Chapitre 13 : Le financement des entreprises.
Introduction :
La vie de l'entreprise est rythmée par des besoins de financement. À sa création, le business plan, ou
plan d'affaires (Chapitre 4), doit prévoir à la fois les ressources et les besoins financiers prévisionnels
de façon à convaincre les investisseurs d'investir dans ce projet.
Lorsque l'entreprise est pérenne, le manager (Chapitre 4) qui succède à l'entrepreneur a pour
mission d'évaluer au mieux les besoins de financement, d'y allouer des ressources financières
internes ou d'en rechercher de nouvelles en veillant à l'équilibre financier de la firme.
1. Identifier les besoins de financement de l'entreprise
A. Le besoin de financement du cycle d'investissement
La pérennité de toute entreprise passe par des investissements, qui sont de trois sortes :
les investissements matériels ou palpables font partie des ressources tangibles de la firme
(véhicules de livraison, machines de production, locaux pour stocker matières premières et
produits finis, magasins pour distribuer les produits...) ;
les investissements incorporels ou immatériels augmentent les ressources intangibles de la
firme (dépôt ou achat d'un brevet de façon à avoir un monopole d'exploitation sur un
produit, marque ou logo qui donnent une identité au produit et le différencient de ceux de la
concurrence, progiciel de gestion intégré pour faciliter la diffusion et le traitement de
l'information entre les différents services de l'entreprise et automatiser certains
processus...);
les investissements financiers (acquisition de titres financiers ou de parts du capital d'une
autre entreprise) permettent d'augmenter les ressources financières de la firme qui investit,
mais aussi d'entrer dans le capital d'entreprises concurrentes ou ayant des activités
complémentaires.
L'investissement, qu'il soit corporel ou incorporel, est très souvent synonyme d'innovation, que cette
innovation porte sur les produits, les procédés, la commercialisation ou l'organisation.
Le fonctionnement d'un cycle d'investissement se passe comme suit : l'entreprise ressent le besoin
d'investir pour les raisons évoquées ci-dessus. La durée entre l'acquisition de l'immobilisation et la fin
des recettes générées par celle-ci constitue la durée du cycle d'investissement. Autrement dit, le
cycle est renouvelé lorsque l'immobilisation est amortie (ceci concerne les immobilisations
corporelles) ou lorsque l'entreprise décide de céder celle-
ci.
B. Le besoin de financement du cycle d'exploitation
Par définition, le cycle d'exploitation est constitué par les différentes étapes séparant les dépenses
effectuées pour produire un bien ou un service et l'encaissement effectif du chiffre d'affaires. Celui-ci
comprend donc également le paiement du ou des fournisseurs ou sous-traitants et la vente au client
qui ne génère pas toujours instantanément des recettes.
En effet, en B to B (lorsque les transactions marchandes s'effectuent entre professionnels), le
paiement du client intervient à l'issue d'un délai d'au maximum 30 jours (règle légale) après la
livraison du bien ou l'exécution de la prestation de service. C'est ce que l'on appelle le crédit client.
Cependant, les parties peuvent convenir d'un délai plus long lors des négociations précontractuelles
et l'inscrire dans les clauses contractuelles (Chapitre 3).
Plus la durée du crédit client est élevée, plus le besoin en fonds de roulement (BFR) sera important. Il
est donc intéressant pour l'entreprise fournisseur d'optimiser cette durée.
Le BFR et la gestion de la trésorerie
La durée du crédit client impacte le BFR ainsi que la trésorerie de l'entreprise.
Le BFR correspond aux sommes que l'entreprise doit avancer en n'ayant pas encore été elle-même
payée par son client. Plus les dépenses engagées par l'entreprise sont importantes, plus le BFR est
important. Cela explique pourquoi les entreprises en phase de croissance courent, paradoxalement,
un risque: celui d'engager de trop grosses dépenses pour honorer les commandes au point de ne plus
pouvoir payer leurs charges courantes et se retrouver, dans les situations tes plus critiques, en
situation de cessation de paiements puis de liquidation judiciaire (document 8, TakeAway).
