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Colles - CPGE24 - L2 - PC

Le document présente une série d'exercices et de corrections sur des concepts mathématiques tels que les fonctions convexes, concaves, et les propriétés des dérivées. Chaque exercice aborde des théorèmes et des démonstrations concernant la continuité, la dérivabilité, et les inégalités, avec des corrections détaillées. Les exercices incluent également des applications pratiques comme la détermination des extremums de fonctions polynomiales.

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Colles CPEI PC

Pr TAO & Pr KONANE

18 octobre 2024
0.1 Semestre 3
0.1.1 Fonctions Convexes
Exercice 1 Soit f : R → R convexe dérivable.
Montrer que p = limx→+∞ (f (x) − xf ′ (x)) existe.
1. On suppose p fini. En utilisant le fait que f (x) − xf ′ (x) est bornée
2.
au voisinage de +∞, montrer que f (x)
x
et f ′ (x) admettent une même
limite m finie en +∞.
3. Montrer alors que f (x) − mx − p → 0 lorsque x → +∞.

Correction 1

1. Fonction décroissante  sur R+ .


f (x) f (x)−p f (x)−f (0)
2. f (x)−xf ′ (x) = −x2 dx
d
x
. Donc, x 7→ x
↘ et x 7→ x
↗.
3. p ⩽ f (x) − mx ⩽ f (x) − xf ′ (x).

Exercice 2
Soit f : [0, +∞[→ [0, +∞[ concave.
f (x)
Montrer que la fonction x 7−→ x
est décroissante sur ]0, +∞[.
Montrer que : ∀x, y ⩾ 0, f (x + y) ⩽ f (x) + f (y).

Correction 2
 
f (x)−f (0) f (y)−f (0) f (x) f (y) 1 1
1. Soient x < y : x−0
⩾ y−0
⇒ x
⩾ y
+ f (0) x
− y
.
x
2. Pour x < y : f (x + y) ⩽ tf (x) + (1 − t)f (y) avec t = x−y
< 0, donc
 
xy f (x) f (y)
f (x + y) − f (x) − f (y) ⩽ x−y x
− y
⩽ 0.

Exercice 3
Soit (an ) une suite bornée de réels. On pose f (x) = ∞ |x−an |
P
n=0 3n
. Montrer que
f est convexe, et n’est pas dérivable aux points an .

Correction 3

|h|
Pour a0 : |f (a0 + h) − f (a0 ) − |h|| ⩽ .
2
Exercice 4 Rx
Soit f continue et croissante sur R+ . On pose F (x)
√ = 0
f , et l’on suppose
que F (x) = x2 + o(x). Montrer que f (x) = 2x + o( x).

1
Correction 4
Soit F (x) = x2 + xG(x). On a pour h > 0 : f (x) ⩽ F (x+xh)−F
xh
(x)
= 2x + xh +
G(x+xh)−G(x)
h
+√G(x + xh). Soit ε > 0 et A tel que
√ y ⩾√ A ⇒ |G(y)| ⩽ ε2 . On
prend h√= ε/ x et on obtient f (x) − 2x − ε x ⩽ ε x + ε2 d’où f (x) ⩽
2x + o( x). L’inégalité inverse se montre de même.

Exercice 5
Soit f : R −→ R définie par f (x) = (1 − k)3 x2 + (1 + k)x3 où k est un nombre
réel. Déterminer les valeurs de k pour lesquelles l’origine est un extremum
local de f .

Correction 5
f ′ (x) = 2(1 − k)3 x + 3(1 + k)x2 , f ′′ (x) = 2(1 − k)2 + 6(1 + k)x. Nous avons
f ′ (0) = 0 et f ′′ (0) = 2(1− k)3 . Donc si k ̸= 1 alors, la dérivée seconde étant
non nulle en x = 0, 0 est un extremum (maximum ou minimum) local. Si
k = 1 alors f (x) = 2x3 et bien sûr 0 n’est pas un extremum local. Dans tous
les cas 0 n’est ni un minimum global, ni un maximum global (regardez les
limites en +∞ et −∞ ).

Exercice 6

Déterminer les extremums de f (x) = x4 − x3 + 1 sur R.

Correction 6
f ′ (x) = 4x3 − 3x2 = x2 (4x − 3) donc les extremums appartiennent à 0, 43 .


Comme f ′′ (x) = 12x2 − 6x = 6x(2x − 1). Alors f ′′ ne s’annule pas en 34 ,


donc 34 donne un extremum local (qui est même un minimum global). Par
contre f ′′ (0) = 0 et f ′′′ (0) ̸= 0 donc 0 est un point d’inflexion qui n’est pas
un extremum (même pas local, pensez à un fonction du type x 7→ x3 ).

Exercice 7

ln(sin x) − ln(cos x)
Trouver lim .
x→π/4 sin x − cos x

Correction 7

TAF ⇒ ℓ = 2

Exercice 8
Soit f : R → R dérivable telle que : ∀a, b ∈ R, f (b) − f (a) = (b − a)f ′ a+b

2
.
Montrer que f est polynomiale de degré inférieur ou égal à 2 .

2
Correction 8
Dériver par rapport à a puis par rapport à b .

Exercice 9
Soit f une fonction convexe sur un intervalle ouvert I de R. Montrer que f
est continue sur I et même dérivable à droite et à gauche en tout point de I.

Correction 9
Supposons que f est convexe sur un intervalle ouvert I =]a, b[ ( a et b réels ou
infinis). Soit x0 ∈ I. On sait que la fonction pente en x0 est croissante. Pour
x ̸= x0 , posons g(x) = f (x)−f
x−x0
(x0 )
. Soit x′ un élément de ]x0 , b[.∀x ∈]a, x0 [,

on a g(x) < g (x ), ce qui montre que g est majorée au voisinage de x0 à
gauche. Etant croissante, g admet une limite réelle quand x tend vers x0 par
valeurs inférieures ou encore, limx→x0 ,x<x0 f (x)−f (x0 )
x−x0
existe dans R. f est donc
dérivable à gauche en x0 . On montre de même que f est dérivable à droite
en x0 . Finalement, f est dérivable à droite et à gauche en tout point de ]a, b[.
En particulier, f est continue à droite et à gauche en tout point de ]a, b[ et
donc continue sur ]a, b[.

Exercice 10

1. Soient x1 , x2 , . . . , xn , n réels positifs ou nuls et α1 , . . . , αn , n réels stric-


tement positifs tels que α1 + . . . + αn = 1. Montrer que xα1 1 .xαnn ⩽

α1 x1 + . . . + αn xn . En déduire que n x1 . . . xn ⩽ x1 +...+x n
n
.
1 1
2. Soient p et q deux réels strictement positifs tels que p
+ q
= 1.
p q
(a) Montrer que, pour tous réels a et b positifs ou nuls, ab ⩽ ap + bq
avec égalité si et seulement si ap = bq .
(b) Soient a1 , . . . , an et b1 , . . . , bn , 2n nombres complexes. Montrer que :

n n n
!1/p n
!1/q
X X X p
X q
ak b k ⩽ |ak bk | ⩽ |ak | |bk | (Inégalité de HöLDER).
k=1 k=1 k=1 k=1

(c) Montrer que la fonction x 7→ xp est convexe et retrouver ainsi


l’inégalité de HÖLDER.
(d) Trouver une démonstration directe et simple dans le cas p = q = 2
(inégalité de CAUCHY-SCHWARZ).

Correction 10

3
1. La fonction f : x 7→ ln x est deux fois dérivable sur ]0, +∞ [ et, pour
x > 0, f ′′ (x) = − x12 < 0. Par suite, f est concave sur ]0, +∞[. On en
déduit que :

n n
!
X X
∀n ∈ N, ∀ (x1 , . . . , xn ) ∈ (]0, +∞[)n , ∀ (α1 , . . . , αn ) ∈ (]0, 1[)n , αk = 1 ⇒ ln αk x k
k=1 k=1

et donc par croissance de f sur ]0, +∞[,


n
Y n
X
xαk k ⩽ α k xk
k=1 k=1

Si l’un des xk est nul, l’inégalité précédente est immédiate. En choi-


sissant en particulier α1 = . . . = αn = n1 , de sorte que (α1 , . . . , αn ) ∈
n
(]0, 1[)n et que k=1 αk = 1 , on obtient
P


∗ √ 1
∀n ∈ N , ∀ (x1 , . . . , xn ) ∈ 0, +∞[)n , n
x1 . . . xn ⩽ (x1 + . . . + xn )
n

2. i. Soient p et q deux réels strictement positifs vérifiant p1 + 1q = 1 (de


sorte que l’on a même p1 < p1 + 1q = 1 et donc p > 1 et aussi q > 1 ).
Si a = 0 ou b = 0, l’inégalité proposée est immédiate. Soit alors a un
p q
réel strictement positif puis, pour x ⩾ 0, f (x) = ap + xq − ax. f est
dérivable sur [0, +∞ [(car q > 1) et pour x ⩾ 0, f ′ (x) = xq−1 − a. q
étant un réel strictement plus grand que 1, q − 1 est strictement positif
et donc, la fonction x 7→ xq−1 est strictement croissante sur [0, +∞[.
Par suite,
f ′ (x) > 0 ⇔ xq−1 > a ⇔ x > a1/(q−1)
 1/(q−1) 
Activer Wind f est donc strictement
 1/(q−1) décroissante sur 0, a et
strictement croissante sur a , +∞[. Ainsi,
 1 1
∀x ⩾ 0, f (x) ⩾ f a1/(q−1) = ap + aq/(q−1) − a · a1/(q−1)
p q
p
Maintenant, p1 + 1q = 1 fournit q = p−1
puis q − 1 = 1
p−1
. Par suite,
q
q−1
= p. Il en résulte que
 
1 p 1 q/(q−1) 1 1
a + a − a · a1/(q−1) = + − 1 ap = 0
p q p q

4
f est donc positive sur [0, +∞[, ce qui fournit f (b) ⩾ 0. De plus,

f (b) = 0 ⇔ b = a1/(q−1) ⇔ bq = aq/(q−1) ⇔ bq = ap .


ii. Soient A = nk=1 |ak |p et B = nk=1 |bk |q .
P P

Si A = 0, alors ∀k ∈ {1, . . . , n}, ak = 0 et l’inégalité est im-


médiate.
Pn |ak | De même, si B = 0. Si A > 0 et B > 0, montrons que
|bk |
k=1 A1/p B 1/q ⩽ 1. D’après a),

n n 
1 |ak |p 1 |bk |q

X |ak | |bk | X 1 1
1/p 1/q
⩽ + = ·A+ ·B =1
k=1
A B k=1
p A q B pA qB

ce qu’il fallait démontrer. iii. Pour p > 1, la fonction x 7→ xp est


deux fois dérivable sur ]0, +∞ [ et (xp )′′ = p(p − 1)xp−2 > 0. Donc,
la fonction x 7→ xp est strictement convexe sur ]0, +∞[ et donc sur
[0, +∞[ par continuité en 0 . Donc,

  Pn p P
n n k=1 λk x k
∀ (x1 , . . . , xn ) ∈ (]0, +∞[) , ∀ (λ1 , . . . , λn ) ∈ 0, +∞[) \{(0, . . . , 0)}, Pn ⩽ P
k=1 λk

et donc

n n
!1− p1 n
! p1
X X X
λ k xk ⩽ λk λk xpk
k=1 k=1 k=1

−1/p
On applique alors ce qui précède à λk = |bk |q puis xk = λk |ak |
(de sorte que λk xk = |ak bk | )et on obtient l’inégalité désirée. iv. Pour
p = q = 2, c’est l’inégalité de CAUCHY-SChWARZ démontrée dans
une planche précédente.

