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Perception Humaine - Wikipédia

La perception humaine est un processus complexe qui relie les stimuli sensoriels à la cognition, permettant aux individus de faire l'expérience de leur environnement. Elle englobe divers mécanismes sensoriels, tels que la perception visuelle, auditive, olfactive, tactile et gustative, chacun ayant des caractéristiques et des mécanismes spécifiques. La perception est influencée par des facteurs physiologiques et psychologiques, et elle peut être mesurée à travers des approches psychophysiques, bien que des illusions et des biais perceptuels compliquent cette mesure.

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Perception Humaine - Wikipédia

La perception humaine est un processus complexe qui relie les stimuli sensoriels à la cognition, permettant aux individus de faire l'expérience de leur environnement. Elle englobe divers mécanismes sensoriels, tels que la perception visuelle, auditive, olfactive, tactile et gustative, chacun ayant des caractéristiques et des mécanismes spécifiques. La perception est influencée par des facteurs physiologiques et psychologiques, et elle peut être mesurée à travers des approches psychophysiques, bien que des illusions et des biais perceptuels compliquent cette mesure.

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Perception humaine

faculté biophysique ou phénomène physio-psychologique et culturel qui relie l'action du vivant aux mondes et à
l'environnement

Pour les articles homonymes, voir Perception (homonymie).

La perception humaine est l'activité par laquelle un sujet fait l'expérience d'objets ou de
propriétés présents dans son environnement. Cette activité regroupe l'ensemble des
mécanismes de détection, d'intégration (en) et de reconnaissance d'une stimulation sensorielle.
Elle repose habituellement sur des informations fournies par ses sens et est aussi liée aux
mécanismes de cognition. Le mot « perception » désigne :

soit le processus de recueil et de traitement de l'information sensorielle ou sensible (en


psychologie cognitive par exemple) ;

soit la prise de conscience qui en résulte1 (en philosophie de la perception notamment).

En psychologie expérimentale, chez l'être humain en particulier, on distingue des échelles de


perception consciente d'une part, et la perception inconsciente, d'autre part. Celle-ci est qualifiée
parfois d'« implicite » ou « subliminale ». Cette distinction a été étendue aux autres animaux dans
la mesure où ils peuvent être entraînés et conditionnés à indiquer s'ils ont perçu ou non un
stimulus.

La perception d'une situation fait appel tout à la fois aux sens physiologiques d'un organisme et
à ses capacités cognitives, à un niveau élémentaire ou conscient.

Perception sensorielle

Articles détaillés : Sensation et Sens (physiologie).

Cette section ne s'appuie pas, ou pas assez, sur des sources secondaires ou tertiaires
indépendantes du sujet. Le texte peut contenir des analyses inexactes ou inédites de
sources primaires.
Pour l'améliorer, ajoutez-en, ou placez des modèles {{Source secondaire souhaitée}} ou
{{Source secondaire nécessaire}} sur les passages mal sourcés. (avril 2024)

La perception sensorielle est la perception « immédiate » que nos sens nous livrent, comme des
informations directes. Le terme de « sensation » est parfois utilisé dans un sens plus large
(recouvrant aussi les émotions) ; on ne peut donc le retenir pour dénommer cette forme de
perception.
En psychologie cognitive, la perception est définie comme la réaction du sujet à une stimulation
extérieure qui se manifeste par des phénomènes chimiques, neurologiques au niveau des
organes des sens physiologiques et au niveau du système nerveux central, ainsi que par divers
mécanismes qui tendent à confondre cette réaction à son objet par des processus tels que la
représentation de l'objet, la différenciation de cet objet par rapport à d'autres objets.

Mesure

Les phénomènes perceptifs ne possèdent pas d'échelle de mesure continue. Ce sont avant tout
des phénomènes temporels, c'est-à-dire que leur mesure n'est pas constante pour tous les
instants (t). Chez l'humain, l'ouïe et la vue sont les deux sens qui nous transmettent des
informations les plus importantes sur le temps et sur l'espace ; mais l'inégalité entre les
rayonnements sonores et les rayonnements lumineux est pour beaucoup à l'origine d'une
flagrante inégalité entre ces sens. Le seuil de perception d'un son par l'oreille est situé à 10−16 W,
quand le seuil de perception d'une source lumineuse ponctuelle (à l'œil nu) est situé à 10−18 W.
La vue est donc un sens réservé à l'immédiat. L'ouïe, en véhiculant des indications d'un autre
ordre, nous renseigne beaucoup plus sur ce qui est du domaine de l'émotion, des sentiments :
par exemple, outre qu'elle peut porter plus d'informations, la voix au téléphone nous en dit plus
sur l'état «psychologique» de l'interlocuteur qu'une photo.

