0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
75 vues10 pages

Evaluation de La Diversité Agro Morphologique Des Accessions de Mil ( (L.) R. BR.) Collectées en Côte D'ivoire

L'étude évalue la diversité agro morphologique de 105 accessions de mil [Pennisetum glaucum (L.) R. Br.] en Côte d'Ivoire en utilisant 11 caractères morphologiques. Les résultats montrent une variabilité morphologique de 70,25%, avec une classification en trois groupes basée sur le cycle de floraison et la taille des plantes. Cette structuration permet de rapprocher les accessions aux groupes de mil d'Afrique de l'Ouest, offrant des options pour la création de variétés adaptées aux conditions agro climatiques locales.

Transféré par

Zangui Hamissou
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
75 vues10 pages

Evaluation de La Diversité Agro Morphologique Des Accessions de Mil ( (L.) R. BR.) Collectées en Côte D'ivoire

L'étude évalue la diversité agro morphologique de 105 accessions de mil [Pennisetum glaucum (L.) R. Br.] en Côte d'Ivoire en utilisant 11 caractères morphologiques. Les résultats montrent une variabilité morphologique de 70,25%, avec une classification en trois groupes basée sur le cycle de floraison et la taille des plantes. Cette structuration permet de rapprocher les accessions aux groupes de mil d'Afrique de l'Ouest, offrant des options pour la création de variétés adaptées aux conditions agro climatiques locales.

Transféré par

Zangui Hamissou
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Akanvou et al. J. Appl. Biosci.

2012 Evaluation de la diversité agro morphologique des accessions de mil

Journal of Applied Biosciences 50: 3468– 3477


ISSN 1997–5902

Evaluation de la diversité agro morphologique des


accessions de mil [Pennisetum glaucum (L.) R. Br.]
collectées en Côte d’Ivoire
Louise AKANVOU1, René AKANVOU1, Charles Konan KOUAKOU2, Hugues Annicet N’DA2, Kouamé
Germain Cyrille KOFFI2
1 Centre National de Recherche Agronomique (CNRA), Km17, Rte Dabou 01 BP 1740 Abidjan, Côte d’Ivoire. E-mail:
lakanvou@[Link]
2 Université d’Abobo-Adjamé. Unité de Formation et de Recherche des Sciences de la Nature. 02 BP 801 Abidjan 02
(Côte d’Ivoire).
Originally Submitted on 22nd November 2011. Published online at [Link] on February 27, 2012.

RESUME
Objectif : L’étude est menée pour déterminer à l’aide de 11 caractères morphologiques la diversité
génétique des accessions de mil [Pennisetum glaucum (L.) R. Br.] et examiner la structuration de cette
diversité.
Méthodologie et résultats : L’essai a été conduit selon un dispositif en blocs randomisés à trois répétitions.
L’analyse en composantes principales a révélé 70,25% de la variabilité morphologique totale. La
classification hiérarchique ascendante et l’analyse factorielle discriminante ont montré une structuration de
cette diversité en trois groupes basée sur le cycle de semi - floraison et la taille des plantes. Les
accessions précoces commencent la floraison 73 jours après semis (JAS) et la taille des plantes varie
entre 2,45 et 3,17 m. Ces accessions sont cultivées à Korhogo et Tengréla dans le Centre-Nord de la Côte
d’Ivoire. Les accessions intermédiaires fleurissent à partir du 86e jours après semis et ont une taille qui se
situent entre 2,95 et 3,41 m. Elles sont cultivées à Ferkessédougou, Centre Nord. Les accessions tardives
cultivé à Bouna et Bondoukou dans la zone Nord-Est, débute la floraison 114 JAS et sont représentées par
des plantes de grandes taille 3,42 à 3,70 m.
Conclusion and application : La structuration des groupes obtenus en fonction des zones agro écologiques,
a permis un rapprochement des accessions aux deux grands groupes de mil de l’Afrique de l’ouest :
groupes précoce et tardif. Ces groupes offrent un éventail de choix de géniteurs rentrant dans la création
de variétés adaptées aux conditions agro climatiques de la Côte d’Ivoire et ayant un potentiel de
rendement fourrager élevé.
Mots-clés : Ressources génétiques, céréales, diversité morphologique, Côte d’Ivoire

