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La Renaissance Cours S1 Janvier Suite

La Renaissance, période marquée par un renouveau culturel en Europe aux XVe et XVIe siècles, a vu des transformations majeures dans la littérature, les arts, les sciences et la religion, notamment avec la Réforme protestante initiée par Martin Luther. Ce mouvement a été caractérisé par un retour à l'Antiquité gréco-latine, une critique du Moyen Âge et une redéfinition des valeurs humaines et chrétiennes. L'imprimerie a joué un rôle crucial dans la diffusion de ces idées, facilitant l'émergence de l'humanisme et des réformes religieuses qui ont profondément modifié le paysage culturel et religieux de l'époque.

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La Renaissance Cours S1 Janvier Suite

La Renaissance, période marquée par un renouveau culturel en Europe aux XVe et XVIe siècles, a vu des transformations majeures dans la littérature, les arts, les sciences et la religion, notamment avec la Réforme protestante initiée par Martin Luther. Ce mouvement a été caractérisé par un retour à l'Antiquité gréco-latine, une critique du Moyen Âge et une redéfinition des valeurs humaines et chrétiennes. L'imprimerie a joué un rôle crucial dans la diffusion de ces idées, facilitant l'émergence de l'humanisme et des réformes religieuses qui ont profondément modifié le paysage culturel et religieux de l'époque.

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Université Chouaib Doukkali Filière Etudes françaises

Faculté des Lettres Histoire des idées S 1// G 1


El Jadida Cours de M. A. JABER

Support
cours d’Histoire des idées Moyen âge-XVII è S.

LA RENAISSANCE

La Renaissance est une période de l'Histoire de l'Europe. Elle


correspond aux XVe et XVIe siècles. Elle s'accompagne d'un renouveau
dans la littérature, les arts, les sciences, les échanges culturels et des
bouleversements religieux avec Martin Luther qui est l’un des plus grands
réformateurs de l’Eglise c’est-à-dire que Luther est contre les abus des
fidèles et l’assemblé ecclésiastique.
Elle est une grande période de rénovation culturelle qui s’est
produite dans l’Europe des XV e et XVI e siècles, dans les domaines des
idées, de la littérature, des arts et des sciences, d’une part, mais, bien sûr,
aussi dans ceux de l’économie et du social, et créa une onde de choc dans
les sphères du religieux et du politique. En amont ou en aval de ce
mouvement culturel figurent les Grandes découvertes, les guerres d’Italie,
l’invention de l’imprimerie typographique, la réforme protestante, à
laquelle fait écho la réforme catholique, les guerres de Religion, la
naissance de l’archéologie, de l’humanisme et la redécouverte de la
culture gréco-romaine, la découverte de la perspective dans les arts
plastiques et la préfiguration de l’architecture et de l’urbanisme
modernes, l’émergence de la bourgeoisie, classe de marchands et de
banquiers et la naissance du capitalisme.
Les hommes de cette époque ont eu conscience des changements
qu'ils vivaient, ils ont combattu pour les freiner ou les imposer. C'est une
époque de passions et de luttes (souvent âpres, parfois sanglantes), et ce
sont les contemporains eux-mêmes qui ont forgé, pour des raisons
polémiques, l'idée d'un renouvellement complet de la culture. En même
temps, la "Renaissance" reste marquée par une vision religieuse et par des
conceptions magiques: la théorie des correspondances entre macrocosme
(l'univers) et microcosme (l'homme) est acceptée par tous, l'alchimie est
tenue pour une science, le surnaturel habite encore le monde: on
exorcisera des démons et on brûlera des sorcières jusque tard dans le
XVIIe siècle.
Parmi les grandes figures politiques de cette période on trouve entre autre
l’empereur romain germanique Charles Quint et le roi de France François
1er. Si le Quattrocento italien est le berceau et le premier centre de ce
renouveau culturel, qui va se propager progressivement en tâche d’huile
dans toute l’Europe, le XYI e siècle sera celui de l’Espagne, qui
l’évoquera dorénavant comme son siècle d’or.

Les caractéristiques de l'humanisme:

La rupture avec le Moyen Âge


Beaucoup d’humanistes, stigmatisent le Moyen Age comme une époque
d’ignorance et d’obscurité. On refuse généralement l’héritage des
précédentes générations : par exemple, les poètes n’écrivent plus des
ballades, ce genre poétique est abandonné au profit du nouveau poème à
forme fixe issu de la Renaissance italienne : le sonnet.

