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Étude de La Diversité Génétique de Blés Paysans Sur La Hauteur Et La Biomasse

L'étude de la diversité génétique des blés paysans se concentre sur la hauteur et la biomasse des plantes, en analysant différents facteurs tels que la variété, l'année et l'agriculteur. Elle s'inscrit dans le cadre d'un programme de recherche sur la biodiversité cultivée et la recherche participative. Les résultats mettent en lumière l'importance de la sélection variétale et des pratiques agricoles sur les performances des blés.

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Étude de La Diversité Génétique de Blés Paysans Sur La Hauteur Et La Biomasse

L'étude de la diversité génétique des blés paysans se concentre sur la hauteur et la biomasse des plantes, en analysant différents facteurs tels que la variété, l'année et l'agriculteur. Elle s'inscrit dans le cadre d'un programme de recherche sur la biodiversité cultivée et la recherche participative. Les résultats mettent en lumière l'importance de la sélection variétale et des pratiques agricoles sur les performances des blés.

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Étude de la diversité génétique de blés paysans sur la

hauteur et la biomasse
Marie Pichon

To cite this version:


Marie Pichon. Étude de la diversité génétique de blés paysans sur la hauteur et la biomasse. 2013, 58
p. �hal-01210074�

HAL Id: hal-01210074


[Link]
Submitted on 6 Jun 2020

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teaching and research institutions in France or recherche français ou étrangers, des laboratoires
abroad, or from public or private research centers. publics ou privés.
2012-2013
DUT – Option agronomie

Etude de la diversité
génétique de blés paysans
sur la hauteur et la biomasse

Pichon Marie

INRA

Maître de stage : Mme Blanchet Elise

Tuteur pédagogique : Mme Leforestier Diane


ENGAGEMENT
DE NON PLAGIAT
Je, soussignée Marie Pichon
déclare être pleinement consciente que le plagiat de documents ou d’une
partie d’un document publiée sur toutes formes de support, y compris l’internet,
constitue une violation des droits d’auteur ainsi qu’une fraude caractérisée.
En conséquence, je m’engage à citer toutes les sources que j’ai utilisées
pour écrire ce rapport ou mémoire.

signé par l’étudiant(e) le 09 / 07 / 2013


REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier Véronique Chable de m’avoir accueilli dans son unité de travail « Biodiversité
cultivée et Recherche Participative » au SAD-Paysage du Rheu. Je remercie aussi Elise Blanchet pour
son encadrement, son suivi ainsi que pour son soutient. Je pense aussi à toute l’équipe de la
quarantaine, Estelle pour ses recommandations mais aussi tous les stagiaires présents, pour la bonne
ambiance de travail et pour les conseils qu’ils ont pu me donner.
Merci également aux paysans du réseau Triptolème pour leur accueil dans leur ferme et pour tout ce
qu’ils ont pu partager avec nous.

| Biodiversité cultivée – 2013


Glossaire

Allogame : Se dit des plantes se reproduisant par fécondation croisée (cas du maïs).

Allohexaploïdie : état d’un génome formé par la juxtaposition de plusieurs génomes diploïdes différents. Le blé
tendre est allohexaploïde.

Autofécondation : fécondation entre deux gamètes (mâle et femelle) provenant du même individu.

Autogame : Se dit des plantes se reproduisant par autofécondation (cas du blé).

Cléistogame : fécondation avant l’ouverture de la fleur. La fleur du blé est cléistogame.

Hybridation : croisement entre deux variétés d'une même espèce ou entre deux espèces différentes.

Indice de récolte : rapport entre le poids des grains et le poids total de la plante.

Mycorhize : association symbiotique du mycélium d'un champignon et des racines d'un arbre ou d'une plante à
fleurs.

Résilience : capacité d’un écosystème à résister ou à surmonter une perturbation en récupérant rapidement. Elle est
liée aux capacités d’adaptation d’un système face à un changement.

Robustesse : habilité d’une plante à maintenir des performances face à des perturbations et des incertitudes. Les
plantes robustes seront donc hautement résistantes et tolérantes aux maladies et aux ravageurs, très compétitives
face aux mauvaises herbes, bien implantées face à des conditions climatiques de plus en plus changeantes, et plus
efficaces et efficientes dans l’utilisation des nutriments et de l’eau. Les plantes robustes sont une des composantes
nécessaires des systèmes résilients.

Sélection massale : sélection faite par les agriculteurs depuis des millénaires. Elle existe sous deux formes : la
sélection massale positive (on choisit les plantes qui semblent les plus intéressantes dans une population pour en faire
des semences) et la sélection massale négative (on élimine les plantes les moins intéressantes).

| Biodiversité cultivée – 2013


Abréviations
CCP : Composite Cross Population
DHS : Distinction, Homogénéité, Stabilité
EPST : Etablissement Public à caractère Scientifique et Technologique
I.D.D : Variables Indépendantes et Identiquement Distribués
INRA : Institut National de Recherche Agronomique
PMG : Poids de Mille Grains
VATE : Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale

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Sommaire
TABLE DES ILLUSTRATIONS................................................................................................................... 6
TABLE DES TABLEAUX ............................................................................................................................ 7
INTRODUCTION ..................................................................................................................................... 1
1. Contexte institutionnel ........................................................................................................... 2
1.1. L’INRA ..................................................................................................................................... 2
1.2. L’équipe Biodiversité Cultivée et Recherche Participative ...................................................... 3
1.3. Le programme de recherche Pays Blé –SOLIBAM ................................................................... 3
1.3.1. Description ................................................................................................................. 3
1.3.2. Objectifs .................................................................................................................... 4
1.3.3. Partenaires................................................................................................................. 5
2. Synthèse bibliographique ....................................................................................................... 6
2.1. Le blé tendre ........................................................................................................................... 6
2.1.1. Contexte économique .................................................................................................. 6
2.1.2. Utilisation .................................................................................................................. 7
2.1.3. Taxonomie ................................................................................................................. 7
2.1.4. Origine, structure génétique et phylogénie .................................................................... 8
2.1.5. Caractéristiques de la plante ........................................................................................ 9
2.1.6. Les variétés................................................................................................................ 9
2.2. Les variétés paysannes ......................................................................................................... 10
2.2.1. Un peu d’histoire ...................................................................................................... 10
2.2.2. Critère de sélection ................................................................................................... 11
2.2.3. Définitions ............................................................................................................... 12
2.2.4. Intérêts ................................................................................................................... 12
2.3. La recherche participative .................................................................................................... 13
2.3.1. Définition ................................................................................................................. 13
2.3.2. Dans le monde ......................................................................................................... 15
2.3.3. Intérêts-limites ......................................................................................................... 15
3. Présentation du stage ........................................................................................................... 15
4. Matériel et méthodes ............................................................................................................ 16
4.1. Le réseau expérimental : ...................................................................................................... 16
4.2. Matériel végétal .................................................................................................................... 16
4.3. Mise en place ........................................................................................................................ 17
4.4. Protocole expérimental......................................................................................................... 17
4.4.1. Biomasse au stade deux nœuds ................................................................................. 18
4.4.2. Biomasse à maturité ................................................................................................. 18
4.4.3. Hauteur du blé au stade 2 nœuds et à maturité ........................................................... 18
4.5. Méthode d’analyse ................................................................................................................ 18
5. Résultats ............................................................................................................................... 20
5.1. Hauteur au stade deux nœuds .............................................................................................. 20
5.1.1. Présentation des résultats généraux ........................................................................... 20
5.1.2. Etude du paramètre variété ....................................................................................... 20
5.1.3. Autres facteurs ......................................................................................................... 21
a) Effet année ....................................................................................................................... 21
b) Effet agriculteur ................................................................................................................ 21
c) Effet répétition .................................................................................................................. 22
5.2. Biomasse au stade deux nœuds ........................................................................................... 22
5.2.1. Présentation des résultats généraux ........................................................................... 22
5.2.2. Etude du paramètre variété ....................................................................................... 22
5.2.3. Autres facteurs ......................................................................................................... 23
a) Effet année ....................................................................................................................... 23
b) Effet agriculteur ................................................................................................................ 23
c) Effet cadre ....................................................................................................................... 24

| Biodiversité cultivée – 2013


d) Effet répétition .................................................................................................................. 24
5.3. Hauteur au stade maturité.................................................................................................... 24
5.3.1. Présentation des résultats généraux ........................................................................... 25
5.3.2. Etude du paramètre variété ....................................................................................... 25
5.3.3. Autres facteurs ......................................................................................................... 26
a) Effet année ....................................................................................................................... 26
b) Effet agriculteur ................................................................................................................ 26
c) Effet répétition .................................................................................................................. 26
5.4. Biomasse au stade maturité ................................................................................................. 27
5.4.1. Présentation des résultats généraux ........................................................................... 27
5.4.2. Etude du paramètre variété ....................................................................................... 27
5.4.3. Autres facteurs ......................................................................................................... 28
a) Effet année ....................................................................................................................... 28
b) Effet agriculteur ................................................................................................................ 28
c) Effet répétition .................................................................................................................. 28
d) Effet cadre ....................................................................................................................... 28
6. Discussions ........................................................................................................................... 29
6.1. Hauteur au stade deux nœuds .............................................................................................. 29
6.2. Biomasse du blé au stade deux nœuds ................................................................................. 30
6.3. Hauteur à maturité ............................................................................................................... 31
6.4. Biomasse à maturité ............................................................................................................. 32
7. Conclusion et perspectives de l’étude .................................................................................. 32
7.1. Conclusion sur les variétés ................................................................................................... 32
7.2. Conclusion sur le protocole................................................................................................... 33
7.3. Perspectives ......................................................................................................................... 33
8. Autres travaux réalisés pendant le stage ............................................................................. 34
BILAN PERSONNEL ............................................................................................................................... 35
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................................... 36
TABLE DES ANNEXES ............................................................................................................................ 38

| Biodiversité cultivée – 2013


Table des illustrations
Figure 1 : Organigramme de L'unité de recherche SAD-Paysage (d’après [Link]) ....................... 3
Figure 2 : Situation de la production de blé dans le monde ................................................................. 6
Figure 3 : Situation de la production de blé en France ........................................................................ 7
Figure 4 : Consommation de la farine sur le marché français (source : fiche statistique 2011 de la
meunerie française) ....................................................................................................................... 7
Figure 5 : Phylogénie du blé tendre.................................................................................................. 8
Figure 6 : Structure d’un grain de blé, [Link] 9
Figure 7 : Structure d’un épillet de blé ............................................................................................. 9
Figure 8 : Dispositif expérimental de l'essai .....................................................................................17
Figure 9 : Graphiques obtenus sous R pour l'analyse des résidus .......................................................19
Figure 10 : Distribution des données de hauteur (cm) du blé au stade deux nœuds .............................20
Figure 11 : Boîte à moustaches de la hauteur (en cm) des plantes au stade deux nœuds en fonction de la
variété de blé tendre. ....................................................................................................................20
Figure 12 : Résultats de l'analyse des résidus de l'ANOVA pour la hauteur de plantes au stade deux
nœuds .........................................................................................................................................21
Figure 13: Boîte à moustache représentant la répartition des données de hauteur (en cm) des plantes au
stade deux nœuds en fonction de l'année d'expérimentation. ............................................................21
Figure 14 : Boîte à moustache représentant la répartition de la hauteur (en cm) des plantes au stade
deux nœuds en fonction de l'agriculteur. .........................................................................................21
Figure 15 : Boîte à moustache représentant la répartition de la hauteur (en cm) des plantes au stade
deux nœuds en fonction de la répétition. .........................................................................................22
Figure 16 : Distribution des données de biomasse (en g) du blé au stade deux nœuds .........................22
Figure 17 : Boîte à moustaches de la biomasse blé (en g) au stade deux nœuds en fonction de la variété
...................................................................................................................................................23
Figure 19 : Répartition des biomasses blé (en g) au stade deux nœuds en fonction de l'année
d'expérimentation .........................................................................................................................23
Figure 20 : Répartition de la biomasse blé (en g) au stade deux nœuds en fonction des agriculteurs .....23
Figure 18 : Résultats de l'analyse des résidus de l'ANOVA pour la hauteur de plantes au stade maturité 23
Figure 21 : Répartition des biomasses de blé au stade deux nœuds en fonction du cadre de mesure .....24
Figure 22 : Répartition des biomasses blé au stade deux nœuds en fonction de la répétition ................24
Figure 23 : Distribution des données de hauteur (en cm) au stade maturité ........................................25
Figure 25 : Boîte à moustaches de la hauteur (en cm) des plantes au stade maturité en fonction de la
variété de blé tendre. ....................................................................................................................25
Figure 26 : Résultats de l'analyse des résidus de l'ANOVA pour la hauteur à maturité ..........................25
Figure 27 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de hauteur (en cm) des plantes au
stade maturité en fonction de l’année d’expérimentation. ............................ Erreur ! Signet non défini.

| Biodiversité cultivée – 2013


Figure 28 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de hauteur (en cm) des plantes au
stade maturité en fonction de l’agriculteur. ......................................................................................26
Figure 29 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de hauteur (en cm) des plantes au
stade maturité en fonction de la répétition.......................................................................................26
Figure 30 : Distribution des données de biomasses (en g) au stade maturité ......................................27
Figure 31 : Boîte à moustaches de la biomasse (en gramme) blé au stade maturité en fonction de la
variété de blé tendre. ....................................................................................................................27
Figure 32 : Résultat de l'analyse des résidus pour l'ANOVA testant l'effet variété sur la biomasse à
maturité .......................................................................................................................................28
Figure 33 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de biomasse (en g) des plantes au
stade maturité en fonction de l’année d’expérimentation ...................................................................28
Figure 34 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de biomasse (en g) des plantes au
stade maturité en fonction des agriculteurs. ....................................................................................28
Figure 35 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de biomasse (en g) des plantes au
stade maturité en fonction de la répétition .......................................................................................28
Figure 36 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de biomasse (en g) des plantes au
stade maturité en fonction du cadre de prélèvement.........................................................................29

Table des tableaux


Table 1 : Taxonomie du blé tendre................................................................................................... 7
Table 2 : Les différents degrés de participation, (Anon, 2009) ...........................................................14
Table 3 : Agriculteurs participants à l'essai ......................................................................................16
Table 4 : Statistiques de bases des échantillons de hauteur au stade deux nœuds ...............................20
Table 5 : Description du paramètre hauteur des plantes au stade deux nœuds en fonction de la variété 20
Table 6 : Résultat de l'ANOVA pour les hauteurs au stade deux nœuds ...............................................21
Table 7 : Statistiques de base des échantillons de biomasse blé au stade deux nœuds .........................22
Table 8 : Description de la biomasse blé au stade ............................................................................22
Table 9 : Résultat de l'ANOVA pour les biomasses au stade deux nœuds ............................................23
Table 10 : Statistiques de bases des échantillons de hauteur au stade maturité : ................................25
Table 12 : Description du paramètre hauteur des .............................................................................25
Table 13 : Résultat de l'ANOVA qui test l'effet variété sur la hauteur des plantes à maturité .................25
Table 14 : Statistiques de base des échantillons de biomasse blé au stade maturité ............................27
Table 15 : Description de la biomasse blé au stade ...........................................................................27
Table 16 : Résultat de l'ANOVA pour l'analyse de l'effet variété sur la biomasse à maturité ..................27

| Biodiversité cultivée – 2013


Introduction
Actuellement la biodiversité est au centre de beaucoup de questionnements, mais qu’est-ce que la biodiversité ?
Selon le Larousse, la biodiversité c’est la « diversité des espèces vivantes et de leurs caractères génétiques »,
autrement dit il s’agit de l’hétérogénéité inter-espèces et intra-espèces. Cette diversité comprend les espèces
végétales et animales, sauvages ou domestiquées. On réduit souvent cette biodiversité à la faune sauvage, on
oublie généralement nos champs cultivés, qui sont pourtant la base de notre alimentation, ces champs sont
également sources de (bio)-diversité. Or l’agriculture repose sur un nombre restreint d’espèces et de variétés.
Seules quelques dizaines d’espèces végétales sont cultivées. Pourtant il s’agit de notre base alimentaire, serait-
elle trop restreinte ? Prenons l’exemple de la France, une dizaine de variété de blé représente 50% des terres
cultivées en blé, alors qu’il existe un très large panel de variété. De plus ces variétés dites modernes sont des
lignées pures, d’une certaine homogénéité génétique. On sait que la diversité permet la résilience des systèmes
face aux éventuelles crises (climat, ravageurs, maladies…), on peut donc supposer que d’augmenter la
biodiversité cultivée pourrait permettre de mieux faire face aux effets des changements climatiques.

