Cours D'analyse Monetaire23
Cours D'analyse Monetaire23
PAR
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CHAPITRE I. APPROCHE FONCTIONNELLE ET MESURE DE LA MONNAIE.
Dans le Cameroun du XVIIIe siècle, la monnaie consistait principalement en pièces
d’argent et en pièces d’or(les louis, du nom des derniers rois dont l’effigie était frappée sur
les pièces). Au XIXe siècle s’y ajoutèrent les billets de la Banque centrale. Aujourd’hui, on
utilise non seulement les pièces et les billets, qui sont fournis par la banque des Etats de
l’Afrique Centrale, mais surtout des Chèques sur des comptes bancaires, et des cartes de
paiement (souvent appelés carte de crédit).
La monnaie prend donc les formes variables selon les endroits et selon les époques,
mais elle est toujours importante pour les agents économiques individuels comme pour
l’ensemble de l’économie.
La monnaie est liée aux changements des variables économiques les plus importantes
comme l’inflation, le chômage, les crises ou la croissance.
Pour comprendre exactement les effets de la monnaie sur l’économie, il convient de bien
saisir ce qu’est la monnaie.
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La monnaie est donc plus large que le numéraire, mais plus restreinte que la fortune
ou le patrimoine, et différent du revenu, alors même que les expressions courantes les
mélanges parfois. Ainsi, « il a beaucoup d’argent » vise le patrimoine et non le seul compte
en banque ; c’est dire que le patrimoine comprend outre la monnaie, mois aussi tous les
autres actifs que sont les biens mobiliers (voitures, meubles, titres comme les actions et
obligations) et les biens immobiliers.
Quant au mot argent dans l’expression « elle gagne beaucoup d’argent », il vise un
revenu, soit un flux de gains monétaires par unité de temps, alors que la monnaie est un
stock. Parler d’un revenu de 100000 FCFA n’a pas de sens si l’on ne connaît pas l’unité de
temps (la journée, la semaine, le mois, l’année), alors que détenir 100000 FCFA a un sens
précis.
Une fois le sens de la monnaie saisie ,nous allons à présent nous appesantir sur les
fonctions de la monnaie.
La monnaie sert d’intermédiaires des échanges dans presque toutes les transactions
de marché dans les économies modernes : sous forme de numéraire ou de chèque, elle sert
à payer les biens et services que l’on achète. L’utilisation de la monnaie comme
intermédiaires des échanges améliore l’efficacité économique et permet de minimiser le
temps dépensé à échanger des biens ou des services. On s’en rend compte si l’on examine le
cas d’une économie de troc, une économie sans monnaie dans laquelle les biens et services
sont échangés directement les uns contre les autres.
Dans une économie de troc, un médecin ne sait rien faire d’autre que soigner des
malades et ne peut donc manger que s’il trouve des boulangers, bouchers ou restaurateurs
qui ont besoins de soins. Au mieux, il doit trouver des intermédiaires prêts à échanger leurs
propres biens ou leurs propres talents contre la nourriture et à lui d’échanger une partie
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contre ses soins. Ces recherches risquent fort bien d’être longues et coûteuses. Le temps
passé à ces recherches s’appelle un coût de transaction. Dans une économie de troc, les
coûts de transaction sont élevés car les individus doivent parvenir à une double coïncidence
des besoins.
Si l’on introduit la monnaie, le médecin peut soigner tout malade prêt à le payer, et
peut faire des courses variées avec l’argent qu’il a reçu. Le problème de la double
coïncidence est évité. Cet exemple de médecin montre que la monnaie augmente l’efficacité
économique en économisant une grande partie du temps passé à échanger. Elle augmente
aussi en permettant à chacun de se spécialiser dans ce qu’il fait le mieux. La monnaie joue
donc dans l’économie un rôle essentiel de lubrifiant qui diminue les coûts de transaction et
facilite la spécialisation et la division du travail.
B- Réserve de valeur.
C’est parce que la monnaie est un moyen d’échange qu’elle sert de réserve de valeur.
La monnaie est un pouvoir d’achat mis réserve et transférable dans le temps. Une réserve de
valeur sert à épargner du pouvoir d’achat entre le moment où le revenu est reçu et celui où
il est dépensé. Cette fonction de la monnaie est utile, car en général on ne souhaite pas
dépenser son revenu immédiatement quand on le reçoit, et on préfère le garder jusqu’au
moment où on a le temps et le désir d’acheter.
La monnaie n’est pas la seule réserve de valeur. En fait, n’importe quel actif (de la
monnaie, des actions, des obligations, terres, des maisons, des œuvres d’art, des bijoux)
peut être utilisé pour conserver de la valeur. Beaucoup de ces actifs ont même, comme
réserve de valeur, des avantages sur la monnaie : ils rapportent souvent à leurs détenteurs
un taux d’intérêt plus élevé, s’apprécient avec le temps (leur prix augmente), ou fournissent
les services tels qu’un toit où dormir. Si ces actifs sont de meilleures réserves de valeur que la
monnaie, on peut s’interroger sur les mobiles de détention de la monnaie.
Comme la monnaie est un actif parfaitement liquide, les gens sont prêts à en détenir,
même si ce n’est pas la réserve de valeur la plus rentable par ailleurs.
La qualité d’un actif comme réserve de valeur dépend des avantages qu’il procure
(intérêts, utilité d’usage) mais aussi de l’évolution de son prix par rapport au niveau général
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des prix, car sa valeur est mesurée par la moyenne des prix des biens qu’il permet
d’acquérir. Le prix de la monnaie exprimée en monnaie est par définition stable : sa valeur
nominale est constante. Si tous les prix des biens doublent, et donc le niveau général des
prix, la valeur de la monnaie est divisée par deux. Inversement, une division par deux de tous
les prix signifie que la valeur de la monnaie double. En période d’inflation, le niveau des prix
augmente et la valeur de la monnaie diminue, de sorte que les gens sont plus réticents à
détenir leur patrimoine sous cette forme.
c- Unité de compte.
On imagine bien il serait difficile dans une économie de troc de faire des courses : un
supermarché disposant de 1000 produits devrait mettre à chacun d’eux une étiquette
contenant 999 prix pour qu’on puisse comparer les prix des différents produits les uns par
rapport aux autres. Le temps à lire les étiquettes constituerait à lui seul un coût de
transaction prohibitif. En introduisant la monnaie, on résout le problème en indiquant tous
les prix en monnaie. Avec les trois biens dans l’économie, cela ne change rien car il faut
toujours trois prix en monnaie. Mais pour les dix biens, on n’a plus besoin que de dix prix au
lieu des 45 prix relatifs.
a- Monnaie marchandise.
