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Conformal Mapping

Le chapitre 9 traite des transformations conformes des fonctions complexes, en expliquant comment ces transformations affectent les objets géométriques dans le plan complexe. Il présente des exemples de transformations simples, ainsi que des propriétés des fonctions analytiques et leurs effets sur les angles et les courbes. Le chapitre conclut sur l'importance des points critiques et des transformations qui préservent ou inversent l'orientation des angles.

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Conformal Mapping

Le chapitre 9 traite des transformations conformes des fonctions complexes, en expliquant comment ces transformations affectent les objets géométriques dans le plan complexe. Il présente des exemples de transformations simples, ainsi que des propriétés des fonctions analytiques et leurs effets sur les angles et les courbes. Le chapitre conclut sur l'importance des points critiques et des transformations qui préservent ou inversent l'orientation des angles.

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Chapitre 9

LES TRANSFORMATIONS
CONFORMES

9.1 INTRODUCTION.
Rappelons qu’une fonction complexe f est une partie du produit cartésienne C ⊗ C de telle sorte que
l’étude géométrique de ses propriétés doit se faire en tenant compte du fait que nous ne pouvons
visualiser directement une structure de quatre dimensions. Afin de compenser nos limitations il est
d’usage de considérer le graphique d’une fonction complexe en utilisant deux plans C (R2 ) où le
domaine Ω de la fonction est visualisée dans le premier et l’image f (Ω) dans le deuxième. De cette
manière f peut être considérée comme une transformation appliquée à des objets géométriques
(points, courbes, ensembles etc.) qui font partie du domaine de la fonction et, en général, nous
voulons connaı̂tre l’effet de f sur ces objets car ceci nous donnera une connaissance des propriétés
de la fonction elle-même.

Exemple 9.1.1 Pour certaines fonctions simples on peut arriver à des conclusions rapides.

a) La fonction définie par w = f (z) = z a C comme domaine et f (C) = C. Cette fonction est
l’identité dans le sens que tout objet géométrique est transformé dans une copie exacte de
lui-même.

b) La fonction définie par w = f (z) = z̄ a aussi C comme domaine et chaque point (x, y) se
transforme en (u, v) = (x, −y). Si l’on superimpose le plan des images sur le plan du domaine
on voit que l’image d’un objet géométrique quelconque est obtenu en prenant sa réflexion dans
l’axe des x.
z
c) Si f est définie par w = f (z) = |z| le domaine est Ω = C − {0} et l’image de chaque point z ∈ Ω
est un point sur le cercle unitaire C(0, 1) = {w : |w| = 1} dans le plan des images. Tous les
points sur une demi-droite partant de l’origine, à l’exclusion de 0, sont transformés en un
même point sur C(0, 1) ce point étant déterminé par l’angle que fait la demi-droite avec l’axe
réel dans C.

283
284 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

Fin de l’exemple.

Il est parfois intéressant d’examiner l’effet d’une fonction sur une courbe particulière ou sur une
famille de courbes. Par exemple, la fonction f définie par w = u + iv = f (z) = z 2 = x2 − y 2 + 2ixy
a la propriété que le réseau RI des coordonnées dans le plan des images (à savoir les deux familles
de droites u = const. et v = const.) se transforme dans un réseau RΩ qui consiste de deux familles
d’hyperboles x2 − y 2 = const. et xy = const.
Chacun de ces réseaux est orthogonal dans le sens que deux courbes, une de chaque famille du
même réseau, se recoupent à un angle de π2 .
Pour cette même fonction notons que les droites verticales de C se transforment en des paraboles
v2
u = c2 − 4c 2 , le cercle unitaire de C devient le cercle unitaire dans le plan des images. Mais déjà
une courbe simple comme le cercle (x − 1)2 + y 2 = 1 se transforme en la courbe de quatrième degré
 2
u2 + v 2 + 2u − 2 = 1 − 2u .
Il est donc manifeste que l’étude des courbes particulières devient vite compliquée et son intérêt
réside plutôt dans des problèmes spécifiques.
Supposons maintenant que f soit une fonction polygène définie dans une région Ω de C et que f
s’exprime comme f (z) = w = u + iv = u(x, y) + iv(x, y). Si C1 et C2 sont deux arcs correspondant
respectivement aux équations paramétriques z1 = z1 (t) : t ∈ (a, b) et z2 = z2 (t) : t ∈ (a, b) où
−∞ < a < b < +∞ et si les deux arcs passent par z, leurs vecteurs tangents sont dz dz2
dt et dt avec,
1

disons, les directions θ1 et θ2 associées. Chacun de ces arcs aurait une image lorsque leurs équations
paramétriques sont substituées dans l’équation qui définit f . On note ces équations par

w1 (t) = f (z1 (t)) et w2 (t) = f (z2 (t))


respectivement.
Or, f étant polygène, les vecteurs tangents aux deux courbes images s’expriment par
   
dw1  dz1  iθ1  dw2  dz2  iθ1 
= e f (z, θ1 ) et = e f (z, θ2 ) .
dt dt  dt dt 
   
Si dwdt = 0 et dt = 0 posons Θ1 = arg
dw2 dw1 dw2
1
dt et Θ2 = arg dt . Dans ces circonstances, si z
représente z1 ou z2 selon le contexte, on voit que
   
∂f ∂f ∂f ∂f
Θ1 = θ1 + arg + e−2iθ1 et Θ2 = θ2 + arg + e−2iθ2 . (9.1)
∂z ∂ z̄ ∂z ∂ z̄
Une fonction complexe d’au moins classe C 1 dans une région Ω est dite conforme sur Ω si et
seulement si en tout point où sa dérivée ne s’annule pas, elle préserve l’angle, y compris l’orientation,
entre deux arcs qui se recoupent. Les arcs eux-mêmes peuvent être perturbés considérablement par
la transformation mais leurs images auront des droites tangentes qui se recoupent au point f (z) et
forment un angle égale à celui entre C1 et C2 .
Une transformation qui préserve la valeur absolue des angles mais qui renverse l’orientation aux
points où sa dérivée ne s’annule pas s’appelle anti-conforme.
9.1. INTRODUCTION. 285

Exemple 9.1.2 Dans la Figure 9.1 on voit comment la fonction analytique f (z) = ez z 2 transforme
un petit carré du premier quadrant. On note la distorsion des cotés mais aux points correspondants
aux sommets du carré d’origine les angle d’intersection (π/2) des images des cotés est préservé.

Figure 9.1:

Nous verrons très bientôt que le comportement de ce type de transformation change subitement
lorsque la courbe (des carrés dans cet exemple) passe par un zéro de la fonction (z = 0 dans ce cas
particulier).
Fin de l’exemple.

Théorème 9.1.1 Une fonction polygène définie dans une région Ω est conforme sur cette région
si et seulement si elle y est analytique. Une fonction polygène sur cette même région est anti-
conforme si et seulement si elle y est analytique en z̄ (c-à-d anti-analytique ou anti-holomorphe).

Démonstration
∂f
La fonction f est analytique dans Ω si et seulement si ∂ z̄ y est identiquement zéro et dans ce cas les
formules (9.1) implique
   
∂f ∂f
Θ1 = θ1 + arg et Θ2 = θ2 + arg
∂z ∂z
et aussi Θ2 − Θ1 ≡ θ2 − θ1 (mod 2π).
∂f
Or, f est anti-analytique sur Ω sur Ω si et seulement si ∂z y est identiquement zéro. Dans ce cas
   
∂f ∂f
Θ2 − Θ1 = θ2 − θ1 + arg e−2iθ2 − arg e−2iθ1 ≡ θ1 − θ2 (mod 2π).
∂ z̄ ∂ z̄
C.Q.F.D. 
286 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

Un point critique z0 d’une fonction f si f est régulière au point z0 et f  (z0 ) = 0. Une propriété
intéressante des fonctions analytiques est exprimée par le
Théorème 9.1.2 Si f est analytique dans une région Ω et si z0 ∈ Ω n’est pas un point critique, il
existe un voisinage V (z0 , δ) tel que si {z1 , z2 } ⊆ V (z0 , δ) et z1 = z2 alors f (z1 ) = f (z2 ). Ceci veut
dire que la correspondance V (z0 , δ) −→ f (V (z0 , δ)) est biunivoque.
Démonstration
Donné un point non-critique z0 de f et en notant que les zéros de la fonction f (z) − f (z0 ) sont isolés on
peut choisir ρ assez petit que le disque D = {z : |z| ≤ ρ} ⊆ Ω et f (z) = f (z0 ) pour tout z ∈ D − {z0 }.
Si C = {z : |z| = ρ} il est clair que f (C) ne passe pas par w0 = f (z0 ). Soit K la partie connexe de
C − f (C) qui contient w0 . Il s’ensuit que
1 dη 1 f  (ξ) 1 dη 1 f  (ξ)
= dξ = = dξ = 1
2πi f (C) η − w0 2πi C ξ − z0 2πi f (C) η−w 2πi C ξ−z
à condition que w ∈ K . (Voir la section 6.4)
L’ensemble Ω∗ = f −1 (K) ∩ D est ouvert car K l’est et f est, donc, continue. De plus, z0 ∈ Ω∗ et nous
pouvons choisir δ > 0 si petit que V (z0 , δ) ⊆ Ω∗ .
C.Q.F.D. 