Un des moyens d’agir sur la biodiversité cultivée est de passer par les semences et la sélection végétale, en
effet toutes les cultures commencent par une semence, qui sont issues de la sélection végétale. La sélection
végétale (ou amélioration végétale) est une pratique qui modifie les plantes pour les adapter à un but
particulier (résistances, rendement, goût…). La sélection végétale moderne est majoritairement basée sur la
création de variétés à base génétique étroite et la réglementation impose une haute performance et une
homogénéité des variétés, or il existe peut être des solutions complémentaires ; ces solutions ne
supplanteraient pas la sélection actuelle mais proposeraient une palette d’outil plus diversifiée pour les acteurs
de la filière. Ces nouveaux modes de sélection seraient compatibles avec des modes de production plus
durables ; il devient urgent d’inclure de nouveaux critères dans les schémas de sélection végétale et d’établir de
nouveaux objectifs de sélection, ces changements pourraient permettre d’augmenter la diversité des cultures.
Dans ces schémas il faut prendre en compte les multiples modes de cultures (agriculture biologique,
biodynamique…) et de la diversité des pratiques culturales.

Dans ce rapport nous aborderons des essais menés sur la culture de blé par l’INRA, au sein du programme
SOLIBAM. Ce projet de recherche est issu de la demande de paysans en agriculture biologique qui souhaitent
trouver des variétés de blé adaptées à leurs pratiques. Une des solutions qui peut leur être proposée est
d’utiliser des variétés de blé de pays. Il a été prouvé que des cultures avec une grande diversité génétique
(comme les blés de pays par exemple) peuvent s’adapter à de nombreux environnements (Wolfe, 2000). Ces
variétés ne sont pas issues de la sélection professionnelle, dite conventionnelle, mais d’une sélection paysanne.
En effet les agriculteurs biologiques ont des pratiques diversifiées pour s’adapter à leur environnement alors
que les agriculteurs conventionnels qui peuvent eux utiliser des intrants, homogénéisent les conditions de
culture, c’est pourquoi des variétés sélectionnées sur leurs lieux de production peuvent être une solution pour
les systèmes agricoles à bas intrants (ou biologiques).

L’étude est basée sur la comparaison de trois variétés de types génétiques différents par leur niveau de
diversité intrinsèque, elle est menée en recherche participative c'est-à-dire qu’il existe un partenariat entre les

| Biodiversité cultivée – 2013 1


chercheurs et les paysans qui mènent ensemble l’expérimentation. Le programme de recherche défini avec les
agriculteurs essaie de donner les bases méthodologiques pour évaluer le comportement de variétés au niveau
de diversité variable dans des environnements diversifiés. Au sein de ce programme je vais participer à la
collecte des données sur le terrain, à l’informatisation et à l’analyse des données. Je vais me concentrer sur les
paramètres de hauteur et de biomasse du blé dans le but de définir les critères pertinents pour comparer les
trois variétés entre elles et évaluer leur interaction avec l’environnement.

Dans ce rapport sera abordée la synthèse des pré-requis nécessaires à la compréhension du sujet : dans un
premier temps nous aborderons le contexte institutionnel, puis le blé tendre, les variétés paysannes et la
recherche participative seront définis. Ensuite le protocole expérimental sera présenté et enfin les résultats
attendus seront énoncés.

1. Contexte institutionnel
1.1. L’INRA
L’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) a été fondé en 1946 dans le but de développer et
moderniser l’agriculture pour « nourrir la France » lors de la période de reconstruction d’après guerre. C’est le
ministre de l’agriculture de l’époque François Tanguy-Prigent, qui fit voter une loi pour la création de l’INRA
(Bonneuil & Thomas, 2012). L’INRA est sous la tutelle du Ministère de la Recherche et du Ministère de
l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires Rurales ; l’institut a le statut d’EPST (Etablissement
Public à caractère Scientifique et Technologique).

Aujourd’hui l’INRA est un organisme de recherche qui travaille sur trois volets et leurs déclinaisons :
l’alimentation humaine et animale, l’agriculture et l’environnement. Il est implanté sur l’ensemble du
territoire français grâce à ses 18 centres régionaux. C’est un des acteurs principal de la recherche agronomique,
il est le premier institut agronomique en Europe et le seconde dans le monde (site de l’INRA).

L’INRA est divisé en 13 Départements (eux même divisés en unités de recherches et d’expérimentation) :
• Alimentation humaine ; • Mathématiques et informatiques appliquées ;
• Caractérisation et élaboration des produits • Microbiologie et chaîne alimentaire ;
issus de l’agriculture ; • Physiologie animale et systèmes d’élevage ;
• Biologie et amélioration des plantes ; • Santé animale ;
• Ecologie des forêts, pairies et milieux • Sciences pour l’action et le développement ;
aquatiques ; • Santé des plantes et environnement ;
• Environnement et agronomie ; • Sciences sociales, agriculture et alimentation,
• Génétique animale ; espace et environnement.

Ses principales missions sont :


• « œuvrer au service de l’intérêt public […] ;
• Produire et diffuser des connaissances scientifiques et des innovations, principalement dans les
domaines de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement ;
• Contribuer à l’expertise, à la formation, à la promotion de la culture scientifique et technique, au débat
science/société » (site de l’INRA).

| Biodiversité cultivée – 2013 2


Mon stage se déroule plus particulièrement au sein de l’unité de recherche du SAD-Paysage de l’INRA de
Rennes (cf figure n°1) qui dépend du département du SAD (Sciences pour l’Action et le Développement) ; cette
unité travaille à la fois sur la zootechnie, l’agronomie, l’écologie du paysage et des communautés et aussi sur la
génétique végétale et la sélection participative. Dans cette unité j’ai intégré l’équipe « Biodiversité Cultivée et
Recherche Participative » au sein du programme Pays Blé.

Figure 1 : Organigramme de L'unité de recherche SAD-Paysage (d’après [Link])

1.2. L’équipe Biodiversité Cultivée et Recherche Participative


Le pôle génétique végétale/sélection participative, où je suis, travaille sur les relations, interactions entre
l’agriculture et la biodiversité. L’équipe est formée par Véronique Chable (ingénieur de recherche), Estelle
Serpolay et Elise Blanchet (ingénieurs d’étude).
« Il paraît clair - mais il est bon de le rappeler - que la biologie moléculaire et les transgénoses ne permettront
pas de résoudre tous les problèmes : on ne pilote pas en effet des systèmes aussi complexes que les systèmes
agricoles en changeant quelques gènes. L'illusion du "tout chimique" se dissipe. Ne lui en substituons pas une
autre »(Meynard & Girardin,1991). Cette citation coïncide avec la volonté de l’équipe de trouver une
alternative aux méthodes de sélection actuelles, tout en essayant d’obtenir un cadre juridique pour l’utilisation,
la commercialisation et l’échange des semences paysannes. Les projets menés portent sur le développement de
la biodiversité cultivée avec comme caractéristique le fait que le travail est mené en recherche participative,
c'est-à-dire que les questions de recherche partent de besoins des paysans et chaque projet est mené avec la
participation des paysans (ou d’autres acteurs de la filière).

1.3. Le programme de recherche Pays Blé –SOLIBAM


1.3.1. Description
Le titre complet du projet est « Pays Blé, développement d’un réseau régional pour expérimenter, maintenir et
promouvoir la diversité des blés de terroir bretons an agriculture biologique ».
Pays Blé est un projet de recherche participative régional initié par l’INRA (au sein du SAD-paysage) et
l’association Triptolème, il fait parti de la continuité du projet Farm Seed Opportunities et rentre dans le cadre
du projet SOLIBAM. Il est financé par la région Bretagne via le plan d’action ASOSC (Action pour l’Appropriation
Sociales des Sciences), de nombreux autres partenaires prennent part au projet comme l’association Kaol Kozh,

| Biodiversité cultivée – 2013 3


l’IBB (Inter Bio Bretagne), la FRAB (Fédération Régionale des Agriculteurs de Bretagne) et l’université de
Rennes 1 (le laboratoire Ecobio) (Serpolay, 2012). Le financement ASOSC de Pays Blé se terminant en 2012 les
essais continuent de vivre grâce au programme SOLIBAM : SOLIBAM (Strategies for Organic and Low-imput
Integrated Bredding and Management) est un projet figurant dans le 7ème projet cadre (2007-2013) de la
communauté Européenne, le budget est de 7,7 milliards d’euros dont 5,9 sont financés par la commission
européenne. SOLIBAM est un vaste projet regroupant 22 organisations telles que des universités, des instituts
de recherche, des instituts techniques, des établissements semenciers… issus de 12 pays différents (site de
SOLIBAM). L’enjeu de SOLIBAM est de « nourrir le monde (quantité et qualité) en préservant la durabilité
environnementale et socio-économique » (diversification des systèmes de culture).

L’hypothèse générale du programme est la suivante : la diversité génétique est un atout fondamental
pour la résilience des cultures face à l’hétérogénéité des conditions environnementales des
différents paysans dans l’espace et dans le temps. Ce qui revient à dire que les variétés populations
(hétérogènes génétiquement et phénotypiquement) seraient plus résilientes (résistant au stress, adaptabilité
aux variations environnementales, réduction de la sévérité des maladies) que les variétés lignées pures
(Ceccarelli, 1994 ; Finckh, 2008). Le projet SOLIBAM est divisé en plusieurs Workpackages (axes de travail). Le
projet PaysBlé fait partie du Workpackage n°4 : « L’exploitation de la diversité dans la gestion des cultures ».
Les objectifs de ce workpackage sont de concevoir, développer et tester des systèmes de culture végétale
innovants basés sur un niveau élevé d’agro-biodiversité (diversification au sein et entre des cultures, des
itinéraires techniques et des milieux, couplé avec l’utilisation et le développement de la diversité génétique).

Pays Blé s’articule autour du blé tendre puisque ce projet est né des questions de paysans boulangers qui
souhaitent trouver des solutions pour cultiver du blé en agriculture biologique et dans leurs conditions de
terroir. Ces paysans ont commencé en 2004 à se procurer des variétés anciennes de blé dans le but de trouver
des variétés adaptées à leur type de production : agriculture biologique avec fabrication artisanale de pain au
levain. Pays Blé va donc pouvoir évaluer si ces blés peuvent correspondre aux attentes des paysans. Le travail
se base sur l’évaluation de trois variétés de type génétique différents, on regarde l’aspect agronomique,
environnemental mais aussi la transformation : c’est une expérimentation du grain au pain (Serpolay, 2012).

Voici les trois hypothèses établies lors de la création du projet :


• « Les variétés cultivées dans des endroits contrastés se comportent différemment selon leur niveau de
diversité génétique et les caractéristiques de l’environnement » ;
• « L’augmentation de la diversité génétique augmenterait les capacités à tamponner le milieu (dans
l’espace et dans le temps) » ;
• « Les variétés sélectionnées pour l’agriculture conventionnelle ne sont peut être pas les mieux adaptées
pour l’agriculture paysanne ».

1.3.2. Objectifs
Les objectifs de Pays Blé sont multiples (Serpolay, 2012) :
• Définir quels sont les critères agronomiques à prendre en comptes pour caractériser les
environnements au sens large (sol, itinéraire technique…),

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• Réussir à travailler ensemble (paysans et chercheurs),
• Partager, comprendre, respecter les points de vu de chacun,
• Mettre au point de pratiques culturales spécifiques (boulangerie artisanale),
• Rapprocher des acteurs scientifiques et des acteurs socio-économique,
• Explorer la flexibilité de différentes variétés à travers des environnements contrastés,
• Essayer de relier les comportements spécifiques des variétés à des caractéristiques des
environnements,
• Evaluer, sélectionner des blés de Redon,
• Tester l’impact des pratiques culturales sur la qualité du pain.
Encadré 1 : La collection des blés de Redon

C’est dans les années 1970 qu’un chercheur de l’INRA collecte dans les champs aux alentours de Redon (sud de l’Ille-et-Vilaine) plus de
300 blés paysans qui ont été récoltés dans le but de trouver des gènes de résistances, tous ces blés furent stockés dans des banques de graines par la suite.
Ces graines ayant été conservées en réfrigérateur. Elles ont perdu une partie de leur diversité car seuls des échantillons on été conservé (goulot
d’étranglement). Ces variétés ont été sorties des banques vers les années 2000.

Les objectifs de SOLIBAM sont plus larges, vu l’envergure du programme :


• Répondre à la diversité des besoins des acteurs en favorisant la diversité génétique des cultures,
• Stimuler la diversité intra-variétale,
• « Développer des approches agricoles intégrés aux nouvelles pratiques de gestion pour améliorer la
performance, la qualité, la durabilité et la stabilité des systèmes de culture bio et à faible intrant en
Europe et Afrique sub-saharienne. ».

1.3.3. Partenaires
Triptolème :
C’est une association née de la réunion de paysans qui souhaitaient maintenir une biodiversité dans leur
champs tout en maintenant les savoirs faire liés à la semence, le but final étant la transformation de leur
produit pour une vente locale. Elle est situé en Bretagne mais son champ d’action s’étend jusqu’aux Pays de le
Loire et la Basse-Normandie. L’association a su se lier avec différents organismes (institut de recherche,
artisans, consommateurs…) pour se réunir autour d’une agriculture riche de sens. Les membres de l’association
entreprennent de nombreuses actions telles qu’expérimentations au champ, recherche ou encore
accompagnements de paysans dans une démarche globale liant projet de vie, écologie et solidarité.
Triptolème a un rôle d’animation dans le projet c'est-à-dire qu’elle doit diffuser et transmettre les informations,
et établir un réseau entre les paysans.

Les agriculteurs :
Membres de Triptolème, ils sont en parties à l’origine du projet et ont un rôle d’accueil et de multiplication des
populations dans leur champs. Ils participent à la conception du protocole expérimental (en concertation avec
les chercheurs) et à la mise en place de l’expérimentation.

L’équipe de recherche :
C’est l’équipe de Véronique Chable, sont rôle est de concevoir le protocole expérimental en concertation avec
les paysans, mettre en œuvre l’expérimentation, recueillir et analyser les données et de publier les résultats.

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Réseau Semences Paysannes :
Créé en 2003, le Réseau Semences Paysannes (site du RSP) promeut la biodiversité cultivée et le droit des
paysans à produire leurs propres semences. Le but est d’organiser collectivement les acteurs qui produisent ou
permettent la vie des semences paysannes. C’est aujourd’hui un réseau constitué d’une soixantaine
d’organisations très variées telles que des syndicats paysans, des organisations environnementales ou encore
des artisans semenciers, etc. Il travaille sur l’ensemble des espèces cultivées mais le blé occupe une place
importante. Le RSP lutte pour une « reconnaissance juridique des droits des paysans de sélectionner,
reproduire, échanger et vendre leur semence ». Le RSP n’est pas un partenaire officiel du programme, mais il
nourrie les projets de l’équipe, et l’équipe nourris les leurs en alimentant chacun les réflexions.

2. Synthèse bibliographique
2.1. Le blé tendre
2.1.1. Contexte économique
Le blé est une des céréales les plus consommées au monde tant pour l’alimentation humaine que pour
l’alimentation animale. Ici nous nous intéressons plus particulièrement au blé tendre, espèce panifiable
(contrairement au blé dur utilisé pour faire des pâtes ou de la semoule) d’où l'intérêt que nous lui portons dans
le cadre de SOLIBAM et de la démarche des paysans boulangers.

