Analyse 1
Analyse 1
ANALYSE 1
2 Trigonométrie 7
2.1 Les fonctions circulaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2 Graphes des fonctions circulaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.3 Formules de trigonométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.4 Equations trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.4.1 Résolution du système (S) : (cos x = c) ∧ (sin x = s) . . . . . . 12
2.4.2 Résolution de l’équation cos x = c . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.4.3 Résolution de l’équation sin x = s . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.4.4 Résolution de l’équation tan x = t . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.4.5 Expressions de la forme A cos x + B sin x. . . . . . . . . . . . . . 15
3 Dérivation et intégration 15
3.1 Pente de la tangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.2 Règles de dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.3 Dérivées d’ordre supérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.4 Dérivation et monotonie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.5 Intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.6 Primitivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
6 Déformations du graphe 31
7 Trigonométrie hyperbolique 33
7.1 Les fonctions ch, sh et th . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
7.2 Formules de trigonométrie hyperbolique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
9 Calculs d’intégrales 36
9.1 Changement de variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
9.2 Intégration par parties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
Dérivation et intégration 1 Fonctions de R dans R.
Introduction
En prenant appui sur les acquis de Terminale, l’objectif de cette partie du cours est
d’étudier les fonctions numériques de la variable réelle, c’est-à-dire les fonctions de R
dans R, du point de vue de la dérivation et de l’intégration.
Afin de mettre rapidement en place des techniques de calcul, certaines définitions man-
queront de rigueur et certains résultats seront admis. Ces définitions et résultats seront
repris, précisés et démontrés lors de chapitres ultérieurs.
On considère également que la géométrie plane n’a aucun secret pour vous. Sa théorie
ne sera pourtant mise en place qu’en fin d’année.
1 Fonctions de R dans R.
Notations : Nous emploierons dans les énoncés ci-dessous l’une des deux notations
suivantes :
Notation a) : Soit D et E deux parties de R. On considère une application f , de D
dans E, ce qui signifie que, pour tout x ∈ D, on se donne un unique f (x) ∈ E.
Notation b) : On considère une fonction f de R dans R, ce qui signifie que, pour tout
x ∈ R, on associe ou bien aucun réel, ou bien un unique réel qui est alors noté f (x).
Remarque. En pratique, les deux mots application et fonction sont souvent considérés
comme synonymes et c’est le contexte qui permet de savoir laquelle des notations
précédentes est employée.
— On note f |D′ l’application de D′ dans E qui à x associe f (x). On dit que f |D′
est la restriction de f à D′ .
′
— Lorsque, pour tout x ∈ D, f (x) ∈ E ′ , on note f |E l’application de D dans E ′
′
qui à x associe f (x). On dit que f |E est la corestriction de f à E ′ .
′
— Lorsque, pour tout x ∈ D′ , f (x) ∈ E ′ , on note f |E ′
D ′ l’application de D dans E
′
0
1 3 4
−1
Notation. On notera P le plan usuel, muni du repère orthonormé direct R = (O,~ı, ~).
x x
Lorsque x, y ∈ R, on notera le point de coordonnées (x, y). Ainsi, = O + x~ı + y~.
y y
Avec la notation b), si f est une fonction de R dans R, son graphe noté Cf vérifie :
n o
x
Cf = / x ∈ Df .
f (x)
Définition. (Notation b)) Lorsque y = f (x), où x ∈ Df et y ∈ R,
— on dit que y est l’image de x par f et
— que x est un antécédent de y par f .
Tout élément x de Df possède une unique image f (x) par f ,
mais si y ∈ R, y peut ne posséder aucun antécédent par f , il peut aussi en posséder
plusieurs.
Définition. Soit f une application d’un ensemble quelconque E dans un ensemble
quelconque F (ainsi E et F ne sont pas forcément des parties de R).
— On dit que f est surjective si et seulement si ∀y ∈ F, ∃x ∈ E, y = f (x). Ainsi,
f est surjective si et seulement si tout élément de F possède au moins un
antécédent.
1
e− x2
1.0
0.8
0.6
0.4
0.2
0
x
−5 −4 −3 −2 −1 1 2 3 4
−0.2
sin x
1.0
0.8
0.6
0.4
0.2
0
x
−7 −6 −5 −4 −3 −2 −1
−0.2 1 2 3 4 5 6
−0.4
−0.6
−0.8
−1.0
Propriété.
— Le graphe d’une fonction paire est symétrique par rapport à l’axe des ordonnés.
— Le graphe d’une fonction impaire est symétrique par rapport à l’origine des axes.
— Le graphe d’une fonction T -périodique est invariant par la translation de vecteur
T− →
ı.
Démonstration.
Avec la notation b), supposons que f est paire.
Notons S la symétrie par rapport à l’axe Oy. Alors, avec les notations précédemment
x −x
définies, pour tout x, y ∈ R, S = , donc
y y
n o
−x
S(Cf ) = / x ∈ Df
f (x)
n o
x
= / − x ∈ Df
f (−x)
n o
x
= / x ∈ Df ,
f (x)
car f est paire, donc S(Cf ) = Cf .
Application réciproque :
Soit f une application d’un ensemble quelconque D dans un ensemble quelconque E
(ainsi D et E ne sont pas forcément des parties de R).
Soit f une application de D dans E (notation a)).
— On dit que f est bijective si et seulement si f est injective et surjective, c’est-à-
dire si et seulement si tout élément de E possède un unique antécédent. Ainsi
f est bijective si et seulement si pour tout y ∈ E, il existe un unique xy ∈ D tel
que y = f (xy ).
— Dans ce cas, en notant xy = f −1 (y), on définit une application f −1 de E dans
D, qui est également bijective. C’est la bijection réciproque de la bijection f .
— Lorsque f est bijective, f −1 est également bijective et (f −1 )−1 = f .
De plus f ◦ f −1 = IdE et f −1 ◦ f = IdD , où IdE est l’application de E dans E
qui à x associe x.
— f est bijective si et seulement si il existe une application g de E dans D telle
que f ◦ g = IdE et g ◦ f = IdD . Dans ce cas, f −1 = g.
Démonstration.
Admis pour le moment
Propriété. Si f est une bijection d’une partie E de R vers une partie F de R, alors
le graphe de f −1 est le symétrique du graphe de f pour la symétrie orthogonale selon
la première diagonale, c’est-à-dire la droite d’équation y = x.
Les deux courbes sont donc image l’une de l’autre dans un miroir oblique penché à 45◦ .
Démonstration.
Notons C le graphe de f et C ′ le graphe de f −1 .
Soit M un point de C, dont les coordonnées sont notées (x, y). Alors x ∈ E et y = f (x).
Donc y ∈ F et le point M ′ de coordonnées (y, x) = (y, f −1 (y)) appartient à C ′ . La
réciproque étant similaire, on a montré qu’un point de coordonnées (x, y) est dans C
si et seulement si le point de coordonnées (y, x) est dans C ′ .
Notons P le plan usuel et s l’application de P dans P qui au point M de coordonnées
(x, y) associe le point s(M ) de coordonnées (y, x). Ainsi, C ′ est l’image de C par s,
au sens que C ′ = {s(M ) / M ∈ C}, ce que l’on écrit plus concisément sous la forme
C ′ = s(C).
Or s est la symétrie de l’énoncé. En effet, le milieu de M et de s(M ) a pour coordonnées
−−−−−→
( x+y
2
, x+y
2
) donc il appartient à la première diagonale. De plus le vecteur M s(M ) a pour
coordonnées (y −x, x−y) : il est orthogonal au vecteur de coordonnées (1, 1), qui dirige
la première diagonale.
√
Exemple. Les fonctions x 7−→ x2 et x 7−→ x.
Définition. Soit f et g deux applications définies sur D à valeurs dans R.
On dit que f est inférieure à g sur D, et on note f ≤ g, lorsque : ∀x ∈ D, f (x) ≤ g(x).
Remarque. La notation “f < g” désignera
parfois la condition [∀x ∈ D, f (x) < g(x)],
et d’autres fois la condition [(f ≤ g) et (f 6= g)],
2 Trigonométrie
2.1 Les fonctions circulaires
i B
θ
O cos θ 1 A
Définition. Vous verrez plus tard qu’on définit la fonction exponentielle complexe
par la formule :
n
z
X zk
∀z ∈ C, e = lim .
n→+∞
k=0
k!
Démonstration.
iθ z+z eiθ + e−iθ
Soit θ ∈ R. Posons z = e . cos θ = Re(z) = = .
2 2
Propriété. La fonction cos est paire.
La fonction sin est impaire.
Démonstration.
C’est clair avec les formules d’Euler.
Propriété. 2π est la plus petite période de la fonction cos.
2π est la plus petite période de la fonction sin.
Démonstration.
Admis pour le moment.
Propriété. On démontrera également plus tard que, pour tout θ ∈ R,
sin θ = 0 ⇐⇒ ∃k ∈ Z, θ = kπ
∆
⇐⇒ θ ≡ 0 [π]
⇐⇒ θ ∈ πZ, et
π
cos θ = 0 ⇐⇒ ∃k ∈ Z, θ = 2
+ kπ
∆
⇐⇒ θ ≡ π2 [π]
⇐⇒ θ ∈ π2 + πZ.
Remarque. On peut visualiser ces propriétés sur le cercle unité du plan complexe,
aussi appelé le cercle trigonométrique.
Définition des fonctions tangente et cotangente : On pose
sin θ cos θ
tan θ = et cotan θ = .
cos θ sin θ
D’après la remarque précédente, la fonction tangente est définie sur R \ ( π2 + πZ) et la
fonction cotangente est définie sur R \ πZ.
Ces deux nouvelles fonctions sont π-périodiques et impaires.
Remarque. D’après le théorème de Thalès, les longueurs des côtés du triangle OAB
OA cos θ AB sin θ
(cf figure ci-dessus) vérifient les relations = et = , d’où l’on déduit
OB 1 OB 1
AB
la relation tan θ = . Ces relations concernent le triangle OAB, indépendamment
OA
du repère choisi.
On retrouve ainsi les formules bien connues concernant un triangle rectangle :
Formules : Soit OAB un triangle rectangle en A.
Par définition, l’hypoténuse (nom féminin) est le côté opposé à l’angle droit.
Notons θ = AOB[ l’angle au sommet O. Alors
OA longueur du côté adjacent
cos θ = = et
OB longueur de l’hypoténuse
AB longueur du côté opposé
sin θ = = .
OB longueur de l’hypoténuse
On en déduit que
AB longueur du côté opposé
tan θ = = .
OA longueur du côté adjacent
Cette dernière formule permet d’interpréter géométriquement la quantité tan θ : sur
la figure suivante, c’est la longueur du segment [I, J], ou bien du segment [H, K].
J
sin θ
H
θ
I
O cos θ 1 K
−π π 3π
−π 2 0 2
π 2
2π
−1
1
cos
−π π 3π
−π 2 0 2
π 2
2π
−1
Démonstration.
cos(a + b) + i sin(a + b) = ei(a+b) = eia eib = (cos a + i sin a)(cos b + i sin b) et on conclut
en passant aux parties réelle et imaginaire.
En particulier, on obtient les propriétés de symétrie suivantes :
Formules de symétrie : Lorsque les quantités qui interviennent sont définies,
cos(π + θ) = − cos(θ) sin(π + θ) = − sin(θ) tan(π + θ) = tan(θ)
cos(π − θ) = − cos(θ) sin(π − θ) = sin(θ) tan(π − θ) = − tan(θ)
π
cos( 2 + θ) = − sin(θ) sin( 2 + θ) = cos(θ) tan( π2 + θ) = −cotan (θ)
π
cos(a − b) = cos a cos b + sin a sin b et sin(a − b) = sin a cos b − cos a sin b,
tan a + tan b tan a − tan b
tan(a + b) = et tan(a − b) = .
1 − tan a tan b 1 + tan a tan b
Démonstration.
Pour la formule relative à tan(a + b), on suppose que cos(a + b), cos a et cos b sont tous
trois non nuls.
sin a cos b + sin b cos a
tan(a+b) = : on conclut en divisant le numérateur et le dénominateur
cos a cos b − sin a sin b
par la quantité cos a cos b.
Formules de duplication : Lorsque les quantités qui interviennent sont définies,
cos(2a) = cos2 a − sin2 a = 2 cos2 a − 1 = 1 − 2 sin2 a,
sin(2a) = 2 sin a cos a,
2 tan a
tan(2a) = .
1 − tan2 a
Premières formules de linéarisation :
cos(2a) + 1 1 − cos(2a)
cos2 a = et sin2 a = ≥ 0.
2 2
2 cos a. cos b = cos(a + b) + cos(a − b),
2 sin a. sin b = cos(a − b) − cos(a + b),
2 sin a. cos b = sin(a + b) + sin(a − b).
Formules de factorisation :
p+q p−q
cos p + cos q = 2 cos cos ,
2 2
p+q p−q
cos p − cos q = −2 sin sin ,
2 2
p+q p−q
sin p + sin q = 2 sin cos ,
2 2
p−q p+q
sin p − sin q = 2 sin cos .
2 2
Démonstration.
⋄ Première méthode : dans les trois dernières formules de linéarisation, on remplace
p+q p−q
a et b par et .
2 2
⋄ Seconde méthode : A l’aide des complexes.
p+q p−q q−p
cos p + cos q = Re(eip + eiq ) = Re ei 2 (ei 2 + ei 2 ) , donc
p+q
cos p + cos q = 2 cos p−q
2
× Re(ei 2 ) = 2 cos p+q
2
cos p−q
2
.
Les autres formules se démontrent de la même façon.
Remarque. Selon le programme officiel, ces formules de factorisation ne sont pas
à connaı̂tre par coeur (mais ce n’est pas interdit) : vous devez être capable de les
redémontrer.
Formules (hors programme) : Lorsque les quantités qui interviennent sont définies :
en posant u = tan( θ2 ), on a
1 − u2 2u 2u
cos θ = , sin θ = , tan θ = .
1 + u2 1 + u2 1 − u2
Démonstration.
On suppose que θ ∈ R \ (π + 2πZ) afin que u soit défini.
sin2 (θ/2)
1 − u2 1 − cos 2 (θ/2) cos2 (θ/2) − sin2 (θ/2)
Alors, = = = cos θ.
1 + u2 sin2 (θ/2)
1 + cos 2 (θ/2)
cos2 (θ/2) + sin2 (θ/2)
On procède de même pour la seconde formule.
Remarque. Notons C le cercle unité et Mπ le point de coordonnées (−1, 0).
D’après ces formules, un point M de coordonnées (x, y) appartient à C \ {Mπ } si et
1 − t2 2t
seulement si il existe t ∈ R tel que x = 2
et y = .
1+t 1 + t2
On dispose ainsi d’un paramétrage du cercle C privé du point Mπ à l’aide de fractions
rationnelles (c’est-à-dire de fonctions qui s’écrivent comme un quotient de polynômes).
Propriété. Voici les valeurs à connaı̂tre des fonctions trigonométriques :
θ 0 π6 π
4
π
3
π
2
√ √
3 2 1
cos θ 1 2 √2 √2
0
1 2 3
sin θ 0 1
√2
3
2 √2
tan θ 0 3
1 3 non défini
√
Remarque. Les valeurs de tan π6 et de tan π3 sont √13 et 3. C’est cohérent avec le
caractère croissant de tan sur l’intervalle [0, π2 [.
Démonstration.
2 π
1 + cos(2. π4 ) 1
⋄ cos 4 = = .
2 2
⋄ Posons a = π6 .
cos(3a) = cos a cos 2a − sin a sin 2a = cos a(2 cos2 a − 1) − 2 sin2 a cos a,
ainsi cos(3a) = 4 cos3 a − 3 cos a = 0, car 3a = π2 ,
donc 4 cos2 a − 3 = 0.
Définition. On démontrera plus loin que l’application cos réalise une bijection (décroissante)
de [0, π] dans [−1, 1]. On note arccos l’application réciproque.
Résolution de l’équation cos x = c :
Soit c ∈ R. On note (E) l’équation cos x = c, en l’inconnue x ∈ R.
Si c ∈
/ [−1, 1], (E) n’admet aucune solution.
Si c ∈ [−1, 1], posons x0 = arccos(c). Alors
(E) ⇐⇒ cos x = cos x0 ⇐⇒ x ≡ ±x0 [2π].
Ainsi, l’ensemble des solutions de (E) est S = (x0 + 2πZ) ∪ (−x0 + 2πZ).
Démonstration.
On suppose que c ∈ [−1, 1] et on pose x0 = arccos(c).
Il est clair que les éléments de S sont solutions de (E).
Réciproquement, supposons que cos x = cos x0 .
Premier cas : Supposons qu’il existe k ∈ Z tel que x ∈ [2kπ, (2k + 1)π].
Alors x − 2kπ ∈ [0, π] et cos x0 = cos(x − 2kπ), or l’application cos est une bijection
de [0, π] dans [−1, 1], donc x = x0 + 2kπ.
Second cas : Sinon, il existe k ∈ Z tel que x ∈ [(2k + 1)π, (2k + 2)π].
Alors −x ∈ [2k ′ π, (2k ′ + 1)π] où k ′ = −k − 1,
donc on peut appliquer le premier cas à −x.
√
3 π π
Exemple. cos x = ⇐⇒ x ∈ ( + 2πZ) ∪ (− + 2πZ).
2 6 6
Corollaire. Pour tout u, v ∈ R, cos u = cos v ⇐⇒ u ≡ ±v [2π].
Démonstration.
L’implication indirecte est claire. Réciproquement, soit u, v ∈ R tels que cos u = cos v.
Posons x0 = arccos(cos v). Alors cos v = cos x0 = cos u,
donc u ≡ ±x0 [2π] et v ≡ ±x0 [2π], ce qui permet de conclure.
Exercice. Résoudre l’équation (E) : cos x = cos( π3 − 2x).
Solution :
x = π3 − 2x + 2kπ x = π9 + 2k π3
(E) ⇐⇒ ∃k ∈ Z, ou ⇐⇒ ∃k ∈ Z, ou
π π
x = − 3 + 2x + 2kπ x = 3 + 2kπ
Ainsi, l’ensemble des solutions est S = ( π3 +2πZ)∪( π9 +2 π3 Z) : modulo 2π, les solu-
tions sont π3 , π9 , 7π
9
et 13π
9
, que l’on peut représenter sur le cercle trigonométrique.
Définition. L’application sin réalise une bijection (croissante) de [− π2 , π2 ] dans [−1, 1].
On note arcsin l’application réciproque.
Démonstration.
Pour tout x ∈ [− π2 , π2 ], posons f (x) = π2 − x. Ainsi f est une bijection décroissante de
[− π2 , π2 ] dans [0, π].
[−1,1] [−1,1]
Pour tout x ∈ [− π2 , π2 ], sin(x) = cos( π2 − x), donc sin |[− π , π ] = cos |[0,π] ◦ f .
2 2
Ceci permet de conclure car une composée de bijections décroissantes est une bijection
croissante.
Résolution de l’équation sin x = s :
Soit s ∈ R. On note (E) l’équation sin x = s, en l’inconnue x ∈ R.
Si s ∈/ [−1, 1], (E) n’admet aucune solution.
Si s ∈ [−1, 1], posons x0 = arcsin(s). Alors
(E) ⇐⇒ sin x = sin x0 ⇐⇒ (x ≡ x0 [2π]) ∨ (x ≡ π − x0 [2π]).
Ainsi, l’ensemble des solutions de (E) est S = (x0 + 2πZ) ∪ (π − x0 + 2πZ).
Démonstration.
On suppose que s ∈ [−1, 1] et on pose x0 = arcsin(s).
(E) ⇐⇒ sin x = sin x0 ⇐⇒ cos( π2 − x) = cos( π2 − x0 ), donc d’après le paragraphe
précédent, (E) ⇐⇒ π2 − x ≡ ±( π2 − x0 ) [2π] ⇐⇒ (x ≡ x0 [2π]) ∨ (x ≡ π − x0 [2π]).
√
3 π 2π
Exemple. sin x = ⇐⇒ x ∈ ( + 2πZ) ∪ ( + 2πZ).
2 3 3
Propriété. Pour tout u, v ∈ R, sin u = sin v ⇐⇒ (u ≡ v [2π]) ∨ (u ≡ π − v [2π]).
Démonstration.
sin u = sin v ⇐⇒ cos( π2 − u) = cos( π2 − v) . . .
Définition. On démontrera plus loin que l’application tan réalise une bijection (crois-
sante) de ] − π2 , π2 [ dans R. On note arctan l’application réciproque.
Résolution de l’équation tan x = t :
Soit t ∈ R. On note (E) l’équation tan x = t, en l’inconnue x ∈ R \ ( π2 + πZ).
Posons x0 = arctan(t). Alors
(E) ⇐⇒ tan x = tan x0 ⇐⇒ x ≡ x0 [π]).
Ainsi, l’ensemble des solutions de (E) est S = x0 + πZ.
Démonstration.
Résulte du fait que tan est π-périodique : tan(x) = tan(x + kπ) pour tout k ∈ Z.
√
Exemple. tan x = − 3 ⇐⇒ x ∈ (− π3 + πZ).
Corollaire. Pour tout u, v ∈ R \ ( π2 + πZ), tan u = tan v ⇐⇒ u ≡ v [π].
3 Dérivation et intégration
3.1 Pente de la tangente
Propriété. Les fonctions affines de R dans R sont exactement les applications de la
R −→ R
forme où p, y0 ∈ R.
x 7−→ px + y0
Le graphe d’une telle application est la droite d’équation y = px + y0 . On dit que p est
la pente de cette droite et que y0 est l’ordonnée à l’origine.
Remarque. Lorsque le plan usuel est rapporté à un repère orthonormé direct (O,~ı, ~),
outre les droites admettant une équation de la forme y = px + y0 , on dispose également
des droites “verticales”, d’équation x = x0 , où x0 ∈ R. On peut dire que la pente de
ces dernières est infinie.
Deux droites affines du plan sont parallèles si et seulement si elles ont la même pente.
Propriété. Soit f : R −→ R une fonction. Pour tout x0 , x1 ∈ Df , avec x0 6= x1 , la
corde du graphe de f entre les abscisses x0 et x1 est par définition l’unique droite du
plan passant par les points du graphe de f d’abscisses x0 et x1 .
f (x1 ) − f (x0 )
Elle a pour équation : y − f (x0 ) = × (x − x0 ).
x1 − x0
f (x1 ) − f (x0 )
En particulier, la pente de cette droite est égale à .
x1 − x0
Définition. Soit f : R −→ R une fonction définie sur un intervalle I et soit x0 ∈ I.
f (x1 ) − f (x0 )
On dit que f est dérivable en x0 si et seulement si la quantité possède
x1 − x0
une limite lorsque x1 tend vers x0 . Dans ce cas, cette limite est notée f ′ (x0 ) et est
appelée la dérivée de f en x0 .
Remarque. Nous ferons plus tard la théorie des notions de limite et de dérivée.
Informellement, lorsque f est dérivable en x0 , la corde du graphe de f entre les abscisses
x0 et x1 tend vers une droite non verticale, de pente f ′ (x0 ), que l’on appelle la tangente
au graphe de f en le point de coordonnées (x0 , f (x0 )). Cette tangente a donc pour
équation : y − f (x0 ) = f ′ (x0 ).(x − x0 ).
Cela dit que la meilleure approximation de f , au voisinage de x0 , parmi l’ensemble des
applications affines, est x 7−→ f (x0 ) + f ′ (x0 ).(x − x0 ).
Il faut retenir que f ′ (x0 ), lorsqu’elle est définie, est la pente de la tangente au graphe
de f en le point d’abscisse x0 .
Définition. Soit I est un intervalle inclus dans Df .
On dit que f est dérivable sur I, ou bien que f est de classe D1 sur I, si et seulement
si f est dérivable en chacun des réels de I.
On dispose alors de l’application f ′ , définie au moins sur I.
Lorsque f ′ est continue sur I, on dit que f est de classe C 1 sur I ; on dit aussi que f
est continûment dérivable sur l’intervalle I.
Exemple. Lorsque f (x) = ax + b, où a et b sont des paramètres réels, f est C 1 et,
pour tout x ∈ R, f ′ (x) = a.
Dans ce cas, le graphe de f est une droite D et toutes les cordes du graphe sont égales
à D.
f (x1 ) − f (x0 )
Exemple. Prenons f (x) = x2 . Alors = x1 + x0 −→ 2x0 , donc f est
x1 − x0 x1 →x0
′
dérivable sur R et f (x) = 2x.
Exercice. Calculer de la même façon la dérivée de x 7−→ x1 .
Exemple. Prenons f (x) = cos x. Soit x ∈ R. D’après une formule de factorisation,
f (x) − f (y) x + y sin x−y sin t f (x) − f (y)
= − sin × x−y2 . Or −→ 1, donc −→ − sin(x).
x−y 2 2
t t→0 x − y y→x
′
Ceci prouve que cos est dérivable et que cos = − sin.
d
— (cos(cos x)) = sin x × sin(cos x).
dx
d d sin x 1
— (tan x) = = 2
= 1 + tan2 x.
dx dx cos x cos x
d 1 1
— (arcsinx) = =√ .
dx cos(arcsinx) 1 − x2
d 1 −1
— (arccosx) = =√ .
dx − sin(arccosx) 1 − x2
d 1 1
— (arctanx) = ′
= .
dx tan (arctanx) 1 + x2
3.5 Intégration
Définition. Soit a, b ∈ R avec a < b. Soit f : [a, b] −→ R une application continue.
Z b
On note f (t)dt (prononcer “intégrale de a à b de f(t) dt”) l’aire comprise entre l’axe
a
des abscisses (noté Ox) et le graphe de f , en comptant positivement les aires au dessus
de l’axe Ox (donc lorsque f (x) ≥ 0) et négativement les aires situées au dessous de
l’axe Ox (lorsque f (x) ≤ 0).
Remarque. On utilise une notion d’aire mal définie. C’est une définition intuitive et
informelle. Nous construirons une théorie de l’intégration plus rigoureuse ultérieurement.
Z b
Exemple. Pour tout c ∈ R et a < b, cdt = c(b − a), car c’est l’aire d’un rectangle.
Z a a
a2
Pour a > 0, tdt = , car c’est la moitié de l’aire d’un carré de côté a.
0 2
Si réciproquement, il existe λ ∈ R tel que, pour tout x ∈ [a, b], g(x) = λf (x), on vérifie
aisément que l’inégalité de Cauchy-Schwarz
Z est une égalité.
b
Il reste à examiner le cas où f (x)2 dx = 0. L’application x 7−→ f (x)2 étant continue
a
et positive, dans ce cas, l’application f est identiquement nulle et la propriété est simple
à vérifier.
3.6 Primitivation
Définition. Soit I un intervalle de R et f une application de I dans R que l’on
suppose continue.
On dit que F est une primitive de f sur I si et seulement si F est dérivable et F ′ = f .
Remarque. Ainsi, l’opération de primitivation d’une fonction est l’opération réciproque
de la dérivation.
Propriété. Avec les hypothèses et notations précédentes, si F0 est une primitive de
f , alors les autres primitives de f sont exactement les applications F0 + k, où k est une
fonction constante.
Ainsi, f ne possède pas une primitive unique, mais on peut dire que cette primitive est
unique à une constante additive près.
Démonstration.
F est une primitive de f si et seulement si (F0 − F )′ = 0.