Notons que dans le cas d’une fonction analytique f , si z0 n’est pas un point critique alors,
localement, f agit comme une rotation suivie s’une magnification (resp. contraction). L’angle de
rotation est arg(f  (z0 )) et la facture de magnification (resp. contraction) est |f  (z)|.
Dans la discussion ci-haute nous avons évité les points où la dérivée s’annule car dans ce cas
arg(f  ) n’est pas défini. Mais, si f est analytique au point z0 et y possède un zéro d’ordre m > 1
on sait que dans un voisinage de z0 f peut s’exprimer par une série de Taylor comme

f  (z0 )
f (z) − f (z0 ) = (z − z0 )m (z − z0 )n .
n=m n!
De plus,

f  (z0 )
arg (f (z) − f (z0 )) = m arg(z − z0 ) + arg (z − z0 )n .
n=0
n!
Avec la notation et arcs utilisés déjà dans cette section on voit que
Θ2 − Θ1 ≡ m(θ2 − θ1 ) (mod 2π) .
Donc, si une fonction analytique f possède un zéro d’ordre m > 1 en z0 les angles entre
des arcs qui se recoupent à z0 seront multipliés par m par une application de f .
Pour une fonction simple comme celle définie par f (z) = ez z 2 le Théorème 9.1.2 s’applique mais
il y a un point critique au point z = 0. L’image d’un contour fermé simple C tel que 0 ∈ int(C)
serait un contour fermé qui contourne l’origine deux fois dans le plan des images. Ceci indique que
dans un voisinage de z = 0 chaque point correspond à deux points (pas toujours distincts) dans le
plan des images.
9.1. INTRODUCTION. 287

Exemple 9.1.3 Dans la Figure 9.2 on trouve les images de deux carrés; un qui est du type vu
dans l’Exemple 9.1.2, et un deuxième qui contient l’origine à son intérieur. La fonction utilisée est
toujours f (z) = ez z 2 .

Figure 9.2:

Fin de l’exemple.

En général, nous avons comme résultat le théorème suivant dont la démonstration est laissée
en exercice.

Théorème 9.1.3 Si f est analytique dans une région Ω avec un point critique z0 ∈ Ω tel que

f  (z0 ) = ... = f n (z0 ) = 0 mais f n+1 (z0 ) = 0

pour n ≥ 1 alors il existe un voisinage V (z0 , δ) tel que z = z0 implique f (z) = f (z0 ) et si w ∈
f (V (z0 , δ)), il existe n valeurs z1 , ..., zn dans V (z0 , δ) telles que f (zj ) = w pour j = 1, .., n.

Si une fonction analytique est définie sur une région Ω (un ouvert connexe) on peut donc poser
la question quant aux propriétés de l’ensemble f (Ω). Il est clair que f (Ω) n’est pas toujours une
région. (Par exemple, f (z) ≡ constante produit un seul point comme image.) La situation est en
partie compliquée à cause du fait que l’image d’une courbe fermée simple n’est pas toujours une
autre courbe de ce type. (En général, l’image n’est pas simple.)
Dans la suite il est commode de considérer une classe de fonctions analytiques ayant la propriété
que l’image d’une région est une région. En effet la classe qui nous intéresse est même plus restreinte.
Une fonction complexe définie sur une région Ω est dite univalente si f (Ω) est une région et f est
injective.
288 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

9.2 LES TRANSFORMATIONS DE MÖBIUS.


Soient a, b, c, d quatre nombres complexes tels que ad − bc = 0. La fonction complexe définie par

az + b
w = T (z) = (9.2)
cz + d
s’appelle une transformation de Möbius ou parfois une transformation bilinéaire, Il nous con-
vient dans ce que suit de considérer cette fonction comme une de C∞ à C∞ . La condition ad−bc = 0
élimine les cas où T pourrait se réduire à une constante.
Les cas spéciaux à noter sont:

A) Les translations: Tb (z) = z + b,


B) Les multiplications: Ma (z) = az,
C) Les rotations: Rα (z) = eiα z,
D) Les inverses: I(z) = z1 .

Toute transformation de Möbius peut-être décomposée en un produit de transformations des


types A,B et D. En effet, si c = 0 on a

zT = zM ad ◦ T b
d

ou, ce que veut dire la même chose,


   
a a b az + b
T (z) = T b M ad (z) = T b z = z+ = .
d d d d d d
Et, si c = 0
zT = zMc ◦ Td ◦ I ◦ Mb− ad ◦ T ac
c

ou pour ceux qui sont en amour avec les parenthèses

   
T (z) = T ac Mb− ad (I (Td (Mc (z)))) = T ac Mb− ad (I (Td (cz)))

c
   c

1
= T a Mb− ad (I(cz + d)) = T a Mb− ad
c c c c cz + d
b− ad
c a b− ad
az + b
c
= T ac = + = .
cz + d c cz + d cz + d

Les transformations de Möbius sont toujours inversibles. En effet l’inverse de (9.2) est

dw − b
T −1 (w) =
−cw + a
9.2. LES TRANSFORMATIONS DE MÖBIUS. 289

(Le traitement de tous les cas impliquant le point à ∞ est laissé en exercice.)
La composition de deux transformations de Möbius en est une autre. Utilisant la composition
comme opération on montre facilement que l’ensemble de toutes les transformations de Möbius
forme un groupe, l’identité étant T (z) = z.

Théorème 9.2.1 Toute transformation de Möbius est conforme.

Ceci est évident car (9.2) définit une fonction analytique et le Théorème 9.1.1 implique le
résultat. (À vous de clarifier ce qui se passe par rapport à ∞.)

Théorème 9.2.2 Les transformations de Möbius préserve la famille qui consiste de toutes les
droites et tous les cercles du plan.
Notons que si l’on considère une droite comme étant un cercle de rayon infini on peut simplement dire ici que les transformations
de Möbius préservent la famille de tous les cercles du plan.
Démonstration
L’équation de tout cercle du plan peut s’écrire comme

az z̄ + B̄z + B z̄ + d = 0 , |B| + |d| =


 0, a, d ∈ R (9.3)

(Une droite correspond au cas où a = 0.)


Si z est remplacé par αZ (α ∈ C) dans (9.3) on trouve que

a|α|Z Z̄ + (B ᾱ)z + (Bα)z̄ + d = 0

et ceci est encore un cercle (ou une droite). Donc, les multiplications préservent les cercles.
En remplaçant z par Z + γ dans (9.3) on trouve que

aZ Z̄ + (aγ + B)Z + (aγ + B)Z̄ + (d + aγγ̄ + B̄γ + Bγ̄) = 0 .

Vu que le dernier terme est réel il résulte que les translations préservent la famille de tous les cercles du plan.
Pour une inversion on remplace z par Z1 dans IX.2.1 laquelle devient

dZ Z̄ + (B)Z + (B̄)Z̄ + a = 0

ce qui aussi est un cercle.


La transformation de Möbius générale étant une composition de multiplications, translations et inversions
la démonstration est complète.
C.Q.F.D. 

La démonstration du théorème suivant est laissée en exercice.


290 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

Théorème 9.2.3 Si z1 , z2 , z3 sont distinctes et si le triplet w1 , w2 , w3 se compose de trois autres


points distinctes dans le plan des w alors il n’existe qu’une seule transformation de Möbius T telle
que T (z1 ) = w1 , T (z2 ) = w2 et T (z3 ) = w3 . Cette transformation est définie implicitement par
l’équation

(w − w1 )(w2 − w3 ) (z − z1 )(z2 − z3 )
= . (9.4)
(w − w3 )(w2 − w1 ) (z − z3 )(z2 − z1 )

Bien qu’une transformation de Möbius établisse une correspondance biunivoque entre C∞ et


lui-même l’effet d’une transformation donnée sur un ensemble de points particulier est loin d’être
évident. Un problème important en analyse complexe et la détermination des conditions pour
garantir l’existence d’une fonction analytique f qui permet la transformation d’une partie donnée
de C∞ dans une autre. On trouvera une réponse à ces questions plus loin mais pour maintenant
on se contentera d’exemples.

