0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
23 vues16 pages

Essai Comparatif de Multiplication Rapide Des Rejets de Trois Variétés de Taro Par Macropropagation en Ville de Butembo

Cette étude compare la production de rejets de trois variétés de taro cultivées à Butembo, en utilisant la macropropagation. Les résultats montrent que la variété Xanthosoma sagittifolium 'Macabo' a surpassé les autres en termes de nombre de plantules et de vigueur. La technique de macropropagation permet une production rapide et efficace, réduisant le temps nécessaire pour obtenir des rejets par rapport à la culture traditionnelle.

Transféré par

Mamadama Touré
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
23 vues16 pages

Essai Comparatif de Multiplication Rapide Des Rejets de Trois Variétés de Taro Par Macropropagation en Ville de Butembo

Cette étude compare la production de rejets de trois variétés de taro cultivées à Butembo, en utilisant la macropropagation. Les résultats montrent que la variété Xanthosoma sagittifolium 'Macabo' a surpassé les autres en termes de nombre de plantules et de vigueur. La technique de macropropagation permet une production rapide et efficace, réduisant le temps nécessaire pour obtenir des rejets par rapport à la culture traditionnelle.

Transféré par

Mamadama Touré
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Université Catholique du Graben Numéro 24, juillet 2023, pp.

129 - 144
[Link]
Centre de Recherches Interdisciplinaires du Graben
N° du dépôt légal : 0611.1965
Vocation agropastorale de Butembo – Beni sous © 2023, PUG – CRIG
l’emprise de l’anthropisation

Essai comparatif de multiplication rapide des rejets de trois


variétés de taro par macropropagation en Ville de Butembo

Jean De Dieu Katembo Muhiwa1, Cléophas Katembo Mahindule2, Gilbert Paluku


Mutiviti3
Résumé
L’objectif poursuivi dans ce travail est la comparaison de la production des
rejets de trois cultivars de taro choisis dans la nature pour leur performance dans
une conduite en macro-propagation. Il s’agit de Xanthosoma sagittifolium
(Macabo), de Colocasia esculenta (Vinyangona), et de Colocasia esculenta
(Mahole ya baba) en Ville de Butembo. L’analyse de la variance à un critère de
classification au seuil habituel de 95 % de probabilité (distribution matérialisée
par le coefficient F de Ficher-Snedecor). En vue d’une bonne analyse, les résultats
de l’ANOVA ont été témoignés par le test de la plus petite différence significative
PPDS dans le cadre de confirmer ou de nier nos hypothèses de départ.
La variété de taro du type Xanthosoma sagittifolium « Macabo » a présenté une
supériorité numérique en ce qui concerne le nombre moyen de plantules par corme,
soit (17,0), suivie de la variété du type Colocasia esculenta « Binyagona » (15,0) et
enfin, la variété du type Colocasia esculenta « Mahole ya baba » avec (9,3). Le
diamètre au collet des plantules sevrées du type Colocasia esculenta
« Binyangona » a présenté un diamètre supérieur (2,4 cm) à celles des autres
variétés mises en essai dont le Xanthosoma sagittifolium « Macabo » (1,9 cm) et
pour « Mahole ya baba » (1,8 cm). Quant à la vigueur, le type Xanthosoma
sagittifolium s’est qualifié en hauteur de (20,9 cm) comparativement au type
Colocasia esculenta (Binyangona et Mahole ya baba) qui ont présenté presque la
hauteur respectivement de (15 cm) et (19,8 cm).
La technique de macropropagation de taro a présenté un autre avantage de
produire hors sol tout en valorisant la sciure de bois, des multitudes de rejets
(plantules) dans un petit espace contrôlé et réduire le temps de production des rejets
en plein champ. 98 jours ont suffi largement pour produire 124 rejets jusqu’à la
dernière date de collecte des données, alors qu’il fallait 240 à 300 jours pour avoir
les rejets au champ après la récolte des tubercules de taro.

Mots-clés : Macropropagation, taro, Xanthosoma sagittifolium, Colocasia


esculenta multiplication rapide.

