0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
62 vues199 pages

Apoc&Mill 2

Le document présente la première fresque de l'Apocalypse, qui traite de l'exhortation de l'Église à travers les visions de l'apôtre Jean. Il décrit les scènes introductives où Jésus-Christ est présenté comme le Juge céleste et les sept lettres adressées aux sept Églises, diagnostiquant leurs défaillances. Le texte souligne également la tribulation subie par Jean et les croyants, ainsi que l'importance de la persévérance dans la foi.

Transféré par

netbox
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
62 vues199 pages

Apoc&Mill 2

Le document présente la première fresque de l'Apocalypse, qui traite de l'exhortation de l'Église à travers les visions de l'apôtre Jean. Il décrit les scènes introductives où Jésus-Christ est présenté comme le Juge céleste et les sept lettres adressées aux sept Églises, diagnostiquant leurs défaillances. Le texte souligne également la tribulation subie par Jean et les croyants, ainsi que l'importance de la persévérance dans la foi.

Transféré par

netbox
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C.

-63-
________________________________________________

PREMIERE FRESQUE (1:9 à 3:22)


L’Eglise exhortée

Avec Ap. 1:9 débute le récit de l'expérience et des visions vécues par l'apôtre Jean.
Comme indiqué dans le Préambule, le Livre de l'Apocalypse se présente comme une
succession de 7 groupes de visions (que nous appelons Fresques). Chacune de ces 7 Fresques
comprend :
• des scènes introductives,
• un Septénaire de 7 Tableaux.

D’où le plan suivi pour l’étude de cette première Fresque :


• Scènes introductives : Jésus-Christ est le Juge céleste de l'Eglise (1:9 à 1:20).
• Les 7 Tableaux du 1er Septénaire : le diagnostic de l’Eglise défaillante transmis par sept Lettres aux
sept Eglises (2:1 à 3:22).

SCENES INTRODUCTIVES
JESUS-CHRIST EST LE JUGE CELESTE DE L’EGLISE (1:9 à 1:20)
FRESQUE 1 FRESQUE 2 FRESQUE 3 FRESQUE 4 FRESQUE 5 FRESQUE 6 FRESQUE 7
(l’Eglise (les Sceaux (les (une guerre (les Coupes) (jugements (scènes
exhortée) de jugement) Trompettes spirituelle ultimes de ultimes)
du jugement) cosmique) Babylone)
Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes
introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives
(Le Juge (la Pensée (préparation (nature et (préparation (prostitution (victoire du
céleste de du Trône) des acteurs du des Coupes) de Babylone) Roi et des
l’Eglise) Trompettes) conflit) élus)
Septénaire 1 Septénaire 2 Septénaire 3 Septénaire 4 Septénaire 5 Septénaire 6 Septénaire 7
7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux
(7 Lettres aux (l’ouverture (sonnerie des (déroulement (7 Coupes (fin de (splendeurs
7 Eglises) des 7 Sceaux) 7 Trompettes) du conflit) déversées) Babylone) éternelles)
1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7

Seront successivement examinés :


• A - La tribulation de Jean (1:9
• B - La Voix du Christ-Juge (1:10-11)
• C - Les vêtements du Christ-Juge (1:12-13)
• D - Les 7 parties du corps du Christ-Juge (1:14-16)
• E - Jean effondré mais consolé (1:17a)
• F - Le Christ-Juge se présente (1:17b-19)
• G - L'ordre de mission confié à Jean (1:20)

A. La tribulation de Jean (1:9)

Le texte : Ap. 1:9


“Moi Jean, votre frère, qui ai part avec vous à la tribulation, au Royaume et à la persévérance en
Jésus, j’étais dans l’île appelée Patmos, à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus.”

1:9a. Moi Jean, votre frère,…


a) Jean (= “Don de Dieu”) introduit sa vision en se nommant, de même que Daniel (= “Dieu est
Juge”) avait introduit la vision dite des “4 animaux” (Dan. 7:15), celle dite “du bouc et du bélier”
(Dan. 8:1), celle dite des “70 semaines” (Dan. 9:2), par la locution : “moi Daniel …”.
C’est la troisième fois (sur quatre) que Jean se désigne nommément [Ap. 1:1 (cf.
commentaires), 1:4, 1:9, 22:8].
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -64-
________________________________________________

b) Le mot “frère” (gr. “adelphos”) implique une communauté d’origine et une intimité. Cette
relation repose sur la naissance d'En-haut par un même Esprit, un même Sang :
• 1 Jn. 1:3-4 “(3) Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, à vous aussi, afin que vous
aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus
Christ. (4) Et nous écrivons ces choses, afin que notre joie soit parfaite.”

c) Nous sommes les frères de celui que Jésus aimait (Jn. 13:23). Jean ne se présente pas ici
comme “apôtre”, ou “ancien”, mais comme “frère” (enfant d’un même Père), et aussi comme
compagnon de souffrance (le caractère de l’Agneau du sacrifice), de royauté (le même sceau royal) et
de patience persévérante en Jésus.

Les croyants, étant nés de l'Esprit de Christ, sont “frères” de Jésus, le Premier-né :
• Mt. 12:50 “Quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma
sœur, et ma mère.”
• Jn. 20:17 “Jésus lui dit : Ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va
trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.”
• Rom. 8:29 “Ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son
Fils, afin que son Fils soit le premier-né de plusieurs frères.”
• Héb. 2:11-12 “(11) Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d’Un seul. C’est
pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères, (12) lorsqu’il dit : J’annoncerai ton Nom à mes frères, je
te célébrerai au milieu de l’Assemblée.” [cf. Ps. 22:23 “Je publierai ton Nom parmi mes frères, je te
louerai au milieu de l’Assemblée.”].
• Héb. 2:17 “Il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il soit un souverain
sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu …”

d) Les “frères” en Christ sont unis par un lien organique sacré, celui du Souffle venu de
Dieu :
• 1 Cor. 1:10 “Je vous exhorte, frères, par le Nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous un même
langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esprit
et dans un même sentiment.”
• 1 Jn. 2:9-10 “(9) Celui qui prétend être dans la Lumière, et qui hait son frère, est encore dans les
ténèbres. (10) Celui qui aime son frère demeure dans la Lumière (qui est l’Esprit de Christ), et aucune
occasion de chute n’est en lui.”
• 1 Jn. 3:14,16 “(14) Nous savons que nous sommes passés de la mort à la Vie, parce que nous aimons
les frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort … (16) Nous avons connu l’Amour (l’Esprit de
Christ), en ce qu’il a donné sa Vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères.”
• 1 Jn. 4:20-21 “(20) Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur ; car celui
qui n'aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? (21) Et nous avons de
lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.”

1:9b. … qui ai part avec vous (ou : “coparticipant à”) à la tribulation …


a) La “tribulation” (gr. : “thlipsi” = “affliction, pression, détresse, calamité” ; même mot qu'en Mt. 24:21)
caractérise l'histoire de tout le peuple de Dieu dans tous les siècles (Héb. 11:36-38 ; cf. la haine de
Caïn, d’Amalec, de Pharaon, de Haman, d’Antiochus, etc.).

La persécution (gr. “diogmos”) n’est qu’un cas particulier de “tribulation”.


La “grande tribulation” d'Ap. 7:14 a commencé dès la naissance du christianisme avec les
premiers martyrs juifs.
• Mt. 5:11-12 “(11) Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira
faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. (12) Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse,
parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes
qui ont été avant vous.” (= Lc. 6:22-23).
• Mt. 10:22 “Vous serez haïs de tous, à cause de mon Nom ; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin
sera sauvé.”
• Mt. 24:9 “Alors on vous livrera aux tourments, et l’on vous fera mourir ; et vous serez haïs de toutes
les nations, à cause de mon Nom.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -65-
________________________________________________

• Lc. 21:12-13, 16-17 “(12) Avant tout cela, on mettra la main sur vous, et l’on vous persécutera ; on vous
livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous mènera devant des rois et devant des
gouverneurs, à cause de mon Nom. (13) Cela vous arrivera pour que vous serviez de témoignage … (16)
Vous serez livrés même par vos parents, par vos frères, par vos proches et par vos amis, et ils feront mourir
plusieurs d’entre vous. (17) Vous serez haïs de tous, à cause de mon Nom.”
• Jn. 15:18-20 “(18) Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. (19) Si vous étiez du monde,
le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du
milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait. (20) Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite :
Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; …”
• Jn. 16:33 “Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.”
• Jn. 17:14 “Je leur ai donné ta parole ; et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme
moi je ne suis pas du monde.”
• Rom. 8:17 “Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de
Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui.”
• 1 Cor. 4:11-13 “Jusqu’à cette heure, nous souffrons la faim, la soif, la nudité ; nous sommes maltraités,
errants çà et là …”
• 2 Cor. 4:7-11 “(7) Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit
attribuée à Dieu, et non pas à nous. (8) Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à
l’extrémité ; dans la détresse, mais non dans le désespoir ; (9) persécutés, mais non abandonnés ; abattus,
mais non perdus ; (10) portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la Vie de
Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. (11) Nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la
mort à cause de Jésus, afin que la Vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle.”
• 2 Cor. 12:10 “C'est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités,
dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ ; car, quand je suis faible, c'est alors que je suis
fort.”
• Gal. 1:10 “Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je
cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ.”
• 2 Tim. 3:12 “Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés.”
• 1 P. 4:12-13 “(12) Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la
fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. (13) Réjouissez-vous, au contraire, de la part que
vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque
sa gloire apparaîtra.”
Lire aussi Héb. 11:33 à 40 ; cf. note Ap. 2:10 (la Lettre à l’église de Smyrne).

b) L’Apocalypse a été écrite par un persécuté, et donc par un homme habité par un esprit
sacerdotal, à l’adresse des persécutés de l’Israël spirituelle de la Nouvelle Alliance, et elle leur
promet la victoire finale.
C'est probablement sous le règne de l'empereur Domitien que Jean a été persécuté.
Liste des 10 persécutions impériales dont les premiers chrétiens auraient été les victimes
• Néron 64-68 • Maximin 235-237
• Domitien 95-96 • Decius 250-258
• Trajan 100-115 • Valérien 257-260
• Marc Aurèle 168-177 • Aurélien 276
• Sévère 203-210 • Dioclétien 303-310

1:9c. … et au Royaume et à la persévérance en Jésus, …


a) La “tribulation” accompagne jusqu’au “Royaume”, et seule la “persévérance” dans
l’adhésion aux pensées du Christ, permet de supporter et de vaincre cette épreuve.

b) Le “Royaume” est là où Christ règne (dans un cœur, un pays, un peuple, la Jérusalem céleste, etc.).
• Mt. 5:10 “Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux !”
• Act. 14:22 “C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le Royaume de Dieu.”

c) La “persévérance” (gr. “hypomone”= patience endurante, constance) à cause de Christ, est l’une
des vertus de l’Eglise de Philadelphie (Ap. 3:10), et donc du Corps vivant de Christ :
• Ap. 3:10 “Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi de (gr. : “ek”
= “hors de” ; le croyant ne perdra rien) l’heure de la tentation.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -66-
________________________________________________

Cette patience au milieu de la tribulation est une force spéciale (2 Tim. 1:9) communiquée
par l’Esprit de Jésus-Christ. Cette “persévérance” se construit sur la vision d’une sphère
encore presque invisible, une vision à laquelle se livre la pensée du croyant.
L'Apocalypse est le Livre de l'Eglise nécessairement méprisée mais victorieuse :
• Rom. 5:3-4 “(3) … l’affliction produit la persévérance, (4) la persévérance la victoire dans l’épreuve,
et cette victoire (nourrit, fortifie, confirme) l’espérance.”
• 2 Thes. 1:4-5 “(4) Nous nous glorifions de vous dans les Eglises de Dieu, à cause de votre persévérance
et de votre foi au milieu de toutes vos persécutions et des tribulations que vous avez à supporter. (5) C’est
une preuve du juste jugement de Dieu, pour que vous soyez jugés dignes du Royaume de Dieu, pour lequel
vous souffrez.” (cf. aussi Mc. 10:22, Lc. 21:12-13, 16-17 ; Jn. 15:18).
• 2 Tim. 2:12 “Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui.”
• Héb. 3:14 “Car nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement
jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement.”
• Héb. 6:12 “Imitez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses.”
• Héb. 10:36 “Vous avez besoin de (ou : il vous faut de la) persévérance, afin qu’après avoir accompli la
volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis.”
L’Apocalypse est aussi un Livre d’encouragement et d’exhortation : ai-je cette “vision du
Royaume” et ai-je cette “endurance” (cf. Phil. 3:20-21 et 4:1) ?
Paul est un exemple pour nous (2 Tim. 3:10 “Tu as suivi de près mon enseignement, ma conduite, mes
résolutions, ma foi, ma douceur, ma charité, ma constance, mes persécutions, mes souffrances”).

d) C'est “en Jésus-Christ”, dans la communion de ses paroles (et donc par la naissance d’En-haut)
que le Royaume et la patience trouvent leur source et leur dynamique dans l’âme.

1:9d. … j'étais dans l'île appelée Patmos (= “mortel” ; cette île mesure environ 16 km x 9 km), …
a) Exilé vers l’an 95 et 96, par Domitien (en sa 14e année, et non pas sous Néron qui a surtout sévi à Rome ;
il aurait d'ailleurs été trop tôt pour que la décadence des 7 églises puisse déjà s’observer sous Néron), Jean sera
rappelé d’exil en 96 par Nerva, le successeur de Domitien.
Domitien (Titus Flavius Domitianus), second fils de Vespasien, succéda à son frère Titus en 81. Il fut le premier
empereur à pratiquer le bannissement. La fin de son règne fut marquée par la terreur, et il fut assassiné lors d’un
complot dont sa femme Domitia Longina faisait partie. A cette date, les Juifs étaient dispersés depuis 26 ans déjà.

b) Comme les 7 Eglises persécutées, Jean était lui aussi en Asie, et tout cela avait été permis
par Dieu, afin qu’il puisse offrir l’Apocalypse au monde.
Jean précise la localisation de son exil, non pas pour faire pitié, mais parce que l’île symbolise
que les élus sont entourés des flots hostiles du monde. Les 7 Eglises d’Asie sont elles aussi
comme des rochers solides au milieu d’un bourbier.
L’Apocalypse va révéler que le plus grand danger pour l’Eglise viendra d’elle-même !

1:9e. … à cause de la Parole (ou : “le Verbe”, gr. : “Logos”, avec l'article) de Dieu et du
témoignage de Jésus.
C'est presque la même expression qu’en Ap. 1:2 déjà examiné (“Jean a attesté la Parole de Dieu
et le témoignage de Jésus-Christ”) (voir les commentaires de ce verset).
Le “Verbe” désigne la manifestation et l'expression dans le monde sensible, au moment et au
point choisis par Dieu, de sa Pensée cachée. Le “Verbe” articule un message et est indissociable
du Souffle de Dieu qui lui communique l'énergie nécessaire.
“Témoigner de Jésus ”, c'est démontrer, en paroles et en actions, devant les hommes, que
Jésus-Christ est le Verbe fait chair annoncé par les prophètes de l'AT, qu'il est ressuscité, et
que son Esprit demeure dans les hommes nés d'En-haut.
• Ap. 6:9 “Quand il ouvrit le cinquième Sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés
à cause de la Parole de Dieu et à cause du témoignage qu’ils avaient rendu.”
• 2 Tim. 1:8-9 “(8) N’aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi son
prisonnier. Mais souffre avec moi pour l’Evangile, (9) par la puissance de Dieu qui nous a sauvés …”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -67-
________________________________________________

B. La Voix du Christ-Juge et Sacrificateur (1:10 à 11)

Le texte : Ap. 1:10-11


“(10) Je fus saisi par l’Esprit au jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une Voix forte, comme
le son d’une trompette, (11) qui disait : Ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept
Eglises, à Ephèse, et à Smyrne, et à Pergame, et à Thyatire, et à Sardes, et à Philadelphie, et à
Laodicée.”

1:10a. Je fus (gr. “ginomai” = devenir, advenir) (saisi) par (gr. “en” = dans) l’Esprit …
a) L'adjectif “saisi” n'est pas dans le texte (id. Ap. 4:2).
Jean s'est soudain retrouvé “en Esprit” (le mot est sans article), c'est-à-dire dans un état créé par
l'action du Souffle divin, et qui défie toute tentative de description par l'homme naturel, et qui
caractérise certaines manifestations prophétiques, en particulier ici où Jean n'assiste pas à un
film extérieur à lui et se déroulant devant ses yeux, mais semble comme déposé au milieu des
scènes qu'il va décrire. Certains acteurs de la vision lui adresseront même la parole.
• Dans ce genre de “ravissement”, le visionnaire, à l'état de veille, est conscient d'être, mais n'a pas
nécessairement conscience de son corps, même s'il peut avoir l'impression de se déplacer dans ce qu’il
voit. Dans cet état, il “entend”, il “voit”, il ressent des “émotions”, il “raisonne”, et parfois “parle”.
• Philippe (Act. 8:26,29,39) était passé soudainement d'un lieu terrestre (la route menant à Gaza) à un
autre lieu terrestre (à Azot). Mais ici Jean passe d'un état d'homme naturel à un état donnant l'impression
d'un transfert vers une sphère étrange où plusieurs scènes symboliques ont été préparées pour lui.

b) Les moyens de l'Esprit étant d'une infinie variété, il n'est pas possible d'affirmer si
l'expérience de Jean est comparable ou non à celle de Paul transporté “jusqu'au troisième
Ciel” (non pas en un autre lieu, mais en une autre époque, dans le monde à venir, par opposition au premier Ciel
d'avant le Déluge, et au deuxième Ciel qui est le monde actuel existant depuis Noé).
2 Cor. 12:2-4 “(3) Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu'au troisième
ciel (si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps je ne sais, Dieu le sait). (3) Et je sais
que cet homme (si ce fut dans son corps ou sans son corps je ne sais, Dieu le sait) (4) fut enlevé dans le
paradis, et qu'il entendit des paroles ineffables qu'il n'est pas permis à un homme d'exprimer.”

Il est remarquable que Paul s'avoue incapable de préciser s'il était dans son corps ou non : il
ne savait pas si la sphère divine était venue vers lui, ou si c'était lui qui avait été transporté vers
elle.
Dans l'expérience de Philippe, il semble que l’agent actif de son expérience était un “ange” (Act. 8:26),
aussi appelé “Esprit” (Act. 8:29,39). Il est possible que dans l'expérience de Jean, l'“Esprit” mentionné
ici (Ap. 1:10) désigne l'ange d’Ap. 1:1 et d'Ap.22:8-9, un “compagnon de service” des prophètes.
Paul, quant à lui, a en outre expérimenté des visions d'un genre biblique plus habituel :
• Act. 9:12 “Car (le dénommé Saul de Tarse) prie, et il a vu en vision un homme du nom d’Ananias, qui
entrait, et qui lui imposait les mains, afin qu’il recouvre la vue.”
• Act. 18:9 “Le Seigneur dit à Paul en vision pendant la nuit : Ne crains point ; mais parle, et ne te tais
point …”
• Act. 22:17 “De retour à Jérusalem, comme je priais dans le temple, je fus (ravi) en extase, et je vis le
Seigneur.”

c) Cette expérience de Jean à Patmos est à comparer à celles d'Ezéchiel :


• Ez. 1:1,3 “Les cieux s’ouvrirent, et j’eus des visions divines … la main de l’Eternel fut sur lui.”
• Ez. 2:2 “Dès qu’il m’eut adressé ces mots, l’esprit entra en moi et me fit tenir sur mes pieds ; et j’entendis
celui qui me parlait.”
• Ez. 8:3 “Il étendit une forme de main, et me saisit par les cheveux de la tête. L’esprit m’enleva entre la
terre et le ciel, et me transporta (dans son corps ou hors de son corps ?), dans des visions divines, à
Jérusalem.”
• Ez. 11:24 “L’esprit m’enleva, et me transporta en Chaldée auprès des captifs, en vision par l’esprit de
Dieu ; et la vision que j’avais eue disparut au-dessus de moi.”
• Ez. 40:2 “Il me transporta dans le pays d’Israël, dans des visions divines, et me déposa sur une
montagne très élevée.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -68-
________________________________________________

d) L'expérience de Jean est aussi à comparer à celle d'Esaïe en Es. 6, et à celles de Daniel
en Dan. 2:19 (vision reçue pendant la nuit) ; Dan. 7:1,15 (songe et visions) ; Dan. 8:1 (vision) ; Dan.
9:21 (vision de Gabriel) ; Dan. 10:14 (vision d’un Homme glorieux).
Citons aussi, après la résurrection de Jésus, les expériences de Corneille et de Pierre :
• Act. 10:10 “Pendant qu’on lui préparait à manger, Pierre tomba en extase. Il vit le ciel ouvert, et un
objet semblable à une grande nappe.” (= Act. 11:5).
• Act. 10:3 “Vers la neuvième heure du jour, Corneille vit clairement dans une vision un ange de Dieu
qui entra chez lui et qui lui dit : Corneille ! …”

e) Dans l'Apocalypse, Jean décrira à trois autres reprises ce phénomène de “ravissement”


caractéristique de son expérience à Patmos.
• En Ap. 4:1 il est comme emporté “en esprit” vers la vision du Trône.
• En Ap. 17:3 il est “transporté en esprit au désert” vers la vision de la femme sur la Bête.
• En 21:10 il est “transporté en esprit sur une grande et haute montagne” par “l'ange”.

C’est toujours l’Esprit qui, par différents intermédiaires (une voix, un ange, un homme, etc.),
véhicule la révélation de la Parole, de la Pensée de Dieu, et l’Eglise est fondée sur cette
action de l'Esprit quand il révèle dans la profondeur de l'âme que Jésus est le Christ (Mt. 16:17).
C’est pourquoi celui qui retient les paroles de l'Apocalypse est béni (Ap. 1:3) : elles viennent de
Dieu et sont donc Esprit et Vie.

1:10b. … au jour du Seigneur, …


a) Ce “jour du Seigneur” (gr. : “jour seigneurial”) ne désigne pas le dimanche, car un tel sens
est sans fondement dans l’AT et dans l’Evangile, et ce ne serait conforme ni au sens général
de ce Livre, ni à la majesté de la vision qui regarde bien plus haut que les rituels terrestres.
Dans le NT, le dimanche est appelé “le 1er jour de la semaine” (Act. 20:7 ; 1 Cor. 16:2), et jamais le
“jour du Seigneur”. De plus, aucune directive divine n'ordonne de faire du dimanche un nouveau sabbat
ou un jour spécial (cf. Rom. 14:5).

Il s’agit en fait du “jour de l’Eternel” souvent annoncé par les prophètes de l’AT dont Jean
emprunte le vocabulaire.
Si, pour les croyants du cycle d'Israël, le “jour de l’Eternel” signifiait la venue du Messie
et des jugements accompagnateurs, en gloire pour les uns (l'effusion de l'Esprit) et en
condamnation pour d'autres (la fin de la théocratie juive), le “jour du Seigneur”, pour les croyants
du cycle de la Nouvelle Alliance, désigne pareillement la période des jugements qui
accompagneront la manifestation finale du Seigneur Christ, en particulier à la fin du cycle de
l'Eglise issue des Nations.
La première prédication de Pierre, le jour de la Pentecôte, s'adressait à des Juifs, à la fin du cycle
d'Israël. Pour révéler à la foule la signification des évènements de la Chambre haute, Pierre a cité Joël
(Act. 2:16-21), et le passage ainsi cité soulignait le double caractère de l'évènement : la phase finale d’un
jugement en grâce et en condamnation était en train de s'accomplir.
• Act. 2:16-21 “(16) Mais c'est ici ce qui a été dit par le prophète Joël : (17) Dans les derniers jours,
dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes
gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes. (18) Oui, sur mes serviteurs et sur mes
servantes, dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit ; et ils prophétiseront (jugement en grâce
des élus). (19) Je ferai paraître des prodiges en haut dans le ciel et des miracles en bas sur la terre,
du sang, du feu, et une vapeur de fumée ; (20) le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang
(jugement en condamnation des rebelles), avant l'arrivée du jour du Seigneur, de ce jour grand et
glorieux. (21) Alors quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera sauvé.”
• Joël 1:15 “Ah ! quel jour ! Car le jour de l’Eternel est proche, il vient comme un ravage du Tout-
Puissant.”
• Joël 2:30-31 “(30) Je ferai paraître des prodiges dans les cieux et sur la terre. Du sang, du feu, et
des colonnes de fumée ; (31) le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant l’arrivée du
jour de l’Eternel, de ce jour grand et terrible.” (cf. Act. 2:16-21; Mt. 24:29).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -69-
________________________________________________

La fin du cycle de l'Eglise s'achèvera pareillement par une effusion en plénitude de l'Esprit
sur les élus, mais les faux croyants irréductibles seront condamnés.

b) Dans l'AT, le “jour de l'Eternel” pouvait durer des jours, des mois, des années. Il débutait
en fait dès son annonce. Ainsi, quand le prophète Joël annonçait la venue de ce grand Jour
(c'est le thème central de son livre), les exhortations, les avertissements et les promesses qui
accompagnaient sa prophétie, entraient en vigueur dès leur proclamation publique.
En ce sens, le Jour annoncé par Joël avait débuté du vivant de Joël. Mais ce qui était en vue, c'était surtout
les temps messianiques (la 1ère venue du Christ) : en ce sens le “jour de l'Eternel” désignait plus
particulièrement la phase finale du cycle de la théocratie juive.

De même, le “Jour du Seigneur” a débuté pour les chrétiens dès l'effusion dans la Chambre
haute, mais il s’achèvera sur un paroxysme ultime, qui sera le “Jour du Seigneur” par
excellence.
Ce verset-clef confirme que le Livre de l’Apocalypse a en vue à la fois les jugements partiels
qui jalonnent l’histoire de l'Eglise, mais surtout ce qui sera, à la fin du cycle, un jour de félicité
pour les uns (les élus) et un jour final de colère contre d'autres (les impies).

En pratique, pour chaque homme entendant l'Evangile, le “jour du Seigneur” se présente


dès cet instant à lui. Ce “Jour” est donc toujours proche.
Dans sa phase finale, pour un individu ou pour un groupe, le “jour du Seigneur” révélera
tout ce qui avait été caché.
• Es. 61:1-2 (cf. Lc. 4:16-19) “(1) L’Esprit du Seigneur, l’Eternel est sur moi, car l’Eternel m’a oint pour
porter de bonnes nouvelles aux malheureux ; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour
proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers la délivrance ; (2) pour publier une année de grâce
de l’Eternel et un jour de vengeance de notre Dieu.”
• Es. 63:4 “Un jour de vengeance était dans mon cœur, et l’année de mes rachetés est venue.”
• 1 Cor. 1:8 “Il vous affermira aussi jusqu'à la fin, pour que vous soyez irréprochables au jour de notre
Seigneur Jésus Christ.”
• Phil. 1:6 “Je suis persuadé que Celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour
le jour de Jésus Christ.”

c) Le “jour du Seigneur” dans le NT, comme le “jour de l'Eternel” dans l'AT, désigne un
jour de jugement (il y en a déjà eu plusieurs dans l’histoire d’Israël et de l'Eglise) et, en particulier, celui
du jugement final et des ultimes bouleversements de la nature et de la société à la fin du
dernier cycle. Pour les chrétiens, ce sera le moment du retour de Christ en gloire (cf. 1 Cor. 1:8).
• Amos 5:18 “Malheur à ceux qui désirent le jour de l’Eternel ! Qu’attendez-vous du jour de l’Eternel ?
Il sera ténèbres (pour les impies d'Israël) et non Lumière (une effusion glorieuse de l’Esprit).”
• Soph. 1:7-8 “(7) Silence devant le Seigneur, l’Eternel ! car le jour de l’Eternel est proche, car l’Eternel
a préparé le sacrifice, il a choisi ses conviés. (8) Au jour du sacrifice de l’Eternel, je châtierai les princes
et les fils du roi, et tous ceux qui portent des vêtements étrangers (les impies d'Israël).”
• Soph. 1:15-18 “(15) (Le grand jour de l’Eternel) est un jour de fureur, un jour de détresse et d’angoisse,
un jour de ravage et de destruction, un jour de ténèbres et d’obscurité, un jour de nuées et de brouillards
(pour les impies d'Israël), (16) un jour où retentiront la trompette et les bruits de guerre contre les villes
fortes et les tours élevées (une invasion démoniaque balayant toute défense). (17) Je mettrai les hommes
dans la détresse, et ils marcheront comme des aveugles, parce qu’ils ont péché contre l’Eternel ; je
répandrai leur sang comme de la poussière, et leur chair comme de l’ordure. (18) Ni leur argent ni leur
or ne pourront les délivrer, au jour de la fureur de l’Eternel (cf. la fin de la théocratie d'Israël) ; par le
feu de sa jalousie tout le pays sera consumé ; car il détruira soudain tous les habitants du pays.”
• Es. 2:12-18 “(12) Il y a un jour pour l’Eternel des armées contre tout homme orgueilleux et hautain,
contre quiconque s’élève, afin qu’il soit abaissé ; (13) contre tous les cèdres du Liban, hauts et élevés, et
contre tous les chênes de Basan (les élites religieuses et civiles) ; (14) contre toutes les hautes montagnes,
et contre toutes les collines élevées ; (15) contre toutes les hautes tours, et contre toutes les murailles
fortifiées ; (16) contre tous les navires de Tarsis, et contre tout ce qui plaît à la vue. (17) L’homme
orgueilleux sera humilié, et le hautain sera abaissé : l’Eternel seul sera élevé ce jour-là.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -70-
________________________________________________

• Es. 2:19 “On entrera dans les cavernes des rochers et dans les profondeurs de la poussière, pour éviter
la terreur de l’Eternel et l’éclat de sa majesté, quand il se lèvera pour effrayer la terre.”
• Es. 13:6 à 13 “(6) Gémissez car le jour de l’Eternel est proche : il vient comme un ravage du Tout-
Puissant. (7) C’est pourquoi toutes les mains s’affaiblissent, et tout cœur d’homme est abattu. (8) Ils sont
frappés d’épouvante ; les spasmes et les douleurs les saisissent ; ils se tordent comme une femme en
travail ; ils se regardent les uns les autres avec stupeur ; leurs visages sont enflammés. (9) Voici, le jour
de l’Eternel arrive, jour cruel, jour de colère et d’ardente fureur, qui réduira la terre en solitude, et en
exterminera les pécheurs. (10) Car les étoiles des cieux et leurs astres (les élites spirituelles d’Israël) ne
feront plus briller leur lumière, le soleil (les faux sages donnant une fausse image de l’Epoux, de la Source
de la révélation) s’obscurcira dès son lever, et la lune (l’épouse devenue infidèle) ne fera plus sa clarté.
(11) Je punirai le monde pour sa malice, et les méchants pour leurs iniquités ; je ferai cesser l’orgueil des
hautains, et j’abattrai l’arrogance des tyrans. (12) Je rendrai les hommes plus rares que l’or d’Ophir.
(13) C’est pourquoi j’ébranlerai les cieux (le monde spirituel), et la terre (le monde visible) sera secouée
sur sa base, par la colère de l’Eternel des armées, au jour de son ardente fureur.”
• Abd. 15-16 “(15) Car le jour de l’Eternel est proche, pour toutes les nations ; il te sera fait comme tu
as fait, tes œuvres retomberont sur ta tête. (16) Car, comme vous avez bu sur ma montagne sainte, ainsi
toutes les nations (les peuples en contact hostile avec le peuple de Dieu) boiront sans cesse ; elles boiront,
elles avaleront, et elles seront comme si elles n’avaient jamais été.”
• Mal. 4:1-3 “(1) Car voici, le jour vient, ardent comme une fournaise. Tous les hautains et tous les
méchants seront comme du chaume ; le jour qui vient les embrasera, dit l’Eternel des armées, il ne leur
laissera ni racine ni rameau. (2) Mais pour vous qui craignez son Nom se lèvera le Soleil (la Lumière du
Père dans le Fils) de la justice, et la guérison sera sous ses ailes ; vous sortirez, et vous sauterez comme
les veaux d’une étable. (3) Car ils (les esprits mauvais) seront comme de la cendre sous la plante de vos
pieds, au jour que je prépare, dit l’Eternel des armées.”
• 1 Thess. 5:2 “Le Jour du Seigneur viendra comme un voleur (par surprise : il en a déjà été ainsi aux
temps apostoliques pour Israël).”

d) La scène qui va se dérouler devant Jean (celle de Jésus au milieu des 7 lampes) décrira, sous
forme imagée, des réalités spirituelles à l'œuvre depuis la promulgation de l'Evangile
jusqu'au Jour du Jugement ultime (cf. Rom. 2:5).
Comme du temps des prophètes de l'AT, c'est essentiellement le peuple se réclamant de
Dieu qui est en vue (et accessoirement les ennemis du peuple de Dieu extérieurs à lui).

1:10c. … et j'entendis derrière moi une Voix (gr. “phone” = “son, bruit, voix”) forte, comme (d’)
une trompette, …
a) Jean juge utile de rapporter que, dans cette vision, il ne regardait pas dans la bonne
direction (or Dieu s'adresse directement à lui, cf. v.11), et Dieu lui en a fait prendre conscience. C’est
en effet une révélation paradoxale par son contenu, nouvelle par la mise en cohérence des
prophéties de l’AT, qui va s’ouvrir devant Jean sur la venue du Christ en gloire et en Juge.
Le christianisme se regarde-t-il dans le bon miroir ?

b) Dans l’AT, la “trompette” (ou “cor” : le “shofar” fabriqué avec une corne de bélier) représentait
souvent la bouche et la voix de Dieu. Dans ce sens, le message d’un prophète était et est une
“trompette”. Un messager de Dieu (ici Jean) est lui-même une “trompette” empoignée par le
Souffle de Dieu.

Jésus-Christ a été la Trompette parfaite : il était lui-même le Bélier sans défaut choisi par
Dieu : le message que Jean entend est donc celui du Rédempteur, agissant ici en Juge.
Il ouvre solennellement la séance du Tribunal avant de dévoiler le dossier de l'enquête divine sur l'histoire
du christianisme.

Les oreilles de Jean entendent une “voix forte (gr. “megas”)”. Au “Jour du Seigneur”, cette
voix s'imposera directement au plus profond de chaque âme, et il ne servira à rien de se
boucher les oreilles.
• Ps. 47:6 “Dieu monte au milieu des acclamations, l’Eternel s’avance au son de la Trompette.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -71-
________________________________________________

• Ps. 29:4-5 “(4) La voix de l’Eternel avec puissance, la voix de l’Eternel avec majesté, (5) la voix de
l’Eternel brise les cèdres ; l’Eternel brise les cèdres du Liban.”
• Es. 58:1 “Crie à plein gosier, ne te retiens pas, élève ta voix comme une trompette (comme la Voix de
Dieu) et annonce son crime à mon peuple, à la maison de Jacob ses péchés !”
• Jér. 6:17 “J’ai suscité pour vous des sentinelles : soyez attentif au son de la trompette ! Mais ils
répondent : Nous n’y serons pas attentifs.”

c) Dans l'Apocalypse, il est souvent question de “trompette” (gr. “salpigx”, 1:10 ; 4:1 ; 8:2,6 ; 8:13
; 9:14 ; en outre, des trompéteurs sont mentionnés en 18:22),
au singulier et au pluriel, et il convient à
chaque fois de préciser de quoi il est question. En effet, l'AT (dont l'Apocalypse s'inspire souvent)
cite au moins deux sortes de trompettes :
• les unes étaient faites en argent (les “chatsotseroth”, et sonnaient par deux) :
Nb. 10:2,8-10 ; 31:6 ; 2 R. 11:14 ; 12:13 ; 1 Chr. 13:8 ; 15:24,28 ; 16:6,42 ; 2 Chr. 5:12-13 ; 13:12-
14 ; 15:14 ; 20:28 ; 23:13 ; 29:26-28 ; Esd. 3:10 ; Néh. 12:35,41 ; Ps. 98:6 ; Os. 5:8.
• les autres étaient faites avec une corne de bélier (le “shofar” : sa voix était donc celle de
l’Agneau Mâle).
Ex. 19:16,19 ; 20:18 ; Lév. 25:9 ; Jos. 6:4-9 ; 13:20 ; Jg. 7:16-22 ; 1 Sam. 13:3 ; 2 Sam. 2:28 ; 6:15
; 15:10 ; 18:16 ; 20:1,22 ; 1 R. 1:34,39,41 ; 2 R. 9:13 ; Néh. 4:18-20 ; Job 39:24-25 ; Ps. 47:5 ; 81:3
; 150:3 ; Es. 18:3 ; 27:13 ; 58:1 ; Jér. 4:5,19,21 ; 6:1,17 ; 42:14 ; 51:27 ; Ez. 33:3-6 ; Os. 8:1 ; Joël
2:1,15 ; Am. 2:2 ; 3:6 ; Soph. 1:16 ; Zac. 9:14.

Les unes et les autres étaient utilisées dans des circonstances spécifiques diverses (liturgiques,
sociales, militaires, etc.).
• Nb. 10:2-8 “(2) L’Eternel parla à Moïse, et dit : Fais-toi deux trompettes (héb. : “chatsotseroth”)
d’argent ; tu les feras d’argent battu (ce sont des voix de justice confirmée) ; elles te serviront pour la
convocation de l’assemblée et pour le départ des camps. (3) Quand on en sonnera, toute l’assemblée se
réunira auprès de toi, à l’entrée de la tente d’assignation. (4) Si l’on ne sonne que d’une trompette, les
princes, les chefs des milliers d’Israël, se réuniront auprès de toi. (5) Quand vous sonnerez avec éclat,
ceux qui campent à l’orient partiront ; (6) quand vous sonnera avec éclat pour la seconde fois, ceux qui
campent au midi partiront : on sonnera avec éclat pour leur départ. (7) Vous sonnerez aussi pour
convoquer l’assemblée, mais vous ne sonnerez pas avec éclat. (8) Les fils d’Aaron, les sacrificateurs,
sonneront des trompettes (“chatsotseroth”). Ce sera une loi perpétuelle pour vous et vos descendants.”
• Nb. 10:9-10 “(9) Lorsque, dans votre pays, vous irez à la guerre contre l’ennemi qui vous combattra,
vous sonnerez des trompettes (“chatsotseroth”) avec éclat, et vous serez présents au souvenir de l’Eternel,
votre Dieu, et vous serez délivrés de vos ennemis. (10) Dans vos jours de joie, dans vos fêtes, et à vos
nouvelles lunes, vous sonnerez des trompettes (“chatsotseroth”), en offrant vos holocaustes et vos
sacrifices d’actions de grâces, et elles vous mettront en souvenir devant votre Dieu.”
• Lév. 25:9 “Le dixième jour du septième mois (le Yom Kippour), tu feras retentir les sons éclatants de la
trompette (le “shofar”) ; le jour des expiations, vous sonnerez de la trompette dans tout votre pays.”

Mais ici, ce n'est pas une “trompette” que Jean entend, mais “comme une trompette”. C'est
le rappel d'un évènement surnaturel exceptionnel dont avaient été témoins les Hébreux
rassemblés au pied du Sinaï d'où Moïse était descendu.
• Ex. 19:16 “Le troisième jour au matin, il y eut du tonnerre, des éclairs et une épaisse nuée sur la
montagne ; le son de la trompette (le “shofar”) retentit fortement (Jean entend lui aussi un son “fort”) ;
et tout le peuple qui était dans le camp se mit à trembler.”
• Ps. 29:3-4 “(3) La voix de l’Eternel retentit sur les eaux (les nuages gonflés de pluies d’orage), le Dieu
de gloire fait gronder le tonnerre ; l’Eternel est sur les grandes eaux. (4) La voix de l’Eternel est
puissante, la voix de l’Eternel est majestueuse. (5) La voix de l’Eternel brise les cèdres du Liban.”

Le même phénomène sonore qui avait authentifié le message de Moïse authentifie ici
l’origine divine et la véracité du message rapporté par Jean et destiné au peuple élu de la
Nouvelle Alliance (l'Apocalypse n'est pas adressée aux peuples encore ignorants).

Moïse et les Hébreux avaient assisté à une scène bien réelle (ce n'était pas une illusion collective).
Jean est par contre entré dans une autre sphère quand il a entendu ce son puissant.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -72-
________________________________________________

D’ailleurs, la “Voix” que Jean entend ici est “comme” le son du “shofar” (Ex. 19:16), c'est-à-dire comme
la Voix du Bélier-Rédempteur vainqueur venant juger.

L'épître aux Hébreux expose comment le récit de cette expérience introductive de


l'Apocalypse doit être interprété et ressenti par le lecteur :
• Héb. 12:18-24 “(18) Vous ne vous êtes pas approchés d'une montagne qu'on pouvait toucher et qui était
embrasée par le feu, ni de la nuée, ni des ténèbres, ni de la tempête, (19) ni du retentissement de la
trompette, ni du bruit des paroles, tel que ceux qui l'entendirent demandèrent qu'il ne leur en fût adressé
aucune de plus, (20) car ils ne supportaient pas cette déclaration : Si même une bête touche la montagne,
elle sera lapidée. (21) Et ce spectacle était si terrible que Moïse dit : Je suis épouvanté et tout tremblant !
(22) Mais vous vous êtes approchés de la Montagne de Sion, de la Cité du Dieu vivant, la Jérusalem
céleste, des myriades qui forment le chœur des anges, (23) de l'assemblé des premiers-nés inscrits dans
les Cieux, du Juge qui est le Dieu de tous, des esprits des Justes parvenus à la perfection, (24) de Jésus
qui est le Médiateur de la nouvelle Alliance, et du Sang de l'aspersion qui parle mieux que celui d'Abel.”
Au temps de Moïse, s'approcher signifiait la mort. Désormais, c'est ne pas s'approcher qui
signifie la mort. Cette Voix forte doit rassurer le vrai Israël.

d) Les prophéties de l’AT reliaient cette Voix de Dieu et le jour de l’Eternel dans lequel
Jean est précisément ravi des siècles plus tard :
• Es. 18:3 “Vous tous, habitants du monde, habitants de la terre, voyez la bannière qui se dresse sur les
montagnes, écoutez la Trompette (le “shofar” de l'Evangile universel) qui sonne !”
• Es. 27:13 “En ce jour, on sonnera de la grande Trompette (le “shofar”), et alors reviendront ceux qui
étaient exilés au pays d’Assyrie ou fugitifs au pays d’Egypte (cf. la future résurrection des saints morts) ;
et ils se prosterneront devant l’Eternel, sur la Montagne sainte, à Jérusalem.”
• Joël 2:1-2a “(1) Sonnez de la Trompette (le “shofar”) en Sion ! Faites-la retentir sur ma Montagne
sainte ! Que tous les habitants du pays tremblent ! Car le jour de l’Eternel vient, car il est proche, (2) jour
de ténèbres et d’obscurité, jour de nuées et de brouillards, il vient comme l’aurore se répand sur les
montagnes (avec soudaineté et rapidité).”

e) Jésus avait déjà utilisé ces textes de l’AT pour les appliquer à son futur retour en gloire :
• Mt. 24:30-31 “(30) Alors le Fils de l’homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se
lamenteront, et elles verront le Fils de l’homme venant sur les Nuées du ciel avec puissance et une grande
gloire. (31) Il enverra ses anges avec LA trompette (gr. “salpigx”, id. 1 Cor. 14:8, 15:52 ; 1 Thes. 4:16 ;
Héb. 12:19. Cf. “la grande Trompette” d’Es. 27:13) retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre
vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre.”

Paul a lui aussi mis en relation la résurrection des élus avec cette “dernière Trompette”, et donc avec la fin du
cycle (c’est aussi avec une voix “forte” que Jésus a ordonné à Lazare de se lever de la tombe, Jn 11:42) :
• 1 Cor. 15:51-52 “Nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin
d’œil, à la dernière Trompette. La Trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous,
nous serons changés.”
• 1 Thess. 4:15 “(15) … Nous les vivants, restés pour l’avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas
ceux qui sont morts. (16) Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d’un archange, et au son
de la Trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. (17)
Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à
la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur.”

f) Ici, cette Voix d’autorité, issue d’une source invisible, déclenche tout le processus de la
révélation qui va suivre.
Cf. aussi les 7 Trompettes (en fait une seule et même Trompette) des 7 anges de la vengeance de Dieu
(Ap. 15:6-7).

1:11a. … qui disait : Ce que tu vois, écris-le dans (gr. “eis”) un livre …
a) Le son fort mais confus, semblable à celui d'un shofar, devient maintenant un langage
articulé : la révélation de la pensée divine se précise : elle va s'exprimer en mots humains.
Mais il faudra encore comprendre le sens exact véhiculé par ces mots.
• 1 Cor. 13:9-12 “(9) Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, (10) mais quand
ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. (11) Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -73-
________________________________________________

enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j'ai
fait disparaître ce qui était de l'enfant. (12) Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une
manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je
connaîtrai comme j'ai été connu.”

b) Jean n'a encore rien “vu” (gr. “blepo” = constater, observer) : pour cela, il lui faudra se retourner
(v. 12). Il pourra et devra alors mettre par écrit tout ce qu'il observera en vision. L'Esprit ne
craint pas que la mémoire de Jean soit défaillante (ce qui amputerait ou déformerait ce qui va être
montré).
Toutes les Fresques seront réunies dans un seul “livre” (sans article, gr. “biblion” = “rouleau”,
diminutif de “biblos”) : la Révélation forme une unité cohérente qui ne doit pas être disloquée.
Le même mot grec “biblion” est utilisé en Ap. 5:1-9 pour désigner le “livre ou rouleau scellé de 7
sceaux”. Par contre le “petit livre” d'Ap. 10:2-10 sera désigné par un autre diminutif grec: “blblaridion”.

c) C’est sur ordre de Dieu que Jean va écrire. C’est pourquoi il est aussi ordonné (en Ap. 1:3 ;
2:7,11 etc.) de lire et d’écouter. Jean a sans doute “écrit” dans l'île de Patmos, sans perdre de
temps, sur des tablettes de cire (ou d’autres supports) fournies par des disciples.
Cet ordre est une allusion à l'ordre similaire adressé à Jérémie :
• Jér. 30:2 “Ainsi parle l’Eternel, le Dieu d’Israël : Ecris dans un livre toutes les paroles que je t’ai
dites.”
• Jér. 36:2 “Prends un livre, et tu écriras toutes les paroles que je t’ai dites sur Israël et sur Juda, et sur
toutes les nations, depuis le jour où je t’ai parlé, au temps de Josias, jusqu’à ce jour.”
• Ex. 24:4 “Moïse écrivit toutes les paroles de l’Eternel.”

1:11b. … et envoie-le aux sept Eglises, …


Les “7 églises” dont les noms sont cités ici pour la première fois, sont les “7 églises” déjà
annoncées (mais non nommées) dans l'adresse épistolaire d'Ap. 1:4 :
• Ap. 1:4 “Jean aux sept Églises qui sont en Asie : que la grâce et la paix vous soient données de la part
de Celui qui est, qui était, et qui vient, et de la part des sept Esprits qui sont devant son Trône …”

Sur la portée symbolique du chiffre “7”, et sur le sens du mot “église”, voir les commentaires
d'Ap. 1:4.
Il n’y a en fait qu’une seule Eglise, présentée ici sous 7 aspects manifestés pendant toute la
durée du cycle du christianisme : ces “7 Eglises” existaient en effet simultanément au temps
de l’apôtre Jean, et les principes spirituels à l'œuvre à cette époque le seront jusqu’à la fin,
même si certaines époques seront plus caractérisées par tel ou tel aspect.
Par définition, l'Eglise (gr. “ekklesia” = “assemblée”) réunit “ceux qui ont été appelés” (“kalein”) à sortir
(gr. “ek”) pour se réunir.

Comme dans la semaine de la création en 7 jours symboliques de Gen. 1, l'histoire du


christianisme est à la fois :
• marquée par l’unité : le “jour un” (il n'est pas appelé le “premier” jour) de la création contient tous les
autres jours qui vont comme naître de lui (Eccl. 1:9 “Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait,
c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.”).
• marquée par une évolution vers un aboutissement : chaque jour a sa spécificité, et chaque “jour” qui
passe rapproche d'un dénouement : ici, les 7 Tableaux des 7 Eglises montrent l'envahissement croissant
de l'Eglise par un levain impur.

1:11c. … à (gr. “eis”) Ephèse, et à Smyrne, et à Pergame, et à Thyatire, et à Sardes, et à


Philadelphie, et à Laodicée.
a) Sur une carte de la Turquie méridionale actuelle, ces 7 villes apparaissent disposées en
forme de diadème approximatif, sur une zone relativement réduite.
Elles forment comme un unique chandelier circulaire à 7 branches au centre duquel se tient
le Seigneur dispensateur de l'Huile.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -74-
________________________________________________

(Document Wikipedia)

b) Ces “7 Eglises” devraient être comme des îles, comme des lampes dressées en “Asie” (=
“boue, bourbier”), au milieu d'un monde enténébré. Mais, comme le montraient les paraboles du
Royaume (Mt. 13), il y a dans ces 7 villes, du blé et de l'ivraie, de la farine pure et du levain.
Sur le sens de ces 7 noms (ils n'ont pas été choisis au hasard), voir les commentaires relatifs à chacune
de ces “églises”.

c) Ce sont en fait tous les messages contenus dans l’Apocalypse, et pas seulement dans les 7
Lettres, qui ont pour destinataires les 7 Eglises :
• Ap. 22:16 (Epilogue) “Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Églises ...”

C. Les vêtements du Christ-Juge (1:12 à 13)

Le texte : Ap. 1:12-13


“(12) Et je me retournai pour savoir quelle était la Voix qui me parlait. Et, après m’être retourné, je
vis sept chandeliers d’or, (13) et, au milieu des sept chandeliers, quelqu’un qui ressemblait à un fils
d’homme, vêtu d’une longue robe, et ayant une ceinture d’or sur la poitrine.”

A partir de cet instant (et jusqu’au dernier Tableau de la dernière Fresque), Jean, déjà transporté
dans une autre sphère, devient un voyant, et ce qu'il voit et décrit sont des symboles.

1.12a. Et je me retournai pour savoir (ou : “pour voir”, gr. “blepo” = “constater, observer”) quelle
était la Voix qui me parlait.
La voix comme un son de “shofar” a retenti derrière Jean (cf. v.10) et, bien qu'elle ait été
indistincte, il a immédiatement su qu'elle s'adressait à lui (“ME parlait).
Jean doit regarder dans une nouvelle direction, celle de la “voix” (gr. “phone”, id. v.10).
• C'est Dieu qui indique vers quelle direction il doit regarder. Ce n'est jamais la direction que l'homme
naturel choisit.
• La “voix” de l'Esprit dirige toujours vers un aspect de Jésus-Christ, car l'Esprit conduit dans la Vérité-
Réalité (Jn. 16:13).

Quand Jean se retourne vers la Source d’émission de cette “voix”, il ne l'entend plus ! Il ne
voit même pas qui l'a émise. Mais ses yeux voient une représentation de Jésus-Christ. Il en
verra une autre au chapitre 5 (la vision du Trône).

1.12b. Et, après m’être retourné, je vis sept chandeliers d'or, …


a) Le mot “chandelier” ou “porte-lampe” (gr. “luxnia” = “pied de lampe, porte-lampe”, et non pas
“lampe”) est mentionné 7 fois dans ce Livre (1:12,13,20 bis ; 2:1,5 ; 11:4).
Sur la portée symbolique temporelle du chiffre “7”, voir les commentaires d'Ap. 1:4.

b) Selon Ap. 1:20, ces “7 chandeliers” représentent les 7 Eglises (l'Eglise unique, mais considérée
ces “7 chandeliers”, tous en “or” malgré leur
dans son périple durant tout le cycle du christianisme) :
diversité, sont en fait un seul “chandelier” décrit sous 7 aspects différents.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -75-
________________________________________________

Jean révèle qu'ils sont en “or”, ce qui est extraordinaire, car seul Jésus-Christ a été un
Chandelier parfait par sa Nature (en “or” divin), par la Vie que véhiculait son Sang (une “Huile”
divine), par sa mèche de lin parfaite, par sa flamme toujours brillante.
Mais, par son Alliance-Mariage avec Christ, l'Eglise devient une extension de Christ (son
Corps), et elle est appelée à refléter de plus en plus les perfections du Chandelier Premier-né.
Chaque croyant né d'En-haut est ainsi lui-même appelé à être et à devenir un “chandelier” (de
même que chaque pierre vivante du Temple de chair devient un temple ; 2 Cor. 3:18, Eph. 2:22).
Si le chandelier était avant tout dans l'AT une image du futur Messie ressuscité (mais il était encore
caché au monde, il devient dans l'Apocalypse une image de la communauté (l’Eglise) des élus nés en
Christ (mais eux aussi sont encore cachés au monde).

c) Ces “7 chandeliers” empruntent leurs traits à divers textes de l'AT :


• les textes relatifs au chandelier (héb. : “menorah” = “porte-lumière”) du temple de toile de Moïse
(NB : dans le temple de Salomon, le chandelier unique aux 7 lampes est remplacé par 10 chandeliers, 2
Chr. 4:7, porteurs au total de 70 lampes ; cf. les 70 anciens d’Israël en Ex. 24:9-11) ;
• les textes relatifs au chandelier vu en vision par le prophète Zacharie (Zac. 4:1-14).

Dès cette première scène de l'Apocalypse, Jean voit donc des images qui, déjà dans l'AT,
avaient une signification symbolique. Dans l'Apocalypse, ces images combinées
différemment (par exemple, au lieu d'un chandelier unique à 7 branches, Jean voit 7 chandeliers distincts), ne
peuvent être interprétées que symboliquement ! S'il en est ainsi pour cette première scène, il
en sera de même pour toutes les scènes suivantes de ce Livre !

* Le chandelier dans le Tabernacle de Moïse


Il était placé dans le Lieu saint, sur le côté sud (Ex. 40:24 “Il plaça le chandelier dans la tente
d'assignation, en face de la table des pains, au côté méridional du tabernacle.”), et éclairait durant la nuit
la table portant les 12 pains de proposition.
La Lumière émise n'était pas pour le monde extérieur obscur, mais pour le seul peuple des
sacrificateurs.
• Ex. 25:31-39 “(31) Tu feras un chandelier d’or pur ; ce chandelier sera fait d’or battu ; son pied, sa
tige, ses calices, ses pommes et ses fleurs seront d’une même pièce. (32) Six branches sortiront de ses
côtés, trois branches du chandelier de l’un des côtés, et trois branches du chandelier de l’autre côté. (33)
Il y aura sur une branche trois calices en forme d’amande, avec pommes et fleurs (les 3 étapes du
développement : le bourgeon, la fleur, le fruit ; cf. le bâton d'Aaron, Nb. 17:8), et sur une autre branche
trois calices en forme d’amandes, avec pommes et fleurs ; il en sera de même pour les six branches sortant
du chandelier. (34) A la tige du chandelier, il y aura quatre calices en forme d’amande, avec leurs pommes
et leurs fleurs. (35) Il y aura une pomme sous deux des branches sortant de la tige du chandelier, une
pomme sous deux autres branches, et une pomme sous deux autres branches ; il en sera de même pour les
six branches sortant du chandelier. (36) Les pommes et les branches du chandelier seront d’une même
pièce ; il sera tout entier d’or battu, d’or pur. (37) Tu feras sept lampes, qui seront placées dessus, de
manière à éclairer en face. (38) Ses mouchettes et ses vases à cendre seront d’or pur. (39) On emploiera
un talent (environ 50 kg ; 1 talent = 3 x 1 000 = 3 000 sicles, soit le “prix de rachat” de 6 x 1000 = 6 000
hommes, Ex. 30:13 ; 1 sicle = environ 15 g.) d’or pur pour faire le chandelier avec tous ses ustensiles.”
L'amandier est un symbole de résurrection. C'est le premier arbre à fleurir en Israël, dès janvier.

• Lév. 24:2-4 “(2) Ordonne aux enfants d'Israël de t'apporter pour le chandelier de l'huile pure d'olives
concassées, afin d'entretenir les lampes continuellement. (3) C'est en dehors du voile qui est devant le
témoignage, dans la tente d'assignation, qu'Aaron la préparera, pour que les lampes brûlent
continuellement du soir au matin en présence de l'Éternel. C'est une loi perpétuelle pour vos descendants.
(4) Il arrangera les lampes sur le chandelier d'or pur, pour qu'elles brûlent continuellement devant
l'Éternel.”

* Les 10 chandeliers dans le temple de Salomon


• 2 Chr.4:7-8 “(7) (Salomon) fit dix chandeliers d'or, selon l'ordonnance qui les concernait, et il les plaça
dans le temple, cinq à droite et cinq à gauche. (8) Il fit dix tables, et il les plaça dans le temple, cinq à
droite et cinq à gauche. Il fit cent coupes d'or.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -76-
________________________________________________

* Le chandelier de la vision de Zacharie


• Zac. 4:1-14 “(1) L’ange qui me parlait revint, et il me réveilla comme un homme que l’on éveille de son
sommeil. (2) Il me dit : Que vois-tu ? Je répondis : Je regarde, et voici, il y a un chandelier tout en or,
surmonté d’un vase et portant sept lampes, avec sept conduits pour les lampes qui sont au sommet du
chandelier ; (3) et il y avait près de lui deux oliviers, l’un à la droite du vase, et l’autre à sa gauche. (4)
Et reprenant la parole, je dis à l’ange qui me parlait : Que signifient ces choses, mon seigneur ? (5) L’ange
qui me parlait me répondit : Ne sais-tu pas ce que signifient ces choses ? Je dis : Non, mon seigneur. (6)
Alors il reprit et me dit : C’est ici la parole que l’Eternel adresse à Zorobabel : Ce n’est ni par la
puissance ni par la force (qu’il restaurera Jérusalem), mais c’est par mon Esprit, dit l’Eternel des armées.
(7) Qui es-tu, grande montagne, devant Zorobabel ? Tu seras aplanie. Il posera la pierre principale au
milieu des acclamations : Grâce, grâce pour elle ! …. (11) Je pris la parole et je luis dis : Que signifient
ces deux oliviers, à la droite du chandelier et à sa gauche ? (12) Je pris une seconde fois la parole, et je
lui dis : Que signifient les deux rameaux d’olivier, qui sont près des deux conduits d’or d’où découle
l’or ? (13) Il me répondit : Ne sais-tu pas ce qu’ils signifient ? Je dis : Non, mon seigneur. (14) Et il dit :
Ce sont les deux oints (= les deux fils de l’huile : la royauté et la sacrificature, Zorobabel et Josué) qui se
tiennent devant le Seigneur de toute la terre.”

d) Dans tous ces textes, le “chandelier” est indissociable de l'Huile qui lui donne sa raison
d'être et sa Vie. “L'or” et “l'Huile” (un solide et un liquide) de couleur similaire, sont les symboles
de la Nature de Dieu, lequel est Esprit (Jn. 4:24).

Jésus-Christ au milieu de son peuple est la Réserve d'Huile, il est à lui seul les deux Oliviers
chargés de fruits qui représentent la double Onction de la Royauté et de la Sacrificature (selon
le modèle prophétique exposé dans la personne de Melchisédek, Gen. 14:18 ; Héb. 5:6,10 ; 7:1-3).
Les deux grappes de l'Olivier vues par Zacharie, représentent à la fois Christ et son peuple. Ce sont aussi
les “deux témoins” d'Ap. 11:3, image de l'Eglise qui témoigne (chiffre “2”) depuis l'effusion de la
Chambre haute, et qui est sans cesse persécutée au milieu de l'église apostate, au milieu de la “grande
ville”, de la fausse Jérusalem (Ap. 11:8). Leur élévation finale dans une Nuée (Ap. 11:12) représente celle
de tous les saints (1 Thes. 4:17).

Ici, les “7 chandeliers” sont l'image des enfants de Dieu animés par l'Esprit de résurrection.
Ils sont encore cachés dans les lieux célestes en Christ, et réjouissent déjà Dieu.
Lorsque le Soleil de justice (Mal. 4:2) se lèvera en plénitude au matin fixé par Dieu, cette
Lumière ne sera plus cachée, et elle balaiera le monde.

Ce que Jean voit (comme Moïse avant lui), c'est donc la position éternelle de l'Eglise assise dans
les lieux célestes, en Jésus-Christ, avant même sa pleine manifestation.
• 1 Jn. 1:5 “La nouvelle que nous avons apprise de lui, et que nous vous annonçons, c’est que Dieu est
Lumière, et qu’il n’y a point en lui de ténèbres.”
• 1 Jn. 1:7 “Mais si nous marchons dans la Lumière, comme il est lui-même dans la Lumière, nous sommes
mutuellement en communion, et le Sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché.”
• 1 Jn. 3:2 “Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore
été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce
que nous le verrons tel qu'il est (de même, Moïse irradiait après avoir parlé face à face avec la Nuée).”

e) Les “chandeliers” n’ont pas d’Huile par eux-mêmes, de même que les 7 lampes du
chandelier de l’AT (Jésus-Christ savait toujours dépendre de sa communion avec le Père).

La vraie Eglise est celle qui participe de cette Huile, qui participe de la Vie du Cep (en se
nourrissant de sa Sève) :
• Jn. 15:1,5 “(1) Je suis le vrai Cep, et mon Père est le vigneron. - … - (5) Je suis le Cep, vous êtes les
sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne
pouvez rien faire.”
• 2 P. 1:4 “Vous devenez participants de la nature divine.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -77-
________________________________________________

Ces “7 chandeliers” dépendent de la Source céleste de l’Huile-Esprit pour rendre le culte en


esprit et en vérité attendu par Dieu (Jn. 4:23). La Lumière émise par ces lampes ne peut pas
provenir du monde extérieur qui est dans les ténèbres, ni de la vieille nature déchue. Elle vient
de la Présence même de l’Esprit (dans les Ecritures, dans les ministères, dans les onctions, etc.) :
• 2 Cor. 3:17-18 “(17) Or, le Seigneur c'est l'Esprit ; et là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté.
(18) Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous
sommes transformés en son image, de gloire en gloire : c'est l'œuvre du Seigneur, c'est-à-dire de l'Esprit.

• 2 Cor. 4:6 “Car Dieu, qui a dit : La Lumière brillera du sein des ténèbres ! (Gen. 1:3, Es. 9:1) a lui-
même brillé dans nos cœurs pour y faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu qui rayonne du
visage de Christ (voir Jésus, c'est voir le Père, Jn. 14:9).”
• 1 P. 2:9 “… il vous a appelés des ténèbres à son admirable Lumière.”

C'est l'Esprit de Christ qui alimente et fait briller les chandeliers dans le monde. En retour, le
premier rôle des chandeliers est de projeter leur clarté sur Jésus-Christ pour mieux le connaître,
puis vers autrui pour le faire connaître.
• Ps. 36:9 “Car auprès de toi est la source de la Vie ; par ta Lumière nous voyons la Lumière.”

Dans la vision de Patmos, le même Esprit qui avait révélé à Moïse le dessin du Tabernacle et
de son mobilier, a combiné ici l'image du chandelier et celle des 12 pains de proposition :
ici, les “7 chandeliers” sont aussi les 12 pains, image du peuple élu.
• Les 12 pains étaient éclairés par le chandelier à 7 branches, et les pains devenaient à leur tour une
nourriture pour les prêtres. Ici, les 7 Eglises (les pains) éclairées par le Christ-Chandelier qui se tient
devant elles, deviennent la nourriture du Christ-Sacrificateur, en particulier à la fin du cycle (le 7e jour,
les 12 pains étaient consommés, image de communion totale, du peuple avec son Christ).
• Christ, au milieu des 7 chandeliers, n'est autre que le Tourbillon de la Lumière qui se tenait autrefois
au-dessus du propitiatoire dans le Lieu très saint, et qui, par son incarnation, a déchiré le rideau, la
frontière entre le céleste et le terrestre.

Dans cette scène contemplée par Jean, il n'y a rien de statique : tout est tourbillon de Vie.

f) Dans les temples de Moïse et de Salomon, le chandelier éclairait en priorité le Lieu saint,
et non pas le monde. Les Eglises doivent donc témoigner des vertus du Christ en priorité
devant la face de Dieu et devant le peuple de Dieu.
• Mt. 4:16 “Ce peuple assis dans les ténèbres, a vu une grande Lumière ; et sur ceux qui étaient assis
dans la région et l’ombre de la mort, la Lumière s’est levée.”
• Jn. 1:4-5,9 “(4) En elle (la Parole) était la Vie, et la Vie était la Lumière des hommes. (5) La Lumière
luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point reçue … (9) Cette Lumière était la véritable Lumière,
qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme.”
• Jn. 8:12 “Jésus leur parla de nouveau et dit : Je suis la Lumière du monde ; celui qui me suit ne
marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la Lumière de la Vie (celle de Dieu).”
• Jn. 12:35,36,46 “(35) Jésus leur dit : La Lumière est encore pour un peu de temps au milieu de vous.
Marchez, pendant que vous avez la Lumière, afin que les ténèbres ne vous surprennent point : celui qui
marche dans les ténèbres ne sait où il va. (36) Pendant que vous avez la Lumière, croyez en la Lumière,
afin que vous soyez des enfants de Lumière … (46) Je suis venu comme une Lumière dans le monde, afin
que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres.”
• 1 P. 2:5 “Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle,
un saint sacerdoce, afin d'offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus Christ.”

Tout dans le Lieu saint parle de cette communion avec Dieu (cette communion est un flux à double-
sens, chacun donnant tout à l'autre) :
• le “chandelier” parle de la communion avec l'Olivier,
• la table des 12 pains parle de la communion avec le Pain de Vie,
• l'autel des parfums parle de la communion s’élançant vers l'Amour qui ouvre sa tente.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -78-
________________________________________________

Les “7 chandeliers” n'ont d'utilité que s'ils sont unis organiquement à l'Esprit de Jésus-
Christ, et si les mèches de lin sont débarrassées de tout charbon (sinon une fumée malodorante
remplace la lumière).
C'est la culture préalable continue (le culte) de l'Alliance avec Dieu, qui permet ensuite au
peuple de Dieu d'être à son tour une Lumière pour le monde extérieur.
• Mt. 5:16 “Que votre Lumière luise aussi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et
qu’ils glorifient votre Père qui est dans les Cieux.”
• Lc. 11:35 “Prends donc garde que la Lumière qui est en toi ne soit ténèbres.”
• Rom. 13:12 “La nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres, et
revêtons les armes de la Lumière.”
• Eph. 5:8 “Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes Lumière dans le Seigneur. Marchez
comme des enfants de Lumière.” (cf. 1 Thes. 3:5).
• Phil. 2:15 “Soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d’une
génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde,
portant la parole de Vie.”

g) Les chandeliers étaient en or battu et non pas moulé : la forme voulue par Dieu était
obtenue par martelage de feuilles d'or. C'est l'image d'un processus délicat et long, couche
après couche.
Chaque jour de sa vie, Jésus, bien que de Nature divine, a grandi comme Homme parfait en marchant selon
la volonté du Père. Chacune de ses victoires, et en particulier celles de Gethsémané et de Golgotha, ont
accumulé les couches d'or.

Dans cette vision intemporelle, Jean contemple ici des chandeliers dont la fabrication est déjà
achevée aux yeux de la prescience de Dieu.
Les “7 chandeliers” étant l’image de l'Assemblée ne sont opérants que si “Christ, l'espérance
de la gloire” demeure en eux, et si leur flamme émet la Lumière de la gloire de Christ. Sinon,
ils ne sont que des meubles décoratifs.
Dans cet or pur, toute dissension, toute jalousie, tout égoïsme, toute rancœur, etc., serait une
lèpre scandaleuse. Même la cendre morte des mèches de lin devait être évacuée.

h) Les “7 chandeliers” ne doivent pas être confondus avec les “7 torches de feu” (gr. “lampades
pyros”) présentes devant le Trône (elles sont le regard du Berger et du Juge), ni avec les 4 Etres vivants,
représentant l'Energie divine (les 7 Esprits) agissant en Rédemption (cf. Es. 11:1-2) dans le monde
entier durant le cycle de l'humanité (cette Energie s'est manifestée en plénitude en Jésus-Christ).
Ap. 4:5 (2e Fresque) “Du Trône sortent des éclairs, des voix et des tonnerres. Devant le Trône brûlent
sept lampes ardentes, qui sont les sept Esprits de Dieu (selon Ap. 5:6, ils sont aussi les 7 yeux de
l’Agneau).”
Jean ne mentionne pas de flamme au sommet de ces “7 chandeliers” : étant imprégnés
d'Huile vivante (ils sont en or massif), ils sont lumière de haut en bas et intérieurement !

i) Dans le temple de Moïse, les lampes au sommet du chandelier étaient allumées les unes
après les autres.
Cela confirme que, si les caractères des 7 Eglises énoncés par les 7 épîtres sont présents tout au long du
cycle du christianisme, il est toutefois légitime de voir dans la succession des 7 épitres une évolution
historique : la première Eglise (celle d'Ephèse) et la dernière (celle de Laodicée) présentent les caractères
dominants de l'Assemblée respectivement au début et à la fin du cycle.

1:13a. … et, au milieu des sept chandeliers, quelqu’un qui ressemblait à un fils d'homme,

a) Jésus-Christ est comme une colonne entourée des 7 porte-lampes auxquels il fournit
l’Huile de l’Esprit, qui est Lumière et Vie. C'est le rappel d'une promesse fondatrice de l'AT :
• Lév. 26:12 “Je marcherai au milieu de vous, je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -79-
________________________________________________

Christ veille comme un Berger-Prophète sur son Eglise qui est aussi son Corps, et il lui
communique Lumière et Vie par la Parole révélée et confirmée. Il est le Cep. Sans lui, les
lampes n’ont pas cette Huile. Grâce à lui, elles porteront le fruit attendu. Il est impossible que
Christ et son Eglise, que la Tête et le Corps, puissent être séparés.
• Jn. 15:5 “Je suis le Cep, vous êtes les sarments.”

b) La même Flamme qui était en Christ, le même Saint-Esprit, a enflammé (a oint) l'Eglise
tout au long des siècles. Le Corps du Christ est une famille de chandeliers.
Chaque assemblée locale est elle-même un chandelier en son temps et en son lieu :
• Eph. 3:20-21 “(20) A Celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout
ce que nous demandons ou pensons, (21) à lui soit la gloire dans l’Eglise et en Jésus-Christ, dans toutes
les générations, aux siècles des siècles ! Amen !”

Chaque enfant de Dieu est lui-même un chandelier :


• Phil. 2:15 (déjà cité) “Soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d’une
génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux (gr. “photismos” =
luminaire, clarté) dans le monde, portant la parole de Vie.” (cf. aussi Mt. 5:16 ; Jn. 12:36 ; 2 Cor. 4:6 ;
Eph. 5:8 ; etc.).

Jean ne voit ici que l'Eglise parfaite. Mais, comme le montreront les épîtres envoyées aux “7
Eglises”, l'Eglise terrestre est encore un mélange de blé et d'ivraie.
De faux sarments mêlent leurs vrilles à celles des vrais sarments : ils se prévalent du Nom de Christ, mais
ne sont jamais nés de l'Esprit, nés du Cep. Tout Israël n’était pas Israël (cf. Rom. 9:6).

c) La figure de l'homme est présente du début à la fin de la Bible. L'homme aimé par Dieu
est la raison d'être de la création : la nature le proclame à l'homme qui médite devant elle.
Christ est présenté ici (et en Ap. 14:14) comme “ressemblant” à “un fils d’homme”.
• Ap. 14:14 (4e Fresque, Tableau de la moisson du Blé) “Je regardai, et voici, il y avait une nuée blanche,
et sur la nuée était assis quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme, ayant sur sa tête une couronne
d'or, et dans sa main une faucille tranchante.”

L'emploi du verbe “ressembler” suggère que Jean voit certes une forme humaine, mais que
la vision est trop lumineuse pour qu'il puisse distinguer des détails du visage. Certains traits ne
sont d'ailleurs pas humains : des yeux comme une flamme de feu (1:14), une voix multiple (1:15),
une épée qui sort de la bouche (1:16), etc.

d) Ce “fils d'homme” désigne “LE Fils de l’homme”, un Titre messianique annoncé par l'AT
et que Jésus a souvent appliqué à lui-même (32 fois en Matthieu, 14 fois en Marc, 26 fois en Luc, 12 fois
en Jean). Mais le caractère vague de l'expression sans article suggère que Christ est ici porteur
de toute sa descendance selon l'Esprit (c’est pourquoi, en Ap. 1:15, “sa voix est comme le bruit de grandes
eaux”, c'est-à-dire celle d'une multitude).

Cette forme de “fils d'homme”, en qui Celui qui rachète et les rachetés semblent réunis, est
une allusion aux grandioses visions d'Ezéchiel :
• Ez. 1:26-27 “(26) Au-dessus du ciel (au sommet de la vision dite du Char de l'Eternel) qui était sur leurs
têtes (des 4 Etres vivants), il y avait quelque chose de semblable à une pierre de saphir, en forme de
Trône ; et sur cette forme de Trône apparaissait comme une figure d’homme placée dessus en haut. (27)
Je vis encore comme de l’airain poli, comme du feu, au-dedans duquel était cet homme, et qui rayonnait
tout autour ; depuis la forme de ses reins jusqu’en haut, et depuis la forme de ses reins jusqu’en bas, je
vis comme du feu, et comme une Lumière éclatante, dont il était environné.”
• Ez. 8:2 “Je regardai, et voici, c’était une figure ayant l’aspect d’un homme ; depuis les reins jusqu’en
bas, c’était du feu, et depuis ses reins en haut, c’était quelque chose d’éclatant, comme de l’airain poli.”
En Ap. 1:15, Jean mentionne lui aussi cet aspect “d'airain” enflammé : “Ses pieds étaient
semblables à de l'airain ardent, comme s'il eût été embrasé dans une fournaise”.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -80-
________________________________________________

e) Le Titre messianique de “Fils de l'homme” renvoie à la “Semence promise à la femme”,


une Semence humaine qui devait écraser la tête du serpent (Gen. 3:15) : les hommes devaient
être libérés par un Homme.
Jésus est en effet le “dernier Adam” (1 Cor. 15:45) qui doit recevoir toute autorité sur la terre (Ps. 8 ; Héb.
2:8,9).

C’est aussi le Titre par lequel Daniel désignait le Messie (= l’Oint) à venir.
• Dan. 7:13-14 “(13) Je regardais pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les Nuées des cieux arriva
quelqu’un de semblable à un Fils de l’homme (mots repris par Jésus en Mt. 26:64) ; il s’avança vers
l’Ancien des jours, et on le fit approcher de lui. (14) On lui donna la domination, la gloire et le règne ; et
tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une
domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit.”
(Voir aussi Dan. 10:5-6 ; 10:16).

f) Le Messie étant le Prophète par excellence, les prophètes d’Israël porteurs du Verbe de
Dieu étaient eux aussi des “fils de l’homme”. Ezéchiel est lui aussi ainsi appelé une centaine
de fois, Daniel une fois (Dan. 8:17).
Mais seul Jésus est “LE” Fils de l'homme. Le Fils de l'homme est le Titre de Celui qui doit
venir :
• Mt. 24:30-31 “(30) Alors le Fils de l’homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se
lamenteront, et elles verront le Fils de l’homme venant sur les Nuées du ciel avec puissance et une grande
gloire. (31) Il enverra ses anges avec la Trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre
vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre.” (= Luc 21:27).
• Mt. 25:31-33 “(31) Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s’assiéra
sur le Trône de sa gloire. (32) Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d’avec
les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs ; (33) et il mettra les brebis à sa droite, et
les boucs à sa gauche.”

g) Les prophètes étaient appelés des “fils de l'homme” car ils étaient porteurs du Verbe pour
leur temps, or c'est par le Verbe que seront jugés ceux qui les auront entendus.
C'est parce que le Fils est porteur du Verbe qu'il a le pouvoir de juger par le Verbe.
• Jn. 5:27 “Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme.”
• Jn. 12:48 “Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles a son juge ; la parole que j'ai annoncée,
c'est elle qui le jugera au dernier jour.”

1:13b. … vêtu d'une longue robe, et ayant une ceinture d’or sur la poitrine (ou : “ceint à la
hauteur des mamelles d'une ceinture d'or”).
Les mots “longue robe” sont absents, mais le texte grec utilise un mot (gr. : “pod-eres”) qui à
lui seul signifie littéralement : “être revêtu jusqu’aux pieds”.

a) Si Jean n'utilise pas expressément le mot “robe”, c'est que la forme d'Homme qu'il
contemple semble revêtue, non pas d'un vêtement de tissu, mais d'un ample vêtement
lumineux.
Cette “robe” n'est pas une allusion aux vêtements sacrés du souverain sacrificateur.
• Il ne s'agit pas de la tunique de fin lin avec manches, couvrant le corps du souverain sacrificateur de la
tête aux pieds, et brodée (Ex. 28:39, 39:29), ce qui la distinguait de la tunique des sacrificateurs ordinaires.
Jean ne parle pas de cette broderie. C'est d'ailleurs seulement au début du rituel du Jour des Expiations, et
durant de courts instants, que le souverain sacrificateur officiait revêtu de cette tunique.
• Il ne s'agit pas non plus de la longue robe bleue porteuse de l'éphod (Ex. 28:31-33), sans manche, tissée
de pourpre, avec des clochettes d'or, alternant avec des grenades sur sa bordure inférieure. Elle recouvrait
toujours la tunique de lin. Jean ne mentionne aucun de ces détails ornementaux.
• Quant à la ceinture, celle des sacrificateurs ordinaires était en lin blanc, et celle du souverain
sacrificateur était en outre brodée avec des fils d'or, et des fils teints en bleu, pourpre et écarlate (Ex. 28:8).
Or Jean ne mentionne pas de ceinture multicolore, mais une “ceinture d'or”.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -81-
________________________________________________

b) En fait, l'aspect du Fils d'Homme que Jean contemple reprend plusieurs traits de deux
personnages distincts apparus dans deux visions distinctes de Daniel : d'une part l'Ancien des
jours apparu dans la vision relative à la glorification du Fils de l'homme (Dan. 7), d'autre part
l’Homme d'apparence glorieuse apparu dans la dernière vision relative au conflit opposant le
roi du Nord et le roi du Midi (Dan.10).
• Dan. 7:9 “Je regardai, pendant que l'on plaçait des trônes. Et l'Ancien des jours s'assit. Son vêtement
était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête étaient comme de la laine pure ; son Trône était
comme des flammes de feu, et les roues comme un feu ardent.”
• Dan. 10:5-6 “(5) Je levai les yeux, je regardai, et voici, il y avait un Homme vêtu de lin, et ayant sur
les reins une ceinture d’or d’Uphaz. (6) Son corps était comme de chrysolithe, son visage brillait comme
l’éclair, ses yeux étaient comme des flammes de feu, ses bras et ses pieds ressemblaient à de l’airain poli,
et le son de sa voix était comme le bruit d’une multitude.”

Cette “robe” vue par Jean est une référence au “vêtement blanc comme la neige” de l'Ancien
des Jours, et la “ceinture d'or” vue par Jean est une référence à la “ceinture d'or d'Uphaz”
de l'Homme d'apparence glorieuse.

Mais, alors que l'Homme vu par Daniel était ceint à la taille (“sur les reins”), le Fils d'Homme
vu par Jean est ceint à la poitrine (litt. : “était ceint à la hauteur des mamelles d'une ceinture d'or”).
• La “ceinture sur les reins”, image d'activité et de force, caractérise un ouvrier ou un
guerrier (cf. Es. 11:5 “La justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité la ceinture de ses hanches”,
Lc. 12:35 “Que vos reins soient ceints, et vos lampes allumées” ; Eph. 6:14 “Tenez donc ferme : ayez à
vos reins la vérité pour ceinture”).
• La ceinture du sacrificateur (Ex. 28:8, 39:5), dont seuls quelques fils étaient en or, était,
elle aussi, ceinte à la taille (un sacrificateur est un serviteur).

Le port d'une longue robe ceinte sur la poitrine donne un caractère majestueux à la marche,
et caractérise un roi-juge. L’or est quant à lui le symbole de la Nature divine. La “ceinture
d'or” était portée par le roi (Macc. 10:89).

Le Fils d'Homme que Jean contemple est donc le Juge (au sens de l'AT), l'Homme-Roi qui
a reçu de Dieu lui-même l'autorité divine.
Dans les Evangiles, Jésus est présenté comme étant le Prophète. Dans les Epîtres, il est présenté comme
étant le Sacrificateur. Dans l’Apocalypse, il est présenté comme étant le Roi-Juge.

c) Il faut noter que les 7 Anges (ou 7 Messagers) qui administrent les 7 Fléaux (dans la 5e Fresque)
portent eux aussi le même vêtement que ceux de ce Juge :
• Ap. 15:6-7 (5e Fresque) “(6) Les sept anges qui tenaient les sept fléaux sortirent du temple, revêtus d’un
lin pur, éclatant, et ayant des ceintures d’or autour de la poitrine. (7) L’un des quatre Etres vivants donna
aux sept anges sept coupes d’or, pleines de la colère du Dieu qui vit aux siècles des siècles.”

d) Celui que Jean contemple n’est plus un Messie souffrant, mais le Seigneur qui juge en
permanence le peuple se réclamant de son Nom : pour juger, il faut une norme préétablie qui
indique ce qu’est la perfection exigée.

Cette norme, ce sont les 7 candélabres d’or, parfaits, reflétant eux-mêmes la Lumière du
Trône.
C'est parce que l'Eglise sur terre n'est pas encore pleinement conforme à ces normes que
Jésus-Christ lui envoie 7 Lettres d'avertissement en forme de diagnostic inquiétant.
• 1 P. 1:17 “Et si vous, vous invoquez comme Père celui qui juge selon l'œuvre de chacun, sans
acception de personnes, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre pèlerinage …”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -82-
________________________________________________

D. Les 7 parties du corps du Juge (1:14 à 16)

Le texte : Ap. 1:14-16


“(14) Et sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige ; et ses
yeux étaient comme une flamme de feu ; (15) et ses pieds étaient semblables à de l’airain ardent,
comme s’il avait été embrasé dans une fournaise ; et sa voix était comme le bruit de grandes eaux.
(16) Et il avait dans sa main droite sept étoiles. Et de sa bouche sortait une épée aiguë à deux
tranchants ; et son visage était comme le soleil lorsqu’il brille dans sa force.”

Jean décrit successivement 7 éléments corporels du Christ-Juge : les cheveux, les yeux, les pieds, la
voix, la langue, la main droite, le visage. L'élément central est la “voix”. Il faut noter l'usage de la
conjonction “et” (gr. : “kai”) dans cette énumération, et cela dès le premier terme de la liste.

1:14a. Et sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche (gr. : “leukos”),
comme de la neige ; …
Premier des 7 éléments corporels : les “cheveux” de la Tête.

Le qualificatif “blanc” (gr. : “leukos” ; mentionné plus de 15 fois dans l'Ap.) comporte une notion de
brillance, et une autre traduction a été proposée : “… sa tête et ses cheveux sont de lumière,
comme de la laine de lumière”. C'est aussi la couleur du Cheval d'Ap. 19:11, des chevaux qui
le suivent, et du fin lin dont ils sont revêtus (Ap. 19:14).
La “laine” rappelle que ce Roi n'est autre que Celui qui a d'abord été l'Agneau parfait avant
d'être le Lion. L'Agneau vainqueur a seul le pouvoir de juger les brebis et les loups.
• Mt. 23:11-12 “(11) Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. (12) Quiconque s'élèvera sera
abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé.”

Le Fils de l'Homme ne porte pas la tiare d’un sacrificateur, et se tient ici tête nue, comme
Chef et Tête de l'Eglise.
• 1 Cor. 11:3-4 “(3) Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que
l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ. (4) Tout homme qui prie ou qui
prophétise, la tête couverte, déshonore son chef.”

Ces “cheveux de lumière” symbolisent l'éternité glorieuse et la sagesse divine, inséparables


de la pureté absolue (cf. Prov. 16:31 “Les cheveux blancs sont une couronne d’honneur ; c’est dans le
chemin de la justice qu’on la trouve”).
Cette chevelure blanche étincelante caractérise l’Ancien des Jours vu par Daniel, et qui a
remis tout jugement au Fils (Dan. 7:13 ; Jn. 3:35, 5:22) : c'est pourquoi le Fils est lui aussi porteur
de cette couronne divine.
• Dan. 7:9-10 (au cours de la vision des 4 Animaux) “(9) Je regardai, pendant que l’on plaçait des trônes.
Et l’Ancien des jours s’assit. Son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête étaient
comme de la laine pure ; son Trône était comme des flammes de feu, et les roues comme un feu ardent.
(10) … Les juges s’assirent, et les livres furent ouverts.”
• Dan. 7:13-14 “(13) Je regardais pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les Nuées des cieux arriva
quelqu’un de semblable à un fils de l’homme (cf. Ap. 1:13) ; il s’avança vers l’Ancien des jours, et on le
fit approcher de lui. (14) On lui donna la domination, la gloire et le règne ; et tous les peuples, les nations,
et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera
point, et son règne ne sera jamais détruit.”
• Jn. 5:22 “Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils …”

1:14b. … et ses yeux étaient comme une flamme de feu ; …


Deuxième des 7 éléments corporels : les “yeux”.

a) Les yeux de Jésus ont connu autrefois les larmes (Jn. 11:35).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -83-
________________________________________________

Mais dans cette vision, les “yeux” sont le symbole de l'Omniscience du Verbe-Juge qui
pénètre chaque cœur. Par leur “flamme”, ils sont le symbole d’une sainteté qui détecte et
consume toute souillure et tout masque.
Plus loin dans la vision, Christ s’adressera à l’Eglise de Thyatire en se désignant par cet
Attribut (Ap. 2:18).
Selon Ap. 4:5, les “7 Lampes ardentes” qui brûlent devant le Trône, sont “les 7 Esprits de
Dieu”, or, selon Ap. 5:6 l’Agneau au milieu du Trône a “7 yeux” qui sont eux aussi “les 7
Esprits de Dieu envoyés par toute la terre”. Tout ici est allégorie !
Dans la vision précitée de l'Ancien des jours (Dan. 7:9), c'est le “Trône” qui semblait émettre
“des flammes de feu”. Ces “yeux” qui sondent tout sont ceux de l’Omniscience du Trône.

b) Cette apparence de “feu” était celle qui illuminait le Buisson sans le consumer (Ex. 3:2, Act.
7:30), celle des langues lumineuses de la Chambre haute.
Cette manifestation de l'Esprit de Dieu peut aussi consumer tout porteur de feu étranger dans
le camp et dans les âmes (cf. Nb. 3:4 ; Lc. 16:24 ; Héb. 1:7).
Les anges serviteurs de Dieu sont, eux aussi, par délégation, des “flammes de feu” (Héb. 1:7
; cf. les yeux de l'homme vêtu de lin de Dan. 10:5-6).
Le Cavalier glorieux d’Ap. 19:12 sur le cheval blanc sera de même décrit avec “des yeux qui
sont comme une flamme de feu”.
• 2 Chr. 16:9 “L’Eternel étend ses regards sur toute la terre, pour soutenir ceux dont le cœur est tout
entier à lui (cf. Dan. 10:17-18).”
• Ps. 11:4 “(4) L’Eternel est dans son saint temple, l’Eternel a son Trône dans les cieux ; ses yeux
regardent, ses paupières sondent les fils de l’homme. (5) L’Eternel sonde le juste ; il hait le méchant et
celui qui se plaît à la violence.”
• Jér. 17:10 “Moi, l’Eternel, j’éprouve le cœur, je sonde les reins, pour rendre à chacun selon ses voies,
selon le fruit de ses œuvres.”
• Héb. 4:12-13 “(12) La parole de Dieu (elle est communiquée par les messagers, les anges de Dieu) est
vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à
partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. (13) Nulle
créature n’est cachée devant lui, mais tout est nu et découvert aux yeux de Celui à qui nous devons
rendre compte.”

c) Ces “yeux comme des flammes de feu” ne sont ici qu'une image rapportée par Jean. Mais
Jean a dû affronter ce Regard, la redoutable réalité voilée derrière cette image.
Quelle Réalité brûlante d'amour, de tristesse ou de colère (cf. Amos 9:4 : Hab. 3:6 : Soph. 1:12) sera
manifestée vers les âmes au jour de la pleine manifestation de Jésus-Christ glorifié, et face
à ce Regard ?
• Zac. 3:9-10 “(9) Car voici, pour ce qui est de la pierre que j'ai placée devant Josué, il y a sept yeux
(l'Esprit de Christ à l'œuvre durant tout le cycle) sur cette seule pierre (le Messie = Josué/Jésus, à la fois
la Pierre angulaire et la Pierre de Faîte) ; voici, je graverai moi-même ce qui doit y être gravé, dit l'Éternel
des armées ; et j'enlèverai l'iniquité de ce pays, en un jour. (10) En ce jour-là, dit l'Éternel des armées,
vous vous inviterez les uns les autres sous la vigne (la Vie) et sous le figuier (la Sainteté).”

1:15a. … et ses pieds étaient semblables à l'airain ardent, comme s’il avait été embrasé
dans une fournaise ; …
Troisième des 7 éléments corporels : les “pieds”.

a) Le mot grec “chalko-libanon” (utilisé seulement en Ap. 1:15 et 2:18), traduit ici par “airain
ardent”, est composé à partir, d'une part, de “chalkos” = “cuivre” ou “airain” ou “bronze”
(un alliage de cuivre et d'étain, qui se coule vers 1 100°, et dont le grain très fin est facile à polir), et, d'autre
part, d'une transcription de l'hébreu “laban” = “blanc”. Les traductions proposent aussi :
“airain poli”, ou “bronze précieux”, toujours avec l'idée d'une brillance sous l'effet d'une
chaleur interne intense.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -84-
________________________________________________

La suite du verset confirme que ces “pieds” semblent avoir été “embrasés” (gr. : “pyroomai” =
“étincelant sous l’effet d'un brasier”) dans une “fournaise” (gr. :“kaminos” = “four, creuset” utilisé pour
le métal ou l’argile, mais jamais pour cuire les aliments ou le chauffage).
D'autres, considérant que le mot grec “libanos” désigne un “encens”, traduisent par : “encens couleur de
bronze”, ce qui est difficile à rattacher à une image de l'AT, et laisse perplexe.

b) Ces “pieds” sont d'implacables purificateurs de tout ce qu'ils foulent. Ils en ont le
pouvoir, car eux-mêmes ne sont pas détruits par la source de sainteté ardente qui les dirige.
Ces “pieds” ont supporté l'épreuve du creuset divin et sont eux-mêmes des creusets.
Ces mêmes “pieds” n'hésitent pas à fouler les cœurs du peuple de Dieu pour les purifier de
tout corps étranger impur. Ils ont foulé Israël, ils fouleront les 7 Eglises :
• Mal. 3:2 “(2) Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui restera debout quand il paraîtra ? Car il
sera comme le feu du fondeur, comme la potasse des foulons. (3) Il s’assiéra, fondra et purifiera l’argent
; il purifiera les fils de Lévi, il les épurera comme on épure l’or et l’argent, et ils présenteront à l’Eternel
des offrandes avec justice. (4) Alors l’offrande de Juda et de Jérusalem sera agréable à l’Eternel, comme
aux anciens jours, comme aux années d’autrefois. (5) Je m’approcherai de vous pour le jugement, et je
me hâterai de témoigner contre les enchanteurs et les adultères, contre ceux qui jurent faussement, contre
ceux qui retiennent le salaire du mercenaire, qui oppriment la veuve et l’orphelin, qui font tort à l’étranger,
et ne me craignent pas, dit l’Eternel des armées.”

c) Tout dans cette image rappelle la signification symbolique de “l'airain” dans l'AT. L'airain
désigne la capacité de la sainteté absolue de l'Eternel à exercer les jugements. Ne peut
juger par le Feu que celui que ce Feu ne consume pas.
A Gethsémané et à Golgotha, Jésus-Christ a été fait souillure pour les hommes souillés (2
Cor. 5:21), il a été fait “serpent” pour un peuple mordu par des serpents (Nb. 21:4-9; Jn. 3:14-16),
et, en conséquence, il n'a pas pu échapper à la fournaise de la sainteté divine (cf. Ex. 19:12, 16).
Mais il est sorti intact et glorifié de l'épreuve : il avait toujours été le Saint, il était d'airain pur,
et la Destruction n'a pas pu s'emparer de lui.
C’est sur l’autel d’airain que les sacrifices agréés étaient consumés.

d) Ces “pieds” embrasés ont déjà écrasé la tête de l'ennemi (Gen. 3:15) sous la puissance de la
marche en jugement du Nouveau Josué.
Ces “pieds” annoncent la puissance d’un piétinement inexorable contre les ennemis (Es.
14:25 “Je foulerai aux pieds l’Assyrien sur mes montagnes” ; Es. 63:3 “J’ai foulé Edom dans ma colère, je les
ai écrasés dans ma fureur” ; Zac. 14:4 “Les pieds de l’Eternel se poseront en ce jour sur la montagne des
Oliviers” ; 1 Cor. 15:25 “Il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds”).
• Es. 66:15-16 “(15) Car voici, l’Eternel arrive dans un feu, et ses chars sont comme un tourbillon ; il
convertit sa colère en un brasier, et ses menaces en flammes de feu. (16) C’est par le feu que l’Eternel
exerce ses jugements, c’est par son glaive qu’il châtie toute chair ; et ceux que tuera l’Eternel seront en
grand nombre.”

Ces mêmes “pieds” embrasés sont décrits à l’œuvre en Ap. 19:15 (“il foulera la cuve du vin de
Ils ont déjà été et seront alors les “pieds” du Dominateur
l’ardente colère du Dieu tout-puissant”).
protégeant l'intégrité de son royaume et de son peuple.

e) L'image des “pieds d'airain” est une allusion à l'Homme vêtu de lin de la dernière vision
de Daniel, et aussi à l'Homme céleste des visions d'Ezéchiel :
• Ez. 1:26-27 “(26) Au-dessus du ciel qui était sur leurs têtes (celles des 4 Etres vivants), il y avait quelque
chose de semblable à une pierre de saphir, en forme de Trône ; et sur cette forme de Trône apparaissait
comme une figure d’Homme placé dessus en haut. (27) Je vis encore comme de l’airain poli, comme du
feu, au-dedans duquel était cet homme, et qui rayonnait tout autour ; depuis la forme de ses reins jusqu’en
haut, et depuis la forme de ses reins jusqu’en bas, je vis comme du Feu, et comme une Lumière éclatante,
dont il était environné.”
• Ez. 8:2 “Je regardai, et voici, c’était une figure ayant l’aspect d’un homme ; depuis ses reins en bas,
c’était du feu, et depuis ses reins en haut, c’était quelque chose d’éclatant, comme de l’airain poli.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -85-
________________________________________________

• Dan. 10:5-6 (déjà cité) “(5) Je levai les yeux, je regardai, et voici, il y avait un Homme vêtu de lin, et
ayant sur les reins une ceinture d’or d’Uphaz. (6) Son corps était comme de chrysolithe (couleur vert
clair), son visage brillait comme l’éclair, ses yeux étaient comme des flammes de feu, ses bras et ses pieds
ressemblaient à de l’airain poli, et le son de sa voix était comme le bruit d’une multitude.”

f) Christ s’adressera plus loin à l'assemblée de Thyatire (la 4e Eglise, Ap. 2:18) en soulignant cet
aspect redoutable de la Sainteté en guerre (c'est aussi à cette assemblée qu'il se présentera comme “Celui
qui a les yeux comme une flamme de feu”).

1:15b. … et sa voix (gr. “phone”) était comme le bruit des grandes eaux.
Quatrième des 7 éléments corporels : la “voix”.

a) Le symbole de la “voix” (gr. “phone” = “voix, son”), de même que les images précédentes des
yeux semblables à des flammes, et des pieds comme de l'airain embrasé, est une allusion au
texte de Dan. 10:5-6 (déjà cité) qui déclare que “le son de la voix” de l'Homme vêtu de lin était
“comme le bruit d’une multitude”.

Dans la symbolique de l'Apocalypse, les “grandes eaux” ne doivent pas être confondues
avec la “mer” qui représente plutôt les peuples agités par des convoitises diverses (par opposition
à la “terre” ferme qui représente l'Israël selon l'Esprit).
Ces “eaux” sont celles d’une cataracte sainte et grondante, d'un fleuve puissant ayant une
source, et progressant inexorablement vers un objectif connu.

b) L'important est la “voix” de ces eaux ; c'est celle de l'Esprit s’exprimant au travers de la
multitude des prophètes et des témoins méprisés de la pensée de Christ au cours des siècles.
C'est la même “voix” de témoignage qui s’exprimait par les 4 Etres vivants (des chérubins)
décrits par Ezéchiel.
• Ez. 1:24 “J’entendis le bruit de leurs ailes, quand ils (les Etres vivants) marchaient, pareil au bruit de
grosses eaux, ou à la voix du Tout-Puissant ; c’était un bruit tumultueux, comme celui d’une armée.”
• Ez. 43:2 “Et voici, la gloire du Dieu d’Israël s’avançait de l’orient. Sa voix était pareille au bruit des
grandes eaux, et la terre resplendissait de sa gloire.”

Cet Esprit qui animait les témoins se fait à nouveau entendre au jour du jugement :
• Lc. 11:31-32 “(31) La reine du Midi se lèvera, au jour du jugement, avec les hommes de cette
génération et les condamnera, parce qu'elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de
Salomon; et voici, il y a ici plus que Salomon. (32) Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement,
avec cette génération et la condamneront, parce qu'ils se repentirent à la prédication de Jonas ; et voici,
il y a ici plus que Jonas.”

c) Ces “grandes eaux” sont donc des voix multiples, celles de l’Epouse de tous les siècles
(les voix des saints immolés en font partie, Ap. 6:9), car il sera donné à celle-ci de prendre place comme
témoin à charge ou à décharge aux côtés du Juge en ce jour-là (Dan. 7:10).
Le Christ avait parlé par ces voix, et “au Jour du Seigneur” ces voix parlent encore.
Ces voix multiples sont à l'unisson de la Voix du Tonnerre divin (la Voix du Lion).
• Ps. 29:3-5 “(3) La voix de l’Eternel retentit sur les eaux (celles des orages proches), le Dieu de gloire fait
gronder le tonnerre ; l’Eternel est sur les grandes eaux. (4) La voix de l’Eternel est puissante, la voix de
l’Eternel est majestueuse. (5) La voix de l’Eternel brise les cèdres du Liban ….”
• Ps. 93:3-4 “(3) Les fleuves élèvent, ô Eternel ! les fleuves élèvent leur voix, les fleuves élèvent leurs
ondes retentissantes. (4) Plus que la voix des grandes, des puissantes eaux, des flots impétueux de la mer,
l’Eternel est puissant dans les lieux célestes.”
• Jér. 25:30 “L’Eternel rugira d’en haut ; de sa demeure sainte il fera retentir sa voix ; il rugira contre
le lieu de sa résidence ; il poussera des cris, comme ceux qui foulent au pressoir.”

Ces mêmes voix multiples et tumultueuses sont d'ailleurs décrites comme semblables à des
tonnerres, dans deux autres scènes de l'Apocalypse :
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -86-
________________________________________________

• Ap. 14:2 (4e Fresque, vision de l’Agneau sur Sion, avec 144 000 personnes marquées au front)
“J’entendis du ciel une voix, comme un bruit de grosses eaux, comme le bruit d’un grand Tonnerre ; et
la voix que j’entendis était comme celle de joueurs de harpes jouant de leur harpe.”
• Ap. 19:6-7 (à la fin de la 6e Fresque) “(6) Et j’entendis comme la voix d’une foule nombreuse, comme
la voix de grandes eaux, et comme la voix de forts tonnerres, disant : Alléluia ! Car le Seigneur Dieu, le
Tout-Puissant, a établi son règne. (7) Réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse et donnons-lui gloire,
car les noces de l’Agneau sont venues, et son épouse s’est préparée.”
Le mot “voix” (gr. “phone”) est employé une cinquantaine de fois dans l'Apocalypse.

1.16a. Et il avait dans sa main droite sept étoiles. …


Cinquième des 7 éléments corporels : la “main droite”.

Le mot “étoile” (gr. “aster”) apparaît 2 x 7 = 14 fois au total dans l’Apocalypse (1:16,20 bis ;
2:1,28 ; 3:1 ; 6:13 ; 8:10,11,12 ; 9:1 ; 12:1,4 ; 22:16).
La “main droite” dans la Bible, la main la plus forte (celle qui tient le sceptre ou l’épée) indique
que l'action est faite avec le maximum de la puissance possédée par celui qui agit.

a) Les “étoiles” sont des signes célestes placés par Dieu pour guider les hommes dans la
nuit. La vision fait ici allusion à une révélation de Daniel, et, indirectement, au récit de la
création :
• Dan. 12:3 “Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront
enseigné la justice à la multitude brilleront comme des étoiles, à toujours et à perpétuité.”
• Gen. 1:14-15 “Dieu dit : Qu'il y ait des luminaires (les élus) dans l'étendue du ciel, pour séparer le jour
d'avec la nuit ; que ce soient des signes (des messagers) pour marquer les époques, les jours et les années
(cf. le calendrier liturgique de Moïse); (15) et qu'ils servent de luminaires dans l'étendue du ciel, pour
éclairer la terre (les âmes d’ici-bas encore ignorantes). Et cela fut ainsi.”

S’il y a “7 étoiles” visibles, c’est qu’elles doivent briller durant tout le cycle (cf. la signification
symbolique du chiffre “7” dans le préambule), en attendant la venue du Soleil.
• Dans le songe du jeune Joseph (Gen. 37:9), 11 étoiles se prosternaient devant lui : lui-même était en
fait une 12e étoile, et ces 12 étoiles (= 6 x 2) représentaient l'ensemble du peuple élu de nature céleste, un
peuple d'hommes (chiffre “6”) témoignant (chiffre “2”) de l'Eternel et servant donc de signes pour
l'humanité, en attendant la venue en gloire du Christ.
• Comme les 12 tribus issues de Jacob, l'Assemblée née de l'Esprit de Christ est un peuple d'“étoiles”
(voir le commentaire d'Ap. 12:1 “Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la
lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête”).

b) L'image de la “main” qui soutient, est une allusion à un autre texte du Pentateuque :
• Deut. 33:3 “Oui, il aime les peuples ; tous ses saints sont dans ta main. Ils se sont tenus à tes pieds, ils
ont reçu tes paroles.”

C'est la “main droite” du Fils de l'homme qui communique son énergie (sa luminosité) aux
“étoiles” qu'elle soutient, dynamise et protège. Leur énergie a pour source celle qui anime le
corps entier du Fils de l'homme glorifié. Cette “main” est aussi embrasée que l’étaient les
pieds décrits précédemment. Mais elle peut guérir, caresser, soutenir, écrire, etc.
• Jn. 10:28 “Je donne (à mes brebis) la Vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les
ravira de ma main. (29) Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les
ravir de la main de mon Père (le Fils est la Main du Père).”

Cette “main droite” est celle qui détient l'autorité : en Ap. 2:1, c'est Christ qui “tient” (gr.
“krateo” = “détenir en son pouvoir”) les 7 Eglises dans sa main. Toute autorité vient de lui. Cette
“main” est celle du Berger qui protège les brebis et chasse le loup.
• Ex. 15:6 “Ta droite, ô Eternel ! a signalé sa force ; ta droite, ô Eternel ! a écrasé l’ennemi.”
• Ps. 118:15-16 “(15) Des cris de triomphe et de salut s’élèvent dans les tentes des justes : la droite de
l’Eternel manifeste sa puissance ! (16) La droite de l’Eternel est élevée ! La droite de l’Eternel manifeste
sa puissance !”
• Ps. 31:6 “Je remets mon esprit entre tes mains ; tu me délivreras, Eternel, Dieu de vérité !”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -87-
________________________________________________

Ces “étoiles” sont à la fois “dans” (gr “en” = “dans”, ici en 1:16) et “sur” (gr “epi” = “sur”, en 1:20)
sa main. Le bras est sans doute tendu (c'est ce qui permet à Jean de distinguer les étoiles dans cette scène
de lumière éclatante). Les “7 étoiles” sont dans cette main comme 7 Colombes prêtes à
s'envoler au moindre signe du Maître pour accomplir leur mission.
• La suite de la vision explique (Ap. 1:20) que ces “étoiles” sont des “anges”, c'est-à-dire des esprits
saints (éventuellement des humains) qui seront chargés de mission auprès des 7 Eglises.
• Là où elles seront visibles, elles apporteront le conseil dans la nuit.
Christ se présentera aux Eglises d’Ephèse (la 1ère) et de Sardes (la 5e) en rappelant que cette
autorité est l’un de ses Attributs (Ap. 2:1 et 3:1).
• Ap. 2:1 “Écris à l'ange de l'Église d'Éphèse : Voici ce que dit Celui qui tient (gr. : “krateo” = “détenir
sous son autorité”) les sept étoiles dans sa main droite, Celui qui marche au milieu des sept chandeliers
d'or:”

c) Ces étoiles sont, selon le v. 20, des anges (ou “messagers”) au service des 7 Eglises.
• Ap. 1:20 “Le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers d'or :
les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers sont les sept Églises.”
Dans la Bible, les “étoiles” désignent des hommes ayant une prééminence civile ou
religieuse sur terre, en particulier les guides envoyés au peuple de Dieu, avec des figures
dominantes à chaque étape de l’histoire du peuple de Dieu. Ce sont ceux qui jugent, c’est-à-
dire qui enseignent, exhortent, redressent et réconfortent les habitants de Sion.
Les “7 anges-étoiles” sont avant tout des hommes (mais ils sont protégés et guidés par des
créatures angéliques qui sont les mains de Dieu appartenant à la sphère des “7 Esprits” ; cf.
Act. 5:18, 8:26, 12:7, 27:23, etc.). Tout le peuple des élus est un peuple d’étoiles célestes !
De même que les 7 chandeliers en or représentent l'Assemblée parfaite, les 7 étoiles vues
par Jean représentent des ministères parfaits : en Eph. 4:11-12, Paul énumère 5 ministères
“donnés” par Jésus-Christ “pour le perfectionnement des saints” (“5” est le chiffre de l'Esprit, qui
est la dynamique de la Grâce). L'apôtre Paul était “reçu comme un ange de Dieu” par les Galates
(Gal. 4:14).
• De même que les “7 Eglises” forment une unité spirituelle manifestée durant tout le cycle avec
néanmoins des caractères spécifiques selon les époques, les 5 ministères de l’Esprit (les “7 étoiles”) sont
animés par un même Esprit au cours du cycle, mais, si leur message est toujours le même, il s'adapte aux
circonstances affrontées au cours du cycle par ces “7 Eglises”.
• Si Jean voit des “étoiles” parfaites, leurs manifestations humaines sur terre ne le sont pas. Ces “étoiles”
peuvent tomber à terre (cf. Dan. 8:10) ; il existe aussi de fausses étoiles qui ne sont que des astres errants
sans vie, de faux docteurs (Jude 13).
• Les “anges-étoiles”, ou “messagers-étoiles”, ne sont responsables d’un mauvais état de l’Eglise que
s'ils ne proclament pas le message inspiré par l’Esprit pour leur époque.
• Jésus-Christ a été l’Etoile parfaite, le Guide parfait, l’Astre sorti de Jacob (Nb. 24:17). Il est l'Etoile
polaire autour de laquelle tournent les “7 étoiles”. Dans la Chambre Haute, 120 étoiles sont nées.
Les ministères des “7 étoiles” sont totalement dépendants de la Main qui les soutient et les
tient. Dans la main de Christ, chaque “messager-étoile” sera une main ou un doigt du Christ.
• 2 Cor. 3:5-6 “(5) Ce n’est pas à dire que nous soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque
chose comme venant de nous-mêmes. Notre capacité, au contraire, vient de Dieu. (6) Il nous a aussi
rendus capables d’être ministres d’une nouvelle Alliance, non de la lettre, mais de l’Esprit ; car la lettre
tue, mais l’Esprit vivifie.”