On admet pour le moment le théorème suivant :
Théorème fondamental de l’analyse : Soit I un intervalle de R et f une application
de I dans R Zque l’on suppose continue. Soit x0 ∈ I.
x
Alors x 7−→ f (t)dt est l’unique primitive de f qui s’annule en x0 .
x0
Z x
Remarque. Cela signifie que x 7−→ f (t)dt est une fonction dérivable sur I et que
Z x0
d x
f (t)dt = f (x).
dx x0
Corollaire. Soit f une application continue d’un intervalle I dans R.
Si F est une primitive de f , alors pour tout a, b ∈ I,
Z b
∆
f (t)dt = F (b) − F (a) = [F (t)]ba .
a
Démonstration. Z x
Posons F0 (x) = f (t)dt : F0 est une primitive de f , donc il existe k ∈ R tel que,
a Z b
pour tout x ∈ I, F (x) = F0 (x) + k. Ainsi, f (t)dt = F0 (b) = F (b) − F (a).
a
Exemple.
Exemple.
Z Si f est définie et continue sur R, alors
d x d
f (t) dt = (F (x) − F (−x)) = f (x) + f (−x).
dx −x dx
Alors la quantité f (x) possède une limite dans R, lorsque x tend vers m (resp : M ).
Théorème.
Soit a, b ∈ R avec a < b et soit f une application continue de [a, b] dans R.
Alors f est bornée et elle atteint ses bornes, c’est-à-dire
qu’il existe α, β ∈ [a, b] tel que, pour tout x ∈ [a, b], f (α) ≤ f (x) ≤ f (β).
Notation. Pour la suite de ce paragraphe, on fixe un intervalle I de cardinal infini.
Théorème des valeurs intermédiaires (TVI) :
Soit f : I −→ R une application continue à valeurs réelles. Soit a, b ∈ I avec a < b.
Alors, pour tout réel k compris entre f (a) et f (b), il existe c ∈ [a, b] tel que f (c) = k.
Seconde formulation du TVI :
L’image d’un intervalle par une application continue à valeurs réelles est un intervalle.
Théorème. Soit f : I −→ R une fonction continue. Alors f est injective si et
seulement si elle est strictement monotone.
Théorème de la bijection :
Soit f : I −→ R une application continue et strictement monotone.
Ainsi, en notant encore f la restriction f |f (I) , f est une bijection de I dans f (I).
Alors, f −1 : f (I) −→ I est également continue et strictement monotone (de même
sens de variation que f ).
Remarque. Il est élémentaire de démontrer que, si f est strictement monotone, alors
f est une bijection de I dans f (I) et que son application réciproque f −1 est également
monotone strictement, de même sens de variation que f . La continuité de f −1 est moins
évidente.
Définition. Soit f une application définie sur un intervalle I et à valeurs dans un
autre intervalle J de R.
Soit n ∈ N∗ ∪ {∞}. On dit que f est un C n -difféomorphisme si et seulement si f est
une bijection de I sur J et si f et f −1 sont toutes deux de classe C n .
Caractérisation d’un difféomorphisme : Soit f une application définie sur un
intervalle I et à valeurs dans R. Soit n ∈ N∗ ∪ {∞}.
f est un C n -difféomorphisme de I dans f (I) si et seulement si f est de classe C n et si,
pour tout x ∈ I, f ′ (x) 6= 0.
1
Remarque. C’est cohérent avec la formule : (f −1 )′ (f (x)) = ′ .
f (x)
n
Y X n
∗
Propriété. Pour tout n ∈ N et x1 , . . . , xn ∈ R+ , ln xi = ln(xi ).
i=1 i=1
Démonstration.
Par récurrence sur n à l’aide de la propriété précédente.
Propriété. Pour tout x ∈ R∗+ , ln(x) ≤ x − 1.
Démonstration.
Posons f (x) = x − 1 − ln x lorsque x > 0. f est dérivable sur R∗+ et f ′ (x) = 1 − x1 = x−1
x
,
donc f est décroissante entre 0 et 1, puis croissante entre 1 et +∞. Le tableau de
variations montre ainsi que, pour tout x > 0, f (x) ≥ f (1) = 0.
Remarque. La démonstration précédente prouve même que, pour tout x ∈ R∗+ \ {1},
ln(x) < x − 1.
Propriété. ln(x) −→ +∞.
x→+∞
Démonstration.
⋄ ln est croissante, donc d’après le théorème de la limite monotone, il existe ℓ ∈ R tel
que ln(x) −→ ℓ.
x→+∞
⋄ ln est strictement croissante, donc ln(2) > 0 = ln(1).
⋄ Par récurrence sur n ∈ N, on montre que ln(2n ) = n ln 2, donc ln(2n ) −→ +∞.
n→+∞
Mais 2n −→ +∞ et ln(x) −→ ℓ, donc par composition des limites, ln(2n ) −→ ℓ.
n→+∞ x→+∞ n→+∞
Alors, par unicité de la limite, ℓ = +∞.
Propriété. ln(x) −→+ −∞.
x→0
Démonstration.
Soit x ∈ R∗+ . ln x + ln x1 = ln 1 = 0, donc ln(x) = − ln x1 −→+ −∞, par composition des
x→0
1
limites, en utilisant le fait que −→
x x→0+
+∞ et que ln(y) −→ +∞.
y→+∞
Or, par composition des limites, f (2n ) −→ ℓ, donc par unicité de la limite, ℓ = 0.
n→+∞
Graphe de ln : au tableau.
Définition. La bijection réciproque de la bijection ln |RR∗+ est notée exp.
exp est un C ∞ difféomorphisme de R dans R∗+ .
Pour tout x ∈ R∗+ , exp(ln x) = x et, pour tout x ∈ R, ln(exp(x)) = x.
Propriété. exp(1) = e.
d
∀x ∈ R,(exp(x)) = exp(x).
dx
∀x, y ∈ R, exp(x + y) = exp(x) exp(y).
Démonstration.
D’après la formule de dérivation d’une bijection réciproque,
d 1
(exp(x)) = ′ = exp(x).
dx ln (exp(x))
Soit x, y ∈ R. ln(exp(x + y)) = x + y
et ln(exp(x) exp(y)) = ln(exp(x)) + ln(exp(y)) = x + y,
or ln est strictement croissante, donc elle est injective,
donc exp(x + y) = exp(x) exp(y).
Remarque. Par récurrence, on montre que, pour tout n ∈ N,
· · × e} = en .
exp(n) = e| × ·{z
n fois
De plus, pour tout n ∈ N, exp(n) × exp(−n) = exp(0) = 1,
donc pour tout n ∈ Z, exp(n) = en .
Notation. En cohérence avec cette dernière propriété, on note le plus souvent
∀x ∈ R, exp(x) = ex .
n
x
X xk
Remarque. On montrera plus loin que, pour tout x ∈ R, e = lim . Il est
n→+∞
k=0
k!
n k
z z
X z
donc cohérent de définir e lorsque z ∈ C par la formule e = lim .
n→+∞
k=0
k!
Propriété. Pour tout x ∈ R, ex ≥ 1 + x.
Démonstration.
Soit x ∈ R. Posons t = ex . Ainsi t > 0, donc on sait que x = ln t ≤ t − 1 = ex − 1.
Ainsi, ex ≥ x + 1.
Graphe de exp : au tableau.
Propriété. Regroupons les propriétés fondamentales des fonctions ln et x 7−→ ex :
⋄ Fonction logarithme : Pour tout x, y ∈ R∗+ et n ∈ Z,
— ln(xy) = ln x + ln y,
— ln(1) = 0 et ln(e) = 1,
1
— ln = − ln x,
x
x
— ln = ln x − ln y,
y
— ln(xn ) = n ln x,
— ln est définie sur R∗+ , elle est strictement croissante,
— ln x ≤ x − 1,
ln(t)
— ln(t) −→ −∞, ln(t) −→ +∞, −→ 0.
t→0 t→+∞ t t→+∞
⋄ Fonction exponentielle : Pour tout x, y ∈ R et n ∈ Z,
— ex+y = ex ey ,
— e0 = 1 et e1 = e,
— ex > 0,
1
— e−x = x ,
ex
x−y e
— e = y,
e
— enx = (ex )n .
— exp est définie sur R, elle est strictement croissante,
— ex ≥ 1 + x,
— et −→ 0, et −→ +∞.
t→−∞ t→+∞
et
— −→ +∞.
t t→+∞
Démonstration.
Pour l’avant-dernière ligne, ces limites existent dans R d’après le théorème de la limite
monotone et elles ont les valeurs indiquées car e−n ln 2 = eln(2 ) = 2−n = 21n −→ 0 et
−n
n→+∞
en ln 2 = 2n −→ +∞.
n→+∞
x
Pour la dernière limite : −→ +∞ et et −→ +∞, donc par composition des
ln x x→+∞ t→+∞
et et
limites, = −→ +∞.
t ln(et ) t→+∞
d 1
Remarque. Pour tout x > 0, (lna (x)) = .
dx x ln a
Définition. Soit a ∈ R∗+ . On montre facilement que, pour tout n ∈ Z, an = en ln a .
∆
On convient de noter, pour tout x ∈ R, ax = ex ln a = expa (x) : c’est la fonction
“exponentielle en base a”.
d x
Remarque. Pour tout x ∈ R, (a ) = (ln a)ax .
dx
Propriété. Soit a ∈ R∗+ \ {1}. Les fonctions lna et x −
7 → ax sont des bijections,
réciproques l’une de l’autre :
x2 + 2x + 5
Exemple. Posons f (x) = .
x+1
5
x+2+ x
f (x) = x × −→ +∞, donc f présente une branche infinie au voisinage de
x + 1 x→+∞
+∞ (et aussi de −∞).
f (x) x + 2 + x5
= −→ 1, donc le graphe de f admet une direction asymptotique de
x x + 1 x→+∞
pente 1.
x2 + 2x + 5 x+5
De plus f (x) − x = −x = −→ 1, donc le graphe de f admet pour
x+1 x + 1 x→+∞
asymptote au voisinage de +∞ la droite d’équation y = x + 1.
x+5
Lorsque x + 1 > 0, > 1, donc le graphe de f est au dessus de l’asymptote.
x+1
6 Déformations du graphe
Notation. On fixe à nouveau une partie D de R.
f désigne une fonction de D dans R.
Propriété. On fixe un réel a.
— Le graphe de x 7−→ f (x) + a se déduit du graphe de f par la translation de
vecteur a−→ .
— Le graphe de x 7−→ f (x + a) se déduit du graphe de f par la translation de
vecteur −a− →ı.
— Le graphe de x 7−→ f (a−x) se déduit du graphe de f par la symétrie orthogonale
selon la droite verticale d’abscisse a2 .
— Le graphe de x 7−→ f (ax) se déduit du graphe de f par une affinité orthogonale
d’axe invariant Oy et de coefficient a1 , qui a pour effet,
— lorsque a > 1, d’écraser le graphe de f d’un facteur a vers l’axe des ordonnées,
parallèlement à l’axe Ox,
— lorsque 0 < a < 1, d’étirer le graphe de f d’un facteur a1 autour de l’axe Oy,
parallèlement à l’axe Ox.
— lorsque a < 0, on peut voir cette transformation opérant sur f comme la
composée de la transformation qui à f associe x 7−→ f ((−a)x) avec la trans-
formation qui à f associe x 7−→ f (−x).
— Le graphe de x 7−→ af (x) se déduit du graphe de f par une affinité d’axe
invariant Ox et de coefficient a.
Démonstration.
Pour cet énoncé comme pour la démonstration, on s’est placé dans un plan P usuel
que l’on a muni d’un repère orthonormé direct R = (O,~ı, ~). De plus, pour alléger la
démonstration, on convient d’identifier un point M du plan avec le couple (x, y) de ses
coordonnées (x, y). Alors :
⋄ le point d’abscisse x du graphe t 7−→ f (t) + a est égal à (x, f (x) + a). Il est bien
obtenu à partir du point (x, f (x)) par la translation verticale de vecteur a~.
⋄ les points du graphe de x 7−→ f (x+a) sont les (x, f (x+a)) ou encore les (x−a, f (x)).
Ce dernier point se déduit bien du point (x, f (x)) par la translation de vecteur −a− →ı.
⋄ Le point (x, f (a − x)) se déduit du point (a − x, f (a − x)) par la symétrie s selon
la droite verticale D d’abscisse a2 , car ces deux points ont même ordonnée et ont pour
milieu ( a2 , f (a − x)) ∈ D.
⋄ Par définition, l’affinité d’axe invariant Oy et de rapport a1 est la transformation du
g: P −→ P
plan suivante : .
(x, y) 7−→ ( xa , y)
Les points du graphe de x 7−→ f (ax) sont les (x, f (ax)), ou encore les ( xa , f (x)).
Exemples :
y a = ωt
8
1) 2
6
(x +
y=
x
−4 −3 −2 −1 1 2
y
3
y=
ex
2
y=
e
−1
−x
1
x
−4 −3 −2 −1 1 2
1
π 2π 4π 5π 7π 8π 10π 11π
0 3 3
π 3 3
2π 3 3
3π 3 3
4π
−1
y = sin(1, 6 × x) y = sin x
Remarque. On peut bien sûr composer ces différentes transformations, en considérant
par exemple x 7−→ af (bx + c) + d.
7 Trigonométrie hyperbolique
7.1 Les fonctions ch, sh et th
Définition. On définit les fonctions usuelles suivantes :
ex + e−x
— cosinus hyperbolique : ∀x ∈ R, chx = ,
x
2−x
e −e
— sinus hyperbolique : ∀x ∈ R, shx = ,
2
shx ex − e−x e2x − 1
— tangente hyperbolique : ∀x ∈ R, thx = = x = .
chx e + e−x e2x + 1
Remarque. On notera l’analogie de ces formules avec les formules d’Euler :
eix + e−ix eix − e−ix
cos x = , et sin x = ,
2 2i
On peut utiliser ces différentes relations pour prolonger les fonctions cos, sin, ch et sh
sur C en entier (Hors programme).
Alors, pour tout z ∈ C, ch(z) = cos(iz) et sh(z) = −i sin(iz).
9 Calculs d’intégrales
9.1 Changement de variables
Théorème. On suppose que f est une application continue d’un intervalle I dans R,
et que ϕ est une application de classe C 1 d’un intervalle J dans I. Alors,
Z β Z ϕ(β)
2 ′
∀(α, β) ∈ J f (ϕ(t))ϕ (t)dt = f (x)dx. (1)
α ϕ(α)
Lorsque l’on remplace un membre de cette égalité par l’autre, on dit que l’on effectue
le changement de variable x = ϕ(t).
Démonstration.
Il existe au moins une primitive F de f . Alors F ◦ ϕ est de classe C 1 et
(F ◦ ϕ)′ = ϕ′ × (f ◦ ϕ). Ainsi F ◦ ϕ est une primitive de ϕ′ × (f ◦ ϕ) (laquelle est une
application continue). Ainsi
Z β Z ϕ(β)
′
f (ϕ(t))ϕ (t)dt = (F ◦ ϕ)(β) − (F ◦ ϕ)(α) = F (ϕ(β)) − F (ϕ(α)) = f (x)dx.
α ϕ(α)
Remarque. Cette formule n’est pas à apprendre par coeur. Il faut savoir l’appliquer
mécaniquement en menant mentalement le “raisonnement” suivant :
— Lorsque t varie entre α et β, x = ϕ(t) varie entre ϕ(α) et ϕ(β),
Z β Z ϕ(β)
donc l’intégrale · · · dt devient · · · dx.
α ϕ(α)
— En outre, dx = d(ϕ(t)) = ϕ′ (t)dt, donc f (x)dx = f (ϕ(t))ϕ′ (t)dt.
Z 3π
2
Exemple. Calculons I = sin2 t cos t dt.
0
2 d(sin t) 2
On devine que sin t cos t = sin t, donc si l’on pose x = sin t,
dt
sin2 t cos t dt = x2 dx.
Par ailleurs, pour déterminer comment les bornes sont modifiées par ce changement de
variable, il suffit de dire que lorsque t varie entre 0 et 3 π2 , x = sin t varie entre 0 et −1
(en fait c’est faux, mais c’est ainsi que l’on retrouve la formule correcte énoncée dans
le théorème).
Z 3π Z −1
2 d(sin t) 1
2
Ainsi, I = sin t dt = x2 dx = − . On a utilisé le changement de
0 dt 0 3
variable x = sin t, ce qui est valable car sin est une application de classe C 1 sur R.
Z 1√
Exemple. Calcul de I = 1 − x2 dx.
√ −1
L’application f : x −→ 1 − x2 est bien définie et continue sur I = [−1, 1].
L’application sin étant de classe C 1 , on peut poser x = sin t.
Pour que x = sin t varie entre −1 et 1, il suffit de faire varier t entre − π2 et π2 .
√ √
dx = d(sin t) = cos t dt, donc 1 − x2 dx = cos2 t cos t dt, or pour t ∈ [− π2 , π2 ],
√
cos t ≥ 0, donc 1 − x2 dx = cos2 t dt.
Par ce changement de variable, on obtient donc
Z π Z π π
2 2 1 + cos(2t) t sin 2t 2 π
2
J= cos tdt = dt = + = .
− π2 − π2 2 2 4 −π 2
2
Géométriquement, I correspond à l’aire du demi-disque de centre O et de rayon 1 situé
au dessus de l’axe Ox. On retrouve ainsi que l’aire du disque unité est égale à π.
Remarque. Ces deux exemples montrent que la formule de changement de variable
est autant utilisable de la gauche vers la droite que de la droite vers la gauche.
Dans le premier sens, on a reconnu une expression de la forme ϕ′ (t)f (ϕ(t)) dt, donc on
dispose de la fonction ϕ de changement de variable.
Dans l’autre sens, on décide de poser x = ϕ(t) où x est l’ancienne variable d’intégration
et où t est la nouvelle.
Remarque. On peut utiliser cette formule pour calculer des primitives.
Z
∗ t dt
Exemple. Soit a ∈ R+ . Calculer √ .
t 2+a
Z T Z T
t dt 1 d(t2 + a) dt
√ = √ .
0 t2 + a 0 2 dt t2 + a
On pose x = t2 + a. C’est valable car t 7−→ t2 + a est de classe C 1 .
Lorsque t varie entre 0 et T , x varie entre X0 (dont la valeur n’importe pas ici) et
2
X
Z T= T + a, donc Z X
t dt dx √
√ = √ = X + k, où k est une constante.
0 t2 + a X0Z 2 x
t dt √
On en déduit que √ = t2 + a + k, t ∈ R.
t2 + a √
Ici, il est facile de “deviner” que la dérivée de t −→ t2 + a est égale à l’application à
intégrer, ce qui court-circuite le calcul.
Z
dx
Exemple. Calcul de √ , pour x ∈ R∗+ .
x 1+x 2
La fonction f à intégrer est définie et continue sur R∗+ .
1 1
Posons x = , ce qui est possible car t 7−→ est une application C 1 sur R∗+ .
Z X t Z T Z T t
dx −dt dt √
√ = q =− √ = − ln(T + 1 + T 2 ) + k.
1 x 1 + x2 1 t2 1 1 + t12 1 1 + t2
t
Z
dx 1 r 1
Ainsi, √ = − ln + 1 + 2 + k, x ∈ R∗+ .
x
r 1 + x 2
r x x
1 1 2 1√
De plus, 1 + 2 = (x + 1) = 1 + x2 , donc
Z x x2 x
dx √
√ = ln x − ln(1 + 1 + x2 ) + k, x ∈ R∗+ .
x 1 + x2
Propriété. Soit a ∈Z R∗+ et soit f une Z application continue sur [−a, a].
a a
Si f est paire, alors f (t) dt = 2 f (t) dt,
Z −a
a
0
Remarque. Dans cet exemple on a pris v(t) = − cos t, mais pour toute constante C,
on aurait pu prendre v(t) = − cos t + C. Il arrive qu’un choix judicieux de la constante
C simplifie les calculs.
Théorème.
Z Soit u : I −→ R et vZ: I −→ R deux applications de classe C 1 sur I.
Alors, u(t)v ′ (t) dt = u(t)v(t) − u′ (t)v(t) dt, t ∈ I.
Démonstration.
Soit a ∈ I. Pour tout x ∈ I, Z
Z x x
u(t)v ′ (t) dt = u(x)v(x) − u′ (t)v(t) dt − u(a)v(a).
a a
Exemple. Les Z primitives de ln sont à connaı̂tre.
Pour calculer ln t dt, on pose u(t) = ln t et v ′ (t) = 1. On choisit v(t) = t :
Exemple. Calculer
Z les primitives de arctan.
Pour calculer arctant dt, on pose u(t) = arctant et v ′ (t) = 1. On choisit v(t) = t :
Z Z
t dt 1
arctant dt = t arctant − = t arctant − ln(1 + t2 ) + k, t ∈ R.
1 + t2 2
2 Le plan complexe 3
3 La conjugaison 3
4 Le module 4
6 L’exponentielle complexe 11
6.1 En théorie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
6.2 En pratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
6.2.1 Formules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
6.2.2 Arguments d’un complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
6.2.3 Technique de l’angle moyen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
7 Applications à la trigonométrie 22
7.1 Linéarisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
7.2 Antilinéarisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
8 Équations polynomiales 24
8.1 Racines n-ièmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
8.1.1 Racines n-ièmes de l’unité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
8.1.2 Racines n-ièmes d’un complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
8.2 Équations du second degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
8.2.1 Racines carrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
8.2.2 Racines d’un trinôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
9 Géométrie du plan complexe 27
9.1 Distances et angles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
9.2 Orthogonalité et colinéarité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
9.3 Équation d’un cercle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
Les complexes 1 Construction de C
Les nombres complexes apparaissent pour la première fois dans des écrits mathématiques
au 16ième siècle, pour la résolution d’équations polynomiales de degré 2, 3, ou 4 (Car-
dan, Bombelli). Ils sont alors seulement considérés comme des intermédiaires pour les
calculs, dénués de toute signification et sont appelés des nombres sophistiqués ou im-
possibles. Ce n’est qu’après le milieu du 19ième siècle que les nombres (enfin appelés)
complexes (par Gauss) seront acceptés comme des entités mathématiques bien réelles.
Il aura fallu pour cela la mise en place d’une version géométrique qui relie les complexes
avec le plan (18ième siècle), mais aussi d’une version algébrique qui assimile C avec R2
muni d’une addition et d’un produit convenables (Hamilton au 19ième siècle).
De plus, les complexes se sont imposés par l’étendue de leurs applications, tant en
mathématiques (théorème fondamental de l’algèbre : tout polynôme non constant à
coefficients réels possède au moins une racine complexe, étude des fonctions via l’analyse
complexe etc.) qu’en physique (optique géométrique, électricité, séries de Fourier pour
la résolution de l’équation de la chaleur).
Aujourd’hui, les complexes ont la même “banalité” que les réels en mathématiques et
la physique quantique est fondée sur le corps des complexes (les probabilités émergent
en tant que module au carré de certains complexes).
1 Construction de C
Nous suivons l’approche de Hamilton :
∆
Posons C = R2 .
⋄ On peut vérifier que R2 dispose d’une structure de groupe additif commutatif, en
convenant que, pour tout a, b, c, d ∈ R, (a, b) + (c, d) = (a + c, b + d). L’élément neutre
est 0C = (0, 0) et l’opposé de (a, b) est (−a, −b).
⋄ On définit maintenant sur C un produit en convenant que, pour tout a, b, c, d ∈ R,
(a, b) × (c, d) = (ac − bd, ad + bc).
On vérifie que ce produit est une loi interne, commutative, associative, distributive par
rapport à l’addition, et admettant pour élément neutre 1C = (1, 0). Ainsi, (C, +, ×) est
un anneau commutatif.
⋄ De plus, si (a, b) 6= 0C , on vérifie que
a −b a −b
(a, b) × 2 , = 1C = , × (a, b), donc C est un anneau
a + b 2 a2 + b 2 a2 + b 2 a2 + b 2
commutatif, non réduit à {0C }, dont tout élément non nul est inversible : c’est un corps.
f : R −→ C
⋄ L’application est un morphisme injectif de corps, c’est-à-dire
a 7−→ (a, 0)
que, f (1R ) = 1C et pour tout x, y ∈ R, f (x + y) = f (x) + f (y) et f (xy) = f (x)f y).
On utilise cette application pour identifier R et {(a, 0)/a ∈ R}, en convenant que, pour
tout a ∈ R, a = (a, 0).
⋄ Soit z ∈ C. Il existe a, b ∈ R tels que z = (a, b). On peut vérifier que
z = (a, 0) + (0, b) = (a, 0) + [(b, 0) × (0, 1)], donc grâce à l’identification précédente,
z = a + b × (0, 1).
∆
On pose i = (0, 1). Ainsi,
∀z ∈ C, ∃!a, b ∈ R, z = a + ib.
On dit que a est la partie réelle de z, elle est notée a = Re(z).
On dit que b est la partie imaginaire de z, elle est notée b = Im(z).
L’écriture du complexe z sous la forme z = Re(z)+iIm(z) s’appelle l’écriture algébrique
de z.
⋄ Ainsi, C est un corps, dont R est un sous-corps et dont les lois sont définies par
(a + ib) + (c + id) = (a + c) + i(b + d)
∀a, b, c, d ∈ R,
(a + ib) × (c + id) = (ac − bd) + i(ad + bc)
La dernière égalité se déduit des régles usuelles de calcul dans un anneau commutatif :
(a+ib)×(c+id) = ac+i(bc+ad)+bdi2 et du fait que i2 = (0, 1)×(0, 1) = −(1, 0) = −1.
a − ib
Si z 6= 0, l’inverse de z = a + ib est 2 .
a + b2
Remarque. Si z ∈ C, l’écriture z = a + ib avec a, b ∈ C n’est bien sûr pas unique. Il
n’y a unicité que si l’on impose a, b ∈ R.
Remarque. On a perdu la structure de corps totalement ordonné, caractéristique
de R. En effet, supposons qu’il existe un ordre ≤ sur C pour lequel C est un corps
ordonné, c’est-à-dire tel que, ∀x, y, z ∈ C, [x ≤ y] =⇒ [x + z ≤ y + z]
et [0 ≤ x] ∧ [0 ≤ y] =⇒ [0 ≤ xy].
Soit z ∈ C. Si z ≥ 0, alors z 2 ≥ 0 d’après la règle des signes. Sinon, l’ordre étant total,
z ≤ 0, donc d’après la compatibilité avec l’addition, z + (−z) ≤ −z. Ainsi, −z ≥ 0,
puis (−z)2 ≥ 0.
Ainsi, pour tout z ∈ C, z 2 ≥ 0.
En particulier −1 = i2 ≥ 0, donc 0 = 1 + (−1) ≥ 1. Mais on a aussi 1 = 12 ≥ 0, donc
1 = 0, ce qui est faux.
Définition. Un complexe est un imaginaire pur si et seulement si il est de la forme
ib avec b ∈ R, c’est-à-dire si et seulement si sa partie réelle est nulle.
Propriété. Deux complexes sont égaux si et seulement si ils ont même partie réelle
et même partie imaginaire.
Propriété. Comme dans tout anneau, 0C est absorbant, c’est-à-dire que, pour tout
z ∈ C, 0 × z = 0.
Propriété. Comme pour tout corps, C est intègre, c’est-à-dire que, pour tout z, z ′ ∈ C,
si zz ′ = 0, alors z = 0 ou z ′ = 0.
