de récupération qui fait
suite à cette intensité :
• tension : le stress subi est intense, la charge de travail est
très lourde ;
• récupération active : les périodes d’accalmies, de routine.
6. Observez toute l’année ainsi représentée. Quelles périodes
de l’année sont des pics de surcharge de travail ? Ces périodes
intenses sont-elles suivies d’accalmies et de diminution de
pression pour pouvoir récupérer suffisamment ? Êtes-vous bien
« entraîné·e », avez-vous mis en place de bonnes techniques de
gestion de stress pour être prêt·e à faire face à ces périodes de
tensions ? Savez-vous comment récupérer activement au travail
(voir outil 13) ?
Méthodologie et conseils
Le temps de routine entre deux périodes de stress intense permet de
rattraper les tâches courantes non effectuées dans l’urgence. Les
moments de récupération ne sont pas seulement réservés aux périodes
de vacances, il est possible de se ressourcer au travail aussi. Si nous
avons l’impression que la compétition est constante toute l’année, nous
pouvons alors nous créer des périodes de récupération artificielles
(intérieures). Il s’agit de travailler en « levant le pied » ou dans un état
d’esprit d’économie d’énergie. Il y a toujours une marge de manœuvre
personnelle et intérieure pour récupérer activement quel que soit le
contexte professionnel.
Revenir à l’essentiel
Listez tout ce qui vous fait du bien d’habitude (activités, type de
pensées, entourage). Cela vous permettra d’éliminer ce qui n’est pas
essentiel pour vous recentrer sur ce que vous aimez vraiment et qui
répond à vos besoins. Privilégiez la qualité plutôt que la quantité ! Si
vos besoins entrent en conflit avec les besoins de votre entourage,
négociez au moins une satisfaction de besoin personnel par jour.
1. Un cadre bienveillant.
Prenez le temps pour prendre soin de vous (bien manger, bien
dormir, bouger, être dans la nature, etc.). Toutefois, prenez garde de
ne pas glisser dans la complaisance : « je ne fais plus rien, plus
aucun effort, je me laisse aller ».
2. Un rythme humain.
Vous avez aussi l’opportunité de retrouver ou d’entretenir un
« rythme humain », cela signifie : prendre du temps pour soi,
ralentir, s’accorder quelquefois du temps pour ne rien faire, savourer
un bon repas, flâner sans objectif précis. Vous devez accorder des
temps de repos à votre mental pour une meilleure efficacité.
Au retour
Il faut s’accorder du temps pour se réadapter. Nous pouvons profiter de
l’occasion pour observer notre vie quotidienne avec une prise du recul
salutaire, identifier ce qui devrait être changé, une sorte de « remise à
zéro », fixer de nouvelles normes, réfléchir au rythme de vie souhaité,
cadrer le travail autrement.
Témoignage
Survivra-t-il aux vacances déconnectées ?
Rodolphe Iori, économiste d’entreprise, Care manager – consultant RH, la clinique du travail
“
Sachez vous éloigner, car quand vous
reviendrez à votre travail, votre jugement
sera plus sûr.
Léonard de Vinci
En quelques mots
Lors d’une « récupération active » l’organisme se
régénère et se prépare pour la prochaine sollicitation.
La clé de la performance est l’effort de haute intensité
entrecoupé de temps réguliers pour recharger nos
batteries et nous revitaliser. Il est impératif de prendre
régulièrement du temps pour récupérer car non
seulement cela nous maintient dans notre équilibre de
santé plus longtemps, mais cela réduit aussi
considérablement le risque d’épuisement en cas de stress
professionnel chronique. Les pratiques pour récupérer
sont physiques, mentales et émotionnelles.
MA RÉCUPÉRATION EST ADAPTÉE À L’INTENSITÉ DE MES EFFORTS
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter de puiser dans ses réserves et d’être en fatigue chronique ;
• créer un plan de récupération adapté aux efforts fournis ;
• renforcer la capacité de performance au travail en prenant soin des
besoins de l’organisme.
Contexte
Notre corps réagit d’abord à l’effort (physique, mental ou émotionnel)
avec une impression de saturation et de fatigue. Plus l’effort est long et
intense, plus cette fatigue est grande. Cette réaction appelle une phase
de récupération dans laquelle notre organisme cherche à s’adapter à
cette demande accrue. En périodes de surcharge, nous sommes amenés
à dépasser nos limites et à accumuler beaucoup de stress et de fatigue.
Il serait plus adapté de coupler effort et récupération pour une
meilleure efficacité dans la durée.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Établissez la liste des mesures de récupération que vous
pouvez mettre en place :
• plusieurs fois par jour, pour quelques minutes (décharge de
stress, micro-sieste, assouplissements musculaires, etc.) ;
• chaque semaine, pendant 1 à 2 heures (activité sportive,
loisirs ludiques, massages, sorties en groupe, lecture,
etc.) ;
• chaque mois, pendant 1 à 2 jours (bilan des
accomplissement, week-end en couple, excursion en
montagne, etc.) ;
• une à deux fois par année, de préférence pendant 10 jours à
quelques semaines (vacances, voyages, retraite, etc.).
2. Appliquez ces mesures en respectant votre plan de
récupération (réalisé pour l’année, voir outil 12) quoi qu’il
arrive.
3. Évaluez chaque semaine, chaque mois, chaque année si vous
avez suffisamment récupéré en fonction du stress vécu et de la
dépense d’énergie durant cette période. Puis ajustez en fonction
de vos besoins.
Méthodologie et conseils
La phase de récupération est essentielle car c’est la seule chance qu’a
l’organisme de s’adapter à l’effort. Cela lui permet de maintenir dans
la durée une capacité de performance stable ou même croissante. Il est
préférable d’interrompre notre tâche quelques minutes, plutôt que de
travailler des heures à la suite. Nous perdons du temps sur le moment,
en revanche, notre productivité sur le moyen terme sera meilleure. Le
plus important est de planifier ces moments de récupération. Si nous
attendons d’avoir le temps ou la disponibilité pour prendre soin de
nous, cela risque de ne jamais arriver !
La récupération concerne autant notre mental, notre corps que
nos émotions. Elle doit nous permettre de relâcher notre concentration
ou de solliciter notre attention autrement, nous libérer des
préoccupations, digérer les émotions et mobiliser notre corps
autrement. Le but est de retrouver une certaine disponibilité intérieure
(énergie, capacité d’attention et climat intérieur de sérénité) qui s’est
souvent perdue dans le rythme professionnel rapide et absorbant.
Exercice
Choisissez votre micro-pause bienfaisante…
> Pour explorer une multitude de façons de profiter pleinement d’une pause, choisissez
l’une ou l’autre des suggestions et appliquez-la le temps de votre pause. Vous pouvez vous
amuser à tirer une suggestion au hasard à chaque pause.
1. Sortez quelques minutes à l’air frais si vous travaillez à l’intérieur.
2. Envoyez un message à un de vos proches.
3. Isolez-vous 5 minutes pour sentir vos besoins.
4. Dans les moments d’attente forcée, lâchez vos préoccupations et rêvez.
5. Étirez-vous quelques minutes si vous êtes sédentaire au travail.
6. Parlez de sujets hors travail avec vos collègues et laissez-vous surprendre…
7. Fermez vos yeux 20 secondes, ou regardez dans le vide, d’autant plus si vous faites un
travail de précision ou à l’écran.
8. Expirez 3 fois profondément à la fenêtre.
9. Faites quelques mouvements pour libérer votre tête d’une sur-sollicitation.
10. Remerciez-vous d’avoir effectué votre travail tel que vous l’avez fait.
11. Exprimez vos besoins maintenant pour éviter de vous plaindre plus tard.
12. Ne pensez pas au futur, restez dans le présent et appréciez simplement ce que vous
mangez.
13. Soupirez plusieurs fois dans la journée.
14. Appréciez le travail accompli même si c’est humble par rapport à ce que vous vous êtes
fixé.
15. Offrez-vous la qualité de présence et d’écoute que vous accordez aux autres.
16. Faites la part des choses, désintoxiquez-vous des soucis superflus.
17. Distinguez la réflexion efficace de la rumination qui tourne en rond.
DOSSIER VITALISER
3 SON CORPS
“
Cela paraît toujours impossible jusqu’à ce que ce soit fait.
Nelson Mandela
Les outils
14 Pratiquez l’activité physique au quotidien
15 Empruntez les escaliers
16 Appliquez les 3 clés de la décharge de stress
17 Favorisez une posture de vitalité
18 Libérez-vous des tensions
19 Mangez léger et avec plaisir
20 Préservez votre sommeil
OUTIL Pratiquez l’activité
14 physique au quotidien
“
Le corps d’un athlète et l’âme d’un sage,
voilà ce qu’il faut pour être heureux.
Voltaire
En quelques mots
Notre corps est construit pour être en mouvement
constant ; il a besoin d’activités physiques quotidiennes
pour se maintenir en bonne santé. Immobile et
sédentaire, notre organisme souffre et se dégrade. Toute
activité physique qui donne un peu chaud est
bénéfique, il n’est pas forcément nécessaire de pratiquer
un sport. L’effort physique augmente la fabrication des
centrales énergétiques, les mitochondries. C’est bon pour
notre organisme et cela permet aussi d’optimiser le
fonctionnement de notre cerveau. Nous avons plus
d’énergie pour fonctionner à plein régime.
JE RÉPONDS AU BESOIN DE MOUVEMENTS DE MON ORGANISME
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• pratiquer quotidiennement une dose d’activité physique adéquate ;
• déterminer précisément quelles activités choisir et comment les
pratiquer.
Contexte
Le corps de l’être humain n’est pas constitué pour rester assis de
longues heures devant un ordinateur. En manque de mouvement, notre
organisme souffre sans que nous en ayons conscience. La sédentarité
croissante de notre quotidien est un des plus grands défis actuels de la
santé publique.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
• Du mouvement permanent durant la journée (au minimum
5 minutes chaque heure).
• Une grande partie des tensions accumulées au travail peuvent être
évacuées naturellement par l’activité quotidienne si elle est bien
exécutée et adaptée à nos besoins. L’activité physique ne doit pas
nécessairement être intense mais permettre une détente du corps.
• 1 heure d’activité physique par jour (cela peut être fractionné en
¼ d’heure).
• Exercez 1 à 2 fois par semaine une activité physique qui vous
fait transpirer, qui vous essouffle et qui vous fait plaisir !
Fractionner cette activité en alternant les phases intenses et les
phases de récupération est plus efficace.
• 2 séances de musculation hebdomadaires.
• Avoir des muscles permet de se protéger d’un excès de calories car
les muscles en consomment davantage.
• 1 séance hebdomadaire d’activités qui étirent vos muscles (au
minimum).
• Les étirements musculaires permettent de mieux faire circuler le
sang, l’oxygène et les nutriments dans l’ensemble du corps. De
plus, les muscles sont souvent noués de stress ou d’émotions, les
étirements permettent de lâcher les tensions et de se détendre.
Méthodologie et conseils
La fatigue mentale ne nous donne pas envie de nous mettre en
mouvement alors que c’est justement ce dont notre organisme a besoin
pour récupérer activement. Le plus important est de s’y mettre.
Pendant l’activité physique, il faut écouter notre corps et veiller à ne
pas trop « forcer ». Après coup, nous pouvons vérifier si cette activité
nous a fait du bien.
Lorsque nous sommes essoufflés, nous donnons le message suivant à
notre organisme : nous avons besoin de plus d’énergie ! Notre corps
s’adapte en créant davantage de mitochondries dans nos cellules, cela
améliore leurs capacités de production d’énergie et renouvelle notre
vitalité.
Tout mouvement ou déplacement est une occasion à saisir pour
relâcher nos crispations et nous stimuler positivement. Lorsque nous
sommes en communication au téléphone, profitons-en pour nous lever
et marcher dans notre bureau. Lors d’une réunion où la prise de notes
n’est pas indispensable, proposons à nos collègues de faire une marche
stimulante tout en travaillant. Cela favorisera la qualité de la réflexion,
le cerveau étant mieux oxygéné.
Exercice
L’effort physique « fractionné »
Une méthode efficace pour développer l’endurance est l’entraînement fractionné ou High-
Intensity Interval Training (HIIT). Il s’agit d’alterner un effort intense (par exemple, monter les
escaliers très rapidement) avec une période de récupération active courte et douce (par exemple
les descendre tranquillement). Nous pouvons l’appliquer à d’autres activités (course, vélo,
pompes, escalade, etc.) pour améliorer notre endurance et notre mental.
> Exercez-vous dans les escaliers
Pour plus de motivation, faites cette séance avec un(e) ami(e).
1. Échauffez-vous au minimum 5 minutes en réalisant des mobilisations articulaires de
l’ensemble du corps pour ensuite venir aux mouvements plus dynamiques comme des
talons-fesses, montées de genoux, squats de petite amplitude à grande amplitude, course
légère…
2. Montez les escaliers 2 à 2 le plus rapidement possible tout en gardant une qualité et
une dynamique de mouvement en fonction de votre forme du moment.
• Effectuez une série de 4 à 6 montées d’une durée de 30 secondes à 1 minute sans
vous arrêter et en courant en redescendant.
• Récupérez 3 min après votre série, puis recommencez pour 2 à 4 séries selon votre
niveau.
3. Retour au calme, terminez votre séance par une phase d’étirements et d’automassages.
OUTIL Empruntez
15 les escaliers
“
En boxe, plus vous transpirez à
l’entraînement et moins vous saignez dans la
bataille.
Julien Lorcy
En quelques mots
Les escaliers sont habituellement perçus comme
purement fonctionnels pour passer d’un étage à l’autre
alors qu’ils sont un excellent terrain d’entraînement.
Monter les escaliers en courant, nous pouvons le
pratiquer n’importe où et n’importe quand. Ce type
d’exercice est toujours préconisé par les préparateurs
physiques il est extrêmement efficace pour développer
l’endurance musculaire et la condition physique
générale. Simple à appliquer au quotidien, cette
activité physique s’inscrit dans une hygiène de vie
globale pour préserver notre santé.
JE PRENDS SYSTÉMATIQUEMENT LES ESCALIERS PLUTÔT QUE
L’ASCENSCEUR
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter de devoir prendre du temps supplémentaire pour faire de
l’exercice ;
• améliorer sa condition physique par une pratique quotidienne
simple.
Contexte
Gravir les escaliers est un bon point de départ pour enrayer la
sédentarité, cette pratique est très accessible et il est facile de l’intégrer
dans la vie quotidienne comme une bonne habitude. Le déplacement
vertical est un meilleur effort que la marche à plat. Nous avons de
nombreuses occasions de prendre les escaliers dans notre vie
quotidienne.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
• Choisissez de prendre systématiquement les escaliers plutôt que
l’ascenseur, sur le lieu de travail, dans le métro, en ville, chez
vous.
• Dans les escaliers roulants, faufilez-vous entre les personnes et
montez ou descendez-les vous-même par l’effort de vos mollets !
En descendant les escaliers, détendez votre corps et laissez-vous
guider par la force de gravité, profitez-en pour relâcher vos
muscles des bras et du torse à chaque secousse.
• Modulez votre rythme : osez explorer l’intensité physique,
accélérez dans les montées d’escalier, montez les marches une par
une, ou deux par deux, alternez lentement ou rapidement. Montez
en courant pour faire du cardio ou montez lentement pour faire du
renforcement musculaire.
Monter plus vite les escaliers vous exerce à vous coordonner, cela
exige de la concentration afin ne pas manquer une marche. Cela vous
permet de focaliser sur vos sensations physiques et votre équilibre, et
en même temps d’oublier vos préoccupations mentales.
• Optez pour la régularité (tous les jours) et la fréquence de ces
entraînements durant la journée. Ces aspects sont plus importants
que la durée de l’exercice.
Gravissez systématiquement les escaliers comme un automatisme, ne
vous posez pas la question si vous avez envie ou pas de le faire.
Encouragez vos collègues à faire pareil !
Profitez des beaux jours pour effectuer ces séquences au grand air ; si
vous pouvez emprunter des escaliers en extérieur, elles n’en seront que
plus bénéfiques pour votre santé.
Méthodologie et conseils
Cette activité physique améliore nos capacités cardiovasculaires et
entretient notre musculature. Notre corps s’adapte en fonction des
sollicitations que nous lui imposons dans la durée et la régularité.
Prendre une telle habitude, crée une différence significative pour notre
santé à moyen et long terme.
Si nous redémarrons l’activité physique après une longue période de
sédentarité, il faut toujours veiller à « forcer » progressivement dans
l’effort, prendre le temps d’explorer nos capacités physiques, rester en
contact avec notre corps et apprendre à écouter ses signaux.
Les escaliers sont souvent désertés lorsqu’il y a un ascenseur à
disposition, cela peut nous permettre d’effectuer librement quelques
exercices (plus expressifs !) pour nous défouler ou décharger nos
tensions.
Interview
Garder la forme physique au travail
Myriam Bouzidi est coach sportive et massothérapeute.
Pour ma santé au travail : je prends conscience de moi-même et de mes limites, je m’écoute et
me respecte.
“
Tu ne peux pas trouver la paix en évitant la
vie.
Virginia Woolf
En quelques mots
À l’inverse de la « bonne fatigue », tout à fait saine, qui
permet à notre corps de récupérer après un effort ; « la
fatigue de tension » est une réponse corporelle à un
mauvais stress. Lorsque nous l’éprouvons, nous sommes
tendus, anesthésiés et notre esprit est surchargé.
L’énergie accumulée à cause du stress que nous n’avons
pas réussi à évacuer, s’accumule et créé une tension.
Cette tension a besoin d’être extériorisée pour
rétablir l’équilibre dans notre corps. Nous devons
alors ouvrir la « soupape de sécurité », et exprimer, c’est-
à-dire faire sortir, le surplus de stress.
JE CRÉÉ DES SOUPAPES DE SÉCURITÉ POUR DÉCOMPRESSER
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• avoir une bonne hygiène énergétique et émotionnelle ;
• décompresser des tensions accumulées.