Figure 2 : Situation de la production de blé dans le monde

Le blé (toutes espèces confondues) représente 704 080 283 tonnes produites en 2011 dans le monde (voir
figure n°2), ce qui lui donne la place de la 4ème production agricole mondiale après la canne à sucre, le maïs et
le riz. En France il a été produit 38 037 000 tonnes de blé en 2011 (figure n°3), c’est la première production
agricole nationnale (au niveau de la quantité). La France est le 5ème producteur de blé au monde (en 2011)(site
faostat). Le blé tendre représente 95% de la production mondiale de blé. (Peng et al., 2011)

En 2010, la production de blé tendre a atteint 36,7 millions de tonnes en France (site de La France Agricole). La
FAO prévoit, pour la récolte 2013, une production record de blé, ce qui lui donnerait la place de la 2ème céréale
la plus produite au monde.

| Biodiversité cultivée – 2013 6


Figure 3 : Situation de la production de blé en France

2.1.2. Utilisation
Le blé tendre a trois principaux débouchés :
• L’alimentation animale,
• L’alimentation humaine (panification et biscuiterie),
• La fabrication de carburant (bioéthanol).
Le blé est orienté suivant ses qualités technologiques (teneur et nature des protéines qu’il contient).

Figure 4 : Consommation de la farine sur le marché français (source : fiche statistique 2011 de la meunerie française)

Pour l’alimentation humaine, le grain de blé est moulu en farine. En 2010, 5,58 millions tonnes de blé on été
moulus pour produire 4,37 millions de tonnes de farine. Ce qui correspond a un chiffre d’affaire de 1,88
milliards d’euros (site de La Meunerie Française). On constate une augmentation de 7,7% de la production de
farine biologique en 2011. Comme nous pouvons le voir sur la figure n°5, une fois le blé transformé en farine il
a plusieurs débouchés possibles : la panification représente 64,4%, l’industrialisation pour 28,3%, alimentation
animale et amidonnerie (part infime) et la mise en sachet pour la vente aux particuliers.

2.1.3. Taxonomie
Table 1 : Taxonomie du blé tendre
Ordre Poales
Famille Poacées
Espèce Triticum aestivum L.
Sous-espèce Ssp. aestivum
Nom commun Blé tendre ou froment

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Le blé tendre, Triticum aestivum spp aestivum (table n°1) fait parti de la famille des Poacées (communément
appelé les graminées) qui appartient à la catégorie des angiospermes monocotylédones (Bonjean & Picard,
1990). Les Poacées constituent une grande famille végétale dont un grand nombre d’espèce a été domestiqué
(riz, maïs, avoine, l’orge par exemples)(Charles, 2010), ils comprennent 600 genres et 10 000 espèces
connues.

2.1.4. Origine, structure génétique et phylogénie


La domestication des blés aurait eu lieu aux alentours de 8900 à 7000 ans avant JC. Les premières formes
domestiquées sont l’engrain (T. monoccocum avec 2n=2X=14) et l’amidonnier (T. turgidum ssp dicoccum
avec 2n=4x=28 génome AABB) issu d’une hybridation et d’un doublement chromosomique des espèces T.
Urartu (génome AA) et Aegilops (génome BB). Cette domestication a probablement eu lieu dans le croissant
fertile et même plus précisément au niveau des actuels Turquie, Syrie jusqu’à l’Iran. Ces espèces sont ensuite
répandues en Asie, en Europe et en Afrique. Il semble que les blés aient atteint l’Europe de l’ouest et l’Europe
central autour de 5000 ans avant JC. Lors de ces migrations l’amidonnier rencontre, aux abords de l’Arménie,
l’espèce sauvage Aegilops tauschii (génome DD avec 2n=2X=14) ; s’ensuit alors une hybridation spontanée des
deux espèces puis un doublement chromosomique. C’est alors qu’est apparu le blé tendre T. aestivum ssp
aestivum (génome AABBDD avec 2n=6X=42)(Bonjean, 2001 ; Charles, 2010).
Pour résumer, le blé tendre est une espèce allohexaploïde issue d’une hybridation spontanée entre un blé
tétraploïde cultivé et un blé diploïde sauvage (voir figure n°5). BLE DUR
T. turgidum ssp durum
T. urartu
Sélection AABB (2n=28)
AA (2n=14) Espèce cultivée
AMIDONNIER AMIDONNIER
T. turgidum ssp dicoccoïdes Domestication
T. turgidum ssp dicoccum
Allopolyploïdisation AABB (2n=28) AABB (2n=28)
Espèce sauvage Espèce cultivée BLE TENDRE
? T. aestivum ssp aestivum
Hybridation AABBDD (2n=42)
BB (2n=14)
Espèce cultivée

Aegilops tauschii
DD (2n=14)
Espèce sauvage
NOM COMMUN
Nom scientifique
GENOME
Figure 5 : Phylogénie du blé tendre
Sauvage / cultivé

Le blé et ses ancêtres sont donc partis du croissant fertile pour se répondre sur une grande partie du globe, son
parcours est estimé à un kilomètre par an ! Les différents chemins qu’ils ont pu prendre ont permis l’existence
de la grande diversité de forme et de couleurs présente chez les blés de nos jours (Demeulenaere et col.,
2008). La structure actuelle du blé est donc due à une évolution naturelle ainsi qu’à une sélection naturelle et
humaine ; en effet depuis le début les Hommes ont effectué une sélection sur les blés, ils ont tout d’abords
préféré les épis dont les grains restent attachés au rachis, car avec un rachis fragile il y avait une grande perte
à la récolte. Ils ont aussi sélectionné les plantes dont les grains étaient les plus gros. Une autre étape de la
sélection a été de rendre les grains nus, ce qui évite le décorticage et diminue l’espace nécessaire pour le
stockage des grains, pour cela les hommes ont alors isolé les mutants pourtant le gène ‘grain nu’. Il a fallut
20 000 ans de sélection naturelle et humaine pour aboutir au blé tendre (Demeulenaere, et col. 2008).

| Biodiversité cultivée – 2013 8


2.1.5. Caractéristiques de la plante
Le blé est une plante herbacée annuelle composé d’une chaume (la tige), de feuilles, d’un épi (qui porte les
fruits) et d’un système racinaire. La plante a une hauteur entre 40 et 80 cm en sélection industrielle mais elle
peut aller jusqu’à 160 cm pour les variétés de pays. Le blé est une graminée autogame dont la fleur est
cléistogame, il y a donc autofécondation mais il peut exister jusqu’à 2% de croisement naturel. Les
inflorescences sont des épis d’épillets.
Le grain est un fruit sec, appelé caryopse, il a une forme ovale d’environ six
millimètres. Une des extrémités du grain est terminée par une brosse (petits poils). Le
grain est constitué de trois parties (la structure est présentée sur la figure n°6) : les
enveloppes, l’amande et le germe. L’embryon (le germe) est entouré de l’albumen
(l’amande) qui est un tissu de réserve de la graine (partie contenant le gluten) ;
l’amende du grain est farineuse, fraible et blanche. On trouve la couche d’aleurone qui

Figure 6 : Structure d’un entoure l’albumen, c’est une partie très riche en protéines, autour de cette formation on
grain de blé,
trouve le tégument (testa) et le péricarpe, l’ensemble des deux forme le son du blé.
[Link]
Une des caractéristiques du grain de blé est la présence d’un sillon ventral.
L’épi est composé de 15 à 25 épillets (ensemble de trois ou quatre fleurs) disposés
en deux rangée opposés et alternes. A la base d’un épillet on trouve une glume de
part et d’autre (figure n°7). Chaque fleur est elle entourée de deux glumelles, une
coriace et une membraneuse. Concernant les organes reproducteurs la fleur contient
trois étamines et deux stigmates plumeux (site Museum Agropolis ; site du Gnis Figure 7 : Structure d’un
Pédagogie). épillet de blé
[Link]
2.1.6. Les variétés
Il est important de bien dissocier les termes qui suivent. (Il convient aussi de distinguer la variété de la
semence : la semence est ce qui est semé et la variété est la structure génotypique des semences.)

Selon le GNIS, une « variété est une population artificielle, à base génétique étroite –voire réduite à un
génotype- de manière à assurer l’homogénéité pour favoriser les pratiques culturales et permettre ainsi
d’obtenir un produit récolté homogène avec les performances maximales, de caractéristiques agronomiques
bien définies, reproductible selon un schéma fixé et déposé ».
Selon le Larousse : « Unité systématique plus petite que l'espèce, et dont les représentants possèdent un
caractère commun qui les différencient des individus des autres variétés de la même espèce, avec lesquels ils
sont cependant interféconds ».
Dans ce rapport la définition du Larousse sera préférée car plus vaste elle est moins contraignante. En effet
nous travaillons ici sur des variétés à base génétique large. Les définitions précédentes ne mettent pas tout le
monde d’accord, les traductions du mot anglais Landraces sont nombreuses et contradictoires (Anon, 2009).

Voici les différents types de variété qu’il peut exister, et les définitions que l’on en reteindra pour ce
rapport (Serpolay et al.,2011 ; site du GEVES) :
• Variété moderne : Variété issue d’un programme de sélection industriel, c’est une lignée homogène.
• Variété synthétique : Variété issue de l’intercroisement de plusieurs parents.
• Variété hybride : Variété issue de deux parents qui sont des lignées pures.

| Biodiversité cultivée – 2013 9


(Ces deux derniers types de variété sont utilisés surtout pour des espèces allogames.)
• Variété ancienne : Variété autrefois inscrite au catalogue ou ayant été utilisé pour la sélection, la
population est relativement homogène (le blé a gardé les mêmes caractéristiques depuis qu’il a été
décris, on peut aussi parler de blé de conservation)
• Variété paysanne : Variété développée et gérée à la ferme par le paysan, la population est
hétérogène à l’exception de ses caractères communs.
• Variété de pays : variété liée avec un terroir, potentiellement hétérogène.
• Variété-populations : « formées par la reproduction en pollinisation libre, avec ou sans sélection,
d’une population naturelle ou artificielle. Pour les plantes à multiplication végétative, les boutures sont
prélevées sur un nombre important de parents, contrairement aux clones tous issus d’un seul parent »
(Kastler & Collin,2009.
• Population dynamique : type variétal composé d’un mélange de variété population. Ce mélange sera
ressemé chaque année, lui permettant ainsi d’évoluer : les plantes les plus adaptées feront plus de
grains et donc leurs descendants seront présents en plus grand nombre dans la récolte donc dans ce
qui est semé l’année qui suit. C’est de la sélection naturelle. Pour avoir une récolte de qualité la
composition du mélange initial est très importante (Mercier & Pireyre, 2011).

‘Variété-population’ utilisé dans ce rapport fait référence à la fois à variété paysanne et à variété de pays.

2.2. Les variétés paysannes


2.2.1. Un peu d’histoire
Depuis la domestication du blé, (il y a environ 10 000ans), les pratiques des paysans ont crée une grande
diversité dans les blés (précocité, taille, goût, sensibilité à la verse…) (Bioveg, 2010). En effet, jusqu’à
l’industrialisation les paysans pratiquaient eux-mêmes la sélection de leur blé sur les bases de la sélection
massale, mais depuis de XXème siècle la production de semence a été séparée de la production ce qui a
permis la création et l’innovation variétale moderne (Bonneuil & Thomas, 2012) ; il s’est alors créé un marché
de la semence avec l’apparition de grandes firmes semencières (ex : Vilmorin), c’est en parallèle que s’est créé
l’INRA qui participe aussi à la création variétale. La sélection végétale est alors en pleine essort et repose sur
l’intensification et le productivisme de l’agriculture (utilisation d’intrants chimiques). Cette révolution
semencière a abouti à des lois, dans le but de protéger l’acheteur, c’est-à-dire l’agriculteur ; pour qu’une
variété puisse être commercialisée elle doit être inscrite au catalogue officiel des espèces et des variétés
végétales. Le but du catalogue est de :
« - Faciliter les échanges en garantissant une marchandise homogène
- Protéger les agriculteurs : certitude sur la qualité des semences
- Orientation de l’organisation de la filière agricole et de la diffusion de certaines variétés par l’état. » (Kastler

& Collin,2009).

Pour cela la variété doit respecter les critères DHS (Distincte, Homogène et Stable). C'est-à-dire qu’elle doit
être différente et distinguable des variétés déjà inscrites et que ses caractéristiques puissent être reproduites à
l’identique d’une année à l’autre. Dans le cas des grandes cultures (et donc du blé), la variété est également
évaluée sur des critères de rendement, de résistance, d’adaptation aux conditions de culture et de
transformation dans le but de lui donner une VATE (Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale).

| Biodiversité cultivée – 2013 10


Cette valeur doit être au moins similaire, voir supérieure, aux variétés existantes pour pouvoir inscrire une
variété au catalogue (site du GEVES).
Pour commercialiser (vente, échange ou don) des semences de blé il faut qu’elles soient issues d’une variété
inscrite au catalogue. Les échanges de variétés non inscrites sont autorisés dans le cadre de sélection, de
recherche ou de conservation de variété. Les agriculteurs ont le droit de cultiver, de sélectionner et de
multiplier une variété non inscrite tant qu’ils n’en la commercialisent pas la semence Notons que le terme
commercialisation inclus ici l’échange et le don. Les agriculteurs peuvent cependant commercialiser les produits
de ces variétés (fruits, grains, produits transformés)(site du RSP).

Depuis quelques dizaines d’année de nombreux agriculteurs prennent conscience à la fois qu’ils ont perdu la
main sur la sélection (un des piliers de l’agriculture depuis toujours) mais aussi que le mode de sélection
industriel entraine une disparition des variétés de pays. Cette réflexion enfle et des associations, chercheurs,
amateurs se joignent aux paysans pour préserver les variétés encore existantes. Cela à mené à créer des
collections ex-situ dans les congélateurs de l’Etat mais aussi des collections in-situ, à la ferme, cette dernière
permet la conservation mais aussi l’évolution des variétés. En plus de la conservation, les paysans aimeraient
faire évoluer la propriété intellectuelle qui existe aujourd’hui sur le marché des semences.

La sélection actuelle (à base génétique étroite, dans des milieux standardisés, avec apport d’intrant lors des
tests des variétés) entraine une perte de la diversité génétique ainsi qu’une moins bonne adaptation des
variétés aux régions dont le potentiel est plus faible (Félix et al., 2006). Il découle de cette sélection que la
productivité des blés modernes ne s’exprime qu’avec l’accompagnement de produits phytosanitaires(Meynard
& Jeuffroy,2003). Or certains modes d’agriculture comme l’agriculture biologique ne peuvent pas utiliser
d’intrants, de plus tous les agriculteurs ne possèdent pas des terres dont le potentiel agricole est élevé, c’est
pourquoi il faut adapter les outils de productions (les semences en font parties) aux différents modèles de
production qui existent. C’est ce que montre l’étude de Dominique Desclaux (Desclaux et col., 2009) : il faut
valoriser la diversité variétale pour permettre aux plantes de s’adapter à tout milieu « climat-sol ». Pour que
cela soit possible il faut aller vers une évolution de la réglementation. La sélection végétale va devoir aller vers
une adaptation des variétés aux demandes locales plutôt que de chercher une amélioration des performances
en général, de plus les sélectionneurs vont devoir penser à diversifier les milieux de sélection(Meynard &
Jeuffroy,2003).