Exemple 9.2.1 Trouver toutes les transformations de Möbius T ayant la propriété que T (Ω1 ) = Ω2
où Ω1 = {z : (z) ≥ 0} et Ω2 = {z : |z| ≤ 1}.
Solution
Considérons d’abord l’axe réel, à savoir {z : (z) = 0}. On sait qu’une transformation de Möbius doit
convertir ceci dans soit un cercle soit une droite. Vu que notre image doit être dans le disque Ω2 seul un
cercle est possible. (Pourquoi?)
Supposons que l’image IR de l’axe réel n’est pas la frontière du disque Ω2 . La continuité de T garantit
qu’un point près de l’axe réel mais avec sa partie imaginaire négative aura son image près de IR . Si z0 + 0i
est tel que T (z0 ) ∈
InΩ2 alors, pour - > 0 suffisamment petit, T (z0 − -) ∈ Ω◦2 . Mais l’image de ce point doit se retrouver à
l’extérieur de Ω2 parce que T est une bijection et doit être surjective quant à la transformation du demi-plan
à Ω2 . La seule façon d’éviter une contradiction est de conclure que T transforme l’axe réel en la frontière
de Ω2 .
Or, pour appliquer le Théorème 9.2.3 prenons les trois points z = 0, z = 1, et z = ∞ et déterminons
les conditions que mettraient leurs images par T sur le cercle {w : |w| = 1}.
D’abord, si z = 0, T (0) = db et |T (0)| = 1 ⇒ |b| = |d|. Si z = ∞, T (∞) = ac et |T (∞)| = 1 ⇒
|a| = |c|. La condition ad − bc = 0 implique que a = 0 et c = 0 d’où
b
az+ a
w= d
. (9.5)
cz+ c
 
Le fait que  ac  = 1 nous permet d’écrire ac eiα où α ∈ R. Si l’on pose z0 = − ab et z1 = − dc , l’équation (9.4)
peut s’écrire comme
z − z0
w = eiα .
z − z1
La condition |w| = 1 lorsque z = 1 nous permet de conclure que z1 = z̄0 d’où
9.2. LES TRANSFORMATIONS DE MÖBIUS. 291

z − z0
w = eiα . (9.6)
z − z̄0

z0
|z-z
0|

|
z0
|z-
z0

Figure 9.3:

Il est évident que (z0 ) > 0 et il nous reste donc qu’à vérifier que la transformation (9.5) est effectivement
une surjection du demi-plan sur le disque Ω2 . Si (z) > 0 alors |z − z0 | > |z − z̄0 | et |w| < 1 (voir la Figure
9.3). Mais si (z) < 0 alors |w| > 1 et, vu qu’une transformation de Möbius est toujours biunivoque, il
résulte que chaque w avec |w| < 1 est l’image d’un et d’un seul point z avec |z| > 1.
Fin de l’exemple.

Dans la Figure 9.4 on trouve l’image des segments du réseau des coordonnées limités par le
rectangle défini par le deux points (−20, 0.5) et (20, 20) par la transformation de Möbius w =
(z − i)/(z + i). Ceci est un cas spécial de (9.6). Ce graphique indique comment les courbes sont
« compactées » pour que leurs images se placent complètement dans le cercle. (La deuxième image
est un agrandissement de l’activité près du point (1, 0) dans le plan des images.)

Exemple 9.2.2 Quel est l’image de l’axe imaginaire sous la transformation de Möbius T déter-
minée par l’imposition des trois conditions

T (−i) = −1 , T (0) = i , T (i) = 1 .

Solution
D’après le Théorème 9.2.3 la transformation est définie implicitement par l’équation
(w + 1)(i − 1) (z + i)(−i) z+i
= =−
(w − 1)(i + 1) (z − i)(i) z−i
où
w+1 z+i
i =− .
w−1 z−i
292 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

1 0.4

0.5 0.2

-0.5 -0.2

-1 -0.4

Figure 9.4:

Si w = u + iv et z = 0 + iy (pour les points sur l’axe imaginaire) on voit que

u2 + v 2 − 1 − 2iv y+1
=i
(u − 1) + v
2 2 y−1

d’où il suit que


u2 + v 2 − 1 2v y+1
=0 et − = .
(u − 1)2 + v 2 (u − 1)2 + v 2 y−1
L’image de l’axe imaginaire est alors le cercle unitaire {w : |w| = u2 + v 2 = 1}. Notons que par cette
transformation T (∞) = 1 + 0i.
Fin de l’exemple.

Exemple 9.2.3 Quelles fonctions analytiques qui définissent des transformations conformes entre
les disques K = {z : |z| < 1} et K  = {w : |w| < 1}.
Solution
Dans la formule générale (9.4) posons z1 = 1, z2 = −1, w1 = 1 et w2 = −1 pour obtenir

(w − 1)(1 + w3 ) (z − 1)(1 + z3 )
=
w − w3 z − z3
ou, en solutionnant pour w
w3 −z3
z+ 1−z3 w3
w= w3 −z3 (9.7)
1−z3 w3 z + 1
9.3. LE THÉORÈME DE RIEMANN. 293

où, bien sûr, |z3 | = |w3 | = 1 pour respecter les conditions du problème. Posons

w3 − z3
α= .
1 − z3 w3
Alors
w̄3 − z̄3 w−1 − z −1 z3 − w3
ᾱ = = 3 −1 3−1 = = α.
1 − z̄3 w̄3 1 − z 3 w3 w3 z3 − 1
Donc, (9.7) peut s’écrire comme

z+α
w= α∈R (9.8)
αz + 1
Cette fonction transforme K en K  et w(−α) = 0. (Pourquoi?)
Nous avons obtenu une fonction du type requis mais elle peut servir de base pour en trouver d’autres.
En effet, si on applique une rotation correspondante à l’angle ψ autour de l’origine dans le plan de K on
obtient une nouvelle transformation

eiψ z + α −iψ
iψ z + αe
w= = e
αeiψ z + 1 αeiψ z + 1
laquelle transformera K en K  . Posons A = eiψ et a = αe−iψ . Vu que α ∈ R on voit que

z+a
w=A . (9.9)
āz + 1
En choisissant Arg(A), (a), (a) de façon appropriée toute transformation conforme de K en K  peut
s’écrire sous la forme (9.9).
Fin de l’exemple.

9.3 LE THÉORÈME DE RIEMANN.


Dans les prochaines sections nous verrons d’autres exemples concrets des transformations conformes
mais ici on pose la question générale. À savoir, si Ω1 et Ω2 sont deux régions quelconques du plan
est-il possible de trouver une fonction analytique f qui établit une transformation conforme entre
elles?
Avec cette formulation la réponse est négative. Par exemple, supposons que Ω1 = C et Ω2 =
K = {z : |z| < 1} et qu’une fonction analytique f existe avec f (Ω1 ) = K, ce qui serait nécessaire.
Alors cette fonction f serait entière et bornée (∀z |f (z)| < 1) et non-constante. Ceci n’est pas
possible d’après le Théorème de Liouville.
Il est quand même possible d’établir une correspondance biunivoque entre C et K. Un exemple
est fourni par la fonction définie comme suit:
294 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

z/|z|2 , if z = 0;
f (z) =
0, si z = 0 .
La fonction f est non constante et inversible mais, elle n’est pas analytique! (En fait, elle n’est
dérivable nulle part.)
Donc, si une des deux régions Ω1 , Ω2 est C il n’y a rien à faire mais, comme nous l’avons vu
dans la section 9.2, il est possible de trouver des fonctions analytiques lesquelles définissent des
transformations conformes entre des régions non-bornées et le disque ouvert K. Une chose qu’on
peut noter dans chaque cas est que la frontière de la région non-bornée avait plus qu’un point.
(Celle de C consiste du seul point ∞.) En ajoutant cette petite restriction il est possible de prouver
le résultat suivant.

Théorème 9.3.1 (Riemann) Si Ω1 et Ω2 sont deux régions simplement connexes et si leurs fron-
tières respectives consistent de plus qu’un seul point alors il est toujours possible de trouver une
fonction analytique f laquelle définit une transformation conforme entre Ω1 et Ω2 .