Contexte
Votre corps vous alerte rapidement lorsque vous êtes chargés de
tensions au détriment de votre santé :
• votre amplitude respiratoire est restreinte ;
• vos mâchoires sont serrées et une crispation peut s’installer au
niveau de la gorge ;
• vos épaules sont relevées et votre nuque est tendue ;
• des tensions apparaissent dans votre ventre et au niveau du
plexus solaire.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Identifiez vos soupapes de sécurité. Les 3 clés indispensables
à la décharge de stress sont :
• l’expiration (un effort musculaire sur l’expire et une
détente sur l’inspire) ;
• le mouvement (réalisez des mouvements fluides pour vous
détendre) ;
• l’augmentation du volume de la voix (relâchez votre
voix, sans crier : chantez ou parlez un peu plus fort).
2. Explorez les gestes qui libèrent votre énergie et qui vous
défoulent. La sensation corporelle (soulagement, détente,
impression que l’énergie circule, picotements, vitalité) en
comparant « avant-après », vous indique si la décharge de
stress est efficace.
3. Pratiquez la décharge de stress au quotidien. Soyez
déterminés, tout mouvement ou déplacement sont des
occasions à saisir pour relâcher les tensions en y appliquant les
3 clés :
• Votre classeur est sur la bibliothèque ? En le prenant, étirez
votre bras, votre dos, votre nuque en expirant…
• Vous montez ou descendez les escaliers ? Faites-le en
secouant légèrement toutes les parties de votre corps ;
• Ouvrez une fenêtre et expirez profondément.
Quelques minutes suffisent en étant bien « entraînés » pour
décompresser des tensions efficacement !
Méthodologie et conseils
La fatigue de tension, nous donne l’impression de manquer d’énergie
pour agir. En réalité, nous avons encore de l’énergie mais elle est
bloquée, stockée sous forme de lourdeur : les tensions encombrent
notre corps et notre esprit. Cette accumulation de contractions
accapare nos forces et nous donne l’illusion de ne plus avoir d’énergie.
Une fois la décompression effectuée, le soulagement et la détente
physique libèrent notre énergie et nous nous sentons régénéré.
Soyons attentifs aux faux amis… Certaines activités semblent nous
changer les idées mais ne nous détendent pas. Perdons-nous de
l’énergie là où parfois nous pensions en gagner ? La télévision, par
exemple, donne l’impression que nous nous relaxons car cela nous
change les idées ; mais notre corps n’est pas sollicité, cela nous charge
d’informations ou d’émotions supplémentaires qui risquent d’ajouter
des tensions.
Auto-évaluation
J’applique les 3 clés de la décharge de stress
RÉSULTATS
12 points = Bravo ! Vous êtes impeccable en décharge de stress !!!
de 11 à 9 points = Bon niveau de compréhension et vous avez une marge d’amélioration.
< 9 points = Vous avez une grande marge d’amélioration dans ce domaine ! Lorsque vous
appliquerez des mesures de décharge de stress dans votre quotidien, vous constaterez
probablement un très bon impact sur votre santé et votre climat intérieur.
OUTIL Favorisez une posture
17 de vitalité
“
Comment nous contaminer les uns les autres
de ferveur et de vie ?
Christiane Singer
En quelques mots
Au travail, le vrai challenge est de renouveler chaque
jour notre motivation. Habituellement, nous nous
appuyons sur notre mental pour rester efficace. En
développant notre conscience corporelle par des
micromouvements, en alignant notre posture ainsi qu’en
augmentant la fréquence des mouvements au travail,
nous renforçons notre vitalité mentale et physique et
nous gérons mieux nos émotions. Créez la dynamique
physique dont votre organisme a besoin tout au long de
la journée de travail, pas uniquement dans la salle de
sport. Il s’agit d’un travail musculaire stimulant mais
décontracté.
VITALISER MA POSTURE STIMULE MA FORCE MENTALE
http://dunod.link/edahi23
Voir le témoignage vidéo.
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter d’être trop contracté ou affaissé dans la position assise ;
• renforcer la vitalité mentale grâce à une assise correcte et des
mouvements réguliers.
Contexte
• Trop contracté. Une crispation corporelle se développe au fur et à
mesure que s’installent les préoccupations mentales, lorsque nous
sommes « sur nos gardes » ou dans une immobilisation trop
longue. Les attitudes de résistance et d’effort créent des tensions
corporelles. Nous sommes également enclins à tendre nos
muscles lors d’une surcharge émotionnelle (pensées toxiques,
méfiance, frustration, ressentiment…).
• Affaissé. Dans une majorité d’emplois du secteur tertiaire, nous
n’utilisons pas suffisamment nos capacités musculaires. Nous
perdons l’habitude de nous appuyer sur la force dynamique de
notre organisme. À la suite d’une période de crispation, notre
corps aurait besoin de mouvements décontractants. L’erreur est de
chercher la détente et la récupération en nous laissant-aller
physiquement. Souvent, un petit effondrement intérieur se traduit
par un affaissement dans notre posture. Absents de nous-mêmes,
nous perdons notre axe naturel. Cela risque d’anesthésier notre
conscience corporelle et de ne plus ressentir ce dont notre
organisme a réellement besoin.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
• Maintenez une bonne verticalité en étant assis ou debout.
Respirez en effectuant des micro-modulations au niveau du
ventre, et conservez une bonne amplitude respiratoire
abdominale.
• Mettez-vous en mouvement léger, afin de parvenir à une
« détente stimulée » soutenue par votre respiration. Dans un
profond soupir, expirez longuement et profondément en
contractant les abdominaux. Relâcher les muscles à l’inspiration.
• Profitez des moments de transports en bus, train ou voiture pour
redresser votre posture : plaquez votre bassin et vos lombaires
contre le siège puis laissez le haut du torse se décoller légèrement
du dossier (ne pas cambrer le dos). Chaque secousse sollicite
votre musculature abdominale pour rétablir l’équilibre, un
exercice de fitness très efficace !
Méthodologie et conseils
Notre corps est construit pour fonctionner en mouvement, rester assis
des heures n’est pas naturel : notre dos est courbé provoquant une
pression sur les disques intervertébraux. Les poumons ont moins
d’espace pour respirer avec une large amplitude, notre cerveau risque
d’être moins bien oxygéné, la concentration est moins efficace. Il est
possible d’utiliser ces moyens de stimulation tout au long de la
journée, même discrètement à notre place de travail. L’idéal est
d’intégrer les mesures adéquates dans notre vie quotidienne et non
uniquement à la salle de sport.
“
Toute crispation, même partielle, affecte
l’homme tout entier, car elle s’oppose au
mouvement de transformation.
Karl Graf Dürckheim
En quelques mots
La nuque et les épaules sont souvent tendues par la
sédentarité croissante au travail et les heures passées
devant un écran d’ordinateur. Afin de maintenir la
fluidité de nos gestes et de favoriser la détente
physique, il est possible de mettre en place
régulièrement quelques pratiques d’étirements
musculaire du haut du corps tout au long de la journée.
Nous pouvons développer notre propre routine de
mouvements qui favorisent notre bien-être physique et
mental. Un corps détendu consomme moins d’énergie
que s’il est sous tension, les quelques minutes passées à
nous détendre nous permettent de gagner en efficacité
par la suite.
JE TRAVAILLE AVEC PLUS D’EFFICACITÉ GRÂCE À LA DÉTENTE
MUSCULAIRE
(Source : Cornelia Kauhs d’après Bob Anderson, Le Stretching, éd. Solar, 1983)
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter de subir les tensions produites par le travail assis durant de
longues heures ;
• développer sa propre routine de mouvement au travail ;
• effectuer des mouvements de détente physique ciblés durant
quelques minutes plusieurs fois dans la journée.
Contexte
La généralisation de l’informatique dans les administrations, les
entreprises, les domiciles, a permis des gains de productivité.
Cependant, notre corps souffre assis sur une chaise pendant huit heures
par jour ou plus. De nombreuses personnes ressentent des tensions
quotidiennes au niveau de la nuque, des épaules, de la mâchoire, du
haut du dos ; ces endroits du corps sont particulièrement sollicités et il
est courant de souffrir de tensions chroniques lorsqu’on travaille tous
les jours assis devant un écran.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
5 minutes pour détendre : épaules, nuque, mâchoire, haut du dos.
1. Baillez pleinement et généreusement 3 x ; c’est un excellent
exercice qui vous permet de dissiper les tensions de la
mâchoire, l’arrière gorge, le visage et les yeux.
2. Détendez vos épaules en pinçant fermement le « trapèze »
(le muscle qui relie l’épaule à la nuque), bouger la tête en
direction du côté tenu en expirant. Réalisez cet étirement 3 fois
de chaque côté.
3. Étirez la région des omoplates, les doigts croisés derrière la
nuque, les bras pliés dans l’alignement du dos. Rapprochez vos
omoplates pendant 8 à 10 secondes (cela permet de détendre
les épaules et la partie supérieure du dos)
4. Étirez vos avant-bras pendant 30 secondes en posant les
mains sur votre chaise, à côté de vos cuisses, les pouces à
l’extérieur, les doigts dirigés vers l’arrière, les paumes bien à
plat.
5. En gardant le dos droit, tournez lentement la tête en ployant
le cou par demi-cercle, de gauche à droite, puis de droite à
gauche en passant le menton sur la poitrine. Attention, ne
penchez pas la tête en arrière car la nuque doit être protégée.
Arrêtez-vous aux endroits qui nécessitent davantage
d’étirement. Si vous le faites dans une attitude de détente, en
utilisant le poids de la tête, la tension pourra se dénouer.
6. Terminez l’exercice en cherchant l’endroit où la tête peut se
positionner sans effort, comme « posée entre vos épaules ».
Méthodologie et conseils
Les sportifs savent qu’avoir un corps tendu et mobilisé ne permet pas
la meilleure performance : la contraction est moins optimale si le
muscle est déjà sous tension. Le rendement (vitesse et puissance) en
sera moins bon. Nous pouvons généraliser ce principe à l’efficacité au
travail, les tensions musculaires nous coûtent beaucoup au détriment
de notre concentration.
“
Le secret pour bien vivre et longtemps est de
manger la moitié, marcher le double, rire le
triple et aimer sans mesure.
Proverbe tibétain
En quelques mots
Les capacités digestives sont diminuées lorsqu’il y a
stress et fatigue et notre corps consomme davantage de
certains nutriment et vitamines lorsqu’il fonctionne en
sur-régime. Les repas au travail doivent donc être
simples à digérer, composés d’aliments de qualité,
frais et complets. Il faut privilégier les aliments qui
contiennent les plus hauts taux de vitamines, d’oligo-
éléments et de minéraux dont le corps a davantage besoin
lors des périodes de tension. Une alimentation
adéquate favorise notre attention mentale constante
et régulière sans effort.
J’ADOPTE DES HABITUDES ALIMENTAIRES SAINES PLUTÔT QU’UN
RÉGIME OCCASIONNEL
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• s’alimenter de façon équilibrée pour maintenir son niveau
d’énergie stable toute la journée ;
• éviter les carences éventuelles dues au stress chronique.
Contexte
Le fossé se creuse entre le bien-être de notre organisme et notre mode
de vie. Le symptôme le plus visible de ce nouveau phénomène est la
prise de poids. Le stress est le plus grand danger pour l’équilibre de
notre alimentation. Lorsque nous sommes soumis à ces tensions, nous
digérons moins bien et avons tendance à grignoter des aliments sucrés
ou gras, hyper énergétiques tout au long de la journée de travail pour
tenir le coup. Ces aliments nous créent des hypoglycémies réactives.
Un cercle vicieux s’installe.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. respirez tranquillement entre chaque bouchée ;
2. mangez à votre propre rythme (un aliment bien mâché est à
moitié digéré) ;
3. savourez votre repas (le plaisir vous permet de vous
détendre) ;
4. mangez comme si c’était le dernier repas de votre journée ;
5. buvez au moins un litre d’eau entre les repas (plutôt que de
boire durant le repas).
La composition d’un repas équilibré :
• une salade, des crudités ou un légume cuit ;
• une protéine légère : poisson, viande grillée, œuf ou fromage ;
• un « sucre lent » pour fournir du carburant de longue durée :
pommes de terre, riz complet, pâtes complètes…
Entre les repas :
• fruits frais ou secs, à volonté ;
• boire 2 à 2,5 litres d’eau par jour ;
• la prise d’un complément alimentaire naturel aide à retrouver
ses forces. Au choix : levure de bière, pollen de fleurs,
spiruline, ginseng, acérola…
Méthodologie et conseils
Nous pouvons apprendre à mieux connaître notre organisme et adapter
notre style de vie à nos besoins biologiques. Le rythme de nos
journées, la quantité d’activités physiques, la qualité de sommeil, notre
climat émotionnel influencent notre métabolisme et nos besoins
énergétiques. Il est important d’adapter notre alimentation en
conséquence.
• Manger lentement permet au corps de dire stop au bon
moment. Une mastication suffisamment longue est la première
condition d’une bonne digestion et assimilation de tous les
aliments, en particulier les végétaux.
• Pour détendre un estomac noué, il est bon de boire une boisson
chaude au début du repas, puisque la chaleur a une action
décontractante sur le tube digestif.
La déstructuration des modes et rythmes de vie fait que nous perdons
l’habitude de faire de vrais repas, nous risquons de grignoter et de
manger n’importe quoi à toute heure du jour et de la nuit.
Interview
Bien manger pour mieux travailler
“
On nous a donné le sommeil pour nous
reposer de vivre avec nous-mêmes.
Jacques Deval
En quelques mots
Les hormones sécrétées lors de périodes de stress
stimulent et éveillent notre organisme. Le sommeil se
fragilise en période de stress et d’inquiétude alors que
nous en aurions davantage besoin : bien dormir est un
des meilleurs moyens de récupérer d’une journée de
travail chargée et fatigante. Il est vital d’appliquer
quelques règles simples au quotidien pour protéger
notre sommeil en cas de période de surcharge et de
tensions accrues. Un bon sommeil est favorisé par la
régularité, un repas du soir léger, une activité physique
quotidienne, un environnement calme et apaisant au
coucher.
EN CAS DE STRESS, J’APPLIQUE LES RÈGLES POUR BIEN DORMIR !
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter de subir un sommeil médiocre sans appliquer les mesures
protectrices ;
• préserver le sommeil des conditions de stress au travail qui le
mettent en danger.
Contexte
Un rythme de vie soutenu, les soucis, les mauvaises habitudes mettent
en danger notre capacité à bien dormir. Mal dormir est désagréable et
nous empêche de travailler : confusion, perte de concentration, oubli,
multiplication des erreurs, accidents du travail, irritabilité, manque de
patience sont quelques exemples de ses conséquences.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Respectez les mêmes heures de coucher et de lever chaque
jour quelle qu’ait été la qualité de sommeil de votre nuit.
Maintenez le même rythme les jours de congé !
2. Exercez des activités physiques la journée, elles favorisent
un bon sommeil, en créant de la bonne fatigue. En revanche,
évitez les activités sportives avant le coucher car elles stimulent
momentanément notre organisme.
3. Disciplinez vos pensées et gérez vos émotions la journée
pour éviter les mauvaises nuits.
4. Mangez léger et évitez les excitants le soir. Limitez les repas
copieux et les sucreries avant d’aller dormir. Exit caféine (café,
thé, cola) et alcool qui altèrent votre sommeil. Si vous êtes
fumeur, tentez de supprimer les cigarettes du soir.
5. Favorisez un retour au calme avant l’heure de dormir.
Adoptez des pratiques agréables avant d’aller au lit (lecture
paisible, détente, musique apaisante, etc.). Renoncez à tout
stimulant mental (lecture professionnelle, livre à suspens,
discussions animées) et évitez de vous exposer aux écrans le
soir (téléphone, tablette, jeux vidéo…)
6. Créez un environnement favorable.
• dans la mesure du possible dormez dans le noir, car la
lumière stimule votre cerveau inutilement et empêche une
bonne récupération. En été, tirez les rideaux ou portez des
cache-yeux car la lumière du matin peut provoquer un
réveil précoce ;
• dormez dans le calme. Si vous souffrez des nuisances
sonores, n’hésitez pas à mettre des tampons auriculaires ;
• évitez de regarder l’heure pendant la nuit car vous risquez
de faire des calculs sur le nombre d’heures de sommeil
manquantes ce qui ne favorise pas le rendormissement.
Méthodologie et conseils
Un bon sommeil est essentiel à notre efficacité au travail car il permet
de recharger nos batteries : notre corps peut rétablir ses réserves et se
revitaliser. De plus, durant le sommeil, notre cerveau profite de
l’absence de stimulations et d’activités extérieures pour mettre de
l’ordre, il efface les informations qui ne sont pas utiles pour mieux
mémoriser ce qui est important. Les circuits de nos neurones
« répètent » les apprentissages, intègrent les nouveautés et digèrent les
émotions.
Auto-évaluation
Favorable ou défavorable au sommeil ?
> Identifiez parmi les affirmations suivantes les bonnes et les mauvaises pratiques.
Cela vous permettra de constater si vos habitudes sont favorables ou non à votre
sommeil :
RÉPONSES
Favorables : 2 – 5 – 12 – 13 – 14 – 15.
Défavorables au sommeil : 1 – 3 – 4 – 6 – 7 – 8 – 9 – 10 – 11 – 16 – 17 – 18.
DOSSIER RENFORCER
4 SON MENTAL
“
Votre esprit est votre meilleur ami ou votre pire ennemi et vous
avez affaire à lui du matin au soir que vous le souhaitiez ou non !