Mesure de la sensation

Les quantités mesurables nous apprennent peu de choses sur les phénomènes perçus, comme
l'attestent les illusions d'optique où, par exemple, un même objet peut nous apparaître plus clair
ou plus foncé suivant la luminance des objets qui l'entourent. La psychologie de la perception
cherche donc à établir le lien qui existe entre l'objet physique et la perception qu'on en a.

Les théories physicalistes du xixe siècle ont tenté de relier, de façon bilatérale et univoque,
sensations et grandeurs physiques. Le pragmatisme de ces recherches cherchait à exprimer des
grandeurs affectives en fonction de données empiriques (degrés de hiérarchie des perceptions,
comparaison de leur somme et de leur différence), des attributs sensibles en fonction de
mesures physiques (définissables a priori). L'approche psychophysique a, par la suite, entrepris
de mesurer précisément notre sensibilité à différents paramètres physiques (comme la couleur
ou l'intensité sonore) afin de déterminer ce qui seraient les lois générales de la perception,
comme la loi de Weber-Fechner.

Selon une autre approche, les courants inspirés de la psychologie de la forme (Gestalt) ont
cherché à comprendre comment se structurait la perception autour de principes généraux. Par
exemple, selon le principe de clôture, une forme sera plus facilement perçue si elle est fermée
que si elle est ouverte ; on retrouve une illustration de ce principe dans le triangle de Kanizsa où
l'on perçoit spontanément un triangle blanc alors que seuls trois disques noirs sont dessinés.

Les illusions visuelles fournissent une explication potentielle aux illusions de jugements ou
illusions cognitives. À titre d'exemples, on peut citer les dessins bien connus de W. E. Hill (ma
femme et ma belle-mère ainsi que le dessin de l'homme barbu). Les gestaltistes ont beaucoup
travaillé sur ces équilibres visuels : premier plan et arrière-plan, zones claires et zones sombres,
contours convexes et concaves. Une fois que l'expérience a permis de comprendre la dualité de
l'image, les limitations dans la perception ou dans le jugement peuvent être facilement vaincues.
Comme l'affirmait Goethe, nous ne voyons que ce que nous savons. Et, « la découverte consiste
à voir ce que tout le monde a déjà vu et à penser ce que personne n'a encore pensé ».

On peut aussi mentionner les approches physiologiques qui cherchent à comprendre quels sont
les mécanismes qui permettent la perception aussi bien au niveau des organes des sens que
des neurones du système nerveux.

Perception visuelle

Cette section a besoin d'être recyclée (février 2011).


Une réorganisation et une clarification du contenu sont nécessaires. ou discutez des points à
améliorer.

Un réel gecko sur l'écran d'un ordinateur


chasse le pointeur de la souris qu'il
confond avec une proie.

L'œil ne fonctionne pas comme un capteur photographique d'appareil numérique.

L'œil comprend deux systèmes complètement différents :

le système fovéal qui donne la possibilité d'examiner des points d'environ 2 degrés d'angle 3 à
4 fois par seconde. C'est un système très lent avec un excellent pouvoir de résolution et un
bon rendement des couleurs ;

le système de la rétine périphérique qui rend jusqu'à 90 images par seconde sur un angle
d'environ 180 degrés, avec une mauvaise résolution. Il sert à donner l'impression globale de la
situation.
Ces deux systèmes relient le monde extérieur avec sa représentation intérieure. La perception
visuelle est donc un système d'identification. Il permet d'identifier par exemple une personne par
la comparaison de quelques points critiques et l'impression globale avec les images internes.
Pour percevoir un objet, il faut avoir vu des objets similaires.