Il est clair que nous pouvons considérer que la région Ω2 dans le théorème est le disque ouvert
K car, pour le cas général, il serait possible de construire deux transformations, une de Ω1 vers le
disque K et une autre de Ω2 vers K pour finir avec une fonction f qui serait la composition de la
première avec l’inverse de la deuxième ainsi déterminant une transformation conforme entre Ω1 et
Ω2 .
Supposons qu’il existe une fonction analytique g établissant une transformation conforme entre
Ω1 et le disque K. À partir de g il est possible de construire une autre transformation conforme f
entre Ω1 et K telle que pour un point ξ donné de Ω1 , f (ξ) = 0 et f  (ξ) > 0 (f  prend des valeurs
complexe bien sûr mais pour la valeur ξ la partie imaginaire est zéro.) Ceci se fait en composant g
avec une transformation du type décrit dans l’Exemple 9.2.3. En fait, choisissons A = |g  (ξ)|/g(ξ)
et remplaçons z par g(z) et a par −g(ξ) pour obtenir
 
g(z) − g(ξ) |g  (ξ)|
f (z) = .
1 − ḡ(ξ)g(ξ) g  (ξ)
On voit facilement que  
 g  (z) 1 − |g(ξ)|2 |g  (ξ)|
f (z) = .
[1 − ḡ(ξ)g(ξ)]2 g  (ξ)
Donc, f (ξ) = 0 et f  (ξ) = |g  (ξ)|/[1 − |g(ξ)|2 ] > 0. Ces deux conditions garantissent que la fonction
f , si elle existe, doit être unique.
Pour prouver le Théorème de Riemann il suffit de démontrer que la fonction f décrite ci-haut
existe et pour y arriver on commence par une suite de lemmes.

Lemme 9.3.1 (Schwarz) Si f est analytique dans K = {z : |z| < 1} et si ∀z ∈ K |f (z)| ≤ 1 et si


f (0) = 0 alors |f (z)| ≤ |z|. De plus, s’il existe z0 ∈ K avec |z0 | = |f (z0 )| alors f (z) ≡ αz où α ∈ C
et |α| = 1.
Démonstration
9.3. LE THÉORÈME DE RIEMANN. 295

La condition f (0) = 0 dit que z = 0 est un zéro de f et donc f (z) = zh(z) où h est analytique dans
K . Si |z| = r où 0 < r < 1, |h(z)| = |z −1 f (z)| ≤ |z −1 | ≤ r−1 . Le principe du maximum implique que
|h(z)| ≤ r−1 pour |z| ≤ r. Vu que nous pouvons choisir r arbitrairement près de 1, |h(z)| ≤ 1 partout dans
K . La seule manière d’avoir |h(z0 | = 1 pour z0 ∈ K est si h(z0 ) = α où α ∈ C avec |α| = 1.
C.Q.F.D. 

Soit Λ = Λ(Ω1 , ξ) la classe de fonctions définie comme suit. Une fonction F est un membre de
Λ si F est analytique et univalente sur la région Ω1 (simplement connexe) et pour un point désigné
ξ ∈ Ω1 , F (ξ) = 0 et F  (ξ) > 0.
Si Λ = ∅ et si la transformation conforme f décrite ci-haut existe alors il est clair que f ∈ Λ.
Lemme 9.3.2 Si Λ = ∅ et si la transformation conforme f recherchée existe et si F est une
fonction quelconque de Λ différente de f alors f  (ξ) > F  (ξ).
Démonstration
Considérons la fonction h définie par h(w) = F (f −1 (w)) où F ∈ Λ. Il est évident que si |w| < 1,
|h(w)| < 1 et h(0) = 0. Par le Lemme se Schwarz |h(w)w−1 | ≤ 1. Mais, par la définition même de la
dérivée h (0) = limw→0 w−1 h(w) d’où |h (0)| ≤ 1 et |h (0)| = 1 seulement dans le cas où h(w) = αw
avec |α| = 1. Alors, le fait que h (0) = F  (ξ)/f  (ξ) montre que F  (ξ) < f  (ξ) à moins que F (z) ≡ f (z).
C.Q.F.D. 

Lemme 9.3.3 La classe Λ = Λ(Ω1 , ξ) n’est pas vide.


Démonstration
Soient α,β deux points distincts sur la frontière de Ω1 et considérons la fonction définie implicitement
par

(z − β)P 2 (z) = z − α
sur une surface de Riemann appropriée. Soit p une ramification de P et supposons que {z1 , z2 } ⊆ Ω1 −
{α, β}. Alors, si p(z1 ) = p(z2 ) on trouve que αz2 + βz1 = αz1 + βz2 ou (α − β)(z2 − z1 ) = 0. Vu
que α = β , z1 = z2 . Donc p est univalente. Donc, si λ = p(z1 ) il n’existe pas de point z2 ∈ Ω1 avec
p(z2 ) = −λ. (Pourquoi?)
Encore, supposons que z1 ∈ Ω1 . Il existe un voisinage V (p(z1 , -) de p(z1 ) dont tous les points sont des
images de points de Ω1 . Mais les points dans le voisinage V (−p(z1 ), -) ne sont jamais des images de points
dans Ω1 . Donc, la fonction F1 définie par F1 (z) = -[p(z) + p(z1 )]−1 satisfait |F1 (z)| ≤ 1 dans Ω1 et y est
univalente.
Définissons la fonction F par
 
|F1 (ξ)| F1 (z) − F1 (ξ)
F (z) =
F1 (ξ) 1 − F̄1 (ξ)F1 (z)
laquelle a les mêmes propriétés que F1 mais satisfait F (ξ) = 0 et F  (ξ) > 0. Donc, F ∈ Λ qui est alors
non-vide.
C.Q.F.D. 
296 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

Lemme 9.3.4 Si F ∈ Λ = Λ(Ω1 , ξ) et si F = f alors il existe une fonction G ∈ Λ telle que


G (ξ) > F  (ξ).
Démonstration
Pour une fonction F de Λ choisissons une valeur α telle qu’il n’existe aucun z ∈ Ω1 avec F (z) = α.
(Si une telle valeur n’existe pas, F ≡ f et il n’y a rien à prouver!) Soit u(z) une ramification de la fonction
définie par

α − F (z)
(9.10)
1 − ᾱF (z)
laquelle est définie sur Ω1 . Notons que
√ |α|2 − 1 
u(ξ) = α et u (ξ) = √ F (ξ)
2 α
à cause du fait que F ∈ Λ(Ω1 , ξ).
Posons

α − u(z)

A(z) = (9.11)
1 − ᾱu(z)
qui représente une transformation conforme du disque K sur lui-même comme dans l’Exemple 9.2.3. Il
s’ensuit que
|α| − 1
A (z) =  √

2 u (z) .
1 − ᾱu(z)
En particulier, pour z = ξ
1 + |α| 
A (ξ) = √ F (ξ) .
2 α
Appliquons, maintenant la rotation définie par |A (ξ)|/A (ξ) pour générer la transformation

|A (ξ) |A (ξ)| α − u(z)
B(z) =  A(z) =  √ .
A (ξ) A (ξ) 1 − ᾱu(z)
Encore B ∈ Λ et

1 + |α| 
B  (ξ) = |A (ξ)| =  F (ξ)
2 |α|
 
2 |α| + (1 − |α|)2 
=  F (ξ)
2 |α|

(1 − |α|)2
= 1+  F  (ξ) > F  (ξ) .
2 |α|

C.Q.F.D. 
9.3. LE THÉORÈME DE RIEMANN. 297

Lemme 9.3.5 Si F et B sont comme dans le Lemme 9.3.4 alors |B(z)| > F (z)| pour tout z ∈ Ω1 .
Démonstration
Pour les fonctions u et A définies ci-haut nous avons

α−F α−u
u2 = et A= √ . (9.12)
1 − ᾱF 1 − ᾱu
La solution de la deuxième de ces équations pour u est

α−A
u= √
1 − ᾱA
et la première équation dans (9.12) entraı̂ne
√ 2
α−A α−F
√ = .
1 − ᾱA 1 − ᾱF
√ 
Or, αA = |α|B et après quelques calculs on obtient
     
α(1 + |α|) − 2|α|| |α|B F = 2α |α| − |α|(1 + |α|)B B .

Multiplier par α−1 (1 + |α|)−1 pour obtenir


   
|α| 2 |α| 2 |α| |α|
1− B F = − B B.
α 1 + |α| 1 + |α| α

Si λ = 2 |α|(1 + |α|)−1 et µ = |α|/α ceci peut s’écrire comme
 
λ − µB
F =B . (9.13)
1 − λµB
Encore en se servant du modèle de l’Exemple 9.2.3 on voit que
 
 λ − µB 
 
 1 − λµB  < 1

à condition que λ = 1 (α = 1).


C.Q.F.D. 

