0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
38 vues39 pages

Cours D'analyse Monetaire23

Le cours d'analyse monétaire aborde l'évolution et les fonctions de la monnaie, qui a évolué depuis les pièces d'argent et d'or jusqu'aux chèques et cartes de paiement modernes. La monnaie est définie comme tout ce qui est accepté en paiement et remplit trois fonctions principales : intermédiaire des échanges, réserve de valeur et unité de compte. L'étude de la monnaie inclut également son histoire, de la monnaie marchandise à la monnaie fiduciaire et scripturale, illustrant son rôle essentiel dans l'économie.

Transféré par

nigarda137
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
38 vues39 pages

Cours D'analyse Monetaire23

Le cours d'analyse monétaire aborde l'évolution et les fonctions de la monnaie, qui a évolué depuis les pièces d'argent et d'or jusqu'aux chèques et cartes de paiement modernes. La monnaie est définie comme tout ce qui est accepté en paiement et remplit trois fonctions principales : intermédiaire des échanges, réserve de valeur et unité de compte. L'étude de la monnaie inclut également son histoire, de la monnaie marchandise à la monnaie fiduciaire et scripturale, illustrant son rôle essentiel dans l'économie.

Transféré par

nigarda137
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

UNIVERSITE DES MONTAGNES

LICENCE PROFESSIONNELLE DROIT ET GESTION


NIVEAU : LP1

COURS D’ANALYSE MONETAIRE

PAR

TCHOUNGA ANATOLE, PhD


CHARGE DE COURS

ANNEE ACADEMIQUE 2022/2023

1
CHAPITRE I. APPROCHE FONCTIONNELLE ET MESURE DE LA MONNAIE.
Dans le Cameroun du XVIIIe siècle, la monnaie consistait principalement en pièces
d’argent et en pièces d’or(les louis, du nom des derniers rois dont l’effigie était frappée sur
les pièces). Au XIXe siècle s’y ajoutèrent les billets de la Banque centrale. Aujourd’hui, on
utilise non seulement les pièces et les billets, qui sont fournis par la banque des Etats de
l’Afrique Centrale, mais surtout des Chèques sur des comptes bancaires, et des cartes de
paiement (souvent appelés carte de crédit).

La monnaie prend donc les formes variables selon les endroits et selon les époques,
mais elle est toujours importante pour les agents économiques individuels comme pour
l’ensemble de l’économie.

La monnaie est liée aux changements des variables économiques les plus importantes
comme l’inflation, le chômage, les crises ou la croissance.

Pour comprendre exactement les effets de la monnaie sur l’économie, il convient de bien
saisir ce qu’est la monnaie.

Dans le cadre de ce cours, nous définirons précisément la monnaie en examinant ses


fonctions, en étudiant pourquoi et comment elle contribue au bon fonctionnement de
l’économie, en retraçant l’évolution historique de ses formes et en examinant comment la
monnaie est mesurée.

Après avoir montré en quoi consiste la monnaie, nous expliquerons ensuite,


comment elle est créée.

SECTION 1- NOTION ET MESURE DE LA MONNAIE.

1.1. Qu’est-ce que la monnaie.


1.1.1. Signification du terme monnaie.
Le mot monnaie a des usages variés, mais il a un sens précis pour les économistes.
Pour éviter toute confusion, nous devons préciser en quoi ce sens diffère de l’usage courant.

Les économistes définissent la monnaie (également appelée l’offre de monnaie)


comme tout ce qui est généralement accepté en paiement de biens ou de services ou pour
le remboursement de dettes. Le numéraire (ce qu’on appelle communément l’argent
liquide) consiste en pièces et billets et correspond à cette définition (même si au Cameroun
pour éviter la fraude fiscale, les règlements supérieurs à certains montants ne peuvent pas
être effectués en numéraire). Mais pour les économistes, le numéraire ne représente qu’une
petite partie de la monnaie. Comme les chèques sont aussi en général acceptés en
paiement, les dépôts en comptes courants bancaires ou postaux sont également considérés
comme de la monnaie. Une définition encore plus large est aussi employée car les dépôts
sur des comptes d’épargne peuvent aussi servir de monnaie s’ils peuvent être transformés
rapidement et facilement en numéraire ou virés sur des comptes courants. On le voit si bien,
la définition pratique de la monnaie n’est donc pas simple, même pour les économistes.

2
La monnaie est donc plus large que le numéraire, mais plus restreinte que la fortune
ou le patrimoine, et différent du revenu, alors même que les expressions courantes les
mélanges parfois. Ainsi, « il a beaucoup d’argent » vise le patrimoine et non le seul compte
en banque ; c’est dire que le patrimoine comprend outre la monnaie, mois aussi tous les
autres actifs que sont les biens mobiliers (voitures, meubles, titres comme les actions et
obligations) et les biens immobiliers.

Quant au mot argent dans l’expression « elle gagne beaucoup d’argent », il vise un
revenu, soit un flux de gains monétaires par unité de temps, alors que la monnaie est un
stock. Parler d’un revenu de 100000 FCFA n’a pas de sens si l’on ne connaît pas l’unité de
temps (la journée, la semaine, le mois, l’année), alors que détenir 100000 FCFA a un sens
précis.

Une fois le sens de la monnaie saisie ,nous allons à présent nous appesantir sur les
fonctions de la monnaie.

1.1.2. Fonctions et propriétés de la monnaie.


Les premières analyses sur le rôle et la nature de la monnaie ont été principalement
centrées sur son utilité économique. Ainsi, les hommes, qui ont d’abord eu recours au troc,
ont inventé un instrument plus pratique pour se procurer des biens et services alors que leur
spécialisation croissante multipliait les échanges. Que la monnaie consiste en coquillages, en
cailloux, en or ou en papier, elle a trois fonctions principales dans toutes les économies : elle
est intermédiaire des échanges, une unité de compte et réserve de valeur.

a- Intermédiaire des échanges.

La fonction moyen d’échange de la monnaie est celle à la laquelle les économistes


ont donné traditionnellement le plus d’importance. L’acceptabilité générale dans l ‘échange
est son attribut remarquable même s’il se distingue de sa désirabilité. Ce sont les biens qui
sont désirés, pas la monnaie qui n’est accepté que dans la mesure où elle permet d’acquérir
des biens désirés. La monnaie circule donc par l’échange aussi longtemps qu’elle est
acceptée ; elle ne se détruit que quand elle cesse de l’être, par exemple dans une hyper
inflation.

La monnaie sert d’intermédiaires des échanges dans presque toutes les transactions
de marché dans les économies modernes : sous forme de numéraire ou de chèque, elle sert
à payer les biens et services que l’on achète. L’utilisation de la monnaie comme
intermédiaires des échanges améliore l’efficacité économique et permet de minimiser le
temps dépensé à échanger des biens ou des services. On s’en rend compte si l’on examine le
cas d’une économie de troc, une économie sans monnaie dans laquelle les biens et services
sont échangés directement les uns contre les autres.

Dans une économie de troc, un médecin ne sait rien faire d’autre que soigner des
malades et ne peut donc manger que s’il trouve des boulangers, bouchers ou restaurateurs
qui ont besoins de soins. Au mieux, il doit trouver des intermédiaires prêts à échanger leurs
propres biens ou leurs propres talents contre la nourriture et à lui d’échanger une partie

3
contre ses soins. Ces recherches risquent fort bien d’être longues et coûteuses. Le temps
passé à ces recherches s’appelle un coût de transaction. Dans une économie de troc, les
coûts de transaction sont élevés car les individus doivent parvenir à une double coïncidence
des besoins.

Si l’on introduit la monnaie, le médecin peut soigner tout malade prêt à le payer, et
peut faire des courses variées avec l’argent qu’il a reçu. Le problème de la double
coïncidence est évité. Cet exemple de médecin montre que la monnaie augmente l’efficacité
économique en économisant une grande partie du temps passé à échanger. Elle augmente
aussi en permettant à chacun de se spécialiser dans ce qu’il fait le mieux. La monnaie joue
donc dans l’économie un rôle essentiel de lubrifiant qui diminue les coûts de transaction et
facilite la spécialisation et la division du travail.

La monnaie, moyen d’échange, est aussi un élément de richesse de celui qui la


détient et, par conséquent, une réserve de valeur. Les deux aspects sont indissolublement
liés au plan microéconomique.

B- Réserve de valeur.

