Ere Etage Lithologie Intérêt Hydrogéologique
Sables. Nappe superficielle
Qu a t e r n a i r e (la nappe phréatique)
Argiles, évaporites. Substratum (imperméable)
1ère nappe des sables
Mio-Pliocène Sables. (Complexe Terminal).
Tertiaire
Argiles gypseuses (semi-perméable)
Pontien Sables, 2ème nappe des sables
graviers et grès (Complexe terminal).
Eocène Moyen Argiles lagunaires Substratum (imperméable)
Inférieur Nappe des calcaires
Sénonien calcaire Dolomies et calcaires (Complexe Terminal).
Secondaire
Sénonien lagunaire Evaporites, argiles Substratum (imperméable)
Crétacé
Cénomanien Argiles, marnes Substratum (imperméable)
Albien Nappe albienne
Barrémien Sables et grès (Continental Intercalaire).
Le Sahara algérien renferme d'importantes ressources en eaux souterraines dans deux grand
aquifères, à savoir : la nappe du Continental Intercalaire (CI) et complexe terminal (CT) et
surmonté par la nappe superficielle.
1 Hydrogéologie Régionale
Le Système Aquifère du Sahara Septentrional « SASS » (OSS, 2003) s’étend sur une vaste
zone couvrant une superficie d’environ 1.000.000 de km2 dont les limites sont situées en
Algérie, Tunisie et Libye (Fig. 20 et 21)
L’alternance de couches imperméables et perméables d’une part, et l’existence d’un fossé de
subsidence d’autre part, ont conduit à la mise en place de deux grands systèmes aquifères qui
se partagent les ressources en eau souterraines dans la vallée de l’oued Righ : le Complexe
Terminal (CT) (Bel et Demargne, 1966 ; Pallas, 1980 ; Mamou, 1990), et le Continental Intercalaire
(CI) (Cornet, 1964 ; Salem et Baruni, 1990).
Fig. 20 : Esquisse géologique des deux nappes du Sahara septentrional indiquant le sens
d’écoulement des eaux souterraines des deux nappes (Etude ERESS modifiée par Guendouz et al,
2003)
En termes de volume stocké, ces ressources en eau souterraine sont considérées,
probablement, parmi les plus importantes au monde. (Fig.21). (ERESS ; 1972).
2 Les Nappes Profondes
Le Complexe Terminal
Le système aquifère du Complexe Terminal est moins étendu que le CI, néanmoins il couvre
la majeure partie du bassin oriental du Sahara septentrional, sur environ 350.000 Km2; sa
profondeur oscille entre 100 et plus de 500 m et son épaisseur, en moyenne, est de 220 m.
Ce complexe est constitué d’un remplissage de formations continentales sablo-argileuses qui
reposent en discordance sur les calcaires érodés de l’Eocène inférieur. Il s’étend sur une
superficie de 350.000 Km² et affleure aux endroits suivants :
Au Nord, dans le sillon des chotts algéro-tunisiens à l’Est, le long du flanc oriental du Dahar
et du J. Nafusa,
au Sud, sur les plateaux de Tinrhert et de Tademaït,
à l’Ouest, sur la dorsale du M’zab.
Sous le nom de Complexe Terminal (CT) sont désignées les formations les plus récentes, déposées au
Bas-Sahara. Il se compose de deux ensembles aquifères principaux d’âge et lithologie différentes, et
sont séparées par des formations semi-perméables ou imperméables. La structure
hydrogéologique du complexe terminal se présente comme suit :
Au sommet, les sables du Mio-Pliocène couvrent en discordance pratiquement
la totalité de l’Erg Oriental depuis la dorsale de M’zab à l’Ouest jusqu’au Dahar
Tunisien à l’Est. L’épaisseur des sables est minimale dans la région de Hassi
Messaoud avec 30 m, puis augmente vers le Sud jusqu’à 400 m, pour atteindre au
Nord les 600 m. L’épaisseur moyenne est de 100 m.
Les formations carbonatées du Sénonien supérieur s’étendent sur l’ensemble
du Bassin Oriental. L’Eocène inférieur ne couvre que la zone située au Nord sur la
ligne de Djamaa – Tozeur.
Les calcaires et les dolomies du Turonien sont reliés hydrauliquement aux
formations carbonatées précédentes par l’aquifère des sables du Mio-Pliocene.
L’épaisseur moyenne du réservoir carbonaté est de 150 m. Elle atteint 500 m au Nord
sous le chott Melghir et 600 m dans la fosse Atlasique.
Le substratum du complexe aquifère est d’une manière générale, constitué par
la formation lagunaire du Sénonien.
La nappe du complexe est en charge au Nord et libre dans sa partie sud. Sa porosité dépend de
la lithologie, elle est estimée à 30% dans les sables du Mio-Pliocène et à 20% dans les
calcaires du Sénonien et de l’Eocène supérieur.