Exercice 11
2
Montrer que la fonction définie sur R par f (x) = e−1/x si x ̸= 0 et 0 si x = 0 est de classe C ∞

Correction 11
f est de classe ∞ sur R∗ en vertu de théorèmes généraux. Montrons par
(x) −1/x2
récurrence que ∀n ∈ N, ∃Pn ∈ R[X]/∀x ∈ R∗ , f (n) (x) = Pxn3n e . C’est
vrai pour n = 0 avec P0 = 1. Soit n ⩾ 0. Supposons que ∃Pn ∈ R[X]/∀x ∈
(x) −1/x2
R∗ , f (n) (x) = Pxn3n e . Alors, pour x ∈ R∗ ,

5
  
2 Pn (x) 1 1 2 Pn+1 (x) 2
f (n+1)
(x) = 3 3n
+ Pn (x) 3n − 3nPn (x) 3n+1 e−1/x = 3(n+1) e−1/x

x x x x 3

où Pn + 1 = 2Pn + X 3 Pn′ − 3nX 2 Pn est un polynôme. On a montré que

Pn (x) −1/x2
∀n ∈ N, ∃Pn ∈ R[X]/∀x ∈ R∗ , f (n) (x) = e
x3n
Montrons alors par récurrence que pour tout entier naturel n, f est de classe
C n sur R et que f (n) (0) = 0. Pour n = 0, f est continue sur R∗ et de plus,
limx→0,x̸=0 f (x) = 0 = f (0). Donc, f est continue sur R.
Soit n ⩾ 0. Supposons que f est de classe C n sur R et que f (n) (0) = 0.
Alors, d’une part f est de classe C n sur R et C n+1 sur R∗ et de plus, d’après
(x) −1/x2
les théorèmes de croissances comparées, f (n+1) (x) = Pxn+1 3n+3 e tend vers
0 quand x tend vers 0, x ̸= 0. D’après un théorème classique d’analyse, f est
de classe C n+1 sur R et en particulier, f (n+1) (0) = limx→0,x̸=0 f (n+1) (x) = 0.
On a montré par récurrence que ∀n ∈ N, f est de classe C n sur R et que
f (n) (0) = 0.f est donc de classe C ∞ sur R.

Exercice 12 Soit f : [a, b] → R de classe C 2 . On note M = sup |f ′′ |


et on suppose M > 0.
f (b)−f (a)
Montrer que : ∀x ∈]a, b [, on a f ′ (x) − b−a
< M b−a
2
.

1. Si f ′ (a) − f (b)−f
2. b−a
(a)
= M b−a
2
, montrer que f est polynomiale de degré
inférieur ou égal à 2 .

Correction 12

1. Formule de Taylor pour calculer f (a) et f (b) à partir de f (x).


2. Étudier f (x) − f (a) − (x − a)f ′ (a) ± M (x − a)2 /2.

Exercice 13

Soit f (x) = ex 3
sin x. Calculer f (n) (x) pour n ∈ N.

Correction 13
√  π
f (n) (x) = 2n ex 3
sin x + n
6

6
0.1.2 Topologie des espaces vectoriels
Exercice 14

Déterminer si chacune des parties suivantes du plan sont ouvertes ou fer-


mées, ou ni l’un ni l’autre. Déterminer chaque fois l’intérieur et l’adhérence.
1. A1 = {(x, y) ∈ R2 | x2 y 2 > 1},
2. A2 = {(x, y) ∈ R2 | x2 + y 2 = 1, y > 0}.

Correction 14

1. La partie A1 est ouverte. Car la courbe x2 y 2 = 1 a quatre branches, les


deux branches de xy = 1 et les deux branches de xy = −1 ; ces quatre
branches coupent le plan en cinq parties dont une contient l’origine.
La courbe x2 y 2 = 1 étant une partie fermée, le complémentaire est un
ouvert qui est réunion de cinq ouverts. La partie A1 est la réunion des
quatre parties qui ne contiennent pas l’origine. Puisque A1 est ouvert,
A1 coïncide avec son intérieur. L’adhérence de A1 est la réunion de
A1 avec les quatre branches de la courbe x2 y 2 = 1.
2. La partie A2 est le demi-cercle de rayon 1 ayant l’origine pour centre
constitué des angles 0 < φ < π en radians et ce n’est ni ouvert ni
fermé. La partie A2 n’est pas ouverte car aucun disque de rayon positif
n’est dans A2 ; elle n’est pas fermée car les points (±1, 0) sont des
points d’adhérence qui n’appartiennent pas à A2 . L’adhérence de A2
est la partie

(x, y) ∈ R2 | x2 + y 2 = 1, y ⩾ 0


du plan.

Exercice 15

1. Soient B1 ⊂ Rn et B2 ⊂ Rm des boules ouvertes. Montrer que B1 ×


B2 ⊂ Rn+m est un ouvert.
2. Soit A un ouvert de R2 et B un ouvert de R. Montrer que A × B est
un ouvert de R3 .

7
Correction 15

1. Soient q1 un point de B1 et q2 un point de B2 , soient d1 resp. d2 la


distance de q1 au bord de B1 resp. la distance de q2 au bord de B2 , et
soit 0 < d ⩽ min (d1 , d2 ). Alors la boule ouverte dans Rn+m centrée en
(q1 , q2 ) et de rayon d est dans B1 × B2 .
2. Soient p un point de A, q un point de B, soit B1 un disque ouvert dans
A contenant p, et soit B2 un intervalle ouvert dans B contenant q.
D’après (1.), B1 × B2 est un ouvert de R3 tel que B1 × B2 ⊆ A × B
et (p, q) appartient à B1 × B2 . Par conséquent, A × B est un ouvert
de R3 .

Exercice 16

1. Soit (An ) (n ∈ N) une suite de parties ouvertes de R2 . Est-ce que la


réunion des An est encore une partie ouverte ? Et leur intersection ?
2. Même question pour une famille de parties fermées.

Correction 16

1. La réunion ∪n An d’une suite de parties ouvertes An de R2 est bien une


partie ouverte de R2 . En effet, soit q un point de ∪n An . Alors il existe
n0 tel que q appartienne à An0 . Puisque An0 est ouvert, il existe un
disque ouvert D dans An0 tel que q appartienne à D. Par conséquent,
il existe un disque ouvert D dans ∪n An tel que q appartienne à D.
L’intersection ∩n An d’une suite de parties ouvertes An de R2 n’est
pas nécessairement ouverte. Par exemple, dans R, l’intersection des
intervalles ouverts ] − 1/n, 1/n[ est la partie {0} ⊆ R qui n’est pas
ouverte.
2. La réunion ∪n Bn d’une suite de parties fermées Bn de R2 n’est pas né-
cessairement une partie fermée de R2 . Car le complémentaire C (∪n Bn )
de ∪n Bn est l’intersection ∩n CBn des complémentaires et c’est donc
l’intersection d’une suite (CBn ) de parties ouvertes de R2 qui, d’après
(1.), n’est pas nécessairement une partie ouverte de R2 . De même,
l’intersection ∩n Bn d’une suite de parties fermées Bn de R2 est bien
une partie fermée de R2 . Car le complémentaire C (∩n B n ) de ∩n B n

8
est la réunion ∪n CBn des complémentaires et c’est donc la réunion
d’une suite (CBn ) de parties ouvertes de R2 qui, d’après (1.), est une
partie ouverte de R2 .

Exercice 17

Soit E le R-espace vectoriel des fonctions continues sur [0, 1] à valeurs dans
R. On munit E de ∥∥∞ . D est la partie de E constituée des applications
dérivables et P est la partie de E constituée des fonctions polynomiales. Dé-
terminer l’intérieur de D et l’intérieur de P .

Correction 17
Soit f ∈ E. Pour n ∈ N∗ , soit gn l’application définie par ∀x ∈ [0, 1], gn (x) =
f (x)+ n1 x − 21 . Chaque fonction gn est continue sur [0, 1] mais non dérivable
en 12 ou encore ∀n ∈ N∗ , gn ∈ E\D. De plus, ∀n ∈ N∗ ∥f − gn ∥∞ = 2n 1
. On en
déduit que la suite (gn )n⩾1 tend vers f dans l’espace vectoriel normé (E, ∥∥∞ ).
f est donc limite d’une suite d’éléments de c D et donc est dans l’adhérence
◦ ◦
de c D. Ceci montre que c D = E ou encore c (D) = E ou enfin D= ∅. Enfin,

puisque P ⊂ D, on a aussi P = ∅.

Exercice 18

1. Soient (E, NE ) et (F, NF ) deux espaces vectoriels normés. Soient f


et g deux applications continues sur E à valeurs dans F . Soit D une
partie de E dense dans E. Montrer que si f/D = g/D alors f = g.
2. Déterminer tous les morphismes continus de (R, +) dans lui-même.

Correction 18

1. Soit x ∈ E. Puisque D est dense dans E, il existe une suite (dn )n∈N
d’éléments de D convergeant vers x et puisque f et g sont continues
et coincident sur D et donc en x

   
f (x) = f lim dn = lim f (dn ) = lim g (dn ) = g lim dn = g(x)
n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞

On a montré que f = g.
2. Soit f ∈ RR . On suppose que ∀(x, y) ∈ R2 f (x + y) = f (x) + f (y). Soit
a = f (1).

9
(a) x = y = 0 fournit f (0) = 0 = a × 0.
(b) Soit n ∈ N∗ et x ∈ R.f (nx) = f (x + . . . + x) = f (x) + . . . + f (x) =
nf (x). Ceci reste vrai pour n = 0.
(c) En particulier x = 1 fournit pour tout entier naturel non nul
n, f (n) = nf (1) = an puis x = n1 fournit nf n1 = f (1) = a


et donc f n1 = na .
   
(d) Ensuite, ∀(p, q) ∈ (N × N∗ )2 , f pq = pf 1q = a pq .
(e) Soit x ∈ R. L’égalité f (x) + f (−x) = f (0) = 0 fournit f (−x) =
−f (x).
   
∗ 2
(f ) En particulier, ∀(p, q) ∈ (N ) , f − q = −f pq = −a pq .
p

En résumé, si f est morphisme du groupe (R, +) dans lui-même, ∀r ∈


Q, f (r) = ar où a = f (1). Si de plus f est continue sur R, les deux
applications f : x 7→ f (x) et g : x 7→ ax sont continues sur R et
coïncident sur Q qui est dense dans R. D’après le 1 ), f = g ou encore
∀x ∈ R, f (x) = ax où a = f (1). Réciproquement, toute application
linéaire x 7→ ax est en particulier un morphisme du groupe (R, +)
dans lui-même, continu sur R.
Les morphismes continus du groupe (R, +) dans lui-même sont les
applications linéaires x 7→ ax, a ∈ R.

Exercice 19

Soit u une suite bornée d’un espace vectoriel normé de dimension finie ayant
une unique valeur d’adhérence. Montrer que la suite u converge.

Correction 19

Soit u = (un )n∈N une suite bornée de l’espace normé (E, ∥∥) ayant une unique
valeur d’adhérence que l’on note ℓ. Montrons que la suite u converge vers ℓ.
Supposons par l’absurde que la suite u ne converge pas vers ℓ. Donc

∃ε > 0/∀n0 ∈ N, ∃n ⩾ n0 / ∥un − ℓ∥ ⩾ ε (∗)


ε est ainsi dorénavant fixé. En appliquant (∗) à n0 = 0, il existe un rang
φ(0) ⩾ n0 = 0 tel que uφ(0) − ℓ ⩾ ε. Puis en prenant n0 = φ(0) + 1, il
existe un rang φ(1) > φ(0) tel que uφ(1) − ℓ ⩾ ε . . . et on construit ainsi
par récurrence une suite extraite uφ(n) n∈N telle que ∀n ∈ N, uφ(n) − ℓ ⩾ ε.

Maintenant, la suite u est bornée et il en est de même de la suite uφ(n) .
Puisque E est de dimension finie, le théorème de BOLZANO-WEIERSTRASS

10
 
permet d’affirmer qu’il existe une suite uψ(n) n∈N extraite de uφ(n) et donc
de u convergeant vers un certain ℓ′ ∈ E. ℓ′ est donc une valeur d’adhérence
de la suite u. Mais quand n tend vers +∞ dans l’inégalité uψ(n) − ℓ ⩾ ε,
on obtient ∥ℓ′ − ℓ∥ ⩾ ε et donc ℓ ̸= ℓ′ . Ceci constitue une contradiction et
donc u converge vers ℓ.

Exercice 20
Soit C un compact convexe d’un evn E. Soit f : C → C, 1-lipschitzienne.
Montrer que
a 1
 f admet un point fixe. On pourra utiliser la fonction fn : x 7→
n
+ 1 − n f (x) avec a ∈ C.

Correction 20
C est stable par fn qui est 1 − n1 -lipschitzienne. Donc il existe xn ∈ C tel


que fn (xn ) = xn ; toute valeur d’adhérence de (xn ) est point fixe de f .

