Introduction générale
La comptabilité générale est une discipline qui permet de classer et d’ordonner une
entreprise et ses flux dans l’objectif de mesurer sa production et d’optimiser ses
performances. Elle consiste à répertorier l’ensemble du patrimoine, des flux marchands et
financiers d’une entreprise pour en évaluer la santé financière. La comptabilité générale
enregistre les flux réels et financiers entre l’entreprise (ou une autre entité comme une
association) et ses tiers tout au long de l’exercice comptable ou exercice social, et leur donne
force légale. À la fin de l’exercice sont établis des états appelés documents de synthèse ou
comptes annuels ou comptes sociaux. La mise en place d’un système de gestion comptable est
obligatoire pour toutes les entités physiques ou morales déclarées comme professionnelles. Les
données tirées de la comptabilité générale sont capitales, car elles servent de base au calcul de
l’impôt. Ces données peuvent aussi constituer comme étant une base statistique pour évaluer
l’économie générale d’un pays.
Il existe plusieurs types de comptabilité, mais la comptabilité générale est la base de
connaissance qui est étudiée en première année du programme de BTS comptabilité de gestion.
Il sera question pour vous de mieux cerner les principes fondamentaux de la comptabilité
générale et ainsi que l’analyse, l’enregistrement et le traitement des opérations courantes
réalisées au sein des entités économiques.
Plan cours
Première partie : Les principes de bases de la comptabilité Générale
Chapitre 1 : Généralité sur la comptabilité
Chapitre 2 : Le patrimoine de l’entité : le bilan
Chapitre 3 : Analyse des opérations de l’entreprise : La notion de flux
Chapitre 4 : Le compte
Chapitre 5 : le système comptable OHADA
Chapitre 6 : les impôts et les taxes
Deuxième partie : enregistrement des opérations courantes et périodiques de l’entité
Chapitre 1 : les opérations courantes d’achats et ventes
Chapitre 2 : les emballages Commerciaux
Chapitre 3 : les moyens de règlement des opérations courantes par cheque
Chapitre 4 : les effets de commerce
Chapitre 5 : les charges de personnel
Chapitre 6 : L’enregistrement des opérations courantess périodiques
Bibliographie
Acte Uniforme OHADA Révisé 2018, 1204 pages
Application de l’acte uniforme OHADA révisé 20018, 435 pages
Dobill M. (2008), comptabilité OHADA : Tome 1 ; comptabilité générale, AECC-
Karthala.
Dobill M. (2008), comptabilité OHADA, systèmes comptables, opérations
spécifiques, travaux de fin d’exercice, Tome 2 AECC-Karthala.
Gouadain D. Et Wade E-B. (2002) : comptabilité générale, système comptable
OHADA, Edition ESTEM.
Friedrich J.J (2005) : « Comptabilité générale et gestion des entreprises : comptabilité
financière », Hachette, 5e édition, 352 p.
Dobill M. (2005° « Comptabilité OHADA, Tome1 comptabilité générale », AECC-
KARTHALA, 405p.
Kamdem D. (2004), « système comptable OHADA : comptabilité générale », Paris, collection
Ecologos, 251 p.
Première partie : LES PRINCIPES DE BASES DE LA COMPTABILITE
GENERALE
Chapitre 1 : GENERALITE SUR LA COMPTABILITE
La comptabilité se définie comme un système d’organisation et de traitement de
l’information permettant l’établissement des états financiers de système (bilan, compte de
résultat…) en conformité avec les dispositions du droit comptable OHADA. Autrement dit, la
comptabilité est un système d’organisation d’information financière qui permet: de saisir,
classer, enregistrer des données de base chiffrées, de fournir, après traitement approprié, un
ensemble d’informations conforme aux besoins des divers utilisateurs intéressés. L’objet
premier de la comptabilité est de fournir les informations financières nécessaires au
fonctionnement d’une entité économique.
I- Rôle principe de la comptabilité
La comptabilité joue plusieurs rôles dans la vie économique en tant que moyen
d’information et de preuve, d’aide à la décision et au contrôle de l’entreprise.
Comptabilité comme moyen d’information : La comptabilité constitue un « tableau
de bord », une source d’information interne (résultat obtenu par exploitation sur une période
d’un an) et externe (donne le montant d’une dette vis-à-vis d’un fournisseur). Ainsi,
l’information comptable s’adresse à ceux qui ont des relations commerciales avec l’entreprise
(clients, fournisseurs), à ceux qui ont participé à la création de l’entreprise (actionnaires,
prêteurs), et à l’Etat qui participe à la production des tiers, à l’établissement des comptes
nationaux.