Mathieu Riccard
Les outils
21 Appropriez-vous la vigilance du samouraï
22 Améliorez vos stratégies de mémorisation
23 Mettez votre mental en jachère
24 Cadrez vos ruminations mentales
25 Trouvez l’antidote aux pensées toxiques
26 Déconnectez-vous sainement des technologies
27 Prévoyez un sas de décompression après le travail
28 Désamorcez la procrastination
Appropriez-vous
OUTIL
la vigilance
21
du samouraï
“
Nous n’avons pas choisi la maladie, la mort,
mais nous avons la liberté intérieure de
transformer l’impasse en chemin.
Marie de Hennezel
En quelques mots
Au travail, nous sommes parfois confrontés à de
nombreux défis en parallèle. Comme un samouraï
entouré d’adversaires, en état d’alerte, il ne sait ni
quand ni par qui il sera attaqué. Nous ne pouvons
donc pas focaliser notre attention pleinement sur l’un ou
l’autre adversaire. À l’inverse de ce mode « lampe de
poche », le spectre de notre attention peut s’élargir, notre
esprit devient vigilant. Mais nous ne pouvons nous
rendre disponible que si notre esprit et nos muscles sont
détendus. Entretenir un état de veille vivante exige toute
notre attention mais ne nécessite ni énergie ni effort.
L’ATTENTION EST LA PLUS GRANDE FORCE DE NOTRE MENTAL
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• retrouver un équilibre et élargir son attention ;
• prendre conscience de sa présence intérieure.
Contexte
Notre cerveau privilégie naturellement le problème à résoudre dans
l’immédiat ou le danger potentiel. Si ce réflexe archaïque a permis
notre survie à travers les âges, il peut aujourd’hui nous être
dommageable. Ainsi, inconsciemment et sous stress, nous nous
focaliserons sur le manque, le négatif. La difficulté à surmonter prend
davantage de place dans notre esprit et nous concentrer sur elle
l’amplifie. Il est donc important de bien choisir ce sur quoi nous
portons notre attention pour éviter que cette force se retourne contre
nous.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Mettez-vous debout, jambes écartées d’une largeur de hanche.
Prenez un instant pour sentir le sol sous vos pieds ainsi que la
verticalité votre colonne vertébrale. Prenez conscience de
l’espace rempli par votre présence. Votre dos est droit, votre
poitrine ouverte, votre respiration fluide.
2. Gardez le dos droit et oscillez d’avant en arrière
progressivement, vos pieds sont collés au sol, vos muscles
fermes mais détendus. Puis rétrécissez le spectre de vos
mouvements jusqu’à l’immobilité.
3. Faites de même sur l’axe gauche-droite, pieds constamment
collés au sol, dos droit.
4. Avec le haut de votre corps, décrivez une spirale de plus en
plus grande, partant du centre, agrandissez-la, puis rétrécissez-
la jusqu’à l’immobilité. Recommencez dans l’autre sens.
5. Prenez maintenant un instant pour sentir sous vos pieds, votre
enracinement au sol et votre connexion au reste de l’espace.
Observez votre présence élargie.
6. Identifiez les moments où vous vivez dans cette attention
élargie et entraînez votre vigilance au quotidien.
Exercice inspiré par Reynald Olivier, 6e dan de karaté.
Méthodologie et conseils
Entraîner et appliquer cette « vigilance du samouraï » dans notre vie
professionnelle nous coûtera un minimum d’énergie pour un maximum
d’efficacité : centré, les sens en éveil, notre présence s’élargit, comme
si l’environnement était notre propre prolongement. Enracinés dans
notre sensation intérieure, nous sommes capables de prendre du recul
et nous voyons la réalité sous ses différents aspects. Il s’agit de se
centrer sur soi et de cultiver une attitude de détente dans les situations
difficiles. Plutôt que d’avoir le « nez dans le guidon », avec le risque
d’oublier ou de sacrifier quelque chose, nous pouvons être présent à
tout avec une attention élargie. Nos décisions et nos actes se font au
bon moment de façon pertinente.
Interview
L’attitude du karatéka
Philippe Corneloup, 7e dan, ancien champion de France de karaté. Expert fédéral de Karaté
Défense Training à la Fédération française de karaté et disciplines associées
Pour ma santé au travail, j’ai l’esprit tranquille et serein, je pratique du sport et je reçois de la
considération hiérarchique.
QUEL EST LE CLIMAT INTÉRIEUR NÉCESSAIRE
LORSQUE NOUS SOMMES ENTOURÉS
D’ATTAQUANTS ?
Dans les arts martiaux, nous cultivons une attitude ouverte dans l’esprit et le corps.
L’accueil est essentiel pour ce type de combat. L’accueil est une attitude bienveillante, qu’il
nous est impossible d’adopter en étant recroquevillé sur nous-même. L’homme était à
l’origine un être à quatre pattes qui a tenu à se redresser face à la pesanteur. Il a fait la
démarche de s’élever, de se redresser face à la vie. La bienveillance c’est un regard, une
considération de soi et de l’autre, un épanouissement. C’est accepter d’aller vers l’autre.
À l’entraînement, lorsque je suis entouré de plusieurs attaquants, mais dans une posture
d’accueil, je ne gamberge pas, mon état d’esprit est vidé de toute pensée parasite et en éveil.
La première attaque réveille mon instinct, je laisse faire les choses, sans limite. Mon état
d’esprit est clair et mes actions sont précises. Tout bouge et tout est en éveil en moi. Je me
place, je me relâche et je m’ouvre. Je suis centré sur la présence de mon corps et cela me
permet de capter l’espace autour de moi. J’élargis ma qualité de présence…
“
La connaissance est notre plus grande
richesse et l’amour d’autrui la plus belle
valeur humaine.
Jacques Dubochet
En quelques mots
Contrairement aux idées reçues, le cerveau n’est pas un
muscle mais il a besoin d’être entraîné tout comme ces
derniers pour ne pas glisser dans un « état léthargique »
d’hypostimulation. Activé et sollicité régulièrement, il
mémorise plus efficacement qu’un cerveau habitué à
fonctionner au ralenti. Améliorer la mémoire signifie
accorder une attention plus soutenue à son
environnement, chercher consciemment à retenir les
informations. Afin de faciliter le stockage des souvenirs,
nous devons accorder de l’importance à nos expériences
vécues, nous les approprier.
J’EXERCE MON CERVEAU À MÉMORISER JOYEUSEMENT
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• mémoriser activement et volontairement ;
• comprendre le processus de mémorisation et s’entraîner au
quotidien.
Contexte
Lorsque nous nous laissons envahir par les préoccupations mentales,
elles occupent presque la totalité de notre mental conscient. Cela
brouille nos autres pensées conscientes, désordonne notre cerveau et
aboutit à la distraction. Cet état d’esprit favorise la négligence, le
désintérêt, le manque d’attention sélective, et nous empêche de
mémoriser correctement.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Vouloir mémoriser. Il s’agit de passer d’une attitude passive à
une attitude active qui vous rendra service. Faites désormais le
choix conscient de ce que vous souhaitez vous rappeler.
Priorisez ce qui est important à mémoriser en termes de critères
rationnels et d’aspects subjectifs : la pensée ou l’information,
l’émotion qui y est rattachée, les sensations corporelles, le
climat intérieur…
2. Associer l’information à des expériences sensorielles pour
la fixer. Vous ne pouvez pas mémoriser ce que vous n’avez pas
éprouvé. Enrichissez votre observation par vos 5 sens. Par
exemple, si vous devez mémoriser une procédure à suivre,
écoutez votre propre voix répéter les étapes, visualisez le
chemin à parcourir dans votre espace imaginaire et chaque
étape à un geste simple et distinct.
3. Utilisez l’imagination créative ou l’association d’idées :
• la similitude : ce nouveau collègue me rappelle mon ancien
chef ;
• les contraires : ce nouveau collègue ne s’habille pas
comme moi ;
• l’unité (des choses apprises en association), ce nouveau
collègue fait partie du département marketing ;
• la fréquence (la répétition), je visualise ce nouveau
collègue plusieurs fois en répétant son nom ;
• l’antériorité (les expériences plus récentes sont prioritaires,
les répéter les mettent au-dessus de la pile !),
• la vivacité (les impressions vives sont mieux mémorisées.
Associer l’action, le comique, l’exagération augmente la
vivacité).
4. Utilisez des mots-clés : ils fonctionnent comme un hameçon,
ils captent l’ensemble de l’information et le « sortent de
l’eau ».
Méthodologie et conseils
Mémoriser signifie garder l’information en « mémoire vive », prête à
fonctionner ou à être ranimé. Notre comportement, nos critères
personnels de valeur, nos goûts et intérêts décident où et comment trier
et stocker les informations. Nous nous rappelons ce qui est digne
d’intérêt pour nous, selon nos expériences et nos connaissances
antérieures. Si nous considérons l’information comme accessoire, elle
sera stockée dans une zone inaccessible de notre cerveau.
L’efficacité mnésique et cognitive nous demande d’être
physiquement en forme. Nous ne mémorisons pas efficacement
lorsque nous sommes fatigués : la vitesse de libération des
neuromédiateurs diminue et provoque un ralentissement général de nos
pensées. La démotivation, la perte de moral entraînent l’hypoefficience
cérébrale : certaines zones de notre cerveau entrent petit à petit en
« sommeil ». Stimuler notre esprit par des exercices de mémoire
permet de retrouver une vivacité mentale et d’améliorer notre moral.
Exercice
Exercez votre esprit à mémoriser
RANGEZ CONSCIEMENT VOS DOSSIERS
• regardez sa surface, sa couleur, touchez la texture de l’étagère ;
• entendez le bruit du dossier sur la table ;
• fixez dans votre esprit l’endroit où vous l’avez posé et la façon dont il est disposé.
Plutôt que de poser vos dossiers n’importe où avec négligence, déposez-les consciemment en
vivant l’expérience le plus pleinement possible.
“
Le vide ne peut être enfermé ; la douceur ne
peut être brisée.
Bruce Lee
En quelques mots
La jachère est une période sans plantation ni récolte
destinée à laisser temporairement reposer une terre
cultivable. Dans une stratégie similaire, nous pouvons
mettre notre « terre cérébrale » en jachère pour la laisser
se régénérer avant la prochaine culture. Il s’agit en
réalité de laisser notre esprit vagabonder, sans but
précis, notre cerveau se met alors en « veille » et active
un phénomène physiologique : le « mode par défaut »
(RMD). Véritable « reset » cognitif, il permet de
restaurer le réseau cérébral.
L’ESPRIT VAGABOND ACTIVE LA RESTAURATION DU CERVEAU
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter de surstimuler le cerveau pour rétablir une fluidité dans son
réseau de communication interne ;
• créer les bonnes conditions pour activer le réseau de mode par
défaut (RMD) : lâcher prise et laisser libre cours à nos rêveries
sans s’endormir.
Contexte
Dans un monde professionnel ultra-rapide et connecté, il est rare de
bénéficier d’un moment de paix. Les nouvelles technologies mettent le
cerveau en éveil constant, ce qu’il n’est pas capable de supporter sans
période de restauration régulière. Si nous n’y prenons pas garde, notre
attention peut être constamment interrompue par les multiples
sollicitations du smartphone toujours à portée de main. Notre quotidien
hyper-stimulé est hostile à la rêverie. Nous avons perdu l’habitude de
nous laisser aller à la rêverie alors qu’elle est indispensable à la santé
et au bon fonctionnement de notre cerveau
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Instaurez, dans vos habitudes, un espace quotidien de
rêverie en déterminant à l’avance un moment de « jachère
mentale » cadré dans le temps (par exemple 5 minutes en
attendant le train sur le quai). Mettez votre smartphone sous
silence et hors de vue. N’écoutez pas de musique. Vous pouvez
éventuellement mettre des bouchons d’oreilles si
l’environnement est trop bruyant.
2. Laissez-vous aller à une sorte de « flânerie mentale », comme
une balade, où l’on se promène sans hâte, au hasard, en
s’abandonnant à l’impression et au spectacle du moment
présent. Votre regard dans le vide, la vision de votre
environnement s’élargit, votre esprit est contemplatif, vous ne
vous concentrez sur aucune activité particulière, vous ne
focalisez pas votre attention sur quelque chose et en même
temps vous ne vous endormez pas.
3. Une fois le temps écoulé, passez joyeusement à autre chose !
Méthodologie et conseils
• L’état d’esprit d’une rêverie est agréable et régénérant, attention,
il faut bien la bien différencier des ruminations mentales qui,
elles, sont toxiques, désagréables et gourmandes en énergie !
• Le mieux pour notre cerveau est de vivre cette jachère quelques
minutes plusieurs fois dans la journée, plutôt que de faire durer
cette hypostimulation cérébrale toute une journée de congé.
• Le réseau du mode par défaut (RMD, décrit par le neurologue
Marcus Raichle en 2000) est un mode cérébral qui permet de
synchroniser les différentes aires du cerveau : un ensemble de
5 régions cérébrales distantes les unes des autres coopèrent pour
former l’activité au repos. Un cortex sain et efficace dépend d’une
bonne connexion entre toutes ces aires. Le fonctionnement
cognitif conserve ainsi une bonne efficacité qui lui permet de
traiter de façon coordonnée les composantes d’un même stimulus
(visuel, odeur, toucher, son) ou d’une tâche à effectuer (lecture,
calcul, parole).
“
Vivre les malheurs d’avance, c’est les subir
deux fois.
René Barjavel
En quelques mots
Les ruminations mentales sont un véritable gouffre
d’énergie. Notre esprit est envahi de pensées inutiles,
répétitives ou même toxiques qui nous découragent.
Ces inquiétudes sont exacerbées par le stress, le flux de
nos idées s’accélère et les pensées tournent en boucle
dans notre tête. Si nous cherchons à éliminer totalement
les ruminations elles finissent par revenir à la charge. La
stratégie pour y faire face est de permettre à ces
pensées d’exister à des moments choisis par nous.
Nous pouvons nous entraîner à y mettre un cadre
implacable.
AUCUN COMPROMIS AVEC LES RUMINATIONS !
http://dunod.link/40xw62k
Voir le témoignage vidéo
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• s’entraîner à cadrer les ruminations et prendre conscience de ses
pensées négatives ;
• apprendre à ne plus subir mais à choisir quand penser aux soucis et
à quel moment en sortir.
Contexte
Durant les périodes de surcharge de travail, les préoccupations et les
problèmes à résoudre prennent beaucoup de place dans notre tête et
une majorité d’entre nous souffrons régulièrement de pensées
accaparantes. La rumination nous attaque sans prévenir, envahit notre
espace privé, érode notre qualité de sommeil, notre concentration au
travail. Entraînez-vous à y mettre un cadre implacable.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Consacrez 10 minutes dans la journée à « ruminer
volontairement », si possible toujours à la même heure et sans
interruption. Programmez une alarme qui sonnera lorsque dix
minutes seront écoulées.
2. Durant ces 10 minutes, notez sur un cahier tout ce qui vous
passe par la tête en vrac sans censurer quoi que ce soit, les
bonnes idées, les pensées toxiques, les soucis, les
questionnements, écrivez les mêmes propos plusieurs fois si
cela revient en boucle dans votre tête. Mettre sur papier les
soucis permet de les évacuer de la mémoire vive de votre
cerveau.
3. Lorsque le temps est écoulé, arrêtez de ruminer par une
décision ferme, détournez-vous des agitations mentales en
pratiquant une activité qui requiert toute votre attention et que
vous appréciez :
• une action concentrée sur le mouvement physique (sport,
effort physique soutenu) ;
• une conversation avec un proche ;
• une activité manuelle (bricolage, ménage, rangement,
jardinage).
4. Si vous vous surprenez à ruminer à un autre moment de la
journée, reprenez votre cahier, notez immédiatement le sujet en
quelques mots, fermez votre cahier et n’y pensez plus en vous
disant que demain vous aurez à disposition 10 minutes pour y
réfléchir.
Méthodologie et conseils
Cet exercice permet de mieux identifier ce qui se passe dans notre tête,
quels types de pensées agissent sur notre vie intérieure et nos
comportements. Nous pouvons trier nos pensées en fonction de l’effet
qu’elles ont sur nous :
• les pensées bienveillantes nous redonnent du courage, de la
force et de la confiance ;
• les pensées efficaces et créatives nous permettent de résoudre
un problème ;
• les pensées toxiques nous découragent ou nous mettent sous
pression ;
• les pensées de digestion émotionnelle nous font revivre des
situations où les émotions n’ont pas pu être vécues de façon
complète.
“
Tu ne peux pas empêcher l’oiseau du
malheur de voler au-dessus de ta tête mais tu
peux l’empêcher de faire son nid dans tes
cheveux.
Proverbe chinois
En quelques mots
Une pensée toxique se met en marche mécaniquement
dans certaines circonstances. Prendre conscience de ces
pensées parasites, les identifier est la première étape
indispensable. Une fois identifiées précisément, il est
possible de s’en affranchir consciemment. Remplacer
une pensée toxique par une simple pensée positive ne
suffit souvent pas pour nous sentir mieux. L’antidote
consiste à développer une attitude intérieure de
bienveillance, une autre façon de se traiter soi-même.
J’APPLIQUE MON ANTIDOTE BIENVEILLANT À CHAQUE PENSÉE
TOXIQUE
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter de se laisser contaminer par les pensées automatiques et
négatives de son cerveau ;
• repérer une pensée toxique, créer et appliquer l’antidote.
Contexte
Dès l’enfance, nous avons stocké des formules négatives,
dévalorisantes, démobilisantes, qui reviennent en boucle tel un disque
rayé. Notre esprit les a si bien assimilées que nous n’y prêtons plus
d’attention consciente. Mais elles agissent de façon toxique sur notre
énergie, notre moral, nos choix.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Repérez les indices physiques ou émotionnels de la pensée
toxique : vous êtes démotivé, votre esprit se brouille, vous
doutez de vos capacités, vous êtes tendu et sur vos gardes. Cela
vous permettra de l’intercepter plus tôt par la suite.
2. Listez des exemples de situations qui induisent des pensées
toxiques. Identifiez lesquelles.