Pour qu’un objet serve de monnaie, il faut qu’il soit universellement acceptable, c’est
à dire que tout le soit prêt à l’accepter en paiement de biens ou de service. Des biens qui ont
une valeur évidente pour tout un chacun, comme le blé, sont donc de bons candidats pour
servir de monnaie. C’est également le cas des métaux précieux dont l’utilisation fréquente
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comme monnaie tient spécialement à leur divisibilité, à leur bonne conservation et à leur
facile standardisation. Une monnaie constituée de marchandise désirables pour elles-mêmes
est appelée une monnaie marchandise. De l’antiquité au début de temps modernes, des
monnaies marchandises ont servi d’intermédiaire des échanges dans toutes les sociétés,
sauf les plus primitives.
b- Monnaie fiduciaire
Dès lors que, du fait du cours forcé, la monnaie est exclusivement fiduciaire et
dépend avant tout d’un arrangement légal, les pays peuvent changer de monnaie à volonté.
C’est ce qui a permis de réaliser l’union monétaire européenne.
c- Monnaie scripturale.
Les inconvénients majeurs du papier-monnaie et des pièces sont qu’ils peuvent être
volés et que leur transport en grande partie est coûteux à cause de leur encombrement.
D’autres instruments permettent de remédier à ces inconvénients et correspondent à une
autre étape dans l’évolution des systèmes de paiement : il s’agit de ce qui constitue la
monnaie scripturale développée par les banques, en premier lieu le chèque.
Le qualificatif « écriture » vient du mot latin scriptum qui signifie écriture. La monnaie
scripturale est une monnaie d’écriture. Plus précisément celui qui détient cette monnaie a
un avoir qui est simplement matérialisé par une écriture dans les comptes d’une banque.
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Depuis l’Antiquité, les virements entre comptes par simples jeux d’écriture furent
pratiqués, même s’ils restèrent longtemps restreints à un petit nombre de marchands. Au
XIVe siècle, l’invention de la lettre de change facilitera les échanges à distance. Dans une
lettre de change, un marchand (dit preneur) demandait à un autre, son correspondant à
l’étranger (dit payeur), de payer un montant donné à un tiers (le bénéficiaire). La circulation
de ces lettres par endossement (c’est à dire par ajout d’une signature au dos) permettait de
les utiliser comme une monnaie, même si leur acceptation était limitée aux gens connaissant
le débiteur ou les signataires successifs. L’introduction de la lettre de change fut une
innovation majeure qui améliora beaucoup l’efficacité des systèmes de paiement. En effet, il
arrivait fréquemment que les paiements dans diverses directions se compensent. Mais avant
l’arrivée de la lettre de change, tous ces paiements devaient être effectués un à un, ce qui
exigerait des quantités importantes de numéraire. Cette compensation entre de nombreuses
lettres de changes fut organisée de manière de plus en plus sophistiquée par des banquiers
capables d’évaluer la qualité des débiteurs. Elle facilitera la multilatéralisation du commerce
en permettant d’éviter une grande part des transports de numéraire.
Forme simplifié et démocratisée de la lettre de change, le chèque est une instruction qu’un
client donne à sa banque de payer un montant à une autre personne en échange du chèque.
Aujourd’hui, les chèques ne peuvent plus circuler par endossement et conduisent
simplement les banques à transférer le montant spécifié du compte de leur client à celui du
bénéficiaire du chèque. Le chèque permet de bénéficier des avantages de la compensation.
Un autre atout des chèques est que les pertes sont réduites car le bénéficiaire est clairement
désigné.
d- Monnaie électronique.
Le développement des NTIC est à la base de cette forme de monnaie. Au lieu d’envoyer
un chèque, on peut se connecter sur le site Internet de sa banque et, en quelques clics,
transmettre un ordre de paiement pour régler une facture. L’économie de coût réalisée
quand un paiement est fait électroniquement plutôt que par chèque est importante.
Le paiement électronique peut non seulement se substituer au chèque mais peut remplacer
aussi le numéraire, sous la forme de monnaie électronique. La première forme de monnaie
électronique est la carte de débit, couramment appelée carte de crédit, alors même qu’elle
ne donne pas accès à un crédit, mais permet seulement un paiement, éventuellement
différé. Les cartes de débit permettent aux clients d’acheter des biens ou des services en
transférant directement des fonds de leurs comptes bancaires à ceux des commerçants
concernés. Leur usage est souvent plus rapide encore que celui du numéraire, car il suffit de
passer une carte dans un lecteur et de taper un code pour que le transfert ait lieu.
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Une solution plus sophistiquée et plus récente est celle des cartes prépayées ou
porte-monnaie électroniques. En les achetant pour un montant donné, comme une carte de
téléphone, un consommateur peut réaliser des paiements, souvent de petits montants, chez
tous les commerçants équipés d’un terminal. Les plus sophistiquées sont dotées d’une puce
qui permet de les recharger à un terminal en transférant de l’argent du compte bancaire de
leur détenteur. Elles peuvent être utilisées pour payer en ligne sur des ordinateurs ou des
téléphones spécialement équipés.
Une troisième forme de monnaie électronique permet d’acheter des biens ou des
services sur internet. On peut l’obtenir en ouvrant un compte dans une banque et en lui
faisant transférer un montant sur un ordinateur personnel. On peut ensuite surfer sur
Internet et utiliser la monnaie électronique pour payer des achats en transférant
directement le montant nécessaire de son ordinateur à celui du vendeur. Celui-ci peut ainsi
recevoir le paiement avant d’expédier les achats.
Les critères utilisés pour définir les agrégats monétaires officiels sont soit de nature
institutionnelle, soit de nature économique. Dans les années antérieures, les critères
institutionnels l’ont très longtemps emporté. Mais depuis 1980, les critères économiques
prennent de plus en plus d’importance. La construction des agrégats monétaires est
entièrement justifiée par des arguments économiques mettant l’accent sur les fonctions de
la monnaie.
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terme inscrits au passif des institutions financières qui assuraient leur conversion immédiate
en moyens de paiement sans risque de perte en capital( la seule pénalisation étant la
réduction des intérêts perçus) et sans prélèvement sur les moyens de paiement d’un autre
agent économique ».
La prise en compte d’un critère institutionnel dans cette définition était justifiée par
le fait que seules les institutions financières proposaient des placements liquides. Les autres
placements possibles étaient constitués par des actions et des obligations à moyen et long
terme faisant supporter un risque en capital. Il n’existait pas de placements à échéance
courte négociables sur un marché secondaire. Un critère des actifs monétaires en sous
ensembles était établi sur la base d’un critère institutionnel justifié par le cloisonnement
administratif et juridique des systèmes financiers. On distinguait les placements auprès des
institutions financières selon qu’ils étaient gérés par des institutions financières bancaires ou
par des institutions financières non bancaires (crédit foncier, CNPS caisse postale, etc.).