1
Propriété. = −i .
i
Linéarité des parties réelle et imaginaire : Pour tout z, z ′ ∈ C et α ∈ R,
Re(αz + z ′ ) = αRe(z) + Re(z ′ ) et Im(αz + z ′ ) = αIm(z) + Im(z ′ ).
Démonstration.
Exercice.
2 Le plan complexe
Définition. On considère un plan P affine euclidien orienté, rapporté à un repère
orthonormé direct R = (O,~ı, ~).
Soit (x, y) ∈ R2 . On peut alors définir le complexe z = x + iy et le point M de P dont
les coordonnées dans le repère R sont (x, y).
On dit que z est l’affixe du point M et que M est l’image du complexe z.
Si l’on note M (z) l’image du complexe z, l’application z 7−→ M (z) est une bijection
de C dans P qui permet parfois d’identifier C avec P (muni de son repère R).
−−→ −−→
On dit aussi que z est l’affixe du vecteur OM et que OM est le vecteur image de z.
−−→ −−→
Si l’on note u(z) le vecteur image de z, l’application z 7−→ u(z) est une bijection de C
dans l’ensemble des vecteurs de P .
Pour ces raisons, C est souvent appelé le plan complexe.
Interprétation géométrique de l’addition entre complexes :
Soit z, z ′ ∈ C. Avec les notations précédentes, notons −
→
uz et −
u→
z ′ les vecteurs images de
′ →
− −
→ ′
z et z . Alors le vecteur uz + uz′ a pour affixe z + z .
Ainsi, si l’on identifie C avec l’ensemble des vecteurs de P , l’addition entre complexes
correspond à l’addition entre vecteurs du plan.
Si l’on visualise les deux complexes z et z ′ par deux points Mz et Mz′ du plan P , le
complexe z + z ′ est donc le point qui complète O, Mz , Mz′ en un parallélogramme.
Interprétation géométrique de la différence de deux complexes :
−−−−−−−→
Avec les mêmes notations, z ′ − z est l’affixe du vecteur M (z)M (z ′ ).
Interprétation géométrique du produit d’un complexe par un réel :
−−−−→
Soit z ∈ C et α ∈ R. Alors αz est l’affixe du vecteur αOM (z).
Ainsi, αz est aussi l’affixe de l’image de M (z) par l’homothétie de centre O et de
rapport α.
Remarque. On rappelle que l’homothétie de centre Ω et de rapport λ ∈ R est la
P −→ P
transformation suivante du plan : −−→ .
M 7−→ Ω + λΩM
3 La conjugaison
Grâce à la théorie des polynômes (à venir), on peut également construire C en partant
d’une racine “formelle” du polynôme X 2 + 1, ce qui correspond d’ailleurs à la définition
historique des complexes dégagée au 16ième siècle. De ce point de vue, les deux racines i
et −i du polynôme X 2 +1 jouent des rôles symétriques. C’est pourquoi le fait d’échanger
i en −i est une opération fondamentale dans C.
∆
Définition. Soit x, y ∈ R. Le conjugué du complexe z est le complexe z = x − iy.
Géométriquement, z est le symétrique de z selon l’axe Ox des réels.
Exemple. 1 + i = 1 − i.
Propriété. z ∈ R ⇐⇒ z = z et z ∈ iR ⇐⇒ z = −z.
z+z z−z
Propriété. Pour tout z ∈ C, Re(z) = et Im(z) = .
2 2i
Propriété. La conjugaison est un isomorphisme involutif de corps sur C.
z z
Ainsi, pour tout z, z ′ ∈ C, z = z, z + z ′ = z + z ′ et zz ′ = z × z ′ , ′
= ′.
z z
Démonstration.
On vérifie ces formules en posant z = a + ib et z ′ = a′ + ib′ avec a, b, a′ , b′ ∈ R.
1
Pour la dernière formule, on peut écrire que si zz ′ = 1, alors zz ′ = 1 = 1, donc z ′ = ,
1 1 z
′ 1
or z = z . Ceci prouve que = .
z z
Corollaire. Pour tout n ∈ Z et z ∈ C∗ , z n = z n .
z
Exercice. Déterminer les complexes z tels que est réel.
z−i
Solution : Soit z ∈ C \ {i}.
z z z
∈ R ⇐⇒ = ⇐⇒ zz + iz = zz − iz ⇐⇒ z = −z, donc les
z−i z−i z+i
complexes solutions sont les imaginaires purs différents de i.
4 Le module
L’interprétation géométrique est complétée par le fait que la distance entre deux points
se traduit bien au niveau des complexes, grâce à la notion de module.
∆ p
Définition. Soit x, y ∈ R. Le module du complexe z = x + iy est |z| = x2 + y 2 .
√
Remarque. Avec les notations précédentes, lorsque y = 0, z = x ∈ R et |z| = x2 est
la valeur absolue de x. Ainsi, l’application module, de C dans R+ est un prolongement
de la valeur absolue, ce qui justifie l’emploi de la même notation.
Interprétation géométrique : Soit z ∈ C. Alors, avec les notations précédentes,
−−→
|z| désigne la distance du point M (z) à l’origine, ainsi que la norme du vecteur u(z).
Propriété. Soit z, z ′ ∈ C dont les images sont notées M (z) et M (z ′ ). Alors la distance
entre M (z) et M (z ′ ) est égale à |z − z ′ |.
Démonstration.
−−−−−−−→ −−−−−−−→
z ′ −z est l’affixe du vecteur M (z)M (z ′ ), donc |z−z ′ | = kM (z)M (z ′ )k = d(M (z), M (z ′ )).
√
Propriété. ∀z ∈ C, |z|2 = zz (donc |z| = zz).
Démonstration.
Si z = a + ib avec a, b ∈ R, alors zz = (a + ib)(a − ib) = a2 − (ib)2 = a2 + b2 .
1 z z
Propriété. Pour tout z ∈ C∗ , = = 2.
z zz |z|
1 1−i
Exemple. = .
1+i 2
Propriété. Pour tout z, z ′ ∈ C,
— |z| = |z| (compatibilité du module avec la conjugaison) ;
— |zz ′ | = |z| × |z ′ | (compatibilité du module avec la multiplication) ;
— pour tout n ∈ N, |z n | = |z|n ;
z′ |z ′ |
— si z 6= 0, = .
z |z|
Démonstration. √
Se déduit aisément de la formule |z| = zz et des propriétés du produit et de la
conjugaison.
Propriété. Le module est une norme sur C, c’est-à-dire que l’application |.| : C −→ R
vérifie les propriétés suivantes : Pour tout z, z ′ ∈ C et α ∈ R,
— |z| ≥ 0 (positivité),
— |z| = 0 ⇐⇒ z = 0 (séparation),
— |αz| = |α| × |z| (homogénéité),
— |z + z ′ | ≤ |z| + |z ′ | (inégalité triangulaire).
Démonstration.
Pour l’inégalité triangulaire :
|z + z ′ |2 = (z + z ′ )(z + z ′ ) = |z|2 + |z ′ |2 + 2Re(zz ′ ).
Or, pour tout complexe Z = a + ib avec a, b ∈ R,
|Z|2 = a2 + b2 ≥ a2 , donc |Z| ≥ |a| = |Re(Z)|.
Ainsi, |z + z ′ |2 ≤ |z|2 + |z ′ |2 + 2|zz ′ | = |z|2 + |z ′ |2 + 2|z||z ′ | = (|z| + |z ′ |)2 .
Exemple. Pour tout z ∈ C,
|z| = |Re(z) + iIm(z)| ≤ |Re(z)| + |i||Im(z)| = |Re(z)| + |Im(z)|.
Distance entre complexes : Lorsque x, y ∈ C, la quantité d(x, y) = |x − y| est
appelée la distance entre les deux complexes x et y.
La fonction distance vérifie les propriétés suivantes : pour tout x, y, z ∈ C,
— Positivité : d(x, y) ∈ R+ .
— d(x, y) = 0 ⇐⇒ x = y : d permet de séparer les complexes.
— Symétrie : d(x, y) = d(y, x).
— Inégalité triangulaire : d(x, z) ≤ d(x, y) + d(y, z).
Démonstration.
Ces propriétés se déduisent directement du fait que le module est une norme sur C.
Définition. Soit a ∈ C et r ∈ R+ .
— La boule fermée de centre a et de rayon r est Bf (a, r) = {z ∈ C/|z − a| ≤ r}.
C’est le disque de centre a et de rayon r.
— Lorsque r > 0, la boule ouverte de centre a et de rayon r est
Bo (a, r) = {z ∈ C/d(a, z) < r}. C’est le disque ouvert de centre a et de rayon r.
— La sphère de centre a et de rayon r est S(a, r) = {z ∈ C/d(a, z) = r}. C’est le
cercle de centre a et de rayon r.
Définition. S(0, 1) s’appelle la sphère unité ou bien le cercle unité. Il est noté U.
1
Propriété. Pour tout z ∈ C, z ∈ U ⇐⇒ z = .
z
Démonstration.
1
z = ⇐⇒ zz = 1 ⇐⇒ |z|2 = 1.
z
√
1
1
Exemple. On note j = − + i 3 . Alors, |j|2 = 1
4
+ 3
4
= 1, donc = j.
2 2 j
Théorème. Pour tout z, z ′ ∈ C, |z + z ′ | ≤ |z| + |z ′ |, avec égalité si et seulement si
z
z ′ = 0 ou bien ′ ∈ R+ .
z
Démonstration.
Reprenons la preuve de l’inégalité triangulaire :
|z + z ′ |2 = |z|2 + |z ′ |2 + 2Re(zz ′ ) ≤ |z|2 + |z ′ |2 + 2|zz ′ | = (|z| + |z ′ |)2 , donc
(E) : |z + z ′ | = |z| + |z ′ | ⇐⇒ Re(zz ′ ) = |zz ′ | ⇐⇒ zz ′ ∈ R+ .
Lorsque z ′ = 0, il y a bien égalité.
z z
Supposons maintenant que z ′ 6= 0. Alors zz ′ = ′ |z ′ |2 , donc (E) ⇐⇒ ′ ∈ R+ .
z z
Exercice. Soit n ∈ N avec n ≥ 2. Soit z1 , . . . , zn ∈ C. Montrer que
|z1 + · · · + zn | ≤ |z1 | + · · · + |zn |, avec égalité si et seulement si , pour tout i, j
zi
tels que 1 ≤ i < j ≤ n, (zj = 0) ∨ ( ∈ R+ ).
zj
Solution : L’inégalité se démontre aisément par récurrence sur n.
Soit z1 , . . . , zn ∈ C tels que |z1 + · · · + zn | = |z1 | + · · · + |zn |.
Soit i, j tels que 1 ≤ i < j ≤ n. X Alors,
|z1 + · · · + zn | = zi + zj + zk
1≤k≤n
(k6=i)∧(k6=j)
X
≤ zk + |zi + zj |
1≤k≤n
(k6=i)∧(k6=j)
X
≤ zk + |zi | + |zj |
1≤k≤n
(k6=i)∧(k6=j)
Alors on montre que, pour tout i ∈ {1, . . . , n}, il existe ρi ∈ R+ tel que zi = ρi z1 ,
donc |z1 + · · · + zi | = |(ρ1 + · · · + ρn )z1 | = |z1 | + · · · + |zn |.
Corollaire de l’inégalité triangulaire :
— Pour tout z, z ′ ∈ C, ||z| − |z ′ || ≤ |z − z ′ |.
— Pour tout a, b, c ∈ C, |d(a, b) − d(b, c)| ≤ d(a, c).
Démonstration.
⋄ Soit z, z ′ ∈ C. |z| = |z ′ + (z − z ′ )| ≤ |z ′ | + |z − z ′ |, donc |z| − |z ′ | ≤ |z − z ′ |.
En échangeant z et z ′ , on obtient également |z ′ | − |z| ≤ |z − z ′ |,
donc ||z| − |z ′ || = max{|z| − |z ′ |, |z ′ | − |z|} ≤ |z − z ′ |.
⋄ Soit a, b, c ∈ C. d(a, b) ≤ d(a, c) + d(c, b), donc d(a, b) − d(b, c) ≤ d(a, c).
En échangeant a et c, on a également d(c, b) − d(b, a) ≤ d(a, c), ce qui permet de
conclure.
Définition. Une partie A de C est bornée si et seulement si il existe R ∈ R+ tel que,
pour tout a ∈ A, |a| ≤ R, c’est-à-dire si et seulement si A est incluse dans un disque
centré en 0.
sur E.
5.2 Dérivation
Définition. Soit I un intervalle inclus dans R et f : I −→ C une application. On
verra plus loin que f est continue (resp : dérivable, k fois dérivable, de classe C k où
k ∈ N∗ ∪ {∞}) si et seulement si les applications Re(f ) et Im(f ) sont continues (resp :
dérivables, k fois dérivables, de classe C k où k ∈ N∗ ∪ {∞}).
De plus, lorsque f est k fois dérivable, où k ∈ N∗ , on verra que,
pour tout t ∈ I, f (k) (t) = [Re(f )](k) (t) + i[Im(f )](k) (t).
Propriété. Les formules suivantes, déjà admises pour des fonctions de R dans R sont
aussi valables pour des fonctions de R dans C, ainsi que nous le démontrerons plus
tard.
Les fonctions qui interviennent dans ces formules sont toutes supposées dérivables sur
un intervalle. On se limite éventuellement à un sous-intervalle pour s’assurer que les
quantités qui interviennent dans les formules sont bien définies. :
— Pour tout α, β ∈ C, (αf + βg)′ = αf ′ + βg ′ .
— (f g)′ = f ′ g + f g ′ .
1 ′ f′
— = − 2.
f f
f f ′g − g′f
— = .
g g2
— Si g : R −→ R, alors (f ◦ g)′ = g ′ × (f ′ ◦ g).
— Pour tout n ∈ Z, (f n )′ = nf ′ × f n−1 .
Formule de Leibniz : Soient f et g deux applications d’un intervalle I dans C. Si f
et g sont n fois dérivables sur I, alors f g est n fois dérivable sur I et
n
(n)
X n
(f g) = f (k) g (n−k) .
k
k=0
Démonstration.
La démonstration vue dans le cas des fonctions à valeurs dans R reste valable.
5.3 Intégration
Définition. Soit I un intervalle de R. Soit f : I −→ C une application continue.
Pour tout a, b ∈ I, on pose
Z b Z b Z b
f (t) dt = Re(f (t)) dt + i Im(f (t)) dt.
a a a
Z b Z b Z b Z b
Remarque. Ainsi, Re f (t) dt = Re(f (t)) dt et Im f (t) dt = Im(f (t)) dt.
a a a a
On admettra pour le moment que les intégrales vérifient les propriétés suivantes :
Propriété. Soit I un intervalle inclus dans R.
Soit f et g deux applications continues de I dans C. Soit a, b ∈ I.
Corollaire.
Z b Si f est une application de classe C 1 de I dans C, pour tout a, b ∈ I,
f ′ (t)dt = f (b) − f (a).
a
Z
Notation. L’écriture “ f (t) dt = F (t) + k, t ∈ I” signifiera que f est continue de I
dans C et que l’ensemble des primitives de f est {F + k/k ∈ C}.
Théorème. On suppose que f est une application continue d’un intervalle I dans C,
et que ϕ est une application de classe C 1 d’un intervalle J dans I. Alors,
Z β Z ϕ(β)
2 ′
∀(α, β) ∈ J f (ϕ(t))ϕ (t)dt = f (x)dx.
α ϕ(α)
Lorsque l’on remplace un membre de cette égalité par l’autre, on dit que l’on effectue
le changement de variable x = ϕ(t).
Démonstration.Z β Z Z
β β
′ ′
Soit α, β ∈ J. f (ϕ(t))ϕ (t) dt = Re(f )(ϕ(t))ϕ (t) dt + i Im(f )(ϕ(t))ϕ′ (t) dt,
α α α
puis on effectue le changement de variables x = ϕ(t) dans ces deux intégrales de
fonctions à valeurs réelles.
Remarque. ϕ doit être une fonction de R dans R, donc par exemple, il n’est pas
envisageable, dans un calcul d’intégrales, de poser x = eit .
Théorème. Soit u : IZ −→ C et v : I −→ C deux applications
Z b de classe C 1 sur I.
b
Pour tout (a, b) ∈ I 2 , u(t)v ′ (t) dt = [u(t)v(t)]ba − u′ (t)v(t) dt.
a a
Démonstration.
La démonstration vue pour les fonctions à valeurs dans R reste valable pour les fonc-
tions à valeurs dans C.
Théorème.
Z Soit u : I −→ C et vZ: I −→ C deux applications de classe C 1 sur I.
Alors, u(t)v ′ (t) dt = u(t)v(t) − u′ (t)v(t) dt, t ∈ I.
Démonstration.
La démonstration vue pour les fonctions à valeurs dans R reste valable pour les fonc-
tions à valeurs dans C.
k Z b
X (b − a)h (h) (b − t)k (k+1)
f (b) = f (a) + f (a) + f (t)dt.
h=1
h! a k!
k
X (b − a)h
On note parfois Tk (b) = f (a) + f (h) (a), appelé somme de Taylor à l’ordre
h=1
h!
Z b
(b − t)k (k+1)
k et Rk (b) = f (t)dt, appelé le reste intégral d’ordre k.
a k!
Démonstration.
Au tableau.
n
X xk
Propriété. Pour tout x ∈ R, −→ ex .
k=0
k! n→+∞
Démonstration.
Au tableau.
6 L’exponentielle complexe
6.1 En théorie
Reprenons ce que nous avions écrit pour “définir” les fonctions cos et sin (chapitre
“Dérivation et intégration”, page 5), en détaillant un peu plus. Ceci permet de voir
combien la construction de C dépend de la théorie des fonctions de R dans R (analyse
réelle).
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, |zn − ℓ| ≤ ε.
On dit qu’une suite (zn )n∈N de complexes est convergente si et seulement si il existe
ℓ ∈ C tel que zn −→ ℓ.
n→+∞
P
Définition. On dit que la série de complexes zn converge si et seulement si la suite
X n
de ses sommes partielles zk est une suite convergente de complexes. Dans ce
n∈N
k=0
+∞
X Xn
cas, on note zn = lim zk .
n→+∞
n=0 k=0
P
Propriété. Si zn est une série convergente de complexes, alors zn −→ 0.
Pn→+∞
La réciproque est fausse : on peut avoir zn −→ 0 alors que la série zn diverge.
n→+∞
Démonstration. n
P X
Supposons que zn converge : il existe S ∈ C tel que zk −→ S. Alors, pour tout
n→+∞
k=0
n
X n−1
X
n ≥ 1, zn = zk − zk −→ S − S = 0.
n→+∞
k=0 k=0
Pour montrer que la réciproque est fausse, il suffit de donner un contre-exemple :
Posons zn = ln(1 + n1 ). On a bien zn −→ 0,
n→+∞
n
X n
X
mais zk = (ln(k + 1) − ln k) = l(n + 1) −→ +∞.
n→+∞
k=1 k=1 √ √
Autre exemple classique, avec zn = n + 1 − n : exercice.
P
Théorème. Soit zn une
Xsérie de complexes.
P
Si |z | converge alors zn est une série convergente. On dit dans ce cas que la
Pn
série zn est absolument convergente.
Démonstration.
Admis pour le moment
Propriété. Soit (zn )n∈N une suite de complexes qui converge vers ℓ ∈ C.
Alors zn −→ ℓ.
n→+∞
Démonstration.
Soit ε > 0. D’après l’hypothèse, il existe N ∈ N tel que, pour tout n ≥ N , |zn − ℓ| ≤ ε.
Soit n ≥ N . Alors |zn − ℓ| = |zn − ℓ| ≤ ε.
Propriété. Pour tout z ∈ C, (ez ) = ez .
Démonstration. n
X zk
z
Soit z ∈ C. Par définition de e , −→ ez , donc d’après la propriété précédente,
k=0
k! n→+∞
n n n
X zk X zk X zk
−→ (ez ), mais = −→ ez , donc d’après l’unicité de la li-
k=0
k! n→+∞
k=0
k! k=0
k! n→+∞
(u + v)k X up v q
ϕ est une bijection, donc on peut poser (p, q) = ϕ(p) : = ,
k! p! q!
(p,q)∈Ak
k p q
(u + v) X uv
ce que nous écrirons sous la forme = . Ainsi,
k! (p,q)∈{0,...,n}2
p!q!
p+q=k
n n n
X (u + v)k X uk X v k X X up v q X up v q
| − |=| − |
k! k! k! 2
p!q! p!q!
k=0 k=0 k=0 0≤k≤n (p,q)∈{0,...,n} (p,q)∈{0,...,n}2
p+q=k
X up v q X up v q X up v q
=| − |=| |
(p,q)∈{0,...,n}2
p!q! p!q! p!q!
(p,q)∈{0,...,n}2 (p,q)∈{0,...,n}2
p+q≤n p+q>n
X |u|p |v|q
≤
(p,q)∈{0,...,n}2
p!q!
p+q>n
X |u|p |v|q X |u|p |v|q
= −
p!q! p!q!
(p,q)∈{0,...,n}2 (p,q)∈{0,...,n}2
p+q≤n
n n n
X |u|k X |v|k X (|u| + |v|)k
= − −→ e|u| e|v| − e|u|+|v| = 0,
k=0
k! k=0
k! k=0
k! n→+∞
d’après les propriétés connues de l’exponentielle réelle.
1
Corollaire. Pour tout z ∈ C, ez 6= 0 et z = e−z .
e
Démonstration.
ez e−z = e0 = 1.
Propriété. |ez | = eRe(z) .
Démonstration.
|ez |2 = ez (ez ) = ez ez = ez+z = e2Re(z) , or d’après les propriétés de l’exponentielle réelle,
e2Re(z) = (eRe(z) )2 et eRe(z) ≥ 0, donc |ez | = eRe(z) .
Théorème. ez ∈ U ⇐⇒ z ∈ iR.
En particulier, pour tout θ ∈ R, eiθ ∈ U.
Démonstration.
ez ∈ U ⇐⇒ |ez | = 1 ⇐⇒ eRe(z) = e0 , mais Re(z) et 0 sont deux réels et on sait que
l’exponentielle réelle est injective. Ainsi, ez ∈ U ⇐⇒ Re(z) = 0 ⇐⇒ z ∈ iR.
Formules d’Euler :
∆ eiθ + e−iθ ∆ eiθ − e−iθ
cos θ = Re(eiθ ) = et sin θ = Im(eiθ ) = .
2 2i
De plus,
eiθ = cos θ + i sin θ .
+∞ 2n +∞
X
n θ
X θ2n+1
Propriété. Pour tout θ ∈ R, cos θ = (−1) et sin θ = (−1)n .
n=0
(2n)! n=0
(2n + 1)!
Démonstration.
Soit θ ∈ R. Soit N ∈ N.
2N
X (iθ)n + (−iθ)n
−→ eiθ + e−iθ et d’autre part,
n=0
n! N →+∞
Démonstration.
Posons a = cos θ = cos ϕ et b = sin θ = sin ϕ. a2 + b2 = 1, donc il existe un unique
α ∈ [0, 2π[ tel que a = cos α et b = sin α.
jθ k θ
Posons n = :n≤ < n + 1, donc 0 ≤ θ − 2nπ < 2π. Or cos(θ − 2nπ) = a et
2π 2π
sin(θ − 2nπ) = b, donc d’après l’unicité, α = θ − 2nπ, ce qui prouve que α ≡ θ [2π].
De même, on montre que α ≡ ϕ [2π], donc par transitivité de la relation de congruence,
θ ≡ ϕ [2π].
R −→ U
Paramétrage du cercle unité : l’application est périodique et sa plus
t 7−→ eit
petite période est 2π. Sa restriction à [0, 2π[ est bijective.
Démonstration.
⋄ eit = cos t + i sin t, donc t 7−→ eit est périodique de période 2π.
De plus, si T est une période de t 7−→ eit , pour tout x ∈ R, ei(x+T ) = eix , donc en
prenant la partie réelle, cos(x + T ) = cos x. Ainsi, T est une période de cos, donc
T ∈ 2πN∗ .
⋄ Soit z ∈ U. Posons z = a + ib avec a, b ∈ R. 1 = |z|2 = a2 + b2 , donc il existe un
unique t ∈ [0, 2π[ tel que a = cos t et b = sin t, c’est-à-dire tel que z = cos t+i sin t = eit .
M : [a, b] −→ C
Définition. Soit a, b ∈ R avec a < b et une application de
t 7−→ M (t)
classe C 1 . Notons C = {M (t)/t ∈ [a, b]} : C est une courbe dans le plan complexe,
dont l’application M est un paramétrage. Z
b
Par définition, la longueur de C est égale à |M ′ (t)|dt.
a
Remarque. Informellement, pour tout t ∈ [a, b], entre t et t + dt (où dt est une
quantité infiniment petite), le mobile ponctuel M (t) se déplace dans le plan complexe
d(M (t), M (t + dt)) M (t + dt) − M (t)
à la vitesse constante = = |M ′ (t)|, donc la
(t + dt) − t dt
longueur parcourue par le mobile ponctuel M (t) entre t et t + dt est égale à |M ′ (t)|dt,
Z b
puis par sommation, la longueur totale de la courbe C est bien égale à |M ′ (t)|dt.
a
it
Propriété. Soit θ ∈ [0, 2π]. Notons Cθ = {e /t ∈ [0, θ]} : Cθ est une portion du cercle
unité. Sa longueur est égale à θ. Ceci valide le schéma ci-dessous.
Démonstration.
Ici, M (t) = eit = cos t + i sin t, donc M ′ (t) = − sin t + i cos t = i(cos t + i sin t) = ieit
Z θ
′ it
puis |M (t)| = |i| × |e | = 1. Ainsi, la longueur de Cθ est égale à |M ′ (t)|dt = θ.
0
sin θ eiθ
θ
O cos θ 1 = ei×0
Propriété. Dans le plan complexe, le périmètre d’un cercle de rayon R vaut 2πR.
Démonstration.
Notons C le cercle de centre Ω = a + ib et de rayon R. Ainsi,
C = {x + iy ∈ C/x, y ∈ R ∧ (x − a)2 + (y − b)2 = R2 }
= {x + iy ∈ C/x, y ∈ R ∧ ∃θ ∈ [0, 2π[, x = a + R cos θ et y = b + R sin θ}.
Cette dernière égalité montre que C est paramétré
par M (θ) = (a + R cos θ) + i(b + R sin θ). Z 2π Z 2π
−−−
′ →
Ainsi, la longueur de la courbe C est égale à |M (θ)| dθ = R = 2πR.
0 0
6.2 En pratique
6.2.1 Formules
Nous regroupons les formules rencontrées dans la partie théorique :
— Pour tout u, v ∈ C, eu ev = eu+v ;
1
— Pour tout z ∈ C, ez 6= 0 et z = e−z ;
e
— Pour tout z ∈ C, (ez ) = e(z) ;
— Pour tout z ∈ C, |ez | = eRe(z) .
— ez ∈ U ⇐⇒ z ∈ iR.
— Formules d’Euler :
∆ eiθ + e−iθ
— cos θ = Re(eiθ ) = ,
2
iθ −iθ
∆ e −e
— sin θ = Im(eiθ ) = ,
2i
Définition. Pour tout z ∈ C, il existe ρ, θ ∈ R tels que z = ρeiθ . On dit alors que
(ρ, θ) est un couple de coordonnées polaires du point M (z) (l’image du complexe z).
On peut imposer ρ ≥ 0. Dans ce cas, ρ = |z|. On dit alors que θ est un argument de z
et l’on note θ = arg(z).