3. Associez un personnage comique ou un objet à chaque
pensée toxique pour prendre du recul et en rire. Par exemple :
« je fais le Calimero », « la Dame en soucis réapparait »,
« j’agis comme Picsou », « je me plains comme Droopy ».
Créer une saine distance vous permettra de choisir une autre
direction intérieure.
4. Choisissez une situation typique où les pensées toxiques se
mettent en route : travaillez à en désamorcer une seule à la fois
pendant au moins une à deux semaines.
5. Trouvez l’attitude de bienveillance, « l’antidote de la pensée
toxique » : imaginez une personne de votre entourage que vous
aimez beaucoup (un de vos enfants ou un ami proche et avec
qui vous êtes habituellement bienveillants). Si cette personne
était dans votre situation et qu’elle se disait ce que vous vous
dites à vous, quelle attitude auriez-vous envers elle ? Trouvez
une sensation alternative, une autre attitude, une pensée
différente.
6. Offrez-vous la même compréhension et le même soutien
bienveillant qu’à un proche, en intégrant consciemment cette
attitude.
Méthodologie et conseils
Il n’est pas toujours évident et facile de trouver nos pensées toxiques.
L’observation peut prendre du temps et parfois nous en percevons les
effets mais il peut être difficile de les mettre en mots. Pour être
désamorcées, les idées toxiques doivent être clairement identifiées et
nommées. L’idéal est d’en faire la liste par écrit afin de les avoir sous
les yeux, en dehors de notre mental. Cette prise de conscience leur
enlève une bonne partie du pouvoir qu’elles ont sur nous, car nous ne
les laissons plus agir dans l’ombre à notre insu. Une simple pensée
positive ne suffit pas comme antidote. Il sera puissant et efficace si
nous créons une sensation alternative, une attitude adéquate qui intègre
notre corps, notre cœur et notre mental.
“
Il faut travailler dur pour bien penser et
faire simple. Mais cela vaut le coup, parce
qu’une fois que tu y arrives, tu peux déplacer
des montagnes.
Steve Jobs
En quelques mots
Grâce aux nouvelles technologies, nous avons un
« bureau dans la poche ». Se connecter au travail en
dehors de nos heures est donc parfois irrésistible. Nous
risquons alors de perdre de précieux moments de
récupération. Les écrans peuvent capter notre attention
(temps volé aux échanges avec les autres ou à
l’expérience directe), nous rendre passifs (affaiblissent
notre volonté d’action ou notre imagination), ou dociles
(adopter un avis sur Internet, plutôt que de nous forger
notre propre opinion). Il est essentiel de savoir gérer les
nouvelles technologies humainement.
JE ME PROTÈGE DE LA POLLUTION MENTALE ET PHYSIQUE DES
NOUVELLES TECHNOLOGIES
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• utiliser les nouvelles technologies de façon efficace et humaine ;
• éviter d’être totalement absorbé par les écrans et de ne plus
répondre aux besoins humains.
Contexte
Les dérives liées à l’utilisation excessive des écrans sont nombreuses :
perte de la maîtrise du temps, baisse d’efficacité au travail, nouvelles
habitudes de « zapping » qui nous empêchent d’approfondir ce qui est
réellement important… L’utilisation des écrans impacte notre santé en
favorisant une sédentarisation croissante et en diminuant nos heures de
sommeil. Parfois nous souffrons de maux de tête, de tensions dans les
yeux, au niveau de la nuque, des épaules ou du dos car nous avons
passé trop d’heures devant un écran.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
Lorsque vous travaillez devant un écran :
• levez-vous au minimum une fois par heure, quelques minutes.
Expirez, étirez-vous en relâchant la tension de la nuque et des
épaules ;
• toutes les 30 minutes, soulagez et détendez vos yeux, fermez-
les un court instant ou regardez dans le vague ;
• protégez votre concentration en désactivant les alertes qui
pourraient vous distraire ;
• ne répondez pas aux courriels qui ne vous concernent pas et
regroupez le moment de réponse aux courriels ;
• revenez à l’humain que vous êtes. Portez votre attention sur
vos cinq sens pour apprécier le moment présent. Ne mangez
jamais devant un écran quel qu’il soit ! Soyez attentif à votre
rythme biologique qui n’est pas le même qu’un ordinateur ;
• décidez à l’avance du temps que vous souhaitez investir à
surfer sur Internet ou sur les réseaux sociaux, mettez une
sonnerie et arrêtez-vous lorsque le temps sera écoulé afin de
préserver votre temps libre ;
• autorisez-vous à ralentir après le travail, rendez-vous
disponible à vous-même et à vos proches, privilégiez les liens
humains plutôt que virtuels ;
• réapprivoisez les moments de vide, ne vous précipitez pas
immédiatement sur votre smartphone lorsque vous attendez
quelque part mais profitez de ce moment pour relâcher votre
attention et libérer votre esprit ;
• préservez votre sommeil et stoppez tous les écrans au moins
une heure avant votre heure idéale d’endormissement, car la
lumière bleue stimule le cerveau.
Méthodologie et conseils
Parfois, nous connecter à notre travail dans la vie privée nous permet
de nous rassurer, de trouver de meilleures solutions, de calmer nos
inquiétudes. L’important est d’observer l’effet de cette connexion :
nous nous sentons mieux ou au contraire, cela n’a fait qu’empirer nos
préoccupations. Il est intéressant de remettre les compteurs à zéro en
abandonnant les habitudes imposées par une vie quotidienne
hyperactive pour favoriser d’autres formes d’activités ou de
rencontres.
“
Vivre sans pourquoi, c’est vivre étonné et
accepter cet étonnement comme séjour.
Jean-Yves Leloup
En quelques mots
En quittant le travail après une journée bien chargée, il
arrive que nous soyons « pollués » par le rythme accéléré,
la tête surchargée de pensées. Le passage du travail à la
maison (le temps de transport) est un moment clé pour
digérer la journée durant laquelle nous sommes une
« force de travail » et revenir à soi en tant qu’être
humain. Ce sas de décompression nous prépare à entrer
dans un autre monde, nous rend disponible à nos proches
et nos loisirs. Réussir à quitter complètement le travail à la
fin de la journée permet de vivre pleinement notre vie
privée. Cette coupure est indispensable à la
récupération active.
JE NE SUIS PAS QU’UNE FORCE DE TRAVAIL !
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter de contaminer sa vie privée de stress et de préoccupations ;
• utiliser le temps de transport pour décompresser.
Contexte
Sans transition du travail à notre sphère privée, nous risquons de
perpétuer le même rythme effréné : nous expédions les devoirs
ménagers ou familiaux sans perdre de temps et avec efficacité. Les
tâches que nous n’avons pas pu faire au travail nous reviennent à
l’esprit mais il est trop tard. L’inquiétude monte. Nous pensons que
nous aurions pu faire mieux. En nous remémorant la journée, nous
pouvons être encombrés de jugements. Insensible aux sensations de
notre corps, nous n’avons envie de rien. La fatigue mentale nous
empêche d’être disponible pour nos proches.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Afin de laisser au travail les préoccupations et les problèmes
à résoudre, créez un geste ou un acte symbolique avant de partir
qui boucle la sphère professionnelle. Par exemple, faire un geste
de victoire en franchissant la porte de l’entreprise, changer de
chaussures pour rentrer chez vous, écrire sur un papier vos
préoccupations et soucis professionnels et laisser ce papier sur
votre lieu de travail. En répétant ce geste et en l’investissant de
signification, vous créez un rituel qui annonce et marque que
vous changez de contexte et de rôle.
2. Profitez du temps de transport : prenez un instant pour revenir
à vous et orienter vos pensées volontairement ailleurs que sur le
travail.
• observez les pensées résiduelles de votre journée de travail,
avez-vous besoin de revoir votre journée pour digérer
émotionnellement certains évènements ?
• faites le tri : mettez d’un côté ce qui mérite votre attention,
d’être approfondi ou réfléchi, et de l’autre ce que vous
pouvez laisser se dissoudre tranquillement sans vous en
occuper davantage ;
• notez les éléments qui ont besoin d’être approfondis et
décidez de les traiter demain en allant au travail.
3. Puis, ménagez-vous un sas de décompression réaliste et
quotidien : de quoi avez-vous besoin pour effectuer un réel
changement de cadre dans votre tête et dans votre corps ? Cela
peut être des activités simples comme chanter dans la voiture,
lire un livre, marcher, rire, etc.
Méthodologie et conseils
Dans un premier temps, déterminez si vous profitez pleinement de vos
trajets pour vous changer les idées ou si vous continuez sur la lancée du
stress ou des soucis professionnels ? De quoi avez-vous besoin pour
changer d’état d’esprit ? Les actes symboliques et votre imaginaire
avertissent votre inconscient que vous prenez la direction de votre vie
privée.
Auto-évaluation
Le QCM de la décompression
> Comment réagiriez-vous en situation réelle ? Répondez honnêtement puis comptez vos
points ! (Comparez vos résultats avec vos proches)
6) DANS LE MÉTRO…
a. Vous lisez un bon roman qui vous change les idées.
b. Vous discutez à bâtons rompus de politique avec votre voisin.
c. Vous jouez à un jeu sur l’ordinateur/smartphone.
“
Tant que tu as les pieds sur terre, tu peux
atteindre les étoiles.
Mike Horn
En quelques mots
Procrastiner c’est remettre systématiquement à plus
tard une tâche qui pourrait être faite tout de suite.
Cela devient un handicap lorsque nous dépensons
davantage d’énergie à éviter de faire les tâches plutôt
qu’à les exécuter. Souvent, nous culpabilisons et nous
sentons mal. Cela nous empêche de profiter du
moment présent l’esprit léger. Identifier les raisons
internes de la procrastination permet de mettre en place
une stratégie pour s’en sortir : plus nous reportons la
tâche à faire, plus nous y pensons, plus nous perdons
confiance en notre capacité d’agir au bon moment.
ÊTRE EN ACTION ME DONNE L’ÉNERGIE D’AGIR
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• identifier les causes de la procrastination et éliminer celles qui
peuvent l’être ;
• mettre en place une stratégie pour passer à l’action
systématiquement.
Contexte
Plutôt que de nous lancer dans une tâche importante et urgente, on en
préfère une autre, moins importante mais plus abordable (moins
complexe, plus agréable). La procrastination n’a rien à voir avec la
paresse et ne signifie pas non plus ne rien faire ; au contraire, les
personnes qui en souffrent se montrent extrêmement actives pour tout
ce qui ne concerne pas directement la tâche problématique qui est
reportée.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
• Persuadez-vous qu’être en action donne de l’énergie ; rester
statique, ne rien faire et penser à ce qui n’est pas fait vous coûte
de l’énergie, vous perdez ainsi votre dynamique et votre élan.
• Fixez-vous des échéances claires et progressives qui vous
stimulent sans vous abrutir de pression. Faites le point
régulièrement. Toute tâche non faite ne doit être reportée qu’une
seule fois dans l’agenda.
• Découpez chaque tâche en sous-objectifs pour vous sentir
valorisé à chaque étape.
• Mettez-vous en « mode de combat » : affrontez la tâche comme
un boxeur par rounds de 3 minutes (minuteur). Consacrez 3 min
intensives à exécuter la tâche, puis reposez-vous 1 min avant le
prochain round.
• Transformez l’anxiété en action, considérez l’inquiétude ou le
malaise de ne pas agir comme le signal pour passer à l’action.
Détournez l’énergie que vous gaspillez à culpabiliser du travail
non fait pour l’investir dans l’exécution d’une tâche immédiate.
• Passez en mode urgence, en vous fixant un délai impératif (fictif)
à ne pas dépasser. Le sentiment d’urgence permet de concentrer
toute votre énergie et votre détermination sur la réalisation de la
tâche.
• Reprenez confiance en vous remémorant les expériences
positives où vous étiez passé à l’action avec succès. Sentez la
satisfaction vécue, inspirez cette force intérieure et agissez sans
vous laisser distraire.
Méthodologie et conseils
Nous pouvons identifier ce qui nous pousse à procrastiner :
• Si nous avons l’impression d’être en face d’une montagne
insurmontable, nos priorités ne sont pas claires ou les délais
sont lointains et flous ou alors nous avons sous-estimé le temps
nécessaire.
• Ces tâches ne sont pas si importantes pour nous. Nous n’avons
simplement pas envie de nous y mettre car cela ne nous procure
aucune satisfaction immédiate. Ou alors, nous avons besoin de
nous sentir « au pied du mur » pour agir forcé par la sensation
de stress.
• Nous voulons éviter d’être confronté à l’échec. Nous fixons la
barre si haut que nous nous sentons paralysés.
“
Ma vie c’est moi qui vais la peindre, alors je vais y mettre le feu
en ajoutant plein de couleurs.
Grand Corps Malade
Illustration
Les outils
29 Déterminez votre météo intérieure
30 Contenez la colère, l’agacement et l’agressivité
31 Défoulez-vous pour évacuer le trop sérieux
32 Profitez d’un dopage naturel
33 Adaptez vos critères de satisfaction professionnelle
34 Accordez-vous un flash de lâcher prise
35 Videz votre sac en toute sécurité
OUTIL Déterminez votre
29 météo intérieure
“
Mais où cours-tu, ne vois-tu pas que le ciel
est en toi ?
Christiane Singer
En quelques mots
Tout au long d’une journée, notre humeur et notre état
d’esprit influencent nos perceptions, nos modes d’action
et de réaction. Prendre le temps d’observer notre
« météo intérieure » en début de journée nous permet de
décider comment « nous habiller intérieurement » pour
bien vivre notre journée de travail. Il s’agit de choisir
une attitude correspondant à nos besoins du jour.
Similaire à la fonction de notre colonne vertébrale qui
nous maintient debout, l’intention nous rend davantage
résistants aux pressions extérieures et nous évite d’être
piégés par un environnement toxique.
J’OBSERVE MA « MÉTÉO INTÉRIEURE » ET JE FORMULE MES
INTENTIONS DU JOUR
Objectifs
• éviter de subir les évènements de la journée en « apnée » et de
perdre le contact avec ses besoins intérieurs ;
• faire l’état des lieux de son climat intérieur et des besoins qui en
découlent afin de mieux y répondre durant la journée.
Contexte
Dans un contexte professionnel exigeant, il est très facile de se laisser
distraire de nos besoins. Le devoir à accomplir, les demandes
extérieures, les attentes des autres nous détournent constamment de
notre axe intérieur. Lorsque nous mettons de côté ou que nous
refoulons certaines émotions, elles risquent de surgir dans des
moments inopportuns.
Étapes
1. Prenez votre « météo intérieure ».
Accordez-vous quelques instants sans être dérangé·e, vous pouvez
être assis·e ou faire cet exercice en marchant. Sentez toutes les
parties de votre corps et prenez contact avec votre climat intérieur
du moment. Surtout ne changez rien, acceptez simplement votre état
d’esprit quel qu’il soit sans vouloir sentir autre chose. Identifiez
votre état mental, émotionnel et physique.
2. Définissez vos besoins.
En partant de ce ressenti (tête – cœur – corps) laissez émerger ce
dont vous auriez besoin pour être en accord avec vous-même, pour
vous sentir bien dans la journée.
3. Formulez votre intention dans une phrase-clé.
Choisissez une intention ou un état d’esprit qui répond au besoin
que vous avez identifié. Si nécessaire, identifiez d’abord l’attitude
négative qui fait obstacle à votre bien-être pour définir plus
facilement l’attitude adéquate à adopter pour vous sentir bien
Voici quelques exemples de ce processus :
• J’ai besoin de me sentir en sécurité, « Je dois tout contrôler » (
« J’accepte d’être étonné·e ».
• J’ai besoin d’avoir du temps pour moi, « Je suis envahi·e par les
urgences » ( « Je prête attention à mon propre rythme ».
• J’ai besoin de sentir un peu de légèreté et de joie, « Je suis
sérieuse et lourde » ( « Je prends cette journée avec humour ».
• J’ai besoin d’avoir confiance en moi, « J’ai peur de ne pas y
arriver » ( « J’accepte la réalité ».
• J’ai besoin de me détendre, « Je bloque ma respiration dans le
stress » ( « J’expire profondément plusieurs fois dans la
journée ».
Notez votre phrase-clé, de façon à pouvoir y revenir facilement au
cours de la journée et sentez l’effet soulageant et bénéfique qu’elle
peut vous apporter.
Méthodologie et conseils
Lorsque nous écoutons d’abord ce qui se passe à l’intérieur, nous
pouvons mieux vivre les évènements extérieurs de notre journée.
Lorsque nous sommes stressés, tendus ou anxieux, nous avons parfois
l’impression d’avoir « perdu pied » ou d’être insensible à nos besoins.
Nous reconnecter par la pensée et physiquement à l’intention que nous
avions choisie dans le calme en début de journée, facilite un retour à
nous salutaire.
Description à
venir Voir aussi outils 21
et 34
Avant de vous lancer…
✓ Mode d’emploi très simple d’utilisation pour savoir mieux
s’écouter.
✓ Une fois bien entraîné, la météo intérieure ne prend que quelques
secondes !
Auto-évaluation
Identifiez votre besoin
> Identifiez précisément votre besoin du jour. Voici une liste de besoins pour vous évaluer.
Cochez le besoin le plus pertinent.
Passez en revue ces exemples afin de trouver celui qui vous parle le plus en fonction de votre
climat intérieur (tête–cœur–corps). Effectuer tous les jours cet exercice pendant 2 semaines vous
permettra de développer une grille de lecture minutieuse et d’identifier rapidement vos besoins
avec précision. Plus vous êtes précis dans l’identification de votre besoin, plus vous pourrez y
répondre de façon efficace.
Illustration
Illustration
Contenez la colère,
OUTIL
l’agacement
30
et l’agressivité
“
Voici le mantra […] recommandé : « Je n’ai
besoin de rien ». Répétez-le dix fois de suite.
Vous verrez, on se sent si bien !
