REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE
ET DES NOUVELLES CITOYENNETES
ECOLES CONVENTIONEES CATHOLIQUES
COLLEGE ALFAJIRI
B.P 1612
EXAMEN D’ETAT 2025
CENTRE BUKAVU 1
SECTION LITTERAIRE
OPTION LATIN-PHILOSOPHIE
CODE 63001
SUD-KIVU
EXPOSE SUBSTANTIEL DES PENSEES PHILOSOPHIQUES D’
AUGUSTE COMTE ET LUCRECE
Travail pratique de philosophie élaboré en vue du jury pratique
Présenté par : Saburume Cito Priscilla
Pour l’obtention du diplôme d’Etat en Latin-Philosophie
Dirigé par : Antoine PHAKA , SJ.
ANNEE SCOLAIRE 2024-2025
Remerciements
Chers professeurs,
Je tiens à vous remercier chaleureusement . Votre accompagnement durant cette année
m’a énormément aidé. Grâce à vous j’ai pu avancer sereinement et j’ai pu atteindre ce
niveau. Je suis sincèrement touché par votre bienveillance et votre disponibilité surtout
dans cette période critique que traverse notre pays la RDC. Cela me motive davantage
dans mes projets et je vous en suis très reconnaissante. Soyez abondamment bénis
0. INTRODUCTION
Il y a fort longtemps, les penseurs ont cherché à comprendre le monde à travers la raison
et l’observation et nombreux parmi eux ont cherché à expliquer l’origine du monde et la
place de l’homme tout en ayant pas recours aux mythes et aux dieux. Et c’est là
qu’intervinrent Auguste Comte et Lucrèce.
Auguste Comte nous propose une nouvelle approche : « Le Positivisme », qui est une
philosophie selon laquelle toute connaissance valide doit être fondée sur l’observation
des faits et l’expérience. Elle vise à appliquer la méthode scientifique aux sciences
sociales.
Lucrèce, dans son œuvre « De natura rerum » un long poème en six chants, nous expose
une vision matérialiste et rationnelle de l’univers, influencé par Epicure, il cherche à
libérer l’homme de la peur des faits la mort et des divinités en lui montrant que tout est
constitué d’atomes soumis aux lois de la nature.
Dans ce cadre, nous parlerons en premier lieu d’Auguste Comte : sa biographie, sa pensée,
le résumé de l’œuvre, et une réflexion sur l’œuvre ensuite nous ferons de même pour
Lucrèce et nous terminerons avec une conclusion.
Ainsi, dans quelle proportion le positivisme d’Auguste Comte a-t-il impacté la pensée
scientifique et sociologique moderne ? En quoi « De natura rerum » est-il une œuvre
philosophique et didactique ? Les questions ci-dessus obtiendront réponse dans les points
qui suivent.
I. AUGUSTE COMTE:«LE POSITIVISME»
Biographie
Né le 19janvier 1798 à Montpellier en France et mort le 5 Septembre 1857 à paris ,Isidore
Marie Auguste François Xavier Comte est un philosophe français du XIXe
siècle ,reconnu pour avoir fondé le Positivisme (doctrine qui prône une approche
scientifique et rationnelle du monde) et la sociologie comme discipline scientifique . Il
vient d’une famille catholique et monarchiste et peu après il s’éloigne de sa religion et
des traditions familiales.
En 1814 ,il va à paris où il entre dans une école polytechnique et de là il commence à
s’intéresser aux sciences et à la philosophie . Il se fait exclure de cette école à 16 ans à
couse de ses idées politiques.
En 1817, le comte de Saint-Simon (un penseur socialiste utopique)l’engage comme
secrétaire , ce qui va prendre fin en 1824 à des divergences intellectuelles de Auguste
Comte .
Il commence à donner des cours de philosophie positive en 1826, ce qui ne va pas tarder
à prendre fin en 1827 à cause de sa tentative de suicide suite à des crises personnelles et
mentales . Après cette dépression, il devient professeur particulier de mathématiques, et
enseigne dans un établissement préparatoire aux concours scientifiques, il travaille aussi
comme répétiteur et examinateur à l’école polytechnique mais il perd son poste en 1842.
Et durant cette période il connaît des difficultés financières mais il parvient à s’en sortir
grâce à l’aide de ses disciples comme par exemple John Stuart Mill . Il exerce ses talents
de pédagogue pendant plus de 25ans dans les cours publics d’astronomie, puis d’histoire ,
qu’il destine à un public ouvrier . Durant toute sa vie il développe un système
philosophique, le positivisme , qui part d’une théorie de la connaissance reposant sur la
Loi des trois états pour proposer une classification des sciences . Cette classification
consacre l’avènement de la Physique Sociale, appelée Sociologie, à partir de1839 . En
1845 , sa rencontre avec Clotilde de Vaux l’influence énormément et ainsi le positivisme
( pensée d’Auguste Comte)prend un tournant religieux, qui se concrétise dans la
fondation de la Religion de l’humanité . L’influence d’Auguste Comte sur
l’Epistémologie et la Sociologie française est considérable . Le mouvement positiviste a
connu un développement international très important .