Exercice 21
Soit E un espace vectoriel normé, K un compact convexe de E, f une appli-
cation de K dans K, 1-lipchitzienne. Montrer que f a un point fixe.

Correction 21
On choisit a ∈ K et on considère pour n ⩾ 1 la fonction fn : x 7→ n1 a +
1 − n1 f (x).fn est une 1 − n1 contraction de K donc admet un point fixe
 

xn . Si x est une valeur d’adhérence de la suite (xn ) alors f (x) = x.

Exercice 22
√ √
Montrer que l’ensemble A = { m − n tq m, n ∈ N} est dense dans R.

Correction 22 √ √
Soient x < y : Il
√ existe
√ a ∈ ∥|| tel que n ⩾ a ⇒ n + 1− y −x.√
n <√ Il existe
b ∈ || | tel que a − b < x. Alors il existe c ⩾ a tel que x < c − b < y.

Exercice 23
Soit f : [0, 1] → [0, 1] continue, u0 ∈ [0, 1] et (un ) la suite des itérées de f en
−→
u0 . On suppose que un+1 − un −−−→ 0. Montrer que la suite (un ) converge
n→∞
vers un point fixe de f .

Correction 23
L’ensemble des valeurs d’adhérence est un intervalle constitué de points fixes
de f ⇒ la suite (un ) a une seule valeur d’adhérence.

11
Exercice 24
 positive telle que : ∀n, p ∈ N, un+p ⩽ un + up .
Soit (un ) une suite réelle
un
Montrer que la suite n est convergente.

Correction 24
Soit ℓ = lim inf unn et ε > 0. Il existe p tel que (ℓ − ε)p ⩽ up ⩽ (ℓ + ε)p. Alors
pour n ∈ || et 0 ⩽ k < p : uk + (ℓ − ε)np ⩽ unp+k ⩽ uk + (ℓ + ε)np.

Exercice 25

Montrer qu’entre deux réels distincts, il existe un rationnel (ou encore montrer que Q est dense

Correction 25
1ère solution. · Montrons qu’entre deux réels distincts, il existe un rationnel.
Soient x et y deux réels tels que x < y. Soient d = y −  x puis n un entier
1 1
naturel non nul tel que n < d (par exemple, n = E d + 1 ). Soient enfin
k = E(nx) et r = k+1n
. r est un rationnel et de plus

nx k+1 nx + 1 1
x= < =r⩽ = x + < x + d = x + y − x = y.
n n n n
En résumé, ∀(x, y) ∈ R2 , (x < y ⇒ ∃r ∈ Q/x < r < y). Ceci montre que
Q est dense dans R. 2ème solution. On sait que tout réel est limite d’une suite
de décimaux et en particulier tout réel est limite d’une suite de rationnels.
Donc Q est dense dans R. Q est dense dans R.

Exercice 26
Soient U, V deux ouverts disjoints d’un espace vectoriel normé. Montrer que

U
et V◦ sont disjoints. Donner un contre-exemple lorsque U et V ne sont pas
ouverts.

Correction ◦
26

Soit a ∈U ∩ V : Il existe B(a, r) ⊂ Ū ∩ V̄ . Soit b ∈ B(a, r) ∩ U : Il existe
B (b, r′ ) ⊂ B(a, r) ∩ U . Donc b ∈
/ V̄ , contradiction.

Exercice 27

Soit U un ouvert d’un espace vectoriel normé. Montrer que Ū = Ū .

Correction 27

U ⊂ Ū ⇒ Ū ⊂ Ū .
U ⊂ Ū ⇒ U ⊂ Ū ⇒ Ū ⊂ Ū

12
Exercice 28

Soit U un ouvert d’un espace vectoriel normé. Montrer que la frontière de U est d’intérieur vide

Correction 28

Soit a intérieur à Fr(U ) : Il existe B(a, r) ⊂ Ū \U.B(a, r)∩U = ∅ ⇒ a ∈


/ Ū , contradiction.

Exercice 29
x
Soit f définie par f (x) = . Montrer que f est 2-lipschitzienne.
max(1, ∥x||)

Correction 29
Pour ∥x∥ ⩽ 1 et ∥y∥ ⩽ 1 on a ∥f (x) − f (y)∥ = ∥x − y∥. Pour ∥x∥ ⩽ 1 < ∥y∥
y
on a ∥f (x)−f (y)∥ ⩽ ∥x−y∥+ y − ∥y∥ = ∥x−y∥+∥y∥−1 ⩽ ∥x−y∥+∥y∥−
x y
∥x∥ ⩽ 2∥x − y∥ Pour 1 < ∥x∥ ⩽ ∥y∥ on a ∥f (x) − f (y)∥ ⩽ ∥x∥
− ∥x∥
+
y
∥x∥
y
− ∥y∥ ⩽ ∥x−y∥+∥y∥−∥x∥
∥x∥
⩽ 2∥x−y∥
∥x∥
. Remarque : dans le cas où la norme
est euclidienne, f (x) est le projeté de x sur la boule unité, c’est-àdire le point
de la boule unité le plus proche de x. Dans ce cas, f est 1-lipschitzienne. Dans
le cas d’une norme non euclidienne on peut avoir ∥f (x) − f (y)∥ > ∥x − y∥,
par exemple avec x = (1, 1) et y = 21 , 32 dans R2 pour ∥∥∞

Exercice 30
Pour A ∈ Mn (R), on pose ∥A∥ = tr (t AA). Montrer que c’est une norme
p

et que : ∀A, B ∈ Mn (R), ∥AB∥ ⩽ ∥A∥ × ∥B∥.

Correction 30
n
X n
X n
X
(AB)ij = Aik Bkj ⇒ (AB)2ij ⩽ A2ik × 2
Bkj
k=1 k=1 k=1

Exercice 31
E est un R-espace vectoriel normé et a1 , . . . , an ∈ E. On pose C = { ni=1 λi ai , λi ⩾ 0}.
P

1. Montrer que, pour tout x ∈ E, il existe c ∈ C tel que ∥x − c∥ =


inf{∥x − a∥, a ∈ C}.
2. En déduire que C est fermé.

13
Correction 31
On procède par récurrence sur n. Pour n = 1, l’application [0, +∞ [∋ λ1 7→ ∥x − λ1 a1 ∥
est continue, constante si a1 = 0 et tend vers +∞ quand λ1 → +∞ si
0. Dans les deux cas elle admet un minimum. Pour n ⩾ 2, soit C ′ =
1P̸=n−1
a

i=1 λi ai , λi ⩾ 0 . Soit pour λn ∈ [0, +∞ [: φ (λn ) = d (x − λn an , C ) . La
distance à C ′ est 1-lipschitzienne donc φ (λn ) ⩾ d (−λn an , C ′ ) − ∥x∥ =
−→
λn d (−an , C ′ ) − ∥x∥ −−−−−→ +∞. Étant continue, φ admet un minimum
λn →+∞
sur [0, +∞[ et on applique l’hypothèse de récurrence à x − λn an .

Exercice 32 R1
Soit E = C 2 ([0, 1], R). Pour f élément de E, on pose N (f ) = 0 |f (t)|dt, N ′ (f ) =
R1 R1
|f (0)| + 0 |f ′ (t)| dt et N ′′ (f ) = |f (0)| + |f ′ (0)| + 0 |f ′′ (t)| dt. Montrer que
N, N ′ et N ′′ sont des normes et les comparer.

Correction 32

- Il est connu que N est une norme sur E. - Montrons que N ′ est une
norme sur E.
1. N ′ est une application de E dans R+ car pour f dans E, f ′ est continue
sur le segment [0, 1] et donc f ′ est intégrable sur le segment [0, 1].
2. Soit f ∈ E. Si N ′ (f ) = 0 alors f (0) = 0 et f ′ = 0 (fonction conti-
nue positive d’intégrale nulle). Par suite, f est un polynôme de degré
inférieur ou égal à 0 tel que f (0) = 0 et on en déduit que f = 0.
R1  R1 
3. ∀f ∈ E, ∀λ ∈ R, N ′ (λf ) = |λf (0)|+ 0 |λf ′ (t)| dt = |λ| |f (0)| + 0 |f ′ (t)| dt =
|λ|N ′ (f ).
4. Soit (f, g) ∈ E 2 .
Z 1 Z 1
′ ′
N (f +g) ⩽ |f (0)|+|g(0)|+ |f (t)| dt+ |g ′ (t)| dt = N ′ (f )+N ′ (g)
0 0

Donc N ′ est une norme sur E. - Montrons que N ′′ est une norme sur
E. On note que ∀f ∈ E, N ′′ (f ) = |f (0)|+N ′ (f ′ ) et tout est immédiat.

N, N ′ et N ′′ sont des normes sur E.

0.1.3 Séries et familles sommables


Exercice 33

Déterminer la nature des séries de terme général :

14
n!
1. nn

2. (ch ln n)−2
3. n−(1+(1/n))
 
4. √1n ln 1 + √1n
ln n
5. ln(en −1)

ln n − n
6. n e
Correction 33

1. Pour n ⩾ 4

n! 2 3 4 n 6
= × × × · · · × ⩽
nn n n |n {z n} n2
⩽1
6 n!
P P
Or n2
est convergente. Donc nn
est aussi convergente par
comparaison.
√ √ −2
2. Montrons que (ch ln n)−2 ⩾ n+ √1
n
pour n assez grand. On
a:

4 ln n ⩽ ln2 n pour n assez grand


 2
1
ln n ⩽ ln n
2
√ 1 √
ln n ⩽ ln n = ln n
2
√ √ 1 √
 
1
ch( ln n) ⩽ ch(ln n) = n+ √ car x 7→ ch x est croissante
2 n
−2
√ √

−2 1
ch( ln n) ⩾ 4 n+ √
n
√ √ √ −2 P √ 2
Or n ∼ n + √1n , et n + √1n ∼ n1 , donc n + √1n

est divergente. Par comparaison, la série de terme général (ch ln n)2
est divergente.
1 −(1+ n
1
)
3. Montrons que n−(1+ n ) ∼ n−1 . On a : n n−1 = n− n = e− n . Or
1 lin n

lin n
limn→+∞ lnnn = 0, d’où limn→+∞ e− n = 1. Par équivalence, la série
1
de terme général n−(1+ n ) est donc divergente car la série harmonique
est divergente.

15
 
4. Montrons que √1 ln 1 + √1
∼ n1 . En utilisant le développement li-
n n
   
mité de ln(1 + x) en 0 , on a : ln 1 + n = n + o √1n . De là on
√1 √1
 
tire que √1n ln 1 + √1n ∼ √1n × √1n = n1 . Par équivalence, la série de
1
terme général n−(1+ n ) est donc divergente.
5. On sait que : ln (en − 1) ⩽ ln en = n. De plus, ln n ⩾ 1 pour n assez
grand, par conséquent ln(elnnn−1) ⩾ n1 . On conclut par comparaison que
P ln n
la série ln(en −1)
est divergente.
√ √ 2 √
6. Montrons que nln n e− n ⩽ n−2 . On remarque que nln n e− n = e(ln n) e− n .
√u assez
Or pour grand 4u2 + 4u ⩽ e√ u
, soit 4u2 − eu ⩽ −4u. En posant
1 2
u = ln n = 2 ln n, il vient ln n − n ⩽ −2 ln n. D’où
2 √
ln n− n −2 ln n
|e {z √ } ⩽ e| {z }
1
nln n e− n
n2

Par comparaison, la série de terme général nln n e− n est donc conver-
gente car la série de terme général n12 est convergente.

Exercice 34

Étudier, suivant les valeurs de p ∈ N, la nature de la série de terme général


1! + 2! + · · · + n!
un =
(n + p)!

Correction 34

1. Pour p = 0 :

1! + 2! + · · · + n! 1! + 2! + · · · + (n − 1)!
un = =1+ >1
n! n!
P
un ne tend pas vers 0 donc, un diverge grossièrement pour p = 0.
2. Pour p = 1 :

1 2! (n − 1)! n!
un = + + ··· + +
(n + 1)! (n + 1)! (n + 1)! (n + 1)!
n! 1
un ⩾ =
(n + 1)! n+1
1
P P
Or n+1
diverge, donc un diverge pour p = 1.