1 Chef de Travaux en Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université Catholique du Graben


(Nord-Kivu/RDC) : muhiwadenis@[Link]
2 Assistant au centre Interdisciplinaire d’Éducation Permanente à Goma (Nord-Kivu/RDC).
3 Professeur Ordinaire en Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université Catholique du Graben

(Nord-Kivu/RDC).

129
(c) Tous droits réservés Parcours et Initiatives : Revue interdisciplinaire du Graben (PIRIG) 2023
Ce travail est disponible sous la licence Creative Commons Attribution 4.0 International
Essai comparatif de multiplication rapide des rejets de trois variétés de taro

Abstract

The objective pursued in this scientific work is the comparison of the production
of rejects of three cultivars of cocoyam chosen in the nature for their performance
and multiplied rapidly by macro propagation it is about: Xanthosoma sagitti folium
(Macabo), Colocasia esculenta (Vinyangona) , Colocasia esculenta (Maholeya
baba) in Butembo town. To achieve this, an experimental device in a single
randomized block was installed under a local greenhouse, with three repetitions of
5 corms each. Fifteen corms per variety were placed in a propagator, for a total of
45 corms.
The analysis of variance has a criterion of classification with the usual
thresholds of 95 % of probability (distribution materiazed by the coefficient F of
Ficher-Snedecor). For a good analysis, the results of the ANOVA were attasted by
the test of the smalled significant difference PPDS within the framework of
confirmation or invalidation of our initial hypotheses (Dagnelie, 2012). The
Xanthosoma sagittifolium cocoyam variety "macabo" was superior in number to
the average number of seedlings per corm (17.0), followed by the variety Colocasia
esculenta "Binyangona" (15.0) and in the end the variety of the type Colocasia
esculenta "Maholeya baba" with (9. 3). The neck diameter of the severe seedlings
of the type Colocasia esculenta “Binyangona “was (2.4 cm) larger than those of
the other varieties tested, including for (1.9 cm) Xanthosoma sagittifolium and (1.8
cm) for “ Mahole ya baba”. As for the vigor the Xanthosoma type still had a high
height of (20.9 cm), compared to the type Colocasia (Binyangona and Maholeya
baba) which presented almost the height respectively of (15 cm) and (19.8 cm).
Macro spreading technology has another advantage of producing above ground
while valuing sawdust, multitudes of suckers (seedlings) in a small controlled space
and reduce the production time of field rejects, 98 days were sufficient to produce
124 discards until the last date of data collection, whereas it took 240 to 300 days
to release to the field after the harvest of the taro tubers.

Key words: Macropropagation, cocoyam, Xanthosoma sagittifolium, Colocasia


esculenta multiplied rapidly

1. Introduction

Les faibles rendements des plantes à racines entrainent un


désinternement de fournir plus des grands efforts dans la recherche, la
vulgarisation et l’enseignement. Dans les régions humides et semi-humides
de l’Afrique, les plantes à racines entrent dans l’alimentation humaine et
animale (VANDENPUT, 1981). Leur adaptation à de divers sols et partout
où les précipitations sont insuffisantes, leur confèrent une facilité de
croissance (OKEKE, 1982). Les taros exigent peu d’entretien général et
d’amendements et donc d’économie de main d’œuvre. De plus,
l’entreposage est facile sans traitements post récolte comme les céréales
surtout dans les conditions d’humidité (TERRY et al., 1980). Enfin, elles
sont attaquées par moins de ravageurs, mauvaises herbes et de maladies que