Assessment of the agro morphological diversity of pearl millet [Pennisetum glaucum (L.) R. Br.]
accessions collected in Cote d’Ivoire
Objective: The study aims at assessing the genetic diversity of pearl millet [Pennisetum glaucum (L.) R. Br.]
accessions and the structure of the described diversity using 11 morphological traits.
Methodology and results: Field trial was carried out on a randomized complete block design with three
replications. Principal components analysis revealed 70.25% of the total morphological variability between

3468
Akanvou et al. J. Appl. Biosci. 2012 Evaluation de la diversité agro morphologique des accessions de mil

accessions. Hierarchical Cluster analysis and discriminant analysis showed that the diversity was
structured and grouped into three categories based on sowing – flowering period and plant height. Early
accessions start flowering 73 days after sowing (DAS) and plant height range between 2.45 and 3.17 m.
Those accessions are grown at Korhogo and Tengréla in the Northern Centre of Cote d’Ivoire. Intermediate
accessions flower about 86 DAS and reach a height between 2.95 and 3.41 m. They are cultivated at
Ferkessédougou, North-Centre. Late accessions grown at Bouna and Bondoukou in the Eastern North
zone start to flower 114 DAS and are characterised by tall plants 3.42 to 3.70 m.
Conclusion and applications: The groups structured according to agro ecological zones allowed a
rapprochement with the two biggest pearl millet categories of West Africa: early and late groups. Those
groups offer a large choice of parents involved in breeding of variety adapted to the agro climatic of Cote
d’Ivoire and having a high potential yield of fodder.
Keywords: Genetic resources, cereals, morphological diversity, Cote d’Ivoire

INTRODUCTION
Le mil à chandelle, Pennisetum glaucum (L.) R. Br. ont été identifiés en Afrique de l’Ouest sur la base
est une céréale originaire d’Afrique de l’Ouest, plus de 14 caractères botaniques (Marchais et al.,
précisément de la zone Nord-Est du fleuve 1993). Ces groupes sont distincts de ceux de
Sénégal (Tostain, 1998). Le plus grand nombre l'Afrique australe et de l'Inde. Sandmeier et al.
d’espèces, aussi bien sauvages que cultivées se (1993), ont structuré la diversité génétique du mil
trouve dans cette partie de l’Afrique (FAO, 1995). en trois zones géographiques : l’Afrique de l’Ouest,
Le mil est cultivé en Afrique Occidentale il y a l’Afrique Centrale et l’Afrique de l’Est. Les deux
environ 4000 à 5000 ans. C’est une céréale premières zones présentent un certain nombre
majeure des zones sèches et sahéliennes. Les d'interpénétrations alors que le groupe de l'Afrique
variétés présentent une grande diversité. Elles Orientale est bien différentié. En effet, les variétés
peuvent être classées en deux grands groupes : de mil de la zone Ouest africaine sont à chandelles
les variétés précoces appelées guero au Niger et longues et cylindriques alors que celles de
Nigeria et souna au Sénégal et Mali. Elles ont un l’Afrique de l’Est présentent des chandelles
cycle de 75 à 100 jours et sont cultivées dans les courtes et larges (Tostain, 1994).
zones à faible pluviométrie. Les variétés tardives En Côte d’Ivoire la collecte, la conservation et
appelées maiwa ou somno au Niger et Nigeria et l’utilisation des ressources génétiques vivrières est
sanio au Sénégal et Mali, ont un cycle de 110 à une activité récente. Les premières prospections
150 jours et sont cultivées dans les régions les de collectes des ressources génétiques de mil ont
plus humides (CMA/AOC, 1995). L’utilisation de été effectuées en 1979 dans la zone Nord du pays
différents descripteurs et méthodes de traitement où 72 accessions ont été obtenues. Plus tard, les
des données peut aboutir à des structures prospections organisées dans le Nord-Ouest et le
différentes à l'intérieur de ces deux groupes Centre-Nord en 1989 d’une part et d’autre part en
(Bezançon et al., 1997). Bono (1973), a identifié 1990, dans le Centre-Nord et le Nord-Est ont
deux groupes de mil cultivé en Afrique de l'Ouest à ramené 64 et 74 accessions, respectivement
partir des caractères morphologiques tels que la toutes de formes cultivées (Béninga, 1993). La
longueur et la forme de la chandelle, le nombre collection a aussi enregistré l’introduction de 36
d'épillets fertiles par involucre, le diamètre du accessions précoces. L’évaluation des ressources
rachis et l'ornementation des soies de la fleur. collectées a montré que les mils traditionnellement
Brunken, (1977) a défini quatre races africaines en cultivés par les paysans sont de cycle long. Ces
se fondant sur le rapport entre la longueur et la populations locales, maintenues pendant plusieurs
largeur des graines. Six groupes géographiques siècles dans des conditions écologiques