1.16b. Et de sa bouche sortait une épée (gr. : “rhomphia” = “épée longue” ou “lance”, et non pas
“machaira” = “épée courte et pénétrante”, celle qui partage en Eph. 6:17) aiguë à deux tranchants ; …
Sixième des 7 éléments corporels : la “langue”.

a) Christ se présentera à l’Eglise de Pergame (la 3e) en rappelant cet attribut (Ap. 2:12,16).
• Ap. 2:12,16 “Écris à l'ange de l'Église de Pergame : Voici ce que dit Celui qui a l'épée aiguë, à deux
tranchants … - … Repens-toi donc ; sinon, je viendrai à toi bientôt, et je les combattrai (les Nicolaïtes
dans l'assemblée) avec l'épée de ma bouche.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -88-
________________________________________________

b) La langue, organe de la Parole, est présentée ici comme une “épée”. Dans le NT, il existe
deux sortes d'épée (toutes peuvent être à double tranchant) :
• Une épée courte (gr. : “machaira”, Ap. 6:4 ; 13:10 bis,14), une sorte de long poignard.
Cette lame peut couper avec précision, amputer sans tuer. C'est l'épée de l'Esprit en Eph. 6:17, celle qui
partage âme et esprit (qui sont pourtant indissociables) en Héb. 4:12. Mais c'est aussi celle qui cherche à
tuer les croyants (Rom. 8:35, Héb. 11:34-37), celle du magistrat (Rom. 13:4), celle qui a tué Jacques (Act.
12:2), celle avec laquelle un geôlier a voulu se suicider (Act. 16:27), celle que portait Pierre à Gethsémané
(Jn. 18:10), etc. (Cf. aussi Mt. 10:34 ; 26:47,51,52,55 ; Mc. 14:43,47,48 ; Lc. 21:24 ; 22:36,38,49,52).
• Une épée longue et large (gr. : “rhomphaia” ; Lc. 2:35 ; Ap. 1:16 ; 2:12,16 ; 6:8 ; 19:15,21), qui peut
être portée sur l'épaule. C'est une épée de destruction, de ravage. C'est celle qui sort ici de la bouche du
Fils de l'homme.
C'est cette longue épée qui a transpercé le cœur de Marie (Lc. 2:35). C'est l'une des armes de la
mort (Ap. 6:8). C'est celle que le Seigneur utilisera pour frapper les rebelles irréductibles (Ap.
19:15,21).

c) Cette longue épée “rhomphaia” n'est pas celle de la Parole qui bouleverse par sa vertu de
conviction, ce n'est pas celle de la Parole “pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures
et moelles” et “qui juge les sentiments et les pensées du cœur” des enfants de Dieu que l'Esprit
veut faire grandir (Héb. 4:12-13).
Mais c'est celle que le Verbe de Dieu emploie quand il déclare la guerre aux ennemis
intérieurs et extérieurs de son peuple.

Il est précisé que cette épée est “aiguë, acérée” (elle va jusqu'au cœur) et qu'elle a “deux
tranchants” (litt. : “deux bouches”), et donc que sa lame tranche à l’aller comme au retour.
Mais ce que souligne ce détail, ce n'est pas seulement la capacité destructrice d’un “double
tranchant”, mais le fait que sa puissance vient du témoignage (chiffre “deux”) qui justifie son
action violente.
Le chiffre “deux” doit ici être pris pour sa valeur symbolique, celle d'une puissance qui distingue la
vérité du mensonge, le jour de la nuit, l'adhésion au Verbe de l’adhésion à la rébellion impie, l'intérieur
de l'extérieur (c'est le sens de la seconde lettre de l'alphabet hébreu : “beth”), etc. C'est au second jour de
la création qu'eut lieu la séparation des eaux créées par Dieu : celles d'En-haut et celles d'en bas.

d) Cette “bouche” armée est une allusion à un texte d'Esaïe :


• Es. 49:2-3 “(2) (L’Eternel) a rendu ma bouche semblable à un glaive tranchant, il m’a couvert de
l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche aiguë, il m’a caché dans son carquois. (3) Et il m’a dit :
Tu es mon serviteur, Israël en qui je me glorifierai (l'Israël selon l'Esprit est identifié à son Roi).”

Cette langue en forme d'épée de combat qui sort de la “bouche” du Fils de l'homme est la
parole de Christ dirigée en condamnation contre ses ennemis dans l'Eglise (cf. Ap. 2:12 et 16,
dans la lettre à l’Eglise de Pergame) et hors de l'Eglise (cf. la bataille finale du Seigneur des seigneurs en Ap.
19:15) :
• Es. 11:4 “Il jugera les pauvres avec équité, et il prononcera avec droiture un jugement sur les malheureux
de la terre ; il frappera la terre de sa parole comme avec un bâton, et du souffle de ses lèvres il fera
mourir le méchant.”
Cette “bouche” est un fourreau : l’“épée” tirée fait descendre dans la fosse les méchants :
• Ps. 57:5 “Je suis au milieu d’hommes (les méchants) qui ont pour dents la lance et les flèches, et dont la
langue est un glaive tranchant.”
• 2 Thes. 2:8 “Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle (l'Epée de la colère
divine) de sa bouche, et qu’il écrasera par l’éclat de son avènement.”

1.16c. … et son visage était comme le soleil lorsqu’il brille dans sa force.
Septième élément corporel : le “visage”.
C’est ce même “visage” qui autrefois avait été outragé par les sbires du sanhédrin et par la
soldatesque romaine.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -89-
________________________________________________

Cette image est une allusion, une fois de plus, à la vision de l'Homme en vêtement de lin vu
par Daniel :
• Dan. 10:5-6 (déjà cité) “(5) Je levai les yeux, je regardai, et voici, il y avait un Homme vêtu de lin
(sainteté), et ayant sur les reins une ceinture d’or (divinité) d’Uphaz. (6) Son corps était comme de
chrysolithe, son visage brillait comme l’éclair, ses yeux étaient comme des flammes de feu, ses bras et ses
pieds ressemblaient à de l’airain poli, et le son de sa voix était comme le bruit d’une multitude.”

L'Esprit de Christ sera décrit en Ap. 10 sous la forme d'un Ange puissant, avec ce même
Attribut (et aussi avec l'Attribut des “pieds embrasés” d'Ap. 1:15) :
• Ap. 10:1-2 (entre la 6e et la 7e Trompette) “(1) Je vis un autre Ange puissant, qui descendait du ciel,
enveloppé d'une Nuée; au-dessus de sa tête était l'Arc-en-ciel, et son visage était comme le soleil, et ses
pieds comme des colonnes de feu. (2) Il tenait dans sa main un petit livre ouvert. Il posa son pied droit
sur la mer (les peuples ignorants), et son pied gauche sur la terre (l’Assemblée).”

a) Jean avait pu distinguer, dans la partie supérieure du Fils de l'homme glorifié, la chevelure,
puis les yeux de flamme, puis l'épée qui sortait à l'emplacement de la bouche. Mais il n'a pu
discerner aucun trait du “visage” (gr. “ophis” = aspect, apparence), tant la lumière émise était
violente, semblable à celle du “soleil” dans la plénitude de sa “puissance” (gr. “dynamis”).
D'ailleurs, il est à noter que Jean multiplie ici l'emploi de la conjonction “comme”, tant ce
qu'il contemple est éblouissant, et surtout étranger à l'expérience humaine naturelle.

b) C'était un privilège pour Jean de pouvoir contempler un tel “visage”. Jean n'a pas été placé
devant une telle vision pour qu’il reste de marbre. En fait, bien que dans un état de vision, il
lui était donné de ressentir dans toute son âme, la sainteté, la majesté, l’Intelligence qui
émanaient de cet Etre avec qui il avait autrefois marché et mangé en Palestine. Et Jean n'a pas
pu supporter une telle vision (cf. plus loin Ap. 1:17) !
Au cours de l'histoire, plusieurs chrétiens ont été au bénéfice de visions de Jésus-Christ (sans parler des
manifestations d'anges pris à tort pour Jésus). Ces personnes en ont été profondément marquées, et
cependant elles n'ont vu que des représentations accessibles à leur nature humaine encore imparfaite et
fragile.

c) Seuls les fils et les filles de Dieu, lors de l'ultime effusion de l'Esprit qui accompagnera le
retour de Jésus-Christ, pourront contempler la réalité céleste de la gloire de Jésus-Christ, et
en jouir sans se lasser, car leur nature aura reçu la capacité de l'embrasser :
• Rom. 8:18 “J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à
venir qui sera révélée pour nous.”
• Phil. 3:21 “(Le Seigneur Jésus-Christ) transformera le corps de notre humiliation, en le rendant
semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu’il a de s’assujettir toutes choses.”
• 1 Jn. 3:2 “Ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera
manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est.”

C’est devant cette Lumière que l’Eglise sera rendue capable de paraître sans tache et
irréprochable (cf. 1 Tim. 6:14) !
Pour les faux croyants et les ennemis du Verbe, une telle réalité sera insupportable, et,
devant le Soleil de justice, ils chercheront d'eux-mêmes à se dissimuler dans la caverne du
néant (cf. Es. 2:19, Ap. 6:15).
• Mal. 4:1-3 “(1) Car voici, le jour vient ardent comme une fournaise. Tous les hautains et tous les
méchants seront comme du chaume ; le jour qui vient les embrasera, dit l’Eternel des armées. Il ne leur
laissera ni racine ni rameau. (2) Mais pour vous qui craignez mon Nom, se lèvera le Soleil de la justice,
et la guérison sera sous ses ailes ; vous sortirez, et vous sauterez comme les veaux d’une étable, (3) et
vous foulerez les méchants, car ils seront comme de la cendre sous la plante de vos pieds, au jour que je
prépare, dit l’Eternel des armées.”
• Job 37:21-22 “(21) On ne peut fixer le soleil qui resplendit dans les cieux, lorsqu’un vent passe et en
ramène la pureté ; (22) le septentrion le rend éclatant comme l’or. Oh ! que la majesté de Dieu est
redoutable !”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -90-
________________________________________________

d) Jean avait déjà eu un aperçu de la gloire céleste du Fils de Dieu, lors de la Transfiguration :
• Lc. 9:29 “Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea, et son vêtement devint d’une éclatante
blancheur.” (= Mt. 17:2).
Voir aussi Ex. 34:29 (le visage de Moïse est devenu lumineux), Act. 9:3-7 et 26:13 (Paul n'a pas
pu supporter la Lumière sur le chemin de Damas).

C’est cette Lumière qui éclairera la Nouvelle Jérusalem (Ap. 21:23 “La ville n’a besoin ni du soleil
ni de la lune pour l’éclairer ; car la gloire de Dieu l’éclaire, et l’Agneau est son flambeau”).
La vision de Jean est le gage de la gloire à venir des élus (les pierres de la Jérusalem céleste) :
• Jg. 5:31 (chant de Débora) “Ceux qui l’aiment sont comme le soleil quand il paraît dans sa force.”

e) Les 7 éléments corporels du Fils de l'Homme décrits dans ces v.14 à 16 sont tous des
attributs d’un Magistrat (Jn. 5:22 “Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils …”).
C’est cet Etre glorieux qui, à partir du chapitre 2, va exposer selon quels critères il juge les
“7 églises d'Asie” (ceux qui se réclament de son Nom) et dénonce l’ennemi intérieur.
• Il est l'Agneau-Berger victorieux (aux “cheveux de laine blanche”) et lui seul peut juger les faux
bergers et les loups dans le troupeau.
• Il voit tout (avec ses “yeux comme des flammes”) et connaît donc les motivations les plus secrètes, et
lui seul peut juger avec équité.
• Il a affronté avec succès le feu de la justice et la mort (il est sorti de l’autel d’airain avec des “pieds
d'airain”) et lui seul peut donc condamner l'injustice et la mort.
• Il présente à la barre de nombreux témoins (avec la “voix comme de grandes eaux”), et toute bouche
sera fermée devant ses jugements.
• Il aime son peuple (les “étoiles dans sa main droite”) et il jugera par eux ceux qui touchent à la prunelle
de ses yeux.
• Il a la parole toute-puissante (la “grande épée”) et rien ne pourra s'opposer à ses décrets.
• Il a la majesté (le “visage comme le soleil”), et tout injuste ne pourra que s’effondrer devant lui.

E. Jean effondré mais consolé (1:17)


Le texte : Ap. 1:17
“Et quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Et il posa sur moi sa droite en disant : Ne
crains point !”

1:17a. Et quand je le vis, je tombai à (gr. “pros”) ses pieds comme mort. …
a) Même pour un apôtre, même devant une vision qui n'est qu'une représentation atténuée
de la Réalité, toute manifestation de l'Esprit de gloire est insoutenable pour l'homme non
encore semblable à Christ.
Jean se décrit “comme mort” car, dans cet état de vision, il ne sait même pas comment définir ce qui lui
arrive, ce qu’il ressent.

b) Cette expérience de la distance qui sépare la nature humaine de la Nature divine a été
vécue par d'autres hommes de Dieu :
Abraham (Gen. 17:3), Moïse et Aaron (Nb. 20:6), Josué (Jos. 5:14), Gédéon (Jg. 6:22-23), Manoach
(Jg. 13:20), David (1 Chr. 21:16), Job (Jb. 42:5-6), Esaïe (Es. 6:5-7), Ezéchiel (Ezéc. 1:28), Daniel (Dan.
8:17), le prêtre Zacharie (Lc. 1:12), les bergers (Lc 2:9), Pierre (Lc. 5:8), les deux Marie (Mc. 16:5), les
disciples (Mt. 17:6), Paul (Act. 9:4), et depuis deux mille ans par des chrétiens et des chrétiennes souvent
anonymes.

Jean était saint et aimé de Dieu, et cependant il est tombé aux pieds de Jésus glorifié !
• Ex. 33:20 “L’Eternel dit : Tu ne pourras pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre.”
• Dan. 10:8-11 “(8) Je restai seul, et je vis cette grande vision ; les forces me manquèrent, mon visage
changea de couleur et fut décomposé, et je perdis toute vigueur. (9) J’entendis le son de ses paroles, je
tombai frappé d’étourdissement, la face contre terre. (10) Et voici, une main me toucha, et secoua mes
genoux et mes mains. (11) Puis il me dit : Daniel, homme bien-aimé, sois attentif aux paroles que je vais te
dire, et tiens-toi debout à la place où tu es ; car je suis maintenant envoyé vers toi. Lorsqu’il m’eut ainsi
parlé, je me tins debout en tremblant.” (cf. aussi Dan. 8:17).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -91-
________________________________________________

c) Cet effondrement de Jean, un apôtre, n'est pas de même nature que la frayeur naturelle
qui s'empare parfois de personnes en contact pour la première fois avec le surnaturel divin :
• Mc. 16:5-6 “(5) Elles entrèrent dans le sépulcre, virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe
blanche, et elles furent épouvantées. (6) Il leur dit : Ne vous épouvantez pas.”
• Lc. 1:12-13 “(12) Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s’empara de lui. (13) Mais l’ange lui
dit : Ne crains point, Zacharie ; car ta prière a été exaucée.”
• Lc. 1:30 “L’ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu.” (cf. aussi Lc. 2:9-
10).

1:17b. Et il posa sur moi sa droite en disant : Ne crains point !


a) La “droite” (le mot “main” est sous-entendu) du Juge est aussi la “droite” du Médecin pour
ses bien-aimés, comme le montre la suite du verset.
C'est cette “main droite” qui tenait les “7 étoiles”. Elle communique sa puissance de
résurrection aux élus apparemment morts. L'Esprit a voulu que Jean (une “étoile”) témoigne de
cette expérience personnelle à cause du principe général qu'elle illustre : Jean va désormais
pouvoir faire l'œuvre de Christ, car il sera passé de la mort à la Vie.
• L'Eglise ne pourra accomplir pleinement l'œuvre à laquelle elle est appelée que lorsqu'elle aura reçu la
plénitude de l'Esprit de résurrection après la mort achevée du vieil homme déchu.
• Le rituel du baptême, avec ses deux faces, celle d'un ensevelissement et celle d'une résurrection, n'est pas
l'affaire d'un jour. C'est l'annonce que la vie du chrétien est une succession de petites morts et de petites
résurrections accompagnées à chaque fois d'une perception plus vivante des réalités de l'Evangile, et il en
résulte à chaque fois une métamorphose de la stature spirituelle.
• Ces expériences successives s'accompagnent nécessairement d'un jugement de soi-même (au regard des
perfections mieux perçues de Christ, et au regard de ce qu'il désire voir en son peuple). Cette dynamique est
sans fin. Les élus vivants lors des temps ultimes, ayant encore du “vieil homme” en eux, leur ravissement
final, vers la Présence Sainte du Trône, devra donc néanmoins être précédé d’une ultime repentance en
plénitude de Vérité, permettant une ultime purification, en Présence de la Perfection non voilée du Christ
dans les Nuées de Lumière. (1 Jn. 3:2, Ap. 1:7). Ce Yom Kippour précédera sans doute de peu
l’accomplissement d’un 8e Jour, encore tout aussi inconcevable, d’une Fête des Tabernacles.
• Lc. 5:8-10 “(8) Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, et dit : Seigneur, retire-
toi de moi, parce que je suis un homme pécheur. (9) Car l’épouvante l’avait saisi, lui et tous ceux qui
étaient avec lui, à cause de la pêche qu‘ils avaient faite. (10) … Alors Jésus dit à Simon : Ne crains
point ; désormais tu seras pêcheur d’hommes.”

b) L'enfant de Dieu découvre sans cesse plus profondément l'étendue désespérante de sa


faiblesse, de ses incapacités, mais aussi l’immensité grandiose du plan de grâce préparé par
Dieu : “Ne crains point !”
• Es. 41:10 “Sois sans crainte (Israël, mon serviteur), car je suis avec toi ; n’ouvre pas des yeux inquiets,
car je suis ton Dieu ; je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite victorieuse.”
• Dan. 8:18 “Comme il me parlait, je restai frappé d’étourdissement, la face contre terre. Il me toucha et
me fit tenir debout à la place où je me trouvais.”
• Dan. 10:12a,19 “(12a) Il me dit : Daniel, ne crains rien ; … (19) Puis il me dit : Sois sans crainte, homme
bien-aimé, que la paix soit avec toi ! Fortifie-toi, fortifie-toi ! Et comme il me parlait, je repris des forces et
dis : Que mon seigneur parle, car tu m’as fortifié.”

c) Jean a eu besoin d’être fortifié en voyant la gloire du Christ. Ce n’est pas un poing
menaçant qui se pose sur lui (aucune épée ne sort ici de sa bouche), mais une Main de bénédiction
qui a été autrefois percée et qui a le pouvoir de chasser toute crainte.
• Lc. 8:50 “Jésus, ayant entendu cela, dit au chef de la synagogue (Jaïrus) : Ne crains pas, crois seulement,
et elle sera sauvée.”

F. Le Christ-Juge se présente (1:18)


Le texte : Ap. 1:18
“Moi je suis le premier et le dernier, et le vivant. Et je fus mort ; et voici je suis vivant aux siècles
des siècles. Et je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -92-
________________________________________________

1:18a. Moi je suis le Premier et le Dernier, …


a) Le même “MOI JE SUIS” (gr. “ego eimi”, traduit en général : “Je suis”) se retrouve souvent
dans la bouche du Seigneur Jésus dans l’Evangile de Jean, le rédacteur de l'Apocalypse :
1. Je suis le Pain de Vie (Jn. 6:35,48,51) 5. Je suis la Résurrection et la Vie (Jn. 11:25)
2. Je suis la Lumière du monde (Jn. 8:12 et 9:5) 6. Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie (Jn. 14:6)8.
3. Je suis la Porte des brebis (Jn. 10:7,9) 7. Je suis le Vrai Cep de Vigne (Jn. 15:5)
4. Je suis le Bon Berger (Jn. 10:11,14)
S’y ajoutent des déclarations où l’expression “Je Suis”, par l’absence de complément, et dans certaines traductions,
est porteuse d’une allusion vertigineuse à la divinité de Jésus (faisant de ces scènes des quasi-théophanies) :
1. “Le Messie nous annoncera toutes choses … - … JE (SUIS (gr. : ego eimi) …” (Jn. 4:26)
2. “Ils virent Jésus marchant sur les eaux, ils eurent peur … - … JE SUIS (gr. : ego eimi), n’ayez pas peur …” (Jn. 6:20)
3. “Si vous ne croyez pas que JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés …” (Jn. 8:24)
4. “Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous connaîtrez que JE SUIS (gr. : ego eimi)…” (Jn. 8:28)
5. “Avant qu'Abraham fût, JE SUIS (gr. : ego eimi)…” (Jn. 8:58)
6. “Je vous le dis, avant que la chose arrive, afin que, … vous croyiez que JE SUIS. (gr. : ego eimi)” (Jn. 13:19).
7. “Qui cherchez vous ? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : JE SUIS (gr. : ego eimi) …. - Lorsque
Jésus leur eut dit : JE SUIS (gr. : ego eimi), ils reculèrent et tombèrent par terre. … - … Je vous ai dit que JE SUIS (gr. :
ego eimi). Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci.” (Jn. 18:5,6,8).

Jésus a toujours eu une haute et claire conscience de son identité et de sa position. S'il n'était
pas le Fils de Dieu annoncé par les prophètes, une telle accumulation de prétentions serait une
folie blasphématoire sans précédent.

b) Jésus-Christ révèle à Jean Sa Divinité, ce qui est la plus urgente des révélations, par ses
conséquences, qu’un homme puisse recevoir. Il l'avait déjà fait de Son vivant devant Israël :
• Jn. 8:58“Avant qu’Abraham fût, je suis.”

Le Titre “le Premier (gr. : “protos”) et le Dernier (gr. : “eschatos”)” est à comparer au Titre de
“l'Alpha et l'Oméga” que Dieu s'attribuait en Ap. 1:8 dans le prologue.
Avant de s'incarner en Jésus, le Verbe (qui est aussi la Sagesse de Prov. 8) était la Main de Dieu
manifestant, déjà “au commencement”, la Pensée de Dieu (Jn. 1:1).
• Jn. 1:1 “Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu.”
• Jn. 1:3 “Toutes choses ont été créées par le Logos, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui.”

D'ailleurs, au début et à la fin de l'Apocalypse, Jésus s'attribue ce Titre divin de “l'Alpha et


l'Oméga”, et répètera qu'il est “le commencement et la fin” (Ap. 1:8 ; 3:14 ; 21:5-6 ; 22:13) !
• Ap. 21:5-6 (7e Fresque, 1er Tableau) “(5) Et Celui qui était assis sur le Trône (Dieu, cf. Ap. 4:3) dit :
Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il dit : Écris ; car ces paroles sont certaines et véritables. (6) Et il
me dit : C'est fait ! Je suis l'Alpha et l'Oméga, le Commencement (gr. : “aeche”) et la Fin (gr. : “telos”).
A celui qui a soif je donnerai de la source de l'Eau de la Vie, gratuitement.”
• Ap. 22:13 (Epilogue) “Je suis l'alpha et l'oméga, le Premier et le Dernier (id. 1:18), le Commencement
(gr. “aeche”, la source, l’origine) et la Fin (gr. : “telos”, l’aboutissement, la finalité).”
• Col. 1:17-19 “(17) Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. (18) Il est la Tête du corps
de l'Église ; il est le Commencement, le Premier-né d'entre les morts, afin d'être en tout le Premier. (19)
Car Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui.”

Tout procède (tire son origine) du Père par le Verbe. Tout progresse vers le Père par le Verbe.
• Eph. 1:10 “… pour le mettre [le mystère de la volonté de Dieu] à exécution lorsque les temps seraient
accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les Cieux et celles qui sont sur la terre.”
• Col. 1:15-17 “(15) Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. (16) Car en lui
tout a été créé, ce qui est visible et ce qui est invisible, trônes, souverainetés, principautés, pouvoirs. Tout
a été créé par lui et pour lui. (17) Il est avant toutes choses, et tout subsiste en lui.”

c) Celui (ici Jean) qui entend cette Voix doit être conscient de la gloire de Sa Source. Dans
l'AT, le Titre “le Premier et le Dernier” n'est cité que par Esaïe qui ne l'attribue qu'à YHVH.
• Es. 41:4 “Qui a fait et exécuté ces choses ? C’est celui qui a appelé les générations dès le commencement,
moi, l’Eternel, le premier et le même jusqu’aux derniers âges.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -93-
________________________________________________

• Es. 44:6 “Ainsi parle l’Eternel, roi d’Israël et son Rédempteur, l’Eternel des armées : Je suis le Premier
et je suis le Dernier.”
• Es. 48:12 “Ecoute-moi, Jacob ! Et toi, Israël, que j’ai appelé ! C’est moi, moi qui suis le Premier, c’est
aussi moi qui suis le Dernier.”
• Ps. 93:2 “Ton Trône est établi dès les temps anciens ; tu existes de toute éternité.”

d) Ces paroles (“ne crains point”) doivent restaurer et rassurer Jean et tout disciple. Ce sont des
paroles de Rédemption et d'encouragement : il nous a aimé le premier, et il aura le dernier mot
en faveur de ceux qui sont unis à lui.
• 1 Jn. 4:19 “Pour nous, nous l'aimons, parce qu'il nous a aimés le premier.”

1:18b. … et le Vivant. …
a) Dans le NT, le mot grec “zoe”, la vie, est l'antithèse de la mort (gr. : “thanatos”) et désigne
la vie dans toutes ses manifestations (depuis celle de Dieu jusqu'à celle des végétaux). Elle est active
par nature (comme tout souffle). Toute vie (et même toute existence) a sa source en Dieu, “le Vivant”,
mais elle est distribuée de manière diverse dans ce qui est qualifié de “vivant”.
Dans le NT, le mot grec “bios” désigne la vie telle que les païens l’observent et la conçoivent dans ses
manifestations terrestres.

Tout ce qui a cette vie (gr. : “zoe”) a l'existence, mais tout ce qui existe n'a pas la vie. Satan
existe, mais il n'est plus qu'un principe de mort et donc de dissolution et d'anéantissement.

b) C'est avec ce second Titre divin, “LE Vivant” (avec article), que Jésus se présente dans ce
verset à Jean (le premier Titre cité étant : “LE Premier et LE Dernier”).
• Jn. 5:26 “Comme le Père a la Vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la Vie en lui-même.”

“LE Vivant” (gr. “o zon”, participe présent du verbe “zao” = “vivre”) étant aussi l’origine unique de
toute Vie, ne peut apporter que la Vie (gr. “zoe”) éternelle : il est le Vivifiant ! De même, étant
“Amour” (la couleur de sa Vie), il a créé l'homme en l’aimant et pour qu'il soit “Amour” ! C'est
cela que la chute en Eden a saccagé. Confusément, l'homme déchu aspire à cette vie et à cet
amour dont il ignore pourtant presque tout.

Il est LE Vivifiant par son action (en particulier envers les hommes), il est LA Vie par sa Nature.
Seule une expérience spirituelle peut conduire l’homme au-delà de ces concepts et lui faire
goûter aux réalités ultimes que ces mots recouvrent.
• Job 19:25 “Je sais que mon Rédempteur est vivant, et qu’il se lèvera le dernier sur la terre.”
• Jn. 1:4 “Dans le Verbe était la Vie (gr. : “zoe”), et la Vie était la Lumière des hommes (l'absence de
cette Vie signifie les Ténèbres).”
• Jn. 5:24 “Celui qui écoute ma parole, et qui croit à Celui qui m’a envoyé (et qui est Vie par nature), a
la Vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la Vie.”
• Jn. 14:6 “Je suis le Chemin, la Vérité (la Réalité cachée de toutes choses), et la Vie (gr. : “zoe”).”
• Jn. 14:19 “Encore u peu de temps, et le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me verrez, car je vis,
et vous vivrez aussi.”

1:18c. Et je fus mort (gr. : “nekros”) ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. …
a) Jésus proclame un 3e Titre de sa gloire : il est celui que nulle mort n’a pu retenir.
C'est un cri de victoire absolue de la Vie. Jean n'a pas à craindre la mort (spirituelle ou
physiologique) ! Les enfants de Dieu n'ont plus rien à craindre d’elle ! C'est aussi à eux que, au
travers de Jean, Jésus dit : “Ne craignez pas !”
• Rom. 8:34 “Qui les condamnera (qui condamnera les enfants de Dieu) ? Christ est mort ; bien plus, il
est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous.”
• Héb. 7:24-25 “(24) Mais lui, parce qu’il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n’est pas
transmissible. (25) C’est aussi pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approche de Dieu par
lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -94-
________________________________________________

b) C'est par son incarnation que “LE Vivant” a expérimenté l’état d’homme “mort” (gr. :
“nekros”, adjectif ; et non pas “thanatos” comme à la fin du verset) et acquis l’état d’homme “redevenu
vivant” pour toujours. Cela n’était jamais arrivé auparavant.
Il “fut mort” (litt. : “J'ai été, je suis devenu, je fus mort”) en raison du péché de l'humanité déposé sur lui
avec son consentement.

La résurrection de Jésus prouve :


• Qu'en fait il était Saint et pur de tout péché en lui, contre Dieu et contre autrui.
• Qu'il avait en lui-même le principe même d'une Vie impérissable, et qu'il était donc bien le Vivant
par Essence comme il vient de l'affirmer.
• Que les 7 étoiles dans sa main droite (celle qui a touché Jean), sont dans une sécurité absolue.

C'est le troisième Titre que Jésus revendique pour lui-même dans ce verset, faisant de lui la
Divinité faite Homme. Preuve a été donnée que Jésus est le “Prince de la Vie” (Act. 3:15).
• 2 Cor. 13:4 “Car il a été crucifié à cause de sa faiblesse, mais il vit par la puissance de Dieu …”
• Deut. 32:40 “… Je vis éternellement.”

C’est cet Attribut que Jésus rappellera dans la lettre à l’Eglise persécutée de Smyrne (la 2e,
Ap. 2:8 “Voici ce que dit le Premier et le Dernier, celui qui était mort, et qui est revenu à la Vie.”).

c) C'est paradoxalement par sa mort à Gethsémané et à la Croix, qu'il a définitivement


vaincu la mort et le Hadès.
• Rom. 6:9 “Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui.”
• Col. 2:14-15 “(14) Il a effacé l’acte (la Loi du Sinaï) dont les ordonnances nous condamnaient et qui
subsistait contre nous, et il l’a détruit en le clouant à la croix (la mort n’a plus de cible légitime parmi les
enfants de Dieu) ; (15) il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en
spectacle, en triomphant d’elles par la croix (elles ne peuvent plus contester le Plan de Dieu).”
• 1 P. 3:22 “Il est à la droite de Dieu, depuis qu’il est allé au ciel, et que les anges, les autorités et les
puissances lui ont été soumis.”

La mort étant une dynamique de non-être, d’anéantissement, elle entraîne dans son néant
ceux qui rejettent l'Esprit de Vie.
Mais la mort a perdu sa raison d’être face à la Vie sainte de Christ (et donc face à ceux qui sont
en lui). Son aiguillon n'a trouvé que perfection, et la mort n'a finalement piqué qu'elle-même.
• Act. 2:24 “Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il
soit retenu par elle (car lui-même avait été un Homme parfait).”
• Act. 2:27 “Tu n’abandonneras pas mon âme dans le séjour des morts, et tu ne permettras pas que ton
Saint voie la corruption.” (cf. Ps. 16:8-11).
• 2 Tim. 1:10 “Notre Sauveur Jésus-Christ a détruit la mort (gr. “thanatos” = la mort, la morbidité) et a
fait resplendir la Vie et l’immortalité par l’Evangile.”
• Héb. 2:14-15 “(14) Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également
participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire, le
diable, (15) et qu’il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la
servitude.”

d) Etant “LE Vivant”, Jésus-Christ ne peut être que “vivant” (gr. : “zoe”, adjectif) et “LE”
dispensateur de Vie. Satan n'étant que “LA Mort” ne peut être que “mort” et dispensateur de
mort et donc de dissolution.

Selon la Pensée qui a présidé à la création de l'homme, “vivre” n'est pas concevable pour
l'homme sans qu’il soit irrigué en permanence par l'Esprit de Christ, et sans aimer comme Jésus
a aimé le Père et les autres hommes.
• 1 Jn. 3:14 “Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères”,
car “l’amour ne périt jamais” (1 Cor. 13:8).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -95-
________________________________________________

e) La Bible ne spécule pas sur la notion d'éternité. L'expression “aux siècles des siècles” (gr.
“eis tous aionas ton aionon” = “jusqu'aux âges des âges” ; id. 1:6 “à lui soient la gloire et la puissance, aux
siècles des siècles”) indique la durée la plus longue que l'intelligence humaine naturelle soit
capable de concevoir sur terre.
• Le mot grec “aion” (traduit “siècle, âge”) a pour racine “ao” = “souffler”. “Aion” désigne donc la
durée d'un souffle de vie humaine, et, par extension, une durée non mesurable (passée ou future).
• La notion de vie y est toujours attachée.

1:18d. Et je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts.


C'est le quatrième Titre (après “le Premier et le Dernier”, le “Vivant”, le “revenu à la Vie pour
toujours”) que Jésus revendique pour lui-même, et qui est une autre conséquence de sa victoire
sur le Serpent ancien.

a) La “mort” (gr. “thanatos”, et non pas “nekros”) désigne ici, non pas le Serpent, mais un attribut
du Serpent, une puissance d’asservissement à la souillure, d’éloignement de Dieu sans retour,
et pour finir d’anéantissement. Est “mort”, tout ce qui est contraire à la Nature divine, aux
commandements divins.
• Ap. 6:8 (4e Sceau) “Je regardai, et voici, parut un cheval d'une couleur pâle. Celui qui le montait se
nommait la mort, et le séjour des morts l'accompagnait. Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre,
pour faire périr les hommes par l'épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre.”

L’opposé de cette “mort” (synonyme du “péché”) est la Vie, un Attribut de Dieu et de Christ.
“Détenir” la “clef de la mort”, c'est avoir désarmé cette puissance de souillure, en écrasant
le Serpent et son emprise sur les âmes. C’est ouvrir la porte au Souffle de purification.
Cette “mort” n'appartient pas à la création originelle, mais est une intrusion de la non-vie, de la non-
lumière, de la non-réalité, etc., dans la création.

b) Le mot grec “Hadès” (synonyme de l'hébreu “sheol”), traduisible par : “le tombeau” ou “le
séjour des morts”, désigne, non pas un lieu géographique, mais plutôt un état de
décomposition irréversible à l'œuvre dans l'âme (la décomposition des corps dans la tombe n'est que le
reflet visible de cet état).
Détenir la “clef du Hadès”, c'est avoir autorité pour inverser les effets dans l’âme du venin
de la dissolution. La restauration en gloire des corps des saints en sera l'ultime manifestation.
Les résurrections du fils de la veuve de Naïn, de la fille de Jaïrus, de Lazare, ont été les signes avant-
coureurs de cette autorité donnée à Jésus-Christ. La résurrection de Jésus-Christ est le gage qu'il
ressuscitera ses élus. Voir ci-après la note sur le Hadès (ou Shéol).

c) La puissance de résurrection est la “clef” du “séjour des morts” et de tout autre


“captivité”.
Cette “clef” est aussi appelée par Esaïe (Es. 22:22) la “clef de David”, par allusion au Psaume
messianique (Ps. 16:10) où David proclame sa victoire sur le séjour des morts :
• Ps. 16:10 “Car tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts (= “sheol”, traduit “hadès” en Ac.
2:27), tu ne permettras pas que ton bien-aimé voie la corruption.”
• Es. 22:22 “Je mettrai sur son épaule (celle du serviteur de l’Eternel portant la poutre, le verrou du
tombeau) la clef de la maison de David ; quand il ouvrira, nul ne fermera ; quand il fermera, nul
n’ouvrira.”
• Mt. 16:18 “Les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle (l’Eglise du Christ).”

La clef a été prise au geôlier (le “Serpent ancien”) qui a été dépouillé de son emprise (“la mort”)
et qui ne peut s'opposer à l'ouverture de ses cachots (“le Hadès”).
• Ez. 37:13-14 “Vous saurez que je suis l’Eternel, lorsque j’ouvrirai vos sépulcres (héb. “keber”), et que
je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple ! Je mettrai mon Esprit en vous, et vous vivrez ; je
vous rétablirai dans votre pays (Sion), et vous saurez que moi, l’Eternel, j’ai parlé et agi, dit l’Eternel.”
• Mt. 28:18 “Tout pouvoir m’a été donné dans le Ciel et sur la terre.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -96-
________________________________________________

• Eph. 1:20-22 “(20) Dieu a déployé sa puissance en Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant
asseoir à sa droite dans les lieux célestes, (21) au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute
puissance, de toute dignité, et de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais
encore dans le siècle à venir. (22) Il a tout mis sous ses pieds, et il l'a donné pour Chef suprême à
l'Église …”
• Héb. 2:14-15 “Il a également participé lui-même (au sang et à la chair), afin que, par la mort, il anéantît
celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il délivrât tous ceux qui, par crainte de la
mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude.”
• Ap. 20:13-14 (7e Fresque) “(13) La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le séjour des morts
rendirent les morts qui étaient en eux ; et chacun fut jugé selon ses œuvrées. (14) Et la mort et le séjour
des morts furent jetés dans l'étang de feu. C'est la seconde mort, l'étang de feu (l'annihilation).”

Ni la volonté, ni le courage, ni l'humanisme, ni la philosophie, ni la science, ni la célébrité,


ni la morale, ni la religiosité naturelle, ne détiennent cette clef.

Note sur le “Hadès” ou “Shéol”

1) Le mot hébreu “shéol” est utilisé 65 fois dans l’AT, et le mot grec “hadès” 11 fois dans le NT dont
4 fois dans l’Apocalypse (en Ap. 1:18 ; 6:8 ; 20:13,14).

2) Le “shéol” est plus que le “tombeau” visible : en effet, la “tombe” proprement dite (ou “tombeau”
ou “sépulcre”) est rendue par le mot “keber” en hebreu et “taphos” en grec. Le “sheol” désigne tout le
domaine mystérieux de la mort, dont le sépulcre et la décomposition ne sont que la partie visible (d'où
aussi sa localisation “en bas”, c'est-à-dire “en terre”). Tous les humains doivent passer par le “shéol”.

3) Il a été suggéré, à partir du récit de l’homme riche et de Lazare (Lc. 16:19-31), que le “shéol” se
subdivise en un séjour pour les méchants et en un séjour pour les justes (ou “sein d’Abraham” ou
“paradis”) séparés par un “abîme”. C’est oublier que ce récit est une parabole où chaque détail est
symbolique (y compris les noms propres). Le texte est avant tout un avertissement adressé par Jésus au
peuple d’Israël tout entier (voir à ce sujet, sur le même site, l’étude sur les “4 Evangiles, étude n° 181”).

4) Quant au “hadès”, il a, dans le NT, exactement le sens du mot “shéol”. Ce n’est donc pas l’usage grec
païen du mot “hadès” qui doit être appliqué. C’est vrai aussi du mot “enfer” (dérivé du latin) avec ses
grossières descriptions issues de traditions païennes rejetées par Moïse et par les autres écrivains sacrés.

5) Le “hadès” ne doit pas être confondu avec la “géhenne” (gr. : “geenna”, héb. “Ghi-Hinnom” ou
“vallée de Hinnom”) un lieu au sud de Jérusalem où les immondices étaient détruits par la chaleur de la
décomposition intérieure et par les vers. Jésus y fait souvent allusion pour prophétiser les souffrances du
peuple juif dans l’exil ignominieux au milieu de la Géhenne des Nations impures. La même remarque
doit être faite à propos d’un lieu “de pleurs et de grincements de dents” (Mt. 22:13), ou à propos des
“ténèbres du dehors” (Mt 8:12).

Le “hadès” ne doit pas être confondu avec le “lac de feu et de soufre” (Ap. 19:20 ; 20:10,14-15 ; Dan.
2:34-35 ; Mt. 25:41) qui est l’image d’un processus de destruction irréversible.
L’“abîme” ou “puits” dans l’Apocalypse (Ap. 9:1-11 ; 11:7 ; 17:8 ; 20:1-3,7) représente non pas un lieu,
mais plutôt la matrice mystérieuse des Ténèbres, le cœur insondable et agité du mal, et l’ensemble des
peuples étrangers à l’Alliance.
Le “Tartare” était une prison infernale de la mythologie grecque. En 2 P. 2:4 (cf. Jude 6) Pierre a forgé
le verbe “tartariser” qui suggère une condamnation à la plus profonde déchéance, infligée à des anges,
mais les avis sont divers quant à la nature de ces anges et à la nature de cette peine.

G. L’ordre de mission adressé à Jean (1:19 à 20)


Le texte : Ap. 1:19-20
“(19) Ecris donc ce que tu as vu, et ce qui est, et ce qui doit arriver ensuite, (20) le mystère des sept
étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers d’or. Les sept étoiles sont les
anges des sept Eglises, et les sept chandeliers sont les sept Eglises.”

a) Selon plusieurs commentateurs, le verset 19 énoncerait les trois parties du plan du livre :
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -97-
________________________________________________

1) “ce que tu as vu” (ou : “les choses que tu as vues”), c'est-à-dire la vision précédemment
décrite du chandelier et du Fils de l'homme glorifié (1:10 à 1:20, soit au total 10 versets),
2) “ce qui est” (ou : “les choses qui sont”) : ce qui se déroule dans l'Eglise, et qui serait
exposé dans les Lettres aux 7 Eglises (chap. 2 et 3, soit 51 versets),
3) “ce qui doit arriver” (ou : “les choses qui doivent arriver”) à l'époque du retour de Christ
(chap. 4 à 22, soit plusieurs centaines de versets).
L'expression “ensuite” (gr. “meta tauta”) au verset 4:1 (“Je te montrerai ce qui doit arriver
ensuite”) serait la confirmation de ce découpage.
Mais un tel plan serait totalement déséquilibré. Quant à l’expression “ensuite” (= “après ces
choses”), elle est employée bien d’autres fois dans ce Livre (4:1 ; 7:1,9 ; 11:11 ; 15:5 ; 18:1 ; 19:1 ;
20:3), et ne suffit pas à justifier un tel plan.
Par ailleurs, si l’Esprit voulait annoncer un tel plan, il dirait plutôt : “ET (or cette conjonction est
ici absente) ce qui était (et non pas “ce que tu as vu”), et ce qui est, et ce qui doit arriver”.

b) Il semble plutôt que “ce que tu as vu” représente, comme en 1:2, l’ensemble de la vision,
c’est-à-dire à la fois (“et … et”) ce qui est et ce qui sera, c'est-à-dire la victoire du Seigneur,
le jugement des méchants, la glorification des élus. Tout cela est déjà vrai chaque jour, et
cependant n'a pas encore atteint sa plénitude.
“Ce que tu as vu” (litt. : “les choses que tu as vues”) désigne donc à la fois : “et ce qui est (litt. :
“les choses qui sont”), et ce qui doit arriver (litt. : “les choses qui doivent arriver”) ensuite”. Ce Livre
est un double témoignage (ce qui est, est ce qui sera), qui couvre du début à la fin, l’ensemble de
l’histoire de l’Eglise (voir le “Préambule” de l’étude, §A, la première clef de lecture de l'Apocalypse).
Il est vrai toutefois que, plus on avance dans l'Apocalypse, et plus les détails sur la fin du
cycle sont précis et prédominants. C'est parce que chacune des 7 Fresques de l'Apocalypse
récapitule à chaque fois l'histoire de l'Assemblée sous un angle différent, mais avec un
crescendo dramatique d'une Fresque à la suivante.

1:19a. Ecris donc ce que tu as vu (même verbe qu’en Ap. 1:2), …


a) Le commandement est impératif : le message est donc capital pour l'Assemblée de tous
les âges.
Ce qui est ainsi “écrit” doit donc impérativement être lu et reçu (“Que celui qui a des oreilles
entende”).
Un commandement similaire avait été adressé à Moïse après la victoire de Josué (une
préfiguration de l'Esprit de Christ) dirigeant les Hébreux (préfiguration de l'Eglise) contre Amalek (un
descendant d’Esaü, et donc d’Isaac, mais aussi une image de l'Ennemi irréductible du peuple de Dieu).
Ex. 17:14 “L'Éternel dit à Moïse : Écris cela dans le livre, pour que le souvenir s'en conserve, et déclare
à Josué que j'effacerai la mémoire d'Amalek de dessous les cieux.”

b) Il n'est pas dit à Jean de mettre par écrit ce qu'il voit (au présent), ni ce qu'il aura vu (au
futur) mais ce qu'il “a vu” (au passé).
Jean ne va hélas en effet rien voir de nouveau. Il va voir ce qu'il a déjà vu en germe depuis
qu'il a été appelé à suivre Jésus, en particulier en Israël, puis dans les premières communautés
chrétiennes d'Asie. Mais la vision de Patmos va mettre dans une grandiose perspective ces
premiers éléments déjà vécus de l’histoire.
• 1 Jn. 1:xx “(3) Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, à vous aussi, afin que vous
aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus
Christ. (4) Et nous écrivons ces choses, afin que notre joie soit parfaite.”

1:19b. … et ce qui est, et ce qui doit arriver (ou : “sur le point d’arriver”) ensuite, …
a) Ce que Jean “a vu”, c'est à la fois “ce qui est” et “ce qui doit arriver”.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -98-
________________________________________________

Il n’est pas dit : “ce que tu verras” mais “ce qui est et sera”. Il n’est donc pas question d’aller enquêter,
mais de rendre compte d’une enquête, déjà faite par l’Esprit, sur l’état des lieux, sur une situation et sur
ses dynamiques irréversibles.

Le passé (“ce que tu as vu”) annonçait le présent (“ce qui est”) et le futur (“ce qui doit arriver”), car
ce sont les mêmes principes spirituels qui sont en action depuis le début de l'Evangile (et même
depuis le Jardin d'Eden).
Chacune des 7 Fresques du Livre de l'Apocalypse décrit “ce qui est” depuis le début, et donc
“ce qui doit arriver” jusqu'à la fin.

La fin scellera pour l'éternité les destins des élus et des réprouvés, et c'est donc tout
naturellement que la vision se focalisera de plus en plus (même aux regards d’une lecture superficielle)
sur les évènements ultimes qui concerneront chaque vie individuelle, et l’existence de toute
la collectivité du peuple se réclamant (à tort ou à raison) de l'Evangile.

b) Dans chacune des 7 Fresques, la chronologie est ainsi toujours la même : Satan a déjà été
vaincu à la Croix, mais il reste actif, et le peuple se réclamant de Dieu est donc obligé de
soutenir un combat (la grande tribulation qui dure depuis deux mille ans).

C'est à la fin que les destins des vainqueurs et des vaincus sont pleinement manifestés, avec
en apothéose la manifestation de la Nouvelle Jérusalem dans le dernier chapitre.

c) Chacune des 7 Fresques couvre l’ensemble du “Jour du Seigneur” (Ap. 1:10), un Jour
qui a commencé lors de l’Ascension de Jésus, et qui se terminera par les jugements et la gloire
finale (cette fin constituera le dénouement du Jour du Seigneur). Il en avait été ainsi pour le Jour de
l'Eternel annoncé par Joël pour le cycle d'Israël.

d) Cette clef de lecture permet, par exemple, de découvrir dans les 7 Lettres aux 7 églises
d'Asie, des principes spirituels applicables à toutes les époques de l’histoire de l’Eglise issue
des Nations, mais aussi d’y découvrir les grandes lignes de l’évolution dramatique de l’état
général de cette Eglise universelle.

Chacune des 7 Lettres aux 7 Eglises présente ces deux volets : ce que sont les choses (déjà du
temps de Jean, avec les éloges et les reproches), et les choses qui vont s’ensuivre (avec des recommandations,
des menaces, des promesses).

1:20a. … le mystère (gr. : “mysterion”) …


a) “Les choses qui sont et les choses qui doivent arriver ensuite” (1:19) concernent tout le
cycle du christianisme. Elles concernent en premier lieu les “7 étoiles” que Jean vient de
compter dans la main droite du Fils de l'homme, et qui représentent les “7 messagers des 7
Eglises”. Elles font l'objet du premier Septénaire qui va s'ouvrir au verset suivant.
Dans l'Apocalypse, Jean donne souvent des explications qui permettent au lecteur de
décrypter la portée de telle ou telle image ; ici, Jean va expliquer que les “étoiles dans la main”
sont des Eglises. Et cependant il les qualifie de “mystère” (au singulier).
L'Apocalypse ne qualifie de “mystère” que 4 éléments parmi les nombreuses images exposées : le mystère
des étoiles dans la main de Jésus (ici, Ap. 1:20), le mystère de Dieu (Ap. 10:7), le mystère du nom sur le
front de la Prostituée (Ap. 17:5), et le mystère de cette femme et de la Bête qui la porte (Ap. 17:7).

b) Dans la Bible, un “mystère” est une réalité exposée depuis longtemps dans ses écrits (ce
n'est donc pas un secret absolu au sens habituel du terme), mais de telle sorte qu'il est nécessaire que
l'entendement humain soit ouvert, pour que ce qui était écrit en toutes lettres prenne soudain
tout son sens.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -99-
________________________________________________

• Il y avait par exemple des siècles que les Ecritures annonçaient la greffe des Nations sur l'Olivier de la
révélation et de la promesse faite à Abraham, mais il a fallu la conversion de Corneille pour que ce
“mystère” (Eph. 3:6) soit dévoilé devant l'apôtre Pierre et ses compagnons.
• Par contre, la succession de 7 ans d'abondance et de 7 ans de sécheresse en Egypte était, non pas un
“mystère” mais un secret total dévoilé par le don prophétique de Joseph (cf. Dan. 2:47).
• C'est Dieu qui choisit à qui et quand dévoiler un “mystère” qu'il a depuis longtemps publié !
• Le “mystère” des étoiles-messagers n'a donc rien de secret : mais c'est une réalité dans laquelle baignent
les chrétiens, une réalité déjà expérimentée par Israël, et donc déjà relatée, mais dont les chrétiens n'ont
pas encore pris pleinement conscience qu’elle s’appliquait aussi à eux : cette réalité (ce mystère) est celle
de l’hybridation et de la décadence de l’Assemblée.

Le mot “mystère” est utilisé 27 fois dans le NT (dont 4 fois dans l'Apocalypse).
• 1 Cor. 4:1 “Qu’on nous regarde comme des serviteurs de Christ, et des dispensateurs des mystères (et
non pas des secrets) de Dieu.”
• 1 Cor. 2:7 “Nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse (litt. : “en mystère”) et cachée, que Dieu,
avant les siècles, avait destinée pour notre gloire.”

c) Le NT cite au moins 11 mystères, souvent imbriqués et apparentés, dont un a été révélé


par le Christ, deux par Jean, et huit par Paul :
n°1. Le mystère de la piété (ou mystère de l’incarnation, ou mystère de la foi), déjà révélé :
• 1 Tim. 3:16 “Sans contredit, le mystère (le ressort vital) de la piété est grand : Celui qui a été manifesté
en chair, justifié (sa perfection a été confirmée) par l’Esprit, vu des anges, prêché aux Gentils, cru dans
le monde, élevé dans la gloire.”
• 1 Tim. 3:9 “Les diacres doivent conserver le mystère de la foi (l’adhésion vitale à l’œuvre du Christ)
dans une conscience pure.”
• Col. 2:2 “Qu’ils soient enrichis d’une pleine intelligence pour connaître le mystère de Dieu, savoir
Christ (l’Onction divine manifestée en plénitude dans un Homme), en qui sont cachés tous les trésors de
la sagesse et de la science.”
• Col. 4:3 “Priez en même temps pour nous, afin que Dieu nous ouvre une porte pour la parole, en sorte
que je puisse annoncer le mystère de Christ (son œuvre, son Royaume, ses lois), pour lequel je suis dans
les chaînes, et le faire connaître comme je dois en parler.”
Ce mystère a été exposé par Jésus : “Celui qui m’a vu a vu le Père” (Jn. 14:9).

n°2. Le mystère de la Naissance d’En-haut offerte aux non-Juifs (Joël, Jérémie, Ezéchiel
avaient déjà annoncé l’avènement de cette Naissance pour les Juifs), maintenant révélé, manifesté :
• Col. 1:26-27 “… (26) afin que j’annonce pleinement la parole de Dieu, le mystère caché de tout temps
et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints, (27) à qui Dieu a voulu faire connaître quelle
est la glorieuse richesse de ce mystère parmi les païens, savoir : Christ en vous, l’espérance de la gloire.”
Paul a exposé la portée de ce mystère : “J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi
qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de
Dieu, qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi” (Gal. 2:20).

n°3. Le mystère du Corps de Christ (ou mystère, déjà révélé, de l’union des Juifs et des Nations en
un seul Corps).
C'était un mystère étonnant pour les Juifs. La bénédiction des Gentils par Israël n’a jamais
été un secret (elle avait déjà été annoncée en Gen. 12:3 ; 22:18 ; 26:4 ; Deut. 32:8 ; Ps. 18:49, 67:2, 72:17,
117:1 ; Es. 11:10, 49:6 ; Lc 2:32 ; Rom. 15:8-12).
Ce qui était surtout impensable, c’était le statut impliqué de “cohéritiers” :
• Eph. 3:3-9 “(3) C’est par révélation que j’ai eu connaissance du mystère sur lequel je viens d’écrire en
peu de mots. (4) En les lisant, vous pouvez vous représenter l’intelligence que j’ai du mystère de Christ.
(5) Il n’a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations, comme il a été révélé
maintenant par l’Esprit aux saints apôtres et prophètes de Christ. (6) Ce mystère, c’est que les païens
sont cohéritiers, forment un même Corps, et participent à la même Promesse en Jésus-Christ par
l’Evangile, dont j’ai été fait ministre selon le don de la grâce de Dieu, qui m’a été accordée par l’efficacité
de sa puissance. (8) A moi, qui suis le moindre de tous les saints, cette grâce m’a été accordée d’annoncer
aux païens les richesses incompréhensibles de Christ, (9) et de mettre en lumière quelle est la dispensation
du mystère caché (pas de façon absolue) de tout temps en Dieu …”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -100-
________________________________________________

n°4. Le mystère des sept étoiles et des sept chandeliers d’or, en cours de révélation :
• Ap. 1:20 “(Ecris) le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers
d’or. Les sept étoiles sont les anges des sept Eglises, et les sept chandeliers sont les sept Eglises.”
C’est le mystère de l’intronisation de ministères animés par l’Esprit prophétique.
L’invitation de 70 anciens d’Israël à accompagner Moïse au sommet de la Montagne (Ex. 24:9-11)
préfigurait la fonction glorieuse réservée au Corps de Christ.

n°5. Le mystère du royaume des cieux décrit dans des paraboles de Mt. 13:1-52 (celle des
deux semeurs et de l’ivraie mélangée ai blé, celle de l’arbre monstrueux issu d’un petit grain de sénevé, celle du
levain faisant gonfler la pâte initialement pure, celle du filet rempli de poissons bons et de poissons mauvais).
L'Exode avait déjà révélé que la souillure pouvait rapidement s’introduire dans le camp au
travers d’une “multitude de gens de toute espèce” (Ex. 12:38).
• Deut. 22:11 “Tu ne porteras point un vêtement tissé de diverses espèces de fils, de laine (image des
énergies internes de l’homme naturel déchu) et de lin (image de la pureté) réunis ensemble.”

n°6. Le mystère de la transformation des corps des saints vivants.


Job et Marthe (et donc bien d’autres) savaient qu’il y aurait une résurrection (Job 19:25-27, Jn.
11:25-26), mais Paul, en 1 Thes. 4:13, et en 1 Cor. 15, a révélé plus précisément que nous ne
mourrons pas tous (le départ d'Elie en avait été une illustration) :
• 1 Cor. 15:51-53 “(51) Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous seront
changés, (52) en un instant, en un clin d’œil, à la dernière Trompette. La Trompette sonnera, et les morts
ressusciteront incorruptibles, et nous, nous seront changés. (53) Car il faut que ce corps corruptible
revête l’incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l’immortalité.”

n°7. Le mystère de l’aveuglement d’une partie d’Israël.


Il y avait eu des précédents dès la sortie d'Egypte. Es. 6:9-10 avait annoncé cet aveuglement
final. Celui-ci a pleinement débuté en Act. 28:28 “Sachez donc que ce salut de Dieu a été envoyé aux
païens, et qu’ils l’écouteront”.
• Rom. 11:25 “Je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point
comme sages, c’est qu’une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement, jusqu’à ce que la totalité des
païens soit entrée.”
• Mt. 13:10-11 “(10) Les disciples s’approchèrent, et lui dirent : Pourquoi leur parles-tu en paraboles ?
(11) Jésus leur répondit : Parce qu’il vous a été donné de connaître les mystères du Royaume des cieux,
et que cela ne leur a pas été donné.” (Marc 4:11 et Luc 8:10 parlent du “mystère du royaume de Dieu”).

n°8. Le mystère de l’iniquité et de l'impie, déjà à l’œuvre dès le Jardin d'Eden, et déjà actif
aux temps apostoliques, mais non encore manifesté en plénitude :
• 2 Thes. 2:7-10 “(7) Le mystère de l’iniquité agit déjà ; il faut seulement que ce qui le retient encore ait
disparu. (8) Et alors paraîtra l’impie (une armée d’esprits anti Christ), que le Seigneur détruira par le
souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement. (9) L’apparition de cet impie se fera,
par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles (cf. les miracles de malédiction des sorciers de
pharaon), de signes et de prodiges mensongers (par exemple : des stigmates, des suintements de sang,
etc.), (10) et avec toutes les séductions de l’iniquité (les apparences de gloire, les beaux bâtiments, etc.)
pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés.”
• Ap. 6:2 (1er Sceau) “Je regardai, et voici, parut un cheval blanc (ici, une puissance de séduction). Celui
qui le montait avait un arc ; une couronne lui fut donnée, et il partit en vainqueur et pour vaincre.”

n°9. Le mystère de Babylone la grande, en cours d’accomplissement quand Jean écrit, et


l’un des thèmes majeurs de l’Apocalypse :
• Ap. 17:3-5 (6e Fresque) “(3) Et il me transporta en esprit dans un désert. Et je vis une femme assise sur
une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, et qui avait sept têtes et dix cornes. (4) Et cette femme
était vêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or et de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa
main une coupe d'or, remplie d’abominations et des impuretés de sa prostitution. (5) Et sur son front était
écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre.
(6) Et je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. Et, en la voyant, je fus
saisi d'un grand étonnement. (7) Et l'ange me dit : Pourquoi t'étonnes-tu ? Je te dirai le mystère de la
femme et de la bête qui la porte, et qui a les sept têtes et les dix cornes.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -101-
________________________________________________

n°10 Le mystère de l’Epouse, en cours d’accomplissement, et au cœur de la Bible :


• Eph. 5:31-32 “(31) C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et
les deux deviendront une seule chair (cf. Gen. 2:24). (32) Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à
Christ et à l’Eglise.”

L'Apocalypse en parle abondamment :


• Ap. 19:7 (6e Fresque, 6e Tableau) “(7) Réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse, et donnons-lui gloire
; car les noces de l'Agneau sont venues, et son épouse s'est préparée.”
• Ap. 21:9-10 (7e Fresque, 2e Tableau) “(9) Et l'un des sept anges qui avaient les sept coupes remplies
des sept dernières plaies vint et me parla, disant : Viens, je te montrerai l'Epouse, la femme de l'Agneau.
(10) Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la cité sainte,
Jérusalem, qui descendait du ciel d'auprès de Dieu.”

n°11. Le mystère de la réunion des cieux et de la terre, ou mystère de l’objectif ultime et


de la volonté de Dieu, non encore accompli en plénitude :
• Eph. 1:8-10 “(8) Dieu a répandu abondamment sur nous (sa grâce) par toute espèce de sagesse et
d’intelligence, (9) nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait
formé en lui-même, (10) pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes
choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre.”
• Act. 3:19-21 “(19) Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, (20)
afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, et qu’il envoie Celui qui vous a
été destiné, Jésus-Christ, (20) que le ciel doit recevoir jusqu’au temps du rétablissement de toutes choses,
dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes.”

La révélation des “mystères” est une source de bénédictions pour ceux qui mettent à profit
la lumière ainsi apportée.

1:20b. … des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers d'or.
Les sept étoiles sont les anges des sept Eglises, et les sept Chandeliers sont les sept Eglises.
a) Ici, les “7 étoiles” sont dites posées “sur” (gr. “epi”) la main droite du Fils de l'homme,
alors qu'au v. 16 elles étaient “dans” (gr. “en”) cette même main. Au v. 16, Jean décrivait ce
qu'il voyait. Ici, c'est Jésus qui parle des étoiles qui sont dans sa main, et qui annonce quelle
est leur relation avec les “7 Chandeliers” (ou : “7 Porte-lampes”).
Voir dans les commentaires d'Ap. 1:13 (première mention des 7 Chandeliers) et d'Ap. 1:16 (première
mention des 7 étoiles), la signification de ces symboles et du chiffre “7”.

b) Les “7 Chandeliers” (ou “Porte-lampes”) de l'Apocalypse sont une allusion à une vision de
Zacharie. Ils représentent l'Assemblée chrétienne au cours de son cycle historique. Durant tout
ce cycle, elle est animée par une puissance de résurrection, celle de l'Esprit (l'Huile) porteur
de la Nature divine (l'Or).
• Zac. 4:1-14 “(1) L’ange qui me parlait revint, et il me réveilla comme un homme que l’on éveille de son
sommeil. (2) Il me dit : Que vois-tu ? Je répondis : Je regarde, et voici, il y a un chandelier tout en or,
surmonté d’un vase et portant sept lampes, avec sept conduits pour les lampes qui sont au sommet du
chandelier ; (3) et il y avait près de lui deux oliviers, l’un à la droite du vase, et l’autre à sa gauche. (4)
Et reprenant la parole, je dis à l’ange qui me parlait : Que signifient ces choses, mon seigneur ? (5) L’ange
qui me parlait me répondit : Ne sais-tu pas ce que signifient ces choses ? Je dis : Non, mon seigneur. (6)
Alors il reprit et me dit : C’est ici la parole que l’Eternel adresse à Zorobabel : Ce n’est ni par la puissance
ni par la force (qu’il restaurera Jérusalem), mais c’est par mon Esprit, dit l’Eternel des armées. (7) Qui
es-tu, grande montagne (la puissance du monde impie), devant Zorobabel ? Tu seras aplanie. Il posera la
pierre principale au milieu des acclamations : Grâce, grâce pour elle ! …. (11) Je pris la parole et je luis
dis : Que signifient ces deux oliviers, à la droite du chandelier et à sa gauche ? (12) Je pris une seconde
fois la parole, et je lui dis : Que signifient les deux rameaux d’olivier, qui sont près des deux conduits
d’or d’où découle l’or ? (13) Il me répondit : Ne sais-tu pas ce qu’ils signifient ? Je dis : Non, mon
seigneur. (14) Et il dit : Ce sont les deux oints (= les deux fils de l’huile) qui se tiennent devant le Seigneur
de toute la terre.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -102-
________________________________________________

Dans la vision de Zacharie, cette Huile a pour source deux rameaux d'olivier, deux Onctions
: celle de la fonction sacerdotale (incarnée en Josué) et celle de la fonction royale (incarnée en
Zorobabel) réunies dans le Fils de l'homme qui irradie au milieu.
Dans la vision de Jean, c'est le Fils de l'homme qui, conformément à l'image prophétique de
Melchisédek (sacrificateur et roi de Salem), assume cette double fonction qui irradie de tout son
Etre.

Les “7 conduits” de la vision de Zacharie sont les “7 étoiles” de la vision de Jean : ces astres
sont “7 anges”, c'est-à-dire “7 messagers”, des “conduits” chargés de transmettre à
l'Assemblée les Onctions, l'énergie du Verbe de Christ.

c) Ces “7 étoiles” sont des ministères humains conduits par l'Esprit de Christ pour la
protection et la croissance du peuple de Dieu. Tout ministère est ainsi inspiré par un “ange”
aux spécificités décidées par la sagesse de Dieu : c'est Dieu qui décide de l'heure et du lieu de
son action, s'il sera prophète, ou apôtre, ou évangéliste, etc. C’est à des anges-hommes que
l’Esprit “écrit”, car un ange-esprit n’a pas besoin de recevoir une lettre.
Sans les “7 anges-étoiles”, les “7 églises-chandeliers” ne sont que des squelettes sans vie.

1. En rédigeant l'Apocalypse, l'apôtre Jean a exercé cette fonction angélique : il a été


inspiré par un “ange” (Ap. 1:1) et il est devenu à son tour un “ange”, un “messager”,
une “étoile”.

Ces “7 Eglises” et ces “7 anges” exercent leur activité tout au long de l'histoire de l'Eglise
issue des Nations. Mais, néanmoins, chaque époque de l'histoire a ses spécificités et ses
besoins, et, comme l'indique la succession des 7 journées différenciées de la création (Gen. 1),
il est possible de distinguer dans cette histoire une chronologie avec des étapes successives
aux attributs spécifiques.
• De même, dans l'histoire d'Israël, les besoins n'étaient pas les mêmes avant et après l'exil à Babylone.
Le prophète Elie n'avait pas exactement le même message que celui porté par Zacharie.
• L'état du christianisme n'était pas le même avant et après la Réforme au XVIe siècle, ou avant et après
le mouvement charismatique au début du XXe siècle.
• Chacun de ces “anges-étoiles” successifs est porteur du message de son heure, un message à la fois
ancien (celui du premier jour) et nouveau, par lequel chaque génération de croyants est testée et vivifiée
(les mèches doivent être remises en état régulièrement et débarrassées du charbon mort de la religiosité).
• De même que chaque génération est comme une “semaine” qui prend naissance au “jour Un”, et que
les autres jours s'alignent sur ce premier jour, chaque génération de chrétiens est au bénéfice des “7
étoiles”, mais l'une d'elle est “l'étoile Un” de son heure : les autres onctions doivent s'allumer à sa flamme
(sous peine d'être porteuses d'un feu étranger). Comme pour l'Assemblée d'Israël, il y a ainsi eu au cours
de l'histoire du christianisme des “anges-étoiles” majeurs dans l'Assemblée issue des Nations.

d) Les “anges” auxquels Jean doit écrire représentent tous des “sacrificateurs”, c'est-à-dire
des croyants consacrés au service de Dieu et d’autrui (croyants anonymes, anciens, pasteurs, évêques,
etc.), exerçant une autorité, collégiale ou non, déléguée et confirmée par une onction de
l’Esprit.
Il n’y avait pas d’ancien unique à l’époque de Jean, et, dans l’Apocalypse, un mot au singulier représente
souvent une collectivité : “l'ange” mentionné au début de chaque lettre aux églises d'Asie représente plus
qu'un seul individu, même si l'un d'eux a l'onction de référence (cf. Pierre le jour de la Pentecôte, cf. un
prophète majeur). Cette onction ne donne pas droit à la domination, mais au service.
• Mal. 2:7 “Les lèvres du sacrificateur doivent garder la science, et c’est à sa bouche qu’on demande
la loi, parce qu’il est un envoyé (= un messager) de l’Eternel des armées.”
• Act. 20:27-28 “(27) Je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher. (28) Prenez
donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour
paître l’Eglise de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre Sang.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -103-
________________________________________________

e) Etant sacrificateur, chaque fils ou fille de Dieu peut être amené à recevoir un message du
Saint-Esprit et à le transmettre. C’est pourquoi les chrétiens peuvent être des “étoiles” de
différentes magnitudes, placées comme signes, comme guides (Gen. 1:16) au milieu de la nuit
environnante : elles transmettent, là où elles sont placées, la Lumière vivante de Christ.
Chaque “ange-étoile” est dépendant de Dieu :
• Héb. 1:14 “Les anges sont des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère en faveur
de ceux qui doivent hériter du salut.”

Ecouter ou lire ce que dit un “ange-étoile” confirmé, c’est écouter ce que dit l’Esprit de
Christ (cf. Lc. 10:16).
Derrière chacun de ces anges symboliques il y a donc aussi l’activité pédagogique secrète du
Saint-Esprit.

f) Les “7 Eglises” qui représentent chacune toute l’Eglise (= le Corps de Christ), doivent être
des temples du Saint-Esprit, et donc recevoir la Lumière par l’Huile divine.
• Ps. 36 :10 “Par ta Lumière nous voyons la Lumière”
• Mt. 5 :14 “On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier,
et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.”

Cette Lumière, comme celle du chandelier mosaïque, est d’abord pour l’intérieur du
temple, et le monde ne la voit pas, car il ne peut pas connaître les choses de l’Esprit (1 Cor.
2 :14). Il s’agit encore moins de désirer dominer la politique du monde !

C’est ensuite seulement que les Eglises peuvent être des “flambeaux” dans la nuit du monde,
des phares sur une mer agitée :
• Phil. 2 :15 “Soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d’une
génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde,
portant la parole de vie.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -104-
________________________________________________

LES 7 TABLEAUX du PREMIER SEPTENAIRE


Le diagnostic de l’Eglise défaillante (2:1 à 3:22)
Introduction

1) Il a été établi dans le Préambule de ces études, que l'Apocalypse était divisée en 7
Fresques, chacune d'elles recouvrant toute l'histoire de l'Assemblée issue des Nations, depuis
la victoire de Jésus-Christ en Palestine, jusqu'à son retour en gloire. Dans cette approche, dite
parfois “récapitulative”, le même cycle de la Rédemption est donc 7 fois décrit, mais à
chaque fois sous un angle différent. Au fur et à mesure que les Fresques se déroulent, l'accent
est de plus en plus mis sur les étapes ultimes du cycle.
FRESQUE 1 FRESQUE 2 FRESQUE 3 FRESQUE 4 FRESQUE 5 FRESQUE 6 FRESQUE 7
(l’Eglise (les Sceaux (les (une guerre (les Coupes) (jugements (scènes
exhortée) de jugement) Trompettes spirituelle ultimes de ultimes)
du jugement) cosmique) Babylone)
Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes
Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives
(le Juge (la Pensée (préparation (nature et (préparation (prostitution (victoire du
céleste de du Trône) des acteurs du des Coupes) de Babylone) Roi et des
l’Eglise) Trompettes) conflit) élus)
Septénaire 1 Septénaire 2 Septénaire 3 Septénaire 4 Septénaire 5 Septénaire 6 Septénaire 7
7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux
(7 Lettres aux (l’ouverture (sonnerie des (déroulement (7 Coupes (fin de (splendeurs
7 Eglises) des 7 Sceaux) 7 Trompettes) du conflit) déversées) Babylone) éternelles)
1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7

Chaque Fresque débute par des scènes introductives qui précèdent le Septénaire
proprement dit, ici celui des “7 Lettres aux 7 Eglises d'Asie” (il succède aux scènes introductives
décrivant Christ comme “le Juge céleste de l'Eglise” Ap. 1:9 à 3:22).

2) Dans les scènes introductives, il a été ordonné à Jean d’écrire, c’est-à-dire d’exposer, un
“mystère”, celui des “7 étoiles et des 7 chandeliers” :
• Ap. 1:19-20 “(19) Écris donc les choses que tu as vues, et celles qui sont, et celles qui doivent arriver
après elles, (20) le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers
d'or. Les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers sont les sept Églises.”

Dire que les “étoiles” symbolisent des “anges”, et que les “chandeliers” symbolisent “7
Eglises”, ce n’est pas révéler un mystère mais en donner seulement le titre !
En fait, le “mystère” qui doit être exposé publiquement, est celui de la déchéance inattendue
et scandaleuse du peuple se réclamant de l’Evangile.
Ce “mystère” va être révélé non seulement dans les “7 Lettres aux 7 Eglises”, mais aussi au
travers de toutes les autres Fresques du Livre comme le confirme Jésus à la fin de
l’Apocalypse :
• Ap. 22:16 “Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans LES Églises …”

3) Le récit des 7 jours de la création (Gen. 1), un Septénaire, débute par le “jour UN”, et non
par “le premier jour”. Puis se succèdent le “deuxième” jour, le “troisième” jour, etc., jusqu'au
“septième”. C'est comme si le “jour UN” allumait et engendrait les jours suivants, ceux-ci
conservant donc tous les attributs du “jour UN”, mais se succédant en reflétant davantage tel
ou tel de ces attributs déjà en germe dans le “jour UN”.
De même, les “7 Eglises” existent conjointement dès les temps apostoliques (dès le “jour
UN” du christianisme), mais il est possible de distinguer durant le cycle entier, 7 étapes
successives marquées davantage par tel ou tel attribut spécifique. Ainsi les “jours” se suivent,
et tout à la fois se ressemblent et sont différents. Mais tous conduisent à une même fin.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -105-
________________________________________________

4) Chacune de ces 7 Eglises existait du vivant de Jean, c’est-à-dire dès le commencement


de l’Eglise, avec le bon grain et le mauvais grain mélangés (cf. Mt. 13:24-30). Cela signifie que,
dès le début de l’histoire de l’Eglise, deux semences sont présentes, et vont ensuite se
développer “selon leur espèce” (Gen. 1:12).
Ces Eglises sont choisies par Jean en “Asie” (Ap. 1:4, mot qui signifie aussi le “bourbier”), pour
montrer qu’elles devraient être des îlots de lumière au milieu d’un monde enténébré. Toutes
ces 7 couleurs de l’Eglise ont effectivement coexisté au cours des siècles, avec des périodes
plus marquées par telle ou telle couleur.

5) C’est dans ce premier Septénaire que le symbolisme qui imprègne toute l'Apocalypse est
le moins marqué :
• parce que c’est la première mesure d’un mouvement qui va crescendo jusqu’à la fin
du Livre,
• parce que le contenu des Lettres est un message oral, plutôt qu'une série de visions.
Néanmoins, le cadre est allégorique, et le discours est parsemé de symboles, par exemples
:
L’église, le candélabre rejeté, les nicolaïtes (= “vainqueurs du peuple”, image d'un clergé
usurpateur), l’Arbre de Vie, la synagogue, la tribulation de 10 jours, la couronne de vie, la
seconde mort, le trône de Satan, Antipas (= “Opposé à tout”, le fidèle qui s’oppose à la souillure
de la vérité), l’épée sortant de la bouche, la manne cachée, le caillou blanc, le nom nouveau, la
débauche, la femme Jézabel, les viandes sacrifiées aux idoles, un lit, l’adultère, l’étoile du
matin, les vêtements, le livre de vie, la porte ouverte, les Juifs, une colonne, vomir de la bouche,
être enrichi, être aveugle et nu, de l’or éprouvé, un collyre, etc.
• Les 7 villes mentionnées ont été choisies à cause de la signification de leurs noms
et peut-être de leurs caractéristiques. D’autres églises de la région sont en effet omises
(Colosses, Troas, Hiérapolis ; Act. 20:5-6 ; Col. 4:13).

6) Dans ce Septénaire des 7 Lettres, c’est le peuple se réclamant au cours de l'histoire, à


tort ou à raison, du Nom du Rédempteur (l'Eglise visible), qui est exhorté, mis en garde,
condamné ou honoré :
• Cela n’est pas en contradiction avec la vision initiale de Jean montrant le Seigneur au milieu des 7
chandeliers en or pur : Jean voyait alors l'image de l'Eglise parfaite élue ;
• De même que les prophètes de l'AT, ou que les paraboles du Royaume, l'Apocalypse s'occupe
essentiellement de l’Assemblée : de la vraie Eglise et de la fausse église, du blé et de l’ivraie. Les chardons
du monde environnant, au contact de l'Assemblée, jouent plus le rôle d’instruments de jugement (ce sont
des réservoirs d’esprits méchants), que de sujets essentiels de la prophétie.
• C’est plus l’ennemi intérieur qu'extérieur qui est dénoncé dans ces 7 Lettres (et dans tout le Livre). Le
Christ veut former une Epouse digne de la vocation qui lui est adressée, une Eglise devenue parfaite :
Eph. 5:25-27 “(25) Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même
pour elle, (26) afin de la sanctifier par la parole, après l’avoir purifiée par le baptême d’eau, (27)
afin de faire paraître devant lui cette Eglise glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable,
mais sainte et irrépréhensible.”
• Si les chrétiens étaient capables de se juger eux-mêmes avec un cœur droit, Jésus-Christ n’aurait pas eu
besoin de faire parvenir ces Lettres jusque dans les cœurs des croyants.

7) Aux deux semences opposées (ce sont des choses qui “sont” déjà du temps de Jean), correspondent
(et correspondront) deux jugements opposés (ce sont des choses qui “doivent arriver”) : en
condamnation pour les uns, en gloire pour les autres.
Ces 7 Lettres aux 7 Eglises sont déjà des “attendus” du verdict d'un Tribunal, avant l'exécution de la
sentence. C'est la miséricorde de Dieu qui a envoyé Jean pour alerter le peuple de Dieu de tous les siècles.

Dans chacune des 7 Lettres aux Eglises, 7 éléments sont en général présents (voir le schéma
récapitulatif ci-après, §8) :
• L’adresse épistolaire mentionnant un Attribut du Christ en rapport avec l’état de l’Eglise.
• Des éloges (sauf pour Laodicée).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -106-
________________________________________________

• Des reproches (sauf pour Smyrne et Philadelphie).


• Des recommandations.
• Une menace (sauf pour Smyrne et Philadelphie).
• Une promesse aux vainqueurs, suivie d'un cri (“Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit
dit”).
• Une exhortation leitmotiv (la même dans chacune des 7 Lettres).
Aujourd'hui, il ne reste de ces 7 villes (et de ces assemblées) que des ruines. L'Apocalypse n'a pas
été écrite uniquement pour ces anciennes générations !

Lors de l'examen du plan et de la structure de l'Apocalypse (dans le “Préambule” de ces études), il


a été noté que les 7 Tableaux de chaque Septénaire sont disposés selon un schéma 3 + 1 + 3,
l’élément médian étant encadré par deux ternaires.

Ainsi, dans ce Septénaire n° 1 des “7 Lettres aux 7 Eglises”, l’Eglise de Thyatire (la 4e)
occupe la position médiane. Ce qui lui est reproché est l’aboutissement de ce qui est reproché
aux trois premières Eglises (premier ternaire : Ephèse, Smyrne, Pergame), et se difracte dans les trois
dernières Eglises (second ternaire : Sardes, Philadelphie, Laodicée).
• La position médiane de l'Eglise de Thyatire confère, aux reproches qui lui sont adressés, un caractère
dramatique accentué : le danger y est représenté par la présence de Jézabel, de l'apostasie : “Tu laisses
la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à
l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles.”
• Or, dans le Septénaire central du Livre (le 4e, celui d'une “guerre spirituelle cosmique”, 13:1 à 14:20), c’est
dans le Tableau médian qu’entre en scène la Bête aux fausses cornes d’Agneau, qui désigne aussi le
Faux prophète, un portrait tragique de l'Eglise apostate et séductrice.
• C’est ce danger qui est révélé et analysé tout au long de l’Apocalypse. Là est le cœur du combat, un
combat que menaient déjà les prophètes de l’AT. Là est aussi la clef de la bénédiction (“à celui qui vaincra
…”). La Fresque des “7 Lettres” contient donc déjà toute l’Apocalypse !

8) Le schéma récapitulatif suivant met en relief la structure 3 + 1 + 3 de ce Septénaire, avec


la position médiane occupée par la Lettre à l’Eglise de Thyatire :
La structure comparée des “7 Lettres aux 7 Eglises d’Asie”

Le contenu de PREMIER TERNAIRE DERNIER TERNAIRE


chaque Lettre 1. Ephèse ; 2. Smyrne ; 4. THYATIRE 5. Sardes ; 6. Philadelphie ;
(7 éléments) 3. Pergame 7. Laodicée
1. Celui qui tient les sept 5. Celui qui a les sept esprits de
étoiles dans sa main, et qui Dieu et les sept étoiles (3:1a).
Des Attributs du marche au milieu des 7
Christ chandeliers d'or (2:1). 4. Le Fils de Dieu, celui qui
2. Le Premier et le Dernier, a les yeux comme une 6. Le Saint, le Véritable, celui qui a
celui qui était mort et qui est flamme de feu, et dont les la clef de David, celui qui ouvre, et
revenu à la vie (2:8). pieds sont semblables à de personne ne fermera, celui qui
l'airain ardent (2:18). ferme, et personne n'ouvrira (3:7).
3. Celui qui a l'épée aiguë à 7. L'Amen, le témoin fidèle et
deux tranchants (2:12). véritable, le commencement de la
création de Dieu (3:14).
1. Tes œuvres : ton travail, et 5. Tu as à Sardes quelques hommes
ta persévérance. Tu ne peux qui n'ont pas souillé leurs
supporter les méchants. Tu as vêtements (3:4a).
éprouvé ceux qui se disent
Des éloges
apôtres et qui ne le sont pas et
tu les as trouvés menteurs. Tu
as de la persévérance. Tu as
souffert à cause de mon Nom. 4. Tes œuvres, ton amour,
Tu ne t'es point lassé (2:2-3). ta foi, ton fidèle service, ta
Tu hais les œuvres des constance, et tes dernières
Nicolaïtes, œuvres que je hais œuvres plus nombreuses
aussi (2:6). que les premières (2:19).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -107-
________________________________________________

2. Ta tribulation et ta pauvreté 6. Tes œuvres.


(bien que tu sois riche). Les Tu as peu de puissance, et tu as
calomnies de la part de ceux gardé ma parole, et tu n'as pas renié
qui se disent Juifs et ne le sont mon Nom (3:8a).
pas, mais qui sont une Tu as gardé la parole de la
synagogue de Satan (2:9). persévérance en moi (3:10a).
3. Tu retiens mon Nom, tu 7. (pas d'éloges)
n'as pas renié ma foi,
même aux jours d'Antipas,
mon témoin fidèle, mis à
mort chez vous, là où
Satan a sa demeure (2:13).
1. Tu as abandonné ton 5. Tes œuvres : tu passes pour être
premier amour (2:4). vivant, et tu es mort (3:1b).
2. (pas de reproches) 4. Tu laisses 6. (pas de reproches)
la femme Jézabel,
Des reproches 3. Où tu demeures, là est le 7. Tes œuvres. Tu n'es ni froid ni
qui se dit prophétesse, bouillant (3:15a).
trône de Satan (2:13). Tu as enseigner et séduire mes
là des gens attachés à la Tu dis : Je suis riche, je me suis
serviteurs, pour qu'ils se
doctrine de Balaam, qui enrichi, et je n'ai besoin de rien, et
livrent à la débauche et tu ne sais pas que tu es malheureux,
enseignait à Balak à mettre qu'ils mangent des viandes
une pierre d'achoppement misérable, pauvre, aveugle et nu
sacrifiées aux idoles (2:20).
devant les fils d'Israël, pour (3:17).
Je lui ai donné du temps,
qu'ils mangeassent des afin qu'elle se repentît, et
viandes sacrifiées aux idoles elle ne veut pas se repentir
et qu'ils se livrassent à de sa débauche (2:21).
l'impudicité (2:14).
Toi aussi, tu as des gens
attachés pareillement à la
doctrine des Nicolaïtes
(2;15).
1. Souviens-toi donc d'où tu 5. Sois vigilant, et affermis le reste
es tombé, repens-toi, et qui est près de mourir (3:2a). Je n'ai
pratique tes premières œuvres pas trouvé tes œuvres parfaites
(2:5a). devant mon Dieu (3:2b).
Rappelle-toi donc comment tu as
4. A vous, à tous les autres reçu et entendu, et garde et repens-
Des de Thyatire, qui ne toi (3:3a).
recommandations 2. Ne crains pas ce que tu vas reçoivent pas cette 6. Je viens bientôt. Retiens ce que
souffrir. Voici, le diable doctrine, et qui n'ont pas tu as, afin que personne ne prenne
jettera quelques-uns de vous connu les profondeurs de ta couronne (3:11).
en prison, afin que vous soyez Satan, comme ils les
éprouvés, et vous aurez une appellent, je vous dis : Je ne
tribulation de dix jours. Sois mets pas sur vous d'autre
fidèle jusqu'à la mort (2:10a). fardeau (2:24).
3. Repens-toi donc (2:16a). Seulement, ce que vous 7. Puisses-tu être froid ou bouillant
avez, retenez-le jusqu'à ce ! (3:15b).
que je vienne (2:25). Je te conseille d'acheter de moi de
l'or éprouvé par le feu, afin que tu
deviennes riche, et des vêtements
blancs, afin que tu sois vêtu et que
la honte de ta nudité ne paraisse
pas, et un collyre pour oindre tes
yeux, afin que tu voies (3:18).
Moi, je reprends et je châtie tous
ceux que j'aime. Aie donc du zèle,
et repens-toi (3:19).
1. Je viendrai à toi, et j'ôterai 4. Je la jette sur un lit, et 5. Si tu ne veilles pas, je viendrai
ton chandelier de sa place, à dans une grande tribulation comme un voleur, et tu ne sauras
moins que tu ne te repentes ceux qui commettent pas à quelle heure je viendrai sur toi
(2:5b). adultère avec elle, à moins (3:3b).
Une menace
2. (pas de menaces) qu'ils ne se repentent de 6. (pas de menaces)
3. Sinon, je viendrai à toi leurs œuvres (2:22). 7. Je te vomirai de ma bouche
bientôt, et je les combattrai Je ferai mourir de mort ses (3:16b).
avec l'épée de ma bouche enfants; et toutes les
(2:16b). Églises connaîtront que je
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -108-
________________________________________________

suis celui qui sonde les


reins et les cœurs, et je vous
rendrai à chacun selon vos
œuvres (2:23).
1. Je donnerai à manger de 5. (Ceux qui n'ont pas souillé leurs
l'Arbre de vie, qui est dans le vêtements) marcheront avec moi en
paradis de Dieu (2:7). vêtements blancs, parce qu'ils en
sont dignes (3:4b).
Une promesse à
Celui qui vaincra sera revêtu ainsi
celui qui vaincra de vêtements blancs ; je n'effacerai
4. A celui qui vaincra, et point son nom du livre de Vie, et je
qui gardera jusqu'à la fin confesserai son nom devant mon
mes œuvres, je donnerai Père et devant ses anges (3:5).
autorité sur les nations
2. Je te donnerai la couronne (2:26). 6. J'ai donné devant toi une porte
de Vie (2:10b). Il les paîtra avec un bâton ouverte, que personne ne peut
Celui qui vaincra n'aura pas à de fer, comme on brise les fermer (3:8b).
souffrir la seconde mort vases d'argile, ainsi que Je donne de ceux de la synagogue
(2:10,11). moi-même j'en ai reçu le de Satan, qui se disent Juifs et ne le
pouvoir de mon Père sont pas, mais qui mentent ; je les
(2:27). ferai venir, se prosterner à tes pieds,
Et je lui donnerai l'étoile du et connaître que je t'ai aimé (3:9).
matin (2:28). Je te garderai aussi à l'heure de la
tentation qui va venir sur le monde
entier, pour éprouver les habitants
de la terre (3:10b).
Je ferai de celui qui vaincra une
colonne dans le temple de mon
Dieu, et il n'en sortira plus ; j'écrirai
sur lui le Nom de mon Dieu, et le
nom de la ville de mon Dieu, de la
nouvelle Jérusalem qui descend du
ciel d'auprès de mon Dieu, et mon
Nom nouveau (3:12).
3. A celui qui vaincra je 7. Voici, je me tiens à la porte, et je
donnerai de la manne cachée, frappe. Si quelqu'un entend ma voix
et je lui donnerai un caillou et ouvre la porte, j'entrerai chez lui,
blanc ; et sur ce caillou est je souperai avec lui, et lui avec moi
écrit un nom nouveau, que (3:20).
personne ne connaît, si ce Celui qui vaincra, je le ferai asseoir
n'est celui qui le reçoit (2:17). avec moi sur mon trône, comme
moi j'ai vaincu et me suis assis avec
mon Père sur son trône (3:21).

9) Comme cela a déjà été souligné lors de l’examen de la structure de l’Apocalypse, des
effets de symétrie (avec, comme centre de symétrie, la Lettre médiane à l’Eglise de Thyatire) caractérisent
ce premier Septénaire :

SEPTENAIRE 1 - Le diagnostic de l’Eglise défaillante (2:1 à 3:22)


er
1 Ternaire Tableau médian 2e Ternaire
Tableaux n° 1, 2, 3 n° 4 Tableaux n° 7, 6, 5
La progression de l’apostasie L’apogée de l’apostasie Effets de symétrie avec le 1er
Ternaire
N°1 - Ephèse (2:1-7) N°7 - Laodicée (3:14-22)
• A perdu son premier amour. • Elle est devenue tiède.
• Son chandelier risque d’être déplacé. • Elle risque d’être vomie.
N°2 - Smyrne (2:8-11) N°6 - Philadelphie (3:7-13)
• Jésus est celui qui était mort et qui • Jésus possède la clef de David.
est revenu à la vie.
• L’Eglise est dans la pauvreté. Thyatire (2:18-29) • L’Eglise a peu de puissance.
• Ennemis : ceux qui (à tort) se disent C’est l’Eglise la plus • Ennemis : ceux qui, à tort, se
Juifs, des calomniateurs, une sombre disent Juifs, des menteurs, une
synagogue de Satan. et la plus douloureuse synagogue de Satan.
• Subit l’heure de l’épreuve.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -109-
________________________________________________

• Soumise à la tribulation. • Exhortée à la fidélité, à la


• Exhortée à la fidélité, à la persévérance.
persévérance. • Couronne possédée.
• Couronne promise. • Aucun reproche.
• Aucun reproche.
N°3 - Pergame (2:12-17) N°5- Sardes (3:1-6)
• N’a pas renié Christ. • N’a pas souillé ses vêtements.
• A été séduite. • Est faussement vivante.
• Repentance nécessaire. • Repentance nécessaire.
• Christ vient la juger bientôt. • Christ vient à l’improviste.
• Promesse d’un nom nouveau écrit • Promesse d’un nom écrit qui ne
peut être effacé

10) Les enseignements contenus dans les 7 Lettres sont intemporels et utiles aux chrétiens
de tous les siècles. Comme cela a déjà été souligné, cette approche n'exclut pas une lecture
chronologique mais rend celle-ci secondaire.
Selon la lecture chronologique, les 7 Eglises sont perçues comme 7 chandeliers allumés successivement
dans l’ordre indiqué : les 7 villes sont comme disposées en arc (cf. la carte ci-après, document Wikipedia)
dans l'ordre des points successifs d'un (grossier) cadran solaire : l’état de l’Eglise est décrit
prophétiquement en sept étapes successives, chaque étape (ou âge) étant marqué par la présence conjointe
de vierges sages (l’Epouse) et de vierges folles (les croyants de nom).

Le tableau suivant reflète les conclusions de Clarence Larkin (dans son ouvrage “Dispensational
Truth” paru en 1918), reprises depuis par plusieurs commentateurs.

Nom de l'Eglise et son Signification du nom de L’Eglise dans la chronologie


caractère marquant l'Eglise historique
Ephèse “Désirée, désirable” (de 53 à 170)
La séduction (le temps des apôtres et de Paul)
L’Eglise apostolique et les premières
rides

Smyrne “Myrrhe” (de 170 à 312)


La persécution (de Paul à Constantin)
L’Eglise des martyrs

Pergame “Deux fois mariée” (de 312 à 606)


Les compromis (de Constantin, “Pontifex Maximus”,
impurs à Boniface III)
L’Eglise alliée de l'Etat
Thyatire “Fille” (de 606 à 1520)
L’adultère (de Boniface III, “pontife universel”,
spirituel à Grégoire VII, de Grégoire VII à
Boniface VIII, de Boniface VIII à la
Réforme)
L’Eglise papale dominatrice
Sardes “Rescapés” (de 1520 à 1750)
Le lumignon (des Réformateurs à la paix de
qui fume encore Westphalie)
Un temps de renaissance
Philadelphie “Amour fraternel” (de 1750 à 1900)
La fidélité L’appel à la sanctification et à
l’évangélisation planétaire
Laodicée “Droit ou jugement du (de 1900 à ?)
L’apostasie finale peuple” Les derniers avertissements
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -110-
________________________________________________

Situation géographique des 7 Eglises (document Wikipedia)

A. Tableau 1. Lettre à l’Eglise d’Ephèse (Ap. 2:1 à 7)


Le début de la séduction
FRESQUE 1 FRESQUE 2 FRESQUE 3 FRESQUE 4 FRESQUE 5 FRESQUE 6 FRESQUE 7
(l’Eglise (les Sceaux (les (une guerre (les Coupes) (jugements (scènes
exhortée) de jugement) Trompettes spirituelle ultimes de ultimes)
du jugement) cosmique) Babylone)
Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes
Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives
(le Juge (la Pensée (préparation (nature et (préparation (prostitution (victoire du
céleste de du Trône) des acteurs du des Coupes) de Babylone) Roi et des
l’Eglise) Trompettes) conflit) élus)
Septénaire 1 Septénaire 2 Septénaire 3 Septénaire 4 Septénaire 5 Septénaire 6 Septénaire 7
7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux
(7 Lettres aux (l’ouverture (sonnerie des (déroulement (7 Coupes (fin de (splendeurs
7 Eglises) des 7 Sceaux) 7 Trompettes) du conflit) déversées) Babylone) éternelles)
1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7

Le texte : Ap. 2:1-7


• L’adresse épistolaire mentionnant des Attributs du Christ
“(1) Ecris à l'ange de l'Eglise qui est à Ephèse :
Voici ce que dit Celui qui tient les sept étoiles dans sa droite, Celui qui marche au milieu des sept
chandeliers d'or :
• Des éloges
(2) Je connais tes œuvres, et ton travail, et ta persévérance, et que tu ne peux supporter les méchants
; et tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et tu les as trouvés menteurs ;
(3) et tu as de la persévérance, et tu as souffert à cause mon Nom, et tu ne t'es point lassé.
• Des reproches
(4) Mais ce que j'ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour.
• Une recommandation
(5) Souviens-toi donc d'où tu es tombé, et repens-toi, et pratique tes premières œuvres ;
• Une menace (et un nouvel éloge)
sinon, je viendrai à toi, et j'ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes.
(6) Tu as pourtant ceci, c'est que tu hais les œuvres des Nicolaïtes, œuvres que je hais aussi.
• Une exhortation leitmotiv
(7) Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises :
• Une promesse aux vainqueurs
A celui qui vaincra je lui donnerai à manger de l'Arbre de Vie, qui est dans le Paradis de Dieu.”

2:1a. Ecris à l'ange de l'Eglise qui est à (gr. “en” = “dans”) Ephèse : …
a) Jean a déjà reçu l'ordre d'écrire “aux 7 Eglises” : chacune d’entre elles doit recevoir tout
le Livre (Ap. 1:10), chacune doit recevoir le jeu complet des 7 Lettres. L'ordre est ici un peu plus
précis : Jean sait qui lui parle (le même qu'en Ap. 1:19), et il découvre que pour écrire aux Eglises,
il doit écrire aux “anges” de ces Eglises.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -111-
________________________________________________

• Ap. 1:10-11 “(10) Je fus ravi en esprit au jour du Seigneur, et j'entendis derrière moi une voix forte,
comme le son d'une trompette, (11) qui disait : Ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept
Églises, à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie, et à Laodicée.”
• Ap. 1:19-20 (paroles du Christ à Jean sur lequel il vient de poser sa main droite) “(19) Écris donc les
choses que tu as vues, et celles qui sont, et celles qui doivent arriver après elles, (20) le mystère des sept
étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers d'or. Les sept étoiles sont les anges des
sept Églises, et les sept chandeliers sont les sept Églises.”
Cette injonction du Fils de l'homme sera répétée à Jean avant chacune des 7 Lettres.

b) C'est à chaque fois “à l'ange de l'Eglise” que Jean (lui-même assisté d'un ange) devra écrire
(et lui dicter ainsi le message à transmettre).
Au final, les destinataires sont chacun des individus
membres de l'Eglise de tous les siècles.
Cet “ange” (ou “messager”) est bien défini (ce n'est pas “un” ange, mais “l'ange”). Il représente une
puissance spirituelle porteuse d’un message, un esprit de révélation qui utilise des canaux
humains pour avertir d’autres humains et encourager les enfants de Dieu.

Cet “ange” appartient à un groupe de “7 anges” mentionnés dans l'Apocalypse sous


l'appellation : “LES 7 anges” (première mention en Ap. 1:20 : “les 7 étoiles sont LES anges des 7 Eglises”).
• Dans le Septénaire de la Fresque 1, les Lettres aux 7 Eglises sont communiquées par “sept anges”
(Ap. 2:1 à 3:22).
• Dans le Septénaire de la Fresque 2, l’ouverture des 7 Sceaux n’est pas expressément accompagnée
de la mention de “7 anges”.
Mais il semble, selon Ap. 15:7 (“L'un des quatre Etres vivants donna aux sept anges sept Coupes
d'or …”), que les 7 anges obéissent aux impulsions venues des 4 Etres vivants (des représentations
du Saint-Esprit). Les 4 premiers Sceaux étant ouverts sur intervention des Etres vivants, il est fort
possible que “LES” 7 anges aient été également impliqués dans l’ouverture des Sceaux.
• Dans le Septénaire de la Fresque 3, les 7 Trompettes sont brandies par “LES” sept
anges (Ap. 8:2). L'article défini “LES” indique qu'ils ont déjà été mentionnés : ce sont
donc les mêmes “7 anges” que ceux du Septénaire 1. La 7e et dernière Trompette (elle
annonce un 3e Malheur pour les infidèles) est particulièrement solennelle (Ap. 10:7, 11:14-19) :
l’ange qui fait ainsi entendre sa voix semble remarquable (“Aux jours de la voix du septième
ange, quand il sonnerait de la trompette, le mystère de Dieu s'accomplirait, comme il l'a annoncé à ses
serviteurs, les prophètes.”, Ap. 10:7).
• Dans le Septénaire de la Fresque 5, les 7 Coupes des 7 Fléaux sont versées par
“LES” sept anges (avec l'article défini, Ap. 15:6).
• Dans les scènes introductives de la 6e Fresque, la chute de Babylone est annoncée
expressément par “L'UN des sept anges qui tiennent les 7 Coupes” (Ap. 17:1), sans doute
le dernier.
• Dans le Septénaire de la Fresque 7, pour présenter la manifestation finale de
l’Epouse, c’est à nouveau “un des (“de LES”) sept anges” qui s'adresse à Jean (Ap. 21:9).
Cet ange est sans doute le 7e, celui qui occupe la position dominante car conclusive.

c) Le nom d'Ephèse signifie : “désirée, désirable” : le peuple de Dieu a été “désiré” par
Dieu avant même la fondation du monde.
L'église se tient “dans” Ephèse ; elle y a été placée par Dieu, elle y est comme un chandelier.
Sa flamme doit être celle de “l'étoile” qui lui est envoyée. Rejeter l'ange, c'est rejeter une
étoile de Dieu, et donc perdre la flamme de l'Esprit. Cela s'applique à chaque individu se
réclamant de l'Eglise, placée, comme les autres, parmi les Nations.
• Cette cité splendide, d'une très haute antiquité, était fière de son temple d’Artémis (= Diane. Déesse de
la chasse, de la nature, et protectrice des jeunes femmes), l’une des 7 merveilles du monde antique,
renfermant la statue tombée du ciel de la déesse, à l’origine d’un commerce florissant de reproductions en
argent de la statue. Elle était située sur une route romaine majeure. C’était aussi un centre reconnu d’arts
magiques. Paul y a combattu trois ans lors de son troisième voyage (Act. 19:12 ; Act. 18, 19 et 20).
L’orfèvre Démétrius, opposé à Paul, y fomenta une émeute. Timothée y succéda à Paul. Jean s’y établit
vers la fin de sa vie. La ville était appelée la 3e capitale de la chrétienté, après Jérusalem et Antioche.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -112-
________________________________________________

• Les 7 Eglises sont dites situées “dans” 7 villes, non pour différencier l’Eglise de la Ville, mais au
contraire pour souligner qu’elles forment une communauté d’âmes en principe dirigées et organisées par
l’Esprit, indépendamment parfois des structures conçues par les hommes. Ces villes ont vocation à devenir
Jérusalem, mais portent toutes en germe Babylone.

Les anciens de cette Eglise avaient témoigné de leur réel amour pour Paul à Milet (Act.
20:17,37-38). L’exhortation de l'Esprit angélique s’adresse en premier lieu à eux, car ils doivent
être les modèles du troupeau :
• Act. 20:27-28 “(27) Je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher. (28) Prenez donc
garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques (gr. : episkopos
= surveillant), pour paître l’Eglise de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre Sang.”

d) Selon l’interprétation chronologiste, “l’âge” de l’Eglise d’Ephèse a commencé dès la


conversion de Corneille à Césarée, en présence de Pierre.
L'apôtre Paul, converti vers l'an 34, fit une courte visite à Ephèse à la fin de son 2e voyage
missionnaire (vers l'an 52) et y laissa deux disciples de Jean-Baptiste : Aquilas et Priscille (Act.
18:18-21). Lors de son 3e voyage, Paul y demeura plus de deux ans (à partir de l'an 53). L'émeute
fomentée par Démétrius l'obligea à quitter la ville. Il y laissa Timothée (Act. 19 ; 1 Cor. 15:32 et
16:8-9 ; 2 Tim. 1:1-18).
• 1 Cor. 15:32 “J’ai combattu contre les bêtes (= la foule déchaînée) à Ephèse.”
L'épître aux Ephésiens sera écrite vers l'an 62, depuis Rome.
Selon la tradition, l'apôtre Jean vécut ses dernières années à Ephèse. Lui ont succédé
Polycarpe (brûlé vif en 155), puis Irénée (130 à 202, acteur majeur par son œuvre de théologie systématique).
A cause de son ministère fondateur (bien que non initiateur) auprès des Nations, Paul est
considéré comme l'ange-étoile de ce premier âge (ou comme son agent majeur, par décision de Dieu).
Mais le texte n’interdit pas d’attribuer une couleur plurielle à cet “ange”, et donc d’associer dans cette
fonction Paul, Jean, et peut-être d’autres. Si c’était le cas, Jean l’a su !
Cet âge se serait terminé avec les débuts du ministère d’Irénée à Lyon vers 170, au milieu d’une période
de persécutions.

2:1b. Voici ce que dit Celui qui tient les sept étoiles dans (gr. “en” = “dans”) sa droite, …
a) Jean écrit à l'ange de l'Eglise (et donc à lui-même) de la part du Fils de l'homme devant lequel
il s'était effondré.
Comme au début de chaque Lettre, Jésus fait connaître son identité aux destinataires en
rappelant l'un des Attributs déjà contemplés par Jean (Ap. 1:16).
Jean, en tant que témoin des paroles de Jésus, pourra répéter ce qu'il a entendu en Ap. 1:20
sur la signification de ces “7 étoiles” : elles représentent les 7 anges, dont celui d'Ephèse (voir
les commentaires d'Ap. 1:16 et 1:20).
Il est ici rappelé à tous les “anges-messagers” en action à Ephèse, et chargés de transmettre
le message de Jésus-Christ (l'Evangile), que l’Esprit de Christ les “tient” (gr. “krateo” = “détenir en
son pouvoir ; tenir fermement” ; id. 2:13,25 ; 3:11) dans une parfaite sécurité, quoi qu'il arrive, par la
puissance absolue de la “main droite” divine.
C'est tout le Corps de Christ (toute l'Eglise élue), qui est ainsi uni à la Tête d’où “il tire
l’accroissement que Dieu donne” (Col. 2:19).

b) Cette “main droite”, qui est aussi la Main du Père, garantit la sécurité des brebis (même
des plus faibles) mais assure aussi leur contrôle (les exigences de la sainteté de Dieu ne seront jamais
bradées, car Dieu veut que les brebis croissent à l'image du Berger) . Il appartient donc aux brebis de lire
et de mettre en pratique le contenu de cette Lettre (et même des 7 Lettres).
• Jn. 10:28-29 “(28) Je donne la Vie éternelle à mes brebis ; et elles ne périront jamais, et personne ne
les ravira de ma main. (29) Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut
les ravir de la main de mon Père.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -113-
________________________________________________

C'est à l'étoile d'Ephèse, aux chrétiens choisis pour être en pointe sur la ligne de front, qu'il
appartient de faire d'Ephèse une église d'étoiles célestes. Ils seront les premières cibles de
l'ennemi, et devront rester dépendants de la “main droite” du Soleil de justice.

2:1c. … Celui qui marche au milieu des sept chandeliers d'or : …


a) C'est le rappel d'un autre attribut de Christ glorifié, contemplé par Jean en Ap. 1:13. Mais
ici Jésus précise lui-même que le Christ “marche” (gr. “peripateo”) au milieu (gr. “en mesos”) des
“7 chandeliers d'or”, c'est-à-dire de l'Epouse céleste parfaite (“en or”).
Jésus a déjà révélé à Jean que les “7 chandeliers” représentent les “7 Eglises” (Ap. 1:20, cf.
commentaires).

b) Il n'y a plus ici de rideau séparant le Lieu saint du Lieu très saint, et, d’autre part, il n’est
pas fait mention directe de la Shékinah (la Nuée glorieuse) qui brillait autrefois au-dessus du
propitiatoire (Ex. 25:22, Nb. 7:89), entre les chérubins (appelés désormais les “7 esprits”, Ap. 1:4).
Jésus (la Shékinah est en lui et irradie) “marche au milieu des chandeliers” comme l’Arche marchait au
milieu des 12 tribus d’Israël pendant l’Exode.

Il “marche” comme un Souverain en continuelle activité dans le Sanctuaire, de même que


la Nuée se tenait constamment au milieu des douze tribus. Il est Celui qui coupe la partie
carbonisée des mèches (action disciplinaire) pour que l’huile puisse passer librement, et qui fournit
l’Huile (action en grâce). Il est à la fois Celui qui surveille et Celui qui pourvoit. Il peut aussi
ôter un chandelier de sa place (cf. 2:5) !
Il conduit les 7 Eglises tout au long de la route enténébrée des siècles, les bénissant avec la
même puissance toujours disponible.
• Mt. 12:20 “Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra pas le lumignon qui fume.”
• Jn. 15:2 “Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui
porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit.”
• 2 Chr. 16:9 “L’Eternel étend ses regards sur toute la terre, pour soutenir ceux dont le cœur est tout
entier à lui.”

c) Les deux Attributs mentionnés ainsi dès le début de la 1 ère Lettre (il tient les étoiles, et il marche
au milieu des chandeliers), témoignent de la bienveillance de Christ en faveur des “étoiles” et des
“chandeliers” et confirment le caractère intemporel de chacune des 7 Lettres, et leur valeur
pour tous les temps pour toute l’Eglise. Jésus-Christ n’est pas le Seigneur d’un seul chandelier,
mais celui de chaque croyant dans tous les siècles.
Il se présente en chaque âge avec un Attribut divin, montrant ainsi à chaque âge qu’il est Dieu.