130
Parcours et Initiatives n° 24, Juillet 2023

les céréales et les légumineuses. Les taros ont l’avantage d’être gardés en
terre jusqu’à leur utilisation et croissent généralement bien à de différents
milieux humides et de culture paysanne est d’application (ANONYME,
2002).
Ainsi, les petits cultivateurs des régions humides continuent à cultiver
les plantes à racines grâce à leur production même dans les milieux
humides. Il faut maintenant résoudre le problème de la forte teneur en
humidité des tubercules et racines (60 à 84 %) qui les rend volumineux et
difficilement manipulable sur le marché qu’en entrepôt. Grace au
conditionnement, leur usage augmentera. (GOBBLEY & STEEL, 1976).
En Afrique, les taros sont les moins étudiés de toutes les plantes à racines
cultivées. La recherche sur les taros a commencé vers les années 1930 mais,
elle a été insuffisante et ne se poursuis pas d’une manière accélérée.
(TERRY et al., 1980).
Les taros se multiplient davantage par voie végétative. Cette
multiplication a l’avantage de conserver les caractères génétiques aussi
longtemps que possible comparativement aux cultures qui se multiplient par
voie générative avec la possibilité de modifier les caractères par la
pollinisation croisée. Les variétés choisies en sélection massale, préférées
pour la grosseur des tubercules, seront multipliées rapidement par voie
végétative dans le but de garder ces caractères (DHED’A et al., 2011).
Dans la plupart des villages africains, le taro est pratiqué comme une
culture sous ombrage du bananier (VANDENPUT, 1981). Il est également
visible autant qu’il y a des champs des bananiers cultivés par les petits
producteurs familiaux. Actuellement, le bananier est attaqué par le wilt
bactérien (NDUNGO et al., 2004), sitôt décimé par la maladie, la banane
pourrait être substituée par d’autres diverses cultures vivrières dans
l’alimentation quotidienne (BLOMME et al., 2014), mais hélas, le taro est
cultivé par certains producteurs et n’attire que quelques consommateurs en
République Démocratique du Congo pour suppléer au bananier (TERRY et
al., 1980). La population ignore la valeur nutritive de cette denrée
alimentaire. Les colocases ont plus de dix noms dénigrants lorsqu’ils sont
consommés comme tubercules, mais transformés en farine, le taro devient
un produit de qualité appréciée par une multitude de personnes.
Vu ces multiples usages et les valeurs nutritionnelles ignorées, les taros
ne sont plus utilisés non seulement comme aliments des maçons, des
enfants de la rue et aliments des porcs, mais plutôt que les tubercules et les
feuilles des taros constituent un repas précieux. Ils doivent être consommés

131
Essai comparatif de multiplication rapide des rejets de trois variétés de taro

au même titre que les autres plantes à racines et tubercules entre autre le
manioc, la patate douce, l’igname, et la pomme de terre (VANDENPUT,
1981).
Lorsqu’il s’agit d’une grande multiplication, il se pose toujours un
problème de matériel de propagation, il y a un mélange variétal imposé dans
les champs en milieu rural suite à l’impossibilité de trouver une même
variété ; cela s’explique par la présence des tas des rejets mélangés en vente
le long de la rue en Ville de Butembo, d’une part. D’autre part, les taros
deviennent de plus en plus rares au marché de Butembo suite aussi à la rareté
du matériel de plantation. Et enfin, il s’observe un désintéressement à la
culture des taros en Ville de Butembo et ses environs.
C’est pourquoi nous avons recouru à la macro-propagation des taros pour
augmenter et améliorer rapidement la production des rejets à diffuser et à
vulgariser auprès des producteurs intéressés à la culture. La technologie de
macro-propagation des taros est facile et peut être appliquée par les divers
petits producteurs, la vulgarisation de cette technique nécessite la mise en
œuvre de tous les acteurs étatiques et non étatiques.

2. Méthodologie
2.1. Milieu d’étude

Les essais ont été réalisés dans la station de l’Institut Technique Agricole
et Vétérinaire en Ville de Butembo. La Ville de Butembo est située à 18
km de l’équateur à Musienene dans l’hémisphère nord et à plus ou moins
15 km de Butungera, chef-lieu de la Chefferie des Bashu, à l’est, avec les
coordonnées géographiques suivantes : 29°17’longitude est, 0°8’latitude
nord (SAHANI, 2011).
La superficie planimétrique de la Ville de Butembo calculée sur base de
la démarche du projet SIG est de 152 km². Par rapport au relief, la surface
topographique de la Ville de Butembo obtenue sur base d’une analyse
statistique dans 3D Analyst s’élève à 158,95 km². La Ville de Butembo est
subdivisée en 4 communes, à savoir Bulengera, Kimemi, Mususa et
Vulamba (SAHANI, 2011). Il met en évidence aussi les périmètres de
chaque commune. Ces superficies sont calculées dans cet environnement
SIG de Arc Gis 9.3 en se basant sur le même principe. Le périmètre de la
Ville de Butembo est de 71,91 km.