3469
Akanvou et al. J. Appl. Biosci. 2012 Evaluation de la diversité agro morphologique des accessions de mil

différentes, ont pu accumuler une importante (Sangaré et al., 2009). Cette étude est menée pour
diversité génétique. Cependant, aucune étude caractériser la diversité au plan agro
sérieuse n’a été faite pour en déterminer la morphologique des accessions de mil collectées et
diversité globale, l’évolution de cette diversité avec examiner la structuration de cette diversité.
le temps l’environnement et les pratiques agricoles
MATERIEL ET METHODES
Matériel végétal et zone de collecte : L’étude a été National de Recherche Agronomique) de Lataha
conduite avec 105 accessions de mil dont 55 ont été (latitude : 9°34 N ; longitude : 5°34 O), Korhogo durant
collectées dans 34 villages du Centre-Nord et 50 dans la saison des pluies 2009. Dans les blocs, chaque
12 villages du Nord-Est de la Côte d’Ivoire. Ces zones accession est représentée sur deux lignes de 5 m. Les
agricoles constituent les principales zones de culture semis ont été réalisés, par poquet avec un espacement
du mil en Côte d’Ivoire (Figure 1). de 0,80 m entre les lignes et 0,50 m entre les poquets
Site et dispositif expérimental : Les 105 accessions sur la ligne. Un démariage à 1 plant par poquet a été
ont été mises en culture selon un dispositif effectué une dizaine de jours après la levée.
expérimental en blocs aléatoires complets avec trois
répétitions à la station de recherche CNRA (Centre

Tengréla
Ferkessédougou
Nord-Ouest
Bouna
Korhogo
Nord-Est
Centre-Nord
Katiola Bondoukou
Légende
Zones de collecte

Site d’expérimentation

Figure 1 : Localisation de la zone d’étude production

Variables étudiés : Onze caractères quantitatifs Longueur de l’Entrenœud (LoEN), le Nombre de jours à
sélectionnés dans le descripteur du mil (IBPCR & 50 % de floraison (NoJF), la Hauteur de la plante
ICRISAT, 1981) ont servi à décrire les 105 accessions (HaPl), la Longueur de la chandelle (LoCH), la Distance
de mil. Ce sont : le Nombre de Talles totales (NoTT), le d’exsertion de la chandelle (DiEC), le Poids de 1000
Nombre de talles productives (NoTP),, le Diamètre de grains (P1000) et le Diamètre de la chandelle (DiCh).
la plante (DiPl), le Nombre de Feuille (NoFe), la Les observations et mesures ont été effectuées sur 10
3470
Akanvou et al. J. Appl. Biosci. 2012 Evaluation de la diversité agro morphologique des accessions de mil

plantes choisies de façon aléatoire sur chaque parcelle hiérarchique ascendante (CHA) par la méthode
élémentaire, soit un effectif de 30 individus par UPGMA (Unweigthted Pair-Group Method with
accession. arithmmetic Average) ainsi que d’une analyse
Analyses statistiques | : Les données standardisées factorielle discriminante (AFD). Le logiciel Statistica
ont été soumises à une analyse en composantes version 8.0 a été utilisé.
principales (ACP) suivie d’une classification

RESULTATS
Diversité morphologique : La mesure globale principalement les accessions de mil ayant un
d’adéquacité d’échantillonnage de Kaiser-Meyer-Olkin développement végétatif important et de cycle long. Le
(KMO) moyenne (0.7), de même que le test de deuxième axe exprime 16,48 % de la variation. Les
sphéricité de Bartlett (>0.00001) nous a permis de caractères qui contribuent le plus à la définition de cet
conduire l’analyse en composante principale. L’examen axe sont : la longueur de la chandelle (LoCh), la
de la matrice des poids factoriels après rotation a longueur de l’entrenœud (LoEn) et le diamètre de la
permis de retenir les trois premières composantes qui plante (DiPl). Cette composante définit les accessions
expliquent 70,25% de la variabilité observée (Tableau de mil robustes et ayant de longues chandelles. Le
1). La première composante explique 41,60% de la troisième axe, qui absorbe 12,17% de la variabilité
variabilité. Elle est définie par la hauteur de la plante totale est corrélée positivement au nombre total de
(HaPl), le nombre de feuilles (NoFe), le nombre de Talles (NoTT) et au poids de 1000 grains. Cette
jours à 50% de floraison (NoJF) et le diamètre de la composante caractérise les accessions productives.
chandelle (DiCh). Cette composante caractérise