D’une manière générale l’écoulement des eaux est orienté du Sud vers le Nord (dans le bassin
oriental) et converge vers les chotts Merouane et Melghir ainsi que vers l’exutoire souterraine
du Golf de Gabes
Fig. 21 : Carte des points d’eau du CI et du CT en Algérie (OSS, 2003)
Dans le bassin occidental, une partie importante de l’écoulement rejoint les séries sous-
jacentes du Continental Intercalaire et contribue à l’infero-flux de l’oued Saoura.
L’alimentation de la nappe du complexe terminal se fait sur les affleurements perméables, par
infiltration des eaux de ruissellement apportées par les oueds qui descendent les reliefs des
bordures. Un apport non négligeable se fait par l’impluvium propre du Grand Erg oriental.
(Guettiche S., et Benabdasadok D., 2005)
L’écoulement des eaux souterraines de ces aquifères est dirigé du Sud vers le Nord (Fig. 20).
Le niveau piézométrique passe de 80 m à El Goug à une quarantaine de mètres en bordure des
chotts. Dans la partie nord du bassin la différence de niveau peut atteindre une quarantaine de
mètres (Guettiche S., et Benabdasadok D., 2005)
En 1970, le Complexe Terminal fournissait 6 m3/s (ERESS; 1972) dont les deux tiers
proviennent d’eau jaillissantes, le reste étant pompé. L'essentiel de l'artésianisme est
concentré dans la partie Nord du bassin entre Tinedla et El Meraier, alors que le pompage
domine plus au Sud, de Touggourt à Blidet Amor. Cependant à 'El Goug, la plus méridionale
des palmeraies, est encore totalement alimentée par des eaux artésiennes.
Le complexe terminal a une profondeur qui se situe entre 100 et 500 m. Les eaux de cet
aquifère se caractérisent par une température peu élevée, allant de 25 à 30°C.
Fig. 22: coupe hydrogéologique schématique Nord-Sud du Complexe Terminal ([Link], 1982)
A. Piézométrie de Complexe Terminal
L'établissement des cartes piézométriques est une étape importante dans l’étude
hydrogéologique. Elle permet d'étudier l’hydrodynamisme de la nappe en définissant le
sens d’écoulement des eaux souterraines, leur alimentation, leur exutoire et également leur
vitesse de déplacement. La cartographie a été réalisée d’une façon numérique avec le logiciel
Surfer.
Le sens principal de l'écoulement dans la région de l'Oued Righ est orienté vers le chott
Merouane (exutoire naturel). Dans la région d'Oum Thiour au Nord le sens d'écoulement est
également orienté vers le chott de direction NO-SE. Dans la partie sud, au niveau des
localités de Sidi Amrane, djamaa, Tendla, Sidi khlil et Meghaier, le sens d'écoulement est de
direction Sud-Nord.
Fig 23: Carte piézométrique de référence du Complexe Terminal (OSS, 2003)
Le Continental Intercalaire
Cette nappe s’étent sur les trois pays maghrébins (l’Algérie, la Tunisie et la Libye). Elle
couvre 600 000 km2 dans la partie algérienne et stocke un volume d’eau considérable, estimé
à 3.5.109 Milliards m3 environ. Elle est plus connue sous la dénomination de la « nappe de
l’Albien ». Le terme Continental Intercalaire, par contre désigne l’ensemble des couches
détritiques qui se sont déposées au Mésozoïques inférieur au Sahara entre deux cycles marins.
C’est le plus puissant aquifère du Sahara avec une épaisseur qui peut atteindre 1000 m (Tesco,
1986).
La nappe du Continental Intercalaire CI est limitée au Nord par l’Atlas Saharien, à l’Ouest par
l’axe Béchar-Regane et au Sud par l’axe Reggan-Ain Amenas; à l’Est elle se prolonge au-delà
des frontières Algéro-Libyenne et Algéro-Tunisienne. Il est partagé par la dorsale du M’Zab
en deux bassins :
Le bassin Occidental Oriental.
• Le bassin Oriental qui englobe le Bas Sahara.
Cette nappe est ainsi captive, à l'exception des bordures.
Les eaux du Continental Intercalaire sont caractérisées par :
Une température qui dépasse les 60°C, sauf aux endroits où l’aquifère est proche de la
surface du sol.
Le résidu sec de l’eau oscille entre 1 et 2 g/l, il peut atteindre les 5 g/l.
L’alimentation de la nappe s’est faite en grande partie durant les périodes pluvieuses du
Quaternaire
Fig. 24: Coupe hydrogéologique transversale montrant le toit et la surface piézométrique du CI
(ANRH, 2003).
La transgression cénomanienne donne au Continentale Intercalaire une limite supérieure
beaucoup plus uniforme que sa limite inférieure.
