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Historique Complexes

Les nombres complexes ont émergé au XVIème siècle en réponse à la résolution d'équations de degré 3, un défi pour les mathématiciens de l'époque comme Cardan et Tartaglia. En cherchant des solutions sous la forme de sommes de deux termes, les mathématiciens ont introduit des concepts qui ont conduit à la nécessité des nombres complexes, notamment lors de la résolution d'équations sans solutions réelles. Finalement, l'usage de l'expression de la racine carrée de -1 a permis de formaliser l'idée des nombres complexes, marquant ainsi leur naissance.

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Historique Complexes

Les nombres complexes ont émergé au XVIème siècle en réponse à la résolution d'équations de degré 3, un défi pour les mathématiciens de l'époque comme Cardan et Tartaglia. En cherchant des solutions sous la forme de sommes de deux termes, les mathématiciens ont introduit des concepts qui ont conduit à la nécessité des nombres complexes, notamment lors de la résolution d'équations sans solutions réelles. Finalement, l'usage de l'expression de la racine carrée de -1 a permis de formaliser l'idée des nombres complexes, marquant ainsi leur naissance.

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Historique : l’apparition des nombres complexes

Nous essayons ci-dessous de vous donner une idée du moment où les nombres complexes sont apparus. La présen-
tation des faits est légèrement romancée mais exacte. Si vous buttez sur les calculs, ne lisez que le début et la fin de
ces calculs pour vous concentrer sur le texte.

Les nombres complexes sont nés d’un problème algébrique : la résolution de l’équation de degré 3. Replaçons
nous dans le contexte. Nous sommes au XVIème siècle. L’imprimerie a entre cinquante et cent ans d’existence. On
ne connaît pas les nombres complexes. Les grands noms des mathématiques de l’époque sont Girolamo Cardano
(en français, Jerome Cardan) (1501-1576), Nicolo Tartaglia (1500-1557), Ludovico Ferrari (1522-1565),
Scipione Del Ferro (1465-1526) et Rafael Bombelli (1526-1573). Ils travaillent sur la résolution des équations,
mais n’ont pas encore à disposition notre formalisme. Par exemple, le problème « x3 + 6x = 20 » devient sous la plume
de Cardan : « Soit le cube et six fois le côté égal 20 ».

A cette époque, on sait résoudre l’équation de degré 1 avec une idée simple. L’égalité 2x − 4 = 6 signifie : en partant
d’un nombre inconnu x, en le multipliant par 2 puis en retranchant 4, on trouve 6. Pour retrouver le nombre initial,
on effectue les opérations contraires en sens inverse. On ajoute 4 au nombre 6, puis on divise le résultat obtenu
4+6
par 2 et on obtient x = = 5.
2

Il en est de même pour l’équation de degré 2 : x2 − 4 = 12. Effectuer les opérations contraires consiste à réajouter
√ pour obtenir 16 puis
4 à 12 √ à faire le contraire de l’élévation au carré à savoir reprendre la racine carrée. On obtient
x = 4 + 12 = 4 (ou x = − 4 + 12 = −4). Les choses se compliquent avec l’équation x2 − 4x + 3 = 0. Il ne semble plus
possible de trouver les opérations successives effectuées à partir de l’inconnue x. Le problème est que l’inconnue
apparaît deux fois. Tout se passe comme si on avait en fait deux inconnues : x et x2 . Mais une astuce algébrique
(la transformation canonique) permet de se ramener à une équation où l’inconnue apparaît une seule fois et donc où
l’on comprend les différentes étapes de calcul effectuées à partir de l’inconnue x.

x2 − 4x + 3 = 0 ⇔ (x − 2)2 − 1 = 0,

√ x, il n’y a plus√qu’à partir de 0, ajouter 1, prendre la racine carrée (±) et finalement ajouter
et pour obtenir l’inconnue
2 pour obtenir x = 2 + 1 = 3 ou x = 2 − 1 = 1.

Passons à l’équation de degré 3. Par exemple, soit l’équation

x3 + 3x2 − 21x − 95 = 0 (E1 ).


Comme pour l’équation de degré 2, on cherche à transformer le premier membre de sorte que l’inconnue n’apparaisse
qu’une seule fois. On espère parvenir à une équation du genre (x + 1)3 − 27 = 0. On peut commencer le travail :

x3 + 3x2 − 21x − 95 = 0 ⇔ (x + 1)3 − 3x − 1 − 21x − 95 = 0 ⇔ (x + 1)3 − 24x − 96 = 0.


Malheureusement, le terme −24x persiste. Conservons néanmoins l’idée en considérant la nouvelle inconnue y = x + 1.
L’équation (E1 ) s’écrit maintenant plus simplement :

(E1 ) ⇔ y3 − 24(y − 1) − 96 = 0 ⇔ y3 − 24y − 72 = 0 (E1′ ).


La nouvelle équation est un peu plus simple car le terme de degré 2 a disparu, mais un terme de degré 1 est toujours
écrit. Si maintenant, on cherche à le faire disparaître à l’aide d’un nouveau changement d’inconnue, on peut, mais on
fera réapparaître un terme de degré 2. En fait, une manipulation algébrique ne fera pas, dans le cas général, disparaître
à la fois le terme de degré 1 et le terme de degré 2 (même si pour l’équation x3 + 3x2 + 3x − 26 = 0, cela marche en
l’écrivant successivement x3 +3x2 +3x +1−27 = 0 puis (x +1)3 −27 = 0). Pour continuer, il faut une idée neuve. Cardan
(ou plus probablement quelqu’un d’autre comme peut-être Tartaglia (Cardan a une lourde réputation de voleur
d’idées)) a eu l’idée de chercher une solution de (E1′ ) sous la forme y = u + v (pourquoi pas ?). Cela donne