C’est parce que la monnaie est un moyen d’échange qu’elle sert de réserve de valeur.
La monnaie est un pouvoir d’achat mis réserve et transférable dans le temps. Une réserve de
valeur sert à épargner du pouvoir d’achat entre le moment où le revenu est reçu et celui où
il est dépensé. Cette fonction de la monnaie est utile, car en général on ne souhaite pas
dépenser son revenu immédiatement quand on le reçoit, et on préfère le garder jusqu’au
moment où on a le temps et le désir d’acheter.

La monnaie n’est pas la seule réserve de valeur. En fait, n’importe quel actif (de la
monnaie, des actions, des obligations, terres, des maisons, des œuvres d’art, des bijoux)
peut être utilisé pour conserver de la valeur. Beaucoup de ces actifs ont même, comme
réserve de valeur, des avantages sur la monnaie : ils rapportent souvent à leurs détenteurs
un taux d’intérêt plus élevé, s’apprécient avec le temps (leur prix augmente), ou fournissent
les services tels qu’un toit où dormir. Si ces actifs sont de meilleures réserves de valeur que la
monnaie, on peut s’interroger sur les mobiles de détention de la monnaie.

La réponse à cette question tient largement au concept économique important de


liquidité, que l’on peut définir comme la facilité et la vitesse relative à laquelle un actif peut
être converti en instrument d’échange. La liquidité est très importante. Or la monnaie est
l’actif le plus liquide puisqu’elle est elle-même l’intermédiaire des échanges : on n’a pas
besoin de la convertir en autre chose pour faire des achats. Au contraire, tous les autres
actifs doivent être convertis en monnaie pour réaliser des échanges, ce qui comporte des
coûts de transaction.
(Exemple le vente d’une maison, choix entre monnaie et autres actifs).

Comme la monnaie est un actif parfaitement liquide, les gens sont prêts à en détenir,
même si ce n’est pas la réserve de valeur la plus rentable par ailleurs.

La qualité d’un actif comme réserve de valeur dépend des avantages qu’il procure
(intérêts, utilité d’usage) mais aussi de l’évolution de son prix par rapport au niveau général
4
des prix, car sa valeur est mesurée par la moyenne des prix des biens qu’il permet
d’acquérir. Le prix de la monnaie exprimée en monnaie est par définition stable : sa valeur
nominale est constante. Si tous les prix des biens doublent, et donc le niveau général des
prix, la valeur de la monnaie est divisée par deux. Inversement, une division par deux de tous
les prix signifie que la valeur de la monnaie double. En période d’inflation, le niveau des prix
augmente et la valeur de la monnaie diminue, de sorte que les gens sont plus réticents à
détenir leur patrimoine sous cette forme.

c- Unité de compte.

La monnaie est aussi fréquemment décrite par sa troisième fonction d’unité de


compte. C’est à dire quel set d’unité de mesure de la valeur dans l’économie. On mesure
habituellement la valeur des biens et services en termes de monnaie, de même que l’on
mesure le poids en grammes et les distances en mètres. Pour comprendre l’importance de
cette fonction, imaginons de nouveau une économie de troc. S’il n’y a que trois biens, disons
mais, soins médicaux et cassette vidéo, on doit connaître trois prix relatifs pour pouvoir
échanger : le prix de mais en soins médicaux, le prix de mais en cassette vidéo, et le prix des
soins médicaux en cassettes. (Combien il y a de prix dans un groupe de n bien, soit : n(n-1)
/2). S’il y a 10 biens, on doit connaître 45 prix relatifs pour échanger les biens les uns contre
les autres.

On imagine bien il serait difficile dans une économie de troc de faire des courses : un
supermarché disposant de 1000 produits devrait mettre à chacun d’eux une étiquette
contenant 999 prix pour qu’on puisse comparer les prix des différents produits les uns par
rapport aux autres. Le temps à lire les étiquettes constituerait à lui seul un coût de
transaction prohibitif. En introduisant la monnaie, on résout le problème en indiquant tous
les prix en monnaie. Avec les trois biens dans l’économie, cela ne change rien car il faut
toujours trois prix en monnaie. Mais pour les dix biens, on n’a plus besoin que de dix prix au
lieu des 45 prix relatifs.

On constate que l’utilisation de la monnaie comme unité de compte permet de


réduire les coûts de transaction en diminuant le nombre de prix qu’il faut afficher et
examiner. Les gains de cette réduction sont d’autant plus grands que la société est plus
complexe et le nombre de biens et services plus élevé.

1.1.3. Evolution du système de paiement


Pour mieux comprendre les diverses fonctions de la monnaie, il est utile, à travers
son histoire, de voir les différentes formes qu’elle a connues dans le passé et celles qu’elle
revêt actuellement.

a- Monnaie marchandise.

Pour qu’un objet serve de monnaie, il faut qu’il soit universellement acceptable, c’est
à dire que tout le soit prêt à l’accepter en paiement de biens ou de service. Des biens qui ont
une valeur évidente pour tout un chacun, comme le blé, sont donc de bons candidats pour
servir de monnaie. C’est également le cas des métaux précieux dont l’utilisation fréquente

5
comme monnaie tient spécialement à leur divisibilité, à leur bonne conservation et à leur
facile standardisation. Une monnaie constituée de marchandise désirables pour elles-mêmes
est appelée une monnaie marchandise. De l’antiquité au début de temps modernes, des
monnaies marchandises ont servi d’intermédiaire des échanges dans toutes les sociétés,
sauf les plus primitives.

L’inconvénient d’un système de paiement fondé exclusivement sur des


marchandises, y compris des métaux précieux, est que cette forme de monnaie est lourde et
difficile à transporter, spécialement à grande distance.

b- Monnaie fiduciaire

Le développement suivant dans le paiement en numéraire fut constitué par le papier-


monnaie, avec des morceaux de papier servant de moyen d’échange. Initialement, la
conversion du papier-monnaie en métal précieux était garantie par son émetteur : une
banque dite d’émission, de manière à ce que d’autres l’acceptent en paiement : les billets
étaient des sortes de certificats de dépôts d’or ou d’argent, convertibles à tout moment.
Néanmoins, le numéraire, pièces comme billets, a évolué vers un statut de monnaie
fiduciaire, c’est à dire de monnaie qui tire sa valeur de la confiance qu’inspire son émetteur.

Il convient de distinguer le cours légal, qui consiste en l’obligation légale d’accepter


un instrument monétaire en paiement ou en remboursement de dettes, de l’inconvertibilité
qui signifie l’impossibilité d’obtenir la conversion à prix fixe d’une monnaie en une
marchandise ayant une utilité intrinsèque et un usage monétaire, c’est à dire en pratique en
métal précieux ou en devise étrangère. En l’absence d’inconvertibilité, le cours légal des
billets facilite les échanges mais n’empêche pas les détenteurs de billets de les convertir au
siège de la banque émettrice. En l’absence de cours légal, l’inconvertibilité ne pèse que sur
les agents économiques qui ont accepté de courir le risque de détenir les billets d’un
émetteur. Le cours forcé consiste en l’imposition simultanée par l’Etat de l’inconvertibilité et
du cours légal.

Dès lors que, du fait du cours forcé, la monnaie est exclusivement fiduciaire et
dépend avant tout d’un arrangement légal, les pays peuvent changer de monnaie à volonté.
C’est ce qui a permis de réaliser l’union monétaire européenne.

c- Monnaie scripturale.

Les inconvénients majeurs du papier-monnaie et des pièces sont qu’ils peuvent être
volés et que leur transport en grande partie est coûteux à cause de leur encombrement.
D’autres instruments permettent de remédier à ces inconvénients et correspondent à une
autre étape dans l’évolution des systèmes de paiement : il s’agit de ce qui constitue la
monnaie scripturale développée par les banques, en premier lieu le chèque.

Le qualificatif « écriture » vient du mot latin scriptum qui signifie écriture. La monnaie
scripturale est une monnaie d’écriture. Plus précisément celui qui détient cette monnaie a
un avoir qui est simplement matérialisé par une écriture dans les comptes d’une banque.

6
Depuis l’Antiquité, les virements entre comptes par simples jeux d’écriture furent
pratiqués, même s’ils restèrent longtemps restreints à un petit nombre de marchands. Au
XIVe siècle, l’invention de la lettre de change facilitera les échanges à distance. Dans une
lettre de change, un marchand (dit preneur) demandait à un autre, son correspondant à
l’étranger (dit payeur), de payer un montant donné à un tiers (le bénéficiaire). La circulation
de ces lettres par endossement (c’est à dire par ajout d’une signature au dos) permettait de
les utiliser comme une monnaie, même si leur acceptation était limitée aux gens connaissant
le débiteur ou les signataires successifs. L’introduction de la lettre de change fut une
innovation majeure qui améliora beaucoup l’efficacité des systèmes de paiement. En effet, il
arrivait fréquemment que les paiements dans diverses directions se compensent. Mais avant
l’arrivée de la lettre de change, tous ces paiements devaient être effectués un à un, ce qui
exigerait des quantités importantes de numéraire. Cette compensation entre de nombreuses
lettres de changes fut organisée de manière de plus en plus sophistiquée par des banquiers
capables d’évaluer la qualité des débiteurs. Elle facilitera la multilatéralisation du commerce
en permettant d’éviter une grande part des transports de numéraire.

