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Cours Stratigraphies3 2020 Chap1

Le document présente un cours de stratigraphie, abordant des concepts clés tels que la définition de la stratigraphie, ses domaines d'application, et les principes fondamentaux comme le principe de superposition et le principe d'identité paléontologique. Il décrit également les méthodes d'étude, y compris l'analyse des données de terrain et les approches biologiques et lithologiques. L'objectif principal est de reconstituer l'histoire géologique de la Terre à travers l'étude des couches géologiques et des fossiles.

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Cours Stratigraphies3 2020 Chap1

Le document présente un cours de stratigraphie, abordant des concepts clés tels que la définition de la stratigraphie, ses domaines d'application, et les principes fondamentaux comme le principe de superposition et le principe d'identité paléontologique. Il décrit également les méthodes d'étude, y compris l'analyse des données de terrain et les approches biologiques et lithologiques. L'objectif principal est de reconstituer l'histoire géologique de la Terre à travers l'étude des couches géologiques et des fossiles.

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BCG (S3) Module de

PALEONTOLOGIE, PALEOECOLOGIE - STRATIGRAPHIE


Cours de
STRATIGRAPHIE

Réalisé par Driss CHAFIKI


Département des Sciences de la Terre
FST - Marrakech
2020

1
BCG (S3)
PALEONTOLOGIE, PALEOECOLOGIE - STRATIGRAPHIE

STRATIGRAPHIE

Chapitre I
STRATIGRAPHIE ET CHRONOLOGIE

Chapitre II
SEDIMENTOLOGIE ET
CHRONOSTRATIGRAPHIE

Chapitre III
LA BIOSTRATIGRAPHIE

Chapitre IV
LES CORRELATIONS STRATIGRAPHIQUES

2
STRATIGRAPHIE

Chapitre I
STRATIGRAPHIE ET CHRONOLOGIE

I - Définition, domaine d’application et fondement de la stratigraphie


1 - Définition

La stratigraphie est une discipline de la géologie qui étudie l’agencement dans le


temps et dans l’espace des couches géologiques, ainsi que les événements qu’elles ont
enregistré.

- Agencement dans le cadre spatial, c'est-à-dire dans le milieu de sédimentation,


d’une part, et dans le domaine paléogéographique d’autre part, avec leurs diverses
caractéristiques : nature physique et chimique, hydrodynamisme, bathymétrie,
topographie…
-
- Agencement dans le temps, ce qui implique des datations et des corrélations (=
comparaisons entre des ensembles géologiques identifiés en des lieux différents).

La démarche stratigraphique se fait en deux étapes :

• une étape descriptives : collecte et analyse des informations de terrain (faciès


sédimentaires, agencement des couches, fossiles, microfaciès et microfaune…).

• une étape interprétative : géochronologie, paléogéographie, géologie historique.


La stratigraphie est à la fois une discipline d’analyse et de synthèse.

Les objectifs de la stratigraphie sont :

a) La localisation des corps géologiques dans un système à 4 dimensions : les trois


dimensions de l’espace et la dimension du temps.

Elle devra donc assigner aux roches une place dans l’espace, (milieu de formation et
situation géographique initiale), et dans le temps (âge). Cette localisation implique
l’établissement de cadres de référence, spatial et temporel, dans lesquels pourront être situés
tous les objets sédimentaires.

3
b) L'établissement des rapports existant, entre ensembles et phénomènes géologiques
identifiés en des lieux distincts (corrélations lithologiques, paléontologiques, événementielles
et autres de valeur locale, régionale ou globale). Ces corrélations peuvent donc être
synchrones ou hétérochrones.

c) Reconstitution de l’histoire géologique de la terre par une stratigraphie fine, associée aux
approches complémentaires de la géophysique, de la géochimie, de la tectonique…
La sédimentologie et la paléontologie occupent une place fondamentale en stratigraphie car
ils permettent de reconstituer les environnements, de déterminer les mécanismes de la mise
en place des sédiments et d’identifier les marqueurs-temps.