On trouve désormais dans les agrégats monétaires aussi bien des placements effectués
auprès des établissements de crédit que des placements effectués sur les marchés des titres.
A l’inverse, certains placements effectués auprès des institutions financières,
nécessairement pris en compte dans la définition traditionnelle de la monnaie, sont exclus
de la nouvelle définition.
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2.2. Agrégats monétaires
2.2.1. Définition
Pour mener à bien sa mission, la banque centrale doit connaître en permanence la quantité
des moyens de paiement mis à la disposition des agents économiques non financiers (ANF).
Les ANF détiennent des actifs corporels comme de l’immobilier, des actifs financiers comme
des actions ou des actifs monétaires. Ces actifs monétaires sont à leur disposition
immédiatement, alors que les autres actifs ne sont pas convertibles en liquidités sans délais.
Ils sont matérialisés par les moyens de paiement.
Les moyens de paiement en circulation auprès des ANF constituent la masse monétaire. Ils
sont créés par les institutions financières monétaires (IFM), variables selon les économies.
Dans la zone CEMAC, le bilan consolidé du secteur des institutions financières monétaires
prend en compte le périmètre suivant :
- La banque centrale (BEAC)
- Les établissements de crédits résidents : dont l’activité consiste à recevoir du public
des dépôts et à consentir des crédits ;
- L’ensemble des autres institutions financières résidentes dont l’activité consiste à
recevoir des dépôts et/ou des substituts proches des dépôts et à consentir des
crédits ou à effectuer des placements en titres.
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La monnaie constituant une dette pour les IFM, la contrepartie de la masse monétaire
est formée par les créances ayant été à l’origine de la demande de monnaie et qui sont de
trois types :
les créances sur l’extérieur mesurent « l’incidence du solde des transactions
courantes de la balance des paiements » : elle résulte de l’activité de la banque
centrale par ses interventions sur le marché des changes et par ses opérations de
banque (prêts ou emprunts de monnaie à l’extérieur de la zone) ;
les créances sur le trésor mesurent la contrepartie sur l’Etat, qui pour refinancer ses
déficits peut placer ses titres à court terme auprès des banques commerciales ;
les créances sur l’économie mesurent l’ensemble des crédits accordés aux
entreprises et aux ménages. Leur remboursement a pour impact de réduire la
quantité de monnaie.
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Dans un système où la monnaie est uniquement constituée des pièces d’or ou
d’argent, la création monétaire passe par la transformation des métaux précieux en
pièces. Cette transformation dépend éventuellement de la volonté des détenteurs de
biens incorporant ces métaux (bijoux, ornements, vaisselle, etc.) de procéder à leur
monétisation. Elle dépend surtout de la production obtenue dans les mines d’or ou
d’argent. La masse monétaire est dépendante du stock de métal.
Dans les économies contemporaines, la création monétaire est plus complexe. Si l’on
s’en tient à l’agrégat le plus restrictif M1, on voit que la monnaie est essentiellement
constituée par les écritures en compte et dans une moindre mesure par du papier. On
retrouve cette formule purement scripturale si l’on retient un agrégat plus large.
Il nous faut dès lors expliquer par quels mécanismes ces agrégats sont conduits à
s’accroitre. Puisque la monnaie détenue par individu est composée de ses avoirs sous
forme de dépôts dans une institution financière et de billets de la banque centrale, on
peut considérer que l’établissement qui gère ces dépôts a joué un rôle actif dans leur
constitution, de même que la banque centrale ne peut qu’être à l’origine de l’émission
des billets sur lequel figure son nom.
Après avoir étudié comment est déterminée la quantité de monnaie, il nous faut à
présent nous interroger sur les origines de ses variations. Nous montrerons comment
une banque crée de la monnaie scripturale et comment cette création appelle une
création de billets par la banque centrale. L’ouverture sur l’extérieur et le financement
de l’Etat peuvent en outre engendrer une création monétaire.
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confère à la banque une créance sur le ménage qui voit s’inscrire sur son compte les
fonds demandés. Par jeu d’écritures, le crédit a engendré un dépôt sur le compte du
bénéficiaire.
La monnaie scripturale détenue par les agents non financiers s’est accrue de 10000
francs. Il y’a donc bien eu création monétaire. De la même façon, le remboursement du
crédit par le ménage se traduit par une destruction de monnaie. S’il rembourse par
exemple 3000 francs à la banque, son avoir sur son compte diminue d’autant. Son
endettement se réduit, ce qui constitue, pour la banque, une réduction de la créance
qu’elle détient sur le ménage.
La masse monétaire s’accroît donc lorsque le montant des crédits distribués aux
agents non financiers excède celui des remboursements.
Cet exemple est simplificateur puisque la monnaie a ici uniquement une forme
scripturale. Il ne semble pas avoir de limite à la possibilité de création monétaire par la
banque puisqu’elle fait apparaître de la monnaie scripturale par simple crédit du compte
client. En réalité, une limite essentielle tient au fait que la monnaie utilisée par le public
n’est pas uniquement scripturale. A cette monnaie bancaire s’ajoute une monnaie émise
par la banque centrale, que nous qualifierons de monnaie centrale, et que les agents
non financiers utilisent sous forme de billets. La monnaie scripturale figure au passif dans
le bilan de la banque sous forme d’engagement de la banque à fournir au titulaire du
compte de la monnaie centrale sur simple demande. Dès lors, pour une partie de la
monnaie scripturale créée, la banque devra assurer la conversion en monnaie centrale.
Cette contrainte de refinancement empêche une création illimitée par la banque
commerciale puisque celle-ci doit être à même d’obtenir des billets de la banque
centrale.
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- les billets et pièces : monnaie fiduciaire dont la création est réservée à la banque
centrale ;
- besoins en devises que la banque commerciale va devoir se procurer auprès de sa
banque centrale ;
- fuites vers le trésor public (ce qui n’est pas le cas aux Etats Unis ou le trésor public
dispose de comptes auprès des banques commerciales) ;
- fuites artificielles : les réserves obligatoires (chaque banque commerciale est obligée
de maintenir sur son compte à la banque centrale une somme qui peut être ou non
rémunérée. Ce montant des réserves obligatoires est calculé pour l’essentiel en
proportion de la masse des dépôts des clients. Par ce mécanisme, la banque centrale
augmente donc les besoins de refinancement des banques commerciales.
actif passif
- devises acquises par la banque - billets en circulation dans le public
centrale - comptes créditeurs des banques
- créances sur le système bancaire commerciales (réserves)
par suite de refinancement - compte créditeur du Trésor public
- concours apporté au Trésor public
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Si l’on retient une définition restrictive de la monnaie, au sens de M1 ou de M2, la
conversion des devises constitue bien une création monétaire puisque l’opération se traduit
par une augmentation du stock de monnaie des agents non financiers. En revanche, si l’on
prend une définition plus large de la monnaie, la conversion des devises n’accroît pas la
masse monétaire. Les devises sont en effets incorporées dans M3. ce choix se justifie par le
fait que, étant des actifs facilement convertibles en monnaie, ils constituent une promesse
de monnaie qui autorise à les inclure dans une définition plus large de la monnaie, au même
titre que les dépôts sur livrets, qui représentent une quasi-monnaie, sont enregistrés dans
M2. La conversion des devises revient donc à développer M1 au sein de M3.