Comptabilité comme moyen de décision : Grace aux multiples informations données,
la comptabilité est un outil de gestion qui peut servir d’aide à la décision.
Comptabilité comme moyen de contrôle : Elle permet le suivit des règlements aux
fournisseurs out le suivit des règlements des clients grâce aux comptes des fournisseurs ou des
clients.
Comptabilité comme moyen de preuve : En cas de litige avec les tiers, certains
documents tels que les factures, les chèques, peuvent servir de preuve.
II- Les principes comptables fondamentaux
Les principes comptables fondamentaux structurent la représentation comptable de
l’entité. Issus historiquement de la pratique comptable, ces principes sont intégrés dans les
cadres conceptuels et les normes comptables, et tirent leur légitimité de leur reconnaissance par
les acteurs du monde comptable. Ce sont les postulats et conventions comptables qui sont
couramment regroupés sous le terme générique de principes comptables.
A- Les postulats comptables
Les postulats permettent de définir le champ du modèle comptable. Ce sont des
principes acceptés sans démonstration mais cohérents avec les objectifs fixés. Il s’agit du :
1-Postulat de l’entité
Il s’agit d’une hypothèse fondamentale portant sur la relation entre, d’une part, la
personne morale ou le groupe et d’autre part son ou ses propriétaires (exploitant, associés,
actionnaires, membres). En effet, l’entité est considérée comme étant une personne morale ou
un groupe autonome et distinct de ses propriétaires et de ses partenaires économiques. En claire,
il s’agit de la distinction des biens et dettes de l’entité et des associés et partenaires.
2-Postulat de la comptabilité d’engagement ou d’exercice
Les effets des transactions et autres événements sont pris en compte dès que ces
transactions ou événements se produisent et non pas au moment des encaissements ou
paiements.
3-Postulat de la spécialisation des exercices
Ce postulat, prévu à l’article 59 de l’Acte uniforme relatif au droit comptable et à
l’information financière, signifie que la vie de l’entité étant découpée en périodes appelées «
exercices » à l’issue desquels sont publiés des états financiers annuels, il faut rattacher à chaque
exercice tous les produits et les charges qui le concernent (nés de l’activité de cet exercice), et
ceux-là seulement.
4-Postulat de la permanence des méthodes
Le postulat de permanence des méthodes rappelé dans l’article 40 de l’Acte uniforme
relatif au droit comptable et à l’information financière exige que les mêmes méthodes de prise
en compte, de mesure et de présentation soient utilisées par l'entité d'une période à l'autre. Les
dérogations de ce principe reposent sur le changement de méthode, d’option fiscale ou de
corrections d’erreurs en respectant les règles exigé par l’acte uniforme.
5-Postulat de la prééminence de la réalité économique sur l’apparence juridique
Selon ce postulat, pour que l'information représente d'une manière pertinente les
transactions et autres événements qu'elle vise à représenter, il est nécessaire qu'ils soient
enregistrés et présentés en accord avec leur substance et la réalité économique et non pas
seulement selon leur forme juridique.
B- Les conventions comptables
Les conventions comptables sont destinées à guider le préparateur des comptes dans
l’évaluation et la présentation des éléments devant figurer dans les états financiers. Elles ont
un caractère de généralité moins grand que les postulats comptables et peuvent varier d’un pays
ou d’un espace géographique à un autre.
1-Convention du coût historique
La convention du coût historique consiste à comptabiliser les opérations sur la base de
la valeur nominale de la monnaie sans tenir compte des éventuelles variations de son pouvoir
d’achat. Selon la convention du coût historique, les actifs sont comptabilisés pour le montant
payé ou pour la valeur de la contrepartie qui a été donnée pour les acquérir. Les passifs sont
comptabilisés pour le montant des produits reçus en échange de l’obligation ou, dans certaines
circonstances (par exemple, les impôts sur les bénéfices), le montant que l’on s’attend à verser
pour éteindre le passif (passif externe) dans le cours normal de l’activité.