2 - Domaines d’application, la stratigraphie est utilisée en plusieurs domaines (géologie


structurale, hydrogéologie, recherche pétrolière et minière, génie civil, environnement …)

3 - Fondement de la stratigraphie

La stratigraphie est basée sur le principe des causes actuelles ou principe de


l’actualisme (ou uniformitarisme) : « l’observation des faits actuels permet, par similitude,
de reconstituer les faits du passé ». C'est-à-dire que les phénomènes anciens sont de même
nature que les phénomènes actuels. Il est donc évident que, mécaniquement, les mêmes
causes doivent produire les mêmes effets, indépendamment de l’époque (exemple : une eau
s’écoulant à une vitesse donné déterminera toujours le même mode de transport).
Le présent est donc la clé du passé, mais il n’est pas sa réplique exacte. En effet, certains

facteurs ayant une influence sur les phénomènes géologiques ont évolué au cours du temps,
par exemple :

- végétation presque nulle au cambrien ;


- modification des teneurs en oxygène et gaz carbonique de l’atmosphère en relation
avec la diversité des végétaux ;
- dérive des continents et expansion des fonds océaniques ;
- variation du volume des masses océaniques en relation avec les périodes de
glaciations.

II - Chronologie des événements :


L’ordre d’intervention des événements successifs qui ont marqué l’histoire géologique
s’exprime par l’âge relatif de ces événements. Ainsi, déterminer l’âge relatif de tel événement
consiste à indiquer que celui-ci est plus ancien ou plus récent que tel autre. L’établissement
dune telle chronologie relative se base sur un certain nombre de principes simples qui sont : le
principe de superposition, le principe de continuité et le principe d’identité paléontologique.

4
1 - principe de superposition

C’est le principe fondamental de la stratigraphie. Il s’applique aux couches


sédimentaires, aux coulées et projections volcaniques.
Ce principe consiste à admettre que les couches s’étant déposées à l’horizontale et
les unes sur les autres, toutes couche superposée à une autre est plus récente que celle-ci ;
et inversement. C'est-à-dire que, en l'absence d'évènement tectonique, une couche
sédimentaire est plus récente que celle qu'elle recouvre et plus ancienne que celle qui la
recouvre (Fig. : 1a,b).

Figure 1a montrant le mode d’organisation verticale des couches depuis le moment de


leur dépôt. Dans cette succession A > B > C

Figure 1b illustre le principe de superposition, la couche la plus basse est la plus


ancienne, la plus superficielle est la plus récente.

Ce principe souffre cependant de quelques exceptions tenant soit :

► Aux conditions du dépôt :

 Cas des terrasses alluviales étagées : qui s’étagent de telle manière que les
plus récentes sont les plus basses (Fig. : 2 ).

5
Figure 2 : Exemple d’organisation verticale où le principe de superposition est
inapplicable ; la terrasse la plus haute est plus ancienne et la terrasse la plus basse est la
plus récente.

* Cas des accrétions latérale : dans les milieux agités et haute énergie, notamment
en domaine peu profond, à fond incliné et relativement proche du rivage, les
dépôts successifs, essentiellement détritiques et terrigènes, s’accumulent le plus
souvent les uns à côté ders autres, par accrétion latérale (Fig. 3).

Figure 3 : Exemple d’organisation sédimentaire régie par un mécanisme de


progradation ou le principe de superposition est inapplicable

6
► Aux déformations tectoniques ultérieures :

Une série sédimentaire peut avoir été renversée à la faveur des plissements (Fig. 4).
Dans ce cas, on dispose d’un certains nombre de critères de polarité qui permettent de
reconnaître un tel renversement. Ces critères sont :

* le granoclassement vertical (Fig. 5) : dans les bancs gréseux, entre les deux surfaces de la
couche, on note le sens de la diminution de la taille des grains. Ce sont les particules
grossières qui se déposent les premières, et on aura une sédimentation des grains dans
l’ordre de taille décroissante.