2.2.2. Critère de sélection


De nos jours, les principaux critères de sélection du blé tendre sont : la régularité de production, le potentiel de
rendement et la qualité du grain (aptitude à la panification -industrielle-). Par exemple pour assurer la
régularité du rendement, les sélectionneurs ont réussit à introduire un gène de résistance au piétin-verse dans
le génome du blé (par croisement avec une espèce voisine du blé) (site du Gnis). Pour limiter la verse
mécanique un gène de nanisme à été inséré lui aussi. Concernant le potentiel de rendement le but de la
sélection est d’augmenter le tallage, le nombre d’épis par épillet, le nombre de grain par épillet et le PMG. Ces
efforts de sélection ont mené à une augmentation du rendement de 1,25q/ha/an depuis 1955. On cherche aussi
à améliorer la qualité boulangère du grain, entre autre, on veut augmenter la force boulangère (W) et la teneur
en protéine, dans le but d’adapter la farine à un mode de transformation industriel.

| Biodiversité cultivée – 2013 11


Les attentes de certains agriculteurs sur la sélection sont bien différentes. Tout d’abord chaque paysan a ses
propres critères de sélection : un voudra des pailles hautes qui serviront à l’élevage, un autre voudra une
résistance à telle maladie, l’autre voudra un rendement élevé, le paysan-boulanger veut une farine adaptée à
une panification traditionnelle… Les critères des paysans sont donc bien différents de ceux utilisé par les
sélectionneurs, d’où leur choix de s’orienter vers les semences paysannes et d’effectuer eux-mêmes une
certaines sélection, ou bien de laisser évoluer naturellement leur population.

2.2.3. Définitions
Avant de parler de semences paysannes ont peut d’abord définir la notion de paysan dont le sens a évolué
récemment :
« Les paysans sont les agriculteurs qui habitent, entretiennent, cultivent et nourrissent un territoire. Le
terme de paysan est volontairement revendiqué dans sa fonction complète multidimensionnelle, et
renvoie aux occupants d’un pays, sculpteurs de paysages, et mémoire des savoir-faire. A l’inverse, le
terme d’exploitant agricole renvoie à la réduction, voire à la mutilation du métier dans une logique
productiviste et marchande. » (Ali Brac de la Perrière et col., 2011)
Cette définition correspond bien à l’utilisation du terme de paysan qui sera utilisé dans ce rapport. Il ne s’agit
pas d’un retour à une agriculture de l’ancien temps mais c’est une opposition au terme d’exploitant agricole
créé lors de la modernisation de l’agriculture. Cependant l’agriculture paysanne ne peut pas se définir comme
une opposition au modèle productivisme de l’agriculture (Demeulenaere & Bonneuil, 2010).

Les semences paysannes sont au centre de deux préoccupations : la biodiversité cultivée et les droits des
agriculteurs (Demeulenaere & Bonneuil, 2010).
Les semences paysannes sont des semences produites à la ferme par et pour les paysans, contrairement
aux semences industrielles, leur matériel génétique est diversifié et évolutif. (site du RSP) « Donc une
semence paysanne est nécessairement reproductible et issue d'une variété population non inscriptible au
catalogue actuel » (Guy Kastler, communication personnelle). Il faut bien distinguer les semences paysannes et
les semences de fermes qui elles sont des semences certifiées qui ont été reproduites à la ferme (avec
paiement de royalties à l’obtenteur).

Les semences paysannes ne sont pas reconnues par la loi ; comme le dit Guy Kastler il faudrait trouver une
solution soit pour inscrire des populations non homogènes et non stables (avec une possibilité d’évolution) soit
trouver un autre cadre juridique moins restrictif pour les semences paysannes.

2.2.4. Intérêts
Les variétés de blés paysans par leur grande diversité proposent de nombreux avantages (d’après leurs
utilisateurs) comme par exemple : une production adaptée à un mode de culture biologique sans intrants, une
production adaptée à des sols moins riches, des caractéristiques favorables à une panification artisanale au
levain, de bonnes qualités organoleptiques, l’autonomie concernant les semences…
Le grand intérêt des variétés paysannes est le fait qu’elles soient évolutives, c'est-à-dire qu’elles ont la capacité
de s’adapter au cours du temps à un milieu donné, ce la permet à ses producteurs d’avoir une variété bien
adaptée à leur terre. Elles sont aussi reproductibles donc chaque paysan peut s’il le souhaite la cultivée et la
récolté d’année en année, de plus le fait qu’elle soit hétérogène génétiquement permet l’adaptation de la

| Biodiversité cultivée – 2013 12


variété au terroir de chaque ferme, c’est pourquoi il est intéressant que chaque paysan puisse lui-même
sélectionner ses plantes pour répondre à ses propres attentes.

Les variétés paysannes ou landraces auraient de nombreux avantages agronomiques comme une meilleure
résistance aux maladies ou encore une meilleure utilisation des nutriments du sol. Il en découle que ces
variétés seraient très intéressantes à incorporer dans les schémas de sélection. Un des avantages des blés de
pays serait leur grande diversité intra-variétale, la population a alors les capacités de s’adapter à son
environnement et de gérer une attaque de ravageur par exemple. Il semblerait aussi que les farines issues de
ces blés aient des qualités organoleptiques supérieures ; les glutens des variétés de pays seraient plus digestes
que les glutens des blés « industriels » (Newton et al., 2009).
Concernant l’absorption des nutriments du sol, il a été montré que les variétés de pays on un système
racinaire plus développé que les variétés naines modernes, ceci présente plusieurs avantages comme
l’exploration du sol pour utiliser l’eau en milieu sec ou encore l’utilisation des nutriments et minéraux ; en effet
il existe un lien entre le système racinaire et la capacité d’absorption de la plante. Donc les variétés paysannes
qui ont un système racinaire bien développé ont plus de capacité à absorber les nutriments du sol donc elles
peuvent plus facilement se développer dans un sol pauvre. On sait aussi que le degré de colonisation des
racines par des mycorhizes dépend du génotype de l’hôte et que certaines variétés de pays bénéficient d’une
meilleure symbiose mycorhizienne que les variétés modernes, or les mycorhizes permettent d’augmenter la
surface d’absorption de la plante. Un autre point concerne les bactéries fixatrices d’azote (telle que
Azospirillum), l’association de ces bactéries est particulièrement efficace chez les variétés de pays et les
ancêtres du blé. A propos de la fixation d’azote dans le grain, là encore les variétés de pays présente un
avantage : dans un environnement ou l’azote est limitant les variétés à paille hautes et avec un indice de
récolte faible on une meilleure capacité à absorber et a déplacer l’azote dans le grain (Newton et al., 2009).
Voici ce qui est dit au sujet des qualités organoleptiques du grain : bien que très peu d’études aient été
menées sur le sujet il apparaît que la sélection actuelle a entrainée une diminution de la qualité nutritive des
céréales cultivées : chez les blés modernes la teneur en minéraux à diminuée (fer, magnésium, manganèse,
cuivre, zinc et sélénium). Les variétés de pays et les variétés anciennes contiennent généralement plus de
phytonutriements et de micronutriments tels que des composés phénoliques, des caroténoïdes et des tocols.
Cette différence avec les variétés modernes pourrait être expliquée par un gène qui remobiliserait les éléments
nutritifs des feuilles en sénescence pour les conduire dans les grains en formation ; ce gène issu de
l’amidonnier sauvage ou de l’amidonnier domestique pourrait être présent dans certains blés de pays (Newton
et al., 2009).

2.3. La recherche participative


2.3.1. Définition
Voici deux définitions qui permettent de comprendre ce qu’est la recherche participative en général :
• « La recherche participative peut être définie comme une recherche conduite suivant un partenariat
entre un partenaire académique (laboratoire, chercheur) et un partenaire de la société civile
(association, ONG, groupe d’habitant, etc.). » (Ali Brac de la Perrière, et col. 2011)
• « Types de recherche menés pour, par et avec les citoyens »(Ali Brac de la Perrière, et col. 2011)

| Biodiversité cultivée – 2013 13


On ne peut pas décrire la recherche participative en une définition stricte, en effet les pratiques dans ce
domaines sont très diversifiées, il n’y a pas de modèle à suivre. Cette recherche répond à des questions posées
par les acteurs. C’est aussi une façon de procéder innovante dans le monde de la recherche.

Dans le cas de l’agriculture les citoyens sont représentés par les paysans par exemple. Le but étant que les
résultats aient un intérêt scientifique mais aussi un intérêt pour les acteurs. Ce n’est pas des études menées
par les chercheurs dont les acteurs peuvent se servir, c’est véritablement des études menés pour les acteurs et
avec eux. On entend beaucoup parler de sélection participative, il s’agit de la démarche participative appliquée
à la sélection végétale. Dans le cas de la sélection participative, on considère la plante dans sa globalité et dans
son environnement, contrairement à la sélection classique qui se focalise sur les gènes. L’intérêt de cette
approche est de rendre la science au service des paysans et de concrétiser les projets qu’ils ont ; la science leur
donne les moyens et les méthodes, et elle créer ensuite du savoir et des références sur lesquels ils peuvent
s’appuyer.
Table 2 : Les différents degrés de participation, (Anon, 2009)
Type de participation Teneur de la participation

1- Participation passive Les gens participent dans le sens où on leur dit ce qui va arriver ou est déjà arrivé. Cela implique
que l’administration ou les gestionnaires du projet annoncent les choses unilatéralement, sans
écouter la réponse des gens. L’information à partager appartient à des professionnels externes.
2- Participation en Les gens participent en répondant à des questions posées par des chercheurs et des
fournissant de gestionnaires de projet par le biais d’enquêtes ou d’approches similaires. Ils n’ont pas l’occasion
l’information d’influer sur cette recherche puisqu’ils ne peuvent pas vérifier l’exactitude des résultats ou ne
sont pas impliqués dans la conception de projet.
3- Participation par Les gens participent en étant consultés, des agents externes écoutant leurs points de vue. Ces
consultation agents externes définissent à la fois les problèmes à traiter et les solutions à y apporter et
peuvent modifier celles-ci au vu des réponses des gens. Un tel processus consultatif ne ménage
aucune place dans la prise de décision et les professionnels n’ont aucune obligation de tenir
compte des avis que les gens ont exprimés.
4- Participation par des Les gens participent ne fournissant des ressources, par exemple du travail, en échange de
intéressements nourriture, d’argent ou d’autres intéressements matériels. Beaucoup de recherche in-situ et de
matériels bioprospection relève de cette catégorie, les ruraux fournissant leur champs mais n’étant pas
impliqués dans l’expérimentation ou dans l’apprentissage. C’est ce que l’on appelle couramment
participation, mais les gens n’ont aucun intérêt à continuer ces activités quand les incitations
cessent.
5- Participation Les gens participent en formant des groupes pour répondre à certains objectifs, définis à
fonctionnelle l’avance, d’un projet, ce qui peut impliquer qu’ils développent une organisation sociale initiée de
façon externe. Une telle implication ne se situe pas en général dans les premières étapes des
projets, mais plutôt après que les décisions les plus importantes ont été prises. Ces groupes ont
tendance à dépendre d’initiateurs ou des faciliteurs externes, mais peuvent devenir autonomes.
6- Participation Les gens participent à une analyse en commun des situations, ce qui amène à des plans d’action
interactive et à la formation de nouveaux groupes locaux ou en renforcement de ceux qui existent. Cela
implique généralement des méthodologies interdisciplinaires qui ont recours à des processus
d’apprentissages structurés.
7- Auto-mobilisation Les gens participent en prenant des initiatives pour changer les systèmes indépendamment
d’institutions externes. Ces mobilisations auto-initiées et ces actions collectives sont susceptibles
ou non de remettre en cause la répartition inéquitable des richesses et du pouvoir.

Ce tableau (table n°2)est la référence Européenne, c’est la typologie qui caractérise un projet de participation
dans le cadre de financement Européen (Anon, 2009). Concernant les essais Pays Blé – SOLIBAM il s’agit d’une
participation interactive, voir d’auto-mobilisation.

| Biodiversité cultivée – 2013 14


2.3.2. Dans le monde
On peut constater que le nombre de publications concernant la recherche participative et plutôt restreint, il est
donc difficile de dénombrer ou de décrire ce qu’il se fait de nos jours dans ce sujet. Néanmoins on sait que la
recherche participative est surtout présente dans les pays du Sud en développement. Ces démarches sont
misent en place pour intensifier l’agriculture tout en laissant les paysans locaux libres dans leurs pratiques. Des
instituts comme le CIRAD ou Agropolis international mettent en place des démarches participatives dans des
pays en développement, par exemple au Ghana des itinéraires techniques sont proposés aux pays, ils les
mettent en place et ont le droit de donner leur avis. (site d’Agropolis)

Depuis une vingtaine d’année on constate plusieurs démarches de sélection participative dans le monde comme
la sélection du maïs au Brésil, le riz au Népal, l’orge en Afrique ou au Moyen Orient… (Dossier de
l’environnement n°30 de l’INRA). En France des actions sont menées sur les céréales ou encore sur les cultures
maraichères par des organismes tels que l’INRA, les GAB ou des associations. On retrouve beaucoup de projets
concernant la sélection participative en alternative aux méthodes de sélection actuelle, sur des espèces telles
que le choux, le sarrasin, la tomate, le maïs, les haricots…

2.3.3. Intérêts-limites
Un grand intérêt de la recherche participative telle qu’elle est menée dans le programme Pays Blé – SOLIBAM
est qu’elle répond à de vrais questionnements des paysans (ce sont les acteurs, les utilisateurs qui sont à
l’origine de la recherche), elle permet donc de trouver des réponses concrètes, utiles à la société. La démarche
participative permet de créer un véritable lien entre les différents partis, il n’y a pas de relation hiérarchique.
Elle permet aussi de ré-impliquer les citoyens dans la recherche, et développe l’importance de travailler à partir
de question des citoyens et d’y répondre avec eux et de diffuser les savoirs dans les deux sens (pas seulement
du chercheur au praticien).
Un apriori sur la recherche participative est qu’elle peut manquer de rigueur scientifique, mais ce n’est pas le
cas. Une étude menée en partenariat avec les agriculteurs découle à des articles scientifiques publiés dans des
revues « peer reviewed ». Néanmoins il est vrai que ce mode de recherche ne peut pas être mené comme de la
recherche fondamentale, puisqu’on prend en compte la complexité dans son ensemble plutôt que de la
découper, par conséquent il manque des outils d’analyses assez puissants pour le moment.

3. Présentation du stage
Mon stage se déroule lors de l’expérimentation 2013 du programme Pays Blé – SOLIBAM. Mon rôle au sein de
l’équipe de l’INRA est de participer à la récolte des données, nous devons nous rendre chez les paysans pour y
recueillir, à chaque stade décrit par le protocole, les différents paramètres. En plus de cela je vais devoir
participer à l’informatisation des données des trois années de l’expérimentation.
Ensuite il m’est confié l’analyse de plusieurs paramètres concernant la culture de blé : les hauteurs et les
biomasses à la fois au stade deux nœuds et au stade maturité dans le but de comparer les trois variétés. Pour
cela seront à ma disposition les données des trois années d’expérimentation et un logiciel de statistique
descriptive et analytique (le logiciel R). Le choix de l’analyse de ces paramètres a été réalisé avec l’équipe, en
effet je souhaitais travailler sur des données que je récoltais, la tâche de caractérisation des environnements
étant confiée à un autre stagiaire nous nous sommes mis d’accord sur l’étude des biomasses et des hauteurs du
blé pour ma part. En effet, ces deux mesures sont liées et ce sont des paramètres importants pour la

| Biodiversité cultivée – 2013 15


concurrence aux adventices : plus un blé sera grand, plus il aura la capacité d’étouffer les mauvaises herbes, et
plus cette hauteur se développe tôt plus vite le blé aura un avantage sur les mauvaises herbes. Ces paramètres
ont aussi une importance pour les paysans qui ont une activité d’élevage en plus de la culture de blé : la
production de paille dépend de la hauteur du blé, plus le blé est haut plus la quantité de paille produite à
l’hectare est importante. La problématique de mon stage est donc multiple, le but est à la fois de comparer les
variétés entre elles mais aussi d’établir si les prélèvements de ces données sont justifiés. En effet un des
objectifs de Pays Blé est de mettre en place un protocole ; grâce à l’analyse des données on va pouvoir valider,
ou non, le protocole en comparant des valeurs dont on sait qu’elles seront différentes (hauteurs des blés à
maturité). Si les valeurs sont concluantes on conserve ce protocole si au contraire il ne découle pas de
différences on peut supprimer ce paramètres à prélever.