Matthieu Ricard
En quelques mots
Au travail, contenir permet une gestion intelligente des
émotions, rapide et économique. Il s’agit d’accepter de
sentir l’émotion, de la reconnaitre, différer son
expression et l’évacuer plus tard, au bon endroit et de
façon saine. Bien gérées, les émotions peuvent devenir
une force de transformation et nous permettre de
rebondir sur autre chose. Une fois reconnue et acceptée,
la colère, par exemple, se transforme en détermination.
Nous pouvons nous appuyer sur elle et gagner en clarté
et en fermeté. L’insatisfaction peut constituer un
excellent moteur de changement.
AU TRAVAIL, JE DÉSAMORCE TOUTE CHARGE ÉMOTIONNELLE
TOXIQUE
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter d’accumuler des émotions toxiques qui se transforment en
frustration ou en agressivité passive envers les autres ou envers
soi-même ;
• accepter de sentir l’émotion, prendre le temps de la reconnaître,
s’en occuper de façon responsable en la contenant et en
l’exprimant plus tard en toute sécurité.
Contexte
Au travail, le cadre donné à notre vie émotionnelle est très exigeant : il
faut savoir s’affirmer, argumenter, être motivé, parfois être discret,
savoir encaisser les coups sans agresser en retour. Les règles de gestion
émotionnelle sont différentes que dans la vie privée. Alors qu’il est
possible de s’autoriser parfois à éclater de colère avec nos proches, au
travail une même colère n’est pas appropriée et risque de se traduire en
agressivité passive. Les émotions réprimées et non assumées
s’accumulent, elles se manifestent par des passages à l’acte : coups
tordus, abus de confiance, ironie déplacée, résistance au
changement, insensibilité relationnelle, attitude négative et
dégradante avec les autres. Un désastre pour une collaboration
efficace et l’ambiance d’équipe ! Certains subissent la frustration et
resteront encombrés et misérables, d’autres en profiteront pour passer
à autre chose en y puisant la bonne énergie de transformation.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Détecter la charge émotionnelle : le parasitage se développe
en sourdine, l’insatisfaction et la tension se traduisent par un
malaise intérieur, une gêne, un jugement inutile, une résistance
à ce qui est.
2. Lâchez l’extérieur, l’autre, pour revenir à vous, acceptez de
sentir l’émotion, de prendre le temps de la reconnaître.
3. Détournez-vous de cette charge émotionnelle
temporairement en vous investissant dans une tâche qui
réquisitionne fortement votre attention.
4. Restez attentif à ne pas ajouter d’huile sur le feu et à différer
la digestion de vos émotions à un moment où vous serez en
sécurité.
Méthodologie et conseils
Lorsque nous essayons de contrôler, de limiter ou de ne pas sentir
l’émotion, en réalité nous la réprimons : l’affirmation « je ne devrais
pas être en colère », crée un conflit intérieur. Si nous nions l’émotion,
que nous la refoulons, elle ne disparaît pas, elle finira par exploser
quelques temps plus tard. Au contraire, contenir l’émotion signifie
lui faire de la place à l’intérieur de nous : « Je suis en colère, j’ai
besoin de la colère, je l’accepte, je me relaxe dans la colère », nous
permet de nous appuyer sur l’émotion pour rester alerte, vigilant et
passer à l’action avec vigueur. Nous transformons alors l’énergie
« colère » en action.
Les émotions sont de l’énergie en mouvement. Vivre nos émotions
sainement permet d’entretenir une bonne vitalité et développe la
fluidité corporelle.
Description à
venir Voir aussi outils 27,
31 et 35
Illustration
Auto-évaluation
Gérer ses émotions au travail
Illustration
Illustration
(Source : campagne « Efficacité et bienveillance au travail ».)
OUTIL Défoulez-vous pour
31 évacuer le trop sérieux
“
Cela prend beaucoup d’énergie d’être
quelqu’un. Cela ne prend aucune énergie
d’être Soi-même.
Mooji
En quelques mots
Se défouler permet d’évacuer de façon saine les
tensions corporelles, le stress, le sérieux des obligations,
les préoccupations mentales, les sentiments négatifs
accumulés pendant la journée de travail. Cela permet de
passer à autre chose et d’éviter que ce mauvais climat
intérieur nous encombre, ressorte de façon
maladroite sur nos proches ou se retourne contre
nous-même. Au travail, notre musculature s’est
mobilisée pour répondre à toutes les sollicitations, nous
sommes souvent chargés de tensions comme si nous
étions prêts à nous battre. Le défoulement permet de « se
démobiliser ».
JE ME LIBÈRE DES TENSIONS EN ME DÉFOULANT
http://dunod.link/xiehumv
Voir le témoignage vidéo.
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter de rester encombré par les tensions mentales et
émotionnelles dans la vie privée ;
• évacuer en sécurité les tensions, le stress et le sérieux accumulés
au travail.
Contexte
L’exigence du milieu professionnel nous oblige à contenir de
nombreuses sensations et émotions qui peuvent devenir toxiques pour
nous ou pour nos proches. L’accumulation de stress mental, de
frustration, d’agressivité, de colère créé de nombreuses tensions
corporelles néfastes pour notre santé. Il est nécessaire d’agir pour nous
libérer, redevenir nous-même, sortir de la mobilisation exigée de notre
rôle professionnel.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Mettez-vous en position de base.
Debout, jambes détendues, mâchoires desserrées, bouche
légèrement entrouverte, bâillez. Cela vous permet d’ouvrir et de
détendre la gorge, l’arrière-gorge et les mâchoires, porte de sortie
des émotions.
2. Secouez-vous.
En position de base, secouez légèrement vos mains, puis mains et
bras, progressez mains, bras et épaules, ajoutez le haut du corps,
puis le ventre, les hanches et les jambes. Secouez-vous 30 secondes
environ. Soyez attentifs durant tout l’exercice d’avoir la bouche
légèrement entrouverte afin de laisser entrer et sortir l’air
naturellement. Cet exercice permet une hygiène émotionnelle douce.
3. Enlevez le sparadrap.
En position de base, imaginez que vous avez un sparadrap collé sur
chacun de vos doigts. Ils représentent vos émotions toxiques. Levez
les bras au ciel et relâchez-les vers la terre suffisamment
énergiquement pour enlever vos sparadraps imaginaires. Expirez et
faites le son « SHHHHIOUUU », rapide en imaginant que vous
laissez tomber vos soucis (vos sparadraps) par terre.
4. Inventez votre charabia.
Même position de base, parlez à haute voix dans une langue
imaginaire, en bougeant les bras vigoureusement et avec énergie en
exprimant toutes les émotions négatives (agressivité, colère,
frustration, bouderie, fermeture, etc.). Il s’agit ici de vivre toute la
palette d’émotions toxiques en faisant « comme si » et en exagérant
leur expression.
Méthodologie et conseils
Notre corps ne fait aucune différence entre les émotions simulées
et celles que nous éprouvons réellement. Dans une majorité de
situations, vivre les émotions « comme si » suffit pour nous soulager
physiquement et émotionnellement.
Se défouler a pour but aussi de « casser l’image sérieuse » de nous-
même dans laquelle nous sommes parfois enfermés par notre rôle
professionnel, plus nous exagérons, plus nous osons être ridicule dans
nos gestes, plus cela sera profitable à notre bien-être et à notre liberté
d’être qui nous sommes.
“
Aime-la cette vie. Casse-lui la gueule.
Bouleverse-toi d’elle. Elle te donnera des
ailes… et tu pourras voler.
Richard Bohringer
En quelques mots
Toute réussite, toute satisfaction même éphémère peut
stimuler le système de récompense de notre cerveau. Il
suffit pour cela de nous arrêter quelques instants et de
vivre pleinement nos réussites (dans une sorte de ferveur
émotionnelle) : y penser avec la tête ne suffit pas, plus
nous éprouvons un sentiment de joie corporel, plus notre
cerveau sera généreux en dopamine, l’hormone du
plaisir. La dopamine est l’antidote de prédilection
pour neutraliser les hormones de stress dans notre
organisme. Nous pouvons en sentir immédiatement
l’effet par une détente musculaire.
JE SAVOURE MES PETITES RÉUSSITES POUR NOURRIR MA MOTIVATION
Objectifs
• éviter de subir la toxicité de l’instinct de survie de notre cerveau ;
• célébrer intérieurement un succès, se détendre et se sentir bien ;
• encourager et entretenir la motivation régulièrement.
Contexte
Instinctivement, notre cerveau privilégie les signaux négatifs aux
signaux positifs. Il met ainsi en évidence « le danger ou le risque de
mort » (l’éventuel problème) plutôt que la « chance d’un repas » (la
récompense). Cette préférence a contribué à la survie de notre espèce à
travers les siècles. En revanche, si nous n’y prenons pas garde, cela
provoque des tensions, des inquiétudes et une insatisfaction croissante.
Nous pouvons même être envahis de scénarios catastrophe
terriblement handicapants. Cette sélection instinctive de notre cerveau
est exacerbée lors de période de stress.
Étapes
• Fragmentez les longues tâches complexes en petits objectifs
simples. Cela vous permettra de « réussir » régulièrement.
À chaque « micro-mission » accomplie, effectuez un geste pour
manifester votre succès (levez le poing, cochez votre liste des
tâches, fermez vigoureusement votre dossier, exclamez-vous !)
• En cas d’essoufflement ou de découragement, remémorez-vous
tout ce qui vous a fait du bien les jours précédents, vos réussites,
vos petites satisfactions, cela renforcera votre confiance en vous.
• En fin de journée, triez vos expériences : éloignez de votre esprit
tout ce qui vous a affecté ou déçu ; imprégnez-vous et mémorisez
tout ce que vous avez aimé vivre.
Méthodologie et conseils
Les neurosciences nous enseignent comment renforcer notre moral.
Certains gestes ou activités activent la sécrétion des « hormones du
bonheur ».
Cette prescription est à appliquer au moins 3 fois par jour :
• se faire plaisir, reconnaître l’effort accompli, être attentif aux
petits succès du jour qui stimulent le circuit de récompense de
notre cerveau, il sécrétera immédiatement une dose de
dopamine ;
• voir ses amis, s’entourer des gens qu’on apprécie, recevoir de
l’affection, pour stimuler la sécrétion d’ocytocine. Cette
hormone du lien apaise, renforce la confiance dans les liens
avec les autres, c’est un anti-stress ;
• pratiquer une activité physique d’endurance pour produire des
endorphines et s’exposer à la lumière du jour et la nature pour
sécréter de la sérotonine.
« Dopés » naturellement, nous nous sentons bien et cela nous
encourage à continuer nos efforts en confiance et de façon
décontractée. Le dopage naturel sera d’autant plus puissant si nous
vivons pleinement nos émotions lors de ces réussites ou lors de nos
rappels d’expériences positives.
“
Un arbre qui s’abat fait beaucoup de bruit ;
une forêt qui germe, on ne l’entend pas.
Gandhi
En quelques mots
« Formatés » dès le début de notre parcours scolaire à
être félicité en fonction de la réussite d’un examen et non
selon l’énergie réellement investie, nous n’avons pas
appris à considérer les efforts fournis
indépendamment du résultat obtenu. Nous cherchons
à être performant au travail, à être motivé, à être
collaborant avec les autres dans un environnement qui
est parfois difficile et exigeant. Viser à être heureux au
travail n’est-ce pas encore une exigence de réussite qui
favorise un climat de tensions ? Il serait plus réaliste de
changer nos critères de satisfaction au travail.
JE RECONNAIS MES EFFORTS INDÉPENDAMMENT DES RÉSULTATS
OBTENUS
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• adopter des critères d’évaluation en fonction de la qualité réelle du
travail accompli ;
• insérer une dynamique de satisfaction au travail indépendante des
facteurs extérieurs ;
• éviter que sa satisfaction professionnelle dépende d’une validation
extérieure.
Contexte
Dans le monde du travail, l’évaluation de la performance porte
davantage sur l’objectif atteint plutôt que le chemin parcouru.
Habituellement, nous jugeons de la qualité de notre travail en fonction
de critères établis par l’extérieur (hiérarchie ou valeurs
professionnelles). Ces critères ne reflètent pas la qualité effective de
notre travail ni l’effort que vous avons fourni. Cette validation partielle
et ces bravos intérieurs perdus créent une insatisfaction intérieure.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Complétez par écrit : « J’ai bien travaillé aujourd’hui parce
que… »
Faites ainsi la liste des indices qui déterminent que vous avez bien
travaillé, que vous êtes content et satisfait de votre journée de
travail.
2. Observez votre liste :
• Quels indices sont davantage influencés par des facteurs
extérieurs à vous ?
• La reconnaissance que vous vous accordez correspond-elle
à votre contribution réelle?
• Dans la satisfaction issue de votre travail, est-ce que vous
tenez compte des moyens à disposition et des conditions
réelles, pas toujours idéales, de votre poste ?
• Quels sont les indicateurs ayant un lien avec votre bien-être
(par exemple : partir à l’heure du travail, avoir eu du
plaisir dans la journée, avoir bien ri avec les collègues,
etc.). Prendre soin de vous et être efficace au travail, est-
ce que cela vous paraît compatible ?
• Avez-vous un ou plusieurs critères de satisfaction qui
montrent que vous avez bien pris soin de votre santé au
travail ?
3. Faites comme le maçon qui voit ses efforts récompensés par le
mur qui prend de la hauteur : à chaque effort réalisé coloriez
« la brique posée » (une case) d’un mur représentant l’effort
que vous avez accompli.
• un petit effort = une case coloriée ;
• un grand effort = plusieurs cases coloriées.
Un effort représente l’énergie (temps, qualité, attention,
initiatives, bonne volonté) investie vers le résultat obtenu.
L’avancée des couleurs de votre mur ainsi dessiné permet de
réaliser visuellement l’importance de vos efforts.
Méthodologie et conseils
Cette liste de critères de satisfaction ne concerne que nous, et non les
critères habituellement utilisés par nos supérieurs ou par notre
entreprise pour évaluer la qualité de notre travail.
Certains jours, nous vivons des évènements chaotiques, il n’y a aucun
résultat, nous pouvons alors être satisfaits de la façon dont nous avons
pris soin de nous, que nous avons réussi à nous préserver des tensions
et de la surcharge.
“
Lâcher prise c’est reconnaître son
impuissance et admettre que le résultat final
n’est pas toujours entre nos mains.
Petit Bambou
En quelques mots
Le « flash de lâcher-prise » est un geste intérieur, qui
nous permet de quitter l’attitude de résistance en
acceptant totalement la situation telle qu’elle est dans
le présent. Il ne s’agit pas de subir une situation
désagréable ou difficile sans vouloir s’en sortir. C’est
constater la réalité de façon neutre, sans jugement, sans
opposition émotionnelle. Cette acceptation nous permet
de restaurer une qualité de détente intérieure et une
conscience différente de la situation. Le calme intérieur
retrouvé nous permet de nous concentrer sur le premier
pas à faire pour améliorer la situation maintenant.
JE LÂCHE PRISE QUELQUES INSTANTS POUR REVENIR À MOI
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• prendre du recul sur une situation donnée qui nous perturbe ;
• se détacher temporairement de cette situation pour souffler un
peu et nous sentir plus en paix ;
• sortir de la résistance qui nous fait penser en boucle au problème
sans trouver de solution.
Contexte
Dans notre société, nous sommes encouragés à opposer une résistance
à toute situation négative. Cette attitude, nous fait souffrir : notre corps
se contracte, notre mental est surchargé de pensées toxiques et
d’émotions négatives. Habituellement, lorsque tout va mal, nous
essayons de nous défendre et d’agir pour améliorer les choses. En
réalité, nous « réagissons » en fonction de la colère, de la peur, du
désespoir. Ou alors nous sombrons dans l’inertie et la frustration : se
dire « ça m’est égal » est une autre forme de résistance… déguisée !
Résister c’est dire non à la réalité, soit par le jugement mental soit par
l’émotion négative.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Prenez quelques instants à l’écart de l’agitation pour revenir à
vous. Imaginez que vous soufflez lentement et en douceur
sur des plumes pour les faire s’envoler un peu plus loin. Vous
effectuez un effort musculaire pour vider l’air de vos poumons,
vous relâchez vos muscles et laissez l’air s’inspirer tout seul.
2. Après quelques respirations, imaginez que votre respiration
nettoie l’atmosphère autour de vous. Chaque expiration
chasse les préoccupations négatives qui s’évaporent un peu
plus loin. À chaque inspiration, vous rayonnez davantage votre
présence. Remplissez toute la pièce de votre énergie paisible.
3. Vous pouvez sentir que quelque chose se passe, quelque chose
autour de votre corps change ; un espace libéré se créé autour
de votre corps… vous donne une impression d’immensité.
Portez votre attention sur les effets immédiats : se sentir allégé,
apaisé et détendu, sont les indicateurs que vous lâchez-prise.
Méthodologie et conseils
• Notre imaginaire a un puissant effet sur notre inconscient, sur
notre cerveau archaïque.
• Une fois que nous sommes bien entraînés, cet outil devient très
accessible, quelques minutes suffisent pour lâcher prise. Nous
pouvons le faire en marchant ou même « discrètement » au
travail.
• Le nerf vague est le principal agent du système nerveux
parasympathique. Il permet au corps de se relaxer, ralentit le
rythme cardiaque, régule la digestion et le sommeil. Expirer
longuement et profondément en contractant les abdominaux est le
meilleur moyen de stimuler le nerf vague et donc de bénéficier de
ses effets bienfaisants.
“
Ce qui ne peut danser au bord des lèvres s’en va hurler au fond de l’âme.
Christian Bobin
En quelques mots
Méthodologie et conseils
• Dans les situations de conflit ouvert avec une personne que nous sommes
amenés à revoir régulièrement, à la fin de l’exercice, si nous le souhaitons,
nous pouvons prendre sa place (nous asseoir sur la chaise ou le coussin).
Cela nous permet de nous rendre compte de son point de vue et de sentir
comment elle recevrait tout ce que nous venons de lui dire.