La perception des visages fonctionne depuis la naissance. Mais la discrimination de plusieurs


visages est une capacité qui s'apprend.

Perception auditive

Article détaillé : Psychoacoustique.

La branche de la psychophysique qui étudie la façon dont nous percevons les sons est la
psychoacoustique.

Mécanisme de l'audition

La chaîne de l'audition est complexe. Ses mécanismes sont développés dans l'article Ouïe. Les
sons transmis par l'air sont captés et amplifiés par le pavillon qui les focalise vers le conduit
auditif jusqu'au tympan, membrane qui entre alors en vibration. La chaîne des osselets transmet
et amplifie ces vibrations (conduction mécanique) et elles sont transmises à l'oreille interne.
Elles provoquent des ondes de pression correspondant aux ondes sonores. Ces ondes de
pression permettent de communiquer les vibrations à la partie la plus délicate et la plus interne
de l'oreille humaine, la cochlée. Les ondes mécaniques font bouger les cils de l’oreille interne, ce
qui active la production d'influx nerveux chargés de transmettre l'information au nerf auditif,
jusqu'au cortex auditif.

Perception olfactive

La perception olfactive est relativement délaissée par beaucoup d'humains, et beaucoup plus
utilisée par certains animaux. On l'utilise cependant souvent sans s'en rendre compte. Il
participe, avec la perception gustative, à la sensation du goût.

Mécanisme de l'odorat : voir le nez.

Perception tactile

La perception tactile est la perception par l'homme ou l'animal de sensations par le toucher
transmise par l'intermédiaire de la peau, des muqueuses (langue) ou des dents
(mécanorécepteurs du parodonte2,3,4). Elle inclut non seulement la perception tactile au sens
étroit (reconnaissance de textures, d'élasticité, lecture en braille, etc.) mais aussi la perception
thermique (sensation de chaud ou le froid), et même des perceptions émotionnelles, telles la
douleur ou la sensualité.

Mécanisme du toucher : voir toucher, peau et nerfs.

Perception gustative

C'est la perception du goût.

Mécanisme du goût : voir aussi la langue et le palais.

Perception de l'équilibre

L'équilibrioception, qui est le sens de l'équilibre. Elle est assurée par le système vestibulaire de
l'oreille interne. Ce système assure aussi la perception du mouvement.

Perception du temps

Si nous possédons des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et un nez pour sentir, nous
n'avons pas de récepteurs sensoriels spécifiques dédiés à la perception du temps. Or nous
sommes pourtant capables de percevoir l'écoulement du temps. L'étude de la perception du
temps se confronte donc à un paradoxe qui renvoie à la nature même du temps où se
rencontrent les expériences psychologiques, les réflexions philosophiques, notre compréhension
du fonctionnement du cerveau et nos connaissances des cycles circadiens.

La perception temporelle a fait l'objet de nombreux travaux depuis les premières études
psychophysiques au xixe siècle jusqu'aux explorations en imagerie cérébrale. Les
expérimentateurs se sont attelés à distinguer différents types de phénomènes qui relèvent tous
de la perception du temps :

la perception des durées ;

la perception et la production de rythmes ;

la perception de l'ordre temporel et de la simultanéité.

La question reste posée de savoir si ces différents domaines de la perception temporelle


procèdent des mêmes mécanismes ou non, en particulier d'autres distinctions ont été
introduites sur la base de l'échelle de temps considérée. Ainsi selon le psychologue français Paul
Fraisse, il convient de distinguer la perception (pour des durées relativement brèves jusqu'à
quelques secondes), de l'estimation temporelle, qui, elle, désigne l'appréhension de durées
longues (supérieures à plusieurs secondes jusqu'à des heures ou davantage).

Perception de l'espace

Article détaillé : Perception de l'espace.

De même que la durée, les distances entre les objets peuvent faire l'objet d'une perception. Ainsi,
il est possible de dire si tel objet est plus proche de nous que tel autre ou encore qu'un tel est
plus grand qu'un autre. L'argument pour isoler une perception de l'espace à côté des sens
physiologiques (tels la vision ou l'audition) repose sur l'observation que l'information spatiale
que l'on extrait de l'environnement semble être supra-modale, c'est-à-dire partagée entre les
différentes modalités sensorielles de localisation. Ainsi, il est possible de dire si un son provient
d'un objet visuel. Le lobe pariétal du cerveau joue un rôle important dans la perception de
l'espace.