4. Matériel et méthodes
4.1. Le réseau expérimental :
La méthode est basée sur le fait que les essais Pays Blé sont menés directement dans les fermes, chez les
paysans, et dans leurs propres conditions de cultures. Il s’agit de paysans volontaires de l’association
Triptolème qui mettent à disposition une partie de leur terre pour la mise en place des expérimentations. Pour
l’essai de 2013, nous travaillons avec six paysans répartis dans un rayon d’environ 150km autour de Rennes,
répartis sur cinq départements Bretons et limitrophes. Les différents essais seront nommés par les initiales de
l’agriculteur suivi de l’année (présentation des participants dans la table n°3).
Table 3 : Agriculteurs participants à l'essai

Paysans Département Commune 2011 2012 2013


JB Morbihan Molac X X
JPC Ille-et-Vilaine Bain de Bretagne X
VC Loire-Atlantique Fay de Bretagne X
DH Sarthe Douillet le Joly X X X
FM Maine-et-Loire Bouchemaine X X X
GS Ille-et-Vilaine Chavagne X X X
NS Ille-et-Vilaine Maure de Bretagne X X
PT Morbihan St Dolay X X X

4.2. Matériel végétal


Comme il a déjà été dis précédemment on utilise trois variétés de blé tendre de types génétiques différents
pour cet essai dont voici les caractéristiques :
une variété moderne « Renan », de type lignée pure : c’est une variété sélectionnée par l’INRA
inscrite au catalogue depuis 1989. Il s’agit du blé le plus répandu en agriculture biologique. C’est le
témoin dans le cadre de Pays Blé.
Caractéristiques : paille courte, PMG=6 (assez gros), tardif (montaison), demi-tardif (épiaison), PS=7 (élevé),
barbu, assez résistant à la verse (site ARVALIS)
une variété population du pays de Redon « Sixt sur Aff 15746 » : c’est un exemple de population
locale pour l’expérimentation. On la note Sixt/Aff pour la suite de ce rapport.
Caractéristiques : barbu, tardif, hauteur moyenne, bonne tolérance à la verse, PS=moyen à élevé, PMG=élevé
(Mercier & Pireyre, 2011)

| Biodiversité cultivée – 2013 16


un mélange de population, appelé « Population Dynamique* » : créée en 2008 par Florent Mercier,
elle est constituée de 11 variétés populations, ce mélange est ressemé tout les ans. La composition
initiale du mélange est : Gua 16%, Rojo de Sabando 15%, Marat Barbu, Sixt sur Aff 15746 et 346
12%, Oulianowska 10%, Gris de Saint Laud 7%, Blé de Pays du Gâtinais 6%, Alauda, Saint Priest,
Vernois Rouge 4%, Saissette de Provence 2%. Les variétés ont été choisit suivant les observations
réalisées les années précédentes ainsi que la disponibilité en semence. Il serait noté Dyn pour la suite
de ce rapport.
Caractéristiques : PS=78 (moyen), PMG=45 à 48 (moyen), peu sensible à la verse, plutôt précoce, hauteur
moyenne. Toutes ces données sont des moyennes mais on observe une grande diversité au sein de la
population.

4.3. Mise en place


Les parcelles d’essais sont misent en place chez les agriculteurs dans leurs conditions de culture habituelles,
l’essai est hébergé dans des parcelles de blé du paysan. La surface nécessaire est de 100m² minimum par
parcelle pour permettre la réalisation d’essais de panification avec la récolte. Une parcelle représente une
répétition pour une variété, il y a deux répétitions. Donc chaque essai comprend six parcelles : deux répétitions
des trois variétés (voir figure n°8). En 2013 il s’agit de la 3ème et dernière année d’expérimentation.

Figure 8 : Dispositif expérimental de l'essai

Un protocole de semis a été mis en place : d’abord Sixt/Aff puis la population dynamique et enfin Renan ; le but
est de limiter les mélanges de variétés par le semoir. Le fait de semer la population dynamique après Sixt/Aff
ne pose pas de problème car Sixt/Aff est présent dans la population dynamique, et si jamais il reste des graines
dans le semoir avant de semer Renan on pourra repérer les non-Renan lors de la croissance du blé (les blés
population étant beaucoup plus haut que le Renan).

4.4. Protocole expérimental


L’essai évalue à la fois les caractères environnementaux, agronomiques et les caractères de panification des
blés, ici nous nous consacrons seulement aux caractères agronomiques. Le travail est séparé en deux parties :
prises de données sur le terrain et analyse des données au laboratoire. Ce protocole est en cours de réalisation,
le projet Pays Blé a aussi pour but de mettre en place un protocole, c’est pourquoi beaucoup de données sont
récoltées ; l’idée est d’établir une liste de mesures essentielles lors de l’analyse finale du programme.
Il a été choisit de faire des relevés à la fois sur la culture de blé et sur son environnement. Lorsque l’on parle
d’environnement c’est au sens large car il comprend des données environnementales (texture du sol, climat…)
et aussi des données socioculturelles comme le devenir de la culture, les pratiques culturales. Des prélèvements
sont réalisés à différents stades de la culture : levée, tallage, stade deux nœuds, maturité et post-récolte.

| Biodiversité cultivée – 2013 17


Tout d’abord, la densité des plantes en sortie d’hiver à la levée est calculée, afin d’estimer la densité de semis
réalisé par les agriculteurs. Au stade tallage le but des relevés est d’avoir une idée de la compétition de la
plante avec les adventices, c’est pourquoi la couverture du blé, la couverture des adventices et l’identification
des adventices sont réalisés. C’est à ce moment qu’il y a un prélèvement de vers de terre qui va permettre
d’évaluer la vie du sol. Au stade deux nœuds le but est aussi d’évaluer la compétition du blé avec les
adventices, les mêmes relevés sont réalisés et la hauteur des plantes est mesurée. Le stade deux nœuds a été
choisit car c’est une étape intermédiaire dans la croissance du blé. Relever la hauteur à ce stade permet de voir
si le blé a une croissance lente et régulière ou s’il a grandit vite au début. Au stade deux nœuds la terre est
prélevée pour faire une analyse de sol, une analyse de l’activité biologique et une analyse de symbiose
mycorhizienne (des systèmes racinaires sont aussi prélevés). A maturité, la biomasse adventice et la biomasse
blé sont prélevées, en complément on évalue la couverture des mauvaises herbes et du blé. La hauteur des
plantes est également mesurée. Concernant la verse et l’état sanitaire général de la parcelle une note de 0 à 5
est attribuée. Au laboratoire des épis sont battus et caractérisés pour analyser les composantes du rendement.
En parallèle des données agronomiques une enquête aux paysans est menée pour déterminer le passé de la
parcelle. (cf Annexe n°1)
Nous allons maintenant nous focaliser sur deux de ces mesures : la biomasse et la hauteur, au stade deux
nœuds et au stade maturité.

4.4.1. Biomasse au stade deux nœuds


La biomasse aérienne du blé est prélevée dans trois cadres de 1/4m² par bande, puis on fait sécher cette
biomasse à l’étuve pendant 48h, une première pesée est effectuée puis une seconde à quelques heures
d’intervalle pour s’assurer que la masse n’a pas changée (matière bien sèche). Lorsque les échantillons sont
bien secs chaque échantillon est alors pesé.

4.4.2. Biomasse à maturité


A ce stade la biomasse est séparée en biomasse paille et biomasse grain.
Le protocole est le même, la biomasse aérienne du blé est prélevée dans 3 cadres de 1/4m² par bande. Chaque
échantillon est sécher à l’étuve selon le même protocole que précédemment et ils sont pesés, on obtient alors la
biomasse totale. Après battage des épis la biomasse grain est obtenue, puis la biomasse paille est calculée par
soustraction de la biomasse grain à la biomasse totale.

4.4.3. Hauteur du blé au stade 2 nœuds et à maturité


La hauteur de 20 plantes choisies au hasard est mesurée pour chaque parcelle (bien réparties sur l’ensemble de
la parcelle) à l’aide d’un mètre.

4.5. Méthode d’analyse


Pour analyser les résultats il sera effectué des tests statistiques, pour cela il est utilisé le logiciel de statistique
R. Dans un premier temps il sera réalisé une approche descriptive globale : le calcul des moyennes et des
écarts types seront réalisés et la distribution des données sera visualisée à l’aide de boîtes à moustaches.
Ensuite on utilisera le test statistique de l’ANOVA à un facteur. Pour cela il sera posé deux hypothèses :
• H 0 = il n’y a pas de différence significative entre les moyennes ;
• H 1 = il y a une différence significative entre les moyennes.

| Biodiversité cultivée – 2013 18


L’analyse de la variance, ou ANOVA à un facteur permet de comparer des moyennes, c'est une expansion du
test de comparaison de deux moyennes. C’est une méthode statistique qui analyse l’effet d’un facteur (variable
qualitative) sur la variable quantitative. (Cornillon et col., 2010) Dans ce rapport le principal facteur étudié est
la variété et la variable quantitative est soit la hauteur soit la biomasse des plantes.
Le test consiste à calculer la variance totale des échantillons, les variances inter-groupe et les variances intra-
groupe puis de les comparer. Si l’ANOVA est significative, au dessus d’une valeur critique (α=0,05), cela signifie
que au moins une des moyennes diffère des autres, mais le test ne permet pas de dire de laquelle il s’agit. Le
test équivaut à se poser la question : est-ce que les échantillons font partie de la même population
statistique ?
C’est le logiciel R qui va réaliser ces tests, Df Sum Sq Mean Sq F value Pr (>F) Code significatif
il présente les résultats de la manière suivante : Facteur

Df = degré de liberté des facteurs ;


Sum Sq = sommes des carrés des écarts (SCE) = SCE inter groupe + SCE intra groupe ;
Mean Sq = carré moyen (Sum Sq/ Df) ;
F value = valeur observée de la statistique de test = variance inter groupe/ variance intra groupe ;
Pr(>F) = probabilité critique = probabilité pour la statistique de test sous H 0 de dépasser la valeur estimée.

Pour établir si le test est significatif ou non, R nous propose un code :


***  très significatif (α tend vers 0) ;
*  significatif (α<0,05) ;
ø  pas du tout significatif.
La lecture du tableau permet donc directement de voir si le test est significatif ou non. Si F est significatif cela
correspond au fait que la variance inter-groupe est supérieure à la variance intra-groupe donc toutes les
moyennes ne sont pas égales ainsi H 0 est rejetée. Si F n’est pas significatif la variance inter groupe est égale à
la variance intra groupe il n’y a donc pas de différence entre les moyennes et H 0 est acceptée.

Il faut ensuite vérifier les conditions de validité du test, pour cela on analyse les résidus du test. Il faut alors
vérifer trois conditions :
• La normalité des valeurs, (pour utiliser la loi de Fisher pour les variances) ;
• L’homoscédasticité, ou l’égalité des variances des différents échantillons ;
• L’indépendance, les données doivent avoir été échantillonnés de façon indépendante.
Avec le logiciel R, on peut utiliser une série de graphiques (figure n°9)
qui permet d’analyser graphiquement les résidus. Le premier graphique
Residuals vs Fitted représente les résidus confrontés aux valeurs
ajustées, il permet de voir si les résidus sont organisés : leur moyenne
doit être proche de zéro et ils ne doivent pas avoir d’organisation
graphique particulière. Le graphique Normal Q-Q (graphique
quantile/quantile) permet d’établir la normalité des résidus, la
représentation graphique doit être très proche de la droite bissectrice.
Figure 9 : Graphiques obtenus sous R pour
l'analyse des résidus
| Biodiversité cultivée – 2013 19
Le graphique Scale-Location permet de voir l’homoscédasticité (si la variance des résidus est constante),
l’homoscédasticité est admise si le nuage de point n’est pas modifié morphologiquement. Le graphique
Cook’s distance analyse le poids de chaque point, il détermine si des individus abérrants ‘tirent’ la
variance ; si les valeurs ne sont pas supérieures à un on ne peut pas dire qu’il y ai de valeurs abérrantes.

5. Résultats
5.1. Hauteur au stade deux nœuds
5.1.1. Présentation des résultats généraux

Table 4 : Statistiques de bases des échantillons de hauteur


au stade deux nœuds
Hauteur au stade deux nœuds (en cm)
Minimum 18
1er quartile 38,38
Médiane 47
Moyenne 47,59
3ème quartile 55,35
Maximum 102,9

Figure 10 : Distribution des données de hauteur (cm) du blé


au stade deux nœuds

Sur un total de 1800 échantillons (qui semblent normaux), on remarque qu’ils sont répartis sur une amplitude
de 18 à 102 cm, avec une médiane et une moyenne presque identiques (respectivement 47cm et 47,59cm)(cf
table n°4 et figure n°10).

5.1.2. Etude du paramètre variété


Ici on s’intéresse plus particulièrement à l’effet variété sur la hauteur des plantes. Dans ce qui suit les résultats
prennent en compte la totalité des mesures, c'est-à-dire les hauteurs des plantes au stade deux nœuds pendant
les trois années d’expérimentation et chez tous les agriculteurs confondus.
« Dyn » pour la population dynamique, « Renan » pour la variété moderne et « Sixt » pour la variété population
Sixt sur Aff.

Table 5 : Description du paramètre hauteur des plantes au


stade deux nœuds en fonction de la variété

Variété Moyenne Ecart Min Max


(cm) type (cm) (cm)
Dyn 51,08 12,88 22 102,9
Renan 43,12 10,59 18 74,2
Sixt 48,56 11,88 22 79

Figure 11 : Boîte à moustaches de la hauteur (en cm) des


plantes au stade deux nœuds en fonction de la variété de blé
tendre.

La moyenne de la variété Renan (43,12 cm) est plus faible que la moyenne de la variété Sixt/Aff (48,56 cm) qui
est légèrement plus petite que la population dynamique (51,08 cm). Quand aux écarts-types il y a un gradient

| Biodiversité cultivée – 2013 20


qui suit la même tendance, l’écart type de Renan (10,59cm) est plus faible que celui de Sixt/Aff (11,88cm) qui
est plus faible que celui de la population dynamique (12,88cm)(cf tablen°5 et figure n°11).

Table 6 : Résultat de l'ANOVA pour les hauteurs au stade deux nœuds

Df Sum Sq Mean Sq F value Pr (>F) Code significatif


Degré de Somme des Carré moyen Valeur de la Probabilité
liberté carrés statistique critique
2 19915 9957,4 71,249 2,2e-16 ***

Le test statistique de l’ANOVA à un facteur aboutit à un résultat très significatif (table n°6) : le Pr est de 2,2e-16
donc on peut pour un risque de première espèce
α inférieur à 0,05 rejeter l’hypothèse H 0 (il n’y a pas de
différence significative entre les variétés) : au moins une des moyennes est significativement différente des
autres, il existe donc un effet très significatif de la variété sur la hauteur des plantes au stade deux nœuds.
Mais avant d'aller plus loin, il faut vérifier les conditions pré-requises à l'utilisation d'une ANOVA, c’est pourquoi
il faut vérifier l'indépendance des résidus, l’homoscedasticité ainsi que la normalité des résidus. Voila les
résultats obtenus :

Figure 12 : Résultats de l'analyse des résidus de l'ANOVA pour la hauteur de


plantes au stade deux nœuds

Sur les graphiques (figure n°12) on voit que : la distribution des


résidus semble normale, les résidus sont i.d.d (variables
indépendantes et identiquement distribués) et on remarque qu’il n’y a
pas de point réellement aberrants (maximum à 0,01), on peut alors
valider l’ANOVA réalisée auparavant.