Forme simplifié et démocratisée de la lettre de change, le chèque est une instruction qu’un
client donne à sa banque de payer un montant à une autre personne en échange du chèque.
Aujourd’hui, les chèques ne peuvent plus circuler par endossement et conduisent
simplement les banques à transférer le montant spécifié du compte de leur client à celui du
bénéficiaire du chèque. Le chèque permet de bénéficier des avantages de la compensation.
Un autre atout des chèques est que les pertes sont réduites car le bénéficiaire est clairement
désigné.

Un système de paiement essentiellement scriptural est un progrès considérable, mais


présente cependant deux inconvénients. Tout d’abord, il faut du temps pour envoyer par
exemple un chèque d’un endroit à un autre, ce qui peut être un inconvénient sérieux si un
paiement lointain doit être réalisé rapidement. Ensuite, le maniement de milliards de
chèque représente un processus complexe et couteux.

d- Monnaie électronique.

Le développement des NTIC est à la base de cette forme de monnaie. Au lieu d’envoyer
un chèque, on peut se connecter sur le site Internet de sa banque et, en quelques clics,
transmettre un ordre de paiement pour régler une facture. L’économie de coût réalisée
quand un paiement est fait électroniquement plutôt que par chèque est importante.
Le paiement électronique peut non seulement se substituer au chèque mais peut remplacer
aussi le numéraire, sous la forme de monnaie électronique. La première forme de monnaie
électronique est la carte de débit, couramment appelée carte de crédit, alors même qu’elle
ne donne pas accès à un crédit, mais permet seulement un paiement, éventuellement
différé. Les cartes de débit permettent aux clients d’acheter des biens ou des services en
transférant directement des fonds de leurs comptes bancaires à ceux des commerçants
concernés. Leur usage est souvent plus rapide encore que celui du numéraire, car il suffit de
passer une carte dans un lecteur et de taper un code pour que le transfert ait lieu.

7
Une solution plus sophistiquée et plus récente est celle des cartes prépayées ou
porte-monnaie électroniques. En les achetant pour un montant donné, comme une carte de
téléphone, un consommateur peut réaliser des paiements, souvent de petits montants, chez
tous les commerçants équipés d’un terminal. Les plus sophistiquées sont dotées d’une puce
qui permet de les recharger à un terminal en transférant de l’argent du compte bancaire de
leur détenteur. Elles peuvent être utilisées pour payer en ligne sur des ordinateurs ou des
téléphones spécialement équipés.

Une troisième forme de monnaie électronique permet d’acheter des biens ou des
services sur internet. On peut l’obtenir en ouvrant un compte dans une banque et en lui
faisant transférer un montant sur un ordinateur personnel. On peut ensuite surfer sur
Internet et utiliser la monnaie électronique pour payer des achats en transférant
directement le montant nécessaire de son ordinateur à celui du vendeur. Celui-ci peut ainsi
recevoir le paiement avant d’expédier les achats.

Etant donné les avantages de la monnaie électronique, on pourrait penser que la


société sans argent (ie sans numéraire, voire sans chèques) est proche et que tous les
paiements seront bientôt réalisés électroniquement.

SECTION 2 : AGREGATS ET CONTREPARTIE DE LA MASSE MONETAIRE.

La définition de la monnaie comme ensemble des moyens de paiement généralement


acceptés montre bien que ce sont les comportements des agents économiques qui
définissent la monnaie. Un actif devient monétaire parce que les agents pensent qu’il sera
accepté en paiement par les autres.

Les Banques centrales cherchent à mesurer au mieux la quantité de monnaie en


circulation. Pour cela, elles utilisent différents agrégats monétaires. Leur définition est
devenue plus difficile depuis les années 1980 du fait des nombreuses innovations
financières. Devant la difficulté de réaliser la norme de croissance de la masse monétaire
annoncée à l’avance, elles ont été amenées à substituer un agrégat à un autre comme
indicateur de la politique monétaire, et pour certaines à renoncer en fin de compte à
l’indicateur de croissance de la masse monétaire.

2.1. Evolution de la mesure de la monnaie.

Les critères utilisés pour définir les agrégats monétaires officiels sont soit de nature
institutionnelle, soit de nature économique. Dans les années antérieures, les critères
institutionnels l’ont très longtemps emporté. Mais depuis 1980, les critères économiques
prennent de plus en plus d’importance. La construction des agrégats monétaires est
entièrement justifiée par des arguments économiques mettant l’accent sur les fonctions de
la monnaie.

2.1.1. Environnement financier traditionnel : une définition de la monnaie fondée


sur des critères institutionnels.
Traditionnellement, la définition officielle de la monnaie incluait outre les moyens de
paiement détenus par les agents non financiers « leurs placements liquides ou à court

8
terme inscrits au passif des institutions financières qui assuraient leur conversion immédiate
en moyens de paiement sans risque de perte en capital( la seule pénalisation étant la
réduction des intérêts perçus) et sans prélèvement sur les moyens de paiement d’un autre
agent économique ».

La prise en compte d’un critère institutionnel dans cette définition était justifiée par
le fait que seules les institutions financières proposaient des placements liquides. Les autres
placements possibles étaient constitués par des actions et des obligations à moyen et long
terme faisant supporter un risque en capital. Il n’existait pas de placements à échéance
courte négociables sur un marché secondaire. Un critère des actifs monétaires en sous
ensembles était établi sur la base d’un critère institutionnel justifié par le cloisonnement
administratif et juridique des systèmes financiers. On distinguait les placements auprès des
institutions financières selon qu’ils étaient gérés par des institutions financières bancaires ou
par des institutions financières non bancaires (crédit foncier, CNPS caisse postale, etc.).

2.1.2. nouvel environnement financier : une définition de la monnaie fondée sur


les critères économiques.
Dans la seconde moitié des années 80, les mutations qu’a connues la sphère
financière sont venues éroder la confiance que les autorités pouvaient avoir dans les
agrégats traditionnels larges. On a assisté à un développement spectaculaire des organismes
de placement collectif en valeurs mobilières(OPCVM) qui offrirent des possibilités de
placement courts, actions de SICAV ; parts de fonds communs de placement, bien rémunérés
et assortis d’un risque en capital limité. Par ailleurs, les vides existant traditionnellement
pour certaines échéances furent comblés par l’apparition de nouveaux titres de créances
négociables (certificats de dépôts ; billets de trésorerie ; bon du Trésor négociables et bons
des institutions financières spécialisées ; bons des sociétés financières et des maisons de
titres). Désormais, il existait un véritable continuum de titres à l’intérieur duquel il devenait
beaucoup plus difficile de tracer une frontière nette entre les placements monétaires et les
placements non monétaires.
En réaction à ces transformations, les banques centrales ont procédé à une
redéfinition des agrégats monétaires. Dès lors, la nouvelle définition officielle de la monnaie
retenue évacue toute préoccupation de nature institutionnelle. Elle inclut « outre les moyens
de paiement, tous les placements que les agents non financiers considèrent comme une
réserve de pouvoir d’achat immédiatement disponible parce qu’ils peuvent être convertis
facilement et rapidement en moyens de paiement, sans risque important de perte en
capital ».

Cette nouvelle définition de la monnaie fait référence simultanément aux trois


fonctions essentielles de la monnaie. Elle n’établit pas plus la césure entre la monnaie et les
autres actifs à partir de la nature de l’entité du gestionnaire.

On trouve désormais dans les agrégats monétaires aussi bien des placements effectués
auprès des établissements de crédit que des placements effectués sur les marchés des titres.
A l’inverse, certains placements effectués auprès des institutions financières,
nécessairement pris en compte dans la définition traditionnelle de la monnaie, sont exclus
de la nouvelle définition.