2:2a. Je connais tes œuvres, …


a) Chacune des 7 Lettres débute par cette affirmation : “Je connais, je sais” (gr. “oida”) :
l’Epoux ne juge pas par ouï-dire. Il a tout vu, mais n'a pas toujours approuvé ce qu'il voyait.
Il est l’Omniscient, Celui qui a les “yeux comme une flamme de Feu” (Ap. 1:14), qui distingue
la réalité derrière les apparences.
• Ps. 11:4-5 “(4) L’Eternel est dans son saint Temple, l’Eternel a son Trône dans les Cieux ; ses yeux
regardent, ses paupières sondent les fils de l’homme. (5) L’Eternel sonde le juste ; il hait le méchant et
celui qui se plaît à la violence.”
• Es. 11:3 “(Le rameau qui sortira du tronc d’Isaï) ne jugera point sur l’apparence, il ne prononcera point
sur un ouï-dire.”
• Jér. 17:10 “Moi, l’Eternel, j’éprouve le cœur, je sonde les reins, pour rendre à chacun selon ses voies,
selon le fruit de ses œuvres.”
• Jn. 2:24-25 “(24) Mais Jésus ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous, (25) et parce qu’il
n’avait pas besoin qu’on lui rende témoignage de quelqu’un ; il savait de lui-même ce qui était dans
l’homme (dans chacun d’eux).”
• Héb. 4:13 “Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est nu et découvert aux yeux de Celui à
qui nous devons rendre compte.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -114-
________________________________________________

b) Les “œuvres” (gr. : “ergon” = fruit d’un labeur ; id. avec 4 autres Eglises en 2:19 ; 3:1-2 ; 3:8 ; 3:15)
sont le résultat d'un travail demandé à un serviteur par un Maître qui attache du prix non
seulement à l’aspect extérieur des œuvres, mais aussi à leurs mobiles. Le même mot sera répété
en 2:5 (“pratique tes premières œuvres”). L'œuvre normative est celle de l'amour parfait de Jésus
pour le Père et pour les autres hommes.
Cela disqualifie les œuvres accomplies pour nous glorifier à nos propres yeux et aux yeux
d'autrui, ou pour acheter la bienveillance de Dieu.
• Mt. 5:16 “Que votre lumière brille ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos œuvres bonnes, et
glorifient votre Père qui est dans les cieux.”
• Jn. 3:20-21 “(20) Quiconque fait le mal hait la Lumière, et ne vient point à la Lumière, de peur que ses
œuvres ne soient dévoilées ; (21) mais celui qui agit selon la Vérité vient à la Lumière, afin que ses œuvres
soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu (par amour de Dieu et de sa volonté).”
• Jn. 6:28-29 “(28) Ils lui dirent : Que devons-nous faire, pour accomplir les œuvres de Dieu ? (29) Jésus
leur répondit : L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé (il en résulte
nécessairement des œuvres d'amour).”
• Jn. 14:12 “Celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais (les miracles étaient des œuvres
d'amour, et pas seulement de foi, 1 Cor. 13:2), et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au
Père.”
• Act. 26:20 “… j’ai prêché la repentance et la conversion à Dieu, avec la pratique d’œuvres dignes de
la repentance (et donc dignes d'être agréées par Dieu).”
• 1 Cor. 3:15 “Si l’œuvre de quelqu’un est consumée (elle n'a pas été faite en Dieu), il perdra sa
récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du Feu (pour dissoudre toute impureté).”
• Gal. 6:4-5 “(4) Que chacun examine ses propres œuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui
seul, et non par rapport à autrui ; (5) car chacun portera sa propre charge.”
• Eph. 2:10 “Nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que
Dieu a préparées d’avance (il n'y a donc aucune raison de s'en glorifier), afin que nous les pratiquions.”
• Col. 1:10 “... marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des
fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu …”
• Eph. 4:1-3 “(1) Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière
digne de l’appel qui vous a été adressée, (2) en toute humilité et douceur, avec patience, vous aidant les
uns les autres avec amour, (3) vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix.”
• Tite 3:8 “Cette parole est certaine, et je veux que tu affirmes ces choses, afin que ceux qui ont cru en
Dieu s’appliquent à pratiquer de bonnes œuvres. Voilà ce qui est bon et utile aux hommes.”
• Héb. 6:10 “Dieu n’est pas injuste pour oublier votre travail et l’amour que vous avez montré pour son
Nom, ayant rendu et rendant encore des services aux saints.”
• Héb. 10:24 “Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres.”
• Héb. 13:21 “(Que Dieu) vous rende capables de toute bonne œuvre pour l’accomplissement de sa
volonté ; …”
• Jac. 2:17 “Il en est ainsi de la foi (l’adhésion affichée à la Pensée de Christ) : si elle n’a pas les œuvres
(issues de l'amour pour Dieu et pour autrui), elle est morte en elle-même.” (cf. Jac. 2:24).
• Jac. 3:13-14 “(13) Lequel d’entre vous est sage et intelligent ? Qu’il montre ses œuvres par une bonne
conduite avec la douceur de la sagesse. (14) Mais si vous avez dans votre cœur un zèle amer et un esprit
de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la Vérité.”
• Ap. 19:8 “(Son épouse s’est préparée) et il lui a été donné de se revêtir d’un fin lin, éclatant, pur ; car
le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints.”

La suite du v. 2 et le v. 3 sont une liste de 7 “œuvres” positives que Jésus-Christ a vues


accomplies dans l'Eglise d'Ephèse. Comme beaucoup d’autres énumérations, celle-ci débute
par la conjonction “et”, qui est répétée avant chaque élément de la liste (beaucoup de traductions
effacent cette figure de style fréquente dans l’AT). Jésus “connaît” les “œuvres” d'Ephèse, à savoir :
1. “et ton travail”
2. “et ta persévérance” (1ère mention)
3. “et que tu ne peux supporter les méchants”
4. “et tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et tu les as trouvés menteurs”
5. “et tu as de la persévérance” (2e mention)
6. “et tu as souffert à cause de mon Nom”
7. “et tu ne t'es point lassé.”
Un 8e éloge, en dehors de cette liste, est cité au v. 6 : “tu hais les œuvres des Nicolaïtes.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -115-
________________________________________________

Une “œuvre” négative sera dénoncée au v.4 (les œuvres des Nicolaïtes).

2:2b. … et ton travail, …


Le mot grec traduit par “travail” (gr. : “kopos” ; verbe “kopiao”) désigne un labeur très pénible,
douloureux, éreintant.
L'accent est mis sur un effort qui coûte, alors que le mot “œuvre” (gr. : “ergon”) au début du
verset soulignait plutôt le résultat (qu'il y ait effort pénible ou non ; cf. l’expression : les “œuvres” de la Loi).
Les douleurs du travail d'enfantement couvrent une réalité non directement envisagée ici (un autre mot
grec les désigne). Mais l'enfantement progressif de Christ dans l'âme se traduit par des “travaux”.
Ici, l'effort douloureux a été consenti par amour du Maître. Le terme exclut la passivité et
l'indifférence et l'égoïsme. Voici quelques exemples d'emploi du mot :
• Mt. 6:28 “Les lis des champs ne peinent (gr. : “kopos”) ni ne filent.”
• Jn. 4:38 “Je vous ai envoyés moissonner où vous n’avez pas travaillé (ou : ce qui ne vous a coûté aucune
peine) ; d’autres ont travaillé (ou : ont peiné), et vous êtes entrés dans leur travail (ou : dans ce qui leur a
coûté tant de peine).”
• Jn. 6 :27 “Travaillez (gr. : “kopos”), non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour
la Vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera ...”
• Act. 20:34-35 “(34) Vous savez vous-mêmes que ces mains ont pourvu à mes besoins et à ceux des
personnes qui étaient avec moi. (35) Je vous ai montré de toutes manières que c'est en travaillant (verbe
“kopiao”) ainsi qu'il faut soutenir les faibles, et se rappeler les paroles du Seigneur, qui a dit lui-même :
Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir.”
• 1 Cor. 3:7-8 “(7) Ce n’est pas celui qui plante qui est quelque chose, ni celui qui arrose, mais Dieu qui
fait croître. (8) Celui qui plante et celui qui arrose sont égaux, et chacun recevra sa propre récompense
selon son propre travail (gr. : “kopos”).”
• 1 Cor. 15:58 “Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, travaillant de mieux en mieux
à l’œuvre (gr. : “ergon”) du Seigneur, sachant que votre travail (gr. : “kopos” = peine) ne sera pas vain
dans le Seigneur.”
• 2 Cor. 6:4-5 “(4) Mais nous nous rendons à tous égards recommandables, comme serviteurs de Dieu,
par beaucoup de patience dans les tribulations, dans les calamités, dans les détresses, (5) sous les coups,
dans les prisons, dans les troubles, dans les travaux (gr. : “kopos”), dans les veilles, dans les jeûnes …”
• Gal. 4:11 “Je crains d'avoir inutilement travaillé (verbe “kopiao”) pour vous.”
• 2 Cor. 10:15 “Ce n'est pas hors de toute mesure, ce n'est pas des travaux (gr. : “kopos” = peine) d'autrui,
que nous nous glorifions ; mais c'est avec l'espérance, si votre foi augmente, de grandir encore davantage
(en efficacité) parmi vous, selon les limites qui nous sont assignées …”
• 2 Cor. 11:23 “Sont-ils ministres de Christ ? - Je parle en homme qui extravague. - J e le suis plus encore
: par les travaux (gr. : “kopos” = peine), bien plus ; par les coups, bien plus ; par les emprisonnements,
bien plus. Souvent en danger de mort, …”
• 2 Jn. 1:8 “Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne perdiez pas le fruit de votre travail, mais que
vous receviez une pleine récompense.”
• Ap. 14:13 “Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils
se reposent de leurs travaux (gr. : “kopos” = peines), car leurs œuvres (gr. : “ergon”) les suivent.”

2:2c. … et ta persévérance, …
a) Le mot grec (gr. : “hupomone”) pour cette vertu, combine les deux sens de l'endurance et
de la patience, de la constance malgré les oppositions nombreuses et douloureuses (Act. 14:22
“C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le Royaume de Dieu.”). Dans cette même
phase d'éloge de l'Eglise d'Ephèse, cette vertu est mentionnée deux fois (ici et au v. suivant) !
En Ap. 1:9, Jean s'était présenté comme “ayant part à la tribulation, au Royaume et à la
persévérance en Jésus”.

b) Le NT donne une place majeure à cette capacité à supporter les épreuves et les
souffrances pour Dieu, à rester ferme, même jusqu'à la mort. Ce n'est pas de la résignation
stoïque qui attend que l'orage cesse, mais qui ne voit pas la gloire sainte qui en résultera.
Cette vertu est inséparable de la tribulation expérimentée par l'Eglise dans un monde qui la
hait.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -116-
________________________________________________

c) Cette aptitude ne peut naître et grandir que par la conscience de la proximité de Jésus, et
par la conviction que les souffrances terrestres ne sont rien comparées à la gloire à venir.
• Mt. 10:22 “Vous serez haïs de tous, à cause de mon Nom ; mais celui qui persévérera (gr.
“hupomenein”, rester ferme) jusqu’à la fin sera sauvé.”
• Lc. 8:15 “Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur
honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance.”
• Rom. 2:7 “(Dieu) rendra à chacun selon ses œuvres (gr. “ergon”), réservant la Vie éternelle à ceux qui,
par la persévérance (gr. “hupomone”) à bien faire, cherchent l’honneur, la gloire et l’immortalité.”
• Rom. 5:3-4 “(3) Bien plus, nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l’affliction produit
la persévérance (gr. : “hupomone”), (4) la persévérance la victoire dans l’épreuve (le test), et cette
victoire l’espérance.” (cf. Jc. 1:3 “ l'épreuve de votre foi produit l'endurance”).
• Rom. 15:4 “Tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience (gr.
“hupomone”), et par la consolation que donnent les Ecritures, nous possédions l’espérance.”
• 2 Cor. 1:6 “Si nous sommes affligés, c’est pour votre consolation et pour votre salut ; si nous sommes
consolés, c’est pour votre consolation, qui se réalise par la patience à supporter (gr. : “hupomone”) les
mêmes souffrances que nous endurons.”
• 2 Cor. 6:4-8 “(4) Nous nous rendons recommandables à tous égards, comme serviteurs de Dieu, par
beaucoup de patience (gr. : “hupomone”) dans les tribulations, dans les calamités, dans les détresses (les
privations), (5) sous les coups, dans les prisons, dans les séditions, dans les travaux (les fatigues), dans
les veilles, dans les jeûnes ; (6) par la pureté, par la connaissance, par la longanimité (l’indulgence), par
la bonté, par l’Esprit saint, par un amour sincère, (7) par la parole de vérité, par la puissance de Dieu,
par les armes offensives et défensives de la justice ; (8) au milieu de la gloire et de l’ignominie, au milieu
de la mauvaise et de la bonne réputation, …”
• Phil. 1:27-29 “(27) … demeurez ferme … (28) sans vous laisser aucunement effrayer par les
adversaires, ce qui est pour eux une preuve de perdition, mais pour vous de salut ; (29) et cela vient de
Dieu, car il vous a été fait la grâce, par rapport à Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de
souffrir pour lui …”
• Col. 1:11 “(Nous prions pour que vous soyez) fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte
que vous soyez toujours et avec joie persévérants (gr. : “hupomone”) et patients.”
• 1 Thes. 1:3 “Nous nous rappelons sans cesse l’œuvre de votre foi, le travail de votre charité, et la
fermeté (gr. : “hupomone”) de votre espérance (gr. : “elpidos”) en notre Seigneur Jésus-Christ, devant
Dieu notre Père.”
• 2 Thes. 1:4 “Aussi nous glorifions-nous de vous dans les églises de Dieu, à cause de votre persévérance
(gr. : “hupomone”) et de votre foi au milieu de toutes vos persécutions et des afflictions que vous avez à
supporter.”
• Héb. 6:11-12 “(11) Nous désirons que chacun de vous montre le même zèle pour conserver jusqu’à la
fin une pleine espérance, (12) en sorte que vous ne vous relâchiez point et que vous imitiez ceux qui, par
la foi et la persévérance (“hupomone”), héritent des promesses.” (cf. Héb. 10:36 “Vous avez besoin de
persévérance, afin qu’après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis.”).
• Héb. 8:9 “… ils n’ont pas persévéré dans mon Alliance, et moi non plus je ne me suis pas soucié d’eux,
dit le Seigneur.”
• Héb. 12:1 “… courons avec persévérance (gr. : “hupomone”) l’épreuve qui nous est proposée …”
• Jac. 5:10-11 “(10) Prenez, mes frères, pour modèles de souffrance et de patience les prophètes qui ont
parlé au Nom du Seigneur. (11) Voici, nous disons bienheureux ceux qui ont souffert patiemment. Vous
avez entendu parler de la patience (gr. : “hupomone”) de Job, et vous avez vu la fin que le Seigneur lui
accorda, car le Seigneur est plein de miséricorde et de compassion.”
• 1 P. 2:19-21 “(19) C’est une grâce (un privilège) de supporter des afflictions par motif de conscience
envers Dieu, quand on souffre injustement. (20) … Si vous supportez (gr. : “hupomenein”) la souffrance
lorsque vous faites ce qui est bien, c’est une grâce devant Dieu. (21) C’est à cela que vous avez été
appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses
traces, (22) lui qui n’a point commis de péché, et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude ;
(23) lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s’en remettait
à Celui qui juge justement.”
• 1 P. 5:9 “Résistez-lui (le diable) avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à
vos frères dans le monde.”
• 2 P. 1:5-8 “(5) A cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu
la connaissance, (6) à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la patience (gr. : “hupomone”),
à la patience la piété, (7) à la piété l’amitié fraternelle, à l’amitié fraternelle l’amour. (8) Car si ces choses
sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance
de notre Seigneur Jésus-Christ.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -117-
________________________________________________

• Ap. 3:10 (lettre à l’Eglise de Philadelphie) “Parce que tu as gardé la parole de la persévérance (gr. :
“hupomone”) en moi, je te garderai aussi à l'heure de la tentation (les séductions) qui va venir sur le monde
entier, pour éprouver les habitants de la terre.” (cf. Ap. 2:10, lettre à l’Eglise de Smyrne).

La “patience-persévérance” s'accompagne, non de murmures, mais de louanges ! C'est un


fruit surnaturel de l'Esprit de révélation venu de la main droite de Celui qui tient les 7 Etoiles
(2 Tim. 1:8 “… souffre avec moi pour l’Evangile, par la puissance de Dieu.”).
• 1 P. 3:14 “D’ailleurs, même si vous souffriez pour la justice, vous seriez heureux. N’ayez d’eux (ceux
qui vous maltraitent) aucune crainte, et ne soyez pas troublés.”
• 1 P. 4:13-14 “(13) Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ,
afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra. (14) Si vous êtes
outragés pour le Nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose
sur vous.” (cf. aussi 4:19).

2:2d. … et que tu ne peux supporter les méchants …


a) “Les méchants” (gr. : “kakous”) sont des individus, et non pas seulement le principe du mal
(gr. : “kakos”). Ce sont des gens mauvais par nature, qui font le mal moralement ou autrement.
Le mal est un terme au sens très général, et désigne tout ce qui déplaît à Dieu (la liste de ce qui
est mal selon Dieu est très longue, et le Mal invisible aux hommes est plus grave que le mal visible dont il est la
racine cachée !).
• Héb. 5:14 “La nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par
l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal.”
• Rom. 2:9 “(Lors du juste jugement de Dieu qui rendra à chacun selon ses œuvres) détresse et angoisse
pour tout homme qui commet le mal, pour le Juif d’abord et pour le Grec ; gloire, honneur et paix à
quiconque fait le bien, au Juif d’abord puis au Grec, - car en Dieu il n’y a pas de partialité.”

b) Considérer le mal (moral ou doctrinal) intérieur à l'Eglise comme un fardeau qu'elle ne peut
pas “supporter” (gr. : “bastazo” = porter un fardeau; cf. v.3 et 17:7 “la bête qui porte la femme”) implique :
• pour chaque croyant de savoir discerner (c'est pourquoi l'Eglise de Laodicée a besoin d'un collyre) ce
qui est mal selon les critères de Dieu, et non selon ceux de la morale commune ;
• pour chaque croyant de savoir se juger sans complaisance, et de dénoncer le vieil homme mauvais
qui est en lui ;
• pour les anciens, d'être des modèles du troupeau, capables de communiquer au Corps l'horreur que
représente pour l'Esprit de Dieu la présence du mal dans l'Assemblée ;
• que l'Assemblée ait conscience d'être solidairement un temple saint de l'Esprit, d'appartenir à un peuple
aimé de Dieu pour l'éternité, et que pour elle la satisfaction de Dieu importe plus que sa propre notoriété
sur terre.

c) C'est parce qu'il “ne supportait pas le mal” (2 Cor. 2:3) que Paul a reproché aux Corinthiens
d'avoir fermé les yeux sur l'inconduite d'un des leurs, au lieu d'en être affligés (1 Cor. 5:1-2).
C'est parce que cette même église de Corinthe était droite (malgré ses défauts) qu'elle s'est repentie
(2 Cor. 7:11). C'est parce qu'il ne supportait plus le mal que le coupable s'est profondément
repenti au point de devoir être consolé (2 Cor. 2:6-8).
• Rom. 12:9 “Fuyez avec horreur le mal, attachez-vous au bien.”
• Rom. 12:21 “Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien.”
• 1 P. 3:12 “La face du Seigneur est contre ceux qui font le mal.”

d) Si Jésus a interdit les jugements qui condamnent hâtivement, il a ordonné de juger et, si
nécessaire, de condamner (selon une procédure qu'il a décrite) les personnes manifestement
“mauvaises” envers Dieu ou envers leur prochain (voir sur le même site les “commentaires sur les 4
Evangiles”, l’étude n°59). Dans certains cas, ne pas juger serait être “mauvais”.
• Mt. 18:15-17 “(15) Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné
ton frère. (16) Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire
se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. (17) S’il refuse de les écouter, dis-le à l’église ; et
s’il refuse aussi d’écouter l’église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -118-
________________________________________________

• Jac. 5:19-20 “(19) Mes frères, si quelqu’un parmi vous s’est égaré loin de la vérité, et qu’un autre l’y
ramène, (20) qu’il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s'était égaré sauvera une âme
de la mort et couvrira une multitude de péchés.”

Ne pas supporter les “mauvais” n'est pas incompatible avec aider les faibles à être allégés de
leurs fardeaux.
• Gal. 6:2 “Portez (gr. : “bastazo”, même verbe) les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez
ainsi la loi de Christ.”

2:2e. … et que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres (gr. : “apostolos” = envoyés) et qui ne
le sont pas, et tu les as trouvés menteurs, …
a) Comme l'avait annoncé Jésus, le Serpent a semé l'ivraie parmi le blé dès le début du cycle,
comme il l'avait toujours fait au début de chaque cycle de l'AT.
• Mt. 7:15 “Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans
ce sont des loups ravisseurs.”
• Mt. 24:11 “Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. (12) Et, parce que
l’iniquité se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira. (13) Mais celui qui persévérera
jusqu’à la fin sera sauvé.”

L’apostasie (= la trahison) s’est manifestée dès le Jardin d' Eden, dès la sortie d’Egypte, dès
l'entrée en Canaan, dès l'instauration de la royauté, dès le retour de Babylone. Chaque réveil
produit ainsi des jumeaux, deux semences presque identiques : Abel et Caïn, Jacob et Esaü,
etc. !
• 1 Jn. 2:19 “Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres ; car s’ils eussent été des
nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu’il fût manifeste que tous ne sont pas
des nôtres.”

Paul, mort depuis longtemps au moment de la rédaction de l'Apocalypse, quasi-fondateur de


l'assemblée d'Ephèse, avait lui aussi annoncé l'intrusion de faux docteurs.
• Act. 20:28-30 (Paul aux anciens d’Ephèse) “(28) Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau
sur lequel le Saint-Esprit vous a établis surveillants, pour paître l’Eglise du Seigneur, qu’il s’est acquise
par son propre Sang. (29) Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui
n’épargneront pas le troupeau, et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des
choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. (30) Veillez donc, vous souvenant que, durant
trois années, je n’ai cessé nuit et jour d’exhorter avec larmes chacun de vous.”
• 2 Tim. 3:13 “Les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les
autres et égarés eux-mêmes.”
• 2 Tim. 1:15 “Tu sais que tous ceux qui sont en Asie m'ont abandonné (c’est le Verbe de Dieu qu’ils
ont abandonné), entre autres Phygelle et Hermogène.”

Pierre et Jean ont fait le même constat :


• 2 P. 2:1-3 “(1) Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux
docteurs, qui introduiront sournoisement des sectes pernicieuses, et qui, reniant le Maître qui les a
rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine. (2) Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions, et la
voie de la Vérité sera calomniée à cause d'eux. (3) Par cupidité, ils trafiqueront de vous au moyen de
paroles trompeuses, eux que menace depuis longtemps la condamnation, et dont la ruine ne sommeille
point.”
• 1 Jn. 2:18-19 “(18) Petits enfants, c’est la dernière heure, et comme vous avez appris qu’un antichrist
vient, il y a maintenant plusieurs antichrists (l’antichrist est donc un groupe); par là nous connaissons
que c’est la dernière heure. (19) Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres …”

Un homme non scellé du Saint-Esprit n'a aucun droit de siéger dans le collège des anciens.
Tout berger non envoyé par le Maître est un loup cherchant son propre intérêt sur terre.

b) Un faux “apôtre” (gr. : “apostolos” = “envoyé”) est un loup “envoyé” par le Loup, et déguisé
: il est donc “un menteur, un trompeur” (gr. : “pseudes”) et un danger.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -119-
________________________________________________

• 2 Cor. 11:13-15 “(13) Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres
de Christ. (14) Et cela n’est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière. (15)
Il n’est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice. Leur fin sera selon
leurs œuvres.”
• Ap. 21:8 “… et à tous les menteurs, leur part se trouve dans l’étang embrasé de feu et de soufre : c’est
la seconde mort.”
• Gal. 1:8 “Quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Evangile que celui que nous
vous avons prêché, qu’il soit anathème !”

Les faux “apôtres” prétendent être mandatés par l'Esprit de Christ : ils usurpent donc une
position d'autorité : le mensonge s'assied alors sur le trône de la vérité.
• L'Eglise séduite épouse alors l'esprit du Serpent, avec les mêmes conséquences qu'au Jardin d'Eden pour
la descendance hybridée de cette Eglise.
• Le mensonge du Serpent est toujours séducteur, habile et hypocrite. Le persécuteur renverse les murs de
l'Eglise, mais le serpent couche dans son lit.
• Les faux apôtres et les faux prophètes sont des esprits apparentés, des ventriloques prétendant parler de
la part de Dieu (sur les faux prophètes, voir Deut. 13:2-6, 17:2-5).

Paul, en communion avec l'ange-étoile qui l'inspirait, a su détecter cette semence des ténèbres
quand il a repris Pierre (Gal. 2:11-14) et quand il a lutté contre les “judaïsants” (Act. 15:1 ; Gal. 2:4 ; 4:17 ;
5:12 ; 2 Cor. 11:5 ; 12:11 ; Col. 2:16-23).
• 1 Cor. 3:13 “(La qualité de) l’ouvrage (gr. : “ergon”) de chacun sera clairement révélée au jour du
Jugement. En effet, ce jour se manifestera par le feu, et le feu éprouvera (gr. : “dokimazo”) l’ouvrage de
chacun pour montrer ce qu’il vaut.”

Hermas, chrétien laïc de Rome, dans son ouvrage “le Pasteur”, rédigé vers l’an 140, offre
un portrait des premiers hérétiques :
“Ce sont des fidèles : ils ont la foi mais ils sont difficiles à instruire, audacieux, se complaisant en eux-
mêmes, cherchant à tout savoir et ne connaissant rien du tout. Leur audace a fait que l’intelligence s’est
obscurcie en eux. Une sotte impudence les envahit. Ils se targuent d’une grande pénétration ; ils se
transforment volontiers et d’eux-mêmes en maîtres de doctrine ; mais ils n’ont pas le sens commun. C’est
un grand fléau que l’audace et la vaine présomption : plusieurs lui doivent leur perte.”

c) “Eprouver” (gr. : “peirazo”), c'est mettre à l'épreuve, tester par l’expérience la nature réelle
de ce qui est affiché, c’est distinguer le vrai du faux.
• Le même verbe est utilisé en Ap. 3:10 (“éprouver les habitants de la terre”), en Ap. 3:18 (“de l'or
éprouvé par le feu”), en Jac. 1:12 (“L’homme une fois testé recevra la couronne de Vie”), en Héb. 11:17
(“Abraham a offert son fils quand il a été mis à l’épreuve par Dieu”).
• Le sens de ce verbe est à peine différent de celui du verbe utilisé en 1 Jn. 4:1 “Bien-aimés, n’ajoutez
pas foi à tout esprit ; mais éprouvez (gr. : “dokimazo”, soumettre à examen avant approbation ; id. Rom.
1:28 et 12:2) les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le
monde.”

La fausseté des faux “apôtres” étant du domaine de l'esprit, elle n'est pas facile à détecter
par l'homme naturel, même religieux.
Sans les interventions de Paul et de Jean, l'Eglise serait tombée très tôt dans le légalisme
judaïsant, ou l'occultisme grec ou perse, etc.
• Phil. 3:2 “Prenez garde aux chiens, prenez garde aux mauvais ouvriers, prenez garde aux faux
circoncis.”
• 1 Tim. 4:1-3 “(1) Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns
abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, (2) par
l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience ; (3) ils
prescrivent de ne pas se marier, et de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés pour qu’il soient pris avec
actions de grâces par ceux qui sont fidèles et qui ont connu la Vérité.”
• 2 Tim. 2:17-18 “(17) … de ce nombre sont Hyménée et Philète, (18) qui se sont détournés de la Vérité,
disant que la résurrection est déjà arrivée, et qui renversent la foi de quelques-uns.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -120-
________________________________________________

Un faux “apôtre” (ou faux “envoyé”) peut imiter tous les fruits de l'Esprit, y compris certaines
formes de l'amour, mais il na jamais aimé Jésus-Christ, et ne sait pas ce qu'est l'amour de Dieu
car il n'en a jamais eu soif, même s'il ne veut pas être perdu. Judas n'avait jamais aimé Jésus,
mais il aspirait au pouvoir du Royaume.
Le faux “apôtre” fréquente les Ecritures non pour s'y purifier, mais pour y trouver des
instruments de pouvoir personnel sur les âmes.
• Tite 1:10-11 “(10) Il y a en effet, surtout parmi les circoncis, beaucoup de gens rebelles, de vains
discoureurs et de séducteurs, (11) auxquels il faut fermer la bouche. Ils bouleversent des familles entières,
enseignant pour un gain honteux ce qu’on ne doit pas enseigner.”
• 1 Jn. 4:1 “Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont
de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. (2) Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu :
Tout esprit qui se déclare publiquement (à commencer lors du baptême) pour Jésus-Christ venu en chair
est de Dieu ; (3) et tout esprit qui ne se déclare pas publiquement pour Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui
de l’antichrist.”

d) Jésus-Christ a été l’Apôtre par excellence (il a été l'Ange-Etoile parfait).


• Héb. 3:1-2 “Considérez l’Apôtre et le Souverain sacrificateur de la foi que nous professons, Jésus, qui
a été fidèle à Celui qui l’a établi…”
• Jn. 14:24 “Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Et la parole que vous entendez n’est pas
de moi, mais du Père qui m’a envoyé.”
• Jn 17:3 “La Vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé,
Jésus-Christ.”

2:3. … et tu as de la persévérance, et tu as souffert à cause de mon Nom, et tu ne t'es point


lassé.
a) Etrangement, la “persévérance”, ou “patience”, ou “endurance” (gr. : “hupomone”) est
mentionnée ici une seconde fois dans les éloges adressés à l'Eglise d'Ephèse (voir les commentaires
du verset précédent). Cette répétition souligne l'importance de cette vertu qui apparaît ici deux
fois, comme à la racine d'autres vertus :
• La première fois (v. précédent), la “persévérance” est en action contre le mal :
- “tu ne peux supporter les méchants”,
- “tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et tu les a trouvés menteurs”.
• Ici (seconde mention), la “persévérance” est la puissance qui permet de payer le prix du combat :
- “tu as souffert à cause de mon Nom”,
- “tu ne t'es point lassé”.

Cette “persévérance” témoigne de l'intensité de la passion éprouvée par le croyant pour


Jésus-Christ, et donc de l'intensité de la révélation reçue puis cultivée.

b) Le verbe grec (gr. : “bastazo”) traduit “souffrir” signifie “porter, supporter” (en parlant d'un
fardeau).C'est le même verbe qui est utilisé au v. précédent : “tu ne peux supporter les
mauvais”. Ceux qui ne peuvent supporter le mal en eux et dans l'Assemblée, sont capables de
supporter la persécution pour le Bon, lequel est Jésus-Christ.
Inversement, les pharisiens qui s'accommodaient du mal en eux, et méprisaient les publicains, n'ont pas
supporté la révélation du cœur de Jésus, ni de voir ce dernier secourir les âmes et les corps malades.
• Mt. 10:32-33 “(32) Quiconque se déclarera publiquement pour moi, je me déclarerai moi aussi pour
lui devant mon Père qui est dans les cieux ; (33) mais quiconque me reniera devant les hommes, je le
renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux.”
• Lc. 12:8-9 “Quiconque se déclarera publiquement pour moi, le Fils de l’homme se déclarera aussi pour
lui devant les anges de Dieu ; (9) mais celui qui me reniera devant les hommes sera renié devant les
anges de Dieu.”
• 2 Tim. 2:12 “SI nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui ; SI nous le renions, lui aussi nous
reniera.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -121-
________________________________________________

c) L’Eglise a souffert “à cause” (gr. : “dia” : “du fait de, au travers de”) du “Nom” de Jésus-
Christ. Ce Nom a toujours déchaîné la colère des ennemis de la vérité (de ce qui est conforme aux
Réalités divines révélées), et des prisonniers du mensonge.
Dans la Bible, le “Nom” manifesté de la Divinité (le patronyme révélé), est toujours inséparable
des Réalités insondables qu'il recouvre (sa nature, sa pensée, sa volonté, etc.).
Les faux prophètes ont souvent cherché à escamoter le Nom de Jésus-Christ (en le remplaçant
par d'autres noms pieux, ou en le dévaluant – cf. le “petit Jésus”-, ou, au contraire, en le transformant en mot
magique, etc.).

Employer la formule baptismale : “Au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit” (Mt. 28:19),
au lieu de : “Au Nom de (du Seigneur) Jésus-Christ” (Act. 2:38, 4:12, 8:13, 8:16, 10:48, 19:5), ou
laisser le choix entre les deux formules, reflète souvent (mais pas toujours) l'absence d'une
révélation personnelle de la divinité de Jésus-Christ, et/ou un enseignement déficient.
• Act. 4:18 “Et ayant appelé Pierre et Jean, (les notables de Jérusalem) leur défendirent absolument de
parler et d’enseigner au Nom de Jésus.”

d) Les souffrances, les combats, épuisent l'homme naturel, il “se lasse” (gr. : “kamno” =
découragé, lassé, fatigué). Si cette Eglise ne s’est “point lassée”, c’est qu’il y avait chez certains
encore de l’amour pour Jésus !
• Héb. 12:2-3 “(2) … Ayez les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la
joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du Trône de
Dieu. (3) Considérez, en effet, Celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des
pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point, l’âme découragée.”

Les forces qui soutenaient les disciples d'Ephèse étaient leur attachement à Jésus-Christ, leur
vision de l'éternité, les signes du Dieu vivant, l'expérience de l'Onction personnelle, les
Ecritures vivifiées, l'enseignement puissant reçu.

2:4. Mais ce que j'ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour.
a) Ce verset énonce le seul reproche que l'ange doit adresser à l'Eglise d'Ephèse considérée
dans son ensemble (l’Esprit n’indique pas le pourcentage de personnes atteintes !) : “l'abandon du
premier amour (gr. “agape”)”. Mais, à lui seul, cet “abandon” prépare le terrain à toutes les
autres déchéances ! Cette maladie de l'Eglise d'Ephèse contient en germe toutes les déchéances
épanouies dans les Eglises suivantes.

C’est l’Esprit de Celui qui a tant aimé qui prononce ces mots. Cet avertissement attristé et
douloureux de Jésus-Christ à l'Eglise d'Ephèse, interpelle les chrétiens de tous les siècles.
Cette Eglise a oublié le premier commandement qui fonde tous les autres.
• Deut. 30:15-18 “(15) Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. (16) Car je
te prescris aujourd'hui d'aimer l'Éternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, et d'observer ses
commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que l'Éternel, ton
Dieu, te bénisse dans le pays dont tu vas entrer en possession. (17) Mais si ton cœur se détourne, si tu
n'obéis point, et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux (les idoles que convoite le
monde) et à les servir, (18) je vous déclare aujourd'hui que vous périrez, que vous ne prolongerez point
vos jours dans le Pays dont vous allez entrer en possession, après avoir passé le Jourdain.”
• Jn. 22:36-37 “(36) Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? (37) Jésus lui répondit : Tu
aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée.”

b) L'“amour” (gr. : “agape”) en cause ici, presque inconnu de la littérature profane ancienne,
décrit une attitude qui résulte d'un choix réfléchi de la personne, d'une passion pleine de
respect et de vénération, et s'accompagne de l'abandon délibéré de ses droits.

Il ne comporte rien que Dieu désapprouve. Cet “amour” est une “ferveur”, une flamme qui
peut devenir une torche.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -122-
________________________________________________

• Phil. 1:21 “Christ est ma vie, et mourir m’est un gain.”


• Col. 3:1-2 “Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d'En-Haut, où Christ est assis
à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d'En-Haut, et non à celles qui sont sur la terre.”

L'“amour-agape” est la plus haute forme de l’affection dans le NT. C'est même l'un des
Attributs de la Nature divine, et l'homme a été conçu par Dieu pour incarner cet Attribut.
L'“amour-agape” se distingue de l'“amour-phileo” qui était hautement prisé par la littérature
profane grecque ancienne.
L'“amour-phileo” répond à une inclination naturelle, justifiée ou non, pure ou non : en ce
sens le verbe “phileo” (= “embrasser, aimer”) correspond à notre verbe “chérir” : ce verbe est au
cœur de “l'amour-philadelphia” (de “phileo” = “chérir, embrasser”, et de “adelphos” = “frère,
proche”), et de “l'amour-philanthropia” (de “phileo”, et de “anthropos” = “l'humanité”).
Mais l'“amour-phileo” sans la Vérité des Ecritures peut conduire à l’injustice (et même à l’idolâtrie, ou
même au meurtre).

Dans le NT, l'amour de l'homme pour Dieu est “l'amour-agape”, et jamais “l'amour
phileo” trop réducteur (il lui manque le caractère de la vénération réfléchie, et il est dépendant d'émotions
changeantes).
La Bible ne demande jamais d’aimer le “Papa”, mais le “Abba = Père” (en Mc. 14:36, traduire
“abba’' par “papa”, c’est dénaturer la relation existant entre le Fils et le Père).
Par contre, l'amour de Dieu pour l'homme est décrit en employant les deux mots.
• En Jn. 3:16 Dieu aime (“agapao”) le monde, et en Jn. 16:27 Dieu chérit (“phileo”) son peuple.
• En Jn. 11:3,36 Jésus aimait (“phileo”) Lazare, mais en Jn. 11:5 Jésus aimait (“agapao”) Marie et sa
sœur (l’emploi du verbe “agapao” évite toute ambigüité). Jésus a aimé (“agapao”) le jeune homme riche
(Mc. 10:21).
• Il nous est demandé d'aimer-agapao les ennemis, mais il n'est pas exigé de les aimer-phileo (il n'est
pas demandé de les embrasser ! mais c’est la douceur et la compassion qui sont recommandées).
• Quand il est dit que Diotrèphe aimait à être le premier (3 Jn. 9), l'emploi du verbe “agapao” souligne
le caractère blasphématoire de cet orgueil idolâtre de lui-même.
• Le nom “agape” n'est utilisé dans l'Apocalypse qu'ici et au v.19. Le verbe “agapao” n'est utilisé que 3
fois (Ap. 1:5 ; 3:9 ; 12:11). Le verbe “phileo” est utilisé 2 fois (Ap.3:19 et 22:15).

c) L'“abandon du premier amour, de la ferveur première” n'est pas un accident (il y a eu


“abandon, séparation”), mais est un premier signe de refroidissement, de desséchement, de
sclérose, qui précède l'indifférence, l’oubli.

C’est la porte ouverte à l’apostasie (= à la trahison, encore appelée : l’adultère spirituel).


• Nb. 11:4-6 “(4) Le ramassis de gens qui se trouvaient au milieu d'Israël fut saisi de convoitise ; et même
les enfants d'Israël recommencèrent à pleurer et dirent : Qui nous donnera de la viande à manger ? (5)
Nous nous souvenons des poissons que nous mangions en Égypte, et qui ne nous coûtaient rien, des
concombres, des melons, des poireaux, des oignons et des aulx. (6) Maintenant, notre âme est desséchée :
plus rien ! Nos yeux ne voient que de la manne (elle est pourtant d’origine céleste).”
• Deut. 11:10-12 “(10) Car le pays dont tu vas entrer en possession, n'est pas comme le pays d'Égypte,
d'où vous êtes sortis, où tu jetais dans les champs ta semence et les arrosais avec ton pied comme un jardin
potager (l’homme naturel façonne l’argile mais sans apporter le Souffle). (11) Le pays que vous allez
posséder est un pays de montagnes et de vallées, et qui boit les eaux de la pluie du ciel (d’où une matche
dans la dépendance de l’Esprit) ; (12) c'est un pays dont l'Éternel, ton Dieu, prend soin, et sur lequel
l'Éternel, ton Dieu, a continuellement les yeux, du commencement à la fin de l'année.”

L’Esprit reprend ici les paroles de plusieurs prophètes d’Israël :


• Deut. 32:18 (Cantique de Moïse) “Tu as abandonné le Rocher qui t’a fait naître, et tu as oublié le Dieu
qui t’a engendré.”
• Jér. 2:2-13 “(2) Va, et crie aux oreilles de Jérusalem : Ainsi parle l’Eternel : Je me souviens de ton
amour lorsque tu étais jeune, de ton affection lorsque tu étais fiancée, quand tu me suivais au désert, dans
une terre inculte. (3) Israël (un nom de gloire) était consacré à l’Eternel, il était les prémices de son
revenu ; tous ceux qui en mangeaient se rendaient coupables, et le malheur fondait sur eux dit l’Eternel.
(4) Ecoutez la parole de l’Eternel, maison de Jacob (nom de honte), et vous toutes, familles de la maison
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -123-
________________________________________________

d’Israël ! (5) Ainsi parle l’Eternel : Quelle iniquité vos pères ont-ils trouvée en moi, pour s’éloigner de
moi, et pour aller après des choses de néant et n’être eux-mêmes que néant ? - … - (7) Je vous ai fait venir
dans un pays semblable à un verger, pour que vous en mangiez les fruits et les meilleures productions ;
mais vous êtes venus, et vous avez fait de mon Héritage une abomination. (8) Les sacrificateurs n’ont
pas dit : Où est l’Eternel ? Les dépositaires de la Loi ne m’ont pas connu, les pasteurs m’ont été infidèles,
les prophètes ont prophétisé par Baal, et sont allés vers ceux qui ne sont d’aucun secours. … (13) Mon
peuple a commis un double péché : ils m’ont abandonné, moi qui suis une Source d’Eau vive, pour se
creuser des citernes, des citernes crevassées (des livres secs), qui ne retiennent pas l’Eau.”
• Jér. 2:18-19 “(18) Qu’as-tu à faire d’aller en Egypte, pour boire l’eau du Nil ? Qu’as-tu à faire d’aller
en Assyrie, pour boire l’eau du fleuve ? (19) Ta méchanceté te châtiera, et ton infidélité te punira, tu
sauras et tu verras que c’est une chose mauvaise et amère d’abandonner l’Eternel, ton Dieu, et de n’avoir
de moi aucune crainte, dit le Seigneur, l’Eternel des armées.”
• Jér. 2:21 “Je t’avais plantée comme une vigne excellente et du meilleur plant ; comment as-tu changé,
dégénéré en une vigne étrangère ?”
• 2 Cor. 11:2 “Car je suis jaloux de vous d’une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul
Epoux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure.”

Le “premier amour” donne en toutes choses la primauté à Jésus-Christ. Il n’y a pas de


conversion sans révélation d’une portion des beautés du Rédempteur, et donc sans un “premier
amour”.
Ce “premier amour” est destiné à grandir, en même temps que la connaissance de la pensée
et de l’œuvre divine s’approfondit dans l’âme. Ce “premier amour” est consécration et non
pas convoitise (celle-ci ne cherche que Celui qui multiplie les pains).
• 1 Thes. 4:10-11 “(10) Nous vous exhortons, frères, à abonder toujours plus dans cet amour, (11) et à
mettre votre honneur à vivre tranquilles, à vous occuper de vos propres affaires, et à travailler de vos
mains, comme nous vous l’avons recommandé …”

Mais c’est le contraire qui a commencé à se produire pour la majorité de l’Eglise d’Ephèse :
pour quelques-uns, les exhortations de l’Esprit seront efficaces.
Quant aux incrédules, bien que religieux, il n’y a aucun “premier amour” à réveiller en eux.
La semence a été étouffée par d’autres semences. L’amour a été “perdu” car il n’avait jamais
pris racine.
• Héb. 3:12-14 “(12) Prenez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un cœur mauvais et incrédule, au
point de se détourner du Dieu vivant. (13) Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi
longtemps qu’on peut dire : Aujourd’hui ! Afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du
péché. (14) Car nous sommes devenus participants de Christ (enracinés en son Esprit), pourvu que nous
retenions fermement jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement.”

C’est l’une des raisons d’être de l’Apocalypse : elle a été rédigée pour venir en aide aux élus
qui pourraient se laisser séduire par d'autres centres d’intérêts qui ont peu à peu pris ou repris
l'ascendant.
Un élu se ressaisira (cf. Mt. 24:24).

Si la “ferveur première” pour Jésus-Christ se perd, l’amour fraternel biblique est remplacé
par l’esprit de clan.
• Mal. 1:6 “Un fils honore son père, et un serviteur son maître. Si je suis un Père, où est l’honneur qui
m’est dû ? Si je suis Maître, où est la crainte qu’on a de moi ? dit l’Eternel des armées à vous,
sacrificateurs, qui méprisez mon Nom, et qui dites : En quoi avons-nous méprisé ton Nom ?”
• Mt. 15:8,9 “Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C'est en vain qu'ils
m'honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d'hommes.”

d) Si Dieu a toujours exigé un amour exclusif de la part de son peuple, c'est parce qu'une
brebis est en danger mortel si elle s'éloigne du Berger et de sa Voix.
Les voix qui s’interposent et battent en brèche la primauté due à Jésus-Christ, sont toujours
des voix de mort et de souillure, même si la muraille semble blanche.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -124-
________________________________________________

• Deut. 4:29 “... tu chercheras l'Eternel, ton Dieu, et tu Le trouveras, si tu Le cherches de tout ton cœur
et de toute ton âme.” (Une brebis égarée peut entraîner tout un troupeau à sa suite).
• Deut. 6:5,6 “(5) Tu aimeras l'Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force,
(6) et ces commandements, que je te donne aujourd'hui seront dans ton cœur.”
• 1 Chr. 16:11 “Ayez recours à l'Eternel et à Son appui, cherchez continuellement Sa face.”
• Ps. 27: 8 “Mon cœur dit de Ta part : Cherchez Ma face.”
• Prov. 3:5-8 “Confie-toi en l'Eternel de tout ton cœur, et ne t'appuie pas sur ta sagesse ; reconnais-Le
dans toutes tes voies, et Il aplanira tes sentiers. Ne sois point sage à tes propres yeux, crains l'Eternel, et
détourne-toi du mal : ce sera la santé pour tes muscles, et un rafraîchissement pour tes os.”
• Jér. 29:12-14a “(12) Vous m'invoquerez, et vous partirez ; vous Me prierez, et Je vous exaucerai. (13)
Vous Me chercherez, et vous Me trouverez, si vous Me cherchez de tout votre cœur. (14) Je Me laisserai
trouver par vous, dit l'Eternel, et Je ramènerai vos captifs ... ”
• Mt. 6:33 “Cherchez premièrement le Royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront
données par dessus.”
• Mt. 22: 37 38 “Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton
âme, et de toute ta pensée. C'est le premier et le plus grand commandement.” (= Marc 12:30).
• Jn. 6: 35,51,53,56,57 “(35) Jésus leur dit : Je suis le Pain de Vie. Celui qui vient à Moi n'aura jamais
faim, et celui qui croit en Moi n'aura jamais soif ... (51) Je suis le Pain Vivant qui est descendu du Ciel. Si
quelqu'un mange de ce Pain, il vivra éternellement ... (53) Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le
dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez Son Sang, vous n'avez point la
Vie en vous-mêmes ... (56) Celui qui mange Ma chair et qui boit Mon Sang demeure en Moi, et Je demeure
en lui. (57) Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que Je vis par le Père, ainsi celui qui me mange
vivra par Moi.”

Dans sa délicatesse, l’Esprit a commencé par les compliments.


L’Eglise d’Ephèse est apparemment irréprochable quant à son activité au service du Christ
et à la pureté de sa doctrine. Mais si ces vertus apparentes ne sont plus sous-tendues par le
“premier amour”, ce n’est plus que du zèle mercenaire, de la religiosité qui fait illusion, de la
vanité, etc.
L’amour visé ici, est la racine de l’amour biblique pour les autres.

e) Les réunions des croyants autour de l’enseignement de Jésus-Christ (les choses d’En-haut)
jouent un rôle capital pour aider les élus à se maintenir éveillés et à fortifier cet amour :
• Ez. 16:59-63 “(59) J’agirai envers toi comme tu as agi, toi qui as méprisé le serment en rompant
l’Alliance. (60) Mais je me souviendrai de mon Alliance avec toi au temps de ta jeunesse, et j’établirai
avec toi une Alliance éternelle. (61) Tu te souviendras de ta conduite, et tu en auras honte, quand tu
recevras tes sœurs, les grandes et les petites ; je te les donnerai pour filles, mais non en vertu de ton
Alliance. (62) J’établirai mon Alliance avec toi, et tu sauras que je suis l’Eternel, (63) afin que tu te
souviennes du passé et que tu rougisses, afin que tu n’ouvres plus la bouche et que tu sois confuse, quand
je te pardonnerai tout ce que tu as fait, dit le Seigneur, l’Eternel.”
• Col. 3:16 “Que la parole de Christ demeure en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et exhortez-
vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels,
chantant à Dieu dans vos cœurs en vertu de la grâce.”
• Héb. 10:24 “Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres.”
• Héb. 12:15-16 “(15) Veillez à ce que personne ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine
d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés ; (16) à
ce qu’il n’y ait ni débauché, ni profane comme Esaü, qui pour un mets vendit son droit d’aînesse.”
• Jude 20-23 “(20) Pour vous, bien-aimés, vous édifiant vous-mêmes sur votre très sainte foi, et priant
par le Saint-Esprit, (21) maintenez-vous dans l’amour de Dieu, en attendant la miséricorde de notre
Seigneur Jésus-Christ pour la Vie éternelle. (22) Reprenez les uns, ceux qui contestent ; (23) sauvez-en
d’autres en les arrachant du feu ; et pour d’autres encore, ayez une pitié mêlée de crainte, haïssant jusqu’à
la tunique souillée par la chair.”

f) L’Apocalypse a été écrite semble-t-il environ 30 ans après que Paul ait écrit les mots
suivants dans la lettre envoyée à cette Eglise d’Ephèse !
• Eph. 1:15 “J’ai entendu parler de votre foi au Seigneur et de votre amour pour tous les saints.”
(L’amour, ce fruit de l’Esprit selon Gal. 5:22, est mentionné 20 fois dans l’épître aux Ephésiens)
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -125-
________________________________________________

En moins d’une génération, le sommeil de la désertion a déjà commencé à recouvrir cette


Eglise, avec sans doute pour conséquence une froide religiosité, un zèle amer (Jac. 3:14 ; Rom.
10:2), un amour fraternel racorni.
Abandonner le premier amour, c’est commettre une infidélité avec le monde séducteur, c’est
perdre la passion pour Dieu, pour son Royaume, pour ses paroles. Chez plusieurs, comme
chez de nombreux Hébreux lors de l’Exode, le premier amour n’était qu’une peinture vite
écaillée.

Depuis le Jardin d’Eden, Dieu cherche nos élans d’amour vers lui et vers Jésus-Christ. Les
“œuvres”, le “travail”, la “persévérance” (Ap. 2 :2) sont privés de force sans cet élan, sans la
compréhension sans cesse renouvelée de l’amour du Christ et de ce qui s’est passé à
Gethsémané et à Golgotha. Il en résulte la perte de l’unité sacerdotale du Corps (Eph. 3:17-19).
• 1 Cor. 13:1-7 “(1) Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je
suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. (2) Et quand j’aurais le don de prophétie, la
science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter
des montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. (3) Et quand je distribuerais tous mes biens pour
la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas l’amour, cela
ne me sert à rien. (4) L’amour est patient, il est plein de bonté ; l’amour n’est point envieux ; l’amour ne
se vante point, il ne s’enfle point d’orgueil, (5) il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche point son intérêt,
il ne s’irrite point, il ne soupçonne point le mal, (6) il ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit
de la Vérité ; (7) il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.”
• Eph. 3:14,16-19 “(14) … je fléchis les genoux devant le Père, … (16) afin qu'il vous donne, selon la
richesse de sa gloire, d'être puissamment fortifiés par son Esprit dans l'homme intérieur, (17) en sorte que
Christ habite dans vos cœurs par la foi (par l’adhésion à sa Pensée) ; afin qu'étant enracinés et fondés
dans l'amour, (18) vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la
profondeur et la hauteur, (19) et connaître l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte
que vous soyez remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu.”

Satan s’est donc déjà insinué dans l’Eglise d’Ephèse. Il y a eu manque de vigilance :
• Eph. 5:15 “Veillez donc avec soin sur votre conduite, non comme des fous, mais comme des sages.”

Désormais le formalisme (un lavage rituel des mains et non un renouvellement de l’âme dans la Vérité)
va remplacer la foi (la consommation du Vin), le zèle de la ferveur est remplacé par le fardeau
du devoir, le bruit remplace la joie offerte par le Verbe sans cesse renouvelé.

2:5a. Souviens-toi donc d'où tu es tombé, et repens-toi, …


a) Le verbe “se repentir” (gr. : “metanoeo”, Ap. 2:16,21,22 ; 3:3,19 ; 9:20,21 ; 16:9,11), et le substantif
“repentance” (gr. : “metanoia”) sont toujours utilisés pour décrire la transformation du jugement
que l’homme porte sur lui-même, sur les autres et sur Dieu, après la découverte (ou ici la
redécouverte : “souviens-toi”) des perfections et des normes divines.

Ce renouvellement profo nd de la pensée (accompagné parfois de pleurs et de rires mêlés) provoque


à son tour une transformation des comportements (Lév. 26:40-42 ; Deut. 30:1-3 ; Dan. 9:3-4 ; Mt. 4:17
; Act. 2:38 ; etc. Cf. la parabole de l’enfant prodigue, Lc. 15:11-19). C’est l’Esprit qui avait appelé l’âme,
mais Il est désormais invité à entrer y faire sa demeure pour toujours.
• Jac. 1:21,27 “(21) C’est pourquoi, rejetant toute souillure et tout débordement de méchanceté, recevez
avec douceur la parole qui a été plantée (c’est une Semence) en vous, et qui peut sauver vos âmes … (27)
La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves (cf.
aussi les âmes qui n’ont ni Père ni Epoux) dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du
monde.”

En invitant à cette “repentance”, le Livre de l’Apocalypse apporte la bénédiction promise :


• Ap. 1:3 “Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie, et qui gardent les
choses qui y sont écrites ! Car le temps est proche.”
• Lam. 3:40 “Examinons nos voies et sondons-les, et retournons à l’Eternel.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -126-
________________________________________________

• 1 Cor. 15:34 “Revenez à vous-mêmes, comme il est convenable, et ne péchez point ; car quelques-uns
ne connaissent pas Dieu, je le dis à votre honte.”
• 2 Cor. 7:10 “La tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis
que la tristesse du monde produit la mort.”
• 2 Cor. 13:5 “Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-
mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ (l’Esprit de Christ) est en vous ? à moins peut-être que
vous ne soyez désapprouvés.”
• Eph. 5:15-17 “(15) Prenez donc garde afin de vous conduire avec circonspection, non comme des
insensés, mais comme des sages ; (16) rachetez le temps, car les jours sont mauvais. (17) C’est pourquoi
ne soyez pas inconsidérés (déraisonnables), mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur.”

b) C’est de sa perte du premier amour (= de la perte de sa ferveur première) que l’Eglise


d’Ephèse doit se repentir.
Malgré toutes ses vertus apparentes (la foi déclarée, les efforts pénibles, la persévérance) l’Eglise
d’Ephèse est en danger mortel si la fraîcheur ou la chaleur du “premier amour” ne sont pas
rétablies. C’est le même reproche qui sera adressé à l’Eglise de Laodicée, la 7 e, qui ne reçoit
aucun éloge : elle sera accusée de n’être “ni froide ni bouillante”, c’est-à-dire de n’apporter
ni soulagement (la fraîcheur) ni énergie (la chaleur) aux voyageurs dans le désert.

Une haute position initiale a été perdue : il y a eu chute (l’Eglise est “tombée”).
Perdre le premier amour, c’est “tomber”, “déchoir” (1 Cor. 10:12 “Que celui qui est debout, prenne
garde de tomber”, de perdre ce premier amour).
C’est la prise de conscience de cette déchéance amorcée, qui doit ici provoquer la
“repentance”.
• 2 Chr. 7:14 “Si Mon peuple sur qui est invoqué Mon Nom s’humilie, prie et recherche Ma face, s’il
revient de ses mauvaises voies, Moi, Je l’écouterai des Cieux, Je lui pardonnerai son péché et Je guérirai
son pays.”
• 2 Chr. 30:8-9 (paroles d’Ezéchias lors d’une Pâque solennelle) “(8) A présent, ne raidissez donc pas
votre nuque comme vos pères ; donnez la main à l’Eternel, venez à Son sanctuaire qu’Il a sanctifié pour
toujours, et servez l’Eternel, votre Dieu, pour que Sa colère ardente se détourne de vous. (9) Si vous
revenez à l’Eternel, vos frères et vos fils trouveront de la compassion auprès de ceux qui les ont emmenés
captifs et ils reviendront dans ce pays ; car l’Eternel, votre Dieu fait grâce, Il est compatissant et ne
détourne pas Sa face de vous, si vous revenez à Lui.”
• Néh. 1:9 “Si vous revenez à Moi et si vous gardez Mes commandements et les mettez en pratique, alors,
quand même vous seriez bannis à l’extrémité du ciel, de là Je vous rassemblerai et Je vous ramènerai
vers le Lieu (la Jérusalem céleste) que J’ai choisi pour y faire résider Mon Nom.”
• Jér. 3:13,20 “Reconnais seulement ta faute : car c’est contre l’Eternel, ton Dieu, que tu t’es révoltée.
Tu as eu une conduite dissolue avec les étrangers (= les idoles) sous tout arbre verdoyant et vous n’avez
pas écouté ma voix … Oui, comme une femme trahit son amant, vous m’avez trahi, maison d’Israël.”
• Joël 2:13 “Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, et revenez à l’Eternel, votre Dieu ; car Il fait
grâce, Il est compatissant, lent à la colère et riche en bienveillance.”
• Aggée 1:5 “… réfléchissez à votre conduite !”
• Zac. 1:3 “(3) … Revenez à Moi, … et Je reviendrai à vous. (4) Ne soyez pas comme vos pères …”
• Mal. 3:7 “Depuis le temps de vos pères, vous vous êtes écartés de Mes prescriptions, vous ne les avez
pas gardées. Revenez à Moi, et Je reviendrai à vous, dit l’Eternel des armées. Et vous dites : En quoi
devons-nous revenir ?”
• Lc. 18:13-14 “(13) Le péager se tenait à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel, mais se
frappait la poitrine et disait : O Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur. (14) Je vous le dis, celui-ci
descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui
s’abaisse sera élevé.”
• Jac. 4:8-10 “(8) Approchez-vous de Dieu, et Il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs ;
purifiez vos cœurs, hommes irrésolus (ils sautillent d’un chemin à l’autre). (9) Sentez votre misère ; soyez
dans le deuil, et votre joie en tristesse. (10) Humiliez-vous devant le Seigneur, et Il vous élèvera.”

c) La “repentance” s’accompagne de regrets, mais l’inverse n’est pas toujours vrai.


Les regrets ne sont parfois que le souci des conséquences néfastes des offenses contre Dieu,
mais non de ses causes internes (le laxisme, l’ignorance, l’impuissance, etc.).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -127-
________________________________________________

C’est le verbe “regretter” qui est utilisé à propos de Judas (Mt. 27:3). Esaü a lui aussi regretté
d’avoir perdu le droit d’aînesse, mais, s’il s’était vraiment repenti de sa mondanité, il se serait
soumis à son frère au lieu de vouloir se venger de lui.
• Héb. 12:16-17 “(16) (Veillez) à ce qu’il n’y ait aucun débauché, ni profane comme Esaü, qui pour un
mets vendit son droit d’aînesse. (17) Vous savez que, plus tard, voulant obtenir la bénédiction, il fut rejeté,
quoiqu’il l’ait sollicitée avec larmes ; car il ne put amener son père à changer de sentiments (litt. : “Car
il ne trouva aucun lieu de repentance”).” (Allusion à Gen. 27:34).

Le verbe “regretter” n’est d’ailleurs jamais mis en relation avec la repentance envers Dieu
(sauf peut-être en Mt. 21:29-32).

d) Jésus-Christ attend de l’Eglise d’Ephèse attristée un renouveau de ferveur.


• Ps. 51:18,19 “Si Tu avais voulu des sacrifices, je T'en aurais offert ; mais Tu ne prends point plaisir aux
holocaustes. Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c'est un esprit brisé (car alors l’âme s’offre, du
plus profond d’elle-même, sur l’autel). O Dieu ! Tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit.”

2:5b. … et pratique (gr. : “poieo” = “faire” ou “pratiquer”) tes premières œuvres ; …


Les “premières œuvres” sont celles qui résultaient du “premier amour”, de la ferveur née
des premiers contacts de l’Esprit dans l’âme des croyants.

Il n’y a pas de vrai témoignage rendu par les “œuvres” (gr. : “ergon”, cf. commentaires d’Ap. 2:2)
de l’Eglise, sans cette ferveur révérencieuse manifestée concrètement envers Christ.
• Mt. 7:21-23 “(21) Ceux qui me disent : Seigneur ! Seigneur ! n’entreront pas tous dans le Royaume des
cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. (22) Plusieurs me diront
en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton Nom ? N’avons-nous pas fait
beaucoup de miracles par ton Nom ? (23) Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus,
retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité.”
• Lc. 16:46 “Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur ! et ne faites-vous pas ce que je dis ?”
• Eph. 4:14-15 “(14) … ainsi nous ne serons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine,
par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, (15) mais en professant la
vérité dans l’amour (lequel émane des paroles et de l’Esprit de Christ), nous croîtrons à tous égards en
Celui qui est le chef, Christ.”

Si l’Esprit parle ainsi à l’Eglise, c’est que Jésus-Christ sait que les élus vont en tirer profit.
• Héb. 6:7-12 “(7) Lorsqu’une terre est abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle, et qu’elle produit
une herbe utile à ceux pour qui elle est cultivée, elle participe à la bénédiction de Dieu ; (8) mais, si elle
produit des épines et des chardons, elle est réprouvée et près d’être maudite, et on finit par y mettre le feu.
(9) Quoique nous parlions ainsi, bien-aimés, nous attendons, pour ce qui vous concerne, des choses
meilleures et favorables au salut. (10) Car Dieu n’est pas injuste, pour oublier votre travail et l’amour
que vous avez montré pour son Nom, ayant rendu et rendant encore des services aux saints. (11) Nous
désirons que chacun de vous montre le même zèle pour conserver jusqu’à la fin une pleine espérance, (12)
en sorte que vous ne vous relâchiez point, et que vous imitiez ceux qui, par la foi et la persévérance,
héritent des promesses.”
• Héb. 12:12-13 “(12) Fortifiez donc vos mains languissantes et vos genoux affaiblis ; (13) et suivez avec
vos pieds des voies droites, afin que ce qui est boiteux ne dévie pas, mais plutôt se raffermisse.”

2:5c. … sinon, je viendrai à toi, …


a) Il n’y a pas de justice sans qu’il y ait des conséquences pour l’injuste. Après le reproche,
vient l’énoncé de la Loi de Christ : la grâce donne tout à l’âme qui se juge et qui se donne à
Jésus-Christ, mais elle ôte tout à celui qui rejette un tel Don.
Le Don est une offre d’Alliance, une offre de Mariage, une offre d’Union organique.
• Mt. 13:12 “Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera
même ce qu’il a.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -128-
________________________________________________

Celui qui “vient” n’est pas ici le Fiancé revenant d’un long voyage pour s’unir à sa Fiancée.
Mais il vient expressément pour juger un chandelier (“à toi”) qui n’’est pas à sa place dans le
Sanctuaire. Il n’est plus qu’un squelette fumeux. L’or n’était peut-être qu’une dorure.

b) L’ange de l’Eglise est chargé de transmettre cette menace à l’Eglise (celle qui était
contemporaine de Jean, et celle de tous les siècles), et donc à chacun des individus la constituant.
Le message devient un signal d’alarme pour ceux qui l’entendront.

2:5d. … et j'ôterai ton chandelier de sa place, …


a) La flamme du “chandelier” vient de l’énergie issue de la main droite du Fils de l’homme.
La disparition de la ferveur fait baisser puis disparaître la flamme, et le “chandelier” va alors
devenir inutile. La conjugaison au futur est une marque d’une ultime patience de Jésus-Christ.
La “place” du chandelier est en Jésus-Christ, dans sa main. Mais cette Eglise va cesser de
demeurer en Christ. Elle va être “ôtée (gr. : “kineo” = déplacer, secouer) sans ménagement. La
symétrie suivante peut être notée entre la première Eglise et la dernière Eglise :
• L’Eglise n°1 d’Ephèse a “perdu son premier amour”, de même que l’Eglise n°7 de Laodicée est
devenue tiède.
• L’Eglise n°1 d’Ephèse va être “ôtée (gr. : “kineo” = déplacer, secouer) de sa place”, de même que
l’Eglise de Laodicée va être vomie.
• Les deux Eglises sont appelées à se repentir.

b) Le jugement collectif (d’une assemblée, locale ou non, se réclamant de Jésus-Christ) frappera cette
Eglise quand elle sera majoritairement endurcie. Mais les individus fidèles seront bénis, même
s’ils doivent souffrir du jugement collectif. Daniel avait de même souffert de la déportation
d’Israël à Babylone.
• Mt. 21:43 “C’est pourquoi, je vous le dis, le Royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à une
nation qui en rendra les fruits.” (cf. Actes 13:46-47).
• Lc. 14:34-35 “(34) Le sel est une bonne chose ; mais si le sel perd sa saveur, avec quoi l’assaisonnera-
t-on ? (35) Il n’est bon ni pour la terre, ni pour le fumier ; on le jette dehors.”
• 2 P. 2:20 “Si après s’être retirés des souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur
Jésus-Christ, ils s’y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition est pire que la
première.”

Parmi les “chandeliers” déplacés dans l’AT (avec des destins éternels divers), citons : Israël, Esaü,
les Hébreux à Kadesh, Samson, le roi Saül, le roi Jéroboam 1 er, le royaume de Samarie, le roi
Sédécias, Judas Iscariot, etc.
Pour les contemporains de Jean à Ephèse, cette menace de déplacement était peut-être aussi une allusion
aux changements d’emplacement de la ville, imposés par le pouvoir politique.

c) Tous les chandeliers prétendant être LE chandelier d’or d’Ephèse n’étaient pas en or !
“Etre déplacé” c’est perdre la position la plus privilégiée du Royaume. Etre repoussé hors
du Lieu très saint, c’est être exilé dans le parvis, ou, pire encore, hors du camp comme un
étranger incirconcis. C’est perdre l’honneur de servir Christ en sa Présence, dans le Lieu
très saint.
• Ez. 44:9-13 “(9) Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Aucun étranger, incirconcis de cœur et incirconcis
de chair, n'entrera dans mon Sanctuaire, aucun des étrangers qui seront au milieu des enfants d'Israël.
(10) De plus, les Lévites qui se sont éloignés de moi, quand Israël s'égarait et se détournait de moi pour
suivre ses idoles, porteront la peine de leur iniquité. (11) Ils seront dans mon Sanctuaire comme
serviteurs, ils auront la garde des portes de la maison ; et feront le service de la maison ; ils égorgeront
pour le peuple les victimes destinées aux holocaustes et aux autres sacrifices, et ils se tiendront devant lui
pour être à son service. (12) Parce qu'ils l'ont servi devant ses idoles, et qu'ils ont fait tomber dans le
péché la maison d'Israël, je lève ma main sur eux, dit le Seigneur, l'Éternel, pour qu'ils portent la peine de
leur iniquité. (13) Ils ne s'approcheront pas de moi pour être à mon service dans le sacerdoce, ils ne
s'approcheront pas de mes sanctuaires, de mes lieux très saints ; ils porteront la peine de leur ignominie
et des abominations qu'ils ont commises.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -129-
________________________________________________

• Ez. 44:15-16 “(15) Mais les sacrificateurs, les Lévites, fils de Tsadok, qui ont fait le service de mon
sanctuaire quand les enfants d'Israël s'égaraient loin de moi, ceux-là s'approcheront de moi pour me
servir, et se tiendront devant moi pour m'offrir la graisse et le sang, dit le Seigneur, l'Éternel. (16) Ils
entreront dans mon Sanctuaire, ils s'approcheront de ma table pour me servir, ils seront à mon service.”

Un chandelier déplacé est remplacé par un chandelier capable d’accueillir le Verbe de l’heure.
Le chandelier de Rome a ainsi été écarté pour laisser la place à celui de Luther (même si aux
yeux des religieux, c’est Luther qui avait été écarté). Plusieurs chandeliers se sont ainsi succédé !

2:5e. … à moins que tu ne te repentes.


La repentance n’est pas facultative : c’est la seule voie de délivrance depuis la chute en Eden.
Elle désarme Satan l’accusateur, et rétablit l’harmonie avec la Pensée de Dieu.
Les sévères mises en garde divines sont toujours accompagnées d’un tel appel miséricordieux
à la repentance (cf. les commentaires précédents sur le mot “repentance” en Ap. 2:5).
• Jér. 15:19 “Si tu te rattaches à moi, je te répondrai, et tu te tiendras devant moi ; si tu sépares ce qui
est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche.”
• Rom. 13:11-12 “(11) Cela (l’amour) importe d’autant plus que vous savez en quel temps nous sommes :
c’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque
nous avons cru. (12) La nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons-nous donc des œuvres des
ténèbres, et revêtons les armes de la Lumière.”

2:6. Tu as pourtant ceci, c'est que tu hais les œuvres des Nicolaïtes, œuvres que je hais
aussi.
a) Cet éloge est inattendu juste après la solennelle mise en garde du verset précédent, dont il
semble tempérer la gravité. En fait ce verset est un commentaire exposant plus précisément la
conséquence tragique de la “perte de la ferveur première” : l’apparition, dans l’Assemblée,
d’une étrange semence ténébreuse : celle du “nicolaïsme”.

b) Il ne s’agit pas d’une allusion au diacre “Nicolas d’Antioche” mentionné en Actes 6:3-5,
et lequel, selon Irénée (“Hérésies” 1.26.3), aurait créé une secte licencieuse abusant de la grâce
(plus tard, à cause du texte d’Irénée, lorsque la débauche se sera introduite dans une partie du clergé, les coupables
seront qualifiés de “Nicolaïtes”).
Le danger de débauche a certes toujours été présent, mais l’ennemi utilise des tactiques moins grossières,
et, comme Paul le dénonce (1 Tim. 4:1-3), le Serpent prônera plutôt la doctrine de l’abstinence qui fera
tant de ravages ! Le danger dénoncé ici était nouveau dans l’Eglise issue des Nations.

c) En fait, comme les autres noms propres mentionnés dans l’Apocalypse, le mot
“Nicolaïtes” a ici une signification symbolique, celle qu’indique son étymologie grecque :
“niko-lao”, qui peut se traduire par : “vainqueur, dominateur d’un peuple” (le nom hébreu
“Balam”, mentionné en Ap. 2:14, signifie à peu près la même chose ! cf. §g ci-après).

Ce qui est dénoncé, ce n’est pas la victoire d’un peuple extérieur à l’Eglise, mais
l’introduction du monarchisme clérical (“domination du peuple”), la soumission des “laïcs”, du
peuple de Dieu, à un clergé auto-intronisé, et sans appel divin au ministère.
• 3 Jn. 9 “J'ai écrit quelques mots à l'Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne
nous reçoit point.”

Comme le montrera la suite de cette étude, cette naissance du “nicolaïsme” dans l’Eglise
n’est autre que les prémices de l’intrusion, dans l’Assemblée même, de la Bête polymorphe
venue de l’océan (l’abîme) des Nations, une Bête carnivore qui véhicule tous les systèmes de
domination mis en œuvre dans le monde entier, depuis Caïn et Nimrod, par le prince de la
puissance de l’air.
• Ap. 13:1 “… Puis je vis monter de la mer (les Nations) une Bête qui avait dix cornes et sept têtes, et
sur ses cornes dix diadèmes (images ici de fausses alliances), et sur ses têtes des noms de blasphème.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -130-
________________________________________________

Le cas de Diotrèphe illustre ce que sont les “œuvres (gr. : “ergon”, id. 2:2) des Nicolaïtes” : il
y a usurpation du pouvoir, et rejet de l’Onction (la confiscation des Ecritures en sera une variante).
Pour entraîner le Lévite attaché à la maison de Mica, les Danites ont su profiter de son orgueil clérical,
et il les a suivis : “… viens avec nous ... Vaut-il mieux que tu serves de prêtre à la maison d'un seul homme,
ou que tu serves de prêtre à une tribu et à une famille en Israël ? Le prêtre éprouva de la joie dans son
cœur … et se joignit à la troupe.” (Jg. 18:18-20).

d) Cet esprit de domination était un trait des cultes babyloniens (et de ceux du monde païen)
contrôlés par une caste sacerdotale auto-auréolée de dignité vestimentaire et rituelle.
L’action de cet esprit dans l’Eglise est une débauche spirituelle plus dangereuse que celle
introduite par Nicolas d’Antioche ! La “perte de la ferveur première” conduit ainsi à un
adultère spirituel fondamental, … subrepticement.
• Cet esprit est ancré dans l’homme naturel déchu : quand Israël avait voulu un roi comme les autres
peuples (1 Sam. 8 :4-8), l’Eternel a proclamé que c’était rejeter l’Eternel (en prenant sa place) et rejeter
Samuel (en méprisant la nature ointe de ses paroles). Agir ainsi c’est inviter Diotrèphe.
• Le “Nicolaïsme” veut introduire un roi autre que Christ dans l’Assemblée, pour imiter le monde, pour
l’impressionner et l’influencer, pour se sentir plus en sécurité, alors que le Royaume de Christ n’est pas de
ce monde.

e) Cet esprit s’introduit dans l’Eglise après chaque réveil sous prétexte de protéger les acquis !
Le Saint-Esprit est alors remplacé par une prêtrise faussement sainte. Les anciens vendent leur
droit d’aînesse pour un potage dénominationnel, et ces évêques dérobent le pouvoir qui
appartient à l’assemblée qui devrait pouvoir choisir des anciens confirmés par l’Onction de
l’Esprit. Les Nicolaïtes oublient les paroles de Jésus :
• Mt. 23:8-12 “(8) Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi ; car un seul est votre Maître, et vous êtes
tous frères. (9) Et n’appelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre Père, celui qui est dans
les cieux. (10) Ne vous faites pas appeler directeurs ; car un seul est votre Directeur, le Christ. (11) Le
plus grand parmi vous sera votre serviteur. (12) Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque
s’abaissera sera élevé.”

f) L’Esprit Saint dénonce à Ephèse les “œuvres” de ces Nicolaïtes, mais toute l’Eglise n’est
pas encore séduite.
De même, la décadence n’a pas frappé Israël en Canaan, tant que Josué et ceux qui l’avaient
connu, étaient encore en vie (Jg. 2:10). Ici, l’Eglise d’Ephèse “hait” encore cet esprit nicolaïte
tant que les premiers témoins de la Pentecôte sont encore en vie.
• Act. 20:29 (Paroles de Paul, de passage à Milet, aux anciens de l’église d’Ephèse) “Je sais qu’il
s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau.”

A Smyrne (2e église), l’esprit nicolaïte s’incarnera dans de “faux Juifs” (un faux Israël) et
calomniera les vrais Juifs.
A Pergame (3e église) cette sombre semence deviendra la “doctrine” de Balaam, un système
de pensée apostat et institutionnalisé.
A Thyatire (4e église), ce cancer s’emparera du pouvoir avec le faux enseignement de
“Jézabel”. Cette gangrène s’est imposée presque dès le début.
• Mt. 13:24-25“(24) … Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence
(les fils du Royaume) dans son champ. (25) Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema
de l'ivraie (les fils du malin, dont font partie les Nicolaïtes) parmi le blé, et s'en alla.”

g) “Nikolaos” (= “vainqueur du peuple”) est l’équivalent grec de l’hébreu “Balaam” (= “qui


séduit le peuple”, “celui qui engloutit le peuple”).
Il y a d’autres exemples d’un tel couple grec/hébreu dans l’Apocalypse :
“Apollyon”/“Abaddon”, “Diable”/“Satan”, “Oui”/“Amen”.
Cela souligne le caractère universaliste de l’Evangile (il est offert aux Juifs et aux Nations).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -131-
________________________________________________

• Il est vrai que Balaam a fait tomber Israël en introduisant parmi les Hébreux la débauche avec les filles
idolâtres de Moab. Il a agi ainsi par ambition personnelle (Jude 11, cf. Esaü profanant la promesse de Dieu
pour une soupe). Cette souillure a ouvert la porte à l’idolâtrie, qui est une prostitution spirituelle. Et c’est
cette souillure spirituelle de l’Eglise qui est dénoncée dans toute l’Apocalypse.
• De même, quand l’Apocalypse appelle Jérusalem (le nom de gloire du vrai christianisme) du nom
honteux de “Sodome et Egypte” (Ap. 11:8), la signification va bien au-delà des turpitudes visibles parmi
ces peuples dans le passé. Ce que l’Apocalypse dénonce, c’est la puissance impure invisible à l’œuvre
dans les coulisses du christianisme.
• De même, la référence aux “Nicolaïtes” ou à “Balaam” dans l’Apocalypse, signifie beaucoup plus que
l’action de sectes licencieuses. Il s’agit en fait de puissances séductrices qui manipulent des chrétiens afin
d’introduire une souillure intérieure spirituelle, “l’esprit de l’erreur” (1 Jn. 4:6). Les pratiques licencieuses
n’ont été dans l’église que des phénomènes certes graves, mais marginaux. Ce qui a été beaucoup plus
destructeur, car plus séduisant, c’est le coup d’état spirituel rampant (c’est l’exploit du Serpent) qui a pris
peu à peu le pouvoir dans l’église, ouvrant la porte à un paganisme chrétien.
Comme du temps de Balaam, il en est résulté un bouquet de doctrines qui ne sont que des
concessions à l’idolâtrie (culte des reliques, culte des images, prière aux morts, magie des sacrements, rites
mensongers, confiscation du sacerdoce des fils et des filles de Dieu, occultation des Ecritures, faux baptême du
Saint-Esprit, etc.). L’Eglise de Laodicée “haïssait” encore cela : elle ne négociait pas avec le
Serpent.

h) Dieu éprouve une “haine” sans mélange contre ces choses.


• Jude 4,8,11 “(4) Il s’est glissé parmi vous certains hommes, dont la condamnation est écrite depuis
longtemps, des impies, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renient notre seul maître
et Seigneur Jésus-Christ. … (8) Ces hommes aussi, entraînés par leurs rêveries, souillent pareillement
leur chair, méprisent l’autorité et injurient les gloires. … (11) Malheur à eux ! Car ils ont suivi la voie de
Caïn, ils se sont jetés pour un salaire dans l’égarement de Balaam, ils se sont perdus par la révolte de
Coré (un hébreu usurpateur voulant évincer Moïse !).”
• 2 P. 2:15-16,19 “(15) Après avoir quitté le droit chemin, ils se sont égarés en suivant la voie de Balaam,
fils de Bosor, qui aima le salaire de l’iniquité, (16) mais qui fut repris pour sa transgression : une ânesse
muette, faisant entendre une voix d’homme, arrêta la démence du prophète. - … - (19) (ces gens-là) leur
promettent la liberté, quand ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption, car chacun est esclave de ce
qui a triomphé de lui.”
• Jn. 2:16 “Il dit aux marchands de pigeons : Otez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une
maison de trafic.”
• Ap. 22:15 “ Dehors les chiens, et les enchanteurs, et les fornicateurs, et les meurtriers, et les idolâtres,
(toute convoitise est une idolâtrie) et quiconque aime et pratique le mensonge !”

Si une partie de cette Eglise d’Ephèse est encore capable de “haïr” le mal, elle est donc
capable d’aimer la Vérité qui est Jésus-Christ : il lui suffit pour cela de vaincre, et donc de
continuer à dénoncer toute intrusion maligne (et pas seulement chez les autres).

i) Le “nicolaïsme”, un attribut du Serpent dominateur des Nations, et qui a envahi le


christianisme (comme il avait envahi Israël), présente des facettes multiples.
Pour illustrer le mode d’action de l’esprit qui domine les Nations, voici le témoignage (non
littéral) entendu le 17 avril 1916 sur la radio “France Inter”, dans la bouche d’un Ministre des
Finances d’un pays de l’UE, rapportant le conseil d’un dirigeant majeur de l’économie
mondiale :
“Tu dois choisir : être dans le système ou en dehors. Si tu restes en dehors, tu pourras dire tout ce que tu
veux, mais personne ne t’entendra dans le système. Si tu restes dans le système, tu seras écouté, et peut-
être pourras-tu influer sur certaines choses. Mais tu devras respecter une règle : ne jamais rapporter à
l’extérieur ce qui se dit à l’intérieur.”

Pour illustrer le mode d’action dans le christianisme de l’esprit du “dominateur du peuple”


(le “nicolaïsme”), voici quelques extraits du “Compendium du catéchisme de l’église
catholique”, approuvé et promulgué le 28 juin 2005 par le pape Benoît XVI :
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -132-
________________________________________________

“§16. À qui revient-il d’interpréter de façon authentique le dépôt de la foi ? … L’interprétation


authentique du dépôt de la foi appartient au seul Magistère vivant de l’Église, c’est-à-dire au Successeur
de Pierre, l’Évêque de Rome, et aux Évêques en communion avec lui. …”
“§162. Où subsiste l’unique Église du Christ ? …Comme société constituée et organisée dans le
monde, l’unique Église du Christ subsiste … dans l’Église catholique, gouvernée par le successeur de
Pierre et par les Évêques en communion avec lui. C’est seulement par elle que l’on peut atteindre la
plénitude des moyens de salut, car le Seigneur a confié tous les biens de la Nouvelle Alliance au seul
collège apostolique, dont la tête est Pierre. …”
“§182. Quelle est la mission du Pape ? ... Le Pape, Évêque de Rome et successeur de saint Pierre, est
principe perpétuel et visible, et fondement de l’unité de l’Église. Il est le vicaire du Christ, la Tête du
collège des Évêques et le pasteur de toute l’Église, sur laquelle il a, par institution divine, un pouvoir
plénier, suprême, immédiat et universel. …”
“§235. Comment l’Église de la terre célèbre-t-elle la liturgie ? … Les baptisés s’offrent en sacrifice
spirituel, les ministres ordonnés ... évêques et prêtres agissent dans la personne du Christ Tête …”
[Il faut noter la distinction hiérarchique faites entre les membres du Christ Tête, et le peuple des
baptisés qui font partie du Christ Membres].
“§336. Avec quelle autorité est exercé le sacerdoce ministériel ? … Dans l’exercice de leur ministère
sacré, les prêtres ordonnés parlent et agissent, non pas en vertu d’une autorité propre, ni même par
mandat ou délégation de la communauté, mais dans la Personne du Christ Tête et au nom de l’Église.
De ce fait, le sacerdoce ministériel se différencie radicalement, et pas seulement par une différence de
degré, du sacersedoce commun des fidèles, au service duquel le Christ l’a institué. …”
[Notons la différence entre le sacerdoce des ministres et le “sacerdoce commun des fidèles”. Le
système est par ailleurs habilement verrouillé par le dogme des sacrements : seule la prêtrise peut
administrer (éventuellement par délégation) le baptême d’eau, la confession auriculaire et le pardon,
le don de l’Esprit, l’extrême onction. Le système devient alors une prison, un royaume, comme les
autres royaumes de ce monde.]

2:7a. Que celui qui a des oreilles entende (ou : “écoute”) ce que l'Esprit dit aux Eglises :
a) Cette formule populaire à couleur proverbiale, servant d’introduction ou de conclusion à
un discours, avait été utilisée par les prophètes d’Israël et par Jésus pour souligner la
responsabilité des auditeurs d’un message divin.
• Ez. 3:27 “Quand je te parlerai, j’ouvrirai la bouche, pour que tu leur dises : Ainsi parle le Seigneur,
l’Eternel. Que celui qui voudra écouter écoute, et que celui qui ne voudra pas n’écoute pas, car c’est une
famille de rebelles.”

b) Les “oreilles” requises sont des oreilles ouvertes, capables d’entendre, celles d’un cœur
droit régénéré.
Seules les brebis d’un troupeau connu d’avance, ont cette oreille interne. Non seulement elles
écoutent le message de l’ange de leur heure, mais elles “entendent” : elles comprennent et
mettent en application ce qu’elles ont entendu.

c) Le message transmis par l’ange de l’Eglise est celui de “l’Esprit”, de l’Onction, et donc de
Jésus-Christ.
Il s’adresse à toute l’Eglise, en tout lieu et en tout temps (“aux Eglises”), et plus
particulièrement à chaque croyant fidèle dans l’Assemblée.
• 1 Jn. 2:27-29 “(27) Pour vous, l’Onction que vous avez reçue de lui (de Celui qui est saint) demeure en
vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne ; mais comme son Onction vous enseigne toutes
choses, et qu’elle est véritable et qu’elle n’est point un mensonge, demeurez en lui selon les enseignements
qu’elle vous a donnés. (28) Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu’il paraîtra,
nous ayons de l’assurance, et qu’à son avènement nous ne soyons pas confus et éloignés de lui. (29) Si
vous savez qu’il est juste, reconnaissez que quiconque pratique la justice est né de lui.”
• 1 Jn. 4:4-6 “(4) Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que Celui qui est
en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. (5) Eux, ils sont du monde ; c’est pourquoi ils
parlent d’après le monde, et le monde les écoute. (6) Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu
nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas : c’est par là que nous connaissons l’Esprit
de la Vérité et l’esprit de l’erreur.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -133-
________________________________________________

Le message sera pour les uns une odeur de Vie, et pour d’autres une odeur de mort (cf. 2 Cor.
2:16). Ce qui doit être “entendu”, c’est non seulement ce que l’ange vient de transmettre à
l’Eglise d’Ephèse (v. 3 à 6), mais aussi ce que les autres anges vont dire aux autres Eglises.
C’est la grâce de Dieu qui nous ouvre ces secrets pour nous réveiller (à condition de désirer
“entendre” la vérité, même si elle est désagréable).

2:7b. A celui qui vaincra …


a) Le verbe “vaincre” (gr. : “nikao”) est un écho de défi au terme “niko-laos”, les
“Nicolaïtes” (les “dominateurs du peuple”) qui sont l’avant-garde du Serpent ancien.

L’ennemi à vaincre, c’est le monde séducteur et anti christ (même si parfois il se réclame de
l’Evangile), c’est le mal (l’incrédulité, la compétition, la colère, le mensonge, l’orgueil, l’hypocrisie, etc.)
s’introduisant dans l’Assemblée.
• Jn. 16:33 “Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.”
• 1 Jn. 2:13-14 “Je vous écris, pères, parce que vous avez connu Celui qui est dès le commencement. Je
vous écris, jeunes gens, parce que vous avez vaincu le malin.”
• 1 Jn. 5:4-5 “(4) Ses commandements ne sont pas pénibles, parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe
du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi (c’est le “premier amour”). (5) Qui est
celui qui a triomphé du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?”

Paul utilise à plusieurs reprises cette image du “vainqueur” (par passion pour Jésus-Christ) :
• 1 Cor. 9:24-25 “(24) Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade courent tous, mais qu’un
seul remporte le prix ? Courez (avec le zèle du premier amour) de manière à le remporter. (25) Tous ceux
qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences (mais pour l’enfant de Dieu le monde perd son
attrait), et ils le font pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne
incorruptible.”
• 2 Tim. 2:4-6 “(4) Il n’est pas de soldat qui s’embarrasse des affaires de la vie, s’il veut plaire à celui
qui l’a enrôlé. (5) L’athlète n’est pas couronné, s’il n’a combattu suivant les règles. (6) Il faut que le
laboureur travaille avant de recueillir les fruits.”
• Rom. 12:21 “Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien.”

Le vainqueur est celui qui se juge et apprend par les Ecritures, et c’est lui qui reçoit ici une
exhortation à ne pas s’endurcir, et c’est aussi un encouragement.

b) Chacune des 7 Lettres contient au moins une promesse faite à chaque individu
“vainqueur” (“à celui”) : la victoire est une affaire individuelle, de contact personnel avec le
céleste : il appartient à chacun “d’entendre ce que dit l’Esprit” de la part de Dieu.
Tout enfant de Dieu a vaincu, il a reçu de Dieu le Sceau des vainqueurs, et il vaincra même
s’il trébuche sans cesse, car il sera réceptif à la voix du Berger.
Chacune des promesses faites aux 7 Eglises fait partie de l’héritage de chaque chrétien.

2:7c. … je lui donnerai à manger de l'Arbre de Vie, …


a) Dans chaque Lettre, la promesse est rattachée à un symbole de l’AT, ici “l’Arbre de vie”
(= “Bois de la Vie”) (Gen. 2:9 ; 3:22,24). L’“Arbre de Vie” est mentionné 3 fois dans l’Apocalypse
(Ap. 2:7 ; 22:2,14).
Tout enfant de Dieu né d’En-haut est, déjà de son vivant, participant des arrhes de chacune
de ces promesses, même s’il n’en a pas toujours conscience.
• Jn. 6:47-48 “(47) Celui qui croit en moi a la Vie éternelle. (48) Je suis le Pain de Vie.”

b) Jésus-Christ (“JE”) détient la puissance nécessaire pour “donner” à manger “de” (gr. “ek”)
l’Arbre antidote de toute corruption, et source de toute Vie, et qui est irrigué par son Souffle.
Jésus-Christ est l’unique Arbre de Vie, et ses enfants sont des “oints” destinés à devenir à
leur tour des “arbres de Vie”, des “arbres” bons à manger et à regarder (Gen. 2:9).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -134-
________________________________________________

• Ap. 22:14 “Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l’Arbre de Vie, et d’entrer par les
portes de la Ville (la Jérusalem céleste).”
• Prov. 3:18 “(La Sagesse, autre Nom du Verbe) est un Arbre de Vie pour ceux qui la saisissent, et ceux
qui la possèdent sont heureux.”
• Prov. 11:30 “Le fruit du juste est un Arbre de Vie, et le sage s’empare des âmes.”
• Jn. 5:21 “Comme le Père ressuscite les morts et donne la Vie, ainsi le Fils donne la Vie à qui il veut.”
• Jn. 5:40 “Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la Vie.”
• Jn. 10:28 “Je leur donne la Vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma
main.”
• Jn. 11:25 “Jésus lui dit : Je suis la résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt.”
• 1 Jn. 5:12 “Celui qui a le Fils a la Vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la Vie.”
• Ez. 47:12 “Sur le torrent (qui sort du temple), sur ses bords de chaque côté, croîtront toutes sortes
d’arbres fruitiers. Leur feuillage ne se flétrira point, et leurs fruits n’auront point de fin, ils mûriront tous
les mois (à chaque nouvelle lunaison), parce que les Eaux sortiront du Sanctuaire. Leurs fruits serviront
de nourriture, et leurs feuilles de remède.” (cf. Ap. 22:1-2).

c) C’est un Arbre dont le Bois se mange, et dont la Sève se boit. C’est aux “anges-étoiles”
de conduire le troupeau vers cet Arbre. Les prophètes de l’AT étaient porteurs d’un morceau
vivant de cet Arbre. Depuis le début de l’histoire de la Rédemption, la vie s’obtient en
“mangeant” Christ, l'Arbre de Vie par sa Sève, le Pain de Vie par ses paroles, le Fleuve de
Vie par son Souffle.
“Manger” Christ, signifie s’unir organiquement à lui, sans interruption, par la pensée, par
les sentiments, par les actes, de même qu’une lampe doit sans cesse s’unir à l’huile.
• Jn. 6:51 “Je suis le Pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce Pain, il vivra
éternellement ; et le Pain que Je donnerai, c’est Ma chair (un Vase saint), que je donnerai pour la Vie du
monde.”
• Jn. 6:53-54 “(53) Si vous ne mangez la chair (un Vase saint) du Fils de l’homme, et si vous ne buvez
Son Sang (véhicule du Souffle saint), vous n’avez point la Vie en vous-mêmes. (54) Celui qui mange Ma
chair et qui boit Mon Sang a la Vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour.”
• Ap. 7:17 “Car l’Agneau qui est au milieu du Trône les paîtra et les conduira aux Sources des Eaux de
la Vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.”

Cette nourriture s’offre d’elle-même car elle vient du Dieu qui donne, et ceux qui en mangent
se donnent à leur tour. Le pain des Nicolaïtes est un poison, car sa farine est celle de l’ivraie
qui veut dominer, et il est fait avec du levain qui fait enfler à son contact toute farine par une
sombre énergie interne.
• 1 Cor. 13:8,13 “(8) L’amour ne périt jamais … - … - Maintenant donc ces trois choses demeurent : la
foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.”

d) Plusieurs des promesses faites aux 7 Eglises font référence à des symboles de l’AT, et
Jean a vu leur accomplissement dans la suite de l’Apocalypse : par ex. la promesse de l’Arbre
de Vie devient réalité en plénitude en Ap. 22:2,14, etc. :
• L’accès à l’Arbre de Vie Ephèse ; Ap. 2:7 Ap. 22:2,14
• La délivrance de la seconde mort Smyrne; Ap. 2:11 Ap. 20:14 et 21:8
• Le nom nouveau Pergame ; Ap. 2:17 Ap. 14:1
• L’autorité sur les nations Thyatire ; Ap. 2:26 Ap. 20:4
• L’étoile du matin Thyatire ; Ap. 2:28 Ap. 22:16
• Le vêtement blanc Sardes ; Ap. 3:5 Ap. 4:4 (et 16:15)
• Le nom dans le Livre de Vie Sardes ; Ap. 3:5 Ap. 13:8
• La citoyenneté dans la nouvelle Jérusalem Philadelphie ; Ap. 3:12 Ap. 21:10

2:7d. … qui est dans le Paradis de Dieu (Dieu en est la Lumière).


a) Le “Paradis” désignait un jardin de délices (cf. la mention du “Jardin de l’Eternel” en Gen. 13:10,
Es. 51:3), et est la traduction du “Jardin d’Eden” décrit en Gen. 2:8-9 : Dieu s’y rend présent
à l’homme.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -135-
________________________________________________

C’est donc l’une des images du Temple céleste parfait incarné sur terre, pétri de Vie en
mouvement, un Lieu très saint. Du Trône central pousse le vrai Arbre de Vie et jaillit la vraie
Eau de la Vie.
C’est donc non seulement un lieu où se rencontrent le Ciel et la terre, mais surtout un état
de communion parfaite entre Dieu et l’homme (chacun se donnant à l’autre).
C’est le vrai “Paradis” réservé aux saints ressuscités, parce qu’il est “de Dieu” (cf. le “Jardin
d’Elohim” en Ez. 28:13, 31:8-9).
Jésus a été le premier Homme à connaître cet état en plénitude, mais cet état sera
inévitablement manifesté un jour dans l’Epouse (ce sera lors du renouvellement, annoncé en Mt. 19:28,
de toutes choses).
• Mt. 19:28 “Jésus leur répondit : Je vous le dis en vérité, quand le Fils de l'homme, au renouvellement
de toutes choses, sera assis sur le Trône de sa gloire, vous qui m'avez suivi, vous serez de même assis sur
douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d'Israël.”
• Es. 51:16 “Je mets mes paroles dans ta bouche, et je te couvre de l'ombre de ma main, pour étendre de
nouveaux cieux et fonder une nouvelle terre (non pas un nouveau cosmos, mais un état de choses
totalement métamorphosé par une effusion en plénitude de l’Esprit), et pour dire à Sion : Tu es mon peuple
!”
• Es. 65:17 “Car je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre (une Naissance en nouveauté de
Vie) ; on ne se rappellera plus les choses passées, elles ne reviendront plus à l'esprit.”
• Es. 66:22 “Car, comme les nouveaux cieux et la nouvelle terre que je vais créer subsisteront devant
moi, dit l'Éternel, ainsi subsisteront votre postérité et votre nom.”
• 2 P. 3:13 “Mais nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre (là où la
sphère de l’Esprit épousera pleinement la sphère de la chair), où la justice habitera.”

b) Cet état (ou “3e Ciel”, le 1er étant celui d’avant le Déluge) a été vu par Paul (2 Cor. 12:2,4). Il est
promis aux vainqueurs en Ap. 2:7, et il est décrit comme effectivement restauré en plénitude
en Ap. 22.
• Ap. 22:1-5 “(1) Et il me montra un Fleuve d’Eau de la Vie, limpide comme du cristal, qui sortait du
Trône de Dieu et de l’Agneau. (2) Au milieu de la place de la Ville et sur les deux bords du Fleuve, il y
avait un Arbre de Vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles
servaient à la guérison des nations. (3) Il n’y aura plus d’anathème. Le Trône de Dieu et de l’Agneau sera
dans la Ville ; ses serviteurs le serviront et verront sa face (dans une communion divine), (4) et son Nom
sera sur leurs fronts. (5) Il n’y aura plus de nuit ; et ils n’auront besoin ni de lampe ni de lumière, parce
que le Seigneur Dieu les éclairera. Et ils régneront aux siècles des siècles.”

Ce passage d’Ap. 22 fait écho à une prophétie d’Ezéchiel 47, et à des déclarations similaires
de différents prophètes de l’AT. Ces images ne sont néanmoins pas LA réalité, mais
représentent des réalités encore difficilement accessibles à l’homme naturel :
• Ez. 47:6-9,12 “(6) Il me dit : As-tu vu, fils de l’homme ? Et il me ramena au bord du Torrent (le Fleuve
de Vie). (7) Quand il m’eut ramené, voici, il y avait sur le bord du Torrent beaucoup d’arbres de chaque
côté. (8) Il me dit : Cette Eau coulera vers le district oriental, descendra dans la plaine, et entrera dans
la mer ; lorsqu’elle se sera jetée dans la mer (les peuples des Nations), les eaux de la mer deviendront
saines. (9) Tout être vivant qui se meut vivra partout où le Torrent coulera, et il y aura une grande quantité
de poissons ; car là où cette Eau arrivera, les eaux deviendront saines, et tout vivra partout où parviendra
le Torrent (l’annonce de l’Evangile aux Nations n’a encore été qu’un accomplissement imparfait de cette
promesse). … (12) Sur le Torrent, sur ses bords de chaque côté, croîtront toutes sortes d’arbres fruitiers
(des saints porteurs du Verbe). Leur feuillage ne se flétrira point, et leurs fruits n’auront point de fin, ils
mûriront tous les mois (allusion aux festivités des nouvelles lunes), parce que les Eaux sortiront du
Sanctuaire. Leurs fruits serviront de nourriture, et leurs feuilles de remède.”
• Es. 30:23-26 “(23) Alors l’Eternel répandra la Pluie sur la semence que tu auras mise en terre, et le
pain que produira la terre sera savoureux et nourrissant ; en ce même temps, tes troupeaux paîtront dans
de vastes pâturages (le Verbe révélé). (24) Les bœufs et les ânes (les serviteurs de Dieu), qui labourent la
terre, mangeront un fourrage salé, qu’on aura vanné avec la pelle et le van. (25) Sur toute haute montagne
et sur toute colline élevée (les saints de Diu), il y aura des ruisseaux, des courants d’Eau, au jour du
grand carnage, à la chute des tours (celles de l’ennemi). (26) La lumière de la lune (l’humble peuple de
Dieu) sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera sept fois plus grande, comme la lumière
de sept jours, lorsque l'Éternel bandera la blessure de son Peuple, et qu'il guérira la plaie de ses coups”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -136-
________________________________________________

• Es. 41:18-20 “(18) Je ferai jaillir des fleuves sur les collines, et des sources au milieu des vallées ; je
changerai le désert en étang, et la terre aride en courants d’eau ; (19) je mettrai dans le désert le cèdre,
l’acacia, le myrte et l’olivier ; je mettrai dans les lieux stériles le cyprès, l’orme et le buis, tous ensemble
(diversité des Onctions éternelles) ; (20) afin qu’ils voient, qu’ils sachent, qu’ils observent et considèrent
que la main de l’Eternel a fait ces choses, que le Saint d’Israël en est l’Auteur.”
• Ez. 34:25-28 “(25) Moi l’Eternel j’ai parlé. Je traiterai avec elles (les brebis de l’Eternel) une Alliance
de paix, et je ferai disparaître du pays les animaux sauvages (les ennemis irréductibles) ; elles habiteront
en sécurité dans le désert, et dormiront au milieu des forêts. (26) Je ferai d’elles et des environs de ma
colline (Sion) un sujet de bénédiction ; j’enverrai la Pluie en son temps, et ce sera une Pluie de
bénédiction. (27) L’arbre des champs donnera son fruit, et la terre donnera ses productions. Elles seront
en sécurité dans leur pays ; et elles sauront que je suis l’Eternel, quand je briserai les liens de leur joug,
et que je les délivrerai de la main de ceux qui les asservissaient. (28) Elles ne seront plus au pillage parmi
les nations, les bêtes de la terre ne les dévoreront plus, elles habiteront en sécurité, et il n’y aura plus
personne pour les troubler.” (cf. aussi Ez. 36:29,30).
• Os. 2:18,21,22 “(18) En ce jour-là, dit l’Eternel, tu m’appelleras : Mon mari ! et tu ne m’appelleras
plus : Mon maître ! … (21) Je serai ton fiancé pour toujours ; je serai ton fiancé par la justice, la droiture,
la grâce et la miséricorde ; (22) je serai ton fiancé par la fidélité, et tu reconnaîtras l’Eternel.”
• Joël 3:18 “En ce temps-là, le moût (le vin doux de la Pentecôte) ruissellera des montagnes, le lait
coulera des collines, et il y aura de l’Eau dans tous les torrents de Juda ; une Source sortira aussi de la
maison de l’Eternel (des Eaux de résurrection), et arrosera la vallée de Sittim.”
• Amos 9:13-15 “(13) Voici, les jours viennent, dit l’Eternel, où le laboureur suivra de près le
moissonneur, et celui qui foule le raisin celui qui répand la semence, ou le moût ruissellera des montagnes
et coulera de toutes les collines. (14) Je ramènerai les captifs de mon peuple d’Israël ; ils rebâtiront les
villes dévastées et les habiteront, ils planteront des vignes et en boiront le vin, ils établiront des jardins et
en mangeront les fruits. (15) Je les planterai dans leur pays, et ils ne seront plus arrachés du pays que je
leur ai donné, dit l’Eternel, ton Dieu.”
• Zac. 8:12 “Les semailles prospéreront, la vigne rendra son fruit, la terre donnera ses produits, et les
cieux enverront leur Rosée ; je ferai jouir de toutes ces choses le reste de ce peuple. ”
• Zac. 14:8-10 “(8) En ce jour-là (le jour où l’Eternel posera les pieds sur la montagne des Oliviers), des
Eaux vives sortiront de Jérusalem, et couleront moitié vers la mer orientale, moitié vers la mer
occidentale ; il en sera ainsi été et hiver. (9) L’Eternel sera Roi de toute la terre ; en ce jour-là, l’Eternel
sera le seul Eternel, et son Nom sera le seul Nom. (10) Tout le pays deviendra comme la plaine, de Guéba
à Rimmon, au midi de Jérusalem ; et Jérusalem sera élevée et restera (désormais) à sa place …”
• Ez. 28:13 “(Le roi de Tyr, image de Satan) était en Eden (image de l’Assemblée), le jardin de Dieu.”
Voir aussi : Es. 4:2-6; Es. 35:1-2 et 5-6 ; Jér. 31:5-12.

c) Cette promesse, adressée à une Eglise défaillante, est une allusion à la chute d’Adam et
Eve, mais annonce la restauration et l’amplification d’un héritage perdu.
• Gen. 3:22-24 “(22) L'Éternel Dieu dit : Voici, l'homme est devenu comme l'un de nous, pour la
connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d'avancer sa main, de prendre de l'Arbre de
vie, d'en manger, et de vivre éternellement. (23) Et l'Éternel Dieu le chassa du jardin d'Éden, pour qu'il
cultivât la terre (depuis la Chute, les enfants de Dieu apprennent à faire de leur corps d’argile un temple
pour l’Esprit), d'où il avait été pris. (24) C'est ainsi qu'il chassa Adam ; et il mit à l'orient du jardin d'Éden
les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l'Arbre de vie.”

La Vie éternelle sera un Repas perpétuel à peine concevable, une Cène d’Alliance autour de
l’Arbre de Vie, et de la Coupe des Eaux Vives.
Après la chute, les chérubins interdisaient l’accès à l’Arbre de Vie. Aujourd’hui les 7 anges des 7 Eglises
s’efforcent d’y conduire les hommes.

d) Il apparaîtra dans la suite de l’étude de l’Apocalypse, que la Lettre à l’Eglise d’Ephèse contient en germe les
avertissements, les encouragements, les menaces et les promesses contenus dans les 6 autres Lettres, et contenus
également dans les autres Fresques.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -137-
________________________________________________

B. Tableau 2. L'Eglise de Smyrne (Ap. 2:8 à 11)


La fidélité dans la souffrance

FRESQUE 1 FRESQUE 2 FRESQUE 3 FRESQUE 4 FRESQUE 5 FRESQUE 6 FRESQUE 7


(l’Eglise (les Sceaux (les (une guerre (les Coupes) (les jugements (scènes
exhortée) de jugement) Trompettes du spirituelle ultimes de ultimes)
jugement) cosmique) Babylone)
Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes
Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives
(le Juge (la Pensée (préparation (nature et (préparation (prostitution (victoire du
céleste de du Trône) des acteurs du des Coupes) de Babylone) Roi et des
l’Eglise) Trompettes) conflit) élus)
Septénaire 1 Septénaire 2 Septénaire 3 Septénaire 4 Septénaire 5 Septénaire 6 Septénaire 7
7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux
(7 Lettres aux (l’ouverture (sonnerie des (déroulement (7 Coupes (fin de (splendeurs
7 Eglises) des 7 Sceaux) 7 Trompettes) du conflit) déversées) Babylone) éternelles)
1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7

Le texte : Ap. 2:8-11


• L’adresse épistolaire mentionnant des Attributs du Christ en rapport avec l’état de l’Eglise
“(8) Et écris à l'ange de l'Eglise de Smyrne :
Voici ce que dit le Premier et le Dernier, Celui qui fut mort (mais) qui est revenu à la vie :
• Des éloges (pas de reproches)
(9) Je connais ton affliction et ta pauvreté, bien que tu sois riche, et les calomnies de la part de ceux
qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan.
(10) Ne crains pas ce que tu vas souffrir.
• Des recommandations (pas de menaces)
Voici, le diable jettera quelques-uns d'entre vous en prison, afin que vous soyez éprouvés (= tentés),
et vous aurez une tribulation (= affliction) de dix jours.
• Des promesses à celui qui vaincra et une exhortation leitmotiv
Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de Vie.
(11) Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises. Celui qui vaincra n'aura rien
à souffrir de la seconde mort.

2:8a. Et écris à l'ange de l'Eglise de Smyrne :


Sur l’ordre “d’écrire”, sur le terme “ange” et sur l’expression “l’Eglise qui est dans …”, voir les
commentaires sur Ap. 1:20 et 2:1.
a) “Smyrne” (aujourd’hui Izmir) est une très ancienne ville portuaire située à environ 70 km au
nord d’Ephèse. La ville a semble-t-il été évangélisée lors du séjour de Paul, lors de son second
périple.

Comme Ephèse, cette ville de marchands était prospère et réputée pour sa splendeur. Elle
avait pris le parti de Rome contre les Séleucides (vers l’an 192) et avait été récompensée pour
cette fidélité (mais, de -89 à -82, elle prit le parti de Mithridate : prise par le général romain Sylla, elle perdit
sa relative indépendance).

b) Le nom de la ville signifie “myrrhe, amertume”.


La myrrhe était une gomme-résine aromatique extraite d’un arbrisseau. Elle était utilisée pour embaumer
les morts (Jn. 19:39), et pour fabriquer l’huile d’onction des souverains sacrificateurs (Ex. 30:23), ou pour
parfumer l’Epouse (Cant. 3:6). C’est l’un des parfums de l’Epoux royal (Ps. 45:9). Elle est un symbole de
souffrance, et son parfum vient d’un bois vivant qui a été écrasé.
La myrrhe a été l’un des cadeaux prophétiques offerts par les mages à la naissance de Jésus (Mt. 2:11).

La mort, symbolisée par la myrrhe, imprègne cette épître adressée à l’assemblée persécutée
de Smyrne. Les épreuves sont une marque des disciples de Christ, mais la Vie est victorieuse
en eux. Christ a vaincu la mort, et cette Eglise en triomphera donc elle aussi.
Polycarpe, un chrétien remarquable, aurait été établi évêque de Smyrne par l’apôtre Jean.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -138-
________________________________________________

c) Dans l’optique de l’interprétation chronologiste (souvent très simplificatrice), “l’âge” de


l’Eglise de Smyrne aurait commencé vers l’an 170, début du ministère d’Irénée, pour se
terminer en 312, date de la bataille de Milvius, qui permit au romain Constantin 1 er le Grand,
opposé à Maxence, d’asseoir son titre impérial. En 313, l’édit de Milan accordera la liberté de
culte aux chrétiens.