Figure 5 : le granoclassement verticale est l’un des critères utilises pour la définition de
la polarité des séries sédimentaires

* La stratification entrecroisée (Fig. 6a): la recherche des intersections des lamines permet de
déceler le haut et le bas de la couche et par conséquent de la série sédimentaire.

Figure 6a : Stratification entrecroisées des rides de vagues

7
Permien de la Rhune

Figure 6b : Exemple de critère de polarité sédimentaire : le litage oblique

Figure 6c : Exemple de critère de polarité sédimentaire, le chenal

* les figures de surface des bancs (Fig. 7) : les fentes de dessication, les rides (Fig. 6a) …

8
Figure 7 : Exemple de critère de polarité sédimentaire: les fentes de dessiccation

* les fossiles en position de vie (Fig. 8 a, b) : ex : tronc d’arbre (Fig. 8b), Rudistes en position
de vie (Fig. 8a).

Fig. 8a : Exemple de critère de polarité sédimentaire : les Rudiste en position de


vie

Fig. 8b : Exemple de critère de polarité sédimentaire: tronc d’arbre en position


de vie

9
2 - Les relations géométriques avec les déformations et les roches endogènes

Tout phénomène géologique dont les effets se trouvent fossilisés par un sédiment est
antérieur au dépôt de ce sédiment et postérieur à la plus récente des couches qui en portent
la marque. Cette évidence est une extension du principe de superposition.

a) Utilisation des relations géométriques avec les roches endogènes

On peut dater les couches sédimentaires par rapport à des événements magmatiques.
Dans ce cas, une roche plutonique est postérieure au terrain qu’elle recouvre, mais
antérieure au terrain qui la recouvre.

b) Utilisation des relations géométriques avec les déformations

10
* cas d’un plissement : un phénomène de plissement est postérieur par rapport à la couche
plissée et antérieur à la couche ancienne non plissée (Fig . 11).

* Cas d’une faille normale : la faille est postérieure à la dernière couche affectée et antérieure
à la couche non sectionnée (Fig. 12).

11
3 - Principe de continuité

Ce principe qui est à la base des corrélations géologiques, s’énonce ainsi : une même
couche définie par un faciès sédimentaire donné est de même âge en tous les points (Fig.
13).
Ce principe suppose que la sédimentation s’est effectuée par accrétion verticale, et que
les mêmes phénomènes sédimentaires se sont produits en même temps en de nombreux points
du milieu de sédimentation. Néanmoins, cette méthode ne peut s’appliquer qu’à des secteurs
limités où on peut suivre continuellement l’affleurement sans ambiguïté. Or, la continuité des
couches est généralement très vite interrompue à cause des phénomènes d’érosion ou de
recouvrements superficiels.

Figure 13 : une même couche, définie par un faciès sédimentaire donné, est de même âge
en tous les points

Les limites de validité du principe de continuité :

* répétition du même faciès au cours du temps : si une couche est définie par un lithofaciès
auquel on ne peut associer un faciès paléontogique, le principe de continuité n’est plus
applicable avec certitude. Un lithofaciès, qui ne rend compte que des conditions physico-
chimiques et mécaniques ayant présidé à son dépôt, peut en effet se répéter dans le temps
(Fig. 14).

Figure 14 : répétition du même litho-faciès au cours du temps dans la localité B.

12
* les variations latérales de faciès : si les phénomènes sédimentaires (conditions physico-
chimiques et mécaniques) n’étaient pas les mêmes en tous les points du milieu de dépôt, on
aura donc une variation dans le type de sédimentation. Dans ce cas, il faut établir le
synchronisme entre les différents faciès en se basant sur un faciès paléontologique resté
invariable (Fig. 15a et b).

Figure 15a : Passage latéral de facies principe de « continuité latérale »

Figure 15b : Grands environnements de dépôts (ceintures de faciès) au sein d'une plate-
forme carbonatée avec barrière: Dévonien supérieur du Canning Basin, Australie.