En définitive, quel que soit l’agrégat retenu, les relations avec l’extérieur donnent lieu à la
création monétaire : au moment où les devises sont livrées si l’on prend un agrégat plus
large, au moment où elles sont convertibles si l’on choisit un agrégat plus restrictif.
Cet impact des relations avec l’extérieur, que nous venons de voir à partir de
l’exemple de l’exportateur, peut être généralisé à l’ensemble des relations réalisées avec
l’extérieur qui donnent lieu à des mouvements monétaires que l’on retrouve dans la balance
de paiements : dépenses des touristes résidents à l’étranger, envoi d’une partie des salaires
des travailleurs étrangers dans le pays d’origine, investissements à l’étranger, etc.
1.3.2. la création monétaire directe par les banques au profit du Trésor Public.
En tant que caissier de l’Etat ainsi que des multiples collectivités locales et
administrations particulières, le Trésor a des besoins de financement. Par exemple, lorsque
les dépenses de l’Etat sont supérieures aux recettes, il y a déficit budgétaire qui oblige le
Trésor à emprunter.
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pas de création monétaire. Le Trésor accroît son endettement et reçoit la monnaie centrale.
L’acquisition des titres par les banques se traduit donc en fait par un transfert de monnaie
centrale au profit du Trésor et non pas par une augmentation de la monnaie disponible
auprès des autres agents non financiers.
Les fonds dont dispose désormais le Trésor généreront une création monétaire s’ils
sont utilisés au profit d’agents non financiers. En revanche, s’il les utilise pour rembourser
des emprunts qu’il a dû effectuer à un coût plus élevé, cette utilisation ne donnera pas lieu à
création monétaire.
Lorsque les banques placent les titres acquis auprès de leur clientèle, il y a une
modification de la structure de la masse monétaire. Elle est constituée pour une grande part
par des titres du Trésor tandis que M1 se réduit puisque les agents non financiers utilisent
leurs disponibilités pour acquérir ces titres auprès des banques. Inversement, si les banques
rachètent ces titres négociables à leurs clients, il y a un gonflement de M1 puisque les
banques créditent les comptes des clients qui fournissent des titres.
Si l’on raisonne uniquement sur M1, les opérations consécutives à un financement bancaire
du Trésor sont en fin de compte susceptible d’engendrer un double effet :
- une création monétaire lorsque le Trésor utilise les fonds obtenus pour effectuer des
paiements auprès d’agents non financiers ;
- une destruction monétaire lorsque les banques placent les titres auprès de leurs
clients.
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fraction de leurs avoirs sous forme de monnaie centrale, les banques peuvent distribuer des
crédits pour un montant supérieur à celui de leur liquidité excédentaire.
Pour mieux comprendre le mécanisme du multiplicateur, il convient d’établir au niveau
macroéconomique la relation entre la base monétaire et la masse monétaire.
Quand les réserves excédentaires préalables préexistent à la distribution du crédit, il
s’agit du mécanisme du multiplicateur. La base monétaire représente la matière première à
partir de laquelle est créée la monnaie. Selon ce principe, chaque fois que la liquidité
bancaire augmente, les banques détiennent un excédent de monnaie centrale, encore
appelée réserves libres ou excédentaires (avoirs en compte des banques à la banque
centrale supérieures aux besoins liés à la réglementation des réserves obligatoires), qui leur
permet de distribuer des crédits (et donc de créer de la monnaie), en fonction de la
demande, pour un montant multiple de l’excédent de monnaie centrale.
Dans cette optique, la banque centrale garde une maîtrise de la création monétaire en
contrôlant strictement la base monétaire. Elle prend l’initiative d’injecter les liquidités en
monnaie centrale nécessaires pour permettre le développement du crédit et donc de la
monnaie. Elle module aussi le coefficient et l’assiette des réserves obligatoires. Ce cas de
figure caractérise essentiellement les économies de marché des capitaux à l’instar de
l’économie américaine.
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SECTION 3 : FACTEURS DE LA LIQUIDITE BANCAIRE.
La somme des facteurs autonomes et des réserves est égale à l’apport de liquidité réalisé
par les opérations de politique monétaire (somme des concours aux établissements de
crédit, de la facilité de prêt marginal moins la facilité de dépôts).
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BC : si les banques enregistrent des entrées de devises étrangères
supérieures aux sorties, la cession de l’excédent à la banque centrale
accroît la liquidité bancaire. A l’inverse, leurs achats de devises
étrangères auprès se la banque centrale correspond à une diminution
de la liquidité bancaire.
iv. Les autres facteurs du bilan de la BC contribuent aussi aux fluctuations
de la liquidité bancaire. La composante la plus instable concerne
l’encours des actifs en cours de recouvrements.
3.2 Réserves.
Les réserves (avoirs des EC en compte courant) sont composées des réserves obligatoires
et des réserves excédentaires. Les réserves obligatoires sont un instrument permettant à la
BC d’accroître les fuites en monnaie centrale des établissements de crédits. Ces derniers
doivent maintenir des dépôts en monnaie banque centrale sur des comptes ouverts dans les
livres de la banque centrale(les encaisses en billets et monnaies détenues par les
établissements sont prises en comptes). Ces dépôts sont rémunérés. Ils constituent un
facteur de pression sur la liquidité bancaire s’ajoutant aux autres facteurs. Ce système
permet d’établir un lien relativement stable entre l’activité des EC et leur besoin de
refinancement en monnaie centrale. En effet, plus les banques distribuent de crédits et
créent de dépôts, plus, du fait du système des réserves obligatoires, elles doivent
immobiliser de la monnaie banque centrale sur leur compte à la BC. Elles facilitent la
politique d’intervention de la BC. Les autres facteurs de la liquidité bancaire sont plus
erratiques et difficilement prévisibles. La liquidité des banques peut varier très fortement
selon les périodes. Avec les systèmes de réserves, on introduit un facteur de la liquidité
bancaire dont l’importance et les variations sont davantage prévisibles. La banque centrale
peut ainsi prévoir avec une approximation raisonnable la demande de monnaie centrale au
titre des réserves obligatoires.
