TEXTE N° 2: LE NOUVEAU
Nous étions à l’étude, quand le proviseur entra, suivi d’un nouveau
habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre.
Ceux qui dormaient se révélèrent, et chacun se leva comme surprise dans
son travail.
Le proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le
maître d’étude :!
Monsieur Roger, lui dit-il à mi-voix, voici un élève que je vous
recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont
méritoires, il passera dans les grands, où l’appelle son âge.
Resté dans l’angle, derrière la porte, si bien qu’on l’apercevait à
peine, le nouveau était un gars de la campagne, d’une quinzaine d’années
environ, et plus haut de taille qu’aucun de nous tous. Il avait les cheveux
coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l’air raisonnable et
fort embarrassé. Quoiqu’il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de
drap vert à boutons noirs devrait le gêner aux entournures et laissait voir,
par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses
jambes, en bas bleus, sortaient d’un pantalon jaunâtre très tiré par les
bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.
On commença la récitation des leçons. Il les écouta de toutes ses
oreilles, attentif comme au sermon, n’osant même croiser les cuisses, ni
s’appuyer sur le coude, et, à deux heures, quand la cloche sonna, le maître
d’études fut obligé de l’avertir, pour qu’il se mit avec nous dans les rangs.
Un début déplorable.
Nous avions l’habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes
par terre, afin d’avoir ensuite nos mains plus libres ; il fallait, dès le seuil de
la porte, les lancer sous le banc, de façon à frapper contre la muraille, en
faisant beaucoup de poussière ; c’était là le genre.
Mais, soit qu’il n’eût pas remarqué cette manœuvre ou qu’il n’eût osé
s’y soumettre, la prière était finie était finie que le nouveau tenait encore sa
casquette sur ses deux genoux.
Levez-vous, dit le professeur. Il se leva : sa casquette tomba. Toute
la classe se mit à rire. Il se baisa pour la reprendre. Un voisin la fit
tomber d’un coup de coude, Il la ramassa encore une fois.
Débarrassez-vous donc de votre casque, dit le professeur, qui était
un homme d’esprit.
Il y eut un rire éclatant des écoliers qui décontenança le pauvre
garçon, si bien qu’il ne savait s’il fallait garder sa casquette à la main, la
laisser par terre ou la mettre sur sa tête. Il se rassit et la posa sur ses
genoux.
Levez-vous, reprit le professeur, et dites-moi votre nom. Le nouveau
articula, d’une voix bredouillante, un nom inintelligible.
Répétez !
Le même bredouillement de syllabes se fit entendre, couvert par les
huées de la classe.
Plus haut ! cria le maître, plus haut !
Le nouveau, prenant alors une résolution extrême, ouvrit une bouche
démesurée et lança à pleins poumons, comme pour appeler quelqu’un :
Charbovari.
Gustave Flaubert, « Madame Bovary »
TEXTE N° 2 : LA MATERNITE N’ETAIT PAS MON LOT
Un seul motif eût pesé assez lourd pour nous convaincre de nous
infliger ces liens qu’on dit légitimes : le désir d’avoir des enfants ; nous ne
l’éprouvions pas. Là-dessus on m’a si souvent prise à partie on m’a posé tant
de questions que je veux m’expliquer. Je n’avais, je n’ai, aucune prévention
contre la maternité ; les poupons ne m’avaient jamais intéressée, mais, un
peu plus âgés, les enfants me charmaient souvent ; je m’étais proposée d’en
avoir à moi au temps où je songeais à épouser mon cousin Jacques. Si à
présent, je me détournais de ce projet, c’est d’abord parce que mon bonheur
était trop compact pour qu’aucune nouveauté pût m’allècher.