Les figures marquantes du début de cette époque marquée par les persécutions, ont été Justin,
Tertullien, Origène, Papias, Polycarpe (disciple de l’apôtre Jean, auteur d’une lettre aux Ephésiens ; brûlé
vif en 155, à l’âge de 85 ans, sous le règne d’Antonin le Pieux), Ignace d’Antioche et surtout Irénée.
• Sans doute d’origine grecque, Irénée serait né vers 140 en Asie Mineure. Il a entendu les prédications de
Polycarpe. En 170, il joua un rôle important dans l’église de Lyon (177), la capitale romaine des Gaules.
Il échappa de peu à la persécution qui frappa la ville et au cours de laquelle périrent de nombreux chrétiens,
dont l’évêque Pothin (âgé de 90 ans), l’esclave Blandine, etc. En 177, Irénée remplaça Pothin, et parcourut
les Gaules.
• On lui doit en particulier un gros ouvrage : “Contre les hérésies”. Il serait mort martyr vers 202.
• Selon l’optique dite chronologiste, Irénée, par son caractère et par son influence qui alla bien au-delà
d’Ephèse et de sa génération, est l’ange-messager majeur de cette période, inspiré comme ses compagnons
d’œuvre par l’Esprit de Jésus-Christ.
• Cet Attribut de l’Esprit, particulièrement agissant lors des persécutions de l’Eglise naissante, a continué
d’agir jusqu’à aujourd’hui.

d) L’Esprit qui anime “l’ange” de chaque Eglise est celui de l’inspiration prophétique. Tout
croyant qui parle sous l’impact de cet Esprit devient un ange-messager dans la chair. En
particulier il doit en être ainsi pour quiconque apporte un enseignement devant l’assemblée.
• 1 P. 4 :11 “Si quelqu'un parle, que ce soit comme annonçant les oracles de Dieu ; si quelqu'un
remplit un ministère, qu'il le remplisse selon la force que Dieu communique (et non selon les talents
naturels sans l’Esprit), afin qu'en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus Christ, à qui appartiennent la
gloire et la puissance, aux siècles des siècles. Amen !”
• Ap. 22:6 “Et il me dit : Ces paroles sont certaines et véritables ; et le Seigneur, le Dieu des esprits des
prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt.”

e) Jésus-Christ n’adresse aucun reproche à l’Eglise de Smyrne, ce qui suggère que la majorité
de ses membres n’ont pas “perdu leur premier amour”, ou qu’ils se sont repentis et l’ont
recouvré.

2:8b. Voici ce que dit le Premier et le Dernier, Celui qui fut mort et qui est revenu à la vie
:
a) Comme dans les introductions épistolaires de chacune des 7 Lettres, le Fils de l’homme
(c’est lui qui demande à Jean d’écrire aux “anges des Eglises”) souligne les Attributs de sa Divinité.
Les deux Attributs énoncés ici sont un rappel de ceux que le Fils de l’homme glorifié au
milieu des chandeliers s’est lui-même déjà attribués devant Jean en Ap. 1:18 (voir les
commentaires de ce verset).
• Ap. 1:18 (dans les scènes introductives de la 1ère Fresque) “Moi je suis le Premier (gr. : “protos”) et le
Dernier (gr. : “eschatos”), et le Vivant. Et je fus mort ; et voici je suis vivant aux siècles des siècles. Et je
tiens les clefs de la mort et du séjour des morts.”

b) L’Attribut “le Premier et le Dernier” est similaire à celui de “l'Alpha et l'Oméga” que
Dieu s'attribuait en Ap. 1:8, dans le prologue, et que “Celui qui est assis sur le Trône”
s’attribuera dans la 7e Fresque en Ap. 21:6 et dans l’Epilogue en Ap. 22:13 :
• Ap. 1:8 “Je suis l’Alpha et l’Oméga.”
• Ap. 21:6 “Je suis l’Alpha et l’Omega, le commencement (gr. “arche”) et la fin (gr. “telos”).”
• Ap. 22:13 “Je suis l’Alpha et l’Omega, le Premier et le Dernier, le Commencement et la Fin.”

Dans l’AT, le Titre de “le Premier et le Dernier” n’est appliqué qu’à l’Eternel.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -139-
________________________________________________

Tout procède du Père par le Verbe, tout aboutit à l'accomplissement de sa volonté et retourne
à lui (cf. Cor. 15:28, Eph. 1:10), il soutient toutes choses par sa Parole puissante (Héb. 1:3).
• Col. 1:15-18 “(15) Il est l'image du Dieu invisible, le Premier-né de toute la création. (16) Car en lui
ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes,
dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. (17) Il est avant toutes choses, et
toutes choses subsistent en lui. (18) Il est la Tête du Corps de l'Église ; il est le Commencement, le
Premier-né d'entre les morts, afin d'être en tout le Premier.”
Toutes les tempêtes des persécutions s’attaquent donc inutilement à un tel Roc. Les croyants
de “Smyrne” peuvent lui faire confiance, même dans les souffrances.
• Es. 41:4 “Qui a fait et exécuté ces choses ? C’est Celui qui a appelé les générations dès le
commencement, Moi, l’Eternel, le Premier et le Même jusqu’aux derniers âges.”
• Es. 44:6 “Ainsi parle l’Eternel, Roi d’Israël et son Rédempteur, l’Eternel des armées : Je suis le Premier
et je suis le Dernier.”
• Es. 48:12 “Ecoute-moi, Jacob ! Et toi, Israël, que j’ai appelé ! C’est Moi, Moi qui suis le Premier, c’est
aussi Moi qui suis le Dernier.”
• Eph. 1:10 “… (le mystère de la volonté de Dieu), pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient
accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les Cieux et celles qui sont sur la terre.”

c) L’Attribut “il fut mort et il est revenu à la vie”, rappelle que le Fils de l’homme se
l’attribuait en Ap. 1:18 précité. En Ap. 1:5 (dans le Prologue), Jean attribuait déjà expressément
à Jésus-Christ le Titre similaire de “Premier-né des morts”.
C’est parce qu’il a d’abord affronté la “mort” que Jésus est “revenu à la vie” (du verbe gr.
“zao” = “vivre“) en tant que “Premier-né des morts” (Ap. 2:10b).
• Ap. 1:5 “Jésus-Christ, … le Premier-né des morts.”
• Lc. 24:5-6 “(5) Saisies de frayeur, elles baissèrent le visage contre terre ; mais ils (les deux anges) leur
dirent : Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui est vivant ? (6) Il n’est point ici, mais il est
ressuscité.”
• Act. 3:15 “Vous avez fait mourir le Prince de la Vie, que Dieu a ressuscité des morts ; nous en sommes
témoins.”
• Act. 13:30-31 “(30) Mais Dieu l’a ressuscité des morts. (31) Il est apparu pendant plusieurs jours à
ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem, et qui sont maintenant ses témoins auprès du
peuple.”
• Eph. 1:20 “Dieu a déployé sa puissance en Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir
à sa droite dans les lieux célestes.”

Cet Attribut est lui aussi adapté au besoin de cette Eglise confrontée à une persécution
brutale et mortelle. La résurrection du Christ est la preuve de la résurrection future de son
peuple persécuté.
• Dans le groupe des 7 Eglises, où Thyatire occupe la position centrale, l’Eglise de Smyrne a pour
symétrique celle de Philadelphie : Jésus-Christ se présentera à cette dernière comme possédant la “clef
de David” (Ap. 3:7) qui est précisément celle de la victoire sur la corruption, celle de la résurrection.
• De même que Smyrne est l’Eglise du dénuement (cf. v. suivant), celle de Philadelphie sera celle qui
a “peu de puissance” (Ap. 3:8).

Jésus-Christ est donc pleinement qualifié pour dire, à cette Eglise, par son ange : “Sois
fidèle jusqu'à la mort (et donc amlgré les souffrances), et je te donnerai la couronne de Vie”.
• Act. 2:24 “Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il
soit retenu par elle.” (Il n’est pas possible que ceux qui sont scellés par l’Esprit puissent être retenus par
la mort).
• Rom. 6:9 “Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui.”
• Rom. 8:34 “Qui les condamnera ? Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu,
et il intercède pour nous.”
• 2 Cor. 13:4 “Car il a été crucifié à cause de sa faiblesse, mais il vit par la puissance de Dieu …”
• 2 Tim. 1:10 “Notre Sauveur Jésus-Christ a détruit la mort et a mis en évidence (ou : a fait resplendir)
la Vie et l’immortalité par l’Evangile.”
• Héb. 7:16 “Il paraît un autre sacrificateur à la ressemblance de Melchisédek, institué, non d’après la
loi d’une ordonnance charnelle, mais selon la puissance d’une Vie impérissable.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -140-
________________________________________________

• Héb. 7:24-25 “(24) Mais lui, parce qu’il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n’est pas
transmissible. (25) C’est aussi pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu
par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur.”

d) La ville de Smyrne rendait un culte spécial à Cybèle, déesse de la nature, censée descendre
parmi les morts et ressusciter en nouveauté de vie.
La ville a été détruite en l’an - 600 par les Lydiens et restaurée 4 siècles plus tard. Elle se
releva aussi d’un tremblement de terre.

Mais seul Christ est le vrai Ressuscité. Pour le Christ, la mort n’est que la porte de la vie
comme lors de la métamorphose d’une chenille rampante en papillon.

2:9a. Je connais ton affliction (ou : tribulation) …


a) Le mot grec “thlipsi” traduit ici par “affliction”, est traduit ailleurs : “tribulation” (par
exemple dans l’expression “grande tribulation” en Ap. 2:22 et Ap. 7:14), ou : “détresse” (par exemple en
Mt. 24:21 “Car alors la détresse sera si grande qu’il n’y en a point eu de pareille depuis le commencement du
monde jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais”), ou : “tourment” (par exemple en Mt. 24:9), ou :
“calamité” .
• Ap. 7:14 (entre le 6e et le 7e Sceau) “(13) Et l'un des Anciens prit la parole et me dit : Ceux qui sont
revêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d'où sont-ils venus? (14) Je lui dis : Mon seigneur, tu le sais.
Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation (elle a débuté dès les temps apostoliques,
et même dès la sortie du Jardin d’Eden) ; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le Sang de
l'Agneau.”

Le même mot grec a été utilisé par la Septante dans la traduction de Deut. 4:30 (“Au sein de
ta détresse, toutes ces choses t'arriveront. Alors, dans la suite des temps, tu retourneras à l'Éternel, ton Dieu, et
tu écouteras sa voix”), de Ps. 119:143 (“La détresse et l'angoisse m'atteignent : tes commandements font mes
délices”), de Néh. 9:37 (“La terre promise multiplie ses produits pour les rois auxquels tu nous as assujettis, à
cause de nos péchés ; ils dominent à leur gré sur nos corps et sur notre bétail, et nous sommes dans une grande
angoisse ! ”), de 1 Sam. 10:19 (“Et aujourd'hui, vous rejetez votre Dieu, qui vous a délivrés de tous vos maux et
de toutes vos souffrances, et vous lui dites : Établis un roi sur nous !... ”), de Es. 8:22 (“Puis (le peuple rebelle)
regardera vers la terre, et voici, il n'y aura que détresse, obscurité et de sombres angoisses : il sera repoussé
dans d'épaisses ténèbres”).
Les versets suivants du NT illustrent le sens du mot “thlipsi” derrière ses différentes
traductions (ici celles de la version Segond) :
• Celui qui a reçu la semence dans un cœur pierreux ne peut supporter une tribulation ou une persécution
à cause de la Parole (Mt. 13:21, Mc. 4:17).
• Jésus a prévenu les disciples qu’ils seraient livrés aux tourments (Mt. 24:9). Il a annoncé pour
Jérusalem la venue d’une détresse sans précédent et telle qu’il n’y en aura plus de telle (elle a commencé
en l’an 70) (Mt. 24:21, Mc. 13:19). Aussitôt après ces jours de détresse, il n’y aura plus de Lumière céleste
(Mt. 24:29, Mc. 13:24) (conformément à la prophétie de Joël rappelée par Pierre le jour de la Pentecôte).
• Jésus a rappelé que la femme qui a enfanté ne se souvient plus de ses souffrances (ou : de sa détresse ;
Jn. 16:21). Jésus a prévenu les disciples qu’ils auraient des tribulations dans le monde (Jn. 16:33).
• Joseph a été délivré de toutes ses tribulations (Act. 7:10), et la famine en Egypte a été une grande
détresse (Act. 7:11).
• Paul a prévenu les croyants que l’entrée dans le Royaume se faisait par beaucoup de tribulations (Act.
14:22). Il a lui-même été averti que des liens et des tribulations l’attendaient (Act. 20:23).
• Celui qui fait le mal doit s’attendre à la tribulation et aux angoisses (Rom. 2:9).
• Paul se glorifiait de ses afflictions (Rom. 5:3). La tribulation ne peut nous séparer de l’amour de Christ
(Rom. 8:35). Paul nous exhorte à être patients dans l’affliction (Rom. 12:12).
• Dieu nous console de toutes nos afflictions (2 Cor. 1:4). Paul a été au milieu des tribulations (2 Cor.
7:4). Il demande aux croyants d’aider les nécessiteux, mais sans se mettre dans la détresse (2 Cor. 8:13).
Il demande aux Ephésiens de ne pas avoir peur à cause de ses tribulations (Eph. 3:13). Il achevait en sa
chair ce qui manquait aux détresses du Christ (Col. 1:24).
• Les Thessaloniciens ont reçu la Parole au milieu de beaucoup de tribulations (1 Thes. 1:6). Ils ont
enduré les tribulations (1 Thes. 3:3), les calamités (1 Thes. 3:7). Ils gardaient la foi au milieu des
persécutions et des tribulations (2 Thes. 1:4) mais Dieu rendra l’affliction à ceux (hommes et esprits
mauvais) qui les affligent (2 Thes. 1:6).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -141-
________________________________________________

• Les ennemis de Paul prêchaient l’Evangile pour lui susciter quelque tribulation dans les liens (Phil.
1:17).
• Les Philippiens ont soutenu Paul dans sa détresse (Phil. 4:14). Les premiers chrétiens étaient exposés
comme dans un spectacle aux tribulations (Héb. 10:33). Il en ira de même au cours des siècles.
• Les veuves et les orphelins connaissent des tribulations (Jc. 1:27).

Comme le montrent ces versets, la “tribulation” ne résulte pas toujours d’une persécution.
La “tribulation” peut frapper aussi bien des justes que des injustes.

b) Pour Smyrne, cette “tribulation” était fortement marquée par les persécutions. La
persécution injuste subie par l’Eglise de Smyrne (et par celle de Pergame) illustre celle subie
injustement par les élus tout au long des siècles du christianisme.
Par contre, la “grande tribulation” qui doit frapper les adultères spirituels endurcis, complices de la
Jézabel qui est à Thyatire, est une tribulation de châtiment.

c) Qui peut sonder les pensées du Christ-Berger qui voit et “connaît” (même verbe qu’en Ap. 2:2
“je connais tes œuvres”) les souffrances de son peuple, et ne réagit apparemment pas ?
• Ex. 2:23 “Ces cris, que leur arrachait la servitude, montèrent jusqu’à Dieu.”
• Ps. 56:9 (Cantique de David quand il fut pris par les Philistins) “Tu comptes les pas de ma vie errante ;
recueille mes larmes dans ton outre : ne sont-elles pas inscrites dans ton livre ?”

Il est parfois indécent de gloser doctement sur les souffrances endurées par les autres. Mais
la Bible offre les commentaires de témoins qualifiés par leur vie pour le faire :
• 1 P. 4:14 “Si vous êtes outragés pour le Nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l’Esprit de gloire,
l’Esprit de Dieu, repose sur vous.”
• 2 Cor. 4 :17-18 “(17) Nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au delà de toute
mesure, (18) un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à
celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles.”

L’affliction est amère, elle n’a pas de valeur rédemptrice, mais elle protège de la corruption,
ajoute la gloire à l’immortalité, et donne un parfum particulier aux saints qui ont survécu.
Malgré son silence, Dieu reste actif, non en supprimant l’affliction ou la persécution, mais en
donnant la force de les supporter. De même, Christ promettra à l’Eglise de Philadelphie (la 6e
Eglise) de la garder “à l’heure de la tentation”, c’est-à-dire de l’épreuve (Ap. 3:10).

2:9b. … et ta pauvreté, bien que tu sois riche, …


L’absence de la conjonction “et” avant le mot “affliction”, et sa présence avant les mots
“pauvreté” et “calomnies”, indique peut-être que l’affliction est un terme vague incluant ici
deux épreuves : la perte des biens, et les injures calomnieuses.
• 2 Cor. 8:2 “(Les églises de Macédoine) au milieu de beaucoup de tribulations qui les ont éprouvées,
leur joie débordante et leur pauvreté profonde ont produit avec abondance de riches libéralités de leur
part.”

a) Le mot grec traduit : “pauvreté” (gr. : “ptocheia”, adjectif : “ptochos’) désigne une situation
économiquement très précaire, un état de dénuement et même de mendicité.
Effectivement, les chrétiens persécutés ont parfois été dépouillés de tout droit, de tout bien, de toute
fonction, de toute dignité, et parfois martyrisés. La mort devait même être parfois un soulagement.

Toutefois, le mot ici ne désigne pas seulement le dénuement causé par une spoliation, comme
cela avait été le cas des chrétiens de Macédoine : cette “pauvreté” est ici synonyme du “peu
de puissance” et des faiblesses de l’Eglise de Philadelphie (Ap. 3:8).
L’Eglise de Smyrne reconnaît qu’elle ne possède rien en elle-même, et qu’elle dépend
entièrement de Dieu pour son salut et pour sa marche et son sacerdoce (Jn. 15:5 “Sans moi, vous
ne pouvez rien faire”. Cf. Mt. 19:26). Le même mot désigne aussi l’attitude d’abandon confiant
choisie par Jésus-Christ devant le Père :
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -142-
________________________________________________

• 2 Cor. 8:9 “Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, qui pour vous s'est fait pauvre,
de riche qu'il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis.”

b) Comme pour Jésus, le dépouillement des biens visibles, s’accompagne chez les chrétiens
de Smyrne d’une abondance de biens invisibles.
Paradoxalement, ils sont déjà “riches”, ils le savent et s’en réjouissent au milieu même des
larmes de l’affliction, en attendant le jour de la manifestation des fils de Dieu.
Ils n’ont plus de maison, mais Dieu trouve plaisir à demeurer en eux !
• Mt. 6:20 “Amassez-vous des trésors dans le Ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les
voleurs ne percent ni ne dérobent.”
• Lc. 6:20 “Heureux vous qui êtes pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous.”
• Lc. 12:21 “ … celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche pour Dieu.”
• 1 Cor. 1:5 “En Jésus-Christ vous avez été comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et
la connaissance.”
• 2 Cor. 6:10 “(On nous regarde) comme pauvres, et nous en enrichissons plusieurs ; comme n’ayant
rien, et nous possédons toutes choses.”
• Jac. 2:5 “Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu’ils soient riches en la foi, et
héritiers du Royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment.”

Devenir chrétien, c’était devenir hors-la-loi et affligé, mais cette Eglise était riche de la
connaissance expérimentale de Dieu, riche de l’héritage promis, encore presque invisible, ce
qui est la seule vraie richesse.
La “pauvreté” de Smyrne est à l’opposé de celle de l’église de Laodicée (Ap. 3:17) ! L’Eglise
de Laodicée (Ap. 3:17) sera riche aux yeux du monde et à ses propres yeux, mais sera pauvre
aux yeux de Dieu.

2:9c. … et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs …


a) Non seulement les élus de Smyrne sont “éprouvés” (dans l’affliction) et “dépouillés”
(pauvres), mais ils sont en outre victimes de “calomnies” (gr. “blasphemia” = “calomnier, insulter”).
“Calomnier” signifie ici tuer, à l’exemple de Jézabel calomniant le juste Naboth pour le faire
exécuter. C’est cet esprit qui animait l’Inquisition et qui se manifeste au travers de certaines
accusations, excommunications et anathèmes.
Jésus-Christ a été accusé et “calomnié” (Mt. 27:13 ; Mc. 15:3 ; Lc. 23:2), épié (Mc. 3:2), haï (Lc. 19:47 ;
Jn. 7:1, 8:6) par ceux-là mêmes qui prétendaient servir l’Eternel. Les disciples ne seront pas mieux traités
que le Maître ! Si Joseph n’avait pas été vendu par ses frères, ce sont eux (et non pas les Egyptiens) qui
auraient bénéficié les premiers de sa sagesse prophétique pour se prémunir contre la famine.
• Rom. 3:8 “Et pourquoi ne ferions-nous pas le mal afin qu’il en arrive du bien, comme quelques-
uns, qui nous calomnient, prétendent que nous le disons ? La condamnation de ces gens est juste.”
• 1 P. 2:12 “Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous calomnient
comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour
où il les visitera.”
• 1 P. 4:4 “Aussi trouvent-ils étrange que vous ne vous précipitiez pas avec eux dans le même
débordement de débauche, et ils vous calomnient.”

b) Les chrétiens ont certes été en butte aux attaques des païens. Mais ceux qui sont en cause
dans cette Lettre, ce sont surtout les ennemis appartenant à l’Assemblée : ce sont eux qui
infligent directement ou indirectement des souffrances aux élus, autant dans le domaine
physique (la spoliation, la brutalité, la mise à l’écart) que dans le domaine psychique (les calomnies).
L’épreuve est d’autant plus inattendue, scandaleuse et douloureuse qu’elle vient de personnes se
réclamant de Dieu et prétendant à tort être “Juifs” : ce titre d’honneur n’est mérité que par un peuple
mis à l’écart de l’esprit des Nations, circoncis de cœur, et consacré au Dieu révélé.

c) Le nom grec “Ioudaios” est dérivé du nom “Juda” = “louange” : les “Juifs”, dans le
langage symbolique de l’Apocalypse, désignent ceux qui rendent un culte en esprit et en vérité,
l’Israël selon l’Esprit, c’est-à-dire les chrétiens nés de l’Esprit.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -143-
________________________________________________

En Ap. 7, les élus “marqués du Sceau” (Ap. 7:4), les vrais “Juifs”, seront représentés sous la
forme symbolique de 12 tribus (Ap. 7:5-8), et leur nombre total sera lui-même symbolique :
144 000 individus (= 12 x 12 x 1000). Ici, par contraste, il est fait mention de faux “Juifs”.
• Ces mêmes faux “Juifs” seront mentionnés dans l’Eglise de Philadelphie (la 6 e, Ap. 3:9), qui est,
comme signalé plus haut, la symétrique de celle de Smyrne (la 2e).
• Ce sont aussi de tels faux “Juifs” que Jean dénonce dans son Evangile : le mot “Juifs” y désigne des
chefs religieux hostiles à Jésus.

Les premières persécutions contre la Parole révélée viennent d’abord du groupe de ceux qui
sont supposés être les défenseurs de la vérité !
C’est pourquoi les prophètes de l’AT ont toujours été persécutés par la prêtrise (Mt. 5 :12 ;
23:34-35). La même tragédie s’est répétée tout au long de l’histoire du christianisme.
• Le pharisien Saul était un exemple typique de persécuteur religieux (Act. 8:1 ; 9:1-2, 13-14,21).
• Ce sont des membres d’un peuple appelé par Dieu qui ont persécuté Etienne (Act. 7:54-60), Jacques
(Act. 12:1-2), Pierre (Act. 12:3), Paul (Act. 13:49-50 ; 14:19 ; 17:5 ; 17:13 ; 18:12 ; 20:3,19 ; 21:11,27 ;
23:27 ; 24:1-2,9 ; 25:2,7 ; 28:19 ; 2 Cor. 11:24) …
• Ce paradoxe scandaleux au sein du christianisme sera en vigueur jusqu’à l’heure finale, même si c’est
parfois sous des formes moins brutales que lors des persécutions contre les Réformateurs, contre les
Anabaptistes, etc.

2:9d. … et ne le sont pas, …


a) Tout Israël n’est pas Israël (Rom. 9:6) ; selon Paul, le vrai Juif est celui de l’Election (Rom.
11:5 “Dans le temps présent, il y a un reste selon l’élection de la grâce”).
Dans le langage de l’Apocalypse, le “vrai Juif” désigne un fils d’Abraham par la foi, c’est-
à-dire par l’adhésion à la révélation du Christ. Les “faux Juifs” désignent essentiellement de
faux chrétiens, tels par exemple que les Gnostiques, qui cherchaient à faire une synthèse,
séduisante, ésotérique et complexe, des pensées juives, iraniennes, hellénistes et chrétiennes,
et surtout les Nicolaïtes qui, depuis Ephèse, et tout au long de l’histoire, ont voulu mettre
l’Eglise sous le joug d’une organisation cléricale pyramidale (comme dans le monde), au lieu de
chercher à être conduits humblement par l’Esprit. Il faut aussi y inclure les judaïsants qui
s’opposèrent si durement à Paul (cf. l’épître aux Galates).
• Mt. 3:9 “Ne prétendez pas dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare
que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham.”
• Rom. 2:29 “Le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision (elle symbolise la libération
de l’âme de l’emprise des énergies déchues de l’homme naturel), c’est celle du cœur, selon l’esprit et non
selon la lettre. La louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu.”
• Rom. 4:16 “Les héritiers le sont par la foi (l’adhésion de l’âme au Verbe manifesté), pour que ce soit
par grâce (la grâce n’est pas arbitraire), afin que la promesse soit assurée à toute la postérité, non
seulement à celle qui est sous la Loi, mais aussi à celle qui a la foi d’Abraham, notre père à tous …”
• Rom. 9:24-26 “(24) Ainsi il nous a appelés, non seulement d’entre les Juifs, mais encore d’entre les
païens, (25) selon qu’il le dit dans Osée : J’appellerai mon peuple celui qui n’était pas mon peuple, et
bien-aimée celle qui n’était pas la bien-aimée ; (26) et là où on leur disait : Vous n’êtes pas mon peuple !
ils seront appelés fils du Dieu vivant.” (cf. Osée 2:25).

b) Les “faux Juifs” (les “faux chrétiens”) n’ont jamais été au bénéfice de la vraie circoncision
de l’âme, et “méprisent” de fait (malgré des apparences pieuses) le Crucifié et ses disciples : au lieu
de l’amour, c’est le zèle amer (la myrrhe des ténèbres) et les masques qui dominent.
Ces pseudo-croyants aveuglés ne font pas partie de l’élection (ils n’ont pas été connus avant la
fondation du monde), et crucifient pour leur part le Fils de Dieu (Héb. 6:6) ; mais tous les “Juifs
selon l’élection” (c’est-à-dire les vrais croyants reconnus comme tels dès avant la fondation du monde ; cf.
aussi Rom. 11:5) seront des sarments du Cep éternel.
• Ez. 3:7,17 “La maison d’Israël ne voudra pas t’écouter, parce qu’elle ne veut pas m’écouter ; car toute
la maison d’Israël a le front dur et le cœur endurci.”
• Jn. 8:47 “Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu ; vous n’écoutez pas, parce que vous n’êtes
pas de Dieu.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -144-
________________________________________________

c) De même que des Juifs accusaient les chrétiens de rébellion contre César (cf. Luc 23:2 ; Act.
17:7), ces derniers, au travers d’un clergé institutionnel, s’allieront à leur tour au pouvoir
politique (cela a débuté avec le pouvoir impérial romain), pour persécuter de vrais croyants.

2:9e. … mais qui sont une synagogue de Satan.


a) Le mot “synagogue” (traduction de l’hébreu “moed”, lieu de réunion, assemblée) a été choisi plutôt
que le mot “église”, en continuité avec l’image précédente des “faux Juifs”. S’il y a à Smyrne
de vrais Juifs et une vraie Synagogue, il y a aussi de faux Juifs et une fausse synagogue.
Quand l’Apocalypse a été rédigée, Jérusalem et son temple venaient d’être détruits. Cette actualité encore
chaude devait faire résonner ces mots choisis comme une menace pour les faux chrétiens de cette époque.
L’avertissement est encore d’actualité aujourd’hui.

Ce sont des chrétiens que l’ange est tenu de dénoncer ici. Ils auraient dû être l’“Eglise” de
Dieu, mais c’est à tort qu’ils prétendent être l’“assemblée de l’Eternel” (cf. Nb. 16:3; 20:4). Ils
sont devenus, comme une partie d’Israël autrefois, et à cause de la même incrédulité, des
“rebelles” hostiles à la révélation et donc aux élus (Act. 13:45 ; 18:6). Ils n’ont jamais été scellés
de l’Esprit (sinon ils n’auraient pas pu être séduits, Mt. 24:24).
Rejeter ou défigurer l’Evangile, c’est être oint de la “myrrhe” de la mort spirituelle du monde (mais
naître de l’Evangile, c’est être oint de la “myrrhe” de la mort au monde et donc de la Vie). Ne plus pouvoir
accepter la Lumière, c’est appartenir à l’église des Ténèbres (la “synagogue de Satan”).

b) Dans l’optique chronologiste, les Nicolaïtes déjà présents dans l’Eglise d’Ephèse, ont
réussi à se faire une “synagogue”, avec ses chefs, dans l’Assemblée de Christ, et donc à
repousser l’ange de l’Onction et son message !
• Nb. 16:3 “(Koré, Dathan, Abiram et On) s’assemblèrent contre Moïse et Aaron (deux Onctions saintes),
et leur dirent : C’en est assez ! car toute l’assemblée, tous sont saints, et l’Eternel est au milieu d’eux.
Pourquoi vous élevez-vous au-dessus de l’assemblée de l’Eternel ?”

Comme l’enseignaient la parabole de l’action du levain dans la pâte de pur froment, ou la


parabole du grain de sénevé devenant un arbre monstrueux servant d’abri pour les oiseaux de
la puissance de l’air, il y a progression insidieuse de la gangrène. Le manque d’amour pour
Christ a fait germer un clan religieux mondain.

c) Selon l’histoire, des Juifs selon la chair ont certes contribué à la mort de Polycarpe, évêque
de Smyrne, mais ils ne se proclamaient pas chrétiens. Alors qu’ici, cette “synagogue de Satan”
se prétend chrétienne. L’accusation est d’une violence extraordinaire.
• Jn. 8:43-44 “(43) Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez écouter
ma parole. (44) Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été
meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la Vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui.
Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et le père du mensonge.”

Cette “synagogue” est déjà objectivement l’alliée du “trône de Satan” dénoncé dans la Lettre
suivante à l’Eglise de Pergame (Ap. 2:13). Ces faux Juifs et faux chrétiens sont donc assimilés
à des païens endurcis. Leur culte est donc de nature démoniaque, malgré les apparences.
Finalement, de ce trône enkysté dans l’Eglise sortira un enseignement des “profondeurs de
Satan” dénoncé dans la Lettre à l’Eglise de Thyatire (la 4e, Ap. 2:24).
• Ez. 5:5-6,9 “(5) Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : C’est là cette Jérusalem que j’avais placée au milieu
des nations et des pays d’alentour. (6) Elle a violé mes lois et mes ordonnances, et s’est rendue plus
coupable que les nations et les pays d’alentour ; car elle a méprisé mes lois, elle n’a pas suivi mes
ordonnances. … (9) A cause de toutes tes abominations, je te ferrai ce que je n’ai point encore fait, ce que
je ne ferai jamais. (10) C’est pourquoi des pères mangeront leurs enfants au milieu de toi, et des enfants
mangeront leurs pères ; j’exercerai mes jugements contre toi, et je disperserai à tous les vents ce qui
restera de toi.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -145-
________________________________________________

• 2 P. 2:1-3 “(1) Il y a eu parmi vous de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs,
qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le Maître qui les a rachetés, attireront sur eux une
ruine soudaine. (2) Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions, et la voie de la vérité sera calomniée à
cause d’eux. (3) Par cupidité, ils trafiqueront de vous au moyen de paroles trompeuses, eux que menace
depuis longtemps la condamnation, et dont la ruine ne sommeille point.”

d) “Satan” (= l’Adversaire, l’Accusateur dans un tribunal) est l’un des quatre noms du séducteur
mentionnés en Ap. 12, et il est mauvais et menteur par nature :
• Ap. 12:9 “Et il fut précipité, le grand Dragon, le Serpent ancien, celui qui est appelé Diable (gr.
“diabolos” = calomniateur, diffamateur) et Satan, celui qui séduit le monde entier ; il fut précipité sur la
terre, et ses anges furent précipités avec lui.”

Satan est en outre un meurtrier par nature : l’histoire de l’Eglise le prouve abondamment (cf.
v. suivant).

e) Les faux évêques de cette fausse synagogue sont les enfants du nicolaïsme usurpateur (voir
le commentaire d’Ap. 2:6 dans la Lettre à l’Eglise d’Ephèse).
Le nicolaïsme n’était qu’un esprit désincarné rôdant à Ephèse (l’Eglise n°1). Il incitait déjà à
mettre en avant un clergé hiérarchique usurpateur ayant l’apparence de la piété, mais non
appelé par l’Esprit.
• Comme l’avait fait Israël au temps de Moïse ou au temps de Samuel, les chrétiens ont voulu agir comme
le monde et avoir un roi visible, une idole vivante. Le nicolaïsme a ainsi été l’esprit-semence qui a
commencé à s’incarner dans la fausse synagogue, laquelle allait prendre forme dans la papauté et dans ses
variantes dans toutes les dénominations (même si plusieurs de ces dernières ont été à leur début
d’efficaces canots de sauvetage pour les élus).
• Quand l’Apocalypse affuble l’Assemblée du nom honteux de “Babylone”, il ne peut s’agir en premier
lieu que de dénominations, puisqu’elles structurent la plus grande part du christianisme.
• Une dénomination risque fort d’abriter une “synagogue de Satan” ayant ses racines en bas, même si
apparemment elle “a réussi”. Or tout esprit impur attriste le Saint-Esprit, et le cléricalisme lui substitue
alors des formules humaines sans l’Onction, et donc sclérosantes (la mort).

f) La Lettre à l’Eglise de Philadelphie (la 6e), en symétrie avec celle de Smyrne (la 2e), fera
mention elle aussi de la “synagogue de Satan” et de “ceux qui se disent Juifs” (Ap. 3:9).
L’emploi du mot “synagogue” souligne que le mal s’est aggravé : ce ne sont pas seulement
quelques individus (des “Nicolaïtes”) qui sont contaminés par le mensonge, mais c’est la
structure qui est lépreuse et apostate (avec ses codes, ses credo, ses traditions, son clergé dominateur).
• La “synagogue” est devenue dévoreuse d’âmes par vocation et par nature ! Il n’est pas difficile pour
un chrétien de mettre un nom sur la ou les structures dénominationnelles ainsi concernées.
• Les “Nicolaïtes” se sont emparés des structures où ils imposent le “nicolaïsme”, une doctrine de
domination (la “doctrine de Balaam” de l’Eglise de Pergame, Ap. 3:14-15), avec des monarques et une
cour. Dès lors, la Nuée de l’humble Buisson est remplacée par les fumigènes, les encensoirs, les cierges,
le théâtre des rituels, la fausse prophétie, les vierges consacrées, le célibat de la prêtrise, l’Inquisition, la
vénération d’une Reine du Ciel, la marque de Jézabel (dans l’Eglise de Thyatire), etc.

2:10a. Ne crains pas ce que tu vas souffrir. …


a) Des tempêtes venues de l’intérieur et de l’extérieur vont frapper. L’emploi du futur
introduit un caractère d’inéluctabilité.
• Mt. 10:22 “Vous serez haïs de tous, à cause de mon Nom ; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin
sera sauvé.”
• Mt. 24:9-10 “Alors on vous livrera aux tourments, et l’on vous fera mourir ; et vous serez haïs de
toutes les nations à cause de mon Nom. Alors aussi plusieurs succomberont, et ils se trahiront, se haïront
les uns les autres.”
• Jn 15:18-20 “(18) Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. (19) Si vous étiez du monde,
le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas de ce monde, et que je vous ai choisis
du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait. (20) Souvenez-vous de la parole que je vous ai
dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront
aussi.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -146-
________________________________________________

• Act. 14:22 “C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le Royaume de Dieu.”
• 2 Tim. 3:12 “Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés.”

b) Depuis Abel, l’histoire du peuple de Dieu est une suite de tels orages, mais même la chute
du moindre cheveu d’un croyant est sous le contrôle de Dieu.
• Mt. 10:28,31 “(28) Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt
Celui (Dieu) qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. - … - (31) Ne craignez donc point :
Vous valez plus que beaucoup de passereaux.” (= Lc. 12:4-7).

La souffrance des élus est étrangement incorporée dans le plan d’un Dieu qui déclare par
ailleurs être Tout-puissant, vouloir le bien des hommes, et que la victoire de Christ à la Croix
a été totale.
Les faits laissent souvent douloureusement perplexes les âmes confrontées aux souffrances
physiques et psychiques. Mais celui qui écrit : “ne crains pas ce que tu vas endurer”, est lui-
même un apôtre persécuté. Par son onction prophétique et par son expérience, il fait partie,
comme Pierre et Paul, de ceux qui peuvent prononcer une telle exhortation.
• Jn. 16:33 “Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.”
• 1 P. 3:14 “Quand vous souffririez pour la justice, vous seriez heureux.”
• 1 P. 4:12-13 “(12) Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la
fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. (13) Réjouissez-vous, au contraire, de la part
que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque
sa gloire apparaîtra.”

Si la Bible révèle que la conséquence de la souillure adamique est la mort, Dieu ne juge pas
utile de donner les raisons de toutes les souffrances endurées par les hommes (croyants ou non)
et les animaux, mais :
• il promet aux élus qu’elles ne peuvent nuire à leur Rédemption,
• il enseigne que les souffrances peuvent même réveiller, épurer et faire croître les élus (en retranchant et
en mettant le charnel en terre, Jn. 12 :24),
• il ne reproche jamais à un élu qui souffre de crier et de pleurer,
• il demande aux élus de lui faire confiance sur cette question.

c) Les souffrances douloureuses des élus de Smyrne (= “myrrhe, amertume”) pouvaient rendre
les croyants amers contre Dieu, puis contre l’Evangile.
L’amertume est un cancer de l’âme, et introduit la mort. Satan est l’Amer. De Gethsémané
à Golgotha, il a essayé d’écarter Jésus de la volonté du Père par la perspective de la souffrance,
et par la souffrance elle-même. La victoire de Jésus n’en a été que plus glorieuse.
Ce qui a donné à Jésus (et aux disciples) la puissance nécessaire pour tenir bon, c’est sa passion
(un “premier amour” intact) pour Dieu et pour les hommes.
• Mt. 10:39 “Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la
retrouvera.”
• Mt. 13:20-21 “(20) Celui qui a reçu la Semence dans les endroits pierreux (ils ne retiennent pas l’Eau
du ciel), c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; (21) mais il n’a pas de racines en
lui-même, il manque de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de
la Parole, il y trouve une occasion de chute.”

d) L’Apocalypse témoigne à plusieurs reprises de cette persécution permanente des élus. Des
milliers moururent cruellement pendant 250 ans de persécutions qui culminèrent sous
Dioclétien (de 303 à 310). Mais c’est surtout la persécution venue de l’intérieur de l’Eglise que
l’Apocalypse dénonce, car elle est inattendue :
• Ap. 6:9-11 “(9) Et quand Il ouvrit le cinquième Sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient
été égorgés pour la Parole de Dieu et pour leur témoignage. (10) Et ils crièrent d'une voix forte disant :
Jusques à quand, ô Maître, toi qui es Saint et Véritable, ne jugeras-tu point, et ne vengeras-tu point notre
sang sur les habitants de la terre ? (11) Et il leur fut donné à chacun des robes blanches (ce sont les vrais
Juifs), et il leur fut dit de se tenir en repos encore un peu de temps, jusqu'à ce que fût complet le nombre
de leurs compagnons de service et de leurs frères, qui devaient être mis à mort comme eux.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -147-
________________________________________________

• Ap. 17:6 (6e Fresque) “Et je vis cette femme (non pas Dioclétien, mais l’église apostate) ivre du sang
des saints et du sang des témoins de Jésus. Et, en la voyant, je fus saisi d'un grand étonnement.”
• Ap. 18:24 (6e Fresque) “Et c'est en elle (Babylone, le nom honteux de la fausse Jérusalem) qu'a été
trouvé le sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qui ont été mis à mort sur la terre.”

2:10b. Voici, le diable jettera quelques-uns d'entre vous en prison, …


Après les éloges, débute ici la phase des recommandations appropriées à l’état et au destin
de cette Eglise.

a) Si le mot “Satan” désigne l’ennemi des hommes, le mot “Diable” (gr. : “diabolos” = “le
calomniateur, le diffamateur”)
désigne le même esprit cherchant plus particulièrement à faire
chuter les hommes, et à rompre leur communion avec l’Esprit de Christ.
• Lc. 8:12 “Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent ; puis le diable vient, et enlève de
leur cœur la Parole, de peur qu’ils ne croient et soient sauvés.”
Dans l’Apocalypse, cette appellation est aussi utilisée en Ap 12:9,12 et 20:2,10 (en Ap. 12 :9 il est
aussi appelé le Dragon et le Serpent ancien).

L’une des armes du “diable” est le mensonge (Jn. 8:44), sous la forme de la séduction (par
exemple en déformant les paroles de Dieu), ce qui lui permet ensuite d’accuser.
Ce nom inclut tous ses complices, en particulier “ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas”
(ils sont menteurs) et qui forment la “synagogue de Satan”, l’église nicolaïte elle-même qui va
persécuter les vrais croyants !
Mais l’Esprit de Christ annonce la défaite finale de Satan devant les élus :
• Rom. 16:20 “Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous VOS pieds …”

b) “Jeter en prison”, c’est priver de liberté d’action, sans ménagement, et c’est souvent le
début de longues souffrances.
Ici, la “prison” symbolise toutes les oppressions qui entravent une activité libre du corps et
de l’âme. La “prison” peut prendre chez les enfants du Royaume la forme d’une maladie,
alors même que Dieu désire que son peuple soit en bonne santé et libre. L’excommunication
a été un moyen souvent utilisé pour “jeter” dans la “prison” du monde extérieur les porteurs
du Verbe pour que leur voix ne soit pas entendue dans l’Assemblée.

La fureur du diable contre les élus est à l’origine de cette oppression interne qui a détruit plus
d’âmes que la persécution impériale. En Israël, les faux prophètes ont tué plus que Ninive
ou Babylone !
• Ap. 12:17 (4e Fresque, 2e Tableau) “Et le Dragon fut transporté de fureur contre la Femme, et il s'en
alla faire la guerre au reste de ses enfants, qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le
témoignage de Jésus.”

Cette oppression des élus ne doit pas être confondue avec les châtiments frappant un peuple
apostat.

c) Cette oppression ne sera pas généralisée : elle ne frappera qu’un nombre indéterminé
“d’entre vous” (l’expression “quelques-uns” n’est pas dans le texte, mais est sous-entendue).
Ce verset est une allusion à une prophétie de Daniel, accomplie à l’époque de la révolte des
Macchabées (une guerre nationale sur fond initial de guerre civile, de -175 à -140) au temps du syrien
Antiochus IV Epiphane.

Même si les circonstances historiques étaient différentes, elles s’inscrivaient déjà sur un fond
de guerre civile entre les faux Juifs (“les traîtres de l'Alliance”, des Juifs hellénisants) et certains
justes (“il en est qui …”) qui payèrent cher leur résistance : le pire ennemi était en fait à
l’intérieur du peuple se réclamant de l’Eternel :
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -148-
________________________________________________

• Dan. 11:32-34 “(32) Il (Antiochus IV, une préfiguration de Satan) séduira par des flatteries les traîtres
de l'Alliance. Mais ceux du peuple qui connaîtront leur Dieu agiront avec fermeté, (33) et les plus sages
parmi eux donneront instruction à la multitude. Il en est qui succomberont pour un temps à l’épée et à la
flamme, à la captivité et au pillage. (34) Dans le temps où ils succomberont, ils seront un peu secourus, et
plusieurs se joindront à eux par hypocrisie.”

Antiochus IV Epiphane s’est certes rendu célèbre en profanant le temple et Jérusalem pendant
environ 3 années. Mais la locution “pour un temps” de Dan. 11:33 rend plutôt compte de la
durée de toute la guerre civile, et non de ces seules 3 années.

Dans l’Apocalypse, l’Esprit limite la durée de l’oppression des fidèles de Smyrne à “10
jours”, durée à signification symbolique (voir la fin de ce même verset 2 :10).
C’est un Juif hellénisant, le frère du grand prêtre Onias III, qui a proposé en -175 au syrien Antiochus IV
de faire de Jérusalem une ville de statut grec ! C’est ce qui a déclenché la guerre civile entre Juifs
(Antiochus IV n’interviendra maladroitement et brutalement que plus tard).

2:10c. … afin que vous soyez éprouvés, …


“Eprouver” (gr. : “peirazo”), c’est tester expérimentalement.
Le même verbe est utilisé en Ap. 2:2 (“éprouver les faux apôtres”), en Ap. 3:10 (“éprouver les habitants
de la terre”), en Ap. 3:18 (“l’or éprouvé par le feu”), en Jac. 1:12 (“le croyant une fois testé recevra la
couronne de Vie”), en Héb. 11:17 (Abraham a offert son fils quand il a été mis à l’épreuve par Dieu).

C’est en fait la foi (l’adhésion à la pensée de Jésus-Christ) qui est mise à l’épreuve. Les oppressions
ourdies par l’Adversaire sont utilisées par Dieu pour séparer la balle du grain, et pour permettre
au croyant (et aux témoins, dont le diable fait partie) de constater ce que vaut vraiment sa foi affichée.

2:10d. … et vous aurez une tribulation de dix jours. …


Sur le sens du mot “tribulation” ou “affliction” (gr. : “thlipsi”), voir les commentaires du v.9
où le mot apparaît pour la première fois (“Je connais ton affliction”).

a) Le but de Satan est de détruire la foi des croyants, leur témoignage, et les croyants eux-
mêmes. Dieu le sait, il accepte le défi de Satan, et contrôle tout le processus pour mieux bénir
ses élus (cf. les causes de l’affliction endurée par Job).
• Mt. 5:10-12 “(10) Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux.
(11) Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de
vous toute sorte de mal, à cause de moi. (12) Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre
récompense sera grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant
vous.” (Mais tout persécuté n’est pas nécessairement un prophète).
• Lc. 22:31-32 “(31) Le Seigneur dit : Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler (c’est-à-
dire vous mettre à l’épreuve) comme le froment. (32) Mais j’ai prié pour que ta foi ne défaille point (mais
non pour supprimer l’épreuve !) ; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères.”
• Rom. 8:35-36 “Qui nous séparera de l’amour de Christ ? Sera-ce la tribulation, ou l’angoisse, ou la
persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée ? (36) selon qu’il est écrit : C’est à cause de
toi qu’on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie.”
• 1 Thes. 3:4 “Et lorsque nous étions auprès de vous, nous vous annoncions d’avance que nous serions
exposés à des afflictions, comme cela est arrivé, et comme vous le savez.”
• 1 P. 4:13-14 “(13) Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ,
afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra. (14) Si vous êtes
outragés pour le Nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose
sur vous.” (cf. aussi 4:19).
• Ap. 7:13-14 “(13) Et l’un des Anciens prit la parole et me dit : Ceux qui sont revêtus de robes (gr.
“stole” ; id. la robe revêtue par le fils prodigue, Lc. 15:22 ; id. la robe donnée aux martyrs du 5e Sceau
d’Ap. 6:11 ; id. la robe portée par la grande foule d’Ap. 7:9) blanches, qui sont-ils, et d’où sont-ils venus ?
(14) Je lui dis : Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande
tribulation (toute la durée du christianisme) ; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le Sang
de l’Agneau.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -149-
________________________________________________

b) Il n’y a pas à chercher dans l’histoire de l’Eglise une période littérale de “dix jours” de
tribulation ! Les chrétiens de Smyrne contemporains de Jean ont enduré des persécutions
beaucoup plus longues !
Sous Dioclétien, la persécution a duré 10 ans, mais c’est sans doute une coïncidence non significative. Il
y a eu en effet d’autres persécutions, d’autres tribulations, et, de plus, Dioclétien n’était pas l’ennemi de
l’intérieur dénoncé par l’Apocalypse.

Comme toutes les autres données numériques du Livre, cette expression est ici symbolique.
Le chiffre “dix”, qui représente ce qu’un homme peut compter avec les dix doigts, désigne
la totalité d’un ensemble dénombrable (cf. les 10 fils d’Haman, image de la totalité des ennemis d’Israël ;
cf. les 10 cornes de la Bête d’Ap. 13:1 ; etc.).
La durée de “10 jours” désigne ici une plénitude d’attente exprimée en “jours” (et non plus
en mois ou années). Dieu assigne donc une limite aux souffrances de son peuple, selon Son plan.
L’unité de temps est la “journée”, ce qui suggère une durée supportable : c’est la même idée
exprimée par Paul quand il déclare : “après que vous aurez souffert un peu de temps” (1 Pierre.
5:10), alors que cette tribulation sera en fait subie tout au long du christianisme !
L’idée est que pour chaque élu persécuté, ses souffrances seront courtes en comparaison
des gloires éternelles qui en résulteront. La mention de cette durée est donc un
encouragement, et non pas un horoscope.
“Dix jours”, c’est une durée limitée et courte, mais longue d’un point de vue humain,
et complète d’un point de vue divin :
• le serviteur d’Abraham a refusé de s’arrêter “10 jours” en Gen. 24:55 ;
• les Hébreux ont été condamnés à manger de la viande “non pas dix jours, mais un mois entier” en
Nb. 11:19 (la peine a été surabondante) ;
• Daniel a voulu suivre un régime végétarien de 10 jours en Dan. 1:12 ;
• 10 jours d’attente se sont écoulés entre l’Ascension et la Pentecôte.

Pour chaque croyant, la durée réelle de l’affliction dépend de la force que Dieu discerne en
lui, mais l’affliction est de tous les siècles. Si la persécution est donc de durée limitée, la
récompense est éternelle.
La notion d’attente écourtée avant la délivrance, se retrouve dans la Lettre à l’Eglise de Philadelphie (la
6e) : “Je viens bientôt”, et dans plusieurs autres versets de l’Apocalypse (cf. Ap. 22:7 : “Je viens bientôt”).

c) En lisant cette Lettre, les chrétiens de Smyrne (et les autres !) ont dû être effrayés dans un
premier temps, mais cette Lettre leur a donné le temps de se préparer à ce qui les attendait. La
préparation au “martyr” (au danger du témoignage) fait partie de la formation des chrétiens.
• Mt. 24:22 “Si ces jours n’étaient abrégés, personne ne serait sauvé ; mais, à cause des élus, ces jours
seront abrégés.”
• 1 Cor. 10:13 “Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne
permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le
moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter.”

2:10e. Sois fidèle jusqu'à la mort, …


a) Alors que l’Esprit avait reproché à l’Eglise d’Ephèse d’avoir “perdu sa ferveur première”,
il demande à celle de Smyrne de garder cet amour - ce qui est cultiver la foi, - et de rester
“fidèle” (gr. “pistos” = “fidèle, fiable, digne de confiance”).

Sans cette passion intérieure, il ne serait pas possible à une Eglise apprenant qu’elle va devoir
affronter l’affliction, de “ne pas craindre” comme l’Esprit vient de l’y encourager (“La crainte
n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte ; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui
craint n'est pas parfait dans l'amour”, 1 Jn. 4:18).
• Cant. 8:7 “Les grandes eaux (les vagues de l’affliction) ne peuvent éteindre l’amour, et les fleuves ne
le submergeraient pas. …”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -150-
________________________________________________

• Mt. 24:12-13 “(12) Parce que l’iniquité se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira.
(13) Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé.”

Cette exhortation à la “fidélité” adressée à l’Eglise de Smyrne (la 2e) est similaire à celle
adressée à l’Eglise qui lui est symétrique, celle de Philadelphie (la 6e) :
• Ap. 3:11 (à l’Eglise de Philadelphie) “Je reviens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne
prenne ta couronne.”

b) Si l’examen du parallélisme constaté précédemment entre les Eglises de Smyrne et de


Philadelphie est approfondi, il apparaît que la promesse de Jésus : “je viens bientôt” (Ap. 2:11)
s’accomplira pour certains au moment même de leur “mort” (gr. : “thanatos”) causée par une
tribulation violente (“sois fidèle jusqu’à la mort”). Mais seule la mort du vieil homme importe.
• Act. 7:55-56 “(55) Mais Étienne, rempli du Saint Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire
de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. (56) Et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de
l'homme debout à la droite de Dieu.”
• Rom. 6:5-6 “(5) En effet, SI nous sommes devenus une même plante avec Christ par une mise à mort
semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable à la sienne, (6) sachant que
notre vieil homme (ce qu’il était par sa nature déchie) a été crucifié avec lui, afin que le corps (gr. :
“soma”) du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché.”

Une telle “mort” est un sceau des élus de cette Eglise de Smyrne … et donc du christianisme.
• 2 Cor. 12:10 “C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans
les persécutions, dans les détresses, pour Christ ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort.”
• 2 Thes. 1:4-5 “(4) Aussi nous glorifions-nous de vous dans les Eglises de Dieu, à cause de votre
persévérance et de votre foi au milieu de toutes vos persécutions et des afflictions que vous avez à
supporter. (5) C’est une preuve du juste jugement de Dieu, pour que vous soyez jugés dignes du royaume
de Dieu, pour lequel vous souffrez.”

Le consentement à cette mort résulte d’une expérience personnelle, d’une décision, d’un
état intérieur de confiance, d’une ferveur pour Christ, d’une conscience de la réalité de la
sphère céleste, du rejet des souillures du monde, de la présence de l’Esprit.
• Dan. 3:17-18, 28 (les amis de Daniel face à la fornaise) “(17) Voici, notre Dieu que nous servons peut
nous délivrer de la fournaise ardente, et il nous délivrera de ta main, ô roi. (18) Sinon, sache, ô roi, que
nous ne servirons pas tes dieux, et que nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as élevée. … - (28)
Nébucadnetsar prit la parole et dit : Béni soit le Dieu de Shadrac, de Méschac et d’Abed-Nego, lequel a
envoyé son ange et a délivré ses serviteurs qui ont eu confiance en lui, et qui ont violé l’ordre du roi et
livré leurs corps plutôt que de servir et d’adorer aucun autre dieu que leur Dieu !”

c) La conjonction “jusqu’à” met l’accent sur une durée, et donc sur la persévérance. Il n’est
pas dit “en attendant la mort”, mais en étant prêt à perdre la vie si nécessaire (et il est nécessaire
que meure le “vieil homme”) !
• Act. 20:22-24 “(22) Et maintenant voici, lié par l’Esprit, je vais à Jérusalem, ne sachant pas ce qui m’y
arrivera ; (23) seulement, de ville en ville, l’Esprit Saint m’avertit que des liens et des tribulations
m’attendent. (24) Mais je ne fais pour moi-même aucun cas de ma vie, comme si elle m’était précieuse,
pourvu que j’accomplisse ma course avec joie, et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus, d’annoncer
la bonne nouvelle de la grâce de Dieu.”
• Héb. 12:4 “Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang, en luttant contre le péché.”
• Héb. 12:32-33 “(32) Souvenez-vous de ces premiers jours, où, après avoir été éclairés, vous avez soutenu
un grand combat au milieu des souffrances, (33) d’une part, exposés comme en spectacle aux opprobres
et aux afflictions, et de l’autre, vous associant à ceux dont la position était la même.”
• 1 P. 2:19-21 “(19) C’est une grâce de supporter des afflictions par motif de conscience envers Dieu,
quand on souffre injustement. (20) … Si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien,
c’est une grâce devant Dieu. (21) C’est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert
pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces, (22) lui qui n’a point commis de
péché, et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude ; (23) lui qui, injurié, ne rendait point
d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à Celui qui juge justement.”
• 1 P. 3:14 “D’ailleurs, même si vous souffriez pour la justice, vous seriez heureux. N’ayez d’eux (ceux
qui vous maltraitent) aucune crainte, et ne soyez pas troublés.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -151-
________________________________________________

• 1 P. 5:8-9 “(8) Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le Diable, rôde comme un lion rugissant,
cherchant qui il dévorera. (9) Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont
imposées à vos frères dans le monde.”
• Ap. 12:11 (4e Fresque, cantique céleste) “Et eux-mêmes l'ont vaincu à cause du Sang de l'Agneau et à
cause de la parole de leur témoignage, et ils n'ont point aimé leur vie, mais ils l'ont exposée à la mort.”

La Bible que nous tenons en main nous est parvenue grâce aux sacrifices de milliers d’enfants
de Dieu anonymes qui ont été “fidèles jusqu’à la mort” !

2:10f. … et je te donnerai la couronne de Vie.


a) Comme plus loin pour l’Eglise qui lui est symétrique, celle de Philadelphie (la 6e), l’Esprit
n’adresse à l’Eglise de Smyrne ni reproches ni menaces, mais une promesse.
La symétrie s’observe encore une fois : la couronne est promise à Smyrne, la couronne sera déjà
possédée à Philadelphie et ne pourra lui être ôtée (Ap. 3:11).

A ceux qui par fidélité envers Christ n’auront pas craint d’affronter la mort terrestre, l’Esprit
promet la Vie du Ciel qui résulte de la participation à la Nature divine.
Au verset suivant, il est souligné que ceux qui n’ont pas craint la mort, n’auront jamais à
craindre la seconde mort (qui est la mort spirituelle à son stade ultime de développement, celui de la
destruction, de l’anéantissement).

b) La Vie (gr. : “zoe”) est un Attribut du Ressuscité, et elle est communiquée à ceux qui sont
unis à lui par une Alliance de Sang-Esprit.
Cette Vie est présentée ici comme une “couronne de Vie”. Ce n’est pas un diadème.
• Dans l’Apocalypse, le diadème (gr. : “diadema”) est une allusion au signe d’alliance arboré par le
souverain sacrificateur (Ex. 29:6). C’est l’ornement du Fiancé (Es. 61:3,10).
Es. 61:10 “Je me réjouirai en l'Éternel, mon âme sera ravie d'allégresse en mon Dieu ; car il m'a
revêtu des vêtements du salut, il m'a couvert du manteau de la délivrance, comme le fiancé s'orne
d'un diadème, comme la fiancée se pare de ses joyaux.”

Mais le diadème que portent le grand Dragon rouge (Ap. 12:3) et la Bête qui monte de la mer (Ap.
13:1), ne sont que des ornements d’une fausse alliance, d’un faux fiancé, et il est arboré par l’amant
babylonien de la Prostituée qui a trahi l’Alliance. Le Fidèle et Véritable en porte plusieurs sur sa tête au
moment de sa manifestation en gloire (Ap. 19:12) : il est le Fiancé de plusieurs Alliances (avec Seth, avec
Noé, avec Abraham, avec 12 tribus, avec l’Epouse issue des Nations).

• La “couronne” (gr. : “stephanos”) est quant à elle mentionnée 8 fois dans ce Livre. Elle n’est pas
nécessairement un signe de royauté, mais un signe de victoire (cf. la couronne de laurier des vainqueurs
dans l’Antiquité).
2 Tim. 2:5 “L’athlète n’est pas couronné s’il n’a pas combattu suivant les règles.”

La “couronne” est portée par les saints (Ap. 2:10 , 3:11), par les anciens (Ap. 4:4,10), par le cavalier
blanc séducteur (Ap. 6:2), par les sauterelles démoniaques sorties de l’abîme (Ap. 9:7, mais elles n’ont
que l’apparence de l’or), par la Femme enveloppée du soleil (Ap. 12 :1), par Celui qui descend sur la
Nuée (Ap. 14:14).
• La déesse Cybèle était couronnée d’une couronne en forme de muraille avec des tours, et assimilée à
Sémiramis, 1ère reine de Babylone, qui aurait fortifié sa ville. Les magnifiques bâtiments encerclant la
colline de Pagos (sur laquelle Smyrne était construite) étaient appelés la “couronne de Smyrne”.

c) La “couronne de Vie” témoigne que celui qui la porte a vaincu l’Adversaire par la Vie
de Christ en lui, et qu’il a été digne de cette Vie. Cette couronne ne peut donc être portée que
par des fils et des filles de Dieu.
La “couronne de Vie” n’est pas de ce monde, et ne se fanera jamais !
Cette couronne sera “donnée” à la fin de la course ou du combat, aux seuls élus, et dépendra
des “œuvres” qui auront exprimé la foi-amour de chacun. Les onctions de l’Esprit témoignent
aux enfants de Dieu, déjà de leur vivant, que cette “couronne” leur est réservée.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -152-
________________________________________________

• 1 Cor. 3:11-15 “(11) Personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-
Christ. (12) Or, si quelqu’un bâtit sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du
bois, du foin, du chaume, l’œuvre de chacun sera manifestée ; (13) car le jour (celui de la venue du
Christ) la fera connaître, parce qu’elle se révélera dans le feu (celui du regard divin), et le feu éprouvera
ce qu’est l’œuvre de chacun. (14) Si l’œuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement subsiste, il recevra une
récompense. (15) Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé,
mais comme au travers du feu (c’est-à-dire de justesse).”
• 1 Cor. 4:5 “Ne jugez de rien avant le temps, jusqu’à ce que vienne le Seigneur, qui mettra en lumière
ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins des cœurs. Alors chacun recevra de
Dieu la louange qui lui sera due.”
• 2 Cor. 5:10 “Il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon
le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps (de son vivant).”
• 1 Jn. 2:13 “Je vous écris, pères, parce que vous avez connu Celui qui est dès le commencement. Je vous
écris, jeunes gens, parce que vous avez vaincu le malin. Je vous ai écrit, petits enfants, parce que vous
avez connu le Père.”
• 1 Jn. 2:28 “Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu’il paraîtra, nous ayons de
l’assurance, et qu’à son avènement nous ne soyons pas confus et éloignés de lui.”

d) Il y a un rapport entre les épreuves endurées par cette Eglise par amour du Christ, et sa
récompense éternelle : ses épreuves sont en fait une occasion supplémentaire pour Dieu de
bénir son peuple (cf. Mt. 5:10-12 déjà cité), en détruisant par exemple l’orgueil et en faisant croître
la compassion.
• 2 Tim 2:11-12 “(11) Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui ; (12) si nous
persévérons, nous régnerons aussi avec lui.”
• Jac. 1:12 “Heureux l’homme qui supporte patiemment la tentation ; car, après avoir été éprouvé, il
recevra la couronne de Vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment.”
• Jac. 1:2-3 “(2) Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles
vous pouvez être exposés, - sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience (l’endurance). (3) Mais
il faut que la patience (l’endurance) accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits
et accomplis, sans faillir en rien.”

e) Le NT mentionne 5 “couronnes” promises aux vainqueurs.


Elles ne sont en fait qu’une seule et même couronne, et la “couronne de Vie” est l’une de
ses appellations. Ce nom met l’accent sur l’origine divine et la nature divine de la bénédiction
qui caractérisera la manifestation des fils de Dieu.
Les autres appellations sont les suivantes :
• La couronne de gloire (1 Thess. 2:19-20 “Qui est en effet notre espérance, ou notre joie, ou notre
couronne de gloire ? N’est-ce pas vous aussi, devant notre Seigneur Jésus, lors de son avènement ? – Oui,
vous êtes notre gloire et notre joie.” ; 1 P. 5:4 “Lorsque le Souverain Pasteur paraîtra, vous obtiendrez
la couronne incorruptible de la gloire.”).
• La couronne de joie (Phil. 4:1 “C’est pourquoi, mes bien-aimés et très chers frères, vous qui êtes ma
joie et ma couronne, demeurez ainsi fermes dans le Seigneur, mes bien-aimés.”).
• La couronne de justice qui proclame que la personne a répondu aux normes de la pureté céleste (2 Tim.
4:8 “Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce
jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement.”).
• La couronne incorruptible des combattants vainqueurs de tout ce qui corrompt (1 Cor. 9:25-27 “(25)
Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinence, et ils le font pour obtenir une couronne
corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. (26) Moi donc, je cours, non pas
comme à l’aventure ; je frappe, non pas comme battant l’air. (27) Mais je traite durement mon corps et je
le tiens assujetti, de peur d’être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres.”).

2:11a. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises.
Sur cette formule proverbiale, répétée en conclusion de chacune des 7 Lettres aux Eglises
d’Asie, voir les commentaires d’Ap. 2:7. L’ange envoyé à l’Eglise lui communique le message
qu’il a entendu, et il appartient à chaque membre (“celui qui”) de toutes (“aux”) les Eglises, de
l’assimiler et le mettre en pratique.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -153-
________________________________________________

Une interprétation chronologiste étroitement cloisonnée du Septénaire des 7 Eglises serait


donc absurde : les saints de l’Eglise de Smyrne doivent aussi entendre ce qui sera dit à l’Eglise
de Laodicée !
• Ez. 3:27 “Quand je te parlerai, j’ouvrirai la bouche, pour que tu leur dises : Ainsi parle le Seigneur,
l’Eternel. Que celui qui voudra écouter (c’est un choix) écoute, et que celui qui ne voudra pas n’écoute
pas, car c’est une famille de rebelles.”
• Ez. 3:17 “Fils de l’homme, je t’établis comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu écouteras la parole
qui sortira de ma bouche, et tu les avertiras de ma part.”

2:11b. Celui qui vaincra n'aura rien à souffrir de (ou : “subir”) la seconde mort.
Sur l’expression : “Celui qui vaincra”, présente à la fin de chacune des Lettres aux 7 Eglises,
voir les commentaires d’Ap. 2:7.

a) Selon Ap. 20:14, la “seconde mort” (expression caractéristique de l’Apocalypse) est synonyme
de l’“étang de feu”, de l’“étang ardent de feu et de soufre” (Ap. 19:20 ; 20:10,14).
• Ap. 20:12-14 “(12) Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient debout devant le TRONE
; et des livres furent ouverts ; et un autre Livre fut ouvert (cf. Mal. 3:16; Dan. 7:10; 12:1), qui est celui de
la Vie ; et les morts furent jugés, d'après ce qui était écrit dans les livres, selon leurs œuvres. (13) Et la
mer rendit les morts qui étaient en elle ; et la Mort et le Séjour des morts rendirent les morts qui étaient
en eux. Et ils furent jugés chacun selon ses œuvres. (14) Et la Mort et le Séjour des morts furent jetés dans
l'étang de feu. C'est là la seconde mort, l'étang de feu.”

Cet “étang”, représente donc, non un lieu, mais le destin final des ennemis invétérés du
Royaume : c’est l’annonce d’une destruction totale (Dieu n’accordera pas la vie éternelle, un Attribut
divin, aux perdus et au Diable pour qu’ils souffrent “éternellement” !).
• Le nid nicolaïte des églises de pure forme est rempli d’œufs qui n’ont jamais été fécondés par l’Aigle-
Mâle de Dieu, et qui sont donc condamnés à pourrir et à retourner à la poussière.
• C’est le test du Sang, de l’attitude face au Verbe confirmé, qui permet de savoir quel est le vrai père d’un
chrétien.

b) Pour un saint marqué du Sceau de l’affliction de Smyrne, “vaincre” le Mal signifiait de


sérieuses souffrances physiques et psychologiques sur terre. La “seconde mort”, qui est
l’aboutissement de la mort spirituelle, est infiniment plus grave, car elle met fin
irrémédiablement à l’activité de l’âme.
Mais la “couronne de Vie” est l’antidote absolu et éternel : l’élu n’a “rien” (ou : “absolument
rien”) à craindre.
• Ap. 20:6 “Heureux et saint celui qui a part à la première résurrection (= “la résurrection par
excellence”, la Naissance d’En-haut) ! Sur ceux-là la seconde mort (l’anéantissement) n'a point de pouvoir
; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et du Christ, et ils régneront avec Lui pendant mille ans.”
• Ap. 21:8 “ Mais pour les lâches et les incrédules et les abominables (les dépravés) et les meurtriers et les
fornicateurs (les débauchés) et les enchanteurs (les magiciens) et les idolâtres et tous les menteurs, leur part
est dans l'étang ardent de feu et de soufre ; ce qui est la seconde mort.”

c) L’Apocalypse mentionne la “seconde mort”, mais ne mentionne jamais une “première


mort” ! De même, elle mentionne la “première résurrection” (Ap. 20:5,6) mais jamais une
“seconde résurrection” !
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -154-
________________________________________________

C – Tableau 3. L'Eglise de Pergame (Ap. 2:12 à 17)


Les compromis impurs

FRESQUE 1 FRESQUE 2 FRESQUE 3 FRESQUE 4 FRESQUE 5 FRESQUE 6 FRESQUE 7


(l’Eglise (les Sceaux (les (une guerre (les Coupes) (jugements (scènes
exhortée) de jugement) Trompettes spirituelle ultimes de ultimes)
du jugement) cosmique) Babylone)
Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes
Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives
(le Juge (la Pensée (préparation (nature et (préparation (prostitution (victoire du
céleste de du Trône) des acteurs du des Coupes) de Babylone) Roi et des
l’Eglise) Trompettes) conflit) élus)
Septénaire 1 Septénaire 2 Septénaire 3 Septénaire 4 Septénaire 5 Septénaire 6 Septénaire 7
7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux
(7 Lettres aux (l’ouverture (sonnerie des (déroulement (7 Coupes (fin de (splendeurs
7 Eglises) des 7 Sceaux) 7 Trompettes) du conflit) déversées) Babylone) éternelles)
1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7

Le texte : Ap. 2:12-17


• L’adresse épistolaire accompagnant un attribut du Christ
“(12) Et écris à l’ange de l’Eglise de Pergame:
Voici ce que dit Celui qui a l’épée aiguë à deux tranchants :
• Des éloges
(13) Je sais où tu demeures, je sais que là est le trône de Satan. Et tu retiens mon Nom, et tu n’as
pas renié ma foi, même aux jours d’Antipas, mon témoin fidèle, qui a été mis à mort chez vous, là
où Satan a sa demeure.
• Des reproches
(14) Mais j’ai quelque chose contre toi, c’est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam,
qui enseignait à Balak à mettre une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils
mangent des viandes (des choses) sacrifiées aux idoles et qu’ils se livrent à la débauche (=
l’impudicité, la fornication).
(15) De même (ainsi), toi aussi, tu as des gens attachés pareillement à la doctrine des Nicolaïtes.
• Une recommandation
(16) Repens-toi donc ; …
• Une menace
… sinon, je viendrai à toi bientôt (= promptement) et je les combattrai avec l’épée de ma bouche.
• Une promesse aux vainqueurs et une exhortation leitmotiv
(17) Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises : A celui qui vaincra, je lui
donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc ; et sur ce caillou est écrit un nom
nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit.”

2:12a. Et écris à l’ange de l’Eglise de Pergame : …


Sur l’ordre “d’écrire”, sur le terme “ange” et sur l’expression “l’église qui est dans …”, voir les
commentaires sur Ap. 1:20 et 2:1.
a) Comme les autres Lettres aux Eglises, celle-ci (la 3e) s’adresse aux chrétiens de tous les
siècles, même s’il est possible de distinguer dans l’histoire du christianisme une période plus
particulièrement marquée par les caractéristiques de cette Eglise.
Comme tous les messages des prophètes de l’AT, le message inspiré que l’ange doit
transmettre à l’Eglise est à la fois une mise en garde sérieuse contre un danger devenu
intérieur, et un encouragement pour le groupe resté fidèle.
Il est ordonné à l’ange-Esprit de s’adresser à l’assemblée de Pergame, littéralement à celle
qui est “dans” Pergame.
• Les 7 Eglises sont dites situées “dans” 7 villes, non pour différencier l’Eglise de la Ville, mais au
contraire pour souligner qu’elles forment chacune une communauté d’âmes en principe dirigées et
organisées par l’Esprit, indépendamment parfois des structures conçues par les hommes. Ces villes ont
vocation à devenir Jérusalem, mais portent en germe Babylone.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -155-
________________________________________________

b) Le nom de “Pergame”, qui signifie “deux fois mariée”, convient à une Eglise qui se
proclame Epouse du Christ, mais dont une partie est encore mariée avec le monde, avec
l’Egypte, avec Babylone.
Au cours de l’histoire de l’Eglise universelle, cela fut manifesté ouvertement et
collectivement à partir de l’empereur Constantin qui inaugura l’union de l’Etat et de l’Eglise.
L’Eglise fut aussitôt envahie par le paganisme et le cléricalisme sans onction.

Dans l’optique de l’interprétation dite chronologiste, “l’âge” de l’Eglise de Pergame aurait


débuté en l’an 312, lorsque Constantin commença à exercer sans entrave le pouvoir impérial,
pour se terminer avec le pontificat de Grégoire 1er le Grand (590 à 604), un organisateur
remarquable, sous lequel l’évêque de Rome commença à faire figure d’évêque universel au-
dessus des patriarches orientaux, et qui marqua le début du pouvoir temporel des papes (à
comparer avec Jn. 18:36 “Mon Royaume n'est pas de ce monde”).
En 606, le pape Boniface III fut d’ailleurs couronné “évêque universel” (l’empereur byzantin
Phocas ayant accordé l’exclusivité de ce titre à l’évêque de Rome). Sur le modèle du sacerdoce héréditaire
d’Aaron dans l’AT, le principe de la “succession apostolique” était aussi instauré ! Selon ce
principe, seuls les successeurs de Pierre sont habilités à enseigner et gouverner l’Eglise.
• L’empereur Constantin (272-337) est né d’un père tolérant et d’une mère chrétienne. Après la victoire
de Milvius (312) contre son rival Maxence (= Maxentius), et soucieux de fortifier son Empire, il proclama
la liberté de religion par l’édit de Milan (313). Ce fut la fin de la persécution impériale pour les chrétiens
qui se virent restituer leurs biens.
• Tout en conservant son titre païen de “pontifex maximus” (= “Grand Pontife”, un titre païen signifiant
“Grand faiseur de pont” entre le Ciel et la Terre), Constantin accorda de nombreuses faveurs aux
chrétiens. De nombreux prêtres païens se convertirent, et plusieurs fêtes païennes, après “toilettage”,
furent introduites dans la liturgie chrétienne.
• Pour mettre un terme aux disputes qui déchiraient le christianisme, Constantin convoqua le Concile de
Nicée (20 mai au 25 juillet 325) dont il présida la séance d’ouverture. Le Concile, qui se déroula dans une
ambiance troublée et parfois houleuse, condamna Arius et l’arianisme, et permit au clergé de s’emparer
du pouvoir au sein de l’Eglise (c’est ce courant clérical usurpateur, présent dans toutes les dénominations,
que l’Apocalypse dénonce derrière les “Nicolaïtes” ou “dominateurs des laïcs”).
• Par ailleurs, Constantin fonda (de 326 à330) la nouvelle capitale de l’Empire : Constantinople (l’ancienne
Byzance, aujourd’hui Istanbul).
• Peu après, l’empereur Théodose interdit le culte des idoles, ferma les temples païens (391-392) et
consacra les décisions du Concile comme lois de l’Etat.
• L’autorité de l’évêque de Rome commença alors à s’affirmer fortement avec le pape Léon 1er le Grand
(440-461), défenseur de Rome face à Attila (452) et pourfendeur des Nestoriens. Cyrille (patriarche
d’Alexandrie) obtint, avec l’appui de Rome, la condamnation de Nestorius (patriarche de Constantinople)
au concile d’Ephèse (en 431).
• Cela n’empêcha pas les Nestoriens d’évangéliser jusqu’en Mongolie (13 e siècle) et en Chine (635). Le
nestorianisme refuse d’accorder à Marie le titre de “mère de Dieu”, ou de dire que “Dieu a été crucifié”
(plusieurs Protestants seront accusés de nestorianisme).
• Ces découpages de l’histoire du christianisme par l’école historiciste occultent en grande partie la
complexité des faits et des personnages qui ont marqué ces périodes, et la simplification devient vite
caricature. C’est vrai pour les 7 Eglises.

c) Les figures marquantes de cette période en Occident furent Antoine (250-356, fondateur du
monachisme), Arius (256-336, théologien lybien), Athanase (295-373, anti Arius), Grégoire de Nysse
(335-394, anti arianiste), son frère Basile (329-379), Grégoire de Naziance (379-390, anti arianiste), Jean
Chrysostome (344-407), Cyprien (200?-258), Ambroise (340-397), Augustin d’Hippone (354-430,
contemporain du pape Grégoire 1er, auteur d’une immense œuvre écrite), Jérôme (347-419, auteur de la
Vulgate), Hilaire (315-367, anti arianiste), Patrick (377-460, évangélisateur de l’Angleterre, puis de l’Irlande)
et Martin (315-397, oncle de Patrick, dont la mère était sœur de Martin).
Martin, né en Europe centrale, militaire de carrière, devenu évêque de Tours vers 370, fut un grand
missionnaire dans la Gaule de l’Ouest.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -156-
________________________________________________

Selon la tradition, de nombreux miracles auraient accompagné son ministère. La nature de son ministère
et son indépendance à l’égard de Rome perpétuaient encore l’expérience presque disparue de l’Eglise
primitive issue de la Pentecôte.

2:12b. Voici ce que dit Celui qui a l’épée aiguë à deux tranchants : …
a) Jean écrit à l'ange de l'Eglise de la part du Fils de l'homme glorifié devant lequel il s'était
effondré au début de ses visions. Comme au début de chacune des 7 Lettres, Jésus fait connaître
son identité aux destinataires, en rappelant l'un des Attributs manifestés devant Jean (Ap.
1:16) : “l’épée à deux tranchants”.
• Ap. 1:16 “Il avait dans sa main droite sept étoiles. De sa bouche sortait une épée (gr. : “romphaia”)
aiguë à deux tranchants ; et son visage était comme le soleil lorsqu’il brille dans sa force.”
• Es. 49:2-3 “(2) (L’Eternel) a rendu ma bouche semblable à un glaive tranchant, il m’a couvert de
l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche aiguë, il m’a caché dans son carquois. (3) Et il m’a dit :
Tu es mon serviteur, Israël (l'Israël selon l'Esprit est identifiée à son Roi) en qui je me glorifierai.”

b) Cette “épée” semblait sortir de la bouche, et était une image des paroles de Jésus-Christ
rappelées en chaque jour de jugement (voir les commentaires d’Ap. 1:16).
Ce n’est pas l’épée courte (gr. : “machaira”, Ap. 6:4 ; 13:10 bis,14 ; Mt. 10:34 ; 26:47,51,52,55 ; Lc.
21:24 ; Act. 12:2 ; 16:27 ; Rom. 8:35 ; 13:4 ; Eph. 6:17 ; Héb. 4:12 ; 11:34, etc.) semblable à un glaive,
mais l’épée longue et large (gr. : “rhomphaia” ; Lc. 2:35 ; Ap. 1:16 ; 2:12,16 ; 6:8 ; 19:15,21), une épée
de destruction massive.
• C'est cette longue épée qui a transpercé le cœur de Marie (Lc. 2:35). C'est l'une des armes de la Mort
(Ap. 6:8). C'est celle que le Seigneur utilisera pour frapper les rebelles irréductibles (Ap. 19:15,21).
• Dans la main de Moïse, cette épée avait la forme d’un bâton qui a englouti le Serpent et rompu la chaine
de la Mer Rouge qui barrait la route vers la Terre promise.
• C’est l’épée du Verbe divin dynamisé par la puissance de l’Esprit (cf. le Souffle émis par la Bouche),
de Celui qui déclare la guerre aux ennemis intérieurs et extérieurs de son peuple.

Cette épée est “à deux tranchants” (litt. : “deux bouches”) car elle jugera sur la base du
témoignage (chiffre “2”) rendu par la réaction de chaque âme confrontée à la Parole confirmée
en son temps.
• Es. 11:4 “Il jugera les pauvres avec équité, et il prononcera avec droiture un jugement sur les malheureux
de la terre ; il frappera la terre de sa parole comme d’un bâton, et du souffle de ses lèvres il fera mourir
le méchant.”
• 2 Thes. 2:8 “Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle (l'Epée de la colère
divine) de sa bouche, et qu’il écrasera par l’éclat de son avènement.”
• Ap. 2:16 (Lettre à la même Eglise de Pergame) “Repens-toi donc ; sinon, je viendrai à toi bientôt (=
promptement) et je les combattrai avec l’épée de ma bouche.”
• Ap. 19:15 (début de la 7e Fresque) “De sa bouche (de Celui qui chevauche le cheval blanc, et sur la
cuisse duquel il est écrit ‘La Parole de Dieu’) sort un glaive acéré pour en frapper les nations.”

c) Cette épée dans la bouche de Jésus-Christ est aussi le signe d’un pouvoir absolu de vie ou
de mort, et d’une opposition absolue à toute alliance ou compromis impurs (elle sépare le vrai
du faux). Or l’Eglise de Pergame s’est déjà laissé corrompre.

2:13a. Je sais où tu demeures, je sais que là est le trône (gr. “thronos”) de Satan.
a) Ce verset 13 est l’énoncé de l’éloge adressé à une Eglise assaillie par la séduction des
compromis (des mélanges).
Pour mieux faire apparaître les mérites de cette Eglise, l’Esprit commence par dénoncer le
danger qu’elle affronte.
Celui qui dénonce l’ennemi caché aux yeux de beaucoup, est Celui qui “sait” (ici et aussi en
Ap. 2:2, 3:1, 3:15). Il “sait” comment le Serpent ancien agit et comment le vaincre. Il “sait” aussi
combien son petit peuple est fragile, et ce qu’il doit endurer : il “sait” et il compatit.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -157-
________________________________________________

b) La ville de Pergame (capitale romaine de la province d’Asie en –133) n’était pas une ville de
marchands, mais elle était fière de sa grande université et de sa bibliothèque, et elle était un
centre prospère de fabrication du parchemin (mot dérivé de “pergamera” = “peau de Pergame”).
Pergame était célèbre aussi pour son temple d’Esculape (dieu romain de la médecine, équivalent
du dieu grec Asclépios, appelé le “sauveur”, et souvent représenté sous la forme d’un serpent), et pour son
temple consacré à César. De plus, la ville était dominée par un immense temple de Zeus (l’une
des 7 merveilles du monde d’alors). La ville était un centre majeur du culte impérial : l’empereur
se faisait appeler par les titres du Christ : Dieu, Fils de Dieu, Seigneur !

c) C’est la 2e fois dans l’Apocalypse que “Satan” est mentionné (1ère mention faite à propos de
l’Eglise persécutée de Smyrne ; cf. les commentaires d’Ap. 2:9). Il est le “prince de ce monde” (Jn. 12:31),
il est le suzerain des “princes de ce monde de ténèbres” (Eph. 6:12).
Il n’est pas encore écrit que “Satan” demeure là où est l’Eglise, mais que l’Eglise demeure
(gr. : “katoikeo” = habiter une demeure fixe) là où est “Satan”, ce qui n’est pas ici un reproche. C‘est
vrai pour les 7 Eglises, pour l’Eglise de tous les temps, puisque les 7 villes sont immergées en
Asie, image de la mer agitée des peuples païens (cette mer est “l’abîme”, le nid du Dragon).

Le “trône” désigne celui (ici Satan) qui l’occupe et représente aussi un système de domination,
un royaume, une autorité, une sphère d’influence.
Dans l’AT, la seule représentation du “trône de l’Eternel” était le propitiatoire d’or dans le
Lieu très saint, en connexion étroite avec l’autel d’or (Ex. 25:22 ; 1 Chr. 28:2 ; 1 Sam. 4:4).
Aujourd’hui, seul Jésus-Christ est le Propitiatoire.
A Pergame (une image du christianisme) le “trône de Satan” est donc un faux propitiatoire, un
“trône” usurpé qui attire l’encens vers lui-même ! Là où est ce “trône de Satan”, là est rendu
un culte aux idoles du paganisme et à ses convoitises.
C’est ainsi, par exemple, qu’ont été introduites dans le christianisme la prédication d’un Dieu bonnasse,
ou encore la prédication dite de la prospérité (qui n’est qu’un culte rendu à Mamon et aux convoitises du
monde déchu) ! C’est devant ce “trône” que sont vénérés des saints morts ou la Reine du Ciel.

Avant de se nicher à Pergame, ce “trône” dominait déjà l’humanité entière (sur toute “l’Asie”,
sur toute “la mer”).
Depuis la chute en Eden, tout incroyant a l’âme environnée et envahie par
ces ténèbres hostiles. C’est cependant “là”, dans cet environnement, que Dieu a placé son
Eglise.
Mais si l’Eglise est placée “là”, elle ne doit pas servir de demeure à l’ennemi. Le
scaphandrier, bien que plongé dans l’eau, ne doit pas laisser l’eau entrer dans sa combinaison.
Or, dès lors que le “premier amour” a disparu chez certains (cf. Ap. 2:4), une faille est ouverte,
par où entre l’ivraie (cf. les Nicolaïtes qui attendent leur heure pour instaurer leur cléricalisme monarchique).

d) Ce système (ce “trône”) a pour précédent celui instauré par Nimrod, une préfiguration de
Satan : fils de Cham (Gen. 10:8-10), c’est lui qui commença à être puissant sur terre, c’est lui
qui bâtit la ville orgueilleuse et apostate de Babel, la première ville dominatrice des âmes. Le
même esprit sera à l’œuvre dans la ville de Tyr, et surtout à Babylone où le pouvoir clérical
sera allié du pouvoir politique pour mieux contrôler le peuple.
Dans un tel système, le clergé, dépourvu d’Onction, essaie d’en imposer par les apparences, les
vêtements, le décorum, la liturgie, les cartes de visite, la compétition mercenaire, etc.

Toute nation, toute ville, tout système religieux où cette domination est instaurée, devient à
son tour une Babylone. Babylone est l’ennemie de Jérusalem, et “Satan” cherche toujours, par
la séduction, à transformer Jérusalem (les 7 Eglises), en une nouvelle Babylone.
• Ce danger est dénoncé tout au long de l’Apocalypse (cf. les deux Bêtes d’Ap. 13).
• La Babylone païenne a su devenir la “grande prostituée” chrétienne d’Ap. 17, assise sur les “eaux” des
peuples. Spirituellement, elle est “une mère d’impudiques” (Ap. 17:5).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -158-
________________________________________________

e) Les paroles adressées quelques années auparavant par Jésus aux religieux de son heure,
étaient déjà un avertissement pour les Eglises à venir :
• Jn. 8:38-42 “(38) Je dis ce que j’ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu de
la part de votre père. (39) Ils lui répondirent : Notre Père, c’est Abraham. Jésus leur dit : Si vous étiez
enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. (40) Mais maintenant vous cherchez à me faire
mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a point fait. (41) Vous
faites les œuvres de votre père. Ils lui dirent : Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ; nous avons un
seul Père, Dieu. (42) Jésus leur dit : Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car c’est de Dieu que je
suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé.”
• Jn. 8:43-47 “(43) Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez écouter
ma parole. (44) Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été
meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la Vérité, parce qu’il n’y a pas de Vérité en lui.
Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et père du mensonge. (45)
Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. (46) Celui qui est de Dieu, écoute les paroles de
Dieu ; vous n’écoutez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu.”

f) C’est à partir de l’empereur Constantin que ce système religieux séducteur, caractérisé par
la domination cléricale, centralisatrice et autoritaire de l’homme sur l’homme, s’incruste
largement dans le christianisme, provoquant ainsi le retrait attristé et scandalisé du Saint-
Esprit (comme lorsqu’Israël avait voulu un roi visible au temps de Samuel).
• Quand la ferveur pour Christ se perd, l’Onction de l’Esprit se retire. L’homme désormais aveugle
cherche à se rassurer, et remplace la puissance de l’Esprit par celle de l’institution et du savoir-faire
humain : tel était le plan des Nicolaïtes d’Ephèse, et ce plan se matérialise quand les religieux réussissent
à faire entrer dans l’Eglise le “trône de Satan” déguisé en trône de l’Agneau.
• En Ap. 13:11-14, ce système religieux, mensonger et séducteur, sera figuré par “la Bête qui monte de la
terre” sainte (de l’Eglise elle-même), celle qui arbore de fausses cornes d’agneau mais qui parle comme
le Dragon, car elle a reçu autorité de la part de la Bête polymorphe issue de la mer des Nations.
• Le père de ce système est reconnaissable : c’est le même qui plongeait l’Eglise de Smyrne dans la
tribulation, et qui tue ici les témoins fidèles dans le sein même de l’Eglise de Pergame (cf. la mort
d’Antipas à la fin du même verset). La vraie Eglise est pour Satan un corps étranger et dangereux, et qui
excite sa fureur.
• De même, dans l’AT, ce sont toujours les clercs et les puissants qui se sont opposés aux prophètes
d’Israël ou qui les ont trahis.
• C’est avec la première organisation chrétienne dénominationnelle de l’histoire que le politicien
Constantin a pactisé, et d’autres groupes (ses “filles”, Ap. 17:5) l’ont imitée jusqu’à nos jours.

g) C’est ainsi que le droit d’interpréter les Ecritures fut dérobé au Corps de l’Eglise, et
accaparé par un clergé institutionnel, dont le chef occupe un trône physique ou statutaire,
blasphématoire et parfois même idolâtre. Ce système est adultère (comme le suggère le nom de
Pergame = “deux fois mariée”), et il est décrit plus en détail comme tel, aux chapitres 17 et 18, sous
la forme d’une femme impudique :
• Ap. 17:2 “C’est avec elle (avec la grande prostituée) que les rois de la terre se sont livrés à l’impudicité,
et c’est du vin de son impudicité (le vin de l’adultère spirituel) que les habitants de la terre (le christianisme,
par contraste avec les athées et les païens) se sont enivrés (une fausse onction).”
• Ap. 17:3-4 “(3) Je vis une femme (la grande prostituée, Babylone la grande c’est-à-dire la fausse Jérusalem)
assise sur une Bête écarlate (couleur de la royauté), pleine de noms de blasphème (des insultes contre la
Vérité), et qui avait sept têtes et dix cornes. (4) Et cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate (les
couleurs usurpées du sacerdoce royal de Christ ; les couleurs des empereurs et des sénateurs sont devenues
celles des papes et des cardinaux !), et parée d'or et de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa
main une coupe d'or (cf. les coupes d’or volées au temple et utilisées de façon impie par le roi Belschatsar,
Dan. 5:1-4), remplie d’abominations et des impuretés (ou : obscénités) de sa prostitution.”

h) C’est ce “trône” conçu par le Dragon (Satan) qui a été remis à “la Bête qui monte de la
mer” (Ap. 13:2). C’est sur ce “trône”, sur ce royaume, que sera répandue la 5e Coupe de la
colère de Dieu (Ap. 16:10). Les mots adressés ici à Pergame annoncent donc déjà les scènes
introductives de la 4e Fresque (celle de la guerre spirituelle cosmique, Ap. 12:1-12).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -159-
________________________________________________

• Lorsque le clergé chaldéen avait dû fuir Babylone (conquise en -539 par les Mèdes et les Perses au temps
de son roi Belschatsar), il s’était établi à Pergame, qui devint le centre du culte du serpent d’Esculape. Les
rois-prêtres déifiés de Pergame héritèrent du titre de “pontifex maximus” des cultes babyloniens. Le
dernier roi de Pergame (Eumène III) offrit par testament ses possessions à Rome en -133.
• Jules César (-100 à -44), déjà élu “pontifex maximus” du culte romain, devint de fait l’héritier du titre
suprême de la prêtrise babylonienne. Plus tard, ce titre fut offert par l’empereur Gratien à Damasus,
l’évêque de Rome (366-384), qui l’accepta. Ce jour-là, la Babylone païenne devint ouvertement la
Babylone chrétienne, et le “trône” des ténèbres passa de Pergame au Vatican, un modèle pour d’autres
dénominations (cf. “Les deux Babylones” d’Alexander Hislop, Ed. Fischbacher, Paris).

La vraie Eglise ne pourra demeurer dans une telle demeure ! Elle devra en sortir pour se
réfugier dans le Tabernacle de l’humble Corps de Christ.

2:13b. Et tu retiens mon Nom, et tu n’as pas renié ma foi, …


A la portion fidèle de cette Eglise de Pergame, l’Esprit de Christ adresse deux éloges en
rapport avec le pouvoir de l’ennemi qu’elle doit affronter : elle tient ferme pour toute la Vérité,
et elle n’a rien renié.
La conjonction “et” relie ces mots aux précédents : cela confirme qu’il n’est pas reproché à cette partie de
Eglise de “demeurer” là où est le trône de Satan. Il n’a pas été reproché à Job d’être sur la cendre !

a) L’activité incessante des ténèbres (le lion qui rôde) est dangereuse pour l’Eglise, et se
manifeste par des attaques violentes (les persécutions) ou sournoises (les séductions). Font partie
des moyens de séduction : les compromis, le pouvoir, les hybridations spirituelles que Dieu
déteste (c’est une hybridation du message divin qui provoqué la chute en Eden).
Ce danger d’une séduction venue du monde et infiltrée dans l’Assemblée, est rappelé dans
la plupart des 7 Lettres (la perte du premier amour à Ephèse en est le premier fruit de mort). Plus grave
encore, l’agent préféré du diable est appelé la “prostituée” : la séduite est devenue la
séductrice. C’est ce danger, si inattendu car interne, que les élus doivent vaincre.
• Lc. 12:32 “Ne crains point, petit troupeau ; car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.”
Rien ne pourra empêcher l’Epouse, la minorité qui veut être soumise à la seule direction de l’Esprit de
Christ, d’être victorieuse, même si elle est traitée d’hérétique (autrefois) ou de secte (aujourd’hui).

b) Le verbe “retenir” (gr. “krateo” = tenir ferme, maîtriser) est le même que celui utilisé en Ap.
2:1 (“Voici ce que dit Celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite”).

“Retenir le Nom” de Jésus-Christ, ce n’est pas brandir ce Nom comme un talisman, mais
c’est adhérer avec persévérance à tout ce que Jésus dit de son identité, de son œuvre.
• Mt. 16:15-18 “(15) Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? (16) Simon Pierre répondit : Tu es
le Christ, le Fils du Dieu vivant. (17) Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et
le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les Cieux. (18) Et moi, je te dis que tu es
Pierre, et que sur ce rocher (celui de la révélation de l’identité de Jésus) je bâtirai mon Eglise, et que les
portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle.”
• Act. 4:12 “Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre Nom qui ait été donné
parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.”
• Act. 9:15 “Mais le Seigneur lui dit (à Ananias) : Va, car cet homme (Paul) est un instrument que j’ai
choisi, pour porter mon Nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d’Israël.”
• Rom. 10:9 “Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a
ressuscité des morts, tu seras sauvé.”
• 1 Cor. 12:3 “… Nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n’est par le Saint-Esprit.”
• Phil. 2:9-11 “(9) … Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom,
(10) afin qu’au Nom de Jésus tout genou fléchisse dans les Cieux, sur la terre et sous la terre, (11) et
que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.”
• 1 Jn. 2:23 “Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père ; quiconque se déclare publiquement pour
le Fils a aussi le Père.”
• 1 Jn. 4:15 “Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu.”
• 1 Jn. 5:13 “Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la Vie éternelle, vous qui
croyez au Nom du Fils de Dieu.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -160-
________________________________________________

C’est aussi désirer pouvoir mettre en pratique sa volonté, et donc désirer l’imiter :
• Eph. 5:1 “Devenez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés.”

Garder une telle attitude en plein territoire ennemi, c’est être en guerre contre une puissance
invisible qui sait mobiliser les âmes qui lui sont soumises, et qui cherche à séduire et à souiller
le peuple se réclamant de la Vérité.
• Act. 5:28 “Ne vous avons-nous pas défendu expressément d’enseigner en ce Nom-là ?” (cf. Act. 4:18).
• Act. 21:13 “ Je suis prêt, non seulement à être lié, mais encore à mourir à Jérusalem pour le Nom du
Seigneur Jésus.”
• 1 P. 4:14 “Si vous êtes outragés pour le Nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l’Esprit de gloire,
l’Esprit de Dieu, repose sur vous.”

c) “La foi (gr. “pistis”) de Christ” (et non pas la foi “en” Christ) est ici l’Alliance de fidélité que
Jésus-Christ a offerte à ceux qui se donnent à lui. C’est “la foi de l’Epoux” envers l’Epouse.

Ne “pas renier” cette “foi”, c’est rester fidèle au Fidèle, c’est, malgré les chutes, ne pas
trahir la promesse, et c’est la part de l’Epouse envers l’Epoux.
• Dan. 11:32 “(Le dévastateur) séduira par des flatteries les traîtres de l’Alliance (ce sont de faux Juifs).
Mais ceux du peuple qui connaîtront leur Dieu (ce sont les vrais Juifs) agiront avec fermeté, et les plus
sages parmi eux donneront instruction à la multitude.”
• Mt. 10:32-33 “(32) Quiconque me confessera (prendra mon parti) devant les hommes, je le confesserai
(je prendrai son parti) aussi devant mon Père qui est dans les Cieux ; (33) mais quiconque me reniera
devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux.”
• Héb. 6:12 “Imitez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses.”
• 1 Jn. 5:4-5 “(4) Tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde,
c’est notre foi. (5) Qui est celui qui a triomphé du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de
Dieu ?”

C’est l’éloge répété de l’Esprit à l’adresse de plusieurs Eglises :


• Ap. 2:3 (lettre à l’église d’Ephèse) “… tu a souffert à cause de mon Nom, et tu ne t’es point lassé.”
• Ap. 2:10 (lettre à l’église de Smyrne) “… Sois fidèle jusqu'à la mort.”
• Ap. 3:8 (lettre à l’église de Sardes) “… tu n’as pas renié mon Nom.”
• Ap. 14:12 “C’est l’heure de la persévérance des saints qui gardent les commandements de Dieu et la
foi en Jésus.”

2:13c. … même aux jours d’Antipas, mon témoin fidèle, …


a) Comme les autres noms propres de l’Apocalypse, “Antipas” (autre forme d’Antipater = “opposé
à tout”) est un nom symbolique : il désigne le fidèle qui se dresse contre tout ce qui souille la
Vérité manifestée en Christ. Le verset le confirme : il est le “témoin fidèle” quoi qu’il arrive.
Jésus aime l’appeler : “MON” témoin, et cela devant le Ciel entier. C’est ce qu’il dit de
“Son” peuple !

b) Jésus-Christ, le Témoin Fidèle par excellence (Ap. 1:5 ; il témoigne en faveur des siens qui ont
cru), a les yeux fixés sur ses “témoins” (gr. : “martys”), sur ses témoins “fidèles” (gr. : “pistos” = “digne
de confiance”) qui témoignent en son honneur malgré le prix à payer.

2:13d. … qui a été mis à mort chez vous, là où Satan a sa demeure.


a) Satan est meurtrier par nature (la Mort est son Attribut), de même que ceux qui sont sous
l’influence de son esprit (l’humanité déchue) : les hommes ne savent pas que leurs rancunes
témoignent qu’ils sont nés de cet esprit (cf. Mt. 5:21-22).
La “mise à mort” (pour faire taire) a souvent été physique et brutale. Mais les
excommunications prononcées contre les “témoins fidèles” ont souvent été des tentatives de
meurtre spirituel, comparables à la vente de Joseph par ses frères à de lointains étrangers.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -161-
________________________________________________

b) La “mise à mort” est ici d’autant plus scandaleuse qu’elle a lieu dans l’Assemblée, “chez
(gr. “para” = auprès de) vous” ! Désormais, le “trône de Satan” est “chez vous” (id. le début du
verset : “Je sais où tu demeures, je sais que là est le trône de Satan …”) ! Il y a “sa demeure” (gr. “katoikeo”
= habiter une demeure fixe), comme en dehors des Eglises dans tout le reste de “l’Asie”.

C’est Caïphe, le souverain sacrificateur lui-même, qui a voulu la mort de Jésus.


L’esprit meurtrier s’insinue dans le christianisme dès qu’il y a “perte du premier amour”.
• Ez. 8:10-12 “(10) J'entrai (en vision, dans le sanctuaire), et je regardai ; et voici, il y avait toutes sortes
de figures de reptiles et de bêtes abominables, et toutes les idoles de la maison d'Israël, peintes sur la
muraille tout autour. (11) Soixante-dix hommes des anciens de la maison d'Israël, au milieu desquels était
Jaazania, fils de Schaphan, se tenaient devant ces idoles, chacun l'encensoir à la main, et il s'élevait une
épaisse nuée d'encens. (12) Et il me dit : Fils de l'homme, vois-tu ce que font dans les ténèbres les anciens
de la maison d'Israël, chacun dans sa chambre pleine de figures ? Car ils disent : L'Éternel ne nous voit
pas, l'Éternel a abandonné le pays.”

c) Satan fait tout son possible pour détruire le témoignage rendu à la Vérité.
• Job 2:9-10 “(9) Sa femme dit à Job : Tu persévères toujours dans ta piété ! Maudis Dieu, et meurs !
(10) Mais Job lui répondit : Tu parles comme une femme insensée. Quoi ! nous recevons de Dieu le bien,
et nous ne recevrions pas aussi le mal ! En tout cela Job ne pécha point par ses lèvres. ”
• Mt. 16:22-23 (Lorsque Jésus annonça sa mise à mort par le clergé) “(22) Pierre, l'ayant pris à part, se
mit à le reprendre, et dit : A Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t'arrivera pas (c’est une tentative pour
empêcher le témoignage de la Croix). (23) Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : Arrière de moi, Satan
! Tu m'es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes.”

2:14a. Mais j’ai quelque chose (ou plutôt : “un peu”) contre toi, …
Débute ici les reproches adressés à cette 3e Eglise, non pas “quelque chose”, mais
littéralement : “peu (de chose)”, d’où une autre traduction : “j’ai un peu contre toi”. Le “un peu”
souligne le grand prix que Christ attache à la fidélité héroïque d’une portion de cette Eglise.
Mais même ce “peu” doit être corrigé : Jésus-Christ ne transige jamais sur les exigences de
perfection du Royaume.
• Lc. 16:10 “Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est
injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes.”
• 1 Cor. 5:7 “Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes
sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé.”
• Gal. 5:9 “Un peu de levain fait lever toute la pâte.”

2:14b. … c’est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à
Balak …
a) Les œuvres des Nicolaïtes à Ephèse (Ap. 2:6), ont conduit à l’édification de la synagogue
de Satan (Ap. 2:9) à Smyrne, puis Satan le meurtrier a ainsi pu étendre son trône à Pergame
(Ap. 2:13). L’homme religieux déchu désire, comme du temps du veau d’or et du temps de
Samuel, un roi visible qui le laisse se compromettre avec les principes du monde.
• 3 Jn. 9 “J'ai écrit quelques mots à l'Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne
nous reçoit point.”
• Nb. 14:4 (lors de la révolte après le retour des espions) “Et ils se dirent l'un à l'autre : Nommons un
chef, et retournons en Égypte.”

C’est de ce trône clérical que Satan promulgue la “doctrine (gr. : “didake” = “enseignement”) de
Balaam”.
• Le nom grec “Nicolaïte” signifie “vainqueur ou dominateur des laïcs”. Le nom hébreu “balaam”
signifie presque pareillement : “le destructeur du peuple, celui qui engloutit le peuple, celui qui dévore”.
En Ap. 9:11, cet esprit de Satan est appelé Abaddon et Apollyon, les deux noms, l’un grec et l’autre hébreu,
signifiant également “destructeur”.
• La même idée de destruction est contenue dans le nom de “Balak” qui signifie : “dévastateur”.
• C’est l’artère reliant l’âme au Trône et lui donnant Vie, que tous ces ravageurs veulent trancher.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -162-
________________________________________________

Dans cette même Lettre à l’Eglise de Pergame, l’Esprit témoigne expressément combien la
“doctrine de Balaam” est apparentée au nicolaïsme, une doctrine dénoncée au v. suivant :
• Ap. 2:15 “De même, toi aussi, tu as des gens attachés pareillement à la doctrine des Nicolaïtes.”

b) La “doctrine de Balaam” est donc un “enseignement” ravageur de l’Eglise, et enseigné


dans l’Eglise ! C’est toujours l’ennemi intérieur en action.
“Balaam” et “Balak” sont deux acteurs ténébreux d’un épisode tragique de l’Exode des
Hébreux. Dans ce demi-verset, “des gens” (donc pas tous) de l’Eglise de Pergame sont assimilés
par Dieu à la fois au faux prophète “Balaam”, et à l’un des ennemis irréductibles du peuple
de Dieu : “Balak”, un Moabite (Moab était issu de Lot, neveu d’Abraham !).
L’Apocalypse donne d’autres noms de honte au christianisme apostat ; outre les noms de
“Balaam” et “Balak” mentionnés ici, Ap. 11:8 attribuera à ce faux Israël les noms de
“Sodome” et “Egypte” !
Cet exemple illustre comment l’Apocalypse révèle la portée spirituelle d’un fait rapporté par l’AT, et aussi
montre comment l’histoire du peuple hébreu préfigurait l’histoire de l’Eglise issue des Nations.

c) La mention de “l’enseignement de Balaam” fait allusion à un stratagème diabolique ourdi


par Balaam pour corrompre l’Alliance entre le peuple élu qu’il n’avait pas pu maudire, et
l’Eternel (Nb. 22 à 24).
“Balaam” (= “le dévorant”) est en cela l’une des images de Satan (celui qui cherche à “dévorer” les
âmes). Le Diable est l’accusateur qui cherche sans cesse à éloigner l’homme de la grâce de Dieu
(c’était dans ce but qu’il avait séduit Eve et fait tomber Adam).
• “Balaam” était originaire de Pétor en Mésopotamie (à un point de traversée de l’Euphrate). Comme le
beau-père de Moïse, il était sans doute détenteur de bribes de l’ancienne sagesse des rescapés du Déluge,
mais cette sagesse était dévoyée. Rien ne permet cependant d’affirmer que son don prophétique n’était pas
divin (cf. sa prophétie messianique de Nb. 23:8-10).
• Cet homme prétendait servir l’Eternel (Nb. 23:22), mais il servait aussi des divinités païennes.
• “Balak” (= “dévastateur”), roi de Moab acheta les services de “Balaam” pour maudire Israël en route
vers la Terre promise (cf. l’Eglise) et dont il avait peur (Nb. 22). Bien qu’averti par l’Eternel lui-même,
“Balaam” succomba (comme beaucoup d’autres après lui) à la séduction impie des honneurs (cf. les
accusations contre le prince de Tyr, une autre image de Satan, Ez. 28).
• Sous la contrainte de l’Esprit divin, et à la suite d’une nouvelle mise en garde par un ange au travers
d’une ânesse, il ne put que bénir Israël (Nb. 23 et 24:1-25) ! C’était une première défaite décisive (comme
celle subie par Satan obligé de reconnaître la victoire de Jésus à la Croix, ou comme celle de l’ambitieux
Haman, une autre image de Satan, obligé d’honorer Mardochée qu’il haïssait).
• “Balaam” était un religieux respecté, il maîtrisait les symboles et les rituels, et pour complaire à
l’Eternel il avait procédé à des sacrifices bien élaborés sur 7 autels (Nb. 23:1) !

Mais malgré son intelligence et ses puissantes expériences spirituelles personnelles, son cœur
était corrompu irrémédiablement, pris dans sa folie spirituelle (Jude 11) et sa malignité. Ne
pouvant nier la prééminence de l’Eternel et la vanité des autres dieux, mais refusant de
s’incliner devant l’Onction de Moïse et devant la Nuée qui accompagnait le camp des élus, il
a cultivé sa haine honteuse contre le peuple élu.
C’est à cette dernière machination que l’Apocalypse fait ici allusion.
• Nb. 25:1-3 et 31:16 “(1) Israël demeurait à Sittim ; et le peuple commença à se livrer à la débauche
avec les filles de Moab. (2) Elles invitèrent le peuple aux sacrifices de leurs dieux ; et le peuple mangea,
et se prosterna devant leurs dieux. (3) Israël s’attacha à Baal-Peor, et la colère de l’Eternel s’enflamma
contre Israël. - ... - “(16) Ce sont elles (les femmes des Madianites, alliés des Moabites) qui, sur la parole
de Balaam, ont entraîné les enfants d’Israël à l’infidélité envers l’Eternel, dans l’affaire de Peor ; et alors
éclata la plaie dans l’assemblée de l’Eternel.”
• 2 P. 2:15 “Après avoir quitté le droit chemin, (les injustes) se sont égarés en suivant la voie de Balaam,
fils de Bosor, qui aima (par convoitise) le salaire de l’iniquité.”
• Jude 4,8,11 “(4) Il s’est glissé parmi vous certains hommes, dont la condamnation est écrite depuis
longtemps, des impies, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renient notre seul Maître
et Seigneur Jésus-Christ. - … -
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -163-
________________________________________________

(8) Ces hommes aussi, pareillement entraînés par leurs rêveries, souillent pareillement leur chair,
méprisent l’autorité et injurient les gloires. - … - (11) Malheur à eux ! car ils ont suivi la voie de Caïn (le
meurtre), ils se sont jetés pour un salaire dans l’égarement de Balaam (la convoitise du pouvoir), ils se
sont perdus par la révolte de Koré (l’usurpation).”