Voir aussi : Localisation auditive

Perception et audiovisuel

La perception par l'œil ou par l'oreille des phénomènes qui nous entourent est limitée par les
récepteurs mis en jeu. L'oreille humaine ne capte les signaux sonores que dans une gamme de
20 à 20 000 hertz en moyenne. L'œil, pour sa part, est limité aux longueurs d'onde comprises
entre 390 nm et 780 nm ; c'est la lumière visible.

De plus, il semblerait que l'interprétation par le cerveau des images transmises par l'œil ne
puisse être considérée comme copie conforme de la réalité, mais plutôt comme des références à
des images (ou à des portions d'images) déjà imprégnées dans la mémoire de l'individu. Grâce à
cela, on reconnaît un petit morceau d'assiette cassée alors qu'un ordinateur, lui, en sera
complètement incapable.

Sans parler des phénomènes de persistances rétiniennes, on utilise en audiovisuel les carences
de nos perceptions pour manipuler les sons et les images pour qu'elles deviennent plus petites
en termes d'espace occupé sans pour autant qu'elles ne perdent leur qualité intrinsèque de
transport d'informations. On parle alors de codage, de compression du média.

Les codec les plus évolués prennent en compte de manière très fine les imperfections de nos
perceptions pour atteindre des compressions inconnues avant les travaux des scientifiques sur
la perception de nos cinq sens et l'interprétation faite par notre cerveau des données reçues.
Loi de Weber-Fechner

Article détaillé : Loi de Weber-Fechner.

Pierre Bouguer (1760), puis Ernst Weber (1831) ont cherché à déterminer la plus petite variation
physique perceptible d'un stimulus. La loi de Weber-Fechner stipulait que le seuil différentiel
(plus petite différence perceptible entre deux valeurs de stimuli) augmentait linéairement avec la
valeur du stimulus étalon. Le médecin Gustav Fechner (inventeur du terme psychophysique) a
modifié cette loi, pour la rendre valide aux valeurs extrêmes de stimuli : « la sensation varie
comme le logarithme de l'excitation ». Cette distanciation de la somme des causes et des
transformations linéaires et affines procurant le résultat, l'effet, n'a été rendue possible que
lorsque Fechner eut introduit vers 1860 la notion de seuil de perception et précisé certaines
méthodes d'investigation et d'observation qui permettaient de les repérer.

Intensif/extensif

Bergson a dénoncé dans son « Essai sur les données immédiates de la conscience » ce qu'il
appelle l'« illusion » consistant à confondre « l'intensif et l'extensif ». Des valeurs intensives,
terme un peu désuet aujourd'hui, sont des valeurs qui augmentent par degrés, mais que l'on ne
peut ni rattacher à un nombre, ni rattacher à une étendue ; par opposition, l'extensif se rapporte,
lui, à une étendue. Pour Bergson, nous associons inconsciemment ce que nous ressentons à la
cause de notre impression ; nous ressentons une certaine quantité, définie par le contraste, la
nuance, et nous cherchons un peu abusivement à la définir par une grandeur en objectivant une
donnée qui appartient en propre à la conscience subjective. Or, « la sensation est un fait
psychologique qui échappe à toute mesure ». Bergson ne nie pas la mesure des seuils
différentiels de Weber qui juge de l'excitation, donc de la cause. Mais il critique l'amalgame de
Fechner qui met la cause dans l'effet. Il prône donc une radicalisation de la pensée qui mette
plus en valeur les états subjectifs. Il faut, nous apprend-il, rétablir la vérité des « données
immédiates de la conscience ». On le sait aujourd'hui, la pseudo-loi de Weber-Fechner reste très
approximative : elle n'est à peu près exacte que dans la zone des valeurs moyennes. Ces théories
physicalistes opéraient en fait une appréciation psychophysique trop radicale du lien qui unit le
monde subjectif du perçu et une ou plusieurs grandeurs mesurables [pas clair].