5.1.3. Autres facteurs


a) Effet année
Figure 13: Boîte à moustache représentant la répartition des données de hauteur (en
cm) des plantes au stade deux nœuds en fonction de l'année d'expérimentation.

Les données sont représentées sur la figure n°13.


L’ANOVA qui teste l’effet année aboutit à un résultat très significatif : le Pr est
de 2,2e-16 donc on peut dire que pour un seuil inférieur à 0,05 au moins une
des moyennes est significativement différente des autres, il y a donc un effet
année sur la hauteur des plantes au stade deux nœuds.

b) Effet agriculteur
Figure 14 : Boîte à moustache représentant la répartition de la hauteur (en cm) des
plantes au stade deux nœuds en fonction de l'agriculteur.

Les données sont représentées sur la figure n°14.


Ici aussi l’ANOVA testant l’effet agriculteur aboutit à un résultat très
significatif : le Pr est de 2,2e-16 donc au moins une des moyennes est

| Biodiversité cultivée – 2013 21


significativement différente des autres, il y a donc un effet agriculteur sur la hauteur des plantes au stade deux
nœuds.
c) Effet répétition
Figure 15 : Boîte à moustache représentant la répartition de la hauteur (en cm) des
plantes au stade deux nœuds en fonction de la répétition.

Les données sont représentées sur la figure n°15.


Dans le cas de l’influence des répétitions l’ANOVA aboutit à un résultat non
significatif : le Pr est de 0,7453 donc on peut dire que pour un seuil de 0,05 il
n’y a pas de différence en les moyennes, il n’y a donc pas d’effet répétition sur
la hauteur des plantes au stade deux nœuds.

Pour l’ensemble de ces ANOVA les résidus ont été testés, ils sont tous normaux, i.d.d et sans valeurs
aberrantes.

Ces trois graphiques nous montre qu’il y a une grande variabilité des données, elles dépendent de l’année
d’expérimentation et de l’agriculteur ; mais il n’y a pas d’effet répétition sur la hauteur des plantes.

5.2. Biomasse au stade deux nœuds


5.2.1. Présentation des résultats généraux

Table 7 : Statistiques de base des échantillons de biomasse


blé au stade deux nœuds
Biomasse blé au stade deux nœuds (en gramme)
Minimum 1,85
1er quartile 25,65
Médiane 42,22
Moyenne 49,22
3ème quartile 63,17
Maximum 155,4

Figure 16 : Distribution des données de biomasse (en g) du


blé au stade deux nœuds

On voit que l’amplitude des 234 échantillons est grande : ils s’étalent de 1,85g à 155,4g. La médiane et la
moyenne sont proches (respectivement 42,22 et 49,22g)(cf table n°7 et figure n°16).

5.2.2. Etude du paramètre variété

Table 8 : Description de la biomasse blé au stade


deux nœuds en fonction de la variété
Variété Moyenne Ecart Min Max
(g) type (g) (g)
Dyn 58,07 34 4,81 144,9
Renan 40,71 28,72 1,85 119,8
Sixt 48,87 30,65 4,79 155,4

| Biodiversité cultivée – 2013 22


La tendance installée pour la hauteur semble être la même ici, Figure 17 : Boîte à moustaches de la la
biomasse blé (en g) au stade deux nœuds
moyenne et l’écart type de Renan (40,71g et 28,72g) sont plus
en fonction de la variété
faibles que ceux de Sixt/Aff (48,87g et 30,65g) qui sont plus petits
que ceux de la population dynamique (58,07g et 34g)(cf table n°8 et figure n°17).

Table 9 : Résultat de l'ANOVA pour les biomasses au stade deux nœuds


Df Sum Sq Mean Sq F value Pr (>F) Code significatif
Degré de Somme des Carré moyen Valeur de la Probabilité
liberté carrés statistique critique
2 11769 5884,4 6,0362 0,002784 **

Le test statistique de l’ANOVA à un facteur aboutit à un résultat très significatif (table n°9) : le Pr est de
0,002784 donc on peut, pour un seuil inférieur à 0,05%, rejeter l’hypothèse H 0 (il n’y a pas de différence
significative entre les variétés) : au moins une des moyennes est significativement différente des autres, il
existe donc un effet très significatif de la variété sur la production de
biomasse du blé au stade deux nœuds. Il faut maintenant vérifier les
conditions pré-requises à l'utilisation d'une ANOVA. Voila les résultats
obtenus :

Figure 18 : Résultats de l'analyse des résidus de l'ANOVA pour la


hauteur de plantes au stade maturité

Sur les graphiques (figure n°18) on voit que : la distribution des résidus
semble normale, les résidus sont i.d.d et on remarque qu’il n’y a pas de
point réellement aberrants (maximum à 0,05), on peut alors valider l’ANOVA.

5.2.3. Autres facteurs


a) Effet année
Figure 19 : Répartition des biomasses blé (en g) au stade deux nœuds en fonction de
l'année d'expérimentation

Les données sont représentées sur la figure n°19.


L’ANOVA testant l’effet année aboutit à un résultat très significatif : le Pr est de
2,2e-16 donc on peut dire que pour un seuil inférieur à 0,05 au moins une des
moyennes est significativement différente des autres, il y a donc un effet année
sur la production de biomasse du blé au stade deux nœuds.

b) Effet agriculteur
Figure 20 : Répartition de la biomasse blé (en g) au stade deux nœuds en fonction des
agriculteurs

Les données sont représentées sur la figure n°20.

| Biodiversité cultivée – 2013 23


L’ANOVA qui teste l’effet agriculteur aboutit à un résultat très significatif : le Pr est de 2,2e-16 donc on peut dire
que pour un seuil inférieur à 0,05 au moins une des moyennes est significativement différente des autres, il y a
donc un effet agriculteur sur la production de biomasse du blé au stade deux nœuds.

c) Effet cadre
Figure 21 : Répartition des biomasses de blé au stade deux nœuds en fonction du cadre
de mesure

Les données sont représentées sur la figure n°21.


Le Pr est de 2,2e-16 donc on peut dire que pour un seuil inférieur à 0,05 au
moins une des moyennes est significativement différente des autres, l’ANOVA
testant l’effet cadre est significative, il y a donc un effet cadre sur la production
de biomasse du blé au stade deux nœuds.

d) Effet répétition
Figure 22 : Répartition des biomasses blé au stade deux nœuds en fonction de la
répétition

Les données sont représentées sur la figure n°22.


Pour l’influence des répétitions, l’ANOVA aboutit à un résultat non significatif :
le Pr est de 0,1125 on peut donc dire que pour un seuil de 0,05 il n’y a pas de
différence en les moyennes, il n’y a donc pas d’effet répétition sur la
production de biomasse de blé au stade deux nœuds. Donc par rapport à la
répétition les échantillons font partie de la même population statistique.

Pour ces quatre ANOVA les résidus ont été testé et ils sont tous normaux, i.d.d et sans d’individus aberrants.
Ces quatre graphiques et l’analyse des ANOVA nous montre que pour la biomasse aérienne du blé au stade
deux nœuds il y a un effet année, un effet agriculteur et un effet cadre. De même que pour la hauteur il n’y a
pas d’effet répétition.

5.3. Hauteur au stade maturité


On s’intéresse ici à la hauteur finale des plantes, à maturité, la hauteur des barbes n’est pas prise en compte.

| Biodiversité cultivée – 2013 24


5.3.1. Présentation des résultats généraux

Table 10 : Statistiques de bases des échantillons de hauteur


au stade maturité :
Hauteur (en cm) des plantes à maturité
Minimum 23
er
1 quartile 75,4
Médiane 100
Moyenne 99,02
3ème quartile 122,22
maximum 183,2

Figure 23 : Distribution des données de hauteur (en cm) au


stade maturité

Les 1920 échantillons sont répartis sur une amplitude de 23 à 183,2 cm, avec une médiane et une moyenne
relativement identiques (respectivement 100 et 99,02) (cf table n°10 et figure n°23)

5.3.2. Etude du paramètre variété


Ici on s’intéresse à l’effet variété sur la hauteur des plantes.

Table 11 : Description du paramètre hauteur des


plantes au stade maturité en fonction de la variété
Variété Moyenne (en Ecart Min Max
cm) type (cm) (cm)
Dyn 117,04 25,74 36,4 183,2
Renan 69,95 15,82 23 108,5
Sixt 110,07 23,77 29 166,5

Figure 24 : Boîte à moustaches de la hauteur (en cm) des


plantes au stade maturité en fonction de la variété de blé
tendre.

La moyenne de la variété Renan (69,95 cm) est plus faible que la moyenne de la variété Sixt/Aff (110,07cm)
qui est légèrement plus petite que la population dynamique (117,04cm). Quand aux écarts type il y a un
gradient qui suit la même tendance, l’écart type de Renan (15,82cm) est plus faible que celui de Sixt/Aff
(23,77cm) qui est plus faible que celui de la population dynamique (25,74cm)(cf table n°11 et figure n°24).

Table 12 : Résultat de l'ANOVA qui test l'effet variété sur la hauteur des plantes à maturité
Df Sum Sq Mean Sq F value Pr (>F) Code significatif
Degré de Somme des Carré moyen Valeur de la Probabilité
liberté carrés statistique critique
2 826481 413241 838,94 2,2e-16 ***

Le test statistique de l’ANOVA à un facteur aboutit à un résultat très


significatif (table n°12) : le Pr est de 2,2e-16 donc on peut pour un seuil
inférieur à 0,05 rejeter l’hypothèse H 0 (il n’y a pas de différence
significative entre les variétés) : au moins une des moyennes est
significativement différente des autres, il existe donc un effet très

Figure 25 : Résultats de l'analyse des résidus de l'ANOVA pour la hauteur


à maturité | Biodiversité cultivée – 2013 25
significatif de la variété sur la hauteur des plantes au stade maturité. Voici les résultats obtenus pour l’analyse
des résidus de l’ANOVA :

Sur les graphiques (figure n°25) on voit que : la distribution des résidus semble normale, les résidus sont i.d.d
et on remarque qu’il n’y a pas de point réellement aberrants, on peut alors valider l’ANOVA.

5.3.3. Autres facteurs


a) Effet année
Figure 26 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de hauteur (en
cm) des plantes au stade maturité en fonction de l’année

Les données sont représentées sur la figure n°26.


L’ANOVA qui teste l’effet année aboutit à un résultat très significatif : le Pr est
de 1,004e-08 donc on peut dire que pour un seuil inférieur à 0,05 au moins une
des moyennes est significativement différente des autres, il y a donc un effet
année sur la hauteur des plantes au stade maturité.

b) Effet agriculteur
Figure 27 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de hauteur (en
cm) des plantes au stade maturité en fonction de l’agriculteur.

Les données sont représentées sur la figure n°27.


L’ANOVA qui teste l’effet agriculteur aboutit à un résultat très significatif : le Pr
est de 2,2e-16 donc on peut dire que pour un seuil inférieur à 0,05 au moins une
des moyennes est significativement différente des autres, il y a donc un effet
agriculteur sur la hauteur des plantes au stade maturité.
c) Effet répétition
Figure 28 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de hauteur (en
cm) des plantes au stade maturité en fonction de la répétition.

Les données sont représentées sur la figure n°28.


Dans le cas de l’influence des répétitions l’ANOVA aboutit à un résultat non
significatif : le Pr est de 0,6399 donc on peut dire que pour un seuil de 0,05 il
n’y a pas de différence en les moyennes, il n’y a donc pas d’effet répétition sur
la hauteur des plantes au stade maturité.

Pour l’ensemble de ces ANOVA les résidus ont été testés, ils sont tous normaux, i.d.d et sans valeurs
aberrantes.

| Biodiversité cultivée – 2013 26


Les graphiques nous montre qu’il y a une grande variabilité des données, elles dépendent de l’année
d’expérimentation et de l’agriculteur ; mais il n’y a pas d’effet répétition sur la hauteur finale des plantes.

5.4. Biomasse au stade maturité


5.4.1. Présentation des résultats généraux

Table 13 : Statistiques de base des échantillons de biomasse


blé au stade maturité
Biomasse blé au stade maturité (en gramme)
Minimum 0,5
1er quartile 80,52
Médiane 134,82
Moyenne 148,01
ème
3 quartile 202,88
Maximum 424,3

Figure 29 : Distribution des données de biomasses (en g) au


stade maturité

On voit que l’amplitude des 286 échantillons est très grande : ils s’étalent de 0,5g à 424,3g. La médiane et la
moyenne sont relativement proches (respectivement 134,82 et 148,01)(cf table n°13 et figure n°29).

5.4.2. Etude du paramètre variété

Table 14 : Description de la biomasse blé au stade


maturité en fonction de la variété
Variété Moyenne (g) Ecart type Min (g) Max (g)
Dyn 163,45 86,68 3,75 424,3
Renan 118,44 85,77 0,5 336,6
Sixt 162,45 95,49 3,89 412,2

Figure 30 : Boîte à moustaches de la biomasse (en


gramme) blé au stade maturité en fonction de la
variété de blé tendre.

Les moyennes des biomasses au stade maturité sont relativement semblables pour la variété Sixt/Aff (162,45g)
et la Population Dynamique (163,45g), celle de Renan est inférieur avec 118,44g. Les écarts de ces moyennes
sont respectivement : 95,49g (Sixt), 86,68g (Dyn) et 85,77g (Renan)(cf table n°14 et figure n°30).

Table 15 : Résultat de l'ANOVA pour l'analyse de l'effet variété sur la biomasse à maturité
Df Sum Sq Mean Sq F value Pr (>F) Code significatif
Degré de Somme des Carré moyen Valeur de la Probabilité
liberté carrés statistique critique
2 126429 63215 7,9135 0,0004528 ***

Le test statistique de l’ANOVA à un facteur aboutit à un résultat très significatif (table n°15) : le Pr est de
0,0004528 donc on peut, pour un seuil inférieur à 0,05%, rejeter l’hypothèse H 0 (il n’y a pas de différence
significative entre les variétés) : au moins une des moyennes est significativement différente des autres, il
existe donc un effet très significatif de la variété sur la production de biomasse du blé au stade maturité.

| Biodiversité cultivée – 2013 27


Figure 31 : Résultat de l'analyse des résidus pour l'ANOVA testant l'effet variété
sur la biomasse à maturité

Sur les graphiques (figure n°31) on voit que : la distribution des


résidus semble normale, les résidus sont i.d.d et on remarque qu’il n’y
a pas de point réellement aberrants, on peut alors valider l’ANOVA.

5.4.3. Autres facteurs


a) Effet année
Figure 32 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de biomasse (en
g) des plantes au stade maturité en fonction de l’année d’expérimentation

Les données ont représentées sur la figure n°32.


Ici aussi l’ANOVA testant l’effet année aboutit à un résultat très significatif : le
Pr est de 1,178e-8 donc au moins une des moyennes est significativement
différente des autres, il y a donc un effet année sur la hauteur des plantes au
stade deux nœuds.

b) Effet agriculteur
Figure 33 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de biomasse (en
g) des plantes au stade maturité en fonction des agriculteurs.

Les données sont représentées sur la figure n°33.


L’ANOVA qui teste l’effet agriculteur aboutit à un résultat très significatif : le Pr
est de 2,2e-16 donc on peut dire que pour un seuil inférieur à 0,05 au moins une
des moyennes est significativement différente des autres, il y a donc un effet
agriculteur sur la production de biomasse des plantes au stade maturité.

c) Effet répétition
Figure 34 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de biomasse (en
g) des plantes au stade maturité en fonction de la répétition

Les données sont représentées sur la figure n°34.


L’ANOVA qui teste l’effet répétition aboutit à un résultat non significatif : le Pr
est de 0,8508 donc on peut dire que pour un seuil de 0,05 les moyennes ne
sont pas différentes, il n’y a donc pas d’effet répétition sur la production de
biomasse des plantes au stade maturité.

d) Effet cadre
Les données sont représentées sur la figure n°35.

| Biodiversité cultivée – 2013 28


Figure 35 : Boîte à moustache représentant la répartition des données de biomasse (en
g) des plantes au stade maturité en fonction du cadre de prélèvement

L’ANOVA testant l’effet cadre aboutit à un résultat non significatif : le Pr est


de 0,8279 donc on peut dire que pour un seuil de 0,05 les moyennes ne sont
pas différentes, il n’y a donc pas d’effet cadre sur la production de biomasse
des plantes au stade maturité.