Tableau 1 : Valeurs propres et pourcentage de variation exprimée par les trois premiers axes à partir de 11
caractères analysés chez 105 accessions de mil.
Composante principale Axe 1 Axe 2 Axe 3
Variance propre 4,58 1,81 1,34
Variance totale (%) 41,60 16,48 12,17
Variance totale cumulée (%) 41,60 58,08 70,25
Nombre de Feuille (NoFe) 0,94** -0,09 0,21
Nombre de jours à 50 % de floraison (NOJF) 0,93** -0,19 0,09
Nombre de talles productives (NoTP) -0,85** -0,10 0,38
Hauteur de la plante (HaPl) 0,80** 0,03 0,33
Diamètre de la chandelle (DiCh) 0,72** 0,34 0,12
Distance d’exsertion de la chandelle (DIEC) -0,62** 0,45 -0,20
Longueur de la chandelle (LoCh) -0,03 0,65** -0,41
Longueur de l’Entrenœud (LoEN) -0,18 0,65** 0,27
Diamètre de la plante (DiPl) 0,47 0,60** 0,02
Nombre de Talles totales (NoTT) -0,56 -0,14 0,61**
Poids de 1000 grains (P1000) -0,09 0,47 0,60**
** : Valeurs significatives

Analyse de la diversité par la Classification multivariée de variance (F = 8,28 ; P<0,001). L’examen


Hiérarchique Ascendante (CHA) : Le dendrogramme des données montre que cette différence provient de 8
réalisé par la méthode UPGMA (Unweigthted Pair- des 11 caractères analysés (Tableau 2). Des 8
Group Method with arithmmetic Average) a permis caractères révélant une distinction des trois groupes, 4
d’identifier trois groupes de diversité phénotypique caractères (NoFe, HaPl, NoJF, DiCh) permettent une
(Figure 2). Ces groupes se distinguent à la distance de distinction complète. Par contre, les 4 autres caractères
60. Cette différence a été révélé par l’analyse ne permettent qu'une distinction partielle. Le tableau 2

3471
Akanvou et al. J. Appl. Biosci. 2012 Evaluation de la diversité agro morphologique des accessions de mil

montre que le groupe I est composé de 32 accessions nombre de talles productives faible (2,79 ± 0,99). Ces
toutes originaires du Centre-Nord. Ce groupe se plantes portent en moyenne 15,12 ± 1,52 de feuilles et
distingue principalement par des accessions à cycle présentent des chandelles de diamètres intermédiaires
précoce (nombre de jours à 50 % de floraison = 87,31 (22,78 ± 3,68 mm). Le groupe III comprend 23
± 8,31) avec un nombre de talles productives élevé accessions dont 19 sont originaires du Nord-Est et
(4,27 ± 0,99), de taille moyenne (284,18 ± 15,19 cm de quatre (4) provenant du. Centre-Nord. Ce groupe se
long) et portant peu de feuilles (11,38 ± 1,34 feuilles). différentie par des plantes de cycle long (semi
Ces plantes possèdent de petites chandelles (19,22 ± floraison : 116,89 ± 4,63 jours), de grande taille (370,99
3,88 mm de diamètre). Le groupe II est constitué de 50 ± 14,44 m de long), avec un nombre de talles
accessions dont 31 sont majoritairement originaires du productives faible (2,60 ± 0,61) et portant beaucoup de
Nord-Est et 19 provenant du Centre-Nord de la Côte feuilles (16,72 ± 1,03 feuilles). Ces plantes présentent
d’Ivoire. II est représenté par des plantes de cycle des chandelles de diamètres important (25,43 ± 2,67
intermédiaire (semi floraison : 109,84 ± 13,03 jours), de mm).
taille intermédiaire (332,53 ± 15,14 m de long) avec un

1
3
15
29
14
101
8
34
21 Groupe I
35
36
92
97
27
91
90
4
6
12
5
19
28
20
23
25
26
24
16
7
17
18
22
2
11
32
33
13
30
31
89
102
94
98
93
99
10
88
37
44
68
50
56
53
95
96
100
38
60
40
Groupe II
58
41
45
52
43
70
80
39
71
73
77
51
78
47
103
55
59
67
86
81
83
84
82
9
42
75
66
48
49
105
64
87
46
54
62
Groupe III
61
63
65
72
69
76
79
57
74
85
104