132
Parcours et Initiatives n° 24, Juillet 2023

Figure 1. Carte de la Ville de Butembo et ses quatre communes (SAHANI, 2011)

Au cours de l’expérimentation, les matériels biologiques et les non


biologiques ont été d’usage.
2.2. Les matériels végétales
Les cormus de 325 grammes chacun issus de trois différents cultivars
Xanthosoma sagittifolium (macabo) et Colocasia esculenta (Mahole ya
baba et Binyangona) ont été prélevé comme matériel végétal.
2.3. Les matériels non végétales
Différents matériels non végétal ont permis la réalisation du travail et
la collecte des données, à savoir une houe, une bèche, un mètre ruban de 30
m de longueur, un latte, un couteau, un pied à coulisse, un arrosoir d’une
capacité de 15 litres, des planches, des chevrons et des clous pour fabriquer
le propagateur et enfin, les sacs d’emballage pour transporter la sciure.

2.4. Conduite de l’essai

2.4.1. Fabrication du propagateur (germoir)


Constitué de caisses en bois, les germoirs sont construits en hauteur
avec diverses dimensions en selon des objectifs de production. C’est qui
importe est de faciliter les manipulations des plantules à l’intérieur de la
chambre humide. Nous avons donc utilisé comme matériaux de

133
Essai comparatif de multiplication rapide des rejets de trois variétés de taro

construction des planches. Le propagateur a été fabriqué avec quatre


planches de bois de trois mètres de longueur et la cinquième est divisée en
deux parties qui constituent les largeurs de 0,5 m de notre propagateur avec
une profondeur est de 0,5m.
Cette profondeur du bac est remplie de la sciure de bois qui va servir de
substrat copieusement arrosé pour fournir des éléments nutritifs aux
plantules produites. Nous avons ajouté à la base du germoir du sable fin,
du gravier sur une épaisseur de 10 cm. On peut aussi utiliser du caoutchouc
plastique perforé pour permettre le drainage de l’eau d’arrosage. La sciure
de bois couvre le germoir à une hauteur de 50 cm environ. La sciure a été
collectée auprès des ateliers de menuiserie des planches de rive, des cages
qui utilisent plus du bois blanc Cordia abyssinca (mulingati) ; ce qui
explique que notre substrat était constitué de la sciure de la même espèce.
2.4.2. La serre
Elle couvre le germoir sur une charpente de 80 cm à 120 cm de hauteur.
La charpente est constituée par une seule pente pour permettre l’écoulement
des eaux pendant la saison pluvieuse. Le germoir a été couvert d’un
plastique résistant et transparent d’une manière étanche.

Figure 2. Le propagateur ensemencé et la serre en caoutchouc


2.4.3. Choix des rejets
Le choix des rejets est capital pour la réussite de la macropopagation.
Les rejets ont été sélectionnés dans les champs de taro situés à proximité
de la réserve forestière de Mususa. Ce choix était orienté de manière à
prélever les tiges de mêmes dimensions afin d’avoir approximativement le
même poids des cormes à expérimenter. Après avoir transplanté les tiges
taros sélectionnées, nous avons procédé directement au parage des

134
Parcours et Initiatives n° 24, Juillet 2023

tubercules sur le champ, puis au décorticage pour réduire le poids lors du


transport.
2.4.4. Parage
Le parage est une opération qui consiste au nettoyage du cormus en
utilisant un couteau ou d’une machette bien aiguisé. Toutes les racines sont
enlevées afin que le cormus soit indemne de maladie (pas de galeries de
nématodes et des pourritures).

