TD Isométrie
TD Isométrie
espace euclidien
Isométries, matrices orthogonales
Exercice 1: Valeurs propres d’une isométrie : un classique
Soit A une matrice orthogonale d’ordre n. On considère le produit scalaire canonique de Mn,1 (R) défini
par : hX|Y i = X T Y .
1. On suppose que A admet une valeur propre réelle λ et on considère X un vecteur propre de A associé
à cette valeur propre.
En calculant de deux façons différentes ||AX||2, montrer que λ2 ||X||2 = ||X||2.
2. En déduire que sp(A) ⊂ {−1; 1}.
3. Donner un exemple de matrice orthogonale d’ordre 2 qui ne possède pas de valeur propre réelle.
Exercice 2:
Soit E un espace euclidien et f une isométrie de E.
Montrer que ker(f − idE ) = Im(f − idE )⊥ .
Exercice 3:
Soit E un espace euclidien et f ∈ O(E).
1. On suppose que sp(f ) = {−1; 1}. Montrer que E1 (f ) et E−1 (f ) sont orthogonaux.
2. On suppose de plus que f est diagonalisable. Montrer que f est une symétrie orthogonale.
En dimension 2
Exercice 4:
Déterminer la nature et préciser les éléments caractéristiques de l’endomorphisme f de R2 canonique-
ment associé à chacune des matrices suivantes :
1 1 −1
√
1 3 1
a) A = √ b) B = √
2 1 1 2 1 − 3
Exercice 5:
2 1
Déterminer la matrice dans la base canonique de R de la rotation vectoriel d’angle θ = arccos − .
3
Exercice 6:
Déterminer la matrice dans la base canonique de R2 de la symétrie orthogonale d’axe dirigée par le
vecteur −
→
u = (1, 2).
En dimension 3
Exercice 8:
0 0 1
On considère la matrice A = −1 0 0 et on note f l’endomorphisme de R3 canoniquement associé
0 1 0
à A.
1. Montrer que A est une matrice orthogonale.
2. Justifier que f est une isométrie négative et en déduire la nature de f .
3. a) Déterminer un vecteur − →u de première coordonnée 1 et tel que ker(−f − idR3 ) = Vect(− →
u)
b) Déterminer les valeurs de θ solutions de tr(−A) = 1 + 2 cos(θ).
c) On note Bc = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 .
Déterminer le signe de detBc (− →u , e1 , −f (e1 )).
Parmi les valeurs de θ trouvées à la question précédente quelles sont celles telles que le signe de
sin(θ) est le même que celui du déterminant calculé ci-dessus ?
d) Donner une équation du plan P = Vect(− →u )⊥ .
4. Conclure en donnant la nature et les éléments caractéristiques de f .
Exercice 9:
Déterminer la nature et préciser les éléments caractéristiques de l’endomorphisme f de R3 canonique-
ment associé à chacune des matrices suivantes :
√
1 −8 4 1 2 2
1 1 −1 3 −√6
1
a) A = 4 4 7 b) B = 2 1 −2 c) C = √3 √ −1 − 6
9 3 4
−8 1 4 2 −2 1 6 6 2
Exercice 10:
On reprend la matrice A de l’exercice précédent. Calculer A481 .
Exercice 11: π
Déterminer la matrice dans la base canonique de R3 de la rotation vectorielle d’angle et d’axe dirigé
6
par le vecteur −
→
u = (1, 1, 1).
Exercice 12:
Déterminer la matrice dans la base canonique de R3 de la réflexion vectorielle par rapport au plan F
d’équation x + 2y − z = 0.
Un exemple en dimension 4
Exercice 14:
On considère un espace euclidien E de dimension 4 et B = (e1 , e2 , e3 , e4 ) une base orthonormée de E.
Soit f l’endomorphisme de E dont la matrice dans la base B est :
√ √
√0 −2 2 2 2 √0
1 2 2 1 1 −√6
A= √ .
4 −2 2 √1 √ 1 − 6
0 6 6 2
Matrices symétriques
Exercice 15:
1 i
La matrice A = est-elle diagonalisable ? Quelle remarque pouvez-vous faire ?
i −1
Exercice 16:
Soit A et B deux matrice symétriques de Mn (R).
1. A quelle condition la matrice AB est-elle aussi symétrique ?
2. Donner un exemple de deux matrices symétriques dont le produit ne l’est pas.
Exercice 18:
Déterminer une matrice D diagonale et une matrice P orthogonale telles que A = P DP T .