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CHAPITRE 3 LA DEMANDE DE MONNAIE
Lorsque les économistes parlent d’offre, le mot demande n’est jamais loin et les
débats autour de la monnaie ne font pas exception. L’analyse de l’offre de monnaie
constitue une pierre angulaire pour la compréhension des effets de la politique monétaire
sur l’économie, car elle dégage les déterminants de la quantité de monnaie en circulation
dans l’économie. Sans surprise, la demande de monnaie constitue l’autre versant essentiel
de la théorie monétaire.
L’influence réelle des variations du taux d’intérêt sur la quantité de monnaie constitue l’une
des questions centrales de la théorie monétaire. Elle détermine l’importance des effets de la
monnaie sur l’activité économique globale.
Keynes, dans la théorie générale, présente une théorie monétaire en rupture avec la théorie
quantitative de la monnaie qui trouve son expression la plus complète dans l’ouvrage
d’Irving Fisher de 1911, The purshasing power of money (le pouvoir d’achat de la monnaie).
Irving Fisher développa une approche en terme de revenu qui est résumée dans l’équation
des échanges : MV = PY (avec M : offre de monnaie, V : vitesse de circulation de la monnaie,
P : niveau général des prix, Y : Produit global), V étant constante.
Il en résulte que la variation du niveau général des prix dépend d’une modification de la
quantité de monnaie.
La demande de monnaie Md =1/[Link] avec 1/V=k (le taux de liquidité de l’économie) qui est
constant. Donc la demande de monnaie est déterminée par le niveau du revenu nominal.
Pour Keynes, la vitesse de circulation de la monnaie n’est pas constante, car la demande de
monnaie est influencée par le taux d’intérêt. Il intitule sa théorie de la demande de monnaie
théorie de la préférence pour la liquidité. Elle a pour point de départ la question suivante :
Pour Keynes, trois raisons majeurs justifient cette détention : un motif de transaction, un
motif de précaution et un motif de spéculation.
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L’approche classique suppose que les individus détiennent de la monnaie pour sa fonction
de moyen d’échange, utilisable pour effectuer les transactions quotidiennes. Dans le
prolongement de cette tradition, Keynes suppose que cette composante de la demande de
monnaie est principalement déterminée par le volume de transaction effectuées par les
agents économiques et que celles-ci sont proportionnelles au revenu. La demande de
monnaie, pour un motif de transaction est donc proportionnelle au revenu.
Si Keynes s’était limité aux deux motifs précédents, le revenu serait demeuré le seul
déterminant important de la demande de monnaie. Cela n’aurait guère modifié la théorie
classique. Mais Keynes ajoute un motif supplémentaire appelé motif de spéculation ; la
monnaie est une réserve de richesse (ou de valeur).
Keynes regarde plus attentivement les facteurs influençant la quantité de monnaie détenue
comme réserve de valeur. Cela le conduit à souligner l’influence des taux d’intérêt sur la
demande d’encaisses de spéculation et, plus généralement, sur la demande de monnaie.
Keynes distingue deux catégories d’actifs utilisables comme réserve de valeur : la monnaie et
les titres. Il se pose ensuite la question suivante : pourquoi les agents décident –ils de
détenir leur richesse sous une forme plutôt que sous une autre ?
Keynes suppose que le rendement anticipé de la monnaie est nul. Pour le rendement
anticipé des titres, il retient la décomposition habituelle en deux parties : le paiement des
intérêts et la variation anticipée des gains en capital (en %).
Keynes émet l’hypothèse suivante concernant les anticipations de taux d’intérêt : les
individus croient qu’ils oscillent autour d’une valeur normale. Si les taux d’intérêt sont
inférieurs à cette valeur, les agents anticipent leur hausse et s’attendent à supporter une
perte en capital sur ce type de placement. Aussi, dans ce contexte, préfèrent-ils détenir leur
richesse sous forme de monnaie plutôt qu’en titres. La demande de monnaie est forte. Que
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va-t-il arriver à la demande de monnaie si les taux d’intérêt sont au-dessus de leur valeur
nominale ? En général, les agents anticiperont une baisse des taux d’intérêt, une hausse du
prix des titres et des gains en capital. Le rendement attendu des titres est positif, donc
supérieur à celui de la monnaie. La demande de monnaie est faible. Par ce raisonnement, on
arrive à la conclusion suivante : une hausse des taux d’intérêt conduit à une baisse de la
demande de monnaie ; la demande de monnaie est fonction décroissante du niveau des
taux d’intérêt.
Keynes regroupe les trois motifs de détention d’encaisses monétaires en une équation de
demande de monnaie unique. Il prend soin de distinguer les valeurs nominales et réelles de
ces encaisses. La demande de monnaie doit être évaluée à son pouvoir d’achat. Par
conséquent, les agents économiques souhaitent détenir un certain montant d’encaisses
réelles (quantité de biens obtenues pour un montant donné d’encaisses nominales). Ce
montant est relié au revenu Y et au taux i par le biais des trois motifs. L’équation de
demande de monnaie proposée par Keynes, connue sous le nom de fonction de préférence
pour la liquidité relie la demande d’encaisses réelles Md/P à i et Y
Md/P= f (i, Y). Dans cette fonction, la demande d’encaisses réelles dépend négativement du
taux d’intérêt i et positivement au revenu réel. De cette fonction de demande de monnaie,
on déduit l’expression de la vitesse de circulation PY/M. il apparaît que la vitesse de
circulation n’est pas constante, elle varie avec les taux d’intérêt.
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2.1 L’élasticité des encaisses de transaction au taux d’intérêt
Tobin et Baumol ont montré que les encaisses de transaction étaient élastiques au
taux d’intérêt en leur appliquant la théorie de la gestion de stock. Car que sont les encaisses
de transaction sinon un stock de pouvoir d’achat ?
L’agent conserve des encaisses pour faire face à ses dépenses factures. Ce stock a un
coût qui est le manque à gagner du placement des encaisses sur le marché financier. Le
montant d’encaisses de transaction conservées est donc celui qui a le coût minimum.
L’agent a à sa disposition un actif assez liquide (le bon) qui rapporte un taux d’intérêt i sur la
période. Chaque fois qu’il effectue la transformation bon-encaisses (ou vice-versa), l’agent
doit payer une certaine somme b (frais de communication, coût bancaire de transfert, etc.)