Perception de la réalité

La perception d'une situation simple ou complexe fait appel à des processus d'analyse
inconscients. La réalité concrète et immuable est extrêmement difficile à cerner car chaque
personne a sa propre perception de la réalité. Les filtres de la perception étant omniprésents
dans la vie de chaque individu, cela rend impossible la définition précise de ce qui est réel. Ces
filtres agissent sur la perception en déformant un peu plus les informations provenant du monde
réel. Par exemple, l'état psychologique d'une personne (elle est de bonne ou de mauvaise
humeur), son état de fatigue, la luminosité, les bruits environnant, son niveau de stress, un taux
élevé d'hormones comme l'Ocytocine, le Cortisol, la Testostérone, la sérotonine, etc. En plus
d'être personnelle à chacun, la perception du réel se modifie à chaque instant5.

La perception d'une situation complexe peut être entravée par des biais cognitifs comme la
pensée, l'ignorance et les croyances. Le phénomène qui peut entraver la perception juste d'une
situation est particulier à la mémoire et à l'illusion. Ce peut être aussi d'autres formes de biais
cognitifs (dissonances cognitives) ou des sophismes, de la part des personnes qui échangent
leur point de vue sur une situation (ce qui correspond plus à des opinions qu'à une perception).
Les schémas cognitifs sont des automatismes permettant à chacun de traiter au mieux des
situations complexes. En cas de dysfonctionnements, ils seraient à l'origine de
psychopathologies (comme la dépression), ainsi que les travaux de Beck l'ont montré. La
perception joue donc un rôle considérable dans la façon d'appréhender la réalité et les relations
aux autres.

Afin d'améliorer sa perception de la réalité, et de limiter les risques d'erreur, il est important de
croiser les sources d'information, et de croiser les interprétations de ces sources. Ainsi, les
situations du monde réel qui apparaissent complexes demandent un niveau d'attention élevé.
Mais les biais cognitifs (tels que par exemple la cécité d'inattention et la Cécité au changement)
peuvent occulter de nombreux éléments, ou déformer le niveau de compréhension et ainsi agir
sur les actions suivantes.

Chez les humains de diverses cultures, le partage des informations et leur qualification, dans une
collectivité ou une entreprise, font appel à des méthodes et à des sciences cognitives.

Plusieurs philosophes se sont penchés sur le phénomène de la perception.

Dans l'Antiquité, Aristote a développé dans le traité de sensu et sensibilibus une réflexion sur les
sensibilités communes (koine aisthesis).

Au Moyen Âge, avec saint Thomas d'Aquin, la philosophie scolastique a repris les notions
d'Aristote pour bâtir une théorie des facultés, aboutissant à la notion de sens commun (en latin
sensus communis)), qui est l'une des quatre facultés avec l'imagination, l'estimative, et la
mémoire6.

Au xviie siècle, Baruch Spinoza, dans le traité de la réforme de l'entendement (1661-1677),


distingue quatre modes de perception :

la perception par les sens (cf ci-dessus) ;

la perception par l'expérience ;


la perception par le raisonnement déductif ;

la perception par l'intuition.

La perception par l'expérience est un processus empirique, qui fait aujourd'hui appel à des
méthodes expérimentales sophistiquées.

Autant les deux premiers types de perception (perception par les sens et par l'expérience) sont
individuels, autant le raisonnement, et aussi l'intuition ont des implications collectives : c'est à ce
stade que l'intelligence (inter-ligere, en latin, signifie lier entre) de l'individu, face à une situation,
nécessite des communautés que les perceptions des uns et des autres interagissent pour
aboutir à une vision structurée d'un ensemble à un moment particulier. En gestion des
connaissances, on parle de communautés de pratique.

Pour donner un point de vue sur une situation globale, l'intuition peut nous amener à faire des
généralisations de cas singuliers, c'est-à-dire procéder par induction. La généralisation peut être
inappropriée, car les cas singuliers choisis ne sont pas nécessairement représentatifs, et même
ils peuvent être choisis intentionnellement pour arriver à une conclusion prédéterminée, ce qui
est une logique fallacieuse. À cette réserve près, l'induction est parfois un complément
indispensable du raisonnement déductif pour percevoir une situation complexe.

Henri Bergson (Essai sur les données immédiates de la conscience) s'est inspiré de Spinoza sur la
question de l'intuition.