Lemme 9.3.6 Il existe une constante L > 0 associée à Λ(Ω1 , ξ) telle que ∀F ∈ Λ, |F (z)| < L
lorsque z varie sur Ω1 .
Démonstration
La région Ω étant un ouvert il existe au moins une valeur L > 0 telle que {z : |z − ξ| < L−1 } ⊆ Ω1 . Le
Lemme de Schwarz nous force de conclure que |z − ξ|−1 F (z) < L. Or,
298 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

   
 F (z) − F (ξ)   F (z) 
 
|F (ξ)| =  lim
z→ξ z−ξ  = z→ξ
lim
z − ξ
< L.

C.Q.F.D. 

Pour continuer nous allons construire une suite de fonctions laquelle converge uniformément
vers la fonction f qui est la transformation recherchée. Afin d’initialiser la suite on choisit une
fonction quelconque F1 ∈ Λ et on définit son successeur F2 en prenant F = F1 et B = F2 dans
(9.13) où α = α1 est une valeur telle que |α < 1 et ∀z ∈ Ω1 F1 (z) = α1 .
Le reste de la suite est construit par récurrence. Si Fn est définie alors on génère Fn+1 en posant
F = Fn et B = Fn+1 dans (9.13).
À chaque étape de la construction il y a un nombre infini de possibilités pour le choix de la
valeur αn mais il nous convient d’en choisir une dont la valeur absolue est la plus petite possible.
(Expliquer pourquoi ceci est possible.) Si cette règle est respectée on peut affirmer que

{z : |z| < αn } ⊆ F (Ω1 ) .


et il n’existe pas un autre disque de diamètre plus grand ayant cette propriété. Il devient, alors,
facile à déduire que

|Fn+1 (z)| > |Fn (z)| ∀z ∈ Ω1 et |αn+1 | > |αn | .


Nous avons vu, dans la démonstration du Théorème 9.2.2, que

1 + |α| 
B  (ξ) =  F (ξ) .
2 |α|

Donc, si l’on remplace B par Fn+1 , F par Fn et α par αn on obtient

 1 + |αn | 
Fn+1 (ξ) =  F (ξ) .
2 |αn |
À partir de F1 la substitution récursive dans cette formule donne


n
1 + |αj |
F1 (ξ) =  
= Fn+1 (ξ) < L . (9.14)
j=1 2 |αj |
Mais L est indépendant de n ce qui indique que ce produit est borné même lorsqu’on passe à la
limite.
Maintenant,

  
L 
n
1 + |αj | 
n (1 − |αj |)2
> = 1 +  

F1 (ξ) j=1 2|αj | j=1 2 |αj |
9.3. LE THÉORÈME DE RIEMANN. 299

n
(1 − |αj |)2
> 1+ 
j=1 2 |αj |

 2
1 n
> 1 − |αj | ≥ 0.
2 j=1

Donc, la série
∞   2
1− |αj | (9.15)
j=1

converge et nécessairement limj→∞ (1 + |αj |) = 0 ou limj→∞ αj = 0.


La prochaine étape est de montrer que la suite de fonctions {Fn (z)} converge vers la transfor-
mation conforme f du Théorème de Riemann.
À partir de l’équation (9.13) qui est satisfait par les fonctions Fn

2(1 − |αn |)2
|Fn+1 (z) − Fn (z)| <
1 + |Fn+1 (z)|
Définissons G(z) comme limn→∞ Fn (z) lorsque z varie sur Ω1 . Il faut montrer que nous pouvons
prendre Ω1 comme le domaine de G et ceci suit immédiatement du fait que ∀n ≥ 1, |Fn (z)| < 1 et
Fn+1 (z) > |Fn (a)| entraı̂nant |G(z)| − limn→∞ |Fn (z)|.

Lemme 9.3.7 Si ∆ est un sous-ensemble compact de Ω1 alors il existe une constante D ∈ R+ telle
que
∀z ∈ ∆ |G(z)| ≤ D < 1 .
Démonstration
La fonction Hn (z) = log |Fn (z)| − log |z − ξ| est harmonique dans Ω1 et ∀n ≥ 1 |Hn+1 (z)| > |Hn (z)|.

On peut démontrer que cette suite de fonctions converge uniformément vers une fonction harmonique H
dans Ω1 −{ξ}. Donné que limz→ξ log |z −ξ| = −∞ il est permis d’appliquer le principe du maximum même
dans Ω1 dans ce cas. Pour notre ensemble ∆ supposons que z ∗ est le point où le maximum de log |G| est
atteint. Ce point z ∗ ∈ Ω1 et log |G(z)| ≤ 0 pour z ∈ ∆, donc log |G(z ∗ )| < 0. Posons log D = log |G(z ∗ )|.
C.Q.F.D. 

Comme conséquence du Lemme 9.3.7 on tire que


  2
2
∀z ∈ ∆ |Fn+1 (z) − Fn (z)| < 1 − |α|
1−D
et par itération de cette inégalité
n+j−1   2
2
|Fn+j (z) − Fn (z)| < 1− |αµ |
1−D µ=1
300 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

où µ ≥ 1 et z ∈ ∆.
La série (9.15) converge et donc, selon les résultats du Chapitre 8, la suite {Fn (z)} converge
uniformément dans n’importe quel sous-ensemble compact de Ω1 .
Finalement il nous faut montrer que G est une fonction univalente, surjective sur K = |w :
|w| < 1} et, bien sûr G(z) ≡ f (z).
Soit Γn un contour fermé simple et choisissons δ > 0 si petit que, sur Γn , |Fn (z)| = |αn | − δ > 0.
(Ceci est possible parce que Fn est univalente et {w : |w| < |αn |} ⊆ Fn (Ω1 ).) À cause de la
convergence uniforme de {Fn (z)} vers G(z) nous avons |G(z)| > |αn | − δ sur Γn . Si β = 0 est un
nombre complexe tel que |β| ≤ |αn | − δ alors d’après le Théorème de Rouché G(z) − β a autant de
zéros à l’intérieur de Γn que G(z). Mais G(z) n’y a qu’un seul zéro et il s’ensuit que G(z) prend
chaque valeur de module plus petite que |αn − δ| exactement une fois. Le reste suit immédiatement
par un passage à la limite.

9.4 LA TRANSFORMATION DE SCHWARZ-CHRISTOFFEL


Le Théorème de Riemann nous dit qu’il existe, dans presque tous les cas, une transformation
conforme que transformera une région simplement connexe sur le disque unitaire. Néanmoins
ce résultat n’indique aucune méthode pratique permettant la construction d’une formule pour la
transformation. En effet, le cas général ne peut être traité que par des méthodes d’approximation.
Néanmoins, il est possible de construire des formules dans certains cas simples et un de ces cas est
la transformation d’un polygone.
Soit C un arc régulier qui passe par le point z0 et supposons que <t soit le vecteur tangent
unitaire construit à C au point z0 et que T< soit le vecteur tangent unitaire construit à l’image de
C au point f (z0 ). Si f  (z0 ) = 0 alors

arg(T< ) = arg(<t ) + arg(f  (z0 )) .

Pour le cas particulier où C est un segment de l’axe des x, <t = 1 + 0i et arg(<t ) = 0 à chaque
point de C d’où

arg(T< ) = arg(f  (z0 )) , (z0 = x + 0i) .

Si arg(f  (z)) demeure constante sur l’intervalle alors arg(T< , ) ne varie pas et l’image de C est aussi
un segment de droite.
Choisissons n − 1 points sur l’axe réel, disons x1 , x2 , ..., xn−1 et posons xn = ∞. On construira
une fonction f qui transforme l’axe réel en un polygone Π pour lequel les sommets correspondent
aux nombres complexes wj . En fait, wj = f (xj ) pour j = 1, 2, ..., n − 1 et wn = f (∞). Il est donc
clair que lorsque z varie sur l’axe réel, arg(f  (z)) doit sauter chaque fois qu’on passe par une des
valeurs xj . (Voir la Figure 9.5.)
Nous essayerons de trouver une fonction f qui satisfait à nos exigences en prenant la fonction la
plus élémentaire possible pour représenter sa dérivée. En fait on suppose que la fonction f satisfait
9.4. LA TRANSFORMATION DE SCHWARZ-CHRISTOFFEL 301

wn
w1
β3 π

β π w3
1
w2
x
1
x
2
x
3
x
n-1 β 2π

Figure 9.5:

f  (z) = A(z − x1 )−β1 (z − x2 )−β2 ...(z − xn−1 )−βn−1 , A∈C (9.16)


ce qui implique que l’argument de f se comportera de la façon décrite ci-haut. En effet
n−1
arg(f  (z)) = arg(A) − βj arg(z − xj )
j=1

et, lorsque z est réel avec z < x1

arg(z − xj ) = π pour j = 1, 2, ...n − 1 .