2-Convention de prudence
Cette convention est énoncée d’entrée dans les articles 3 et 6 de l’Acte uniforme relatif
au droit comptable et à l’information financière : « La comptabilité doit satisfaire, dans le
respect de la convention de prudence, aux obligations de régularité, de sincérité et de
transparence inhérentes à la tenue, au contrôle, à la présentation et à la communication des
informations qu’elle a traitées. »
3-Convention de régularité et transparence
Dans le droit comptable OHADA, cette convention a été affirmée dans les articles 6, 8,
9, 10 et 11 de l’Acte uniforme relatif au droit comptable et à l’information financière. En fait,
il imprègne tous les textes relatifs à l’information externe. Il faut inclure dans ce concept : la
conformité aux règles et procédures du Système comptable OHADA, au plan comptable et à sa
terminologie, à ses présentations d’états financiers (notion de régularité)... ; la présentation et
la communication claire et loyale de l’information, sans intention de dissimuler la réalité
derrière l’apparence (article 6 de l’Acte uniforme) ; le respect de la règle de non-compensation,
dont l’inobservation entraînerait des confusions juridiques et économiques et fausserait l’image
que doivent donner les états financiers annuels. Sont uniquement autorisées les compensations
juridiquement fondées (article 34 de l’Acte uniforme) en vertu de la loi ou du contrat...
4-Convention de la correspondance bilan de clôture – bilan d’ouverture
Cette convention est rappelée à l’article 34 de l’Acte uniforme relatif au droit comptable
et à l’information financière : « le bilan d’ouverture d’un exercice doit correspondre au bilan
de clôture de l’exercice précédent ».
5-Convention de l’importance significative
Cette convention, bien qu’énoncée formellement à l’article 33 de l’Acte uniforme relatif
au droit comptable et à l’information financière, à propos des notes aux états financiers,
concerne également tous les autres états financiers. Sont significatifs « tous les éléments
susceptibles d’influencer le jugement que les destinataires des états financiers peuvent porter
sur le patrimoine, la situation financière et le résultat de l’entité » (article 33 de l’Acte
uniforme). Le stricte respect de ses principes comptables traduits l’image fidèle de l’entreprise
et permet au comptable de produits des documents comptables saines et satisfaisantes.
III- Les parties prenantes de la comptabilité
La comptabilité constitue le principal moyen de communication de l’information
financière aux différentes parties prenantes internes et externes à l’entité : les dirigeants, les
organes d’administration et de contrôle et les différentes structures internes de l’entité ; les
fournisseurs de capitaux (investisseurs, banques et autres prêteurs, institut d’émission et autres
bailleurs de fonds) ; l’Etat, la centrale des bilans et les autres institutions dotées de pouvoirs de
planification, de réglementation et de contrôle ; les autres partenaires de l’entité tels que les
assureurs, les salariés, les fournisseurs ou les clients ; les autres groupes d’intérêt, y compris le
public de façon générale.
La comptabilité est ainsi utile pour toutes structures dont il importe de décliner sa
classification.
IV- Notion de d’entité et sa classification
Une entité est un ensemble organisé d’une ou plusieurs personnes physiques ou morales et
d’éléments corporels ou incorporels permettant l’exercice d’une activité économique qui
poursuit un objectif propre. Par activité économique, il faut entendre toute activité (civile ou
commerciale) produisant des biens ou des services marchands ou non, exercée dans un but
lucratif ou non. Les entités sont classées selon plusieurs critères, par les Droits comptable et
commercial.
L’appartenance des capitaux :
❖Les entités privées qui appartiennent aux personne privées;
❖ Les entités publiques qui appartiennent à l’Etat
❖ Les entités mixtes qui appartiennent à l’Etat et aux privés.
La taille de l’entité
La taille de l’entité est un indice quantitatif est généralement utilisé tels que le nombre
de salariés, le volume de production, le chiffre d’affaires. Le SYSCOAHADA retient le critère
du chiffre d’affaires.
- Grandes entités: Le chiffre d’affaires est supérieur ou égal à100millions de FCFA ;
- Moyennes entités: le chiffre d’affaire est compris entre 30 et 100 millions FCFA;
- Petites entités: le chiffre d’affaires est inférieur à 30 millions de FCFA.
Le statut juridique :
Selon, la forme juridique de l’entité :
- L’entité individuelle qui appartient à une personne;
- L’entité sociétaire qui appartient à deux ou plusieurs personnes;
Le domaine d’activité de l’entité
- Les entités commerciales : qui achètent et revendent en l’état des marchandises, sans
aucune transformation;
- Les entités industrielles : qui transforment une ou des matières premières en produits
finis.
- Les entités de prestation de services : assurances, banques, cliniques, transport.