16
3. Pour p = 2 :

1 2! (n − 1)! n!
un = + + ··· + +
(n + 2)! (n + 2)! (n + 2)! (n + 2)!

On serait
P tenté de dire que l’on a une somme de séries convergentes,
donc un converge. Pas de chance, le nombre de terme croît en fonc-
tion de n, donc à l’infini, on en a une infinité et on ne peut rien
conclure.
n n−1
X k! X k! n! n(n − 1)! n!
un = = + ⩽ +
k=1
(n + 2)! k=1 (n + 2)! (n + 2)! (n + 2)! (n + 2)!
n! 2 2
un ⩽ 2 = ∼ 2
(n + 2)! (n + 1)(n + 2) n
1
P P
Or n2
converge, donc un converge pour p = 2.
4. Pour p ⩾ 3 :

1! + 2! + · · · + n! nn! nn!
un = ⩽ =
(n + p)! (n + p)! n!(n + 1) · · · (n + p)
n
En simplifiant par n! et en posant un ⩽ (n+1)···(n+p)
et

n n 1
∼ p = p−1 avec p ⩾ 3
(n + 1) · · · (n + p) n n
1
P
Or
P est une série de Riemann convergente car p − 1 ⩾ 2, donc
np−1
un converge pour p ⩾ 3. Note : on peut aussi remarquer que un
(quand p ⩾ 3 ) est majoré par un (quand p = 2 ), or ce dernier est
convergent.

Exercice 35

Calculer les sommes des séries suivantes, en montrant leur convergence :


−n
P
1. n⩾0 (n + 1)3
n
P
2. n⩾0 n4 +n2 +1
2n−1
P
3. n⩾3 n3 −4n

Correction 35

17
Pn −k
1. Posons Sn = k=0 (k + 1)3 . L’idée est de calculer la somme de
−1
(1 − 3 ) Sn . On a ainsi :

n
−1 −1
X
(k + 1)3−k

1−3 Sn = 1 − 3
k=0
n
X n
X
= (k + 1)3−k − (k + 1)3−(k+1)
k=0 k=0
n
X n
X n
X
−k −k
= k3 + 3 − (k + 1)3−(k+1)
k=0 k=0 k=0

En réindexant les sommes, on obtient :


n n  k n
−1
X
−k
X 1 X
k3−k − (n + 1)3−(n+1)

1−3 Sn = k3 + −
k=1 k=0
3 k=1
n 1 n+1

X 1 n+1 1− 3 n+1
= k
− n+1 = 2 − n+1
k=0
3 3 3 |3{z }
→0

1

somme des termes d’une suite géométrique de raison 3
∈ − 1, 1[.
Et donc,
 
1 3
lim 1 − sn =
n→+∞ 3 2
d’où
+∞
X 9
(k + 1)3−k = .
k=0
4

Remarque : On reconnaît la série géométrique dérivée première de


raison 13 .
n
2. Posons un = n4 +n2 +1
et cherchons à la décomposer en éléments simples.
2
n4 + n2 + 1 = n4 + 2n2 + 1 − n2 = n2 + 1 − n2


= n2 + n + 1 n2 − n + 1
 

n
d’où un = (n2 +n+1)(n 2 −n+1) . Trouvons maintenant A et B ∈ R tel
A B
que un = n2 +n+1 + n2 −n+1 , soit tels que A (n2 − n + 1)+B (n2 + n + 1) =

18
n, ce qui équivaut à (A + B)n2 + (B − A)n + (A + B) = n. Par iden-
tification, on a :

 A+B =0
A = − 12

B − A = 1 ⇐⇒
B = 12
A+B =0

D’où :
 
n 1 1 1
un = 4 2
= −
n +n +1 2 n2 − n + 1 n2 + n + 1
N N   N N
!
X X 1 1 1 1 X 1 X 1
un = − = −
n=0 n=0
2 n2 − n + 1 n2 + n + 1 2 n=0 n2 − n + 1 n=0 n2 + n + 1

Or n2 + n + 1 = (n + 1)2 − (n + 1) + 1. En réindexant la deuxième


somme :

N N N +1
!
X 1 X 1 X 1
un = −
n=0
2 n=0
n2 − n + 1 n=1 n2 − n + 1
 
1 1
= 1− par télescopage.
2 (N + 1)2 − (N + 1) + 1
La série est donc convergente et la somme vaut
+∞
X n 1
=
n=0
n4 2
+n +1 2

2n−1
3. Décomposons vn = n3 −4n
en éléments simples. Comme

n3 − 4n = n n2 − 4 = n(n − 2)(n + 2),




cherchons α, β et γ ∈ R tels que :

α β γ
vn = + +
n n+2 n−2
Soit

2n − 1 = α(n − 2)(n + 2) + βn(n − 2) + γn(n + 2)


= (α + β + γ)n2 + (2γ − 2β)n − 4α
Par identification :

19
  
 α+β+γ =0  α = 41  α = 14
2(γ − β) = 2 ⇐⇒ γ = 1 + β ⇐⇒ β = − 58
−4α = −1 α + 2β + 1 = 0 γ = 38
  

D’où

2n − 1 1 5 3
3
= − +
n − 4n 4n 8(n + 2) 8(n − 2)
et
N N  
X X 1 5 3
vn = − +
n=3 n=3
4n 8(n + 2) 8(n − 2)
N N N
X 1 X 5 X 3
= − +
n=3
4n n=3 8(n + 2) n=3 8(n − 2)
Soit en réindexant les 2 dernières sommes :
N
" N N +2 N −2
#
X 1 X1 X 1 X 1
vn = 2 −5 +3
n=3
8 n=3
n n=5
n n=1
n
Puis, par télescopage,

N  
X 1 89 3 3 5 5 89
vn = − − − −
n=3
8 12 N − 1 N N +1 N +2 n→+∞ 12

P+∞ 2n−1 89
Donc, la série converge et n=3 n3 −4n = 96
.

Exercice 36
X
Soit (an ) un suite de réels strictement positifs telle que an converge. Étudier les séries
X X an X X √ an
2
an , , an a2n , .
1 + an n⩾1
n

Correction 36

Exercice
 P 37 Calculer les sommes suivantes :
(∗)
1⩽i<j⩽n 1.

20
P P
1. (**) 1⩽i,j⩽n j et 1⩽i<j⩽n j.
2.
3. (∗ ) 1⩽i,j⩽n ij.
P
Pn Pn
4. (***) Pour n ∈ N∗ , on pose un = 1
n5 k=1 h=1 (5h4 − 18h2 k 2 + 5k 4 ).
Déterminerlim n→+∞ un .

Correction 37

1. Soit n un entier supérieur ou égal à 2 . Parmi les n2 couples (i, j) tels


que 1 ⩽ i, j ⩽ n, il y en a n tels que i = j et donc n2 − n = n(n − 1)
tels que 1 ⩽ i, j ⩽ n et i ̸= j. Comme il y a autant de couples (i, j)
tels que i > j que de couples (i, j) tels que i < j, il y a n(n−1)
2
couples
(i, j) tels que 1 ⩽ i < j ⩽ n. Finalement,
X n(n − 1)
1=
1⩽i<j⩽n
2

2. Soit n ∈ N∗ .

n n
! n n
X X X X X n(n + 1) n2 (n + 1)
j= j = nj = n j = n· = .
1⩽i,j⩽n j=1 i=1 j=1 j=1
2 2

Soit n un entier supérieur ou égal à 2 .

j−1
n
! n n n
X X X X X X
j= j = (j − 1)j = j2 − j
1⩽i<j⩽n j=2 i=1 j=2 j=2 j=2
     
n(n + 1)(2n + 1) n(n + 1) n(n + 1) 2n + 1
= −1 − −1 = −1
6 2 2 3
n(n + 1)2
=
6
3. Soit n ∈ N∗ .
! !
X X X n2 (n + 1)2
ij = i j = .
1⩽i,j⩽n 1⩽i⩽n 1⩽j⩽n
4

4. Soit n ∈ N∗ .

21
n n
! n
! n
!  2
X
2 2
X
2
X
2
X
2
X
2 n(n + 1)(2n + 1)
hk = h k = k h = .
1⩽h,k⩽n h=1 k=1 k=1 h=1
6

Pn Pn n(n+1)(6n3 +9n2 +n−1)


Comme d’autre part, h=1 h4 = k=1 k4 = 30
, on a

n n
! n n
X X X X X n2 (n + 1) (6n3 + 9n2 + n − 1)
h4 = h4 = nh4 = n h4 = ,
1⩽h,k⩽n h=1 k=1 h=1 h=1
30

P 4 n2 (n+1)(6n3 +9n2 +n−1)


et bien sûr 1⩽h,k⩽n k = 30
. Par suite,

n2 (n + 1) (6n3 + 9n2 + n + 14) n2 (n + 1)2 (2n + 1)2


 
1
un = 5 2.5 − 18
n 30 36
   
1 6 6 5 15 12
= 5 2n − 2n + n − + termes de degré au plus 4
n 3 2
= −1 + termes tendant vers 0

Par suite,

lim un = −1
n→+∞

Exercice 38
+∞
X (−1)n
Calculer
n=0
3n + 1

Correction 38
1

La suite (−1)n 3n+1 n∈N
est alternée en signe et sa valeur absolue tend vers
1
0 en décroissant. Donc la série de terme général (−1)n 3n+1 , n ⩾ 1, converge
en vertu du critère spécial aux séries alternées. Soit n ∈ N.

n n Z 1 Z 1 n+1 Z 1 Z 1 3n+3
X (−1)k X
k 3k 1 − (−t3 ) 1 n t
= (−1) t dt = 3
dt = 3
dt+(−1) 3
dt.
k=0
3k + 1 k=0 0 0 1 − (−t ) 0 1 + t 0 1 + t
R 1 3n+3 R 1 3n+3 R1
Mais (−1)n 0 t1+t3 dt = 0 t1+t3 dt ⩽ 0 t3n+3 dt = 3n+4
1
. On en déduit
1 3n+3
que (−1)n 0 t1+t5 dt tend vers 0 quand n tend vers +∞ et donc que
R

22
+∞ Z 1
X (−1)n 1
= t
dt
n=0
3n + 1 0 1 + t
Calculons cette dernière intégrale.

1 1
=
X3 +1 (X + 1)(X + j) (X + j 2 )
j2
 
1 1 j
= + +
3 X + 1 X + j X + j2
 
1 1 −X + 2
= +
3 X + 1 X2 − X + 1
 
1 1 1 2X − 1 3 1
− +

 √ 2 
3 X + 1 2 X2 − X + 1 2

1 2 3

X− 2
+ 2

Donc,

+∞ 1
(−1)n  √
 
X 1 1 2 2t − 1
= ln(t + 1) − ln t − t + 1 + 3 arctan √
n=0
3n + 1 3 2 3 0

1  √ π  π  3 ln 2 + π 3
= ln 2 + 3 − − = .
3 6 6 9
+∞ √
X (−1)n 3 ln 2 + π 3
= .
n=0
3n + 1 9

Exercice 39
1
S∞ une énumération des rationnels. On note In =] rn − n2 , rn +
Soit (rn )n⩾1
1
n2
[, E = n=1 In et F = R\E. Montrer que F ̸= ∅ (ceci est choquant vu que
les éléments de F sont, par définition, "loin" de chaque rationnel, pourtant
c’est vrai).

Correction 39
Soit [a, b] de longueur supérieure ou égale à 2ζ(2) et Fn = [a, b]\ (I1 ∪ · · · ∪ In ).
Alors (Fn ) vérifie le théorème des fermés emboités dans un compact.

Exercice 40
Étudier la finitude des sommes suivantes :
1
P
1. (i,j)∈(N∗)2 (i+j)α .

23
1
P
2. (i,j)∈(N∗ )2 iα +j α .
1
P
3. (p,q)∈N2 aP +bq , a > 1, b > 1.

Correction 40

1. Regroupement à i + j constant ⇒ CV ssi α > 2.

2. Pour α ⩾ 1 on a par convexité : 21−α (i + j)α ⩽ iα + j α ⩽ (i + j)α


donc il y a convergence ssi α > 2.
3. Il y a une infinité de termes supérieurs à 1/4.
4. aP 1+b♮ ⩽ 2√aP1 √b4 ⇒ sommable.

Exercice 41
+∞ X+∞
X 1
Calculer
n=0 k=n
k!