0 20 40 60 80 100 120

3472
Akanvou et al. J. Appl. Biosci. 2012 Evaluation de la diversité agro morphologique des accessions de mil

Figure 2 : Dendrogramme basé sur les distances Euclidienne plaçant les 105 accessions de mil dans trois groupes
distincts (I), (II) et (III) : groupe I (32 accessions), groupe II (50 accessions) et groupe III (23 accessions)

Tableau 2 : Caractéristiques principales des différents groupes formés par la CHA.


Variables Groupe I Groupe II Groupe III F P
N = 32 N = 50 N = 23
NoTT 4,27 ± 0,99b* 3,28 ± 1,41a* 3,2 6 ± 1,62a* 5,94 0,003
NoTP 4,09 ± 1,09b 2,79 ± 0,99a 2,60 ± 0,61a 22,64 <0,001
NoFe 11,38 ± 1,34 a 15,12 ± 1,52 b 16,72 ± 1,03c 116,04 <0,001
LoEn 24,11 ± 2,15 a 23,57 ± 2,19 a 23,98 ± 1,48a 0,78 0,459
DiPl 7,77 ± 1,07 a 8,10 ± 0,66 ab 8,52 ± 0,56b 6,08 0,003
HaPl 284,18 ± 15,19 a 332,53 ± 15,14 b 370,99 ± 14,44c 232,08 <0,001
NoJF 87,31 ± 8,31 a 109,84 ± 13,03 b 116,89 ± 4,63c 67,13 <0,001
LoCh 28,28 ± 3,52a 28,07 ± 3,28a 27,36 ± 2,10a 0,61 0,541
P1000 10,04 ± 1,50a 9,82 ± 1,54a 10,19 ± 1,44a 0,52 0,591
DiEC 8,71 ± 2,89 b 6,08 ± 2,20 a 5,01 ± 1,99a 18,67 <0,001
DiCh 19,22 ± 3,88 a 22,78 ± 3,68 b 25,43 ± 2,67c 21,39 <0,001
Seuil de signification : 1%, * : Significatif au seuil de 5%
Nombre de Talles totales (NoTT), Nombre de talles productives (NoTP), Nombre de Feuille (NoFe), Longueur de l’Entrenœud
(LoEN), Diamètre de la plante (DiPl), Hauteur de la plante (HaPl), Nombre de jours à 50 % de floraison (NoJF), Longueur de la
chandelle (LoCh), Poids de 1000 grains (P1000), Distance d’exsertion de la chandelle (DiEC), Diamètre de la chandelle (DiCh)

Structuration de la diversité par l’Analyse suffisante pour la discrimination entre les groupes
Factorielle Discriminante : L’analyse de la diversité définis plus haut. Ainsi sur l’ensemble des 11 variables
par la classification ascendante hiérarchique (CAH) a quantitatives, l’analyse discriminante, à travers le test
permis de structurer la variabilité des accessions en 3 λ-Wilk, révèle 2 descripteurs discriminants (Tableau 3).
groupes. Par l’analyse discriminante, nous avons La hiérarchie des variables discriminantes est la
cherché à extraire de l’ensemble des variables initiales suivante : (i) hauteur de la plante (HaPl) ; (ii) Nombre
un groupe de variables apportant une information de Feuille (NoFe).

Tableau 3: Analyse discriminante basée sur les caractères morphologiques


Wilk F p Tolér. 1-Tolér.
(Lambda) (2,101) (R²)
HaPl 0,30 49,93 <0,001 0,83 0,16
NoFe 0,18 8,76 <0,001 0,83 0,16

Les fonctions discriminantes issues de variables pour groupe représentant les plantes de taille moyenne
classifier les unités formées dans les différents groupes portant peu de feuilles aux groupes II et III qui
sont présentées dans le tableau 4. La première renferment des plantes de grande taille portant
fonction (axe 1) discrimine fortement la hauteur de la beaucoup de feuilles La seconde fonction discriminante
plante (HaPl). Elle a la magnitude la plus élevée (axe 2) de magnitude faible (0,082) ne cumule que
(5,014) et cumule 98,3% de la variabilité totale. Cette 0,17% de la diversité totale.
fonction permet de classer le groupe 1 comme un