9
2.2. Agrégats monétaires
2.2.1. Définition
Pour mener à bien sa mission, la banque centrale doit connaître en permanence la quantité
des moyens de paiement mis à la disposition des agents économiques non financiers (ANF).
Les ANF détiennent des actifs corporels comme de l’immobilier, des actifs financiers comme
des actions ou des actifs monétaires. Ces actifs monétaires sont à leur disposition
immédiatement, alors que les autres actifs ne sont pas convertibles en liquidités sans délais.
Ils sont matérialisés par les moyens de paiement.
Les moyens de paiement en circulation auprès des ANF constituent la masse monétaire. Ils
sont créés par les institutions financières monétaires (IFM), variables selon les économies.
Dans la zone CEMAC, le bilan consolidé du secteur des institutions financières monétaires
prend en compte le périmètre suivant :
- La banque centrale (BEAC)
- Les établissements de crédits résidents : dont l’activité consiste à recevoir du public
des dépôts et à consentir des crédits ;
- L’ensemble des autres institutions financières résidentes dont l’activité consiste à
recevoir des dépôts et/ou des substituts proches des dépôts et à consentir des
crédits ou à effectuer des placements en titres.

2.2.2. Composition des agrégats monétaires


La masse monétaire se divise en agrégats monétaires en fonction du degré de disponibilité
pour ses détenteurs.
Les agrégats sont plus ou moins larges, suivant que l’on tient compte des moyens directs ou
des liquidités transformables rapidement en moyens de paiement.

Le tableau suivant représente les différents niveaux d’agrégats

M1 : agrégat monétaire étroit Billets et pièces en circulation


Ensemble des moyens de paiement + dépôts à vue par les résidents (autres que
l’administration centrale) auprès des IFM
M2: agrégat monétaire intermédiaire M1+ Dépôts à terme (durée≤ à 2 mois)
Actifs monétaires et quasi monétaires + dépôts remboursables sur préavis d’une
durée≤ 3 mois
M3 : agrégat monétaire large M2 + Titres d’OPCVM monétaires
Actifs monétaires, quasi monétaires et + contrats de mise en pensions de titres
financiers liquides négociables créés par les + instruments du marché monétaire émis
institutions financières monétaires (IFM) par le secteur IFM (certificat de dépôt)
+ titre de créances d’une durée initiale ≤ 2
ans.

2.3. Contreparties de la masse monétaires


2.3.1. Nature de la contrepartie

10
La monnaie constituant une dette pour les IFM, la contrepartie de la masse monétaire
est formée par les créances ayant été à l’origine de la demande de monnaie et qui sont de
trois types :
 les créances sur l’extérieur mesurent « l’incidence du solde des transactions
courantes de la balance des paiements » : elle résulte de l’activité de la banque
centrale par ses interventions sur le marché des changes et par ses opérations de
banque (prêts ou emprunts de monnaie à l’extérieur de la zone) ;
 les créances sur le trésor mesurent la contrepartie sur l’Etat, qui pour refinancer ses
déficits peut placer ses titres à court terme auprès des banques commerciales ;
 les créances sur l’économie mesurent l’ensemble des crédits accordés aux
entreprises et aux ménages. Leur remboursement a pour impact de réduire la
quantité de monnaie.

Tableau 2 Masse monétaire en circulation en zone CEMAC

Monnaie fiduciaire 1 020 211 32,2%


Monnaie scripturale 1 152 772 36,4%
Quasi monnaie 995 455 31,4%
Total 3 168 468 100%

Tableau 3. Contreparties de la masse monétaire en zone CEMAC


Monnaie fiduciaire 711 308 22,4%
Monnaie scripturale 989 079 31,2%
Quasi monnaie 1 468 081 46,3%
Total 3 168 468 100%

2.3.2. Signification de la contrepartie


A la suite des deux tableaux précédents, on peut remarquer que provoquent une
augmentation de la masse monétaire :
 une augmentation des réserves de devises étrangères ;
 une augmentation des crédits accordés à l’Etat ;
 une augmentation des crédits à l’économie.
Inversement, une diminution de ces différents postes a pour conséquences de réduire la
masse monétaire en circulation.
La contrepartie de la masse monétaire peut être interprétée comme l’ensemble des
facteurs à l’origine de la création monétaire.

CHAPITRE 2 : OFFRE DE MONNAIE

11
Dans un système où la monnaie est uniquement constituée des pièces d’or ou
d’argent, la création monétaire passe par la transformation des métaux précieux en
pièces. Cette transformation dépend éventuellement de la volonté des détenteurs de
biens incorporant ces métaux (bijoux, ornements, vaisselle, etc.) de procéder à leur
monétisation. Elle dépend surtout de la production obtenue dans les mines d’or ou
d’argent. La masse monétaire est dépendante du stock de métal.

Dans les économies contemporaines, la création monétaire est plus complexe. Si l’on
s’en tient à l’agrégat le plus restrictif M1, on voit que la monnaie est essentiellement
constituée par les écritures en compte et dans une moindre mesure par du papier. On
retrouve cette formule purement scripturale si l’on retient un agrégat plus large.

Il nous faut dès lors expliquer par quels mécanismes ces agrégats sont conduits à
s’accroitre. Puisque la monnaie détenue par individu est composée de ses avoirs sous
forme de dépôts dans une institution financière et de billets de la banque centrale, on
peut considérer que l’établissement qui gère ces dépôts a joué un rôle actif dans leur
constitution, de même que la banque centrale ne peut qu’être à l’origine de l’émission
des billets sur lequel figure son nom.

A partir de l’analyse des mécanismes de la création monétaire, nous examinerons la


formation de la masse monétaire et ensuite nous étudierons le comportement bancaire
et l’offre de monnaie par les banques.

SECTION 1 : CREATION MONETAIRE.

Après avoir étudié comment est déterminée la quantité de monnaie, il nous faut à
présent nous interroger sur les origines de ses variations. Nous montrerons comment
une banque crée de la monnaie scripturale et comment cette création appelle une
création de billets par la banque centrale. L’ouverture sur l’extérieur et le financement
de l’Etat peuvent en outre engendrer une création monétaire.

1.1. création de monnaie scripturale par une banque.


Contrairement à l’idée largement répandue dans le public, les banques n’accordent
pas des prêts à partir des dépôts qu’elles auraient préalablement collectés. Au contraire,
les crédits font les dépôts, c’est à dire que c’est l’opération de crédit qui aboutit à la
création des dépôts correspondant au montant du prêt.

Supposons par exemple qu’une banque accorde un crédit de 10000 francs à un


ménage. Cette opération modifie la situation comptable des deux agents. La banque
accorde le prêt en créditant le compte du ménage. Celui-ci possède désormais 10000
francs supplémentaires sur son compte en banque. Il est en revanche endetté auprès de
la banque pour un montant identique. L’opération de crédit s’est accompagnée d’une
création de monnaie scripturale pour une somme égale au montant du prêt. Le prêt

12
confère à la banque une créance sur le ménage qui voit s’inscrire sur son compte les
fonds demandés. Par jeu d’écritures, le crédit a engendré un dépôt sur le compte du
bénéficiaire.

La monnaie scripturale détenue par les agents non financiers s’est accrue de 10000
francs. Il y’a donc bien eu création monétaire. De la même façon, le remboursement du
crédit par le ménage se traduit par une destruction de monnaie. S’il rembourse par
exemple 3000 francs à la banque, son avoir sur son compte diminue d’autant. Son
endettement se réduit, ce qui constitue, pour la banque, une réduction de la créance
qu’elle détient sur le ménage.

La masse monétaire s’accroît donc lorsque le montant des crédits distribués aux
agents non financiers excède celui des remboursements.

Cet exemple est simplificateur puisque la monnaie a ici uniquement une forme
scripturale. Il ne semble pas avoir de limite à la possibilité de création monétaire par la
banque puisqu’elle fait apparaître de la monnaie scripturale par simple crédit du compte
client. En réalité, une limite essentielle tient au fait que la monnaie utilisée par le public
n’est pas uniquement scripturale. A cette monnaie bancaire s’ajoute une monnaie émise
par la banque centrale, que nous qualifierons de monnaie centrale, et que les agents
non financiers utilisent sous forme de billets. La monnaie scripturale figure au passif dans
le bilan de la banque sous forme d’engagement de la banque à fournir au titulaire du
compte de la monnaie centrale sur simple demande. Dès lors, pour une partie de la
monnaie scripturale créée, la banque devra assurer la conversion en monnaie centrale.
Cette contrainte de refinancement empêche une création illimitée par la banque
commerciale puisque celle-ci doit être à même d’obtenir des billets de la banque
centrale.