Lorsque z 6= 0, on peut imposer ρ > 0 et θ ∈ [0, 2π[. Dans ce cas, le couple (ρ, θ) est
unique.
Démonstration.
Si z = 0, pour tout θ ∈ R, le couple (0, θ) convient. Supposons maintenant que z 6= 0.
Alors, si z = ρeiθ avec ρ ∈ R+ et θ ∈ R, |z| = |ρ| × |eiθ | = |ρ| = ρ.
z
Posons u = . u ∈ U, donc il existe θ ∈ R tel que u = eiθ . Alors, z = |z|eiθ .
|z|
Définition. Un complexe z possède ainsi deux écritures usuelles :
— l’écriture algébrique : z = a + ib avec a, b ∈ R, ou bien z = Re(z) + iIm(z) ;
— l’écriture trigonométrique (ou exponentielle, ou polaire) : z = ρeiθ , avec ρ ∈ R+
et θ ∈ R (l’angle θ n’est défini que modulo 2π), ou bien z = |z|ei arg(z) .
Les relations suivantes font le lien entre ces deux écritures :
lorsque z =√a + ib = ρeiθ avec a, b, ρ, θ ∈ R et ρ ≥ 0,
— ρ = a2 + b 2 ;
a b
— lorsque z 6= 0, cos θ = √ et sin θ = √ ;
2
a +b 2 a + b2
2
b
— Lorsque a 6= 0, tan θ = ;
a
a
— Lorsque z 6= 0 et θ ∈ [0, π], θ = arccos √ ;
2 2
a +bb
— Lorsque z 6= 0 et θ ∈ [− π2 , π2 ], θ = arcsin √ ;
a 2 + b2
b
— Lorsque a 6= 0 et θ ∈] − π2 , π2 [, θ = arctan ;
a b
— Lorsque z 6= 0 et θ ∈] − π, π[, θ = 2arctan √ .
a + a2 + b 2
Démonstration.
θ sin 2θ 2 cos 2θ sin 2θ sin θ b
Pour la dernière formule : tan = θ
= θ
= = √ .
2 cos 2 2 cos2 2 1 + cos θ a + a2 + b 2
C −→ C∗
En particulier, l’application exponentielle est surjective et 2iπ périodique.
z 7−→ ez
Démonstration.
S’il existe k ∈ Z tel que z = ln(ρ) + iθ + 2ikπ, alors ez = eln(ρ) eiθ = ρeiθ .
Réciproquement, supposons que ez = ρeiθ . Alors ρ = |ez | = eRe(z) , donc Re(z) = ln(ρ).
Alors eiIm(z) eRe(z) = ez = ρeiθ = eRe(z) eiθ , or eRe(z) 6= 0, donc eiIm(z) = eiθ . Ainsi,
Im(z) et θ ont même sinus et cosinus, donc il existe k ∈ Z tel que Im(z) = θ + 2kπ.
Ainsi, z = ln(ρ) + iθ + 2ikπ.
Formule de Moivre : Pour tout n ∈ N et t ∈ R, eint = (cos t + i sin t)n .
Démonstration.
Soit n ∈ N et t ∈ R. (cos t + i sin t)n = (eit )n = e|it × ·{z
· · × eit} = eint .
n fois
d zt
Propriété. Pour tout z ∈ C, (e ) = zezt .
dt
Démonstration.
+∞
X tn
Soit z ∈ C. ezt = zn
. Vous verrez plus tard que l’on peut dériver cette égalité
n=0
n!
+∞
d zt X tn−1
terme à terme. Ainsi, (e ) = zn = zetz . Pour vérifier en détails cette
dt n=1
(n − 1)!
+∞
X N
X
dernière égalité, on peut revenir au fait que = lim .
N →+∞
n=1 n=1
α ∆
Définition. Pour tout α ∈ C et x ∈ R∗+ , on note x = eα ln x .
d α
Propriété. Pour tout α ∈ C, (t ) = αtα−1 .
dt
Démonstration.
tα = eα ln t et on utilise la formule de dérivation d’une fonction composée.
Z
Exercice. Calculer ex cos x dx.
Solution : Une double intégration
Z Z par parties mène rapidement
Z au résultat :
ex cos x dx = ex sin x − ex sin x dx = ex sin x + ex cos x − ex cos x dx, donc
Z
ex
ex cos x dx = (cos x + sin x) + k.
2
On
Z peut égalementobtenir
Z cette primitive par un calcul direct :
x x ix
e cos x dx = Re e e dx , or
Z
ex(i+1) 1−i x
ex eix dx = = e (cos x + i sin x) + k, donc on retrouve ainsi que
Z i+1 2
ex
ex cos x dx = (cos x + sin x) + k.
2
7 Applications à la trigonométrie
7.1 Linéarisation
Définition. Linéariser une expression trigonométrique, c’est transformer un produit
de quantités en sin et cos en une somme de sin ou cos. Une méthode de linéarisation
consiste à suivre les étapes suivantes :
— On remplace chaque occurrence en cos ou sin par son expression issue des for-
mules d’Euler ;
— On développe les différents produits qui apparaissent alors ;
— On regroupe les différents termes à l’aide des formules d’Euler pour faire ap-
paraı̂tre une somme de cos et de sin.
Exemple. Linéarisons cos3 θ.
eiθ + e−iθ 3
cos3 θ = , donc d’après la formule du binôme de Newton,
2
1 1 3
cos3 θ = (e3iθ + 3e2iθ e−iθ + 3eiθ e−2iθ + e−3iθ ) = (e3iθ + e−3iθ ) + (eiθ + e−iθ ), donc
8 8 8
3 cos 3θ 3 cos θ
cos θ = + .
4 4
Z
Exemple. Calcul de cos4 t sin2 t dt.
D’après les formules d’Euler et la formule du binôme de Newton,
1 1 1
cos4 t = 4 (eit +e−it )4 = 4 (e4it +4e2it +6+4e−2it +e−4it ) et sin2 t = − (e2it −2+e−2it ),
2 2 4
4 2 1
donc cos t sin t = − 5 (cos(6t) + 2 cos(4t) − cos(2t) − 2).
Z 2
t sin(2t) sin(4t) sin(6t)
Ainsi, cos4 t sin2 t dt = + − − + k.
16 64 64 192
Remarque. Linéariser une expression trigonométrique permet de calculer ses dérivées
d’ordre n, avec n quelconque, ou bien de la développer en série entière, c’est-à-dire de
+∞
X
l’écrire sous la forme an tn où (an ) est une suite de réels. Cela permet aussi d’en
n=0
calculer une primitive, comme dans
Z l’exemple ci-dessus, mais il y a plus rapide que
cette méthode pour le calcul de cosk t sinh t dt dès que k ou h est impair, en posant
u = sin t ou bien u = cos t selon les cas.
7.2 Antilinéarisation
On peut réciproquement transformer toute quantité de la forme cos(at) ou sin(bt), où
a, b ∈ N, sous la forme d’une combinaison linéaire d’expressions de la forme cosk t sinh t,
où k, h ∈ N. On parle alors d’antilinéarisation.
8 Équations polynomiales
8.1 Racines n-ièmes
8.1.1 Racines n-ièmes de l’unité
Définition. Soit n ∈ N∗ . Dans un groupe (G, .), les racines n-ièmes de l’unité sont les
solutions de l’équation an = 1.
Notation. On note Un l’ensemble des racines n-ièmes de l’unité du groupe (C∗ , ×).
π π
Propriété. Un = {e2ik n /k ∈ Z} = {e2ik n /k ∈ [[0, n − 1]]}. C’est le groupe cyclique
π
d’ordre n, engendré par e2i n .
Démonstration.
Soit z ∈ C tel que z n = 1. Posons z = ρeiθ avec ρ ∈ R+ et θ ∈ R.
1 = z n = ρn einθ , donc en passant aux modules, ρn = 1, mais ρ ∈ R+ , donc ρ = 1.
Ainsi z = eiθ et einθ = 1 = ei0 , donc nθ ≡ 0 [2π]. Ainsi, il existe k ∈ Z tel que nθ = 2kπ.
π
Ceci démontre que {z ∈ C/z n = 1} ⊂ {e2ik n /k ∈ Z}. L’inclusion réciproque est claire.
Remarques :
— Il y a exactement n racines n-ièmes complexes de l’unité.
— Géométriquement, les racines n-ièmes de l’unité dessinent un polygone régulier
à n côtés, inscrit dans le cercle unité, dont l’un des sommets est 1.
b 2 ∆ b δ
Ainsi, az 2 + bz + c = 0 ⇐⇒ (z +
) = 2 ⇐⇒ z + =± .
2a 4a 2a 2a
√
−b ± i −∆
Remarque. Lorsque ∆ ∈ R− , les racines sont . L’une est la conjuguée
2a
de l’autre.
Exercice. Résoudre l’équation z 2 − (4 + 3i)z + (1 + 7i) = 0.
Propriété. Soit a, b, c ∈ C avec a 6= 0. Notons z1 et z2 les deux racines (éventuellement
égales à une racine double) du trinôme aX 2 + bX + c.
b c
Alors z1 + z2 = − et z1 z2 = .
a a
C’est un cas particulier des relations coefficients-racines d’un polynôme, que nous ver-
rons plus loin.
Démonstration.
b2 − δ 2 b2 − (b2 − 4ac) c
z1 z2 = 2
= 2
= .
4a 4a a
2
Exemple. Posons P (X) = X − (1 + i)X + i. On remarque que 1 est une racine
“évidente”, or le produit des racines est égal à i, donc les racines sont 1 et i.
2 z1 + z2 = s
Propriété. Soit s, p ∈ C. Alors, pour tout (z1 , z2 ) ∈ C , si et seulement
z1 z2 = p
si {z1 , z2 } est l’ensemble des racines du trinôme X 2 − sX + p.
Démonstration.
Si z1 et z2 sont les deux racines du trinôme P (X) = X 2 − sX + p, alors on vient de
z1 + z2 = s
voir que .
z1 z2 = p
z1 + z2 = s
Réciproquement, supposons que .
z1 z2 = p
Alors P (z1 ) = z12 − z1 s + p = z12 − z1 (z1 + z2 ) + z1 z2 = 0 et de même, on calcule que
P (z2 ) = 0.
Il reste à montrer que, lorsque ∆ = s2 − 4p 6= 0, z1 6= z2 , or la contraposée est claire :
si z1 = z2 , alors s2 − 4p = (2z1 )2 − 4z12 = 0.
Exercice. Déterminer deux complexes dont la somme vaut −1 et
dont le produit vaut 1.
Solution : Ces deux complexes sont les racines de X 2 + X + 1, or on a vu que, j
et j 2 étant les deux racines troisièmes de l’unité différentes de 1, ce sont les deux
racines de X 2 + X + 1.
Propriété. Soit →
−
u et →
−
v deux vecteurs non nuls du plan usuel d’affixes respectifs u
et v. Alors,
— −→u et −
→v sont colinéaires
u
— si et seulement si ∈ R ou encore
v
— si et seulement si Im(uv) = 0 ;
— −→
u et − →v sont orthogonaux
u
— si et seulement si ∈ iR ou encore
v
— si et seulement si Re(uv) = 0.
Si l’on pose u = a + ib et v = c + id, avec a, b, c, d ∈ R,
alors uv = (a − ib)(c + id) = (ac + bd) + i(ad − bc), donc
— Re(uv) = ac + bd =< u, v > : c’est le produit scalaire des deux vecteurs − →
∆
u et
→
−v . Il est nul si et seulement si les deux vecteurs sont orthogonaux.
∆ a c ∆
— Im(uv) = ad − bc = = det(u, v) : c’est le déterminant (aussi appelé le
b d
produit mixte) des deux vecteurs − →u et −
→v . Il est nul si et seulement si les deux
vecteurs sont colinéaires.
Démonstration.
⋄ Notons (C) la condition “− →u et →
−v sont colinéaires”.
(C) ⇐⇒ arg(u) ≡ arg(v) [π] ⇐⇒ arg( uv ) ≡ 0 [π] ⇐⇒ uv ∈ R,
u u
donc (C) ⇐⇒ = ⇐⇒ Im(uv) = 0.
v v
⋄ Notons (C ′ ) la condition “− →u et →
−
v sont orthogonaux”.
(C ) ⇐⇒ arg(u) ≡ arg(v) + 2 [π] ⇐⇒ arg( uv ) ≡ π2 [π] ⇐⇒ uv ∈ iR,
′ π
u u
donc (C ′ ) ⇐⇒ = − ⇐⇒ Re(uv) = 0.
v v
Corollaire. Soit A, B, C trois points du plan usuel, d’affixes respectifs a, b, c ∈ C.
a−b
— A, B et C sont alignés si et seulement si ∈ R, ou encore si et seulement si
c−b
Im((a − b)(c − b)) = 0. On a aussi
C ∈ (AB) ⇐⇒ arg(c − a) ≡ arg(b − a) [π] ⇐⇒ (∃t ∈ R, c = (1 − t)a + tb).
a−b
— Le triangle ABC est rectangle en B si et seulement si ∈ iR ou encore si
c−b
et seulement si Re((a − b)(c − b)) = 0.
Exercice. Soit A et B deux points distincts du plan usuel d’affixes a et b.
À quelle condition le point d’affixe z appartient-il à la droite (AB) ?
Solution : Soit z ∈ C. Notons M le point d’affixe z.
M ∈ (AB) ⇐⇒ Im((a − b)(z − b)) = 0 ⇐⇒ (a − b)(z − b) = (a − b)(z − b), donc
M ∈ (AB) ⇐⇒ (a − b)(z − b) = (a − b)(z − b),
puis M ∈ (AB) ⇐⇒ z(a − b) + z(b − a) = b(a − b) + b(b − a).
En conclusion, M ∈ (AB) ⇐⇒ z(a − b) + z(b − a) = ab − ab.
3 Suites de complexes 17
3.1 Premières propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.2 Quelques suites définies par récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.2.1 Suites arithmético-géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.2.2 Suites récurrentes linéaires d’ordre 2 . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.2.3 Suites homographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
4 Suites de réels 19
4.1 Limites infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
4.2 limites et relation d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
4.3 Suites monotones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4.4 Suites adjacentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1
Suites de vecteurs 1 Espaces vectoriels normés
K désigne R ou C.
Démonstration.
Soit (x, y) ∈ E 2 . N (x) = N ((x − y) + y) ≤ N (x − y) + N (y), donc
N (x) − N (y) ≤ N (x − y). En intervertissant les rôles joués par x et y, on obtient que
N (y) − N (x) ≤ N (x − y), donc
|N (x) − N (y)| = max(N (x) − N (y), N (y) − N (x)) ≤ N (x − y).
Définition.
Soient E un espace vectoriel normé et u ∈ E. u est unitaire si et seulement si kuk = 1.
u
Si u 6= 0, on appelle vecteur unitaire associé à u le vecteur , qui est bien unitaire.
kuk
Définition. Soient E un espace vectoriel normé et F un sous-espace vectoriel de E.
La restriction à F de la norme de E s’appelle la norme induite sur F et F muni de
cette norme induite est un espace vectoriel normé .
Exemple. Sur R et sur C, |.| est une norme.
Démonstration.
• Etude de la norme 1 :
Pour tout x ∈ Kn , kxk1 ≥ 0.
n
X
Soit x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Kn tel que kxk1 = 0. Ainsi |xi | = 0, donc pour tout
i=1
n
X
j ∈ Nn , 0 ≤ |xj | ≤ |xi | = 0, ce qui prouve que x = 0.
i=1
n
X
n
Soient λ ∈ K et x = (x1 , . . . , xn ) ∈ K . kλxk1 = |λxi | = |λ|kxk1 .
i=1
Soient x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Kn et y = (y1 , . . . , yn ) ∈ Kn .
Xn Xn
kx + yk1 = |xi + yi | ≤ |xi | + |yi | ≤ kxk1 + kyk1 .
i=1 i=1
Ainsi k.k1 est une norme sur Kn .
• Etude de la norme 2 : admis pour le moment.
• Etude de la norme ∞.
Pour tout x ∈ Kn , kxk∞ ≥ 0.
Soit x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Kn tel que kxk∞ = 0. Ainsi pour tout j ∈ Nn ,
0 ≤ |xj | ≤ sup |xi | = 0, ce qui prouve que x = 0.
1≤i≤n
Soient λ ∈ K et x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Kn . Soit i ∈ Nn . |λxi | = |λ||xi | ≤ |λ|kxk∞ , donc
|λ|kxk∞ est un majorant de {|λxi |/i ∈ Nn }. Ainsi (1) : kλxk∞ ≤ |λ|kxk∞ .
1 1 1
Supposons que λ 6= 0. Soit i ∈ Nn . |xi | = |λxi | ≤ kλxk∞ , donc kλxk∞ est un
|λ| |λ| |λ|
1
majorant de {|xi |/i ∈ Nn }. Ainsi kxk∞ ≤ kλxk∞ .
|λ|
1
On peut aussi démontrer cette dernière inégalité en appliquant (1) au couple ( , λx).
λ
Pour λ = 0, k0xk∞ = 0 = |0|kxk∞ , donc, dans tous les cas, kλxk∞ = |λ|kxk∞ .
Soient x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Kn et y = (y1 , . . . , yn ) ∈ Kn .
Soit i ∈ Nn . |xi + yi | ≤ |xi | + |yi | ≤ kxk∞ + kyk∞ , donc kxk∞ + kyk∞ est un majorant
de {|xi + yi |/i ∈ Nn }. Ainsi kx + yk∞ ≤ kxk∞ + kyk∞ .
Ainsi k.k∞ est une norme sur Kn .
Remarque. Pour tout p ∈ [1, +∞[, on peut définir
k.kp : Kn −→ R+
n
! p1
X et montrer que c’est une norme
x = (x1 , . . . , xn ) 7−→ kxkp = |xi |p
i=1
sur Kn , mais ce résultat est hors programme . La définition de la norme infinie se
justifie alors par le résultat suivant.
∀x ∈ Kn kxkp −→ kxk∞ .
p→+∞
Démonstration.
Soit x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Kn .
X n
p
kxk∞ ≤ |xi |p , donc kxk∞ ≤ kxkp .
i=1
1 ln(n)
De plus, kxkp ≤ (nkxkp∞ ) p = kxk∞ e p −→ kxk∞ . Ainsi, le principe des gendarmes
p→+∞
permet de conclure.
Propriété. Soient p ∈ N∗ et E1 , . . ., Ep p K-espaces vectoriels munis de normes
respectivement notées k.k1 , . . ., k.kp . Alors E = E1 × · · · × Ep est un espace vectoriel
normé si on le munit de l’une des normes classiques suivantes.
N1 : E −→ R+
p
X ,
x = (x1 , . . . , xp ) 7−→ N1 (x) = kxi ki
i=1
N2 : E −→ R+ v
u p
uX , et
x = (x1 , . . . , xp ) −
7 → N2 (x) = t kxi k2i
i=1
N∞ : E −→ R+
x = (x1 , . . . , xp ) 7−→ N∞ (x) = max kxi ki .
1≤i≤p
Démonstration.
Exercice.
Propriété. Soient (a, b) ∈ R2 avec a < b. Sur C([a, b], K), on dispose de trois normes
classiques.
Démonstration.
• Etude de la norme 1 :
Pour tout f ∈ C([a, b], K), kf k1 ≥ 0.
Z b
Soit f ∈ C([a, b], K) tel que kf k1 = 0. Ainsi |f (x)|dx = 0. Or x 7−→ |f (x)| est
a
une application continue et positive sur [a, b] donc f = 0.
Z b
Soient λ ∈ K et f ∈ C([a, b], K). kλf k1 = |λf (x)|dx = |λ|kf k1 .
a
Soient f ∈ C([a, b], K) et g ∈ C([a, b], K).
Z b Z b
kf + gk1 = |f (x) + g(x)|dx ≤ (|f (x)| + |g(x)|)dx ≤ kf k1 + kgk1 .
a a
Ainsi k.k1 est une norme sur C([a, b], K).
• Etude de la norme 2 : admis.
• Etude de la norme ∞ :
Pour tout f ∈ C([a, b], K), kf k∞ ≥ 0.
Soit f ∈ C([a, b], K) tel que kf k∞ = 0. Ainsi pour tout x ∈ [a, b],
0 ≤ |f (x)| ≤ sup |f (y)| = 0, donc f = 0.
y∈[a,b]
Soient λ ∈ K et f ∈ C([a, b], K). Soit x ∈ [a, b]. |λf (x)| = |λ||f (x)| ≤ |λ|kf k∞ , donc
|λ|kf k∞ est un majorant de {|λf (x)|/x ∈ [a, b]}. Ainsi (1) : kλf k∞ ≤ |λ|kf k∞ .
1 1 1
Supposons que λ 6= 0. Soit x ∈ [a, b]. |f (x)| = |λf (x)| ≤ kλf k∞ , donc kλf k∞
|λ| |λ| |λ|
1
est un majorant de {|f (x)|/x ∈ [a, b]}. Ainsi kf k∞ ≤ kλf k∞ .
|λ|
1
On peut aussi démontrer cette dernière inégalité en appliquant (1) au couple ( , λf ).
λ
Pour λ = 0, k0f k∞ = 0 = |0|kf k∞ , donc, dans tous les cas, kλf k∞ = |λ|kf k∞ .
Soient f ∈ C([a, b], K) et g ∈ C([a, b], K).
Soit x ∈ [a, b]. |f (x) + g(x)| ≤ |f (x)| + |g(x)| ≤ kf k∞ + kgk∞ , donc kf k∞ + kgk∞ est
un majorant de {|f (x) + g(x)|/x ∈ [a, b]}. Ainsi kf + gk∞ ≤ kf k∞ + kgk∞ .
Ainsi k.k∞ est une norme sur C([a, b], K).
1.3 Distance
Définition. Soit E un espace vectoriel normé . On appelle distance associée à la
d: E 2 −→ R+
norme k.k de E, l’application .
(x, y) 7−→ kx − yk
Définition. Soient E un espace vectoriel normé dont la distance associée est notée d
et A une partie de E. La restriction de d à A2 est appelée la distance induite par d sur
A.
Propriété. Avec les notations précédentes, pour tout x, y, z ∈ E,
— d(x, y) ∈ R+ (positivité) ;
— d(x, y) = 0 ⇐⇒ x = y (séparation) ;
— d(x, y) = d(y, x) (symétrie) ;
— d(x, z) ≤ d(x, y) + d(y, z) (inégalité triangulaire).
Démonstration.
Les trois premières propriétés sont simples à établir.
Pour l’inégalité triangulaire, fixons (x, y, z) ∈ E 3 .
d(x, z) = kz − xk = k(z − y) + (y − x)k ≤ kz − yk + ky − xk = d(x, y) + d(y, z).
Définition. On appelle espace métrique tout couple (E, d) où E est un ensemble et
où d : E 2 −→ R+ est une application telle que, pour tout x, y, z ∈ E,
— d(x, y) = 0 ⇐⇒ x = y (séparation) ;
— d(x, y) = d(y, x) (symétrie) ;
— d(x, z) ≤ d(x, y) + d(y, z) (inégalité triangulaire).
Ainsi un espace vectoriel normé muni de la distance associée à sa norme est un espace
métrique, mais il existe des espaces métriques qui ne sont pas des espaces vectoriels
normés.
Sauf indication du contraire, les propriétés énoncées et démontrées dans le cadre des
espaces vectoriels normés sont encore valables dans le cadre plus général des espaces
métriques (ce sera évident dans les nombreux cas où seule la distance associée à la
norme intervient), cependant, nous nous contenterons du cadre des espaces vectoriels
normés qui seul est au programme.
En fait, une certaine classe d’espaces métriques est au programme. Ce sont les (A, dA )
où A est une partie d’un espace vectoriel normé E et où dA est la distance induite sur
A par la distance associée à la norme de E.
Propriété. Soit E un espace vectoriel normé dont la distance associée est notée d.
Alors ∀(x, y, z) ∈ E 3 d(x + z, y + z) = d(x, y).
Cette propriété ne se généralise pas aux espaces métriques.
Propriété. Corollaire de l’inégalité triangulaire. Soit E un espace vectoriel
normé dont la distance associée est notée d.
Alors ∀(x, y, z) ∈ E 3 |d(x, y) − d(y, z)| ≤ d(x, z).
Démonstration.
Soit (x, y, z) ∈ E 3 . d(x, y) ≤ d(x, z) + d(z, y), donc d(x, y) − d(y, z) ≤ d(x, z).
En intervertissant x et z, on obtient que d(z, y) − d(y, x) ≤ d(z, x),
donc |d(x, y) − d(y, z)| ≤ d(x, z).
Définition. Soient E un espace vectoriel normé et (a, r) ∈ E × R∗+ .
La boule ouverte centrée en a de rayon r est l’ensemble Bo (a, r) = {x ∈ E/d(a, x) < r}.
La boule fermée de centre a et de rayon r est l’ensemble Bf (a, r) = {x ∈ E/d(a, x) ≤ r}.
La sphère de centre a et de rayon r est l’ensemble S(a, r) = {x ∈ E/d(a, x) = r}.
Définition. Soit E un espace vectoriel normé.
On appelle boule unité de E la boule fermée de centre 0 et de rayon 1.
Exemple. Etudions les formes des boules unités de R2 muni respectivement des
normes k.k1 , k.k2 et k.k∞ .
• Pour k.k2 , la boule unité est B = {(x, y) ∈ R2 /x2 + y 2 ≤ 1}. Il s’agit du disque de
centre O et de rayon 1.
• Pour k.k1 , B = {(x, y) ∈ R2 /|x| + |y| ≤ 1}, donc B ∩ R2+ = {(x, y) ∈ R2+ /x + y ≤ 1}.
Ainsi B ∩ R2+ est l’intérieur du triangle délimité par les axes et par la droite x + y = 1.
Le reste de B s’obtient en appliquant à B ∩ R2+ les symétries par rapport aux axes et
par rapport à O.
• Pour k.k∞ , B ∩ R2+ = {(x, y) ∈ R2+ /x ≤ 1 et y ≤ 1}, donc B ∩ R2+ est l’intérieur
du carré dont les sommets sont les points de O, (1, 0), (0, 1) et (1, 1). Le reste de B
s’obtient en appliquant à B ∩ R2+ les symétries par rapport aux axes et par rapport à
O.
Propriété. (non généralisable aux espaces métriques) Les boules d’un espace vectoriel
normé sont des convexes.
Démonstration.
Soient E un espace vectoriel normé et (a, r) ∈ E × R∗+ . Montrons que Bo (a, r) est
convexe (la démonstration est similaire pour les boules fermées).
Soient (x, y) ∈ Bo (a, r)2 et t ∈ [0, 1].
d(a, tx + (1 − t)y) = ktx + (1 − t)y − (ta + (1 − t)a)k
≤ tkx − ak + (1 − t)ky − ak
< tr + (1 − t)r = r,
donc [x, y] ⊂ Bo (a, r).
Définition. Soient E un espace vectoriel normé , A une partie non vide de E et a ∈ E.
On note d(a, A) = inf d(a, x). C’est la distance de a à A.
x∈A
Démonstration.
{d(a, x)/x ∈ A} est une partie non vide de R minorée par 0, donc elle admet une borne
inférieure. Ainsi d(a, A) est correctement défini.