Le retour à l’Antiquité gréco-latine

L’Antiquité est sont la référence des humanistes. Du Bellay crée demande


aux érudits et aux artistes d’être « nourris » de culture antique au point de
penser, de s’exprimer, et de créer, à travers les schémas de cette culture.
Socrate, Platon, Aristote, et la conception de « l’homme animal raison-
nable » font dorénavant autorité ; la foi en la raison et en l’intelligence
humaines se développe, ainsi que l’importance de la connaissance.

La permanence du christianisme
La rupture avec le Moyen Âge n’est pas totale. La foi chrétienne demeure
vivace, même si on voit poindre les prémisses du scepticisme, avec
Montaigne en particulier. Cette culture ambivalente, gréco-
latine/chrétienne, se manifeste par un art très caractéristique,

L’humanisme et la Réforme

Après les crises de la fin du Moyen-âge (guerre de Cent Ans, épidémies,


famines) les XV e et XVI e siècles voient un nouvel épanouissement de
l’Europe. Une nouvelle façon de penser anime la vie intellectuelle et
religieuse de l’Occident, une nouvelle vision du monde apparaît. Ceci se
manifeste par une curiosité intellectuelle due à la redécouverte de
l’Antiquité. L’homme redevient le centre des préoccupations comme chez
les anciens. L’humanisme prépare ainsi la Réforme protestante qui
divisera la chrétienté et la Renaissance qui transposera dans l’art la
pensée des humanistes.

L’origine de l’humanisme

L’Italie, riche et imprégnée des cultures grecque et latine, est le lieu


privilégié du renouveau intellectuel humaniste. Les érudits (savants)
recherchent des manuscrits et découvrent des textes oubliés (ceux de
Platon, par exemple). La fuite des grecs de Constantinople en 1453
favorise l’essore de l’hellénisme. Valla pose les fondements de la
philologie (science qui étudie les textes de façon critique) et garantie la
qualité des traductions. Les mécènes (personnes riches qui aident et
financent les artistes) comme Laurent de Médicis à Florance protègent les
savants humanistes. Vers 1450 n le Pape fonde la bibliothèque vaticane
qui réunie des ouvrages manuscrits et imprimés.

L’épanouissement artistique de l’Europe du Nord est remarquable. Dans


leurs œuvres les artistes traduisent la peur de la mort caractéristique de la
fin du moyen âge marquée par nombre de catastrophes (guerres,
épidémies, famines, refroidissement du climat etc.). Cependant ils le font
de moins en moins pathétique. Les princes, les bourgeois mécènes, font
reconstruire les églises et embellissent les vitraux. L’art gothique devient
flamboyant illustrant l’espoir nouveau. Les tapisseries apparaissent dans
les monuments les peintres flamands mettent au point la peinture à l’huile
et leurs œuvres se répondent dans l’Europe (Jan Van Eyck, Bruegel Le
Vieux, Bosch etc.). L’allemand Durer est un maître de la gravure.
Les humanistes ont une réflexion centrée sur l’homme à qui ils font
confiance. Ils exaltent sa grandeur et sa liberté : l’homme est capable
d’agir par lui-même. Il est placé au centre de la création. Les humanistes
veulent concilier la liberté humaine avec les principes du christianisme de
même qu’ils veulent concilier les principes philosophiques antiques
(Platon) avec ceux de l’Eglise, ce qui ne va pas sans quelques difficultés.

En France, le mouvement humaniste connait son apogée sous François 1


Er. Le roi consulte les théologiens et hellénistes. Il fonde, sur conseil de
l’humaniste Guillaume Budé, le futur Collège de France pour
l’enseignement. François 1 er ainsi nommé le Père des Lettres.

Au XVI e siècle, l’humanisme français s’inspire des poètes comme


Ronsard, féru de poésie grecque et latine. Cependant l’humanisme sait
être français puisque après l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) qui
impose le français dans les actes officiels, Joachim du Bellay écrit une
défense de la langue française. Avec d’autres écrivains, il fonde le
groupe de la pléiade dont l’ambition est de réhabiliter la langue française.
Plus tard Montaigne (1533-1592) rédige des Essais et prône la tolérance.
Tout comme François Rabelais, il s’intéresse à la pédagogie.

