CHAPITRE 3 L’ENTREPRISE ET SON SYSTEME D’INFORMATION
3.1 INTRODUCTION
Nous nous plaçons dans une optique d’informatique au service de l’entreprise. Il est donc
nécessaire de nous interroger sur la nature de l’information et sur la façon dont elle circule
dans l’entreprise.
3.2 L’ENTREPRISE (L’ORGANISATION)
3.2.1 sur le plan économique : l’entreprise est une unité de production, donc un ensemble
de moyens mis en œuvre pour accomplir certaines missions.
Les moyens sont de trois sortes :
humains (cadres, employés, etc.),
matériels (terrains, bâtiments, machines, matières premières, etc.),
et financiers (banques, etc.).
La mission peut être définie comme la production de biens ou de services nécessaires à la
satisfaction des besoins individuels et collectifs.
Exemples :
• La mission d’une entreprise sidérurgique est de produire de l’acier pour satisfaire les
besoins de l’économie nationale : production de biens.
• La mission d’une entreprise de tourisme est de satisfaire les besoins de détente de la
population : production de services.
3.2.2 sur le plan juridique : l’entreprise apparaît comme une entité dont les éléments sont
des individus et des personnes morales. Leurs rapports sont régis par des règles de
droit.
3.3 CLASSIFICATION DES ENTREPRISES
Les entreprises sont classées selon différents critères. Les plus couramment admis sont le
secteur d’activité et la forme juridique.
• Selon l’activité : on distingue les entreprises industrielles, commerciales, prestataires de
services, etc.
• Selon la forme juridique : on distingue les entreprises publiques et privées.
3.4 LE SYSTEME D’INFORMATION DANS UNE ENTREPRISE
Le SI intervient d’une manière fondamentale dans le fonctionnement d’une organisation. On
ne peut pas donc le définir ou le décrire sans définir ou décrire ce qu’est une organisation.
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Nous allons donc étudier l’entreprise sous son aspect organisationnel et comment
l’information circule-t-elle à travers cette organisation.
L’entreprise en tant qu’organisation doit être envisagée selon deux points de vue :
• C’est d’une part un réseau de secteurs d’activités (vente, comptabilité, approvisionnement,
etc.) reliés entre eux par des circuits dans lesquels circulent des flux (monétaires, de
matière ou d’information).
• C’est d’autre part une organisation à plusieurs niveaux de responsabilité où chaque niveau
possède un certain pouvoir de décision (direction générale, direction financière, …,
département, service, section, etc.). Les décisions engendrent des actions. En fonction des
résultats obtenus, on entreprend d’autres actions.
En résumé, l’entreprise est vue comme une organisation complexe où diverses fonctions sont
effectuées afin d’atteindre certains objectifs :
• Ces fonctions sont assumées par différents secteurs d’activité reliés entre eux et
échangeant toutes sortes d’information il s’agit d’étudier les circuits d’information.
• De plus, pour atteindre les objectifs fixés, chaque niveau de responsabilité prend des
décisions il s’agit d’étudier les liens entre décisions et actions : les cycles
d’information.
Les circuits d’information :
Exemple : Acheter des matières premières pour en faire un produit que l’on vend met en jeu
trois des grandes fonctions de l’entreprise : l’approvisionnement, la production et la vente. Il
existe d’autres fonctions de type administratif, personnel, etc. Cet ensemble de secteurs
d’activités n’est pas isolé, l’entreprise est en effet ouverte sur le monde extérieur et entretient
des relations constantes avec la banque, ses clients et ses fournisseurs.
On peut représenter schématiquement l’entreprise de la façon suivante :
clients
vente personnel
producti comptabilité banque
appro direction
fournisseurs
Légende
flux d’information
flux de matière
flux d’argent
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Les secteurs d’activité sont reliés par des circuits dans lesquels circulent des flux. Ce sont
principalement les flux d’information, de matière et d’argent.
Tout type de flux (autre que celui d’information) doit être accompagné d’un flux
d’information. Les circuits peuvent être internes ou externes.
A travers ces circuits, l’information joue un rôle prépondérant puisqu’elle est nécessaire à la
connaissance de tous les flux qui y circulent ⇒ il est alors indispensable de la normaliser. La
normalisation implique généralement :
• une codification de l’information,
• et une standardisation de ses supports.
La normalisation permet de réduire les risques d’erreurs et de faciliter les opérations à
effectuer. Néanmoins, il subsiste toujours des erreurs, donc avant de stocker les données dans
la base, il faut les contrôler.
Les cycles d’information :
Pour voir le rôle fondamental que joue l’information dans l’organisation, il faut considérer
non plus les circuits d’information mais le cycle qui la caractérise et relie la décision à
l’action. L’étude de ce nouvel aspect est basée sur les notions de décisions et d’objectifs. Quel
est l’objectif à atteindre ? Est-il atteint ? Autant de questions que l’on se pose à tous les
niveaux de responsabilité de l’organisation.