Finalement, “Balaam” sera tué par les rescapés vainqueurs (de même Haman et ses dix fils seront
définitivement détruits par le peuple d’Esther ; de même les fils de Dieu purifieront la terre de Satan et de ses
œuvres au retour de Jésus, Ap. 19:14).
De même que l’Eternel a laissé Balaam mettre en œuvre son plan perfide, Jésus-Christ laisse Satan
essayer de vaincre le peuple de Dieu.

d) L’“enseignement de Balaam” est celui qui a fait tomber les fils d’Israël à cause des
séductions des filles idolâtres de Moab et de Madian. L’“enseignement de Balaam” est un
enseignement séducteur dispensé par des hommes religieux de premier plan, mais corrompus.
L’esprit mauvais à l’œuvre, s’appuyant sur l’ignorance et sur les convoitises de la nature
humaine déchue (cf. les païens selon Eph. 4:18), encourage des pratiques et des mensonges vomis
par Dieu :
• Le célibat des prêtres, la confession auriculaire, les vierges consacrées, le cléricalisme hiérarchisé avec à
sa tête un “pontifex maximus”, la volonté de se tailler un royaume terrestre, le culte de la reine du ciel, les
images, etc., étaient des caractéristiques du culte chaldéen répandu au Moyen Orient, puis dans une partie
du christianisme.
• Balaam représente un système d’enseignement mercenaire (c’est cela la “fausse prophétie”) qui aime
plus les honneurs que Dieu, et qui s’allie aux ennemis du vrai peuple de Dieu. Balaam était incapable de
discerner la signification de la Nuée (l’Onction) au milieu du camp de Moïse, et il méprisait ce petit peuple,
une “secte” à ses yeux aveugles ! En fait ce petit peuple élu “ne faisait pas partie des nations” (Nb. 23:9)
et obéissait à d’autres principes.
• La plupart de ces mensonges ont pour résultat dans le christianisme de faire oublier la nécessité du
baptême de l’Esprit, ou de faire croire à tort qu’il a été reçu, par exemple en se contentant d’un geste
rituel du prêtre, ou en affirmant que dès lors qu’on a cru, on a reçu l’Esprit (mais c’est alors l’homme qui
prétend avoir cru), ou en affirmant qu’il suffit de manifester une fois le don du parler en langues, etc.
• De tels religieux ne sont jamais nés de l’Esprit, même si un don divin agit en eux (Judas Iscariot avait
même guéri des malades). L’ivraie n’a jamais été du blé.

L’“enseignement de Balaam” ne rejette pas ouvertement les paroles de Dieu et de ses


prophètes, mais les hybride, et mélange le faux et le vrai, le feu étranger et le feu de l’autel,
l’ivraie et le blé, le levain et la farine de froment, les filles de Moab et de Madian et les fils
d’Israël, les filles des hommes déchus issus de Caïn et les fils de Dieu issus de Seth.
• Gen. 6:2 “Les fils de Dieu (la descendance spirituelle de Seth) virent que les filles des hommes étaient
belles (la séduction), et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu'ils choisirent (c’était un choix
conscient pour satisfaire au mieux les convoitises).”
• Deut. 22:9-11 “(9) Tu ne sèmeras point dans ta vigne diverses semences, de peur que tu ne jouisses ni
du produit de ce que tu auras semé ni du produit de la vigne. (10) Tu ne laboureras point avec un bœuf
(animal pur) et un âne (animal impur impropre aux sacrifices) attelés ensemble. (11) Tu ne porteras point
un vêtement tissé de diverses espèces de fils, de laine (elle est imprégnée de la sueur intérieure animale)
et de lin (les saints en sont revêtus) réunis ensemble.” (cf. Nb. 25:1-3 déjà cité).

e) Les Moabites dont “Balak” était roi, descendaient de Lot (Gen. 19:37), le neveu d’Abraham.
Ce lien de parenté entre deux lignées ennemies, souligne que l’ennemi dénoncé par
l’Apocalypse vient d’une semence interne pouvant ressembler à la semence élue, et donc être
d’autant plus séductrice (cf. Mt. 24:24). Caïn et Abel étaient frères, de même qu’Esaü et Jacob.
Les Moabites étaient croyants, et respectaient des rites ressemblant en partie aux sacrifices de la Loi
mosaïque. Mais Dieu n’était pas avec eux. De même, les faux chrétiens (représentés ici à la fois par Balaam
et Balak) avaient “une apparence de piété, mais reniaient ce qui en fait la force” (2 Tim. 3:5), c’est-à-dire
la présence de l’Ange de l’Eternel, de la Colonne de Feu manifestée, du Saint-Esprit.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -164-
________________________________________________

f) La complicité, rappelée par l’Esprit, entre Balak (un roi) et Balaam (un prêtre-enseignant), a
conduit plusieurs commentateurs à voir là une annonce prophétique de l’alliance, initiée sous
Constantin, du pouvoir politique avec un clergé rebelle à Dieu et à ses messagers.
• Mais le plus grand danger n’est pas dans les alliances de l’Assemblée avec l’Etat. Le plus grand
danger est l’introduction dans l’Assemblée, d’un mode de gouvernement qui s’inspire des divers
systèmes en vigueur dans le monde déchu : dès lors, ce n’est plus l’Onction divine qui dirige. Une telle
Assemblée caricature le Royaume de Christ sur terre, car, avant le retour du Christ, les Etats sont encore
esclaves du diable (Lc 4:5-6).
• Cette trahison est illustrée plus loin dans l’Apocalypse par le personnage de la Grande Prostituée (avec
son faux enseignement religieux) qui chevauche la puissance de la Bête sortie de la mer (le principe
monarchique en vigueur chez les nations païennes, et désormais introduit dans l’Assemblée) (Ap. 13:1-8, 17:3).
• C’est la même alliance impure que celle tissée à Babel (la future Babylone) entre l’organisation politique
et le clergé pour construire une tour magnifique et orgueilleuse que Dieu a dû renverser.
• Ce système religieux est devenu un chef-d’œuvre de Satan. Devenir complice d’un tel système, c’est
mourir spirituellement : 24 000 Hébreux (= 2 x 12 x 1000) sont morts à Baal Peor à cause de la doctrine
de Balaam (Nb. 25:9) !

2:14c. … à mettre une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, …


a) Le danger est si grand pour l’Eglise, si universel, que Jésus-Christ demande à l’ange de
dénoncer encore plus précisément le stratagème employé par l’ennemi pour tromper et faire
condamner l’Eglise, et donc empêcher l’accomplissement des promesses ultimes (Jésus-Christ a
promis d’associer un peuple pur à sa victoire lors de son retour).
Dan. 7:26-27 (vision de la défaite finale de la petite corne du 4e Animal) “(26) Puis viendra le jugement,
et on lui ôtera sa domination, qui sera détruite et anéantie pour jamais. (27) Le règne, la domination, et
la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très
Haut. Son règne est un règne éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront.”

Le danger est d’autant plus grand qu’il n’est pas visible au premier coup d’œil, il est
dissimulé, c’est une “pierre d’achoppement” (gr. “skandalon” = une trappe, un objet matériel placé
pour faire chuter, et, par extension, une occasion de chute ; cf. Mt. 16:23 ; 18:8 ; 5:29-30 ; etc.).
L’enseignement de Balaam, et celui des Nicolaïtes, sont un piège !

b) Ce piège est “mis” (gr. “ballo” = “jeter”, id. v.10) dans l’Eglise, devant “les fils (gr. “huios” =
fils mâle) d’Israël”!
“Israël” était le nom de gloire des tribus, et, dans le langage symbolique de l’Apocalypse, il
désigne le peuple de Jésus-Christ. Ce sont les croyants que Nimrod, le vaillant chasseur
bâtisseur de Babel (Gen. 10:9-10), veut dominer.
C’est bien d’avoir gardé “le Nom” de Christ (v. 13) et donc l’apparence de son enseignement,
mais il faut aussi avertir du danger des contrefaçons.
Ainsi, Balaam, un grand et célèbre religieux, est devenu, par sa convoitise des honneurs, le
complice de l’ennemi de Dieu. Il a rejeté puis combattu la Main tendue.
• Acan [= “(cause de) trouble”] avait de même dérobé à Jéricho un “manteau de Shinéar” (= Babylonie),
une partie du butin qui devait être détruit, et à cause de cette infamie, le peuple a été vaincu devant la ville
d’Aï (Jos. 7:1-5,21).
• A l’inverse, le Livre d’Esther montre que lors de la défaite finale d’Haman, de ses fils et de ses alliés,
le peuple juif (image de l’Eglise victorieuse au retour de Christ) de Suse et de tout le pays, n’a pas pris
part au pillage des biens impurs (Est. 9:10).
Ouvrir la porte au cléricalisme monarchique sans onction (le nicolaïsme), c’est faire entrer
un enseignement trompeur et séduisant (l’enseignement de Balaam, un faux Verbe) que Dieu
assimile à un adultère spirituel avec des idoles, à une débauche dans les plaines de Sittim,
sous les yeux de l’Epoux :
• Nb. 25:1-3 (déjà cité) “(1) Israël demeurait à Sittim ; et le peuple commença à se livrer à la débauche
avec les filles de Moab. (2) Elles invitèrent le peuple aux sacrifices de leurs dieux ; et le peuple mangea,
et se prosterna devant leurs dieux. (3) Israël s'attacha à Baal Peor, et la colère de l'Éternel s'enflamma
contre Israël.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -165-
________________________________________________

• Ps. 106:28 “Ils s’attachèrent à Baal-Peor, et mangèrent des victimes sacrifiées aux morts.”

2:14d. … pour qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles et qu’ils se livrent à la
débauche.
a) C’est encore le rappel de Nb. 25:1-3 précité.
Deux offenses majeures commises contre l’Eternel par les Hébreux sont rappelées ici :
l’“idolâtrie” et la “débauche” (gr. “porneyo” = commettre l’impudicité, forniquer, se prostituer).
• C’est dans l’Eglise se réclamant de Jésus-Christ que ces deux abominations sont à l’œuvre, et peu
semblent s’en rendre compte !
• Intercéder auprès des “saints morts” ou leur faire des vœux, c’est “manger des sacrifices faits aux morts”
et donc aux démons du spiritisme.
• Si des milliers d’Hébreux sont morts frappés par la colère divine, qu’en sera-t-il d’un peuple chrétien
plus coupable car plus instruit ?
• Ce n’est pas seulement l’Eglise primitive qui est mise en garde, mais celle de tous les siècles.

b) Toute passion qui ne met pas Jésus-Christ à la première place est une idolâtrie.
Consacrer abusivement son temps et son énergie à ces pôles d’attraction, entraîne des
conséquences spirituelles : le Saint-Esprit attristé s’écarte, et des puissances hostiles à Christ
entrent en action.
C’est l’énergie de l’âme humaine (symbolisée par les “viandes sacrifiées”, c’est-à-dire par du sang)
qui est ainsi offerte à des “idoles” (mise à leur service), et donc à des esprits ennemis de l’homme.
• 1 Cor. 10:20-22 “(20) Je dis que ce qu’on sacrifie (aux idoles), on le sacrifie à des démons, et non à
Dieu ; or, je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. (21) Vous ne pouvez boire la
coupe du Seigneur, et la coupe des démons ; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur, et à la
table des démons. (22) Voulons-nous provoquer la jalousie du Seigneur ? Sommes-nous plus forts que
lui ?” (Cf. Act. 15:20,29 “Abstenez-vous des viandes sacrifiées aux idoles”).

A Pergame, comme dans tout l’empire romain aux temps apostoliques, les viandes
provenaient souvent d’animaux offerts aux idoles : refuser d’en manger, c’était s’exclure de la
vie sociale. Mais l’addiction à l’argent, à la notoriété, à la satisfaction à tout prix de l’égo, etc.,
font partie des “idoles” dénoncées par l’Apocalypse. Ce sont des souillures de l’âme.
• Mt. 20:26 “Quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur.”

c) Toute’“idolâtrie”, toute vénération de ce qui est vain, est de la “débauche” spirituelle,


puisqu’elle implique une relation intime se traduisant par une communion d’esprit avec des
entités ténébreuses.
• 1 Cor. 6:16-19 “(16) Ne savez-vous pas que celui qui s’attache à la prostituée est un seul corps avec
elle (c’est vrai aussi avec la Grande prostituée d’Ap . 17:1) ? Car, est-il dit, les deux deviendront une
seule chair. (17) Mais celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul Esprit. (18) Fuyez l’impudicité.
Quelque autre péché qu’un homme commette, ce péché est hors du corps ; mais celui qui se livre à
l’impudicité pèche contre son propre corps. (19) Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-
Esprit qui est en vous, et que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-
mêmes ?”

La “débauche” condamnée ici englobe certes les grossières manifestations de la luxure, mais
surtout toutes les infidélités commises contre le Verbe de Dieu, contre les Ecritures. Plusieurs
des ennemis de Jésus “filtraient le moucheron”, et menaient des vies irréprochables selon la
morale commune.
• 1 Cor. 5:9-12 “(9) Je vous ai écrit dans ma lettre de ne pas fréquenter des débauchés, (10) non pas
d’une manière absolue avec les débauchés de ce monde, ou avec les cupides et les filous, ou avec les
idolâtres ; autrement, il vous faudrait sortir du monde. (10) Maintenant, ce que je vous ai écrit, c’est de
ne pas avoir des relations avec quelqu’un qui, se nommant frère, est débauché, ou cupide, ou idolâtre,
ou calomniateur, ou ivrogne, ou filou, de ne pas même manger avec un tel homme. (11) Qu’ai-je, en effet,
à juger ceux du dehors ? N’est-ce pas ceux du dedans que vous avez à juger ? (12) Pour ceux du dehors,
Dieu les juge. Otez le méchant du milieu de vous.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -166-
________________________________________________

• 2 Cor. 6:14-16 “(14) Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-
t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou qu’y a-t-il de commun entre la Lumière et les ténèbres ? (15) Quel
accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? Ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle ? (16) Quel rapport y a-t-
il entre le Temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le Temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit
(Ex. 29:45; Lév. 26:12) : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon
peuple. (17) C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur ; ne touchez pas à ce
qui est impur, et je vous accueillerai. (18) Je serai pour vous un Père, et vous serez pour moi des fils et
des filles, dit le Seigneur Tout-puissant.”
• 2 P. 2:1-3 “(1) Il y a eu parmi vous de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs,
qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le Maître qui les a rachetés, attireront sur eux une
ruine soudaine. (2) Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions, et la voie de la Vérité sera calomniée
à cause d’eux. (3) Par cupidité, ils trafiqueront de vous au moyen de paroles trompeuses, eux que menace
depuis longtemps la condamnation, et dont la ruine ne sommeille point.”
• 2 P. 2:9-10 “(9) Le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux, et réserver les injustes pour
être punis au jour du jugement, (10) ceux surtout qui vont après la chair dans un désir d’impureté et qui
méprisent la Souveraineté.”
• 2 P. 2:13-15 “(13) Ils périront par leur propre corruption, recevant ainsi le salaire de leur iniquité. Ils
trouvent leurs délices à se livrer au plaisir en plein jour ; hommes tarés et souillés, ils se délectent de leurs
tromperies, en faisant bonne chère avec vous. (14) Ils ont les yeux pleins d’adultère et insatiables de
péché ; ils amorcent les âmes mal affermies ; ils ont le cœur exercé à la cupidité ; ce sont des enfants de
malédiction. (15) Après avoir quitté le droit chemin, (les injustes) se sont égarés en suivant la voie de
Balaam, fils de Bosor, qui aima le salaire de l’iniquité.”

2:15. De même, toi aussi, tu as des gens attachés pareillement à la doctrine des Nicolaïtes.
a) Les comparatifs “de même” et “toi aussi” soulignent l’identité de souillure entre certaines
“gens” de l’Eglise chrétienne et certains Hébreux du temps de Moïse, mais aussi la similitude
du piège dénoncé tant à Ephèse (Ap. 2:6) qu’à Pergame, le piège de la “doctrine” (de
l’enseignement) des “Nicolaïtes” (gr. : “Niko-laos” = “dominateur d’un peuple”).

Par son insistance, l’Esprit de Christ souligne combien le nicolaïsme est mortel pour
l’Eglise, et vomi par Dieu.
Et cependant cet enseignement qui usurpe la souveraineté de Christ dans le Corps, a perduré
jusqu’à nos jours dans toutes les dénominations.

Le “nicolaïsme” est une idolâtrie de l’ego nichée chez des responsables religieux.

b) Les extraits suivants du témoignage de Frank Bartleman (1871-1935), l’un des principaux
artisans du réveil mondial initié en Californie à Azusa Street (1906), illustrent comment se
referme ce piège terrible du nicolaïsme [D’après “Azusa Street - 1906; une autre vague déferle”, tiré du
journal de Frank Bartleman ; Ed. “Ministères Multilingues”, 174 pages] :
“Rien n’arrête plus la foi et l’action du Saint-Esprit que l’affirmation de soi, la sagesse, la force et
l’autosuffisance de l’âme humaine. Tout cela doit être crucifié, et c’est là que commencent les combats.
Nous devons devenir profondément défaits, insuffisants et désespérés dans notre propre conscience de soi,
authentiquement humbles, avant que nous puissions recevoir la plénitude du Saint-Esprit. Nous voulons
le Saint-Esprit, mais le fait est que c’est lui qui veut prendre possession de nous” (p.78-79).

“Nous étions tous des frères. Tous étaient libres d’obéir à Dieu. Dieu pouvait parler à travers qui il
désirait. ... Nous ne respections les gens que pour leurs dons et postes remis de la part de Dieu. Comme le
mouvement commençait à décroître, on commença à construire des plates-formes plus hautes, porter des
vestons plus sophistiqués, avoir des chorales organisées et des orchestres à cordes virent le jour pour mettre
de l’entrain parmi les gens. Les rois revinrent s’installer à leurs trônes, redevenus souverains. Nous
n’étions plus désormais des frères. Puis les divisions se multiplièrent” (p.98-99).

“Dès que nous voyons les hommes chercher à prendre le contrôle, encercler ou posséder cette œuvre
de Dieu, soit pour leur propre gloire ou pour celle d’un organisme, nous constatons que l’Esprit refuse
d’agir. La gloire se retire” (p.101).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -167-
________________________________________________

“L’œuvre avait reculé considérablement. Les saints étaient divisés. L’Esprit était lié lui aussi. ... Les
saints de Alley Mission avaient grandement souffert de la tyrannie d’un dirigeant qui n’avait pas reçu lui-
même le ‘baptême. Je les aidai à prier jusqu’à ce qu’il quitte la mission et en fussent délivrés. Il s’était
imposé sur l’œuvre. Il était comme un chien avec un os” (p.117).

“(Dans une autre mission) la puissance avait été dissipée. Il y avait beaucoup de manifestations creuses :
la majeure partie n’était que mousse et écume. ... L’esprit de prière était pratiquement absent. Par
conséquent, la chair et le fanatisme s’étaient introduits. La prière consume la chair orgueilleuse qui doit
être crucifiée” (p.117).
“Un soir, à la mission Azusa, l’esprit de prière vint sur moi tel un vent violent et impétueux. La puissance
se répandit dans tout l’édifice. J’avais eu un fardeau à cause de la mort qui s’installait là graduellement.
Les dirigeants remplaçants ... ne savaient plus quoi faire ... ils n’étaient pas parmi nous dans les débuts.
Seymour était hors de la ville. ... D’autres se joignirent à moi pour prier ... et le feu explosa dans la réunion.
Les responsables du moment n’étaient pas spirituels. D’autres chefs étaient nés, et ‘ne connaissaient pas
Josué’. Ils ne comprenaient pas. Dieu tentait de revenir. Ils semblaient avoir peur que quelqu’un vienne
voler la mission. L’Esprit ne pouvait pas agir. En plus, ils étaient maintenant organisés, or je ne m’étais
pas joint à leur organisation. ... La ‘Pentecôte’ avait enlevé cela de nos vies ! Pourquoi y retourner ? ...
Notre grande bataille se déroulait depuis le début contre les fanatiques religieux charnels qui prétendaient
venir de la part de Dieu” (p.117-118).

“Le peuple de Dieu est enfermé dans des cages dénominationnelles. L’erreur mène toujours vers une
exclusion militante. La vérité, pour sa part, s’abaisse à laver les pieds des saints” (p. 133).

“A partir du moment où nous voulons avoir la foule et que nous nous réjouissons de voir les foules
attirées par nos présentations que nous considérons être la vérité, et que ce désir est supérieur à celui de
voir une nouvelle nature transformer la vie des individus ..., nous commençons alors à marcher sur le
même sentier de l’apostasie qui a conduit Rome et ses filles” (p.49).

“Mes œuvres passées devinrent totalement inexistantes pour moi, et ce fut un grand soulagement. Je
repartis à zéro avec Dieu, comme si je n’avais jamais rien accompli auparavant. Je me tenais devant lui
les mains vides. ... Dieu ne voulait pas que je me repose sur ce que j’avais fait. Et à l’avenir, je devrai
oublier tout ce que je ferai pour Dieu, au fur et à mesure que j’agirai” (p.86-87).

“Dans les livres de chants d’aujourd’hui, il n’y a pas vraiment en eux un esprit d’adoration. Ils font
bouger les orteils des gens, mais non leur cœur. L’Esprit de chant donné par Dieu au début était semblable
à une harpe éolienne, douce et spontanée. C’était en fait le souffle même de Dieu, jouant sur les cordes des
cœurs humains ou sur les cordes vocales. Les notes étaient merveilleuses par leur douceur, leur volume et
leur durée. La plupart du temps elles étaient humainement impossibles” (p.56-57).

“Malheur à celui qui veut se placer sur le chemin du Saint-Esprit en désirant dominer et contrôler.
L’Esprit ne tolère aucune interférence de cette sorte. Les instruments humains sont dépassés. ... Les dons
de l’Esprit sont répandus, l’armure de l’Eglise est restaurée. ... Les démons sont chassés, les malades guéris,
plusieurs sont sauvés, restaurés et baptisés dans la puissance du Saint-Esprit. ... Rien ne peut demeurer
caché devant le regard de Dieu. ... Plusieurs s’écroulent à terre sous la puissance de l’Esprit, et c’est la
principale raison pour tant de résistance de la part de ceux qui refusent d’obéir.” (p.65-67).

“L’Esprit ne permet que très peu d’interférence humaine lors des réunions. Généralement, les erreurs
passent comme inaperçues ou encore l’Esprit les enlève lui-même du chemin. Certaines choses que nous
croirions nécessaires de corriger en temps normal, passent inaperçues et même les pires absurdités sont
aussi détournées. Ceux qui désirent attirer l’attention sur eux-mêmes amènent un esprit de peur sur les
saints et ils cessent alors de chercher Dieu. Cela empêche aussi le travail de l’Esprit. C’est alors qu’il les
enlève de son chemin ... Nous essayons aussi de faire en sorte que le pouvoir de Satan ne soit pas exalté.
Par conséquent, nous prêchons un Christ magnifié, et Dieu utilise même des bébés” (p.76).

Ces expériences et ces enseignements ont été combattus puis oubliés en quelques mois !

c) L’Eglise d’Ephèse était confrontée elle aussi à la souillure nicolaïte, mais elle la détestait,
et l’Esprit a apprécié cela (Ap. 2:6), alors que l’Eglise de Pergame la tolère. C’est une souillure
de ne pas détester ce que Dieu déteste.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -168-
________________________________________________

• Ez. 23:2-12 “(2) Fils de l'homme, il y avait deux femmes, filles d'une même mère. (3) Elles se sont
prostituées en Égypte, elles se sont prostituées dans leur jeunesse ; là, leurs mamelles ont été pressées, là
leur sein virginal a été touché. (4) L'aînée s'appelait Ohola (= “elle a sa Tente”), et sa soeur Oholiba (=
“ma Tente en elle”) ; elles étaient à moi, et elles ont enfanté des fils et des filles. Ohola, c'est Samarie ;
Oholiba, c'est Jérusalem. (5) Ohola me fut infidèle ; elle s'enflamma pour ses amants, les Assyriens ses
voisins, (6) vêtus d'étoffes teintes en bleu (la fausse prophétie), gouverneurs et chefs (le goût du pouvoir),
tous jeunes et charmants, cavaliers montés sur des chevaux (les puissances mondaines). (7) Elle s'est
prostituée à eux, à toute l'élite des enfants de l'Assyrie ; elle s'est souillée avec tous ceux pour lesquels elle
s'était enflammée, elle s'est souillée avec toutes leurs idoles. - … - (9) C'est pourquoi je l'ai livrée entre
les mains de ses amants (abandonnée à ses passions), entre les mains des enfants de l'Assyrie, pour
lesquels elle s'était enflammée. (10) Ils ont découvert sa nudité, ils ont pris ses fils et ses filles, ils l'ont
fait périr elle-même avec l'épée ; elle a été en renom parmi les femmes, après les jugements exercés sur
elle. (11) Sa sœur Oholiba vit cela, et fut plus déréglée qu'elle dans sa passion ; ses prostitutions
dépassèrent celles de sa sœur. (12) Elle s'enflamma pour les enfants de l'Assyrie, gouverneurs et chefs,
ses voisins, vêtus magnifiquement, cavaliers montés sur des chevaux, tous jeunes et charmants.”
• Os. 2:6-7 “(6) … Ce sont des fils de prostitution. (7) Leur mère (la Jérusalem apostate) s’est prostituée,
celle qui les a portés s’est couverte de honte quand elle a dit : Je suivrai mes amants, qui me donnent mon
pain (un faux pain de vie) et mon eau (fausse pureté), ma laine (fausse richesse) et mon lin (fausse
sanctification), mon huile (fausse onction) et mes boissons (fausse exaltation).”
• Mt. 24:45 “Ne vous faites pas appeler Rabbi ; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères.”

d) A l’appui de l’interprétation chronologiste, il y a manifestement une progression du mal


depuis Ephèse, progression constatée au cours de l’histoire dans l’Eglise aussitôt après
chaque réveil.
Dans l’Eglise suivante de Thyatire (la 4e), les Nicolaïtes et les proies de Balaam deviendront les disciples
de Jézabel (Ap.2:20).

Cette décadence mortelle se traduit par la naissance d’une dénomination qui s’empresse
d’édicter un credo qui paralyse l’Esprit saint. L’Assemblée devient alors une coquille ornée
mais vide : son chandelier lui est ôté et elle dépérit sans s’en rendre compte, même si son
clocher grandit.
• Prov. 11:22 “Un anneau d'or au nez d'un pourceau, c'est une femme belle mais dépourvue de sens (la
fausse Epouse).”

Ce qui est vrai pour une assemblée, l’est aussi pour un individu.

e) A cause du poison du Nicolaïsme et de la séduction de Balaam, la religiosité remplace la


spiritualité, car l’Esprit de Dieu se retire.
Les rituels savants, le formalisme, les techniques psychologiques, essaient d’imiter la vie de
l’Esprit issue d’une véritable expérience de Pentecôte (les 500 boucliers d’or du temple de Salomon,
emportés par l’ennemi égyptien, ont été de même remplacés en grande pompe par des boucliers d’airain, 2 R.
9:15-16, 12:9-11). L’adoration se tourne vers un Christ imaginé illusoire, et non vers le Christ
révélé.
• 1 Cor. 12:3 “… Nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n’est par le Saint-Esprit.” (sinon ce n’est
qu’un catéchisme mort).
• Jn. 10:14 “Je connais mes brebis, et elles me connaissent.”
Seul le grain qui possède un germe de Vie véritable en lui, ressuscitera après avoir été mis en terre.

2:16a. Repens-toi donc ; …


a) C’est la recommandation solennelle de l’Esprit de miséricorde à cette Eglise de
Pergame, et donc aussi aux autres Eglises et à chaque chrétien, et pas seulement aux Nicolaïtes
déclarés comme tels (un Nicolaïte est tapi en chaque homme).
• Act. 20:26-27 “(26) C’est pourquoi je vous déclare aujourd’hui que je suis pur du sang de vous tous,
(27) car je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -169-
________________________________________________

b) Depuis la chute dans le Jardin d’Eden, la “repentance” ouvre toujours le chemin du cœur
de Dieu, et permet à nouveau à l’Esprit d’agir dans le peuple comme il agissait en Jésus-Christ.
La même exhortation incontournable avait été adressée à l’Eglise d’Ephèse (Ap. 2:5). Dieu sait que seule
une minorité sera sensible à cet appel angoissé de l’Esprit du Berger.

Pour un chrétien (nouveau ou ancien), se “repentir” (gr. : “metanoeo”), ce n’est pas suivre un
rituel porte-bonheur, mais c’est suivre un élan de l’âme qui reconnaît le bien-fondé des
normes absolues de Dieu, et qui désire sincèrement pouvoir mieux s’y conformer.
La “repentance” se traduit toujours par un élan de consécration, de don de soi plus prononcé
(et donc de mort plus assurée aux appels contraires venus du monde déchu).

c) A cause de sa complaisance envers lui-même et de sa cécité, l’homme naturel religieux


se contente souvent d’une “repentance” partielle, et donc d’une consécration limitée qui
supporte mal la comparaison avec celle des héros et des héroïnes de l’Eglise apostolique.
• Prov. 11:1 “La balance fausse est en horreur à l'Éternel, mais le poids juste lui est agréable.”

Le Feu de l’Esprit descend sur l’autel selon la mesure de la consécration qui s’y offre.
Jésus-Christ revient pour une Eglise qui se sera entièrement livrée à l’Esprit de Dieu par
amour (et pas seulement pour avoir des dons spectaculaires), et en qui Dieu trouvera plaisir à demeurer
en plénitude.

Cela conduit peut-être à marcher sur les traces d’Antipas (Ap. 2:13) !
La prophétie de Joël, rappelée par Pierre le jour de la Pentecôte, souligne qu’il ne peut y avoir d’effusion
de l’Esprit sans une repentance urgente et radicale, à laquelle la grâce de Dieu répond.

2:16b. … sinon, je viendrai à toi bientôt et je les combattrai avec l’épée de ma bouche.
a) A la recommandation succède la menace (l’ultime argument de la patience de Dieu) contre ceux
qui méprisent la miséricorde divine.
Le Fils de l’homme peut venir “bientôt” (gr. : “tachy” = rapidement, en hâte, promptement), c'est-
à-dire à tout moment dans la vie d’un individu ou d’une collectivité. Pour la plupart des Juifs
contemporains de Jésus, “bientôt” signifiait à partir de l’an 70.

b) Cette “épée” (gr. : “romphaia”) est la longue épée de combat dont chaque mouvement répond
à un décret de condamnation sortant de la “bouche” du Verbe-Juge.
• Es. 11:4-5 “(4) … Il frappera la terre de sa Parole comme d’un bâton, et du souffle de ses lèvres il fera
mourir le méchant. (5) La justice sera la ceinture de ses flancs, et la fidélité la ceinture de ses reins.”

Elle a déjà été mentionnée en Ap. 1:16 (lors de la vision du Christ au milieu des chandeliers ; cf. les
commentaires sur cette épée) et en
Ap. 2:12 (en introduction à cette Lettre).
C’est une épée de destruction, pour “combattre” (gr. : “polemeo” = faire la guerre), pour abattre
et non pour émonder.

c) Dans le contexte de cette Lettre, cette “épée” est aussi une allusion à l’épée menaçante
brandie devant Balaam sur son chemin d’iniquité, et qui finalement le détruisit (Nb. 31:8; Jos.
13:22) :
• Nb. 22:31-33 “(31) L’Eternel ouvrit les yeux de Balaam, et Balaam vit l’ange de l’Eternel qui se tenait
sur le chemin, son épée nue dans la main … (32) L’ange de l’Eternel lui dit : … voici, je suis sorti pour
te résister, car c’est un chemin de perdition qui est devant moi. (33) … je t’aurais même tué.”
• 2 P. 2:15-16 “(15) Après avoir quitté le droit chemin, (les injustes) se sont égarés en suivant la voie de
Balaam, fils de Bosor, qui aima le salaire de l’iniquité, (16) mais qui fut repris pour sa transgression :
une ânesse muette, faisant entendre une voix d’homme (cet animal impur était plus utile à Dieu que son
maître), arrêta la démence du prophète.” (cf. Nb. 22:22-31).

2:17a. Que celui (appel individuel) qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises :
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -170-
________________________________________________

a) Cette phrase conclusive proverbiale, utilisée par les prophètes de l’AT et par Jésus, a déjà
été utilisée dans les Lettres aux Eglises d’Ephèse (Ap. 2:7) et de Smyrne (Ap. 2:11 ; voir le
commentaire).
Elle sera aussi la conclusion des Lettres adressées à Thyatire (Ap. 2:29), à Sardes (Ap. 3:6), à
Philadelphie (Ap. 3:13), et à Laodicée (Ap. 3:22).
“Entendre”, c’est croire et mettre en pratique.

b) C’est “l’Esprit” de Christ qui parle par l’intermédiaire de Jean et des anges-messagers.
Dans chacune des 7 Lettres, il s’adresse “aux Eglises”, et donc à chaque croyant de tous les
âges.
• Jn. 10:26-27 “Mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. (27) Mes brebis
entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent.”
• Ap. 20:16 “Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans LES Églises ...”

c) Ce serait prendre un risque que de ne pas sonder chacun des 7 messages envoyés aux 7
Eglises ! Les réactions de chacun à l’écoute de ces messages sont observées par “l’Agneau
qui a les 7 yeux qui sont les 7 Esprits de Dieu envoyés par toute la terre” (Ap. 5:6).
• Ez. 3:11,27 “(11) Va vers les captifs, vers les enfants de ton peuple ; tu leur parleras, et qu’ils écoutent
ou qu’ils n’écoutent pas, tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel - … - (27) Quand je te parlerai,
j’ouvrirai la bouche, pour que tu leur dises : Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel. Que celui qui voudra
écouter écoute, et que celui qui ne voudra pas n’écoute pas, car c’est une famille de rebelles.”
• Ez. 3:17 “Fils de l’homme (un porteur de la Parole est un homme à l’image de Dieu, Gen. 1:26), je
t’établis comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu écouteras la parole qui sortira de ma bouche, et tu
les avertiras de ma part.”

2:17b. A celui qui vaincra, je lui donnerai de la manne cachée (gr. : “krypto”), …
a) Débute ici la promesse aux vainqueurs. Sur les promesses aux vainqueurs d’Ephèse et de
Smyrne, voir Ap. 2:7 et Ap. 2:10-11.
Ephèse devait vaincre la perte de la ferveur première. Smyrne devait vaincre l’oppression des
Nicolaïtes. Pergame doit vaincre la séduction mondaine.
Ces victoires sont en fait une seule et même victoire, et sont indissociables.
• Dan. 11:32 “(Le dévastateur) séduira par des flatteries les traîtres de l’Alliance. Mais ceux du peuple
qui connaîtront leur Dieu agiront avec fermeté, et les plus sages parmi eux donneront instruction à la
multitude.”

b) La “manne cachée” fait allusion à l’épisode de l’Exode durant lequel le peuple élu a été
nourri par une substance “céleste” tombant régulièrement du ciel pendant 40 ans.
• Ex. 16:13-14, 31-35 “(13) Le soir, il survint des cailles qui couvrirent le camp ; et, au matin, il y eut
une couche de rosée autour du camp. (14) Quand cette rosée fut dissipée, il y avait à la surface du désert
quelque chose de menu comme des grains, quelque chose de menu comme la gelée blanche sur la terre.
- … - (31) La maison d'Israël donna à cette nourriture le nom de manne. Elle ressemblait à de la graine
de coriandre ; elle était blanche, et avait le goût d'un gâteau au miel. (32) Moïse dit : Voici ce que
l'Éternel a ordonné : Qu'un omer (2 litres) rempli de manne soit conservé pour vos descendants, afin qu'ils
voient le pain que je vous ai fait manger dans le désert, après vous avoir fait sortir du pays d'Égypte. (33)
Et Moïse dit à Aaron : Prends un vase, mets-y de la manne plein un omer, et dépose-le devant l'Éternel,
afin qu'il soit conservé pour vos descendants. (34) Suivant l'ordre donné par l'Éternel à Moïse, Aaron le
déposa devant le témoignage, afin qu'il fût conservé (Jésus-Christ est le vase d’or porteur des paroles
incorruptibles de la Rédemption). (35) Les enfants d'Israël mangèrent la manne pendant quarante ans,
jusqu'à leur arrivée dans un pays habité ; ils mangèrent la manne jusqu'à leur arrivée aux frontières du
pays de Canaan.”

La “manne” (héb. : “man-hou” =“Qu’est-ce que cela ?”, cf. Ex. 16:15), une nourriture céleste et
pure, est une préfiguration des paroles révélées exposant peu à peu la Pensée insondable
de Dieu à ceux qui l’interrogent. Ces paroles sont donc indispensables à la vie et à la croissance
spirituelle.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -171-
________________________________________________

• Ps. 78:25 “Ils mangèrent tous le pain des grands (c’est-à-dire des anges, selon les Targums juifs),
(l’Eternel) leur envoya de la nourriture à satiété.”
• Jn. 4:32,35 “(32) J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. - … - (35) Ma nourriture
est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre.”
• Job 23:12 “J’ai fait plier ma volonté aux paroles de sa bouche.”

c) La “manne cachée” est celle qui est dans le Lieu très saint, dans l’arche, à l’abri de toute
corruption terrestre, dynamisée en permanence par l’énergie de la Vie divine.
Les dogmes, même justes, qui figent la pensée, sont une manne qui a été conservée plus
d’une journée, en contravention avec le commandement divin.
Pour avoir accès à la “manne cachée”, il faut être admis dans le Lieu très saint. Cet accès est
l’une des preuves du baptême dans l’Esprit : les Ecritures sont alors sans cesse rendues
nouvelles dans l’âme qui y puise son renouvellement et sa croissance. Elle est “cachée” aux
Nicolaïtes, et Balaam la remplace par les viandes et le sang offerts par les Moabites.
• Ps. 16:4 “On multiplie les idoles, on court après les dieux étrangers : Je ne répands pas leurs libations
de sang, je ne mets pas leurs noms sur mes lèvres.”
• Ps. 106:28 “Ils s’attachèrent à Baal-Peor, et mangèrent des victimes sacrifiées aux morts.”

Le Corps de Christ est un Temple pur, issu, nourri et constitué de cette “manne” du Ciel (Mt.
16:18).

d) Cette “manne” étant la révélation de la Vie, de l’Onction de Christ lui-même, elle sera
pleinement manifestée dans les vainqueurs, lors de l’avènement en gloire du Christ.
• 1 Jn. 3:2 “Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore
été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce
que nous le verrons tel qu’il est.”
-Le jour de l’expérience de la Chambre haute, les élus juifs ont reçu cette manne cachée, l’Esprit divin,
qui est le Blé de la Terre promise pour une vraie Pâque.
-Au jour du retour de Christ, les arrhes de l’Esprit seront remplacées par la plénitude du Blé céleste.
• Rom. 1:23 “Nous avons les prémices de l’Esprit.”
• 2 Cor. 1:22 “Dieu nous a aussi marqués d’un sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l’Esprit.”
• 2 Cor. 5:5 “Dieu nous a donné les arrhes de l’Esprit.”
• Jos. 5:10-12 “(10) Les enfants d'Israël campèrent à Guilgal ; et ils célébrèrent la Pâque le quatorzième
jour du mois, sur le soir, dans les plaines de Jéricho. (11) Ils mangèrent du blé du pays le lendemain de
la Pâque, des pains sans levain et du grain rôti ; ils en mangèrent ce même jour. (12) La manne (cf. les
arrhes de l’Esprit) cessa le lendemain de la Pâque, quand ils mangèrent du blé (la vraie manne) du pays
; les enfants d'Israël n'eurent plus de manne, et ils mangèrent des produits du pays de Canaan cette année-
là.”

Celui qui mange la “manne cachée” est lui-même caché aux yeux des incrédules, car il n’a
pas encore été manifesté. La manne était incorruptible (car issue de Dieu), et celui qui la mange
participe à l’Incorruptibilité (pour un enfant de Dieu, la Bible semble toujours nouvelle) :
• Es. 25:6 “L’Eternel des armées prépare à tous les peuples, sur cette Montagne, un festin de mets
succulents, un festin de vins vieux, de mets succulents, pleins de moelle, de vins vieux, clarifiés.”

e) Ce qui faisait la valeur de la “manne”, comme celle du gâteau apporté par un ange au
prophète Elie (1 R. 19:6-8), c’est qu’elle était imprégnée de Nature divine (c’est pourquoi elle a
été appelée une nourriture d’anges, de messagers, Ps. 78:25). Est messager de Dieu celui ou celle qui
est porteur de cette “manne” issue de Dieu.

La “manne cachée” (qui a goût du miel couleur d’or, Ex. 16:32) est une autre appellation de
l’Onction du Saint-Esprit conduisant l’enfant de Dieu dans l’océan insondable des Ecritures.
La digérer, c’est progresser dans l’union organique avec Jésus-Christ et avec son Corps.
Pour empêcher ce Mariage qui signera sa défaite, l’ennemi envoie Moab pour essayer de souiller la
Fiancée.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -172-
________________________________________________

La “manne cachée” est au centre du repas de la Cène.


• Jn. 6:32-33 “(32) … Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vrai Pain
du ciel ; (33) car le Pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la Vie au monde.”
• Jn. 6:35 “… Je suis le Pain de Vie (il est fait avec la Farine de la Nature divine). Celui qui croit en moi
n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif.”
• Jn. 6:49-51 “(49) Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. (50) C’est ici le Pain
qui descend du Ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. (51) Je suis le Pain vivant qui est
descendu du Ciel. Si quelqu’un mange de ce Pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est
ma chair (le Vase et la Manne qu’il contient), que je donnerai pour la Vie du monde.”
• Jn. 6:53-54 “(53) … Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son Sang, vous
n’avez point la Vie en vous-mêmes. (54) Celui qui mange ma chair (la sainteté du Corps) et qui boit mon
Sang (la Vie de l’Esprit) a la Vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour.”
• 2 P. 1:4 “Vous devenez participants de la nature divine.”

f) Cette “manne” est “cachée” aux yeux du monde, car elle est une Vie qui échappe à la
compréhension humaine naturelle. Elle n’est ni pour les Egyptiens, ni pour Balaam.
L’Israël déchu la consomme, mais son âme ne la digère pas.
La récolte est une affaire individuelle et répond aux divers appétits.
Mais elle ne tombe que sur des cœurs purifiés, sur la rosée de la nuit, et non sur une terre
encore maudite (Nb. 11:9). Le “ramassis” des faux croyants au milieu de l’Assemblée la
méprise de fait (Nb. 11:4-6). Pour la consommer, il faut la broyer longuement et la cuire, et non
pas l’avaler distraitement (Nb. 11:8).
• Es. 45:15 “Tu es un Dieu qui te caches, Dieu d’Israël, Sauveur !”
• 1 Chr. 16 :11 “Ayez recours à l’Eternel et à son appui, cherchez continuellement sa face !”
• 1 Chr. 28:9 “Et toi, Salomon, mon fils, connais le Dieu de ton père, et sers-le d’un cœur dévoué et d’une
âme bien disposée, car l’Eternel sonde tous les cœurs et pénètre tous les desseins et toutes les pensées. Si
tu le cherches, il se laissera trouver par toi ; mais si tu l’abandonnes, il te rejettera pour toujours.”
• 2 Chr. 15:2 “L’Eternel est avec vous quand vous êtes avec lui ; si vous le cherchez, vous le trouverez ;
mais si vous l’abandonnez, il vous abandonnera.”
• Act. 17:27 “Dieu a voulu que les hommes cherchent le Seigneur, et qu’ils s’efforcent de le trouver en
tâtonnant.”
• 1 Cor. 2:9-12 “(9) Ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui
ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. (10)
Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. (11) Lequel
des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De
même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu. (12) Or nous, nous n’avons
pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que
Dieu nous a données par sa grâce.” (cf. aussi Eph. 1:17-18).

En fait, seule la “manne cachée” dans le Lieu très saint, est une vraie image des paroles qui
sont Esprit et Vie. Le Lieu très saint céleste garde en mémoire les paroles originelles des
prophètes et leur Vie, et tout faussaire sera donc confondu.

2:17c. … et je lui donnerai un caillou blanc ; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau,

a) Ce “caillou” n’est pas une pierre quelconque, mais une pierre polie (gr. : “psephos” = galet
poli, et non pas : “lithos”).
• Ce ne peut pas être une allusion directe au caillou blanc utilisé en Grèce lors des votes (en opposition
au caillou noir), car le sens de “suffrage” ne se retrouve qu’en Act. 26:10 (“J’ai apporté mon suffrage
quand on les mettait à mort”), et le mot “psephos” n’est utilisé nulle part ailleurs. D’ailleurs, le sens
premier de l’Apocalypse ne doit pas être tiré d’une coutume étrangère à la Bible.
• Pour la même raison, ce n’est pas non plus une allusion à la pierre blanche donnée au vainqueur des
compétitions sportives, ni une allusion à la pierre blanche donnée aux invités d’un festin païen à
l’intérieur d’un temple, pierre qui portait le nom secret de l’idole (connaître le nom de l’idole, c’était
posséder un pouvoir auprès de cette idole).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -173-
________________________________________________

b) Selon nous, c’est une allusion aux deux pierres d’onyx sur les épaulettes de l’éphod,
gravées des 12 noms des 12 tribus, et aussi une allusion à l’une des 12 pierres du pectoral.
Mais comment concilier la couleur à dominante noire de l’onyx, avec la couleur “blanche”
du “caillou” donné ici au vainqueur ?
• Le nom hébreu “shoham” a été traduit par le grec “onyx” déjà au temps de la Septante, et le mot grec
désignait la couleur blanche de la racine d’un ongle, ce qui n’a rien à voir avec la couleur à dominante
noire veinée de blanc de l’onyx moderne (une variété d’agate) !
• En fait, nul ne sait quelle pierre est précisément désignée par l’hébreu “shoham”, mais la Concordance
Strong fait remarquer que le terme hébreu “vient probablement d'une racine du sens de blanchir, pâlir”,
d’où notre interprétation du symbole.
Sur le pectoral, l’“onyx” de l’AT (héb. : “shoham”) désigne la 11e pierre du pectoral d’Aaron,
celle qui représentait la tribu de Joseph (un patriarche de l’AT présentant de nombreux traits faisant de
lui une préfiguration du Messie) ! Or c’est à la descendance de Joseph, fils de Rachel, l’épouse
aimée de Jacob, qu’appartient le droit d’aînesse (1 Chr. 5:1).
Recevoir le “caillou blanc” c’est être fait cohéritier de Christ, le Premier-Né.
• Rom. 8:17 “Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers
de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d'être glorifiés avec lui.”

Recevoir la “pierre d’onyx”, c’est donc à la fois être soutenu par Jésus-Christ et être invité à
participer à sa gloire.

c) Les deux pierres sur les épaulettes soutenaient en quelque sorte les 12 pierres différentes
mais unies (chaque pierre représentant une tribu), serties sur le pectoral du Souverain Sacrificateur
(Ex. 28:9-21 ; 39:10-14 ; elles irradiaient la Lumière venue de l’urim et thummim).
• Ex. 28:9 “Tu prendras les deux pierres d’onyx (héb. : “shoham”) et tu y graveras les noms des fils
d’Israël, - six de leurs noms sur une pierre, et les noms des six autres sur la seconde pierre, d’après l’ordre
des naissances.”
• Ex. 39:14 “Il y en avait douze (pierres enchâssées dans des montures d’or), d’après les noms des fils
d’Israël ; elles étaient gravées comme des cachets, chacune avec le nom de l’une des douze tribus.”

Recevoir, déjà de son vivant, ce “caillou” qui l’identifie au peuple de l’élection, donne au
chrétien l’assurance d’être sur les épaules et près du cœur de Jésus-Christ, et donc de pouvoir
entrer avec lui dans le Lieu très saint, et d’avoir accès à l’Arbre de Vie avec l’accord
bienveillant des chérubins (ils ont la grande épée de l’Esprit de sainteté).

d) Un point commun relie la manne cachée et le caillou gravé : ces deux éléments sont en
relation avec l’accès et l’appartenance au Lieu très saint, un lieu irrigué par la Vie de
Jésus-Christ (cf. la Nuée au-dessus du propitiatoire).
• Es. 28:16 “Voici, j’ai mis pour fondement en Sion une pierre (Jésus-Christ), une pierre éprouvée, une
pierre angulaire de prix, solidement posée ; celui qui la prendra pour appui n’aura pas hâte de fuir.”

La “manne cachée” et le “caillou blanc gravé”, réservés aux vainqueurs de Pergame, sont
des privilèges de la sacrificature.
• 1 P. 2:9 “Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, …”.

Rappelons que Phinées a obtenu la sacrificature pour son zèle manifesté précisément à
Baal-Peor contre l’impureté (idolâtrie et fornication) introduite par l’intervention de Balaam (Nb.
25:1-15) !
• Nb. 25:11-13 “(11) (Phinées) a été animé de mon zèle au milieu d’eux … (12) C’est pourquoi tu diras
que je traite avec lui une Alliance de paix. (13) Ce sera pour lui et sa postérité après lui l’Alliance d’un
sacerdoce perpétuel, parce qu’il a été zélé pour son Dieu, et qu’il a fait l’expiation pour les enfants
d’Israël.”

e) La manne était blanche (mais elle avait goût du miel doré), et le caillou lui aussi est pareillement
“blanc” (gr. : “leukos” = blanc éclatant, brillant comme la neige cristallisée).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -174-
________________________________________________

C’est le même blanc lumineux que celui des cheveux du Fils de l’homme (Ap. 1:14), ou que
celui des vêtements des élus (Ap. 3:4,5,18 ; 7:9,13), des 24 Anciens (Ap.4:4), des saints sous l’autel
(Ap. 6:11), de la Nuée sur laquelle est assis le Fils de l’homme (Ap. 14:14), du Cheval du Véritable
(Ap. 19:11), des chevaux qui le suivent (Ap. 19:14).
• Toutefois, les sépulcres peints par les religieux hypocrites (Mt. 23:27), et le cheval de jugement du
premier Sceau (Ap. 6:2) sont eux aussi du même blanc !
• Ce blanc désigne la couleur des cheveux d’un vieillard (Mt. 5:36), ou de la future moisson (Jn. 4:35), ou
celui des vêtements de Jésus lors de sa transfiguration (Mt. 17:2), ou des deux anges dans la tombe vide
(Jn. 20:12), ou des deux hommes apparus lors de l’Ascension de Jésus (Act. 1:10).
Cette promesse est faite à des enfants de Dieu nés de nouveau, mais encore imparfaits (Phil.
3:12), et cependant Dieu les voit déjà dans leur perfection éternelle.

f) Ici, le “nom gravé” est “nouveau” (gr. : “kainos” = qui diffère d’un état préexistant ; et non pas
“neos” = nouvellement existant comme par exemple le “vin nouveau” de Mt. 9:17) : c’est l’image d’une
âme renouvelée, métamorphosée (mais non remplacée par une autre).
L’octroi de ce “nom nouveau” répond à une promesse de l’AT :
• Es. 62:2 “Alors les nations verront ton salut (le salut de Sion), et tous les rois ta gloire ; et l’on
t’appellera d’un nom nouveau, que la bouche de l’Eternel déterminera.”
• Es. 65:15 “(Vous qui abandonnez l’Eternel), vous laisserez votre nom en imprécation à mes élus ; le
Seigneur, l’Eternel vous fera mourir, et il donnera à ses serviteurs un autre nom.”

Ce qui importe ici, c’est que la pierre porte un texte “écrit” (gr. : “grapho” = écrit, gravé avec un
stylet), gravé, et donc ineffaçable, et elle symbolise donc un “sceau” éternel. Un tel sceau est
vivant et le mot gravé est vivant : ce sont des dynamiques de l’Esprit divin.
C’est un sceau gravé dans l’âme témoignant d’une sainteté, d’une mise à part, d’une absence
de souillure idolâtre, d’une filiation. C’est un sceau d’approbation divine, un signe
d’appartenance au Corps de Christ, à la Montagne vivante de Sion, au Rocher de la révélation
reçue et acceptée de l’identité de Jésus-Christ (Mt. 16:17-18). C’est un signe d’élection, un signe
de protection, un signe de citoyenneté dans la Cité où Dieu a sa demeure. Un tel nom ainsi
gravé par Dieu respire dès qu’il est gravé.
L’Eglise de Pergame est l’Eglise du mélange, des compromis. S’y côtoient ceux qui portent de leur vivant
le Sceau de Dieu, et ceux qui portent le sceau de la “Bête qui monte de la terre”. La détention de l’un ou
de l’autre de ces sceaux est une marque distinctive.

Pour les élus, la substance qui les distingue des faux croyants, c’est le Saint-Esprit.
Ce “caillou blanc” est donc la nature glorieuse de Dieu, la nature de la Nouvelle Jérusalem,
et le nom “nouveau” gravé est inséparable du Nom de Jésus-Christ.
• Agg. 2:23 “En ce jour-là, dit l’Eternel des armées, je te prendrai, Zorobabel (= ‘rejeton de Babylone’),
fils de Schealthiel (= “j’ai demandé à Dieu”), mon serviteur, dit l’Eternel, et je te garderai comme un
sceau ; car je t’ai choisi, dit l’Eternel des armées.”
• Dan. 2:35 “La pierre (qui s’est détachée de la montagne sans le secours d’aucune main, Dan. 2:45) qui
avait frappé la statue devint une grande montagne, et remplit toute la terre.”
• Ez. 40:2 “L’Eternel me transporta dans le pays d’Israël. Il m’y transporta, dans des visions divines, et
me déposa sur une Montagne très élevée, où se trouvait au midi comme une Ville construite.”
• Zac. 9:16 “L’Eternel, leur Dieu (celui des enfants de Sion), les sauvera en ce jour-là, comme le troupeau
de son peuple ; car ils sont les pierres d’un diadème (symbole d’Alliance), qui brilleront dans son pays.”
• Ap. 7:2-4 “(2) Et je vis un autre ange qui montait du côté du soleil levant, ayant le Sceau du Dieu Vivant
; et il cria d'une voix forte aux quatre anges à qui avait été donné le pouvoir de faire du mal à la terre et
à la mer, (3) disant : Ne faites point de mal à la terre ni à la mer ni aux arbres, jusqu'à ce que nous ayons
marqué du sceau les serviteurs de notre Dieu sur leurs fronts. (4) Et j'entendis le nombre de ceux qui
avaient été marqués du Sceau : Cent quarante-quatre mille marqués du Sceau, tirés de toute tribu des
fils d'Israël (leurs noms sont sur la pierre d’onyx).”
• Ap. 13:16-17 “(16) Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent
une marque à la main droite ou au front (le sceau de la Bête sur les actes et la pensée) ; (17) et que
personne ne puisse acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -175-
________________________________________________

• Ap. 20:4 “Et je vis des trônes, et à ceux qui s'y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes
de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la Parole de Dieu, et de
ceux qui n'avaient point adoré la Bête ni son image, et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front
et sur leur main (le Nicolaïsme est l’une des facettes de cette marque). Ils revinrent à la vie (lors de la
Naissance d’En-haut) et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans.”
• Ap. 22:3-4 “(3) Il n'y aura plus d'anathème. Le Trône de Dieu et de l'Agneau sera dans la Ville ; ses
serviteurs le serviront, et verront sa face, (4) et son Nom sera sur leurs fronts (cf. le diadème du souverain
sacrificateur gravé des mots : “sainteté à l’Eternel”).”

g) Ce “nom nouveau” est celui par lequel le Berger appelle et appellera ses brebis.
Ce nom est “nouveau”, car il résulte d’une révélation dans l’âme “née d’En-haut”.
• 2 Cor. 5:17 “Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ;
voici, toutes choses sont devenues nouvelles.”
• 1 Jn. 3:2 “Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore
été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce
que nous le verrons tel qu’il est.”

Dans l’Apocalypse, ce “nom nouveau” s’accorde avec la Vie de la Nouvelle Jérusalem,


avec le Nom nouveau du Christ (3:12 ; 21:2), avec le cantique nouveau chanté par les 24
anciens (5:9) et par les 144 000 élus (14:1-3), avec le ciel nouveau et la terre nouvelle (21:1).
Lors de l’avènement de la plénitude de la révélation, toutes choses seront finalement
nouvelles (21:5), car métamorphosées.
• Ap. 3:12 (lettre à l’Eglise de Philadelphie) “Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le Temple
de mon Dieu, et il n’en sortira plus ; j’écrirai sur lui le Nom de mon Dieu, et le Nom de la Ville de mon
Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du Ciel d’auprès de mon Dieu, et mon Nom nouveau.”
• Ap. 14:1 (4e Fresque) “Je regardai, et voici, l'Agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent
quarante-quatre mille personnes, qui avaient son Nom et le Nom de son Père écrits sur leurs fronts.”
• Ap. 22:3-4 (7e Fresque) “(3) … le Trône de Dieu et de l’Agneau sera dans la Ville ; ses serviteurs le
serviront et verront sa face, (4) et son Nom sera sur leur front.”

h) Abram, Saraï, Jacob, Saul de Tarse reçurent eux aussi un nom nouveau, après avoir été
au bénéfice d’une révélation plus profonde de Dieu (dans la Nouvelle Alliance, c’est la révélation que
Jésus-Christ est le Fils de Dieu). Une telle révélation est le principe actif, la dynamique de la
Nouvelle naissance, ou naissance d’En-haut.
La nouvelle terre ne sera pas une création, mais une nouvelle naissance de la terre où Jésus
a été crucifié, par l’effet d’une effusion cosmique, encore inconcevable, de l’Esprit de Dieu.

2:17d. … que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit.


a) Il en est ainsi car ce “nom nouveau” exprime une intimité personnelle et directe entre
un enfant de Dieu et l’Esprit de Christ. Ce n’est pas un secret tel que les affectionnaient les
adeptes des “mystères” païens.
• Ap. 19:12 (7e Fresque) “(Le Fidèle et Véritable) avait un Nom écrit, que personne ne connaît, si ce n’est
lui-même.”
- Seuls les élus savent où se trouve la manne cachée et en connaissent le goût ; eux seuls connaissent
aussi le Nom de Sion et y demeurent, eux seuls savent que toutes choses nouvelles sont dans le Nom
de Jésus-Christ.
- Chaque croyant a sa propre révélation expérimentale de Jésus-Christ, plus ou moins développée, et
ce Nom écrit a donc pour chacun un sens qui lui est propre et que lui seul connaît.

Il faut recevoir ce “Nom que personne ne connaît (gr. : “oida”)”, c’est-à-dire “recevoir” le
caillou blanc, pour avoir droit à la manne cachée. C’est le Fils de Dieu qui donne ce Nom, de
même que seul Adam était habilité à nommer les animaux (Gen. 2:19).
• Gen. 2:19 “L'Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et
il les fit venir vers l'homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom
que lui donnerait l'homme.”
• Jn. 3:27 “Un homme ne peut recevoir (même verbe) que ce qui lui a été donné du Ciel.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -176-
________________________________________________

b) Des éléments de symétrie peuvent être observés dans les 7 Lettres aux 7 Eglises où celle de
Thyatire (la 4e) occupe la position médiane. De tels éléments ont été relevés entre la 1ère et la 7e
Eglise (Ephèse et Laodicée), entre la 2e et la 6e (Smyrne et Philadelphie). Ils peuvent être de même
relevés ici entre la 3e (Pergame) et la 5e (Sardes) :
• Quant aux éloges : Pergame n’a pas renié Christ (2:13), et Sardes n’a pas souillé ses vêtements (3:4).
• Quant aux reproches : Pergame a été séduite (2:15), Sardes est faussement vivante (3:1).
• Quant aux recommandations : Pergame et Sardes doivent pareillement se repentir (2:16 : 3:3).
• Quant aux menaces : Il vient bientôt pour Pergame (2:16), et vient à l’improviste pour Sardes (3:3).
• Quant aux promesses : Pergame reçoit un nom nouveau gravé (2:17), et Sardes a un nom écrit qui ne
peut être effacé du Livre de Vie (3:5).
Ce n’est pas un hasard si un effet de symétrie comparable peut être observé dans les 8 miracles
relatés dans l’Evangile du même Jean (symétries 1/8, 2/7, 3/6, 4/5) (voir sur le même site les
“Etudes sur les Evangiles”, par exemple l’étude n°26 sur les Noces de Cana).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -177-
________________________________________________

D – Tableau 4. L’Eglise de Thyatire (Ap. 2:18 à 29)


L’adultère spirituel

FRESQUE 1 FRESQUE 2 FRESQUE 3 FRESQUE 4 FRESQUE 5 FRESQUE 6 FRESQUE 7


(l’Eglise (les Sceaux (les (une guerre (les Coupes) (jugements (scènes
exhortée) de jugement) Trompettes spirituelle ultimes de ultimes)
du jugement) cosmique) Babylone)
Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes
Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives
(le Juge (la Pensée (préparation (nature et (préparation (prostitution (victoire du
céleste de du Trône) des acteurs du des Coupes) de Babylone) Roi et des
l’Eglise) Trompettes) conflit) élus)
Septénaire 1 Septénaire 2 Septénaire 3 Septénaire 4 Septénaire 5 Septénaire 6 Septénaire 7
7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux
(7 Lettres aux (l’ouverture (sonnerie des (déroulement (7 Coupes (fin de (splendeurs
7 Eglises) des 7 Sceaux) 7 Trompettes) du conflit) déversées) Babylone) éternelles)
1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7

Le texte : Ap. 2:18-29


• L’adresse épistolaire accompagnant des Attributs de Christ en rapport avec l’état de l’Eglise
“(18) Et écris à l’ange de l’Eglise de Thyatire :
Voici ce que dit le Fils de Dieu, Celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont
semblables à de l’airain ardent.
• Des éloges
(19) Je connais tes œuvres, et ton amour, et ta foi, et ton service, et ta constance, et tes dernières œuvres
plus nombreuses que les premières.
• Des reproches
(20) Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, et elle
enseigne et séduit mes serviteurs, pour qu’ils se livrent à la débauche et qu’ils mangent des (viandes)
sacrifiées aux idoles.
(21) Et je lui ai donné du temps, afin qu’elle se repente, et elle ne veut pas se repentir de sa débauche.
• Une menace
(22) Voici, je la jette sur un lit, et dans une grande tribulation ceux qui commettent adultère avec elle, à
moins qu’ils ne se repentent de ses œuvres.
(23) Et je ferai mourir de mort ses enfants ; et toutes les Eglises connaîtront que je suis Celui qui sonde
les reins et les cœurs, et je vous rendrai à chacun selon vos œuvres.
• Des recommandations
(24) A vous, à tous les autres de Thyatire, qui ne reçoivent pas cette doctrine (= enseignement), et qui
n’ont pas connu les profondeurs de Satan, comme ils les appellent, je vous dis : Je ne mets pas sur vous
d’autre fardeau ;
(25) seulement, ce que vous avez, retenez-le jusqu’à ce que je vienne.
• Des promesses à celui qui vaincra
(26) Et à celui qui vaincra, et qui gardera jusqu’à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations.
(27) Et il les fera paître avec un bâton de fer, comme on brise les vases d’argile, ainsi que moi-même
j’en ai reçu le pouvoir de mon Père.
(28) Et je lui donnerai l’étoile du matin.
• Une exhortation leitmotiv
(29) Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises.

L’Eglise de Thyatire est la 4e des 7 Eglises, et elle occupe donc la position médiane du 1er
Septénaire : dans cette 4e Eglise culminent les apostasies de l’Eglise infidèle, mais culminent
aussi les vertus spirituelles de la minorité encore fidèle.
De même, dans le 2e Septénaires (celui des 7 Sceaux), c’est avec le cavalier au cheval blafard du 4 e
Sceau (le Sceau médian) que culmineront les jugements déversés par les cavaliers.
Cette 4e Lettre est la plus longue des 7 Lettres.

2:18a. Et écris à l’ange de l’Eglise de Thyatire : …


Sur l’ordre “d’écrire”, sur l’identité de l’“ange”, et sur l’expression “l’église qui est dans …”, voir les
commentaires sur Ap. 1:20 et 2:1.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -178-
________________________________________________

a) Comme les autres Lettres aux Eglises d’Asie, celle-ci (la 4e) s’adresse aux chrétiens de
tous les siècles (chaque Lettre demande à ceux qui ont des oreilles pour entendre, d’écouter ce que l’Esprit dit
“aux” Eglises), ce qui est à la base de l’interprétation dite “récapitulative” ou des
“parallélismes” (cf. le “Préambule, clefs de lecture”).
Il est toutefois accessoirement possible de distinguer, dans l’histoire du christianisme, une
succession de périodes plus particulièrement marquées par les caractéristiques de telle ou telle
Eglise (interprétation parfois qualifiée de “chronologiste”). C’est le cas pour cette Lettre.

Comme du temps des prophètes de l’AT, le message inspiré que l’ “ange” doit transmettre à
l’Eglise est à la fois une mise en garde sérieuse contre un danger intérieur, et un
encouragement pour le groupe fidèle.
Il est ordonné à l’ange-Esprit de s’adresser à l’assemblée de “Thyatire” (ou, plus littéralement, à
celle qui est “dans” Thyatire).
Les 7 Eglises sont dites situées “dans” 7 villes, non pour différencier l’Eglise de la Ville, mais au contraire pour
souligner qu’elles forment une communauté d’âmes dirigées et organisées par l’Esprit, indépendamment parfois des
structures conçues par les hommes. Ces villes ont vocation à devenir Jérusalem, mais portent en germe Babylone.

b) Selon certains, “Thyatire” signifierait : “encens broyé, sacrifice permanent, odeur


d’affliction”, ou, selon d’autres : “mou, relâché, flou”, ou encore : “bois de thuya”. Difficile
à défendre, la ville a souvent souffert des guerres. Elle était devenue une ville d’artisanat, en
particulier de fabrication de la pourpre (la garance, extraite d’un rhizome), de l’airain poli, etc.

Dans l’optique de la lecture chronologiste, qui met surtout l’accent sur l’Eglise dominante
(et donc inévitablement sur les églises romaines et orthodoxes), “l’âge” de l’Eglise de Thyatire, ou âge
de l’adultère spirituel à son comble, aurait commencé vers l’an 607, avec le court pontificat de
Boniface III (pape du 19 février au 11 novembre seulement, mais il eut le temps de se faire proclamer “évêque
universel”, héritant ainsi des fruits du travail effectué par les papes Léon 1er et Grégoire 1er), pour se terminer
vers l’an 1520 environ (c’est le 31 Octobre 1517 que Martin Luther cloua ses 95 thèses sur la porte de
l’église de Wittenberg, en Allemagne ; il fut condamné par Léon X en 1520).
• Face aux invasions germaniques du Ve siècle, l’Eglise romaine avait d’autant moins résisté en Europe
occidentale que les envahisseurs avaient adopté l’arianisme, et que les évêques romains étaient sur la
défensive face aux églises et à l’empire d’Orient.
• La conversion de Clovis (498) avait certes scellé à nouveau l’alliance de l’Eglise romaine et de l’Etat.
Mais, après la mort de Clovis (510), puis le partage de son royaume et les guerres qui s’ensuivirent, la
situation de l’église continentale était moralement désastreuse, et politiquement limitée aux villes. Ces
évêchés restaient néanmoins des points d’ancrage pour le pouvoir des papes, grâce à l’énergie de Grégoire
1er.
• La coopération entre Pépin le Bref (751-768), fils de Charles Martel, et le pape Etienne II, fit du roi
franc un personnage sacré, et du pape un souverain temporel. Charlemagne perpétua la tradition en
venant au secours du pape Léon III qui, en retour, le couronna empereur (800). Le pape se déclara du
même coup indépendant de l’empereur d’Orient établi à Constantinople.
• Par ailleurs, après deux siècles de controverses doctrinales, le schisme entre l’église d’Occident et l’église
d’Orient fut consommé en 1054, avec l’excommunication du patriarche de Constantinople par Léon IX
(1049-1054).
• Après le couronnement par Jean XII du roi allemand Othon le Grand comme empereur (962), l’église
romaine tomba sous la dépendance de l’empereur allemand. L’état spirituel et moral de l’église devint
catastrophique. La réforme morale et politique fut entamée par Hildebrand, moine de Cluny (à partir de
1049), puis par Grégoire VII (1073-1085). Un siècle plus tard, l’église apparaît comme une monarchie
dont le chef est le pape, et dont la Curie romaine est l’organe de gouvernement.
• Une lutte s’engagea alors pour le pouvoir universel entre les papes et les empereurs : Grégoire VII
contre Henri IV, l’empereur du St Empire (avec la pénitence de Canossa), Alexandre III contre Frédéric
Barberousse, Innocent IV contre Frédéric II (1245). L’apogée du pouvoir pontifical fut atteint sous
Innocent III (1198-1216) : les rois doivent leur couronne au pape.
• C’est aussi l’époque des Croisades (1095 à 1291), de la guerre contre les Albigeois (1209-1229), de
l’Inquisition médiévale conduite par les Dominicains (à partir de 1231), qui sera suivie de l’Inquisition
espagnole (en 1478), puis de l’Inquisition romaine (en 1542).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -179-
________________________________________________

• Cependant, Philippe le Bel, roi de France (1285-1314), humilie la papauté (Boniface VIII) en 1303, et
désormais les rois déclarent détenir leur pouvoir de Dieu et non du pape. La décadence morale de l’église
est réapparue, et elle traverse même un grave schisme avec deux lignées papales (1378 à 1418).
Les papes les plus représentatifs, Alexandre VI (1492-1503), Jules II (1503-1513), Léon X (1513-1522)
sont avant tout des princes italiens, préoccupés par la guerre, la politique et les arts (avec les figures de
Raphaël et de Michel Ange).

c) Parmi les principales figures chrétiennes positives (opposées au cléricalisme monarchique et


attachées aux Ecritures) de cette longue période, on peut citer par exemple Colomban (au début de
la période, 543-615), Pierre Valdo (1140-1206), Jan Hus (1370 ?-1415).

• Le moine irlandais Colomban est le personnage le plus marquant d’une église originale
par sa forme, et parfois appelée “christianisme celte”. Du fait de l’affaiblissement et de
l’éloignement de Rome, dans une région rurale (et donc sans évêques urbains) une église s’était
constituée autour de monastères locaux, indépendants les uns des autres, avec un abbé à la
tête de chacune (les abbés étant égaux entre eux). Les moines se consacraient au travail manuel et à
l’évangélisation des zones païennes. Ces groupes se désintéressaient semble-t-il des querelles
dogmatiques qui se succédaient sur le continent.
Colomban (à ne pas confondre avec Colomba, son contemporain, 540-615), avec ses compagnons, joua
un grand rôle dans la Gaule mérovingienne par le rayonnement de sa piété intransigeante, et
par le rôle économique, culturel et caritatif de ses monastères. Menacé par la reine Brunehilde
à qui il avait reproché la corruption des mœurs de sa famille, il devra fuir et traverser l’Europe
pour se réfugier en Lombardie arienne, où il créera d’autres monastères.
Sa persécution par Brunehilde a conduit à le comparer à Elie persécuté par Jézabel (un nom précisément
rappelé à l’Eglise de Thyatire), d’autant que Brunehilde connut une fin cruelle et fut démembrée.

Le “christianisme celte” redonna vie à une église agonisante en Europe, par la prédication et
l’exemple d’une piété austère, et s’opposa quelque temps aux tentatives hégémoniques et
centralisatrices de Rome.

• Pierre Valdo, riche marchand de Lyon, sera à l’origine de l’église vaudoise (ce nom ne vient
pas du canton de Vaux en Suisse !). Après avoir dispersé tous ses biens, il commence (vers 1170) à
prêcher dans les rues, ce qui lui était interdit (car réservé aux prêtres et aux clercs). D’autres se
joignent à lui. Ils sont expulsés par l’archevêque. Vivant de travaux agricoles, ils font des
émules en France du Sud et en Italie. Ils seront déclarés hérétiques en 1215. Il leur était surtout
reproché de prôner le droit pour tous de prêcher. L’Inquisition s’en prit à eux.
En 1488 plusieurs furent massacrés lors d’une croisade dirigée contre eux. Entre 1460 et 1560, 1400
familles émigrèrent vers le Luberon. En 1532 la plupart rejoignirent la Réforme.
En 1655, un grand nombre furent massacrés dans le Piémont.
Ils furent persécutés et contraints à l’exil jusqu’à la fin du XVIIe siècle.

• Le Praguois Jan Hus prêche dès 1402 un retour à la spiritualité de l’Eglise apostolique, et
à la restauration du pouvoir des laïcs. Il s’en prend au trafic des “indulgences” en 1412.
Accusé d’hérésie, il est convoqué en 1414 au Concile de Constance, mais est emprisonné et
brûlé vif en 1415. Le mouvement s’engagera dans la voie de la guerre, des disputes internes,
des divisions, des compromis politiques (1419-1436). Plusieurs se rallieront au luthérianisme.
La branche dite des frères de Moravie sera protégée par le comte Nikolaus Ludwig von Zinzendorf
(1700-1760), et se lancera dans une grande activité missionnaire mondiale.

2:18b. Voici ce que dit le Fils de Dieu, …


a) Jean écrit à l'ange de cette Eglise de la part du Fils de l'homme glorifié devant lequel il
s'était effondré au début de la vision de Patmos. Au début de chacune des 7 Lettres, Jésus fait
connaître son identité aux destinataires, en rappelant un ou plusieurs des Attributs
manifestés à cette occasion.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -180-
________________________________________________

Ici, dans cette Lettre centrale, 2 Attributs du Fils de l’homme sont exposés et rappelés (il a
“les yeux comme une flamme de feu”, cf. Ap. 1:14, et ses “pieds sont semblables à de l’airain ardent”, cf. Ap.
1:15), mais ces Attributs sont précédés par une appellation, la plus grande de toutes celles
attribuées au Messie : elle englobe tous les Attributs, et est au cœur de la révélation de la
Nouvelle Alliance : le Christ est non seulement “le Fils de l’homme”, mais il est aussi “le Fils
de Dieu”.

b) Tout être né du Souffle de l’Esprit est “fils de Dieu” (il en est ainsi pour les anges, pour Adam,
pour les croyants nés d’En-haut), mais un seul est “LE” Fils de Dieu.
L’Eglise est fondée, non sur Pierre, mais sur la même révélation que celle reçue par Pierre.
• Mt. 16:16-18 “(16) Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. (17) Tu es heureux,
Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui
est dans les cieux. (18) Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur ce rocher (celui de la révélation du
Titre dont Pierre vient de témoigner) je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne
prévaudront point contre elle.”
• 1 Cor. 12:3 “Nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n’est par le Saint-Esprit (sinon c’est un
catéchisme récité).”
• 1 Jn. 2:23 “Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père ; quiconque confesse le Fils a aussi le Père.”
• 1 Jn. 5:20 “Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et qu’il nous a donné l’intelligence pour
connaître le Véritable ; et nous sommes dans le Véritable, en son Fils Jésus-Christ. C’est lui qui est le
Dieu véritable, et la Vie éternelle.”

c) Le Titre de “Fils” insiste sur la nature de la relation organique unissant le Messie et


Dieu, plutôt que sur sa fonction (cf. Mt. 1:20 “L’enfant qu’elle a conçu vient du Saint-Esprit” ; Lc.
1:35 “Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’EST
POURQUOI le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu” ; 1 Jn. 3:1 “Voyez de quel amour le
Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu”).

C’est en tant que “Fils de Dieu” (car né de l’Esprit en plénitude, et Verbe rédempteur fait chair), que
Christ est Héritier de toutes choses, et investi de tout pouvoir. Il est Vie, et donc Résurrection,
par nature :
• Héb. 1:2 “Dieu, dans ces deniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi Héritier de toutes choses.”
• Jn. 11:25 “Je suis la Résurrection et la Vie.”
• Jn. 5:25-27 “L’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et
ceux qui l’auront entendue (de leur vivant) vivront.”

d) C’est la seule fois dans l’Apocalypse où Jésus-Christ est désigné comme “Fils de Dieu”.
Toutefois, la possession de l’“autorité sur les nations”, et le pouvoir de “briser des vases
d’argile”, mentionnés dans cette même Lettre à l’Eglise de Thyatire (v.26 et 27), sont
expressément rattachés au Titre de “Fils de Dieu” dans l’AT :
• Ps. 2:7-9 “(7) Je publierai le décret ; l’Eternel m’a dit : Tu es mon fils ! Je t’ai engendré aujourd’hui.
(8) Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, les extrémités de la terre pour possession ;
(9) tu les briseras avec un bâton de fer, tu les briseras comme le vase d’un potier.”

e) Si le Titre de “Fils de Dieu” souligne la nature divine du Christ, le Titre de “Fils de


l’homme” le rattache à l’humanité, à la promesse faite à la descendance humaine d’Adam et
Eve, aux victoires rédemptrices auxquelles Dieu veut associer ceux qui seront unis vitalement
à Jésus-Christ.
Dans l’Apocalypse, il est fait référence 2 fois au “Fils de l’homme” en tant que Restaurateur
des hommes et en tant que Combattant contre l’usurpateur et ses complices.
• Ap. 1:13 (première Fresque) “Et, après m’être retourné, je vis sept chandeliers d’or, et, au milieu des
sept chandeliers, quelqu’un qui ressemblait à un fils d’homme, vêtu d’une longue robe, et ayant une
ceinture d’or sur la poitrine.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -181-
________________________________________________

• Ap. 14:14 (4e Fresque, 6e Tableau) “Et je regardai, et voici une Nuée blanche, et sur la Nuée était assis
quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme ; il avait sur la tête une couronne d'or et dans sa main une
faux tranchante.”

Les deux Attributs proclamés ici en introduction épistolaire par l’Esprit (le “regard de flammes”,
et les “pieds d’airain ardent”) sont rattachés
dans l’AT à ce “Fils de l’homme”.

2:18c. … celui qui a les yeux comme une flamme de feu, …


a) Cet Attribut est l’un des 7 éléments corporels du Juge-Fils de l’homme, mentionnés dans
la vision introductive de la Fresque :
• Ap. 1:14 “Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige ; ses yeux
étaient comme une flamme de feu.”(Voir les commentaires correspondants).
• Jn. 5:27 “(Le Père) lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme.”

b) L'omniscience (les “yeux”) du Fils de Dieu pénètre jusqu’au fond des cœurs de l’Eglise de
Thyatire, où les uns commettent adultère avec Jézabel, mais où d’autres restent fidèles au
Fiancé céleste. La sainteté de ce regard (semblable à une “flamme de feu”) consume toute souillure
et tout masque. Ce regard est celui du Trône de Dieu, celui de Dieu.
• Dan. 7:9 “Je regardai, pendant que l'on plaçait des trônes. Et l'Ancien des jours s'assit. Son vêtement
était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête étaient comme de la laine pure ; son Trône était
comme des flammes de feu, et les roues comme un feu ardent. ”
• Dan. 10:5-6 “(5) Je levai les yeux, je regardai, et voici, il y avait un Homme vêtu de lin, et ayant sur les
reins une ceinture d’or d’Uphaz. (6) Son corps était comme de chrysolithe, son visage brillait comme
l’éclair, ses yeux étaient comme des flammes de feu, ses bras et ses pieds ressemblaient à de l’airain
poli, et le son de sa voix était comme le bruit d’une multitude.”

c) Les “yeux” de Celui qui autrefois a pleuré, sont capables de lire les motivations réelles de
toute action. Ils discernent les loups sous leur peau de brebis, et les rois sous les haillons.
• Ps. 11:4-5 “(4) L’Eternel est dans son saint Temple, l’Eternel a son Trône dans les Cieux ; ses yeux
regardent, ses paupières sondent les fils de l’homme. (5) L’Eternel sonde le juste ; il hait le méchant et
celui qui se plaît à la violence.”
• 2 Chr. 16:9 “L’Eternel étend ses regards sur toute la terre, pour soutenir ceux dont le cœur est tout
entier à lui.”
• Jér. 17:10 “Moi, l’Eternel, j’éprouve le cœur, je sonde les reins, pour rendre à chacun selon ses voies,
selon le fruit de ses œuvres.”
• Héb. 4:13 “Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est nu et découvert aux yeux de Celui à
qui nous devons rendre compte.”

Ce regard s’est posé sur des pharisiens hypocrites et endurcis, mais aussi sur le publicain
Lévi, sur une femme de mauvaise vie, sur un brigand crucifié, etc.

d) Dans cette même Lettre à Thyatire, le Fils de l’homme se décrit d’ailleurs comme Celui
qui scrute les pensées et les motivations secrètes, et qui juge et jugera chacun selon la vraie
nature de ses œuvres :
• Ap. 2:23 (même 4e Lettre) “… toutes les Eglises connaîtront que je suis Celui qui sonde les reins et les
cœurs, et je vous rendrai à chacun selon vos œuvres.”
• Ap. 19:12 (7e Fresque) “Ses yeux (ceux du Cavalier sur le cheval blanc) étaient comme une flamme de
feu ; sur sa tête étaient plusieurs diadèmes ; il avait un Nom écrit, que personne ne connaît, si ce n'est lui-
même.”

2:18d. … et dont les pieds sont semblables à de l’airain ardent.


a) Cet Attribut est lui aussi l’un des 7 éléments corporels du Juge-Fils de l’homme,
mentionnés dans la vision introductive aux 7 Lettres :
• Ap. 1:15 “Ses pieds étaient semblables à de l'airain ardent, comme s'il eût été embrasé dans une
fournaise ; et sa voix était comme le bruit de grandes eaux.”
Sur “l’airain ardent”, voir les commentaires d’Ap. 1:15.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -182-
________________________________________________

b) Les “yeux” et les “pieds d’airain” sont pareillement associés en Dan. 7:9 et en Dan. 10:5-
6 précités (en Dan. 7:9, les “pieds” sont remplacés par des “roues”).
Les symboles des yeux et des roues-pieds sont également réunis dans la vision dite du “Char
de l’Eternel” d’Ezéchiel (voir sur ce même site l’étude sur les “Chérubins”).
• Ez. 1:18 “(Les roues) avaient une circonférence et une hauteur effrayantes, et à leur circonférence les
quatre roues étaient remplies d'yeux tout autour.”
Ces 4 roues, en étroite connexion avec les 4 Etres vivants (des chérubins), sont l’image de l’armée
des 4 groupes de 3 tribus chacune, qui encadraient l’Arche en marche. Ce sont des puissances
d’écrasement de l’ennemi.

c) Ces “pieds” semblables à de “l’airain embrasé” ont supporté victorieusement l’épreuve


de l’embrasement de la Sainteté divine, et ils peuvent donc légitimement fouler le mal dans
chaque âme, celle des élus qui se jugent selon la norme divine, ou celle des ennemis de Christ
et de son peuple.
Ces “pieds” sont inséparables du regard de flamme qui met l’impureté en pleine lumière.
Ces “pieds” annoncent le “bâton de fer” du verset 27, dans cette même Lettre à l’Eglise de
Thyatire (“Il les fera paître avec un bâton de fer, comme on brise les vases d’argile ” ; cf. Ps. 2 :8-9, Ap.
19:15).
Aucune œuvre de paille ne tiendra sous une telle chaleur sainte !
• Ps. 8:5-7 “(5) Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l’homme, pour que
tu prennes garde à lui ? (6) Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, et tu l’as couronné de gloire et de
magnificence. (7) Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses
pieds.”

d) C’est avec ces “pieds” de sainteté que l’Esprit de Christ foulera la cuve de la colère de
Dieu. De plus, les “pieds” de l’Epoux seront aussi ceux de l’Epouse (les saints en Christ auront
vaincu l’animal aux dents de fer et aux ongles d’airain de Dan. 7:19) :
• Ap. 19:15 (7e Fresque) “De sa bouche sortait une épée aiguë, pour frapper les nations ; il les paîtra
avec un bâton de fer ; et il foulera la cuve du vin de l’ardente colère du Dieu tout-puissant”
• Mal. 4:1-3 “(1) Car voici, le jour vient, ardent comme une fournaise. Tous les hautains et tous les
méchants seront comme du chaume ; le jour qui vient les embrasera, dit l’Eternel des armées, il ne leur
laissera ni racine ni rameau. (2) Mais pour vous qui craignez mon Nom se lèvera le soleil de la justice,
et la guérison sera sous ses ailes ; vous sortirez, et vous sauterez comme les veaux d’une étable. (3) Et
vous foulerez les méchants, car ils seront comme de la cendre sous la plante de vos pieds, au jour que je
prépare, dit l’Eternel des armées.”
• Dan. 7:27 (vision des 4 Animaux venus de la mer) “Le règne, la domination, et la grandeur de tous les
royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très Haut. Son règne (celui du
Christ) est un règne éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront.”
Le dieu tutélaire de Thyatire, une ville de garnison militaire, était Tyrimnas, un dieu solaire décrit
comme un cavalier armé d’une hache de guerre à double fer, symbole de puissance guerrière.

2:19a. Je connais tes œuvres, …


a) Sur cette affirmation du Fils de l’homme quant à son omniscience, voir les commentaires
de la même expression en Ap. 2:2. Cette connaissance divine des choses les plus secrètes est
terrifiante pour certains, mais une consolation pour d’autres.
Cette affirmation solennelle apparaît dans chacune des 7 Lettres : à l’Eglise d’Ephèse (“je
connais tes œuvres” Ap. 2:2), à l’église de Smyrne (“je connais ton affliction” Ap. 2:9), à l’Eglise de
Thyatire (“je connais tes œuvres” Ap. 2:19), à l’Eglise de Sardes (“je connais tes œuvres” Ap. 3:1), à
l’Eglise de Philadelphie (“je connais tes œuvres” Ap. 3:8), à l’Eglise de Laodicée (“je connais tes
œuvres” Ap. 3:15). A l’Eglise de Pergame, il était seulement dit : “je sais …” (Ap. 2:13).

b) Ces “œuvres” (gr. : “ergon” = le fruit d’un labeur) sont le résultat d'un travail demandé à un
serviteur qui aime son Maître. Ce Maître attache du prix non seulement à l’aspect extérieur des
œuvres, mais aussi à leurs mobiles.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -183-
________________________________________________

L'œuvre normative est celle de l'amour parfait de Jésus pour le Père et pour les autres
hommes (cf. 1 Cor. 13:1-8).
Cela disqualifie les œuvres accomplies pour nous glorifier à nos propres yeux et aux yeux
d'autrui, ou pour acheter la bienveillance de Dieu.
• Héb. 6:10-12 “(10) Dieu n’est pas injuste, pour oublier votre travail et l’amour que vous avez montré
pour son Nom, ayant rendu et rendant encore des services aux saints. (11) Nous désirons que chacun de
vous montre le même zèle pour conserver jusqu’à la fin une pleine espérance, (12) en sorte que vous ne
vous relâchiez point, et que vous imitiez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses.”
• Jac. 1:22 “Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes
par de faux raisonnements.”
• Jac. 1:27 “La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter des orphelins et les
veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde.”
• Jac. 2:20 “Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est inutile ?”

c) Dans ces Lettres, le mot “œuvres”, au pluriel, n’est à chaque fois qu’un terme vague. Il est
donc parfois suivi d’une énumération (caractérisée comme ailleurs dans l’Apocalypse, par la répétition
de la conjonction “et … et …”) qui en précise le sens.
Par exemple :
• Pour Ephèse, les “œuvres” sont : “et ton travail, et ta persévérance, et ton rejet des méchants, et ta
clairvoyance contre les apôtres mensongers, … et ta souffrance, et ton endurance”.
• Pour Smyrne, “l’affliction” comprend : “et la pauvreté et les calomnies endurées”.
• Pour Thyatire, les “œuvres” sont : “et ton amour, et ta foi, et ton fidèle service, et ta constance, et tes
dernières œuvres plus nombreuses que les premières”.

2:19b. … et ton amour, …


a) C’est la première des 5 “œuvres” remarquables portées au crédit des vrais croyants de
l’Eglise de Thyatire (et donc des autres Eglises) : un croyant ne peut “choisir” l’une des 7 Eglises
en fonction de la vertu qui s’y manifeste et qu’il croit posséder !
• Pour l’Auteur de l’Apocalypse, chaque croyant doit grandir dans chacune des vertus énumérées
dans chacune des 7 Eglises. Une barrique ne contient pas plus que ne le permet la plus courte de ses
douves !
• Cela est conforme au principe d’interprétation de l’Apocalypse dit du “parallélisme” et adopté tout au
long de ces études.

b) La présence de “l’amour” ou “ferveur” (gr. : “agape”), dans l’Eglise de Thyatire (la 4e), fait écho à
“l’amour” (ou “ferveur”) que l’Eglise d’Ephèse (la 1ère) avait possédé, mais était en train de
perdre.
• Ap. 2:4 “Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu as abandonné ton premier amour.”

Sur la portée du mot “amour-agape”, voir les commentaires d’Ap. 2:4.


C’est “l’amour” pour Dieu et Jésus-Christ (le premier de tous les commandements) qui donne
naissance, vie, croissance et valeur à “l’amour” biblique d’autrui (le 2e commandement semblable
au premier) (Mt. 22:37-40).
Dans une âme née de l’Esprit saint, les autres vertus ne peuvent naître et croître que de cette
relation entretenue avec Jésus-Christ.
La vie et les paroles de Jésus-Christ ont montré ce qu’était cet “amour” pour Dieu et pour les hommes.

c) Cet “amour” est nécessairement présent chez tous les vainqueurs des 7 Eglises.
C’est pourquoi cette vertu est soulignée par l’Esprit dans l’Eglise de Thyatire du fait de sa
position médiane et récapitulative parmi les 7 Eglises.
• 2 P. 1:5-8 “(5) … faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la force de caractère, à la force de
caractère la connaissance, (6) à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi l’endurance dans
l’épreuve, à l’endurance l’attachement à Dieu, (7) à cet attachement l’affection fraternelle, à l’affection
fraternelle l’amour. (8) Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront
point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus Christ.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -184-
________________________________________________

2:19c. … et ta foi, …
La “foi” (gr. : “pistis” = “ferme confiance”, mais aussi : “fidélité”) est le deuxième des 5 fruits de
l’Esprit relevés chez les vainqueurs de l’Eglise de Thyatire.
Non seulement Thyatire manifeste l’“amour” qu’avait manifesté Ephèse, mais manifeste
aussi la “foi” observée à Pergame :
• Ap. 2:13 “… Tu retiens mon Nom, et tu n'as pas renié ma foi (cf. les commentaires de ce verset), même
aux jours d'Antipas, mon témoin fidèle, qui a été mis à mort chez vous, là où Satan a sa demeure.”

La Lettre à l’Eglise de Pergame (la 3e) mettait l’accent, d’une part sur la “foi de Christ” (“MA
foi”, c’est-à-dire l’Evangile de la fidélité du Berger envers ses brebis), et, d’autre part, sur celle du croyant
(“TU n’as pas renié” l’Alliance de Mon amour) : c’est la “foi en Christ” qui est ici encore honorée :
les croyants de Thyatire, comme ceux de Pergame, sont restés “fidèles” au Fidèle.

Cette “foi-fidélité” est expressément louée par l’Esprit dans plusieurs des Eglises :
• Ap. 2:3 (lettre à l’église d’Ephèse) “… tu as souffert à cause de mon Nom, et tu ne t’es point lassé.”
• Ap. 2:10 (lettre à l’église de Smyrne) “… Sois fidèle jusqu'à la mort.”
• Ap. 3:8 (lettre à l’église de Philadelphie) “… tu n’as pas renié mon Nom.”
• Ap. 14:12 (4e Fresque) “C’est l’heure de la persévérance des saints qui gardent les commandements de
Dieu et la foi en Jésus.”

Cette “foi-fidélité”, une foi qui a Jésus-Christ pour seul centre, est inséparable de “l’amour-
agape” cité juste avant. C’est une autre vertu nécessairement présente chez tous les vainqueurs.
• Gal. 5:6 “En Jésus-Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est
agissante par l’amour.”

2:19d. … et ton service, …


a) Le “service” (gr. : “diakona” = “service requis en faveur de Dieu et des autres ; ministère” ; l’adjectif
“fidèle” présent dans certaines traductions est un ajout) est le troisième des 5 fruits de l’Esprit relevés
chez les vainqueurs de l’Eglise de Thyatire.
Non seulement Thyatire manifeste l’“amour-agape” observé à Ephèse, la “foi-fidélité”
observée à Pergame, mais aussi l’esprit de “service”, qui est la conséquence pratique de
l’amour pour Dieu et de la fidélité aux commandements de Dieu.

b) Ici, le “service” désigne non seulement toute œuvre de bienfaisance au sein de l’Eglise,
en faveur de ceux qui sont spirituellement ou matériellement démunis, mais aussi toute œuvre
en faveur du perfectionnement du Corps selon l’Esprit. Le “service” est la manifestation
extérieure de l’“amour” intérieur.
• Mt. 23:11-12 “(11) Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. (12) Quiconque s’élèvera sera
abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé.”
• Act. 11:29 “Les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui
habitaient la Judée.”
• 2 Cor. 9:11-12 “(11) Vous serez de la sorte enrichis à tous égards pour toute espèce de libéralités, qui,
par notre moyen, feront offrir à Dieu des actions de grâces. (12) Car le secours de cette assistance, non
seulement pourvoit aux besoins des saints mais il est encore une source abondante de nombreuses actions
de grâces envers Dieu.”
• 1 Thes. 1:2,3 “(2) Nous rendons continuellement grâces à Dieu pour vous tous, faisant mention de vous
dans nos prières, (3) nous rappelant sans cesse l’œuvre de votre foi, le travail de votre charité, et la
fermeté de votre espérance en notre Seigneur Jésus-Christ, devant Dieu notre Père.”
• Col. 4 :17 “Et dites à Archippe : Prends garde au ministère que tu as reçu dans le Seigneur, afin de le
bien remplir.”

2:19e. … et ta constance, …
a) La “constance” (gr. : “hupomone”= patience endurante, constance, persévérance dans l’épreuve) est le
quatrième des 5 fruits de l’Esprit relevés chez les vainqueurs de l’Eglise de Thyatire.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -185-
________________________________________________

Ce fruit était expressément attribué à l’Eglise d’Ephèse (la 1ère) :


• Ap. 2:2-3 “(2) Je connais tes œuvres, ton travail, et ta persévérance … (3) Et tu as de la persévérance,
et tu as souffert à cause de mon Nom (la foi-fidélité), et tu ne t'es point lassé.”

L’Eglise de Smyrne (la 2e), à laquelle aucun reproche n’a été fait, a, elle aussi, prouvé sa
“constance” puisqu’elle était soumise à la persécution, qu’elle allait encore souffrir et que
Satan voulait la mettre à l’épreuve (Ap. 2:9-10).
L’Eglise de Pergame (la 3e) a elle aussi été “constante, persévérante” en ne reniant pas le
Nom, “même aux jours d’Antipas” mort martyr (Ap. 2:13).

b) Cette “constance” est d’autant plus impressionnante dans cette Lettre à l’Eglise de
Thyatire que le petit groupe fidèle doit affronter au sein même du christianisme une majorité
infidèle, séductrice, puissante, violente.

2:19f. … et tes dernières œuvres (gr. : “ergon”, le résultat d’un travail) plus nombreuses que les
premières.
a) C’est le cinquième éloge adressé à cette Eglise. Non seulement les fidèles de l’Eglise de
Thyatire offrent le fruit de l’Esprit, mais aussi de plus en plus abondamment !

b) La croissance spirituelle d’un enfant de Dieu n’est jamais achevée sur terre. Mais cette
dynamique de croissance est une caractéristique des enfants de Dieu.
• 1 Thes. 4:1 “Puisque vous avez appris de nous comment vous devez vous conduire et plaire à Dieu, et
que c’est là ce que vous faites, nous vous prions et nous vous conjurons au Nom du Seigneur Jésus de
marcher à cet égard de progrès en progrès.”
• 2 Thes. 1:3-4 “(3) Nous devons à votre sujet, frères, rendre continuellement grâces à Dieu, comme cela
est juste, parce que votre foi fait de grands progrès, et que la charité de chacun de vous tous à l’égard
des autres augmente de plus en plus. (4) Aussi nous glorifions-nous de vous dans les Eglises de Dieu, à
cause de votre persévérance et de votre foi au milieu de toutes vos persécutions et des tribulations que
vous avez à supporter.”
• Phil. 1:9-11 “(9) Et ce que je demande dans mes prières, c'est que votre amour augmente de plus en
plus en connaissance et en pleine intelligence (10) pour le discernement des choses les meilleures, afin
que vous soyez purs et irréprochables pour le jour de Christ, (11) remplis du fruit de justice qui est par
Jésus Christ, à la gloire et à la louange de Dieu.”
• 1 Cor. 13:13“Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, l’amour ; mais la plus
grande de ces choses, c'est l’amour.”

c) Les éloges (quand il y en a) adressés aux 3 Eglises citées avant celle de Thyatire, et les éloges
adressés aux Eglises citées après elle, sont mentionnées dans la liste des éloges adressés à
Thyatire, l’église médiane de ce Septénaire :
• Sardes sera félicitée pour sa “foi-fidélité” (Ap. 3:4 “… quelques-uns n’ont pas souillé leurs
vêtements.”).
• Philadelphie sera félicitée pour sa “foi-fidélité” (Ap. 3:8 “… tu n’as pas renié mon Nom.”) et pour
sa “persévérance” (Ap. 3:10). L’Eglise de Laodicée n’aura quant à elle droit à aucun éloge.

2:20a. Mais ce que j’ai contre toi, …


a) Débutent ici les reproches attristés ou scandalisés de l’Esprit de Christ, adressés à l’Eglise
de Thyatire. Ils ne s’adressent pas aux mêmes individus, car ces reproches sont incompatibles
avec les vertus qui viennent d’être énumérées (l’amour, la foi, la consécration, la persévérance, etc.).
Les reproches s’adressent à ceux qui ne se sont pas repentis.

b) La figure de la “femme Jézabel ” récapitule à elle seule les sujets d’accusation contre les
premières Eglises déjà citées : la “femme Jézabel ” est l’aboutissement de la “perte du premier
amour pour Dieu” et des “œuvres des Nicolaïtes” à Ephèse (1ère Eglise, Ap. 2:6), de la “doctrine
de Balaam” et de la “doctrine des Nicolaïtes” à Pergame (2e Eglise, Ap. 2:14,15).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -186-
________________________________________________

• Cette femme “se dit prophétesse”, ce qui l’associe à Balaam, le faux prophète ennemi de Moïse et du
peuple d’Israël.
• Cette femme “enseigne” comme “enseignent” les dispensateurs de la doctrine de Balaam dans
l’Eglise de Pergame (Ap. 2:14).
• Cette femme pousse ici l’Eglise “à se livrer à l'impudicité” et “à manger des viandes sacrifiées aux
idoles”, de même que l’esprit de Balaam poussait l’Eglise de Pergame “à manger des viandes sacrifiées
aux idoles” et “à se livrer à l'impudicité” (Ap. 2:14).
• De même que la Jézabel historique prétendait, par son mariage avec Achab, appartenir au Royaume
d’Israël, et avait calomnié Naboth pour le tuer et le dépouiller, le même esprit est en action dans l’Eglise
de Smyrne (la 2e) par “ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas” et qui “calomnient” les saints pour les
tuer (Ap. 2:9).
• De même que la Jézabel historique avait érigé à Samarie des autels au service de Baal, les faux croyants
avaient déjà mis en place une “synagogue de Satan” à Smyrne (Ap. 2:6) et érigé un “trône à Satan”
(c’est-à-dire un autel pour un faux culte) à Pergame même (Ap. 2:13).

Les reproches adressés aux Eglises énumérées après celle de Thyatire, ne seront autres que
ceux de cette “femme Jézabel ” ! L’Eglise de Sardes (la 5e) sera accusée d’être déjà morte
derrière de belles apparences, et l’Eglise de Laodicée (la 7e) sera accusée d’être déjà dépouillée
de tout.
Les deux Eglises de Smyrne (la 2e) et de Philadelphie (la 6e), qui occupent des positions symétriques par
rapport à Thyatire, ne reçoivent aucun reproche.

c) Comme dans toutes les autres Lettres, ces reproches sont à la fois des avertissements
sévères et des actes de miséricorde, avec un appel à la repentance, à un retour vers la Vie.

2:20b. … c’est que tu laisses la femme Jézabel, …


a) Les personnages de “Jézabel” et de “Balaam” sont mentionnés dans l’Apocalypse à cause
des principes spirituels qui ont été historiquement manifestés en eux dans l’AT.
Ces deux noms sont pareillement des appellations honteuses de la fausse Assemblée.
• De plus, Jézabel est expressément appelée ici : “la femme Jézabel”. C’est une allusion à l’un des
aspects de “la femme” Eve, une image de l’église (composée d’hommes et de femmes), séduite par des
esprits impurs, et devenue séductrice à son tour.
• Elle s’oppose à l’autre aspect d’Eve, qui est aussi la “mère de tous les vivants” (Gen. 3:20), une image
de l’Eglise-Epouse (composée d’hommes et de femmes), seule capable de recevoir la Semence de Christ
et d’engendrer des enfants de Dieu.

Sont surtout visés des ministères masculins (cf. les scribes et les pharisiens aux jours de Jésus) qui
sont, de fait, dénoncés au travers de cette scandaleuse figure féminine.
• Dieu n’est pas contre les femmes de pouvoir, mais contre le “jézabélisme” dont les pires représentants
sont le plus souvent des hommes.
• Dieu n’est pas contre Eve, et il l’a prouvé, mais il est contre la tentation de vouloir égaler Dieu, et dont
se sont rendus coupables surtout des hommes.
• La portion décadente de Thyatire est aussi coupable qu’Achab l’était en laissant faire Jézabel, car il y
trouvait intérêt (il a pu grâce à elle agrandir son champ).

b) Le nom hébreu de “Jézabel” signifierait peut-être : “ne cohabite pas”, ou : “ fumier”. Tout
comme la fausse Eglise, “Jézabel” ne descendait pas d’Abraham (ni par la chair, ni par l’esprit).
• Meurtrière, prédatrice (cf. le meurtre de Naboth pour accaparer sa vigne, 1 R. 21), menteuse, hypocrite,
idolâtre, elle était la digne fille d’Eth-Baal, meurtrier de son prédécesseur, roi de Sidon et prêtre d’Astarté.
Les habitants de Sidon, ville cananéenne ennemie d’Israël, vénéraient Baal (1 R. 16:31) et surtout Astarté
(= Ashtaroth, ou Vénus, appelée la “reine du ciel”, et déesse de la fertilité ; 1 R. 11:5 ; 2 R. 23:13).
• “Jézabel” dominait son mari, Achab, un descendant par l’esprit de l’apostat Jéroboam (ce roi, à
l’origine du culte hybride du Royaume du Nord, avait préparé le terrain à cette intrusion païenne).
• Sur le territoire même d’Israël, “Jézabel” protégeait les prophètes de Baal et encourageait l’idolâtrie
phénicienne. Or toute idolâtrie est un adultère spirituel.
• “Jézabel” était dangereuse car contagieuse : Josaphat, roi de Juda, a épousé une fille de Jézabel
semblable à sa mère : les Ecritures se sont toujours opposées à ces alliances contre nature.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -187-
________________________________________________

• “Jézabel” faisait assassiner les prophètes de Dieu (1 R. 18:4,13), était l’ennemie acharnée d’Elie, le
prophète confirmé de son heure (1 R. 19:1-2), et incarnait ainsi l’ennemi irréductible du Verbe de Dieu (cf.
aussi Hérodiade voulant la mort de Jean-Baptiste).

c) C’est donc un système rebelle à Dieu, criminel, séducteur et idolâtre qui se trouve installé
dans le sein même de l’Assemblée.
“Jézabel” joue le même rôle que les filles de Moab et de Madian, adoratrices de Baal, lancées contre le
peuple de Dieu par Balaam (Nb. 25:1-3 et 31:16).

Cette portion infidèle de l’Eglise, avec ses responsables religieux et les âmes qui les suivent,
“laissent” faire cela les yeux ouverts, comme Achab. C’est le fruit d’un choix responsable et
individuel.
C’est Achab, un descendant d’Abraham, qui a “laissé’ faire Jézabel, par calcul politique et
ambitions personnelles. C’est Aaron, le frère de Moïse, qui avait accepté d’honorer un veau
d’or à la demande d’un peuple religieux tout juste délivré d’Egypte et déjà adultère.

L’Eglise “laisse” faire parce que c’est plus reposant de compter sur un roi visible qui en
impose, que sur un Esprit invisible, exigeant et difficile à contacter.
La chute du Jardin d’Eden se reproduit dans l’Eglise née du Sang répandu de Jésus-Adam.
• 1 R. 16:31-33 “(31) Et comme si c’eût été pour lui peu de chose de se livrer aux péchés de Jéroboam,
fils de Nébath, Achab prit pour femme Jézabel, fille d’Ethbaal, roi des Sidoniens, et il alla servir Baal et
se prosterner devant lui. (32) Il éleva un autel à Baal dans la maison de Baal qu’il bâtit à Samarie, (33)
et il fit une idole d’Astarté.” (à Thyatire, Jupiter a été remplacé par Pierre, et Vénus par Marie !).
• 2 R. 9:22 “Jéhu répondit (à Joram) : … les prostitutions de Jézabel, ta mère, et la multitude de ses
sortilèges (cf. “les enchantements” de Babylone, de l’église apostate, dénoncée en Ap. 18:23) !”

Cette portion infidèle de l’Eglise est une Fiancée idolâtre adultère, et elle est même la
Grande prostituée d’Ap. 17:1 et 19:2. Elle est enceinte de ses prostitutions et elle a des filles
pareillement prostituées (Ap. 17:5).
• Ap. 17:4-6 (6e Fresque) “(4) Cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres
précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés
de sa prostitution (l’idolâtrie). (5) Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la
mère des prostituées et des abominations de la terre. (6) Et je vis cette femme ivre du sang des saints et
du sang des témoins de Jésus. Et, en la voyant, je fus saisi d'un grand étonnement (de la stupéfaction).”
• 1 Cor. 6:16 “Ne savez-vous pas que celui qui s’attache à la prostituée est un seul corps avec elle ?”

Tout cela s’est insinué subrepticement, avec la “perte de la ferveur première” à Ephèse.

d) De même que le roi Achab avait épousé Jézabel, et instauré un système œcuménique, pour
consolider son pouvoir politique sur Israël face à Juda, une partie de l’Eglise s’est elle aussi
mariée au paganisme, et cela avant même l’empereur Constantin.
• L’œcuménisme prôné par les chefs des dénominations résulte le plus souvent de calculs séducteurs pour
obtenir la puissance du nombre, et en imposer ainsi aux puissances du monde.
• Devenir chrétien devenait respectable (cf. Lc. 6:26 : “Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien
de vous, car c'est ainsi qu'agissaient leurs pères à l'égard des faux prophètes !”)