Tableau 4: Pourcentage d'inertie et définition des axes dans l'analyse canonique discriminante.
Axes 1 2
Valeur propre 5,014 0,082
Pourcentage d’inertie 0,983 0,170
Pourcentage d’inertie cumulée 0,983 1,000

3473
Akanvou et al. J. Appl. Biosci. 2012 Evaluation de la diversité agro morphologique des accessions de mil

HaPl -0,815 0,729


NoFe -0,335 -1,041

La figure 3 présente dans le plan factoriel discriminant, des plantes de taille moyenne avec un nombre de
les trois groupes formés par les axes canoniques 1 et feuilles relativement élevé. Ce groupe contient 48
2. Le groupe I, situé dans la partie positive de l’axe 1 accessions au lieu de 50 accessions précédemment
est caractérisé par des plantes de petite taille, portant définies par la CHA. Le groupe 3 se situe dans la partie
peu de feuilles. Ce groupe contient 34 accessions au négative de l’axe 1 et conserve les 23 accessions
lieu de 32 précédemment définies par la CHA. Le caractéristiques. Il est représenté par des plantes de
groupe II situé au centre du plan est caractérisé par grande taille portant beaucoup de feuilles (Tableau 5).
.

1
Axe 2

-1

-2

-3

G1
-4
G2
-8 -6 -4 -2 0 2 4 6
G3
Axe 1
Figure 3 : Représentation des différents groupes dans le plan factoriel discriminant formé par les axes canoniques 1
et 2. G1 = groupe 1 ; G2 = groupe 2 ; G3 = groupe 3

Tableau 5 : Matrice de classification des groupes basée sur les caractères morphologiques.
% de classification G1 G2 G3
G1 100 32 0 0

3474
Akanvou et al. J. Appl. Biosci. 2012 Evaluation de la diversité agro morphologique des accessions de mil

G2 96 2 48 0
G3 100 0 0 23
Total 98,09 34 48 23

DISCUSSION
La grande diversité morphologique observée entre les Nord de la Côte d’Ivoire en 1979, ont donné deux
mils de Côte d’Ivoire a permis de les structurer en trois groupes bien distincts : le mil du Nord-Est, à cycle long,
groupes. La hauteur des plantes et la durée du cycle de résistant au mildiou, possédant une bonne vigueur,
reproduction sont les principaux caractères qui mais de production grainière moindre et le mil du Nord-
permettent de discriminer ces trois groupes. Les Ouest qui se caractérise par une précocité, un tallage
accessions précoces fleurissent à partir de 73 jours abondant et des chandelles plus longues et plus fines.
après semis et auraient un cycle de maturité de 94 à Dans la présente étude, aucune accession n’a été
101. Les accessions intermédiaires auraient un cycle collectée dans la zone Nord-Ouest (Odienné). Les
de maturité de 107 à 114 jours. Les groupes précoce et prospections réalisées en 2008 dans cette localité n’ont
intermédiaire sont cultivés dans la même zone agro ramenée aucune accession. Ces prospections sont
écologique, notamment le Centre-Nord de la Côte intervenues 29 ans après celles de 1979. Les habitants
d’Ivoire. Ces deux groupes combinés formeraient le de cette localité du Nord-Ouest (Odienné) sont des
grand groupe d’accessions dit précoces, dont le cycle malinkés qui sont plus commerçants qu’agriculteurs. Ils
de maturité varierait entre 90 et 110 jours. Les individus auraient abandonné la culture du mil. La prospection
de ce groupe ont une taille relativement moyenne, 280 de 1979 indiquait déjà un abandon de la culture de mil
à 317 cm et portent peu de feuilles (11 à 13 feuilles). par endroits dans cette localité (Béninga, 1993).
Ce groupe peut servir de source de géniteurs dans la La Conférence des Ministres de l’Agriculture de
création de variétés de mil de cycle court et adaptées l’Afrique de l’Ouest et du Centre (CMA/AOC) en 1995 a
aux conditions agro écologiques de la Côte d’Ivoire. classé les variétés de mil d’Afrique de l’Ouest en deux
Les accessions tardives auraient un cycle de 135 à 142 grands groupes. Ce sont : précoce (guero au Niger et
jours et seraient cultivées dans le Nord-Est du pays. En Nigeria et souna au Sénégal et Mali): cultivés dans les
partant du grand groupe d’accessions précoces zones à faible pluviométrie, ils ont un cycle de 75 à 100
susmentionné, un second grand groupe d’accessions jours) et tardif (maiwa au Niger et Nigeria et sanio au
tardives dont le cycle de reproduction variant entre 110 Sénégal et Mali) : cultivés dans les régions les plus
et 150 jours, pourrait être définit. Le groupe tardif humides, ils ont un cycle de 110 à 150 jours. Des
renferme des individus de grande taille 351 à 360 cm résultats similaires basés sur plusieurs caractères
portant beaucoup de feuilles, 16 à 17 feuilles. Ce morphologiques ont mis en évidence deux groupes de
groupe présente les meilleures caractéristiques mil au Burkina Faso (Clément 1985 ; Zongo et al.
végétatives et peut servir de source de géniteurs dans (1988) : un groupe Nord (précoce, faible nombre
les programmes de création de variétés de mil à haut d'entrenoeuds et grands épis) et un groupe Sud-Ouest
potentiel fourrager. Les différents groupes ainsi formés (tardif, important nombre d'entre-noeuds et épis
offrent une possibilité de choix de géniteurs pour la courts). Aussi, la structuration de la diversité
création de variétés de mil ayant de hauts potentiels de morphologique du mil de Côte d’Ivoire en deux grands
rendement fourrager et adaptées aux conditions agro groupes : précoce et tardif, selon les zones agro
écologiques de la Côte d’Ivoire. écologiques, pourrait-elle permettre un rapprochement
Les groupes qui sont des entités évolutives spécifiques avec les mils du Mali, Sénégal, Niger et Nigeria. Bono
ont été structurés en fonction des zones agro en 1973 et Marchais en 1982 ont révélé une similitude
écologiques de production de mil en côte d’Ivoire. entre les mils du Sénégal et du Niger, d’une part, et les
L’organisation de la diversité morphologique des mils mils du Mali et du Burkina Faso, d’autre part.
en fonction des zones agro écologiques de culture a Ouendeba et al. (1995), ont également indiqué un
été rapportée par plusieurs auteurs. Béninga, (1993) rapprochement entre les mils du Niger du Nigeria et du
indiquait que 72 accessions de mil collectées dans le Sénégal. Selon Ouendeba et al. (1995), cette diversité
3475
Akanvou et al. J. Appl. Biosci. 2012 Evaluation de la diversité agro morphologique des accessions de mil