Si z = x + 0i ∈ (x1 , y1 ) alors arg(z − x1 ) = 0 et arg(z − xj ) = π pour j = 2, 3, ..., n − 1. Donc,


en poursuivant ainsi on déduit que l’argument de f  (z) saute par βj π lorsque z passe par le point
xj .
Or, arg(T< ) = arg(f  (z)) et la direction de T< change subitement chaque fois qu’on passe par un
des points xj . Les angles βj π sont les angles extérieurs d’un polygone décrit par w = f (z) lorsque
z varie sur l’axe réel.
Nous pouvons supposer que les angles extérieurs sont dans l’intervalle (−π, π). En imposant les
restrictions que les côtés du polygone ne se recoupent pas et que le sens d’orientation est positif et
que wn est l’image de z = ∞ on trouve que
n−1
βn π = 2π − π βj .
j=1

 
Donc, nj=1 βj = 2, −1 < βj < 1 et dans le cas où βn = 0 et n−1 j=1 βj = 2 ce qui implique que la
<
direction du vecteur T ne change pas au point wn ce qui veut dire que wn n’est pas un sommet
d’où le polygone n’a que n − 1 sommets w1 , w2 , ..., wn−1 dans cette éventualité.
302 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

Ce que nous avons trouvé jusqu’ici est la dérivée d’une fonction f laquelle transformerait l’axe
réel en un polygone est de la forme (9.16). Pour chacun des facteurs (z − xj )−βj considérons la
ramification définit par
π 3π
(z − xj )−βj = |z − xj |e−iβj θj , − <θ< .
2 2
Il s’ensuit que f est analytique dans

Ω = {z : (z) ≥ 0} − {z : z = xj + 0i , j = 1, 2, ..., n − 1} .

Si z0 ∈ Ω alors
z
F (z) = f  (ξ) dξ (9.17)
z0

est analytique dans Ω. (Bien sûr, on suppose que l’intégrale est toujours évaluée sur un arc qui
relie z0 et z en passant uniquement par des points de la région Ω.)
La fonction F n’est pas définie pour les points zj , j = 1, 2, ..., n−1 mais il est possible d’étendre
sa définition pour inclure ces points et même faire ceci de manière que f y soit continue. Considérons
le point x1 . Seulement le terme (z − x1 )−β1 dans l’équation (9.16) nous concerne et nous pouvons
écrire

f  (z) = (z − x1 )−β1 h(z)


où h est analytique au point x1 et on peut même écrire

f  (z) = (z − x1 )−β1 h(x1 ) + (z − x1 )−β1 +1 H(z)

où H est analytique dans un disc D = {z : |z − x1 | < r} pour r suffisamment petit. (Ceci suit du
Théorème de Taylor.)
Vu que H est analytique dans D et que β1 < 1 le terme (z − x1 )−β1 +1 H(z) représente une
fonction continue au point x1 si l’on y définit sa valeur comme zéro. L’intégrale de ce même terme
sera aussi continue au point x1 si le chemin d’intégration demeure dans D.
Si z et z ∗ sont des points de D+ = {z : (z ∈ D) ∧ ((z) ≥ 0)} alors l’intégrale
z 1  
(ξ − x1 )−β1 dξ = (z − z1 )1−β1 − (z ∗ − x1 )1−β1
z∗ 1 − β1
est continue au point x1 si l’on y définit sa valeur comme la limite lorsque z approche x1 en passant
par des points de D+ .
On peut répéter les mêmes arguments pour les points z2 , z3 , ..., zn−1 pour finalement déduire
que F est continue dans la région définie par (z) ≥ 0.
Or, il existe R > 0 si grand que, lorsque |z| > R
1 1 1
≤ ≤
|z − xj | ||x| − xj || z
9.4. LA TRANSFORMATION DE SCHWARZ-CHRISTOFFEL 303

pour j = 1, 2, · · · , n − 1 et pour ces valeurs de z

|f  (z)| ≤ |A||z − x1 |−β1 |z − x2 |−β2 · · · |z − x|n−1 |−βn−1


≤ |A||z|−(β1 +β2 +···+βn−1 )
= |A||z|βn −2

Mais 2 − βn > 1 et la dernière inégalité nous assure que pour les valeurs de z avec |z| > R
 
  π |A|
 f  (z) dz  ≤ |f  (z)| |dz| ≤ |z| dθ < 2π|A|R1−βn
 |z|2−βn
CR CR 0

ce qui tend vers zéro lorsque z → ∞. Donc, l’intégrale (9.17) converge lorsque x → ∞ et on pose
z
Wn = lim F (z) = lim f (ξ) dξ .
z→∞ z→∞ z0

Nous avons justifié que les transformations de la forme


z
w=A (ξ − x1 )−β1 (ξ − x2 )−β2 · · · (ξ − xn−1 )−βn−1 dξ + B (9.18)
z0
où B est une constante complexe quelconque transforme l’axe réel en un polygone dont les sommets
sont des points w(xj ).
L’équation (9.18) est continue dans le demi-plan défini par (z) ≥ 0 sauf aux points xj . Les
conditions imposées garantissent que les côtés du polygone ne se recoupent pas nous assurant
que le polygone est effectivement une courbe fermée simple et lorsque z trace l’axe réel dans la
direction des x croissants, w trace le polygone de telle manière que l’intérieur reste toujours à
gauche. (Notons que l’image du point ∞ est Wn .) Donc, il est possible de conclure que l’image du
demi-plan supérieur est effectivement l’intérieur du polygone.
Une transformation Schwarz-Christoffel en est une de la forme (9.18). Il y a une certaine
liberté de choix par rapport aux constantes A et B qui peut être employé afin de simplifier certains
transformations.

Exemple 9.4.1 Trouver une transformation conforme entre le demi-plan {z : (z) ≥ 0} et un


triangle général non-dégénéré.
Solution
Soient x1 , x2 deux nombres réels distincts avec x1 < x2 . Alors, la formule (9.18) la forme de la
transformation recherchée est
z
w=A (ξ − x1 )−β1 (ξ − x2 )−β2 dξ + B
z0

où w1 = w(x1 ), w2 = w(x2 ) et w3 = w(∞). Il faut aussi que β1 + β2 + β3 = 2 et les angles intérieurs du
triangle, θ1 , θ2 , θ3 satisfont les relations θj = π(1 − βj ). (Voir la Figure 9.6.)
304 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

w3
β3π

θ3 β2π
θ2
∞ w2
x1 x2
θ1

w1
β1π

Figure 9.6:

La spécification des valeurs β1 et β2 détermine le triangle à une similitude près et si nous choisissons x1
et x2 de façon arbitraire le placement spécifique des points déterminera les constantes A, B, z0 .
Pour être plus spécifique choisissons x1 = −1 et x2 = 1. Alors
z
w(z) = (ξ + 1)−β1 (ξ − 1)−β2 dξ
z0

et
−1
w1 = w(−1) = A (ξ + 1)−β1 (ξ − 1)−β2 dξ + B ,
z0
1
w2 = w(+1) = A (ξ + 1)−β1 (ξ − 1)−β2 dξ + B , (9.19)
z0

w3 = w(∞) = A (ξ + 1)−β1 (ξ − 1)−β2 dξ + B .
z0

Notons que si les trois points sont spécifiés le triangle est complètement déterminé et les valeurs β1 , β2
sont connues à l’avance (la trigonométrie). Si on spécifie seulement que la forme est important nous pouvons
choisir où placer le triangle et ainsi simplifier les calculs dans certains cas. (Voir les exemples suivants.)
Fin de l’exemple.

Exemple 9.4.2 Trouver une transformation conforme entre le demi-plan {z : (z) ≥ 0} et un


triangle droite isocèle.
Solution
9.4. LA TRANSFORMATION DE SCHWARZ-CHRISTOFFEL 305

Ici nous allons placer l’angle droit au point w2 de telle sorte que β2 = 12 et β1 = β3 = 34 . Vu que
l’énoncé du problème ne spécifie rien quant au placement du triangle on peut choisir A = 1, B = 0 et z0 = 1
ce qui implique, en particulier, w2 = 0. Or,

−1
w1 = (ξ + 1)−1/2 (ξ − 1)−3/4 dξ
1
−1  −3/4
= (1 + x)−1/2 eπi (1 − x) dξ
1
−1
= e−3πi/4 (1 + ξ)−1/2 (1 − ξ)−3/4 dξ
1
1
= eπi/4 (1 + ξ)−1/2 (1 − ξ)−3/4 dξ
−1

En effectuant la substitution 2y = 1 + ξ dans l’intégrale on trouve que

1
w1 = 21/4 eπi/4 y −1/2 (1 − y)−3/4 dy
0
1
y 2 −1 (1 − y) 4 −1 dy
1 1
= 21/4 eπi/4
0
 
1/4 πi/4 1 1
= 2 e B ,
2 4
 
−1/4 1 1
= c(1 + i), c=2 B , ≈ 3.11817
2 4

w1

π
2

π π
4 4

w w
2 3

Figure 9.7:

On déduit facilement que w3 = 2c comme indiquée dans la Figure 9.7. Notons que si nous avions choisi
des valeurs différentes pour A et B le résultat aurait été un triangle similaire à celui obtenu ci-haut.
Fin de l’exemple.
306 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

Pour les raisons de symétrie il est parfois de préférence d’avoir tous les sommets du polygone
générés par des valeurs réels finis. Ceci est possible si la fonction dérivée f  s’annule au point ∞
impliquant qu’il n’y a pas de sommet correspondant à ce point. Dans ce cas la formule (9.18) pour
la transformation de Schwarz-Christoffel peut s’écrire comme
z
w=A (ξ − x1 )−β1 (ξ − x2 )−β2 · · · (ξ − xn )−βn dξ (9.20)
z0

où β1 + β2 + · · · + βn = 2. Les valeurs βj sont déterminées par les angles du polygone.