Mais l’Esprit d’Elie s’est dressé contre Jézabel. Elie était l’étoile de son heure dans la main
de l’Eternel, et il a eu la joie de découvrir que 100 prophètes fidèles avaient pu être cachés (1
R. 18:4).
La même chose s’est reproduite, avec le même Esprit, du temps de Jean-Baptiste, car Dieu
vient toujours chercher une Epouse purifiée par la repentance avant les jugements.
La fin ignominieuse de Jézabel est un avertissement prophétique : un crâne, des mains et des pieds
répandus dans la poussière dont se nourrit le Serpent ancien, c’est tout ce qui restait des pensées et des
œuvres de Jézabel (2 R. 9:35), dans la vallée de Jizréel (le lieu où Dieu “disperse” les ennemis de son
peuple au jour du jugement).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -188-
________________________________________________

2:20c. … qui se dit prophétesse, et elle enseigne et elle séduit mes serviteurs, …
a) “Jézabel” est d’abord une bouche qui prétend être celle de Dieu : elle s’autoproclame
(“elle se dit”) messagère de Dieu, et beaucoup choisissent de la croire : “ils la laissent faire” (“tu
laisses la femme Jézabel … enseigner … séduire …”).
Son activité de “prophétesse” mensongère est double : “ET elle enseigne (gr. : “didasko”) ET
elle séduit (gr. “planao” = “égarer”)”.
L’objectif du Serpent ancien qui utilise cette bouche est d’inciter le peuple de Dieu à la
“débauche” (une fornication spirituelle) puis à un culte idolâtre (une prostitution spirituelle) : c’est
provoquer du même coup un divorce entre Dieu et ceux qui se disent ses “serviteurs” (gr. :
“doulos”, id. Ap. 1:1) sur terre.

b) Un vrai “prophète” est un communicateur de la pensée de Dieu. Il est oint de l’Esprit de


Dieu, et Dieu parle au travers de lui. Quand l’Onction est en action, il annonce la vérité, c’est-
à-dire la grâce de Dieu et aussi les jugements à venir.
L’Eglise a pour mission de prophétiser au monde, en paroles et en actes.
Ce n’est pas en tant que “femme” que “Jézabel” est condamnée, mais en tant qu’épouse
mensongère et tueuse d’âmes.
• Deut. 13:1-3 “(1) S'il s'élève au milieu de toi un prophète ou un songeur qui t'annonce un signe ou un
prodige, (2) et qu'il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t'a parlé en disant : Allons après
d'autres dieux, - des dieux que tu ne connais point, - et servons-les ! (3) tu n'écouteras pas les paroles de
ce prophète ou de ce songeur, car c'est l'Éternel, votre Dieu, qui vous met à l'épreuve pour savoir si vous
aimez l'Éternel, votre Dieu, de tout votre cœur et de toute votre âme.”

c) Les faux apôtres (de faux envoyés) étaient déjà présents à Ephèse, mais ils avaient été mis à
l’épreuve (par les Ecritures) et trouvés menteurs (Ap. 2:2), alors qu’ici cette fausse “prophétesse”
(un clergé qui prétend parler de la part de Dieu, mais prouve le contraire) est tolérée.
Une fausse “prophétesse” ne peut “enseigner” que des Ecritures falsifiées ou hybridées, tout
en se réclamant d’elles. Cet “enseignement” cherche d’abord à consolider le pouvoir usurpé
et terrestre des Nicolaïtes, et, comme Balaam, contribue à introduire les filles de Moab dans
le camp (elles ont pour noms : la tradition, la superstition, l’ambition, le laxisme, la mondanité, la fausse sécurité,
les sceaux des hommes au lieu du Sceau de l’Esprit, etc.).
• L’Apocalypse a été écrite pour que les élus ne deviennent pas des alliés de Jézabel.
• Par son faux “enseignement”, Jézabel, comme les Philistins, se sert des Délila pour crever les yeux des
enfants de Dieu et leur faire tourner la meule qui nourrira son ventre (Jg. 16:18-21).
• Depuis le Jardin d’Eden, c’est la façon d’utiliser les Ecritures qui permet de reconnaître Jézabel et sa voix
de Dragon, malgré ses cornes d’agneau (Ap. 13:11).
• De même que Jézabel séduisit une grande partie du peuple d’Israël et le conduisit à adorer Baal, la Bête
qui monte de la terre (de l’Assemblée) “séduit les habitants de la terre (l’Assemblée), leur disant de
faire une image à la Bête (celle qui était montée de la mer des nations idolâtres)” (Ap. 13 :14).
En Ap. 19:20, cette Bête, avec deux cornes semblables à celles d’un agneau, est appelée le “faux
prophète”. Elle ne monte pas de la mer (symbole des peuples agités), mais de la terre (une image
de l’Assemblée, par allusion à la Terre promise occupée par un peuple se réclamant de l’Eternel,
mais encore esclave de sa vieille nature adamique).

Est faux prophète ou faux docteur quiconque empêche ses auditeurs d’accéder au
baptême du Saint-Esprit, par exemple en gardant le silence sur ce point, ou en leur faisant
croire, à tort, qu’ils ont été scellés par l’Esprit, ou en les orientant vers de faux Arbres de Vie
(par exemple en mettant en avant des œuvres sociales ou ludiques), vers des dons spirituels et non vers le
Donateur.

2:20d. … pour qu’ils se livrent à la débauche et qu’ils mangent des (viandes) sacrifiées
aux idoles.
a) Ce sont les “serviteurs”, et donc aussi ceux qui les écoutent, qui sont la cible de Jézabel.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -189-
________________________________________________

Ce que Jézabel obtient à Thyatire, est exactement ce que l’esprit de Balaam essayait d’obtenir
à Pergame (la 3e Eglise) :
• Ap. 2:14 (lettre à Pergame) “Mais j'ai quelque chose contre toi, c'est que tu as là des gens attachés à
la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d'achoppement devant les fils d'Israël,
pour qu'ils mangeassent des (viandes) sacrifiées aux idoles et qu'ils se livrassent à la débauche.”
• Deut. 23:14 “Car l'Éternel, ton Dieu, marche au milieu de ton camp pour te protéger et pour livrer
tes ennemis devant toi ; ton camp devra donc être saint, afin que l'Éternel ne voie chez toi rien d'impur,
et qu'il ne se détourne point de toi.”

b) La “débauche” (gr. : “porneyo” = “(se livrer) à la fornication, à la prostitution” ; id. v.14) représente
les mêmes désordres que ceux appelés “liqueurs fortes” dans l’AT : ces dérèglements peuvent
affecter les fonctions naturelles du corps (cf. les addictions, l’impudicité, cf. 1 Cor. 5:9-12 ; 1 Cor. 6:16-
19), les sentiments (cf. l’abandon de la morale naturelle, les passions), les pensées (cf. les philosophies qui
combattent la révélation), etc.
• 2 P. 1:19 “Ils leur promettent la liberté, quand ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption, car chacun
est esclave de ce qui a triomphé de lui.”
• 2 P. 2:20 “Si, après s’être retirés des souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur
Jésus-Christ, ils s’y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition est pire que la
première.”
• Eph. 4:17-20 “(17) Voici donc ce que je dis et ce que je déclare dans le Seigneur, c'est que vous ne
devez plus marcher comme les païens, qui marchent selon la vanité de leurs pensées. (18) Ils ont
l'intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la Vie de Dieu, à cause de l'ignorance qui est en eux, à cause
de l'endurcissement de leur cœur. (19) Ayant perdu tout sentiment, ils se sont livrés à la dissolution, pour
commettre toute espèce d'impureté jointe à la cupidité. (20) Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez
appris Christ …”
• Mt. 12:45 “L’esprit impur précédemment chassé (d’Israël, de l’Assemblée, d’un individu) s’en va, et il
prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui ; ils entrent dans la maison (purifiée mais non
gardée), s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de
même pour cette génération méchante (ce qui était vrai pour Israël l’est aussi pour le christianisme).”

c) Dans le langage biblique, manger des “sacrifices aux idoles” (gr. : “eidolothyton” = sacrifice
idolâtre ; le mot “viande” est absent ; id. v.14), c’est communier avec l’esprit impur qui inspire ce
culte.
C’est donc souiller son propre souffle, c’est offrir aux démons sur leur autel, son sang, son
âme : celle-ci, sauf repentance, ne peut plus être un temple du Saint-Esprit.
Il n’est pas fait allusion ici à la liberté des chrétiens qui peuvent manger de telles viandes dès lors qu’ils
n’y voient qu’une nourriture profane et qu’ils ne risquent pas de semer le trouble dans des âmes (cf. Act.
15:20,29 ; 1 Cor. 8).

Ici, cette abomination est commise sous des apparences chrétiennes ! C’est une trahison
sournoise de l’Alliance, d’un Mariage. La Bible appelle une telle “idolâtrie” : un “adultère”,
une “fornication”.
Comme le roi babylonien Belschatsar (Dan. 5), Jézabel utilise les coupes d’or du vrai Temple
pour s’enivrer.
• 1 Cor. 10:20-21 “(20) Je dis que ce qu’on sacrifie (aux idoles), on le sacrifie à des démons, et non à
Dieu ; or, je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. (21) Vous ne pouvez boire la
coupe du Seigneur, et la coupe des démons ; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur, et à la table
des démons.”
• 2 Cor. 6:14-16 “(14) Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-
t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou qu’y a-t-il de commun entre la Lumière et les ténèbres ? (15) Quel
accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? Ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle ? (16) Quel rapport y a-t-
il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit
(Ex. 29:45 ; Lév. 26:12) : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon
peuple. (17) C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur ; ne touchez pas à ce
qui est impur, et je vous accueillerai. (18) Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et
des filles, dit le Seigneur tout-puissant.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -190-
________________________________________________

• 2 P. 2:1-3 “(1) Il y a eu parmi vous de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs,
qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le Maître qui les a rachetés, attireront sur eux une
ruine soudaine. (2) Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions, et la voie de la Vérité sera calomniée à
cause d’eux. (3) Par cupidité, ils trafiqueront de vous au moyen de paroles trompeuses, eux que menace
depuis longtemps la condamnation, et dont la ruine ne sommeille point.” (c’est tout cela que Jézabel
introduit dans l’Eglise).
• Ex. 34:15-16 “(15) Garde-toi de faire alliance avec les habitants du pays, de peur que, se prostituant à
leurs dieux et leur offrant des sacrifices, ils ne t’invitent, et que tu ne manges de leurs victimes ; (16) de
peur que tu ne prennes de leurs filles pour tes fils, et que leurs filles, se prostituant à leurs dieux,
n’entraînent tes fils à se prostituer à leurs dieux.”

d) Voici quelques exemples de fornication spirituelle, liste établie dans le cadre du calendrier
de l’interprétation dite chronologiste, et sans distinguer entre dogmes, doctrines et pratiques
(par la force des choses, ils sont le fait de la dénomination prédominante durant ces périodes) :
• Au cours des premiers siècles : la naissance de l’érémitisme, des monastères et des couvents.
• Durant l’âge de Pergame (312-606) : la formulation païenne de la Trinité (325), le culte des saints (375),
les prières pour les morts (400, avec pour seul prétexte 2 Mac. 12:38-46, qui est en fait un rappel de
l’épisode d’Acan, Jos. 7), la vénération de la Vierge (450), l’Edit de Valentinien qui soumet tous les
évêques de l’Empire à l’évêque de Rome (455).
• Durant l’âge de Thyatire (606-1520) : Boniface III proclame la suprématie de l’évêque de Rome (607),
le rôle du crucifix, des images, des reliques (788), la canonisation des saints (1000), la Fête des morts
(1003), l’évêque de Rome déclaré primat apostolique de l’Eglise universelle par le Concile de Reims
(1049), la vente des indulgences (1055), l’infaillibilité de l’Eglise (1076), le célibat ecclésiastique imposé
par Grégoire VII (1080), le rôle du chapelet (1090), le canon de la messe (vers 1100), les 6 sacrements
(1160), la transsubstantiation (1215), la confession auriculaire (1215), l’Elévation de l’hostie (1220), la
procession du St Sacrement (1336), les fidèles sont privés de la coupe (1415), l’Extrême-onction (1439),
l’existence d’un purgatoire (soi-disant appuyé par 1 Cor. 3:15, 1 P. 1:7) par le Concile de Florence (1439).
• Durant l’âge de Philadelphie (1750-1906) : l’Immaculée Conception (1854), l’infaillibilité du pape
(1870).
• Durant l’âge de Laodicée : l’Assomption de la Vierge (1950).

Des listes pourraient être dressées pour d’autres dénominations moins anciennes (le baptême
des enfants pratiqué par plusieurs dénominations ; le silence sur la nécessité du baptême d’En-haut, le parler en
langues considéré comme signe du baptême du Saint-Esprit dans une partie du mouvement pentecôtiste ; les
critères de choix des ministères, etc.).

2:21. Et je lui ai donné du temps, afin qu’elle se repente, et elle ne veut pas se repentir
de sa débauche.
a) Les versets suivants 22 et 23 exprimeront une menace de l’Esprit à l’adresse de la portion
décadente de l’Eglise de Thyatire.

Paradoxalement, cette mise en garde met doublement en relief la miséricorde divine :


• la patience de Dieu est longue (v.21 et 22),
• la repentance permet à tout instant la réconciliation, même dans un cas aussi grave de “débauche” (v.
21) et d’adultère (v. 22).

b) L’Eternel avait pareillement “donné du temps” (gr. : “chronos” = “durée, délai”) à Caïn, aux
contemporains de Noé, à Sodome, à Ninive, à David, au royaume du Nord, à Jérusalem, à
Hérode, aux contemporains de Caïphe.
• 2 P. 3:9 “Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le
croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous
arrivent à la repentance.”

Dieu sait qui profitera ou non du délai accordé. Si l’individu interpelé s’endurcit, la
miséricorde de Dieu aura été manifestée : au jour du jugement, quand le contenu des cœurs
sera dévoilé, toute contestation sera donc impossible.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -191-
________________________________________________

• Rom. 2:3-6 “(3) Et penses-tu, ô homme, qui juges ceux qui commettent de telles choses, et qui les fais,
que tu échapperas au jugement de Dieu ? (4) Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et
de sa générosité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance ? (5) Mais, par ton
endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t'amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et
de la manifestation du juste jugement de Dieu, (6) qui rendra à chacun selon ses œuvres.”

La “repentance” (gr. : “metanoia”) biblique est une transformation de l’âme qui découvre et
accepte et met en application la révélation de la Nature de Dieu et de sa Pensée.
Elle s’accompagne nécessairement d’un jugement de soi-même selon les critères de Dieu (et
non selon ceux de Jézabel, ni selon ceux de la morale commune relative), et d’une conversion, c’est-à-dire
d’un changement radical du comportement.

c) C’est Jézabel (“elle”), un nom de honte pour cette portion de l’Eglise, qui est ainsi appelée
à se repentir de sa “débauche” spirituelle (gr. : “porneia” = “fornication, prostitution” ; cf. les
commentaires du verset précédent).
Elle a à sa disposition les Ecritures et même s’en réclame. Tout comme les pharisiens qui
s’opposaient à Jésus, Jézabel sait, mais “elle ne veut pas” (v. 21) la Vérité, et bientôt, comme
Pharaon devant Moïse, elle ne saura même plus la distinguer.
• Jézabel, pas plus que Pharaon, ne s’est jamais repentie et ne le fera jamais, même si elle est
longtemps appelée à le faire. Jézabel a refusé d’écouter Elie, le prophète confirmé de son heure. Hérodiade
ne s’est pas non plus repentie à la voix de Jean-Baptiste. La fausse Eglise, Babylone, refusera d’écouter
l’Esprit d’Elie (mais des individus écouteront, et leur âme prendra son essor).
• L’histoire du christianisme montre qu’aucune dénomination ne s’est jamais repentie par la voix et
l’action de ses hauts dirigeants (cf. la longue mascarade du Concile de Trente en réponse aux questions de
Luther, de 1545 à 1563) !
• L’histoire montre cependant aussi que des individus ont toujours pu sortir de Sodome, d’Egypte, de
Babylone à temps. Pour un individu, Dieu seul sait quand l’endurcissement est irréversible, quand le
lumignon ne fume plus. Lui seul sait quel “temps” allouer à chaque âme.
Eccl. 8:11 “Parce qu’une sentence contre les mauvaises actions ne s’exécute pas promptement, le
cœur des fils de l’homme se remplit en eux du désir de faire le mal.”
Lc. 16:31 “Et Abraham lui dit : S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas
persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait.”

Le rejet de l’appel à la repentance adressé ici à l’Eglise est toujours une révolte ouverte.
• Ap. 9:20 (6e Trompette) “Et le reste des hommes qui ne furent pas tués par ces plaies, ne se repentirent
pas non plus des œuvres de leurs mains, pour ne pas adorer les démons ni les idoles d'or et d'argent et
d'airain et de pierre et de bois, qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher.”
• Ez. 16:15-17 “(15) Tu (Jérusalem) t’es confiée dans ta beauté (et non à l’Eternel), et tu t’es prostituée,
à la faveur de ton nom (ta renommée) ; tu as prodigué tes prostitutions (de faux enseignements) à tous les
passants, tu t’es livrée à eux (à leurs convoitises). (16) Tu as pris de tes vêtements, tu t’es fait des hauts
lieux (des lieux factices de cultes idolâtres) que tu as garnis d’étoffes de toutes couleurs, et tu t’y es
prostituée : rien de semblable n’était arrivé et n’arrivera jamais. (17) Tu as pris ta magnifique parure
d’or et d’argent, que je t’avais donnée (il y a profanation des dons reçus), et tu en as fait des simulacres
d’hommes (une fausse prêtrise usurpatrice), auxquels tu t’es prostituée.”
• Jér. 8:7-9 “(8) Même la cigogne connaît dans les cieux sa saison ; la tourterelle, l’hirondelle et la grue
observent le temps de leur arrivée ; mais mon peuple ne connaît pas la Loi de l’Eternel. (9) Comment
pouvez-vous dire : Nous sommes sages, la Loi de l’Eternel est avec nous ? C’est bien en vain que s’est
mise à l’œuvre la plume mensongère des scribes. (9) Les sages sont confondus (de honte), ils sont
consternés, ils sont pris ; voici, ils ont méprisé la Parole de l’Eternel, et quelle sagesse ont-ils ?”

d) Bien que chacune des 7 Lettres s’adresse au christianisme de tous les siècles, il y a
progression du mal depuis la Lettre à l’Eglise d’Ephèse. Ce principe de dégradation
progressive dès le début d’un cycle, est hélas un phénomène constant observé dans le peuple
de Dieu de l’AT et du NT. Une pomme piquée, est destinée à la corruption totale : seule la
puissance de résurrection de Dieu peut inverser ce processus. A chaque fois, le cycle doit donc
se terminer par un jugement pour protéger les élus résiduels et le Royaume.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -192-
________________________________________________

• Es. 26:10 “Si l’on fait grâce au méchant, il n’apprend pas la justice, il se livre au mal dans le pays de
la droiture, et il n’a point égard à la majesté de Dieu.”
• Joël 1:4 “Ce qu’a laissé le gazam, la sauterelle l’a dévoré ; ce qu’a laissé la sauterelle, le jélek l’a
dévoré ; ce qu’a laissé le jélek, le hasil l’a dévoré.” (les ennemis de l’Eglise sont spirituels, et ils la rongent
de l’intérieur).
Voir aussi Amos 4 (avec la succession de la famine, de la sécheresse, des insectes ravageurs, de la peste).

2:22a. Voici, je la jette sur un lit, …


a) La locution “voici” (id. Ap. 1:7) est une exclamation ayant pour but d’attirer l’attention sur
une décision grave de Dieu.
La menace contre Jézabel (“elle”) est à la mesure de l’offense : la portion de l’Eglise qui a
rejeté la Main patiemment tendue, est à son tour rejetée, et même “jetée” par le Fils de
l’homme lui-même (le verbe est conjugué au présent).

b) Pour Jézabel, le “lit” de l’adultère est remplacé par le “lit” de la prostitution.


La convoitise est livrée aux dents de ce qu’elle convoite, de même que le Destructeur se
destine à la destruction.
C’est la conséquence d’un choix de l’âme. La coupable est jetée “sur, dans” ce lit : la
préposition grecque “eis” suggère un mouvement, ici une dynamique de déchéance.
L’Epoux la “jette” aux esprits impurs du monde qu’elle convoite, comme Jéhu a fait jeter
Jézabel dans la rue et l’a livrée aux chiens sauvages (2 R. 9:30-37) conformément à la prophétie
d’Elie (1 R. 21:23). Au lieu de se repentir, Jézabel s’est maquillée !

c) C’est le même principe de jugement que celui appliqué aux païens quand ils rejettent
délibérément le témoignage de l’existence de Dieu donné par la nature.
• Rom. 1:20-31 “(20) En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa Divinité, se
voient comme à l'œil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc
inexcusables, (21) puisque ayant connu Dieu, ils ne l'ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point
rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans
les ténèbres. (22) Se vantant d'être sages, ils sont devenus fous ; (23) et ils ont changé la gloire du Dieu
incorruptible en images représentant l'homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes, et des reptiles.
(24) C'est pourquoi Dieu les a livrés à l'impureté, selon les convoitises de leurs cœurs (c’est sur ce même
“lit” que Dieu jette Jézabel) ; en sorte qu'ils déshonorent eux-mêmes leurs propres corps ; (25) eux qui
ont changé la Vérité de Dieu en mensonge, et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, qui
est béni éternellement. Amen ! ”
Le mot “lit” a été choisi :
• car le monde déchu est un “lit” où Jézabel trouve ses amants,
• car Jézabel y est allongée comme dans une tombe : c’est le “lit” de la mort et de la dissolution.

d) Le même jugement est décrit en Ap. 17 (scènes introductives de la 6e Fresque), où l’Eglise


infidèle est appelée la “grande Prostituée”:
• Ap. 17:15-18 “(15) Et il me dit : les eaux que tu as vues, sur lesquelles la Prostituée est assise (elle y
trouve ses amants), sont des peuples et des multitudes et des nations et des langues. (16) Et les dix cornes
que tu as vues et la Bête (la Bête polymorphe venue de la mer) haïront la Prostituée, et la rendront déserte
et nue, et mangeront ses chairs (cf. Jézabel dévorée par des chiens), et la consumeront par le feu. (17) Car
Dieu leur a mis au cœur d'exécuter son dessein, et d'exécuter un même dessein, et de donner leur royaume
à la Bête, jusqu'à ce que les paroles de Dieu soient accomplies. (18) Et la femme que tu as vue, c'est la
grande ville (Jérusalem devenue Babylone) qui a la royauté sur les rois de la terre.”

2:22b. … et une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, …
a) Se réclamer de l’Evangile et adhérer aux enseignements séducteurs de Jézabel (Ap. 2:20),
c’est être infidèle à Jésus-Christ, c’est “commettre adultère (gr. “moichaomai” = être coupable
d’adultère) avec elle”, avec une prostituée, et donc devenir un même corps avec elle.
• 1 Cor. 6:16,19 “(16) Ne savez-vous pas que celui qui s’attache à la prostituée est un seul corps avec
elle ? - … - (19) Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, et que
vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ?”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -193-
________________________________________________

Ayant partagé son lit d’impureté, ils doivent partager son lit de corruption où Dieu la jette,
et ils sont donc destinés à une “grande tribulation” (ou “affliction, détresse” ; gr. “thlipsis”, id. Ap.
1:9 ; 2:9,10 ; 7:14).

b) Cette “tribulation” est ici une malédiction ; elle frappe les complices de Jézabel. Elle est
indéterminée (il n’y a pas d’article) et ne doit donc pas être confondue avec “LA grande
tribulation” (avec l’article) subie par les saints (Ap. 7:14). L’une est un châtiment, l’autre est
pour les saints une épreuve et l’occasion d’être encore plus glorifiés.
Les caractères de cette “affliction” ne sont pas précisés, mais elle est qualifiée de “grande”
(gr. “mega”) à cause de son intensité. Il n’y a pas de verbe au futur : cette détresse est
intemporelle.
• Pour Israël, la tribulation-châtiment se traduisait par des famines, des invasions ennemies, des
maladies, des morts, des détresses et des souffrances, la captivité, et même par l’exil en pays idolâtres et
hostiles. Il y avait des degrés dans l’intensité de l’affliction, selon le degré de l’offense et de la
responsabilité.
• Pour certains commentateurs, les armées de l’Islam ont été les marteaux d’un jugement divin contre
une grande portion du monde christianisé dominé par Constantinople et Rome, et déjà infidèle.

c) La menace frappe non seulement le système idolâtre, meurtrier et adultère de Jézabel, mais
aussi tous les “serviteurs de Dieu” qui se laissent séduire par elle, devenant, comme les
pharisiens usurpateurs de la chaire de Moïse, des aveugles conducteurs d’aveugles, et finissant
tous dans la fosse de la dissolution.
• Mt. 23:37 “Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous ressemblez à des sépulcres
blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute
espèce d’impuretés.”
La fausse Jérusalem peut donc être appelée “Sidon”, la ville d’origine de Jézabel (de même
qu’elle est appelée “Babylone” et “Sodome”). Les paroles suivantes d’Ezéchiel contre Sidon sont, en
effet, pareillement applicables à Thyatire :
• Ez. 28:21-24 “(21) Fils de l’homme, tourne ta face vers Sidon, et prophétise contre elle ! (22) Tu diras :
Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : Voici, j’en veux à toi, Sidon ! Je serai glorifié au milieu de toi ; et ils
sauront que je suis l’Eternel, quand j’exercerai mes jugements contre elle. (23) J’enverrai la peste (la
souillure spirituelle) dans son sein, je ferai couler le sang (la mort spirituelle) dans ses rues ; les morts
tomberont au milieu d’elle par l’épée (les armées des ténèbres) qui de toutes parts viendra la frapper. Et ils
sauront que je suis l’Eternel. (24) Alors elle ne sera plus pour la maison d’Israël une épine qui blesse, une
ronce déchirante, parmi tous ceux qui l’entourent et qui la méprisent. Et ils sauront que je suis le Seigneur,
l’Eternel.” (la fausse Jérusalem est une épine et une ronce dans le Corps de Christ).
• 2 Thes. 2:3-12 “(3) Que personne ne vous séduise d'aucune manière ; car il faut (c’est une nécessité
pour mettre à l’épreuve les élus) que l'apostasie soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme
du péché, le fils de la perdition (tout homme en qui s’incarne l’esprit nicolaïte, ou celui de Balaam, ou
celui de Jézabel), (4) l'adversaire qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou de ce qu'on adore,
jusqu'à s'asseoir dans le temple de Dieu (dans le Corps de Christ), se proclamant lui-même Dieu (là se
dresse à chaque fois le trône de Satan, cf. à Pergame, Ap. 2:13). (5) Ne vous souvenez-vous pas que je
vous disais ces choses, lorsque j'étais encore chez vous ? (6) Et maintenant vous savez ce qui le retient
(l’amour de l’Esprit de Dieu pour les élus empêche ce mauvais esprit de se déchaîner pleinement), afin
qu'il ne paraisse qu'en son temps. (7) Car le mystère de l'iniquité agit déjà (les Lettres aux 7 Eglises le
démontrent) ; il faut seulement que Celui qui le retient encore ait disparu (il en est ainsi à chaque jugement,
et en particulier à l’époque du retour de Christ). (8) Et alors sera dévoilé l'impie (l’Esprit se sera totalement
retiré de l’Eglise apostate, et l’iniquité sera pleinement manifestée), que le Seigneur Jésus détruira par le
Souffle de sa bouche, et qu'il anéantira par l'éclat de son avènement. (9) La présence de cet impie se fera,
par la puissance de Satan (Satan n’est pas “l’impie” mais l’anime), avec toute puissance, des signes et des
prodiges mensongers (des manifestations spectaculaires, psychiques, et sans valeur rédemptrice ; cf. la
magie étonnante de Simon, Act. 8:9), (10) et avec toutes les séductions de l'iniquité pour ceux qui
périssent parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la Vérité pour être sauvés. (11) Aussi Dieu leur envoie
une puissance d'égarement (des démons de l’impiété), pour qu'ils croient au mensonge, (12) afin que
tous ceux qui n'ont pas cru à la Vérité, mais qui ont pris plaisir à l'injustice, soient condamnés.”
Ce système sera décrit plus en détail au chapitre 13 sous la forme de la Bête polymorphe qui
sort de la mer, et de la Bête semblable à un agnelet qui sort de la terre.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -194-
________________________________________________

d) Cette “tribulation” est peut-être aussi une marque ultime d’amour pour essayer d’arracher
encore quelques âmes à un destin funeste, comme le suggère la fin du verset.

2:22c. … à moins qu’ils ne se repentent de leurs œuvres.


a) La miséricorde de Dieu offre encore une porte de salut, non pas à l’esprit de Jézabel, mais
aux membres de l’Eglise qui se sont laissé séduire (selon certains manuscrits, il faut traduire : “de ses
œuvres”, celles de Jézabel ; mais la pensée est la même).
Malgré le caractère odieux des “œuvres” (la débauche spirituelle, l’idolâtrie, la persistance dans le
mensonge) commises par des religieux se réclamant de Jésus-Christ, la “repentance” est le
chemin sans cesse offert aux âmes humaines.
La “repentance” possède cette efficacité auprès de Dieu car elle traduit une renaissance de
la “ferveur première” pour Jésus-Christ.
• Jér. 2:2-8,13 “(2) Va, et crie aux oreilles de Jérusalem : Ainsi parle l’Eternel : Je me souviens de ton
amour lorsque tu étais jeune, de ton affection lorsque tu étais fiancée, quand tu me suivais au désert, dans
une terre inculte. (3) Israël était consacré à l’Eternel, il était les prémices de son revenu ; tous ceux qui
en mangeaient (qui y portaient atteinte) se rendaient coupables, et le malheur fondait sur eux dit l’Eternel.
(4) Ecoutez la parole de l’Eternel, maison de Jacob, et vous toutes, familles de la maison d’Israël ! (5)
Ainsi parle l’Eternel : Quelle iniquité vos pères ont-ils trouvée en moi, pour s’éloigner de moi, et pour
aller après des choses de néant et n’être eux-mêmes que néant ? … (7) Je vous ai fait venir dans un pays
semblable à un verger, pour que vous en mangiez les fruits et les meilleures productions ; mais vous êtes
venus, et vous avez fait de mon Héritage une abomination. (8) Les sacrificateurs n’ont pas dit : Où est
l’Eternel ? Les dépositaires de la Loi ne m’ont pas connu, les pasteurs m’ont été infidèles, les prophètes
ont prophétisé par Baal, et sont allés vers ceux qui ne sont d’aucun secours (par exemple les esprits des
morts). - … - (13) Mon peuple a commis un double péché : ils m’ont abandonné, moi qui suis une Source
d’Eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l’eau.”
• Ez. 16:21 (accusation contre Jérusalem) “Tu as égorgé mes fils (pour les faire taire), et tu les as donnés
(aux idoles mensongères), en les faisant passer par le feu en leur honneur.” (Lire tout le chapitre).
• Ez. 16:43 (accusation contre Jérusalem) “Parce que tu ne t’es pas souvenue du temps de ta jeunesse,
parce que tu m’as provoqué par toutes ces choses, voici, je ferrai retomber ta conduite sur ta tête, dit le
Seigneur, l’Eternel, et tu ne commettras plus le crime avec toutes tes abominations.”

b) Mais le début du verset 21 laissait entendre que le “temps” de la patience de Dieu a une
fin (“Je lui ai donné du temps afin qu’elle se repentît”).
• Lc. 13:3 “Si vous ne vous repentez, vous périrez tous également.”

2:23a. Je ferai mourir de mort ses enfants ; …


a) La menace contre la portion infidèle de Thyatire atteint son point culminant. L’assemblée
prostituée et ses amants forment comme un corps jeté dans un lit de souillure, ce qui les
condamne à “une grande détresse” (v.22). En l’absence de repentance cette “détresse”
spirituelle conduit à un état de “mort” irrémédiable.

b) Ces unions spirituelles scandaleuses donnent naissance, par la prédication et le


témoignage mensongers, à des “enfants” (gr. “teknon” = enfant par descendance naturelle) adultérins
animés du même esprit, et qui peu à peu remplissent tout le pays, comme le levain fait gonfler
la pâte qui devient elle-même à son tour du levain.
• Jézabel a ainsi souillé le Royaume du Nord, et le royaume du Sud a été contaminé par sa fille Athalie.
• Voir aussi la parabole d’Ezéchiel sur Ohola et Oholiba, images de Samarie et de Jérusalem, deux
prostituées spirituelles issues d’une même mère, Ez. 23:2-4,28-29,37, 46-47).
Jézabel est une prostituée, mais elle est mère, et a des filles à sa ressemblance (Ap. 17:5).
• Ap. 17:5 (6e Fresque) “Sur son front (celui de la Prostituée) était écrit un nom, un mystère : Babylone la
grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre.”
• Es. 57:3 “Mais vous, approchez ici, fils de l’enchanteresse, race de l’adultère et de la prostituée !”
Les enfants de Jézabel sont le fruit de son union avec les serviteurs de Dieu qu’elle a séduits.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -195-
________________________________________________

Il n’y a là aucun déterminisme : rien n’empêche l’enfant biologique d’un impie de choisir la voie sainte.
Inversement, l’enfant biologique d’un couple de saints peut choisir la voie de Jézabel (cf. Caïn, et les fils
du sacrificateur Eli).

c) Le Fils de l’homme menace de “tuer de mort”, et de sa propre main (“je”), ces coupables
endurcis. Cette expression (un hébraïsme) d’une grande violence, suggère, plus qu’une mort
naturelle ou accidentelle, une exécution implacable et irréversible de l’âme, résultant d’une
sentence inflexible. L’exécuteur de la sentence n’est pas directement le Fils de l’homme, mais
la Dissolution résultant du rejet des paroles du Fils et donc de sa Vie. Cette “mort” (gr. :
“thanatos”) est un état ultime de non-être de l’âme.
La “mort” qui menace cette 4e Eglise (l’Eglise au centre des 7 Eglises) est la même “mort” que celle
qui sera illustrée dans le 4e Sceau (le Sceau médian des 7 Sceaux).
• Ap. 6:8 (Ouverture du 4ème Sceau) “Et je regardai, et voici un cheval pâle (= livide, verdâtre) ; et celui
qui le montait se nommait la Mort (une dynamique de chaos), et le Séjour des morts le suivait ; et il leur
fut donné pouvoir sur la quatrième partie de la terre, pour tuer par l'épée et par la famine et par la
mortalité (en particulier les épidémies) et par les bêtes sauvages de la terre”
• Ap. 18:7-8 (6e Fresque) “(7) Autant Babylone (autre nom de Jézabel, de la Grande prostituée, de la
fausse Eglise) s'est glorifiée et s'est plongée dans les délices autant donnez-lui de tourment et de deuil.
Parce qu'elle dit en son cœur : Je suis assise comme reine, et je ne suis point veuve (elle n’a que des
amants), et je ne verrai point le deuil, (8) c'est pour cela qu'en un seul jour viendront ses tourments, mort
et deuil et famine, et elle sera consumée par le feu ; car puissant est le Seigneur Dieu qui l'a jugée.”

d) Ce destin final des “enfants” du christianisme né de Jézabel a été préfiguré par la mort,
sous le feu du Ciel, des prêtres de Baal soutenus par la Jézabel historique (1 R. 18:40 ; 2 R. 10:6-7
et 24-25), par la mort de cette Jézabel, par celle des 70 fils d’Achab (son époux), et par celle des
42 frères d’Achazia, petit-fils de Jézabel et roi de Juda (ils furent égorgés sur ordre de Jéhu, 2 R. 10).
Tous étaient des semences de prostitution spirituelle.
• Ez. 16:47-49,59 “(47) (Jérusalem), tu n’as pas seulement marché dans leurs voies (celles de tes deux
sœurs, Samarie et Sodome), commis les mêmes abominations, c’était trop peu ; tu as été plus corrompue
qu’elles dans toutes tes voies. (48) Je suis vivant ! dit le Seigneur, l’Eternel, Sodome, ta sœur, et ses filles
n’ont pas fait ce que vous avez fait, toi et tes filles. (49) Voici quel a été le crime de Sodome, ta sœur. Elle
avait de l’orgueil, elle vivait dans l’abondance et dans une insouciante sécurité, elle et ses filles, et elles
ne soutenaient pas la main du malheureux et de l’indigent. Je les ai fait disparaître (par le feu) quand j’ai
vu cela. - … - (50) J’agirai envers toi comme tu as agi, toi qui as méprisé le serment en rompant
l’Alliance.”

La révolte scandaleuse de Koré (un chef et un Lévite !), allié à 3 chefs Rubénites (Ruben était
et allié à 250 chefs du peuple de l’Eternel, illustre ce qu’est le levain
l’ainé des fils de Jacob),
nicolaïte : l’élite d’Israël a voulu s’emparer du sacerdoce de l’Esprit (dévolu à Aaron) (Nb.
16:10) : le feu, ou la gueule de la terre (Nb. 16:31-35), les ont réduits en poussière (Nb. 16) comme
plus tard allait l’être Jézabel. Ce levain était si puissant que 14 700 personnes du peuple
contaminé périrent (Nb. 16:49).

2:23b. … et toutes les Eglises connaîtront que je suis Celui qui sonde les reins et les cœurs,

a) “Toutes” les Eglises, c’est-à-dire les 7 Eglises, et donc chaque chrétien (vrai ou faux) de
tous les temps, s’inclineront en constatant individuellement (gr. : “ginosko” = connaître par
expérience ou par étude) que rien n’est caché aux yeux du Fils de l’homme qui envoie ces Lettres,
et que ses jugements sont parfaits.
Il “sonde” (gr. : “ereunao” = scruter, pister, explorer) les motivations, les circonstances, les ressorts
qui président à chaque décision.
• Act. 5:11 (Lors de la mort pour cause d’hypocrisie, d’Ananias et de Saphira) “Une grande crainte
s’empara de toute l’assemblée et de tous ceux qui apprirent ces choses.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -196-
________________________________________________

Cette mise en garde fait écho au v. 18 où, en introduction de cette Lettre à Thyatire, Jésus-
Christ s’était présenté comme “Celui qui a les yeux comme une flamme de feu”.

b) Selon divers commentateurs, les “reins” seraient le centre des désirs, et le “cœur” le centre
des pensées … ou l’inverse (les fonctions du cerveau étant méconnues dans l’Antiquité).
L’expression “les reins et les cœurs” est en fait un hébraïsme qui désigne peut-être plus
simplement les ressorts les plus secrets de l’âme humaine, là où s’exerce le mystérieux libre
arbitre de l’homme.
“Sonder” l’âme est la fonction de Celui qui s’est présenté à cette Eglise comme “Celui qui
a les yeux comme une flamme de feu” (v.18) et qui scrute les réalités profondes, et pas seulement
les apparences. Il pèse en particulier la présence et l’évolution de la connaissance de Christ, sa
traduction dans la vie quotidienne et dans les rapports avec autrui (dans la famille, au travail, dans
l’assemblée, etc.).
• 1 Chr. 28:9 “… l’Eternel sonde tous les cœurs et pénètre tous les desseins et toutes les pensées.”
• 1 R. 8:39 “Agis, et rends à chacun selon ses voies, toi qui connais le cœur de chacun, car seul tu
connais le cœur de tous les enfants des hommes.”
• Jér. 11:20 “L’Eternel des armées est un juste juge, qui sonde les reins et les cœurs.”

2:23c. … et je vous rendrai à chacun selon vos œuvres.


Ces “œuvres” (gr. : “ergon”, le résultat d’un travail) sont ici celles que Dieu condamne, et non
celles du v. 19 qui accompagnent les vrais enfants de Dieu.
Ces “œuvres” sont les pensées, les paroles et les actes de ceux qui se réclament de Jésus-
Christ, mais qui sont inspirés par le nicolaïsme, par la doctrine de Balaam, par la séduction
de Jézabel (cette triade impure sera représentée plus loin par la Bête polymorphe, la Bête aux deux cornes
d’agneau, et la Grande Prostituée).
Christ juge et “donne” ou rétribue selon les œuvres de chacun, et non selon la réputation,
ni selon le credo récité, ni selon la religiosité apparente. Le jour vient où tous les masques
tomberont en public.
• Jér. 17:10 “Moi, l’Eternel, j’éprouve le cœur, je sonde les reins, pour rendre à chacun selon ses voies,
selon le fruit de ses œuvres.”
• Mt. 16:27 “Le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges ; et alors il rendra
à chacun selon ses œuvres.”
• Ap. 20:12 (7e Fresque) “Les morts (certains le sont de leur vivant) furent jugés selon leurs œuvres,
d’après ce qui était écrit dans ces livres.”
• Ps. 62:13 “A toi aussi, Seigneur ! la bonté ; car tu rends à chacun selon ses œuvres.”
• Ps. 34 :11 “Il rend à l’homme selon ses œuvres, il rétribue chacun selon ses œuvres.”

2:24a. A vous, à tous les autres de Thyatire, qui ne reçoivent pas cette doctrine, …
a) Les v. 24 et 25 contiennent les recommandations adressées par l’Esprit de Christ à ceux
qui peuvent en tirer partie, c’est-à-dire “aux autres” (gr. : “loipos” = les autres, le restant ; id. Ap.
9:20, etc.), aux rescapés qui, à Thyatire, refusent de “commettre adultère” avec l’esprit et le
système de Jézabel, et à ceux qui se repentent de l’avoir fait.
Il n’y a aucun espoir de pouvoir rénover le système, ni de l’intérieur ni d’une autre manière.
A ce stade de corruption, Jérusalem-Babylone doit être détruite, et avec elle son temple
souillé par les idoles. Les structures pyramidales cléricales de pouvoir sont toujours des
usurpations adultères de l’autorité de l’Esprit.

b) Ce système est soutenu par une “doctrine” (gr. : “didache”), c’est-à-dire par un
enseignement, une prédication institutionnalisée. Cette Eglise est fausse prophétesse.
Il s’agit plus d’une “doctrine” mensongère et séductrice, que d’actions grossièrement
coupables, mais elle est à l’origine du mal le plus grave : l’adultère avec l’ennemi de Dieu au
travers d’une idolâtrie camouflée et mensongère. Une telle Assemblée ne peut plus être utilisée
pleinement par l’Esprit pour conduire le reste du monde vers Jésus-Christ.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -197-
________________________________________________

Le verset s’adresse à ceux qui se purifient de tout contact avec cette souillure.

2:24b. … et qui n’ont pas connu les profondeurs de Satan, comme ils les appellent, …
a) La fausse Eglise ne croira jamais et ne dira jamais qu’elle prêche une doctrine satanique !
C’est l’ange qui dévoile que cette sophistication est d’origine ténébreuse. Une autre
traduction est donc préférable et possible : “… les profondeurs, comme ils les appellent, (mais
qui en fait sont) de Satan”.
Comme dans les liturgies des mystères païens, la fausse Eglise (en particulier le clergé) se
targuent d’être initiée à un savoir et à un pouvoir (par exemple celui de faire descendre l’Esprit dans
l’Eucharistie, ou celui d’interpréter les Ecritures, ou celui de pardonner au Nom de Dieu, etc.) , à des
“profondeurs” [gr. “bathos” = profondeurs (marines), secrets], inaccessibles aux simples laïcs.
Les rituels complexes et les vêtements sacerdotaux n’ont en fait pas d’autre but et pas d’autre puissance
que d’impressionner et d’accréditer ces prétentions.

b) Ces faux bergers et leurs brebis croient évidemment que ce sont les “profondeurs” de
Dieu (elles existent : 1 Cor. 2:10, Col. 2:2, etc.), mais Dieu dénonce leur vraie nature démoniaque
séductrice : ces discours savants sont en fait “de Satan”.
Pour illustrer la notion de “profondeur”, citons quelques extraits du “Compendium du
catéchisme de l’église catholique” (approuvé et promulgué le 28 juin 2005 par le pape Benoît XVI) au
sujet de l’eucharistie (ou Sainte Cène) (les passages soulignés le sont par nous) :
§280- En quel sens l’Eucharistie est-elle mémorial du sacrifice du Christ ?
… Le sacrifice de la croix et le sacrifice de l’Eucharistie sont un unique sacrifice. La victime et celui qui
l’offre sont identiques. Seule la manière de l’offrir diffère. Le sacrifice est sanglant sur la croix, non
sanglant dans l’Eucharistie
§282- Comment Jésus est-il présent dans l’Eucharistie ?
Jésus Christ est présent dans l’Eucharistie d’une façon unique et incomparable. Il est présent en effet
de manière vraie, réelle, substantielle : avec son Corps et son Sang, avec son Âme et sa divinité. Dans
l’Eucharistie, est donc présent de manière sacramentelle, c’est-à-dire sous les espèces du pain et du vin, le
Christ tout entier, Dieu et homme.
§283- Que signifie la transsubstantiation ?
La transsubstantiation signifie la conversion de toute la substance du pain en la substance du Corps du
Christ et de toute la substance du vin en la substance de son Sang. Cette conversion se réalise au cours
de la prière eucharistique, par l’efficacité de la parole du Christ et de l’action de l’Esprit Saint. Toutefois,
les apparences sensibles du pain et du vin, c’est-à-dire les “espèces eucharistiques”, demeurent
inchangées.
§286- Quelle sorte de culte est-il dû au sacrement de l’Eucharistie ?
C’est le culte de latrie, c’est-à-dire l’adoration réservée à Dieu seul, soit durant la célébration
eucharistique, soit en dehors d’elle. L’Église … présente l’hostie à l’adoration solennelle des fidèles, la
porte en procession, et elle invite à la visite fréquente et à l’adoration du Saint-Sacrement, conservé dans
le tabernacle.
§294- Pourquoi l’Eucharistie est-elle “gage de la gloire à venir” ?
Parce que l’Eucharistie comble de toutes les grâces et bénédictions du Ciel, elle nous rend forts pour notre
pèlerinage en cette vie et elle fait désirer la vie éternelle, nous unissant déjà au Christ assis à la droite du
Père, à l’Église du ciel, à la bienheureuse Vierge Marie et à tous les saints.

c) La mention de “Satan” est un rappel : dans l’Eglise de Smyrne (la 2e) se trouvait la
“synagogue de Satan” (Ap. 2:9) se vantant à tort d’être l’assemblée des Juifs de Dieu, et que
dans l’Eglise de Pergame (la 3e) se trouvait le “trône et de la demeure de Satan” (Ap. 2:13).
• Eve a elle aussi convoité une connaissance qui la dispenserait de toute dépendance de Dieu.
• Selon des historiens, des chrétiens contemporains de Jean (et combattus plus tard par Irénée) se
dénommaient eux-mêmes les “gnostiques”, c’est-à-dire les “pleins de connaissance”. Le gnosticisme,
avec ses innombrables variantes, était semble-t-il un mouvement de philosophie religieuse syncrétique
puisant ses racines dans le monde irano-babylonien, et dont le principal foyer fut, au deuxième siècle,
Alexandrie.
• L’enseignement ésotérique des gnostiques était dispensé aux seuls initiés, et s’inspirait beaucoup des
philosophies païennes, tout en semblant respecter le texte biblique.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -198-
________________________________________________

L’Evangile véritable est en fait à la portée de tous les enfants au cœur droit.

2:24c. … je vous dis : Je ne mets pas sur vous d’autre fardeau ; …


Ces mots sont un message rassurant et consolant, adressé à une Eglise qui a déjà tant de
vertus capitales. Cette portion minoritaire de l’Eglise plongée au milieu des pires dangers, n’a
pas oublié sa ferveur première, elle entretient sa foi, elle sert fidèlement la pensée divine, et
sait endurer les afflictions (Ap. 2:19) !
Ce “fardeau” contient en fait tous les commandements donnés par l’Esprit !
Dieu ne leur impose donc pas “d’autre (gr. : “allos” = autre, en plus) fardeau”, pas de
commandements en plus, non pas parce qu’ils souffriraient déjà assez, mais parce qu’ils
sont déjà sur la voie droite et progresseront nécessairement.

2:25a. … seulement, ce que vous avez, retenez-le …


L’Esprit exhorte donc les chrétiens de cette Eglise médiane de Thyatire à continuer de
cultiver, à “garder” (gr. : “krateo” = tenir fermement, avoir en son pouvoir ; id. Ap. 1:3), à conserver, à faire
croître sa ferveur, sa foi, son service, sa patience dans l’épreuve, sa douceur, c’est-à-dire tout
ce que l’expérience de Pentecôte offre au travers du baptême du Saint-Esprit et des Ecritures.
• Mt. 11:29-30 “(29) Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble
de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. (30) Mon joug est doux, et mon fardeau léger.”
• Ap. 1:3 “Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie, et qui gardent les choses qui y
sont écrites ! Car le temps est proche.”

Un chrétien ne possède rien de valeur (“ce qu’il a”) qui ne lui ait été donné : la vie, les aptitudes,
les vertus de l’Esprit, les prophéties, etc. Pour “retenir” la Lumière il faut rester proche du
Soleil du Lieu très saint : le loup guette les âmes éloignées de la Lumière, car elles ne voient
alors pas son ombre.

2:25b. … jusqu’à ce que je vienne.


Il y a toute la sollicitude du Berger dans cette exhortation : ne permettez pas aux faux
prophètes, aux loups, de vous arracher votre victoire, et persévérez “jusqu’à” la fin de la guerre
contre le Serpent ancien.
C’est aussi le rappel, par le Fiancé lui-même, de sa Promesse : “je reviens”. Mais il ne précise
pas la date ! Il est seulement ordonné de rester dans le Temple de Christ !
• Mt. 10:22 “Vous serez haïs de tous, à cause de mon Nom ; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin
sera sauvé.”
• Act. 1:10-11 “(10) Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu'il s'en allait, voici, deux
hommes vêtus de blanc leur apparurent, (11) et dirent : Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à
regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière (dans
les Nuées) que vous l'avez vu allant au ciel.”
• Héb. 3:14 “Car nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement
jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement.”
• Dan. 7:13-14 (vision des 4 Animaux sortis de la mer) “(13) Je regardai pendant mes visions nocturnes,
et voici, sur les Nuées des cieux arriva quelqu'un de semblable à un fils de l'homme ; il s'avança vers
l'Ancien des jours, et on le fit approcher de lui. (14) On lui donna la domination, la gloire et le règne ; et
tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une
domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit.”
• Ap. 3:11 (à l’Eglise de Philadelphie) “Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne
ta couronne.” (cf. aussi Ap. 19:11-16).

2:26a. Et à celui qui vaincra, et qui gardera jusqu’à la fin mes œuvres, …
C’est la première des 7 Lettres aux 7 Eglises, où la promesse précède l’exhortation à écouter.

a) Les versets 26 à 28 énoncent deux promesses faites aux vainqueurs de l’Eglise de Thyatire
(et donc aux vainqueurs des autres Eglises, ceux de tous les siècles) :
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -199-
________________________________________________

• l’autorité sur les Nations (v. 26-27),


• l’Etoile du matin (v. 28), un signe de résurrection, qui récapitule les promesses faites
aux 3 Eglises précédentes : l’Arbre de Vie (pour Ephèse, Ap. 2:7), la couronne de Vie (pour
Smyrne, Ap. 2:10), le nom nouveau (pour Pergame, Ap. 2:17) inscrit dans le Livre de Vie.

b) Sur l’expression “celui qui vaincra (gr. : “nikao” = “vaincre”, id. Ap. 2:7,11,17)”, présente à la
fin de chacune des Lettres aux 7 Eglises, voir les commentaires d’Ap. 2:7.

L’expression pourrait être traduite plus littéralement : “celui qui est dans un état de
vainqueur”. Ce doit donc être une façon de vivre, un état présent “jusqu’à la fin” (soit jusqu’à
la fin de la vie terrestre individuelle, soit jusqu’à la fin de l’attente avec le retour de Jésus-Christ).
• Mt. 24:13 “Celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé.”
• Rom. 2:7 “(Dieu) réserve la Vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire, cherchent
l’honneur, la gloire et l’immortalité.”

c) Au v. 25 il était demandé aux rescapés de Thyatire de “retenir” (gr. : “krateo” = tenir


fermement, avoir sous contrôle ; id. Ap. 1:3) ce qu’ils ont. Ici, il leur est demandé de “garder” (gr. :
“tereo” = prendre soin de, veiller sur) les “œuvres de Jésus-Christ”.
• La première exhortation invitait à préserver la position de fils de Dieu fidèle.
• Cette seconde exhortation invite à cultiver les actions (des “œuvres”) devant résulter de cet état.

Ces “œuvres” (gr. : “ergon”, le résultat d’un travail) sont celles de Jésus-Christ (“mes”), celles qui
sont à l’image de ce qu’il a lui-même pratiqué sur terre en communion avec l’Esprit du Père et
avec les Ecritures. De même, les fidèles de Pergame (la 3e) avaient été loués pour ne pas avoir
renié “SA foi” (et non pas “leur” foi, Ap. 2:13).
Ces “œuvres” sont à l’opposé des “œuvres” accomplies par les complices de Jézabel (Ap.
2:22).
• Ez. 9:4 “L’Eternel dit à l’homme vêtu de lin : Passe au milieu de la ville, au milieu de Jérusalem, et fais
une marque sur le front des hommes qui soupirent et qui gémissent à cause de toutes les iniquités qui
s’y commettent.” (Jésus a pleuré sur Jérusalem).

2:26b. … je donnerai autorité sur les nations …


a) Pour un chrétien, recevoir “autorité” (gr. : “exousia”), c’est recevoir par délégation, pour un
but et un temps fixés par Dieu, le pouvoir de mobiliser une puissance qu’il ne possède pas lui-
même, et que seul Dieu et ses anges possèdent.
• Jn. 5:19 “Jésus reprit donc la parole, et leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien
faire de lui-même (il en est à plus forte raison ainsi pour les chrétiens), il ne fait que ce qu'il voit faire au
Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement.”

“Les nations” (gr. : “ethnos”) représentent dans l’Apocalypse (par analogie à l’AT) la portion de
l’humanité qui, à la différence d’Israël selon l’Esprit, n’a encore jamais entendu le vrai
Evangile. Il y a parmi eux des cœurs ouverts et des cœurs rebelles. Avant, mais aussi après le
retour de Christ, les enfants de Dieu auront une immense mission à accomplir parmi eux, en
miséricorde ou en condamnation.

b) “Recevoir autorité sur les nations”, c’est être invité par l’Esprit de Jésus-Christ à
participer (du fait de l’union organique du Corps avec la Tête) à son règne au service des hommes,
non comme des dictateurs, mais somme des bergers qui se souviennent qu’ils ont été des brebis
blessées et égarées.
• Dan. 7:9 “Je regardais, pendant que l’on plaçait DES trônes…” à comparer à Ap. 20:4 “Et je vis DES
trônes ; et à ceux qui s’y assirent fut donné le pouvoir de juger.”
• Mt. 19:28 “Quand le Fils de l’homme, au renouvellement de toutes choses, sera assis sur le Trône de sa
gloire, vous qui m’avez suivi, vous serez de même assis sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus
d’Israël (le peuple à qui ils ont témoigné).”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -200-
________________________________________________

• Lc. 19:17 (parabole des mines) “C’est bien, bon et fidèle serviteur ; parce que tu as été fidèle en peu de
chose, reçois le gouvernement (gr. “exousia” = autorité) de dix villes.”
• 1 Cor. 6:2,3 “Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde (c’est-à-dire feront paître et
protégeront le troupeau) ? …”
• 2 Tim. 2:11-12 “(11) Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui ; (12) si nous
persévérons, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, lui aussi nous reniera.”

c) Ce verset est directement inspiré du Psaume 2 :


• Ps. 2:7-9 (pour Israël) “(7) Je publierai le décret ; l’Eternel m’a dit : Tu es mon Fils ! Je t’ai engendré
aujourd’hui. (8) Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, les extrémités de la terre pour
possession ; (9) tu les briseras avec un bâton de fer, tu les briseras comme le vase d’un potier.”

Cette promesse d’assumer une fonction de berger fait écho au regard acéré et aux pieds
embrasés du grand Berger protecteur qui s’est présenté au début de cette Lettre à Thyatire :
• Ap. 2:18 “Ecris à l’ange de l’Eglise de Thyatire : Voici ce que dit le Fils de Dieu, Celui qui a les yeux
comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables à de l’airain ardent.”

L’ambition de l’église apostate a toujours été (comme Satan) de dominer le monde, et elle n’a
pas hésité pour cela à se souiller, et à tuer les prophètes de Dieu. Mais c’est l’Eglise méprisée
et élue qui se verra confier ce règne, avec une puissance spirituelle qui lui sera déléguée depuis
le Trône de Christ.

2:27a. … et il les fera paître avec un bâton de fer, comme on brise les vases d’argile, …
C’est encore un extrait du Psaume 2 précité.
a) “Faire paître”, c’est non seulement conduire les brebis, comme le fait un berger, vers les
bons pâturages, mais c’est aussi les empêcher de manger des herbes empoisonnées, et
repousser les loups déguisés en agneaux qui les menaceraient.
• Au retour de Jésus-Christ, des démons seront à éradiquer, et il y aura peut-être encore des hommes qui
choisiront toujours la voie de Caïn, de Koré, de Balaam.
• L’Esprit ne tolérera plus l’endurcissement des habitants des Nations, au fur et à mesure que la
connaissance de Dieu couvrira toute la terre (cf. Ps. 2:7-9).

Un vrai berger n’utilise pas son “bâton” (gr. : “rabdos” = “bâton”) pour frapper ses brebis, mais
pour les protéger et frapper le loup. Le même mot peut désigner un sceptre (comme en Héb. 1:8
“le sceptre de ton règne”) : ce sera un sceptre d’équité (Héb. 1:8).
• Ps. 23:4 “Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec
moi : ta houlette et ton bâton me rassurent.”
• Mt. 2:6 “Bethléem, … c’est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël, mon peuple.”

b) Ce “bâton” est “en fer”, le métal le plus vil (il est utilisé pour la guerre). Les loups ne sont pas
dignes d’être frappés avec un bâton en or puisqu’ils méprisent le sceptre d’or de l’Esprit, ni
avec un bâton de bois, puisqu’ils rejettent la miséricorde offerte à la Croix.
L’argile cuite des vases brisés représente la nature humaine corrompue depuis la chute d’Adam. Ce qui
est de la chair, et qui est inimitié contre Dieu (Rom. 8:7), sera brisé sans faiblesse (par le “fer”).

C’’est essentiellement le jugement de la fraction irrémédiablement hostile des nations (les


ennemis du Roi-Epoux) qui est ici en vue.
Lors de l’Exode, ont été frappés par le bâton de fer, d’une part les loups extérieurs des
nations (des Egyptiens, des Amalécites, des Cananéens, etc.), et d’autre part les loups de l’intérieur
(Nadab et Abihu, Koré et ses acolytes, l’ancienne génération, etc.).
• Ap. 12:5 (4e Fresque) “(La femme enveloppée du soleil) enfanta un fils qui doit paître toutes les nations
avec un bâton de fer.”
• Ap. 19:15 (7e Fresque) “De sa bouche sortait une épée aiguë, pour frapper les nations ; il les paîtra
avec un bâton de fer ; et il foulera la cuve du vin de l’ardente colère du Dieu tout-puissant.”

c) Avant de paître les nations encore ignorantes, le Berger doit aussi juger l’Eglise apostate.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -201-
________________________________________________

Celle qui devait être un vase d’honneur n’est qu’un “vase d’argile” impur, impropre à tout
usage dans le Temple. Ce jugement de la fausse Jérusalem a été prophétisé par Jérémie. Sa
prophétie s’est accomplie en Palestine, et s’accomplira dans le christianisme, car les mêmes
causes spirituelles engendrent les mêmes conséquences en application des mêmes lois.
• Jér. 19:10-13 “(10) Tu briseras ensuite le vase, sous les yeux des hommes qui seront allés avec toi. (11)
Et tu leur diras : Ainsi parle l'Éternel des armées : C'est ainsi que je briserai ce peuple et cette ville,
comme on brise un vase de potier, sans qu'il puisse être rétabli. Et l'on enterrera les morts à Topheth (la
vallée de honte, 2 R. 23:10) par défaut de place pour enterrer. (12) C'est ainsi que je ferai à ce lieu, dit
l'Éternel, et à ses habitants, et je rendrai cette ville semblable à Topheth. (13) Les maisons de Jérusalem
et les maisons des rois de Juda seront impures comme le lieu de Topheth, toutes les maisons sur les toits
desquelles on offrait de l'encens à toute l'armée des cieux, et on faisait des libations à d'autres dieux.”
- La vallée de Topheth (= “lieu pour brûler”) est la vallée de la Géhenne au sud de Jérusalem, où
les vases impurs étaient brisés.
- Cette destruction annoncée a un caractère ignominieux, car cette vallée avait été le théâtre de cultes
idolâtres abominables, et la poussière des autels impies y avait été répandue.
- En cette vallée finissaient de pourrir de leur feu et de leur ver intérieurs, les immondices de la ville.
• Ez. 24:11-13 “(11) Mets la chaudière vide (image de la Jérusalem apostate) sur les charbons, afin qu’elle
s’échauffe, que son airain devienne brûlant, que sa souillure se fonde au dedans, et que sa rouille se
consume. (12) Les efforts sont inutiles, la rouille dont elle est pleine ne se détache pas ; la rouille ne s’en
ira que par le feu. (13) Le crime est dans ta souillure, parce que j’ai voulu te purifier et que tu n’es pas
devenue pure, tu ne seras plus purifiée de ta souillure jusqu’à ce que j’aie assouvi sur toi ma fureur.”

2:27b. … ainsi que moi-même j’en ai reçu le pouvoir de (gr. : “para”) mon Père.
Cette passation de pouvoir de l’Eternel en faveur du Fils (et donc en faveur les fils) est décrite au
Psaume 2:7-9 (précité) “Tu es mon Fils … je te donnerai les nations”.
Christ reçoit du Père seul le royaume que Satan avait cherché à lui échanger contre
l’adoration, et sans passer par la Croix. Puis il fait participer les “vainqueurs” à sa Victoire.
• Ps. 89:27-29 “(27) Et moi, je ferai de lui le Premier-né, le plus élevé des rois de la terre. (28) Je lui
conserverai toujours ma bonté, et mon Alliance lui sera fidèle ; (29) je rendrai sa postérité éternelle, et
son Trône comme les jours des cieux.”
• Ez. 21:25-27 “(25) Et toi, profane, méchant, prince d’Israël, dont le jour arrive au temps où l’iniquité
est à son terme ! (26) ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : La tiare sera ôtée, le diadème sera enlevé (les
insignes du Grand Prêtre). Les choses vont changer. Ce qui est abaissé sera élevé, et ce qui est élevé sera
abaissé. (27) J’en ferai une ruine, une ruine, une ruine (une dynamique d’annihilation). Mais cela n’aura
lieu qu’à la venue de Celui (le Messie) à qui appartient le jugement et à qui je le remettrai.”
• Héb. 1:8 “Mais (Dieu) a dit au Fils : “Ton Trône, ô Dieu, est éternel ; le sceptre de ton règne est un
sceptre d’équité.” (= Ps. 45:7).
• Rom. 8:17 “(17) Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et
cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d'être glorifiés avec lui.”
Les élus seront en compagnie du Christ pour manier ce sceptre de jugement : la Rédemption finale
des justes précèdera le Jugement des méchants. Ayant vaincu le monde, ils jugeront le monde.

2:28. Et je lui donnerai l’étoile du matin.


a) Même au milieu de la nuit noire, cette “étoile du matin” annonce le jour nouveau, la gloire
du soleil levant à l’aube du jour nouveau du Règne du Christ.
C’est un symbole de résurrection, de renouveau dans la Lumière.
C’est une allusion à une antique prophétie en faveur d’Israël encore errant dans le désert, que
Daniel a reprise et transmise en Chaldée, et qu’ont ainsi pu connaître les mages venus honorer
Jésus au temps de sa naissance.
• Nb. 24:17 (prophétie de Balaam) “Je le vois, mais non maintenant, je le contemple, mais non de près.
Un Astre sort de Jacob (le Messie viendra d’Israël), un Sceptre s’élève d’Israël.”
• Dan. 12:3 “Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront
enseigné la justice à la multitude brilleront comme les étoiles, à toujours et à perpétuité.”
• Mt. 2:2 “(Les mages d’Orient demandèrent) : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? car nous avons
vu son Etoile en Orient (ils ont vu et cru la Nuée), et nous sommes venus pour l’adorer.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -202-
________________________________________________

b) Déjà de son vivant, un croyant né de l’Esprit et en contact personnel avec les Ecritures,
sait qu’il est associé à cette gloire, et cette promesse lui appartient déjà (même si c’est encore
flou) : cet esprit d’adoption (d’intronisation) le console (Rom. 8:15), alors même que le jour de
l’adoption des fils de Dieu n’a pas encore été manifesté (Rom. 8:23, Gal. 4:5, Eph. 1:5, 1 Jn. 3:2).
La Nature de Jésus-Christ est, par essence, cette “Etoile du matin”, de même qu’il est la
Manne cachée (Ap. 2:17) et le dispensateur de tout Nom nouveau :
• Ap. 22:16 “ Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange vous attester ces choses pour les Eglises. Je suis la Racine
et la Postérité de David, l'Etoile brillante du matin.” (C’est l’accomplissement d’Ap. 2:28).

“Donner” cette Etoile, c’est partager l’héritage avec les cohéritiers (Rom. 8:17 précité). Ils
brilleront de la même Lumière. Recevoir “l’Etoile du matin”, c’est devenir participant de la
Vie de Jésus-Christ. C’est donc synonyme de recevoir la Couronne de Vie (promise aux
vainqueurs d’Ephèse, Ap. 2:7), de communier avec la Manne cachée (promise aux vainqueurs de
Pergame, Ap. 2:17), de manger de l’Arbre de Vie (promis aux vainqueurs d’Ephèse), etc.
• 2 P. 1:19 “Et nous tenons pour d’autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien
de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour vienne à
paraître et que l’Etoile du matin se lève dans vos cœurs (le baptême de l’Esprit en plénitude).”
• Mal. 4:1-3 “(1) Car voici, le jour vient, ardent comme une fournaise. Tous les hautains et tous les
méchants seront comme du chaume ; le jour qui vient les embrasera, dit l’Eternel des armées, il ne leur
laissera ni racine ni rameau. (2) Mais pour vous qui craignez mon Nom se lèvera le Soleil de la justice,
et la guérison sera sous ses ailes ; vous sortirez, et vous sauterez comme les veaux d’une étable. (3) Et
vous foulerez les méchants, car ils seront comme de la cendre sous la plante de vos pieds (cf. le bâton de
fer), au jour que je prépare, dit l’Eternel des armées.”
• Mt. 13:43 “Les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père.”

c) Cette “Etoile brillante du matin” est victorieuse de l’“astre brillant et fils de l’aurore”
tombé du ciel, le dictateur des nations qui voulait élever son trône au-dessus des étoiles de
Dieu (Es. 14:12-13 ; cf. aussi la complainte sur le roi de Tyr en Ez. 28:11-19).

2:29. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises.
a) Sur cette formule proverbiale, répétée en conclusion de chacune des Lettres aux 7 Eglises
d’Asie, voir les commentaires d’Ap. 2:7.
• Ez. 3:27 “Quand je te parlerai, j’ouvrirai la bouche, pour que tu leur dises : Ainsi parle le Seigneur,
l’Eternel. Que celui qui voudra écouter écoute, et que celui qui ne voudra pas n’écoute pas, car c’est une
famille de rebelles.”
• Ez. 3:17 “Fils de l’homme, je t’établis comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu écouteras la parole
qui sortira de ma bouche, et tu les avertiras de ma part.”

b) L’ange envoyé vers l’Eglise communique le message qu’il a entendu, et il appartient à


chaque membre (“celui qui”) de toutes (“aux”) les Eglises, de l’assimiler et d’en tirer les
conséquences pratiques.
• Es. 48:15-16 “(15) Moi, moi, j’ai parlé, et je l’ai appelé (celui que l’Eternel aime) ; je l’ai fait venir, et
son œuvre réussira. (16) Approchez-vous de moi, et écoutez ! Dès le commencement, je n’ai point parlé
en cachette, dès l’origine de ces choses, j’ai été là. Et maintenant, le Seigneur, l’Eternel, m’a envoyé avec
son Esprit.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -203-
________________________________________________

E – Tableau 5. L’Eglise de Sardes (Ap. 3:1 à 6)


Le lumignon qui fume

FRESQUE 1 FRESQUE 2 FRESQUE 3 FRESQUE 4 FRESQUE 5 FRESQUE 6 FRESQUE 7


(l’Eglise (les Sceaux (les (une guerre (les Coupes) (jugements (scènes
exhortée) de jugement) Trompettes spirituelle ultimes de ultimes)
du jugement) cosmique) Babylone)
Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes
Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives
(le Juge (la Pensée (préparation (nature et (préparation (prostitution (victoire du
céleste de du Trône) des acteurs du des Coupes) de Babylone) Roi et des
l’Eglise) Trompettes) conflit) élus)
Septénaire 1 Septénaire 2 Septénaire 3 Septénaire 4 Septénaire 5 Septénaire 6 Septénaire 7
7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux
(7 Lettres aux (l’ouverture (sonnerie des (déroulement (7 Coupes (fin de (splendeurs
7 Eglises) des 7 Sceaux) 7 Trompettes) du conflit) déversées) Babylone) éternelles)
1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7

Le texte : Ap. 3:1-6


• L’adresse épistolaire accompagnant un Attribut du Christ
“(1) (Et) écris à l'ange de l’Eglise de Sardes :
Voici ce que dit Celui qui a les sept Esprits de Dieu et les sept étoiles :
• Des reproches
Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant (= que tu as le renom de vivre), et tu es mort.
• Des recommandations
(2) Sois vigilant, et affermis le reste qui est près de mourir ; car je n'ai pas trouvé tes œuvres parfaites
devant mon Dieu.
(3) Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu, et garde-la et repens-toi.
• Une menace
Si donc tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras en aucun cas à quelle heure je
viendrai sur toi.
• Des éloges
(4) Cependant, tu as à Sardes quelques hommes qui n'ont pas souillé leurs vêtements ;
• Une promesse à celui qui vaincra
et ils marcheront avec moi en blanc, parce qu'ils en sont dignes.
(5) Celui qui vaincra sera ainsi revêtu de vêtements blancs ; et je n'effacerai point son nom du livre de Vie
; et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges.
• Une exhortation leitmotiv
(6) Que celui qui a des oreilles, entende ce que l'Esprit dit aux Eglises.”

3:1a. Et écris à l'ange de l’Eglise de Sardes : …


Sur l’ordre “d’écrire”, sur l’identité de l’“ange”, et sur l’expression “l’Eglise qui est dans …”, voir les
commentaires sur Ap. 1:20 et 2:1.

a) Comme les autres Lettres aux Eglises d’Asie, celle-ci (la 5e) s’adresse en fait aux chrétiens
de TOUS les siècles et en TOUS lieux (chaque Lettre demande en effet à ceux qui ont des oreilles pour
entendre d’écouter ce que l’Esprit dit “aux” Eglises, c’est-à-dire à toutes). Ce constat est à la base de
l’interprétation dite “récapitulative” (cf. le “Préambule, clefs de lecture”).
Il est toutefois en même temps possible de distinguer dans l’histoire du christianisme une
succession de périodes plus particulièrement marquées par les caractéristiques de telle ou telle
de ces 7 Eglises (optique de l’interprétation dite “chronologiste” ).

Comme dans l’AT, le message prophétique que l’“ange” (l’Esprit de révélation, et aussi les hommes
au travers desquels cet Esprit s’exprime) doit transmettre au peuple se réclamant du Verbe, est à la
fois une mise en garde sérieuse contre un danger intérieur, et un encouragement pour le
groupe fidèle.
Les 7 Eglises sont dites situées “dans” 7 villes, non pour différencier l’Eglise de la Ville, mais au contraire pour
souligner qu’elles forment une communauté d’âmes dirigées et organisées par l’Esprit, indépendamment parfois des
structures conçues par les hommes. Ces villes ont vocation à devenir Jérusalem, mais portent en germe Babylone.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -204-
________________________________________________

• Jn. 17:15 “Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal.”
• 1 Cor. 5:9-10 “(9) Je vous ai écrit dans ma lettre de ne pas avoir des relations avec les impudiques,
(10) non pas d'une manière absolue avec les débauchés de ce monde, ou avec les cupides et les
ravisseurs, ou avec les idolâtres ; autrement, il vous faudrait sortir du monde.”

b) Le nom de la ville de “Sardes” signifierait : “princes de joie”, ou : “les rouges” (des


gisements de sardoine, ou cornaline rouge, auraient été proches de cette ville) .
• Comme les six autres villes, celle-ci était d’une grande antiquité et son histoire a été très agitée.
• Située à un carrefour important de routes lydiennes, elle était traversée par le Pactole, un ruisseau aux
sables aurifères, et une forteresse puissante la dominait.
• Dans le passé, le roi Crésus (596-547), le dernier de sa dynastie, était fier de ses immenses et célèbres
richesses (il a été vaincu et capturé par Cyrus).
• Le fondateur de la dynastie, Gygès, appelé Gugu par les Assyriens, serait à l’origine du nom de Gog (et
“Ma-Gugu”, ou Magog, signifierait : “pays de Gygès, pays de Gog” ; cf. Ez. 38 et 39 ; Ap. 20:8).

c) Selon une lecture chronologiste, “l’âge de l’Eglise de Sardes” aurait commencé vers l’an
1520, date de la condamnation de Luther par Léon X, pour se terminer vers l’an 1750 (date
purement indicative), pendant le grand mouvement missionnaire des groupes protestants. Ces
dates ne peuvent être que d’approximatifs repères chronologiques (les réalités spirituelles ne se
mettent pas en boîtes).
Les figures marquantes du début de cette période furent le précurseur anglais John Wyclif (1320-1384),
Jan Hus (1371-1415, prêtre catholique praguois influencé par Wyclif, mort brûlé vif ; son exécution
déclencha le soulèvement de Bohême et de Moravie), le Suisse Huldrych Zwingli (curé de Zurich, 1484-
1531), l’Allemand Martin Luther (1483-1546 ; par ses actes et ses écrits, il sera le père de la Réforme
contre la hiérarchie cléricale romaine, mais il prendra le parti des princes dans leur guerre contre les serfs,
1524-1526, où 100 000 insurgés seront massacrés, son disciple Mélanchthon (1497-1560), le pasteur
français Jean Calvin (1509-1564, auteur de l’“Institution de la religion chrétienne” ; sa mémoire est
entachée par la mort du juriste espagnol Michel Servet sur le bûcher de Genève en 1553), l’Ecossais Patrick
Hamilton (1504-1528) mort brûlé vif, l’Ecossais John Knox (1514-1572) fondateur de l’église
presbytérienne, etc. Le mouvement anabaptiste (avec les figures de Thomas Müntzer, 1489-1525, et du
despote meurtrier Jean de Leyde) sera persécuté par les catholiques et les luthériens (les “mennonites” en
sont issus).

d) Martin Luther est considéré comme le père de la Réforme protestante, même s’il a eu
des précurseurs. L’invention des caractères mobiles dans l’imprimerie fut pour lui un outil
providentiel.
• En réaction à la campagne menée par le dominicain Tetzel pour la vente d’indulgences en vue de la
construction de St-Pierre de Rome, Luther, prêtre et professeur de théologie à Wittenberg, affiche le 31
octobre 1517 les 95 thèses qui marquent le début de la Réforme.
• Il publie la même année trois écrits majeurs : “A la noblesse chrétienne de la nation allemande” où il
s’en prend à la suprématie romaine, et met l’accent sur l’idée du sacerdoce universel des chrétiens ; “La
Captivité de Babylone”, où il s’oppose à la théorie romaine des sacrements et au caractère sacrificiel de la
messe ; “De la liberté du chrétien”, où l’Eglise est présentée comme formée des seuls vrais croyants. Il
insiste aussi sur l’autorité de l’Ecriture seule.
• Il s’opposa aux anabaptistes (opposés au baptême des enfants) et prit alors le parti des seigneurs dans la
guerre dite des Paysans.
• Après le traité de Westphalie (1648) marquant la fin de la guerre de Trente Ans, le luthéranisme s’enferma
à son tour dans une structure dénominationnelle qui le sclérosa.
Le principal apport de la Réforme fut de redonner la Bible aux laïcs, et de prêcher à
nouveau la justification par la foi en Jésus-Christ.

e) Par rapport à la position médiane occupée dans le 1er Septénaire par l’Eglise de Thyatire
(la 4e), l’Eglise de Sardes (la 5e) est symétrique de l’Eglise de Pergame (la 3e) : les éléments
textuels de symétrie, relevés à la fin de l’étude de la Lettre adressée à l’Eglise de Pergame,
sont ici rappelés :
• Quant aux éloges : Pergame n’a pas renié Christ (2:13), et Sardes n’a pas souillé ses vêtements (3:4).
• Quant aux reproches : Pergame a été séduite (2:15), Sardes est faussement vivante (3:1).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -205-
________________________________________________

• Quant aux recommandations : Pergame et Sardes doivent pareillement se repentir (2:16 : 3:3).
• Quant aux menaces : le jugement vient bientôt pour Pergame (2:16), et à l’improviste pour Sardes (3:3).
• Quant aux promesses : Pergame reçoit un nom nouveau écrit (2:17), et Sardes a déjà un nom écrit qui
ne peut être effacé du Livre de Vie (3:5).

3:1b. Voici ce que dit Celui qui a les sept Esprits de Dieu et les sept étoiles : …
a) Jean s’adresse à l'ange de l'Eglise de la part du Fils de l'homme glorifié comme Roi et
Juge, et devant lequel il s'était effondré au début de la vision de Patmos.
Comme au début de chacune des 7 Lettres, Jésus-Christ fait ici connaître son identité aux
destinataires, en rappelant deux de ses Attributs.
Le premier de ces deux Attributs (la possession des “7 Esprits de Dieu”) a déjà été cité en termes
presque identiques dès l’introduction du Livre (Ap. 1:4).
Cet Attribut sera à nouveau cité lors des visions du Trône (2e Fresque, Ap. 4:5 et 5:6).
• Ap. 1:4 (Introduction du Livre) “Jean aux sept Eglises qui sont en Asie : que la grâce et la paix vous
soient données de la part de Celui qui est, qui était, et qui vient, et de la part des sept Esprits qui sont
devant son Trône.”
* Ce “Trône” est une autre appellation de Celui qui a la Domination absolue et éternelle sur tout et
sur tous.
* La relation entre Celui qui est sur le Trône et les “7 Esprits” devant Lui, est d’une nature
insondable pour l'homme car interne à la Divinité. Ils représentent le Regard omniscient (les “7
yeux” d’Ap. 5:6) du Souffle du Dieu Rédempteur en action au cours des siècles. Ils sont en relation
avec les 4 Etres vivants qui représentent les Onctions, les Mains par lesquelles cette Rédemption
est mise en œuvre (la prophétie, le sacrificature, la sagesse tendre née de la communion, la royauté).

• Ap. 4:5 (vision du Trône) “… Devant le Trône brûlent sept lampes ardentes, qui sont les sept Esprits de
Dieu.”
• Ap. 5:6 (vision de l’Agneau au milieu du Trône) “Et je vis, au milieu du Trône et des quatre Etres
vivants et au milieu des Anciens, un Agneau qui était là comme immolé. Il avait sept cornes et sept yeux,
qui sont les sept Esprits de Dieu envoyés par toute la terre.”

Le second Attribut (la tenue en main des “7 étoiles”) a déjà été mentionné dès la vision du Fils de
l’homme au milieu des 7 candélabres.
• Ap. 1:16,20 (vision du Fils de l’homme) “(16) Il avait dans sa main droite sept étoiles. De sa bouche
sortait une épée aiguë à deux tranchants ; et son visage était comme le soleil lorsqu’il brille dans sa force.
… - (20) … le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers d’or.
Les sept étoiles sont les anges des sept Eglises, et les sept chandeliers sont les sept Eglises.”

b) Dans l’introduction de l’Apocalypse, les “7 Esprits de Dieu” étaient positionnés “devant


le Trône”. Ici, dans la Lettre à l’Eglise de Sardes, il est précisé qu’ils sont, bien qu’étant “de
Dieu”, la possession de Jésus-Christ lui-même (“il a”).
Sur ces “7 Esprits” et sur la portée temporelle du chiffre “7”, voir les commentaires d’Ap. 1:4.

Ces “7 Esprits” sont un seul et même Esprit (Eph. 4:4), celui de Dieu, en activité rédemptrice
incessante durant toute la durée du cycle (chiffre “7”) de l’Eglise. Leur plénitude appartient à la
Nature de Jésus-Christ (il est Celui qui “a” et ce sont d’ailleurs les “ yeux de l’Agneau”).

Ces “7 Esprits” font, peut-être, écho aux six perfections intérieures du Messie énumérées en
Es. 11:1-2, mais sont surtout une allusion à la “pierre aux 7 yeux” de Zac. 3, où l’Esprit
omniscient et omnipotent (cf. les 7 cornes de l’Agneau, Ap. 5:6) agit en faveur du Royaume.
Ces “7 Esprits” sont devant le Trône (Ap. 1:4), et non sur le Trône, de même que les 7 Yeux
sont à l’extérieur de la pierre de Zac. 3:9 (ce sont les 7 Yeux de l’Eternel, Zac. 4:10).
• Zac. 3:8-9 “(8) … Voici, je ferai venir mon Serviteur, le Germe. (9) Car voici, pour ce qui est de la pierre
(= la pierre angulaire du temple à reconstruire, mentionnée en Zac. 4:7) que j’ai placée devant Josué (le
souverain sacrificateur), il y a sept yeux sur cette seule pierre ; voici, je graverai moi-même ce qui doit y
être gravé, dit l’Eternel des armées ; et j’enlèverai l’iniquité de ce pays, en un jour.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -206-
________________________________________________

• Zac. 4:2-14 “(2) … Je regarde, et voici, il y a un chandelier tout d’or, surmonté d’un vase et portant sept
lampes, avec sept conduits pour les lampes qui sont au sommet du chandelier ; (3) et il y a près de lui deux
oliviers, l’un à la droite du vase, et l’autre à sa gauche. … (6) C’est ici la parole que l’Eternel adresse à
Zorobabel (= “rejeton des nations”) : Ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par mon
Esprit, dit l’Eternel des armées. (7) Qui es-tu, grande montagne, devant Zorobabel ? Tu seras aplanie. Il
posera la pierre principale au milieu des acclamations : Grâce, grâce pour elle ! … (9) Les mains de
Zorobabel ont fondé cette maison, et ses mains l’achèveront (Zorobabel est une préfiguration de “l'Alpha
et l'Oméga” devenu un humble Agneau) ; et tu sauras que l’Eternel des armées m’a envoyé vers vous. (10)
Car ceux qui méprisaient le jour des faibles commencements se réjouiront en voyant le niveau dans la main
de Zorobabel. Ces sept sont les yeux de l’Eternel, qui parcourent toute la terre (= cf. les 7 yeux de
l’Agneau en Ap. 5:6 “qui sont les 7 Esprits de Dieu envoyés par toute la terre”). … (14) (les deux oliviers)
sont les deux oints (les 2 oints représentent le témoignage par l’onction royale sur Zorobabel, et par
l’onction sacerdotale sur le sacrificateur Josué) qui se tiennent devant le Seigneur de toute la terre.”
De même, l’Eternel avait pris de l’Esprit qui était sur Moïse (une image de Dieu) pour le mettre
sur les 70 anciens (une image de l'Assemblée guidée par l'Esprit durant le long cycle de son périple),
lesquels se mirent aussitôt, mais provisoirement, à prophétiser (Nb. 11:25).

Il n’y a qu’un seul Esprit-Source (Eph. 4:4), et les élus participent de ce même Esprit (1 Cor. 6:17
“Celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul Esprit”).
• Act. 2:33 “Elevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint-Esprit qui avait été promis, et il l’a
répandu, …”
Les “4 Etres vivants” présentés plus loin dans l'Apocalypse au milieu et autour du Trône (et
non plus “devant”) possèdent également ces “yeux” :
• Ap. 4:6 “Il y a encore devant le Trône comme une mer de verre, semblable à du cristal. Au milieu du
Trône et autour du Trône (ils en jaillissent), il y a quatre Etres vivants remplis d'yeux devant et derrière.”

c) Ces “7 Esprits”, dont l’essence est celle de l'Etre d'où ils sont issus, sont aussi les “7
lampes” (un autre aspect d'une même réalité tourbillonnante), représentant la Lumière de Vie.
• Ap. 4:5 “Devant le Trône brûlent sept lampes ardentes, qui sont les sept Esprits de Dieu.”

Ils étaient aussi les regards des 2 Chérubins en or et à deux ailes dans la Tente du
témoignage de Moïse, ou ceux des 2 Chérubins en bois d'olivier et à deux ailes du temple de
Salomon (1 R. 6:23). Ils étaient aussi les regards des Séraphins à six ailes, vus au-dessus du
Trône (Es. 6:3), ou encore ceux des 4 Etres vivants à quatre ailes de la vision d'Ezéchiel (Ez. 1:5),
ou encore ceux des 4 Etres vivants à six ailes chacun d'Ap. 4 (voir sur le même site notre étude sur
les “Chérubins”).
• Ces détails extérieurs (nombre d'ailes, matière, position, etc.) différents d'un livre à l'autre, d'une vision à
l'autre, varient selon l'enseignement que Dieu veut transmettre : les nombres sont ainsi choisis selon leur
valeur symbolique.
• De même, les proportions et les mesures du Lieu Saint et du Lieu très saint ne sont pas les mêmes dans
la Tente de Moïse et dans le Temple de Salomon, alors que ces mesures ont été révélées dans les deux cas
!

d) Dieu utilise le Saint-Esprit dans ces 7 Onctions, qui n’en forment en fait qu’une, pour
éclairer les 7 Eglises, à la fois simultanément (approche dite “des parallélismes”) et
successivement (approche chronologiste). Selon cette dernière approche, l’Esprit est une
bénédiction qui se transmet d’âge en âge, de lampe en lampe, d’Eglise en Eglise.
• Selon Ap. 5:6, les 7 Esprits sont “envoyés par toute la terre” (id. Zac. 4:2-14). C’est cet Esprit qui a oint
“l’ange”, lequel est “l’étoile” envoyée à chaque Eglise, et qui apporte 7 fois la même Lumière.
• La même unité existant entre le Père-Esprit et le Fils de l’homme qui “a les 7 Esprits”, se propage par
les “7 étoiles” tenues dans sa main droite, pour unir, fortifier éclairer et guider les élus dans la nuit.
• Ces “étoiles” sont certes brillantes, mais ne sont que des points dans le Ciel, et elles ne doivent pas être
prises pour le Soleil ! Un homme ne doit pas se prosterner devant cette étoile (Ap. 22:8-9).
• Dans ces tableaux, tout est mouvement (comme dans la vision du Trône par Ezéchiel).

e) Selon l’optique chronologiste, l’Esprit a oint, au début de chaque période, des serviteurs-
étoiles, des guides pour leur temps, selon le Plan de Dieu.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -207-
________________________________________________

• Zac. 3:7-8 “(7) Ainsi parle l’Eternel des armées (à Josué) : Si tu marches dans mes voies et si tu observes
mes ordres, tu jugeras ma maison et tu garderas mes parvis, et je te donnerai libre accès parmi ceux qui
sont ici. (8) Ecoute donc, Josué, souverain sacrificateur, toi et tes compagnons qui sont assis devant toi !
Car ce sont des hommes qui serviront de signes. Voici, je ferai venir mon serviteur, le Germe.”
La promesse en Zac. 3:7 du “libre accès parmi ceux qui sont ici” est adressée aux vainqueurs de Sardes
(et des autres Eglises) :
• Ap. 3:5 (lettre à l’Eglise de Sardes) “Celui qui vaincra sera revêtu ainsi de vêtements blancs ; je
n'effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges.”

En chaque âge, les individus sont testés et jugés selon leur réaction face à la manifestation de
cette Lumière de la Vérité.
• Par exemple, les chrétiens du temps de Luther ont été testés par leur réaction face au rétablissement de
la vérité de la justification par la foi, et de la restitution de la Bible aux laïcs.
• Dieu peut tolérer l’erreur, mais quand des ministères oints sont envoyés pour corriger l’erreur,
l’assemblée qui refuse la Lumière est alors en état de rébellion et elle se momifie.

En Ap. 1:16, les “7 étoiles” étaient dans la main droite du Fils de l’homme ; elles représentent
les ministères au sein de l’Eglise : ils sont sous la protection du Regard des “7 Esprits”, et
sont aussi des incarnations partielles des 4 Etres vivants qui leur procurent les onctions
nécessaires.

3:1c. … je connais tes œuvres. …


Les ouvrages (les “œuvres”) sont le résultat d’un travail bon ou mauvais.
C’est en permanence que Celui qui a les “7 Yeux” des “7 Esprits” sonde chaque membre se
réclamant de son Nom.
Sur cette “connaissance” (“connaître” = gr. : “oida”, connaissance directe) des “œuvres” de
chacun, voir les commentaires d’Ap. 2:2 et 2:19.
• Ps. 33:13-15 “(13) L’Eternel regarde du haut des cieux, il voit tous les fils de l’homme ; (14) du lieu de
sa demeure il observe tous les habitants de la terre, (15) lui qui forme leur cœur à tous, qui est attentif à
toutes leurs actions.”
• Ps. 94:9 “Celui qui a planté l’oreille n’entendrait-il pas ? Celui qui a formé l’œil ne verrait-il pas ?”
• Soph. 1:12 “En ce temps-là, je fouillerai Jérusalem avec des lampes, et je châtierai les hommes qui
reposent sur leurs lies, et qui disent dans leur cœur : l’Eternel ne fait ni bien ni mal.”
• Jac. 2:14-26 “(14) Mes frères, que sert-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les œuvres ?
Cette foi peut-elle le sauver ? (15) Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque
jour, (16) et que l’un d’entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et rassasiez-vous ! et que vous
ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? (17) Il en est ainsi de la
foi (l’adhésion à Jésus-Christ) : si elle n’a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. - … - (20) Veux-
tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est inutile ? (21) Abraham, notre père, ne fut-il pas
justifié par les œuvres, lorsqu’il offrit son fils Isaac sur l’autel ? (22) Tu vois que la foi agissait avec ses
œuvres, et que par les œuvres la foi fut rendue parfaite. - … - (24) Vous voyez que l‘homme est justifié par
les œuvres, et non par la foi seulement. - … - (26) Comme le corps sans esprit est mort, de même la foi
sans les œuvres est morte.”

Pour cette Eglise de Sardes, la liste des œuvres débute par un reproche. Les éloges ne seront
énumérés qu’au v. 4.

3:1d. … Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort.


a) Une portion importante de l’Assemblée de Sardes est accusée par l’Esprit d’avoir une
apparence trompeuse.
Dans la parabole des 10 vierges (Mt. 25:1-13 ; elles sont présentes dans chacune des 7 Eglises), toutes
les fioles à huile se ressemblent, mais certaines n’ont jamais contenu d’huile (sinon les vierges folles
auraient su comment s’en procurer).
Le texte dit littéralement : “tu as (le) nom (ou renom) de vivre, tu es mort”.
Cette Eglise “a” cette réputation, ce “nom” (gr. : “onoma”), et peut-être se proclame-t-elle
ainsi elle-même, et peut-être le croit-elle !
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -208-
________________________________________________

• Samson avait encore du renom, alors même que ses 7 tresses de naziréen consacré à l’Eternel étaient
rasées (Jg. 7:19). Il s’était laissé endormir par la séduction du monde, et l’Esprit venait de le quitter.
• Les Hébreux vainqueurs de Jéricho, faisaient peur aux habitants de la ville d’Aï, mais l’impureté
babylonienne dissimulée dans les bagages leur a fait perdre l’appui de l’Eternel et ils ont été vaincus (Jos.
7:1-12).
• Le temple de Jérusalem n’avait peut-être jamais été aussi beau et aussi célèbre qu’au temps où le Messie
a été mis à mort.
Mt. 24:1-2 “(1) Comme Jésus s'en allait, au sortir du temple, ses disciples s'approchèrent pour lui en
faire remarquer les constructions. (2) Mais il leur dit : Voyez-vous tout cela ? Je vous le dis en vérité,
il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée.”
2 Tim. 3:1-2,5 “(1) Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. (2) Car les
hommes seront - … - (5) … ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force.”

b) “Est mort” (gr. : “nekros”) quiconque est étranger à l’Esprit de Christ.


• Mt. 7:21-23 “(21) Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le Royaume des
Cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les Cieux. (22) Plusieurs me diront
en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton Nom ? N’avons-nous pas chassé
des démons par ton Nom ? Et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton Nom (c’était peut-être
vrai des pionniers) ? (23) Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de
moi, vous qui commettez l’iniquité.”
• Mt. 25:3,11-12 “(3) Les (vierges) folles, en prenant leurs lampes, ne prirent point d’huile avec elles. -
… - (11) Plus tard, les autres vierges vinrent, et dirent : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. (12) Mais il
répondit : Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas.”

Il y a dans cette ville un groupe qui a encore du renom et en est fier, mais l’Esprit qui sonde
les cœurs ne trouve guère de plaisir à y demeurer. Jean a observé ce triste état de fait dès les
débuts du christianisme !
• Lc. 6:26 “Malheur (un cri de deuil), lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car c’est ainsi
qu’agissaient leurs pères à l’égard des faux prophètes !”

c) Parmi les 3 Eglises citées après celle de Thyatire, deux sont expressément accusées d’une
même grave illusion : celle de Sardes et celle de Laodicée. Mais il y a une différence :
• L’Eglise de Sardes jouit encore d’une notoriété à l’extérieur, à cause de son passé et de ses
apparences : on la dit animée par l’Esprit de Vie, mais elle n’est déjà plus qu’un sépulcre orné.
• L’Eglise de Laodicée n’a qu’une notoriété autoproclamée : elle se dit riche et sans besoin, mais elle est
malheureuse, misérable, pauvre, aveugle et nue : elle seule ne le voit pas !

d) Toutes les dénominations mettent en avant l’œuvre glorieuse de leurs fondateurs (ceux-là
ont vraiment prêché au Nom de Jésus et fait des miracles) ,
mais elles sont devenues des machineries
brillantes, capables de fonctionner en l’absence de toute action de l’Esprit. C’est l’illusion
diabolique du prince de Tyr qui “prenait sa volonté pour la volonté de Dieu” (Ez. 28:8).
• La Bible est brandie, mais est devenue muette. Le baptême de l’Esprit est devenu un concept abstrait.
Les réunions de prière sont des masques. Les chants font agiter les orteils, mais ne remuent pas les âmes.
Les bâtiments sont confortables mais les esprits impurs s’y promènent. Les œuvres caritatives donnent
bonne conscience. Le Nom de Jésus-Christ est devenu une amulette pour être pardonné.
• Les boucliers d’or de Salomon, ont été emportés par l’ennemi d’Egypte, et des rois apostats les ont
remplacés par des boucliers d’airain bien exhibés (2 Chr. 9:15-16 ; 12:9-10).
• Les cèdres morts en imposent plus que les vignes vivantes, mais quand souffle l’Esprit, ils ne font que
grincer. Certains pharisiens sont des sépulcres blanchis tuant les prophètes vivants (Mt. 23:27-31).

e) Cette Eglise, malgré un passé dont elle se réclame à tort (tout comme les pharisiens se réclamaient
des prophètes d’autrefois)
et malgré ses splendeurs apparentes et superficielles, est sur le point de
disparaître. Le verset suivant prouve qu’il y a cependant encore un peu de sève, “un reste qui
est près de mourir”, mais qui n’est pas encore mort.
Mt. 12:20 “Il ne brisera point le roseau cassé, et il n'éteindra point le lumignon qui fume, jusqu'à ce
qu'il ait fait triompher la justice.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -209-
________________________________________________

C’est toujours à partir d’une minorité de rescapés que Dieu ensemence un nouveau champ,
un nouveau cycle, comme il l’a fait avec Noé, avec Abraham, avec une nouvelle génération
née dans le désert, avec Esdras et Néhémie revenus d’exil, avec les apôtres, etc.

3:2a. Sois vigilant, et affermis le reste qui est près de mourir ; …


a) Après le triste constat, viennent 5 recommandations (versets 2 et 3) adressées à ceux qui
sont encore en mesure d’entendre le message urgent de leur heure : (1) Etre vigilant (ou veillant).
(2) Affermir le peu qui reste. (3) Se souvenir des débuts. (4) Conserver. (5) Se repentir.
Ces exhortations ont pour but non seulement d’empêcher l’état d’empirer, mais surtout
d’enclencher un renouveau.

“Etre vigilant” (gr. : “gregoreo”) (première recommandation), c’est veiller, rester éveillé, monter
la garde, être attentif, être en état d’alerte, car il y a deux dangers : celui de ne pas voir
l’ennemi s’approcher, et celui de ne pas être prêt pour le retour du Roi. Sommeiller, c’est
perdre sa lucidité.
• Mt. 24:42 “Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra.”
• 1 P. 5:8-9 “(8) Soyez sobres (et non pas enivrés par les drogues du monde), veillez. Votre adversaire, le
diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. (9) Résistez-lui avec une foi ferme,
sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde.”
• Ap. 16:15 (5e Fresque, 6e Coupe) “Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille, et qui
garde ses vêtements, afin qu'il ne marche pas nu et qu'on ne voie pas sa honte !”

b) A deux reprises (face à Cyrus en -546, puis face à Antiochus III en -213), la citadelle de Sardes,
réputée imprenable, serait tombée par surprise, de nuit, à la suite d’une faute de vigilance des
défenseurs.
• Dans l’optique chronologiste, faute d’avoir veillé, la Réforme protestante a laissé s’installer des
hiérarchies cléricales plus ou moins centralisées, et alla même jusqu’à permettre le développement
d’Eglises d’Etat, ce qui était, une fois de plus, “faire une image à la Bête” (Ap. 13:14).
• Faute d’avoir veillé, le royaume de Juda qui avait méprisé le royaume d’Israël et sa reine Jézabel, a
accepté à son tour l’union d’Athalie (fille de Jézabel) et de son roi Joram.
• Faute d’avoir veillé, Samson a eu les yeux crevés et a travaillé pour donner du pain aux Philistins (Jg.
16:21). Une église morte travaille pour nourrir le lion des ténèbres et ses lionceaux.

c) “Le reste” désigne la petite portion de Vie que des rescapés fidèles ont pu préserver (cf.
“les autres” dans l’Eglise de Thyatire, Ap. 2:24, et les “quelques hommes” non souillés de Sardes, Ap. 3:4). Ce
sont “des choses que l’Eglise a encore”.
C’est à ces “quelques hommes” que sont adressées toutes ces recommandations.

“Affermir” (gr. : “stérizo”) (seconde recommandation), c’est fixer fermement (même mot en Lc. 22:32
“affermis tes frères”). Ne peuvent affermir “ce qui reste”, que ceux qui “veillent” sur les biens
reçus d’En-haut.
• Col. 2:6 “Comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en lui, étant enracinés et fondés en
lui, et affermis par la foi, d’après les instructions qui vous ont été données, et abondez en actions de
grâces.”

Il y a urgence, car la connaissance vivante des Ecritures est “près de mourir”. C’est Dieu
qui, à cause des élus, s’oppose une fois de plus à une destruction totale du témoignage sur terre.
• Selon l’analyse chronologiste, Luther et une poignée de précurseurs, ont redonné vie à l’offre divine de
réconciliation, en soulignant l’incapacité de l’homme à respecter les lois de la sainteté divine, mais aussi
la puissance de l’amour divin attirant les cœurs les plus sombres, mais réceptifs, vers Jésus-Christ.
• Ce sont ces rescapés qui ont voulu et pu répandre à nouveau les Ecritures et les redonner aux laïcs.
Héb. 12:13 “Suivez avec vos pieds des voies droites, afin que ce qui est boiteux ne dévie pas, mais
plutôt guérisse.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -210-
________________________________________________

Il faudra encore du temps et des souffrances pour que le Corps de Christ se réapproprie les
promesses. Mais rien ne peut empêcher le Plan de Dieu de s’accomplir.

3:2b. … car je n'ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant mon Dieu.
Comme dans les autres Lettres aux 7 Eglises, les “œuvres” désignent, non le labeur, mais le résultat du
labeur.

a) Ici, aux yeux des hommes, les apparences semblent être le fruit d’une approbation divine.
Mais “devant” le regard de Dieu qui a mandaté l’ange, la récolte n’est pas celle que le Semeur
espérait. L’ange ne se sent d’ailleurs pas solidaire d’une telle Eglise (il dit : “mon Dieu”, et évite
de dire : “ton Dieu”).
La récolte s’annonce mal : elle n’est pas “parfaite”, ou plutôt elle n’est pas “pleinement
arrivée à terme” (du verbe gr. “pleroo” = “accomplir, achever, mener à bien, être au complét”, id. 6:11), ni
en qualité, ni en quantité. Il y a de belles feuilles, mais peu de fruits, et ceux qui existent ne
sont pas mûrs, ils sont “inachevés”.
• Dan. 5:27 ( contre le roi Belschatsar) “Pesé : tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger.”

Le lien de causalité (“car”) éclaire la raison d’être des recommandations :


• La récolte s’annonce pauvre faute de surveillance (les insectes, les oiseaux et les bêtes sauvages ont
presque tout ravagé et piétiné).
• La récolte s’annonce pauvre faute de soins (personne n’a ôté les pierres et les ronces, il n’y a eu ni
engrais céleste, ni eau pure, mais des polluants).

b) Les commentaires de la Bible Scofield invitent à ne pas confondre trois niveaux de


“perfection” :
(1) Une perfection que chaque croyant possède du fait de sa position en Christ à sa naissance d’En-haut
(Héb. 10:14 “Par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés”).
(2) Une perfection manifestée mais encore relative, impliquant une maturité spirituelle (Phil. 3:15) qui
se démontre par la soumission croissante à la volonté de Dieu (Col. 4:12 “… afin que vous teniez bon,
comme des hommes faits, pleinement disposés à faire toute la volonté de Dieu”), par l’amour (1 Jn. 4:17-
18), par la sainteté (2 Cor. 7:1 “Ayant donc de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute
souillure de la chair et de l’esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu”), par la
patience (Jac. 1:4 “Il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits
et accomplis, sans faillir en rien”) et par toute bonne œuvre (Héb. 13:21).
Cette maturité s’acquiert progressivement, comme l’indique 2 Cor. 7:1 “en achevant notre
sanctification”, litt. : “En réalisant la sainteté”.
Les dons accordés à des serviteurs qualifiés par Dieu, et établis dans l’Eglise, peuvent contribuer à ce
perfectionnement progressif des saints (Eph. 4:12).
(3) une perfection absolue, c’est-à-dire la perfection de l’esprit, de l’âme et du corps, que Paul confesse
n’avoir jamais atteinte (Ph. 3:12), mais qui sera réalisée au moment de la résurrection des morts (Phil. 3:21
; 1 Jn. 3:1-2). L’idéal du chrétien doit être cette perfection de Dieu, bien que l’Ecriture reconnaisse qu’il
ne peut y parvenir ici-bas (cp. 1 P. 1:15-16 ; 1 Jn. 8:10 ; 2:1-2).

c) Dieu a prévu qu’existerait un peuple qui, à tout instant de son développement, et selon les
saisons du cycle, serait au niveau de plénitude attendu (la norme désirée par Dieu varie selon les
individus et les circonstances).
• Mt. 13 :8 “Une autre partie tomba dans la bonne terre : elle donna du fruit, un grain cent, un autre
soixante, un autre trente.”
(Dans la parabole des talents, Mt. 25:20-23, les serviteurs rapportant 5 et 2 talents, soit 100 % en plus
de ce qu’ils avaient reçu, satisfont pareillement le Maître).

Dieu désire que chaque chrétien parvienne à cette plénitude, à la mesure de ses capacités.
La médiocrité des élans du cœur (et non le volume du cœur) l’afflige.
Cela implique, non pas une perfection christique dès la conversion, mais une progression
constante de la consécration à Jésus-Christ, car la mort s’infiltre dans toute eau stagnante.
• Mt. 5:48 “Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -211-
________________________________________________

• Eph. 3:16-19 “(16) ( Je fléchis les genoux devant le Père) … afin qu'il vous donne, selon la richesse de
sa gloire, d'être puissamment fortifiés par son Esprit dans l'homme intérieur, (17) en sorte que Christ
habite dans vos cœurs par la foi (une dynamique d’adhésion) ; afin qu'étant enracinés et fondés dans
l'amour, (18) vous puissiez comprendre avec tous les saints combien l'amour de Christ est large, long,
profond et haut, (19) et connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez
remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu.” (voir aussi Eph. 4:13).
• Phil. 3:12 “Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix, ou que j’aie déjà atteint la perfection (gr.
“téléioo” = “atteindre un but, réaliser un dessein”) mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi
aussi j’ai été saisi par Jésus-Christ.”
• Col. 4:12 “… afin que vous teniez bon, comme des hommes faits, pleinement disposés à faire toute la
volonté de Dieu.”
• 1 Jn. 1:8-10 “(8) Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes,
et la vérité n’est point en nous. (9) Si nous confessons nos péchés (principe de repentance), il est fidèle et
juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. (10) Si nous disons que nous n’avons
pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous.”

d) L’approche dite chronologiste fait remarquer que les premières églises nées de la Réforme
n’ont pas eu le temps d’achever leur travail de restauration. L’élan initial s’est figé.
Il a été reproché à ces églises d’avoir trop sollicité ou imité le pouvoir politique du monde, et aussi d’avoir
conservé des pratiques telles que le baptême des enfants, le baptême par aspersion avec sa formule
baptismale romaine, la structure hiérarchisée, une perception limitée du rôle du Saint-Esprit, un légalisme
froid et vindicatif, etc.

e) C’est surtout pour les individus que la loi de progressivité vers la perfection (loi illustrée
par les versets ci-dessous) doit être soulignée, car Dieu s’occupe des individus. La méconnaissance
de cette loi de progression, combattue depuis le commencement par les Ténèbres, a produit de
grands dégâts dans de nombreuses âmes découragées ou au zèle amer.
• 2 Cor. 10:15 “... nous nous glorifions avec l'espérance, si votre foi (la ferveur pour Christ) augmente,
de grandir encore davantage parmi vous,...”
• Eph. 4:11-15 “Il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme
évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints ... jusqu’à ce que
nous soyons parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la
mesure de la stature parfaite de Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, ..., mais que ... nous
croissions à tous égards en Celui qui est le Chef, Christ.”
• Col. 1:9-10 “Nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis (ce n'est
donc pas encore le cas, bien que Paul les appellent “saints et fidèles frères” !) de la connaissance de sa
volonté, ... pour marcher d'une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des
fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu.”
• Col. 2:19 “Le Corps tire du Chef l'accroissement que Dieu donne.”
• Phil. 1:9 “Ce que je demande dans mes prières, c'est que votre amour augmente de plus en plus en
connaissance et en pleine intelligence pour le discernement des choses les meilleures, afin que vous soyez
purs et irréprochables pour le jour de Christ.”
• 1 Thes. 3:12 “Que le Seigneur augmente de plus en plus parmi vous, et à l'égard de tous, cet amour que
nous avons nous-mêmes pour vous”
• 1 P. 2:2 “Désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez
pour le salut.”
• 2 P. 3:18 “Croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.”
• Héb. 6:1 “Tendons à ce qui est parfait.”
• Héb. 5:14 “Le jugement est exercé par l'usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal.”

3:3a. Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu, …


S’il faut “se rappeler”, c’est qu’il y a eu oubli. Pour cette Eglise, le rituel de la Cène a perdu
son sens et donc sa vertu (manger le Pain invite à avoir un corps aussi consacré que celui de Jésus).

a) Cette 3e exhortation (après l’appel à la vigilance et à la consolidation), doit orienter la croissance


continue vers la Lumière, et permettre enfin de présenter une œuvre achevée devant le Trône
de Dieu (la conjonction “donc” rapproche en effet cette recommandation du constat d’insatisfaction divine
rapportée par l’ange au verset précédent).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -212-
________________________________________________

• 1 Thes. 4:1 “Au reste, frères, puisque vous avez appris de nous comment vous devez vous conduire et
plaire à Dieu, et que c’est là ce que vous faites, nous vous prions et nous vous conjurons au Nom du
Seigneur Jésus de marcher à cet égard de progrès en progrès.”