2 1 1 0 1 −1 5 −1 1
1. A = 1 2 1 2. A = 1 2 −1 3. A = −1 1 −3
1 1 2 −1 −1 0 1 −3 1
Exercice 19:
4 1 1
1. Soit A = 1 4 1. Montrer que A est diagonalisable et la diagonaliser.
1 1 4
2. Résoudre le système différentiel suivant :
′
x = 4x + y + z
y ′ = x + 4y + z
′
z = x + y + 4z
x(0) = 2
3. Déterminer la solution de ce système vérifiant : y(0) = 2 .
z(0) = −1
Exercice 21:
1
Soit A ∈ Mn (R) et B = (AT + A).
2
On note α la plus petite valeur propre de B et β la plus grande.
1. Soit X ∈ Mn,1 (R). Comparer X T AX et X T BX.
2. Montrer que pour tout X ∈ Mn,1 (R),
αX T X 6 X T AX 6 βX T X.
3. En déduire que sp(A) ⊂ [α; β]. (sp(A) désigne l’ensemble des valeurs propres réelles de A)
Correction de l’exercice 2:
— Montrons que ker(f − idE ) ⊂ Im(f − idE )⊥ :
Soit −
→
u ∈ ker(f − idE ). On souhaite montrer que −→
u ∈ Im(f − idE )⊥ .
Pour tout y ∈ Im(f − idE ), il existe w ∈ E tel que −
→
− →
− →
y = f (−
→
w) − −→
w . On a donc :
h−
→
u |−
→
y i = h−
→
u |f (−
→
w) − −
→
w i = h−
→
u |f (−
→
w )i − h−
→
u |−
→
wi
Correction de l’exercice 3:
1. Soit −
→
u ∈ E1 (f ) et −
→
w ∈ E−1 (f ). On a donc f (−
→
u)=− →
u et f (−
→
w ) = −−
→
w.
On sait de plus que f conserve le produit scalaire donc :
h−
→
u |−
→
w i = hf (−
→
u )|f (−
→
w )i = h−
→
u|−−
→
w i = − h−
→
u |−
→
wi =⇒ h−
→
u |−
→
wi = 0
Correction de l’exercice 4:
a) — A est une matrice orthogonale car ses colonnes forment une famille orthonormée.
— A n’est pas une matrice symétrique donc f est une rotation d’angle θ tel que :
1
cos(θ) = √
2 ⇔ θ = π (mod 2π)
1 4
sin(θ) = √
2
Correction de l’exercice 5:
Lorsque
f est unerotation de R2 d’angle θ sa matrice dans n’importe quelle base orthonormée directe
cos(θ) − sin(θ)
est .
sin(θ) cos(θ)
2
Donc la matrice
√ dans la base canonique de R de la rotation d’angle arccos(−1/3) est la matrice
1 −1 −2 2
√ .
3 2 2 −1
Correction de l’exercice 6:
Commençons par former une base orthonormée constituée d’un vecteur de l’axe et d’un vecteur de
l’orthogonal de l’axe.
→
− →
−u 1 →
− 1
On pose U = − → = √ (1, 2) et V = √ (2, −1).
|| u || 5 5
→ −
− →
La famille B = ( U , V ) est une base orthonormée de R2 (famille libre car orthogonale et contient deux
vecteurs dans R2 qui est de dimension2).
′ 1 0
Dans la base B , on a MatB (f ) = .
0 −1
2 1 1 2
La matrice de passage de la base canonique Bc de R à B est P = √ et c’est une matrice
5 2 −1
orthogonale.
On a donc :
−1 T 1 −3 4
MatBc (f ) = P MatB′ (f )P = P MatB (f )P =
5 4 3
Correction de l’exercice 7:
√ !2 √ !2 2 √ !2
→
− 2 2 2 −
→ 2 1 3
1. || x || = + = 1 et || y || = + = 1.
2 2 2 2
x et y sont bien des vecteurs unitaires.
a −b
2. Comme f est une isométrie positive on sait que A est de la forme .
b a
Pour avoir f (−→
x)=−→y il faut donc avoir :
√ √ √ √ √
2
√ ! 2 2 1 a−b=
2 + 6
2 1 a− b= a=
A √22 = √23 ⇔ √2 √2 2
√ ⇔ √2 ⇔ √ 4√
2 2 3 3 6− 2
2 2 a+ b= a+b= √ b=
2 2 2 2 4
√ √ √ √
1
Donc A = √2 + √6 √2 − √6
4 6− 2 2+ 6
Correction de l’exercice 8:
1. A est une matrice orthogonale car les colonnes de A forment visiblement une famille orthonormée.
2. A n’est pas une matrice symétrique et on remarque que C1 ∧ C2 = −C3 (astuce : il suffit de calculer
une seule des coordonnées du produit vectoriel car on sait que l’on doit trouver C3 ou −C3 ). Donc
A ∈ O − (3) ce qui signifie que f est la composée d’une rotation vectorielle et d’une symétrie
orthogonale.