Supposons que l’agent reçoive (ou transforme) tout son revenu en bons au début de la
période. Pour effectuer ses paiements, l’agent vend régulièrement un nombre de bon
suffisant pour faire face à tous ses achats de biens durant la période intermédiaire à deux
ventes de bons. Par exemple, si Y= 100 000 F CFA pour l’année.
- Il peut conserver au début de la période 50 000 en encaisses pour payer ses achats
durant au semestre, placer les 50 000 restant en bons pendant tout le premier
semestre et les vendre au début du second semestre pour payer ses achats le reste
de l’année.
- Ou il peut au premier janvier garder seulement 25 000 en encaisses et placer 75 000,
puis retirer 25 000 au début de chaque trimestre.
Appelons C la valeur des bons vendus chaque fois que l’agent a besoin d’encaisses. Le
nombre n de transaction de bons est n=Y/C.
Le coût de toutes ces transactions pour se procurer de la monnaie est alors : nb=bY/C
De plus, l’agent détient des encaisses moyennes (M) qui sont égales à la moitié des encaisses
initiales au moment de chaque vente de bons : M=C/2.
La détention d’encaisses a un coût alternatif (ce que ces encaisses lui apporteraient si elles
étaient placées en bons) de : iM=iC/2
Donc, le coût total (CT) pour l’agent de la détention de ces encaisses est la somme des coûts
de transaction pour se procurer ces encaisses et du coût alternatif.
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CT = bY/C + i C/2
le niveau optimum de chaque transformation est donné par la formule (1) : le montant
moyen d’encaisses de transaction désirées est alors : M= C/2 = √bY/2i (2).
Dans cette formule, les encaisses de transactions sont proportionnelles à la racine carrée de
Y et varient en sens inverse du taux d’intérêt. Ce résultat n’est pas étonnant. Car au fond
quel que soit le motif de détention des encaisses, celles-ci ont un coût alternatif qui vient de
la possibilité de les placer sur le marché financier. Aussi plus le taux d’intérêt s’élève, plus les
agents ont intérêts à minimiser le niveau de leurs encaisses ; et ceci quel que soit le motif de
détention.
L’analyse actuelle des encaisses de spéculation part de l’idée que la monnaie est l’actif le
plus liquide, qui en contrepartie ne rapporte rien. Dans cette optique, la question à résoudre
est la suivante : si un agent possède un patrimoine financier, pourquoi décide-t-il de
conserver un actif qui ne rapporte rien alors qu’il peut placer ce patrimoine en titre
rémunérateurs ?
Pourquoi un agent affecte-t-il son portefeuille entre diverses valeurs au lieu de placer la
totalité dans le titre qui a le rendement le plus élevé ?
Pour répondre à cette question, nous allons d’abord présenter la théorie de la sélection de
portefeuille dans ses grandes lignes, ensuite voir dans quelle mesure nous pouvons
l’appliquer à la monnaie.
Si un agent a un portefeuille d’un montant S et qu’il a le choix entre n valeurs : 1,2,…n, selon
quel pourcentage X1, X2... Xn affectera-t-il S sur chaque valeur ?
Si l’agent connaissait les rendements avec certitude, alors il est bien évident qu’il
placerait la totalité de son portefeuille dans la valeur qui a la plus forte rémunération.
S’il ne le fait pas, c’est qu’il n’est jamais certain du rendement réel d’un actif, tant à
cause des plus-values ou moins-values en capital éventuelle que de la dépréciation
monétaire.
Mais ceci n’est pas une raison suffisante. Car on pourrait admettre que l’agent ayant
classé les divers actifs selon un ordre d’espérance des rendements croissants, placera
tout son portefeuille dans l’actif dont l’espérance de gain est la plus élevée.
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S’il ne le fait pas, c’est que le risque attaché à chaque valeur est différent ; de sorte
qu’un agent peut préférer un titre dont le rendement escompté est plus faible mais
au risque inférieur.
Aussi, le choix de l’agent se fonde sur deux variables : d’une part, l’espérance de rendement
des divers actifs (µi), le rendement étant une variable aléatoire ayant une certaine
distribution en probabilité ; d’autre part, le risque attaché à la détention de chaque valeur ;
ce denier est généralement mesuré par la variance ou l’écart-type à la moyenne (δi) de la
répartition en probabilité du rendement de l’actif i considéré.
Son espérance de rendement (E) est la moyenne pondérée des espérances de rendement de
chaque actif ((µi). E = ΣµiXi
(Ou l’écart type : Σ=√V) est lié au risque des actifs du portefeuille selon la formule.
L’agent choisit un portefeuille parmi ceux qui maximisent E pour V donné ou qui minimisent
V pour E donné. V= Ψ(E2) ; Ψ(0)=0.
Ce sont des relations entre E et V de chaque portefeuille qui laissent l’agent indifférent ; ainsi
si V augmente (le risque augmente), pour qu’on reste sur la même courbe d’indifférence
(c'est-à-dire que le nouveau portefeuille soit indifférent au précédent), il faut que E s’élève.
Donc les courbes d’indifférences correspondantes sont croissantes.
Tobin applique cette analyse aux encaisses de spéculation. Pour simplifier, il regroupe les
actifs en deux sortes : un actif (le bon) représentatif de tous les actifs du marché financier,
dont on ne connait pas avec certitude le rendement qui est une variable aléatoire (µi) étant
donné les plus-values ou moins-values en capital éventuelles, et le risque mesuré par l’écart-
type à la moyenne (δi). L’autre actif est la monnaie qui ne rapporte rien (µ 0) et qui n’a pas de
risque (δ0=0)1
L’espérance de gain du portefeuille (Xo, X1) tel que Xo+X1=1 est E= 110Xo+111 X1= 111X1
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Σ= √v = √11621 X21 = 61 X1 11 =1
L’analyse de Tobin montre qu’un agent gérant son portefeuille de façon optimale peut avoir
intérêt, dès l’instant où les actifs ont un rendement incertain , à conserver de la monnaie
car, si cela diminue certes l’espérance de rendement totale du portefeuille, le risque qui lui
est attaché est aussi atténué.
Tobin complète ce résultat par une analyse du comportement de l’agent en face du risque
passé sous silence par Keynes :
La dépréciation monétaire, si elle affecte la monnaie, affecte aussi les autres actifs.
Milton Friedman (1916) est sans doute le partisan déclaré de la théorie quantitative.
Il présente celle-ci comme une théorie de la demande de monnaie.
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C’est donc cette présentation formalisée de la demande de monnaie qui permet de
fournir une nouvelle version de la théorie quantitative.