de variétés précoces, semi tardives ou tardives expliquerait la culture des variétés précoces de mil
correspondrait à une réalité paysanne et au choix dans le Centre-Nord et celle des variétés tardives dans
délibéré d'un type plutôt que d'un autre. Cela le Nord-Est de la Côte d’Ivoire.

CONCLUSION
Une grande diversité morphologique a été observée été structurée en deux grands groupes : précoce et
entre les accessions de mil de Côte d’Ivoire, qui tardif, et en fonction des zones agro écologiques. Le
peuvent être structurée en trois groupes : groupes groupe d’accessions précoces est cultivé au Centre-
précoce, intermédiaire et tardif. La hauteur des plantes Nord tandis que le groupe d’accessions tardives est
et le cycle de maturité sont les principaux caractères produit dans le Nord-Est du pays. L’utilisation de
qui permettent de discriminer les trois groupes marqueurs moléculaires devrait permettre de connaître
d’accessions formés. Sur la base du cycle de maturité, la diversité génétique globale, et d’affiner les résultats
les groupes précoce et intermédiaire ont été combinés obtenus pour une utilisation raisonnée du germoplasme
pour former un seul grand groupe, dit groupe précoce. local dans les programmes visant à l’amélioration des
La diversité morphologique du mil de Côte d’Ivoire a variétés de mil en Côte d’Ivoire.

REMERCIEMENTS
Les auteurs remercient le Fond Ivoiro - Suisse de Développement Economique et Social (FISDES) pour le
financement de cette étude.