Exemple :
Le Directeur Général d’une entreprise décide de lancer une campagne de publicité pour
relancer les ventes d’un produit donné. Chargé d’agir en conséquence, le directeur
commercial exécute lui-même certaines tâches ou les confie à une firme spécialisée. Au bout
de deux mois, il fournit au DG divers éléments d’appréciation sur les premiers résultats de
cette action publicitaire. En fonction de ces résultats (par exemple accroissement des ventes),
le DG peut décider d’augmenter ou non la part du budget relative à la publicité de ce produit.
Le cycle sera complet lorsque d’après les éléments d’appréciation fournis, le DG maintiendra,
modifiera ou même annulera sa décision.
Le cycle d’information peut être schématisé de la façon suivante :
décision
ordre Compte rendu
exécutio
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3.5 REPRESENTATION SYSTEMIQUE D’UNE ORGANISATION
3.5.1 Notion de système
Le terme système est utilisé dans plusieurs disciplines (social, d’éducation, industriel,
engineering, etc.). Plusieurs définitions existent pour définir un système. Cependant, tous les
systèmes possèdent des propriétés communes : Ils englobent des éléments, des
environnements, des interactions entre les éléments et avec l’environnement, et en plus, ils ont
des buts à atteindre.
Ainsi, on peut définir un système comme une collection organisée de personnes, de machines,
de procédures, de documents, de données et d’autres entités interagissant entre elles et avec
l’environnement pour atteindre des buts prédéfinis.
Remarque : à travers les cours qui vont suivre, nous ne ferons pas une grande différence entre
les trois termes suivants : la donnée, l’information et la connaissance.
3.5.2 l’entreprise vue en tant que système
L’examen de l’entreprise selon les deux points de vue : les circuits d’information et les cycles
d’information, permet de considérer cette organisation comme un système complexe formé de
trois sous-systèmes (fig. 3.5.2):
• le système de décision (ou de pilotage)
• le système opérant
• et le système d‘information.
Les deux derniers systèmes coopèrent afin d’atteindre les objectifs tracés par le système de
décision. Cette coopération est effectuée en échangeant des informations lesquelles forment la
mémoire de l’organisation.
Cette mémoire est constituée d’informations de décision, d’informations générées par le
système opérant et d’informations externes provenant de l’environnement du système.
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système de décision
coordination, imagination,
finalisation informations de décision
Restitution d’informations brutes
ou élaborées après traitement
système d’information
mémoire organe de informations externes
informations + traitement des
informat.
Collecte des informations
système opérant flux logistiques
flux personnels
SO1 SO2 SO3 … Sok flux monétaires
Figure 3.5.2 SCHEMA SYSTEMIQUE D’UNE ENTREPRISE
3.6 LE SYSTEME D’INFORMATION
Le SI a pour mission essentielle de construire puis de garder en mémoire une représentation
de l’activité du système opérant au sein de l’environnement afin de la mettre à la disposition
des acteurs du système de décision pour qu’ils puissent piloter, coordonner et finaliser le
comportement du système opérant.
Le couplage du système de décision avec le système opérant s’effectue essentiellement grâce
à l’accès à la mémoire des représentations de l’activité (fig. 3.6).
Les quatre grandes fonctions du système d’information d’une organisation sont :
a) générer les informations représentant l’activité du système opérant au sein de son
environnement les informations primaires,
b) mémoriser les informations primaires ainsi que la demande du système de décision, les
informations externes, de décision et élaborées,
c) assurer l’accès à la mémoire et la communication des informations,
d) traiter à la demande du système de décision certaines informations.
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s e procédures et mécanismes
y n de stockage et de restitution
s v base des données mémorisées
t i d’information
flux è r entrants base de
m o * info. primaires programmes système de
e n * info. élaborées
o n * info. décisions * calculs décision
p e * info. Externes * états
flux é m sortants ……
r e
a n
n t SI
t
figure 3.6 SCHEMA DU SYSTEME D’INFORMATION
3.7 LE SYSTEME D’INFORMATION AUTOMATISE
3.7.1 actions programmées et décisions
Dans un système, les actions programmées déterminent de manière unique les sorties à partir
des entrées.
Exemple 1. La connaissance des écritures comptables détermine de manière unique la
nouvelle balance il existe une règle unique, formalisable permettant de déduire la nouvelle
balance (sortie) de l’ancienne à partir des écritures passées (entrées).
Système sans
⇒ le système est déterminé S = f(E) E décision
S
Cependant, un système peut se trouver en situation d’information incomplète
⇒ dans ce cas, une même entrée peut conduire à plusieurs sorties.