Exemple 9.4.3 Trouver une transformation de Schwarz-Christoffel qui transforme le demi-plan


{z : (z) ≥ 0} dans un rectangle.
Solution
Soit a > 1 et choisissons les quatre points réels x1 = −a, x2 = −1, x3 = 1 et x4 = a. Pour un rectangle
on a, forcément, β1 = β2 = β3 = β4 = 1/2 et si z0 = 0 la formule (9.20) [Link] comme
x z
w=A (ξ + a)−1/2 (ξ + 1)−1/2 (ξ − 1)−1/2 (ξ − a)−1/2 dξ + B = A F (ξ) dξ + B .
0 0

Les valeurs A = 0 et B servent à placer le rectangle à une position désirée et ajuster sa grandeur mais la
partie essentielle de la transformation réside dans l’intégrale et ceci comprend le rapport entre les longueurs
des côtés.
Pour déterminer les sommets du rectangle il convient de considérer les deux intégrales auxiliaires

1 1 dξ
b= |F (ξ)| dξ =  ,
0 0 (1 − ξ 2 )(a2 − ξ2)
a a dξ
h= |F (ξ)| dξ =  .
1 1 (ξ 2 − 1)(a2 − ξ 2 )

Si −1 < ξ < 0 on note que

F (ξ) = (ξ + a)−1/2 (ξ + 1)−1/2 e−πi/2 (1 − ξ)−1/2 e−πi/2 (a − ξ)−1/2 = e−πi |F (ξ)| = −|F (ξ)|

et, si −a < ξ < −1 on trouve de la même manière que

F (ξ) = e−3πi/2 |F (ξ)| = i|F (ξ)| .

Les quatre points du rectangle sont

−a
w(−a) = A F (ξ) dξ + B
0
 −1 −a 
= A F (ξ) dξ + F (ξ) dξ + B
0 −1
9.4. LA TRANSFORMATION DE SCHWARZ-CHRISTOFFEL 307
 −1 −a 
= A − |F (ξ)| dξ + i |F (ξ)| dξ + B
0 −1
= A(b − ih) + B ,
−1
w(−1) = A F (ξ) dξ + B
0
−1
= −A |F (ξ)| dξ + B
0
= Ab + B ,
1
w(1) = A F (ξ) dξ + B
0
1
= −A |F (ξ)| dξ + B
0
= −Ab + B ,
a
w(a) = A F (ξ) dξ + B
0
 1 a 
= A F (ξ) dξ + F (ξ) dξ + B
0 1
 1 a 
= A − |F (ξ)| dξ − i |F (ξ)| dξ + B
0 1
= −A(b + ih) + B .

Il est clair que b > 0 et h > 0 de telle sorte que le choix A = −1, B = 0 produit le premier rectangle
de la Figure 9.8 tandis que le choix A = i, B = 0 donne le deuxième qui est une rotation du premier.

w =ib w =h+ib
2 1
w ih w
1 4

-b b
w w
2 3
w =-ib w =h-ib
3 4

Figure 9.8:

En effet, si |A| = 1, B = 0 on obtient une rotation du premier rectangle autour de l’origine. Pour un
choix quelconque de A ∈ C on aura une rotation suivi d’un agrandissement (|A| > 1) une rétrécissement
(|A| < 1) du rectangle par un facteur |A|. Finalement, si B = 0 il y aura une translation dans la direction
déterminée par B par une distance égale à |B|.
308 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

Fin de l’exemple.

Dans la prochaine section nous présenterons quelques autres transformations conformes élémen-
taires.
9.5. TRANSFORMATIONS PARTICULIÈRES 309

9.5 TRANSFORMATIONS PARTICULIÈRES


N’importe quelle fonction analytique définit une transformation conforme entre certaines régions
du plan mais, comme nous avons déjà vu, le problème difficile est de trouver la fonction lorsque
les régions sont spécifiées à l’avance. La transformation de Schwarz-Christoffel nous fournit une
solution pour la situation où une des régions est le demi-plan {z : (z) ≥ 0} et un polygone et
dans cette section on examinera quelques transformations élémentaires qui sont importantes dans
les applications en physique et génie.
Dans les premiers exemples on note comment certaines fonctions dites élémentaires transforment
des régions particulières.

Exemple 9.5.1 La fonction w = ez . Écrivons w = ρeiφ où, bien sûr, ρ = |w| et φ = arg(w).
Alors, la transformation w = ez peut se représenter par la paire d’équations réelles

ρ = ex , φ = y.
Ceci indique que les droites horizontales y = k se transforment par ez en des demi-droites qui
partent de l’origine. (Le point 0 lui-même ne fait pas partie de l’image.) La fonction ez transforme
les droites verticales x = k en des cercles ρ = ek mais on note que cette correspondance n’est pas
bijective. (Pourquoi?)
Or, la partie R du plan définie par R = {z = x + iy : x1 ≤ x ≤ x2 , y1 ≤ y ≤ y2 } se transforme
en S = {w = ρeiφ : ex1 ≤ ρ ≤ ex2 , y1 ≤ φ ≤ y2 }. (Voir la Figure 9.9.)

R R'
S

S'
Q'
P Q
P'

PQ, correspond à P'Q' etc.

Figure 9.9:

Cette transformation sera une bijection si et seulement si y2 − y1 < 2π, donc, pour mieux
fixer nos idées prenons le cas spécial où y1 = 0, y2 = π et considérons la région définie par
R = &z = x + iy : x1 < x < x2 , 0 < y < π}
Dans ce cas la région correspondante S' est le demi-anneau au dessus de l’axe réel déterminé par
les deux cercles |z| = ex1 et ex2 (Voir la Figure 9.10.) Si nous prenons x2 = 0 tout en laissant x1
310 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

y=π

x1 x2 C’ D’ A’ B’

Figure 9.10:

tendre vers −∞ l’arc A D se contracte autour de l’origine dans le plan des images et le rayon du
demi-anneau approche 1. Donc, la fonction ez peut être utilisée pour établir une transformation
conforme entre une demi-bande infinie et un demi-cercle. (Voir la Figure 9.11.)

y=π

C’ B’

Figure 9.11:

Notons que les choix de x2 et l’intervalle (y1 , y2 ) peuvent être changés selon notre application
sous réserve de respecter les restrictions indiquées ci-hautes.
Fin de l’exemple.

Exemple 9.5.2 La fonction log z. Chaque ramification de la fonction log z est une inverse de la
fonction exponentielle de telle sorte que son comportement comme transformation conforme admet
d’une analyse similaire à celle de l’exemple précédant avec les rôles de domaine et image renversés.
Il est, donc, facile à voir que log z transforme le demi-plan {z : (z) > 0} dans la bande infinie
{w : 0 < (w) < π}.
Fin de l’exemple.