Figure 3. Choix et parage d’un bulbe de xanthosoma

2.4.5. Le décorticage
Cette opération consiste à enlever les gaines foliaires l’une après l’autre.
Un ceinture plus ou moins claire est visible selon les variétés qui attache
chaque gaine foliaire au bulbe ; c’est le nœud. Le nombre de gaines foliaires
correspond à celui de nœuds. Il sert pour visualiser les germes ou les
bourgeons. Le décorticage est pratiqué à 2 mm au-dessus du nœud et le
détachement des gaines graduellement jusqu’ à ôter 3 à 5 gaines foliaires.
La pseudo-tige est écourtée à 1 ou 2 cm au-dessus du dernier nœud
perceptible de la tige. Une entaille croisée en angle droit a également été
opérée sur le bourgeon apical pour inhiber le méristème apical et lever la
dormance des bourgeons latéraux.

Figure 4. Décorticage du bulbe après parage.

135
Essai comparatif de multiplication rapide des rejets de trois variétés de taro

Figure 5. Visibilité du germe ou bourgeon et scarification du bourgeon terminal.

Le décorticage permet la visibilité des germes cachés par les gaines


foliaires qui les recouvraient. Ces germes produiront des plantules qui sont
saines et exemptes de traces de maladies, car les méristèmes apicales sont
donc rarement infestés par des microorganismes pathogènes que les autres
tissus de la plante sans doute grâce alors à l’absence de connections
vasculaires directes empêchant le déplacement rapide des microorganismes
internes.

2.4.6. Traitements phytosanitaires préalables

Cette opération s’effectue avant l’ensemencement ; elle consiste à


tremper les cormes dans une solution fongicide-insecticide. Nous avons
mélangé donc 15 ml d’agrolaxil et 15 ml de cyperméthrine dans 10 litres
d’eau dans lesquels sont plongées les cormes.

Figure 6. Désinfection des cormes dans une solution de fongicide-insecticide

2.4.7. Ensemencement ou mise en place au propagateur

Cette action se résume à mettre les cormus dans le germoir. Les cormes
à ensemencer sont pesées au préalable, le poids moyen était de 325
grammes, puis rajeunie avec un couteau bien aiguisé la surface du cormus
en écourtant graduellement la hauteur restante de la pseudo-tige à 2-3 mm.
Laisser reposer 30 à 60 minutes. Dans le germoir, les explants sont écartés
de 10 cm, la partie entaillée de la pseudo-tige disposée vers le haut. La

136
Parcours et Initiatives n° 24, Juillet 2023

sciure fine de bois recouvre les cormus sur une épaisseur de 2 à 3 cm. Il faut
arroser abondamment après plantation, puis deux fois la semaine qui suive
et une fois la troisième semaine. A la quatrième semaine, les différents rejets
apparaissent. La température maximum à l’intérieur du propagateur était de
42°c de la deuxième à la quatrième semaine.
2.4.8. Réactivation
La réactivation n’est pas indispensable chez le taro. Tout dépend
davantage du but de production. Elle est déconseillée aux apprentis. Elle
exige une expérience incontestable et permet de produire une quantité plus
importante de plantules par explant.

Figure 7. Réactivation du bourgeon apical du Taro

2.4.9. Le sevrage
Il intervient 30 à 40 jours après plantation. Les jeunes plants ayant 1 à 3
feuilles sont enlevés avec prudence à l’aide d’un couteau bien aiguisé. En
fonction des variétés, on peut obtenir entre 10 et 50 plants par explant après
une période de 3 mois.

Figure 8. Production et sevrage des plantules à repiquer

2.4.10. Repiquage et acclimatation

La plantule est replantée avec toutes ses racines ; une pépinière conçue
pour cette fin est aménagée pour l’adaptation et l’acclimatation des
plantules issues du propagateur. L’ombrière peut être constituée de

137
Essai comparatif de multiplication rapide des rejets de trois variétés de taro

matériaux locaux disponibles (feuilles de bananier, palmier, paille, natte des


roseaux, de papyrus etc.). La hauteur est de 1,5 à 2 mètres environ.
L’ombrière permet de baisser de 50 % l’incidence des rayons du soleil sur
les plants. La mise en sachet n’est pas obligatoire, car l’enracinement est
vite provoqué. La terre est compressée légèrement sans compacter. Seul, le
bulbe doit être enterré. La plantule trop enfoncée dans le sol prend du temps
pour redémarrer.