Un enfant n’eût pas resserré les liens qui nous unissaient Sartre
et moi, je ne souhaités pas que l’existence de Sartre se reflétât et se
prolongeât dans celle d’un autre : Il se suffisait, il me suffisait. Et je me
suffisais : je ne rêvais pas du tout de me retrouver dans une chair issue de
moi. D’ailleurs, je me sentais si peu d’affinité avec m’apparaissaient comme
des étrangers ; j’escomptais de leur part ou de l’indifférence, ou de l’hostilité
tant j’avais eu d’aversion pour la vie de famille.
Aucun fantasme affectif ne m’inscrit dont à la maternité. Et
d’autre part, elle ne me paraissait pas compatible avec la voie dans laquelle
je m’engageais : je savais que pour devenir un écrivain j’avais besoin de
beaucoup de temps et d’une grande liberté. Je ne détestais pas jouer la
difficulté ; mais il ne s’agissait pas d’un jeu : la valeur, le sens même de ma
vie se trouvaient en question. Pour risquer de les compromettre, il aurait
fallu qu’un enfant représentât à mes yeux un accomplissement aussi
essentiel qu’une œuvre : ce n’était pas le cas. J’ai raconté combien, vers nos
quinze ans, Zaza m’avait scandalisée en affirmant qu’il valait autant avoir
des enfants que d’écrire des livres : je continuais à ne pas voir de commune
mesure entre ces deux destins.
Par la littérature, pensais-je, on justifie le monde en le créant à
neuf, dans la pureté de l’imaginaire, et du même coup, on sauve sa propre
existence ; enfanter, c’est accroître vainement le nombre des êtres qui sont
sur terre, sans justification. On ne s’étonne pas qu’une carmélite ayant choisi
de prier pour tous les hommes, renonce à engendrer des individus singuliers.
Ma vocation non plus ne souffrait pas d’entraves et elle me retenait de ne
poursuivre aucun dessein qui lui fût étranger.
Ainsi, mon entreprise m’imposait une attitude qu’aucun de mes
élans ne contrariait et sur laquelle je ne fus jamais tentée de revenir. Je n’ai
pas eu l’impression de refuser la maternité ; elle n’était pas mon lot ; en
demeurant sans enfants, j’accomplissais ma condition naturelle.
Force de l’âge, éd. Gallimard.
TEXTE N° 3 : L’HOMME SE FORME PAR LA PEINE
Je n’ai pas beaucoup confiance dans ces jardins d’enfants et
autres inventions au moyen desquelles on veut instruire en amusant. La
méthode n’est déjà pas excellente pour les hommes. Je pourrais citer des
gens qui passent pour instruits, et qui s’ennuient à la « Chartreuse de
Parme » ou au « Lys dans la vallée ». Ils ne lisent que des œuvres de
seconde valeur, où tout est disposé pour plaire au premier regard ; mais en
se livrant à des plaisirs faciles, ils perdent un plus haut plaisir qu’ils auraient
conquis par un peu de courage et d’attention.
Il n’y a point d’expérience qui élève mieux un homme que la
découverte d’un plaisir supérieur, qu’il aurait toujours ignoré, s’il n’avait
point pris d’abord un peu de peine. Montaigne est difficile ; c’est qu’il faut
d’abord le connaître, s’y orienter s’y retrouver ; ensuite seulement on le
découvre. De même la géométrie par cartons assemblés, cela peut plaire ;
mais les problèmes plus rigoureux donnent aussi un plaisir bien plus vif.
C’est ainsi que le plaisir de lire une œuvre au piano n’est nullement sensible
dans les premières leçons ; il faut savoir s’ennuyer d’abord. C’est pourquoi
vous ne pouvez faire goûtez à l’enfant les sciences et les arts comme on
goûte les fruits confits. L’homme se forme par la peine ; ses vrais plaisirs, il
doit les gagner, il doit les mériter. Il doit donner avant de recevoir. C’est la loi
(…)
Surtout aux enfants qui ont tant de fraîcheur, tant de force, tant
de curiosité avide, je ne veux pas qu’on donne ainsi la noix épluchée. Tout
l’art d’instruire est d’obtenir au contraire que l’enfant prenne de la peine et
se hausse à l’état d’homme. Ce n’est pas l’ambition qui manque ici ;
l’ambition est le ressort de l’esprit enfant. L’enfance est un état paradoxal où
l’on sent qu’on ne peut rester ; la croissance accélère impérieusement ce
mouvement de se dépasser, qui dans la suite ne se ralentira que trop.