Correction 41
+∞ X+∞ +∞
X 1 X k+1
= = 2e.
n=0 k=n
k! k=0 k!

Exercice 42
!
(−1)n
Quelle est la nature de la série de terme général ln 1 + p ?
n(n + 1)

Correction 42

(−1)n
 
1
=p +O ⇒ converge.
n(n + 1) n2

Exercice 43

(−1)n
 
1 1 2
un = α/2 − 3α/2 + o , il y a convergence ssi α > .
n 2n n3α/2 3
Correction 43
X (−1)n
Soit α > 0. Étudier la série un , avec un = p .
nα + (−1)n

24
0.1.4 Séries entières
Exercice 44
+∞   #
X 1 2nπ
Calculer cos xn pour x dans − 1, 1[.
n=1
n 3

Correction 44
Pour tout entier naturel non nul, |an | ⩽ n1 et donc R ⩾ 1. Mais si x > 1,
la suite n1 cos 2nπ
 
3
xn n⩾1 n’est pas bornée comme on le voit en considérant
la suite extraite
h des termes Pd’indicesn multiples de 3 et donc R = 1. Pour x
+∞ (jx)
dans ] − 1, 1 , f (x) = Re n=1 n . Le problème est alors de ne pouvoir
écrire − ln(1 − jx). Il faut s’y prendre autrement. f est donc dérivable sur
] − 1, 1[ et pour x dans ] − 1; 1[,

+∞  

X 2nπ
f (x) = cos xn−1
n=1
3
+∞
!
X
= Re j n xn−1
 n=0 
j (1 − j 2 x)
 
j 1 2x + 1
= Re = Re 2
=− 2
1 − jx x +x+1 2x +x+1
Rx
Par suite, pour x ∈]−1, 1 , f (x) = f (0) + 0 f ′ (t)dt = − 21 ln (x2 + x + 1) .


" +∞  
X1 2nπ 1
xn = − ln x2 + x + 1 .

∀x ∈] − 1, 1 , cos
n=1
n 3 2

Exercice 45

Calculer
P+∞ xn P+∞ 1
4n2 −1
pour x dans ] − 1, 1[ et en déduire les sommes n=0 4n2 −1 et
P+∞ n=0
(−1)n
n=0 4n2 −1

Correction 45

Le rayon de la série considérée est égal 1. Soit x ∈] − 1, 1[.


+∞  +∞ +∞
!
n n

1X 1 1 1 X x X x
f (x) = − xn = −1 + − .
2 n=0 2n − 1 2n + 1 2 n=1
2n − 1 n=0 2n + 1

25
1. Si x est dans ]0, 1[,

+∞ √ 2n+1
+∞ +∞
! !
n+1 n √
 X
1 X x X x 1 1 ( x)
f (x) = −1 + − = −1 + x− √
2 n=0
2n + 1 n=0 2n + 1 2 x n=0 2n + 1
√ 

   
1 1 1+ x
= −1 + x− √ ln √ .
2 x 1− x
2. Si x est dans ] − 1, 0[,

+∞ +∞
!
1 X xn+1 X xn
f (x) = −1 + −
2 n=0
2n + 1 n=0 2n + 1
+∞ √ !
√ 2n+1
 X
1 1 ( −x)
= −1 − −x + √ (−1)n
2 −x n=0 2n + 1
√ √
   
1 1
= −1 − −x + √ arctan( −x)
2 −x
3. f (0) = −1.
Maintenant, la somme est en fait définie sur [−1, 1] car les séries nu-
(−1)n
mériques de termes généraux 4n21−1 et 4n 2 −1 convergent. Vérifions que

la somme est continue sur [−1, 1].


n
Pour x dans [−1, 1] et n ∈ N∗ , 4nx2 −1 ⩽ 4n21−1 qui est le terme gé-
néral d’une série numérique convergente. La série entière considérée
converge donc normalement sur [−1, 1]. On en déduit que cette somme
est continue sur [−1, 1]. Donc

+∞
√ √ √
  
X 1 1 1 1
2
= f (1) = lim f (x) = lim −1 + x− √ ln(1 + x) + √ (1 + x)(
n=0
4n − 1 x→1
x<1
x→1 2
x<1
−x x
1
=−
2
P+∞ Pn
Remarque. n=0 4n21−1 = limn→+∞ 1 1 1 1 1
 
2 k=0 2k−1
− 2k+1
= limn→+∞ 2
−1 − 2n+1
=
− 21 (série télescopique).
On a aussi

+∞
(−1)n √ √
   
X 1 1
= f (−1) = lim f (x) = lim −1 − −x + √ arctan( −x)
n=0
4n2 − 1 x→−1
x>−1
x→−1 2
x>−1
−x
1 π+2
= (−1 − 2 arctan 1) = −
2 4
26
Exercice 46
√ 
Développer en série entière : ln 1 − 2x ch a + x2 .

Correction 46
√ ∞
 1 1  X ch(ka) k
ln 1 − 2x ch a + x2 = ln (ea − x) + ln e−a − x = x .
2 2 k=1
k

Exercice 47 p √
Développer en série entière f (x) = x + 1 + x2 .

Correction 47
f (sh y) = ey/2 d’où l’équation
P∞ différentielle : (1 + x2 ) f ′′ (x) + xf ′ (x) = 14 f (x).
n
En posant f (x) = n=0 an x on obtient 4(k + 1)(k + 2)ak+2 = −(2k +
(−1)p+1 c2p−1
1)(2k − 1)ak avec a0 = f (0) = 1 et a1 = f ′ (0) = 21 , d’où a2p = p24p
4p−2

(−1)p c2p
4p
si p ⩾ 1 et a2p+1 = 24p+1 si p ⩾ 0. Le rayon de convergence de la série
(2p+1)
correspondante est 1 , ce qui valide la méthode (avec le théorème d’unicité de
Cauchy-Lipschitz).

0.2 Semestre 4
0.2.1 Calcul différentiel et Intégral
Exercice 48
Soit f une application différentiable de R2 dans lui-même, propre (i.e. ∥f (x)∥
tend vers ∞ quand ∥x∥ → ∞ ), telle que pour tout x ∈ R2 Df (x) soit injec-
tive. On va montrer que f est surjective. Soit a ∈ R2 et g(x) = ∥f (x) − a∥2 ;
1. Calculer Dg(x).
2. Montrer que g atteint sa borne inférieure en un point x0 de R2 , et que
Dg (x0 ) = 0 ; en déduire le résultat.

Correction 48

1. On a g(x, y) =< f (x, y) − a, f (x, y) − a > où < ., > est le produit


scalaire Euclidien sur R2 . L’application g est différentiable en tant
que composée et produit de fonctions différentiables. La différentielle
Df est donné par la matrice Jacobienne

27
 
∂f (x, y) ∂f (x, y)
,
∂x ∂y
et Dg par la matrice
 
∂g(x, y) ∂g(x, y)
,
∂x ∂y
On a alors

∂g(x, y) ∂
= < f (x, y) − a, f (x, y) − a >=
∂x ∂x
∂ ∂
< (f (x, y) − a), f (x, y) − a > + < f (x, y) − a, (f (x, y) − a) >=
∂x ∂x
∂f (x, y)
2< , f (x) − a >
∂x
De même,

∂g(x, y) ∂f (x, y)
=2< , f (x) − a >
∂y ∂y
2. L’application f est continue (car différentiable) et tend vers l’infini
quand (x, y) tend vers l’infini. Ainsi

∀A > 0, ∃B > 0, ∥(x, y)∥ ⩾ B ⇒ ∥f (x, y)∥ ⩾ A


Soit m = inf (x,y)∈R2 g(x, y), pour A = m + 1, il existe B > 0 tel que

∥(x, y)∥ ⩾ B ⇒ g(x, y) = ∥f (x, y)∥2 ⩾ A2 ⩾ (m + 1)2 ⩾ m + 1

On a donc

m= inf g(x, y) = inf g(x, y)


(x,y)∈R2 ∥(x,y)∥⩽B

Or la boule B̄(0, B) étant compacte et g continue, l’inf y est ateint en


un point X0 = (x0 , y0 ) ∈ B(0, B) ⊂ R2 . Comme X0 est un minimum
global de g, c’est aussi un minimum de la restriction de g sur toute
droite passant par X0 . Comme la dérivé d’une fonction réelle en un
minimum est nulle, toute les dérivées partielles de g sont nulles et

28
donc Dg (X0 ) = 0 et par conséquent la matrice jacobienne de g est
nulle. On a donc

∂g ∂f ∂g ∂f
(x0 , y0 ) = 2 < (x0 , y0 ) , f (x)−a >= 0 et (x0 , y0 ) = 2 < (x0 , y0 ) , f (x)−a >= 0
∂x ∂x ∂y ∂y

Comme Df est injective, ses colonnes forment une base de R2 . Par 


conséquent les projections de f (x)−a sur la base ∂f
∂x
(x0 , y0 ) ; ∂f
∂x
(x0 , y0 )
sont nulles et donc

f (x0 , y0 ) − a = 0 ⇔ f (x0 , y0 ) = a
et donc a admet bien un antécédent. Ceci étant valable pour tout a ∈
R2 , on a montré que f est surjective.

Exercice 49
6170 Soit E n l’espace des
R 1 polynômes de degré ⩽ n. Etudier la différentiabilité
des applications P 7→ 0 (P (t)− P (t)) dt et P 7→ P ′ − P 2
3 2

Correction 49 R1
Soit F1 (P ) = 0 P 3 − P 2 dt, et soit h un polynôme de degré n alors

Z 1
P 3 + 3P 2 h + 3P h2 + h3 + P 2 + 2P h + h2 − P 3 − P 2 dt =
   
F1 (P + h) − F1 (P ) =
Z0 1 Z 1
2
3P h2 + h3 + h2 dt

h 3P + 2P dt +
0 0

R1
Or 0
3P h2 + h3 + h2 dt = o (∥h∥∞ ) donc
Z 1
3P 2 + 2P hdt

DF1 (h) =
0
′ 2
Soit F2 (P ) = P − P et soit h un polynôme de degré n alors

F2 (P + h) − F2 (P ) = (P + h)′ − (P + h)2 − P ′ + P 2 = h′ − 2P h − h2

Or h2 = o(∥h∥) (pour toute norme a choisir). On a donc

DF2 (h) = h′ − 2P h

29
Exercice 50
Soient E et F deux espaces normés réels et f : E → F une application bornée
sur la boule unité de E et vérifiant

f (x + y) = f (x) + f (y) pour tout x, y ∈ E.


Montrez que f est linéaire continue.

Correction 50
On montre par récurrence que f (nx) = nx si n ∈ N.Montrer f (−x) = −f (x)
pour arriver à f (nx) = nf (x) si n ∈ Z puis f pq x = pq f (x)p, q ∈ Z. Ainsi
f est linéaire sur Q. Il reste à montrer qu’elle l’est sur R. Soit x ∈ E et
λ ∈ R, il reste à montrer que f (λx) = λf (x). Prenons {λn }n∈N tel que
limn→∞ λn = λ. On a alors

f (λx ) = f (λn x + (λ − λn ) x) = λn f (x) + f ((λ − λn ) x)


Soit cn ∈ Q tel que

∥(λ − λn ) x∥E ⩽ cn ⩽ 2 ∥(λ − λn ) x∥E


Alors
   
λ − λn λ − λn
f ((λ − λn ) x) = f cn x = cn f x
cn cn
et

λ − λn
x ⩽1
cn
L’application f étant borné sur la boulle unité par une constante M > 0, on
a

∥f ((λ − λn ) x)∥ ⩽ cn M
et donc

∥f ((λ − λn ) x)∥ ⩽ cn M ⩽ 2M ∥(λ − λn ) x∥E


et donc

lim f ((λ − λn ) x) = 0
n→∞

, en remarquant qu’on a aussi

30
lim λn f (x) = λf (x)
n→∞

on obtient

f (λx) = lim [λn f (x) + f ((λ − λn ) x)] = λf (x)


n→∞

Exercice 51
Soit E l’ensemble des fonctions continues de l’intervalle [0, 1] dans R qui
Rb
sont continues. Montrez que l’application ∥f ∥1 = a |f (t)|dt est une norme
sur E. Montrez que E n’est pas complet.