“Avoir reçu” (gr. :“lambano”) c’est s’être approprié ce qui a été offert, en être devenu
intimement possesseur : ce n’est pas seulement avoir approuvé de loin. C’est avoir assimilé.
“Entendre” (gr. : “akouo”) n’est pas ici seulement percevoir par l’oreille, c’st aussi mettre en
pratique ce qui a été compris.

b) Chacun dans cette 5e Eglise doit “se rappeler” (du gr. “mnemoneuo”) son expérience initiale,
et “comment” (de quelle manière) l’Evangile lui a été prêché avec une démonstration d’Esprit et
de puissance révélatrice (ce qui a été “reçu”), et comment son âme en a été bouleversée (ce qui a
été “entendu”). Certains destinataires des 7 Lettres savaient ce qu’était un vrai baptême du Saint-
Esprit (la confirmation intérieure par Dieu que la foi a été agréée) !
• 1 Thes. 1:5-6,9 “(5) Notre Evangile ne vous a pas été prêché en paroles seulement, mais avec puissance,
avec l’Esprit-Saint, et avec une pleine persuasion ; car vous n’ignorez pas que nous nous sommes montrés
ainsi parmi vous, à cause de vous. (6) Et vous-mêmes, vous avez été mes imitateurs et ceux du Seigneur,
en recevant la parole au milieu de beaucoup de tribulations, avec la joie du Saint-Esprit - … - (9) Car on
raconte, à notre sujet, quel accès nous avons eu auprès de vous, et comment vous vous êtes convertis à
Dieu, en abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des Cieux son Fils,
qu’il a ressuscité des morts, Jésus, qui nous délivre de la colère à venir.”
• 1 Thes. 2:13 “C’est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la parole
de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais,
ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez.”

“Se souvenir” doit faire prendre conscience qu’il y a eu, comme à Ephèse, perte de la ferveur
première. D’ailleurs la même exhortation à “se rappeler” avait été adressée à Ephèse :
• Ap. 2:5 “Souviens-toi donc d'où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres …”

“Se souvenir” fera prendre la mesure de ce qui a été oublié et perdu, chassera le doute,
ravivera la ferveur de la vierge sage endormie. La vie et la vérité lui avaient été confiées, et
elles doivent donc fructifier.
Le flambeau ne doit plus fumer, mais être débarrassé du charbon accumulé et briller à
nouveau.
Mais si jamais rien n’avait été “reçu” et “entendu”, s’il n’y a pas eu l’expérience de la naissance d’En-
haut, la personne est encore une vierge folle, et pour elle c’est l’appel à trouver de l’Huile qui est nécessaire
(Mt. 25:9). Elle n’a encore rien à se remémorer.

3:3b. … et garde et repens-toi (gr. : “metanoia” = transformation totale, pour le mieux, de la pensée).
Ce sont la 4e et la 5e recommandations (après l’appel à la vigilance, à la consolidation, au souvenir).
a) “Garder” (gr. : “tereo”), c’est conserver avec soin la flamme, et l’entretenir par la
fréquentation de la pensée de Jésus-Christ (même verbe qu’en Ap. 1:3 “heureux ceux qui gardent les
choses qui sont écrites dans la prophétie”). “Garder” la Parole, c’est s’y attacher, s’y greffer.
• Es. 42:20 “Tu as vu beaucoup de choses, mais tu n’y as point pris garde ; on a ouvert les oreilles, mais
on n’a point entendu.”
• Jn. 15:4 “Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter
du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi.”
• Héb. 2:1 “C’est pourquoi nous devons d’autant plus nous attacher aux choses que nous avons
entendues, de peur que nous ne soyons emportés loin d’elles.”

b) La triste découverte de ce qui a été oublié et du temps perdu, conduit naturellement à “se
repentir” (gr. : “metanoia”), c’est-à-dire à se juger selon les critères de Dieu et à en tirer les
conséquences pratiques. Cette repentance s’accompagne inévitablement d’une appréciation
plus profonde de ce que signifie la grâce de Dieu par et en Jésus-Christ.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -213-
________________________________________________

• Le même appel à la repentance a été adressé aux Eglises d’Ephèse (la 1 ère, Ap. 2:5), de Pergame (la 3e,
Ap. 2:16), de Thyatire (la 4e, Ap. 2:21), de Laodicée (la 7e, Ap. 3:19).
• Il n’y a pas de “repentance” sans conscience des enjeux éternels et des exigences de la sainteté de Dieu
et de l’œuvre de Jésus-Christ. La “repentance” doit aboutir à une conviction de réconciliation avec les
lois du Ciel : c’est pourquoi le Yom Kippour (ou Jour des Expiations) est à la fois un jour de lamentations
et un jour de réjouissances.

Cette repentance conduit à considérer avec dégoût les jeux de pouvoir et l’esprit de
compétition souvent en action dans les structures cléricales hiérarchiques des dénominations,
les dynamiques orgueilleuses et nonchalantes du vieil homme toujours en lutte contre l’homme
nouveau, choses qui toujours éloignent l’Esprit de Christ. La repentance fait découvrir que
Babylone est dans chaque âme avant d’être dans une institution.
• Jér. 51:6 “Fuyez Babylone, et que chacun sauve sa vie, de peur que vous ne périssiez dans sa ruine !
Car c’est un temps de vengeance pour l’Eternel ; il va lui rendre selon ses œuvres.”
• Es. 52:11 “Partez, partez, sortez de là ! Ne touchez à rien d’impur ! Sortez du milieu d’elle ! Purifiez-
vous, vous qui portez les vases de l’Eternel !”

3:3c. Si donc tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras en aucun cas
à quelle heure je viendrai sur toi.
Après avoir énoncé 5 recommandations, l’ange énonce une mise en garde solennelle.

a) Un “voleur” s’approche sans signes avant-coureurs, et au moment le plus inattendu.


Ce n’est pas ici une allusion à l’imprévisibilité de la date du Retour du Christ, mais à un
engourdissement de l’âme devenue incapable de percevoir le sentiment d’urgence par lequel
l’Esprit maintient les enfants de Dieu en alerte permanente.
• La fiancée qui n’attend pas chaque jour avec impatience son fiancé, ne sera prête ni extérieurement ni
intérieurement pour le retour de celui-ci. Il sera déjà devenu un étranger.
• La fiancée n’entendra même pas la voix de l’Esprit d’Elie venu préparer son cœur.
• Jésus vient comme un “voleur” pour les voleurs. Mais pour celui qui “veille” il ne vient pas comme un
voleur : il est entendu et attendu.
1 Thes. 5:1-2, 4-5 “(1) Pour ce qui est des temps et des moments, vous n’avez pas besoin, frères,
qu’on vous en écrive. (2) Car vous savez bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra comme
un voleur dans la nuit (pour les impies). - … - (4) Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les
ténèbres, pour que ce jour vous surprenne comme un voleur ; (5) vous êtes tous des enfants de la
Lumière et des enfants du jour. Nous ne sommes point de la nuit ni des ténèbres.”
• Ap. 16:15 (6e Coupe) “Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille, et qui garde
ses vêtements, afin qu’il ne marche pas nu et qu’on ne voie pas sa honte !”

b) Mais il est certain que le Fils de l’homme “vient”, et qu’il va se manifester comme Fils
de l’homme, Roi et Juge, pour chaque individu et pour tout le Corps de Christ, comme cela a
été le cas pour le peuple d’Israël.
Le Fils de l’homme avait fait les mêmes promesses aux Juifs, et cela s’est accompli : lors de l’effusion de
l’Esprit sur les uns, lors de la chute de Jérusalem pour les autres.

La date de notre dernier jour nous est inconnue, afin que nous soyons prêts chaque jour.
Les enfants de Dieu ne seront donc pas surpris en train de dormir.
• Jér. 2:26 “Comme un voleur est confus lorsqu’il est surpris, ainsi seront confus ceux de la maison
d’Israël (les apostats), eux, leurs rois, leurs chefs, leurs sacrificateurs et leurs prophètes.”
• Mt. 24:42-47 “(42) Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. (43)
Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et
ne laisserait pas percer sa maison. (44) C’est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de
l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas.
(45) Quel est donc le serviteur fidèle et prudent, que son Maître a établi sur ses gens, pour leur donner la
nourriture au temps convenable (la nourriture de l’heure) ? (46) Heureux ce serviteur, que son Maître, à
son arrivée, trouvera faisant ainsi ! (47) Je vous le dis en vérité, il l’établira sur tous ses biens.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -214-
________________________________________________

c) L’accent avait déjà été mis sur la venue soudaine du Roi (cf. l’introduction du Livre, Ap. 1:3),
sur sa venue en jugement pour ôter le chandelier des endurcis (Lettre à Ephèse, Ap.2:5) et pour
encourager à combattre jusqu’au bout (Lettre à Pergame, Ap. 2:16).
• Mal. 3:2 “Qui (parmi les méchants) pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui restera debout quand il
paraîtra ? Car il sera comme le Feu du fondeur, comme la potasse des foulons.”
• 2 P. 3:10 “Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas,
les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée.”

Les vierges folles ne pourront jamais “savoir” car elles n’ont pas une âme en état d’attente,
et elles voudraient trouver un horoscope en allant à l’église. Elles ne se rendront même pas
compte que les vierges sages sont déjà en tête-à-tête avec l’Epoux !
Le Fils de l’homme doit venir “sur” (gr. : “epi”) chaque homme, comme le fait un Aigle (en
gloire pour ses petits, ou en condamnation pour ses proies).

3:4a. Cependant, tu as à Sardes quelques hommes qui n'ont pas souillé leurs vêtements
;…
a) Par prescience, Dieu les connaît par leurs “noms” inscrits dans le Livre de Vie (cf. v.5).
Les Eglises de Thyatire (la 4e) et de Sardes (la 5e) sont les deux seules où le nom de la ville
est répété dans le corps même de la Lettre, à chaque fois à l’occasion des éloges : “les autres
de Thyatire” (Ap. 2:24) n’ont pas accepté les faux enseignements de Jézabel, et “quelques-uns
à Sardes” n’ont pas laissé souiller leur héritage.

b) Dans ces deux Eglises, les rescapés sont minoritaires. A Sardes, il est expressément écrit
qu’ils ne sont que “quelques-uns”, littéralement : “peu de noms”. Chacune des 7 Eglises
reflétant l’état de tout le christianisme au cours des siècles, il en résulte que les vrais fils de
Dieu ont été et seront toujours une minorité, un petit reste. Il en était de même en Israël.
Dans toute la région qui avait entendu le message de Noé, seules 8 personnes ont échappé au Déluge. De
même, la plus grande partie des Hébreux sortis d’Egypte n’ont pas réussi à entrer en Terre promise.
• Es. 6:13 “Et s’il y reste encore un dixième des habitants, ils reviendront pour être la proie des
flammes. Mais, comme le térébinthe et le chêne conservent leur tronc quand ils sont abattus, une
sainte postérité renaîtra de ce peuple.”
• Es. 10:21 “Le reste reviendra, le reste de Jacob, au Dieu puissant.”

c) Le “vêtement” (gr. : “imation”) mentionné ici n’est pas la longue toge (gr. : “stole”, cf. Ap.
6:11, 7:9) des rois et des prêtres, ni la chemise de corps (gr. : “chiton”), mais une grande pièce de
tissu rectangulaire se portant comme un manteau. C’était un vêtement externe.
Aux yeux de Dieu à qui rien n’est caché, ce vêtement extérieur (mentionné 7 fois en Ap. 3:4, 3:5,
3:18, 4:4, 16:15, 19:13, 19:16) est vivant : il expose l’état réel de l’âme, tel que Dieu le voit.
Comme le révèle la scène de la Transfiguration de Jésus, ce qui chez l’homme sur terre était caché (honteux
ou glorieux), deviendra son aspect externe vu de tous.
• Mt. 13:43 “Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père …”

C’est ce “vêtement” vivant qui, chez ces fils de Dieu, n’a pas été “souillé” (gr. : “molumo” =
“tacher comme avec de la boue, souiller”, id. Ap. 14:4 ; 1 Cor. 8:7 ; 2 Cor. 7:1).
Dieu s’en réjouit d’autant
plus que c’est lui qui en a revêtu ces hommes et ces femmes au moment où il les a appelés.
• Quand ce “vêtement” est “souillé”, c’est qu’il n’avait été qu’un rideau, et n’avait pas pu prendre racine
dans l’âme pour transformer cette dernière.
Jude 22-23 “(22) Reprenez les uns, ceux qui contestent ; (33) sauvez-en d’autres en les arrachant du
feu ; et pour d’autres encore, ayez une pitié mêlée de crainte, haïssant jusqu’à la tunique souillée
par la chair (l’impureté vient de l’intérieur, Mt. 5:11).”
• Plusieurs souillures ont été énumérées dans les différentes Lettres : le refroidissement de la ferveur, la
pensée nicolaïte qui veut s’affranchir de la tutelle divine (les hommes deviennent alors des esclaves appelés
à servir une structure cléricale plutôt que de servir Dieu et les frères en Christ), la doctrine de Balaam
qui fait entrer les séductions et les idolâtries du monde, les faux enseignements de Jézabel. Toutes ces
“tâches” sont des offenses à Jésus-Christ dans une Assemblée qui se réclame de son Nom.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -215-
________________________________________________

• Nulle souillure de ce type ne sera admise dans la Jérusalem céleste. Dieu avertit l’Eglise de s’en préserver.
Un véritable “ange” ne formera jamais une dénomination (mais hélas ses successeurs le feront souvent !).
• La pureté de Christ est alors remplacée, dans le meilleur des cas, par la pureté des apparences.
• Héb. 6:4-6 “(4) Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don
céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit (ce n’est pas être baptisé du Saint-Esprit), (5) qui ont goûté
la bonne parole et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, (6) soient pour leur part
encore renouvelés et amenés à la repentance, puisqu’ils crucifient pour leur part le Fils de Dieu
et l’exposent à l’ignominie.”
• Héb. 10:26-29 “(26) Si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la
Vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, (27) mais une attente terrible du jugement et
l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebelles. (28) Celui qui a violé la Loi de Moïse meurt sans
miséricorde, sur la déposition de deux ou de trois témoins ; (29) de quel pire châtiment pensez-vous
que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le
Sang de l’Alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l’Esprit de la grâce ?”
Héb. 12:25 “Gardez-vous de refuser d’entendre celui qui parle ; car si ceux-là n’ont pas échappé
qui refusèrent d’entendre celui qui publiait des oracles sur la terre, combien moins échapperons-
nous, si nous nous détournons de Celui qui parle du haut des Cieux.”
Jac. 1:27 “La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins
et les veuves dans leurs afflictions (c’est aimer le prochain), et à se préserver des souillures du
monde (c’est aimer Dieu).”

d) Si ces hommes n’ont pas “souillé” un tel “vêtement”, c’est qu’ils sont restés ancrés dans
le Cep, dans la dynamique de purification et de croissance qui coule en permanence du Trône
vers les âmes réceptives. Ce “vêtement” interdit à l’Accusateur de se prévaloir des
imperfections du vieil homme encore présent chez l’enfant de Dieu (la “nudité” est cachée par
Dieu).
• Es. 61:10 “Je me réjouirai en l'Éternel, mon âme sera ravie d'allégresse en mon Dieu ; car il m'a revêtu
des vêtements du salut, il m'a couvert du manteau de la délivrance, comme le fiancé s'orne d'un diadème,
comme la fiancée se pare de ses joyaux. ”
• Rom. 13:14 “Revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et n’ayez pas soin de la chair pour en satisfaire
les convoitises.”
• Ap. 3:18 (Lettre à l’Eglise de Laodicée) “Je te conseille d’acheter de moi … des vêtements (gr.
“imation”) blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas …”
• Ap. 16:15 (6e Coupe) “Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille, et qui garde ses
vêtements, afin qu’il ne marche pas nu et qu’on ne voie pas sa honte !”

3:4b. … et ils marcheront avec moi en blanc, parce qu'ils en sont dignes.
a) Cette fin du verset 4 et le verset 5 suivant énumèrent quatre bénédictions extraordinaires
promises à chaque vainqueur :
• Il marchera avec le Fils de l’homme.
• Il sera revêtu d’un vêtement blanc (comme le Fils de l’homme).
• Le Fils de l’homme n’effacera jamais son nom du Livre de Vie.
• Le Fils de l’homme prendra son parti devant le Père et les anges.

b) “Marcher” implique une vie spirituelle et une liberté de mouvement.


“Marcher avec” Jésus-Christ, en sa compagnie, implique qu’il y a eu invitation, qu’il y a
protection, enseignement, communion ! “Demeurer en lui”, c’est apprendre à dépendre de lui,
c’est progresser dans la compréhension de la position, des pensées et des désirs du Christ.
“Marcher avec” Jésus-Christ, c’est aller vers un but, par des chemins choisis par lui, au
service de Dieu en servant les autres.
“Marcher avec” lui, c’est accompagner le Roi des rois, le Berger, le Médecin. C’est le plus
grand honneur qui puisse être accordé à une créature, et cet honneur sera éternel.

c) Etre “en blanc” (gr. : “leukos” = “blanc brillant”, id. Ap. 1:14, 2:17, etc.), c’est être revêtu de la
pureté lumineuse du Trône. Seront “en blanc” ceux qui ne se seront pas souillés, car Dieu
donnera à ceux qui ont reçu.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -216-
________________________________________________

• Jn. 17:24 “Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donné soient aussi avec moi, afin qu’ils
voient ma gloire (la voir, c’est en être participant), la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé
avant la fondation du monde.”
• Eph. 5:25-27 “(25) Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour
elle, (26) afin de la sanctifier par la Parole, après l’avoir purifiée par le baptême d’Eau (un des symboles
de l’Esprit), (27) afin de faire paraître devant lui cette Eglise glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de
semblable, mais sainte et irrépréhensible.”
• Ap. 19:8 (6e Fresque) “Il a été donné à l’Epouse de se vêtir d’un lin resplendissant et pur, car le lin, ce
sont les œuvres justes des saints.”

d) Etre “digne” (gr. : “axios”, 7 fois utilisé en Ap. 3:4 ; 4:11 ; 5:2,4,9,12 ; 16:6) de “marcher avec”
Jésus et “en blanc”, c’est avoir été jugé tel par Dieu lui-même, selon des critères objectifs
énumérés dans chacune des 7 Lettres (à l’occasion des éloges).

La dignité accordée au Ciel aux fils et filles de Dieu, répondra à la dignité manifestée sur
terre par leur fidélité à l’Alliance avec Christ.
• Ez. 16:13-14 “(13) (Jérusalem) tu fus parée d’or et d’argent, et tu fus vêtue de fin lin, de soie et d’étoffes
brodées. La fleur de farine, le miel et l’huile, furent sa nourriture. Tu étais d’une beauté accomplie, digne
de la royauté. (14) Et ta renommée se répandit parmi les nations, à cause de ta beauté ; car elle était
parfaite, grâce à l’éclat dont je t’avais ornée, dit le Seigneur, l’Eternel.”

Les incrédules de l’Assemblée se privent eux-mêmes de cette dignité :


• Act. 13:46 “Paul et Barnabas (à Antioche) leur dirent avec assurance (aux Juifs hostiles) : C’est à vous
premièrement que la parole de Dieu devait être annoncée ; mais puisque vous la repoussez, et que vous
vous jugez vous-mêmes (par leur rejet de la Parole de l’heure) indignes de la Vie éternelle, voici, nous
nous tournons vers les païens.”

3:5a. Celui qui vaincra sera ainsi revêtu de vêtements blancs (gr. : “leukos”, blanc brillant) ;

a) C’est “celui-là même” qui “vaincra” (gr. : “nikao” ; cf. note 2:7 ; mot utilisé 17 fois en Ap.
2:7,11,17,26 ; 3:5,12,21 bis ; 6:2 bis ; 11:7 ; 12:11 ; 13:7 ; 15:2 ; 17:14 ; 21:7), c’est-à-dire qui n’aura pas
souillé son vêtement (v.4), qui “ainsi donc” sera honoré, “revêtu de” (gr. : “periballo en” =
enveloppé dans, revêtu de) du “vêtement (gr. : “imation”) blanc” dont il vient d’être fait mention.
C’est la même promesse, avec presque les mêmes mots, qu’à la fin du verset précédent, mais cette
répétition sert ici d’introduction aux deux promesses qui suivent.

Même devant la Lumière vivante et pure du Trône, ce “vêtement” paraîtra “blanc” aux yeux
de tous, car ce sera un vêtement tissé de cette même Lumière vivante.
• Dan. 7:9 “Je regardai, pendant que l’on plaçait des trônes. Et l’Ancien des jours s’assit. Son vêtement
était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête étaient comme de la laine pure ; … ”

b) Ce “vêtement” (gr. : “imation”) blanc, qui décrit un état, ne doit pas être confondu avec la
robe (gr. : “stole”) blanche qui désigne dans l’Apocalypse une fonction, et dont sont revêtus les
fils de Dieu (même si c’est une même réalité glorieuse ultime qui est ainsi suggérée).
• Ap. 6:11 (5e Sceau) “Et une robe (gr. : “stole” = robe flottante jusqu’aux pieds, portée par les rois, les
prêtres, les dignitaires) blanche fut donnée à chacun d’eux ; et il leur fut dit de se tenir en repos quelque
temps encore, jusqu'à ce que soit complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui
devaient être mis à mort comme eux.”
• Ap. 7:9,13-17 (entre les 6e et 7e Sceaux) “(9) Après cela je regardai, et voici, il y avait une grande foule
(= une grande multitude), que personne ne pouvait compter de toute nation, (et) de toute tribu, (et) de tout
peuple, (et) de toute langue. Ils se tenaient devant le Trône et devant l'Agneau, revêtus de robes blanches,
et des palmes dans leurs mains. - … - (13) Et l'un des Anciens prit la parole et me dit : Ceux-là, qui sont
revêtus de robes blanches, qui sont-ils et d'où sont-ils venus ? (14) Et je lui dis : Mon seigneur, tu le sais.
Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; et ils ont lavé leurs robes et les ont
blanchies dans le Sang de l'Agneau. (15) Voilà pourquoi ils sont devant le Trône de Dieu, et ils le servent
jour et nuit dans Son Temple, et Celui qui est assis sur le Trône dressera sa tente sur eux. …”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -217-
________________________________________________

c) Lors de la pleine manifestation finale des fils de Dieu, lors de la cérémonie de l’Adoption
qui donnera plein accès à l’Héritage, ces réalités (l’état des élus et les fonctions à assumer) seront
accordées aux élus publiquement et en plénitude.
Le baptême du Saint-Esprit, expérimenté dans l’Eglise depuis l’effusion de la Chambre
Haute, n’est encore que les prémices de cette Intronisation à venir (mais l’Esprit d’adoption fait déjà
entrevoir, avec plus ou moins d’intensité, cette réalité dans chaque croyant né d’En-haut).
• 1 Jn. 3:2 “Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore
été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce
que nous le verrons tel qu’il est.”
• Zac. 3:4 “L’ange, prenant la parole, dit à ceux qui étaient devant lui : Otez-lui les vêtements sales ! Puis
il dit à Josué (le sacrificateur) : Vois, je t’enlève ton iniquité et je te revêts d’habits de fête (ou : “de
gloire” ; autre nom des vêtements d’Aaron dans sa fonction).”
Les deux promesses qui suivent soulignent le caractère irrévocable de cette Nature nouvelle.

3:5b. … et je n'effacerai point son nom du Livre de Vie ; …


a) L’expression “effacer un nom du Livre (du rouleau) de Vie” trouve son sens en remarquant
qu’elle fait écho au reproche adressé au début de cette même Lettre aux faux croyants de
Sardes : “tu as la réputation d’être vivant et tu es mort”.
Autrefois les villes tenaient un registre où étaient inscrits les noms des citoyens de la cité, et le nom des
morts en étaient effacés. Les généalogies des familles d’Israël étaient elles aussi de tels “livres de vie”, et
ne pas pouvoir prouver sa filiation excluait du sacerdoce (cf. Néh. 7:5,64). Ceux qui dans l’Eglise de Sardes
passent pour être vivants mais qui, en fait, sont morts (v.1), verront leur nom effacé. Ne pas pouvoir prouver
sa filiation avec Christ par le Sceau de l’Esprit, sera lord de conséquences.

b) Ce “Livre de Vie”, souvent mentionné dans l’Apocalypse (voir les commentaires d’Ap. 13:8),
est un Attribut de la sphère divine qui enregistre les noms des âmes mises en contact avec la
révélation de Dieu, et donc avec la Vie.
Un autre Livre existe sans doute pour ceux qui n’ont pas été mis en contact avec l’Evangile (Dieu est
omniscient), mais ce n’est pas un thème majeur de l’Apocalypse : la Bible s’intéresse à ceux qui vont
accepter la révélation qu’elle leur fait connaître (cf. Ap. 20:12).

Déjà dans l’AT, seuls ceux qui de leur vivant se réclamaient, à tort ou à raison, d’Abraham
et de Moïse, étaient déclarés avoir leur “nom” (leur identité propre), ainsi répertorié, et leur
responsabilité était du même coup engagée à ce titre. Tous étaient au bénéfice de la révélation,
mais tous n’en ont pas tiré profit.
• Les âmes du faux Israël vivant de la seule énergie de leur nature déchue, disparaissent du Livre avec
la mort biologique, tant elles pesaient peu malgré la circoncision apparente (Héb. 6:4-6, Héb. 10:26-29) !
Ps. 69:29 “Que (les persécuteurs de David) soient effacés du livre de vie, et qu’ils ne soient point
inscrits avec les justes.”
• A l’inverse, la mort biologique ne pouvait affecter l’appartenance au “Livre de vie” des âmes d’Israël
déclarées justes.

Les noms gravés sur le pectoral et sur les deux pierres d’onyx (ce sont d’autres images
symboliques du Livre de vie) portées sur la poitrine et les épaules du souverain sacrificateur, étaient
ceux d’Israël selon l’Esprit, et ne pouvaient plus en être “effacés” (même mot qu’en Act. 3:19 à
propos des péchés effacés, et qu’en Col. 2:14 à propos du document accusateur annulé).
Le “Livre” des noms ineffaçables n’est autre que la poitrine de Christ.
Rom. 8:33-35 “(33) Qui accusera les élus de Dieu ? C'est Dieu qui justifie ! (34) Qui les condamnera ?
Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! (35) Qui
nous séparera de l'amour de Christ ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim,
ou la nudité, ou le péril, ou l'épée ?”

c) A Sardes, comme dans toutes les autres Eglises, sont certes inscrits sur ce Livre tous ceux
qui se réclament de Jésus-Christ (de même tous les circoncis étaient d’Israël).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -218-
________________________________________________

Mais n’en seront jamais effacés que les âmes nées de l’Esprit de Christ : la Nature de ces
âmes est celle de ce Livre de Vie. Ces âmes sont des sarments greffés, et non pas des sarments
momentanément accolés au Cep (ces sarments parasites “filtrent” la Sève venue du Cep, et en refusent
les énergies éternelles).
• Arracher des sarments vraiment ancrés dans le Cep, ce serait blesser le Cep glorifié. C’est une telle
impossibilité que le Fils de l’homme dit littéralement : “je n’effacerai certainement pas…”, ou : “en
aucun cas …”.
• Quant aux âmes effacées, c’est comme si elles n’avaient été que sur la couverture du Livre (un souffle a
suffi pour les balayer), alors que les autres sont enracinées dans le Livre vivant.

Avoir son nom dans le Livre pour toujours, c’est en faire organiquement partie et
participer de sa Nature avec les autres noms qui y sont vitalement inscrits.

d) La promesse d’avoir un nom définitivement inscrit serait une parole vaine et amère, si
en même temps était brandie la menace d’un possible effacement !
La promesse serait pareillement vaine si l’élu ne recevait jamais une preuve tangible venue
de Dieu (et non des hommes) de sa naissance d’En-haut et que sa foi a donc été agréée.
• Enseigner que le nom d’un fils de Dieu peut être effacé dans le Ciel, sous prétexte que cela crée une
crainte salutaire, c’est vouloir remettre le peuple de Dieu sous le joug de l’incertitude du salut, c’est
défigurer l’œuvre de Jésus-Christ (Luther a été précisément envoyé pour ôter ce fardeau).
• La crainte d’un fils de Dieu est de déplaire à Celui qui l’a sauvé, et non de perdre son salut : un élan
interne pousse sans cesse son âme sur un chemin de consécration, et cela malgré les chutes.
C’est le baptême dans le Saint-Esprit qui fait savoir au croyant, une fois pour toutes :
• que sa foi est agréée par Dieu,
• qu’il est désormais fils ou fille de Dieu,
• qu’il est entre les mains bienveillantes du Potier,
• que son nom ne peut être effacé,
• qu’il sera appelé à la rencontre de Jésus-Christ au retour de ce dernier.

e) Comme déjà indiqué, l’expression “effacer un nom du Livre de Vie” est tirée de l’AT :
• Ex. 32:32-33 “(32) Pardonne maintenant leur péché ! sinon, efface-moi de ton Livre que tu as écrit.
(33) L’Eternel dit à Moïse : C’est celui qui a péché contre moi que j’effacerai de mon Livre.”
• Ps. 69:29 “Qu’ils (ceux qui haïssent David sans cause) soient effacés du Livre de vie, et qu’ils ne soient
point inscrits avec les justes !”
• Es. 4:3 “Les restes de Sion, les restes de Jérusalem, seront appelés saints, quiconque à Jérusalem sera
inscrit parmi les vivants, après que le Seigneur aura lavé les ordures des filles de Sion, et purifié Jérusalem
du sang qui est au milieu d’elle, par le souffle de la justice et par le souffle de la destruction.”
• Dan. 12:1 “En ce temps-là se lèvera Micaël, le grand chef, le défenseur des enfants de ton peuple ; et ce
sera une époque de détresse, telle qu’il n’y en a point eu de semblable depuis que les nations existent
jusqu’à cette époque. En ce temps-là, ceux de ton peuple qui seront trouvés inscrits dans le Livre seront
sauvés.” (Ne pas confondre ce Livre avec le “livre des vérités”, qui est le livre des décrets divins, en Dan.
10:21).
Jésus et Paul ont eux aussi parlé de ces noms inscrits pour toujours :
• Lc. 10:20 “Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce
que vos noms sont écrits dans les cieux.” (ils l’ont donc su de leur vivant).
• Phil. 4:3 “ … Clément et mes autres compagnons d’œuvre, dont les noms sont (ils y sont déjà) dans le
Livre de Vie.”
• Héb. 12:23 “(Vous vous êtes approchés) de l’assemblée des premiers-nés, dont les noms sont inscrits
dans les Cieux …”

f) Le “Livre de Vie de l’Agneau” peut, ainsi que son nom l’indique, être considéré comme
étant le “Livre de Vie”, mais dans un sens plus précis et plus restrictif. Il ne concerne que les
noms des âmes effectivement nées de l’Esprit du Christ-Agneau : nul ne peut les enlever des
mains de Jésus-Christ dès lors que le Sceau de l’Alliance a été apposé en elles.
On pourrait pareillement dire que les 12 pierres du pectoral représentaient tout Israël (le Livre de Vie),
et, en même temps, dire qu’elles ne représentaient que la partie fidèle du peuple, l’Israël selon l’Esprit
(le Livre de Vie de l’Agneau).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -219-
________________________________________________

Le “Livre de Vie de l’Agneau” n’a jamais contenu que les noms des vainqueurs. Aucun nom
n’en a jamais été effacé.
Comment Jésus-Christ pourrait-il effacer ce qui a été écrit avec le Sang impérissable d’un
Agneau conçu dès avant la fondation du monde dans la Pensée de Dieu !
• Rom. 8:33-35 (déjà cités), 38-39 “(33) Qui accusera les élus de Dieu ? C'est Dieu qui justifie ! (34) Qui
les condamnera ? Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède
pour nous ! (35) Qui nous séparera de l'amour de Christ ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la
persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée ? - … - (38) Car j'ai l'assurance que ni la mort
ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, (39) ni les puissances,
ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu
manifesté en Jésus Christ notre Seigneur.”
• Ap. 13:8 (4e Fresque, 3e Tableau) “Et tous les habitants de la terre adoreront (la Bête polymorphe), ceux
dont le nom n'a pas été écrit (dès la fondation du monde) dans le Livre de Vie de l'Agneau qui a été
immolé dès la fondation du monde.”
• Ap. 17:8 (6e Fresque) “ La Bête que tu as vue était (elle a été) et elle n'est plus. (Et) elle doit monter de
l'Abîme et aller à la perdition. Et les habitants de la terre, ceux dont le nom n’a pas été écrit dès la
fondation du monde dans le Livre de Vie (il ne s’agit donc pas de la seule vie biologique), s'étonneront
(avec admiration) en voyant la Bête, parce qu'elle était, et qu'elle n'est plus, et qu'elle reparaîtra.”
• Ap. 20:15 (7e Fresque) “Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le Livre de Vie (en particulier ceux dont
les noms en ont été effacés) fut jeté dans l’étang de feu.”
• Ap. 21:27 (7e Fresque) “Il n’y entrera nulle souillure, ni personne qui pratique abomination et mensonge,
mais ceux-là seuls qui sont inscrits dans le Livre de Vie de l’Agneau.”
• Ap. 22:19 (Epilogue) “Si quelqu’un retranche aux paroles de ce livre prophétique, Dieu retranchera sa
part de l’Arbre de vie et de la Cité sainte qui sont décrits dans ce livre.”

Le “Livre de Vie” ne doit pas être confondu avec “les livres” ouverts lors du jugement :
• Ap. 20:12 (7e Fresque) “Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient (debout) devant le
Trône. (Et) des livres (c’est allusion à Dan. 7:10) furent ouverts. Et un autre Livre fut ouvert, celui qui est
le Livre de Vie. Et les morts (ceux dont les noms ne sont pas dans le Livre de vie) furent jugés selon leurs
œuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres.”
Les fils de Dieu inscrits dans le Livre de Vie jugeront avec Christ les vies inscrites dans ces livres.

3:5c. … et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges.
a) Le “Livre de Vie” de l’Agneau possède la Nature de Jésus-Christ, et témoigne de ce qui
est enraciné en lui, c’est-à-dire des noms (des âmes) qui font partie de lui.
Comment un enfant de Dieu pourrait-il être éloigné de devant le Trône alors qu’il est uni
organiquement à l’Agneau inséparable du Lion ?

b) “Confesser (gr. : “ex-omologeo”) un nom” c’est se déclarer en faveur de la personne


représentée par ce nom. Pour celle-ci, non seulement son nom ne sera pas effacé, mais il sera
honoré publiquement “devant” (= “dans la présence de”) la plus haute instance de la Création (le
“Père”, mentionné 5 fois dans l’Apocalypse : 1:6, 2:27, 3:5, 3:21, 14:1).
Ce n’est pas seulement au jour des jugements ultimes que le Fils de l’homme prend le parti
de ceux qui demeurent en lui : cette intercession est un Souffle permanent en faveur des élus,
pour leur protection, pour leur croissance, pour leur appartenance à la Jérusalem céleste.
C’est la confirmation, reçue à Patmos, de ce que Jésus avait dit sur terre (et qu’ont rapporté les
autres évangélistes) :
• Mt. 10:32 (paroles adressées aux 12 envoyés en mission) “Quiconque se déclarera (gr. “omologeo”)
publiquement pour moi, je me déclarerai (gr. “omologeo”) moi aussi pour lui devant mon Père qui est
dans les cieux.”
• Lc. 9:26 “Quiconque aura honte de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme aura honte de lui, quand
il viendra dans sa gloire, et dans celle du Père et des saints anges.”
• Lc. 12:8 “Je vous le dis, quiconque se déclarera publiquement pour moi, le Fils de l’homme se déclarera
aussi pour lui devant les anges de Dieu.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -220-
________________________________________________

c) Ces “anges” sont des acteurs de la Rédemption des hommes (Héb. 1:14), ils sont donc des
témoins qui appuient le témoignage du Christ :
• Lc. 15:10 “Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent.”
• Héb. 12:22-24 “(22) Vous vous êtes approchés de la Montagne de Sion, de la Cité du Dieu vivant, la
Jérusalem céleste, des myriades qui forment le chœur des anges, (23) de l’assemblée des premiers-nés
inscrits dans les Cieux, du Juge qui est le Dieu de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection,
(24) de Jésus qui est le Médiateur de la nouvelle Alliance, et du Sang de l’aspersion qui parle mieux que
celui d’Abel.”

d) Les “anges” sont des esprits et sont saints : dans le NT, l’action du Saint-Esprit désigne
souvent celle de ces “anges” qui sont des Souffles issus de Dieu.
• Jn. 1:51 “Et il dit à Nathanaël : En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges
de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme.”
• 1 Tim. 5:21 “Je te conjure devant Dieu, devant Jésus Christ, et devant les anges élus, d'observer ces
choses sans prévention, et de ne rien faire par faveur.”

Il faut remarquer que, dans ce verset, la trinité fonctionnelle “Père, Fils et Saint-Esprit” est
représentée par la trinité “Fils (“je”), Père, et Anges”. L’Apocalypse ne mentionne jamais
directement le Saint-Esprit, mais il est présent tout au long du Livre sous diverses images, en
particulier des anges.

3:6. Que celui qui a des oreilles, entende ce que l'Esprit dit aux Eglises.
a) Sur cette formule proverbiale, répétée en conclusion de chacune des Lettres aux 7 Eglises
d’Asie (Ap. 2:7, 2:11, 2:17, 2:29, 3:6, 3:13, 3:22), et prononcée par Jésus dans 3 Evangiles (Mt. 11:15 ;
13:9 ; Mc. 4:9,23 ; 7:16 ; Lc. 8:8 ; 14:35), voir les commentaires d’Ap. 2:7.
• Ez. 3:27 “Quand je te parlerai, j’ouvrirai la bouche, pour que tu leur dises : Ainsi parle le Seigneur,
l’Eternel. Que celui qui voudra écouter écoute, et que celui qui ne voudra pas n’écoute pas, car c’est une
famille de rebelles.”
• Ez. 3:17 “Fils de l’homme, je t’établis comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu écouteras la parole
qui sortira de ma bouche, et tu les avertiras de ma part.”

b) L’ange envoyé à l’Eglise communique le message qu’il a entendu, et il appartient à


chaque membre (“à celui qui”) de toutes (“aux”) les Eglises (en tous lieux et à toutes les époques), de
l’assimiler et le mettre en pratique.
• Es. 48:15-16 “(15) Moi, moi, j’ai parlé, et je l’ai appelé (celui que l’Eternel aime) ; je l’ai fait venir, et
son œuvre réussira. (16) Approchez-vous de moi, et écoutez ! Dès le commencement, je n’ai point parlé
en cachette, dès l’origine de ces choses, j’ai été là. Et maintenant, le Seigneur, l’Eternel, m’a envoyé avec
son Esprit.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -221-
________________________________________________

F – Tableau 6. L'Eglise de Philadelphie (Ap. 3:7 à 13)


Humilité et fidélité

FRESQUE 1 FRESQUE 2 FRESQUE 3 FRESQUE 4 FRESQUE 5 FRESQUE 6 FRESQUE 7


(l’Eglise (les Sceaux (les (une guerre (les Coupes) (jugements (scènes
exhortée) de jugement) Trompettes spirituelle ultimes de ultimes)
du jugement) cosmique) Babylone)
Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes
Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives
(le Juge (la Pensée (préparation (nature et (préparation (prostitution (victoire du
céleste de du Trône) des acteurs du des Coupes) de Babylone) Roi et des
l’Eglise) Trompettes) conflit) élus)
Septénaire 1 Septénaire 2 Septénaire 3 Septénaire 4 Septénaire 5 Septénaire 6 Septénaire 7
7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux
(7 Lettres aux (l’ouverture (sonnerie des (déroulement (7 Coupes (fin de (splendeurs
7 Eglises) des 7 Sceaux) 7 Trompettes) du conflit) déversées) Babylone) éternelles)
1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7

Le texte : Ap. 3:7-13


L’adresse épistolaire accompagnant un Attribut du Christ
“(7) Et écris à l’ange de l'Eglise de Philadelphie : Voici ce que dit le Saint, le Véritable, Celui qui a
la clef de David, Celui qui ouvre et personne ne fermera, et Celui qui ferme et personne n'ouvrira :
Des éloges (pas de reproches)
(8) Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et
que tu n'as pas renié mon Nom, …
Des promesses (pas de menaces)
… j'ai donné devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer.
(9) Voici, je donne quelques-uns de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont
pas, mais qui mentent ; voici, je les ferai venir se prosterner à tes pieds, et reconnaître que je t'ai aimé.
(10) Parce que tu as gardé ma parole de la persévérance, je te garderai aussi à l'heure de l'épreuve qui
doit venir sur l’humanité entière, pour éprouver les habitants de la terre.
Des recommandations
(11) Je viens bientôt. Retiens (= tiens ferme) ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne.
Des promesses à celui qui vaincra
(12) Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus ;
et j'écrirai sur lui le Nom de mon Dieu, et le Nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem
qui descend du Ciel d'auprès de mon Dieu, et mon Nom nouveau.
Une exhortation leitmotiv
(13) Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises.

3:7a. Et écris à l’ange de l'Eglise de Philadelphie : …


Sur l’ordre “d’écrire”, sur l’identité de l’“ange”, et sur l’expression “l’église qui est dans …”, voir les
commentaires sur Ap. 1:20 et 2:1.

a) Comme les autres Lettres aux Eglises d’Asie, celle-ci (la 6e) s’adresse en fait aux chrétiens
de tous les siècles et de tous lieux (chaque Lettre demande en effet à ceux qui ont des oreilles pour
entendre d’écouter ce que l’Esprit dit “aux” Eglises, aux 7 Eglises). Ce constat vient à l’appui de
l’interprétation dite “récapitulative” (cf. le “Préambule, clefs de lecture”).
Il est toutefois en même temps possible de distinguer dans l’histoire du christianisme une
succession de périodes plus particulièrement marquées par les caractéristiques de telle ou telle
de ces 7 Eglises (interprétation dite “chronologiste”). Il en est ainsi pour cette Lettre.
• Comme cela a été souligné dans le commentaire d’Ap. 1:4, c’est dès le récit de la création en 7 jours
(Gen. 1:1-31) que le chiffre “7” a signifié, non pas une perfection, comme cela est souvent répété, mais la
durée d'un cycle (individuel ou collectif) au cours duquel se joue l'histoire des âmes.
• Il faut noter que le récit de la création ne parle pas du “premier jour”, mais du “jour Un” (Gen. 1:5) :
en effet, dans l'optique spirituelle du rédacteur de la Genèse, tous les autres jours de la création étaient en
gestation dans ce “jour un” (de même que toutes les générations de croyants étaient dans les reins
d’Abraham, “l’homme Un” de la foi).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -222-
________________________________________________

La septaine de 7 jours (ou semaine) ainsi décrite, forme donc une unité (de même que la descendance
spirituelle d’Abraham constitue une unité). Ici, les 7 Eglises réunies représentent l’Assemblée de tous les
siècles (ce qui est conforme à l’interprétation dite “récapitulative”).
• Mais ce caractère d'unité n'exclut pas l'existence d'un processus en action, et donc d'une chronologie,
avec un aboutissement attendu à la fin du cycle. Le “jour Un” était de même le début d'un calendrier,
avec un “deuxième jour” (et non pas “jour deux”), un “troisième jour”, etc.

b) Comme dans l’AT, le message prophétique que l’“ange” (l’Esprit de révélation, et les hommes
par lesquels l’Esprit s’exprime) doit assimiler, puis transmettre au peuple se réclamant du Verbe, est
en général à la fois une mise en garde contre un danger intérieur, et un encouragement pour
le groupe fidèle. C’est ce dernier aspect qui domine ici (il n’y a pas de reproches formulés).

C’est l’Esprit de Christ qui inspire ce message : ce message vient du cœur du Rédempteur
qui veut le bien éternel de son peuple.
• Les 7 Eglises sont dites situées “dans” 7 villes, ce qui souligne qu’elles forment une communauté d’âmes dirigées
et organisées par l’Esprit. Ces villes ont vocation à devenir Jérusalem, mais plusieurs portent en germe Babylone.
Jn. 17:15 “Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal.”
1 Cor. 5:9-10 “(9) Je vous ai écrit dans ma lettre de ne pas avoir des relations avec les impudiques
(ou : les débauchés), (10) non pas d'une manière absolue avec les impudiques de ce monde, ou avec
les cupides et les voleurs, ou avec les idolâtres ; autrement, il vous faudrait sortir du monde.”

c) Le nom de la ville de “Philadelphie” signifie : “amour fraternel”.


La ville n’était pas très antique. Elle avait été fondée (en – 184) par le roi de Pergame, sur la
route reliant Sardes à Colosses (à 45 km au sud de Sardes). Il lui avait donné ce nom en hommage
à la fidélité de son frère qui devait lui succéder. Ce dernier, Attale II (-159 à -138) légua son
empire à Rome qui créa alors la Province d’Asie (en -129).
Cette ville renfermait, entre autres, un temple de Janus (divinité des portes, dont le symbole était
une clef).
Comme d’autres villes de la région, celle-ci fut souvent victime de tremblements de terre
(devenir une “colonne” comme promis en Ap. 3:12, signifiait la stabilité parmi des colonnes renversées !).
Cette ville n’est mentionnée nulle part ailleurs dans le NT.

d) Dans l’optique chronologiste, “l’âge” de l’Eglise de Philadelphie aurait commencé vers


l’an 1750, à une époque où s’est développé un mouvement missionnaire très dynamique.
La Révolution française, les guerres napoléoniennes, les explorations et les guerres
coloniales, ont fortement marqué cette période.

Les figures marquantes de ce réveil furent les anglais John Wesley (1703 à 1791) et Georges
Whitefield (1714-1770), qui restèrent amis malgré leurs différences doctrinales, et furent à
l’origine du Méthodisme et de ses différentes branches. Dans leur foulée se forma le courant
“évangéliste” organisé autour de diverses petites Eglises qui se consacrèrent à l’évangélisation
du monde, et dont certains acteurs furent remarquables.
Citons : William Carrey (1761-1834), Robert Moffat (1795-1883), David Livingstone (1813-1873),
Alexander Murdoch Mackay (1849-1890), Axley, Burke, Cartwright, Finley, Charles Grandison Finney
(1795-1875), Hudson Taylor (1832-1905), Charles Thomas Studd (1860-1931), les assemblées informelles
des “frères de Plymouth” avec George Müller (1805-1898), John Nelson Darby (1800-1882), etc.
Les ministères profonds et spectaculaires de guérison prophétique de deux femmes, Woodworth Etter
(1844-1924) et Kathryn Kulhman (1907-1976), et les ministères de Smith Wigglesworth (1859-1947) et
de Essek William Kenyon (1867-1948), annonceront le mouvement charismatique du début du XXe siècle,
avec le réveil du Pays de Galles (1904) et le réveil d’Azusa Street à Los Angeles (1906).

Si la justification, fondée sur la grâce offerte par Dieu et sur la foi (l’adhésion active) de
l’homme, a été redécouverte par l’Eglise de l’âge de Sardes, l’Eglise de l’âge de Philadelphie
souligne que la consécration et la sanctification sont des fruits incontournables d’un tel salut.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -223-
________________________________________________

L’union organique du croyant avec l’Esprit de Christ redevient un thème central de la


prédication. Les prophéties bibliques sur l’avènement de Jésus-Christ suscitent alors un nouvel
intérêt.
• Jude 3 “Je vous exhorte à combattre pour la foi (non pour les traditions des dénominations, mais pour
l’enseignement des Ecritures) qui a été transmise aux saints une fois pour toutes.”

3:7b. … Voici ce que dit le Saint, …


a) Comme au début de chacune des 7 Lettres, Jésus-Christ (Celui qui “dit” depuis le Trône), par
l’intermédiaire de Jean (ici dans le rôle d’un prophète) et d’un ange-messager, fait ici connaître son
identité aux destinataires, en rappelant trois de ses Attributs :
• il est le Saint (gr. : “hagios” ; 26 mentions dans l’Apocalypse),
• il est le Véritable (gr. : “alethinos” = “le Véritable, le Réel, l’Authentique” ; le suffixe “inos” a une
valeur superlative),
• il est Celui qui a la clef de David, celui qui ouvre et personne ne fermera, et celui qui ferme et personne
n'ouvrira.

b) Il n’est pas seulement “saint” (séparé de toute impureté, moralement parfait selon les critères divins)
mais il est “LE Saint” (avec article), c’est-à-dire le critère absolu et la source unique de toute
perfection, “LE Juste” (Act. 7:52). C’est un Attribut et un Titre qui appartiennent à Dieu seul.
Le rappel d’un tel Titre est une menace pour les impurs dans l’Eglise.
Jésus-Christ étant Fils de Dieu par l’unité en plénitude de son Esprit avec l’Esprit du Père,
est le seul Homme pouvant s’attribuer un tel Titre qui proclame sa Divinité et sa Messianité.
Ce Titre n’était pas explicitement mentionné dans la vision préliminaire du chapitre 1.
• Es. 6:3 “Les séraphins criaient l’un à l’autre, et disaient : Saint, saint, saint est l’Eternel des armées !
toute la terre est pleine de sa gloire !”
• Es. 41:14 “Ne crains rien, vermisseau de Jacob, faible reste d’Israël ; je viens à ton secours, dit l’Eternel,
et le Saint d’Israël est ton Sauveur.”
• Deut. 32:4-5 “(4) Il est le Rocher ; ses œuvres sont parfaites, car toutes ses voies sont justes ; c’est un
Dieu fidèle et sans iniquité, il est juste et droit. (5) S’ils se sont corrompus, à lui n’est point la faute ; la
honte est à ses enfants, race fausse et perverse.”
• Act. 3:14 “Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu’on vous accorde la grâce d’un
meurtrier.”
• Lc. 1:35 “L’ange lui répondit : Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira
de son ombre. C’est pourquoi le saint (enfant) qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu.”

c) Pour les hommes, il n’y a pas de sainteté en dehors d’un mariage, d’une Alliance avec
Christ, d’une effusion du Saint”-Esprit, laquelle est l’effusion de la Nature de Christ.
• Héb. 3:14 “Car nous sommes devenus participants de Christ (devenus une même plante avec Lui,
Rom. 6:5), pourvu que nous retenions fermement jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au
commencement.”
• 1 P. 1:16 “Vous serez saints, car je suis saint.” (id. Lév. 11:44).
• 2 P. 1:4 “Vous devenez participants de la Nature divine.”

3:7c. … le Véritable, …
C’est le second Attribut.
a) Jésus-Christ n’est pas seulement “véritable” (Celui en qui il n’y a aucun mensonge, aucun faux-
semblant) mais il est “LE Véritable, LE Vrai” (avec article), c’est-à-dire celui d’où émane tout ce
qui est réalité et vérité (c’est un Attribut du Verbe de Dieu, par qui existent et subsistent toutes choses) .
C’est donc un Attribut qui appartient à Dieu seul (1 Thes. 1:9, Jn. 7:28), et au Fils de Dieu.
• Jn. 3:33 “Celui qui a reçu son témoignage a certifié que Dieu est Vrai (gr. “alethes”).”
• Jn. 17:3 “La Vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai (gr. “alethinos”) Dieu, et Celui
que tu as envoyé, Jésus-Christ.”
• 1 Thes. 1:9 “Vous vous êtes convertis à Dieu, en abandonnant les idoles pour servir le Dieu Vivant et
Vrai (gr. : “alethinos”).”
• Tite 1:2 “(La foi et la connaissance de la vérité) reposent sur l’espérance de la Vie éternelle, promise
dès les plus anciens temps par le Dieu qui ne ment point.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -224-
________________________________________________

• Ap. 3:14 (à l’église de Laodicée) “Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable (gr. “alethinos”),
le principe (ou : “commencement, essence”) de la création de Dieu.”
• Ap. 19:11 (7e Fresque) “Puis je vis le ciel ouvert, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait
s’appelle Fidèle et Véritable (gr. : “alethinos”), et il juge et combat avec justice.”
• Es. 65:16 “Celui qui voudra être béni dans le pays voudra l’être par le Dieu de Vérité, et celui qui jurera
dans le pays jurera par le Dieu de Vérité ; car les anciennes souffrances seront oubliées, elles seront
cachées à mes yeux.”
• Jn. 14:6 “Je suis le Chemin, la Vérité, et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi.”

Avec le même adjectif grec, Jésus-Christ est aussi “la véritable Lumière” (Jn. 1:9 et 1 Jn. 2:8),
“le véritable Pain” (Jn. 6:32), “le véritable Cep” (Jn. 15:1), etc.
Comme le Titre précédent (“le Saint”), celui-ci n’était pas explicitement mentionné dans la vision
préliminaire du chapitre 1.

b) Ce Titre est un encouragement pour des croyants en butte contre “ceux qui se disent
Juifs” et qui “mentent” (v.9). Ce Titre est aussi une menace pour les menteurs installés dans
l’Eglise.
“Le Véritable, le Vrai” sera nécessairement avec ceux qui seront attirés par la Source absolue
de toute réalité, même si elle est inaccessible à l’homme naturel.
Il est aussi Celui qui “dit” la vérité à cette Eglise de Philadelphie et à toute l’Eglise.
Lire les Ecritures, ce n’est pas lire un livre de théologie ou d’histoire, mais c’est écouter ce que Dieu lui-
même nous “dit” (il “nous parle” ! Héb. 1:1-2). Or il ne peut pas y avoir de mensonge en lui.

3:7d. … Celui qui a la clef de David, Celui qui ouvre et personne ne fermera, et Celui qui
ferme et personne n'ouvrira : …
a) Ecouter ce que “dit” Celui qui est le Saint et le Véridique et qui possède ce troisième
Attribut, est nécessairement une question de vie ou de mort pour chaque âme dans l’Eglise.
Avoir “la clef” c’est avoir le contrôle des portes de la ville (des entrées et des sorties de chaque
âme), des entrepôts d’armes et de vivres, des prisons, des accès à la salle du Trône, etc.
La “clef de David” désigne en fait la “clef du Fils de David”. C’est une clef d’autorité de
libération, d’ouverture vers la Vie éternelle et la résurrection.
• Ps. 16:10-11 (Hymne de David) “(10) Tu ne livreras pas mon âme (celle de David) au séjour des morts,
tu ne permettras pas que ton bien-aimé voie la corruption. (11) Tu me feras connaître le sentier de la Vie,
…”
• Ps. 89:3-4, 35-37 “(3) J'ai fait Alliance avec mon élu ; voici ce que j'ai juré à David, mon serviteur : (4)
J'affermirai ta postérité pour toujours, et j'établirai ton Trône à perpétuité. - … - (35) J'ai juré une fois
par ma sainteté : Mentirai-je à David ? (36) Sa postérité subsistera toujours ; son Trône sera devant moi
comme le soleil, (37) comme la lune il aura une éternelle durée. Le témoin qui est dans le ciel est fidèle.”
• Ps. 110:1 “De David. Psaume. Parole de l'Éternel à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce
que je fasse de tes ennemis ton marchepied.” (cf. Mt. 22:43-44).

Si Jésus ouvre les portes des prisons et des tombes pour libérer ses élus et leur ouvre les
portes de ses palais, qui les fermera ?
• Ez. 44:2 “Ainsi parle l’Eternel, qui t’a fait, et qui t’a formé dès ta naissance, celui qui est ton soutien :
Ne crains rien, mon serviteur Jacob, mon Israël, que j’ai choisi.”
• Mt. 22:18 “Jésus, s’étant approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir m’a été donné dans le Ciel et sur la
terre.”

A l’inverse, personne, aucun ange de la “synagogue de Satan” (v.9), ne peut franchir la porte
que le Fils de David protège : les Chérubins qui gardent l’accès à l’Arbre de Vie n’obéissent
qu’à Lui. Tout intrus au Repas des noces sera repéré et expulsé avant d’avoir pu participer au
Repas (cf. la parabole des noces, Mt. 22:11-14).
• Job 12:14 “Ce qu’il renverse ne sera point rebâti, celui qu’il enferme ne sera point délivré.”

b) Celui qui se présente ainsi à l’Eglise de Philadelphie reprend les paroles d’une prophétie
messianique d’Esaïe, en préservant un effet marquant de symétrie de la phrase :
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -225-
________________________________________________

• Es. 22:19-24 (prophétie contre Schebna et ses partisans) “(19) Je te chasserai de ton poste, l'Éternel
t'arrachera de ta place. (20) En ce jour-là, j'appellerai mon serviteur Éliakim, fils de Hilkija ; (21) Je le
revêtirai de ta tunique, je le ceindrai de ta ceinture (force en action), et je remettrai ton pouvoir entre ses
mains ; il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda. (22) Je mettrai sur son
épaule (puissance de soutien) la clef de la maison de David : Quand il ouvrira, nul ne fermera ; quand
il fermera, nul n'ouvrira (il a un pouvoir de décision sur toute la maison du roi).
(23) Je l'enfoncerai comme un clou dans un lieu sûr (il ne sera jamais arraché), et il sera un siège de
gloire pour la maison de son père. (24) Il sera le soutien de toute la gloire de la maison de son père, des
rejetons nobles et ignobles, de tous les petits ustensiles, des bassins comme des vases.”
- Eliakim, au nom significatif (= “celui que Dieu élève”), fut chef de la maison du roi Ezéchias, et, à ce
titre, exerça le pouvoir de Premier ministre, par délégation du roi. Cette prophétie fait de lui une
préfiguration du Messie.
- Selon la prophétie précitée d’Esaïe, Eliakim a été appelé par le roi à remplacer le riche Schebna à
son poste de chef de la maison royale : ce dernier se préoccupait avant tout de se faire creuser une
tombe durable dans le roc (Es. 22:15-19) ! L’allusion dans cette Lettre de l’Apocalypse à ces passages
de l’AT est donc un avertissement aux faux croyants de Philadelphie !

c) Le Fils de l’homme s’était déjà présenté avec cet Attribut devant Jean, lors de la vision
préliminaire :
• Ap. 1:18 “J’étais mort et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du
séjour des morts.” (Cf. les commentaires de ce verset)

Jésus-Christ détient la “clef” de tout ce qui avait été promis à David (lequel était l’ombre
annonciatrice de la Réalité).
• Lc. 1:32-33 “(32) Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le
Trône de David, son père. (33) Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point
de fin”
• Mt. 16:19 (à Pierre) “Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux ; ce que tu lieras sur la terre sera
lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.”
• Mt. 18:18 (discours aux disciples) “Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié
dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.”

Non seulement Jésus-Christ détient la “clef de David”, mais il est la Clef, il est la Porte de
la Nouvelle Jérusalem et de ses trésors (le baptême de l’Esprit, la Vie éternelle, les harmonies célestes, la
perfection des pensées et des sentiments divins, la connaissance du cœur du Fils, etc.).

d) Jésus-Christ confie cette “clef” avec mesure, à des hommes qu’il choisit, et nul ne peut la
lui arracher. Il ne la confie pas à des systèmes cléricaux usurpateurs, mais à des individus,
comme il veut, et quand il veut (il a choisi Judas et il a choisi Paul).
• Pierre a eu la mission d’ouvrir le premier la porte du salut aux Juifs, aux Samaritains, aux Nations avec
la “clef” des paroles appropriées pour cette œuvre. Les dons de la guérison, de la prophétie, de la foi, etc.,
sont d’autres facettes de la “clef de David”.
• Aucune organisation ne peut prétendre posséder et pouvoir transmettre une telle “clef” à sa guise.
• Cette “clef” n’est évidemment pas celle qui symbolisait Janus, le “dieu des portes et des gonds”, le
révélateur des soi-disant mystères du paganisme (le mot “cardinal” dérive de “cardo” = “gond”, et
désignait celui qui avait le droit de faire tourner ces portes du paganisme) !

3:8a. Je connais tes œuvres. …


Les ouvrages (les “œuvres”, gr. : “ergon” = fruit d’un labeur) sont le résultat, bon ou mauvais, d’un
travail.
C’est en permanence que Celui qui a les “7 Yeux” des “7 Esprits” sonde chaque individu se
réclamant de son Nom. Il le rappelle aux Eglises d’Ephèse (la 1ère, 2:1), de Thyatire (la 4e, 2:19),
de Sardes (la 5e, 3:1), de Philadelphie (la 6e, 3:8), de Laodicée (la 7e, 3:15).
Sur cette “connaissance” (“connaître” = gr. “oida”, connaissance directe et immédiate) des “œuvres”
de chacun, voir les commentaires d’Ap. 2:2 et 2:19.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -226-
________________________________________________

• Ps. 11:4-5 “(4) L’Eternel est dans son saint Temple, l’Eternel a son Trône dans les Cieux (au-dessus du
propitiatoire) ; ses yeux regardent, ses paupières sondent les fils de l’homme. (5) L’Eternel sonde le juste ;
il hait le méchant et celui qui se plaît à la violence.”

3:8b. … Voici, parce que tu as peu de puissance, …


L’exclamation “voici” appelle les lecteurs à examiner attentivement ce qui suit (id. au v.9, deux
fois ; id. Ap. 2:10 pour annoncer la persécution de Smyrne, et Ap. 2:22 pour menacer Jézabel à Thyatire) .
a) Le texte grec place la bénédiction (“j’ai mis devant toi une porte ouverte”) en début de phrase,
avant de la justifier (“parce que, car”). Nous suivons cependant ici (sans que cela modifie le sens de la
phrase) la traduction dite de Segond qui présente en premier les raisons de la bénédiction.
Aucun reproche n’est formulé contre cette Eglise (id. Smyrne) ! Cela explique peut-être
pourquoi plusieurs dénominations et assemblees se réclament de cette Eglise !

b) Dans la suite du verset, au moins deux éloges apparentés sont prononcés, et forment un
bloc (chacun est précédé de la conjonction “et”) : cette Eglise :
• “et a gardé” la parole du Fils de l’homme (éloge sous forme positive),
• “et n’a pas renié” son Nom (éloge sous forme négative).

Ces deux éloges sont précédés, et donc régis, par un constat préliminaire (non précédé de la
conjonction “et”) : cette Eglise a “peu de puissance (gr. : “dynamis”= “ puissance active”)”.
• Certains lisent : “J’ai mis devant toi une porte ouverte car, (et bien que) tu aies peu de puissance, tu as
été fidèle au Verbe et au Nom”. Cette lecture donne plus de mérite aux deux vertus, et justifie encore plus
la bénédiction.
• D’autres lisent : “J’ai mis devant toi une porte ouverte à cause de ta faible puissance, et (par ailleurs)
tu as été fidèle au Verbe et au Nom”. Selon cette lecture, la bénédiction compense un handicap subi, et la
bénédiction n’est pas la conséquence des seules vertus de l’Eglise.
• Il est considéré dans cette étude que le “peu de puissance” constitue en fait ici une troisième vertu
(l’humilité) qui s’ajoute aux deux autres et les régit.
Es. 53:2 “Il s’est élevé devant l’Eternel comme une faible plante, comme un rejeton qui sort d’une
terre desséchée ; il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n’avait rien
pour nous plaire.”

En effet, avoir “peu de puissance” signifie ici avoir appris à déposer humblement toutes ses
aptitudes naturelles sur l’autel de la volonté de Dieu. C’est ainsi que Jésus a vaincu à
Gethsémané (Mt. 26:42, Lc. 22:42).

3:8c. … et que tu as gardé ma parole, et que tu n'as pas renié mon Nom, …
“Garder la parole” et “ne pas renier le Nom”, sont les fruits à la fois de l’humilité, et de la
prise de conscience que toute puissance ou aptitude spirituelle ne vient que de Jésus-Christ.
L’Eglise de Pergame (la 3e) (du moins une partie), a, elle aussi, continué à confesser le Nom
malgré l’épreuve, et elle a su attendre patiemment le Retour du Christ.
“Garder la parole (gr. : “logos”)”, c’est soumettre progressivement nos pensées et nos actes
à la volonté de Dieu exprimée par Jésus-Christ et au travers des prophètes.
• Jn. 14:22-23 “(22) Jude, non pas l'Iscariot, lui dit : Seigneur, d'où vient que tu te feras connaître à nous,
et non au monde ? (23) Jésus lui répondit : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père
l'aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui.”
Au v.10, il sera question, pour la même Eglise, de “garder la parole de la persévérance”.

“Ne pas renier le Nom”, c’est défendre publiquement, malgré un environnement hostile, la
révélation des Evangiles : c’est proclamer qu’en Jésus-Christ demeure la plénitude de l’Esprit
(il est le Fils de Dieu), et qu’il n’y a donc de Vie et de Vérité qu’en lui seul.
• Ap. 2:13 (à l’ange de l’Eglise de Pergame) “Je sais où tu demeures, je sais que là est le trône de Satan.
Tu restes attaché à mon Nom, et tu n’as pas renié ma foi, même aux jours d’Antipas, mon témoin fidèle,
qui a été mis à mort chez vous, là où Satan a sa demeure.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -227-
________________________________________________

“Renier”, ou repousser cette révélation de la Personne de Jésus-Christ, c’est ne plus avoir de


Temple pour y rencontrer Dieu !
• Phil. 3:6-7 “(6) Ne vous inquiétez de rien ; mais en toutes choses faites connaître vos besoins à Dieu
par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. (7) Et la paix de Dieu, qui surpasse toute
intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ.”
• Col. 2:5 “Si je suis absent de corps, je suis avec vous en esprit, voyant avec joie le bon ordre qui règne
parmi vous, et la fermeté de votre foi en Christ.”
• 1 P. 5:7 “Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous.”

Parce qu’ils n’auront pas renié le Nom, le Nom sera inscrit sur eux (v. 12), contrairement à
ceux qui auront choisi la marque de la Bête (Ap. 13:17 et 14:9).

3:8d. … j'ai donné devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer.
a) C’est la première des 5 promesses faites aux fidèles de Philadelphie qui ainsi reçoivent
ou recevront :
• l’assurance de la victoire (une porte de révélation) (v.8),
• la reddition des faux croyants (la synagogue de Satan) (v.9),
• la protection durant l’épreuve (v.10),
• la fonction de colonne du temple (v.12),
• le Nom d’identification céleste (v.12).

b) En Ap. 3:7, le Fils de l’homme s’est présenté comme “Celui qui a la clef de David, Celui
qui ouvre, et personne ne fermera, Celui qui ferme, et personne n'ouvrira”.
Ici, parce que cette petite portion fidèle vit dans la dépendance de la Vie de Christ, le Fils de
l’homme lui “donne” une “porte qui a été ouverte”, alors qu’elle était fermée auparavant.
Personne ne peut empêcher Christ, et donc ceux qui sont en lui, de franchir cette “porte” !
C’est en cela que Jésus-Christ est lui-même la Porte “ouverte”. Elle a été mise “à la portée”
des élus (“devant” eux) : un libre accès leur a été donné à la salle du Trône, au Lieu Très saint
(il n’y a plus de distance légale, physique ou spirituelle, plus de voile de séparation).
Pour ceux qui sont unis à la mort et à la résurrection de Jésus-Christ, c’est la fin de la
réprobation de Dieu, et donc de la séparation.
• Héb. 6:19-20 “(19) Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l'âme, sûre et solide ; elle
pénètre au delà du voile, (20) là où Jésus est entré pour nous comme Précurseur, ayant été fait Souverain
sacrificateur pour toujours, selon l'ordre de Melchisédek.”
• Héb. 10:19-20 “(19) Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du Sang de Jésus, une libre
entrée dans le Sanctuaire (20) par la route nouvelle et vivante (le courant de l’Esprit, de l’onction) qu'il
a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est-à-dire, de sa chair, (21) et puisque nous avons un
Souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu, (22) approchons-nous avec un cœur sincère, dans
la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d'une mauvaise conscience, et le corps lavé d'une eau pure.”

c) Lors de l’incarnation du Christ, cette “porte” était “ouverte” pour lui. Cette “porte
ouverte” de l’Onction est un privilège de la sacrificature. Désormais, Jésus-Christ fait
participer son petit peuple à SA victoire et à SA sacrificature (un vrai sacrificateur se tient devant
Dieu, il se donne à Dieu, et Dieu lui donne de quoi donner aux autres) :
• Ez. 46:9-10 “(9) Mais lorsque le peuple du pays se présentera devant l'Éternel, aux solennités, celui qui
entrera par la porte septentrionale pour se prosterner sortira par la porte méridionale, et celui qui entrera
par la porte méridionale sortira par la porte septentrionale ; on ne devra pas s'en retourner par la porte
par laquelle on sera entré, mais on sortira par celle qui lui est opposée (il ne peut y avoir retour à la
position ancienne, mais il y a au contraire progression en renouvellement de vie). (10) Le Prince entrera
parmi eux quand ils entreront, et sortira quand ils sortiront (il les associe à son Ministère).”
• Rom. 8:17 “Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers
de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d'être glorifiés avec lui.”

C’est le Sceau du Saint-Esprit qui rend participant de la Porte (de l’Onction) menant à Celui
qui est sur le Trône. Cette “Porte” ouverte a pulvérisé les murs de la prison adamique.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -228-
________________________________________________

d) Selon l’optique chronologiste, la période correspondant à l’Eglise de Philadelphie a été


caractérisée par un travail impressionnant de restauration de la révélation apostolique, travail
qui avait débuté avec l’Eglise de Sardes (la 5e, la période des Réformateurs).
Cette période est marquée :
• par un travail considérable d’approfondissement de la révélation biblique :
Eph. 1:17-19 “(17) … que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de gloire, vous donne un
esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance, (18) et qu'il illumine les yeux de votre cœur,
pour que vous sachiez quelle est l'espérance qui s'attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire
de son héritage qu'il réserve aux saints, (19) et quelle est envers nous qui croyons l'infinie grandeur
de sa puissance, se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force.”

• par la prédication du baptême de l’Esprit, de la sanctification et de la consécration qui en résultent :


Phil. 1:9-11 “(9) Et ce que je demande dans mes prières, c'est que votre amour augmente de plus en
plus en connaissance et en pleine intelligence (10) pour le discernement des choses les meilleures,
afin que vous soyez purs et irréprochables pour le jour de Christ, (11) remplis du fruit de justice qui
est par Jésus Christ, à la gloire et à la louange de Dieu.”

• par une intense activité missionnaire à l’échelle mondiale ; ceux qui sont au bénéfice de la “porte
ouverte”, la font connaître à d’autres :
Cor. 16:9 “Une porte (une opportunité) grande et d’un accès efficace m’est ouverte, et les adversaires
sont nombreux.”
Mt. 28:19-20 “(19) Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au Nom (au singulier)
du Père, du Fils et du Saint Esprit, (20) et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et
voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.”
Mc. 16:15-18 “(15) … Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. (16)
Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. (17) Voici
les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon Nom, ils chasseront les démons ; ils
parleront de nouvelles langues ; (18) ils saisiront des serpents ; s'ils boivent quelque breuvage mortel,
il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades seront guéris.”

Cet “âge de Philadelphie” (ainsi appelé dans l’optique “chronologiste”) est hélas devenu un âge de
dénominations multiples animées par un esprit de compétition. A chaque fois, une porte a été
fermée à l’Esprit, mais l’Esprit en a ouvert une autre avec les rescapés vainqueurs.

3:9a. Voici, je donne quelques-uns de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs
et ne le sont pas, mais qui mentent ; …
a) C’est la seconde des 5 promesses faites aux fidèles de Philadelphie (après celle d’une “porte
ouverte”). Comme la première, elle débute par un appel à l’attention : “voici”.

b) Le texte ne dit pas expressément : “je TE donne”, mais : “je donne”, sans précision de
destinataire. Toutefois la suite du verset lève toute incertitude : “je ferai venir vers toi”. C’est
l’annonce d’une action de la grâce divine par l’Eglise fidèle, et en faveur de “quelques-uns
de …” (gr. “ek” = “de, hors de”) de l’Eglise infidèle.

La “synagogue de Satan” (“Satan” est un mot hébreu signifiant “adversaire”) est celle déjà
mentionnée, en termes similaires, dans la Lettre à l’Eglise de Smyrne (l’Eglise symétrique de celle
de Philadelphie, par rapport à l’Eglise de Thyatire qui occupe la position médiane parmi les 7 Eglises) : “Je
connais ta tribulation et ta pauvreté, bien que tu sois riche, et les calomnies de la part de ceux
qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan” (Ap. 2:8).

En Ap. 2:13 (Lettre à l’Eglise de Pergame, la 3e), cette “synagogue de Satan” était apparentée au
“trône de Satan”, ce qui rendait ces chrétiens de nom, pires que des païens endurcis.
• Ez. 2:3 “Il me dit : Fils de l’homme, je t’envoie vers les enfants d’Israël, vers ces peuples rebelles, qui
se sont révoltés contre moi ; eux et leurs pères ont péché contre moi, jusqu’au jour même où nous sommes
(c’est-à-dire malgré le châtiment de l’exil).”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -229-
________________________________________________

• Ez. 5:5-6,9 “(5) Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : C’est là cette Jérusalem que j’avais placée au milieu
des nations et des pays d’alentour. (6) Elle a violé mes lois et mes ordonnances, et s’est rendue plus
coupable que les nations et les pays d’alentour ; car elle a méprisé mes lois, elle n’a pas suivi mes
ordonnances. … (9) A cause de toutes tes abominations, je te ferrais ce que je n’ai point encore fait, ce
que je ne ferai jamais. (10) C’est pourquoi des pères (ceux qui auront été apostats) mangeront leurs enfants
au milieu de toi, et des enfants (ceux qui auront été apostats) mangeront leurs pères ; j’exercerai mes
jugements contre toi, et je disperserai à tous les vents ce qui restera de toi.”
• Jn. 8:44 (contre les chefs religieux d’Israël) “Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir
les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce
qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds (son essence) ;
car il est menteur et le père du mensonge.”

Comme cela a déjà été indiqué, ces pseudo-Juifs, ces pseudo-fils d’Abraham, désignent dans
le langage de l’Apocalypse, ceux qui se réclament à tort du Verbe de Dieu manifesté.
• Un vrai Juif est un chrétien né de l’Esprit de Christ par le baptême du Saint-Esprit, et conduit par l’Esprit.
Les faux Juifs se disent nés de l’Esprit, mais “ils mentent” à Dieu, aux autres et à eux-mêmes.
Rom. 2:28-29 “(28) Le Juif, ce n’est pas celui qui en a les dehors ; et la circoncision, ce n’est pas
celle qui est visible dans la chair. (29) Mais le Juif, c'est celui qui l'est intérieurement ; et la
circoncision, c'est celle du cœur, selon l'Esprit et non selon la lettre. La louange de ce Juif ne vient
pas des hommes, mais de Dieu.”

• Koré, bien que chef Lévite, et les notables qui se joignirent à lui contre Moïse, étaient de faux Juifs de
l’Ancienne Alliance. Caïphe n’était qu’un grand prêtre politicien et apostat. Judas se faisait de même
passer pour un disciple du Christ, alors qu’il convoitait les choses du monde.

Ces pseudo-Juifs dénoncés à Smyrne et à Philadelphie regroupent :


• les judéo-chrétiens des débuts du christianisme qui voulaient hybrider le christianisme et les préceptes
mosaïques (ils ont été de grands ennemis de l’Evangile de Paul).
• les chrétiens issus des Nations, qui tout au long des siècles voudront (en particulier après les “réveils”)
hybrider la “marche par l’Esprit” avec les principes d’action issus du monde (c’était déjà le stratagème
mis en œuvre par l’esprit de Balaam pour polluer les tribus d’Israël).

c) Une note complémentaire à propos de “Satan” :


“Satan” est l’un des quatre noms de l’esprit séducteur mentionnés en Ap. 12 :
• Ap. 12:9 (4e Fresque) “Et il fut précipité, le grand Dragon, le Serpent ancien, celui qui est appelé Diable
(gr. “diabolos” = “calomniateur, diviseur, menteur”) et Satan (héb. “satan”, gr. “satanas” ; =
“accusateur”), celui qui séduit le monde entier ; il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités
avec lui.”
• Ap. 20:2 (7e Fresque) “(L’ange) s’empara du Dragon, l’antique Serpent, qui est le Diable et Satan, et
l’enchaîna pour mille ans.”

C’est cet être spirituel, le “nachash” de Gen. 3:1 (d’une racine signifiant peut-être : “briller”), qui
a séduit Adam et Eve.
C’est pourquoi il est appelé “l’antique Serpent”.
• Les serpents qui mordirent les Hébreux dans le désert étaient des “saraphims” (= “des brûlants” ; de
l’héb. “saraph” = “qui brûle”), à cause de la brûlure causée par leur morsure.
• Le serpent d’airain dressé à cette occasion par Moïse (Nb. 21:8) a plus tard été appelé “Nehushtan” (2
R. 18:4). Il était fait en airain, et il brillait, et Moïse l’a appelé en conséquence “un nashach = un brillant”
(Nb. 21:8,9 : “L’Eternel dit : Fais-toi un saraph … Moïse fit un nashach d’airain”).
• Ce “Serpent” qui séduisit Eve (2 Cor. 11:3) est “l’ange de lumière” mentionné dans ce même chapitre
(2 Cor. 11:14). Ce n’était pas un animal (en 1 P. 5:8 il est aussi comparé à un “lion”), mais un être brillant
d’une ancienne lumière, mais aussi un être tombant de déchéance en déchéance, pour devenir le Dragon
(Ap. 12 :3), et finalement être abaissé au rang d’un animal rampant dans la poussière de la mort.
• Ezéchiel décrit le roi de Tyr, un homme devenu une image de Satan lui-même, comme étant un
“chérubin protecteur aux ailes déployées sur la sainte montagne de Dieu, marchant au milieu des pierres
étincelantes” (Ez. 28:14,16), “parfait en beauté et plein de sagesse” (Ez. 28:12,17). La “ruse” du serpent
en Eden est le même mot traduit “sagesse” en Ez. 28. C’est cet être qui a été “précipité à terre” (Ez.
28:17), et qui en Eden méritait déjà d’être appelé avec mépris : “le serpent”.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -230-
________________________________________________

• Le mot hébreu “chay”, traduit “animal” en Gen. 3:1, signifie en fait : “être vivant”, et le verset devient :
“Le brillant était le plus sage de tous les êtres vivants que l’Eternel Dieu avait faits”. C’est cet être qui a
fasciné Eve (par extension, le verbe “nachash” signifierait aussi : “enchanter, fasciner, ensorceler,
pratiquer la divination”, cf. Gen. 44:5,15 ; Lév. 19:26 ; Deut. 18:10 ; 1 R. 20:33 ; 2 R. 17:17 ; etc.).
• Adam et Eve étaient “nus” car ils n’avaient pas encore reçu l’habit de Gloire (et donc n’avaient pas à
en être honteux). Le constat de Gen. 3:1, décrivant le serpent comme étant “le plus rusé” (des êtres
vivants ), peut se traduire : “le plus dénudé ” : il avait perdu honteusement son vêtement de Lumière.
Le “Serpent ancien” était appelé “nachash” parce qu’il pouvait apparaître et briller pour
séduire. C’est une tradition humaine qui a fait de lui un serpent en chair et en os, représenté
par de nombreux peintres. Le péché commis en Eden a été de croire le mensonge de Satan, au
lieu de croire la vérité de Dieu.
Le premier Adam a été tenté par : “Dieu a-t-il dit ?”. Le dernier Adam a été pareillement
tenté par le même Serpent ancien dans le désert : “Si tu es le Fils de Dieu” (alors même que le
Père venait de l’affirmer près du Jourdain).
Eve a répondu en tronquant la Parole (Gen. 3:2, cf. 2:16), en y ajoutant (Gen. 3:3, cf. 2:17). A l’inverse,
Jésus a répondu trois fois au Serpent ancien par : “Il est écrit” (Mt. 4:4,7,10).

3:9b. … Voici, je les ferai venir se prosterner à tes pieds, et reconnaître que je t'ai aimé.
a) L’énoncé de la seconde des 5 promesses faites aux fidèles de Philadelphie se poursuit par
un nouvel appel à l’attention : “voici”.
Au début du verset, Christ annonçait qu’il “donne” quelques-uns des rebelles, sans préciser
à qui en particulier, ni de quelle manière. Mais le verbe conjugué au présent souligne que cette
action se déroule tout au long du cycle.
Ici, il est précisé qu’il les “fera venir” (ou : “je les forcerai à venir, je ferai en sorte qu’ils viennent” ;
le verbe est conjugué au futur) vers les élus vainqueurs.

b) Les “quelques-uns de” cette synagogue, sont des âmes qui, après s’être opposées à l’action
du Verbe en leur heure, “reconnaissent” (gr. “ginosko” = “connaître” avec une implication personnelle)
à temps leur erreur.
Une action spéciale de l’Esprit fera prendre conscience à ces âmes, avec des preuves :
• que celui qu’ils combattent est le Messie qu’ils prétendent servir,
• que le groupe qu’ils méprisent a “été aimé” (gr. : “agapeo”), et que leur hostilité était une iniquité.

La conversion de Paul, lors du passage de l’Ancienne à la Nouvelle Alliance, illustre cette


action de la miséricorde de Dieu tout au long du cycle.
Cette miséricorde divine se manifestera peut-être de façon plus particulière à l’époque du
retour de Jésus-Christ, selon des modalités qui nous sont inconnues.
• Es. 10:20-21 “(20) En ce jour-là, le reste d’Israël et les réchappés de la maison de Jacob, cesseront
de s’appuyer sur celui qui les frappait ; ils s‘appuieront avec confiance sur l’Eternel, le Saint d’Israël.
(21) Le reste reviendra, le reste de Jacob, au Dieu puissant.” (Voir aussi Rom. 11:14-15,23-33).

c) Ce verset de l’Apocalypse est une allusion à la scène de l’AT où les frères de Joseph se
prosternèrent devant Joseph qu’ils avaient haï, et qui leur avait sauvé la vie en période de
famine.
Quand Paul s’est “prosterné” devant la vision sur la route de Damas, il s’est en fait aussi
prosterné devant tous ceux qu’il avait persécutés, car tous faisaient partie de Jésus-Christ. Paul
est allé chez Pierre, et est resté quinze jours chez lui (Gal. 21:18).
• Gen. 37:6-7 “(6) Joseph leur dit : Ecoutez donc ce songe que j’ai eu ! (7) Nous étions à lier des gerbes
au milieu des champs ; et voici, ma gerbe se leva et se tint debout, et vos gerbes l’entourèrent et se
prosternèrent devant elle.” (cf. 37 :9, 42:6 et 44:14).
• Jér. 15:19 “C’est pourquoi ainsi parle l’Eternel : Si tu ne te rattaches à moi, je te répondrai, et tu te
tiendras devant moi ; si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche. C’est
à eux de revenir à toi, mais ce n’est pas à toi de retourner vers eux.”
• 1 Cor. 14:25 “Les secrets de son cœur sont dévoilés (par le don de prophétie) de telle sorte que, tombant
sur sa face, il adorera Dieu, et publiera que Dieu est réellement au milieu de vous.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -231-
________________________________________________

Il n’y a pas là d’allusion à une tentative désespérée et hypocrite d’âmes incapables d’aimer la vérité, mais
cherchant à éviter la condamnation finale, et s’inclinant devant plus fort qu’eux.

d) D’autres versets de l’AT annoncent semble-t-il qu’une œuvre s’accomplira lors de la


manifestation des fils d’Abraham selon l’Esprit, au temps du rétablissement de toutes choses,
auprès des peuples qui n’auront encore jamais entendu le vrai Evangile.
Quelques rescapés de la synagogue de Satan sont peut-être concernés par ces prophéties :
• Es. 45:14 (prophétie à l’adresse de Cyrus, figure ici du Messie) “Ainsi parle l’Eternel : Les gains de
l’Egypte et les profits de l’Ethiopie, et ceux des Sabéens à la taille élevée (les Nations païennes), passeront
chez toi et seront à toi ; ces peuples marcheront à ta suite, ils passeront enchaînés (le joug léger de Jésus-
Christ posé sur ses captifs), ils se prosterneront devant toi, et te diront en suppliant : C’est auprès de toi
seulement que se trouve Dieu, et il n’y a point d’autre Dieu que lui.”
• Es. 49:23 (prophétie en faveur d’Israël, serviteur aimé de l’Eternel) “Des rois seront tes nourriciers, et
leurs princesses tes nourrices ; ils se prosterneront devant toi la face contre terre, et ils lécheront (par
amour) la poussière de tes pieds, et tu sauras que je suis l’Eternel, et que ceux qui espèrent en moi ne
seront point confus.”
• Es. 60:14 “Les fils de tes oppresseurs (les Nations païennes) viendront s’humilier devant toi, et tous
ceux qui te méprisaient se prosterneront à tes pieds ; ils t’appelleront Ville de l’Eternel, Sion du Saint
d’Israël.”

3:10a. Parce que tu as gardé ma parole de la persévérance, …


a) C’est l’énoncé de la raison de la troisième des 5 promesses faites aux fidèles de
Philadelphie : le Fils de l’homme sera fidèle à ceux qui lui ont été fidèles.
La vertu qui justifie cette promesse est la “persévérance” (gr. “hupomone”), ou plutôt le fait d’avoir “gardé”
(ou : “pris soin de, veillé sur ; gr. : “tereo”; id. v.3) la “parole” (gr. : “logon”) de Jésus (“MA parole”) exhortant
à être persévérant (= patient, constant, tenace, endurant).
• Cette vertu combine les deux sens de l'endurance et de la patience, de la constance malgré les
oppositions nombreuses et douloureuses.
• La “parole de la persévérance” appelle à tenir bon malgré la persécution inévitable (et les tragédies de
l’existence) à venir, dans l’attente confiante du retour du Christ. La “garder”, c’est être constamment sur
ses gardes et veiller à la pratiquer, c’est être prêt à renoncer à soi-même si nécessaire. La terre est ainsi
arrosée des pleurs et parfois du sang des fils et des filles fidèles à Dieu.

Cette vertu majeure est un fruit de la ferveur de l’âme pour Jésus-Christ, de la conscience
confiante de sa proximité, de l’assurance de son retour, et de la conscience de la gloire qui
l’accompagnera (Prov. 18:12 “L’humilité précède la gloire”). Cette “endurance” se traduit, dans un
environnement hostile, par des actions et des réactions qui sont d’un grand prix devant Dieu.
• 1 Jn. 2:5-6 “(5) Celui qui garde sa parole (celle de Christ), l’amour de Dieu est véritablement parfait
en lui : par là nous savons que nous sommes en lui. (6) Celui qui dit qu’il demeure en lui doit marcher
aussi comme il a marché lui-même.”

b) Cette vertu des fidèles de Philadelphie a déjà été louée au v.8 : “Tu as gardé ma parole,
et tu n'as pas renié mon Nom”. Elle était une caractéristique des fidèles de l’Eglise d’Ephèse
(la 1ère, Ap. 2:2-3 ; cf. les commentaires de ces versets), et des fidèles de l’Eglise de Thyatire (la 4e, Ap.
2:19).
Jean s'était lui-même présenté au début de l’Apocalypse (Ap. 1 :9) comme “ayant part à la
tribulation, au Royaume et à la persévérance en Jésus”.
• 2 Thess. 1:4-5 “(4) Nous nous glorifions de vous dans les Eglises de Dieu, à cause de votre persévérance
et de votre foi au milieu de toutes vos persécutions et des tribulations que vous avez à supporter. (5) C’est
une preuve du juste jugement de Dieu, pour que vous soyez jugés dignes du Royaume de Dieu, pour
lequel vous souffrez.”
• 2 Tim. 2:12 “Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui.”
• Héb. 6:12 “Imitez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses.”
• Héb. 10:36 “Vous avez besoin de persévérance, afin qu’après avoir accompli la volonté de Dieu, vous
obteniez ce qui vous est promis.”
• Héb. 3:14 “Car nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement
jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -232-
________________________________________________

• Jac. 1:3-4 “(3) La mise à l’épreuve de votre foi produit l’endurance. (4) Mais il faut que l’endurance
soit parfaitement opérante, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien.”
• 2 P. 1:6 “… ajoutez à la maîtrise de soi l’endurance …”

c) Si les élus peuvent être réconfortés à la pensée que justice leur sera rendue, ils se voient
interdire le recours aux armes de la méchanceté vengeresse de l’homme naturel (Ap. 14:12).

3:10b. … je te garderai aussi à l'heure de l’épreuve qui doit venir sur l’humanité entière,

a) C’est la troisième promesse, accompagnée d’un avertissement : “l’heure” (gr. “ora” =
“saison, heure, période”) “de l’épreuve” (gr. “peirasmos”= “test, mise à l’épreuve”) “vient”. Les 2
promesses précédentes étaient : la “Porte ouverte” (l’Onction, v.8) et conversion de certains
ennemis (v.9).
La conjugaison du verbe “venir” suggère l’imminence et le caractère inévitable de
l’épreuve annoncée : le test “doit et est en train de venir”.

b) Le mot grec “oikoumene” traduit par : “monde”, ou mieux par : “monde habité,
humanité”, désigne, non pas le globe terrestre, mais la population d’un territoire habité plus
ou moins vaste (le monde connu, une province, etc.). Dans un sens restreint, il désignait en particulier
la population “civilisée” grecque et romaine, par opposition aux “barbares”.
Dans le langage symbolique de l’Apocalypse, le mot désigne l’ensemble des âmes humaines
au milieu desquelles les Eglises sont comme des îlots.
C’est toute cette humanité qui va être confrontée à “une épreuve” (l’objectif de cette épreuve est
donné à la fin du verset : “… pour éprouver les habitants de la terre (l’Assemblée)”).
C’est l’un des rares versets de l’Apocalypse prophétisant explicitement sur les Nations.

c) Cette “épreuve” n’est pas “un test”, mais “LE test” (avec l’article défini). C’est celui qui est
décrit en plusieurs endroits de l’Apocalypse, et qui a débuté dès la victoire de Jésus-Christ lors
de sa résurrection.
L’Apocalypse révèle en effet un fait troublant, lourd de conséquences tragiques pour
l’ensemble du monde et de l’Eglise : Satan, qui est “l’étoile déchue”, reçoit, par décret divin,
et sous le contrôle de Dieu, une liberté limitée d’action jusqu’à la fin du cycle ( à la fin du cycle,
le Dragon sera même totalement délié “pour un peu de temps”, Ap. 20:1-3).
• Ap. 9:1-2 (voir les commentaires de ces versets) “(1) Le cinquième ange sonna de la trompette. Et je vis
une étoile qui était tombée du ciel sur la terre (la défaite de Satan au début du cycle). La clef du puits de
l'abîme lui fut donnée (donnée, par décret divin, à cette étoile déchue), (2) et elle (l’étoile déchue
personnifiée) ouvrit le puits de l'abîme (l’océan des Nations). Et il monta du puits une fumée (l’haleine du
Dragon), comme la fumée d'une grande fournaise ; et le soleil et l'air furent obscurcis par la fumée du
puits.”

Depuis la création de l’homme, Dieu met à l’épreuve ceux qui se réclament de son Nom et
ceux qui sont au contact de son peuple. Il fait ainsi passer son peuple par la guerre pour qu’il
soit vainqueur et du même coup purifié (parfois après un temps court de préparation, Ex. 13:17-18).
• Jg. 3:1-4 “(1) Voici les nations que l'Éternel laissa pour éprouver par elles Israël, tous ceux qui
n'avaient pas connu toutes les guerres de Canaan. (2) Il voulait seulement que les générations des enfants
d'Israël connussent et apprissent la guerre, ceux qui ne l'avaient pas connue auparavant. (3) Ces nations
étaient : les cinq princes des Philistins, tous les Cananéens, les Sidoniens, et les Héviens qui habitaient la
montagne du Liban, depuis la montagne de Baal Hermon jusqu'à l'entrée de Hamath. (4) Ces nations
servirent à mettre Israël à l'épreuve, afin que l'Éternel sût s'ils obéiraient aux commandements qu'il
avait prescrits à leurs pères par Moïse.”

C’est la réalité de l’attachement à Dieu qui est ainsi testée. C’est à cause de son amour pour
Jésus-Christ que Jean lui-même “avait part (= participait) à la tribulation, au Royaume, à la
persévérance en Jésus” (Ap. 1:9).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -233-
________________________________________________

Cette mise à l’épreuve démontrera à la face de la création visible et invisible que les fidèles
de cette Eglise appartiennent au Ciel. Jésus lui-même a été testé devant tous (Héb. 5:8).

Toute mise à l’épreuve est aussi un processus de purification par la chaleur de la flamme.
• Dan. 11:35 “Quelques-uns des hommes sages succomberont (ils seront abattus par l’ennemi ; le vannage
débarrasse le blé de sa balle), afin qu’ils soient épurés, purifiés et blanchis, jusqu’au temps de la fin, car
elle n’arrivera qu’au temps marqué.”
• Zac. 13:9 “Je mettrai ce tiers (les rescapés) dans le feu, et je le purifierai comme on purifie l’argent, je
l’éprouverai comme on éprouve l’or (par le feu). Il invoquera mon Nom, et je l’exaucerai ; je dirai : C’est
mon peuple ! Et il dira : L’Eternel est mon Dieu !”
• Mal. 3:3 “(L’Eternel) s’assiéra, fondra et purifiera l’argent ; il purifiera les fils de Lévi, il les épurera
comme on épure l’or et l’argent, et ils présenteront à l’Eternel des offrandes avec justice.”

d) Parce que cette Eglise “a gardé” (début du verset) la parole du Christ, Christ “la gardera”. Il
ne la dispense pas de la mise à l’épreuve, du test, mais il promet de la garder, de veiller sur
elle, de venir en aide à sa faiblesse pour la faire sortir victorieuse “de” (“ek” = hors de) cette
heure de mise à l’épreuve et de tentation (c’est pourquoi il y a des vainqueurs depuis 2 000 ans).
• Es. 43:1-4 “(1) Ainsi parle maintenant l’Eternel, qui t’a créé, ô Jacob ! Celui qui t’a formé, ô Israël !
Ne crains rien, car je te rachète, je t’appelle par ton nom : tu es à moi ! Si tu traverses les eaux, je serai
avec toi ; (2) et les fleuves, ils ne te submergeront point ; si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas,
et la flamme ne t’embrasera pas. (3) Car je suis l’Eternel, ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur ; je
donne l’Egypte (cf. Pharaon et son armée) pour ta rançon, l’Ethiopie et Saba à ta place. (4) Parce que tu
as du prix à mes yeux, parce que tu es honoré et que je t’aime, je donne des hommes à ta place, et des
peuples pour ta vie.”
• Jn. 17:15 “Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du monde.”
• 1 P. 4:17-19 “(17) C’est le moment en effet, où le jugement commence par la maison de Dieu ; or, s’il
débute pour nous, quelle sera la fin de ceux qui refusent de croire à l’Evangile de Dieu ? (18) Et si le juste
est sauvé à grand peine, qu’adviendra-t-il de l’impie et du pécheur ? (19) Ainsi, que ceux qui souffrent
selon la volonté d Dieu remettent leur âme au fidèle Créateur, en faisant le bien.”
• 2 P. 2:9 “Le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux, et réserver les injustes pour être punis
au jour du jugement.”

3:10c. … pour éprouver les habitants de la terre.


a) Dans l’Apocalypse, la “terre” (gr. “ge”= la terre, par opposition au ciel et aux eaux) représente,
par allusion à la Terre promise de l’AT, le domaine imparti aux 7 villes d’Asie (l’Eglise) isolées
au milieu de “l’Asie”, c’est-à-dire au milieu du “monde”, de l’humanité.
C’est du “monde”, autre nom de la mer des peuples, que le Dragon va attaquer. Et quand le
Dragon, qui est un esprit (un mode de raisonnement et de gouvernement), part en guerre, il devient la
Bête polymorphe d’Ap. 13:1-2. Quand il est parvenu à s’introduire dans “la terre” (un temple),
il prend la forme de la Bête aux fausses cornes d’agneau (une fausse sacrificature).
C’est alors que ceux qui se réclament de l’Evangile, “les habitants de la terre”, sont “mis à
l’épreuve”, testés.
• Deut. 8:15-17 “(15) (Prends garde de ne pas oublier l’Eternel) qui t’a fait marcher dans ce grand et
affreux désert, où il y a des serpents brûlants et des scorpions, dans des lieux arides et sans eau, et qui a
fait jaillir pour toi de l’eau du rocher le plus dur, (16) qui t’a fait manger dans le désert la manne inconnue
de tes pères, afin de t’humilier et de t’éprouver, pour te faire ensuite du bien. (17) Garde-toi de dire en
ton cœur : Ma force et la puissance de ma main m’ont acquis ces richesses.”

Ce qui est testé, c’est la réalité de l’attachement de chacun à Christ, au travers de son
attitude dans diverses circonstances : autant dans la prospérité que dans la persécution, autant
dans la bonne santé que dans la maladie, etc.
Les temps du jugement final des impies n’est pas du tout le thème de ce verset. Ce sera alors le “grand
Jour de la fureur de l’Eternel” (cf. Soph. 1:14-18), et le temps des tests sera alors achevé !

b) Le verbe “éprouver” (gr. : “peirazo” = “tester, mettre à l’épreuve”; cf. Ap. 2:2,10) correspond au
substantif : “épreuve” (gr. ; “peirasmos”) du début du verset.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -234-
________________________________________________

• “L’humanité” (gr. : “oikoumene”) mentionnée au début du verset, subit, elle aussi, une “épreuve” :
c’est celle de la souillure, celle occasionnée par la chute de la “montagne embrasée jetée dans la mer” (2e
Trompette, Ap. 8:8) dès les débuts du christianisme. Ce sont les consciences des Nations qui sont alors
mises à l’épreuve, en particulier si elles sont mises au contact de l’Evangile.
• Pour “les habitants de la terre” (ceux des 7 Assemblées), c’est la foi proclamée, la fidélité qui est
mise à l’épreuve.

3:11a. Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, …


a) A chaque chrétien, Jésus-Christ annonce qu’il vient “bientôt”, ou plutôt qu’il vient
“rapidement, sans tarder, à toute vitesse, promptement” (gr. : “tachos”).
• Il vient rapidement au secours des siens durant leur vie à chaque fois que c’est nécessaire, et à sa façon.
• Il doit venir sans perdre une minute, à l’heure voulue par le Père, pour l’instauration du Royaume parfait
sur terre, et pour la glorification finale des élus.

C’est l’encouragement dont a besoin une Eglise qui doit affronter une épreuve redoutable.
C’est l’encouragement donné par Celui qui a la clef de David, qui a combattu et a vaincu le
monde déchu et la Mort.
En outre, à la mesure d’une vie humaine, la manifestation du Fils de l’homme est prochaine.
• Jac. 5:8 “Vous aussi, prenez patience, ayez le cœur ferme, car la venue du Seigneur est proche.”
• 2 P. 3:8-9 “(8) Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c'est que, devant le
Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. (9) Le Seigneur ne tarde pas
dans l'accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers
vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance.”
• Ap. 22:7 “Et voici, je viens bientôt. Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre !”
• Ap. 22:20 “Celui qui atteste ces choses dit : Oui, je viens bientôt. Amen !”
• Ez. 12:23 (Epilogue) “Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : Je ferai cesser ces discours moqueurs ; on ne
les tiendra plus en Israël (on ne se moquera plus des prophètes). Dis-leur, au contraire : Les jours
approchent, et toutes les visions s’accompliront.”

b) Pour “retenir” (= “tenir ferme, tenir bon, retenir” ; id. 2:1 “tenir les étoiles”, 2:13 “tu tiens ferme le
Nom”, 2:25 “tenez ferme ce que vous possédez”), il faut d’abord avoir. Pour rester dans l’Onction, il
faut que l’Onction ait déjà appose son Sceau.
Jésus ne mettait pas d’autre fardeau sur le petit groupe des fidèles de Thyatire (la 4e Eglise).
• Ap. 2:25 (Lettre à ceux de Thyatire) “Seulement, ce que vous avez, retenez-le jusqu'à ce que je vienne.”

Ce qui doit être “retenu”, c’est la ferveur première que l’Eglise d’Ephèse avait perdu, et
qui seule donne du prix aux paroles et aux actes extérieurs des croyants. C’est cette foi
entretenue qui donne vie à l’humilité spirituelle et à la fidélité des rescapés de Philadelphie :
ils ont “gardé la parole” (Ap. 3:8) et sont restés attachés “au Nom” (Ap. 3:8).
• Ap. 3:8 (à ceux de Philadelphie) “Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu a peu de puissance, et que
tu as gardé ma parole, et que tu n'as pas renié mon nom, j'ai mis devant toi une porte ouverte, que
personne ne peut fermer.”

Ne pas “retenir” serait commettre une infidélité (par des compromis avec l’esprit venu du monde
déchu qui cherche sans cesse à endormir et à étouffer toute vigilance et toute Semence céleste) .
• Ex. 10:24-26 (après la plaie des ténèbres) “(24) Pharaon appela Moïse, et dit : Allez, servez l'Éternel.
Il n'y aura que vos brebis et vos bœufs qui resteront (Satan accepte un christianisme privé du Sang de
l’Agneau), et vos enfants pourront aller avec vous. (25) Moïse répondit : Tu mettras toi-même entre nos
mains de quoi faire les sacrifices et les holocaustes que nous offrirons à l'Éternel, notre Dieu. (26) Nos
troupeaux iront avec nous, et il ne restera pas un ongle ; car c'est là que nous prendrons pour servir
l'Éternel, notre Dieu ; et jusqu'à ce que nous soyons arrivés, nous ne savons pas ce que nous choisirons
pour offrir à l'Éternel.”
• Ap. 3:3 (Lettre à l’Eglise de Sardes, la 5e) “Rappelle-toi donc comment tu as reçu (avec l’Onction) et
entendu la parole, garde-la et repens-toi. …”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -235-
________________________________________________

c) Jésus-Christ a promis son aide fidèle (c’est l’œuvre de la grâce de Dieu) à ceux qui sont fidèles
(c’est leur responsabilité), et il les encourage ici en annonçant sa venue ou son intervention
certaines. Cela signifie qu’il contrôle parfaitement tout le processus.
• 1 Cor. 9:24-25 “(24) Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade courent tous, mais qu’un
seul remporte le prix ? Courez de manière à le remporter. (25) Tous ceux qui combattent s’imposent toute
espèce d’abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une
couronne incorruptible.”
• Col. 2:18-19 “Qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous
ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu’il s’abandonne à ses visions et qu’il est enflé d’un vain
orgueil par ses pensées charnelles, (19) sans s’attacher au Chef (Jésus-Christ), dont tout le Corps, assisté
et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l’accroissement que Dieu donne.”

Cette garantie de protection n’annule pas le devoir de vigilance ! De même, les croyants
scellés du Saint-Esprit pour toujours, sont exhortés par les lettres de Paul, de Pierre, de Jean, à
combattre jusqu’au bout. Ces exhortations font partie de l’arsenal de la protection ! Les
“habitants” vraiment scellés en tirent profit et y puisent.
• Jn. 16:33 “Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans
le monde ; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde.”
• Rom. 8:38-39 “(38) Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les
choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, (39) ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune
autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.”

3:11b. … afin que personne ne prenne ta couronne.


Sur la signification de la “couronne” (gr. : “stephanos”) voir les commentaires d’Ap. 2:10, où
la “couronne de Vie” était promise aux vainqueurs de l’Eglise de Smyrne (l’Eglise symétrique
de celle de Philadelphie) : cette “couronne” sera, non pas un joyau en or, mais une Lumière de
Vie divine jaillissant de l’âme.
• Ap. 2:10 (Lettre à l’Eglise de Smyrne, la 2e) “Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera
quelques-uns d’entre vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix
jours. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de Vie.”
• Es. 62:3 (Promesse à Sion, image de l’Epouse) “Tu seras une couronne éclatante dans la main de
l’Eternel, un turban royal dans la main de ton Dieu.”
• 1 Cor. 3:14 “Si l’œuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement (sur l’attachement à Jésus-Christ) subsiste,
il recevra une récompense.”
• 2 Tim. 4:8 “Désormais la couronne de Justice (un autre nom de la couronne de Vie) m’est réservée ; le
Seigneur, le juste Juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux
qui auront aimé son avènement.”
• Ap. 4:4 (2e Fresque) “Autour du Trône je vis 24 trônes, et sur ces trônes 24 Anciens assis, revêtus de
vêtements blancs (ils représentent, comme les chefs des 12 tribus de l’AT, tous les membres du Corps de
Christ), et sur leurs têtes des couronnes d’or (les enfants de Dieu sont les rois de la terre).”
• Dan. 12:3 “Ceux qui auront été intelligents (en s’abandonnant à Jésus-Christ) brilleront comme la
splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice à la multitude brilleront comme des étoiles, à
toujours et à perpétuité.”

3:12a. Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en
sortira plus ; …
a) C’est “celui-là même” qui “vaincra” (gr. : “nikao” ; cf. note 2:7 ; mot utilisé 17 fois en Ap.
2:7,11,17,26 ; 3:5,12,21 bis ; 5:5 : 6:2 bis ; 11:7 ; 12:11 ; 13:7 ; 15:2 ; 17:14 ; 21:7), c’est-à-dire qui veille à
rester attaché à la parole de Christ et à son Nom (v.8), et donc à l’Onction, qui sera honoré : il
sera considéré et dressé comme une “colonne dans le temple”, dans le “naos” ou Lieu très
saint (et non pas dans le “hiéron”, qui désigne le temple dans son ensemble, parvis inclus).
C’est la quatrième des 5 promesses faites aux fidèles de Philadelphie (les précédentes étant : la porte
ouverte de l’Onction, v.8, la reddition des faux croyants de la synagogue de Satan, v.9, la protection durant
l’épreuve, v.10).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -236-
________________________________________________

b) Le mot “colonne” ne désigne pas nécessairement les ministères particulièrement


marquants des Assemblées terrestres.
• Gal. 2:9 “… Jacques, Céphas, et Jean, sont regardés comme des colonnes.”

Par ailleurs, il n’y avait pas de “colonne” dans le Lieu très saint du Tabernacle de Moïse ou
du Temple de Salomon. Cette “colonne” est une allusion aux deux colonnes situées juste
devant la partie externe de la porte d’entrée du Temple de Salomon, et dénommées Jakin (“il
établit) et Boaz (= “la force en lui”) (1 R. 7:18-21, 7:41-42, Jér. 52:22-23).
• 1 R. 7:21 “(Salomon) dressa les colonnes dans le portique du temple ; il dressa la colonne de droite, et
la nomma Jakin ; puis il dressa la colonne de gauche, et la nomma Boaz.”

Le chapiteau de chacune de ces deux colonnes était orné de deux rangées de grenades de
bronze (même nature que celle les colonnes) fixées sur des chainettes du même métal, et dont le
nombre était un multiple de 12 (à ce sujet, voir sur notre site, dans l’étude du “Livre de Joël”, les
commentaires sur Joël 1:12).
• Les grenades étaient une image du peuple élu (nombre “12”), et rappelaient aux regards extérieurs,
que le Souverain sacrificateur (une Colonne vivante) pénétrait dans le secret du “naos” avec des
grenades attachées au bas de son vêtement.
• Ces colonnes rappelaient donc que les élus avaient accès (par l’intermédiaire du Sacrificateur) au Trône
de la Présence de Dieu, ce que proclamaient aussi les deux pierres d'onyx gravées aux noms des 12 tribus
et placées sur les deux épaules (les 2 colonnes) du Souverain sacrificateur (Ex. 28:9-10).
• Devenir une “colonne dans le temple”, c’est, en tant que simple grain de grenade, faire partie de la
Colonne qui a pour Nom Jésus-Christ.
• Une telle “colonne” ne peut pas plus être ôtée du Temple, qu’un nom inscrit dans le Livre de Vie de
l’Agneau ne peut être effacé ! Dans les deux cas, ce serait porter atteinte à l’intégrité du Corps de Christ.
• Un élu de Philadelphie n’a que peu de puissance, et c’est pourquoi il devient participant de la Colonne
Boaz (= “la force en lui”). C’est la Colonne Jakin (“il établit)) qui “fait de lui” une partie du chapiteau,
de la “colonne dans le temple”. Un élu devient ainsi participant d’un sacerdoce éternel.
• La cinquième et dernière promesse, ci-après dans le même verset, prolongera ces pensées.
Remarque : les noms des personnages illustres étaient parfois inscrits sur les piliers des temples
païens des cités de l’Empire.