L’imprimerie diffuse l’humanisme

En 1450, une découverte capitale est faite par Gutenberg : celle de


l’imprimerie par l’emploi de caractères typographiques en métal, mobile
et réutilisables. Désormais un livre peut être imprimé à des centaines
d’exemplaires. L’imprimerie provoque une révolution culturelle ; son
développement est foudroyant à travers l’Europe. Les écrivains voient
leur influence grandir et l’humanisme se répand en Espagne et en
Angleterre. Le public s’élargie grace au moindre coût des livres. Les
universités prennent une importance grandissante ; on y dispense le savoir
qui n’est plus réservé aux gens de l’Eglise. Le livre imprimé, accessible à
tous, devient un facteur de diversité car les auteurs peuvent désormais
avoir une influence dès leur vivant ce qui inquiète les autorités.

Le XVI e siècle et les réformes :

A la fin du Moyen-âge, la crainte de la mort témoigne d’une inquiétude


religieuse. Les Chrétiens redoutent l’enfer, et, pour l’éviter, accumulent
des dévotions (prières) et achètent des indulgences (grâces accordées par
l’Eglise aux pêcheurs afin d’abréger les souffrances dans l’au-delà). Les
humanistes dénoncent ces superstitions d’un peuple ignorant. Ils
préconisent le retour au vrai message du Christ par une foi solide et
sincère. Ils veulent simplifier le culte et le rendre accessible à tous en
expliquant, en français, les textes des Evangiles.

Cependant, les humaniste n’ont pas voulu quitter l’Eglise et n’ont pu


toucher la masse des chrétiens analphabètes. Ils ont pourtant contribué
par leurs critiques au déclenchement de la réforme protestante.

La réforme protestante :

Dans la première moitié du XVI e siècle, les critiques à l’égard de


l’Eglise romaine se précisent. Une rupture intervient lorsque Martin
Luther, qui avait critiqué la vente des indulgences en 1517 en vient à
contester le dogme et la hiérarchie de l’Eglise. En 1520, il est
excommunié. Malgré cette condamnation, ses idées se répandent grâce à
l’imprimerie. Des princes allemands le soutiennent. Le schisme devient
irréversible. Le premier protestantisme est né. Pour Luther, l’homme est
obligatoirement pêcheur et ne peut se sauver mais Dieu peut accorder sa
grâce en lui donnant la foi : c’est la justification par la foi. Le
Luthérianisme s’impose surtout en Allemagne du nord et en Scandinavie.

Le français Jean Calvin publie en 1536, l’Institution de la Religion


chrétienne. Pour lui l’homme est prédestiné par Dieu au paradis ou à
l’enfer. Le calvinisme s’impose surtout dans les régions où la bourgeoisie
est influente : Suisse, Vallée du Rhin, Pays –Bas.

En Angleterre par les actes de Suprématie de 1534 et de 1559, les


souverains Henri VIII puis Elizabeth 1 er se font reconnaitre chef
suprême de L’Eglise d’Angleterre et créent l’anglicanisme, religion
proche du protestantisme par la doctrine et proche du catholicisme par la
pope des cérémonies.

Les protestants qui sont des chrétiens ne reconnaissent pas l’autorité du


pape. Leurs églises sont indépendantes et son administrées par des
assemblés appelées « synodes ». Le protestantisme considère que
l’homme est incapable de mériter lui-même le Paradis contrairement au
catholicisme qui insiste sur le libre-arbitre. Ils refusent le culte de la
Vierge et des Saints. Les offices se font en langue nationales.
Les acteurs de la réforme

Martin Luther : (1483-1546) réformateur religieux allemand, fondateur


du protestantisme, et l’un des plus grands écrivains de langue allemande.
En 1517, il afficha sur les portes du Château de Wittenberg ses 95 thèses
où il dénon9ait en particulier la vente des indulgences. Il traduisit la Bible
en allemand et fonde l’Eglise luthérienne.

Martin Luther ne tarde pas à entrer résolument en dissidence contre Rome


qu'il présente comme la « rouge prostituée de Babylone ».

Il dénie à l'Église le pouvoir d'effacer les peines dans l'au-delà et formule


une doctrine de la grâce divine en rupture avec la pratique catholique.

Considérant que les chrétiens n'ont pas besoin d'intermédiation pour


aimer Dieu, il condamne la fonction cléricale et la vie monastique. Des
pasteurs mariés suffisent pour guider le peuple dans la lecture des Saintes
Écritures.