En empruntant à la banque centrale, la banque commerciale se trouve dans la même


situation que le ménage qui a obtenu le prêt. Son compte à la banque centrale est
crédité tandis que son endettement envers la banque centrale s’accroît d’autant.

La monnaie centrale a pour l’instant une forme scripturale. Cette monnaie


interbancaire qui n’entre pas dans la composition de la masse monétaire puisqu’elle n’est
pas détenue par les agents non financiers. C’est la transformation en billets et leur
diffusion dans le public qui amènera une augmentation de la circulation de monnaie
centrale.

1.2. la création monétaire en présence de la banque centrale.

Parallèlement à la monnaie scripturale des banques commerciales, les agents (entreprises,


ménages, collectivités) utilisent d’autres monnaies que les banques commerciales ne
peuvent pas créer et qui créent ce qu’on appelle des fuites dans l’ensemble du système.

Ces fuites sont de quatre natures :

13
- les billets et pièces : monnaie fiduciaire dont la création est réservée à la banque
centrale ;
- besoins en devises que la banque commerciale va devoir se procurer auprès de sa
banque centrale ;
- fuites vers le trésor public (ce qui n’est pas le cas aux Etats Unis ou le trésor public
dispose de comptes auprès des banques commerciales) ;
- fuites artificielles : les réserves obligatoires (chaque banque commerciale est obligée
de maintenir sur son compte à la banque centrale une somme qui peut être ou non
rémunérée. Ce montant des réserves obligatoires est calculé pour l’essentiel en
proportion de la masse des dépôts des clients. Par ce mécanisme, la banque centrale
augmente donc les besoins de refinancement des banques commerciales.

Les différents besoins de liquidités évoqués nécessitent du refinancement auprès de la


banque centrale, mettant ainsi le système bancaire en état de dépendance vis-à-vis de la
banque centrale

Bilan simplifié de la banque centrale

actif passif
- devises acquises par la banque - billets en circulation dans le public
centrale - comptes créditeurs des banques
- créances sur le système bancaire commerciales (réserves)
par suite de refinancement - compte créditeur du Trésor public
- concours apporté au Trésor public

Nous avons vu jusque-là la création monétaire comme résultant de mécanismes


impliquant uniquement les banques. Il nous faut à présent montrer que celle-ci dépend
aussi des relations avec l’extérieur et des opérations avec le Trésor public.

1.3. Rôle de l’Extérieur et du Trésor.


Nous verrons tout d’abord pourquoi les relations des agents résidents sont
susceptibles de provoquer une création de monnaie, puis nous nous arrêterons sur le
rôle spécifique joué par le Trésor.

1.3.1. Relations avec l’extérieur et création monétaire.


Prenons le cas d’un exportateur Camerounais qui reçoit en devises l’équivalent de 50000
F Cfa pour des biens ou services vendus à l’étranger. Les devises ne possèdent pas de
pouvoir libératoire sur le sol camerounais, aussi l’exportateur livre-t-il les devises à sa
banque en demandant leur conversion en Fcfa. La banque crédite alors son compte pour
50000 Fcfa. Dans quelle mesure cette opération de conversion conduit-elle à une création
monétaire ?

14
Si l’on retient une définition restrictive de la monnaie, au sens de M1 ou de M2, la
conversion des devises constitue bien une création monétaire puisque l’opération se traduit
par une augmentation du stock de monnaie des agents non financiers. En revanche, si l’on
prend une définition plus large de la monnaie, la conversion des devises n’accroît pas la
masse monétaire. Les devises sont en effets incorporées dans M3. ce choix se justifie par le
fait que, étant des actifs facilement convertibles en monnaie, ils constituent une promesse
de monnaie qui autorise à les inclure dans une définition plus large de la monnaie, au même
titre que les dépôts sur livrets, qui représentent une quasi-monnaie, sont enregistrés dans
M2. La conversion des devises revient donc à développer M1 au sein de M3.

Le choix de M3 de préférence à M2 pour déterminer la quantité de monnaie en


circulation revient donc à estimer que la masse monétaire s’accroît non pas lorsque les
devises sont converties, mais dès l’instant où ces devises sont perçues par l’entreprise
exportatrice.

En définitive, quel que soit l’agrégat retenu, les relations avec l’extérieur donnent lieu à la
création monétaire : au moment où les devises sont livrées si l’on prend un agrégat plus
large, au moment où elles sont convertibles si l’on choisit un agrégat plus restrictif.

Au niveau macroéconomique, il y aura création monétaire si le montant des devises


qui entrent dans le pays l’emporte sur celui des capitaux qui le quittent. La nation accroît
alors ses créances sur le reste du monde. La conversion des devises en monnaie nationale
augmente le montant des CFA en circulation par la création de monnaie scripturale. Notons
que les banques qui reçoivent ces devises de leur clientèle peuvent elles-mêmes s’en
dessaisir pour obtenir de la monnaie centrale à la place. La fourniture des devises à la
banque centrale augmente les réserves officielles de change détenues par celle-ci. Elle
donne lieu à une opération comparable à celle que la banque avait réalisée avec sa clientèle,
l’acquéreur des devises étant cette fois-ci la banque centrale.

Cet impact des relations avec l’extérieur, que nous venons de voir à partir de
l’exemple de l’exportateur, peut être généralisé à l’ensemble des relations réalisées avec
l’extérieur qui donnent lieu à des mouvements monétaires que l’on retrouve dans la balance
de paiements : dépenses des touristes résidents à l’étranger, envoi d’une partie des salaires
des travailleurs étrangers dans le pays d’origine, investissements à l’étranger, etc.

1.3.2. la création monétaire directe par les banques au profit du Trésor Public.
En tant que caissier de l’Etat ainsi que des multiples collectivités locales et
administrations particulières, le Trésor a des besoins de financement. Par exemple, lorsque
les dépenses de l’Etat sont supérieures aux recettes, il y a déficit budgétaire qui oblige le
Trésor à emprunter.

a- les modalités du financement.


Ces emprunts prennent la forme de titres à court ou moyen terme, comme les bons
du trésor, ou de titres à long terme comme les obligations assimilables du trésor(OAT). Ces
titres émis sont acquis par les institutions financières. Sauf à considérer que le Trésor est un
agent non financier dont la monnaie détenue fait partie de la masse monétaire, il n’y a alors

15
pas de création monétaire. Le Trésor accroît son endettement et reçoit la monnaie centrale.
L’acquisition des titres par les banques se traduit donc en fait par un transfert de monnaie
centrale au profit du Trésor et non pas par une augmentation de la monnaie disponible
auprès des autres agents non financiers.

b- les effets sur la création monétaire.


Si l’opération de financement du Trésor par les banques ne constitue pas elle-même
une création monétaire, elle n’est pas pour autant sans incidence sur la création monétaire.
L’apport de monnaie centrale au Trésor réduit en effet la liquidité du système bancaire qui
peut de ce fait freiner les financements accordés aux clients.

Les fonds dont dispose désormais le Trésor généreront une création monétaire s’ils
sont utilisés au profit d’agents non financiers. En revanche, s’il les utilise pour rembourser
des emprunts qu’il a dû effectuer à un coût plus élevé, cette utilisation ne donnera pas lieu à
création monétaire.

Lorsque les banques placent les titres acquis auprès de leur clientèle, il y a une
modification de la structure de la masse monétaire. Elle est constituée pour une grande part
par des titres du Trésor tandis que M1 se réduit puisque les agents non financiers utilisent
leurs disponibilités pour acquérir ces titres auprès des banques. Inversement, si les banques
rachètent ces titres négociables à leurs clients, il y a un gonflement de M1 puisque les
banques créditent les comptes des clients qui fournissent des titres.

Si l’on raisonne uniquement sur M1, les opérations consécutives à un financement bancaire
du Trésor sont en fin de compte susceptible d’engendrer un double effet :

- une création monétaire lorsque le Trésor utilise les fonds obtenus pour effectuer des
paiements auprès d’agents non financiers ;
- une destruction monétaire lorsque les banques placent les titres auprès de leurs
clients.

SECTION 2. LES DETERMINANTS DE L’OFFRE DE MONNAIE

L’offre de monnaie peut s’interpréter en termes de multiplicateur monétaire. Ainsi, la


création de monnaie par les établissements de crédits est proportionnelle à la monnaie
banque centrale. Cependant, selon le sens des liens de causalité entre la masse monétaire et
la monnaie banque centrale, ce mécanisme peut être interprété en fait en termes de
multiplicateur ou de diviseur.