(E1′ ) ⇔ (u + v)3 − 24(u + v) − 72 = 0 ⇔ u3 + v3 + 3u2 v + 3uv2 − 24(u + v) − 72 = 0


⇔ u3 + v3 − 72 + (u + v)(3uv − 24) = 0
u3 + v3 − 72 = 0 u3 + v3 = 72
⇐{ ⇔{ 3 3
3uv − 24 = 0 u v = 83 = 512

© Jean-Louis Rouget, 2015. Tous droits réservés. 1 http ://[Link]


Il faut faire attention à l’implication ⇐ intermédiaire. Ce n’est pas une équivalence. Cette implication doit être
comprise sous la forme : si on trouve deux réels u et v tels que la somme u3 + v3 soit égale à 72 et le produit u3 v3 soit
égal à 512, alors le nombre y = u + v est solution de (E ′ ) puis le nombre x = y − 1 est solution de (E).
u3 et v3 sont les solutions de l’équation de degré 2 :

X2 − 72X + 512 = 0 (∗)

(en effet, u3 et v3 sont les solutions de l’équation (X − u3 )(X − v3 ) = 0 ou encore X2 − u3 X − u3 X + u3 v3 = 0 ou encore


X2 − (u3 + v3 )X + u3 v3 = 0 ou enfin X2 − 72X + 512 = 0).
Tout est là. L’idée de Cardan a permis de ramener la résolution d’une équation de degré 3 à la résolution d’une autre
équation, de degré 2 celle là. Le discriminant de (∗) est ∆ = (−72)2 − 4 × 512 = 3136 = (56)2 . Les solutions de cette
72 − 56 72 + 56
dernière équation sont donc u3 = = 8 = 23 et v3 = = 64 = 43 . Le nombre y = 2 + 4 = 6 est donc solution
2 2
de (E ′ ) puis le nombre x = y − 1 = 5 est solution de (E). On peut alors achever la résolution de (E) en mettant (x − 5)
en facteur :

(E) ⇔ x3 + 3x2 − 21x − 95 = 0 ⇔ (x − 5)(x2 + 8x + 19) = 0 ⇔ (x − 5)((x + 4)2 + 3) = 0,


et (E) admet une et une seule solution (réelle) à savoir 5.
Réessayons tout ceci avec l’équation x3 − 54x + 108 = 0 (E2 ). On pose x = u + v et on obtient :

(E2 ) ⇔ (u + v)3 − 54(u + v) + 108 = 0 ⇔ u3 + v3 + 108 + (u + v)(3uv − 54) = 0


u3 + v3 = −108
⇐{
u3 v3 = 183 = 5832
.

u3 et v3 sont alors les solutions de l’équation X2 + 108X + 5832 = 0 (∗) dont le discriminant vaut cette fois-ci : ∆ =
(−108)2 − 4 × 5832 = −11664 = −(1082 ). (∗) n’a donc pas de solution, si on ne connaît pas les complexes.
Pourtant, le polynôme x3 − 54x + 108, de degré 3, a forcément une racine car pour x = −1000, il prend une valeur
négative alors que pour x = 1000, il prend une valeur positive, et il doit donc bien s’annuler quelque part (la notion
de continuité et le théorème des valeurs intermédiaires analysés au chapitre 6, ne seront connus que bien plus tard). Il
n’y a pas de raison que la méthode ne fonctionne plus, simplement parce que l’équation (∗) n’a pas de solution. L’un
des mathématiciens de l’époque décide de continuer :


X2 + 108X + 5832 = (X + 54)2 − 542 + 5832 = (X + 54)2 + 542 = (X + 54)2 − (54 −1)
2

√ √
= (X + 54 + 54 −1) (X + 54 − 54 −1) .

On y est, les complexes sont en train de naître. L’expression −1 apparaît comme un objet absurde qui plus √ tard

s’écrira i (initiale du mot impossible et non pas du mot « imaginaire ») (il faut noter qu’aujourd’hui la notation −1
n’a aucun sens car on ne sait pas si elle désigne le nombre i ou le nombre −i et on n’écrit jamais −1).
√ √
On a ainsi u3 = 54 (−1 − −1) et v3 = 54 (−1 + −1) et donc
√ √ √ √ √ √ √ √
x = 3 54 (−1 − −1) + 3 54 (−1 + −1) = 3 ( 3 2 (−1 − −1) + 3 2 (−1 + −1))

est solution de (E2 ). Le résultat sous cette forme n’a évidemment aucun intérêt (et même n’a aucun sens car on peut
montrer qu’un nombre √ complexe √
non nul donné a, non pas une, mais trois racines cubiques deux à deux distinctes de
sorte que l’écriture 54(−1 − −1) ne veut rien dire). Il reste encore à découvrir que
3

√ √ √ √ √ √ √
(1 − −1) = 1 − 3 −1 + 3 ( −1) − ( −1) = 1 − 3 −1 − 3 + −1 = −2 − 2 −1,
3 2 3

√ √ √
de sorte que l’on peut prendre u = 3 (1 − −1). De même, en remplaçant −1 par − −1 (là, c’est la notion de conjugué

qui pointe son nez), v = 3 (1 + −1) et finalement, x = u + v = 6. On reporte alors le nombre 6 dans l’équation, un peu
sceptique, et on constate émerveillé que ça marche :

63 − 54 × 6 + 108 = 216 − 324 + 108= 0.


√ √
En s’étant permis d’écrire −1, on est allé au bout des calculs, le « nombre » −1 disparaissant en fin de parcours
et n’ayant donc été qu’un outil intermédiaire, sans statut propre.
Ainsi sont nés les nombres complexes.

© Jean-Louis Rouget, 2015. Tous droits réservés. 2 http ://[Link]

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