REFERENCES
Béninga MB, 1993. Bilan des travaux d'amélioration FAO, 1995. Le sorgho et les mils dans la nutrition
variétale en cote d'ivoire. In : Hamon S. Ed. Le humaine. Collection FAO : Alimentation et
mil en Afrique : diversité génétique et agro nutrition, No 27, IV, 198p.
physiologique : potentialités et contraintes IBPGR-ICRISAT, 1981. Pearl millet descriptors.
pour l'amélioration et la culture. Paris : IBPGR, Rome, Italy.
ORSTOM, pp. 21-32. (Colloques et Marchais L, 1982. La diversité phénotypique des mils
Séminaires). Réunion Thématique sur le Mil pénicillaires cultivés au Sénégal et au Mali.
(Pennisetum glaucum L.), Montpellier, France, Agronomie tropicale 37 : 68-80.
24-26 novembre 1992. Marchais L, Tostain S, Amoukou I, 1993. Signification
Bezançon G, Renno J-F, Kumar KA, 1997. Le mil. In : taxonomique et évolutive de la structure
Charrier A, Jacquot M, Hamon S, Nicolas D. génétique des mils pénicillaires. In : Le mil en
Eds. L’amélioration des plantes tropicales. Afrique, Hamon S. Eds. Paris, France,
Paris : CIRAD-ORSTOM. 457-482. ORSTOM, p.119-128.
Bono M, 1973. Contribution à la morphosystématique Ouendeba B, Eieta G, HAannaw.W, Kumar KA; 1995.
des Pennisetum annuels cultivés pour leur Diversity among African pearl millet landrace
grain en Afrique Occidentale francophone. populations. Crop Science, 35: 919-924.
Agronomie tropicale, 28 (3) : 229-356. Ouendeba B, Eieta G, Hannaw W, Kumar KA, 1995. Di
Brunken JN, 1977. A systematic study of Pennisetum versity amo ng African pearl mill et landrace
sect. Pennisetum (Gramineae). American population s. Crop Science, 35 : 919-924.
Journal of Botany, 64: 161-176. Sandmeier M, Pilate-André S, Métivier E, 1993.
Clément, JC, 1985. Les mils pénicillaires de l'Afrique de Quelques illustrations de l'utilisation des
l'Ouest. Prospections et collectes IBPGR- marqueurs enzymatiques chez le mil. In :
ORSTOM. IBPGR, Rome 85/15 -ORSTOM, Hamon S. Ed. Le mil en Afrique : diversité
231 p. génétique et agro physiologique : potentialités
Conférence des Ministres de l’Agriculture de l’Afrique et contraintes pour l'amélioration et la culture.
de l’Ouest et du Centre (CMA/AOC), 2005. Paris : ORSTOM, 1993, pp. 57-66. (Colloques
Filière mil/sorgho. Note technique. et Séminaires). Réunion Thématique sur le Mil
[Link] (Pennisetum glaucum L.), Montpellier, France,
d=1287, Consulté le 29/01/2011. 24-26 novembre 1992.
3476
Akanvou et al. J. Appl. Biosci. 2012 Evaluation de la diversité agro morphologique des accessions de mil

Sangaré A., Koffi E, Akamou F, Fall CA, 2009. Rapport


national sur l’état des ressources
Phytogénétiques pour l’alimentation et
l’agriculture. Ministère de l’agriculture, Côte
d’Ivoire. 65pp.
Sédogo MC, Tostain S, 1996. Diversité enzymatique
des mils cultivés (Pennisetum glaucum (L.) R.
Br. du Burkina Faso. Plant Genetic Resources
Newletter. 105: 1-7.
Tostain S, 1994. Evaluation de la diversité génétique
des mils pénicillaires diploïdes Pennisetum
glaucum (L.) R. Br. au moyen des marqueurs
enzymatiques. Etude de relation entre formes
sauvages et cultivées. Paris, France,
ORSTOM, Travaux et documents microédités
n°124.
Tostain S, 1998. Le Mil, une longue histoire :
hypothèses sur sa domestication et ses
migrations. In : Plantes et paysages d’Afrique :
une histoire à explorer, Chastanet M. Ed.
Paris, France, Karthala – CRA, pp.461-490.
Wilson JP, Burton GW, Zongo JD, Dicko IO, 1990.
Diversity among pearl millet landraces
collected in central Burkina. Crop Sci. 30
(1):40-43.
Zongo JD, Sédogo MC, Sérémé P, Zangré GR, 1988.
Synthèse des prospections du mil
(Pennisetum glaucum (L.) R. Br.) au Burkina
Faso. Pp. 121-131. In Proceedings of the
Regional Pearl Millet Improvement Workshop
(L.K. Fussel1 and J. Werder, eds.), ICRISAT-
Institute for Agricultural Research, Ahmadu
Bello University (IAR), Zaria, Nigeria, 15-19
August 1988. ICRISAT, Patancheru, A.P. 502
324, India.

3477

Vous aimerez peut-être aussi