MP*2 LLG DM 3 de révisions de MPSI (algèbre linéaire) 2024/2025
Soit n ∈ N∗ . Pour tout p ∈ [[0, n]], on note (1) Expliquer que pour montrer le théorème 1, il est suffisant de montrer le
résultat suivant :
Vp = {M ∈ Mn (R), rg(M ) ≤ p} .
Théorème 2 Pour tout p ∈ [[0, n]], pour tout E sous-espace vectoriel de
Mn (R), si E est inclus dans Vp et s’il existe M ∈ E de rang égal à p,
I 0
On notera également Jp = p alors dim(E) ≤ np.
0 0
On souhaite montrer dans ce problème le théorème suivant : (2) Montrer le résultat pour p = 0 et p = n.
On se fixe désormais p ∈ [[1, n − 1]].
Théorème 1 Pour tout p ∈ [[0, n]], pour tout E sous-espace vectoriel de Mn (R),
(3) Expliquer que si l’on montre le résultat :
si E est inclus dans Vp alors dim(E) ≤ np.
Théorème 3 Pour tout E sous-espace vectoriel de Mn (R), si E est in-
I. Des exemples : clus dans Vp et que la matrice Jp ∈ E alors dim(E) ≤ np.
Pour tout M ∈ Mn (R), on note fM ∈ L(Rn ) l’application linéaire représentée alors on pourra en déduire le résultat voulu.
par M dans la base canonique de Rn . On considère donc désormais E, un sous-espace vectoriel de Mn (R) inclus
Pour tout F sous-espace vectoriel de Rn , on note dans Vp et on suppose que Jp ∈ E. L’objectif de la partie suivante est
d’établir que dim(E) ≤ np.
KF = {M ∈ Mn (R), F ⊂ ker(fM )} et IF = {M ∈ Mn (R), Im(fM ) ⊂ F } .
III. Démonstration du résultat :
(1) Soit F un sous-espace vectoriel de Rn de dimension p. On cherche à On considère M ∈
E et onl’écrit sous forme de matrice par blocs (en posant
étudier IF . A C
q = n − p) : M = avec A ∈ Mp (R), B ∈ Mq,p (R), C ∈ Mp,q (R),
a. Montrer que IF est un sous-espace vectoriel de Mn (R). B D
et D ∈ Mq (R).
b. Montrer qu’il existe P ∈ Gln (R) tel que :
A C
Pour tout r ∈ [[1, q]], on note Lr la rième ligne de B et pour tout s ∈ [[1, q]], on
∀M ∈ IF , ∃A ∈ Mp (R), ∃C ∈ Mp,q (R), P M = note Cs la sième colonne de C.
0 0
A − tIp C
c. Expliquer que IF ⊂ Vp . (1) Expliquer que pour tout t ∈ R, Nt = est une matrice de
B D
d. Montrer que dim(IF ) = np. rang inférieur ou égal à p.
(2) Soit F un sous-espace vectoriel de Rn de dimension q = n−p. On cherche (2) Soit (k, l) ∈ [[p + 1, n]]2 . On note f (t) l’application qui à t associe le
à étudier KF . déterminant de la sous-matrice de taille p + 1 de Nt constituée des p
a. Montrer que KF est un sous-espace vectoriel de Mn (R). premières lignes et de la ligne k, et des p premières colonnes et de la
colonne l.
b. Montrer qu’il existe P ∈ Gln (R) tel que :
A 0
A − tIp Cs
∀M ∈ KF , ∃A ∈ Mp (R), ∃B ∈ Mq,p (R), M P = f (t) =
B 0 Lr dr,s
c. Expliquer que KF ⊂ Vp . avec s = l − p, r = k − p.
d. Montrer que dim(KF ) = np. a. Montrer que f est un polynôme en t de degré inférieur ou égal à p.
II. Réduction du problème : b. Expliquer que pour tout t ∈ R, f (t) = 0.
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c. En considérant le coefficient en tp de f , conclure que la matrice D (3) Établir que l’application linéaire
est nulle.
E
→ Mp (R) × Mn!!
(R)
A C !
Ainsi M = . Θ: A C 0 C
B 0 M =
7→ A,
B 0 B 0
(3) a. En utilisant la fonction f ci-dessus, montrer que pour tout r ∈ [[1, q]],
pour tout s ∈ [[1, q]], Lr Cs = 0. réalise un isomorphisme de E sur Mp (R) × G.
b. En déduire que BC = 0. (4) Montrer que si (U, V ) ∈ Mp,1 (R)2 \ {(0, 0)} alors il existe A ∈ Mp (R) tel
(4) On considère l’application A U
que t 6= 0.
V 0
E → Mp (R) × Mp,q (R) A C
∈ E, nécessairement B = 0 ou
! (5) En déduire que pour tout M =
θ: A C . B 0
M =
7→ (A, C + t B) C = 0.
B 0
A C
(6) En déduire que soit E = , (A, C) ∈ Mp (R) × Mp,q (R) , soit
0 0
a. Montrer que θ est une application linéaire.
A 0
b. Montrer qu’elle est injective de E dans Mp (R) × Mp,q (R). E= , (A, B) ∈ Mp (R) × Mq,p (R) .
B 0
(5) Conclure. (7) En déduire que si E0 est un sous-espace vectoriel de Mn (R) inclus dans
Vp et de dimension dim(E0 ) = np, alors E0 est soit de la forme KF avec
IV. Quelques applications : dim(F ) = n − p, soit de la forme IF avec dim(F ) = p.
(1) En utilisant le théorème démontré dans ce problème, retrouver le résul-
tat connu : tout hyperplan de Mn (R) contient au moins une matrice
inversible.
(2) Plus généralement, montrer que pour tout q ∈ [[1, n − 1]], pour tous
q
\
hyperplans H1 , . . . Hq de Mn (R), le sous-espace vectoriel E = Hk
k=1
contient au moins une matrice inversible.
V. Espaces de dimension maximale :
On considère dans cette partie E un sous-espace vectoriel de Mn (R) inclus
dans Vp et on suppose que Jp ∈ E. On suppose de plus que dim(E) = np.
(1) Expliquer que l’application θ définie question III4 est dans ce cas un
isomorphisme.
0 C A C
(2) Montrer que G = ∈ Mn (R), ∃A ∈ Mp (R), ∈E
B 0 B 0
est un sous-espace vectoriel de Mn (R) de dimension inférieure ou égale
à pq.