Pour l’ensemble de ces ANOVA les résidus ont été testés, ils sont tous normaux, i.d.d et sans valeurs
aberrantes.
On a alors montré que les données de biomasse du blé à maturité sont influencées par l’année
d’expérimentation, l’agriculteur ; mais il n’y a pas d’effet répétition ni n’effet cadre sur la production finale de
biomasse.

6. Discussions
6.1. Hauteur au stade deux nœuds
La hauteur des plantes est à la fois sous dépendance génétique et environnementale. Nous avons observé
comment le facteur variété avec des structures génétiques contrastées influe sur la hauteur de la plante dès le
stade deux nœuds : une différence significative de hauteur des plantes entre les variétés au stade deux nœuds
est vérifiée (les échantillons n’appartiennent pas à la même population statistique). L’explication est génétique
puisque les variétés populations, telles que la population dynamique ou la variété Sixt/Aff, sont des blés avec
une grande hauteur de paille (jusqu’à 160cm à maturité), alors que la variété Renan est une variété à paille
courte (qui possède un gène de nanisme). Mais il est intéressant de voir que cette différence se remarque dès
le stade deux nœuds. De plus on s’aperçoit que la population dynamique (51,08cm en moyenne) est plus haute
que Sixt/Aff (48,56cm), ce résultat est étonnant car dans les descriptifs des paysans (Mercier & Pireyre, 2011)
qui les utilisent, le blé Sixt/Aff est plus haut que la population dynamique. Sans faire une analyse très
approfondie on constate aussi une différence d’écart type entre les trois variétés, celui de Renan est le plus
faible avec 10,59cm contre 11,88cm pour Sixt/Aff et 12,88cm pour la population dynamique ce résultat coïncide
avec le gradient d’hétérogénéité génétique des variétés. Il est donc logique que Renan (variété homogène) ait
un écart type plus faible que la population dynamique qui a une structure génétique très diversifiée. Néanmoins
à ce niveau les différences sont assez faibles compte tenu de la différence de hauteur mesurée.
Les valeurs aberrantes au sein de la variété ‘population dynamique’ peuvent être expliquées par la grande
diversité qu’il existe au sein de cette population, en effet elle est composée d’un mélange de variétés toutes
aussi différentes les unes que les autres, de plus il a souvent été constaté au sein de cette population des
individus géants (Mercier & Pireyre, 2011). De plus ces valeurs proviennet pour la plupart des essais menés
chez GS qui a des terres plutôt riches cela explique la hauteur exeptionnelle des plantes.

On a aussi testé l’effet année et l’effet agriculteur, on est alors arrivé au fait que ces paramètres influent sur la
hauteur du blé au stade deux nœuds. Ces résultats sont tout à fait logiques dans le sens où les plantes, issues
de variété modernes comme de variété paysannes interagissent avec leur environnement, il parait donc évident
qu’une plante soit plus grande et produise plus de biomasse dans un environnement favorable. Cet

| Biodiversité cultivée – 2013 29


environnement dépend des pratiques culturales des agriculteurs mais aussi du contexte pédoclimatique de son
lieu de culture. C’est une des explications pour l’influence des facteurs agriculteur et année sur la hauteur des
plantes, il faudrait faire des analyses plus approfondies pour tirer de réelles conclusions, elles ne seront pas
réalisées dans ce rapport. Mais il est normal de trouver une différence entre les agriculteurs, ces différences
justifient l’intérêt de la recherche à la ferme dans les conditions des agriculteurs plutôt qu’en station de
recherche. On peut nuancer le facteur agriculteur : il regroupe un ensemble de facteur comme le sol, les
pratiques culturales, le climat, la rotation… de plus certains agriculteurs n’ont participé qu’une seule année alors
que d’autres les trois années, mais comme la parcelle était située dans un champ différent chaque année est-ce
que ces données sont comparables ? Il est alors difficile à cette échelle de ce travail de tirer une réelle
conclusion. Il est aussi intéressant de constater qu’il n’y a pas d’effet répétition, et c’est ce qui est attendu. En
effet les deux répétitions sont menées de la même façon et constater des différences montrerait que certains
paramètres nous échappent.

La hauteur est un paramètre important pour la concurrence du blé face aux adventices (surtout dans un mode
de culture biologique, ou le désherbage chimique n’est pas autorisé). Plus la plante sera grande tôt plus elle
sera en capacité d’étouffer et de prendre le dessus sur les mauvaises herbes, c’est pourquoi dès le stade deux
nœuds la population dynamique et la variété Sixt/Aff ont un avantage par rapport au Renan puisqu’elles sont
déjà plus hautes, toutefois il faudrait regarder les données concernant les adventices pour confirmer ce résultat.

6.2. Biomasse du blé au stade deux nœuds


Les résultats coïncident avec ce qui était attendu : il y a une différence significative entre les variétés
concernant la production de biomasse au stade deux nœuds (les échantillons n’appartiennent pas à la même
population statistique). Le blé Renan produit moins de biomasse que les blés paysans : 40,71g en moyenne
contre 58,07g (Dyn) et 48,87g (Sixt) (données récoltées pour 50cm²). Cette valeur de biomasse est
directement liée à la hauteur de la plante (plus la plante est grande plus il y a de biomasse) puisqu’au stade 2
nœuds il n’y a pas d’épis. Dyn est plus grande que Sixt, il est donc logique que la population dynamique
produise plus de biomasse que le Sixt/Aff. Encore une fois l’écart type au sein de la variété Renan est plus
faible (28,72g) que celui au sein de la variété Sixt/Aff (30,65g) qui est plus faible que celui de la population
dynamique (34g). Cet ordre croissant correspond au gradient de diversité génétique qu’il existe entre les
variétés. et semble donc assez logique (cf explication partie 6.1).
On a aussi constaté plusieurs autres facteurs qui ont un impact sur la biomasse du blé au stade deux nœuds :
l’agriculteur, l’année, et le cadre (soit l'échantillon considéré). De même que pour la hauteur, l’agriculteur et
l’année font partie de l’environnement pédoclimatique de la culture, le blé étant un être vivant il est normal qu’il
réagisse à ces facteurs. Le facteur cadre a aussi été testé, et le résultat nous montre qu’il a un effet sur les
données de biomasses, on peut supposer qu’il existe un gradient dans les parcelles (le cadre n°1 étant toujours
au début de la parcelle et le cadre n°3 toujours à la fin), mais cet effet peut aussi être du aux
expérimentateurs… La raison n’est pas très claire pour le moment, mais il s’avère qu’au stade maturité cette
différence a été tamponnée. On constate aussi que pour les trois variétés les résultats sont étalés sur une
grande amplitude. Comme pour la hauteur, la répétition n’influe pas sur la culture : en effet les deux répétitions

| Biodiversité cultivée – 2013 30


sont menées de la même façon et constater des différences montrerait que certains paramètres nous
échappent.

Bien que l’on s’attendait à ces résultats (Renan produit moins de biomasse que les blés paysans) il est
intéressant de voir que la différence de biomasse se remarque dès le stade deux nœuds, en effet la biomasse
joue aussi un rôle dans la compétition du blé avec les adventices : plus il y a de biomasse plus les adventices
sont étouffés. Il faudrait maintenant pouvoir dire si cette légère différence de biomasse à un effet réel sur la
compétition avec les mauvaises herbes, par exemple en analysant les mesures de biomasses des adventices.

6.3. Hauteur à maturité


Les résultats concernant la hauteur à maturité confirment ceux obtenus pour la hauteur au stade deux nœuds :
la variété est un facteur qui a un rôle sur la hauteur. Les résultats des tests le prouvent car il y a une différence
significative de hauteur des plantes entre les variétés au stade maturité (les échantillons n’appartiennent pas à
la même population statistique). De la même manière que pour le stade deux nœuds la principale explication
est la génétique. Les blés de pays comme Sixt/Aff et la population dynamique peuvent atteindre 160cm et là ils
atteignent respectivement 110,07cm et 117,04cm, les moyennes obtenues sont plutôt faibles compte tenu des
résultats attendus (aux alentours de 150 cm). Le blé Renan est là où on l’attendait, c'est-à-dire entre 60 et 80
cm (69,95cm). Les constats sont les même qu’au stade deux nœuds, la population dynamique est plus haute
que le blé Sixt/Aff.
Les écarts types des moyennes des hauteurs sont très intéressants : les blés de pays ont un écart type très
supérieur à celui de Renan. On peut relier cela à la génétique encore une fois :
Renan est une variété ligné pure, dite homogène, donc il est cohérent que les plantes aient toutes la
même hauteur ou presque, elles ont atteint leur maximum de hauteur génétique dans un milieu donné.
Le blé Sixt/Aff est un blé population, hétérogène génétiquement, c’est pourquoi l’écart type (23,77) de
la moyenne des hauteurs des plantes est plus élevé car chaque plante peut avoir une hauteur
différente de sa voisine en théorie (tout en restant dans une fourchette caractéristique de la variété).
De plus on remarque davantage de talles plus tardives qui ne sont pas arrivées à leur hauteur finale,
ces talles influencent la moyenne.
La population dynamique comporte les mêmes caractéristiques que le blé Six/Aff mais l’hétérogénéité
est encore plus élevée car elle contient plusieurs variétés qui peuvent avoir des hauteurs différentes,
l’écart type est donc le plus élevé (25,74). Là aussi on remarque quelques individus très petits.

Les blés populations sont plus hauts sur paille, cette caractéristique leur permet de dominer les adventices qui
sont étouffés dessous. De plus il s’avère que la quantité de paille produite est plus élevée, ce qui peut être un
avantage dans le cas où le blé est cultivé en association avec une autre culture (-avec de la féverole chez PT-
une grande hauteur lui permet de ne pas être dominé par la culture associée mais de grandir avec elle) ou
encore si l’agriculteur a un élevage qui nécessite une grande quantité de paille. Mais la hauteur de paille peut
rendre le blé plus sensible à la verse (bien que ce ne soit pas le seul facteur à intervenir).

| Biodiversité cultivée – 2013 31


6.4. Biomasse à maturité
Les résultats confirment ce qui a été montré pour le stade deux nœuds : il y a une différence significative entre
les variétés concernant la production de biomasse finale. Le blé moderne produit moins de biomasse que les
deux blés paysans : 118,44g en moyenne pour Renan contre 163,45g (Dyn) et 162,45g (Sixt) (données
récoltées pour 50cm²). En moyenne les deux blés populations produisent la même quantité de biomasse à
maturité.
L’observation des écarts types change des fois précédentes : la population dynamique et le Renan ont un écart
type similaire (respectivement 86,68 et 85,77) alors que le blé Sixt/Aff a un écart type beaucoup plus élevé
(95,49). Au premier abord ces résultats sont étonnants. Suite à ces résultats on peut supposer que la
population dynamique et le Renan sont des variétés qui ont une plus forte capacité à tamponner les différences
d’environnement. En effet, l’écart type élevé pour Sixt/Aff nous montre que cette variété valorise très bien les
environnements qui lui sont favorables mais au contraire si un environnement ne lui convient pas elle produit
beaucoup moins de biomasse. À l'inverse la population dynamique et le Renan tamponne mieux des différences
de milieux. Les explications sont là encore liées à la génétique de ces variétés, la grande diversité de la
population dynamique lui permet de valoriser un grand panel d’environnement (il se créé à chaque fois un
équilibre différent entre les variétés présentes dans le mélange, là ou certaines variétés se plaisent moins les
autres se développent mieux et vice versa). Pour le blé Renan, on peut imaginer que sa petite taille soit
toujours facilement atteinte, et que les limites génétiques l’empêche de produire plus de biomasse lorsque les
conditions y seraient favorables, d’où la constance de sa biomasse.

7. Conclusion et perspectives de l’étude


7.1. Conclusion sur les variétés
La biomasse et la hauteur sont des données très liées. En effet la hauteur est une composante de la biomasse,
avec le nombre de talle, l’épaisseur des pailles… Les données de biomasse totale à maturité nous montrent que
pour un environnement identique le blé Renan produit moins de biomasse que les variétés paysannes hautes
sur paille, ce qui induit donc une production totale supérieure. Les résultats des composantes de rendements
des années précédentes (Serpolay, 2012) ont montrés que le rendement grain de Renan était supérieur mais
que le rendement total (grain et paille) était plus élevé chez les variétés paysannes. On peut donc dire que si
les pailles sont valorisées il est plus intéressant de cultiver des variétés paysannes hautes sur paille que des
blés courts. Néanmoins cette hauteur peut porter préjudice à la récolte si le blé verse.

On constate une différence des différences entre la variété moderne est les deux autres.
La variété Renan est un blé court sur paille (69cm en moyenne), qui produit une biomasse finale de
118g en moyenne (pour 50cm²). Cette variété est capable de tamponner les milieux dans lesquels elle
est cultivée.
La variété population Sixt/Aff est un blé haut (110cm en moyenne), avec une production de biomasse
importante (162g pour 50cm²). Cette variété présente de grande différence de production de biomasse
suivant ses milieux de culture.

| Biodiversité cultivée – 2013 32


La variété population Mélange dynamique est elle aussi haute (117cm) et qui produit beaucoup de
biomasse (163g pour 50cm²). Elle a un pouvoir tampon qui lui permet de donner des résultats corrects
dans un bon nombre d’environnements.
Il est maintenant possible de dire les variétés paysannes (le blé Sixt/Aff et la population dynamique) présentent
un intérêt pour leur production de paille, leur hauteur permet de cultiver le blé en association, de produire une
grande quantité de paille (pour l’élevage par exemple) et elles ont un rendement totale supérieur qui valorise
mieux le potentiel d’un terroir.

7.2. Conclusion sur le protocole


Concernant les hauteurs, les résultats obtenus au stade deux nœuds et à maturité sont relativement
semblables. On a choisit de faire ces mesures à deux moments donnés pour des raisons différentes
(concurrence aux adventices au stade deux nœuds et hauteur finale de la plante pour le stade maturité) mais
ces deux données sont liées, on constate alors une certaines redondance dans les résultats obtenus c’est
pourquoi on peut se demander si la prise de la hauteur à ces deux stades est nécessaire. Il a été possible de
tirer des conclusions dès le stade deux nœuds : il y a une différence entre les variétés. L’étude de la biomasse
et de la hauteur à ce stade permet de déterminer la concurrence que le blé a avec les adventices et c’est un
point important en agriculture biologique. En complétant ces mesures des données récoltées sur les adventices
il est alors possible de tirer de réelle conclusion sur la compétition entre les blés et les mauvaises herbes. Une
des questions en début d'expérimentation était de savoir quelles sont les données pertinentes pour comprendre
le comportement des variétés quand on conduit des expérimentations à la ferme. Pour répondre à cette
question, nous nous sommes limités à un représentant par type de variété. Nous n'aurons pas les moyens
humains pour enregistrer autant de paramètres sur un plus grand nombre de variétés. S’il fallait réduire la
quantité de données prélevées on pourrait éventuellement retirer du protocole la mesure des hauteurs et des
biomasses du blé au stade deux nœuds, en effet l’analyse des données concernant les adventices elles mêmes,
ainsi que la hauteur finale peuvent suffirent pour analyser la compétition du blé avec ceux-ci. Concernant le
stade maturité, la mesure de la hauteur semble une évidence puisqu’il s’agit d’une caractéristique phénotypique
de la plante, ici les résultats sont flagrants. C’est une donnée importante à récolter. Pour la biomasse à
maturité, il est intéressant de voir comment elle est répartie : dans la paille ou dans les grains.