Correction 51
Il faut trouver une suite de cauchy de fonctions de E qui ne converge pas dans
E. Il suffit, par exemple, de prendre une suites de fonctions {fn } convergeant
pour ∥ · ∥ vers une fonction non continue. Par exemple, prendre
 
 1 si x < 1/2 
fn (x) = 1 − n(x − 1/2) si 1/2 ⩽ x ⩽ 1/2 + 1/n
0 si x > 1/2 + 1/n
 

et
 
1 si x < 1/2
f0 (x) =
0 si x ⩾ 1/2
On a alors ∥fn − f0 ∥1 = 1/(2n), la suite converge simplement et en norme
∥ · ∥ vers la fonction f0 qui n’est pas continue. Il suffit de montrer alors qu’il
n’existe aucune fonction continue g telle que ∥f − g∥ = 0 ce qui interdit
l’existence d’une limite à fn dans E.

Exercice 52
Soit f une application f de E dans F espaces vectoriels normés de dimension
finie. On rappelle les implications suivantes : si x0 ∈ E, " f de classe C 1 en
x0 ” ⇒ " f différentiable en x0 ” ⇒ " f continue en x0 ". On sait de même
que " f différentiable en x0 ” ⇒ " f admet des dérivées partielles en x0 "
montrer que les réciproques sont fausses en général en s’inspirant de :

x sin x1 + y 2 sin y1 si xy ̸= 0
 2


x2 sin 11 x si y = 0

f (x) = 2 1

 y sin y
si x=0

0 en (0, 0)
ou de

31
(
xy 2
x2 +y 2
si (x, y) ̸= (0, 0)
f (x) =
0 si (x, y) = (0, 0)

Correction 52

1. (a) (Etude en 0 ). | sin(1/x)| ⩽ 1 par conséquent |x2 sin(1/x)| ⩽ x2 .


De même |y 2 sin(1/y)| ⩽ y 2 . Par conséquent
p 2
|f (x, y)| ⩽ x2 + y 2 ⩽ x2 + y 2 ⩽ (∥(x, y)∥2 )2
Et donc

lim |f (x) − f (0)| = 0


∥(x,y)∥→0

et donc f est continue à l’origine. En remarquant que ∥(x, y)∥22 =


o (∥(x, y) − (0, 0)∥2 ) on a f (x, y) = 0 + o (∥(x, y) − (0, 0)∥2 ) et donc f
est différentiable en 0 et

Df (0) = 0
Par conséquent f admet des dérivées partielles dans toutes les direc-
tions à l’origine qui sont nulles. La fonction f n’est pas contre par de
classe C 1 à l’origine. Il suffit de remarquer que la dérivée partielle ∂f
∂x
sur la droite y = 0 n’est pas continue en 0 .
2. (b) Pour (x, y) ̸= (0, 0), f est continue en (x, y) et même de classe C ∞
en tant que composés sommes, produits et quotient de telles fonctions.
Il reste à étudier f à l’origine. Or,

|xy 2 | |x| (x2 + y 2 )


|f (x, y)| = 2 ⩽ ⩽ |x| ⩽ ∥(x, y)∥2
x + y2 x2 + y 2
Ainsi, f est continue à l’origine et y tend vers 0 . Montrons par l’ab-
surde que f n’est pas dérivable à l’origine. Notons Df (0) la (supposée)
différentielle de f à l’origine. L’application linéaire Df (0) s’obtient
par la calcul de l’image de vecteurs de la base de R2 . Calculons pour
’les dérivées directionnelles de f à l’origine :

f (0 + h(1, 0)) − f (0) f (h, 0)


D(1,0) f (0) = [Df (0)]((1, 0)) = lim = lim = lim 0 = 0
h→0 h h→0 h h→0
f (0 + h(0, 1)) − f (0) f (0, h)
D(0,1) f (0) = [Df (0)]((0, 1)) = lim = lim = lim 0 = 0
h→0 h h→0 h h→0

32
Par conséquent, on a nécessairement

Df (0) = 0
Or,

3h
f (0 + h(1, 1)) − f (0) f (h, h) 2h2 1
D(1,1) f (0) = [Df (0)]((1, 1)) = lim = lim = lim = ̸= 0
h→0 h h→0 h h→0 h 2
ce qui donne la contradiction recherchée.

Exercice 53
Soit g : R → R une application de classe C 2 et F : R2 → R définie par

g(x) − g(y)
F (x, y) = si x ̸= y, F (x, x) = g ′ (x)
x−y
Montrer que F est de classe C 1 en tout point de R2 et calculer sa différen-
tielle.

Correction 53
En tout point (x0 , y0 ) avec x0 ̸= y0 , f est continue et même de classe C 2
car composée (projections sur (0x) et (Oy) ), différence et quotient de fonc-
tions de classe C 2 dont le dénominateur ne s’annule pas. Dans ces points, la
différentielle de f est donnée par la matrice jacobienne :

 
∂f ∂f
Df (x0 , y0 ) = (x0 , y0 ) , (x0 , y0 ) =
∂x ∂y
 ′
g (x0 ) (x0 − y0 ) − (g (x0 ) − g (y0 )) −g ′ (y0 ) (x0 − y0 ) + (g (x0 ) − g (y0 ))

,
(x0 − y0 )2 (x0 − y0 )2

qui est bien de classe C 1 ( g étant de classe C 2 , g ′ est de classe C 1 ). Montrons


que F est continue aux points de la forme (a, a). Le DL de g à l’ordre 2 entre
x et y donne g(y) = g(x) + (y − x)g ′ (cx,y ) avec c ∈ [x, y] d’où

g(x) − g(y)
lim = lim g ′ (cx,y ) = g ′ (a) = F (a, a)
(x,y)→(a,a) x−y (x,y)→(a,a)

car comme (x, y) tend vers (a, a), x et y tendent tous les deux vers a et donc
cx,y aussi (et g ′ est continue).
Pour montrer que F est C 1 (sachant que F est continue), il suffit de montrer

33
que la différentielle de F se prolonge par continuité sur R2 . Le DL de g à
l’ordre 2 entre x0 et y0 est :

′ (x0 − y0 )2 (2)
g (x0 ) = g (y0 ) + (x0 − y0 ) g (y0 ) + g (c1 ) avec c1 ∈ [x0 , y0 ]
2
(y0 − x0 )2 (2)
g (y0 ) = g (x0 ) + (y0 − x0 ) g ′ (x0 ) + g (c2 ) avec c2 ∈ [x0 , y0 ]
2
On a donc

∂f (x0 − y0 )2 g (2) (c2 ) g (2) (c2 )


(x0 , y0 ) = =
∂x 2 (x0 − y0 )2 2
et

∂f (x0 − y0 )2 g (2) (c1 ) g (2) (c1 )


(x0 , y0 ) = =
∂x 2 (x0 − y0 )2 2
La fonction g étant de classe C 2 , on a

Df (x0 , y0 ) = g (2) (a)/2 , g (2) (a)/2



lim
(x0 ,y0 )→(a,a)

et donc Df se prolonge par continuité sur tout R2 .F est donc bien de classe
C 1.

Exercice 54
Etudier les extrémas locaux et globaux des fonctions suivantes :
1. f (x, y) = x2 + xy + y 2 + 41 x3
2. f (x, y) = x2 y − x2 /2 − y 2
3. f (x, y) = x4 + y 4 − 2(x − y)2
4. f (x, y) = sin2 x − sh2 y
5. f (x, y) = x3 + y 3
6. f (x, y) = y 2 − 3x2 y + 2x4

Correction 54
Soit f (x, y) = x2 + xy + y 2 + 14 x3 , calculons la jacobienne de f :
 
3 2
Df (x, y) = 2x + y + x , x + 2y
4
Les points critiques de f vérifient Df (x, y) = 0 et par conséquent vérifient
les équations 2x + y + 43 x2 = 0 et x + 2y = 0. Par conséquent f admet deux

34
points critiques (0, 0) et (−2, 1). Pour savoir si ces points critiques sont des
extrémums de f , il faut étudier la hessienne de f :

2 + 32 x 1
 
Hessf (x, y) =
1 2
et ses valeurs propres. Au point (0, 0)
 
2 1
Hessf (0, 0) =
1 2
a pour polynôme caractéristique P (λ) = (1 − λ)(3 − λ) et ses deux valeurs
propres sont strictement positive. La fonction f admet donc un minimum
local au point (0, 0). Ce minimum n’est pas globale car f (0, 0) = 0 et f prend
des valeurs négatives pour y = 0 et x qui tend vers −∞. Au point (−2, 1)
 
−1 1
Hessf (0, 0) =
1 2
a pour polynôme caractéristique P (λ) = λ2 −λ−3. On peut alors soit calculer
les valeurs propres soit remarquer que le determinant de la hessienne est égal
au produit des deux valeurs propres (ici -3 ) et celles-ci sont donc non nulles
et de signe contraire. Par conséquent le point (−2, 1) est point selle de f . ce
n’est pas un extremum.

Exercice 55
Trouver le volume maximum d’une boite rectangulaire inscrite dans la sphère
d’équation x2 + y 2 + z 2 = R2 .

Correction 55
Le volume d’une boite étant invariant par rotations, on peut toujours sup-
poser que toutes les boites sont centrées à l’origine et on des cotés parallèles
aux axes de coordonnées. Par conséquent, la donnée d’un point (x, y, z) sur la
sphère définit de manière unique une boite rectangulaire dont l’un des som-
mets est le point (x, y, z). On prendra x, y et z positifs car une telle boite a
toujours un sommet dans le secteur positif de l’espace. Par conséquent, on
doit maximiser la fonction volume g(x, y, z) = 8xyz sur la sous-variété S
définie par l’équation f = 0 avec f (x, y, z) = x2 + y 2 + z 2 − R2 . Un point
critique de g sur S vérifie

Dg(x, y, z) = λDf (x, y, z)


et f (x, y, z) = 0. On a obtient alors le système d’équations :

35
8yz = 2x
8xz = 2y
8xy = 2z
x + y 2 + z 2 = R2
2

Par conséquent

8xyz = 2x2
8xyz = 2y 2
8xyz = 2z 2
x2 + y 2 + z 2 = R 2
et donc comme x, y et z sont positifs, on a x = y = z = √R3 . Or g est
continue et S + = S ∩ {x ⩾ 0; y ⩾ 0; z ⩾ 0} est un compact. Comme g est
nulle sur le bord de S + , le maximum de g est ateint en un point critique de g
dans l’intérieur de S + . Le seul point critique de g est donc bien ce maximum
recherché. Ici, il n’y a pas eu besoin de calculer la hessienne de g sur S par
la formule :

H = D2 g − λD2 f
où λ est le coefficient de lagrange trouvé précédemment.

Exercice 56
1. Soit f une application de R dans R, dérivable en tout point de R et telle
que, pour tout x de R, f ′ (x) ̸= 0. Montrer que f est un homéomorphisme
de R sur f (R) et que f −1 est différentiable en tout point de f (R). 2. Soit f
définie par f (x) = x + x2 sin πx si x ̸= 0 et f (0) = 0.
Montrer que f ′ (0) existe et est ̸= 0, mais que f n’est inversible sur aucun
voisinage de 0 . Expliquer.

Correction 56

1. La fonction f étant dérivable, elle est continue. Montrons qu’elle est


injective. Soient x, y ∈ R tels que f (x) = f (y). Si x ̸= y, d’après le
théorème de Rolle, il existe c ∈]x, y [ tel que f ′ (c) = 0 ce qui contredit
le fait que f ′ ne s’annule jamais. Par conséquent x = y et f est injec-
tive. Pour montrer que f −1 est continue, il faut montrer que l’image
réciproque par f −1 d’un voisinage d’un point est un voisinage de la
réciproque du point. Ou encore, que l’image directe par f d’un voisi-
nage d’un point a est un voisinage de f (a). Soit V un voisinage de a,

36
il contient un intervalle du type [a − ε, a + ε], l’image de ce connexe
par une fonction continue est encore connexe et est donc un intervalle
[c, d] (fermé car f est continue et l’intervalle de départ est compact).
Si f (a) ∈]c, d[, on la démonstration est finie. Si f (a) = c ou f (a) = d
alors a est un extrémum local de f et donc f ′ (a) = 0 ce qui contredit
l’énoncé. Ainsi f est un homéormorphisme. f −1 est différentiable car
la différentielle de f ne s’annule pas (théorème de deug...).
2. Le taux d’accroissement

f (x) − f (0) π
Tx (f ) = = 1 + x sin
x−0 x
tend vers 1 quand x tend vers zero sin πx est bornée) et donc f est
dérivable au point 0 et f ′ (0) = 1 ̸= 0.
3. Par l’absurde, supposons que f soit inversible au voisinage de 0 .Soit
ε > 0 tel que ] − ε, ε[ soit inclus dans ce voisinage. f étant continue
(car dérivable), elle est strictement monotone. Or f ′ (x) = 1−π cosπx +
2x sin πx . Prenons k ∈ N tel que 2k 1 1
< ε et 1+2k < ε alors f ′ 2k
1
=
1

1 − π < 0 et f 2k+1 = 1 + π > 0 et donc f n’est pas monotone
sur ] − ε, ε[ ce qui donne la contradiction recherchée. Le théorème de
l’inverse local nous montre de plus que f n’est pas de classe C 1 dans
aucun voisinage de 0 .
Exercice 57
Soit φ l’application de R2 dans R2 définie pas

φ(x, y) = (sin(y/2) − x, sin(x/2) − y).