Le choix de la sortie se fait par la prise d’une décision.
S1
E Système avec ou
décision S2
Exemple 2. La connaissance du niveau de stock ne détermine pas les quantités à commander
au fournisseur, le service achat devra effectuer un choix.
Des éléments non formalisables (intuition, expérience professionnelle, intérêts personnels,
habitudes, etc.) peuvent intervenir dans un choix.
3.7.2 Système d’Information Automatisé
A quelles conditions un système d’information peut être pris en charge par un ordinateur ?
La réponse : le système ne doit comporter que des actions programmées.
Les choix ne sont pas formalisables et donc non automatisables.
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Définition : un SIA est un sous-système d’un SI dans lequel toutes les transformations
significatives d’information sont effectuées par des ordinateurs.
Le SIA permet la conservation et le traitement automatique des informations.
3.7.3 sous-systèmes fonctionnels du SIA
Présentation
Dans un SIA (fig.3.7.3), le processeur d’information est constitué par un ou plusieurs
ordinateurs pilotés par le personnel d’exploitation, le logiciel de base, en liaison avec
l’univers extérieur au moyen des unités périphériques de communication, des supports de
saisie et des personnels de saisie, et en liaison avec le modèle et la base d’information au
moyen des unités périphériques de stockage. Le modèle et la base d’information sont stockés
sur des mémoires externes.
Le processeur d’information va chercher dans le modèle le ou les programmes à exécuter et
les structures de données à respecter et procède à la consultation ou à la mise à jour de la base
d’information. Il élabore des résultats qu’il communiquera à l’univers extérieur.
saisie
Univers Processeur
Extérieur d’information
• Ordinateurs Modèle (pgms)
• Logiciel de
base
• Personnel
résultats base d’information
d’exploitation
accès
Traitement de communication traitement mémorisation
automatique
Figure 3.7.3 SCHEMA DU SIA
On distingue quatre sous-systèmes fonctionnels:
• deux sous-systèmes internes au SIA :
le traitement automatique
la mémorisation
• deux sous-systèmes interfaces avec l’univers extérieur :
la saisie
l’accès
La mémorisation : fonction de stockage des informations
stockage des programmes et de la structure des données ⇒ mémorisation du modèle,
stockage des données ⇒ mémorisation de la base d’information.
Le traitement automatique : fonction qui consiste à manipuler des données mémorisées ou
provenant de l’extérieur. Il est effectué par l’ordinateur.
Exemples de traitements automatiques : contrôles, mises à jours, recherches, calculs.
La saisie : introduit les entrées externes dans le SIA.
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L’accès : transforme les résultats issus d’un traitement automatique en sorties externes vers
l’univers extérieur.
3.7.4 Place d’un SIA dans un SI
Le SI comporte des parties manuelles et des parties automatiques (fig. 3.7.4).
Le processeur d’information sera donc composé d’ordinateurs pour ses parties automatiques
et d’hommes et de matériels ( non automatiques) pour ses autres parties.
La base d’information sera en réalité partiellement stockée sur des mémoires externes,
certains fichiers restants manuels.
De même pour le modèle, certaines règles ou contraintes peuvent être fixées en dehors de tout
support informatique.
Certains traitements du SI pourront comporter à la fois des actions automatiques et des actions
manuelles ⇒ il s’agit de traitements automatisés (non entièrement automatiques).
Exemple : la saisie des données pour le SIA est un traitement automatisé (frappe des données
par un opérateur).
Remarque : un traitement automatique est automatisé.
Règles modèle
univers
extérieur processeur
d’information
traitements manuels homme fichiers manuels
Traitements automatisés base
d’informa-
fichiers -tion
Traitements automatiques ordinateurs informatiques
Programmes et modèle
Structures de données
Figure 3.7.4 SCHEMA D’UN SIA DANS UN SI
Typologie des méthodes d'informatisation
On utilise souvent deux critères de classification de méthodes d'informatisation :
le type d'approche et les domaines d'application:
1. Type d'approche des problèmes d'informatisation:
les méthodes classiques
les méthodes cartésiennes (Exemple : SADT)
les méthodes systémiques (Exemple : MERISE)
les méthodes à objets (Exemple : UML)
Les domaines d'application :
On a :
les méthodes d'élaboration de schémas directeurs (Exemple : RACINES)
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les méthodes de rédaction de cahiers des charges (Exemples : AROC, MUSCADE)
les méthodes de conception des architectures techniques (Exemple : TACT)
les méthodes de conception des systèmes d'information
les méthodes de programmation
les méthodes de sécurité des systèmes (Exemple : MARION)
les méthodes de conduite des projets (Exemples : GANTT, PERT, MCP)
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