Œuvres principales :- « Cours de philosophie positive » ( 1830-1842)
- « Catéchisme positiviste » (1852)
- « Synthèse de politique positive » (1851-1854)
- « Synthèse subjective »(1856)
- « Discours sur l’ensemble du positivisme » (1844)
- « La philosophie positive d’Auguste Comte »(1853)
- « Dynamique sociale »(1853)
- « Système de politique positive » (1822)
Résumé du positivisme :
Le positivisme d’Auguste Comte valorise l’observation, l’expérience et la méthode
scientifique comme fondement de la connaissance (1), et il a eu une influence majeure sur le
développement des sciences sociales. Dans ce livre il nous fait part des caractéristiques
du positivisme : tout est mutuellement lié ; il y a une seule loi commune à la réalité ; il ya
une unité de doctrine. Il nous a proposé que l’évolution des sciences suit trois stades : le
stade théologique où les explications reposent sur les croyances religieuses ; le stade
métaphysique où les explications deviennent abstraites et philosophiques ; et enfin le
stade positif où la connaissance est basée sur l’observation et la raison. Il a également
évoqué une hiérarchie des sciences, où les sciences sociales, surtout la sociologie, sont
perçue comme les plus intriqués car elles étudient les phénomènes humains. Il a plaidé
afin de mettre en œuvre les méthodes scientifiques aux études sociales afin de mieux
comprendre et améliorer la société.
Doctrine: positivisme
Pensée d’Auguste
Il soutient que la société se développe par l’intermédiaire de trois stades : le stade
théologique : les explications qui reposent sur la religion et les croyances, le stade
métaphysique qui est dominé par des idées abstraites, le stade positif : la connaissance
fondée sur de faits observables et des expériences. Il introduit aussi l’idée d’une
hiérarchie des sciences, affirmant que les sciences se développent de façon cumulative.
Pour lui, l’application des méthodes scientifiques aux études sociales est nécessaire pour
comprendre et améliorer la société.
(1) COMTE rejette les spéculations métaphysiques et insiste sur l’importance des faits observables et des lois générales dans la
construction du savoir source : cours de philosophie positive, leçon 1,P 14, par AUGUSTE COMTE, édité à PARIS, Edition BACHELIER,
1830-1842
Réflexion sur le positivisme
Le positivisme est d’une objectivité (2) absolue. Il ne prend pas compte de la subjectivité des
individus. Ici , Auguste réduit la vie humaine à des lois scientifiques et cette réduction
dénigre la richesse et la complexité de l’expérience humaine telle que la dimension
artistique et spirituelle de l’existence. Tous ces phénomènes sociaux ne peuvent pas être
expliqué uniquement des lois causales. Il valorise excessivement les sciences naturelles et
ignore d’autres formes de savoirs telles que la philosophie, etc. Pour lui , l’évolution
pourrait se faire de manière uniforme et prévisible et considère la société de manière trop
statique. Nombreux philosophes ont contesté cette vision des choses comme par exemple
Karl Marx. Et certains experts comme John Stuart Mill et Elisée Reclus, ont perçu le
positivisme comme une forme d’autoritarisme, car d’après eux, il ne prend pas
suffisamment compte de la démocratie, de la participation citoyenne et le pluralisme des
idées.
II. LUCRÈCE : « DENATURA RERUM»
Biographie
De son nom complet Titus Lucretius Carus, Lucrèce est un philosophe et poète latin du
Ier siècle av.J.C. (vers 98-55 av.J.C.). Il est principalement connu pour son œuvre : « De
natura rerum », un long poème en hexamètre qui expose la philosophie épicurienne et une
vision matérialiste du monde. Nos connaissances sont limitées au sujet de la vie de
Lucrèce et les sources sont parfois douteuses. Selon une tradition rapportée par
Saint-Jérôme, Lucrèce aurait sombré dans la folie après avoir absorbé un philtre d’amour,
ce qui l’aurait conduit à écrire son poème dans des moments de lucidité avant de se
suicider à l’âge de quarante quatre ans . Cette version est largement contestée et pourrait
être une légende destinée à discréditer ses idées matérialiste anti-religieuse. Il a été
influencé par les philosophes grecs notamment Epicure.
(2) « savoir pour prévoir, prévoir pour pouvoir. »Cette maxime résume l’objectif du savoir scientifique selon COMTE : comprendre les
lois de la nature pour anticiper les événements et agir efficacement. SOURCE : cours de philosophie positive, leçon1, p 14, AUGUSTE
COMTE, PARIS, Edition BACHELIER
Autres œuvres :
Bien que « De natura rerum » soit la seule œuvre complète de Lucrèce qui nous soit
parvenue, certains fragments de ses autres écrits ont été retrouvés, mais ils sont beaucoup
moins connus. Ces écrits abordaient probablement similaires, avec un focus sur la
philosophie et la science.