Les “colonnes” Jakin et Boaz, images de la sacrificature dévolue au peuple élu dans le Lieu
très saint, étaient placées à la porte d’entrée du Temple : la promesse de devenir un “chrétien-
colonne” fait écho à la promesse faite dans cette même Lettre d’être au bénéfice d’une “porte
ouverte” (Ap. 3:8), c’est-à-dire d’avoir libre accès au Lieu très saint en faisant partie de la Porte,
de l’Onction. Ce qui était le privilège d’Aaron doit devenir celui de tous les enfants de Dieu.
La promesse est faite par Celui qui est lui-même la Porte (Jn. 10:1-2,7,9).
• Ap. 21:22 (7e Fresque) “Je ne vis point de temple dans la Ville ; car le Seigneur Dieu tout-puissant est
son Temple, ainsi que l’Agneau.”
• Eph. 2:19-20 “(19) Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors ; mais vous êtes
concitoyens des saints, gens de la maison (la famille) de Dieu. (20) Vous avez été édifiés sur le fondement
des apôtres et des prophètes (sur les paroles révélées, et non pas sur le nicolaïsme clérical), Jésus-Christ
lui-même étant la Pierre angulaire.”
• 1 P. 2:4-5,9 “(4) Approchez-vous de lui, Pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse
devant Dieu. (5) Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison
spirituelle, un saint sacerdoce, afin d'offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus Christ. -
… - (9) … vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous
annonciez les vertus de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable Lumière.”
• Es. 22:23-24 “(23) Je l’enfoncerai (Eliakim = “celui que Dieu élève”) comme un clou (solidement
enfoncé) dans un lieu sûr, et il sera un siège de gloire pour la maison de son père. (24) Il sera le soutien
de toute la gloire de la maison de son père, des rejetons nobles et ignobles, de tous les petits ustensiles,
des bassins comme des vases.”

c) Non seulement le vainqueur sera une “pierre vivante”, mais il occupera aussi une fonction
d’honneur (une “colonne”), et rien ne pourra l’en exclure : “il n’en sortira plus du tout”. Celui
qui était faible (qui avait “peu de puissance”) sera fort, enraciné.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -237-
________________________________________________

• Ps. 23:6 “Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie, et j’habiterai dans la
Maison de l’Eternel jusqu’à la fin de mes jours.”
• 1 P. 5:10 “Le Dieu de toute grâce,- qui vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle, après que
vous aurez souffert un peu de temps -, vous perfectionnera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous
rendra inébranlables.”

Chaque “chrétien-colonne” fait partie de la Colonne (Jésus-Christ), de même que chaque


“pierre vivante” fait partie du Rocher, du Temple.

3:12b. … et j'écrirai sur lui …


Le nom de chaque élu est gravé sur les deux pierres d’onyx d’Aaron, et fait aussi partie de la
Colonne de bronze, ce qui marque son appartenance au Temple, au Corps de Christ.
Réciproquement, le Nom suprême est écrit “sur” (gr. : “epi”) l’élu, ce qui souligne qu’il y a eu
Alliance, Mariage, chacun se donnant à l’autre.
Ap. 7:3, Ap. 9:4, Ap. 14:1, Ap. 22:4 donnent à penser que l’inscription est faite au moins sur
le front (les complices du Serpent ont en effet, quant à eux, une marque sur le front ou sur la main droite, la
main qui tient la coupe, Ap. 13:16, 14:9, 20:4).
• Ap. 7:3 (Fresque des Sceaux) “ Ne faites point de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu'à ce
que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu.”
• Ap. 9:4 (3e Fresque, 5e Trompette) “Et il leur fut dit (aux sauterelles) de ne point faire de mal à l'herbe
de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre ; mais seulement aux hommes qui n'avaient pas le Sceau
de Dieu sur le front.”
• Ap. 14:1 (4e Fresque) “Et je regardai, et voici, l'Agneau se tenait sur la Montagne de Sion, et avec lui
cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son Nom et le Nom de son Père écrits sur leur front.”
• Ap. 22:4 (7e Fresque) “… et son Nom sera sur leur front.”

C’est Jésus lui-même, l’Esprit de Christ, qui va “écrire” des mots qui seront un Sceau de
Dieu, mais qui seront donc aussi porteurs de sens. C’est une allusion au diadème sur le “front”
du Souverain sacrificateur sur lequel étaient gravés les mots : “sainteté à l’Eternel” en signe
de consécration totale, de fidélité, en signe d’appartenance.
C’est un signe qui garantit en retour l’exaucement de la prière pour autrui.
• Ex. 28:36-38 “(36) Tu feras une lame d’or pur, et tu y graveras, comme on grave un cachet : Sainteté à
l‘Eternel. (37) Tu l’attacheras avec un cordon bleu sur la tiare, sur le devant de la tiare. (38) Elle sera
sur le front d’Aaron ; … elle sera constamment sur son front devant l’Eternel, pour qu’il leur soit
favorable.”
• Ez. 9:4-6 (contre Jérusalem) “(4) L’Eternel lui dit (à l’homme vêtu de lin et porteur d’une écritoire à la
ceinture) : Passe au milieu de la ville, au milieu de Jérusalem, et fais une marque sur le front des hommes
qui soupirent et qui gémissent à cause de toutes les abominations qui s’y commettent. (5) Et, à mes oreilles,
il dit aux autres : Passez après lui dans la ville, et frappez ; que votre œil soit sans pitié, et n’ayez point
de miséricorde ! (6) Tuez, détruisez les vieillards, les jeunes hommes, les vierges, les enfants et les
femmes ; mais n’approchez pas de quiconque aura sur lui la marque, et commencez par mon sanctuaire !
Ils commencèrent par les anciens qui étaient devant la maison.”

C’est l’effusion de l’Esprit de Christ (le Souffle qui vient du Trône et imprègne le Royaume), qui,
depuis la naissance d’En-haut de chaque élu (et encore plus lors du retour de Christ), écrit au cœur
de l’âme la révélation de la réalité du Christ. Ici, l’identification est triple et réunit 3 Noms
divins (dans ce seul verset, l’expression “mon Dieu” est de plus mentionnée 4 fois par Jésus !) :
• le Nom du Dieu de Jésus-Christ (c’est la preuve que le vainqueur est enfant du Père), un Nom qui
englobe les deux autres (d’où les 2 conjonctions “et … et …”),
• le Nom de la Ville de ce Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du Ciel d'auprès de mon Dieu (c’est
la preuve que le vainqueur est citoyen de la sphère qu’Abraham attendait),
• le Nom nouveau de Jésus-Christ (c’est la preuve que le vainqueur est intimement uni à Christ).

3:12c. … le Nom de mon Dieu, …


a) Dans ce seul verset, l’expression “mon Dieu” est mentionnée 4 fois par Jésus !
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -238-
________________________________________________

Etre marqué du Nom du Dieu de Jésus-Christ (“MON Dieu”) signifie être rendu participant,
par l’œuvre de Rédemption de Jésus-Christ (c’est lui qui “écrit”), de la Nature même de ce Dieu,
et donc être rendu fils ou fille du Père, et être du même Sang-Souffle que le Premier-né.
• Act. 15:14 “Dieu a jeté les regards sur les Nations pour choisir du milieu d’elles un peuple qui portât
son Nom.”

Ce signe d’origine céleste (reçu lors du baptême d’En-haut), prouve que la foi du croyant a été
agréée, non par des hommes, mais par Dieu :
• Jn. 1:12-13 “(12) A ceux qui ont reçu (la Lumière), à ceux qui croient en son Nom, elle a donné le
pouvoir de devenir enfants de Dieu, (13) lesquels sont nés, non du sang (par hérédité), ni de la volonté de
la chair (par décision propre), ni de la volonté de l’homme (par décision d’un clergé), mais de Dieu.”
• Jn. 17:26 “Je leur ai fait connaître ton Nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as
aimé soit en eux, et que je sois en eux.”

b) Recevoir “le Nom du Dieu de Jésus-Christ” équivaut nécessairement :


• “et” à être concitoyen des saints formant la Jérusalem céleste, par identité de Nature et d’origine (c’est
recevoir ce qui est aussi le Nom de la Ville),
• “et” à être l’Epouse du Christ ressuscité (elle porte le Nom nouveau de l’Epoux).

Ne pas avoir reçu ce Nom, conduit à recevoir la marque de la Bête, qui est celle du Serpent
ancien (cf. Ap. 13:16-17 ; 17:5 ; 20:4).

3:12d. … et le Nom de la Ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du Ciel
d'auprès de mon Dieu, …
a) Cette “Ville” est celle du Fils de David, celle choisie par l’Eternel pour y placer son Nom
(c’est-à-dire sa Présence), celle annoncée par les prophètes de l’AT, parfois sous le nom de
Montagne de Sion (= “élevé”).
• Deut. 12:11 “Alors il y aura un Lieu que l’Eternel, votre Dieu, choisira pour y faire résider son Nom.
C’est là que vous présenterez tout ce que je vous ordonne, vos holocaustes, vos sacrifices, vos dîmes, vos
prémices, et les offrandes choisies que vous ferez à l’Eternel pour accomplir vos vœux.”
• Es. 56:6-7 “(6) Et les étrangers qui s’attacheront à l’Eternel pour le servir, pour aimer le Nom de
l’Eternel, pour être ses serviteurs, tous ceux qui garderont le sabbat, pour ne point le profaner, et qui
persévéreront dans mon Alliance, (7) je les amènerai sur ma Montagne sainte, et je les réjouirai dans
ma maison de prière ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel ; car ma maison
sera appelée une maison de prière pour tous les peuples.”
• Héb. 11:10 “(Abraham) attendait la Cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte
et le constructeur.”

Alors que Jean utilise dans son Evangile le nom grec (nom profane à caractère terrestre) de cette
ville (“Hierosolyma”), il emploie toujours, dans l’Apocalypse, le nom hébreu (pour rappeler les
prophéties messianiques et souligner la sainteté de cette Ville vivante) : “Hierousalem”.

b) La Jérusalem terrestre n’a été que l’ombre souvent honteuse de cette Cité de Nature
céleste, qui “descend” parmi les hommes au fur et à mesure que l’Esprit venu du (gr. “ek” = hors
de) “Ciel” (gr. : “ouranos”) prend possession des âmes des habitants de la terre déchue mais
rachetée. Ap. 21 décrira l’apothéose de cette venue “d’auprès (gr. : “apo”) de Dieu”.
• Cette Cité formée de pierres vivantes (car nées du Souffle de Dieu), a été conçue dès avant la fondation
du monde dans la Pensée de Dieu. Depuis lors, elle est en formation, à la fois sur terre dans les personnes
des élus visibles, et dans la sphère spirituelle invisible (le Ciel de Dieu non localisable) où les élus sont
assis (positionnés) déjà de leur vivant (Eph. 2:6).
• Au retour de Jésus-Christ, la sphère terrestre et la sphère céleste se rencontreront, et les fils et les filles
de Dieu seront alors manifestés (Rom. 8:19 ; 1 Jn. 3:2) selon le Plan du Père.
• Par sa Nature et son activité, cette Cité mérite le nom de “Jérusalem” (= “fondation de paix”),
administrée par le Prêtre-Roi à l’image de Melchisédek.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -239-
________________________________________________

c) Cette Jérusalem est “nouvelle” (gr. : “kainos”), non au regard du calendrier historique, ni
parce qu’elle remplace la Jérusalem apostate, mais par sa Nature sans précédent parmi les
hommes (même si ses premières pierres ont été Adam, Eve et Abel). C’est une Ville nouvelle pour un
Peuple nouveau, au Cœur nouveau, sur une Terre nouvelle.
• Jér. 3:17 “En ce temps-là, on appellera Jérusalem le Trône de l’Eternel ; toutes les nations
s’assembleront à Jérusalem, au Nom de l’Eternel, et elles ne suivront plus les penchants de leur mauvais
cœur.”
• Ez. 48:35 “Et, dès ce jour, le Nom de la Ville sera l’Eternel est ici.”

d) Pour un humain, porter le Nom de cette Cité prouve qu’il est considéré comme digne d’en
être citoyen, qu’il a le droit d’y entrer, d’y demeurer, d’y jouer un rôle, de manger de l’Arbre
de Vie qui est en son centre (Ap. 22:14).
Mais ne pas avoir reçu la citoyenneté dans cette Ville, ou l’avoir reniée, conduit à être citoyen
d’une ville d’un autre nom :
• Ap. 17:5 “Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et
des abominations de la terre.”

e) La “Nouvelle Jérusalem”, est rapidement mentionnée ici, mais une description plus
détaillée en sera donnée au chapitre 21, ce qui est conforme à la structure récapitulative de
l’Apocalypse.
• Ap. 21:2,10 (7e Fresque) “(2) Et je vis descendre du Ciel, d’auprès de Dieu, la Ville sainte, la nouvelle
Jérusalem, préparée comme une Epouse qui s’est parée pour son Epoux. - … - (10) Et il me montra la
Ville sainte, Jérusalem, qui descendait du Ciel d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu.”

Remarque : Selon les commentaires dominants aujourd’hui, les “144 000” âmes scellées d’Ap. 7:4-8 (Fresque
des Sceaux), sont considérées comme désignant Israël, sous prétexte qu’elles sont associées aux noms des 12
tribus de l’AT. La cohérence voudrait alors que les vainqueurs mentionnés ici soient de même uniquement des
descendants d’Abraham selon la chair, puisque cette ville était le cœur des tribus d’Israël !

3:12e. … et mon Nom nouveau (gr. : “kainos”).


a) Recevoir les Noms énumérés dans ce verset (le Nom “de mon Dieu”, le Nom “de la ville de mon
Dieu, la nouvelle Jérusalem”, le “Nom nouveau” de Christ), c’est recevoir la révélation des réalités
que ces Noms représentent, et commencer à avoir part à ces réalités.
Quand Jésus écrit son propre “Nom nouveau” sur un élu au moment de la Nouvelle
naissance, ce dernier devient une créature nouvelle, et devient participant des Attributs de
Jésus-Christ (sa Nature, ses Fonctions).
• 2 Cor. 5:17 “Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées
; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.”

b) Le caractère de nouveauté de ce “Nom nouveau” du Christ, un Nom convenant à la


“Nouvelle Jérusalem”, n’a rien à voir avec la façon de le prononcer, ou de l’écrire, ou de le
chanter (il en va de même avec le Nom de “Jésus”).
Ce n’est pas une question de linguistique, ni de phonétique, ni de grammaire, mais d’un état
de l’âme devenant capable de voir que Jésus-Christ est ressuscité, qu’il est assis à la droite de
Dieu et que le Nom de Dieu est déposé en lui.
• Ap. 14:1 (4e Fresque) “Je vis l’Agneau qui se tenait sur le Mont Sion et, avec lui, 144 000 personnes qui
avaient son Nom et le Nom de son Père inscrits sur le front.”

Jésus-Christ grave ce “Nom nouveau” en chaque âme élue, mais chaque âme a sur terre sa
façon de le lire et de le prononcer, jusqu’à ce que toutes parviennent à l’unité de la foi et de la
connaissance du Fils de Dieu (Eph. 4:13).
• 1 Cor. 12:3 “C'est pourquoi je vous déclare que nul, s'il parle par l'Esprit de Dieu, ne dit : Jésus est
anathème ! et que nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n'est par le Saint Esprit.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -240-
________________________________________________

• Ap. 2:17 (à l’Eglise de Pergame, la 3e) “… A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui
donnerai un caillou blanc ; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce
n’est celui qui le reçoit.”

Lorsque Jésus-Christ se manifestera dans la plénitude de sa gloire, son peuple régénéré lui
aussi en plénitude, connaîtra le Nom dans la plénitude de sa Réalité.
• Phil. 2:9 “… Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom.”
• Ap. 19:12,16 (7e Fresque) “(12) Il avait un Nom écrit, que personne ne connaît, si ce n’est lui-même ; -
… - (16) Il avait sur son vêtement et sur sa cuisse un Nom écrit : Roi des rois et Seigneur des seigneurs.”
• Ap. 22:4 “(Ses serviteurs) verront son visage et son Nom sera sur leur front.”
• 1 Jn. 3:2 “Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore
été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce
que nous le verrons tel qu’il est.”

c) L’Epouse porte le Nom de son Epoux, à la mesure de ce qu’elle connaît de lui.


• Es. 56:5 “Je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs une place et un nom préférables à des fils
et à des filles ; je leur donnerai un nom éternel, qui ne périra pas.”
• Es. 62:2,4 (sur Jérusalem) “(2) Alors les nations verront ton salut (celui de Sion), et tous les rois ta
gloire ; et l’on t’appellera d’un nom nouveau, que la bouche de l’Eternel déterminera. - … - (4) On ne te
nommera plus délaissée, on ne nommera plus ta terre désolation ; mais on t’appellera mon plaisir en elle,
et l’on appellera ta terre Epouse ; car l’Eternel met son plaisir en toi, et la terre aura un Epoux.”
• Es. 62:12 “On les appellera peuple saint, rachetés de l’Eternel ; et toi (Sion), on t’appellera :
Recherchée, Ville non délaissée.”

Ceux qui n’ont pas renié le Nom (Ap. 3:8) auront reçu le Nom, un signe d’appartenance.

3:13. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises.
a) Sur cette formule proverbiale connue de l’AT, prononcée par Jésus dans 3 Evangiles (Mt.
11:15, 13:9 ; Mc. 4:9,23, 7:16 ; Lc. 8:8 ; 14:35), et répétée en conclusion de chacune des Lettres aux 7
Eglises (Ap. 2:7, 2:11, 2:17, 2:29, 3:6, 3:13, 3:22), voir les commentaires d’Ap. 2:7.
• Ez. 3:17 “Fils de l’homme, je t’établis comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu écouteras la parole
qui sortira de ma bouche, et tu les avertiras de ma part.”
• Ez. 3:17 “Fils de l’homme, je t’établis comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu écouteras la parole
qui sortira de ma bouche, et tu les avertiras de ma part.”
• Ez. 3:27 “Quand je te parlerai, j’ouvrirai la bouche, pour que tu leur dises : Ainsi parle le Seigneur,
l’Eternel. Que celui qui voudra écouter écoute, et que celui qui ne voudra pas n’écoute pas, car c’est une
famille de rebelles.”

b) L’ange envoyé à l’Eglise communique le message qu’il a entendu, et il appartient à


chaque membre (“celui qui”) de toutes (“aux”) les Eglises (en tous lieux et à toutes les époques), de
l’assimiler et de le mettre en pratique.
• Es. 48:15-16 “(15) Moi, moi, j’ai parlé, et je l’ai appelé (celui que l’Eternel aime) ; je l’ai fait venir, et
son œuvre réussira. (16) Approchez-vous de moi, et écoutez ! Dès le commencement, je n’ai point parlé
en cachette, dès l’origine de ces choses, j’ai été là. Et maintenant, le Seigneur, l’Eternel, m’a envoyé avec
son Esprit.”

c) Il a été précédemment souligné que des effets de symétrie apparaissent dans les Lettres
aux 7 Eglises, parmi lesquelles celle de Thyatire (la 4e) occupe la position médiane.
Des éléments de symétrie peuvent ainsi être observés entre la Lettre à l’Eglise de Smyrne (la
2e) et la Lettre à l’Eglise de Philadelphie (la 6e) (de même qu’entre la 1ère et la 7e, et qu’entre la 3e et la
5e) :
• A l’Eglise de Smyrne, Jésus-Christ se présentait comme “Celui qui était mort et qui est revenu à la vie”
(Ap. 2:8) alors qu’il se présente à l’Eglise de Philadelphie comme possédant la “clef de David” (Ap. 3:7)
qui est celle de la victoire sur la corruption, la clef de la résurrection.
• De même que les fidèles de Smyrne étaient plongés dans la pauvreté (Ap. 2:9), ceux de Philadelphie
ont “peu de puissance” (Ap. 3:8).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -241-
________________________________________________

• Alors que les fidèles de l’Eglise de Smyrne souffraient de “de la part de ceux qui se disent Juifs” (Ap.
2:9), ceux de l’Eglise de Philadelphie doivent lutter contre ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas” (Ap.
3:9). Les premiers persécuteurs étaient des “calomniateurs” (Ap. 2:9), et les seconds sont des “menteurs”
(Ap. 3:9).
• De même qu’une “synagogue de Satan” s’était installée dans l’Eglise de Smyrne (Ap. 2 :9), elle est
présente aussi à Philadelphie (Ap. 3:9).
• Les fidèles de Smyrne seront dans la tribulation (Ap. 2:10), ceux de Philadelphie devront affronter
“l’heure de l’épreuve” (Ap. 3:10).
• Les fidèles de Smyrne et de Philadelphie sont pareillement, soit exhortés à la “fidélité jusqu’à la
mort”, soit déjà persévérants (Ap. 2:10, 3:8,10).
• La “couronne de Vie” était promise aux fidèles de Smyrne (Ap. 2:10), et la “couronne” est déjà
possédée par ceux de Philadelphie (Ap. 3:11).
• Les Eglises de Smyrne et de Philadelphie sont les seules auxquelles aucun reproche n’est adressé.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -242-
________________________________________________

G – Tableau 7. L'Eglise de Laodicée (Ap. 3:14 à 22)


La grande illusion

FRESQUE 1 FRESQUE 2 FRESQUE 3 FRESQUE 4 FRESQUE 5 FRESQUE 6 FRESQUE 7


(l’Eglise (les Sceaux (les (une guerre (les Coupes) (jugements (scènes
exhortée) de jugement) Trompettes spirituelle ultimes de ultimes)
du jugement) cosmique) Babylone)
Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes Scènes
Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives Introductives
(le Juge (la Pensée (préparation (nature et (préparation (prostitution (victoire du
céleste de du Trône) des acteurs du des Coupes) de Babylone) Roi et des
l’Eglise) Trompettes) conflit) élus)
Septénaire 1 Septénaire 2 Septénaire 3 Septénaire 4 Septénaire 5 Septénaire 6 Septénaire 7
7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux 7 Tableaux
(7 Lettres aux (l’ouverture (sonnerie des (déroulement (7 Coupes (fin de (splendeurs
7 Eglises) des 7 Sceaux) 7 Trompettes) du conflit) déversées) Babylone) éternelles)
1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7 1.2.3.4.5.6.7

Le texte : Ap. 3:14-22


L’adresse épistolaire accompagnant des Attributs du Christ
“(14) Et écris à l'ange de l’Eglise de Laodicée : Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable,
le principe de la création de Dieu :
Des reproches (pas d’éloges)
(15) Je connais tes œuvres, que tu n'es ni froid ni bouillant.
Une recommandation
Puisses-tu être (= Plût à Dieu que tu fusses) froid ou bouillant !
Une menace
(16) Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche.
Une recommandation
(17) Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais
pas que tu es malheureux, et misérable, et pauvre, et aveugle et nu,
(18) je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des
vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse point, et un collyre pour
oindre tes yeux, afin que tu voies.
(19) Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle, et repens-toi.
Des promesses à celui qui vaincra
(20) Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, et
j'entrerai chez lui, et je souperai avec lui, et lui avec moi.
(21) Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon Trône, comme moi j'ai vaincu et me suis
assis avec mon Père sur son Trône.
Une exhortation leitmotiv
(22) Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises. ”

3:14a. Et écris à l'ange de l’Eglise de Laodicée : …


Sur l’ordre “d’écrire”, sur l’identité de l’“ange”, et sur l’expression “l’Eglise qui est dans …”, voir les
commentaires sur Ap. 1:20 et 2:1.

a) Comme les autres Lettres aux 7 Eglises d’Asie, celle-ci (la 7e) s’adresse en fait aux chrétiens
(authentiques ou non) de tous les siècles et de tous lieux (chaque Lettre demande en effet à ceux qui ont
des oreilles pour entendre d’écouter ce que l’Esprit dit “AUX” Eglises). Ce constat est l’un des fondements
de l’interprétation dite “récapitulative” (cf. le “Préambule, des clefs de lecture”).
Il est toutefois en même temps possible de distinguer dans l’histoire du christianisme une
succession de périodes plus particulièrement marquées par les caractéristiques de telle ou telle
de ces 7 Eglises (interprétation dite “chronologiste”).
Cette Lettre décrirait alors le tragique état du christianisme dans sa phase finale.
• Comme cela a été souligné dans le commentaire d’Ap. 1:4, c’est dès le récit de la création en 7 jours
(Gen. 1:1-31) que le chiffre “7” symbolise, non pas une perfection, mais la durée d'un cycle (individuel
ou collectif) au cours duquel se joue l'histoire des âmes.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -243-
________________________________________________

• Il faut noter que le récit de la création ne parle pas du “premier jour”, mais du “jour Un” (Gen. 1:5) :
en effet, dans l'optique spirituelle du rédacteur de la Genèse, tous les autres jours de la création étaient inclus
dans ce “jour un” (de même que toutes les générations de croyants étaient dans les reins d’Abraham,
“l’homme Un” de la foi). La septaine de jours (ou semaine) ainsi décrite, forme donc une unité (de même
que la descendance spirituelle d’Abraham constitue une unité). Ici, les 7 Eglises réunies représentent
l’Assemblée de tous les siècles (c’est conforme à l’interprétation dite “récapitulative”).
• Mais ce caractère d'unité n'exclut pas l'existence d'un processus en marche, et donc d'une chronologie,
avec un aboutissement attendu à la fin du cycle. Le “jour Un” était de même le début d'un calendrier, et
il enfantait un “deuxième jour” (et non pas “jour deux”), puis un “troisième jour”, etc.

b) Comme dans l’AT, le message prophétique que l’“ange” (l’Esprit de révélation, et les hommes
au travers desquels il s’exprime) doit
assimiler puis transmettre au peuple se réclamant du Nom,
est en général à la fois une mise en garde contre un danger intérieur, et un encouragement
pour le groupe fidèle.
C’est l’Esprit de Christ qui inspire ce message : ce message, comme les six précédents, vient
du cœur du Rédempteur qui veut le bien de cette Eglise dont l’état est si inquiétant.
• Les 7 Eglises sont dites situées “dans” 7 villes, car elles forment une communauté d’âmes dirigées et
organisées par l’Esprit, indépendamment parfois des structures contraires conçues par les hommes. Ces
villes ont vocation à devenir Jérusalem, mais portent hélas en germe Babylone.
Jn. 17:15 “Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal.”
1 Cor. 5:9-10 “(9) Je vous ai écrit dans ma lettre de ne pas avoir des relations avec les impudiques,
(10) non pas d'une manière absolue avec les impudiques de ce monde, ou avec les cupides et les
voleurs, ou avec les idolâtres ; autrement, il vous faudrait sortir du monde.”

c) Le nom de la ville de “Laodicée” signifie : “justice du peuple”.


Cette ville antique était un riche centre stratégique, politique et commercial. Son nom serait
celui de l’épouse du roi séleucide Antiochus II, fondateur de la ville (-261 à -253).
Elle devint romaine en –133. Elle fut souvent victime des tremblements de terre, et manquait
d’eau.
La présence d’une forte communauté de plus de 20 000 personnes, favorisa la naissance d’une
église importante.
Cette église historique, proche de Colosses et d’Hiérapolis, fut peut-être fondée par Archippe (Col. 4:17
) ou par Epaphras (Col. 1:7 ; 4:12,13).

Par contre, cette église a dû affronter en son sein les courants judaïsants, hellénistes et
gnostiques.
• Col. 2:1 “Je veux, en effet, que vous sachiez combien est grand le combat que je soutiens pour vous, et
pour ceux qui sont à Laodicée, et pour tous ceux qui n’ont pas vu mon visage.”

d) Selon l’optique chronologiste, l’Eglise de Laodicée correspondrait à une période qui a


débuté selon certains vers l’année 1906 (début du réveil dit “pentecôtiste” à Azusa Street, à Pasadena
près de Los Angeles).
Les dates proposées par les commentateurs pour le début et la fin de chacun des 7 cycles
n’ont en fait qu’une valeur indicative. Ici, par exemple, le terrain avait été préparé par un
mouvement d’intercession entamé en 1856 en Amérique, et par le réveil du nord de l’Irlande,
puis de l’Angleterre (1859), puis du Pays de Galles (1904), etc.
Parmi les figures marquantes de cette période, citons Dwight Moody (1837-1899), Ura David
Sankey (1840-1908), Evan John Roberts (1878-1951), William Booth (1829-1912, fondateur de l’Armée du
salut en 1878), Billy Graham (1918- 2018), Jack Schuler (1918-1962), Charles Spurgeon (1834-1892),
etc.
Le début du XXe siècle est marqué par l’apparition de deux vagues successives de grands
ministères de guérison divine, par la restauration des autres charismes, et les manifestations
spectaculaires du Saint-Esprit à l’échelle mondiale. C’est aussi l’époque des grandes
persécutions dans les Etats communistes d’Europe et d’Asie, et dans divers pays musulmans.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -244-
________________________________________________

Parmi les figures marquantes dans le domaine de la guérison divine, citons [d’après “Impact de
guérison” de Patrick Fontaine, Ed. J.F. Oberlin] : Dorothea Trudel (1813-1862), Ethan O. Allen ( ?-1886),
Charles Cullis (1833-1892), Adoniram Judson Gordon (1836-1895), John Alexander Dowie (1847-
1907, fondateur de Zion City, près de Chicago), Maria B. Woodworth-Etter (1844-1924), Albert Benjamin
Simpson (1844-1919), John Graham Lake (1870-1935), Lilian Barbara Yeomans (1861-1942), E.W.
Kenyon (1867-1948), Charles Sidney Price (1887-1947), Fred Francis Bosworth (1877-1958),
Raymond T. Richey (1893-1968), Smith Wigglesworth (1859-1947), Stephen Jeffreys (1876-1943),
William Marion Branham (1909-1965), Asa Alonzo Allen (1911-1970), Oral Roberts (1918-2009),
Jack Coe (1918-1957), Tommy Osborn (1923-2013), W.V. Grant (1913-1983), James Dunn (1920-2009),
Aimee Semple McPherson (1891-1944), Kathrynn Kuhlman (1907-1976), etc.
Parmi ces noms, W.M. Branham occupe une position singulière. Un don de discernement sans pareil,
des phénomènes surnaturels variés et nombreux (visions, apparitions angéliques, présence d’une Lumière
surnaturelle, des milliers de guérisons, etc.), des révélations étonnantes, le tout en un seul individu,
donnent à eux seuls une place à part à ce ministère. Mais en outre ces signes étaient accompagnés d’un
message oral angoissé à l’adresse de tout le christianisme : il a dénoncé la mainmise d’un cléricalisme
mort, il a alerté sur l’absence dramatique de vraies conversions et de vrais baptêmes du Saint-Esprit,
alors que la venue de Jésus-Christ est proche. Dès le début de son ministère, il a affirmé être envoyé pour
préparer l’Eglise au retour de Jésus, comme Jean-Baptiste l’avait été pour sa première venue.
Les faiblesses, par manque d’instruction, de son expression théologique qui laissait perplexes ses
auditeurs (il n’avait pas un ministère de docteur), le fanatisme idolâtre de certains de ses partisans après
sa mort, ont contribué à alimenter une controverse virulente quant à la nature et à la signification de son
ministère dans l’économie de Dieu. Les uns le considèrent comme une voix prophétique majeure de fin de
cycle, d’autres comme un évangéliste victime de son orgueil, d’autres comme un démon séducteur !
Il est mort en mission dans un accident de voiture. Plus de 50 ans après sa mort, la violence des attaques
n’a curieusement pas cessé (un fait sans précédent).

e) Selon l’optique chronologiste, l’histoire de l’Eglise issue des Nations ressemble à


l’histoire d’Israël. Dès le début du cycle, une dynamique d’apostasie s’introduit dans
l’Assemblée, comme le levain dans la pâte, si bien que la situation en fin de cycle (c‘est-à-dire à
l’époque de la manifestation du Christ) devient catastrophique sous des apparences trompeuses.

C’est ce bégaiement de l’histoire qui permet d’appliquer à l’Eglise les paraboles de Jésus qui
étaient destinées en premier lieu aux Israélites, peu avant la chute de Jérusalem.
L’histoire d’Israël, comme l’histoire de l’Eglise, est ainsi comme une journée triste et grise,
où le soleil du matin a vite été occulté par le brouillard des “synagogues du faux Israël”.
• Zac. 14:7 “Ce sera un jour unique, connu de l’Eternel, et qui ne sera ni jour ni nuit (c’est l’état de
grisaille de l’Eglise depuis la perte du premier amour) ; mais vers le soir la Lumière paraîtra.”

La “Lumière du temps du soir”, à la fin du cycle, sera la manifestation du même Soleil qu’au
matin, avec la Lumière en plénitude de l’Esprit de Jésus-Christ.
Il résulte de ce parallélisme des deux cycles (celui d’Israël et celui de l’Eglise), que l’Esprit d’Elie
appelant le peuple de Dieu à la repentance, au retour à la révélation d’origine, et aux Ecritures,
doit à nouveau se manifester.
Inévitablement de faux Elie apparaîtront, et le vrai Elie sera incompris et rejeté par les clercs, comme l’a
été Jean-Baptiste venu à la fin du cycle d’Israël.

• Mal. 4:1-2, 5- 6 “(1) Car voici, le jour vient, ardent comme une fournaise. Tous les hautains et tous les
méchants seront comme du chaume ; le jour qui vient les embrasera, dit l’Eternel des armées, il ne leur
laissera ni racine ni rameau. (2) Mais pour vous qui craignez mon Nom se lèvera le Soleil de la justice,
et la guérison sera sous ses ailes ; vous sortirez, et vous sauterez comme les veaux d’une étable. - … - (5)
Voici, je vous enverrai Elie, le prophète, avant que le jour de l’Eternel arrive, ce jour grand et redoutable.
(6) Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants (cf. Lc. 1:17), et le cœur des enfants à leurs pères, de
peur que je ne vienne frapper le pays d’interdit (ce sont les derniers versets de l’AT).”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -245-
________________________________________________

• Mt. 17:10-13 “(10) Les disciples lui firent cette question : Pourquoi donc les scribes disent-ils qu’Elie
doit venir premièrement ? (11) Il répondit : Il est vrai qu’Elie doit venir (et non pas : ‘devait venir’), et
rétablir toutes choses. (12) Mais je vous dis qu’Elie est déjà venu (il s’agit de Jean-Baptiste, mais le ‘jour
grand et redoutable’ du jugement a commencé en l’an 70 pour Israël), qu’ils ne l’ont pas reconnu, et qu’ils
l’ont traité comme ils ont voulu. De même le Fils de l’homme souffrira de leur part. (13) Les disciples
comprirent alors qu’il leur parlait de Jean-Baptiste.”
• Lc. 1:15-17 (prophétie sur Jean-Baptiste à sa naissance) “(15) Il sera grand devant le Seigneur. Il ne
boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère ; (16) il ramènera
plusieurs des fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu ; (17) il marchera devant Dieu avec l’Esprit et la
puissance d’Elie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants (tel avait été le ministère d’Elie au
temps de Jézabel), et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien
disposé.”

3:14b. … Voici ce que dit l'Amen, le Témoin fidèle et véritable, …


a) La locution “voici ce que dit”, qui figure en introduction de chacune des 7 Lettres, résonne
comme le “Ainsi dit l’Eternel” des prophéties de l’AT.
La solennité de ces introductions est appuyée par le caractère divin des Titres que revendique
à chaque fois l’Inspirateur de ces Lettres.
C’est une injonction à prêter attention à ce qui va être dit. A la fin de chaque Lettre, cette
injonction trouve un écho impérieux dans la conclusion : “que celui qui a des oreilles pour
entendre, entende !”

b) Jésus-Christ s’attribue ici un Titre composite : le premier terme (“l’Amen”) est explicité par
le suivant (“le Témoin”), ce dernier étant accompagné d’un double élément (ce “Témoin” est “fidèle
et véritable”).
Le vocable “amen” a son origine dans l’AT où il avait valeur d’attestation, de certification,
de confirmation, d’affirmation sous le regard de Dieu (Nb. 5:22 ; Deut. 27:15,26 ; 1 R. 1:36 ; 1
Chr. 16:36 ; Néh. 5:13 ; 8:6 ; Ps. 41:14, etc.). Il a ce même sens dans l’Apocalypse en 1:7, 5:14, 7:12,
19:4, 22:20, et pourrait se traduire : “c’est vrai, c’est certain, je l’atteste, etc.”
Etre “l’Amen” (avec article), c’est être “le garant fiable” que tout ce que Dieu a dit est vrai, et
que tout ce qu’il promet s’accomplira en lui. Dieu est “l’Amen” de lui-même, et le Fils est
“l’Amen” du Père. C’est cet “Amen” qui est le vrai Auteur de ces 7 Lettres.
• Es. 65:16 “Celui qui voudra être béni dans le pays voudra l’être par le Dieu de vérité (héb. : “Dieu de
l’Amen”), et celui qui jurera dans le pays jurera par le Dieu de vérité (héb. : “Dieu de l’Amen”) ; car les
anciennes souffrances seront oubliées, elles seront cachées à mes yeux.”
• Jér. 11:5 “Et j’accomplirai le serment que j’ai fait à vos pères, de leur donner un pays où coulent le lait
et le miel, comme vous le voyez aujourd’hui. Et je répondis : Amen, Eternel !”
• 2 Cor. 1:20 “Pour ce qui concerne toutes les promesses de Dieu, c’est en lui qu’est le oui ; c’est
pourquoi encore l’Amen par lui est prononcé par nous à la gloire de Dieu.”
• 2 Tim. 2:13 “Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même.”
• Héb. 13:8 “Jésus-Christ est le même hier, et aujourd’hui, et éternellement.”

c) Jésus-Christ était le seul Homme à pouvoir dire : “Amen, amen, je vous le dis …” (Jn. 1:51
; 3:3; etc.). L’expression : “le Témoin fidèle et véritable” est un commentaire, un développement
du Titre : “l’Amen”.
• Ap. 1:4-5 “(4) Jean aux sept Eglises qui sont en Asie : que la grâce et la paix vous soient données de la
part de Celui qui est, qui était, et qui vient, et de la part des sept Esprits qui sont devant son Trône, (5) et
de la part de Jésus-Christ, le témoin fidèle, le premier né des morts, et le prince des rois de la terre !”

Jésus-Christ a été “LE Témoin” (gr. : “martus”) parfait, par ses actions, par ses paroles, par sa
résurrection, par les œuvres de son Esprit, par son expression parfaite de la Pensée du Père.
• Jn. 3:32-34 (témoignage de Jean-Baptiste en faveur de Jésus) “(32) Celui qui vient du ciel est au-dessus de
tous, il rend témoignage de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage. (33) Celui qui
a reçu son témoignage a certifié que Dieu est vrai ; (34) car celui que Dieu a envoyé dit les paroles de
Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l’Esprit avec mesure.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -246-
________________________________________________

• Jn. 17:6 et 8 “(6) J’ai fait connaître ton Nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. …
(8) Je leur ai donné les paroles que tu m’as données.”
• Jn. 18:37 “Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la Vérité.”

La fidélité et la véracité du Fils sont celles de son Père.


• Etre “fidèle” (gr. : “pistos”), c’est être digne de confiance, digne d’être cru.
En Ap. 1:5, l’apôtre Jean déclarait écrire de la part de “Jésus-Christ, le Témoin fidèle”.
• Etre “véritable” (gr. : “alethinos”, dérivé de “alethes” = vrai, authentique, réel), c’est ici être, parler et
agir selon ce qui est la Vérité absolue. C’est être par essence la Vérité, qui est plus qu’un concept
philosophique, mais l’Esprit d’intelligence créatrice de l’univers et de toute Réalité. Dans la bouche de
Jésus et des apôtres, la Vérité signifie l’Absolu. Cela ne laisse place à aucune fausseté.
• Etre “fidèle” et être “véritable” sont donc ici deux Attributs divins.
Ps. 89:35-37 “(35) J'ai juré une fois par ma sainteté : Mentirai-je à David ? (36) Sa postérité subsistera
toujours ; son trône sera devant moi comme le soleil, (37) comme la lune il aura une éternelle durée.
Le Témoin qui est dans le ciel est fidèle.”
Es. 55:4 “J’ai établi David (celui qui sera le Fils de David) comme témoin auprès des peuples, comme
chef et dominateur des peuples.”
Ap. 19:11 (début de la 7e Fresque) “Puis je vis le ciel ouvert, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui
le montait s’appelle Fidèle et Véritable, et il juge et combat avec justice.”

3:14c. … le Principe de la création de Dieu : …


Le Verbe de Dieu manifeste et exprime la Pensée de Dieu et la matérialise dans l’espace et
le temps (eux-mêmes créés). Tout ce qui est (visible et invisible), et tout ce que l’homme peut être
invité à connaître, tire son existence, son essence, de cette Source dynamique (la dynamique du
Souffle est inséparable du Verbe articulé).
C’est ce Verbe-Pensée jaillissant et incarné en Jésus-Christ qui est Origine et “Principe”
(gr. “arche” = “le commencement, l’origine, l’essence ”) de tout, et qui est donc “Premier” en tout.
• Jn. 1:1-3 “(1) Au commencement (gr. “en arche” = “dans le commencement, dans l’essence ”) était la
Parole (ou : “le Verbe”), et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. (2) Elle était au
commencement avec Dieu. (3) Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait
sans elle.”
• Prov. 8:22-23 “(22) L’Eternel m’a acquise (la Sagesse, un autre Nom du Verbe) au commencement de
ses voies, avant ses œuvres les plus anciennes. (23) J’ai été établie depuis l’éternité, dès le
commencement, avant l’origine de la terre.” (cf. Gen. 1:1,3).

Le Verbe inséparable de l’Esprit de Dieu est à la fois l’origine et l’auteur (il est Intelligence) de
la création. Le Souffle-Onction a été et est “l’image de Dieu” avant son incarnation en Christ,
pendant son incarnation en Christ, et dans son état glorifié en Christ.
Jésus-Christ a la primogéniture en tant que “Premier-né” du Père (Col. 1:15), en tant que
premier-né de sa mère Marie (Mt. 1:25), en tant que premier-né d’entre les morts, en tant que
Tête de l’Eglise par sa résurrection, en tant que premier homme à l’image du Père.
• Jn. 1:18 “Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est Celui qui l’a
fait connaître.”
• Jn. 14:9 “… celui qui m’a vu (qui a vu le Verbe en Christ) a vu le Père.”
• 2 Cor. 4:4 “… Christ est l’image (l’expression fidèle du Modèle) de Dieu.”
• Col. 1:15-18 “(15) Le Fils est l’image (cf. l’image du soleil dans l’eau) du Dieu invisible, le premier-né
(ce qui implique prééminence en date et en dignité) de toute la création (ou : “de toute créature”). (16)
Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre (il est donc avant toute
créature ; en lui était la racine de toute existence), les visibles et les invisibles, trônes, dignités (deux
fonctions exercées par les créatures célestes), dominations, autorités (deux fonctions exercées par les
créatures terrestres). Tout a été créé par lui (il a été la Main qui a réalisé la Pensée divine) et pour lui (il
est la finalité de la création). (17) Il est avant toutes choses (y compris le temps), et toutes choses
subsistent (sont maintenues) en lui. (18) Il est la Tête du corps de l’Eglise ; il est le commencement (de
l’ancienne et de la nouvelle création), le Premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier.”
• Ap. 1:8 “Je suis l’Alpha et l’Oméga (la première et la dernière lettres de l’alphabet, et donc l’essence
de tout ce qui a un nom), dit le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout-Puissant.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -247-
________________________________________________

Pour une grande portion de l’Eglise de Laodicée, ces Titres ne sont que des mots ronflants
qui remplissent la bouche ou la tête, mais non le cœur.

3:15a. Je connais (gr. : “oida”) tes œuvres, …


Sur cette “connaissance” (“connaître” = gr. “oida”, connaissance immédiate) des “œuvres” (gr. :
“ergon” = les ouvrages, les fruits d’un travail, bon ou mauvais) de chacun, voir les commentaires d’Ap.
2:2, 2:9, 2:19, 3:2, 3:8.
C’est en permanence que Celui qui a les “7 Yeux” des “7 Esprits” sonde chaque âme se
réclamant de son Nom dans chacune des 7 Eglises.
• Ps. 11:4-5 “(4) L’Eternel est dans son saint Temple, l’Eternel a son Trône dans les Cieux ; ses yeux
regardent, ses paupières sondent les fils de l’homme. (5) L’Eternel sonde le juste ; il hait le méchant et
celui qui se plaît à la violence.”

Dans l’Eglise de Laodicée, il n’y a aucune “œuvre” digne d’éloges !


L’Esprit n’adresse que des reproches à cette Assemblée :
• elle n'est ni froide ni bouillante, mais tiède (v. 15 et 16),
• elle est aveugle au point de prétendre être ce qu’elle n’est pas, ou avoir ce qu’elle n’a pas (v.17).

3:15b. … que tu n'es ni froid ni bouillant.


a) Dans de nombreux pays du Moyen Orient, l’eau froide est rafraîchissante, et l’eau
chaude est réconfortante (c’est vrai aussi d’un vêtement, d’une habitation, mais il est ici question de ce qui
se met en bouche et se consomme).
Etre “froid” et être “bouillant” sont ici des vertus de l’Esprit pour le bien des autres.
Être “froid” n’est pas ici l’état des inconvertis qui ne se sont jamais réclamés du Nom de Jésus ! Nulle
part l’AT ne mentionne une telle échelle de non-valeur pour consoler les âmes stériles. “Car je rafraîchirai
l'âme altérée, et je rassasierai toute âme languissante.” (Jér. 31:25).
Prov. 25:13,25 “Comme la fraîcheur de la neige au temps de la moisson, ainsi est un messager fidèle
pour celui qui l'envoie ; il restaure l'âme de son maître. - … - (25) Comme de l'eau fraîche pour une
personne fatiguée, ainsi est une bonne nouvelle venant d'une terre lointaine.”

Une eau “tiède” (v.16) est à la température du monde environnant, et n’apporte aucun
soulagement au voyageur ou au maître de maison.
• Rom. 12:11 “Ayez du zèle, et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit.”
• Jac. 1:8 “(Celui qui doute) est un homme irrésolu, inconstant dans toutes ses voies.”

b) Le Fils de l’homme a besoin (car telle est la nature de la sphère divine) de trouver parmi les
hommes, et en particulier parmi ceux qui se réclament de son Nom, la fraîcheur ou la chaleur
de cœurs s’offrant à lui comme lui-même s’est offert à eux, totalement, sans calculs.
• Dans sa vie quotidienne, le croyant trouve fraîcheur et chaleur en se nourrissant de l’œuvre et les paroles
de Jésus-Christ.
• De même, Jésus-Christ, présent à la même table, consomme les actions, les paroles et les pensées qui
montent vers lui, en bonne ou en mauvaise odeur (lui apportant plaisir ou dégoût).

c) La “tiédeur” de cette Assemblée n’a aucune vertu pour Dieu, et elle l’offense. Une eau
“tiède” est en effet une eau froide qui a perdu sa fraîcheur, ou une eau bouillante qui s’est
refroidie. Dans les deux cas, les eaux du monde déchu ont envahi l’Eglise.
La “tiédeur” est la conséquence inévitable de l’introduction du Nicolaïsme dans l’Eglise.
Elle se fait passer pour fraîche ou pour chaude.
• La fausse fraicheur se manifeste par l’onctuosité du langage, par les bonnes œuvres ostentatoires, etc.
• La fausse chaleur se manifeste par le théâtre des rites, par les décibels, par la gesticulation, etc.

3:15c. Puisses-tu être froid ou bouillant !


Etre “froid”, c’est apporter la fraîcheur consolatrice à un monde brûlé par le soleil du désert
(cf. Prov. 25:13,25 précité). Etre “bouillant”, c’est apporter l’énergie à un monde spirituellement
gelé ou épuisé. Dans les deux cas, c’est l’œuvre du Saint-Esprit.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -248-
________________________________________________

Dans l’Assemblée de Laodicée, le sel a perdu sa saveur (Mt. 5:13), la piété a perdu sa force
céleste (2 Tim. 3:5). C’est le chagrin du Rédempteur attristé et scandalisé qui s’exprime dans la
formule emphatique : “puisses-tu être”. C’est l’expression d’un désir angoissé et profond,
rendu par certains traducteurs : “que n’es-tu …”
• Mt. 23:37 “Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien
de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous
ne l'avez pas voulu !”
• Lc. 14:34-35 “(34) Le sel est une bonne chose ; mais si le sel perd sa saveur, avec quoi l’assaisonnera-
t-on ? (35) Il n’est bon ni pour la terre, ni pour le fumier ; on le jette dehors (c’est être vomi par Dieu).
Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.” (id. Mt. 5:13).
• 2 Tim. 3:1-2,5 “(2) Sache que, dans les derniers jours (ils ont commencé du temps de Paul et Jean), il y
aura des temps difficiles. (2) Car les hommes seront … - … (5) ayant l’apparence de la piété, mais reniant
ce qui en fait la force (l’Onction).”
• 2 Tim. 4:10 “Démas m’a abandonné, par amour pour le siècle présent, et il est parti pour
Thessalonique.”
• 1 R. 18:21 (sur le Mont Carmel, au temps du roi Achab et de Jézabel) “Alors Elie s’approcha de tout le
peuple, et dit : Jusqu’à quand boiterez-vous des deux côtés ? Si l’Eternel est Dieu, allez après lui ; si c’est
Baal, allez après lui ! Le peuple ne lui répondit rien.”

3:16. Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je vais te vomir de
ma bouche.
a) La répétition des termes de l’accusation, sous sa forme positive (“tu es”) et sous sa forme
négative (“tu n’es pas”), a pour but de souligner la gravité de la situation de cette Assemblée.
Ces adjectifs sont au masculin, s’accordant ainsi avec l’“ange de l’Eglise”, mais ils s’appliquent avant tout
à l’Eglise (qui est du genre féminin) : la plupart des responsables de cette Eglise sont pris à partie, pour ne
pas l’avoir correctement prévenue.

Cette “tiédeur” est un état de paresse spirituelle, de langueur inconsciente. L’église est
devenue un système réchauffé par les énergies du monde naturel, et désaltéré par les
breuvages du monde, et non plus par le Feu ou par l’Eau du Saint-Esprit.
• Gagner des âmes est devenu un commerce. Veiller sur le troupeau sert à satisfaire des ambitions cléricales.
Le culte sert à se donner bonne conscience.
• L’Eglise n’est plus qu’une juxtaposition d’organisations, au lieu d’être un organisme où chaque cellule a
en vue le Corps et la Tête, non pour s’y tailler une réputation, mais pour le servir.

b) L’Eglise de Laodicée (la 7e et dernière) est en cela la symétrique de l’Eglise d’Ephèse (la
première des 7) qui avait perdu sa ferveur première (Ap. 2:4).
Comme Samson avant sa repentance finale, l’homme naturel aime tirer profit de Dieu, tout
en cherchant à satisfaire à sa guise ses propres passions.
• Mt. 6:24 “Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à
l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon.”
• Mt. 12:30 “Celui qui n’est pas avec Moi est contre Moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse.”
• Jac. 4:4 “Adultères que vous êtes ! ne savez-vous pas que l’amour du monde est inimitié contre Dieu ?
Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu.”
• 1 Jn. 2:15-16 “(15) N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime
le monde, l’amour du Père n’est point en lui ; (16) car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la
chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde.”

c) Etre “vomi”, c’est être expulsé violemment dans une réaction de dégoût pour cause
d’incompatibilité absolue. C’est ce que le Fils de l’homme est sur le point de faire avec cette
Eglise. C’est ce que Jean-Baptiste et Jésus disaient à Israël.
Etre “vomi de la bouche” du Fils de l’homme, c’est perdre toute chance d’être défendu par
cette même bouche du Rédempteur devant le Trône.

C’est être effacé du Livre de Vie, c’est ne pas avoir profité du délai de repentance.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -249-
________________________________________________

• Mt. 7:22-23 “(22) Plusieurs Me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé
par Ton Nom ? n'avons-nous pas chassé des démons par Ton Nom ? et n'avons-nous pas fait beaucoup de
miracles par Ton Nom ? (23) Alors Je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous
de Moi, vous qui commettez l'iniquité.”
• Mt. 25:11-12 “(11) Plus tard, les autres vierges vinrent, et dirent : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. (12)
Mais Il répondit : Je vous le dis en vérité, Je ne vous connais pas.”
• Lc. 7:44-47 “(44) Puis, se tournant vers la femme, il dit à Simon (un chef pharisien) : Vois-tu cette
femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m'as point donné d'eau pour laver mes pieds ; mais elle, elle
les a mouillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux. (45) Tu ne m'as point donné de baiser ;
mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a point cessé de me baiser les pieds. (46) Tu n'as point versé
d'huile sur ma tête (3 manquements au total) ; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds. (47) C'est
pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés : car elle a beaucoup aimé. Mais celui à
qui on pardonne peu aime peu.”

Etre “vomi de la bouche” du Fils de l’homme, c’est avoir son chandelier ôté de sa place
comme en avaient été menacés les vaincus de l’Eglise d’Ephèse (la 1ère, Ap. 2:5 “Souviens-toi donc
d'où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres ; sinon, je viendrai à toi, et j'ôterai ton chandelier
de sa place, à moins que tu ne te repentes.”).
C’est être transformé en statue de sel parce que les pieds ont quitté Sodome, mais le ventre
y est resté et n’apprécie pas la manne.

3:17a. Parce que tu dis : Je suis riche, et je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, …
a) Malgré la gravité du reproche, la patience divine se manifeste par un ultime appel à la
repentance, comme celui lancé à l’Eglise d’Ephèse (la 1ère , Ap. 2:5).
L’appel à la repentance est accompagné d’un diagnostic qui est une invitation à se juger soi-
même. Grâce à cette patience divine, quelques membres de cette Eglise vont découvrir ce qu’ils
ne savent pas sur eux-mêmes et vont savoir en tirer profit.

b) Tout au long du cycle, et en particulier en fin de cycle, c’est l’Esprit de l’ange qui doit
faire prendre conscience à ces âmes d’une pénible réalité : elles n’ont rien de ce qu’elles croient
avoir ! C’est une expérience pénible mais qui brise les barreaux des prisons et arrache aux
sables mouvants.
Ce qui est dénoncé, c’est l’orgueil religieux demeurant en tout homme, qui aveugle et étouffe
l’âme dans l’autosatisfaction.
• Les normes divines de jugement ont été occultées et remplacées par des normes accommodantes.
• Les paroles de Jésus et des apôtres, une fois édulcorées, ne sont plus le miroir fidèle qui, tout en donnant
la paix au croyant, le laisse insatisfait de lui-même jusqu’au bout du chemin (Phil. 3:12).

c) L’aveuglement de tout homme religieux naturel, est triple, et est le même que celui des
pharisiens hostiles à Jésus-Christ :
- Ils se croient “riches” spirituellement, à cause de leur religiosité, de leurs connaissances bibliques, de
leur position dans l’organisation, de leurs dons, des apparences extérieures (les belles chorales, les grands
bâtiments, le nombre d’inscrits), etc.
- Ils croient que cela vient de leurs efforts et de leur intelligence et qu’ils “se sont” enrichis et qu’ils le
méritent.
- Ils croient être admirés par Dieu comme ils sont, et qu’ils n’ont donc pas à se préoccuper d’improbables
insuffisances : ils n’ont “besoin de rien”, ils n’ont besoin ni de repentance, ni de conseils.

• Lc. 18:11-14 “(11) Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces de ce
que je ne suis pas comme le reste des hommes (il se trouve riche), qui sont ravisseurs, injustes, adultères,
ou même comme ce publicain ; (12) je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus (il
pense qu’il mérite les faveurs de Dieu). (13) Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les
yeux au ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur.
(14) Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l'autre. Car quiconque s'élève sera
abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé.”
• Lc. 1:53 “Il a rassasié de biens les affamés, et il a renvoyé les riches à vide.”
• Prov. 13:7 “Tel fait le riche et n’a rien du tout, tel fait le pauvre et a de grands biens.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -250-
________________________________________________

• Rom. 12:3 “Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui-même une
trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à
chacun (sans prétendre avoir reçu plus de Dieu qu’en réalité).”

d) C’est une allusion à une prophétie d’Osée adressée au Royaume du Nord, en fin de cycle.
• Os. 12:8 (discours contre le Royaume du Nord) “Et Ephraïm dit : A la vérité, je me suis enrichi, j’ai
acquis de la fortune ; mais c’est entièrement le produit de mon travail ; on ne trouvera chez moi aucune
iniquité, rien qui soit un crime.”

3:17b. … et parce que tu ne sais (gr. : “oidas”) pas que tu es malheureux, et misérable, et
pauvre, et aveugle et nu, …
a) Le jeu des antithèses a pour but de frapper les esprits :
• Cette Eglise parle selon ses propres critères (elle “dit” à elle-même et aux autres), mais ici, c’est Dieu
qui lui parle. A 3 prétentions illusoires répondent 3 réfutations cinglantes.
• Elle se dit “riche” mais Dieu la déclare “malheureuse”.
• Elle se dit méritante (“je me suis enrichie”) mais Dieu la déclare “misérable”.
• Elle dit “n’avoir besoin de rien” mais Dieu la déclare “et pauvre, et aveugle et nue”.

b) Etre “malheureux” (gr. : “talaiporos”), c’est devoir endurer une vie d’efforts serviles,
douloureux et vains (même mot en Rom. 7:24 : “Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette
mort ?”). C’était l’état des esclaves hébreux. Ici, les maîtres de corvée sont les passions du
monde qui dominent l’homme naturel.

Etre “misérable” (gr. : “eleeinos”), c’est être pitoyable, piteux, aux yeux du Ciel.
Etre “pauvre” (gr. : “ptochos”), c’est être totalement démuni, réduit à la mendicité, comme
l’étaient les infirmes aux temps apostoliques. Croyant n’avoir besoin de rien, les membres de
l’Eglise de Laodicée sont nourris d’épluchures, de manne de la veille, de caroubes dont se
nourrissent les porcs (cf. Lc. 15:16).
• Ils sont dans cet état car ils sont “aveugles” : ils avancent en tâtonnant ou restent sur place, ils ne savent
pas qui leur donne à manger et tombent souvent. Seule la main de l’Esprit du Christ peut conduire un
homme malgré les ténèbres, et le nourrir par les Ecritures.
Deut. 28:15, 28,29 “(15) Si tu n’obéis point à la voix de l’Eternel, ton Dieu, si tu n’observes pas et
ne mets pas en pratique tous ses commandements et toutes ses lois que je te prescris aujourd’hui,
voici toutes les malédictions qui viendront sur toi et qui seront ton partage : - … - (28) L’Eternel te
frappera de délire, d’aveuglement, d’égarement d’esprit, (29) et tu tâtonneras en plein midi comme
l’aveugle dans l’obscurité, tu n’auras point de succès dans tes entreprises, et tu seras tous les jours
opprimé, dépouillé, et il n’y aura personne pour venir à ton secours.”

• Ils sont “nus” car ils n’ont jamais été revêtus du vêtement de justice, de la robe blanche. Etant aveugles,
ils sont couverts de boue et de blessures, comme les démoniaques de Gadara qui demeuraient dans les
sépulcres, se blessaient eux-mêmes et jetaient des pierres aux passants.
1 Jn. 3:14 “Nous savons que nous sommes passés de la mort à la Vie, parce que nous aimons les
frères.”
1 Jn. 4:8 “Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour.”
Lam. 4:14 (contre la Jérusalem apostate) “Ils erraient en aveugles dans les rues, souillés de sang ;
on ne pouvait toucher leurs vêtements.”

c) C’est à ces âmes que Jésus-Christ propose depuis la Pentecôte de devenir des fils et des
filles de Dieu, en reconnaissant l’identité de Celui qui parle ainsi au travers de son ange, et le
bien-fondé de ses paroles : ce sera alors la repentance, et elle sera entendue.
• Jn. 8:9 “Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres.”

L’exemple d’Israël, et l’histoire de l’Eglise, montrent hélas que la majorité des membres des
assemblées et du clergé ne conçoivent pas qu’ils sont concernés par ces mises en garde de
Jésus-Christ.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -251-
________________________________________________

Les vierges folles (Mt. 25:1-13) n’avaient jamais imaginé que la porte s’était déjà fermée derrière
l’Epoux. Elles avaient pourtant un peu frémi au cri d’avertissement au milieu de la nuit. Elles se croyaient
riches, car elles avaient des lampes orthodoxes, mais il manquait l’Huile, et ces vierges marchaient en
aveugles, au lieu de suivre celles qui avaient la seule vraie richesse : l’Huile.

Le froid spirituel a fermé les yeux, empêchant de discerner les messages de l’Esprit.
• Es. 59:10 “Nous tâtonnons comme des aveugles le long d’un mur, nous tâtonnons comme ceux qui n’ont
point d’yeux ; nous chancelons à midi comme de nuit, au milieu de l’abondance nous ressemblons à des
morts.”
• Os. 2:11 “C’est pourquoi je reprendrai mon blé en son temps et mon moût en sa saison, et j’enlèverai
ma laine et mon lin qui devait couvrir sa nudité.”
• Os. 7:9-10 (contre le peuple apostat) “(9) Des étrangers consument sa force, et il ne s'en doute pas ; la
vieillesse s'empare de lui, et il ne s'en doute pas. (10) L’orgueil d’Israël témoigne contre lui ; ils ne
reviennent pas à l’Eternel, leur Dieu, et ils ne le cherchent pas, malgré tout cela.”
• sq. 5:2-3 “(2) Aussi gémissons-nous dans cette tente, désirant revêtir notre domicile céleste, (3) si du
moins nous sommes trouvés vêtus et non pas nus.”
• Jn. 9:39 “(39) Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui voient deviennent
aveugles. (40) Quelques pharisiens qui étaient avec lui, ayant entendu ces paroles, lui dirent : Nous aussi,
sommes-nous aveugles ? (41) Jésus leur répondit : Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché.
Mais maintenant (alors que Jésus vient en vain d’essayer de leur ouvrir les yeux) vous dites : Nous voyons.
C’est pour cela que votre péché subsiste.”

3:18a. … je te conseille d'acheter de moi …


“Acheter”, c’est se procurer. Dans la parabole des dix vierges, les vierges sages ont conseillé
aux vierges folles d’“acheter” de l’Huile “chez ceux qui en vendent”, c’est-à-dire là où
l’Evangile de Jésus-Christ est annoncé (Mt. 25:9).
Pour cette Eglise malheureuse, misérable, pauvre, aveugle et nue, ce qui lui manque ne se
trouve qu’auprès de (gr. : “para”) Jésus-Christ (“moi”) qui vient d’appeler à la repentance.
Lui seul peut relever, nettoyer, guérir, vêtir. Lui seul offre les vraies richesses.
Une étiquette dénominationnelle, l’argent, les mortifications, les rituels humains ne sont que de la fausse
monnaie, de faux emplâtres, des haillons honteux.
• Eph. 3:8 “… cette grâce m’a été accordée d’annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de
Christ.”

Le seul prix requis est la repentance, un don du cœur, qui fait cesser l’adultère avec les
énergies du monde et détruit les illusions de l’ego (tout en préservant l’individualité).
• Es. 55:1 “Vous tous qui avez soif, venez aux Eaux, même celui qui n’a pas d’argent ! Venez, achetez et
mangez, venez, achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer !”
• Phil. 3:7-8 “(7) Ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause
de Christ. (8) Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la
connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout, et je les regarde comme de
la boue, afin de gagner Christ.”

Trois attributs doivent impérativement être “achetés” : de l’or, des vêtements, du collyre.

3:18b. … de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, …


Dans la Bible, l’“or” est le symbole solide de la Nature divine qui est Esprit. L’Huile en est
le symbole liquide. La couleur de ces deux matières rappelle celle de la Shékinah qui siégeait
entre les chérubins : elle est de couleur flamme ou ambrée (jaune orangé), ou émeraude (cf. Ap.
4:3 ; une très fine feuille d’or apparaît bleu-vert par transparence). Elle est apparue ainsi jusqu’à nos jours
à plusieurs enfants de Dieu (cf. la vision d’Ezéchiel 1:16,27).

b) Cet “or”, qui est l’Esprit de Christ, est d’une pureté parfaite garantie, car il a subi l’épreuve
“par (gr. : “ek”) le feu” durant son incarnation en Palestine. Satan n’a jamais pu trouver de faille
dans cet Esprit, et l’Agneau est resté sans taches jusqu’à son dernier souffle.
L’“Or éprouvé par le feu” peut être considéré comme l’un des Titres de Jésus-Christ.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -252-
________________________________________________

Tout croyant a besoin de cet “Or”, de cet Esprit qui n’est disponible que par l’union à Christ
(l’Onction ne vient que de l’Oint),
pour vaincre le monde, ses tentations, ses cruautés physiques et
psychologiques, pour porter les croix quotidiennes par attachement pour Christ.
Cet “Or” est la seule vraie richesse nécessaire à des âmes en ruines.
• Prov. 8:18-21 “(18) Avec moi (dit la Sagesse, autre Nom du Verbe) sont la richesse et la gloire, les
biens durables et la justice. (19) Mon fruit est meilleur que l’or, que l’or pur, et mon produit est préférable
à l’argent. (20) Je marche dans le chemin de la justice, au milieu des sentiers de la droiture, (21) pour
donner des biens à ceux qui m’aiment, et pour remplir leurs trésors.”
• Es. 55:2-3 “(2) Pourquoi pesez-vous de l’argent pour ce qui ne nourrit pas ? Pourquoi travaillez-vous
pour ce qui ne rassasie pas ? Ecoutez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, et votre âme se délectera
de mets succulents. (3) Prêtez l’oreille, et venez à moi, écoutez, et votre âme vivra : Je traiterai avec vous
une Alliance éternelle, pour rendre durables mes faveurs envers David.”

c) “Acheter de l’Or” c’est obtenir ce que la majorité de cette Eglise n’a jamais reçu : le Sceau
du Saint-Esprit, de l’Esprit de Christ. Seul l’Esprit de Celui qui est sorti vainqueur de l’épreuve
de Gethsémané peut rendre vainqueurs les chrétiens. Alors seulement ils “deviennent riches”
car ils vont alors commencer à grandir à la stature de Christ.
• 2 Cor. 8:9 “Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait
pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis.”
• Eph. 2:5-8 “(5) Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, (6) lequel, existant en forme
de Dieu, n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, (7) mais s'est dépouillé lui-
même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un
simple homme, (8) il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort
de la croix.”

Obtenir l’“Or” c’est avoir accès au Filon qui est en Jésus-Christ seul (on ne peut en faire des
réserves chez soi). C’est obtenir les deux autres attributs : “et le vêtement blanc … et le collyre”.

3:18c. … et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne
paraisse point, …
a) Ces “vêtements blancs” sont ceux mentionnés dans la Lettre à l’Eglise de Sardes (la 5e) :
• Ap. 3:4-5 “(4) Cependant, tu as à Sardes quelques hommes qui n'ont pas souillé leurs vêtements ; (et)
ils marcheront avec moi en vêtements blancs, parce qu'ils en sont dignes. (5) Celui qui vaincra sera ainsi
revêtu de vêtements blancs ; (et) je n'effacerai point son nom du livre de Vie; et je confesserai son nom
devant mon Père et devant ses anges.”

Ce “vêtement” (gr. : “himation”) désigne un long manteau, le pallium des Grecs et des Romains.
Il est mentionné 7 fois dans l’Apocalypse (Ap. 3:4, 3:5, 3:18, 4:4, 16:15, 19:13, 19:16).
Voir les commentaires d’Ap. 3:4-5.

b) Si l’or et l’huile, par leur couleur, symbolisent la Nature glorieuse de l’Esprit de Dieu,
l’argent, la fleur de farine, le fin lin, le lait, symbolisent par leur couleur blanche l’Attribut
de sainteté, de pureté, de justice parfaite de Dieu.
C’est la naissance d’En-haut, la naissance de l’Esprit (la réception de l’“Or”), qui revêtent le
croyant de la Justice parfaite de Dieu : le Trône de Dieu ne voit que cette blancheur lumineuse
de Christ quand un croyant tourne son âme vers le Lieu très saint.
• Ecc. 9:8 “Qu’en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l’huile ne manque point sur ta tête.”
• Ez. 44:15-17 (vision du Nouveau Temple) “(15) Les sacrificateurs, les Lévites, fils de Tsadok (les
croyants fidèles), qui ont fait le service de mon sanctuaire quand les enfants d’Israël s’égaraient loin de
moi, ceux-là s’approcheront de moi pour me servir, et se tiendront devant moi pour m’offrir la graisse et
le sang, dit le Seigneur, l’Eternel. (16) Ils entreront dans mon Sanctuaire, ils s’approcheront de ma table
pour me servir, ils seront à mon service. (17) Lorsqu’ils franchiront les portes du parvis intérieur, ils
revêtiront des habits de lin ; ils n’auront sur eux rien qui soit en laine (à cause de la sueur de l’homme
intérieur adamique), quand ils feront le service aux portes du parvis intérieur et dans la Maison.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -253-
________________________________________________

c) Ce “vêtement blanc” de justice voile “la honte de la nudité” attachée à la nature adamique
déchue et héréditaire de tout humain. C’est une allusion à la chute en Eden, et à l’action
rédemptrice de l’Eternel en faveur d’Adam et Eve :
• Gen. 3:21 “L'Éternel Dieu fit à Adam et à sa femme des habits de peau, et il les en revêtit.”
- Les vêtements en feuilles de figuier (Gen. 3:7) vite desséchées, conçues par l’homme pour cacher sa
honte, ne peuvent être acceptés par Dieu, même s’ils imitent les feuilles de l’Arbre de la Justice.
- C’est Dieu qui a appelé Adam et Eve (Gen. 3:9), c’est lui qui a pourvu au sacrifice d’un animal pur.
- C’est Dieu qui a enveloppé Adam et Eve dans ce vêtement annonçant prophétiquement le vêtement
de la Vie de l’Agneau qui envelopperait l’âme des élus (Gen. 3:21).
- Etre enveloppé dans la peau de l’Agneau, dans sa Vie, c’est être identifié à lui et devenir comme lui.
- Adam et Eve ont compris ce qui leur avait été fait (même s’ils ne savaient pas le détail des évènements
futurs en Palestine), et ils ont ainsi pu se réjouir devant Dieu et commencer à lui rendre un culte en
esprit et en vérité. Abel a reçu ce message de la bouche de ses parents et l’a appliqué (Gen. 4:4). Caïn
a préféré un feu étranger.

Si cette “nudité” est “honteuse” et méprisable, c’est qu’elle n’a pas été plongée dans le Sang
offert sur l’autel. Elle est le sceau du Serpent, et aucun vêtement religieux ne l’efface.

d) Ce “vêtement blanc” visible extérieurement sera un jour le reflet vivant et rayonnant de


la perfection intérieure du chrétien parvenu à destination.
• Col. 3:10,12,14 “(10) … ayant revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon
l’image de Celui qui l’a créé. - … - (12) Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-
vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. - … - (14) Mais par-dessus
toutes ces choses revêtez-vous de l’amour, qui est le lien de la perfection.”
• Ap. 4:4 (2e Fresque) “Autour du Trône je vis 24 trônes, et sur ces trônes 24 Anciens (image du peuple
des élus) assis, revêtus de vêtements blancs, et sur leurs têtes des couronnes d’or.”
• Ap. 19:8 (6e Fresque) “… le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints.”

3:18d. … et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies.


a) Si l’or symbolise la gloire de l’Esprit divin, si les vêtements blancs symbolisent sa sainteté,
le “collyre” symbolise sa vertu restauratrice de la vision spirituelle. Le “collyre” ouvre la
capacité à recevoir la révélation (l’Onction) véhiculée dans les Ecritures.
• Du temps des Romains existaient des collyres à base d’huile d’olive.
• “Oindre”, c’est faire pénétrer un principe actif contenu dans l’Huile et bénéfique au corps et à l’âme.

C’est ce “collyre” qui a ouvert l’esprit des disciples “afin qu’ils comprissent les Ecritures”
(Lc. 24:45).
L’Esprit de Christ est le “collyre”, le Baume de Galaad (Jér. 8:22, 46:11), les Eaux de
Siloé contre la cécité.
• Ps. 36:9 “Car auprès de toi est la Source de la Vie ; par ta Lumière nous voyons la Lumière.”

b) Les “yeux” ne sont que des fenêtres sous le contrôle de l’âme. C’est en fait l’âme qui
regarde et choisit ce qu’elle veut regarder. Encore faut-il que l’âme soit libérée de tout voile,
de tout ce qui déforme la vision, de tout verre pré-coloré et filtrant, etc.
Le “collyre” permet de voir les splendeurs de Christ et de son Royaume, inconnues de
l’homme naturel, même très religieux. Le “collyre” permet de voir le chemin à suivre et
d’éviter les pièges.
L’Apocalypse est un “collyre” (c’est pourquoi lire ce Livre est bénéfique, Ap. 1:3).
Paul, un religieux exceptionnel, a reçu ce “collyre” sur la route de Damas. Sa vie en a été
transformée ! Grâce au “collyre” l’Eglise de Laodicée pourrait découvrir son état réel et
chasser ses parasites.
• Ps. 13:4 “Regarde, réponds-moi, Eternel, mon Dieu ! Donne à mes yeux la clarté, afin que je ne
m’endorme pas du sommeil de la mort.”
• 1 Jn. 2:27 “Pour vous, l’Onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin
qu’on vous enseigne ; mais comme son Onction vous enseigne toutes choses, et qu’elle est véritable et
qu’elle n’est point un mensonge, demeurez en lui selon les enseignements qu’elle vous a donnés.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -254-
________________________________________________

3:19a. Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. …


a) “Reprendre” (gr. : “elegko”) c’est réprimander, blâmer, convaincre de faute (comme en Jn.
16:8 “Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement:”).
“Châtier” (gr. : “paideuo”) c’est instruire, former, éduquer, en châtiant si nécessaire (par les mots
et les circonstances), en particulier si la réprimande ne sert à rien.

Ici, le verbe “aimer” est la traduction du verbe grec “phileo”, alors que le verbe “agapao”
était utilisé pour exprimer l’amour de Christ envers les fidèles de Philadelphie.
L’amour-phileo exprimé ici n’est pas nécessairement justifié par des raisons objectives : de
même des parents aiment (“phileo”) leur enfant malgré ses éventuels graves défauts.

b) Ce verset expose donc la raison de la patience de Jésus-Christ envers les enfants


inconscients et enlaidis de l’Eglise de Laodicée, et dont il a fait un tableau si affligeant : il les
chérit, mais il ne ménagera aucun effort, même douloureux pour l’enfant, afin de le faire
progresser le plus possible durant son passage sur terre.
• Deut. 8:5 “Reconnais en ton cœur que l'Éternel, ton Dieu, te châtie comme un homme châtie son enfant
(en pensant au futur éternel).”
• Ps. 94:12 “Heureux l’homme que tu châties, ô Eternel ! et que tu instruis par ta Loi.”
• Prov. 3:11-12 “(11) Mon fils, ne méprise pas la correction de l’Eternel, et ne t’effraie point de ses
châtiments ; (12) car l’Eternel châtie celui qu’il aime, comme un père l’enfant qu’il chérit.” (id. Héb.
12:6).
• 1 Cor. 11:32 “Quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons
pas condamnés avec le monde.”
• Héb. 12:4-8 et 11 “(4) Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang, en luttant contre le péché. (5) Et
vous avez oublié l’exhortation qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne méprise pas le
châtiment du Seigneur, et ne perds pas courage lorsqu’il te reprend ; (6) car le Seigneur châtie ceux
qu’il aime, et il frappe du bâton tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils. (7) Supportez le châtiment : c’est
comme des fils que Dieu vous traite ; car quel est le fils qu’un père ne châtie pas ? (8) Mais si vous êtes
exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non des fils. … (11)
Il est vrai que tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse, et non de joie ; mais il produit plus tard
pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice.”

C’est parce que Christ sait que, dans cette Eglise, des vaincus peuvent encore se transformer
en vainqueurs, qu’il lance ces sévères appels à la repentance.
Si ce processus sévère n’est pas en action chez une âme se réclamant de Dieu, c’est peut-être qu’elle n’a
jamais été inscrite sur le Livre de Vie de l’Agneau, et que tout effort pour la faire grandir serait vain. Il ne
reste alors pour elle que le jugement ultime.

c) Cette sévérité de Jésus-Christ est donc une manifestation d’affection parfaite par son
bien-fondé, par le but recherché, par les moyens employés.
Cette sévérité du Berger est une garantie de sécurité pour les brebis élues.
• Ex. 33:19 “Je ferai passer devant toi toute ma bonté, et je proclamerai devant toi le Nom de l’Eternel ;
je fais grâce à qui je fais grâce (c’est sans regret), et miséricorde à qui je fais miséricorde.”
• Mt. 12:20 “Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra pas le lumignon qui fume.”

Il est difficile à l’homme de comprendre que la réprimande divine et que les épreuves
imposées par la discipline divine ont pour raison un amour que les élus sonderont durant
l’éternité.
• Deut. 30:4-7 “(4) Quand tu serais exilé à l'autre extrémité du ciel, l'Éternel, ton Dieu, te rassemblera
de là, et c'est là qu'il t'ira chercher. (5) L'Éternel, ton Dieu, te ramènera dans le pays que possédaient tes
pères, et tu le posséderas ; il te fera du bien, et te rendra plus nombreux que tes pères (cf. ce qui se produira
dans le monde au retour de Jésus-Christ). (6) L'Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta
postérité, et tu aimeras l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, afin que tu vives. (7)
L'Éternel, ton Dieu, fera tomber toutes ces malédictions sur tes ennemis (les démons), sur ceux qui t'auront
haï et persécuté.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -255-
________________________________________________

• Rom. 8:28 “Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de
ceux qui sont appelés selon son dessein.”
• 2 Cor. 4:17-18 “(17) Nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au delà de toute
mesure, (18) un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à
celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles.”

3:19b. … Aie donc du zèle, et repens-toi.


Ce qui doit (“donc”) motiver le “zèle”, c’est l’affection que le Fils de l’homme manifeste
envers les siens, même quand leur comportement l’afflige. Ce sera le “zèle” de la ferveur
retrouvée.

Celui qui exhorte ainsi les convertis de Laodicée à avoir du “zèle” (gr. : “zeleue”, de la racine
“zeo” = “bouillir”),
est Celui qui, non seulement a affronté la Mort pour eux, mais qui a accepté
d’endurer, durant son passage sur terre, toutes les souffrances infligées par le Serpent ancien
pour le dissuader d’accomplir parfaitement la volonté de Dieu.

Pour des âmes se réclamant du Nom de Dieu, la seule réponse possible à un tel appel venant
d’un tel Sauveur, a toujours été, depuis la chute en Eden, l’élan de la repentance.
• Ap. 3:3 (Lettre à l’Eglise de Sardes) “Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu la parole, garde-
la et repens-toi. …”
• Act. 5:31 “Dieu l’a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance
(c’est-à-dire l’occasion de se repentir) et le pardon des péchés.”

Toutes les exhortations contenues dans les 7 Lettres peuvent se résumer comme suit :
• Amos 4:12 “Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu.”

3:20a. Voici, je me tiens à (gr. : “epi”) la porte, et je frappe.


a) Cette “porte” est celle de l’Eglise qui est dans Laodicée, et donc de chacune des âmes se
réclamant de cette Eglise. Il frappe à une porte qui a été autrefois entrouverte. Celui qui est
derrière la porte est devenu non seulement aveugle, mais sourd.
C’est devant des portes refermées que l’Esprit de Christ se “tient” et patiente depuis deux
mille ans, appelant et attendant sans relâche les retardataires.
• Ce n’est pas l’évangélisation des âmes perdues qui est en cause ici, mais la préparation de ceux qui se
disent déjà membres de l’Eglise, en vue du rendez-vous final avec le Roi.
• Jésus est la Porte qui frappe aux portes, mais celles-ci sont fermées de l’intérieur par le verrou de la
nonchalance, du sommeil. Mais les morts ne voudront jamais entendre celui qui frappe.

b) Ces mots sont une allusion à un tableau du Cantique des cantiques, où le personnage
féminin central est une image d’Israël et, par extension, de l’Eglise.
• Cant. 5:2-6 “(2) J'étais endormie, mais mon cœur veillait (la suite relate peut-être un songe prophétique
de mise en garde) ... C'est la voix de mon bien-aimé, qui frappe : Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma
colombe, ma parfaite ! Car ma tête est couverte de rosée, mes boucles sont pleines des gouttes de la nuit.
(3) J'ai ôté ma tunique ; comment la remettrais-je ? J'ai lavé mes pieds ; comment les salirais-je ? (4)
Mon bien-aimé a passé la main par la fenêtre, et mes entrailles se sont émues pour lui. (5) Je me suis levée
pour ouvrir à mon bien-aimé ; et de mes mains a dégoutté la myrrhe, de mes doigts, la myrrhe répandue
sur la poignée du verrou. (6) J'ai ouvert à mon bien-aimé ; mais mon bien-aimé s'en était allé, il avait
disparu. J'étais hors de moi, quand il me parlait. Je l'ai cherché, et je ne l'ai point trouvé ; je l'ai appelé,
et il ne m'a point répondu.”

L’Esprit de Christ patiente à cause des quelques élus encore présents dans cette Eglise, même
si certains sont pitoyables, aveugles et nus (cf. 2 Tim. 2:10). Pour Jésus-Christ, les élus, même
“endormis”, sont “sa sœur, son amie, sa colombe, sa parfaite”.

Il vient car c’est l’heure du mariage, et il veut que l’Epouse connue d’avance soit prête. Il est
Celui qui vient “bientôt”, à l’improviste (cf. Ap. 3:11).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -256-
________________________________________________

• Lc. 12:35-38 “(35) Que vos reins soient ceints, et vos lampes allumées. (36) Et vous, soyez semblables
à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin de lui ouvrir dès qu’il arrivera et
frappera. (37) Heureux ces serviteurs que le Maître, à son arrivée, trouvera veillant ! Je vous le dis en
vérité, il se ceindra, les fera mettre à table, et s’approchera pour les servir. (38) Qu'il arrive à la deuxième
ou à la troisième veille, heureux ces serviteurs, s'il les trouve veillant !”
• Ap. 19:9 “Un ange me dit : Ecris ! Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l’Agneau !”

Seuls les élus ont une âme qui “veille” et sont capables d’entendre la “voix” qui appelle à la
repentance.
• Mais une grande partie de l’Eglise n’est pas prête, et trouve même des excuses pour ne pas accueillir
l’Epoux dont elle sait chanter le Nom. Elle a abandonné sa robe de justice qui devait être sa robe
d’Epouse, et elle a peur de salir sa réputation en suivant le chemin de l’opprobre, en suivant un berger.
• Le “Bien-aimé” cherche à lui ouvrir les yeux en passant par la “fenêtre” sa “main” ointe du collyre de
sa mort et de sa résurrection. Il en porte encore les signes : les “gouttes de la nuit”.
• Quand, au matin, elle ouvre enfin la porte, c’est trop tard, comme ce fut trop tard pour le faux Israël. Il
ne reste pour elle qu’une onction d’amertume et l’errance, la “myrrhe”. Cette Eglise est condamnée par
le message même qui devait la glorifier.
• Les vierges folles ont découvert trop tard qu’elles avaient manqué le rendez-vous avec l’Epoux parce
qu’elles n’avaient jamais été prêtes.

c) Il “frappe” avec sa voix et avec sa main, c’est-à-dire par la prédication des Ecritures, par
les actes de l’Esprit, par les évènements de l’existence, par l’action intérieure de l’Esprit. Mais
il ne défonce pas la porte. Il touche le “verrou” par l’onction de Gethsémané. Seuls quelques-
uns dans l’Eglise de Laodicée n’ont pas eu peur de salir leur réputation avec cette Onction.
• Jn. 1:11 “Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue.”

Il attend dehors, à la porte de l’Eglise qui parle de lui, car il ne peut plus entrer. La maison
est occupée par la mondanité et le cléricalisme, par les Nicolaïtes, par Balaam et les filles de
Moab, par Jézabel, par le sommeil.
L’invitation adressée à Jésus par le pharisien Simon était fallacieuse, même si le pharisien lui a fait apporter
à manger, et seule une prostituée, une retardataire en Israël, a vraiment ouvert la porte au Messie (Lc.
7:36-50). C’est à elle seule que Jésus a pu dire : “Tes péchés sont pardonnés”. Le pharisien Simon n’a
jamais su qu’il avait préparé un festin pour le bien de cette seule prostituée !
• Lc. 19:5-6 “(5) Lorsque Jésus fut arrivé à cet endroit, il leva les yeux et lui dit : Zachée (un autre
retardataire en Israël), hâte-toi de descendre ; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison.
(6) Zachée se hâta de descendre, et le reçut avec joie.”

3:20b. … Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, et je souperai
avec lui, et lui avec moi.
a) “Entendre”, c’est avoir l’oreille bien disposée quand la Vérité est manifestée.
“Ouvrir la porte” qui était fermée et se croyait ouverte, c’est se repentir pour s’abandonner
à nouveau à l’Esprit de Christ.
C’est redevenir une partie active de la Porte ointe de la Vie du Sang, et poursuivre l’Exode
vers la Promesse céleste. Les Hébreux transportaient la Porte, l’Onction avec eux !
• Ex. 12:7,10-11“(7) On prendra de son sang, et on en mettra sur les deux poteaux et sur le linteau de la
porte des maisons où on le mangera. - … - (10) Vous n'en laisserez rien jusqu'au matin ; et, s'il en reste
quelque chose le matin, vous le brûlerez au feu. (11) Quand vous le mangerez, vous aurez vos reins ceints,
vos souliers aux pieds, et votre bâton à la main ; et vous le mangerez à la hâte. C'est la Pâque de l'Éternel.”

b) Si la porte s’ouvre, le Soleil “entre”.


Christ reprend possession d’une âme par une nouvelle circulation de l’Esprit Saint.
C’est la promesse d’une communion intime renouvelée (“moi avec lui … lui avec moi”) autour
des fruits du même Arbre de Vie.
C’est la promesse de participer au repas de fête réservé aux sacrificateurs dans le Lieu saint
autour du Verbe.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -257-
________________________________________________

• Lév. 10:13 “Vous mangerez (ce qui reste de l’offrande) dans un lieu saint ; c’est ton droit et le droit de
tes fils sur les offrandes consumées par le feu devant l’Eternel ; car c’est là ce qui m’a été ordonné.”
• Jn. 6:56 “Celui qui mange ma Chair et qui boit mon Sang demeure en moi, et je demeure en lui.”
• Jn. 6:57 “Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange
vivra par moi.”
• Jn. 14:23 “Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et
nous ferons notre demeure chez lui.”

La seconde venue de Christ sera accompagnée de la pleine manifestation des fils et des filles
de Dieu au bénéfice de l’effusion en plénitude de l’Onction de Christ.
• Lc. 22:16,18, 29-30 “(16) Je vous le dis, je ne la mangerai plus (la Pâque), jusqu’à ce qu’elle soit
accomplie dans le Royaume de Dieu. - … - (18) Je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu’à
ce que le Royaume de Dieu soit venu. - … - (29) Je dispose du Royaume en votre faveur, comme mon Père
en a disposé en ma faveur, (30) afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon Royaume, et que
vous soyez assis sur des trônes, pour juger les douze tribus d’Israël.”
• Ap. 19:9 (fin de la 6e Fresque) “Et l’ange me dit : Ecris : Heureux ceux qui sont appelés au festin des
noces de l'Agneau ! Et il me dit : Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu.”

3:21a. Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, …
a) Celui qui sera au bénéfice de cette promesse aussi extraordinaire que les précédentes, c’est
“celui-là même” qui est “vainquant” (gr. : “nikao” ; cf. note 2:7 ; mot utilisé 17 fois en Ap. 2:7,11,17,26
; 3:5,12,21 bis ; 5:5 ; 6:2 bis ; 11:7 ; 12:11 ; 13:7 ; 15:2 ; 17:14 ; 21:7), c’est-à-dire qui est né de l’Esprit,
et qui s’applique le collyre des Ecritures ointes par l’Esprit.
Il y a donc des vainqueurs même dans une Eglise aussi apostate que celle de Laodicée, et
cela grâce à la fidélité et à la patience de l’Esprit de Christ.
• Ps. 113:7-8 “(7) De la poussière il retire le pauvre, du fumier il relève l’indigent, (8) pour les faire
asseoir avec les grands, avec les grands de son peuple.”

b) Cette promesse est un encouragement pour tous les croyants de tous les siècles : “Prépare-
toi à accueillir le Christ et à faire partie du Trône”, à être “assis”, non pas seul, mais “avec
Christ” (et donc avec tous les vainqueurs), non pas n’importe où, mais sur, ou plutôt “dans (gr. “en”)
le Trône”, pas n’importe lequel, mais celui de Christ (“mon”) !

Dans ces Lettres qui exaltent la fonction de sacrificateur dévolue aux élus, le “Trône” fait
allusion à la partie du Lieu très saint située au-dessus du propitiatoire, le lieu d’où la Nuée, la
Présence divine, communiquait avec les hommes et contrôlait la Terre promise.
• Nb. 7:89 “Lorsque Moïse entrait dans la tente d'assignation (= tente de la Rencontre) pour parler avec
l'Éternel, il entendait la voix qui lui parlait du haut du propitiatoire placé sur l'arche du témoignage, entre
les deux chérubins. Et il parlait avec l'Éternel.”
• Ez. 43:7 (vision du temple nouveau, image du Corps de Christ) “Il me dit : Fils de l'homme, c'est ici le
lieu de mon Trône, le lieu où je poserai la plante de mes pieds ; j'y habiterai éternellement au milieu des
enfants d'Israël. La maison d'Israël et ses rois (les saints de Dieu) ne souilleront plus mon saint Nom par
leurs prostitutions et par les cadavres de leurs rois sur leurs hauts lieux (des lieux d’idolâtrie).”
• 2 Sam. 6:2 “Et David, avec tout le peuple qui était auprès de lui, se mit en marche depuis Baalé Juda,
pour faire monter de là l'arche de Dieu, devant laquelle est invoqué le Nom de l'Éternel des armées qui
réside entre les chérubins au-dessus de l'arche.”
La présence au milieu des 12 tribus de ce “trône” matériel, mais honoré par la
présence de la Nuée, préfigurait l’accomplissement de cette promesse.

c) Le “Trône” désigne le centre de l’autorité suprême dans le Royaume : le “Trône” est la


Personne même de Jésus-Christ revêtu par le Père des Attributs de la Prêtrise et de la
Domination.
• 1 Chr. 17:12 “Ce sera lui (un descendant de David) qui me bâtira une maison, et j’affermirai pour
toujours son Trône.”
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -258-
________________________________________________

• Dan. 7:14 “On donna (à quelqu’un semblable à un Fils de l’homme) la domination, la gloire et le
règne ; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une
domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit.”
• Zac. 6:13 “(L’Homme dont le nom est Germe) bâtira le Temple de l’Eternel ; il portera les insignes de
la majesté ; il s’assiéra et dominera sur son Trône, il sera Sacrificateur sur son Trône, et une parfaite
union régnera entre l’un et l’autre (un même Esprit assurera les deux Fonctions).”
• Mt. 28:18 “Tout pouvoir m’a été donné dans le Ciel et sur la terre.”
• Eph. 1:20-22 “(20) (Dieu a déployé sa puissance) en Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant
asseoir à sa droite dans les Lieux célestes, (21) au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute
puissance, de toute dignité, et de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais
encore dans le siècle à venir. (22) Il a tout mis sous ses pieds, et il l'a donné pour chef suprême à l'Église.”
• Héb. 1:3 “(Le Fils) s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les Lieux très hauts.”
• Héb. 8:1-2 “(1) … nous avons un tel Souverain sacrificateur, qui s’est assis à la droite de la Majesté
divine dans les cieux, (2) comme Ministre du Sanctuaire et du véritable Tabernacle, qui a été dressé par
le Seigneur et non par un homme.”

Etre “assis dans ce Trône”, c’est avoir été placé par Jésus-Christ en lui-même, dans une
union organique avec l’Esprit (en étant un avec lui, comme il est un avec le Père, et sans dissoudre les
individualités ; cf. Jn. 17:22).
Le “Trône de Christ” représente l’état de gloire dont jouiront les élus en Christ au retour de
ce dernier comme Roi sur une terre autrefois dérobée par Satan.
• Ap. 1:6 (Prologue) “(Il) a fait de nous un royaume, des sacrificateurs, pour Dieu son Père.”
• Ap. 22:5 (7e Fresque) “… ils régneront aux siècles des siècles.”
• Ex. 19:6 “Vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte.”
• Job 36:7 “(Dieu) ne détourne pas les yeux de dessus les justes, il les place sur le Trône avec les rois, il
les y fait asseoir pour toujours, afin qu’ils soient élevés.”
• Es. 61:6 “Mais vous, on vous appellera sacrificateurs de l’Eternel, on vous nommera serviteurs de notre
Dieu ; vous mangerez les richesses des nations, et vous vous glorifierez de leur gloire.”
• Mt. 19:28 “Je vous le dis en vérité, quand le Fils de l’homme, au renouvellement de toutes choses, sera
assis sur le Trône de sa gloire, vous qui m’avez suivi, vous serez de même assis sur douze trônes, et vous
jugerez les douze tribus d’Israël.”
• Mt. 20:23 “… pour ce qui est d’être assis à ma droite et à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne
sera donné qu’à ceux à qui mon Père l’a réservé.”
• Jn. 17:22 “Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes
un.”
• Jn. 17:24 “Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils
voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.”

d) Seuls ceux qui se seront jugés eux-mêmes et auront appliqué le collyre sur leurs propres
yeux, pourront juger le monde (1 Cor . 6:2 “Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ?”).
• 2 Tim. 2:12 “Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, lui aussi nous
reniera.”

Remarques :
• La symbolique biblique n’est pas figée. Jésus est le Temple, mais chaque âme unie à son Corps est un
temple : le Temple est comme formé de plusieurs temples. De même, il y a un “Trône” unique qui est
Jésus lui-même, mais tous les élus qui participent de sa Vie sont autant de “trônes” (cf. Ap. 20:4 “Et je
vis des trônes ; et à ceux qui s’y assirent fut donné le pouvoir de juger”).
• Dans la Fresque suivante, ces “trônes” innombrables sont au nombre symbolique de 24, en référence
au peuple des 12 tribus (Ap. 4:4). Ils sont décrits disposés autour du Trône et non plus dedans, pour
mieux montrer que les membres du Corps sont dépendants de la Tête et la représentent.
• L’Agneau est lui-même décrit comme se tenant dans le “Trône” du Père (Ap. 4:2-3; 5:5-6).

3:21b. … comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son Trône.
a) L’ennemi que Jésus-Homme “a vaincu” est l’ensemble des dynamiques destructrices et
impures mobilisées par Satan pour anéantir le plan divin en faveur des hommes et de leur
sphère d’activité.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -259-
________________________________________________

En Christ habitait corporellement la plénitude de la divinité (Col. 2:9), c’est-à-dire de l’Esprit :


le Père avait donc fait dépendre son propre honneur de la victoire du Fils ! En retour, ce
dernier a pu “s’asseoir avec son Père”, et sur le même “Trône”.
• Jn. 16:33 “Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.”
• Ps. 110:1 “Parole de l’Eternel à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes
ennemis ton marchepied.”
• 1 Cor. 15:27 “Dieu a tout mis sous ses pieds …”
• Phil. 2:9-11 “(9) Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom,
(10) afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, (11) et que
toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.”
C’est par l’Esprit du Fils que les élus, nés du même Esprit (c’est le Signe, la preuve de la victoire),
sont rendus participants de l’ascension du Fils.

b) Le “Trône du Père” sur (gr. : “en” = “dans”) lequel le Fils de l’homme s’est assis, représente
la puissance et l’autorité suprêmes de Dieu, car ce Trône est le Père Lui-même. Il est encore
impossible aux hommes de concevoir la Réalité désignée par ces expressions et par ce verset.
1 Cor. 15:24-28 “(24) Ensuite viendra la fin, quand il remettra le Royaume à Celui qui est Dieu et Père,
après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance. (25) Car il faut qu'il règne jusqu'à
ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds. (26) Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort. (27)
Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu'il dit que tout lui a été soumis, il est évident que Celui
qui lui a soumis toutes choses est excepté. (28) Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le
Fils lui-même sera soumis à Celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.”

C’est à l’ange de la dernière des 7 Eglises qu’est communiquée cette promesse


inconcevable !

3:22. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises.
a) Sur cette formule proverbiale, répétée en conclusion de chacune des Lettres aux 7 Eglises
d’Asie (Ap. 2:7, 2:11, 2:17, 2:29, 3:6, 3:13, 3:22), et prononcée par Jésus dans 3 Evangiles (Mt. 11:15,
13:9 ; Mc. 4:9,23, 7:16 ; Lc. 8:8; 14:35), voir les commentaires d’Ap. 2:7.
• Ez. 3:27 “Quand je te parlerai, j’ouvrirai la bouche, pour que tu leur dises : Ainsi parle le Seigneur,
l’Eternel. Que celui qui voudra écouter écoute, et que celui qui ne voudra pas n’écoute pas, car c’est une
famille de rebelles.”

b) L’ange envoyé à l’Eglise communique le message qu’il a entendu, et il appartient à


chaque membre (“celui qui”) de toutes (“AUX”) les Eglises (en tous lieux et à toutes les époques), de
l’assimiler et le mettre en pratique.
• Es. 48:15-16 “(15) Moi, moi, j’ai parlé, et je l’ai appelé (celui que l’Eternel aime) ; je l’ai fait venir, et
son œuvre réussira. (16) Approchez-vous de moi, et écoutez ! Dès le commencement, je n’ai point parlé
en cachette, dès l’origine de ces choses, j’ai été là. Et maintenant, le Seigneur, l’Eternel, m’a envoyé avec
son Esprit.”
• Es. 42:23 “Qui parmi vous prêtera l’oreille à ces choses (au péché dénoncé et au châtiment annoncé
d’Israël) ? Qui voudra s’y rendre attentif et écouter à l’avenir ?”
• Ez. 3:10 “Il me dit : Fils de l’homme, reçois dans ton cœur et écoute de tes oreilles toutes les paroles
que je te dirai !”

L’Epouse de Christ est constamment exhortée à prendre conscience, dès ici-bas, de sa


dignité, de ses privilèges, et, dans la même mesure, de ses devoirs envers son Epoux.
• Eph. 4:1 “Marchez d’une manière digne de l’appel qui vous a été adressé.”

c) Il a été précédemment souligné que des effets de symétrie apparaissent dans la Fresque
des Lettres aux 7 Eglises, où celle de Thyatire (la 4e) occupe la position médiane.
Les éléments de symétrie peuvent ainsi être observés entre la Lettre à l’Eglise d’Ephèse (la
1ère) et la Lettre à l’Eglise de Laodicée (la 7e) (de même qu’entre la 2e et la 6e, et qu’entre la 3e et la 5e) :
• L’Eglise d’Ephèse (la 1ère) avait perdu sa ferveur première (Ap. 2:4), et de même l’état de dénuement
et de cécité de l’Eglise de Laodicée (la 7e) est la conséquence de sa tiédeur (Ap. 3:15-17).
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -260-
________________________________________________

• Les deux Eglises sont pareillement appelées à la repentance (Ap. 2:5 et 3:19).
• L’Eglise d’Ephèse (la 1ère) risquait de voir son chandelier ôté de sa position privilégiée (Ap. 2:5), et
l’Eglise de Laodicée (la 7e) risque pareillement d’être vomie de la bouche du Rédempteur (Ap. 3:16).
• Les vainqueurs de l’Eglise d’Ephèse (la 1ère) héritaient de l’accès à l’Arbre de Vie et à ses fruits (Ap.
2:7), et les vainqueurs de l’Eglise de Laodicée (la 7e) participent de même au repas céleste (Ap. 3:20).

Rappelons que les trois premières Lettres (aux Eglises d’Ephèse, de Smyrne et de Pergame) décrivaient la
progression de l’apostasie qui culminait dans la quatrième Lettre (adressée à l’Eglise de Thyatire).
Les trois dernières Lettres (aux Eglises de Sardes, de Philadelphie, de Laodicée) se focalisent davantage sur
l’humilité des élus contrastant avec la gloire terrestre trompeuse de l’Eglise apostate.

d) Les 7 Lettres aux 7 Eglises s’adressent à chaque chrétien de tous les siècles.
Elles avertissent des dangers qui guettent chacun d’eux, par exemple :
la perte de la ferveur initiale (2:4, 3:3), l’influence du nicolaïsme clérical (2:6, 2:15), l’influence idolâtre
des séductions du monde et l’adultère spirituel (2:14, 2:20), la complicité avec les faux prophètes (2:20,22),
l’endurcissement (2:21), le laxisme impur (3:2), la religiosité des apparences (3:1), la tiédeur (3:15),
l’aveuglement sur son propre état (3:15), l’absence de vie spirituelle (3:15).

Elles énoncent (directement ou a contrario) les vertus devant caractériser un chrétien, par exemple :
le rejet de la méchanceté (2:2), le refus des enseignants mensongers (2:2), l’endurance dans l’épreuve (2:3),
la persévérance (2:2), le refus du cléricalisme usurpateur (2:6), la confiance humble durant la tribulation
(2:9), la fidélité (2:13, 3:8, 3:10), l’amour (2:19), la foi (2:19), le service fidèle (2:19), la constance (2:19),
la progression (2:19), la pureté (3:4), l’humilité dans l’action (3:8), la vigilance (3:11), la capacité à apporter
fraîcheur ou chaleur (3:17), la présence active de l’Esprit (3:17).

Cette liste n’est pas un étalage de vertus dans la vitrine d’un magasin où, pour se rassurer,
chacun choisit celles qui selon lui correspondent à ses qualités naturelles. Paul voulait que
toutes ces vertus soient en lui et en chacun de ses frères et sœurs.
• Prov. 16:2 “Toutes les voies de l'homme sont pures à ses yeux ; mais celui qui pèse les esprits, c'est
l'Éternel.”

Les promesses suivantes faites aux vainqueurs de chaque Eglise appartiennent également à
chaque enfant de Dieu :
l’accès à l’Arbre de Vie (2:7), la couronne de Vie (2:10), la Vie éternelle (2:11), l’accès à la Manne cachée
(2:17), un nom nouveau sur le caillou blanc (2:17), l’autorité sur les Nations (2:26), l’Etoile du matin (2:28),
le pouvoir d’accompagner en vêtements blancs Jésus-Christ là où il va (3:5), la présence à toujours dans le
Livre de Vie (3:5), une porte toujours ouverte vers le Trône (3:8), le sauvetage d’ennemis (3:9), la victoire
dans l’épreuve (3:10), une position de sacrificateur et de colonne dans le Lieu très saint (3:12), la filiation
divine (3:12), la citoyenneté dans la Jérusalem céleste (3:12), l’union avec Jésus-Christ (3:12), la
communion avec lui (3:20), la participation au Trône de Christ (3:21).

C’est aussitôt après la sortie d’Egypte que l’Eternel a écrit les Dix commandements pour son Peuple. C’est
de même dès la 1ère Fresque de l’Apocalypse que l’Esprit a dicté ces lois de Christ pour l’Eglise.

e) En filigrane des 7 Lettres, se devine la tristesse de Celui, qui, une fois de plus, constate que
les hommes ne répondent pas à sa passion pour eux, et, une fois de plus, il pleure sur Jérusalem.
Depuis le début du cycle, des fils et des filles de Dieu ont été conscients du triste état de
l’Eglise en leur temps. Aujourd’hui, depuis plus d’un siècle, plusieurs voix réclament une
réforme de l’Eglise, ou même prophétisent qu’elle va être effectivement réformée par ne action
ultime de l’Esprit de Christ.

Dans les pays de langue anglaise d’où ces voix se sont les premières exprimées, le mot anglais
“Reform” (qui s’appliquait autrefois au mouvement dit de la Réforme protestante en Europe), est peut-être
devenu un piège par les illusions qu’il suscite.
• Dieu ne réforme jamais une Eglise nicolaïte : il la laisse de côté, et va de l’avant avec quelques rescapés.
Il ne réforme pas Babylone, mais il aide ses élus à en sortir à temps.
“Apocalypse : 7 Fresques parallèles et symboliques ” par D.C. -261-
________________________________________________

• Vouloir réformer Babylone, c’est caresser un cadavre. Une Eglise ainsi réformée résulte en fait d’une
contre-réforme dirigée de l’intérieur par des hommes non mandatés, et contre l’action du Saint-Esprit !
Dieu ne réforme pas, il baptise du Saint-Esprit des individus, et crée toutes choses nouvelles.
L’émergence du mouvement charismatique dans l’Eglise romaine est devenue une contre-réforme de plus.
• A la fin du cycle d’Israël, l’Eternel n’a pas réformé le sanhédrin. Il a envoyé un prophète qui a été méprisé,
et scellé un petit peuple nouveau dans la Chambre haute. Il en ira sans doute de même à la fin du cycle de
l’Eglise issue des Nations.

Les premiers Protestants n’ont rien réformé, ils ont été transformés. Dès que l’on a pu parler
d’Eglise réformée officielle, c’est que la métamorphose initiée par l’Esprit était en voie de
sclérose, et que les nicolaïtes avaient à nouveau pris le dessus.
Lors du réveil d’Azusa Street (19o6), les frères Seymour et Frank Bartleman étaient des
instruments anti-nicolaïtes entre les mains du Saint-Esprit qui a fait souffler un vent de
Pentecôte. Dès que les nicolaïtes dénominationnels sont intervenus, l’Esprit s’est retiré, mais
les nouvelles dénominations ainsi semées ont apparemment prospéré !
Le réveil dit “de Joas’ dans le royaume de Juda, qui débuta avec l’élimination de la fille de
Jézabel, était en fait le fruit de l’Esprit qui animait les deux protecteurs de Joas enfant : le
souverain sacrificateur Jéhojada et sa femme. Mais, dès la mort de ces derniers, Joas alla jusqu’à
tuer le fils de ceux qui l’avaient protégé (2 Chr. 24:17-22) : l’esprit du monde construit son
royaume terrestre en éliminant les porteurs de l’Esprit.
• Deut. 31:16-17,20-21,27,29 “(16) L'Éternel dit à Moïse : Voici, tu vas être couché avec tes pères. Et ce
peuple se lèvera, et se prostituera après les dieux étrangers du pays au milieu duquel il entre. Il
m'abandonnera, et il violera mon Alliance, que j'ai traitée avec lui. (17) En ce jour-là, ma colère
s'enflammera contre lui. Je les abandonnerai, et je leur cacherai ma face. Il sera dévoré, il sera la proie
d'une multitude de maux et d'afflictions, et alors il dira : N'est-ce point parce que mon Dieu n'est pas au
milieu de moi que ces maux m'ont atteint ? - … - (20) Car je mènerai ce peuple dans le pays que j'ai juré à
ses pères de lui donner, pays où coulent le lait et le miel ; il mangera, se rassasiera, s'engraissera ; puis il
se tournera vers d'autres dieux et les servira, il me méprisera et violera mon Alliance ; (21) quand alors il
sera atteint par une multitude de maux et d'afflictions, ce cantique, qui ne sera point oublié et que la
postérité aura dans la bouche, déposera comme témoin contre ce peuple. Je connais, en effet, ses
dispositions, qui déjà se manifestent aujourd'hui, avant même que je l'aie fait entrer dans le pays que j'ai
juré de lui donner. - … - (27) Car je connais ton esprit de rébellion et la roideur de ton cou. Si vous êtes
rebelles contre l'Éternel pendant que je suis encore vivant au milieu de vous, combien plus le serez-vous
après ma mort ! - … - (29) Car je sais qu'après ma mort vous vous corromprez, et que vous vous
détournerez de la voie que je vous ai prescrite ; et le malheur finira par vous atteindre, quand vous ferez
ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, au point de l'irriter par l'œuvre de vos mains.”
• Deut. 32:15,18 “(15) Israël est devenu gras, et il a regimbé ; tu es devenu gras, épais et replet ! Et il a
abandonné Dieu, son Créateur, il a méprisé le Rocher de son salut, - … - (18) Tu as abandonné le Rocher
qui t'a fait naître, et tu as oublié le Dieu qui t'a engendré.”

____________

Vous aimerez peut-être aussi