Les idées de Luther se répandent comme une traînée de poudre en


Allemagne. Les prêtres se marient, les moines et les religieuses
abandonnent leur couvent... Le prédicateur prend les choses en main et
organise la nouvelle confession.

Jean Calvin1509-1547, réformateur français installé à Genève où il


exerça une véritable dictature intolérante. Sa doctrine professe le retour à
l’autorité de la Bible, la simplicité du culte et la croyance en la
prédestination.

Contrairement à Luther, Calvin se méfie des méthodes de lecture


médiévales de la Bible. Il applique au texte biblique les règles de lecture
des textes profanes. Il dénonce en particulier la confusion entre le sens
littéral et le sens figuré. Par exemple, pour les paroles prononcées par
Jésus lors de son dernier repas, « ceci est mon corps, ceci est mon
sang… », le pain et le vin sont, pour Calvin, une figure de style, une
image. Ils représentent le Christ, mais ne sont pas vraiment le Christ. De
même que, dans la Bible, la colombe représente l’Esprit Saint, mais n’est
pas l’Esprit Saint.
Dès 1541, Calvin traduit en français L’Institution de la religion
chrétienne.
C’est un des premiers livres de théologie systématique traduit en français.
Par cette traduction, Calvin contribue à fixer la langue française alors en
pleine évolution.
Les écrits de Calvin en français sont très nombreux : commentaires
bibliques, ouvrages de théologies, lettres, etc. C’est un des écrivains
français les plus féconds du XVIe siècle.

Henri VIII d’Angleterre 1491- 1547 Souhaitant faire annuler son


mariage avec Catherine d’Aragon, il provoque le schisme avec la papauté
et devient chef suprême de l’Eglise d’Angleterre. Il se maria six fois et
s’empara des biens de l’Eglise. Henri VIII supervisa ainsi cette séparation
avec notamment la dissolution des monastères et fut pour cela
excommunié ; il resta néanmoins un défenseur des fondamentaux de la
théologie catholique

La contre réforme ou réforme catholique

Une réforme de l’Église et du clergé était réclamée par les humanistes et


certains membres du clergé qui constatent que : les églises se vident, les
mœurs du clergé tant régulier que séculier sont critiquées, les prêtres sont
souvent ignorants.
La montée de la Réforme conduit Charles Quint à demander la réunion
d’un nouveau concile. Le pape Paul III lance une première convocation
en 1536 mais le concile ne se réunit qu’en 1545 à Trente, en terre
d’Empire.
L’Eglise romaine, un moment dépassée par le protestantisme, organise
une enquête politique et militaire des régions devenue protestantes. Elle
réagit aussi et surtout en se réformant elle-même. Le Concile de Trente
(1545-1563) condamne les thèses protestantes, redéfinit nettement la
doctrine de l’Eglise et lance la contre réforme. Il réaffirme la nécessité
des bonnes œuvres, la pratique de la charité, les cultes et les sacrements.
Un catéchisme est publié pour l’instruction des fidèles.

La contre réforme s’acquiert sur la Compagnie de Jésus (les jésuites)


fondée en 1534 par Ignace de Loyola. L’Eglise de Rome, en ayant rien
cédé sur les dogmes, reconquiert ainsi une partie des régions perdues
notamment en Allemagne du Sud en France etc.

Les humanistes ont ainsi échoué à imposer leur pacifisme puisque


l’Europe est déchirée par des guerres de religion. C’est guerres vont
notamment affaiblir la France pendant de nombreuses années. La
découverte du Nouveau Monde ne s’est pas accompagnée de l’application
des théories humanistes (traitement des Indiens et des esclaves).
L’humanisme a tout de même inspiré la rénovation de l’Eglise et, à
l’austérité des protestants, le catholicisme fait une large place à l’homme
qui garde en lui les traces de la perfection divine.
Les poètes de la pléiade

La constitution du groupe :

Le collège de Coqueret :

À partir de 1547, pendant cinq ans au moins, des jeunes gens épris de
culture antique suivirent les cours d’un célèbre humaniste. Dorat,
principal d’un collège parisien de la montagne Sainte-Geneviève, le
Collège du Coqueret ; parmi eux, se trouvaient Ronsard, Du Bellay, Baïf.
Dorat, le maitre, leur lisait les poètes grecs et latins ; en même temps, il
initiât ses élèves à la civilisation antique et leur apprenait à comprendre
l’âme païenne ; surtout, il développait leur sens de la beauté en leur
faisant partager son enthousiasme pour la poésie et la forme des chefs-
d’œuvre antiques.