Résumé :
Dans ce livre, Lucrèce évoque la théorie atomiste selon laquelle tout est composé
d’atomes et de vide, et rien ne naît du néant(1) . Il affirme que tout est constitué d’atomes en
mouvement. Pour lui, les atomes se déplacent dans le vide selon le produit du hasard et
des lois mécaniques. Ils introduit aussi la notion de Clinamen c’est-à-dire déviation
aléatoire des atomes qui permet d’expliquer le libre arbitre dans un monde gouverné par
le déterminisme. Il dit que l’âme est matérielle et composée d’atomes subtils, et elle périt
avec le corps, de-là, il nie l’existence d’une vie après la mort, et un châtiment dans
l’au-delà. Il critique la religion, il s’oppose à toutes ces croyances religieuses qui pour lui
sont responsables des souffrances humaines(2). l’ homme ne devrait pas redouter la mort
dit-il, car ce n’est qu’un retour au néant. Il discute aussi sur le monde, l’univers, la terre
et le soleil et explique le fonctionnement des sens et des illusions et donne les différences
entre la perception, le désir et l’illusion. Il explique également de façon rationnelle les
phénomènes tels que les orages, les tremblements de terre etc et montre que ces derniers
ne sont pas des punitions divines mais sont au contraire des processus naturels. Ce poème
se termine de manière abrupte sans conclusion.
Doctrine: Épicurisme
(1) « Nil posse creari de nihilo » ; rien ne peut être crée à partir de rien, un principe fondamental de la physique épicurienne
s’oppose à la création ex nihilo. Pour Lucrèce, tout est composé d’atomes et de vide, SOURCE : De natura rerum, livre 1, vers
150, PARIS, Didot, 1850. (Edition Latine),traduction de JOSE.
(2) « Tantum religio potuit suadere malorum »,la religion a pu conseiller tant de crimes ; , SOURCE : De natura rerum, livre 1,
vers 101, PARIS, Didot, 1850. (Edition Latine),traduction de JOSE.
Pensée de Lucrèce
Lucrèce est un représentant de l’épicurisme, une philosophie qui prône la recherche du
bonheur par la compréhension du monde et la réduction de la souffrance .
Sa pensée est centrée sur une vision matérialiste du monde, le refus des superstitions car
selon lui, ils engendrent la peur et la souffrance. Il encourage l’acceptation de la mort
affirmant qu’elle est simplement la cessation de la, un retour vers le néant. Et montre
aussi l’importance la connaissance pour mener une vie sereine , pour lui c’est un moyen
d’atteindre la tranquillité d’esprit et de vivre en harmonie avec la nature.
Réflexion sur « De natura rerum »
Dans cet œuvre, Lucrèce exclut absolument toute dimension divine dans la création du
monde. Et Saint-Augustin et plusieurs autres théologiens contredisent cette idée parce
que, pour eux , cela va à l’encontre des enseignements bibliques sur la création divine et
la providence. Il a aussi une vision matérialiste du monde c’est-à-dire que pour sa part,
tout est constitué d’atomes, particules matérielles en mouvement, appuyant la différence
essentielle entre la pensée et la matière, soit l’âme et le corps . Il préconise que la
connaissance humaine se limite à la simple observation des phénomènes matériels,
Emmanuel Kant a complètement rejeté cette réflexion car à son opinion, elle nécessite
aussi une dimension à priori, une structure de la pensée humaine qui préexiste à
l’existence.
La vision atomiste et déterministe de l’univers qu’il a donné ne considère pas la
dialectique et l’évolutif de la réalité autrement dit , que l’histoire et la nature sont en
constante évolution qui ne peut être expliqué que par des interactions matérielles.
III. Conclusion
Malgré que « Le positivisme » d’Auguste Comte et « De natura rerum » de Lucrèce se
situent dans des époques très différentes et soient influencées par des contextes
philosophiques différents, il existe un lien indirect entre les deux : ils ont une vision du
monde fondée sur l’observation empirique et l’explication des phénomènes par des lois
naturelles. Bien que Auguste Comte ne soit pas athée de manière absolue, dans leurs
œuvres à lui et Lucrèce prônent une vision du monde où les explications surnaturelles
observées et vérifiées par la science.
Le positivisme d’Auguste Comte semble le plus convaincant et le plus pertinent pour une
science rigoureuse et moderne. Elle peut-être vue dans le contexte de la modernité
scientifique où l’attention est portée sur les faits mesurables, les preuves, et la rigueur
méthodologique.
Le surnaturel c’est-à-dire les divinités, les causes mythiques ne peuvent-ils pas se
compléter aux lois scientifiques et physiques pour une meilleure explication du monde ?