Définition. Soient E un espace vectoriel normé , A et B deux parties non vides de
E. On note d(A, B) = inf d(x, y). C’est la distance de A à B.
(x,y)∈A×B
Propriété. Soient E un espace vectoriel normé et (a, r) ∈ E × R∗+ . δ(Bf (a, r)) ≤ 2r.
Démonstration.
Soit (x, y) ∈ Bf (a, r)2 . d(x, y) ≤ d(x, a) + d(a, y) ≤ 2r, donc 2r est un majorant de
{d(x, y)/(x, y) ∈ Bf (a, r)2 }. Ainsi δ(Bf (a, r)) ≤ 2r.
Propriété. (non généralisable aux espaces métriques) Soient E un espace vectoriel
normé non nul et (a, r) ∈ E × R∗+ . Alors δ(Bf (a, r)) = 2r.
Démonstration.
E étant non nul, il existe x0 ∈ E \ {0}. Notons e le vecteur unitaire associé à x0 .
d(a + re, a − re) = 2r et (a + re, a − re) ∈ Bf (a, r)2 , donc δ(Bf (a, r)) ≥ 2r.
Propriété. Soient E un espace vectoriel normé et A et B deux parties de E telles
que ∅ =
6 A ⊂ B. Alors δ(A) ≤ δ(B).
Démonstration.
{d(x, y)/(x, y) ∈ A2 } ⊂ {d(x, y)/(x, y) ∈ B 2 }, donc δ(A) ≤ δ(B).
Définition et propriété. Soient E un espace vectoriel normé et A une partie de E.
Les propriétés suivantes sont équivalentes.
i) {kxk/x ∈ A} est borné.
ii)Pour tout x0 ∈ E, {kx − x0 k/x ∈ A} est borné.
iii) Pour tout x0 ∈ E, il existe R ∈ R+ tel que A ⊂ Bf (x0 , R).
iv) Il existe (x0 , R) ∈ E × R+ tel que A ⊂ Bf (x0 , R).
Dans ce cas, on dit que A est bornée.
Démonstration.
Soit (x0 , x1 ) ∈ E 2 . Pour tout x ∈ E, kx − x1 k ≤ kx − x0 k + kx0 − x1 k, donc si
{kx − x0 k/x ∈ A} est borné, alors {kx − x1 k/x ∈ A} est borné.
Exemple. Les boules sont bornées mais les droites affines ne sont pas bornées.
Démonstration.
Soit D une droite affine passant par a ∈ E et dirigée par le vecteur unitaire e.
d(a, a + λe) = λ, donc aucune boule fermée centrée en a ne contient D. Ainsi D n’est
pas bornée.
Définition. Soient A un ensemble, E un espace vectoriel normé et f : A −→ E une
application. On dit que f est bornée si et seulement si f (A) est une partie bornée de
E.
Propriété. Soient A un ensemble non vide et E un espace vectoriel normé . On note
B(A, E) l’ensemble des applications bornées de A dans E.
Pour f ∈ B(A, E), on note kf k∞ = sup kf (a)k.
a∈A
(B(A, E), k.k∞ ) est un espace vectoriel normé .
Démonstration.
• L’application identiquement nulle est un élément de B(A, E), donc B(A, E) 6= ∅.
Soit (f, g, α, β) ∈ B(A, E)2 × K2 . Pour tout a ∈ A,
k(αf +βg)(a)k ≤ |α|kf (a)k+|β|kg(a)k ≤ |α|kf k∞ +|β|kgk∞ , donc (αf +βg) ∈ B(A, E).
Ainsi B(A, E) est un sous-espace vectoriel de F(A, E).
• De plus, d’après ce qui précède, kαf + βgk∞ ≤ |α|kf k∞ + |β|kgk∞ , d’où l’on peut
déduire l’inégalité triangulaire.
Pour tout f ∈ B(A, E), kf k∞ ≥ 0.
Soit f ∈ B(A, E) tel que kf k∞ = 0. Ainsi pour tout x ∈ A,
0 ≤ kf (x)k ≤ sup kf (y)k = 0 et f = 0.
y∈A
Soient λ ∈ K et f ∈ B(A, E). Soit x ∈ A. kλf (x)k = |λ|kf (x)k ≤ |λ|kf k∞ , donc
|λ|kf k∞ est un majorant de {kλf (x)k/x ∈ A}. Ainsi (1) : kλf k∞ ≤ |λ|kf k∞ .
1 1 1
Supposons que λ 6= 0. Soit x ∈ A. kf (x)k = kλf (x)k ≤ kλf k∞ , donc kλf k∞
|λ| |λ| |λ|
1
est un majorant de {kf (x)k/x ∈ A}. Ainsi kf k∞ ≤ kλf k∞ .
|λ|
1
On peut aussi démontrer cette dernière inégalité en appliquant (1) au couple ( , λf ).
λ
Pour λ = 0, k0f k∞ = 0 = |0|kf k∞ , donc, dans tous les cas, kλf k∞ = |λ|kf k∞ .
Propriété. Soit E un espace vectoriel normé . On note l∞ (E) l’ensemble des suites
bornées à valeurs dans E. Si (xn )n∈N ∈ l∞ (E), on note k(xn )k∞ = sup kxn k.
n∈N
(l∞ (E), k.k∞ ) est un espace vectoriel normé .
Démonstration.
Exercice.
Démonstration.
Soit (x, y) ∈ E 2 . Soit a ∈ A. d(x, A) ≤ d(x, a) ≤ d(x, y) + d(y, a), donc d(x, A) − d(x, y)
est un minorant de {d(y, a)/a ∈ A}. Ainsi d(x, A) − d(x, y) ≤ d(y, A).
Donc d(x, A) − d(y, A) ≤ d(x, y).
En intervertissant les rôles joués par x et y, on obtient que d(y, A) − d(x, A) ≤ d(x, y),
donc |d(x, A) − d(y, A)| = max(d(x, A) − d(y, A), d(y, A) − d(x, A)) ≤ d(x, y).
Propriété. Soient p ∈ N∗ , E1 , . . ., Ep p espaces vectoriels normés dont les normes
sont notées N1 , . . ., Np . On note E = E1 × · · · × Ep .
p : E −→ Ei
Soit i ∈ Np . L’application ième projection i est 1-lipschit-
x = (x1 , . . . , xp ) 7−→ xi
zienne lorsque E est muni de l’une de ses trois normes classiques, k.k1 , k.k2 ou k.k∞ .
Démonstration.
Exercice.
Remarque. Sur E = C([0, 1], R), f 7−→ f (0) n’est pas lipschitzienne pour N1 .
Démonstration.
Soit k ∈ R+ . Supposons que cette application
R1 est k-lipschitzienne.
Ainsi, pour tout f ∈ E, |f (0)| ≤ k 0 |f (t)|dt.
Soit n ∈ N∗ . Notons fn le vecteur de E défini par les relations suivantes : pour tout
t ∈ [0, n1 ] f (t) = 1 − nt et pour tout t ∈ [ n1 , 1] f (t) = 0.
Z 1
k
1 = |fn (0)| ≤ k fn (t)dt = , donc pour tout n ∈ N∗ , 2n ≤ k, ce qui est faux.
0 2n
Propriété. Avec les notations précédentes, k.k1 et k.k2 sont équivalentes si et seule-
ment si IdE : (E, k.k1 ) −→ (E, k.k2 ) et IdE : (E, k.k2 ) −→ (E, k.k1 ) sont lipschit-
ziennes.
Exemple. Soient p ∈ N∗ et E1 , . . ., Ep p espaces vectoriels normés dont les normes
sont notées N1 , . . ., Np . On note E = E1 × · · · × Ep . Les trois normes classiques, k.k1 ,
k.k2 et k.k∞ sont deux à deux équivalentes.
Démonstration.
Soit x = (x1 , . . . , xp ) ∈ E. kxk2∞ ≤ kxk22 ,
p p
X X
kxk22 = Ni (xi )2 ≤ ( Ni (xi ))2 = kxk21 et kxk1 ≤ pkxk∞ , ainsi
i=1 i=1
k.k∞ ≤ k.k2 ≤ k.k1 ≤ pk.k∞ .
Il existe (α0 , β 0 ) ∈ R2+ tel que, pour tout x ∈ F , kxkF1 ≤ α0 kxkF2 et kxkF2 ≤ β 0 kxkF1 .
0
Si f est k-lipschitzienne pour k.kE F 2
1 et k.k1 , pour tout (x, x ) ∈ E ,
kf (x) − f (x0 )kF2 ≤ β 0 kkx − x0 kE 0 0 E
1 ≤ β αkkx − x k2 , donc f est lipschitzienne pour k.k2
E
F
et k.k2 .
Remarque. Deux normes équivalentes se comportent de la même façon relativement
aux notions déjà introduites dans ce chapitre et à celles que l’on étudiera par la suite.
On démontrera plus loin que si E est un espace vectoriel normé de dimension finie,
toutes les normes sur E sont équivalentes, si bien que sur un espace vectoriel normé de
dimension finie, le plus souvent, il n’est pas nécessaire de préciser la norme utilisée.
Ainsi la suite (xn ) converge vers le vecteur l si et seulement si , pour tout ε > 0, à
partir d’un certain rang, la distance de xn à l est inférieure à ε.
1
Exemple. −→ 0.
n n→+∞
En effet, si ε > 0, posons N = 1 + b 1ε c ∈ N. Soit n ≥ N . Alors n ≥ N ≥ 1ε , donc
0 ≤ n1 ≤ ε.
1
ATTENTION L’écriture “un −→ ” n’a aucun sens : la limite ne dépend pas de n.
n→+∞ n
Propriété. Soit (xn ) et (yn ) deux suites de vecteurs de E qui sont égales à partir d’un
certain rang, c’est-à-dire pour lesquelles, il existe n0 ∈ N tel que, pour tout n ≥ n0 ,
xn = yn . Alors, pour tout ` ∈ E, xn −→ ` ⇐⇒ yn −→ `.
n→+∞ n→+∞
Remarque. Soit n0 ∈ N et soit (xn )n≥n0 une suite d’éléments de E seulement définie
à partir du rang n0 . D’après la propriété précédente, l’assertion “xn −→ `” ne dépend
n→+∞
pas du choix de x0 , . . . , xn0 −1 utilisé pour prolonger (xn )n≥n0 en une suite (xn )n∈N .
Propriété. Unicité de la limite.
Soient (xn )n∈N une suite de vecteurs de E et (l, l0 ) ∈ E 2 .
Si (xn ) converge vers l et vers l0 , alors l = l0 .
Dans ce cas, l est appelé la limite de la suite (xn ). On la note l = lim xn .
n→+∞
On note également xn −→ l.
n→+∞
Démonstration.
Soit ε > 0. Il existe (N, N 0 ) ∈ N2 tel que pour tout n ≥ N d(xn , l) ≤ ε et pour tout
n ≥ N 0 d(xn , l0 ) ≤ ε. Pour p = max(N, N 0 ),
d(l, l0 ) ≤ d(l, xp ) + d(xp , l0 ) ≤ 2ε.
Ainsi d(l, l0 ) est un minorant de R∗+ , donc d(l, l0 ) = 0 et l = l0 .
Remarque. La seconde notation est plus simple d’emploi que la première. En effet,
on ne peut écrire “l = lim xn ” qu’après avoir montré l’existence de la limite, alors
n→+∞
que l’écriture “xn −→ l” exprime l’existence de la limite et le fait qu’elle vaut l.
n→+∞
Remarque. Dans (1), les deux dernières inégalités peuvent être choisies indifféremment
strictes ou larges.
Démonstration.
• Montrons que
(1)⇐⇒ ∀ε ∈ R∗+ ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ d(xn , l) < ε).
Remarque. La décomposition “αn .ln − α.l = (αn − α).ln + α.(ln − l)” est très souvent
utilisée.
Remarque. Sur E = C 0 ([0, 1], R) muni de la norme k.k1 , considérons la suite d’appli-
√n ) ndéfinie par les relations suivantes : pour tout n ∈ N et pour tout t ∈ [0, 1]
cations (f
fn (t) = √ nt .
n
kfn k1 = −→ 0, donc fn −→ 0, mais
n + 1 n→+∞ n→+∞
n 1
kfn .fn k1 = kt 7−→ nt2n k1 = −→ 6= 0, donc fn .fn ne tend pas vers 0 pour
2n + 1 n→+∞ 2
k.k1 .
Ce résultat n’est pas en contradiction avec la propriété précédente car dans la propriété,
le produit considéré est celui d’un scalaire par un vecteur alors que dans cet exemple,
le produit considéré est celui de deux fonctions.
Propriété. L’ensemble des suites convergentes de E noté Ecv
N
est un sous-espace
E N
cv −→ E
vectoriel de l∞ (E) et l’application (x ) 7−→ lim x est une application linéaire.
n n
n→+∞
Démonstration.
La suite identiquement nulle est un élément de Ecv N
, donc Ecv
N
6= ∅.
0 2
Si (xn ) et (yn ) convergent vers l et l , pour tout (α, β) ∈ K , α(xn ) + β(yn ) converge
vers αl + βl0 .
Propriété. Suites à valeurs dans un produit.
Soient p ∈ N∗ et E1 , . . ., Ep p espaces vectoriels normés, leurs normes étant notées N1 ,
. . ., Np . On note E = E1 × · · · × Ep que l’on munit de l’une des trois normes classiques.
Soient (xn )n∈N = ((x1,n , . . . , xp,n ))n∈N une suite d’éléments de E et l = (l1 , . . . , lp ) ∈ E.
Alors (xn ) converge vers l si et seulement si, pour tout i ∈ Np , (xi,n ) converge vers li .
Démonstration.
Les trois normes étant équivalentes, on peut choisir de travailler avec la norme k.k1 .
La suite (xn ) converge vers l si et seulement si
p
X
Ni (xi,n − li ) = kxn − lk1 −→ 0, donc si et seulement si pour tout i ∈ Np
n→+∞
i=1
Ni (xi,n − li ) −→ 0, c’est-à-dire si et seulement si pour tout i ∈ Np , (xi,n ) converge vers
n→+∞
li .
Exemple. Dans R3 , ( n1 , 2−n , 1) −→ (0, 0, 1).
n→+∞
3 Suites de complexes
3.1 Premières propriétés
1 1
Propriété. Soit (xn ) ∈ C∗ N telle que xn −→ ` ∈ C \ {0}. Alors −→ .
n→+∞ xn n→+∞ `
Démonstration.
|`| |`|
> 0, donc il existe M ∈ N tel que pour tout n ≥ M , |xn − `| ≤ .
2 2
|`|
D’après le corollaire de l’inégalité triangulaire, pour tout n ≥ M , |`| − |xn | ≤ ,
2
|`|
donc |xn | ≥ .
2
|`|2
Soit ε > 0. Il existe N 0 ∈ N tel que, pour tout n ≥ N 0 , |xn − `| ≤ε.
2
2
1 1 |` − xn | |`| 2
Posons N = max(N 0 , M ). Soit n ≥ N . | − | = ≤ ε × 2 = ε.
xn ` |xn ||`| 2 |`|
Propriété. Soit (zn ) une suite de complexes et ` ∈ C.
Alors zn −→ ` si et seulement si Re(zn ) −→ Re(`) et Im(zn ) −→ Im(`).
n→+∞ n→+∞ n→+∞
Dans ce cas, on a donc lim zn = lim Re(zn ) + i lim Im(zn ).
n→+∞ n→+∞ n→+∞
Démonstration.
(Re(zn ))n∈N et (Im(zn ))n∈N sont les suites coordonnées de (zn ) dans la R-base (1, i) de
C.
Propriété. Soit a, b ∈ C. Soit (un ) une suite de complexes telle que, pour tout n ∈ N,
un+1 = aun + b.
Supposons que a 6= 1 (sinon (un ) est arithmétique). Il existe un unique c ∈ C tel que
c = ac + b. Alors un+1 − c = a(un − c), donc pour tout n ∈ N, un − c = an (u0 − c).
Propriété. Soient (a, b) ∈ K2 \ {(0, 0)} et (un ) ∈ KN une suite telle que
Deuxième cas. On suppose que ∆ = 0. Alors χ admet une racine double dans K,
notée λ. Dans ce cas,
Démonstration.
Au tableau.
Exemple. La suite de Fibonacci est définie par : F0 = 0, F1 = 1 et, pour tout n ∈ N,
Fn+2 = Fn+1 + Fn .
2
√ caractéristique est égal à X − X − 1 dont les racines sont le nombre d’or,
Le polynôme
1+ 5 1
ϕ= et − , donc il existe α, β ∈ R tels que,
2 ϕ
(−1)n
pour tout n ∈ N, Fn = αϕn + β n .
ϕ
Les relations F0 = 0, F1 = 1 permettent de calculer α et β. On obtient ainsi que, pour
1 (−1)n
tout n ∈ N, Fn = √ ϕn − .
5 ϕn
4 Suites de réels
4.1 Limites infinies
Définition. Soit (xn ) une suite de réels. On dit que xn tend vers +∞ lorsque n tend
vers +∞ si et seulement si ∀M ≥ 0, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, xn ≥ M .
On dit que xn tend vers −∞ lorsque n tend vers +∞ si et seulement si
∀M ≥ 0, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, xn ≤ −M .
Définition. Lorsqu’une suite de réels tend vers +∞ ou −∞, elle est toujours diver-
gente : on dit qu’elle diverge vers +∞ ou −∞. On distingue ainsi trois catégories de
suites réelles :
— Les suites convergentes. Ce sont celles qui convergent vers un réel.
— Les suites divergentes de première espèce. Ce sont celles qui divergent vers +∞
ou −∞.
— Toutes les autres suites. On dit qu’elles sont divergentes de seconde espèce.
Propriété. Si ϕ est une application strictement croissante de N dans N.
On montre par récurrence que, pour tout n ∈ N, ϕ(n) ≥ n, donc ϕ(n) −→ +∞.
n→+∞
Définition. Soit (xn ) une suite d’un espace métrique E. On dit que xn −→ ∞ si et
n→+∞
seulement si d(x0 , xn ) −→ +∞.
n→+∞
Exemple. zn = i + n −→ ∞.
n→+∞
Propriété. Soient (xn ) une suite d’éléments de E, l ∈ E et p ∈ N∗ tels que, pour tout
i ∈ {0, . . . , p − 1}, xpn+i −→ l. Alors xn −→ l.
n→+∞ n→+∞
Démonstration.
Adapter la démonstration précédente.
Remarque. C’est encore vrai dans le cas de limites infinies.
Propriété. Les propriétés sur les somme et produit de limites se généralisent au cas
des limites infinies, sauf dans certains cas que l’on appelle des “formes indéterminées” :
soit (xn ), (yn ) deux suites de réels et ε, ε0 ∈ {−1, 1}.
— Si xn −→ ε∞ et yn −→ y ∈ R, alors xn + yn −→ ε∞.
n→+∞ n→+∞ n→+∞
— Si xn −→ ε∞ et yn −→ ε∞, alors xn + yn −→ ε∞, mais xn − yn est une
n→+∞ n→+∞ n→+∞
forme indéterminée du type ∞ − ∞.
— Si xn −→ ε∞, alors −xn −→ −ε∞.
n→+∞ n→+∞
— Si xn −→ ε∞ et α > 0, alors αxn −→ ε∞.
n→+∞ n→+∞
— Si xn −→ ε∞ et yn −→ ` ∈ R+ , alors xn yn −→ ε∞, sauf lorsque ` = 0, qui
n→+∞ n→+∞ n→+∞
est une forme indéterminée du type 0 × ∞.
— Si xn −→ ε∞ et yn −→ ε0 ∞, alors xn yn −→ εε0 ∞.
n→+∞ n→+∞ n→+∞
1
— Si xn −→ ε∞ alors −→ 0.
n→+∞ xn n→+∞
1
— Si xn −→ 0+ alors −→ +∞.
n→+∞ xn n→+∞
∞
Remarque. La forme indéterminée du type 0 × ∞ se décline aussi sous les formes ∞
et 00 .
Exemples :
— un = (n + n1 )2 − n2 : c’est une forme indéterminée du type ∞ − ∞.
En développant, un = 2 + n12 −→ 2.
√ n→+∞
√
— un = n + 1 − n −→ 0, en utilisant la quantité conjuguée.
n→+∞
2
2n + n − 1 ∞
— un = 2
: c’est une forme indéterminée du type = 0 × ∞. En
n −3 ∞
1 1
2 + n − n2
factorisant, un = −→ 2.
1 − n32 n→+∞
Remarque. Lorsque un est de la forme un = abnn , il est indispensable d’écrire
un = ebn ln an pour étudier sa limite.
En effet, la quantité abnn admet trop de formes indéterminées : ∞0 , 00 et la sournoise
1+∞ .
1
Par exemple, un = (1 + n1 )n = en ln(1+ n ) −→ e car ln(1+x)
x
−→ 1.
n→+∞ x→0
Propriété. Soit X une partie non vide de R. Il existe une suite de réels (xn ) telle que
xn −→ sup(X) ∈ R ∪ {+∞} (resp : xn −→ inf(X) ∈ R ∪ {−∞}).
n→+∞ n→+∞
Démonstration.
Premier cas : supposons que (xn ) est majorée. {xn /n ∈ N} est une partie non
vide majorée de R, donc d’après la propriété de la borne supérieure, on peut poser
` = sup xn ∈ R.
n∈N
Soit ε > 0. ` − ε n’est pas un majorant de {xn /n ∈ N}, donc il existe N ∈ N tel que
` − ε < xN ≤ `. Soit n ≥ N . Alors xN ≤ xn ≤ `, donc ` − ε < xn ≤ `.
On a bien montré que ∀ε > 0 , ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, |xn − `| < ε.
Deuxième cas : supposons que (xn ) n’est pas majorée. Soit A > 0. A ne majore pas
la suite (xn ), donc il existe N ∈ N tel que xN ≥ A. Alors, pour tout n ≥ N , xn ≥ A.
Ceci montre que xn −→ +∞.
n→+∞
— Supposons que |a| < 1. Alors |xn+1 | = |a||xn | ≤ |xn |, donc la suite (|xn |) est
décroissante et minorée par 0. Ainsi, il existe ` ∈ R+ tel que |xn | −→ `.
n→+∞
Alors |xn+1 | −→ `, par composition des limites, et |xn+1 | = |a||xn | −→ |a|`.
n→+∞ n→+∞
Par unicité de la limite, ` = |a|`, donc ` = 0.
— Supposons que a > 1. Alors la suite ( x1n ) est géométrique de raison a1 avec
| a1 | < 1, donc x1n −→ 0. De plus xxn0 est une suite positive, donc xxn0 −→ +∞.
n→+∞ n→+∞
— Supposons que a < −1. Alors (|xn |) est géométrique de raison |a| avec |a| > 1,
donc |xn | −→ +∞, ce qui prouve que la suite (xn ) est divergente.
n→+∞
— Lorsque x = −1, la suite (xn ) est égale à ((−1)n ) : elle diverge.
√ a vu qu’il existe α, β ∈ R
Exemple. Reprenons l’exemple de la suite de Fibonacci. On
n
(−1) 1 + 5
tels que, pour tout n ∈ N, Fn = αλn + β n , où λ = . Avec F0 = 0 et F1 = 1,
λ √ 2
1 1 1 + 5 n
on calcule que α = √ , donc Fn ∼ √ .
5 5 2
Théorème. Supposons que (xn ) et (yn ) sont deux suites adjacentes, où (xn ) est
croissante.
Alors ces deux suites convergent vers une limite commune ` ∈ R.
De plus, pour tout (p, q) ∈ N2 , xp ≤ ` ≤ yq .
Démonstration.
En tant que suite convergente, (xn − yn ) est majorée, donc il existe A ∈ R tel que,
pour tout n ∈ N, xn − yn ≤ A. Ainsi, xn ≤ A + yn ≤ A + y0 , car la suite (yn ) est
décroissante. (xn ) est donc une suite croissante majorée. De même, on montre que (yn )
Démonstration.
Soit (xϕ(n) ) une suite extraite de (xn ). Pour tout n ∈ N,
posons yn = xϕ(n) . Une suite extraite de (yn ) est une suite de la forme (yΨ(n) ), où
Ψ : N −→ N est une application strictement croissante.
Pour tout n ∈ N, yΨ(n) = xϕ(Ψ(n)) = xϕ◦Ψ(n) , or ϕ ◦ Ψ est une application de N dans N
strictement croissante, donc la suite (yΨ(n) ) est une suite extraite de (xn ).
Définition. Soit (xn ) une suite de points de E.
On appelle valeur d’adhérence de la suite (xn ) toute limite d’une suite extraite de (xn ).
Remarque. La limite d’une suite convergente est son unique valeur d’adhérence.
Si une suite admet au moins deux valeurs d’adhérence distinctes, elle est divergente.
Exemple. Soit (xn ) ∈ CN une suite périodique de complexes de période p ∈ N∗ .
C’est-à-dire que pour tout n ∈ N, xn+p = xn . Alors les valeurs d’adhérence de (xn )
sont x0 , x1 , . . ., xp−1 .
1
Pour tout n ∈ N, posons yn = xn + . Les valeurs d’adhérence de (yn ) sont encore
n+1
x0 , x1 , . . ., xp−1 .
Démonstration.
• Soit i ∈ {0, . . . , p − 1}. La suite (xnp+i )n∈N est extraite de (xn ). De plus elle est
constante et égale à xi , donc elle converge vers xi . Ainsi xi est une valeur d’adhérence
de (xn ).
Réciproquement, soit a ∈ C une valeur d’adhérence de (xn ). il existe une suite (xϕ(n) )
extraite de (xn ) qui converge vers a. Il existe α ∈ R∗+ tel que α est strictement inférieur
à toutes les distances entre deux éléments distincts de {x0 , . . . , xp−1 }.
Il existe N ∈ N tel que, pour tout n ≥ N , d(xϕ(n) , a) ≤ α2 .
Il existe i0 ∈ {0, . . . , p − 1} tel que xϕ(N ) = xi0 .
Soit n ≥ N . Supposons que xϕ(n) = xi0 . Alors
d(xϕ(n+1) , xi0 ) ≤ d(xϕ(n+1) , a) + d(a, xϕ(n) ) ≤ α, donc par définition de α, xϕ(n+1) = xi0 .
Ainsi, on montre par récurrence que la suite (xϕ(n) ) stationne sur xi0 , donc a = xi0 .
1
• Si ϕ : N −→ N est une application strictement croissante, yϕ(n) = xϕ(n) + ,
ϕ(n) + 1
donc (xϕ(n) ) et (yϕ(n) ) ont même nature et, en cas de convergence, même limite. On en
déduit que les deux suites (xn ) et (yn ) ont le même ensemble de valeurs d’adhérence.
{n ∈ N/xn ∈ Bo (a, ε)} est une partie de N, donc elle est de cardinal infini si et
seulement si elle n’est pas majorée, c’est-à-dire si et seulement si aucun N ∈ N ne
majore {n ∈ N/xn ∈ Bo (a, ε)}. Ainsi, Card({n ∈ N/xn ∈ Bo (a, ε)}) = +∞ si et
seulement si, pour tout N ∈ N, il existe n ≥ N tel que xn ∈ Bo (a, ε), c’est-à-dire tel
que kxn − ak < ε.
• Montrons que i) =⇒ iii).
Supposons que a est une valeur d’adhérence de (xn ). Ainsi il existe une application
strictement croissante ϕ : N −→ N telle que xϕ(n) −→ a.
n→+∞
Soit ε > 0. Il existe N ∈ N tel que ∀n ≥ N d(xϕ(n) , a) < ε, donc
ϕ([N, +∞[∩N) ⊂ {n ∈ N/xn ∈ Bo (a, ε)}, or ϕ est injective et [N, +∞[∩N est un
ensemble de cardinal infini, donc on a prouvé iii).