L’homme fait doit se dire qu’il est en un sens moins raisonnable et moins
sérieux que l’enfant. Sans doute il y a une frivolité de l’enfant, un besoin de
mouvement et de bruit c’est la part des jeux ; mais il faut aussi que l’enfant
se sente grandir lorsqu’il passe du jeu au travail. Ce beau passage, bien loin
de le rendre insensible, je le voudrais marquer et solennel. L’enfant vous
sera reconnaissant de l’avoir forcé ; il vous méprisera de l’avoir flatté.
L’apprenti est à un meilleur régime ; il éprouve le sérieux du travail.
Seulement, par les nécessités mêmes du travail, il est mieux formé quant au
caractère, non quant à l’esprit. Si l’on apprenait à penser comme on apprend
à souder, nous connaîtrions le peuple roi.
Propos sur l’éducation, éd. Presses Universitaires de France.
TEXTE N° 01 : PARLEZ – NOUS DU TRAVAIL
Alors un laboureur dit, parlez – nous du travail.
Et il répond, disant :
Vous travaillez pour pouvoir allez un rythme de la et de l’âme de la terre.
Car être oisif c’est devenir étranger aux saisons, et s’écarter de la procession
de la vie, qui avance majestueusement et en fière soumission vers l’infini. Lorsque
vous travaillez, vous êtes une flûte à travers laquelle le murmure des heures se
transforme en musique.
Lequel d’entre vous voudrait être un roseau, muet et silencieux, alors que
tout chante à l’unisson ?
Toujours on vous dit que le travail est une malédiction et le labeur une
informe.
Mais je vous dis que lorsque vous travaillez vous accomplissez une part du
rêve le plus lointain de la terre, qui vous fut assignée lorsque ce rêve naquit. Et en
vous gardant unis au travail, en vérité vous aimez la vie, Et aimer la vie à travers le
travail, c’est être initié au plus intime secteur de la vie.
Mais si dans votre douleur vous appelez la naissance une affliction et le poids
de la chair une malédiction inscrite sur votre font, alors je réponds que seule la
sueur de votre front lavera ce qui est inscrit.
On vous dit aussi que la vie est obscurité, et dans votre fatigue vous répétez
ce que disent les las.
Et je vous dis que la vie est réellement obscurité sauf là où il y a élan,
Et tout élan est aveugle sauf là où il ya savoir,
Et tout savoir est vain sauf là où il y a travail,
Et tout travail est vide sauf là où il y a amour,
Et lorsque vous travaillez avec amour vous vous liez à vous – même, et l’un à
l’autre, et à Dieu.
Et qu’est – ce que travaillez avec amour ?
C’est tissez l’étoffe avec des fils tirés de votre cœur, comme si votre bien –
aimé devait porter cette étoffe.
C’est bâtir une maison avec affection, comme si votre bien – aimé devait
demeurer en cette maison.
C’est semer des grains avec tendresse et récolter la maison avec joie,
comme si votre bien – aimé devait manger le fruit.
C’est mettre en toute chose que vous façonnez un souffle de votre propre
esprit.
Et savoir que tous les morts bienheureux se tiennent auprès de vous et
veillent.
Souvent je vous ai entendu dire, comme si vous parliez dans votre sommeil :
« celui qui travaille le marbre, et qui trouve la forme de son âme dans la pierre, est
plus noble que celui qui laboure le sol.