3. a) On a :
x x −z = x
−f ((x, y, z)) = (x, y, z) ⇔ −A y = y ⇔
x=y ⇔ x = y = −z
z z −y = z
→
− →
−
Donc ker(−f − id 3 ) = {(x, x, −x)/x ∈ R} = Vect( u ) avec u = (1, 1, −1).
R
1 2π 2π
b) On sait que 1 + 2 cos(θ) = tr(−A) = 0 donc cos(θ) = − et donc θ = ou θ = − (mod 2π).
2 3 3
c) On a :
1 1 0
det(→
−
u , e1 , −f (e1 )) = 1 0 1 = −1 < 0
Bc
−1 0 0
2π
Ainsi, pour θ = − (mod 2π), sin(θ) est du même signe que detBc (− →u , e1 , −f (e1 )).
3
(Attention dans la conclusion pour f il faudra penser à ajouter π à θ pour l’angle de la rotation
qui compose f )
d) On a : P = (Vect(− →
u ))⊥ = {(x, y, z) ∈ R3 / h−
→
u |(x, y, z)i = 0} = {(x, y, z) ∈ R3 /x + y − z = 0}.
π
4. En conclusion f est la composée de la rotation d’axe dirigé par − →
u = (1, 1, −1) et d’angle (mod
3
2π) et de la symétrie orthogonale par rapport au plan d’équation x + y − z = 0.
Correction de l’exercice 9:
a) 1. On vérifie rapidement que A est une matrice orthogonale : en effet les colonnes de A forment une
famille orthonormée (on peut aussi calculer AT × A)
2. A n’est pas une matrice symétrique et on remarque que C1 ∧ C2 = C3 . Donc A ∈ S O(3) ce qui
signifie que f est une rotation vectorielle.
3. Il nous faut maintenant trouver l’axe et l’angle de la rotation :
— Axe de la rotation :
x x x − 8y + 4z = 9x −2x − 2y + z = 0
A y = y ⇔ 4x + 4y + 7z = 9y ⇔ 4x − 5y + 7z = 0
z z −8x + y + 4z = 9z −8x + y − 5z = 0
z = 2x + 2y
z = −2x
⇔ 18x + 9y = 0 ⇔
y = −2x
−18x − 9y = 0
(Vect(−
→
u ))⊥ = {(x, y, z) ∈ R3 / h−
→
u |(x, y, z)i = 0} = {(x, y, z) ∈ R3 /x − y = 0}
π
4. En conclusion f est la composée de la rotation d’axe dirigé par −
→
u = (1, −1, 0) et d’angle (modulo
3
2π) et de la symétrie orthogonale par rapport au plan d’équation x − y = 0.
1 √0 0
est la matrice M ′ = 0 23 − √2
1
.
1 3
0 2 2
√1 √1 √1
√13 2
− √12
6
√1
La matrice de passage de la base canonique de R3 à la base B ′ est : P =
3 6
√1 0 − √26
3
3
Notons M la matrice de f dans la base canonique de R . Alors on a :
√ √
3+1 √ 1− 3 1√
1
M = P M ′ P −1 = P M ′ P T = 1√ 3 + 1 1√− 3
3
1− 3 1 3+1
√ √ √ √
1 √ 2 √2 1 −√6 2 4 √2 0 √0
det(A) = 4 4 2 = 3 L ← L1 − L2
4 −2 2 √1 − 6 4 −2 2 √1 − 6 1
0 6 2 0 6 2
En développant alors par rapport à la première ligne, on obtient :
√
2 √
det(A) = 3 × 4 2(2 + 6) = 1
4
On a donc, A ∈ S O(4) et ainsi, f ∈ S O(E).
2. La famille (e1 , f (e1 )) étant génératrice de F , pour montrer que F est stable par f il suffit de montrer
que f (e1 ) et f (f (e1 )) appartiennent à F .
Il est évident que f (e1 ) appartient à F .
Montrons maintenant que f (f (e1 )) appartient à F .
√ √
2 2
D’après la matrice A, on sait que f (e1 ) = (e2 − e3 ). Donc f (f (e1 )) = (f (e2 ) − f (e3 )).
2 2
1 √ √
Or, toujours grâce à la matrice A, on a f (e2 ) = (−2 2e1 + e2 + e3 + 6e4 ) et
4
1 √ √
f (e3 ) = (2 2e1 + e2 + e3 + 6e4 ).
4 √
2 √
Donc on a f (f (e1 )) = × (− 2e1 ) = −e1 , c’est-à-dire f (f (e1 )) ∈ F .