7.3. Perspectives
Dans cet essai quelques difficultés ont été rencontrées. Par exemple il est difficile de récolter des données chez
les six agriculteurs au même moment (météo, trajet, différence de date de semis…), c’est pourquoi il est admis
qu’un stade est approximatif (dans cette étude) et qu’il n’est pas exactement le même chez chaque agriculteur.
Cela est pris en compte dans les analyses statistiques. L’expérimentation à la ferme pose parfois quelques
problèmes, comme par exemple des contaminations (du seigle dans la parcelle de blé) mais il est toujours
possible de trouver des solutions. Dans le pire des cas on peut exclure l’essai du protocole.
De plus je pense qu’il serait intéressant de réaliser les expérimentations « à l’aveugle », car il est clair que
parfois les expérimentateurs, inconsciemment, soient influencés par l’une ou l’autre de leur conviction. Si les
variétés étaient inconnues des expérimentateurs lors de la prise des mesures la neutralité des prises de
données serait plus sûre. Néanmoins il est clair qu’au stade maturité les différences sont évidentes.

| Biodiversité cultivée – 2013 33


Je pense aussi qu’il serait bien d’ouvrir ce genre de programme à des agriculteurs conventionnels, en effet
certains ont la volonté de limiter leur intrant chimique soit par soucis de leur impact environnemental soit par
soucis économique, de plus certains disposent de terres à faible potentiel c’est pourquoi des variétés de blé de
pays pourraient correspondre à leur attentes.

2013 était la dernière année de Pays Blé, néanmoins l’étude des blés paysans ne s’arrête pas là pour l’équipe.
Deux nouveaux programmes sur le blé tendre sont mis en place pour la récolte 2014 : COBRA et SAFARI. Pour
COBRA, l'objectif est de comparer deux stratégies de création de populations diversifiées pour des agriculteurs :
(1) une population issues du croisement des plantes de six populations sources (ce type de population issue de
croisements est désigné CCP, Composite Cross Population par les scientifiques) et (2) une population
dynamique issue des mêmes six populations, c'est-à-dire le mélange des six populations qui évoluent au cours
des resemis successifs. Le but est d'observer comment les deux formes de diversité vont permettre une
adaptabilité plus ou moins rapide à un terroir. SAFARI cherche à mesurer comment les mélanges évoluent
comparés à celui des populations les composant. Les deux programmes vont utiliser les résultats de PaysBlé
pour optimiser le protocole de mesures
Concernant Pays Blé, la totalité des données va être traitée l’hiver prochain, ce qui va aboutir à une réunion
d’information entre les différents acteurs du projet (Triptolème, les paysans, l’INRA) pour rendre compte des
conclusion de l’étude. Cette étude va aussi permettre la publication d’articles scientifiques concernant la
méthode de mesures

8. Autres travaux réalisés pendant le stage


Durant mon stage, j’ai pu participer à un autre programme qui s’inscrit dans la continuité du programme Pays
Blé, il s’agit du programme COBRA dont une partie est menée par l’INRA de Rennes et l’INRA du MOULON. Le
programme est basé sur l’étude d’une augmentation de la diversité au sein d’une population, pour cela des
variétés de blés paysans ont été croisés entre eux par CCP, afin de créer un mélange de descendants des
croisements de variétés populations. J’ai découvert comment était réalisé une castration de blé et j’ai participé
aux pollinisations des blés castrés. Ce fut un travail très intéressant et grâce auquel j’ai pu observer très
régulièrement les différents blés présents, ce qui est très enrichissant concernant l’observation des caractères
tels que les différences morphologiques, de précocité, de maturité…
Grâce aux agriculteurs participant au programme j’ai pu découvrir un large panel de pratiques agricoles et
d’expérimentations paysannes. Par exemple j’ai découvert chez VC le protocole brésilien, il s’agit d’une
méthode de sélection et de création variétale à partir de plusieurs variétés. Dans ce cas là, les agriculteurs
veulent créer un maïs population (à destination de leurs vaches laitières) adapté à leur ferme (précocité, teneur
du grain…) à partir de 14 variétés de maïs. Chez FM nos essais étaient placés dans la même parcelle que sa
collection de blé, la visite qu’il nous a faite fut très enrichissante et pleine de découvertes. J’ai pu y voir de
nombreuses variétés de blés toutes aussi différentes les unes que les autres. J’ai aussi vu des engrains, des
petits épeautres, des grands épeautres, des seigles, des avoines, des orges, des blés poulards, des amidonniers
ainsi que des espèces très anciennes telles qu’Aegilops Caudata ou Aegilops Neglecta. Les variétés proviennent
de tous les coins du monde. Concernant les blés tendres une bonne partie est des blés issus de la collection des
blés de Redon. Cette visite m’a permis de me rendre compte de la diversité qu’il existe dans les céréales

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cultivées, j’ai été très surprise par les différences qu’il peut y avoir entre ces variétés, notamment concernant le
blé je ne pensais pas qu’il existait un aussi grand panel de couleur et de formes! De plus le fait de voir des
espèces telles que Aegilops m’a permis de me rendre compte du travail de sélection que l’homme a réalisé pour
obtenir le blé tel que l’on ne connaît aujourd’hui, il fallait être très motivé, optimiste et persévérant pour croire
au potentiel de ces petites graminées grêles et au nombre de grain très faible !
Au cours de mon stage il s’est déroulé la « Classe Verte » organisée par l’INRA et la Fondation Sciences
Citoyennes dans le cadre du projet ReSoRIV (Reconnaissance Sociale et Réglementaire de l’Innovation Variétale
par la sélection participative pour les agricultures biologiques et paysannes). Cette journée avait pour but de
réunir les acteurs du monde paysans et les décideurs et institutionnels pour échanger sur le sujet des semences
paysannes, j’ai assisté à cette journée où différents aspects des semences paysannes étaient abordés. J’ai aussi
aidé à l’organisation de la journée avec l’équipe de l’INRA. Ce fut une journée riche en découvertes.

Bilan personnel
Ce stage de fin d’étude de DUT réalisé à l’INRA du Rheu dans l’équipe « Biodiversité cultivée et recherche
participative » de Véronique Chable a été très enrichissant, tant agronomiquement que humainement.
J’ai pu mettre en pratique des compétences acquises à l’IUT, comme la manipulation du logiciel R ou
l’identification d’adventices, mais j’ai aussi utilisé des compétences techniques acquises lors de mon stage en
exploitation agricole. Ce stage de cinq mois m’a fait gagner en autonomie et en gestion de mon temps de
travail. Il m’a permis aussi d’apprendre à organiser mon travail au sein d’un groupe. Grâce à ce stage j’ai pu
découvrir le secteur des semences que je ne connaissais que partiellement ; pourtant il me semble évident que
tout agronome lié à la production végétale devrait avoir une minimum de connaissance concernant les
semences, qui sont la base de toutes cultures. J’ai maintenant assez de connaissances pour prendre du recul
sur ce que je vais semer (provenance, mode de sélection…). J’ai aussi découvert d’autres modes d’agriculture
que je n’avais pas eu l’occasion de découvrir auparavant : l’agriculture biologique et paysanne. J’ai pu constater
qu’il n’y a pas qu’une sorte d’agriculture bio mais autant qu’il existe de paysans! J’ai pu apercevoir un panel de
paysans différents allant du petit paysan-boulanger à l’entrepreneur en passant par de nombreux
intermédiaires ; le point commun que je leur ai trouvé est leur volonté de tester de nouvelles méthodes, leur
curiosité, leur volonté de s’adapter à leur terroir, leur choix d’atteindre l’autonomie et aussi de vouloir partager
leurs savoir-faire. De plus ce stage a pu confirmer mes choix d’orientation, il a affirmé ma volonté de me
tourner vers des modes de production plus respectueux de la nature et des alternatives associant productivité
et agriculture durable. Ce stage à l’INRA m’a montré le monde de la recherche : les programmes, les
protocoles, les conférences, les publications, les recherches de budgets… Je sais maintenant comment
fonctionne la recherche en France.

| Biodiversité cultivée – 2013 35


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| Biodiversité cultivée – 2013 37


Table des annexes
Annexe 1 : Collecte des données de Pays Blé............................................................................................ 39
Annexe 2 : Script R pour les Hauteurs du blé au stade deux nœuds ............................................................ 40
Annexe 3 : Résultats des ANOVAS pour l'analyse des hauteurs au stade deux nœuds ................................... 42
Annexe 4 : Résultats des ANOVAS pour l’analyse des biomasses au stade deux nœuds ................................. 43
Annexe 5 : Résultats des ANOVAS pour l'analyse des hauteurs au stade maturité ........................................ 44
Annexe 6 : Annexe 4 : Résultats des ANOVAS pour l'analyse des biomasses au stade maturité ..................... 45
Annexe 7 : Planche photos ..................................................................................................................... 46
Annexe 8 : Collection de blé chez FM ....................................................................................................... 48

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Annexe 1 : Collecte des données de Pays Blé

Caractérisation Caractérisation
Observations et Protocole pour chaque répétition de
Stade du du blé de
prélèvements chaque variété dans chaque
blé
terrain environnement (= une bande de blé) l’environnement
Densité des plantes Comptage des plantes X
Levée
en sortie d’hiver
Couverture du blé, % dans 3 cadres de 25 x 30 par bande X
des adventices et du
Plein
sol
tallage
Adventices Comptage et détermination des plantules X X
Vers de terre Prélèvement (protocole de l’OPVT) X
Biomasse blé Prélèvement de la biomasse aérienne du blé X
Couverture du blé, % dans 3 cadres de 1/4m² par bande X
des adventices et du
sol
Hauteur des plantes Mesure de la hauteur X
Mycorhizes Tests sur tous les essais et variétés X X
Stade Analyses de terre Echantillonnage du sol au printemps : X
2 nœuds classique et activité échantillons à faire et à envoyer à 2 labo
biologique du sol différents (Combourg et LAMS)
Un échantillon supplémentaire à analyser en
BEV
Profondeur du sol. Forage à la tarière jusqu’à atteindre la roche X
mère (équipe INRA)
Passé de la parcelle Enquête paysan X
Couverture du blé % dans 3 cadres de 1/4m² par bande X
Couverture des % dans 3 cadres de 1/4m² par bande X
adventices et du sol
Biomasse des Détermination et % de couverture de X
adventices chaque espèce d’adventice puis prélèvement
Maturité de la biomasse aérienne
Biomasse blé Prélèvement de la biomasse aérienne du blé X
(séparation biomasse grain/biomasse paille)
Hauteur des plantes Mesure de la hauteur X
Verse Une note de 0 à 5 par bande X
Aspect sanitaire Une note de 0 à 5 par bande X
Post- Composantes du Comptages et observations : nombre
Récolte rendement d’épillets, longueur de l’épi, nombre de
au labo grains/épi, couleur de l’épi

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Annexe 2 : Script R pour les Hauteurs du blé au stade deux nœuds

#Suppression commande
rm(list=ls())

#Ouverture fichier
done<-[Link]("C:/Documentsandsettings/sad03/Mesdocuments/[Link]",header=TRUE,sep=";",dec=".")

#Définition des facteurs


summary(done)
done$agri<-[Link](done$agri)
done$annee<-[Link](done$annee)
done$essai<-[Link](done$essai)
done$variete<-[Link](done$variete)
done$rep<-[Link](done$rep)
done$haut_2n<-[Link](done$haut_2n)
summary(done)
done$haut_2n

#Statistiques de base
tapply(done$haut_2n, done$variete, mean, [Link]=TRUE)
tapply(done$haut_2n, done$variete, sd, [Link]=TRUE)
tapply(done$haut_2n, done$variete, min, [Link]=TRUE)
tapply(done$haut_2n, done$variete, max, [Link]=TRUE)

#Distibution des données


hist(done$haut_2n,breaks=20, main="Distribution des données", xlab="Hauteur (en cm)")

#Représenation des données


boxplot(haut_2n~annee,data=done)
boxplot(haut_2n~agri, data=done)
boxplot(haut_2n~rep,data=done)
boxplot(haut_2n~variete,data=done)

#ANOVA
reg.aov1<-lm(haut_2n~variete,data=done)
anova(reg.aov1)

reg.avo2<-lm(haut_2n~agri, data=done)
anova(reg.avo2)

reg.avo3<-lm(haut_2n~rep, data=done)
anova(reg.avo3)

reg.avo4<-lm(haut_2n~annee, data=done)
anova(reg.avo4)

#Analyse des résidus


residus=rstudent(reg.aov1)
par(mfrow=c(2,2))
plot(reg.aov1,which=1:4)

residus=rstudent(reg.avo2)
par(mfrow=c(2,2))
plot(reg.avo2,which=1:4)

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residus=rstudent(reg.avo3)
par(mfrow=c(2,2))
plot(reg.avo3,which=1:4)

residus=rstudent(reg.avo4)
par(mfrow=c(2,2))
plot(reg.avo4,which=1:4)

#Vérification des graphiques (si doute dans l’analyse des résidus)


[Link](reg.aov1$residuals)
[Link](haut_2n~agri,data=done)

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Annexe 3 : Résultats des ANOVAS pour l'analyse des hauteurs au stade deux nœuds

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Annexe 4 : Résultats des ANOVAS pour l’analyse des biomasses au stade deux nœuds

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Annexe 5 : Résultats des ANOVAS pour l'analyse des hauteurs au stade maturité

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Annexe 6 : Annexe 4 : Résultats des ANOVAS pour l'analyse des biomasses au stade maturité

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Annexe 7 : Planche photos

Mesure des hauteurs au stade maturité

Essai chez GS, tallage, (Sixt, Dyn, Renan) Essai chez GS, pré-maturité, (Dyn, Renan, Sixt)

Essai chez VC, tallage, (Renan, Sixt, Dyn) Essai chez VC, maturité, (Renan, Sixt, Dyn)

Essai chez JB, pré-maturité, (Sixt, Renan, Dyn)

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Annexe 8 : Collection de blé chez FM

Blé poulard

Blé hérisson antique

Blé tendre issu du croisement du 'Petit rouge


du Morvan' et du 'Mottin'

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Le rapport est composé de six parties principales : la présentation du contexte de l’étude, la synthèse
RESUME bibliographique, le matériel et méthodes, les résultats, la discussion et pour finir la conclusion et les
perspectives.
L’étude est menée sur trois variétés de blé tendre présentant un gradient de diversité génétique.
Deux des variétés testées sont des variétés paysannes sélectionnées et cultivées à la ferme par des
paysans. Dans ce rapport il a été choisit d’étudier deux caractères : la hauteur et la biomasse du blé,
au stade deux nœuds et à maturité, dans le but de comparer les variétés entre elles mais aussi
d’établir si les prélèvements de ces données sont justifiés. Ces mesures ont été choisit pour juger la
capacité des variétés à prendre le dessus sur les adventices.
Ce qui caractérise ce programme est le fait qu’il est mené en recherche participative, à la ferme et en
agriculture biologique. Les trois variétés ont été cultivées pendant trois ans chez six agriculteurs. Les
données sont prélevées suivant un protocole puis sont analysées statistiquement avec le logiciel R.
Les analyses ont montrées que les blés paysans (la Population Dynamique et le blé Sixt/Aff) sont plus
hauts et produisent plus de biomasse que le blé Renan. Intérêt paille… verse ?
Les résultats obtenus confiment les présupposés, et le protocole va pouvoir être réduit….

Mots-clés : blé tendre, variétés paysannes, recherche participative, hauteur, biomasse


ABSTRACT

This report is composed in six parts: the presentation of the context, the literature review, material
and methods, results, discussion and conclusion and perspectives.

The study is based on tree varieties of bread wheat which have different level of genetic diversity.
Two of them are landraces breed and grown on the farm by farmers. In this report we are going to
study the height and the biomass “au stade deux noeuds” and “a maturité” in order to compare
varieties and know if the measures are righteous.
Tests showed that landraces are higher than the modern wheat.
Results confirm

Keywords : bread wheat, landraces, participatory research, height, biomass

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