✓ Notre imaginaire est une autoroute pour nous libérer des émotions
contenues.
“
Comment nous contaminer les uns les autres de ferveur et de
vie ?
Christiane Singer
“
En buvant l’eau du puits, n’oubliez pas ceux
qui l’ont creusé.
Proverbe chinois
En quelques mots
Les alliances positives que nous créons avec certains
collègues nous permettent de nous sentir soutenus,
compris, stimulés et parfois remis en question. Un tel
réseau d’alliés dans notre entourage professionnel
renforce la confiance en nous, notre motivation et
notre moral. Nous pouvons solliciter notre réseau
lorsque nous avons besoin d’aide ou de solution en cas
de difficultés. Notre réseau professionnel se construit,
s’enrichit et se développe, nous nous sentons inspirés et
soutenus, il contribue de façon essentielle à notre santé
au travail.
JE ME LIE DAVANTAGE AVEC LES COLLÈGUES QUI ME FONT DU BIEN
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• identifier les alliances positives et négatives ;
• cultiver les liens avec les collègues qui nous enrichissent et nous
intéressent ;
• éviter de subir des liens avec des personnes qui nous sont toxiques
en les cadrant.
Contexte
Nous subissons souvent des alliances négatives dans des relations
professionnelles qui nous sont imposées et que nous n’avons pas
choisies : nous ruminons une critique reçue, nous continuons à penser
à une personne qui nous agace même si elle n’est plus là, nous
absorbons le stress et l’urgence des autres, nous sommes contaminés
par la plainte collective.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Faites la liste par écrit des personnes au travail :
• auxquelles vous pensez ;
• que vous croisez ;
• avec lesquelles vous collaborez de façon plus étroite ;
• dont vous parlez ;
• dont vous vous inspirez.
2. Identifiez dans cette liste les alliances positives ou négatives.
Observez les forces et les pièges de vos alliances
professionnelles.
• Quel sont les manques dans votre réseau actuel ?
• Comment pouvez-vous développer votre réseau ?
• Comment l’entretenez-vous dans le temps ?
• Veillez à vous entourer des personnes qui constituent des
alliances positives et limitez au strict minimum les
contacts (y compris dans votre tête, lorsque vous pensez à
elles) avec les personnes qui ne vous font pas du bien.
3. Entretenez les liens significatifs positifs. Un tel soutien se
construit, s’enrichit et se développe. Même en changeant de
poste, d’entreprise ou de domaine professionnel, il est essentiel
d’entretenir ce capital relationnel (voir page suivante).
4. Faites appel à votre réseau en cas de besoin. Lorsque vous
êtes démuni·e, osez contacter une personne de votre réseau qui
vous inspire pour lui demander conseil. Puis, mettez-vous dans
sa peau, en imaginant ce qu’elle ferait à votre place, comment
elle réagirait ? Appuyez-vous sur son exemple pour agir
différemment de d’habitude.
5. Faites preuve de reconnaissance. Quel cadeau et quelle
richesse humaine, lorsqu’une personne vous soutient et vous
aide grâce à son expérience, ses conseils, ses encouragements,
son inspiration ou en étant votre indispensable « petite main ».
Remerciez-là pour l’aide dont vous bénéficiez !
Méthodologie et conseils
Selon Geneviève Morand, experte en réseautage, lorsque nous
démarrons dans un nouveau secteur d’activité, il faut compter au
minimum 2 ans pour se construire un réseau. Mieux vaut construire
son réseau quand tout va bien. Le défi est de ne pas confondre les liens
souvent anonymes et superficiels tissés en ligne et la richesse des liens
noués dans la vie réelle. Il n’y a aucune limite à tisser des liens de
qualité et en profondeur avec autrui. Et chaque rencontre est un
véritable trésor.
1. SAVOIR DEMANDER
Si vous demandez à un tiers de vous rendre un service, vous le mettez devant un choix
cornélien : répondre par OUI ou NON. De plus vous le mettez dans l’embarras de vous
décevoir. Comment reformuler cette demande pour obtenir une réponse satisfaisante pour les
deux parties, sans gêne d’aucune sorte ?
La question magique est « Connaîtrais-tu quelqu’un qui ? ».
En formulant votre question de cette sorte, vous ne vous adressez pas seulement à une
personne, mais aux 150 à 250 contacts que toute personne active professionnellement connaît.
Vous élargissez le champ des possibles.
7. ÊTRE SYSTÉMATIQUE
Donnez du rythme à vos interactions : par exemple tous les 10 du mois, tous les jeudis, etc.
La bonne pratique est celle avec laquelle vous vous sentez le mieux.
“
Être libre, c’est savoir dire non.
Jean-Paul Sartre
En quelques mots
Nous prenons acte de la demande et disons non avec
fermeté et élégance. Il s’agit d’abord d’être pleinement
à l’écoute de notre interlocuteur, il se sentira considéré et
respecté. Nous comprenons son point de vue et sa
situation. Nous posons une limite afin de réduire nos
engagements, de nous concentrer sur notre propre travail.
Nous restons fermes : « Non, je ne peux pas en ce
moment » et montrons par notre posture et notre voix
que nous ne sommes pas ouverts aux négociations ni à
toute tentative de persuasion. Nous gardons en
conscience de poser cette limite pour préserver notre
travail et notre santé.
DIRE NON À L’AUTRE C’EST SE DIRE OUI À SOI-MÊME !
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• développer la capacité de dire non clairement sans états d’âme ;
• poser des limites afin de préserver ses priorités et sa santé.
Contexte
Au travail, il n’est pas toujours facile de poser des limites. Nous
sommes amenés à collaborer avec les autres, à accepter les tâches qui
nous sont déléguées par notre hiérarchie. Nous avons parfois pris
l’habitude de dire oui à tout engagement supplémentaire dans le cadre
de notre travail sans discernement réel.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Tenez à jour la liste de vos priorités, vous pouvez modifier
cette liste mais maintenez le cap de ce qui est important pour
vous.
2. Créez une procédure à suivre à chaque nouvelle demande :
demandez un délai de réponse et réfléchissez à ce que vous
pouvez ou non offrir aux autres. Négociez les tâches
supplémentaires de manière argumentée et déterminez avec
votre responsable hiérarchique, le cas échéant, ce qui est
prioritaire et ce qu’il vous est possible de faire dans le cadre de
vos heures de travail.
3. Restez ferme et clair pour dire non, pas d’excuses car cela
affaiblirait votre message. Il n’est pas non plus nécessaire
d’être froid ou agressif pour être entendu. Appuyez votre non
par une posture et une attitude intérieure détendue mais
déterminée.
4. Acceptez de prendre le risque de décevoir l’autre afin de
vous respecter, de préserver vos priorités et votre santé. Plutôt
que de culpabiliser, orientez vos pensées afin de souhaiter
qu’une autre solution soit trouvée où tout le monde serait
gagnant.
5. En cas de surcharge chronique, tenez au courant très
régulièrement et précisément votre supérieur hiérarchique de
l’avancée des travaux, ce que vous avez fait et ce qu’il vous
reste à faire. Il réalisera que vous travaillez de façon la plus
efficace possible et pourra aussi prendre les bonnes décisions
pour organiser le travail au mieux dans l’équipe.
6. Accordez-vous du temps pour apprendre à dire non de
façon progressive, par exemple en vous focalisant sur une
personne ou un domaine à la fois, encouragez-vous à chaque
petite victoire sur vous-mêmes !
Méthodologie et conseils
• Notre non est plus solide et affirmé lorsque nos priorités de vie et
de travail sont claires. Lorsqu’une demande n’est pas en accord
avec nos 4 ou 5 priorités, c’est que l’engagement en question
n’est pas essentiel pour nous, ne le laissons donc pas entrer dans
notre liste de tâches et déclinons-le.
• Dans la vitesse accélérée de notre quotidien professionnel, le
temps est précieux et limité et il vaut mieux l’utiliser en priorité
pour accomplir des tâches pour notre travail. Nous pouvons dire
oui mais cela doit rester une mesure d’exception dans les périodes
de surcharge.
• Nous pouvons nous convaincre que nous disons non pour de très
bonnes raisons : faire notre travail au mieux et préserver notre
équilibre de vie et notre santé ! Notre entourage proche nous en
remerciera.
“
Ne créez pas des problèmes non nécessaires
pour vous-même, ainsi, toute votre énergie
peut être focalisée sur l’essentiel.
Osho
En quelques mots
Comprendre les fonctions variées de la plainte nous
permet d’y répondre et de nous en préserver de façon
adéquate. Parfois, la plainte est une bonne excuse pour
éviter de sortir du confort d’une position de victime. Se
plaindre de conditions défavorables donne l’autorisation
de ne pas donner le meilleur de soi. La plainte
manifeste souvent un sentiment d’impuissance ou
exprime une frustration. Derrière la plainte, il y a une
personne qui est en demande d’attention ou d’écoute. Il
s’agit de répondre à la personne plutôt que de nous
perdre à tenter de répondre au contenu de sa plainte.
JE ME PRÉSERVE DES SOUCIS DES AUTRES
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter d’être contaminé par la plainte des autres ;
• appliquer les mesures adéquates pour se préserver des plaintes des
collègues.
Contexte
La plainte affecte négativement le climat de travail. Nous pouvons
parfois être contaminés par les personnes avec lesquelles nous passons
du temps. Immergés dans un contexte plaintif, nous risquons de nous y
associer et d’en subir les effets néfastes : la plainte diminue l’énergie,
focalise sur une vision négative de la réalité, encourage la révolte ou la
passivité en donnant l’impression de devoir subir un contexte que nous
n’avons pas choisi.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
• Courage, fuyez ! Soyez déterminés d’éviter autant que possible
toute relation toxique. Identifiez rapidement les liens et les
attitudes qui vous découragent, vous dévalorisent, vous critiquent
de façon injustifiée ou qui vous agressent. Parfois, il n’est pas
nécessaire de fuir la personne mais il suffit de changer de sujet
habilement afin d’éviter une plainte récurrente.
• Offrez de l’attention à la personne et non au contenu de la
plainte : « De quoi avez-vous besoin ? », « Comment allez-
vous ? », « Qu’est-ce qui vous affecte autant ? ». Lorsque vous
passez du temps avec des personnes plaintives, traitez-les avec
respect et patience. Préservez-vous d’une éventuelle
contamination, et essayez de faire rayonner un climat positif et
constructif autour de vous.
• Laissez-vous aller à vous plaindre avec l’autre, vous pouvez en
profiter pour vider votre sac, être dans l’auto-dérision.
Dédramatiser une situation d’impuissance permet de s’en
désidentifier plus facilement.
• Méta-communiquez. Posez une limite claire : « Je ne souhaite pas
entrer dans la plainte maintenant, (je n’ai pas envie de jouer à cela
maintenant), cela ne me fait pas du bien, je préfère ne pas en
parler ».
• Recadrez sur l’action : interrogez-le sur les actions prévues pour
y remédier. Triez : sur quoi il est possible d’agir ? Constatez
sobrement et acceptez de sentir l’impuissance là où aucune action
n’est possible.
• Brossez-vous : frottez énergiquement tout le corps pour enlever
« la poussière énergétique négative », cela vous permet de vous
rappeler que cette plainte ne vous appartient pas.
Méthodologie et conseils
De façon générale, il ne faut pas tenter d’argumentation pour
convaincre l’autre que ce n’est pas si négatif. Cela ne fera
qu’augmenter la plainte.
Soyons prudents, les pauses avec les collègues plaintifs ne nous
ressourcent pas ! Il est important de repérer rapidement la plainte dans
le discours de votre entourage : « au mon Dieu, vivement les
vacances… », « avec la nouvelle direction, c’est pire qu’avant ! »,
« une journée de reprise après mes vacances et je suis au bout de ma
vie ». Nous pourrons ainsi agir très rapidement pour nous préserver
efficacement avant que la plainte ne s’étende davantage et qu’elle soit
encore plus toxique.
“
[Les] personnes qui nous donnent du
bonheur […] sont les charmants jardiniers
par qui nos âmes sont fleuries.
Marcel Proust
En quelques mots
L’allié est un personnage connu ou imaginaire qui
contribue à notre inspiration. L’allié est ce que nous
imaginons de ce personnage et non la personne elle-
même. Ce « héros intérieur » est un guide qui possède sa
propre vision du monde, ses objectifs de vie et ses
croyances spécifiques. Il constitue un modèle qui nous
pousse à faire de nouveaux apprentissages et à
éveiller en nous notre potentiel. En nous mettant à sa
place, on peut explorer un nouveau point de vue, se
risquer dans les parties plus compliquées d’un processus,
éviter certains pièges et être plus attentif aux dangers
éventuels.
JE ME RELIE À MES ALLIÉS, À LEURS FORCES ET LEURS QUALITÉS
Objectifs
• aborder différents points de vue lors d’une difficulté, sortir de sa
propre vision du problème ;
• voir la difficulté avec une saine distance émotionnelle ;
• éviter de tourner en rond avec les pensées et émotions habituelles.
Contexte
Nous sommes parfois prisonniers de nos automatismes et des émotions
que soulève une situation difficile : peur, excitation, angoisse,
confusion, accablement, découragement. Sans aide extérieure, il est
plus compliqué de prendre du recul, de sortir de notre vision et de nos
réactions habituelles.
Étapes
1. Établissez une liste de personnages connus, des « héros » qui
vous inspirent et que vous appréciez pour leurs qualités
particulières. Faites une liste complémentaire de personnages
connus qui vous sont complètement étrangers car très
éloignés de vos valeurs, qui semblent à l’opposé de ce que vous
feriez.
• Choisissez dans ces listes 3 personnages, 2 qui vous
inspirent et 1 qui vous est complètement étranger.
• Identifiez pour chaque personnage : quelle est sa force
principale ? quelle est sa plus grande qualité ?
. Décrivez opérationnellement votre problématique (en
quelques phrases).
3. Mettez-vous dans la peau de chacun des 3 personnages
choisis, jouez à être ce personnage en vous posant les questions
suivantes :
• Quelle gestuelle adopterait-il ? Mettez-vous dans sa peau.
• Quelle est la première réaction qu’il aurait dans cette
situation problématique ? Laissez-venir une impression,
une attitude, un sentiment, un geste, une parole.
• Qu’est-ce qu’il ressentirait dans cette situation ? Laissez-
vous gagner par son climat intérieur, exagérez sa réaction
en augmentant le volume émotionnel.
• Comment voit-il le problème ? Quelle est sa vision de la
situation ? Laissez venir son analyse, toutes les idées
même farfelues qui vous viennent à l’esprit, pas de
censure.
• Comment agirait-il pour résoudre la situation ? Laissez
venir toutes les idées d’action, de solutions, en simulant sa
façon de faire, le lien qu’il entretient avec les autres et
l’environnement.
4. Écrivez toutes les réponses de votre personnage avant de
passer rapidement à l’allié suivant.
Méthodologie et conseils
• Le succès de cet outil réside dans la façon dont nous pouvons
incarner le personnage. Une fois revenu à nous-même, notre
vision de la situation aura probablement changé.
• Tous les grands dirigeants en bénéficient, notre allié imaginaire
peut nous être aussi utile que le « conseiller irremplaçable » sans
qui l’accomplissement de notre travail ne serait pas possible.
• Nous pouvons jouer à cet exercice avec des partenaires, il s’agit
alors dans l’étape 3, que chaque joueur puisse incarner le
personnage à tour de rôle.
Description à
venir Voir aussi outil 43
“
Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé.
Antoine de Saint-Exupéry
En quelques mots
L’être humain a survécu à travers les âges grâce au
soutien de son clan, un humain isolé est très fragilisé.
De plus, il est difficile d’être heureux et en bonne
santé sans liens chaleureux et fréquents avec nos
proches. Les réelles relations d’amitié sont rares, le lien
s’approfondit dans les moments passés ensemble ; une
simple connaissance peut devenir un réel ami avec le
temps et c’est lorsque la situation est difficile que nous
pouvons mieux voir qui sont les amis sur lesquels nous
pouvons compter. Nous avons besoin de nous sentir
aimés et acceptés tels que nous sommes.
JE ME SENS ACCEPTÉ·E ET SOUTENU·E PAR MES PROCHES
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• se sentir aimés et acceptés tels que nous sommes ;
• bénéficier de contacts chaleureux et humains régulièrement ;
• éviter de laisser s’appauvrir le réseau de soutien dans un seul
cercle.
Contexte
Un effort conscient est nécessaire pour maintenir des liens solides dans
une diversité de cercles d’amis.
Parfois, en fonction des évènements de notre vie, nous laissons notre
réseau de soutien s’appauvrir en nous concentrant sur un seul domaine
de vie. Pour certains parents, le cercle familial étroit devient l’unique
source de soutien et d’attention. Pour une personne surinvestie dans
son travail, il s’agira de ses collègues de travail.
Le départ des enfants, un licenciement, un conflit de couple, peut
provoquer un vide relationnel qui peut nous rendre très vulnérables et
démunis.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Faites l’état des lieux de votre réseau de soutien, établissez le
tableau des personnes sur qui vous pouvez compter dans votre
vie en les répartissant dans 5 catégories (hors couple) :
1° famille, 2° amis, 3° collègues de travail, 4° voisins ou
proches géographiques, 5° loisirs ou activités sociales. Dans
l’autre axe, cochez ce que chacun·e vous apporte :
• Reconnaissance : vous vous sentez valorisés et reconnus dans
vos qualités et dans vos efforts ;
• Encouragements : vous sentez que la personne vous motive et
éveille votre énergie ;
• Stimulation : vous recevez un avis qui éveille votre curiosité,
ou qui vous remet en question dans vos habitudes ;
• Clarification : l’échange vous permet de mieux comprendre
votre situation, votre problème ;
• Créativité : vous êtes soutenu à l’élaboration de projets, à
trouver des idées innovantes, à oser vous renouveler et être
créatifs ;
• Affection : vous vous sentez aimé et acceptés tels que vous êtes,
vous recevez de la tendresse et un toucher affectueux ;
• Aide matérielle : vous recevez de l’aide physique ou un soutien
financier ;
• Bien-être physique : vous recevez des soins qui contribuent à
vous sentir bien dans votre corps.