2.1 Le multiplicateur de crédit


Nous avons vu précédemment que la création de monnaie scripturale appelait une
fourniture de monnaie centrale. Il nous faut maintenant analyser la liaison entre cette
monnaie centrale et la masse monétaire que formalise le mécanisme du multiplicateur de
crédit.
Le multiplicateur repose sur l’idée qu’une banque détenant un excédent de liquidité
sous forme de monnaie centrale cherche à le rentabiliser en l’utilisant pour accorder des
prêts. Mais comme les bénéficiaires des crédits accordés ne conservent eux-mêmes qu’une

16
fraction de leurs avoirs sous forme de monnaie centrale, les banques peuvent distribuer des
crédits pour un montant supérieur à celui de leur liquidité excédentaire.
Pour mieux comprendre le mécanisme du multiplicateur, il convient d’établir au niveau
macroéconomique la relation entre la base monétaire et la masse monétaire.
Quand les réserves excédentaires préalables préexistent à la distribution du crédit, il
s’agit du mécanisme du multiplicateur. La base monétaire représente la matière première à
partir de laquelle est créée la monnaie. Selon ce principe, chaque fois que la liquidité
bancaire augmente, les banques détiennent un excédent de monnaie centrale, encore
appelée réserves libres ou excédentaires (avoirs en compte des banques à la banque
centrale supérieures aux besoins liés à la réglementation des réserves obligatoires), qui leur
permet de distribuer des crédits (et donc de créer de la monnaie), en fonction de la
demande, pour un montant multiple de l’excédent de monnaie centrale.
Dans cette optique, la banque centrale garde une maîtrise de la création monétaire en
contrôlant strictement la base monétaire. Elle prend l’initiative d’injecter les liquidités en
monnaie centrale nécessaires pour permettre le développement du crédit et donc de la
monnaie. Elle module aussi le coefficient et l’assiette des réserves obligatoires. Ce cas de
figure caractérise essentiellement les économies de marché des capitaux à l’instar de
l’économie américaine.

2.2 Le diviseur de crédit


Quand les réserves sont collectées suite à la distribution de crédit, il s’agit de
l’approche du diviseur. Dans cette optique, les banques disposant d’actifs mobilisables ex-
ante, n’hésitent pas à satisfaire les demandes de crédits supplémentaires. Cependant, les
crédits accordés entraînant un accroissement des dépôts et simultanément, des
prélèvements de billets, par conséquent une diminution des avoirs en monnaie centrale.
Dans cette condition, les banques sont obligées de se fournir en monnaie centrale en
mobilisant les actifs ex-post auprès de la banque centrale. Le sens se la causalité est donc
inversé, il va de la masse monétaire à la base monétaire. La capacité de création monétaire
est déterminée essentiellement par le montant des actifs mobilisables et non par le volume
de liquidités immédiatement disponibles. Ce mécanisme caractérise essentiellement les
économies d’endettement.
L’approche mécanique du multiplicateur ou du diviseur constitue un point de repère
important pour l’analyse de l’offre de monnaie dans la théorie économique
Le grand débat sur l’offre de monnaie porte essentiellement sur l’exogénéité ou
l’endogénéité de cette dernière. La conception d’une offre de monnaie exogène signifie
qu’elle est indépendante de la demande de monnaie et contrôlables par les autorités
monétaire. Ce sont généralement les auteurs classiques, qui avaient une vision
quantitativiste du rôle de la monnaie, et également Keynes dans la théorie générale, qui
partagent cette conception. En revanche, les post keynésiens considèrent l’offre de monnaie
comme endogène. La théorie de l’offre de monnaie prend dès lors de l’ampleur. Les choix
de portefeuille du public et des institutions financières deviennent alors un facteur
déterminant pour expliquer le mécanisme de l’offre de monnaie. Cette dernière dépend
désormais du taux d’intérêt.

17
SECTION 3 : FACTEURS DE LA LIQUIDITE BANCAIRE.

La création monétaire des établissements de crédits est limitée par un certain


nombre de contraintes. Il existe des contraintes internes comme des règles de stratégie que
s’imposent les établissements, le refus de prendre des risques trop importants sur les clients
dont la solvabilité est douteuse, mais aussi des contraintes externes comme les contraintes
réglementaires (ratios) et le besoin de liquidité bancaire.

Les facteurs de la liquidité bancaire représentent par conséquent les facteurs à


l’origine des fuites monétaires hors du circuit monétaire. Il est possible de distinguer les
facteurs autonomes, liés aux opérations avec la clientèle et indépendants des interventions
de la banque centrale sur le marché interbancaire et les réserves qui émanent d’une
décision de la banque centrale.

La somme des facteurs autonomes et des réserves est égale à l’apport de liquidité réalisé
par les opérations de politique monétaire (somme des concours aux établissements de
crédit, de la facilité de prêt marginal moins la facilité de dépôts).

3.1 facteurs autonomes.


Tous les règlements effectués et tous les versements reçus pour le compte de la clientèle
affectent les avoirs en monnaie centrale d’une banque ou autre institution, c’est à dire la
monnaie détenue en compte des établissements auprès de la banque centrale. Au
niveau du système bancaire dans son ensemble, le besoin net de monnaie centrale est
affecté par quatre types d’opérations qui sont à l’origine du besoin de refinancement des
établissements :

i. les billets en circulation sont comptabilisés au passif du bilan de la


banque centrale. Leur montant fluctue de façon saisonnière en
fonction des habitudes de paiement du public. Les banques se
procurent les billets qu’elles mettent à la disposition du public en
s’adressant aux guichets de la BC, moyennant la passation à leur
compte d’une écriture du même montant. La liquidité bancaire varie
en sens inverse du montant des billets en circulation. Si les versements
de billets de la part de la clientèle sont supérieurs aux retraits, la
liquidité bancaire augmente et inversement.
ii. Les opérations avec les administrations publiques (dont le trésor
public) et les agents financiers transitent par les comptes des
administrations publiques et des EC à la BC. Pour le Trésor, la plupart
des dépenses de l’Etat : paie des fonctionnaires ayant un compte dans
une banque, remboursement d’emprunts, paiement de coupons sur
titres d’Etat, se traduisent par une diminution des dépôts des
administrations(Trésor) à la BC et par une injection de liquidité
bancaire dans le système bancaire. A l’inverse, les montants venant
accroître les dépôts auprès de la BC : recouvrement d’impôts,
émission de titres de la dette publique, restreignent d’autant la
liquidité bancaire.
iii. Les réserves en or et les opérations en devises étrangères (de façon
générale, réserves nettes de change) figurant à l’actif du bilan de la

18
BC : si les banques enregistrent des entrées de devises étrangères
supérieures aux sorties, la cession de l’excédent à la banque centrale
accroît la liquidité bancaire. A l’inverse, leurs achats de devises
étrangères auprès se la banque centrale correspond à une diminution
de la liquidité bancaire.
iv. Les autres facteurs du bilan de la BC contribuent aussi aux fluctuations
de la liquidité bancaire. La composante la plus instable concerne
l’encours des actifs en cours de recouvrements.

3.2 Réserves.

Les réserves (avoirs des EC en compte courant) sont composées des réserves obligatoires
et des réserves excédentaires. Les réserves obligatoires sont un instrument permettant à la
BC d’accroître les fuites en monnaie centrale des établissements de crédits. Ces derniers
doivent maintenir des dépôts en monnaie banque centrale sur des comptes ouverts dans les
livres de la banque centrale(les encaisses en billets et monnaies détenues par les
établissements sont prises en comptes). Ces dépôts sont rémunérés. Ils constituent un
facteur de pression sur la liquidité bancaire s’ajoutant aux autres facteurs. Ce système
permet d’établir un lien relativement stable entre l’activité des EC et leur besoin de
refinancement en monnaie centrale. En effet, plus les banques distribuent de crédits et
créent de dépôts, plus, du fait du système des réserves obligatoires, elles doivent
immobiliser de la monnaie banque centrale sur leur compte à la BC. Elles facilitent la
politique d’intervention de la BC. Les autres facteurs de la liquidité bancaire sont plus
erratiques et difficilement prévisibles. La liquidité des banques peut varier très fortement
selon les périodes. Avec les systèmes de réserves, on introduit un facteur de la liquidité
bancaire dont l’importance et les variations sont davantage prévisibles. La banque centrale
peut ainsi prévoir avec une approximation raisonnable la demande de monnaie centrale au
titre des réserves obligatoires.