Et celui qui saisit l’arc – en – ciel et l’étend sur la toile à la ressemblance de
l’homme, est plus que celui qui fait des sandales pour nos pieds. »
Mais moi je dis, non pas en sommeil, mais dans le plein éveil du milieu du
jour, que le vent ne parle pas plus doucement au chêne géant qu’au plus infime de
tous les brins d’herbe ;
Et celui – là seul est grand qui transforme la voix en un chant rendu plus doux
par son propre amour.
Le travail est amour rendu visible.
Et si vous ne pouvez travailler avec amour mais seulement avec dégoût, il
vaut mieux abandonner votre travail et vous asseoir à la porte du temple et
recevoir l’aumône de ceux qui œuvrent dans la joie.
Car si vous faites le pain avec indifférence, vous faites un pain amer qui
n’apaise qu’à moitié la faim de l’homme.
Et si vous pressez le raisin de mauvaise grâce, votre regret distille un poisson
de vin et si même vous chantez comme les anges et n’aimez pas le chant, vous
fermez les oreilles de l’homme aux voix de la nuit.
Gibran Khalil, le Prophète, éd. Casterman.
TEXTE N°2 FORCE-LES DE BATIR ENSEMBLE
Ainsi me parlait mon père :
- Force-les de bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères.
Mais si ti veux qu’ils se haïssent jette-leur du grain.
Il me disait encore :
- Qu’ils m’apportent d’abord le fruit de leur travail. Qu’ils versent dans
mes granges la rivière de leurs moissons. Qu’ils bâtissent en moi leurs
greniers. Je veux qu’ils servent ma gloire quand ils flagellent les blés et
qu’éclate auteur l’écorce d’or. Car alors le travail qui n’était que fonction pour
la nourriture devient cantique. Car voilà qu’ils sont moins à plaindre ceux dont
les reins pleins sous les sacs lourds quand ils les portent vers la meule. Ou les
remportent, blancs de farine. Le poids du sac les augmente comme une prière.
Et voilà qu’ils rient joyeux quand ils portent la gerbe comme un candélabre de
graines avec ses pointes et son rutilement. Car une civilisation repose sur ce
qui est exigé des hommes, non sur ce qui leur est fourni. Et certes ce blé,
ensuite ils reviennent épuisés et s’en nourrissent. Mais là n’est point pour
l’homme la face importante des choses. Ce qui les nourrit dans leurs cœurs ce
n’est point ce qu’ils reçoivent du blé. C’est ce qu’ils lui donnent.
Car une fois encore sont à mépriser ces peuplades qui récitent les
poèmes d’autrui ou font venir des architectes qu’ils paient pour édifier leurs
villes. Ceux-là, je les appelle des sédentaires. Et je ne découvre plus autour
d’eux comme une auréole le poudroiement d’or du blé que l’on bat.
Car il est juste que je reçoive en même temps que je donne afin d’abord
de pouvoir continuer de donner. Je bénis cet échange entre le don et le retour
qui permet de poursuivre la marche et de donner plus loin encore. Et si le
retour permet à la chair de se refaire c’est le don seul qui alimente le cœur.
- L’homme, disait mon père, c’est d’abord celui qui crée. Et seuls sont
frères les hommes qui collaborent. Et seuls vivent ceux qui n’ont point trouvé
leur paix dans les provisions qu’ils avaient faites.
Antoine de St EXPERY Vol de Nuit
TEXTE N° 03 : LE TRAVAIL, ASSUR
L’INDEPENDANCE
Ces vacances-là, Climbié les avait passées à
Boudéa, dans la plantation de l’oncle Assouan Koffi, qu’il
avait trouvé à sa descente du train. Maintenant, le
nombre de ses rides avait augmenté et, de chaque côté
des ailes du nez, partaient de profonds sillons qu’on
aurait dits creusés par la sueur ; dans la barbe, beaucoup
de poils blancs.