4 - Principe d’identité paléontologique

- Applicable lorsque le principe de continuité n’est pas applicable : strates géographiquement


très distantes à la surface du globe.

- Principe : deux strates qui présentent le même contenu paléontologique (notamment les
mêmes fossiles stratigraphiques) sont de même âge (Fig. 16).

 Strate : définie par la nature des roches la constituant (lithofaciès) + ensemble des fossiles
qu’elle renferme (biofaciès).

 Fossile stratigraphique : Les fossiles correspondant à un même milieu changent au cours


des temps géologiques : les formes de vies évoluent et peuvent disparaître brusquement à

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certaines périodes et être remplacées par d’autres formes de vie. Un bon fossile
stratigraphique se caractérise par :
- Une courte période d’existence sur Terre : la datation de la couche le contenant
sera d’autant plus précise.
- Une grande extension géographique (espèces marines pélagiques = ammonites,
espèces marines planctoniques = foraminifères ; espèces à larves planctoniques =
trilobites, coraux) : cette extension à l’échelle géographique permet d’établir des
corrélations entre strates à l’échelle du globe.
- Un grand nombre d’individus : fréquence importante dans les sédiments de son
époque.
- Une bonne conservation.

Figure 16 : principe d’identité paléontologique, le fossile stratigraphique utilisé est un


céphalopode

Exemple de fossiles stratigraphiques : (Fig. 17 ht)

- Les macrofaunes :
Les Trilobites, les Graptolites et les Goniatites au Primaire ;
Les Ammonites au Secondaire.
- Les microfaunes :
Les Fusulines au Primaire ;
Les Calpinelles pour la fin du Jurassique ;
Les Globotruncanidés pour l’essentiel du Crétacé ;
Les Globorotalidés au Tertiaire.

En absence des groupes fossiles de base, on utilise d’autres fossiles de biotopes plus
limités ou à taux d’évolution faible, ayant servis à établir une chronologie régionale. On cite
par exemple :
- Les macrofaunes :
Les Polypier pour le Trias ;
Les Brachipodes pour le Primaire ;
Le Gatéropodes et les Lamellibranches pour le Tertiaire.
- Les microfaunes :
Les Nummulitidés au Paléogène ;

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Les Orbitolinidés au Crétacé moyen ;
Les Orbitoïdés du Crétacé supérieur au Miocène.

III - Méthodes d’étude :

1 - Les données de terrain

L’étude de terrain consiste à lever des coupes stratigraphiques de la base au sommet en


relevant le contenu lithologique, minéralogique et organique. Ces coupes de surface ou de
sub-surface (cas de forages et de sondages) doivent être étendues à tout le secteur d’étude
pour palier la discontinuité géographique des séries géologiques (par le biais de l’érosion, de
la tectonique, etc) et aussi le caractère ponctuel des observations.

2 - Analyse des données de terrain

L’analyse stratigraphique se fait selon deux types d’approche :

* une approche biologique, basée sur l’analyse du contenu organique ou


biostratigraphique. Elle permettra de donner un âge relatif à l’ensemble des couches
fossilifères. Cet âge sera fixé par rapport à un calendrier ou échelle chronologique
internationale.

* une approche lithologique, basée sur l’examen des caractères pétrographiques et


minéralogique des couches, ou lithostratigraphie. Cette analyse permettra à travers la
reconnaissance des faciès de reconstituer l’environnement de dépôt, notamment :

● Nature physique et chimique du milieu : aérien, marin, d’eau douce, etc. ;


● Facteurs dynamiques : haute ou basse énergie, etc. ;
● Facteurs architecturaux : bathymétrie relative des aires de sédimentation,
topographie horizontale ou inclinée, plane ou accidentée, etc. ;
● Facteurs biologiques : peuplements organiques et leurs significations
paléoécologiques.

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