Il se termine en biseau sur les anciens reliefs hercyniens et atteint une grande puissance dans
les anciennes cuvettes d’accumulation. (ANRH, 2003)
A. Puissance du réservoir
L’épaisseur utile de ce réservoir a été déterminée à partir de plusieurs centaines des forages
pétroliers et de nombreuses compagnes de géophysiques qui ont traversé la totalité des
terrains Secondaires. Cette épaisseur correspond à la somm des couches perméables (grés et
sables argileux) dont la fraction sableuse est supérieure à 50%. Les plus fortes épaisseurs
sont localisées à l’Est d’El Goléa, où elles sont comprises entre 750 mètres et 1000
mètres. La vallée de l’Oued Righ est un peu moins bien lotie avec des valeurs inférieures à
350 mètres.
B. Alimentation
L’alimentation de la nappe s’est faite en grande partie durant les périodes pluvieuses du
Quaternaire, sur la base des études antérieures (Cornet, 1964 ; UNESCO, 1972, 1972 ; Pallas,
1978). Actuellement, son taux de recharge reste faible et s’effectue surtout à partir du
piémont de l’Atlas Saharien. La quantité d’eau qui tombe annuellement sur les affleurements
du Crétacé inférieur continental est estimée à 2,5 milliards m3 /an. Les conditions climatiques
caractérisées par une hauteur de pluie faible et une évaporation intense rendent difficile
l’estimation du coefficient d’infiltration.
Le volume d’eau emmagasiné dans le CI, évalué à 3,5.109 Milliards m3, représente un débit
continu de 1000 m 3 /s pendant 1000 ans.
Les exutoires sont représentées par :
Les foggaras longues galeries de drainage des eaux, utilisant la
topographie locale avec une pente faible pour permettre l’écoulement libre
de l’eau vers des points bas (cas du bassin occidental).
Les puits artésiens (bassin oriental).
Les sebkhas vastes étendues humides et salines, surfaces évaporantes dont
le débit total n’est pas négligeable.
C. Epaisseur du réservoir
L’épaisseur utile, souvent déterminée à partir des diagraphies, correspond à la somme des
épaisseurs des horizons perméables gréseux et des couches calcaires dolomitiques de
l’Aptien, immergées au sein de cette série gréseux-sableuse.
Les plus fortes épaisseurs sont localisées à l’Est d’El Goléa où elles sont comprises entre 750
m et 1000 m. Cependant dans la vallée de l’Oued Righ et des Zibans, l’épaisseur est moins
importante et sa valeur est inférieure à 350 m.
Le toit de la nappe du Continental Intercalaire est formé par les argiles du Cénomanien et est
affecté par quelques failles importantes. Il s'agit des accidents de la dorsale d'Amguid-El
Biod. Ces failles favorisent les fuites verticales (drainance) vers la nappe du complexe
terminal. (Ben hamida R. et Talbi, 2006)
D. La piézométrie de la nappe continentale intercalaire
Des cartes piézométriques ont été établies par Cornet (1964), ERESS (1972), OSS (2003) et
font apparaître deux grands bassins sahariens séparés par la dorsale du M’Zâb. Sur la carte
établie en 2003 (Fig.25) par l’OSS, il en ressort 3 domaines hydrogéologiques : le bas Sahara
à écoulement d’Ouest en Est ; le grand erg occidental, le Touat-Gourara et le Tidikelt à
écoulement du Nord vers le Sud et le Sud-ouest. Dans le bassin oriental, bassin en général
artésien, avec des pressions d’artésianisme très fortes comprise entre 5 et 25 bars (Guendouz,
1997 ; In CHABOUR ; 2006), des sens d’écoulement semble être du Nord-Ouest vers le Sud-
est pour être repris ensuite par un sens d’écoulement du Sud vers le Nord-est. Les eaux
convergent vers l’exutoire tunisien par la faille de Médenine. (Fig. 25).
Fig. 25. Carte piézométrique de la nappe du continental intercalaire (d’après SASS 2003)
Cette carte définit l'écoulement de la nappe à l'état naturel, peu ou pas influencé par le
pompage.
Dans la zone d’étude de l'Oued Righ, l'écoulement de cette nappe se produit dans le sens
Ouest-Est, où les eaux proviennent de l'Atlas Saharien (Fig. 26). La carte piézométrique
montre trois cône de dépression qui apparaissent autour de Touggourt, Sidi Slimane et
Djamaa. Ce qui indique que ces zones sont le siège d’une surexploitation et se localisent
principalement dans les principales palmeraies et les grandes villes.
Fig. 26: Carte piézométrique de référence du Continentale Intercalaire (OSS,
2003)
La nappe superficielle
La nappe superficielle est présente dans toutes les oasis de la vallée. Elle est
contenue dans les sables fins à moyens d’âge quaternaire avec des cristaux de
gypse. Son épaisseur, d’une vingtaine de mètres en moyenne, augmente du
Sud vers le Nord.
Elle est caractérisée par une forte salinité des eaux, confirmée par des
valeurs de la conductivité électrique élevée et qui varient de 4.91ms/cm à
13.44 ms/cm.
La remontée du niveau piézométrique de la nappe superficielle est
constamment observée suite aux excès des pompages d’eau du CI et du CT
pour l’irrigation. C’est pour drainer ce surplus que le réseau de drainage
artificiel a été réalisé dans la dépression de l’oued Righ.