EN 1549, un manifeste est publié sous le nom de Du Bellay, intitulé


Défense et illustration de la langue française, il résume la doctrine du
groupe le poète a pour mission de servir la cause de la beauté et de faire
briller le génie national français. Tel est le programme que se donne la
Pléiade qui regroupe alors 7 membres : Joachim du Bellay, Pierre de
Ronsard, Baïf, Rémy Belleau, Jodelle, Pontus de Tyard et Dorat.

Joachim du Bellay

Du Bellay se présente comme le théoricien du groupe. L’écriture ; d’une


grande simplicité, est le fruit d’un art éprouvé. Du Bellay est devenu le
maître du sonnet : jouant subtilement sur les effets de symétrie et
d’antithèse, il traduit de façon poignante son émotion. On lui doit
notamment

 Défense et Illustration de la langue française (1549) où il expose la


doctrine de la Pléiade,
 Les Antiquités de Rome (1558), où le poète médite devant les
ruines romaines sur la grandeur passée de la cité,
 Les Regrets (1558), qui regroupent 191 sonnets écrits à propos de
son triste séjour à Rome. Il chante sa nostalgie de la "douceur
angevine", ou devient amèrement satirique lorsqu'il découvre les
mœurs corrompues de la société romaine.
Poème « l’Olive »

Déjà la nuit en son parc amassait


Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,
Et, pour entrer aux cavernes profondes,
Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait ;

Déjà le ciel aux Indes rougissait,


Et l'aube encor de ses tresses tant blondes
Faisant grêler mille perlettes rondes,
De ses trésors les prés enrichissait :

Quand d'occident, comme une étoile vive,


Je vis sortir dessus ta verte rive,
O fleuve mien ! une nymphe en riant.

Alors, voyant cette nouvelle Aurore,


Le jour honteux d'un double teint colore
Et l'Angevin et l'indique orient.

Du Bellay - L'Olive

Pierre de Ronsard (1524-1558)

Chef de la Pléiade, puis poète officiel de la cours, il poursuit une brillante


carrière, soucieux de laisser à la postérité une œuvre immortelle.

Il se fait le poète des Amours, dans une œuvre aux formes variées, où
l’édition humaniste se mêle à une expérience personnelle et sincère.

Il fréquente des poètes, des humanistes, des clercs, des gens de cour; il y
participe activement à la vie des premiers salons et à l'activité de
l'Académie de poésie et de musique, créée par Jean Antoine de Baïf. Il
devient en 1558 poète officiel de la cour, avec le titre de conseiller et
d'aumônier ordinaire du roi.
Grand humaniste, il veut une poésie inspirée de l'antiquité tant au
niveau des thèmes qu'au niveau de la mythologie; il renoue avec Homère,
Virgile et Horace. Il prône un style savant, plein d'images.
Ronsard meurt le 27 décembre 1585.

Le premier recueil de poèmes de Ronsard, « Odes » (1550) se situa dans


cette ligne avec une référence aux « Odes » du romain Horace. Dans
« Les amours » (1552), il démontra ses talents dans le canzoniere italien
et montra qu'il pouvait rivaliser avec le grand poète Pétrarque. Avide de
nouvelles influences littéraires, il trouva de l'inspiration dans les poèmes
récemment découverts du poète grec Anacréon, donnant naissance à
« Bocages » (1554) et « Meslanges » (1554) qui contint certains de ses
poèmes naturalistes les plus accomplis, ainsi qu'à « Continuation des
amours » (1555) et « Nouvelles continuations » (1556). Ces
« Continuations » avaient un style comparable aux « Amours » de 1552,
mais le poète y expérimenta l'alexandrin et recourut à des formes
différentes du sonnet.

En 1555, Ronsard commença l'écriture de longs poèmes comme « Hymne


du ciel » dans lesquels il célèbre les phénomènes naturels, les idées
abstraites comme la justice ou la mort, les dieux et les héros de l'antiquité.
Ces poèmes furent publiés dans le recueil « Hymnes ». Des souvenirs de
son enfance donnèrent naissance au second livre des « Meslanges »
(1559), avec des descriptions de ses promenades solitaires dans les bois
de son enfance et la découverte de sa vocation poétique.