La gestion de la trésorerie est donc une activité d'importance capitale pour l'entreprise dans la
mesure où elle consiste en une anticipation et un contrôle constants des décalages entre les
encaissements et les décaissements.
A. Le financement du cycle d'investissement
L'entreprise dispose de plusieurs moyens pour financer son cycle d'investissement, sachant que ces
ressources peuvent se cumuler (document 10, société Bam).
L'autofinancement : c'est une situation idéale pour l'entreprise puisque celle-ci dispose, en interne,
des ressources financières suffisantes pour financer son investissement.
L'emprunt bancaire : l'entreprise se procure des ressources financières en demandant à un
organisme financier de lui accorder un crédit.
C'est là une des missions principales des organismes bancaires : contribuer à la croissance
économique en assurant le financement des activités économiques et en répondant aux demandes
des agents économiques à besoin de financement. L'octroi d'un crédit se fait en contrepartie de son
remboursement, à terme, et du paiement d'un taux d'intérêt qui va alourdir les charges financières
de l'entreprise et réduire ses perspectives de bénéfice. Le montant de ce taux d'intérêt est donc
déterminant dans la politique d'investissement d'une entreprise.
Lorsque l'Etat veut mener une politique de relance de l'économie (Chapitres 7 et 10), les taux
d'intérêt proposés par les banques baissent. Les entreprises peuvent ainsi plus facilement avoir
recours au crédit et investir.
L'apport en capital et l'émission d’actions : une entreprise ayant un besoin de financement a
également la possibilité d'émettre de nouvelles parts sociales afin d'attirer des investisseurs, lorsque
son statut juridique s'y prête (Chapitre 11). L'acquisition des parts sociales rapportera des ressources
financières à l'entreprise émettrice et fera des investisseurs des propriétaires d'une partie du capital
social de la société. Les investisseurs, nouvelles parties prenantes internes, pourront prétendre au
versement de dividendes si l'assemblée générale annuelle des associés décide qu'une part des
bénéfices réalisés doit y être consacrée. Les investisseurs pèseront également avec leurs voix (1 part
sociale = 1 voix) lors de l'adoption, en assemblée générale, des décisions stratégiques relatives à
l'avenir de la société. L'e investisseurs présente donc un risque : celui que des divergences de vue
nouveaux et anciens propriétaires sur la rentabilité à court ou moyen terme les investissements à
réaliser...
L'émission d’obligations : une firme peut aussi se procurer des ressources financières en émettant
des obligations. Une obligation est un outil financier qui permet à celui qui l'émet d'emprunter de
l'argent. L'agent à capacité de financement qui investit dans des obligations apporte des ressources
financières à l'entreprise émettrice et perçoit des intérêts chaque année.
L'avantage, pour l'entreprise émettrice, est de se procurer des ressources financières auprès de
différents agents économiques à capacité de financement sans ouvrir son capital à de nouveaux
associés. L'inconvénient, similaire à celui d'un emprunt bancaire, est la charge financière générée par
le versement d'intérêts.
Le financement participatif : cette forme de financement connaît un essor important depuis
quelques années. Le marché du financement participatif se consolide en France (628,8 millions
d'euros ont été collectés par son biais en 2016). Les investisseurs du crowdfunding disposent d'une
capacité d'épargne et aiment diversifier leurs actions sur divers types de projets. Parallèlement à
l'émergence de nouvelles plateformes, l'essor des réseaux sociaux, l'apparition d'outils numériques
et d'une philosophie axée sur la mise en pratique rapide des idées ont contribué à la croissance de ce
mode de financement. En plus d'apporter des ressources financières sous diverses modalités (don,
ouverture du capital...), le crowdfunding permet de fédérer une communauté d'internautes autour
d'un projet. Il s'agit souvent d'une communauté active qui n'hésite pas à promouvoir le projet qu'elle
soutient. Ce mode de financement est ainsi devenu un véritable outil de communication mais qui ne
saurait exister sans les plateformes (parmi les plus connues : Ulule, KissKissBankBank...).
Les subventions : l'Etat ou les collectivités territoriales, dans le cadre d'une politique économique de
soutien de certaines activités (activités innovantes ou créatrices d'emplois...), peuvent accorder des
subventions à des entreprises.