2
En conclusion, F est stable par f .
Comme f est une isométrie et que F est stable par f , d’après le cours, F ⊥ est aussi stable par f .
* √ +
2
3. On a he1 |f (e1 )i = e1 | (e2 − e3 ) = 0 car la famille B est orthogonale.
2
√
2 1
De plus ||e1 || = 1 et ||f (e1 )||2 = || (e2 − e3 )||2 = (||e2 ||2 + ||e3 ||2 ) = 1 (e2 et e3 sont orthogonaux).
2 2
Donc la famille (e1 , f (e1 )) est orthonormée (donc libre) et génératrice de F , c’est une base ortho-
normée de F .
0 −1
Comme f (f (e1 )) = −e1 , on a Mat(e1 ,f (e1 )) (f|F ) = et le déterminant de cette matrice vaut
1 0
1.
f|F est bien une rotation vectorielle.
* √ +
2
4. — On a he4 |e1 i = 0 car B est une base orthonormée et he4 |f (e1 )i = e4 | (e2 − e3 ) = 0 toujours
2
car B est une base orthonormée.
Donc e4 est orthogonal à e1 et f (e1 ) et comme la famille (e1 , f (e1 )) est génératrice de F alors
e4 ∈ F ⊥ .
— On remarque tout d’abord que dim(F ⊥ ) = 4 − dim(F ) = 2.
On a vu que F ⊥ est stable par f , donc comme e4 ∈ F ⊥ on a aussi f (e4 ) ∈ F ⊥ .
La famille (e4 , f (e4 )) est une famille de deux vecteurs de F ⊥ . Montrons qu’elle est libre. On
cherche les réels a et b tels que :
b=0
(
b √ √
ae4 + bf (e4 ) = 0 ⇔ ae4 + (− 6e2 − 6e3 + 2e4 ) = 0 ⇔ b ⇔a=b=0
4 a+ =0
2
La famille (e4 , f (e4 )) est une famille libre de deux vecteurs de F ⊥ qui est de dimension 2, donc
c’est une base de F ⊥ .
On a donc bien F ⊥ = Vect(e4 , f (e4 )).
2. La matrice A étant symétrique réelle on peut affirmer sans aucun calcul qu’elle est diagonalisable en
base orthonormée.
— Valeurs propres :
λ −1 1 λ+1 0 λ+1
χA (λ) = det(λI3 − A) = −1 λ − 2 1 = −1 λ − 2 1 L1 ← L1 + L3
1 1 λ 1 1 λ
1 0 1 1 0 0
= (λ + 1) −1 λ − 2 1 = (λ + 1) −1 λ − 2 2 C3 ← C3 − C1
1 1 λ 1 1 λ−1
= (λ + 1)((λ − 2)(λ − 1) − 2) = (λ + 1)(λ2 − 3λ) = λ(λ + 1)(λ − 3)
Les valeurs propres de A sont 0, −1 et 3
3. La matrice A étant symétrique réelle on peut affirmer sans aucun calcul qu’elle est diagonalisable en
base orthonormée.
— Valeurs propres :
λ−5 1 −1 λ−5 1 0
χA (λ) = 1 λ−1 3 = 1 λ − 1 λ + 2 C3 ← C3 + C2
−1 3 λ−1 −1 3 λ+2
λ−5 1 0 λ−5 1 0
= (λ + 2) 1 λ − 1 1 = (λ + 2) 2 λ − 4 0 L2 ← L2 − L3
−1 3 1 −1 3 1
2
= (λ + 2) ((λ − 5)(λ − 4) − 2) = (λ + 2)(λ − 9λ + 18)
= (λ + 2)(λ − 3)(λ − 6)
Les valeurs propres de A sont −2, 3 et 6.
— Vecteurs propres :
0 0
x=0
AX = −2X ⇔ . Donc E−2 = z /z ∈ R = Vect
1.
y=z
z 1
0
√1
On pose alors U = 2 Attention ne pas oublier de normer !
√1
2
−z −1
x = −z
AX = 3X ⇔ . Donc E3 = −z /z ∈ R = Vect
−1.
y = −z
z 1
C1 e3t
X ′ (t) = AX(t) ⇔ P Y ′ (t) = P DP −1P Y (t) ⇔ Y ′ (t) = DY (t) ⇔ Y (t) = C2 e3t
C3 e6t
0 −1 0
Une matrice de rotation ayant un déterminant égal à 1, la seule possibilité est A = 0 0 −1.
1 0 0
i=1 i=1
3. Si λ est une valeur propre de A, on prend X un vecteur propre associé de norme 1 et on applique la
question précédente :
α 6 λ 6 β.
Donc sp(A) ⊂ [α; β].