• Montrons que ii) =⇒ i).
Supposons que ∀ε ∈ R∗+ ∀N ∈ N ∃n ≥ N d(xn , a) < ε.
Avec ε = 1 et N = 0, il existe ϕ(0) ≥ 0 tel que d(xϕ(0) , a) ≤ 1.
Puis avec ε = 21 et N = ϕ(0) + 1, il existe ϕ(1) > ϕ(0) tel que d(xϕ(1) , a) ≤ 21 .
Pour k ≥ 1, supposons construits ϕ(0), ϕ(1), . . ., ϕ(k) des entiers tels que
1
ϕ(0) < ϕ(1) < · · · < ϕ(k) et ∀h ∈ {0, . . . , k} d(xϕ(h) , a) ≤ .
h+1
1 1
Avec ε = et N = ϕ(k)+1, il existe ϕ(k +1) > ϕ(k) tel que d(xϕ(k+1) , a) ≤ .
k+2 k+2
On construit ainsi une application ϕ : N −→ N, strictement croissante telle que
1
∀n ∈ N d(xϕ(n) , a) ≤ −→ 0.
n + 1 n→+∞
xϕ(n) −→ a, donc a est une valeur d’adhérence de la suite (xn ).
n→+∞
liminf xn = lim (inf xk ) ∈ R. Ce sont des valeurs d’adhérence dans R, au sens qu’il
n→+∞ n→+∞ k≥n
existe des extractions de (xn ) qui convergent vers ces quantités. De plus, limsup xn est
n→+∞
la plus grande des valeurs d’adhérence et liminf xn est la plus petite.
n→+∞
Alors, d’après les propriétés du cours sur les suites extraites, pour tout i ∈ Nq ,
xΨ(n),i −→ `i , où l’on a pose Ψ = ϕ1 ◦ · · · ◦ ϕq .
n→+∞
Ainsi, d’après le théorème d’une suite à valeurs dans un espace vectoriel de dimension
q
X
finie, xΨ(n) −→ `i ei , ce qu’il fallait démontrer.
n→+∞
i=1
Définition. On dit qu’un espace métrique E est complet si et seulement si toute suite
de Cauchy de E est convergente.
Théorème. Si toute suite bornée de E possède au moins une valeur d’adhérence,
alors E est complet.
Démonstration.
Soit (xn ) une suite de Cauchy de E. Elle est bornée, donc elle admet une valeur
d’adhérence x. On sait alors que xn −→ x.
n→+∞
2 Continuité ponctuelle 15
2.1 Limite en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.1.1 Caractérisation séquentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.1.2 Caractérisation par “ε” . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.1.3 Caractérisation par voisinages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2 Continuité en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.3 Théorèmes de composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.4 Opérations algébriques sur les limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.4.1 Somme de deux applications à valeurs vectorielles . . . . . . . . 26
2.4.2 Produit d’une application scalaire par une application vectorielle 26
2.5 Cas des fonctions à valeurs dans R. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.6 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.7 Cas des fonctions de R dans R. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3 Continuité globale 31
3.1 Cas des fonctions de R dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.2 Continuité et ouverts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.3 Continuité d’une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.4 Continuité et compacité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.5 La continuité uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
Limites et continuité 1 Topologie dans un espace métrique
K désigne R ou C.
Démonstration.
∀x ∈ ∅ ∅ ∈ V(x), donc ∅ est un ouvert de E.
Pour tout x ∈ E, E ∈ V(x), donc E est un ouvert de E.
p
\
Soient p ∈ N et U1 , . . ., Up p ouverts de E. Soit x ∈ Ui .
i=1
p
\
Pour tout i ∈ Np , x ∈ Ui , donc Ui ∈ V(x). Ainsi Ui ∈ V(x).
i=1
p
\
On a montré que Ui est un voisinage de chacun de ses points. C’est donc un ouvert.
i=1 [
Soit I un ensemble quelconque et (Ui )i∈I une famille d’ouverts de E. Soit x ∈ Ui .
[ [ i∈I
Il existe j ∈ I tel que x ∈ Uj . Uj ∈ V(x) et Uj ⊂ Ui , donc Ui ∈ V(x), ce qui
[ i∈I i∈I
prouve que Ui est voisinage de chacun de ses points, donc que c’est un ouvert.
i∈I
Démonstration.
Pour tout n ∈ N∗ , [−1 + n1 , 1 − n1 ] est un fermé mais
[ 1 1
[−1 + , 1 − ] =] − 1, 1[ n’est pas un fermé car R\] − 1, 1[∈
/ V(1).
n∈N∗
n n
Remarque. Il existe des parties de E qui ne sont ni fermées ni ouvertes. Par exemple,
[0, 1[ n’est ni un ouvert de R, ni un fermé de R.
Propriété. Les boules fermées (donc en particulier les singletons) sont des fermés.
Démonstration.
Soit (a, r) ∈ E × R+ . Soit x ∈ E \ Bf (a, r). Posons α = d(a, x) − r > 0 et montrons
que Bo (x, α) ⊂ [E \ Bf (a, r)].
En effet, si y ∈ Bo (x, α), d(a, y) ≥ d(a, x) − d(x, y) > d(a, x) − α = r, donc
y ∈ E \ Bf (a, r).
Ainsi E \ Bf (a, r) est un voisinage de x, pour tout x ∈ E \ Bf (a, r). Donc E \ Bf (a, r)
est un ouvert et Bf (a, r) est un fermé de E.
Corollaire. Toute partie de E de cardinal fini est un fermé de E.
Démonstration.
C’est une réunion finie de singletons.
A ⊃ A,
A = A si et seulement si A est un fermé,
A = A,
A⊂B =⇒ A ⊂ B et
A∪B = A ∪ B.
Démonstration.
Les trois premières propriétés sont simples à établir.
Supposons que A ⊂ B. B est un fermé contenant B donc A et A est le plus petit
fermé contenant A, donc A ⊂ B.
A ∪ B ⊃ A donc A ∪ B ⊃ A. De même, A ∪ B ⊃ B, donc A ∪ B ⊃ A ∪ B.
De plus, A ⊃ A et B ⊃ B, donc A ∪ B ⊃ A ∪ B, puis A ∪ B ⊃ A ∪ B.
Remarque. A ∩ B ⊃ A ∩ B mais la réciproque est fausse.
Démonstration.
A ⊃ A ∩ B, donc A ⊃ A ∩ B. De même, B ⊃ A ∩ B, donc A ∩ B ⊃ A ∩ B.
Dans R, Q = R et R \ Q = R, mais Q ∩ (R \ Q) = ∅, donc l’inclusion réciproque n’est
pas toujours vraie.
Propriété (hors programme) : Soit (xn ) une suite de points de E.
Pour tout N ∈ N, notons XN = {xn /n ≥ N }. \
Alors l’ensemble des valeurs d’adhérence de (xn ) est XN .
N ∈N
En particulier, l’ensemble des valeurs d’adhérence de (xn ) est un fermé.
Démonstration.
a est une valeur d’adhérence de (xn ) si et seulement si
(1) : ∀ε > 0 ∀N ∈ N ∃n ≥ N d(xn , a) < ε, or
(1) ⇐⇒ ∀N ∈ N ∀ε > 0 XN ∩ Bo (a, ε) 6= ∅
⇐⇒ ∀N ∈ N ∀V ∈ V(a) XN ∩ V 6= ∅
⇐⇒ ∀N ∈ N a ∈ XN \
Ainsi, a est une valeur d’adhérence de (xn ) si et seulement si a ∈ XN .
N ∈N
Propriété.
A est fermé si et seulement si toute suite convergente d’éléments de A
a pour limite un élément de A.
Démonstration.
• Supposons que A est fermé et soit (an ) une suite convergente d’éléments de A.
Notons a sa limite. a ∈ A et A = A, donc a ∈ A.
• Réciproquement, on suppose que toute suite convergente d’éléments de A a pour
limite un élément de A. Soit a ∈ A. Il existe une suite (an ) de A telle que an −→ a.
n→+∞
D’après l’hypothèse, a ∈ A, donc A ⊂ A, ce qui montre que A est fermé.
Exemple. Montrons que toute droite de C est fermée :
Soit D une droite de C. Il existe a0 ∈ C et θ ∈ R tels que D = a0 + Reiθ . Ainsi, pour
tout z ∈ C, z ∈ D ⇐⇒ e−iθ (z − a0 ) ∈ R ⇐⇒ Im(e−iθ (z − a0 )) = 0.
Soit (zn ) ∈ DN une suite d’éléments de D telle que zn −→ z ∈ C.
n→+∞
Pour tout n ∈ N, Im(e−iθ (zn − a0 )) = 0, or d’après le cours,
Im(e−iθ (zn − a0 )) −→ Im(e−iθ (z − a0 )), donc Im(e−iθ (z − a0 )) = 0 ce qui montre que
n→+∞
z ∈ D. D’après la caractérisation des fermés, D est bien un fermé.
Exemple. En adaptant le raisonnement,
montrer que {(x, y, z) ∈ R3 / x2 − sin(zy) ≥ y 3 } est un fermé de R3 .
Propriété. Soit G un K-espace vectoriel normé de dimension finie ou infinie.
Tout sous-espace vectoriel de G de dimension finie est fermé.
Démonstration.
Soit F un sous-espace vectoriel de G de dimension finie.
Soit (xn ) une suite d’éléments de F qui converge vers l ∈ G.
En tant que suite convergente de G, (xn ) est une suite de Cauchy de G, donc c’est
une suite de Cauchy de F , mais F est de dimension finie, donc F est complet, ce qui
prouve que la suite (xn ) converge dans F , donc l ∈ F . Ainsi F est fermé.
Démonstration.
◦A
Prenons B = A = [a, b]. B =]a − 1, b + 1[∩A est un ouvert de A, donc B = A = [a, b],
◦E
mais A ∩ B =]a, b[.
Avec le même exemple, F rA (B) = ∅ mais A ∩ F rE (B) = {a, b}.
Propriété. Soit B une partie de A. B est dense dans A si et seulement si A ⊂ B .
Démonstration.
E A
B est dense dans A si et seulement si B ∩ A = B = A, donc si et seulement si
E
A⊂B .
Nous démontrerons page 38 que sur un espace vectoriel de dimension finie, toutes les
normes sont équivalentes, donc ces théorèmes sont vrais pour toute norme de E.
Cependant, pour démontrer que toutes les normes sont équivalentes sur un espace E
de dimension finie, nous utiliserons que dans E les fermés bornés sont compacts, mais
seulement pour la norme N : il n’y aura donc pas de cercle vicieux.
Propriété. Soit A un compact de E.
Lorsque B ⊂ A, B est compact si et seulement s’il est fermé.
Démonstration.
Supposons que B est compact. Alors il est fermé d’après la propriété précédente.
Réciproquement, supposons que B est fermé. Soit (xn ) une suite d’éléments de B. C’est
aussi une suite d’éléments de A qui est compact, donc il existe une application
ϕ : N −→ N, strictement croissante telle que (xϕ(n) ) converge dans A.
Mais (xϕ(n) ) ∈ B N et B est un fermé, donc (xϕ(n) ) converge dans B. Ainsi la suite (xn )
admet une valeur d’adhérence dans B, ce qui prouve que B est compact.
Théorème. Une suite d’éléments d’une partie compacte converge si et seulement si
elle admet une unique valeur d’adhérence.
Démonstration.
Au tableau.
Théorème. On suppose que E et F sont deux K-espaces vectoriels normés.
Si A et B sont des compacts de E et de F , alors A × B est un compact de E × F .
Démonstration.
Soit ((xn , yn ))n∈N ∈ (A × B)N . A est compact, donc il existe une application
ϕ : N −→ N, strictement croissante et x ∈ A tels que xϕ(n) −→ x.
n→+∞
(yϕ(n) ) ∈ B N et B est compact, donc il existe une application Ψ : N −→ N, strictement
croissante et y ∈ B tels que yϕ(Ψ(n)) −→ y. De plus, par composition des limites,
n→+∞
xϕ(Ψ(n)) −→ x. Ainsi (xϕ◦Ψ(n) , yϕ◦Ψ(n) ) −→ (x, y) ∈ A × B, ce qui prouve que A × B
n→+∞ n→+∞
est un compact de E × F .
Corollaire. Soient p ∈ N∗ , E1 , . . ., Ep p K-espaces vectoriels norméset A1 , . . ., Ap
p compacts respectivement dans E1 , . . ., Ep . Alors A1 × · · · × Ap est un compact de
E1 × · · · × Ep .
Démonstration.
Se démontre par récurrence sur p.
Théorème (hors programme) : Caractérisation de la compacité par la pro-
priété de Borel Lebesgue.
Soit A une partie de E. Les assertions suivantes sont équivalentes.
i) A est compact. [
ii) Pour tout ensemble I et pour toute famille d’ouverts (Ui )i∈I telle que A ⊂ Ui , il
[ i∈I
existe une partie J finie de I telle que A ⊂ Ui .
i∈J
C’est la propriété de Borel Lebesgue, qui signifie que, de tout recouvrement de A par
des ouverts, on peut en extraire un recouvrement fini. \
iii) Pour tout ensemble I et pour toute famille de fermés (Fi )i∈I telle que A ∩ Fi = ∅,
\ i∈I
il existe une partie J finie de I telle que A ∩ Fi = ∅.
i∈J
Démonstration.
Par passage au complémentaire, ii) ⇐⇒ iii).
• Supposons iii) et montrons i).
Soit (xn ) une suite de points de A. Supposons qu’elle n’admet aucune valeur d’adhérence
dans\ A. Ainsi, avec les notations de la propriété précédente,\
A∩ XN = ∅, donc d’après iii), il existe p ∈ N tel que A∩ XN = ∅. Mais la suite
N ∈N 0≤N ≤p
\
(XN ) est décroissante au sens de l’inclusion, donc XN = Xp . Ainsi, A ∩ Xp = ∅,
0≤N ≤p
ce qui est faux.
• i) =⇒ ii) : Au tableau.
Propriété. Soit (xn ) ∈ E N une suite convergente. Notons l sa limite.
Alors l’ensemble {xn /n ∈ N} ∪ {l} est un compact de E.
Démonstration.
Soit (Ui )i∈I un recouvrement de A = {xn /n ∈ N} ∪ {l} par des ouverts. Il existe j ∈ I
tel que l ∈ Uj .
Uj est un ouvert, donc il existe ε > 0 tel que Bo (l, ε) ⊂ Uj . Mais xn −→ l, donc il
n→+∞
existe N ∈ N tel que, pour tout n ≥ N , xn ∈ Bo (l, ε).
Pour tout n ∈ {0, . . . , N − 1}, il existe in ∈ I tel que xn ∈ Uin , donc la famille finie
d’ouverts (Uj , Ui0 , . . . , UiN −1 ) est un recouvrement de A.
Ceci prouve que A est compact.
Remarque. Dans cette démonstration, on a utilisé la caractérisation de Borel Le-
besgue, mais seulement dans le sens ii) =⇒ i), que l’on a démontré.
2 Continuité ponctuelle
On fixe deux espaces métriques E et F , ainsi qu’une fonction f : E −→ F , dont le
domaine de définition sera noté Df .
Remarque. Il s’agit d’une définition “séquentielle” car elle utilise un critère reposant
sur des suites.
Propriété. Lorsque E et F sont des espaces vectoriels normés, si l’on remplace l’une
des normes sur E ou F par une norme équivalente, la condition f (x) −→
x→a
l est inchangée.
x∈A
Exemples :
— En utilisant que | sin x| ≤ |x| pour tout x ∈ R, on montre que sin x −→ 0.
x→0
1
— −→ 0.
x x→±∞
x∈R
Démonstration.
Soit (l, l0 ) ∈ F 2 tel que f (x) −→
x→a
l et f (x) −→
x→a
l0 .
x∈A x∈A
Il existe au moins une suite (xn ) ∈ AN qui tend vers a. Alors f (xn ) −→ l et f (xn ) −→ l0 ,
n→+∞ n→+∞
donc l = l0 en vertu de l’unicité de la limite d’une suite.
Remarque. L’existence d’une suite (xn ) ∈ AN qui tend vers a est une hypothèse
nécessaire car sinon, la condition “∀(xn )n∈N ∈ AN
xn −→ a =⇒ f (xn ) −→ l ” est
n→+∞ n→+∞
vraie pour tout l.
Remarque. lorsque f (x) −→
x→a
+∞, il convient de dire que f (x) diverge vers +∞. On
x∈A
ne parlera de convergence que dans le cas où l ∈ F .
Propriété. On suppose que F = C et que l ∈ C.
Alors f (x) −→
x→a
` si et seulement si (Re(f )(x) −→
x→a
Re(`)) ∧ (Im(f )(x) −→
x→a
Im(`)).
x∈A x∈A x∈A
Démonstration.
Supposons que f (x) −→
x→a
`. Soit (xn ) ∈ AN telle que xn −→ a. Alors f (xn ) −→ `,
n→+∞ n→+∞
x∈A
donc Re(f )(xn ) = Re(f (xn )) −→ Re(`) d’après le cours sur les suites de vecteurs.
n→+∞
C’est vrai pour toute suite (xn ) ∈ AN telle que xn −→ `, donc Re(f )(x) −→
x→a
Re(`). De
n→+∞
x∈A
même on montre que Im(f )(x) −→
x→a
Im(`).
x∈A
Réciproquement, supposons que (Re(f )(x) −→
x→a
Re(`)) ∧ (Im(f )(x) −→
x→a
Im(`)). Soit
x∈A x∈A
(xn ) ∈ AN telle que xn −→ a. Alors Re(f )(xn ) −→ Re(`) et Im(f )(xn ) −→ Im(`),
n→+∞ n→+∞ n→+∞
donc f (xn ) = ` d’après le cours sur les suites de vecteurs. C’est vrai pour toute suite
(xn ) ∈ AN telle que xn −→ `, donc f (x) −→ x→a
`.
n→+∞
x∈A
Démonstration.
Supposons que f (x) −→
x→a
l. Soit (xn ) ∈ AN telle que xn −→ a.
n→+∞
x∈B
Démonstration.
• Supposons que ∀ε ∈ R∗+ ∃α ∈ R∗+ ∀x ∈ A (d(x, a) < α =⇒ d(f (x), l) < ε).
Soit (xn ) ∈ AN telle que xn −→ a. Soit ε > 0. Il existe α > 0 tel que
n→+∞
∀x ∈ A (d(x, a) < α =⇒ d(f (x), l) < ε).
Il existe N ∈ N tel que pour tout n ≥ N d(xn , a) < α.
Ainsi, pour tout n ≥ N d(f (xn ), l) < ε. Donc f (xn ) −→ l.
n→+∞
Remarque.
Avec ces nouvelles définitions, les hypothèses portant sur a et A énoncées au début du
présent paragraphe se résument ainsi : tout voisinage V de a rencontre A .
Définition. On dit que f |A est bornée au voisinage de a si et seulement s’il existe un
voisinage V de a tel que f |V ∩A est bornée.
Plus généralement, on dit que f |A vérifie une certaine propriété au voisinage de a si et
seulement s’il existe un voisinage V de a tel que f |V ∩A vérifie cette propriété.
Lorsqu’on énonce une propriété portant sur f au voisinage de a ∈ E, on dit que c’est
une propriété locale (de f au voisinage de a).
Lorsqu’on énonce une propriété portant sur f au voisinage de ∞ ou de ±∞, on dit que
c’est une propriété asymptotique.
Exemples :
— x 7−→ ln x est négative au voisinage de 0.
— sin est croissante au voisinage de 0.
sin x
— x 7−→ est strictement positive au voisinage de 0.
x
Propriété. f (x) −→
x→a
l ⇐⇒ ∀V ∈ V(l) ∃U ∈ V(a) f (U ∩ A) ⊂ V .
x∈A
Démonstration.
Plaçons-nous dans le cas où a ∈ E et l ∈ F .
f (x) −→
x→a
l ⇐⇒ ∀ε ∈ R∗+ ∃α ∈ R∗+ ∀x ∈ E (x ∈ Bo (a, α) ∩ A =⇒ f (x) ∈ Bo (l, ε))
x∈A
⇐⇒ ∀ε ∈ R∗+ ∃α ∈ R∗+ f (Bo (a, α) ∩ A) ⊂ Bo (l, ε) .
⇐⇒ ∀ε ∈ R∗+ ∃U ∈ V(a) f (U ∩ A) ⊂ Bo (l, ε)
⇐⇒ ∀V ∈ V(l) ∃U ∈ V(a) f (U ∩ A) ⊂ V.
Cette démonstration s’adapte aux différents cas de limites infinies, avec les définitions
précédentes des voisinages de ∞ dans E et de ±∞ dans R.
Propriété. Caractère local (ou asymptotique) de la notion de limite.
Pour tout U0 ∈ V(a), f (x) −→
x→a
l ⇐⇒ f (x) −→
x→a
l.
x∈A x∈A∩U0
Ainsi la valeur de l’éventuelle limite de f (x) lorsque x tend vers a pour x appartenant à
A ne dépend pas du comportement global de f sur A mais seulement du comportement
de f |A au voisinage de a. En particulier, si l’on modifie les valeurs de f (x) lorsque
x∈/ U0 , on ne modifie pas la valeur logique de la proposition f (x) −→ x→a
l.
x∈A
Démonstration.
“=⇒” découle d’une remarque précédente, car A ⊃ A ∩ U0 .
Réciproquement, supposons que f (x) −→
x→a
l.
x∈A∩U0
Démonstration.
“⇐=” découle d’une remarque précédente car A ∪ B ⊃ A et A ∪ B ⊃ B.
Réciproquement, supposons que (f (x) −→
x→a
l et f (x) −→
x→a
l).
x∈A x∈B
et l = lim
x→a
f (x). Il s’agit de la notion de limite à gauche du réel a.
x<a
Exemples :
— la limite à droite de bxc en n ∈ Z est égale à n et la limite à gauche est égale à
n − 1.
1
— x 7−→ tend vers −∞ en 1− et vers +∞ en 1+ .
x−1
|x| |x|
— −→+ 1 et −→ −1.
x x→0 x x→0−
Remarque. Comme les notions de limites à droite et à gauche ne sont que des cas
particuliers de la notion de limite, toutes les propriétés relatives aux limites s’appliquent
au cas des limites à droite et à gauche.
Propriété. On suppose que E = R et a ∈ Df ∩] − ∞, a[ ∩ Df ∩]a, +∞[.
Alors f (x) −→ l si et seulement si f (x) −→
x→a
l et f (x) −→
x→a
l.
x→a
x>a x<a
Démonstration.
Df \ {a} = (Df ∩] − ∞, a[) ∪ (Df ∩]a, +∞[), donc, d’après la propriété précédente,
f (x) −→
x→a
l si et seulement si f (x) −→
x→a
l et f (x) −→ x→a
l.
x∈Df \{a} x∈Df ∩]a,+∞[ x∈Df ∩]−∞,a[
Propriété. Si f (x) −→
x→a
l et si f (A) ⊂ B, alors l ∈ B.
x∈A
Démonstration.
Il existe une suite (xn ) ∈ AN telle que xn −→ a. Alors f (xn ) −→ l. Or pour tout
n→+∞ n→+∞
n ∈ N, f (xn ) ∈ f (A) ⊂ B, donc l ∈ B.
Exemple. Supposons que F = R et que ∀x ∈ A f (x) > 0. Alors, s’il existe l ∈ R
telle que f (x) −→
x→a
l, l ≥ 0.
x∈A
Démonstration.
Supposons que a ∈ A et que f (x) −→
x→a
l.
x∈A
a ∈ A, donc la suite constante égale à a est une suite d’éléments de A. Ainsi la suite
constante égale à f (a) converge vers l. D’après l’unicité de la limite, f (a) = l.
Définition. Soit a ∈ Df . f est continue en a si et seulement si f (x) −→
x→a
f (a).
x∈Df
Propriété. Soit a ∈ Df .
/ Df \ {a} (on dit que a est un point isolé de Df ), f est continue en a.
Si a ∈
Si a ∈ Df \ {a}, f est continue en a si et seulement si f (x) −→ x→a
f (a).
x∈Df \{a}
Démonstration.
• Supposons que a ∈ / Df \ {a}. Ainsi, il existe V ∈ V(a) tel que
V ∩ (Df \ {a}) = ∅. Or il existe ε > 0 tel que Bo (a, ε) ⊂ V . Donc pour tout x ∈ Df ,
d(x, a) < ε =⇒ x = a.
Soit (xn ) ∈ DfN telle que xn −→ a. Il existe N ∈ N telle que pour tout n ≥ N ,
n→+∞
d(xn , a) < ε. Ainsi la suite (xn ) est stationnaire à partir du rang N et égale à a. Donc
la suite (f (xn )) est stationnaire à partir du rang N et égale à f (a). En particulier,
f (xn ) −→ f (a). On a prouvé que f est continue en a.
n→+∞
Corollaire. Soit A une partie incluse dans Df . Si f est continue, alors f |A est continue.
Remarque. Il est important de distinguer la propriété P : “f |A est continue” et la
propriété Q : “f |Df est continue en tout point de A”.
En effet, Q =⇒ P , mais la réciproque est fausse. Par exemple, (1Q )|Q est continue, car
constante, mais 1Q n’est continue en aucun point de Q.
Démonstration.
Posons D = Df ∪ {a}.
• Supposons que f admet un prolongement par continuité sur D, noté f˜.
Alors f˜(x) −→
x→a
f˜(a), or Df ⊂ D et a ∈ Df , donc f (x) −→
x→a
f˜(a). Donc f admet une
x∈D x∈Df
Soit x ∈ Df : il faut également montrer que f˜ est continue en x. Posons ε = d(x, a) > 0 :
Bo (x, ε) ∩ (Df ∪ {a}) = Bo (x, ε) ∩ Df , donc f˜|Bo (x,ε)∩(Df ∪{a}) = f |Bo (x,ε)∩Df . Ainsi, f et
f˜ coı̈ncident sur un voisinage de x, or f est continue en x, donc f˜ est continue en x.
sin x
Exemple. L’application “sinus cardinal” est définie par sinc(x) = lorsque x 6= 0
x
et sinc(0) = 1. Elle est continue sur R.
Exemple. L’application f définie par f (x) = x2 sin x1 si x 6= 0 et f (x) = 0 est une
application continue de R dans R.
Propriété. Soient A ⊂ E et f et g deux applications continues de A dans F .
Si f et g coı̈ncident sur une partie dense dans A, alors f = g.
Démonstration.
On suppose qu’il existe B ⊂ A telle que ∀x ∈ B f (x) = g(x) et B ⊃ A.
Soit x ∈ A. Il existe (xn ) ∈ B N telle que xn −→ x.
n→+∞
Pour tout n ∈ N, f (xn ) = g(xn ). De plus, f et g étant continues, f (xn ) −→ f (x) et
n→+∞
g(xn ) −→ g(x), donc par unicité de la limite, f (x) = g(x).
n→+∞
Ainsi f et g coı̈ncident sur A, donc f = g.
Démonstration.