. Votre tableau rempli, évaluez votre réseau : est-il suffisant ?
vous manque-t-il des qualités, des forces, une diversité de
personnes ? les 5 domaines sont-ils bien représentés ?
Méthodologie et conseils
Nous pouvons cultiver et entretenir la richesse et la diversité de notre
réseau de soutien en partageant des moments agréables et plaisants et
en vivant des activités d’intérêt commun.
L’approfondissement des liens de soutien va se développer davantage
en passant du temps ensemble, en se donnant des nouvelles
régulièrement, en offrant une disponibilité et une écoute réciproque en
cas de problème. Oser partager notre vulnérabilité dans la confiance du
lien contribue aussi fortement à approfondir les relations.
1. POSER LE CADRE
L’objectif du groupe de parole est de créer le climat adéquat pour pouvoir exposer un peu plus
de nous-mêmes. Deux éléments sont importants : la sécurité (pouvoir s’exprimer librement
sans être interrompu ni interrompre quelqu’un) et le soutien (climat de bienveillance, qualité
d’écoute sans jugement).
2. S’EXPOSER
Il s’agit de parler de notre ressenti subjectif : « En quoi l’histoire que je raconte me touche,
en quoi est-ce important pour moi d’en parler ? » Ce n’est pas une réflexion mentale, notre
cœur parle, nos tripes, notre sensibilité. Lorsque nous sommes accueillis sans solution, nous
nous sentons réellement entendus.
5. FEED-BACK
Le temps de parole écoulé, la personne peut demander comment nous avons perçu ce qui a été
exposé. « Voilà comment j’ai reçu ce que tu as dit… », « Ce que tu as dit me touche car… »,
« Quand tu as dit cela j’étais gêné… ». La personne écoute ces retours en silence, puis
remercie pour clôturer. Il ne s’agit pas d’avoir raison, mais simplement d’être à l’écoute les
uns des autres, aucune argumentation, aucun débat, pas de polémique, pas de conseils, pas
d’associations d’idées ni de « thérapie sauvage ».
“
Le couple heureux qui se reconnaît dans
l’amour, défie l’univers et le temps, il se
suffit, il réalise l’absolu.
Simone de Beauvoir
En quelques mots
Une vie professionnelle performante et exigeante peut
mettre à rude épreuve les liens précieux de notre vie
privée. Avec la fatigue accumulée et les préoccupations,
il est inévitable de se désinvestir petit à petit de notre vie
privée, d’être moins disponible pour nos proches même
sans le vouloir. Parfois nous associons la maison
uniquement au repos. Nous risquons alors de ne plus
pouvoir partager le meilleur de nous-même avec l’être
aimé. Il est indispensable d’investir de l’énergie pour
maintenir une relation de couple équilibrée et
nourrissante car elle contribue à notre santé.
JE PRÉSERVE MON ÉNERGIE POUR L’OFFIR À MES PROCHES
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• préserver sa relation de couple des effets toxiques du stress
professionnel ;
• établir un soutien mutuel en couple pour décharger le stress et
cadrer les soucis professionnels.
Contexte
Lorsque nous rentrons chez nous tendus et sous pression, le fusible
saute plus facilement avec notre conjoint·e. Et si les deux partenaires
sont sous pression au travail, que reste-t-il de la relation de couple ?
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Privilégiez la qualité plutôt que la quantité : sortez, vivez un
moment convivial, partagez un moment privilégié au moins
une fois par semaine avec votre partenaire, si possible sans
fatigue, sans stress, sans portables !
2. Pratiquez la décharge de stress et la récupération ensemble,
vous pouvez :
• « vider votre sac » ensemble (voir outil 35) ;
• vous balader à deux dans la nature : partagez vos soucis,
puis vos joies ;
• faire une bataille de coussins, danser, rire
• vous lover l’un contre l’autre, en silence, présent l’un pour
l’autre dans la détente.
3. Revenez à vous pour mieux revenir à l’autre. Si vous sentez
que vous avez besoin d’être seul·e, avertissez-en votre
partenaire. Par la suite, vous pourrez être davantage disponible
pour votre couple. Vous pouvez aussi vous offrir une soirée
« zombie » où vous avertissez vos proches que vous n’êtes pas
disponible pour lâcher la pression et les exigences l’espace
d’une soirée.
4. Connaissez-vous bien, prenez le temps de communiquer sur
le couple. Parfois, il est nécessaire de parler de la relation,
d’ouvrir une communication apaisante, prendre du recul,
reconnaître l’éventuel dommage subi, pardonner. La confiance
peut se rétablir petit à petit lorsque le dialogue est à nouveau
installé. Il faut apprendre comment l’autre se sent aimé·e. Agir
par de petites attentions régulières qui nourrissent le lien
d’amour permet de valoriser l’autre, lui rendre un service, le
toucher affectueusement, lui offrir votre écoute, avoir un
partage de qualité, etc.
Méthodologie et conseils
Nous sommes enclins à partager généreusement avec nos proches ce
qui demeure indigeste : émotions toxiques, fatigue, ruminations,
préoccupations… Parfois, en arrivant à la maison après une journée
stressante, nous n’avons « plus de jus » pour nourrir notre couple, nous
avons tout donné dans notre travail. Que reste-t-il ? Quelques miettes à
offrir à l’autre ? L’ombre de nous-même ? Beaucoup entretiennent la
croyance que le couple est solide, que nous sommes engagés « pour le
meilleur et le pire ». Toutefois, la relation de couple a ses limites dans
le « recyclage » de la toxicité du stress professionnel, lorsque nous
rentrons à la maison lourds, tendus, préoccupés, ce n’est pas un cadeau
pour nos proches !
“
Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends.
Nelson Mandela
Les outils
42 Développez votre esprit d’explorateur
43 Effectuez un « remue-ménage » créatif
44 Énoncez vos affirmations au réveil
45 Comparez-vous à juste dose
46 Réagissez positivement à l’erreur
47 Soyez excellent à 70 %
48 Intégrez les changements irréversibles
OUTIL Développez votre
42 esprit d’explorateur
“
Marco Polo savait où il allait, Christophe
Colomb espérait mais ne savait pas !
L’exploration c’est embrasser l’inconnu.
Bertrand Piccard
En quelques mots
La curiosité est un formidable moteur de changement
pour l’être humain. Explorer le nouveau est toujours
mieux que reproduire le connu ou ne rien faire.
L’inconnu permet d’apprendre et d’élargir notre zone de
confort. Une dynamique intérieure positive s’installe,
plus nous prenons confiance en notre capacité à
explorer et plus nous nous sentons capables de dire oui
aux expériences auxquelles nous résistions auparavant.
À tout moment, nous pouvons revenir dans notre zone de
confort, retrouver nos habitudes, marquer des pauses en
revenant à nous, laisser faire le renouvellement intérieur.
MA CURIOSITÉ EST LE MOTEUR DE MON CHANGEMENT
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• entraîner son esprit d’explorateur pour sortir de la routine ;
• s’habituer à dépasser le raisonnable et les conventions ;
• apprécier les vertus de l’inconnu plutôt que d’y résister.
Contexte
Parfois chercher à tout prix de conserver notre zone de confort au
travail, devient difficile à vivre : nous résistons aux changements, nous
manquons d’initiatives, nous ne savons plus comment évoluer, nous
nous sentons stagner devant un seuil ou coincé dans un cycle
d’expériences répétitives. Parfois nous manquons de stimulation et de
défis et nous nous ennuyons dans la routine. Entrer dans l’esprit
d’explorateur nous permet alors de changer d’attitude intérieure.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Décidez d’embrasser l’inconnu :
• dites plus souvent oui à ce que vous n’avez jamais essayé
auparavant ;
• choisissez systématiquement de sortir des habitudes
mentales : « tout sauf ce que je connais ! ». Par exemple,
vous pouvez changer de trajet pour vous rendre à votre
travail, changer de place lors de la séance hebdomadaire
de l’équipe, enfiler votre veste avec le bras opposé,
changer de support pour prendre des notes, monter les
escaliers à l’envers : explorez-vous autrement.
2. Soyez déraisonnable… dans l’imaginaire. Prenez l’exemple
d’une tâche qui vous ennuie au travail. Imaginez que, dans
cette situation vous faites quelque chose de complètement
déraisonnable. Laissez les idées émerger et amplifiez le
scénario, vivez-le à fond intérieurement, cela vous permettra de
sortir des conventions, du cadre, d’une routine ennuyeuse.
3. Afin de vous libérer d’une hésitation ou d’un conflit mental
qui vous fige, décidez d’une action à faire, lancez le compte
à rebours et démarrer dans les 5 secondes. Si vous êtes
neutralisé par un conflit d’idées, vous hésitez, vous ne savez
plus de quoi vous avez envie, la peur de faire faux, votre
mental vous bloque, vous êtes statique, passez à l’action quelle
qu’elle soit : comme le lancement d’une fusée, comptez à haute
voix : 5, 4, 3, 2, 1, feu, partez et bougez ! Vous vous rendrez
mieux compte de ce qui vous conviendra ou pas dans l’action
plutôt qu’en restant « coincés » dans votre tête et vos pensées.
Méthodologie et conseils
Pour notre survie, le cerveau amplifie le risque potentiel. Il prévient et
empêche les choses inconfortables, désagréables ou qui font peur, mais
c’est une vision à court terme ! Nous risquons de nous enfermer dans
la sécurité, nous n’avons pas l’état d’esprit ouvert à ce qui sort de notre
ordinaire. L’important est de chercher à se libérer de l’habitude car la
routine est le contraire de l’activation cérébrale. Pour éviter la
monotonie, l’hypoefficience cérébrale, la somnolence, pour stimuler
notre cerveau, il ne suffit pas de faire des « gammes cognitives », il
faut aussi s’impliquer émotionnellement et corporellement dans ce que
nous faisons, nous confronter, découvrir, explorer des chemins de
traverse.
“
La créativité c’est l’intelligence qui s’amuse.
Albert Einstein
En quelques mots
Contexte
Les ennemis qui attaquent notre esprit créatif sont nombreux dans notre
sphère professionnelle : le stress, le sérieux, le « juge intérieur », le regard
des autres, le manque d’engagement, les habitudes collectives, la peur de se
tromper, la culture d’entreprise…
Il existe 3 formes d’éveil créatif face à une situation qui vous pose
problème :
Méthodologie et conseils
Faire des recherches sur Internet stimule les régions du cerveau associées à
la prise de décision et aux raisonnements complexes. Nous pouvons
stimuler la polyvalence de notre système cognitif en apprenant à jouer d’un
instrument, une nouvelle langue, en allant au musée, au concert, en
voyageant… Ces activités contribuent à faire fonctionner notre cerveau
autrement et de façon plus complète. Tous les gens créatifs nous le diront :
s’éloigner permet de regarder les problèmes de la veille avec un œil neuf et
de trouver des solutions qui n’avaient pas été envisagées jusqu’ici.
“
Un guerrier ne renonce pas à ce qu’il aime,
il trouve l’amour dans ce qu’il fait.
Dan Millman
En quelques mots
Nos premières pensées et nos actes colorent la journée
entière. Au réveil, évoquer à haute voix ce que nous
souhaitons vivre nous aide à maintenir le cap . Nous ne
choisissons pas toujours les évènements que nous allons
vivre, en revanche, nous sommes responsables de notre
climat intérieur et de notre attitude vis-à-vis de ces
évènements. De plus, penser à soi dès le début de la
journée est un signal important pour notre inconscient.
Nous consacrons d’emblée du temps aux pratiques
bienfaisantes que nous avons choisies.
MA PREMIÈRE ACTION AU RÉVEIL EST DE ME SOUHAITER DU BIEN
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• arrêter de se contenter de peu et de subir les évènements de la
journée ;
• être habité d’une énergie constructive qui éveille le potentiel ;
• au réveil, énoncer la bonne direction à suivre.
Contexte
La façon de nous réveiller le matin et nos premières pensées et actes
influencent positivement ou négativement notre attitude intérieure.
Nous engager chaque matin à appliquer ce que nous souhaitons dans
notre vie nous permet de choisir l’attitude adéquate pour faire face aux
évènements du jour. Nous ne les subissons pas et n’y réagissons pas
selon nos automatismes habituels.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Faites une liste d’affirmations pour être en bonne santé au
travail. Ne vous restreignez pas dans tout ce que vous
souhaitez. Vous pouvez vous référer aux 6 domaines de la santé
au travail, dans quelles dimensions souhaitez-vous un
changement ou une amélioration ? (voir page suivante)
2. Lisez vos affirmations à haute voix au réveil de façon
dynamique et engagée en liant le corps et l’esprit. Un peu
comme un magicien qui évoque une formule magique, répéter
constamment une affirmation conduit à son acceptation par
votre esprit et opère une modification de vos pensées, de vos
croyances et de vos comportements.
3. Imaginez de façon active « votre nouvelle vie » : voyez,
ressentez, entendez, touchez et goûtez tous les détails de votre
vision. Sollicitez tous vos sens afin d’optimiser l’efficacité. Il
s’agit de faire comme si les changements étaient complètement
intégrés dans votre quotidien, vous déroulez le film à l’intérieur
de vous, en vivant pleinement les étapes, les émotions, le
soulagement, la fierté. Votre imaginaire vous permet de
reprogrammer votre cerveau autrement, de transformer votre
climat émotionnel habituel.
4. Actualisez les affirmations régulièrement en fonction des
changements et de vos besoins.
Méthodologie et conseils
Énoncer à haute voix ces affirmations aide à transformer nos croyances
et comportements néfastes et à les remplacer par ceux dont nous avons
besoin pour évoluer. Les affirmations changent petit à petit notre façon
de penser et d’agir. Il s’agit de reprogrammer notre cerveau par de
nouvelles croyances que nous choisissons. Nous pouvons en voir les
effets rapidement, dans la journée. Sans effort, nos choix se modifient,
les émotions habituelles sont transformées, nous sommes attentifs et
nous sélectionnons de nouveaux éléments dans notre environnement.
1. Silence
Assis en silence quelques minutes, l’esprit tranquille, nous pouvons
prier, méditer ou simplement nous concentrer sur notre respiration.
Cela permet de créer une clarté et une lucidité intérieure. Nous
commençons la journée dans la bonne perspective et nous pouvons
nous réveiller en douceur, pleinement conscient du moment présent.
2. Affirmations
En évoquant à haute voix nos affirmations (ce que nous nous
souhaitons devenir ou faire pour que notre vie change), nous
transformons le dialogue interne inconscient et automatique. Il s’agit
d’orienter l’inconscient dans la bonne direction et d’éliminer les
mauvaises habitudes.
3. Visualisation
Cette technique est très utilisée par les athlètes de haut niveau pour
visualiser le geste idéal, la course parfaite. Imaginons vivre la journée
idéale, en engageant le corps et les émotions. Notre imaginaire peut
être soutenu par de la musique. Nous portons notre attention et
ressentons de tout notre être ce que cela ferait si chaque changement
entrait dans notre existence.
4. Exercice physique
Le mouvement permet de bien commencer la journée dans l’action,
renforce la confiance en soi et la dynamique physique. Selon nos
goûts, nous pouvons effectuer des exercices d’assouplissement, des
étirements, de la musculation ou du yoga… Tout en douceur, nous
pouvons réveiller notre corps et le dynamiser.
5. Lecture
La lecture est une des méthodes les plus immédiates afin d’acquérir les
connaissances, les idées et les stratégies nécessaires pour le
changement. Nous pouvons choisir un livre nourrissant ou inspirant ou
relire les livres que nous avons aimés pour mieux intégrer une méthode
ou un nouveau concept.
6. Écriture
Il s’agit de garder une trace écrite de nos idées, nos découvertes, nos
enseignements, nos projets personnels, ainsi que des possibilités
d’évolution. Prendre des notes nous permet de récolter de précieux
indices de notre progression qui pourraient nous échapper. Il est aussi
possible de tenir un journal de gratitude, commencer la journée en
remerciant est un geste qui favorise un climat intérieur positif.
La routine terminée, nous pouvons prendre une bonne douche et
un solide petit déjeuner, nous sommes bien préparés pour aborder
notre journée. Lorsque le temps nous manque, il est possible de
pratiquer les 6 étapes en 6 minutes, une minute par étape. Toutefois
cela devrait rester occasionnel, la norme étant de pouvoir nous y
consacrer 30 à 60 minutes chaque jour.
Exemple
Affirmations pour la santé au travail
CORPS
• Je trouve du plaisir dans l’activité physique et cela me donne envie de me mobiliser
davantage
• J’offre une attention bienveillante à mon corps, il me donne en retour vitalité et joie de
vivre
• Je suis plein·e d’énergie et de force ! Je peux m’engager dans les défis du jour
• Ma vitalité et mon ouverture facilitent ma capacité de travail
MENTAL
• Je me concentre aisément sur les tâches qui me sont attribuées
• Je trouve une solution à chaque problème
• Je m’autorise à suivre mon instinct
• Ma capacité à m’organiser et à planifier me permettent d’avoir l’esprit clair et lucide
ÉMOTIONS
• J’ai pleinement confiance en mon engagement au travail.
• Ce que mon cœur dit mérite d’être écouté au moment des décisions.
• Je rayonne une énergie positive.
• J’apprends à me servir de mes émotions comme potentiel d’action.
• Mon sentiment de rébellion me permet de construire et de créer du nouveau.
LIENS
• Je reçois la reconnaissance de mes supérieurs.
• Je respecte mon entourage et mes collègues me respectent.
• Je profite de ma solitude, je peux retourner vers les autres quand je veux.
• J’accepte de décevoir et de déplaire, cela me donne davantage de liberté.
• Je préserve ma relation de couple de tout soucis professionnels toxiques.