-la richesse totale : la monnaie n’est qu’une forme de détention de la richesse. Les autres
formes sont constituées par les obligations, les actions, les biens physiques et le capital
humain. La richesse totale, détenue sous des formes diverses, est prise en compte dans
l’équation de demande de monnaie à travers le revenu total qu’elle engendre, noté Y
Les cinq formes sous lesquelles la richesse peut être détenue donnent lieu, pour
chaque agent, à des combinaisons qui dépendent, pour chaque forme, de son prix sur le
marché et de l’importance des flux de revenus qu’elle rapporte ; ces différentes formes
prendre par la richesse obligent à prendre en compte cinq variables supplémentaires. La
première de ces variables est le niveau général des prix. En effet, la détention de monnaie
peut procurer des revenus monétaires. C’est le cas si les dépôts à vue procurent un intérêt.
La valeur réelle de cette rémunération dépend du volume de biens que l’unit é monétaire
permet d’acquérir. Une augmentation du revenu général des prix réduit le pouvoir d’achat
de l’unité monétaire, et inversement. Le niveau général des prix P, dont l’influence ne se
limite d’ailleurs pas aux seuls actifs monétaires, est donc une variable à intégrer pour la
construction d’une fonction de demande de monnaie. Les autres variables sont le taux
d’intérêt sur le marché des obligations (rb), le taux d’intérêt sur le marché des actions (r e), le
rendement du capital humain (w) et le rendement des biens matériels noté : 1/p dp/dt
La fonction de la demande de monnaie, dans laquelle toutes les variables précédentes sont
incorporées, peut alors s’écrire :
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monnaie demandé devrait varier proportionnellement. Si la valeur de la monnaie change, le
montant de la monnaie demandée varie en proportion. En effet l’analyse de demande de
monnaie repose sur la maximisation d’une fonction d’utilité définie en termes de grandeurs
réelles. Les variables monétaires n’exercent pas d’influence sur ces grandeurs réelles.
La monnaie est envisagée comme un actif patrimonial dont la demande obéit aux
règles du choix entre divers biens de patrimoine. Ce choix est réalisé selon les préférences
de chaque agent pour la structure désirée de son patrimoine. En analyse microéconomique,
on l’obtient en maximisant un index d’utilité des combinaisons des divers biens
patrimoniaux, sous la contrainte que la somme de la valeur de ces biens est égale à la
richesse de l’agent. La règle de répartition est l’utilité qu’on retire respectivement de chacun
d’eux ; Celle-ci est évidemment déterminée par le revenu procuré par ces divers actifs. Ce
dernier peut être en espèces ou bien sous forme de prestation en nature :
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Friedman substitue le concept de (revenu) à la richesse dans la fonction de demande de
monnaie.
f (ΨP, rb, Re, 1/P dP/dt, w, ΨY, u ) = f = Ψ (P, rb, re, 1/P dP/dt, w, Y, u )
NB : cela signifie que si dans l’équation on remplace P par LP (et Y par LY puisqu’il s’agit d’un
revenu monétaire, le résultat est le même que celui pour le fet Lf).
Dans l’équation ainsi présentée, la fonction f peut être remplacé par une fonction V telle
que :
Friedman note qu’en fait elle nous donne simplement une théorie du revenu
monétaire. L’équation monte en effet que (les variations du revenu monétaire reflète les
variations de la quantité nominale de monnaie). Mais elle ne nous dit absolument pas dans
quelle mesure une variation quelconque de Y se répercute sur le produit réel et dans quelle
mesure elle est reflétée par les prix.
De plus le nombre de variables qui l’influencent est tel qu’on est plus proche de la
formulation Keynésienne que de l’expression quantitative traditionnelle (MV = PY)
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CHAPITRE 4 : STRATEGIE ET INSTRUMENTS DE POLITIQUE MONETAIRE
Dans ce chapitre, nous étudierons comment les banques centrales peuvent influer
sur la quantité de monnaie dans l’économie puis nous verrons comment la politique
monétaire est susceptible d’agir sur l’économie réelle.
Compte tenu de l’importance de la stabilité des prix pour la bonne santé d’une
économie dans le long terme, un ancrage nominal est considéré comme une pierre angulaire
d’une bonne politique monétaire ; il consiste à utiliser une grandeur nominale (le taux
d’inflation ou la masse monétaire) pour arrimer le niveau général des prix de telle sorte que
sa stabilité soit assurée. Deux raisons, au moins, sont avancées en faveur d’un tel ancrage :
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il maintient les anticipations d’inflation à un niveau bas ;
il atténue, jusqu’à régler le problème de l’incohérence temporelle qui s’énonce ainsi :
la poursuite d’une politique monétaire totalement discrétionnaire donne de mauvais
résultats.
1.2 objectif de croissance
La banque centrale peut tenter d’agir de manière indirecte sur les crédits
accordés en jouant sur le besoin de refinancement des banques en monnaie centrale grâce à
divers techniques. Elle peut aussi imposer directement aux banques des normes de
distribution de crédit. De manière générale les banques disposent de 3 catégories
d’instruments de politique monétaire. Les opérations d’open-market, les facilites
permanente et les réserves obligatoires.
Les opérations d’open- market constituent l’une des modalités d’interventions des
banques centrales pour améliorer ou pour réduire la liquidité bancaire. La banque centrale
échange en effet des titres sur le marché monétaire contre sa propre monnaie. Ces
opérations, par une variation de la quantité de monnaie centrale disponible sur le marché,
font varier le taux du marché dans le sens souhaité par les autorités monétaires. Ceci dit, la
banque centrale peut envisager de freiner la progression de la masse monétaire en rendant
plus difficile, le refinancement des banques sur le marché monétaire.
Dans ce cas, elle vend des titres sur le marché et reçoit en paiement de la monnaie
centrale. Cette intervention a un effet de quantité : la raréfaction de la monnaie centrale sur
le marché. Elle a aussi un effet prix puisque la limitation de la quantité de monnaie centrale
offerte en élève le prix, c'est-à-dire le taux d’intérêt sur le marché. L’aggravation des
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conditions de financement des banques affecte alors la distribution du crédit et par là même
leur création de monnaie scripturale.
Par une politique d’open-market, la banque centrale a donc la possibilité d’agir sur le taux du
marché monétaire et d’influencer les crédits bancaires en modifiant les conditions de
refinancements.
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2.3 les réserves obligatoires
La contrainte représentée par ces réserves obligatoires varie avec l’assiette sur
lesquelles elles sont calculées. Cette assiette est en effet constituée par les postes, à l’actif
et au passif des bilans bancaires, servant de base au calcul du montant des réserves. Une
augmentation du nombre de poste pris en considération alourdit la contrainte des banques.
Cette contrainte varie aussi avec les taux de réserve qui sont retenus.