Maurice Merleau-Ponty a également étudié le phénomène de la perception. La perception a,


selon lui, une dimension active en tant qu’ouverture primordiale au monde vécu (au
Lebenswelt)7. Contrairement à la conception cartésienne de la pensée, Merleau-Ponty estime
que le corps n'est pas qu'un objet potentiel d'étude pour la science. Il souligne qu’il y a une
inhérence de la conscience et du corps dont l’analyse de la perception doit tenir compte. Le
primat de la perception signifie un primat de l’expérience, dans la mesure où la perception revêt
une dimension active et constitutive8.

Avec Paul Watzlawick, la réalité est devenu le résultat d'une construction mentale. « De toutes les
illusions, la plus périlleuse consiste à penser qu'il n'existe qu'une seule réalité »9.

Les études réalisées ces dernières années par des neuroscientifiques tels que David
Eagleman (en) ou Dan Ariely mettent en évidence l'influence de la perception sur la
compréhension de la réalité, ainsi que la tendance à l'irrationalité.

Avec The Witness et notamment sa seconde fin10, Jonathan Blow démontre comment le travail
de plusieurs années, mais aussi l'expérience utilisateur de plusieurs dizaines d'heures, peuvent
influer sur notre perception inconsciente et consciente de la réalité. De par la répétition d'une
tâche et de stimuli visuels propres à la conception de ses puzzles, l'auteur et le joueur finissent
par voir apparaître ces puzzles partout dans la réalité, comme s'ils étaient alors jusqu'ici voilés à
leurs yeux.

Perception faciale

Depuis longtemps les scientifiques se questionnent sur plusieurs aspects de la perception


humaine. Un domaine de la perception qui a été étudié profondément c’est la perception des
visages. Il est particulièrement intéressant, car il est lié à l'identification des visages et la
compréhension des expressions faciales en lien avec la communication verbale et non-verbale
(Goldstein & Cacciamani, 2022) 11. Comprendre la perception des visages pourrait aussi nous
aider à comprendre les causes de la prosopagnosie; une maladie qui rend incapable de percevoir
les visages (Sergent et al., 1992)12.

Particularité de la perception des visages

Plusieurs choses rendent la perception des visages particulièrement intéressante et unique.


Notamment, ce phénomène est surtout captivant quand on prend en compte la haute vitesse
que nos systèmes perceptifs peuvent identifier des visages et des émotions. En effet, une étude
a démontré que cela peut se faire dans seulement 100-110 ms, mais la moyenne est 140 ms
(Crouzet et al., 2010)13. Mais, si les faces sont inversées, la perception devient très difficile
(Busigny & Rossion, 2009)14. Cet effet d’inversion de face fait croire plusieurs scientifiques que
la perception des visages se fait d’une façon holistique. Pour expliquer, si l’analyse des faces se
faisait en identifiant les parties individuellement et non d’une façon holistique, l’inversion n'aurait
pas un aussi grand effet (Goldstein & Cacciamani, 2022)11. Ces particularités de la perception
faciale ont forcé une des plus grandes questions de la perception faciale. Est-ce que les êtres
humains ont un système intrinsèque spécialisé uniquement dans ce genre de perception ? Ou,
inversement, est-ce que la perception des visages est due à la plasticité du cerveau dépendant
de l’expérience (Goldstein & Cacciamani, 202211). Cette question sera explorée un peu plus tard.

Codage par spécificité ?

Un autre débat qui a été populaire dans ce domaine est: est-ce que la perception des visages se
fait par codage de spécificité ou par codage de population? En d'autres mots, si c’est un neurone
spécifique qui code pour les visages dans nos cerveaux, ou plusieurs neurones/groupes de
neurones (Goldstein & Cacciamani, 2022)11.