ÉVOLUTION
• Mon esprit est ouvert à l’innovation quelle qu’elle soit.
• Je vis la perte de l’ancien et du connu comme une occasion d’apprendre.
• Je mets de l’ordre dans ma vie et je me prépare pour un nouveau commencement.
• Chaque tempête, renforce mes racines.
• J’avance pas à pas, une chose après l’autre tranquillement.
• Je crée un cadre de vie adéquat pour exprimer mon potentiel créatif.
SENS
• J’oriente ma vie vers l’essentiel.
• Je tire un enseignement de tout ce qu’il m’arrive.
• Maintenant je suis prêt·e à goûter les succès dans ma vie.
• Chaque événement me rapproche de mon but.
• Je suis fidèle à moi-même, je défends ouvertement et avec sincérité mes valeurs.
Outil
Comparez-vous à juste dose
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“
On ne doit pas juger du mérite d’un homme par ses grandes qualités mais
par l’usage qu’il en sait faire.
Jean de La Bruyère
En quelques mots
L’esprit compétitif est stimulant : nous comparer aux autres nous motive à
donner le meilleur de nous, la compétition peut aussi nous amener à nous
remettre en question et cela nous permet d’évoluer. Nous ressentons alors le
plaisir d’avoir réussi à nous dépasser. Notre confiance en nous en est
renforcée. Lorsque nous n’arrivons pas à être meilleur que l’autre, nous
pouvons simplement lâcher prise, faire preuve de fair-play. En revanche,
lorsque sortir vainqueur est le résultat à obtenir à tout prix, la comparaison
peut devenir toxique pour notre organisme ou notre mental.
Contexte
Le jugement est une constante évaluation des choses, des situations, des
personnes, de soi-même. Comparer, classer, étiqueter, analyser sans cesse
peut créer un dialogue intérieur toxique qui érode la confiance en soi.
1. Distinguez :
Méthodologie et conseils
“
La seule véritable erreur est celle dont on ne
retire aucun enseignement.
Richard Bohringer
En quelques mots
Désagréables au premier abord, les erreurs deviennent
positives lorsque nous les acceptons et qu’elles sont
tolérées par notre entourage. Pour notre cerveau,
l’erreur est une information comme une autre, utile
pour progresser et s’adapter. Il détecte et corrige
simplement les écarts par rapport aux attentes. Bien que
l’erreur puisse être interprétée comme neutre, elle active
très souvent notre affect. L’erreur peut constituer soit un
handicap dans nos actions, soit une opportunité qui nous
encourage à nous améliorer. Tout dépend de
l’interprétation positive ou négative que nous en
faisons.
L’ERREUR M’AIDE À APPRENDRE
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• éviter que l’erreur active un affect négatif et handicapant ;
• gérer positivement l’erreur lors d’une épreuve ;
• intégrer la possibilité d’échouer dans les objectifs.
Contexte
Déception, colère, inquiétude : lorsqu’elle est interprétée
négativement, l’erreur peut activer des reproches concernant notre
propre personne et entamer l’estime de nous-même. Au travail, les
attentes des autres peuvent ajouter un stress supplémentaire. La peur
de se tromper peut engendrer l’indécision ou une absence d’audace.
COMMENT L’UTILISER ?
Modalités
• « Le sportif à la mi-temps ».
Focalisez exclusivement sur tout ce que vous avez bien réussi dans la
première manche et sur ce que vous pouvez améliorer dans la
deuxième. Instaurez un état d’esprit de lucidité et un climat intérieur
de curiosité pour vous améliorer. N’autorisez aucun commentaire
d’ordre affectif.
• « La boîte noire mentale ».
Avant et durant une épreuve ou un évènement délicat, concentrez-vous
uniquement sur les choses positives. Si des pensées négatives, des
préoccupations ou des affects encombrants apparaissent, soyez
déterminé à vous en débarrasser. Enregistrez dans la « boîte noire » de
votre mental tout ce que vous ne pouvez pas gérer sur le moment parce
que vous devez rester concentré. Une fois l’évènement terminé, vous
pouvez y revenir et vous en occuper en analysant l’incident et en
digérant les affects qui y sont liés.
• « L’échec planifié ».
Fixez-vous 3 niveaux d’objectif :
1. le minimum à atteindre ;
2. un objectif réaliste ;
3. un but idéal.
Décidez d’en atteindre 2 sur 3. L’objectif ultime est hors de portée,
c’est un échec planifié. Il s’agit ensuite d’analyser de façon
critique les raisons de cet échec et de mieux rebondir par la suite.
Méthodologie et conseils
• L’échec est productif lorsqu’il sollicite notre attention et nous
stimule pour relever un nouveau défi. Il permet aussi une
ouverture, car nous pouvons prendre conscience des limites de
nos connaissances : nous serons davantage réceptifs à un
apprentissage ou à l’avis des autres.
• Si notre posture était d’occulter la possibilité d’échec, échouer
nous permet de renouer avec une humilité réaliste et humaine.
• S’autoriser à faire des erreurs nous libère et favorise la créativité.
Aborder l’erreur avec une curiosité bienveillante peut mener à
l’apparition de solutions créatrices. C’est en se trompant qu’on
invente…
• Pour notre cerveau, l’erreur est un signal d’alerte permettant
d’arrêter le mouvement ou de le corriger. Cela se traduit par un
ralentissement post-erreur : après nous être trompés, nous
ralentissons et augmentons le contrôle attentionnel sur nos
propres décisions pour éviter de répéter les erreurs.
Interview
Devenir meilleur grâce à ses erreurs
“
L’idéal est pour nous ce qu’est l’étoile pour
le marin. Il ne peut être atteint mais il
demeure un guide.
Albert Schweitzer
En quelques mots
Faire preuve d’exigence est une force sur laquelle nous
pouvons nous appuyer pour bien faire notre travail avec
qualité et constance. L’excès d’exigence en revanche, le
perfectionnisme, peut devenir un handicap
important. Comment adapter l’échelle d’exigence aux
moyens à disposition et être tout à fait satisfait de notre
travail ? Les perfectionnistes sont confrontés au conflit
intérieur suivant : satisfaire les délais et se résigner à ce
qu’ils jugent être un « mauvais travail », ou alors
maintenir un niveau de qualité qui réponde aux critères
de l’exigence intérieure, ce qui les met constamment
sous pression et met en danger leur santé.
J’ADAPTE MON EXIGENCE PERSONNELLE POUR MÉNAGER MON
ÉNERGIE
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• limiter l’exigence pour préserver sa santé ;
• enrichir ses possibilités en termes de niveau d’exigence ;
• éviter d’avoir deux uniques échelons dans l’échelle d’exigence :
100 % ou 0 % !
Contexte
Le niveau élevé d’exigence personnelle du perfectionniste n’est
souvent pas en adéquation avec les moyens à disposition. Le risque est
de ne pas entreprendre la tâche car il est évident que l’idéal exigé ne
pourra être atteint dans le temps ou avec les moyens restreints à
disposition. Le risque est aussi de dépasser les délais à force de vouloir
toujours faire mieux. Toute l’attention et l’énergie sont absorbées par
une seule tâche qui est menée à bien, en revanche le reste de la charge
de travail s’accumule. Ou pire encore, toutes les tâches sont réalisées à
la perfection et dans les délais mais impossible de tenir à ce régime sur
un moyen terme, la santé est atteinte !
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Choisissez une tâche que vous devez réaliser au travail
comme exemple. Décrivez les différentes options pour
effectuer cette tâche en fonction des niveaux d’exigence
suivants :
• 100 % : accomplir la tâche parfaitement (respect du délai,
aucune faute, dans le moindre détail, plus complet que
demandé) ;
• 70 % : accomplir la tâche, pas davantage que ce qui est
demandé sans vérifier, avec quelques erreurs éventuelles ;
• 50 % : accomplir la tâche de justesse dans les délais avec
quelques erreurs ou la faire bien mais avec du retard ;
• 30 % : être très en retard et/ou laisser beaucoup d’erreurs ;
• 0 % : ne rien faire.
2. Choisissez le niveau d’exigence adéquat : discernez les
tâches quotidiennes qui méritent un investissement total, de
celles qui peuvent être exécutées plus rapidement avec moins
d’exigence.
3. Désintoxiquez-vous de cette course à la perfection :
• en validant tout ce dont vous pouvez être content
aujourd’hui ;
• en vous félicitant d’avoir effectué votre travail avec un
niveau d’exigence adapté aux moyens disponibles ;
• en étant satisfait d’avoir parfaitement donné « votre
meilleur » pour aujourd’hui ;
• en appréciant humblement le travail accompli, quel qu’il
soit ;
• en réalisant que vous prenez soin de votre santé à moyen
terme en limitant votre exigence.
Méthodologie et conseils
Les perfectionnistes ne peuvent pas aller à l’encontre de leur nature en
cessant complètement de l’être. La seule stratégie qui les aidera à bien
vivre leur niveau d’exigence élevé sans en souffrir est de discerner les
tâches importantes qui méritent toute leur attention, un investissement
total, de celles qui peuvent être faites plus rapidement, en prenant le
risque de faire des erreurs.
Nous tirons 80% de résultats avec 20% de nos activités seulement.
Ainsi, en concentrant notre attention uniquement sur l’essentiel, nous
obtiendrons de bons résultats dont nous pourrons être satisfaits en
moins de temps et d’efforts !
“
La souveraine liberté, c’est peut-être
composer avec ses fragilités.
Alexandre Jollien
En quelques mots
Tout changement irréversible, quel qu’il soit, qualifié
d’heureux ou de malheureux, implique de nous adapter à
ce qui vient et de quitter ce que nous avons connu, c’est
une perte. Un changement de travail, un collègue
licencié, le rachat de l’entreprise, un changement de
projet, le déménagement de bureau ou de l’entreprise, la
fusion ou le rachat de la société… Le processus de deuil
est une réorganisation interne. Nous ne pouvons pas
empêcher une éventuelle douleur mais nous avons la
responsabilité du regard que nous portons sur ce qui se
passe en nous.
CHAQUE CHANGEMENT IRRÉVERSIBLE PROVOQUE UNE MUE
INTÉRIEURE
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• s’occuper de soi lors d’une perte douloureuse plutôt que rester
dans la plainte ;
• se donner le temps d’intégrer l’impact que le changement
provoque en nous ;
• identifier les éventuels obstacles de la nécessaire « mue ».
Contexte
Nous sommes régulièrement confrontés à des changements dans notre
travail que nous n’avons ni choisi, ni souhaité. Le piège est de tomber
dans une attitude de plainte, de se sentir victime et impuissant. Notre
regard exclusivement tourné vers l’extérieur, nous perdons le pouvoir
interne de nous adapter et de nous reconstruire autrement dans cette
transition forcée.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Identifiez votre façon de réagir à la perte :
• « Pourquoi cela m’arrive-il à moi ? », vous cherchez du
sens, une explication rationnelle et logique.
• « C’est la bonne occasion de changer » vous sortez de
l’inconfort en passant directement à la suite.
• « C’est écœurant ! », vous vous sentez victime de ce
changement que vous n’avez pas voulu et vous en
plaignez.
• « Qu’est-ce que j’ai fait de travers ? », vous vous
culpabilisez, vous vous sentez responsable.
2. Entrez dans le processus de mue en 3 mouvements
intérieurs :
• Séparez-vous des autres : autorisez-vous à vous retirer, à
vous détacher de l’extérieur et revenez à vous. « C’est
fini ». Ne vous obligez pas à redoubler d’exigence avec
vous-même de peur de sentir votre fragilité.
• Restez en marge : Accordez-vous du temps sur « l’autre
quai », vous voyez les gens qui passent, qui s’activent.
Des mémoires corporelles de pertes passées peuvent se
réveiller. Les choses ne se vont pas plus vite avec votre
volonté : « Bon maintenant t’as compris…c’est fait ! ».
Non, votre corps prend son temps pour intégrer, muer,
voire souffrir. Il est impossible de définir le « bon
rythme ».
• Réintégrez-vous dans la communauté : l’agrégation c’est
reprendre votre vie, retrouver la capacité de vous attacher
à nouveau petit à petit, vous ouvrir à nouveau avec
confiance.
Méthodologie et conseils
Nous sentir victime et nous plaindre est tout à fait légitime comme
première réaction à un changement définitif. En revanche, nous devons
être attentifs à ne pas nous complaire dans la plainte, même si la perte
est énorme. Certains sont très affectés pour des petites choses et
d’autres s’adaptent vite à des changements énormes, cela diffère d’une
personne à l’autre.
L’important est de respecter le temps nécessaire à la mue. Le flou, la
confusion émotionnelle, ne pas savoir quand cela va s’arrêter, tout cela
est normal.
Écrit avec la collaboration précieuse d’Alix Noble Burnand.
Interview
Toute perte provoque une mue
Alix Noble Burnand est thanatologue, conteuse et auteure.
Pour ma santé au travail : Je peux me reprendre, me séparer de la personne et des morts. J’ai
un sas pour passer à autre chose : les randonnées, mon corps, j’ai un endroit refuge.
“
L’existence entière a besoin de toi. Si tu n’étais pas ici, il y aurait
un vide, tu manquerais à la vie autant que les arbres, les fleurs,
les oiseaux ou les étoiles.
Osho
Avez-vous l’impression de suivre votre élan intérieur et de vivre la vie
que vous sentez juste ? Êtes-vous influencés ou même détournés parfois
par un schéma imposé par la société ? Vous autorisez-vous à remettre en
question vos habitudes et vos valeurs ? Êtes-vous suffisamment à
l’écoute de votre vie intérieure pour faire les bons choix ?
“
La seule liberté c’est de tenir la voile tendue
ou de la laisser choir. Le vent n’est pas de
nous.
Abbé Pierre
En quelques mots
Il est essentiel de choisir en conscience l’équilibre de vie
que nous souhaitons vivre. Chacun a ses priorités et ses
besoins propres, nous investissons différentes
proportions d’énergie et d’attention dans chaque
sphère de notre vie : le travail – le couple – la vie de
famille/nos enfants – les loisirs – le temps pour soi. Il
n’existe aucune norme dans la part idéale d’énergie à
investir dans chaque rôle mais la sphère professionnelle
grignotte souvent de l’énergie habituellement consacrée à
notre vie privée. Le devoir à accomplir prend souvent le
dessus sur le temps pour soi. Nous sommes parfois
amenés à subir un déséquilibre que nous ne souhaitons
pas.
MON ÉQUILIBRE DE VIE RESPECTE MES PRIORITÉS
POURQUOI L’UTILISER ?
Objectifs
• comprendre que l’énergie investie dans un domaine de sa vie, ne
pourra pas être investie ailleurs ;
• choisir de répartir les efforts dans tous les aspects importants de sa
vie ;
• éviter de sacrifier un ou plusieurs domaines de sa vie de façon
inconsciente à cause du travail.
Contexte
Notre énergie n’est pas illimitée même si c’est ce que nous
souhaiterions parfois. Lorsque nous terminons notre journée de travail
« sur les genoux » car nous avons tout donné, il ne reste rien à investir
dans les autres domaines de notre vie. Parfois, il y a une compétition
entre les activités qui nous nourrissent. Nous devons faire des choix
non seulement par manque de temps mais aussi parce que notre
attention et notre qualité de présence fluctuent dans la journée.
COMMENT L’UTILISER ?
Étapes
1. Vous avez à disposition un 100 % d’énergie, cela représente
l’attention que vous portez, votre investissement personnel,
votre motivation, vos efforts. Observez la proportion d’énergie
que vous consacrez aux domaines principaux de votre vie et
imaginez celle que vous souhaitez idéalement investir dans
chaque domaine.
2. La proportion d’énergie investie ne correspond pas
forcément au temps passé dans chaque domaine. Par exemple,
si vous ruminez les soucis professionnels le soir alors que vous
êtes avec vos amis ou votre famille, vous consacrez en réalité
votre énergie au travail.
3. Observez le tableau ainsi rempli : l’équilibre de vie que vous
vivez actuellement correspond-il à ce que vous souhaitez au
fond de vous ? Êtes-vous enclin à sacrifier certains domaines
de votre vie qui vous semblent importants ? Si c’est le cas,
quelles mesures pouvez-vous entreprendre pour rejoindre
davantage votre idéal ?
Méthodologie et conseils
Il n’y a aucun jugement à faire sur nos choix, tant que nous ne
subissons pas une situation que nous n’avons pas choisie. Par exemple,
une jeune journaliste de 29 ans, choisit de s’investir « corps et âme »
dans son travail car elle a obtenu un poste inespéré de cheffe de
rubrique dans un journal quotidien. Elle n’a pas d’enfant, son
compagnon habite à l’étranger, elle souhaite s’investir totalement dans
son travail pour l’instant. Son équilibre de vie pourrait paraître
déséquilibré pour ses collègues mais il lui convient en ce début de
carrière.
Cet outil est très révélateur de ce qui se passe dans notre vie, nous
n’avons pas une quantité illimitée d’énergie. Elle est très précieuse,
autant décider consciemment où et comment nous souhaitons la
dépenser.
La sphère professionnelle est très gourmande en attention, vorace
même, parfois. Nous sommes éduqués à accomplir « d’abord nos
devoirs avant de pouvoir aller jouer ».
“
Faites ce que vous pouvez, avec ce que vous
avez, là où vous êtes.
Theodore Roosevelt
En quelques mots
Nos valeurs, nos objectifs de vie et nos rêves agissent en
arrière-fond au travail. Même si nous n’y pensons pas, ils
constituent la base de notre motivation au quotidien.
Lorsque nos actes nous paraissent utiles et cohérents,
fournir un effort conséquent devient possible, le
challenge est motivant. À l’inverse, lorsque nous
perdons le sens de notre travail, l’exécution de nos
tâches devient lourde et usante. En gardant
constamment à l’esprit le sens de notre travail, nous
pourrons conserver un équilibre serein face aux
contradictions et possibles incohérences de la vie
professionnelle.