2.4.11. L’entretien des plants

Il faut entretenir habituellement la pépinière. Les jeunes plants ne


résistent pas à la concurrence avec les mauvaises herbes. En plus, des
traitements curatifs des explants avec insecticides pourront être exécutés
immédiatement dans les bacs pour combattre les parasites. Dans certains
cas, on pratiquer une fertilisation foliaire entre 6 à 10 semaines après
sevrage.

2.4.12. Dispositif expérimental

Le dispositif expérimental fut le propagateur subdivisé à 3 blocs sur


lequel les trois cultivars ont été testés tout en tenant compte de trois
répétitions de cinq cormes pour chaque cultivar. En vue de la récolte des
informations utiles à notre recherche, 15 cormes ont donc été plantés par
variété ; ce qui donne un total de 45 cormes.
Ces cormes étaient plantées dans la sciure contenue dans le bac à une
profondeur de 20 cm et espacées de 10 cm dans la ligne et 20 cm entre
variétés, les parcelles étant distantes entre elles de 20 cm et de 10 cm de
bordure pour permettre un bon développement de rejets. Il sied de signaler
que l’essai a été installé le 18 mars 2018 et le sevrage des plantules a été
effectué après 42 jours dès la mise en place des cormes dans le propagateur.

2.5. Paramètres observés

Au cours de cette expérimentation, les paramètres mesurés ayant permis


la collecte de données sont le nombre de plantules produites par variétés qui
est alors le paramètre le plus important, le diamètre au collet des rejets et la
hauteur des plantules sevrées à partir du 28 avril 2018 au 23 juin 2018. Le
prélèvement des données étaient réalisées à l’intervalle de 14 jours en vue
de favoriser le développement des plantules et nous nous sommes limités

138
Parcours et Initiatives n° 24, Juillet 2023

aux cinq prélèvements des données qui ont été effectués respectivement en
date du 28 avril, 12 mai, 26 mai, 09 juin et du 23 juin 2018.
Toutefois, la production des plantules est continuelle jusqu’à
l’épuisement définitif des cormes en réserve. Le poids des cormes (325
grammes) et le nombre de germes par variété (20) ont été prélevés avant la
mise des cormes dans le propagateur ; ces facteurs ont été pris en
considération dans les mêmes conditions.

2.6. Analyse statistique des données

Les calculs effectués étaient la moyenne arithmétique, l’écart-type, le


coefficient de variation et l’analyse de la variance à un critère de
classification au seuil habituel de 95 % de probabilité (distribution
matérialisée par le coefficient F de Ficher-Snedecor réalisée grâce à l’outil
Excel pour avoir une valeur tabulaire en vue d’une décision sur la valeur F
observé). En vue d’une bonne analyse, les résultats de l’ANOVA ont été
témoignés par le test de la plus petite différence significative PPDS
(DAGNELIE, 2012).

3. Résultats et discussion
3.1. Diamètre au collet

La figure ci-après présente la moyenne du diamètre au collet des rejets.


3,0
2,5
2,5 2,3
Diamètre au collet (cm)

2,0 1,9

1,5

1,0

0,5

0,0
T1 T2 T3
Traitements

139
Essai comparatif de multiplication rapide des rejets de trois variétés de taro

Figure 9. Moyenne de diamètre au collet

L’analyse de la variance (Fob = 0,61 et Fth = 6,94) montre que les


plantules de toutes les variétés ne sont pas significativement différentes par
rapport au diamètre au collet.

3.2. Hauteur de la tige


La moyenne des hauteurs des traitements est présentée dans la figure ci-
après :
25,0
20,9
19,8
20,0
Hauteur de la tige (cm)

15,0
15,0

10,0

5,0

0,0
T1 T2 T3
Traitements

Figure 10. Moyenne de la hauteur

L’analyse de la variance (Fob = 0,06 et Fth = 6,94) montre que plantules


de toutes les variétés ne sont pas significativement différentes par rapport à
la hauteur.