Il existe 3 canaux :
Dans le modèle keynésien ISLM, le canal du taux d’intérêt constitue le principal mécanisme
de transmission de la politique monétaire. On met en évidence les effets de la politique
monétaire sur la sphère réelle via le taux d’intérêt. La politique monétaire expansionniste :
M°↑, i ↓, I↑, Y↑ . Cette politique baisse le i réel, ir ↓, ceci réduit le coût du capital,
l’investissement augmente, la demande globale et la production augmente. Ainsi, on
influence l’activité économique en modifiant l’offre de monnaie. Or, ce canal met l’accent
sur le i réel plutôt que nominal puisqu’il s’agit d’un taux qui affecte les décisions des
consommateurs et des entreprises. En réalité, les modifications des i nominal à CT
entraînent une baisse correspondante du i réel à court terme étant donné l’hypothèse de la
rigidité des prix9. Toutefois, selon Bernanke et Gertler (1995), les études empiriques n’ont
pas pu prouvé une incidence significative des taux d’intérêt par le biais du coût du capital.
Ceci a entrainé la recherche d’autres mécanismes de transmission de la politique monétaire.
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2-Le canal du crédit
Ce canal considère que le financement de l’économie se base sur le crédit bancaire. Les
banques permettent de résoudre les problèmes d’asymétrie d’information sur les marchés
de crédit. Certains emprunteurs n’ont pas accès aux marchés de crédit s’ils n’empruntent
pas auprès des banques. Lorsqu’il n’existe pas de parfaite substituabilité entre les dépôts et
les autres sources de refinancement pour les banques commerciales, le canal du crédit
bancaire agit ainsi : M↑, dépôts bancaires ↑, prêts bancaires↑, I↑, Y↑. L’augmentation
des prêts entraine une hausse des dépenses d’investissement. Selon le canal du crédit, la
politique monétaire affecte surtout les dépenses des petites entreprises, qui dépendent
notamment des prêts bancaires plutôt que les grandes entreprises qui peuvent se financer
sur le marché des capitaux et ne pas recourir aux crédits bancaires.
Le taux de change est une variable de transmission de la politique monétaire qui exerce des
effets sur les exportations nettes du pays, il fait aussi intégrer les i. La baisse des i réels
nationaux réduit l’attrait des dépôts nationaux en monnaie nationale par rapport aux dépôts
en monnaies étrangères, d’où la baisse de la valeur des dépôts en monnaie nationale par
rapport aux dépôts en devises, c’est la dépréciation de la monnaie nationale. Ensuite, la
dépréciation de la monnaie nationale baisse le prix des biens nationaux par rapport aux
biens étrangers, d’où l’augmentation des exportations nettes et la production globale
augmente. Par exemple si M↑, ir ↓, le taux de change↓, XN ↑, Y↑.
34
BIBLIOGRAPHIE.
Salgin,G(1991). La théorie de la banque libre. Editions des belles lettres,col laissez faire,
Paris.
Barro, R. et Gordon, DB. (1983),” Discretion and reputation in a model of monetary policy”,
journal of monetary economics n°12.
Besson, J-L, Monnaie et Finance, Presses Universitaires de Grenoble, 1992, 159p, Grenoble.
35
Kerfalla, Y. (1984), Contrôle de l’activité bancaire dans les pays africains de la zone
franc,NEA, Abidjan.
Ondo Ossa, A. (1992). Taux de change du franc CFA et construction européenne, Monde en
développement, tome 20. 77/78, pp 59-74.
Taylor, JB. (1993), “Discretion versus Policy rules in practice”, Carnegie-Rochester conference
series on public policy, n°39.
Tchuindjang Pouémi, J. (1981), Monnaie, servitude et liberté, éditions Jeune Afrique, Paris.
ANNEXE
36
B1- Sectorisation de l’économie nationale.
L’agrégation des données monétaires ne peut s’effectuer que si les imputations des
opérations entre les différents secteurs de l’économie sont bien effectuées. Ces imputations
supposent que les limites entre ces différents secteurs soient bien définies.
Dans la zone CEMAC, L’article 1er du Règlement COBAC R-2009/02 du 1er avril 2009 portant fixation
des établissements de crédit distingue deux catégories : les établissements bancaires et les
établissements financiers.
a1 La banque universelle
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Elles sont habilitées d’une façon générale à recevoir tout fonds du public mais se distinguent
par le caractère spécifique ou restrictif de leur champ d’activité. Elles réalisent les opérations
de banques dans la limite de la décision d’agrément qui les concernent ou des dispositions
statutaires, législatives et réglementaires qui leur sont propres dans le respect toutefois des
prescriptions communes de la réglementation bancaire.
– leur mode de financement : elles assurent le financement de leur activité par leurs
capitaux propres, les emprunts auprès des autres établissements de crédit, sur les marchés
de capitaux ou toute autre voie non contraire à la loi.
– la nature des opérations : les sociétés financières ne réalisent que les opérations de
banque résultant de la décision d’agrément qui les concerne ou des dispositions statutaires,
législatives et réglementaires qui leur sont propres.
– Les établissements de promotion des investissements. Ils sont spécialisés dans l’octroi des
crédits à moyen et long terme notamment pour le financement des opérations immobilières
des entreprises telles les acquisitions ou constructions d’usine..
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propriétaire à l’issu de la période de location. La formule du crédit-bail permet ainsi à
l’entreprise d’acquérir et surtout d’utiliser des biens sans recours au crédit classique. Le
crédit-bail est donc analysé comme une alternative au crédit bancaire classique. Le crédit-
bail est désormais régi au Cameroun par la loi du 10 décembre 2010. Aux termes de l’article
3 de cette loi : « Le crédit-bail est une opération de crédit destinée au financement de
l’acquisition ou de l’utilisation des biens meubles ou immeubles à usage professionnel. Il
consiste en la location des biens d’équipement, de matériel d’outillage ou de biens
immobiliers à usage professionnel, spécialement achetés ou construits, en vue de cette
location, par des entreprises qui en demeurent propriétaires. Ces opérations de location,
quelle que soit leur dénomination, donnent au locataire la faculté d’acquérir, tout ou partie
des biens loués, moyennant un prix convenu, tenant compte, au moins pour partie, des
versements effectués à titre de loyers ».
Selon la nouvelle méthodologie, toutes les opérations avec les entités non résidentes sont, par
définition, classées dans les avoirs et les engagements extérieurs. Par conséquent si on exclut
l’Extérieur, le secteur non financier se décompose de la manière suivante :
La BEAC calcule à partir de bilans consolidés des établissements de crédit présentent, les
montants des agrégats monétaires dans la zone CEMAC
Dans la zone CEMAC, la BEAC suit l ‘évolution de M1 agrégat monétaire qui comprend la
monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale et M2 agrégat intermédiaire qui additionne M1 et
les dépôts à terme.
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