Exemple 9.5.3 La fonction sin z. La fonction w = sin z peut s’écrire sous la forme

w = u + iv = sin(x + iy) = sin x cosh y + i cos x sinh y (9.21)


d’où il est évident que la fonction est périodique avec la période simple 2π. De plus, si l’on utilise
sin z pour établir une transformation conforme il faut choisir une partie R de son domaine où elle
est univalente. Ceci est le cas pour la région
9.5. TRANSFORMATIONS PARTICULIÈRES 311

π π
R= z : (z) > 0 ∧ − < (z) < .
2 2
Notons d’abord que l’image par (9.21) de l’axe imaginaire (x = 0) du domaine est l’axe imagi-
naire (u = 0) dans le plan des images et la correspondance entre les points est une bijection. Or,
si 0 < c < π2 , (9.21) nous fournit avec les équations paramétriques d’une courbe C à savoir

u = sin c cosh y v = cos c sinh y


lesquelles représentent la partie à droite de l’hyperbole

u2 v2
2 − cos2 c = 1
sin c
et, si z ∈ R seule la partie au dessus de l’axe réel nous concerne. Si l’on trace toutes ces courbes
le premier quadrant du plan des images est complètement recouvert. (Plus précisément, tout point
(u, v) avec u > 0 et v > 0 se retrouve sur une de ces courbes.) En répétant l’argument pour les
valeurs de c ∈ (−π/2, 0) c’est le deuxième quadrant qui est balayé. (La Figure 9.12 indique comment
le balayage du premier quadrant s’effectue.) La première image correspond à 0 < (y) < 1 et la
deuxième à 0 < (y) < 2.) Donc, la fonction w = sin z établit une transformation conforme entre
R et le demi-plan {w : (w) > 0}.

1.2 3.5
1 3
0.8 2.5
2
0.6
1.5
0.4
1
0.2 0.5

0.25 0.5 0.75 1 1.25 1.5 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5

Figure 9.12:

Si 0 = c ∈ R la fonction w = sin z transforme la droite horizontale déterminée par y = c en


l’ellipse
u2 v2
2 + = 1.
cosh c sinh2 c
Il est évident que l’ellipse serait retracé un nombre infini de fois si la droite est parcouru au complet.
Pour tracer la courbe exactement une fois il suffit de limiter la variation de x à un intervalle de
longueur 2π, disons [0, 2π). En effet, lorsque 0 < x < π l’image est sur la partie « droite » de
l’ellipse (à partir du point (0, sinh c)) et si π < x < 2π l’image se retrouve à « gauche » (à partir
du point (0, − sinh c)). La correspondance entre [0, 2π) et l’ellipse est une bijection.
312 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

Or, si 0 < b < c considérons un rectangle R déterminé par les points (0, b) et (2π, c). Si l’on
trace le segment qui relie (0, b) et (2π, b) on obtient l’ellipse intérieur dans la Figure 9.13 et en
répétant la même opération pour les segment qui relie (0, c) et (2π, c) on génère l’ellipse extérieur.
(Notons que les deux partagent les foyers communs (−1, 0) et (1, 0).)

F D

D E F C A
y= c

(-1,0) (1,0)

y= b B
A B C

π 2π
E

Figure 9.13:

Remarquons que le graphique exagère la « coupure » CF qui est nécessaire attendu le fait que la
transformation ne saurait être bijective si nous identifions CF et AD et ce à cause du fait que la
fonction inverse sin−1 possède une surface de Riemann avec une infinité de feuilles.
Si on permet à ξ de prendre les valeurs entre b et c chacune d’elles produira une ellipse entre
celles correspondantes aux valeurs b et c et c’est de cette manière la région ombragée dans la figure
est générée. Donc la fonction sin transforme l’intérieur d’une rectangle à la bande limitée par deux
ellipses concentriques avec des foyers communs sous réserve des choix des dimensions appropriées
pour le rectangle et une coupure correspondant à un des côtés du rectangle.
Fin de l’exemple.

Parfois une fonction donnée peut s’écrire comme le résultat des opérations algébriques sur des
fonctions dont les effets sont connus. Par exemple, la fonction ez à l’effet de transformer la demi-
bande infinie R = {z : (z) > 0 ∧ 0 < (z) < π} en S = {w : |w| > 1 ∧ (w) > 0}. (Revoir
l’exemple 9.5.1 et expliquer!) Or, on constate que la fonction définie par g(z) = iez correspond à
une rotation par l’angle π/2 appliquée au graphique de ez . Donc, l’application de g à la région R
est S = {w : |w|.1 ∧ (z) < 0}. (Voir la Figure 9.14.) √
Quant à la compositions de fonctions considérons le cas de F (z) = sin z. Ceci est la composi-

tion des deux fonctions f, g où f (z) = sin z et g(z) = z (on sous-entend la ramification principale
de g). La fonction f envoie la demi-bande infinie {z : 0 < (z) < π2 ∧ (z) > 0} en le premier quad-
9.5. TRANSFORMATIONS PARTICULIÈRES 313

Figure 9.14:

rant du plan et la fonction g envoie le premier quadrant en la région {z = ρeiθ : ρ > 0 ∧ 0 < θ < π4 }.
(À vous de faire le dessins!)
314 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

9.6 EXERCICES

SECTION 9.1

9.1 Prouver le Théorème 9.1.3.



9.2 Expliquer pourquoi la fonction z ne pourrait jamais être univalente sur une région qui
contient le point z = 0 + 0i.
9.3 Vérifier que la transformation définie par f (z) = sinh z est conforme dans une région où
f  (z) = 0. Quelles sont les images des deux familles de courbes x = const. et y = const.?

-1
1

-2
2
0 0.5
0 5 1 1.5
1 5 2

Figure 9.15:

9.4 La Figure 9.15 indique comment les segments horizontales et verticales du carré déterminé
par les points (−1, 1) et (1, 1) sont transformés par la fonction complexe f (z) = z z̄− z̄ 2 /2. Examiner
le comportement de cette fonction près de l’origine et pour les points sur l’axe réel. Y a-t-il des
angles préservés par cette transformation?
9.5 Montrer que
 
1 1
f (z) = z+
2 z
transforme les cercles concentriques |z| = const. > 0 en des ellipse; les demi-droites arg(z) =
const., (z = 0) en des hyperboles et que toutes ces coniques ont les mêmes foyers à savoir (−1, 0)
et (1, 0).
9.6. EXERCICES 315

9.6 Si f (z) = u(x, y) + iv(x, y) est analytique dans une région R, montrer que z0 ∈ R est un
point critique de f si et seulement si le jacobien
 
 
∂(u, v)  ∂u ∂u

 = ∂u ∂v − ∂u ∂v
=  ∂x ∂y

∂(x, y  ∂v ∂v  ∂x ∂y ∂y ∂x
∂x ∂y

s’annule au point z0 = x0 + iy0 .

SECTION 9.2

9.7 Décomposer chacune des transformations suivantes en une composition de translations,


multiplications, rotations et inversions:
2 z
A) w= 1+z , B) w= 2+iz ,
3z+1 2z−5
C) w = z , D) w= 3z+1 .

9.8 Trouver l’inverse de chacune des transformations du problème précédant.


9.9 Quelles sont les transformations de Möbius qui laisse le point à l’infini fixe (c-à-d T (∞) = ∞)
9.10 Trouver la transformation de Möbius pour laquelle

T (0) = 1 , T (1) = 0 , T (i) = 1 + i .

9.11 Montrer que w = z/(1 − z) transforme le disque ouvert D = {z : |z| < 1} au demi-plan
{z : (z) > −1/2}.
9.12 Trouver des transformations de Möbius qui envoient le disque D = {z : |z| < 1} au
demi-plan {z : (z) > 0}.
9.13 Un point z ∗ est un point fixe d’une transformation de Möbius T si T (z ∗ ) = z ∗ . Trouver les
points fixes pour la transformation de Möbius générale.

SECTION 9.3

9.14 Vérifier le Lemme de Schwarz dans le cas où f (z) = z n , n ∈ N+ .


9.15 Compléter les détails des calculs dans la démonstration du Lemme 9.3.5.

SECTION 9.4
316 CHAPITRE 9. LES TRANSFORMATIONS CONFORMES

9.16 Montrer que la fonction


z dz
w= 
0 z(1 − z 2 )
transforme le demi-plan {z : (z) > 0} en l’intérieur du carré déterminé par les deux pointa (−1, 1)
et (1, 1).
9.17 Montrer que si 3 ≤ n ∈ N alors
z
(1 − z n )− n dz
2

transforme le disque {z : |z| < 1} en l’intérieur d’un polygone régulier à n côtés.

SECTION 9.5

9.18 Montrer que w = z + 1/z transforme le cercle défini par |z| = c en l’ellipse
   
1 x 1 y
u = u(x, y) = c +  , v = v(x, y) = c −  .
c x + y2
2 c x2+ y2

Que se passe-t-il lorsque c = 1?


9.19 Montrer que si l’on se sert de la ramification principale de la racine carrée
 1
z−1 2
w=
z+1

transforme le plan avec le segment [−1, 1] enlevé en le demi-plan {w : (w) > 0}.
9.20 Étudier la transformation de la région {z : (z) > 0 ∧ 0 < (z) < π/2} par la fonction
w = cosh z. (On peut décomposer le problème pour utiliser les rotations, translations et ce qui est
connu par rapport à sin z.)

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