3.3. Nombre total de plantules produites

Après le sevrage, le nombre total de plantules produites par variété sont


présentées dans le graphique ci-dessous :

140
Parcours et Initiatives n° 24, Juillet 2023

18,0 17,0
15,0

Nombre total de plantules


16,0
14,0
12,0
10,0 9,3
8,0
6,0
4,0
2,0
0,0
T1 T2 T3
Traitements

Figure 11. Moyenne des plantules produites par variété

L’analyse de la variance (Fob = 2,54 et Fth = 6,94) montre que les


plantules de toutes les variétés ne sont pas significativement différentes par
rapport au nombre de rejets produits.

3.4. Discussion des résultats

Après analyse de toutes les données, les résultats montrent qu’il n’existe
pas des différences significatives entre les variétés pour tous divers
paramètres étudiés. La variété « Binyangona » présente une moyenne de
diamètre au collet de 2,5 cm suivi de la variété « Macabo » (2,3 cm) et enfin,
la variété « Mahole ya baba » (1,9 cm). Quant à la hauteur, le « Macabo »
a présenté une hauteur de 20,9 cm suivi « Mahole ya baba » (19,8 cm) et
enfin, « Binyangona » (15 cm). Pour le nombre moyen de diverses
plantules produites par corme, l’expérimentation prouve que le « Macabo »
s’est qualifié en produisant plus de plantules (17) suivi de la variété
« Binyangona » (15) et enfin, le « Mahole ya baba » (9,3).
La vigueur de la croissance en hauteur observée chez la variété
« Macabo » est due au caractère génétique propre à cette variété. BAIYERI
(2005) a trouvé qu’il existe des différences de hauteur de rejet pour la
culture de bananier par macropropagation après destruction de la
dominance apicale. La variété « Macabo » a produit plus de rejets suite aux
germes saillants suivi de la variété « Binyangona » ayant des germes

141
Essai comparatif de multiplication rapide des rejets de trois variétés de taro

visibles comparativement à la variété « Mahole ya baba » avec les germes


presque invisibles.
TEKRONG (1991) confirme que la qualité du matériel de plantation peut
affecter nombreux aspects de la performance et de la croissance des rejets.
Les recherches de SAGOE (2018) au Ghana réalisées sur 2 substrats, le
sable et la sciure de bois ont été en accord avec nos résultats. Il a trouvé un
accroissement de 6 à 10 par corme et le nombre de pousses a été plus élevé
sur sable (1237) que la sciure de bois (1170). Enfin, le comportement de la
croissance des cultures en multiplication végétatives varie avec l’âge, le
phénotype et l’état physiologique de la plante-mère (PAL, 1980 cités par
KATHIRAVAN et al. (2009)).
Les méthodes conventionnelles d’utilisation du bulbe ou des rejets pour
la propagation sont couteuses et nécessitent une plus longue période et de
superficie pour produire. De plus, bien que la micropagation assure une
production plus rapide ou multiplication de plantes saines, vigoureuses et le
matériel de plantation indemne de maladies, il nécessite des procédés
sophistiqués, habilité et des soins à manipuler souvent. La macropagation
permet la multiplication végétative de rejets au niveau de la ferme (BUAH
& TACHIE-MEN, 2014; FATUROTI et al., 2002).

Conclusion et recommandations

Ce présent travail scientifique avait comme objectif principal la


comparaison de trois divers cultivars de taro du type Xanthosoma (Macabo)
et de deux types de taro de Colocasia (Binyangona et Mahole ya baba) sous
les exigences écologiques de la Ville de Butembo.

De ces résultats obtenus, il ressort que les différentes trois variétés ne


diffèrent pas significativement entre elles. La macropropagation de taro
présente des avantages de produire hors sol des multitudes de rejets
(plantules) dans un petit espace contrôlé, permet de réduire le coût et le
temps par rapport aux rejets produits au champ. 98 jours suffisent largement
pour produire 124 rejets et la production continue jusqu’à l’épuisement en
réserve des cormes, alors qu’il faut 240-300 jours au champ. Eu égard à ce
qui précède, nous suggérons respectivement aux producteurs familiaux,
aux divers acteurs de la chaîne de valeur et en fin de compte, aux
chercheurs de recourir à la macropropagation pour la production en grande
échelle.