19
CHAPITRE 3 LA DEMANDE DE MONNAIE
Lorsque les économistes parlent d’offre, le mot demande n’est jamais loin et les
débats autour de la monnaie ne font pas exception. L’analyse de l’offre de monnaie
constitue une pierre angulaire pour la compréhension des effets de la politique monétaire
sur l’économie, car elle dégage les déterminants de la quantité de monnaie en circulation
dans l’économie. Sans surprise, la demande de monnaie constitue l’autre versant essentiel
de la théorie monétaire.

Ce chapitre présente l’évolution des différentes théories de la demande de monnaie.


Des théories proposées par Irving Fisher à celles de Milton Friedman en passant par Keynes
et les post keynésiens (Baumol et Tobin).

L’influence réelle des variations du taux d’intérêt sur la quantité de monnaie constitue l’une
des questions centrales de la théorie monétaire. Elle détermine l’importance des effets de la
monnaie sur l’activité économique globale.

SECTION 1 LA THEORIE KEYNESIENNE DE LA PREFERENCE POUR LA LIQUIDITE

Keynes, dans la théorie générale, présente une théorie monétaire en rupture avec la théorie
quantitative de la monnaie qui trouve son expression la plus complète dans l’ouvrage
d’Irving Fisher de 1911, The purshasing power of money (le pouvoir d’achat de la monnaie).

Rappelons que la théorie quantitative de la monnaie est une théorie de la demande de


monnaie. Elle explique la quantité de monnaie détenue pour un niveau donné de revenu
global. Pour cette théorie, le taux d’intérêt n’a pas d’effet sur la demande de monnaie.

Irving Fisher développa une approche en terme de revenu qui est résumée dans l’équation
des échanges : MV = PY (avec M : offre de monnaie, V : vitesse de circulation de la monnaie,
P : niveau général des prix, Y : Produit global), V étant constante.

Il en résulte que la variation du niveau général des prix dépend d’une modification de la
quantité de monnaie.

La demande de monnaie Md =1/[Link] avec 1/V=k (le taux de liquidité de l’économie) qui est
constant. Donc la demande de monnaie est déterminée par le niveau du revenu nominal.

Pour Keynes, la vitesse de circulation de la monnaie n’est pas constante, car la demande de
monnaie est influencée par le taux d’intérêt. Il intitule sa théorie de la demande de monnaie
théorie de la préférence pour la liquidité. Elle a pour point de départ la question suivante :

Pourquoi les agents économiques détiennent-ils de la monnaie ?

Pour Keynes, trois raisons majeurs justifient cette détention : un motif de transaction, un
motif de précaution et un motif de spéculation.

1.1 Le motif de transaction

20
L’approche classique suppose que les individus détiennent de la monnaie pour sa fonction
de moyen d’échange, utilisable pour effectuer les transactions quotidiennes. Dans le
prolongement de cette tradition, Keynes suppose que cette composante de la demande de
monnaie est principalement déterminée par le volume de transaction effectuées par les
agents économiques et que celles-ci sont proportionnelles au revenu. La demande de
monnaie, pour un motif de transaction est donc proportionnelle au revenu.

1.2 le motif de précaution

Keynes va au-delà de l’analyse classique. Les agents économiques détiennent de la monnaie


non seulement pour effectuer des transactions mais aussi pour faire face à des besoins
inattendus. Exemple d’une personne qui envisage d’acheter prochainement une chaîne
stéréo. Elle entre dans un magasin offrant une remise de 50% sur le prix de ce produit. Si par
précaution, elle détient de la monnaie pour faire face à ce type d’événement inattendu, elle
peut acheter la chaine tout de suite. Dans le cas contraire, elle ne peut tirer parti de la
remise. Les encaisses monétaires de précautions sont également utiles en cas de dépenses
imprévues, par exemple des frais de réparation automobile ou des dépenses de santé.

Ce raisonnement conduit Keynes à la conclusion suivante : le montant des encaisses


monétaires de précaution détenues par les agents économiques est déterminé
principalement par le montant anticipé des transactions supposé proportionnel au revenu.
C’est pourquoi Keynes suppose que ces encaisses sont proportionnelles au revenu.

1.3 le motif de spéculation

Si Keynes s’était limité aux deux motifs précédents, le revenu serait demeuré le seul
déterminant important de la demande de monnaie. Cela n’aurait guère modifié la théorie
classique. Mais Keynes ajoute un motif supplémentaire appelé motif de spéculation ; la
monnaie est une réserve de richesse (ou de valeur).

Keynes regarde plus attentivement les facteurs influençant la quantité de monnaie détenue
comme réserve de valeur. Cela le conduit à souligner l’influence des taux d’intérêt sur la
demande d’encaisses de spéculation et, plus généralement, sur la demande de monnaie.

Keynes distingue deux catégories d’actifs utilisables comme réserve de valeur : la monnaie et
les titres. Il se pose ensuite la question suivante : pourquoi les agents décident –ils de
détenir leur richesse sous une forme plutôt que sous une autre ?

Keynes suppose que le rendement anticipé de la monnaie est nul. Pour le rendement
anticipé des titres, il retient la décomposition habituelle en deux parties : le paiement des
intérêts et la variation anticipée des gains en capital (en %).

Keynes émet l’hypothèse suivante concernant les anticipations de taux d’intérêt : les
individus croient qu’ils oscillent autour d’une valeur normale. Si les taux d’intérêt sont
inférieurs à cette valeur, les agents anticipent leur hausse et s’attendent à supporter une
perte en capital sur ce type de placement. Aussi, dans ce contexte, préfèrent-ils détenir leur
richesse sous forme de monnaie plutôt qu’en titres. La demande de monnaie est forte. Que

21
va-t-il arriver à la demande de monnaie si les taux d’intérêt sont au-dessus de leur valeur
nominale ? En général, les agents anticiperont une baisse des taux d’intérêt, une hausse du
prix des titres et des gains en capital. Le rendement attendu des titres est positif, donc
supérieur à celui de la monnaie. La demande de monnaie est faible. Par ce raisonnement, on
arrive à la conclusion suivante : une hausse des taux d’intérêt conduit à une baisse de la
demande de monnaie ; la demande de monnaie est fonction décroissante du niveau des
taux d’intérêt.

1.4 la demande de monnaie de Keynes

Keynes regroupe les trois motifs de détention d’encaisses monétaires en une équation de
demande de monnaie unique. Il prend soin de distinguer les valeurs nominales et réelles de
ces encaisses. La demande de monnaie doit être évaluée à son pouvoir d’achat. Par
conséquent, les agents économiques souhaitent détenir un certain montant d’encaisses
réelles (quantité de biens obtenues pour un montant donné d’encaisses nominales). Ce
montant est relié au revenu Y et au taux i par le biais des trois motifs. L’équation de
demande de monnaie proposée par Keynes, connue sous le nom de fonction de préférence
pour la liquidité relie la demande d’encaisses réelles Md/P à i et Y

Md/P= f (i, Y). Dans cette fonction, la demande d’encaisses réelles dépend négativement du
taux d’intérêt i et positivement au revenu réel. De cette fonction de demande de monnaie,
on déduit l’expression de la vitesse de circulation PY/M. il apparaît que la vitesse de
circulation n’est pas constante, elle varie avec les taux d’intérêt.

P/Md= 1/f (i, Y) à l’équilibre, M=Md, il vient V= PY/M=Y/f (i, Y).

Lorsque i augmente, f (i, Y) diminue et la vitesse de circulation s’accroît (c'est-à-dire le


coefficient de rotation de la monnaie). Dans le cadre de la théorie de la préférence pour la
liquidité, la vitesse de circulation v varie beaucoup en raison des fluctuations importantes
enregistrées par les taux d’intérêt.

SECTION 2 L’ANALYSE NEO KEYNESIENNE DE LA DEMANDE DE MONNAIE

Les économistes d’inspiration keynésienne sous l’impulsion de J. Tobin, analysent


aujourd’hui la monnaie dans le cadre de la théorie du portefeuille. En distinguant trois
motifs de détention des encaisses, Keynes a dissocié la demande de monnaie en deux parties
additives : l’une dépendant du revenu et l’autre du taux d’intérêt. Depuis Keynes, les
analyses néo keynésiennes se sont affinées. D’abord, on a montré que la distinction de
Keynes était assez artificielle et qu’en particulier les encaisses de transaction étaient elles
aussi élastiques au taux d’intérêt. D’autre part, en traitant la monnaie comme un actif et en
lui appliquant la théorie de la sélection de portefeuille, Tobin justifie de façon plus
satisfaisante que Keynes la détention des encaisses pour le motif de spéculation.