Un porteur avait la valise, et Climbié en
regardant l’oncle se demandait : « Pourquoi vieillit-il si
vite ? » Le dos un peu voûté lui donnait une démarche
plus lente. « Que se passe-t-il ? » ne cessait de se
demander Climbié. Tous qui les croissaient posaient la
même question :
« C’est ton petit, ça ? »
- Oui.
- C’est bien ! Petit… ton papa, c’est un bon type.
Il faut bien travailler à l’école, et quand tu seras grand, il
faut être bon comme lui. »
Le lendemain matin, l’oncle et le neveu se mirent
en route, à pied, pour la plantation sise à une
quarantaine de kilomètres de la Ville. Dans les petits
villages, l’on voyait des colporteurs dioulas, haoussas,
assis devant leur éventaire, la bouilloire et la peau de
prière à portée de la main. Ils avaient les pieds fendillés à
force de marcher, et la peau du crâne plissée à force de
porter.
Ils allaient, et l’oncle comment il avait acquis le
terrain.
« Un jour, au cours d’un voyage, je vis cette forêt,
et l’idée me vint soudain de planter. Il faut avouer que,
déjà en France, lors de mon service militaire, un de mes
chefs, m’appelant, me dit :
« Que feras-tu après ton service ? »
- Fonctionnaire
- Et si tu plantais… ? N’importe quoi
« Je ne pris pas cela au sérieux. Plus tard, l’idée
me vint brusquement de planter.
« Planter, s’agripper au sol, refuser de se laisser
déraciner et emporter par la vague torrentielle des
modes, refuser de se laisser ballotter par les tourbillons
de conceptions plus ou moins contradictoires, c’était,
hélas ! Vouloir rester « sauvage » tant les villes attiraient,
fascinaient.
« Tu as vu le début de cette plantation, avant la
mort de ton oncle N’dabian. Au retour des dix mois
qu’avaient duré les funérailles, la brousse avait repris ses
droits. Il m’a fallu à nouveau tout recommencer. Tu
verras ! Ah ! Mon enfant, il y a du travail. Chaque jour, je
lutte contre les lianes, les herbes, les ronces, contre la
pluie, le vent, le soleil, les insectes, les singes
maraudeurs, les animaux nuisibles, et Dieu sait s’ils sont
nombreux ! Nuit et jour, il me faut être sur le qui-vive.
« Le vent souffle-t-il trop fort ? Je me dis : « Ce
vent-là fera tomber les fleurs des caféiers et la récolte
sera mauvaise. » La pluie est-elle précoce ? Il est difficile
de brûler les champs, difficile donc d’avoir des vivrières,
et alors, c’est la famine. La pluie tarde-t-elle, au
contraire ? On risque encore d’avoir la famine, parce que
l’époque de planter aura passé. Un arbre tombe-t-il ? Ne
m’a-t-il pas brisé des caféiers ? Des cacaoyers ?
La tête, tout le temps, travaille aussi bien que les
bras. Il me faut tout voir, pour être sûr que tout marche.
Créer une plantation n’est pas un jeu, mon enfant.
Et aucun parent pour vous aider parce que vous
n’avez pas d’argent. Ceux qui viennent repartent. Ils ne
peuvent pas attendre. Ils n’ont pas le temps. La vie
passe, il faut vivre, récolter rapidement le fruit de ses
efforts.
Moi, je ne me presse pas, parce que je veux que
tu continues ce travail qui me tue chaque jour. Tous mes
efforts, toutes mes privations doivent porter leurs fruits.
Vous devez tous me continuer, chacun doit apporter sa
pierre à l’édifice.
« Tu es encore jeune… Je te parlerai de tout cela,
afin que tu t’en souviennes. Le travail ! et après le travail,
l’indépendance, mon enfant ! N’être à la charge de
personne, telle doit être la devise de votre génération. Et
il te faut toujours fuir l’homme qui n’aime pas le travail. »
Bernard BinlinDadié, Climbié,
Seghers.