Il est l’auteur de :

 Odes (1550) : il s'agit de poèmes inspirés du lyrisme grec et latin


où il chante la nature, la joie de vivre, mais aussi la fuite du temps
 Les Amours (1552 -1553) : sonnets composés en l'honneur de
Cassandre Salviati, où abondent comparaisons mythologiques et
figures précieuses
 Continuation des Amours (1555) et Nouvelle Continuation des
Amours (1556) sont des sonnets dédiés à Marie Dupin. La poésie
de Ronsard s'y fait plus simple, plus familière, empreinte de
sincérité
 Amours (1578), enfin, comporte 2 volets : Sur la Mort de Marie et
Sonnets pour Hélène

Poème : Mignonne
A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose


Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au votre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,


Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las ses beautés laissé choir !
O vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,


Tandis que vôtre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

"Odes", I, 17
Ronsard (1524, Vendômois), XVIème

Défense de la langue française

Redonner au français sa place dans la littérature

Le premier volet du programme de la Pléiade consiste à donner au


français la place qu’il mérite face au latin.

Le latin est, à l’époque, la langue des savants séduit par son universalité,
sa précision, sa richesse, et rebutés par la difficulté de s’exprimer en
français. Il tend également à devenir la langue des artistes avec
l’épanouissement d’une littérature néolatine, inspirée de Virgile, Catulle,
Horace.

Les poètes de la Pléiade entreprennent donc de réhabiliter le français, en


argumentant que c’est à l’usage qu’une langue s’enrichit. Il convient donc
de l’employer plus fréquemment et dans des domaines plus nombreux,
afin de lui permettre de s’enrichir et de s’imposer face au latin.

Enrichissement de la langue

Le français est considéré au XVI e siècle comme une langue pauvre. Il


convient donc de l’enrichir pour lui donner plus de précision, d’avantage
de nuances. Pour ce faire, plusieurs moyens sont disponibles.

L’emploi de mots qui existent déjà, pour une raison ou pour une autre,
restent peu utilisés : vieux mots, termes techniques, dialectes.

La création de nombreux mots, que ce soit par composition (exemple


aigre-doux) ou par dérivation à partir de racines française (seulette),
latine ou grecques.

Enrichissement du style
Une autre ambition de la Pléiade est de créer un langage poétique
nettement distinct du langage prosaïque. Du Bellay prône un langage
orné :

Par des tours (ex : infinitifs substantivés, adjectifs adverbiaux)

Par des figures de rhétorique comme la métaphore, la périphrase, ou


l’allégorie etc.

Illustration de la langue

Le métier poétique

Le second objecti de la pléiade est de donner à la langue française une


grande littérature qui témoigne du génie national français. Pour ce faire,
le génie, l’inspiration sont nécessaires au poète mais non suffisantes. Ce
n’est qu’à force de travail, de lectures ou de méditations que le poète peut
prétendre au Beau.

Le poète se doit de soigner tout particulièrement :

La rime, qui doit être riche

Le vers, dont on veillera à la musicalité

La strophe, qui doit former un tout harmonieux.


Le recours aux grands genres

La pléiade condamne les genres du moyen-âge, tels que les ballades, qui
dit-elle corrompent notre goût. En revanche, elle approuve les petits
genres antiques (élégie, satire, épigramme) et recommande les grands
genres antiques : odes, tragédie, comédie, et surtout l’épopée.

L’imitation

Du Bellay recommande de suivre l’exemple des italiens en s’inspirant des


anciens qui nous ont ouvert la voix vers la perfection. Il s’agit de
s’imprégner des auteurs, de faire siennes leurs pensées, leurs sentiments,
leurs tournures de style, de sorte qu’ils viennent spontanément sous la
plume du poète, dans le feu de sa propre inspiration.
L’ART DE LA RENAISSANCE

La Re-naissance, son nom l'indique, était une nouvelle naissance. C'est un


mot forgé en Italie au 16° siècle signifiant "Renaissance de l'être et avant
tout renaissance des lettres". Ce n'est que par la suite que l'on parlat de
renaissance des lettres ET des arts !

Sur le plan politique, le féodalisme perd de l'importance : les villes sont


fortes et les rois, dont les nations sont déjà établies, sont puissants.