1. Justifier que φ est de classe C 1 , calculer sa différentielle et voir que
Dφ(x, y) est inversible pour tout (x, y) ∈ R2 .
2. Montrer que φ est un C 1 -difféomorphisme de R2 sur φ (R2 ) et justifier
que φ (R2 ) est un ouvert.
3. Montrer que φ−1 est lipschitzienne (on prendra comme norme sur
R2 : ∥(x, y)∥ = |x| + |y|).
4. En déduire que φ est un difféomorphisme de R2 sur R2

5. Calculer Dφ−1 (p) où p = (1 − π/2, 2/2 − π).
Correction 57
(a) φ a des coordonnées de classe C 1 , elle l’est donc aussi. On a
 
−1 1/2 cos(y/2)
Jac(φ)(x, y) =
1/2 cos(x/2) −1

37
On a det(Jac(φ)(x, y)) = 1−1/4 cos(x/2) cos(y/2) ⩾ 3/4 > 0. Par consé-
quent la jacobienne est inversible et Dφ(x, y) ∈ Isom (R2 , R2 ) = GL (R2 . (b)
D’après le théorème de l’inverse local, Il suffit de montrer que φ est injec-
tive. Supposons φ (x1 , y1 ) = φ (x2 , y2 ), alors sin (y1 /2) − x1 = sin (y2 /2) − x2
et sin (x1 /2) − y1 = sin (x2 /2) − y2 . D’où sin (y1 /2) − sin (y2 /2) = x1 − x2
et sin (x1 /2) − sin (x2 /2) = y1 − y2 . Or, ∀a, b ∈ R, | sin a − sin b| ⩽ |a − b|
(conséquence des accroissements finis appliqué à sin x ). Donc |x1 − x2 | ⩽
|y1 /2 − y2 /2| et |y1 − y2 | ⩽ |x1 /2 − x2 /2| d’où |x1 − x2 | ⩽ 1/4 |x1 − x2 | ⇒
x1 = x2 et y1 = y2 .φ : U → F est injective. L’ensemble f (U ) est ou-
vert car il est réunion d’ouverts (d’après thm inverse local). C’est un dif-
féomorphisme en U et φ(U ). (c) Soient (X1 , y1 ) , (X2 , Y2 ) ∈ φ (R2 ) avec
φ (x1 , y1 ) = (X1 , Y1 ) et φ (x2 , y2 ) = (X2 , Y2 ) ou encore φ−1 (X1 , Y1 ) = (x1 , y1 )
et φ−1 (X2 , Y2 ) = (x2 , y2 ). On a

φ−1 (X1 , Y1 ) − φ−1 (X2 , Y2 ) = ∥(x1 , y1 ) − (x2 , y2 )∥ = ∥(x1 − x2 , y1 , y2 )∥ = |x1 − x2 |+|y1 − y2 |

Or sin (y1 /2) − x1 = X1 , sin (y2 /2) − x2 = X2 , sin (x1 /2) − y1 = Y1 et


sin (x2 /2) − y2 = Y2 . Par conséquent

x1 − x2 = sin (y1 /2) − X1 − sin (y2 /2) + X2


y1 − y2 = sin (x1 /2) − Y1 − sin (x2 /2) + Y2 .
D’où

|x1 − x2 | + |y1 − y2 | ⩽ |X2 − X1 | + |sin (y1 /2) − sin (y2 /2)| + |Y2 − Y1 | + |sin (x1 /2) − sin (x2 /2)|
⩽ |X2 − X1 | + 1/2 |y1 − y2 | + |Y2 − Y1 | + 1/2 |x1 − x2 |

d’où

|x1 − x2 | + |y1 − y2 | ⩽ 2 (|X2 − X1 | + |Y2 − Y1 |) ⩽ 2 ∥(X1 , Y1 ) − (X2 , Y2 )∥

Donc φ−1 est lipschitzienne. (d) Soit (Xn , Yn ) une suite de cauchy dans
φ (R2 ) , ((Xn , Yn ) = φ (xn , yn ) ; (xn , yn ) = φ−1 (Xn , Yn )). Pour tout ε > 0, ∃n ∈
N, p, q ⩾ n ⇒ ∥(Xp , Yp ) − (Xq , Yq )∥ < ε. Par conséquent, ∀ε > 0, ∃n ∈
N; p, q ⩾ n ⇒ ∥(xp , yp ) − (xq , yq )∥ < 2ε. La suite (xn , yn ) est alors de cauchy
dans R2 , qui est complet. Par conséquent elle converge. Soit (x, y) sa limite.
Comme φ est continue et que limn (xn , yn ) = (x, y) alors limn φ (xn , yn ) =
φ(x, y). La suite (Xn , Yn ) est une suite de Cauchy de R2 . Elle converge.
Soit (X, Y ) sa limite, alors (X, Y ) = φ(x, y) car (Xn , Yn ) → (X, Y ) et
φ (xn , yn ) → φ(x, y). Donc (X, Y ) ∈ φ (R2 ) .φ (R2 ) est alors complet et donc

38
fermé. Comme φ (R2 est un ouvert fermé et non vide (il contient √ (0, 0) =
φ(0, 0) ) dans le connexe R2 , on a φ (R2 ) = R2 . (e) p = (1−π/2, 2/2−π) =
φ(π/2, π) = φ(q) où q = (π/2, π) · φ : E → F est un C 1 -difféormorphisme
donc φ−1 ◦ φ = Id et donc

Id = D φ−1 ◦ φ (q) = Dφ−1 (φ(q)) ◦ Dφ(q).




Or Dφ−1 (φ(q)) = (Dφ(q))−1 et donc Jac φ−1 (p) = (Jac φ(π/2, π))−1 . Or
 
−1 1/2 cos(y/2)
Jac φ(x, y) =
1/2 cos(x/2) −1
D‘où
 
Jac φ(π/2, π) = √−1 0
2/4 −1
et donc
 
−1 −1
√ 0
Jac φ (p) = .
− 2/4 −1

Exercice 58
5x
Soit f : R2 → R donnée par f (t, x) = 4 t4t+x 2 si (t, x) ̸= (0, 0) et f (0, 0) = 0.

On s’interesse à l’équation différentielle

x′ (t) = f (t, x(t)).


1. L’application f , est-elle continue ? est-elle localement lipschitzienne
par rapport à sa seconde variable ? Que peut-on en déduire pour l’équa-
tion (2) ?
2. Soit φ une solution de (2) qui est définie sur un intervalle I ne conte-
nant pas 0 . On définit une application p si par φ(t) = t2 ψ(t), t ∈ I.
Déterminer une équation différentielle (E) telle que ψ soit solution de
cette équation, puis résoudre cette équation (E).
3. Que peut-on en déduire pour l’existence et l’unicité de l’équation dif-
férentielle (2) avec donnée initiale (t0 , x0 ) = (0, 0)

Correction 58
3
f (t, x) = t44t+xx2 ( si (t, x) ̸= (0, 0)) est de classe C ∞ en tant que quotient,
2
somme et produit de fonctions C ∞ . (a) |f (t, x)| = |2t|· (t2t x=
2 )2 +x2 ⩽ 2|t| →(t,x)→0
0 = f (0, 0).f est donc continue en (0, 0).f n’est pas localement lipschitzienne

39
au voisinage de (0, 0) car sinon il existerait k, α, β ∈ R tels que t ∈] − α, α[,
x ∈] − β, β[ et

|f (t, x) − f (t, 0)| ⩽ k|x − 0|


i
4t3 x 4t3 4
D’où t4 +x2 ⩽ kx ⇒ t4 +x2 ⩽ k → t ⩽ k, ∀t ∈ 0, α[ ce qui est absurde. Nous
ne pouvons pas appliquer Cauchy-Lipschitz. (b) (φ, I) solution de (2) avec
0∈/ I,

ψ(t) = t−2 φ(t) ⇒ ψ ′ (t) = t−2 φ′ (t) − 2t−3 φ(t)


t3 φ(t)
ψ ′ (t) = 4t−2 4 2
− 2t−1 ψ(t)
t + φ (t)
d’où en exprimant tout en fonction de ψ :

ψ ′ (t) (1 + ψ 2 (t)) 2
=
ψ(t)(1 − ψ(t))(1 + ψ(t)) t
2
1+ψ (t) 1 1 1
Or ψ(t)(1−ψ(t))(1+ψ(t)) = ψ(t)
+ 1−ψ(t)
− 1+ψ(t)
d’où
 
′ 1 1 1 2
ψ (t) + − =
ψ(t) 1 − ψ(t) 1 + ψ(t) t
En intégrant par rapport à t on obtient :

ψ(t) 2

ln = ln t +c
1 − ψ 2 (t)
d’où

ψ(t)
= ct2
1 − ψ(t)
ψ(t) vérifie est donc une racine de l’équation

ct2 ψ 2 (t) + ψ(t) − ct2 = 0


et donc

−1 ± 1 + 4c2 t4
ψ(t) =
2ct2

−1± 1+4c2 t4
d’où φ = 2c
.

40
0.2.2 Courbes paramétrées
Exercice 59
Déterminer les points d’inflexion des courbes paramétrées suivantes :
cos2 t
1. x = sin t, y = 2−cos t
. (Bicorne)
t
2. x = sin 2 , y = tan t.
t
3. x = et , y = tet .
4. x = sin t cos 2t, y = cos t sin 2t.

Correction 59
(a)
(b)
 ′ ′ 2t t2 −t−1 √
( )
(c) xy ′ = (t−1)2 ⇒ t = 1± 5
2
.
(d) det (M ′ , M ′′ ) = 32 sin 4t + 3 sin 2t ⇒ t = kπ.

Exercice 60
θ
Déterminer les points doubles de la courbe d’équation polaire ρ = θ2 −1
.

Correction 60
 est symétrique par rapport à Oy.M (ρ, θ) = M1 (ρ1 , θ1 ) si et seule-
La courbe
θ1 ≡ θ[2π]
ment si ou
ρ1 = ρ

θ1 ≡ θ + π[2π]
ρ1 = −ρ
Dans le premier cas, ρ = ρ1 ⇔ θθ1 = −1 pour θ ̸= θ1 ce qui donne
l’équation en θ :

θ2 + 2kπθ + 1 = 0
avec k ∈ Z. Cette équation à k fixé non nul admet deux racines, ce qui
donne deux familles de points doubles. De même, le second cas ammène deux
autres familles définies par l’équation :

θ2 + (2k + 1)πθ + 1 = 0

Exercice 61
La courbe orthoptique d’une courbe (C) est le lieu des points du plan d’où
l’on peut mener (au moins) deux tangentes à (C), orthogonales. Déterminer
l’orthoptique de (C) dans chacun des cas suivants :

41

x = a cos3 t
1. (C) est un astroïde de paramétrisation , a > 0 donné.
y = a sin3 t

x = t2 − 2t
2. (C) est l’arc paramétré : .
y = 2t3 − 3t2
2 2
i
3. (C) est l’ellipse d’équation xa2 + yb2 = 1, (a, b) ∈ 0, +∞ [2 .