142
Parcours et Initiatives n° 24, Juillet 2023

Références bibliographiques

ANONYME. (2002). La culture du taro. In Memento de l’agronome


(Nouvelle édition, p. 1698).
BAIYERI, K. P. (2005). Response of Musa species to macro-propagation.
II : The effects of genotype, initiation and weaning media on sucker
growth and quality in the nursery. African Journal of Biotechnology,
4(3), Article 3. [Link]
BLOMME, G., JACOBSEN, K., OCIMATI, W., BEED, F., NTAMWIRA,
J., SIVIRIHAUMA, C., SSEKIWOKO, F., NAKATO, V., KUBIRIBA,
J., TRIPATHI, L., TINZAARA, W., MBOLELA, F., LUTETE, L., &
KARAMURA, E. (2014). Fine-tuning banana Xanthomonas wilt control
options over the past decade in East and Central Africa. European
Journal of Plant Pathology, 139(2), 271‑287.
[Link]
BUAH, J. N., & TACHIE-MEN, J. W. (2014). Suitability of Bud
Manipulation Technique as an Alternative to Tissue Culture in the
Production of Suckers for Plantains and Bananas.
Biotechnology(Faisalabad), 14(1), 41‑46.
[Link]
DAGNELIE, P. (2012). Analyse statistique à plusieurs variables. Presses
agronomiques de Gembloux.
DHED’A, D. B., MOANGO, A. M., & SWENNEN, R. (2011). La culture
du bananier et bananier plantain en République démocratique du
Congo, support pédagogique (Saint Paul).
FATUROTI, B., TENKOUANO, A., LEMCHI, J., & NNAJI, N. (2002).
Rapid Multiplication of Plantain and Banana - Macropropagation
Techniques : A Pictorial Guide. IITA.
[Link]
macropropagation-techniques-pictorial-guide/
GOBBLEY, & STEEL. (1976). Comment faire progresser la recherche sur
le taro [Cours]. Université de Ghana, Le gon, Ghana.
KATHIRAVAN, M., PONNUSWAMY, A. S., & VANITHA, C. (2009).
Determination of suitable cutting size for vegetative propagation and
comparison of propagules to evaluate the seed quality attributes in
Jatropha. Natural Product Radiance, 8(28), 162‑166.
NDUNGO, V., BAKELANA BA-KUFIMFUTU, A., EDEN-GREEN, S. J.,
& BLOMME, G. (2004). Un foyer de flétrissement causé par

143
Essai comparatif de multiplication rapide des rejets de trois variétés de taro

Xanthomonas (Xanthomonas campestris pv. Musacearum) en


République démocratique du Congo. InfoMusa, 13(2), 43‑44.
OKEKE, G. C. (1982). Pourridié des racines et pourriture pendant la
conservation du taro, au Nigéria (Institut National de Recherche pour
les plantes-racines, p. 244). CRDI, Ottawa, ON, CA. [Link]
[Link]/handle/10625/20367
SAGOE, R., DZOMEKU, B., OSMAN, A. S., AGYEMAN, K., OMENYO,
E. L., & LAMPTEY, J. N. L. (2018). Developing Low Input Technology
for Rapid Multiplication of Taro (Colocasia esculenta) Planting Material.
Agricultural and Food Science Journal of Ghana, 11, 968‑976.
[Link]
SAHANI, M. (2011). Contexte urbain et climatique des risques
hydrologique de la ville de Butembo, Nord-Kivu/ R.D. C [Thèse de
doctorat]. Université de Liège.
TEKRONY, D. M., & EGLI, D. B. (1991). Relationship of Seed Vigor to
Crop Yield : A Review. Crop Science, 31(3), 816‑822.
[Link]
TERRY, ODURO, & CAVANESS. (1980). Plantes-racines tropicales ;
stratégies de recherches pour les années 1980, compte rendu du premier
symposium de la société internationale (Direction Afrique Ibadan).
VANDENPUT, R. (1981). Les principales cultures en Afrique centrale.
Administration Générale de la Coopération au développement.

144

Vous aimerez peut-être aussi