Sur le plan religieux, le pouvoir papal est affecté par les conséquences du
grand schisme d'occident et souffre bientôt d'autres maux : Les réformes
protestante, luthérienne, calviniste et la contre réforme. La prière peut
toujours être collective, mais également individuelle, car on reconnaît
maintenant aux fidèles le droit de s'adresser directement à Dieu,

La Renaissance résonne au XVI e siècle comme un grand renouveau


artistique. Elle s’inscrit surtout à travers les supports artistiques et par
conséquent principalement dans la peinture, la sculpture ou encore
l’architecture. Cet art a pour but de montrer une nouvelle vision de
l’Homme.

Le changement de regard sur l’art

Un renouveau artistique

Le renouveau artistique s’étend à toutes les formes d’expression :


peinture, sculpture et architecture. Comme les humanistes, développent
une nouvelle vision de l’Homme et du monde qui l’entoure. Ils partagent
avec eux le même intérêt pur l’Antiquité.

L’expression de la beauté idéale

Les artistes veulent représenter la beauté idéale. Les architectes


recherchent la simplicité des lignes, l’harmonie des proportions ; ils
remettent à l’honneur les couples et les colonnes. Les peintres adoptent la
perspective fondée sur des règles précises mathématiques permettant de
représenter une surface plane avec l’effet de profondeur.
L’Italie : le berceau de la Renaissance

La cause de ce développement

L’Italie bénéficie de la prospérité économique de ses villes et des rivalités


entre les princes qui souhaitent montrer leur puissance. Ainsi, les princes
sont des mécènes tout trouvés pour les artistes de la Renaissance. (Un
mécène est un protecteur qui en échange de la toile paie et soutient
l’artiste). L’Italie dispose également d’un riche patrimoine datant de
l’Antiquité. Or la Renaissance prend appui sur les arts de l’Antiquité.
L’Italie est alors une terre d’accueil pour les artistes souhaitant se
perfectionner.

Trois villes d’accueil


L’Italie possède trois foyers principaux de la Renaissance. Les artistes y
sont soutenus par différents mécène. La Renaissance s’épanouit
pleinement dans trois villes particulières :

À Florence où la famille des Médicis multiplie les commandes auprès de


Raphaël, Michel-Ange et Léonard de Vinci.

À Rome, les papes ordonnent le grand chantier de la basilique de Saint-


Pierre ; Michel-Ange peint les fresques de la Chapelle Sixtine.

À venise, les grandes familles marchandes font venir les plus grands
artistes.

De ce fait, la renaissance est un grand mouvement artistique qui fonde


une nouvelle façon de rendre perceptible l’Homme. Dans la lignée des
Humanistes, les artistes de la Renaissance souhaitent représenter le
meilleur de l’Homme que ce qu’il a de plus positif.

La révolution picturale

Une véritable révolution picturale secoue la Renaissance. Sous


l’influence des idées des humanistes et en convergence avec l’apparition
d’une nouvelle classe bourgeoise et marchande (flamande et italienne)
qui s’empare du contrôle politique des Etats, on voit émerger un nouveau
système de représentation du monde qui prend pour modèle la Nature
telle qu’elle s’offre à nos yeux. Deux innovations essentielles traversent
la période.
L’invention de la technique de la peinture à l’huile au début du XV e
siècle

C’est Jan Van Eyck (1390-1441) qui trouve la recette idéale en ajoutant
de l’essence de térébenthine aux pigments liés à l’huile de lin, ce qui
permet le séchage par évaporation. La peinture à l’huile autorise la
superposition de fines couches transparentes de couleur qui permettent
d’obtenir des effets de lumière et d’ombre d’une grande subtilité ainsi
qu’une grande richesse des teintes. Le peintre peut ainsi faire ressortir les
plus infimes détails dans le rendu des textures et des formes conférant
ainsi à l’œuvre une grande sensualité. Le procédé se répand très vite,
donnant naissance à l’école des maîtres flamands dits les « Primitifs »

La découverte des lois de la perspective linéaire en Italie


C’est à l’architecte florentin Filippo Brunelleschi (1377-1446) que revient
le mérite d’avoir exposé les principes de perspective linéaire ou
« artificielle » par opposition à la perspective « naturelle » de la vision
humaine. Il en fait la démonstration à partir d’une expérience réalisée à
Florence en 1415 avec un miroir et un dessin monté sur une planchette
dans laquelle il a percé un trou pour voir l’image du baptistère de la
cathédrale se réfléchir dans le miroir et montre qu’elle coïncide
exactement avec celle de l’édifice lorsque l’observateur se tient à un
endroit précis, soit le point de vue à partir duquel le dessin fut exécuté.

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