Supposons que f (x) −→
x→a
l et que g(y) −→ m.
y→l
x∈A y∈B
ln(1 + x)
Exemple. Si l’on admet que −→ 1 (ce qui provient du fait que ln est
0
x x→0
t
dérivable en 1 avec ln (1) = 1) et que e −1 −→ 0 (ce qui provient de la continuité de exp
t→0
ln(1 + (et − 1)) t
en 0), par composition, on obtient que t
−→ 1, donc que t −→ 1.
e −1 t→0 e − 1 t→0
Corollaire. On suppose que f (Df ) ⊂ Dg et on fixe a ∈ Df .
Si f est continue en a et g en f (a), alors g ◦ f est continue en a.
Démonstration.
On applique la propriété précédente avec A = Df , B = Dg et b = f (a).
Corollaire. On suppose que f (Df ) ⊂ Dg .
Si f et g sont continues, alors g ◦ f est continue (et définie sur Df ).
Exemple. Si f est une application continue de R dans R, alors |f | est aussi continue.
Corollaire. On suppose que f (A) ⊂ Dg .
Si f (x) −→
x→a
b et si g est continue en b, alors g(f (x)) −→
x→a
g(b).
x∈A x∈A
Démonstration.
En effet, on a déjà vu lors du cours sur les suites de vecteurs que,
pour toute suite (xn ) ∈ AN telle que xn −→ a, f (xn ) −→ l ⇐⇒ ∀i ∈ Np , fi (xn ) −→ li .
n→+∞ n→+∞ n→+∞
Démonstration.
Toutes les normes étant équivalentes en dimension finie, on peut choisir la norme sui-
k.k : F −→ R+
q q
vante : X X .
yi ei 7−→ |yi |
i=1 i=1
ϕ: Kq −→ F
q
Notons X . Pour tout y = (y1 , . . . , yq ) ∈ Kq ,
(y1 , . . . , yq ) 7−→ yi ei
i=1
kϕ(y)k = kyk1 . Ainsi ϕ et ϕ−1 sont continues.
D’après le théorème de composition des limites, f (x) −→
x→a
l si et seulement si
x∈A
ϕ−1 (f (x)) −→
x→a
ϕ−1 (l), donc si et seulement si pour tout i ∈ Nq , fi (x) −→ l.
x→a i
x∈A x∈A
Notation.
Dans ce paragraphe, on fixe une seconde fonction g : E −→ F , définie sur Dg , où F
est un K-espace vectoriel normé.
On suppose que A ⊂ Df ∩ Dg .
Propriété. Si f (x) −→
x→a
l et g(x) −→
x→a
l0 , alors (f + g)(x) −→
x→a
l + l0 .
x∈A x∈A x∈A
Démonstration.
Supposons que f (x) −→
x→a
l et g(x) −→
x→a
l0 . Soit (xn ) ∈ AN telle que xn −→ a.
n→+∞
x∈A x∈A
0 0
Alors f (xn ) −→ l et g(xn ) −→ l , donc (f + g)(xn ) −→ l + l ,
n→+∞ n→+∞ n→+∞
ce qui prouve que (f + g)(x) −→
x→a
l + l0 .
x∈A
Remarque. La démonstration (et donc l’énoncé) est valable dans le cadre des limites
infinies, à condition d’éviter la forme indéterminée ∞ − ∞, c’est-à-dire lorsque l et l0
sont les deux éléments distincts de {+∞, −∞}.
Propriété. Soit a ∈ Df ∩ Dg . Si f et g sont continues en a, f + g est continue en a.
Corollaire. La somme de deux applications continues est continue.
Propriété. Si f (x) −→
x→a
l et g(x) −→
x→a
l0 , alors (f g)(x) −→
x→a
ll0 .
x∈A x∈A x∈A
Démonstration.
Supposons que f (x) −→
x→a
l et g(x) −→
x→a
l0 . Soit (xn ) ∈ AN telle que xn −→ a.
n→+∞
x∈A x∈A
0 0
Alors f (xn ) −→ l et g(xn ) −→ l , donc (f g)(xn ) −→ ll ,
n→+∞ n→+∞ n→+∞
ce qui prouve que (f g)(x) −→
x→a
ll0 .
x∈A
Remarque. La démonstration (et donc l’énoncé) est valable dans le cadre des limites
infinies, à condition d’éviter la forme indéterminée 0 × ∞.
Propriété. Soit a ∈ Df ∩ Dg .
Si f et g sont continues en a, f g est aussi continue en a.
Corollaire. Le produit d’une application scalaire continue par une application vecto-
rielle continue est continue.
Propriété. Soit A une partie de E et F un K-espace vectoriel normé.
L’ensemble C(A, F ) des applications continues de A dans F est un K-espace vectoriel.
C(A, K) est une K-algèbre.
Propriété. On suppose que f est une application de E dans K∗ .
1 1
Si f (x) −→ l ∈ K alors ( )(x) −→ .
x→a
x∈A
f x→a
x∈A
l
Remarque. Cette propriété est valable avec des limites infinies dans les cas suivants :
1
— Si l = ∞, en convenant que ∞ = 0.
+
— Si K = R et l = 0 (c’est-à-dire que l = 0 et que f est strictement positive au
voisinage de a), en convenant que 01+ = +∞.
— Si K = R et l = 0− , en convenant que 01− = −∞.
x3 + 1
Exemple. Lorsque x tend vers +∞, la quantité présente une forme indéterminée
∞
x2 − 1
du type ∞ = 0 × ∞. On peut lever cette indétermination en écrivant que, au voisinage
x3 + 1 x3
de +∞, 2 ∼ 2 = x −→ +∞.
x −1 x x→+∞
ln(sin x)
Exemple. Déterminons la limite de f (x) = lorsque x tend vers 0+ .
ln x
sin x sin x sin x
ln(sin x) = ln x × = ln x + ln , or −→ 1,
sin x x x x x→0
donc ln x + ln ∼ ln(x) puis f (x) −→ 1.
x x→0 x→0
Démonstration.
(g − f )(A) ⊂ R+ , et d’après les propriétés précédentes,
(g − f )(x) −→
x→a
l0 − l, donc l0 − l ∈ R+ = R+ .
x∈A
Démonstration.
Soit (xn ) ∈ AN telle que xn −→ a. Alors h1 (xn ) −→ l,
n→+∞ n→+∞
h3 (xn ) −→ l et ∀n ∈ N h1 (xn ) ≤ h2 (xn ) ≤ h3 (xn ), donc d’après le principe des
n→+∞
gendarmes établi pour les suites, h2 (xn ) −→ l. Ainsi h2 (x) −→
x→a
l.
n→+∞
x∈A
Remarque. Il suffit que l’encadrement h1 (x) ≤ h2 (x) ≤ h3 (x) soit réalisé lorsque x
est au voisinage de a.
sin x 1 sin x
Exemple. | |≤ −→ 0, donc | | −→ 0.
x x x→+∞ x x→+∞
Corollaire. Le produit d’une fonction bornée au voisinage de a et d’une fonction qui
tend vers 0 en a est une fonction qui tend vers 0 en a.
Remarque. On peut adapter le principe des gendarmes au cas où l = ±∞.
Exemple. x + cos x ≥ x − 1 −→ +∞.
x→+∞
2.6 Exemples
f : ] − 3, +∞[ −→ R
r 3
Exemple 1 : L’application 1 2x
est continue.
x 7−→ +e
x+3
Démonstration.
R −→ R
et les applications constantes sont continues car lipschitziennes. Le produit
x 7−→ x
de deux applications continues à valeurs réelles étant continue,
R −→ R exp : R −→ R
est continue. Or l’application est continue (admis),
x 7−→ 2x x 7−→ ex
R −→ R
donc par composition, est continue.
x 7−→ e2x
La somme de deux applications continues à valeurs réelles étant continue, l’application
R −→ R R∗+ −→ R
est continue. Or 1 est continue, donc par composition,
x 7−→ x + 3 x 7−→
x
] − 3, +∞[ −→ R
1 est continue. En composant à nouveau par l’application conti-
x 7−→
x+3
∗ ] − 3, +∞[ −→ R
R −→ R √ , on obtient la continuité de
r
nue + 1 .
x 7−→ x x 7−→
x+3
La somme de deux applications continues à valeurs réelles étant continue, l’application
] − 3, +∞[ −→ R r
1 est continue. Enfin en composant par l’application
x 7−→ + e2x
x+3
R −→ R
continue , on obtient la continuité de f .
x 7−→ x3
Sur une copie, on se contentera pour ce type d’applications numériques (construites à
partir des fonctions usuelles par composition, sommation et produit) d’écrire : “D’après
les théorèmes usuels, f est continue”.
R3 −→ R 2
2 x
x 2x + yz + sin
Exemple 2. L’application y 7−→ x2 + y 2 + z 2 + 1 est
ln(x2 + 1)
z
z2 + 3
continue d’après les théorèmes usuels.
f: R2 −→ R
x3 ex+y
Exemple 3. Notons si (x, y) 6= 0 .
(x, y) 7−→ x2 + y 2
0 si (x, y) = 0
f est continue sur R2 \ {0} d’après les théorèmes usuels.
De plus, pour tout (x, y) ∈ R2 \ {0}, 0 ≤ |f (x, y)| ≤ |x|ex+y = g(x, y). L’application
g est continue sur R2 d’après les théorèmes usuels, donc g(x, y) −→ g(0, 0) = 0. On
(x,y)→0
déduit alors du théorème des gendarmes que f (x, y) −→ 0 = f (0, 0), ce qui prouve
(x,y)→0
(x,y)6=0
2 1
Pour tout n ∈ N∗ , f (0, n1 ) = 0 −→ 0 et f ( n1 , n1 ) = 12 e n −→6= 0,
n→+∞ n→+∞ 2
or (0, n1 ) −→ 0 et ( n1 , n1 ) −→ 0, donc f n’est pas prolongeable par continuité en 0.
n→+∞ n→+∞
Démonstration.
Par exemple, avec f décroissante, lorsque x tend vers M , en supposant f minorée
(ainsi, inf f (y) ∈ R).
y∈I
Soit ε > 0. Par définition de la borne inférieure, il existe a ∈ I tel que f (a) < inf f (y)+ε.
y∈I
Ainsi, en notant l = inf f (y), pour tout x ∈ [a, M [, l ≤ f (x) ≤ f (a) ≤ l + ε, donc
y∈I
|f (x) − l| ≤ ε.
Propriété. Reprenons les notations du théorème précédent. Si f est monotone, alors,
pour tout a ∈ I, f possède en a une limite à droite, notée f (a+ ), et une limite à
gauche, notée f (a− ). De plus, si f est croissante, f (a− ) ≤ f (a) ≤ f (a+ ), et si f est
décroissante, f (a− ) ≥ f (a) ≥ f (a+ ).
f est discontinue en a si et seulement si f (a+ ) 6= f (a− ) et dans ce cas |f (a+ ) − f (a− )|
s’appelle le saut de discontinuité de f en a.
Démonstration.
Supposons par exemple que f est croissante. Soit a ∈ I. Appliquons le théorème
précédent à la restriction de f sur l’intervalle ]a, M [. On obtient que f (x) tend vers
inf f (t) lorsque x tend vers a par valeurs supérieures. Mais f |]a,M [ est minorée par
t∈]a,M [
f (a), donc inf f (t) ∈ R. Ceci prouve que f (a+ ) est bien définie,
t∈]a,M [
avec f (a+ ) = inf f (t). En particulier, f (a+ ) ≥ f (a).
t∈]a,M [
De même, en considérant l’intervalle ]m, a[, on montre que f (a− ) est bien définie, avec
f (a− ) ≤ f (a).
Lorsque f est décroissante, −f est croissante, ce qui permet de montrer que f (a+ ) et
f (a− ) sont bien définies, avec f (a+ ) ≤ f (a) ≤ f (a− ).
Remarque. On peut en déduire que l’ensemble des points de discontinuité d’une
fonction monotone définie sur un intervalle est au plus dénombrable.
3 Continuité globale
3.1 Cas des fonctions de R dans R
Notation. : Dans ce paragraphe, on fixe un intervalle I d’intérieur non vide.
Théorème des valeurs intermédiaires (TVI) :
Soit f : I −→ R une application continue à valeurs réelles. Soit a, b ∈ I avec a < b.
Alors, pour tout réel k compris entre f (a) et f (b), il existe c ∈ [a, b] tel que f (c) = k.
Démonstration.
Au tableau.
Exercice. Soit P une application polynomiale de R dans R de degré impair.
Montrer que P possède au moins une racine réelle.
Exercice. Soit f : [a, b] −→ [a, b] une application continue, où a, b ∈ R avec
a < b. Montrer que f possède au moins un point fixe.
Seconde formulation du TVI :
L’image d’un intervalle par une application continue à valeurs réelles est un intervalle.
Démonstration.
Reprenons les notations de la première formulation.
Pour tout α, β ∈ f (I), pour tout k dans le segment [α, β], k ∈ f (I), donc f (I) est une
partie convexe de R.
Théorème. Soit f : I −→ R une fonction continue. Alors f est injective si et
seulement si elle est strictement monotone.
Démonstration.
Supposons que f est strictement monotone. Alors f est injective, même lorsque f
n’est pas continue. En effet, lorsque a, b ∈ I avec a < b, on a f (a) < f (b) ou bien
f (a) > f (b) selon que f est strictement croissante ou décroissante. En particulier,
f (a) 6= f (b).
Supposons que f est continue et qu’elle n’est pas strictement monotone.
Il existe donc x1 , x2 , x3 , x4 ∈ I tels que x1 < x2 et x3 < x4 avec f (x1 ) < f (x2 ) et
f (x3 ) > f (x4 ). Ainsi, sur l’intervalle [a, b] = [ min xi , max xi ], la restriction de f n’est
1≤i≤4 1≤i≤4
pas strictement monotone.
Si f (a) = f (b), alors f n’est pas injective. Supposons maintenant que f (a) 6= f (b).
Quitte à remplacer f par −f , on peut supposer que f (a) < f (b).
f n’étant pas strictement croissante, il existe x, y ∈ [a, b] tels que x < y et f (x) > f (y).
Pour tout t ∈ [0, 1], posons g(t) = f ((1 − t)b + ty) − f ((1 − t)a + tx).
Ainsi, g(0) = f (b) − f (a) > 0 et g(1) = f (y) − f (x) < 0, or g est continue d’après
les théorèmes usuels, donc d’après le TVI, il existe t0 ∈ [0, 1] tel que g(t0 ) = 0. Alors
f ((1 − t0 )b + t0 y) = f ((1 − t0 )a + t0 x), or (1 − t0 )b + t0 y ∈ [y, b] et (1 − t0 )a + t0 x ∈ [a, x],
donc (1 − t0 )b + t0 y 6= (1 − t0 )a + t0 x, ce qui prouve que f n’est pas injective.
Théorème de la bijection :
Soit f : I −→ R une application continue et strictement monotone.
Ainsi, en notant encore f la restriction f |f (I) , f est une bijection de I dans f (I).
Alors, f −1 : f (I) −→ I est également continue et strictement monotone (de même
sens de variation que f ).
Remarque. La démonstration n’utilise la continuité de f que pour garantir que f (I)
est un intervalle. Ainsi, si f : I −→ R est strictement monotone, alors f |f (I) est
une bijection et (f |f (I) )−1 est continue. En fait, f possède un nombre dénombrable de
points de discontinuité qui font de f (I) une union disjointe d’intervalles sur lesquels il
y a bien continuité.
√
Corollaire.
√ L’application x −
7 → x est définie et continue sur R+ .
De plus, x −→ +∞.
x→+∞
Démonstration.
f : R+ −→ R+
Notons . f est continue d’après les théorèmes usuels.
x 7−→ x2
Pour tout x, y ∈ R∗+ tel que x < y, x2 = x × x < xy < y × y = y 2 et pour tout x > 0,
x2 > 0, donc f est strictement croissante sur R+ .
D’après le TVI, f (R+ ) est un intervalle inclus dans R+ , contenant f (0) = 0, non majoré
car pour tout n ∈ N∗ , n2 = n × n ≥ n, donc f (R+ ) = R+ .
D’après le théorème de la bijection, f −1 est une bijection continue et strictement croiss-
nate de R+ dans R+ et le théorème de la limite monotone permet de conclure.
Remarque. De la même façon, ce théorème permet de définir les applications arcsin
et arccos et d’affirmer qu’elles sont continues.
Remarque. Dans un tableau de variations, les flèches obliques signifient que l’applica-
tion étudiée est continue et strictement monotone. Le théorème de la bijection affirme
en particulier que toutes les valeurs intermédiaires sont atteintes exactement une fois.
Exemple. Montrer que pour tout n ∈ N, il existe un ∈ ]2nπ, 2nπ + π2 [ tel que
un sin(un ) = 1.
Remarque. Ainsi, pour toute application continue bijective entre deux intervalles,
son application réciproque est continue.
C’est faux dans le cadre plus général des espaces métriques : l’application θ 7−→ eiθ
est une bijection continue de [0, 2π[ dans U (par restriction de l’exponentielle complexe
qui est continue car développable en série entière (cf cours de seconde année)), mais
son application réciproque n’est pas continue en 1. En effet, pour tout z ∈ U,
1 1
f −1 (z) = Arg(z), donc f −1 (ei(2π− n ) ) = 2π− n1 −→ 2π 6= 0 = f −1 (1), or ei(2π− n ) −→ 1.
n→+∞ n→+∞
i) f est continue.
ii) L’image réciproque par f de tout ouvert de F est un ouvert
pour la topologie induite sur Df .
iii) L’image réciproque par f de tout fermé de F est un fermé
pour la topologie induite sur Df .
Démonstration.
• i)=⇒ii). Supposons que f est continue.
Soit U un ouvert de F . Soit x ∈ f −1 (U ). f (x) ∈ U et U est un ouvert, donc
U ∈ V(f (x)). Or f est continue en x, donc f (t) −→ t→x
f (x). Ainsi il existe V ∈ V(x) tel
t∈Df
que f (V ∩ Df ) ⊂ U .
Si y ∈ V ∩ Df , f (y) ∈ U , donc y ∈ f −1 (U ). Ainsi V ∩ Df ⊂ f −1 (U ), donc f −1 (U )
est un voisinage de x pour la topologie induite sur Df . On a montré que f −1 (U ) est
voisinage de chacun de ses points, au sens de la topologie induite sur Df , donc que
c’est un ouvert pour la topologie induite sur Df .
• ii)=⇒iii). Soit K un fermé de F . F \ K est un ouvert de F , donc f −1 (F \ K) est un
ouvert pour la topologie induite sur Df . Or f −1 (F \ K) = Df \ f −1 (K), donc f −1 (K)
est un fermé pour la topologie induite sur Df .
De même on démontrerait que iii)=⇒ii).
• ii)=⇒i). Soit x ∈ Df . Soit V ∈ V(f (x)). Il existe r > 0 tel que Bo (f (x), r) ⊂ V .
Bo (f (x), r) est un ouvert de F , donc f −1 (Bo (f (x), r)) est un ouvert pour la topologie
induite sur Df . Ainsi c’est la trace sur Df d’un ouvert pour la topologie globale de E
que l’on notera U .
Si y ∈ U ∩ Df = f −1 (Bo (f (x), r)), f (y) ∈ Bo (f (x), r) ⊂ V , donc f (U ∩ Df ) ⊂ V .
D’autre part f (x) ∈ Bo (f (x), r), donc x ∈ U , or U est un ouvert, donc U ∈ V(x).
On a donc montré que ∀V ∈ V(f (x)) ∃U ∈ V(x) f (U ∩ Df ) ⊂ V . C’est dire que
f (t) −→
t→x
f (x) donc que f est continue en x.
t∈Df
Remarque. Ce théorème est un moyen très pratique pour montrer qu’une partie est
un ouvert ou un fermé.
Exemple. Dans R3 , considérons
U = {(x, y, z) ∈ R3 / ln(x2 + y 2 + 1) sin(z) < ex+z et x + y − z > 1}.
f: R3 −→ R
Notons et
(x, y, z) 7−→ ln(x2 + y 2 + 1) sin(z) − ex+z
g: R3 −→ R
. f et g sont continues d’après les théorèmes usuels,
(x, y, z) 7−→ 1 − x − y + z
donc U = f −1 (R∗− ) ∩ g −1 (R∗− ) est un ouvert.
Soit n ∈ N∗ . Notons fn l’application de [0, 1] dans R définie par les relations suivantes.
Pour tout t ∈ [0, n1 ] fn (t) = 1 − nt et pour tout t ∈ [ n1 , 1] fn (t) = 0.
Z 1
k
fn ∈ E donc 1 = |fn (0)| ≤ k |fn (t)|dt = −→ 0. Ainsi 1 ≤ 0, ce qui est faux,
0 2n n→+∞
donc ϕ n’est pas continue pour k.k1 .
1
• Autre méthode. Posons gn (x) = (1−x)n . kgn k1 = n+1 −→ 0, donc si ϕ est continue
n→+∞
pour k.k1 , ϕ(gn ) −→ ϕ(0) = 0, ce qui est faux.
n→+∞
Théorème.
L’image directe d’un compact par une application continue est un compact.
Démonstration.
Soit E et F deux espaces métriques. Soit A un compact de E et f : A −→ F une
application continue.
Soit (yn ) ∈ f (A)N . Pour tout n ∈ N, il existe xn ∈ A tel que yn = f (xn ).
A est compact, donc il existe une application ϕ : N −→ N, strictement croissante et
x ∈ A tels que xϕ(n) −→ x.
n→+∞
f étant continue, f (xϕ(n) ) −→ f (x) et f (x) ∈ f (A), donc la suite (f (xn )) admet au
n→+∞
moins une valeur d’adhérence dans f (A). Ceci prouve que f (A) est compact.
Corollaire. Soient A un compact non vide de E et f : A −→ R une application
continue. Alors f est bornée et elle atteint ses bornes, c’est-à-dire qu’il existe
(xm , xM ) ∈ A2 tel que, pour tout x ∈ A, f (xm ) ≤ f (x) ≤ f (xM ).
Démonstration.
f (A) est un compact, donc f (A) est un fermé borné dans R. En particulier, f (A) est
une partie non vide et majorée de R, donc elle admet une borne supérieure, notée S.
1
Pour tout n ∈ N, il existe yn ∈ f (A) tel que S − < yn ≤ S. D’après le théorème
n+1
des gendarmes, yn −→ S, mais f (A) est fermé, donc S ∈ f (A), ce qui prouve que
n→+∞
f (A) admet un maximum.
De même, on montre que f (A) admet un minimum.
Corollaire. L’image directe d’un segment de R par une application continue à valeurs
réelles est un segment.
Exercice. Soit f : R −→ R une application continue et périodique. Montrer
qu’elle est bornée.
Z 1
(x ln x)n
Exercice. Pour tout n ∈ N, posons In = dx. Montrer que In −→ 0.
0 n! n→+∞
Théorème.
Sur un K-espace vectoriel de dimension finie, toutes les normes sont équivalentes.
Démonstration.
Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie, muni d’une base e = (e1 , . . . , eq ).
q q
X X
Lorsque y = yi ei ∈ E, posons N (y) = |yi |. On sait que N est une norme sur E,
i=1 i=1
pour laquelle les fermés bornés de E sont des compacts.
• Soit N 0nune seconde norme sur E.n n
X X X
Soit x = 0
xi ei ∈ E. N (x) = N ( 0
xi ei ) ≤ |xi |N 0 (ei ).
i=1 i=1 i=1
n
X
0 0
Posons β = max N (ei ). Pour tout x ∈ E, (1) : N (x) ≤ β |xi | = βN (x).
1≤i≤n
i=1
• On en déduit que pour tout (x, y) ∈ E 2 , |N 0 (x) − N 0 (y)| ≤ N 0 (x − y) ≤ βN (x − y),
c’est-à-dire que l’application N 0 : (E, N ) −→ R+ est une application β-lipschitzienne.
Ainsi, cette application est continue.
En particulier, si l’on note SN (0, 1) = {x ∈ E / N (x) = 1} (c’est la sphère unité pour
la norme N ), alors N 0 |SN (0,1) est continue, or SN (0, 1) est un fermé borné de (E, N ),
donc il est compact. Ainsi N 0 |SN (0,1) est une application bornée qui atteint ses bornes.
0 0
En particulier, il existe x0 ∈ SN (0, 1) tel que
pourtout x ∈ SN (0, 1), N (x) ≥ N (x0 ).
x x
Si x ∈ E \ {0}, ∈ SN (0, 1), donc N 0 ≥ N 0 (x0 ).
N (x) N (x)
De plus N (x0 ) = 1, donc x0 6= 0, ce qui montre que N 0 (x0 ) > 0.
1
Ainsi, pour tout x ∈ E, (2) : N (x) ≤ 0 N 0 (x).
N (x0 )
(1) et (2) prouvent que N et N 0 sont équivalentes.
Ainsi, si f est uniformément continue, elle est continue, mais de plus, pour ε > 0 fixé,
on peut choisir α indépendamment de x0 . On dit que x0 7−→ αx0 est uniforme en x0 ,
et, par extension, que la continuité est uniforme.
Cette indépendance de α par rapport à x0 est souvent bien utile dans la démonstration
de théorèmes généraux d’analyse. Ainsi l’intérêt de la continuité uniforme est essen-
tiellement d’ordre théorique.
Propriété. Toute fonction uniformément continue est continue.
Propriété. Caractérisation séquentielle de la continuité uniforme.
f est uniformément continue si et seulement si pour tout couple ((xn ), (yn )) de suites
d’éléments de Df tel que d(xn , yn ) −→ 0, d(f (xn ), f (yn )) −→ 0.
n→+∞ n→+∞
Démonstration.
• Supposons que f est uniformément continue. Soit ((xn ), (yn )) un couple de suites
d’éléments de Df tel que d(xn , yn ) −→ 0.
n→+∞
Soit ε > 0. Il existe α > 0 tel que pour tout (x, y) ∈ Df2 ,
(d(x, y) ≤ α =⇒ d(f (x), f (y)) ≤ ε).
Il existe N ∈ N tel que pour tout n ≥ N , d(xn , yn ) ≤ α. Ainsi, pour tout n ≥ N ,
d(f (xn ), f (yn )) ≤ ε. On a montré que d(f (xn ), f (yn )) −→ 0.
n→+∞
• Supposons maintenant que f n’est pas uniformément continue. Ainsi il existe ε > 0
tel que ∀α ∈ R∗+ ∃(x, y) ∈ Df2 d(x, y) ≤ α et d(f (x), f (y)) > ε.
1
En particulier, pour tout n ∈ N, il existe (xn , yn ) ∈ Df2 tel que d(xn , yn ) ≤ et
n+1
d(f (xn ), f (yn )) > ε.
d(xn , yn ) −→ 0 mais d(f (xn ), f (yn )) ne converge pas vers 0. On a ainsi montré la
n→+∞
contraposée de la réciproque.
Remarque. Il existe des applications continues qui ne sont pas uniformément conti-
]0, 1] −→ R
nues. Par exemple, est continue sans être uniformément continue.
x 7−→ x1
Démonstration.
1 1 1
Posons xn = n1 et yn = . xn − yn −→ 0 mais − = −1.
n+1 n→+∞ xn y n
Exercice. Montrer que x 7−→ x2 n’est pas uniformément continue sur R.
Propriété. La composée de deux applications uniformément continues est uniformément
continue.
Démonstration.
A l’aide de la caractérisation séquentielle.
Propriété. Les applications lipschitziennes sont uniformément continues.
Ainsi, “lispchitzienne”=⇒“uniformément continue”=⇒“continue”.
Démonstration.
A l’aide de la caractérisation séquentielle.