La théorie qui stipule qu’un seul neurone est responsable s’appelle aussi l’hypothèse de la grand-
mère, parce que théoriquement, il y a une cellule qui répondrait à uniquement ta grand-mère.
(Goldstein & Cacciamani, 2022)11. Cette théorie est appuyée par une expérience faite par
Quiroga et ses collègues en 200515. Ils ont présenté une série de photos des personnes et ont
trouvé qu’un neurone spécifique est activé seul lors des présentations des photos de Jennifer
Anniston, il l’a donc appelé la « Jennifer Anniston neurone ». Cependant, cette théorie a
beaucoup de critiques, principalement parce qu’il est impossible de déterminer si la « Jennifer
Anniston neurone » est uniquement activée lors des présentations de Jennifer Anniston. Par
ailleurs, parce que la théorie stipule que si le neurone de ta grand-mère meurt, tu oublies ta
grand-mère (Quiroga et al., 2008)16. De plus, la plupart des expériences (comme plusieurs
mentionnées plus tard), démontrent une activation dans plusieurs endroits du cerveau lors des
présentations des divers stimuli, et non un seul neurone. Les critiques de cette théorie optent
donc pour une explication plutôt holistique (Goldstein & Cacciamani, 2022)11.

Malgré tout cela, plusieurs scientifiques ne sont pas convaincus. Tel que mentionné
précédemment, certains pensent que la perception des visages se fait d’une façon plutôt
holistique. C’est-à-dire, ils réfutent l’idée qu’il existe une partie du cerveau qui gère la perception
des visages (Goldstein & Cacciamani, 2022)11. Le raisonnement est que la perception d’une face
est complexe et implique plusieurs aspects. Pour élaborer, quand on regarde une face nous
sommes en train d’analyser les émotions de la personne, la direction dans laquelle la personne
regarde, comment leurs yeux et leur face bougent, si on les trouve beaux, et s’ils nous sont
familiers. Donc, les émotions, le mouvement, la mémoire et le jugement sont tout impliqués,
nous laissant croire qu’il sera quasiment impossible que seule une partie du cerveau y est
responsable (FFA) (Goldstein & Cacciamani, 2022)11.

Ou dans le cerveau ?

La localisation du processus est un autre aspect de la perception faciale qui est très étudié et
porte différentes opinions. La première expérience qui a beaucoup avancé l’identification de
l’endroit associé aux perceptions faciales a été centrée sur la prosopagnosie. Sergent et al.
(1992)12, ont utilisé une machine à Tomographie par émission de positons (TEP)sur six sujets
avec la prosopagnosie causée par lésion cérébrale. Les résultats ont contribué à l’association du
cortex préfrontal ventromédian avec la perception des visages. L’expérience a aussi révélé que la
perception des visages et des objets est faite par deux processus distincts. Ce qui a servi
comme fondation pour l’expérience suivante de Kanwisher et al. (1997)17. Ils ont ajouté un
niveau de complexité, dans le but d’éviter les variables confondantes. Cela a démontré les
mêmes résultats que la dernière; leur permettant de conclure que l’aire fusiforme du cerveau
(FFA) est réellement liée aux perceptions des visages. Ils ont donc nommé cette partie du
cerveau, située dans le gyrus fusiforme, sur la face inférieure du cerveau directement sous le
cortex inféro-temporal, la face fusiforme du cortex visuel. Ces études expérimentales de
Kanwisher et les études de cas de Sergent et al. (1992)12, sont en appuie de la théorie que l’aire
fusiforme des faces est intrinsèquement liées aux perceptions faciales.

Doutes face à l’aire fusiforme de face

L’expérience de Gauthier et al. (1999)18, a tenté de prouver que la FFA n’est pas impliquée
uniquement dans la perception des visages. Ils ont créé une nouvelle espèce appelée
« Greebles » pour les sujets identifiés. Au début de l’expérience les participants étaient
incapables de différencier les Greebles, mais avec de l'entraînement, ils ont été capables et les
activations FFA ont encore été vues (Gauthier et al., 1999). Ils ont ensuite fait une étude similaire,
où ils ont présenté des oiseaux et des voitures aux experts dans ces sujets. Ils ont encore vu des
activations cérébrales dans l’aire de face fusiforme, suggérant plutôt que c’est une aire pour des
sujets spécialisés, dépendant de l’expérience, et non seule pour les faces (Gauthier et al.,
2000)19. Ces expériences qui démontrent la plasticité du cerveau dépendant de l’expérience sont
aussi pertinentes concernant la première question de l’article. Est-ce que la perception est
intrinsèque ? D’après ces expériences, elle ne nous n’est pas intrinsèque, mais plutôt un résultat
de nos expériences et notre plasticité cérébrale(Gauthier et al., 2000)19.