Correction 61
la tangente (Tt ) en M (t) est toujours dirigée par le vecteur ⃗u(t) = (− cos t, sin t). 
Une équation de la tangente en M (t) est donc sin t (x − a cos3 t)+cos t y − a sin3 t =
0 ou encore

x sin t + y cos t = a sin t cos t (Tt )


Soit (t, u) ∈ [−π, π]2 .

π
(Tt ) ⊥ (Tu ) ⇔ ⃗u(t) ⃗u(u) = 0 ⇔ cos t cos u + sin t sin u = 0 ⇔ cos(t − u) = 0 ⇔ u ∈ t + + πZ.
2
Il est alors clair que l’orthoptique est l’ensemble des points d’intersection
des tangente ( Tt ) et ( Tt+ π2 ) quand t décrit R.


 x sin t + y cos t = a sin t cos t
M (x, y) (Tt ) ∩ Tt+ π2 ⇔
x cos t − y sin t = −a sin t cos t
a sin t cos t cos t sin t a sin t cos t
⇔x=− et y = −
−a sin t cos t − sin t cos t −a sin t cos t
⇔ x = a sin t cos t(− cos t + sin t) et y = a sin t cos t(cos t + sin t)
a sin t cos t(− cos t+sin t)

L’orthoptique cherchée est la courbe t 7→ a sin t cos t(cos t+sin t)
.

Exercice 62
Montrer que la courbe paramétrée
4t−3

x(t) = t2 +1
2t−1
y(t) = t2 +2

admet un unique point singulier, et tracer l’allure de la courbe au voisinage


de ce point.

Correction 62
4 t 3
Les expressions x(t) = t + t
et y(t) = 3
+2+ t+1
sont bien définies pour

42
t ∈ D = R\{−1; 0}. (a) Les fonctions x et y sont de classe C 1 sur D. Soit
t∈D :

x(t) = t + 4t y(t) = 3t + 2 + t+1 3

x′ (t) = 1 − t42 y ′ (t) = 13 − (t+1)


3
2

x′ (t) > 0 ⇐⇒ |t| > 2 


 t>2 .
′ ′
x (t) = 0 ⇐⇒ t ∈ {−2; 2} y (t) > 0 ⇐⇒ |t + 1| > 3 ⇐⇒ ou
t < −4

y ′ (t) = 0 ⇐⇒ t ∈ {−4; 2}

(b) Le tableau de variations conjointes indique : −t = −4 : tangente


horizontale, au point de coordonnées −5, − 13 ;


2403 −t = −2 : tangente verticale, au point de coordonnées −4, − 53 ; -




t = −1 : une asymptote verticale, d’équation x = −5 ; - t = 0 : une asymptote


horizontale, d’équation y = 5 ; −t = 2 : il y a un point singulier en 4, 113
(voir après). Il reste à étudier le comportement quand t → ±∞ :

y(t) t3 + 16t2 + 6t 1
= 3 2
x(t) 3 (t + t + 4t + 4) t→±∞ 3
puis y(t) − 31 x(t) −−−−→ 2. La courbe a donc pour asymptote, quand t → −∞
t→±∞
et quand t → +∞, la même droite d’équation y = 13 x+2. (c) On constate sur
le tableau de variation qu’il n’y a qu’un seul point singulier, correspondant
au paramètre t = 2. Pour connaître l’allure de la courbe au voisinage du
point M (2), on fait un développement limité de x et y au voisinage de t = 2.
Comme ici x et y sont de classe C ∞ et d’expressions assez simples, on peut
directement appliquer la formule de Taylor-Young :

x(t) = x(2) + x′ (2) · (t − 2) + 12 x′′ (2) · (t − 2)2 + 16 x′′′ (2) · (t − 2)3 + o ((t − 2)3 )


y(t) = y(2) + y ′ (2) · (t − 2) + 21 y ′′ (2) · (t − 2)2 + 16 y ′′′ (2) · (t − 2)3 + o ((t − 2)3 )

On sait déjà que x(2) = 4, y(2) = 11 3


et x′ (2) = y ′ (2) = 0. De plus
x′′ (t) = t83 , x′′′ (t) = −24
t4
et y ′′ (t) = (t+1)
6 ′′′ −18
3 , y (t) = (t+1)4 , ce qui donne

43
1
− 41
   
4 2
· (t − 2)3 + o (t − 2)3
2

M (t) = 11 + 1
· (t − 2) + −1
3 9 27

C’est un point de rebroussement de première espèce. L’équation (sous


forme paramétrée) de la tangente TM (2) s’obtient en tronquant le dévelop-
pement limité :
      1
x x 4
∈ TM (2) ⇐⇒ ∃λ ∈ R, = 11 + 21 · λ
y y 3 9
En éliminant le paramètre λ, on récupère une équation cartésienne
11 1 2 25
TM (2) : y = + · 2(x − 4) = x +
3 9 9 9

Exercice 63
Montrer que la courbe paramétrée
1

x(t) = t2 −t
t
y(t) = t2 −1
possède un point double et que les tangentes en ce point sont perpendiculaires.
Correction 63
Les expressions x(t) = t21−t et y(t) = t2 −1
t
sont bien définies, et de classe C 1
en dehors de t = 0 et t = ±1. Le domaine de définition est donc
D =] − ∞; −1[∪] − 1; 0[∪]0; 1[∪]1; +∞[

44
La courbe possède un point double si elle se recoupe : on cherche donc
deux paramètres t1 , t2 ∈ D tels que t1 ̸= t2 et M = M (t1 ) = M (t2 ), i.e.
( 1 1
= t2 −t
 2
t21 −t1 t1 − t1 = t22 − t2
2 2
⇐⇒
t1
= t2t−1
2 t1 (t22 − 1) − t2 (t21 − 1) = 0
t21 −1 2

(t1 − t2 ) (t1 + t2 − 1) = 0
⇐⇒
(t2 − t1 ) (t1 t2 + 1) = 0

t1 + t2 = 1
Comme on cherche t1 ̸= t2 , le système obtenu est équivalent à ,
t1 t2 = −1
autrement dit à un système du type somme-produit : cela signifie que t1 et √t2
doivent être les deux racines (distinctes) de X 2 − X − 1, c’est-à-dire 1±2 5
(qui sont bien dans D ). On a donc un seul point double, c’est
√ ! √ !
1+ 5 1− 5
M =M
2 2
de coordonnées cartésiennes (1, 1). Pour déterminer les tangentes en ce
point, on calcule le vecteur dérivé :
( ′
x (t) = (t1−2t
2 −t)2
V⃗ (t) = ′ −1−t2
y (t) = (t2 −1)2
En remplaçant, on obtient

 ′   √    √ 
x′ (t2 ) − 5

x (t1 ) 5
V⃗ (t1 ) = ′
= −5−√5 et V⃗ (t2 ) = ′
= −5+√5
y (t1 ) 2
y (t2 ) 2

Les deux tangentes à la courbe au point de coordonnées (1, 1) sont donc


dirigées respectivement par les vecteurs V⃗ (t1 ) et V⃗ (t2 ), dont on vérifie en
faisant le produit scalaire V⃗1 · V⃗2 = x′ (t1 ) x′ (t2 ) + y ′ (t1 ) y ′ (t2 ) = 0 qu’ils sont
orthogonaux.

45
Exercice 64

Trouver les droites à la fois tangentes et orthogonales à la courbe



x(t) = 3t2
y(t) = 4t3

Correction 64

1. (a) Commençons par trouver le vecteur tangent à la courbe au point


M (t). Les fonctions x et y sont de classe C 1 sur R, et x′ (t) = 6t, y ′ (t) =
12t2 . Si t ̸= 0, le vecteur tangent à la courbe au point M (t) est donc le
6

vecteur dérivé 12t . Si t = 0, le vecteur dérivé est nul et il faut dériver
′′ (0)
encore une fois pour obtenir un vecteur non nul xy′′ (0) = 60 , qui est


donc un vecteur directeur de la tangente au point M (0). Finalement,


pour tout t, la tangente au point M (t) est dirigée par le vecteur
 
6
V⃗ =
12t
(b) - Une droite D est tangente à C s’il existe t ∈ R tel que
M (t) ∈ D et V⃗ (t) soit un vecteur directeur de D. - Une droite D est
orthogonale à C s’il existe t′ ∈ R tel que M (t′ ) ∈ D et V⃗ (t′ ) soit
un vecteur orthogonal à la droite D. (c) On cherche donc à quelle
condition V⃗ (t) et V⃗ (t′ ) sont orthogonaux :

1
V⃗ (t) · V⃗ (t′ ) = 0 ⇐⇒ 36 + 144tt′ = 0 ⇐⇒ tt′ = −
4
ce qui exclut le paramètre t = 0. (d) Soit donc t ̸= 0, et T (t) la
tangente à C en M (t) :

  2

x x = 3t + 6λ
T (t) = {M (t) + λV⃗ (t) | λ ∈ R} = ∃λ ∈ R,
y y = 4t3 + 12λt

En éliminant λ, on trouve que T (t) a pour équation cartésienne

y = 4t3 + 2t x − 3t2 = 2tx − 2t3




(e) On sait déjà que T (t) et T − 4t1 sont perpendiculaires.



Il reste à
voir si T (t) coupe bien C au point M − 4t :
1


46
   3  2
1 1 1
M − ∈ T (t) ⇐⇒ 4 − = 2t · 3 − − 2t3
4t 4t 4t
⇐⇒ 32t6 − 6t2 − 1 = 0
3 1
⇐⇒ X = t2 et X 3 − X − =0
16 32
3 1
L’étude des variations du polynôme X 3 − 16 X − 32 montre qu’il
1
admet − 4 comme racine (double), il se factorise donc sous la forme
3 1
2
= X + 14 X − 12 et sa seule racine positive est 21 :

X 3 − 16 X − 32
   
1 2 1 1
M − ∈ T (t) ⇐⇒ X = t et X ∈ − ;
4t 4 2

1 2
⇐⇒ t2 = ⇐⇒ t = ±
2 2
√   √ 
(f ) Ainsi T 22 et T − 22 sont les seules droites à la fois tangentes
et orthogonales à C : - La droite
√ ! √
2 √ 2
T : y = 2x −
2 2
√    √ 
est tangente au point M 22 et orthogonale au point M −1/ 4 22 .
- La droite
√ ! √
2 √ 2
T − : y = − 2x +
2 2
 √    √ 
est tangente au point M − 22 et orthogonale au point M 1/ 4 22 .

47
Exercice 65 Une variable aléatoire réelle discrète X, à valeurs entières, a
pour fonction génératrice :
3
gX (u) = k 3 + 2u2
1. Déterminez la constante k.
2. Déterminez la loi de probabilité de la variable aléatoire X ?
3. Calculez l’espérance mathématique et la variance de X ?
Correction 65 1. Condition de normalisation. La fonction génératrice
est, par définition, l’espérance mathématique de uX . Sa valeur pour
u = 1 est l’espérance de 1X = 1 : c’est 1 . La condition gx (1) = 1
s’apàpelle la condition de normalisation. Elle s’écrit ici :

1 = gX (1) = k(3 + 2)3 = 125k


1
k= = 8 × 10−3
125
2. Loi de probabilité de X. La fonction génératrice

1 3 1
3 + 2u2 = 27 + 54u2 + 36u4 + 8u6

gx (u) =
125 125
jointe à la formule de définition de l’espérance d’une fonction aléa-
toire : ∞
X
 X
gX (u) = E u = P (X = n)un
n=0

donne, par identification des coefficients de un (le développement


en série entière de la fonction gX (u) au voisinage de u = 0 est unique),
la loi de probabilité de X :

k 0 2 4 6
27 54 36 8
P (X = k) 125 125 125 125
3% Espérance mathématique et variance de X. Espérance et variance
peuvent se calculer à partir de la fonction génératrice et de ses dérivées
en u = 1.
(a) Espérance mathématique.

′ 12 2
gX (u) = u 3 + 2u2
125
′ 12 12
E(X) = gX (1) = × 52 = = 2, 4
125 5
48
On aurait pu aussi calculer E(X) directement à partir de la loi
de probabilité.
(b) Variance.

′′ 12 2 96 2
3 + 2u2 + u 3 + 2u2

gX (u) =
125 125
′′ ′ ′ 2 12 96 12 144 60 + 96 + 60 − 144 7
Var(X) = gX (1) + gX (1) − (gX (1)) = + + − = =
5 25 5 25 25 2

49

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