2 La relation de prépondérance 4
3 La relation d’équivalence 7
3.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.2 Propriétés de stabilité de la relation d’équivalence . . . . . . . . . . . . 8
3.3 Défauts de stabilité de la relation d’équivalence . . . . . . . . . . . . . 11
3.4 Résumons : quelques méthodes de calculs d’équivalents . . . . . . . . . 12
1
Comparaison au voisinage d’un point 1 La relation de domination
Notation.
Dans tout ce chapitre, on fixe un K-espace vectoriel normé E, où K désigne R ou C.
On fixe également A ⊂ E et a ∈ E ∪ {+∞, −∞, ∞}, et on suppose que tout voisinage
V de a rencontre A.
L’objet de ce chapitre est d’étudier des applications définies sur A et à valeurs dans un
espace vectoriel normé, au voisinage du point a.
1 La relation de domination
Définition. Soient F et G deux espaces vectoriels normés, f : A −→ F et g : A −→ G
deux applications.
On dit que f est dominée par g au voisinage de a si et seulement si
(1) : ∃V ∈ V(a) ∃C ∈ R∗+ ∀x ∈ V ∩ A kf (x)kF ≤ Ckg(x)kG .
O (g(x)) (notation de Landau) ou bien f (x) g(x) (notation
On note alors f (x) = x→a
x∈A
de Hardy).
Remarque. Ici, la dernière inégalité de (1) ne peut pas être remplacée par une inégalité
stricte, car g peut s’annuler au voisinage de a, c’est-à-dire qu’il est possible que, pour
tout V ∈ V(a), ∃x ∈ V g(x) = 0.
Remarque. f = O(g) si et seulement si kf (x)k = O(kg(x)k).
Cas particulier des suites. Si E = R, A = N et a = +∞, f et g représentent en
fait des suites (xn ) ∈ F N et (yn ) ∈ GN . Ainsi xn = O(yn ) si et seulement si
∃N ∈ N ∃C ∈ R∗+ ∀n ≥ N kxn kF ≤ Ckyn kG .
Exemples. Soient F un espace vectoriel normé et f : A −→ F .
Alors 0 = O(f ), mais f = O(0) si et seulement si f est nulle au voisinage de a.
f = O(1) si et seulement si f est bornée au voisinage de a.
Exemple. x sin x = O(x), au voisinage de +∞ ou bien de 0.
Propriété. Soient F un espace vectoriel normé et f : A −→ F une application.
Alors O(O(f )) = O(f ) .
Démonstration.
Cette propriété signifie que si g = O(f ) et si h = O(g), alors h = O(f ), mais elle ne
s’intéresse pas au problème réciproque ( si h = O(f ), existe-t-il g tel que h = O(g)
et g = O(f ) ?) d’ailleurs vrai ici mais qui dans d’autres cas pourra être faux. Ainsi
il serait plus exact de noter O(O(g)) ⊂ O(g), mais l’usage est d’utiliser la notation
d’égalité.
Cette propriété se lit donc de la manière suivante. Si une application définie sur A est
un ‘grand O’ d’un ‘grand O’ de f , c’est un ‘grand O’ de f . En voici la démonstration.
Soient G et H deux espaces vectoriels normés, g : A −→ G et h : A −→ H deux
applications. On suppose qu’au voisinage de a, g = O(f ) et h = O(g). Ainsi il existe
Démonstration.
Il existe V ∈ V(a) et C ∈ R∗+ tels que ∀x ∈ V ∩ A kf (x)kE ≤ Ckg(x)kF , or
Ckg(x)k −→ x→a
0, donc d’après le théorème des gendarmes, f (x) −→
x→a
0, or la no-
x∈V ∩A x∈V ∩A
tion de limite est une notion locale et V ∈ V(a), donc f (x) −→
x→a
0.
x∈A
kf (x)k
Alors f = O(g) si et seulement si x 7−→ est bornée au voisinage de a .
kg(x)k
Démonstration : Exercice.
Propriété. (Hors programme)
Soient (un ) et (vn ) deux suites de réels strictement positifs.
un+1 vn+1
S’il existe N ∈ N tel que ∀n ≥ N ≤ , alors un = O(vn ).
un vn
Démonstration.
un+1 un un
Pour tout n ≥ N , ≤ , donc la suite est décroissante. Ainsi, pour
vn+1 vn vn n≥N
un uN uN
tout n ≥ N , ≤ . Posons C = > 0.
vn vN vN
Pour tout n ≥ N , 0 < un ≤ Cvn , donc un = O(vn ).
2 La relation de prépondérance
Définition. Soient F et G deux espaces vectoriels normés, f : A −→ F et g : A −→ G
deux applications.
On dit que f est négligeable devant g au voisinage de a si et seulement si
(1) : ∀ε ∈ R∗+ ∃V ∈ V(a) ∀x ∈ V ∩ A kf (x)kF ≤ εkg(x)kG .
o (g(x)) (notation de Landau) ou bien f (x) << g(x) (notation
On note alors f (x) = x→a
x∈A
de Hardy).
Remarque. Ici, la dernière inégalité de (1) ne peut pas être remplacée par une inégalité
stricte.
Remarque. f = o(g) si et seulement si kf (x)k = o(kg(x)k).
Cas particulier des suites. Si E = R, A = N et a = +∞, f et g représentent en
fait des suites (xn ) ∈ F N et (yn ) ∈ GN . Ainsi xn = o(yn ) si et seulement si
∀ε ∈ R∗+ ∃N ∈ N ∀n ≥ N kxn kF ≤ εkyn kG .
Exemples. Soient F un espace vectoriel normé et f : A −→ F .
Alors 0 = o(f ), mais f = o(0) si et seulement si f est nulle au voisinage de a.
f = o(1) si et seulement si f (x) −→
x→a
0.
x∈A
Remarque. cette dernière propriété est importante car elle explicite le lien entre la
notion de “petit o” et la notion de limite.
Exemple. Soit α, β ∈ R avec α < β. Alors
au voisinage de +∞, xα = o(xβ ) et
au voisinage de 0+ , xβ = o(xα ).
ATTENTION : On peut avoir f (x) = o(h(x)) et g(x) = o(h(x)), mais f (x) 6= g(x) :
ici, l’égalité n’est plus symétrique.
Démonstration : Exercice.
Théorème des croissances comparées : Soit α, β, γ ∈ R∗+ et a > 1.
1. Les suites lnα (n), nβ , an et n! tendent vers +∞ et chacune est négligeable devant
les suivantes.
2. Au voisinage de +∞, les fonctions lnα x, xβ et eγx tendent vers +∞ et chacune
est négligeable devant les suivantes.
1
+ α
3. Au voisinage de 0 , | ln x| = o β .
x
1
4. Au voisinage de −∞, eγx = o .
|x|β
Démonstration.
Dans le chapitre “Dérivation et intégration, une première approche”, lors de la
définition des fonctions ln et exp, on a prouvé
ln x
que ln x −→ +∞, ln x −→ −∞, −→ 0, et
x→+∞ x→0 x x→+∞
et
que et −→ 0, et −→ +∞, −→ +∞.
t→−∞ t→+∞ t t→+∞
ln(xβ )
Ainsi par composition des limites, xβ = eβ ln x −→ +∞, donc −→ 0,
x→+∞ xβ x→+∞
ln x
or ln(xβ ) = β ln x, donc β −→ 0.
x x→+∞
ln x
En remplaçant β par αβ , on en déduit que β −→ 0.
x α x→+∞
lnα x ln x α
Or uα = ea ln u −→ 0, donc par composition des limites, β = β −→ 0.
u→0 x x α x→+∞
t lnα (et ) tα
e −→ +∞, donc −→ 0, i.e βt −→ 0.
t→+∞ (et )β t→+∞ e t→+∞
On a ainsi prouvé l’item numéro 2.
En restreignant à N, on en déduit que lnα (n) = o(nβ ) et que nβ = o(en ln a ) = o(an ),
car ln a > 0. X an an
De plus on sait que la série converge (et a pour somme ea ), donc −→ 0.
n! n! n→+∞
On a ainsi prouvé l’item numéro 1.
lnα 1 1
x1 −→+ +∞, donc 1 βx −→+ 0, i.e | ln x|α = + o β .
x→0 ( x ) x→0 x→0 x
α
α −βt t α βt βt
1
t e = βt −→ 0, donc (−t) e −→ 0, donc e = o .
e t→+∞ t→−∞ t→−∞ |t|α
3 La relation d’équivalence
3.1 Définition
Définition. Soient F un espace vectoriel normé, f : A −→ F et g : A −→ F deux
applications.
On dit que f est équivalente à g au voisinage de a si et seulement si f − g = o(g).
∼ g(x).
On note alors f (x) x→a
x∈A
∼ g(x) ⇐⇒ f = g + o(g) .
Ainsi, f (x) x→a
x∈A
Démonstration.
• Soit (f, g) ∈ F(A, F )2 tel que f ∼ g. Montrons que g = O(f ).
En effet, il existe V ∈ V(a) tel que pour tout x ∈ V ∩ A, kf (x) − g(x)k ≤ 12 kg(x)k.
Soit x ∈ V ∩ A. kg(x)k − kf (x)k ≤ kf (x) − g(x)k ≤ 12 kg(x)k, donc 12 kg(x)k ≤ kf (x)k,
ainsi kg(x)k ≤ 2kf (x)k.
• Soit f ∈ F(A, F ). f − f = 0 = o(f ), donc la relation est réflexive.
Soit (f, g) ∈ F(A, F )2 tel que f ∼ g. D’après le premier point,
g − f = o(g) = o(O(f )) = o(f ), donc g ∼ f , ce qui prouve la symétrie.
Soit (f, g, h) ∈ F(A, F )3 tel que f ∼ g et g ∼ h.
h − f = (h − g) + (g − f ) = o(h) + o(g), or d’après le premier point g = O(h), donc
h − f = o(h) + o(O(h)) = o(h) + o(h) = o(h). Ainsi f ∼ h, ce qui prouve la transitivité.
Démonstration.
1
1= klk = O(l), donc f (x) − l = o(1) = o(O(l)) = o(l), ce qui montre que f (x) ∼ l.
klk
Démonstration.
f −g f (x)
f ∼ g ⇐⇒ f − g = o(g) ⇐⇒ −→ 0 ⇐⇒ −→ 1.
g x→a
x∈A
g(x) x→a
x∈A
Démonstration.
ϕ.f − Ψ.g = ϕ.f − ϕ.g + ϕ.g − Ψ.g = ϕ.o(g) + o(Ψ).g, donc
ϕ.f − Ψ.g = O(Ψ).o(g) + o(Ψ).O(g) = o(Ψ.g), donc ϕ.f ∼ Ψ.g.
Propriété. Soient f : A −→ K et g : A −→ K deux applications scalaires. On
suppose que g ne s’annule pas au voisinage de a et que f ∼ g.
1 1
Alors f ne s’annule pas au voisinage de a et ∼ .
f (x) g(x)
Démonstration.
g = O(f ), donc, au voisinage de a, si f (x) = 0 alors g(x) = 0. Ainsi f ne s’annule pas
f (x) g(x) 1 1
au voisinage de a. −→ 1, donc −→ 1, ce qui prouve que ∼ .
g(x) x∈A
x→a
f (x) x∈A
x→a
f (x) g(x)
Propriété. Soient f : A −→ R et g : A −→ R deux applications à valeurs réelles.
Si f ∼ g, alors f et g ont le même signe au voisinage de a au sens strict, c’est-à-dire
que f (x) et g(x) sont tous deux nuls, ou tous deux strictement positifs, ou tous deux
strictement négatifs.
Démonstration.
Il existe W ∈ V(a) tel que ∀x ∈ W ∩ A |f (x) − g(x)| ≤ 21 |g(x)|.
Soit x ∈ W ∩ A. Si g(x) = 0, alors f (x) = 0.
f (x) 1 f (x) 1
Si g(x) 6= 0, | − 1| ≤ , donc ≥ , ce qui prouve que f (x) et g(x) ont le
g(x) 2 g(x) 2
même signe au sens strict.
Propriété.
Soient α ∈ R, f : A −→ R et g : A −→ R deux applications à valeurs réelles.
Si f ∼ g et si g est strictement positive au voisinage de a, alors f α (x) ∼ g α (x).
Démonstration.
f est aussi strictement positive au voisinage de a, donc f α est définie au voisinage de
f α (x)
a et α −→ 1, donc f α (x) ∼ g α (x).
g (x) x→a
x∈A
Démonstration.
• Premier cas. Supposons que l ∈ F \ {0}. Alors f ∼ g ∼ l, donc par transitivité,
f ∼ l, ce qui montre que f − l = o(l) = o(O(1)) = o(1), donc f (x) −→
x→a
l.
x∈A
• Deuxième cas. Supposons que l = 0.
Alors f (x) = O(g(x)) et g(x) −→
x→a
0, donc f (x) −→
x→a
0.
x∈A x∈A
1 1 1
• Troisième cas. Supposons que F = R et l = +∞. Alors ∼ et −→ 0+ .
f (x) g(x) g(x) x→ax∈A
1
D’après le cas précédent et la propriété de conservation du signe, −→ 0+ , donc
f (x) x→a
x∈A
f (x) −→
x→a
+∞.
x∈A
• Autres cas. Adaptez ce qui précède lorsque l = −∞ ou l = ∞.
2x2 + 5x + 1
Exemple. Calculer la limite en ±∞ de f (x) = .
(x − 1)(3 − x)
2x2
f (x) ∼ = −2, donc la limite cherchée est −2.
x × (−x)
Propriété. Soient F et G deux espaces vectoriels normés, f : A −→ F et g : A −→ G
deux applications.
La condition f = O(g) (respectivement f = o(g), f ∼ g) est vraie si et seulement si
elle l’est en remplaçant f et g par des applications équivalentes.
Démonstration.
Soient f : A −→ F et g : A −→ G des applications
respectivement équivalentes à f et g.
Si f = O(g), f = O(f ) = O(O(g)) = O(g) = O(O(g)) = O(g),
si f = o(g), f = O(f ) = O(o(g)) = o(g) = o(O(g)) = o(g),
et si f ∼ g, la transitivité montre que f ∼ g.
Les réciproques s’obtiennent en intervertissant les rôles joués par f et f et par g et g.
Démonstration.
f (x) f (x)
ln(f (x)) = ln g(x) = ln(g(x)) + o(1), car −→ 1.
g(x) g(x) x→a
x∈A
Or, en convenant que ln(+∞) = +∞ et que ln(0) = −∞, ln(g(x)) −→x→a
ln(l) 6= 0, donc
x∈A
ln(f (x)) = ln(g(x)) + o(ln(g(x))) ∼ ln(g(x)).
Remarque. Si f (x) = 1 − x et g(x) = 1 − x2 , lorsque x est au voisinage de 0,
f (x) ∼ g(x), mais ln(f (x)) 6∼ ln(g(x)).
√
Exemple. Au voisinage de +∞, ln(t + 1 + t2 ) ∼ ln(t).
Démonstration.
√ √
t2 + 1 ∼ t, donc t + 1 + t2 = t + (t + o(t)) ∼ 2t −→ +∞ =
6 1,
√ t→+∞
donc ln(t + 1 + t2 ) ∼ ln(2t) = ln(2) + ln(t) ∼ ln(t).
Propriété. Changement de variable.
Soient F un second K-espace vectoriel normé, B ⊂ F et b ∈ F ∪ {+∞, −∞, ∞}. On
suppose que tout voisinage de b rencontre B.
Soit ϕ : B −→ A une application telle que ϕ(t) −→ a .t→b
t∈B
Soient f : A −→ G et g : A −→ H.
Démonstration.
• Supposons que f (x) = O(g(x)).
Ainsi, il existe C > 0 et V ∈ V(a) tel que, ∀x ∈ V ∩ A kf (x)k ≤ Ckg(x)k.
Or ϕ(t) −→ a, donc il existe W ∈ V(b) tel que ϕ(W ∩ B) ⊂ V .
t→b
t∈B
Soit t ∈ W ∩ B. ϕ(t) ∈ V ∩ A, donc kf (ϕ(t))k ≤ Ckg(ϕ(t))k,
ce qui prouve que f ◦ ϕ(t) = O(g ◦ ϕ(t)).
• Supposons que f (x) = o(g(x)).
Soit ε > 0. Il existe V ∈ V(a) tel que, ∀x ∈ V ∩ A kf (x)k ≤ εkg(x)k.
Or ϕ(t) −→ a, donc il existe W ∈ V(b) tel que ϕ(W ∩ B) ⊂ V .
t→b
t∈B
Soit t ∈ W ∩ B. ϕ(t) ∈ V ∩ A, donc kf (ϕ(t))k ≤ εkg(ϕ(t))k,
ce qui prouve que f ◦ ϕ(t) = o(g ◦ ϕ(t)).
• Supposons que f (x) x→a
∼ g(x). Alors f (x) − g(x) = o(g(x)),
x∈A
donc f (ϕ(t)) − g(ϕ(t)) = o(g(ϕ(t)), ce qui prouve que f ◦ ϕ(t) ∼ g ◦ ϕ(t).
t→b
t∈B
Exemple.
√ Lorsque t tend
√ vers 0 par valeurs positives,
ln cos t = ln(1 + (cos t − 1)) = ln(1 + (− 2t + o(t))) ∼ − 2t + o(t) ∼ − 2t .
t3 t3
Ainsi, dans l’écriture sin t ∼ t − , le terme n’est pas pertinent car il est négligeable
6 6
t3
devant le premier terme t. C’est pourquoi si vous donnez comme résultat sin t ∼ t − ,
6
vous ne commettez pas d’erreurs (elles ne sont que potentielles), mais vous montrez
que vous ne maı̂trisez pas la notion d’équivalence de fonctions.
Remarque. Elever un équivalent à une puissance qui dépend de la variable n’est pas
autorisé. Par exemple, au voisinage de +∞, 1 + n1 ∼ 1, mais (1 + n1 )n −→ e, donc
n→+∞
(1 + n1 )n 6∼ 1.
De la même façon, dans le cadre des suites, faire le produit de n équivalents lorsque n
tend vers l’infini n’est pas autorisé.
4.1 Définitions
Définition. Soient f : A −→ K une application et n ∈ N. On dit que f admet un
développement limité au voisinage de a à l’ordre n (ou en o(xn )) si et seulement s’il
existe P ∈ Kn [X] tel que f (a + x) = P (x) + o(xn ).
x→0
Xn
Si P (X) = ak X k avec am 6= 0, alors f (x) ∼ am (x − a)m . On dit que am (x − a)m
x→a
k=m
est la partie principale de f au voisinage de a.
Remarque. Quitte à utiliser la propriété de changement variable, on peut se limiter
au cas où a = 0. Par exemple, si a ∈ K, on peut poser t = a − x et si a = +∞, on peut
poser t = x1 ou bien t = e−x .
Pour toute la suite de ce paragraphe, on supposera donc que a = 0 et que 0 est un
point d’accumulation de A.
Définition. développements limités au sens fort.
Avec les notations précédentes, on dit que f admet un développement limité au sens
fort au voisinage de 0 à l’ordre n (ou en O(xn+1 )) si et seulement s’il existe P ∈ Kn [X]
tel que f (x) = P (x) + O(xn+1 ).
Les propriétés qui suivent sont valables pour les développements limités au sens fort
ou au sens faible, mais nous ne les énoncerons que dans le cas du sens faible.
Propriété. unicité du développement limité.
Avec les notations précédentes, s’il existe (P, Q) ∈ Kn [X]2 tel que
f (x) = P (x) + o(xn ) = Q(x) + o(xn ), alors P = Q.
Remarque. Le formulaire qui récapitule les développements limités usuels est à
connaı̂tre. Ces formules s’obtiennent toutes à l’aide de la formule de Taylor-Young
ou du théorème d’intégration d’un développement limité que nous verrons plus loin.
Propriété. Développements limités tronqués.
Soient f : A −→ K une application et (n, p) ∈ N2 avec p ≤ n. On suppose que f
admet un développement limité en o(xn ). Alors f admet un développement limité en
o(xp ).
n p
X X
k n
De plus, si f (x) = ak x + o(x ), alors f (x) = ak xk + o(xp ).
k=0 k=0
On dit que l’on a tronqué le développement limité de f à l’ordre p.
Remarque. f admet un développement limité à l’ordre 0 si et seulement s’il existe
l ∈ R tel que f (x) −→
x→0
l. Dans ce cas, f (x) = l + o(1).
x∈A
n−m
!
m
X ak+m k n−m
am x 1+ x + o(x ) .
k=1
am
Si l’on peut prévoir avant le calcul explicite les factorisations qui auront lieu, on peut
optimiser les ordres auxquels il faut développer les fonctions élémentaires qui composent
la fonction globale à développer.
Exemple.
Développement limité de f (x) = (ch(x) − cos(x))(sh(x) − sin(x))2 à l’ordre 11.
Résolution. Le développement limité de ch(x) − cos(x) permet la mise en facteur de
x2 et celui de sh(x) − sin(x) permet la mise en facteur de x3 . Or
2
8 ch(x) − cos(x) sh(x) − sin(x)
(1) : f (x) = x , donc il suffit de développer
x2 x3
ch(x) − cos(x) sh(x) − sin(x)
2
et à l’ordre 3.
x x3
ch(x) − cos(x) = x + o(x ) = x (1 + o(x3 )) et
2 5 2
x3 x3
sh(x) − sin(x) = + o(x6 ) = (1 + o(x3 )), donc
3 3
x8 3 3 x8
2
(ch(x) − cos(x))(sh(x) − sin(x)) = (1 + o(x )) = + o(x11 ).
9 9
Sur une copie, seuls (1) et les trois lignes précédentes sont nécessaires.
Propriété. Composition de développements limités.
Soient n ∈ N et f : A −→ K une application admettant un développement limité en
o(xn ) de la forme f (x) = P (x) + o(xn ).
Soit B ⊂ K tel que 0 est un point d’accumulation de B et soit g : B −→ A une
application admettant un développement limité en o(tn ) de la forme g(t) = Q(t)+o(tn ),
avec Q(0) = 0.
Alors f ◦ g admet au voisinage de 0 le développement limité à l’ordre n suivant :
f ◦ g(t) = R(t) + o(tn ), où R(t) est obtenu en tronquant le polynôme P ◦ Q à l’ordre n.
√
Exemple. Développement limité à l’ordre 2 de f (x) = e(cos x) .
√ x x2 x x
Résolution. cos x = 1 − + + o(x2 ) = 1 + u, où u = − (1 − + o(x)),
2 24 2 12
x x2
donc f (x) = eeu = e(1 + u + o(u)) = e(1 − + + o(x2 )).
2 24
Le calcul précédent est faux car lorsque l’on substitue formellement u par
x x2
− + + o(x2 ) dans l’expression eu = 1 + u + o(u), on obtient
2 24
x x2 x x2 x2
u 2 2 x x
e = 1+ − + + o(x ) + o − + + o(x ) , or − + + o(x2 ) ∼ − ,
2 24 2 24 2 24 2
2
x x x
donc o − + + o(x2 ) = o(x) et on en déduit seulement que eu = 1 − + o(x),
2 24 2
1 13x2 3 x2
Ainsi, ϕ(x) = (1 − + o(x ))(1 + + o(x3 )).
2 12 3
1 3x2 3 1 3x2
Finalement, f (x) = (1 − + o(x )) = − + o(x3 ).
2 4 2 8
Exemple. Donnez un développement asymptotique au voisinage de +∞ de
1
f : x 7−→ ln(x ln(x) + 1) en o( 2 2 ).
x ln (x)
1 1
Résolution. f (x) = ln x ln(x)(1 + ) = ln(x ln(x)) + ln 1 + , donc
x ln(x) x ln(x)
1 1 1
f (x) = ln(x) + ln(ln(x)) + − 2 2 +o 2 2 .
x ln(x) 2x ln (x) x ln (x)
4.3 Applications
Position de la tangente : un calcul de développement limité permet de positionner
le graphe d’une application f par rapport à sa tangente en a, localement en a.
Par exemple avec f (x) = ln x en a = 1, la tangente a pour équation y = x − 1, or au
(x − 1)2
voisinage de 1, f (x) = ln(1 + (x − 1)) = (x − 1) − + o((x − 1)2 ), donc le graphe
2
de f est sous sa tangente, tout au moins au voisinage du point de contact.
3
Avec f (x) = tan x, au voisinage de 0, tan x = x + x3 + o(x3 ), donc la tangente traverse
le graphe de tan en l’origine, et elle est au dessus du graphe lorsque x > 0.
Le chapitre à venir sur la convexité permettra de positionner globalement le graphe de
f par rapport à ses tangentes.
Détermination des asymptotes obliques : soit f une application de R dans R
définie au voisinage de +∞ (ce qui suit fonctionne aussi bien en −∞).
Le graphe de f présente en +∞ une branche infinie si et seulement si f (x) −→ ∞.
x→+∞
Dans ce cas, f possède en +∞ une asymptote oblique si et seulement si f (x) admet au
voisinage de +∞ un développement asymptotique de la forme f (x) = c0 x + c1 + o(1),
avec c0 6= 0. On peut déterminer c0 et c1 par un calcul de développement limité. C’est
une seconde méthode de détermination d’une telle asymptote. Si l’on obtient un terme
supplémentaire pour ce développement limité, on pourra positionner asymptotiquement
le graphe de f par rapport à son asymptote.
Par exemple, prenons f (x) = x2 ln(1 + x1 ). Lorsque x tend vers +∞,
1 1 1 1 1 1 1
f (x) = x2 ( − 2 + 3 + o( 3 )) = x − + + o( ). Ainsi, le graphe de f possède
x 2x 3x x 2 3x x
une asymptote oblique d’équation y = x − 21 et au voisinage de +∞, le graphe est au
dessus de son asymptote.
2D
N2 tel que pour tout n ≥ N2 , ≤ Bn .
ε
Ainsi, pour tout n ≥ max(N1 , N2 ), kAn k ≤ εBn . On a prouvé que An = o(Bn ).
Supposons que an ∼ bn . an − bn = o(bn ), donc d’après la propriété précédente,
An − Bn = o(Bn ), ce qui prouve que An ∼ Bn .
Remarque. Ce théorème est encore valable lorsque la suite (bn ) est seulement positive
à partir d’un certain rang.
Démonstration.
Supposons qu’il existe n0 ∈ N tel que, pour tout n ≥ n0 , bn ≥ 0. P
XEn cas de convergence, pour n ≥ n0 , les restes de Cauchy à l’ordre n de bn et de
bn sont égaux, donc la première partie du théorème se généralise.
n≥n0
P X
Supposons maintenant que bn est divergente. Ainsi, bn est une série divergente
n≥n0
n
X
de réels positifs, donc bk −→ +∞. On en déduit :
n→+∞
k=n0
0 −1
nX n
X n
X
Bn = bk + bk ∼ bk . Ceci permet de généraliser la seconde partie du
k=0 k=n0 k=n0
théorème.
Remarque. Ce théorème est encore valable lorsque la suite (bn ) est seulement négative
à partir d’un certain rang.
Démonstration.
On applique la remarque précédente à la suite (−bn ).
Exercice. Moyenne de Césaro :
Soit (an ) une suite de complexes telle que an −→ l ∈ C.
n→+∞
n
1 X
Pour tout n ∈ N, on pose bn = ak . On dit que (bn ) est la suite des
n + 1 k=0
moyennes de Césaro de la suite (an ).
Montrer que bn −→ l.
n→+∞