L’exercice consistera donc à faire le tour du droit positif camerounais pour en dégager les
actions protectrices du droit de propriété, mais il s’agira surtout de revisiter la
jurisprudence, siège où ces actions sont accueillies et examinées.
Avant toute analyse minutieuse, le premier constat qui se dégage à l’observation est celui
de la kyrielle de types d’actions intentées devant les juridictions judiciaires (section I). Leur
mise en œuvre jurisprudentielle (section II) achèvera sans doute d’éclairer la question de la
protection juridique accordée aux propriétaires fonciers en droit camerounais.
Section 1. La kyrielle d’actions usuelles intentées devant les juridictions judiciaires
Le volume du contentieux civil en la matière, pour le moins impressionnant,
témoigne de l’extrême diversité des situations constitutives d’atteintes à la propriété
foncière. Mais la détermination des actions dévolues aux propriétaires, (§2) faut-il le
rappeler, passe nécessairement par un préalable, celui de la clarification des différentes
situations génératrices d’atteintes à la propriété foncière (§1).
§I. La diversité des atteintes justifiant les actions des propriétaires fonciers
Les atteintes à la propriété immobilière au Cameroun, et sans doute ailleurs, sont le
fait tantôt de l’administration (A), tantôt des particuliers (B). Il serait, dès lors, judicieux de
s’employer à le démontrer à travers les développements subséquents.
A. Les atteintes à la propriété immobilière, du fait de l’administration
Depuis l’ordonnance camerounaise n˚ 72/6 du 26 août 1972706, la voie de fait (1) et
l’emprise irrégulière (2) sont des atteintes à la propriété foncière immobilière qui relèvent
de la compétence des juridictions de l’ordre judiciaire. Mais il faut dire qu’en droit français,
la voie de fait et l’emprise irrégulière sont de création prétorienne, dans le but de garantir
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L’ordonnance n˚ 72/ 6 du 26 Août 1972 portant organisation de la Cour Suprême du Cameroun consacrait
à son article 9, la compétence des juridictions judiciaires en cas de voie de fait de l’administration, ou
d’emprise irrégulière.
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