Haxby et al., (2001)20 suggère que la FFA n’est pas spécifiquement pour les faces, mais plutôt
font partie d’une représentation plus grande pour tous les objets et les faces. Ils ont observé lors
de leur expérience, une activation distincte pour les faces et pour cinq différentes catégories
d’objets. Ils ont même pu dédier ce que le participant regardait à l'aide des activations
cérébrales. Ces activations distribuées et superposées suggèrent que la perception faciale se
fait d’une façon similaire que la perception des objets. Cette étude propose donc une
organisation topographique de la représentation distribuée des faces et des objets dans le
cortex temporal ventral. De plus, elle est en désaccord avec la théorie qui stipule que les êtres
humains ont un endroit du cerveau intrinsèquement responsable des perceptions faciales.

Notes et références

1. « Perception (http://www.cnrtl.fr/definition/perception) [archive] », sur CNRTL (consulté le


16 juillet 2013).

2. Pfaffmann C, Afferent impulses from the teeth due to pressure and noxious stimulation, J
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3. Hämmerle CHF, Wagner D, Brägger U, Lussi A, Karayiannis A, Joss A, Lang NP, Threshold of
tactile sensitivity perceived with dental endosseous implants and natural teeth, Clin. Oral
Impl. Research 6.2, 1995:83-90

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Voir aussi

Bibliographie
Aristote, De l'âme

Spinoza, Traité de la réforme de l'entendement, 1661-1677

Bonnet C. (1986). Manuel pratique de psychophysique, Armand Collin.

Fechner G.T. (1860). Element der Psychophysik, Leipzig, Breitskopf and Härtel.

Goulard. Eric. Tous Irrationnels! Votre cerveau vous joue des tours. Createspace. 2014. 256p

Hans-Werner Hunziker, Im Auge des Lesers, foveale und periphere Wahrnehmung: vom
Buchstabieren zur Lesefreude. (ISBN 978-3-7266-0068-6)

Jérôme Dokic, Qu'est-ce que la perception ?, Vrin, coll. Chemins philosophiques, 2004

Kant, Critique de la raison pure,

Long et sedley, Les philosophes hellénistiques, Tome II, les Stoïciens,

Platon, Théétète

Ed Yong (trad. de l'anglais par Corinne Smith), Un monde immense : Comment les animaux
perçoivent le monde [« An Immense World: How Animal Senses Reveal the Hidden Realms
Around Us »], Les Liens qui libèrent, 2023, 445 p. (ISBN 979-10-209-2470-4).
Perception dans la phénoménologie

Renaud Barbaras, La perception, essai sur le sensible, Vrin, 2009

Michel Henry, Généalogie de la psychanalyse, PUF, coll. Epiméthé

Edmund Husserl, (1907) Chose et espace, PUF, coll. Epiméthé

Husserl, (1913) Idées directrices pour une phénoménologie, Gallimard, TEL, trad. Paul Ricœur
Merleau-Ponty (1945). Phénoménologie de la perception,

Merleau-Ponty, Le primat de la perception et ses conséquences philosophiques, Éditions Verdier,


1996

Yannick Bressan, Du principe d'adhésion au théâtre - Approche historique et phénoménologique,


L'Harmattan, coll. "Univers théâtral", 2013.

Articles connexes

Philosophie de la perception

Sens commun

Gestion de la perception : concept dans la guerre de l'information

Psychologie sociale, Psychologie du raisonnement

Attention

Vision désidérative

Biais cognitif

Intuition

Substitution sensorielle

Méta-perception

Jugement (philosophie) | Cognition | Connaissance | Esthétique | Image

Pour une étude de la perception dans le bouddhisme, voir samjñā

Communication

Synesthésie

Qualia

Perception par les plantes

Liens externes

Laboratoire de Physiologie de la Perception et de l'Action du Collège de France (http://www.col


lege-de-france.fr/chaires/chaire8/presentation.htm) [archive] (travaille sur les bases neurales
de la perception, de l'action, mais aussi d'autres fonctions cognitives comme l'attention et la
mémoire)

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