22
2.1 L’élasticité des encaisses de transaction au taux d’intérêt

Tobin et Baumol ont montré que les encaisses de transaction étaient élastiques au
taux d’intérêt en leur appliquant la théorie de la gestion de stock. Car que sont les encaisses
de transaction sinon un stock de pouvoir d’achat ?

L’agent conserve des encaisses pour faire face à ses dépenses factures. Ce stock a un
coût qui est le manque à gagner du placement des encaisses sur le marché financier. Le
montant d’encaisses de transaction conservées est donc celui qui a le coût minimum.

Le modèle de Baumol est le suivant :

Supposons qu’un agent reçoive au début de la période étudiée un revenu Y ; et admettons


qu’il a un flux de dépenses d’un débit constant sur la période. On considère de plus qu’il ne
désire posséder des encaisses que pour payer ses achats de biens et services et qu’à la fin de
la période son revenu sera épuisé, et ses encaisses seront nulles.

L’agent a à sa disposition un actif assez liquide (le bon) qui rapporte un taux d’intérêt i sur la
période. Chaque fois qu’il effectue la transformation bon-encaisses (ou vice-versa), l’agent
doit payer une certaine somme b (frais de communication, coût bancaire de transfert, etc.)

Calculons en fonction de b, i, Y le montant minimum d’encaisses de transaction (M) que


l’agent va conserver pour payer ses dépenses.

Supposons que l’agent reçoive (ou transforme) tout son revenu en bons au début de la
période. Pour effectuer ses paiements, l’agent vend régulièrement un nombre de bon
suffisant pour faire face à tous ses achats de biens durant la période intermédiaire à deux
ventes de bons. Par exemple, si Y= 100 000 F CFA pour l’année.

- Il peut conserver au début de la période 50 000 en encaisses pour payer ses achats
durant au semestre, placer les 50 000 restant en bons pendant tout le premier
semestre et les vendre au début du second semestre pour payer ses achats le reste
de l’année.
- Ou il peut au premier janvier garder seulement 25 000 en encaisses et placer 75 000,
puis retirer 25 000 au début de chaque trimestre.

Appelons C la valeur des bons vendus chaque fois que l’agent a besoin d’encaisses. Le
nombre n de transaction de bons est n=Y/C.

Le coût de toutes ces transactions pour se procurer de la monnaie est alors : nb=bY/C

De plus, l’agent détient des encaisses moyennes (M) qui sont égales à la moitié des encaisses
initiales au moment de chaque vente de bons : M=C/2.

La détention d’encaisses a un coût alternatif (ce que ces encaisses lui apporteraient si elles
étaient placées en bons) de : iM=iC/2

Donc, le coût total (CT) pour l’agent de la détention de ces encaisses est la somme des coûts
de transaction pour se procurer ces encaisses et du coût alternatif.

23
CT = bY/C + i C/2

L’agent cherche à minimiser ce coût :

δCT/δC = -bY/C2+i/2=0 → C= √2bY/i (1) (δ2CT/δC2›0

le niveau optimum de chaque transformation est donné par la formule (1) : le montant
moyen d’encaisses de transaction désirées est alors : M= C/2 = √bY/2i (2).

Dans cette formule, les encaisses de transactions sont proportionnelles à la racine carrée de
Y et varient en sens inverse du taux d’intérêt. Ce résultat n’est pas étonnant. Car au fond
quel que soit le motif de détention des encaisses, celles-ci ont un coût alternatif qui vient de
la possibilité de les placer sur le marché financier. Aussi plus le taux d’intérêt s’élève, plus les
agents ont intérêts à minimiser le niveau de leurs encaisses ; et ceci quel que soit le motif de
détention.

2.2 L’application de la théorie de la sélection de portefeuille aux encaisses de spéculation.

L’analyse actuelle des encaisses de spéculation part de l’idée que la monnaie est l’actif le
plus liquide, qui en contrepartie ne rapporte rien. Dans cette optique, la question à résoudre
est la suivante : si un agent possède un patrimoine financier, pourquoi décide-t-il de
conserver un actif qui ne rapporte rien alors qu’il peut placer ce patrimoine en titre
rémunérateurs ?

La réponse est un cas particulier de la théorie justifiant la répartition d’un patrimoine


financier entre divers actifs aux rendements différents.

Pourquoi un agent affecte-t-il son portefeuille entre diverses valeurs au lieu de placer la
totalité dans le titre qui a le rendement le plus élevé ?

Pour répondre à cette question, nous allons d’abord présenter la théorie de la sélection de
portefeuille dans ses grandes lignes, ensuite voir dans quelle mesure nous pouvons
l’appliquer à la monnaie.

2.2.1 La théorie de la sélection de portefeuille (Markowitz)

Si un agent a un portefeuille d’un montant S et qu’il a le choix entre n valeurs : 1,2,…n, selon
quel pourcentage X1, X2... Xn affectera-t-il S sur chaque valeur ?

 Si l’agent connaissait les rendements avec certitude, alors il est bien évident qu’il
placerait la totalité de son portefeuille dans la valeur qui a la plus forte rémunération.
 S’il ne le fait pas, c’est qu’il n’est jamais certain du rendement réel d’un actif, tant à
cause des plus-values ou moins-values en capital éventuelle que de la dépréciation
monétaire.
 Mais ceci n’est pas une raison suffisante. Car on pourrait admettre que l’agent ayant
classé les divers actifs selon un ordre d’espérance des rendements croissants, placera
tout son portefeuille dans l’actif dont l’espérance de gain est la plus élevée.

24
 S’il ne le fait pas, c’est que le risque attaché à chaque valeur est différent ; de sorte
qu’un agent peut préférer un titre dont le rendement escompté est plus faible mais
au risque inférieur.

Aussi, le choix de l’agent se fonde sur deux variables : d’une part, l’espérance de rendement
des divers actifs (µi), le rendement étant une variable aléatoire ayant une certaine
distribution en probabilité ; d’autre part, le risque attaché à la détention de chaque valeur ;
ce denier est généralement mesuré par la variance ou l’écart-type à la moyenne (δi) de la
répartition en probabilité du rendement de l’actif i considéré.

Pour déterminer le portefeuille choisi, calculons le rendement et le risque attachés à tout


portefeuille de répartition : X1, X2, …Xn.

Son espérance de rendement (E) est la moyenne pondérée des espérances de rendement de
chaque actif ((µi). E = ΣµiXi

Son risque mesuré par la variance du portefeuille (V)

(Ou l’écart type : Σ=√V) est lié au risque des actifs du portefeuille selon la formule.

V = Σ ΣρijδiδjXiXj ou ρij est le coefficient de corrélation entre i et j ;

Δi est l’écart-type à la moyenne de la valeur i.

L’agent choisit un portefeuille parmi ceux qui maximisent E pour V donné ou qui minimisent
V pour E donné. V= Ψ(E2) ; Ψ(0)=0.

Ce sont des relations entre E et V de chaque portefeuille qui laissent l’agent indifférent ; ainsi
si V augmente (le risque augmente), pour qu’on reste sur la même courbe d’indifférence
(c'est-à-dire que le nouveau portefeuille soit indifférent au précédent), il faut que E s’élève.
Donc les courbes d’indifférences correspondantes sont croissantes.

Le choix du portefeuille préféré est alors le problème mathématique traditionnel de


maximisation d’un index de choix sous contraintes : Max µ(E, V)=k sous la contrainte V=
Ψ(E2).

2.2.2 Application à la détention d’encaisses de spéculation (TOBIN)

Tobin applique cette analyse aux encaisses de spéculation. Pour simplifier, il regroupe les
actifs en deux sortes : un actif (le bon) représentatif de tous les actifs du marché financier,
dont on ne connait pas avec certitude le rendement qui est une variable aléatoire (µi) étant
donné les plus-values ou moins-values en capital éventuelles, et le risque mesuré par l’écart-
type à la moyenne (δi). L’autre actif est la monnaie qui ne rapporte rien (µ 0) et qui n’a pas de
risque (δ0=0)1

L’espérance de gain du portefeuille (Xo, X1) tel que Xo+X1=1 est E= 110Xo+111 X1= 111X1

Son risque mesuré pour l’écart type (Σ) est :

25
Σ= √v = √11621 X21 = 61 X1 11 =1

Le portefeuille préféré est mathématiquement tel que :

Max V (E,Σ) = K sous la contrainte E = 111/51 Σ,

L’analyse de Tobin montre qu’un agent gérant son portefeuille de façon optimale peut avoir
intérêt, dès l’instant où les actifs ont un rendement incertain , à conserver de la monnaie
car, si cela diminue certes l’espérance de rendement totale du portefeuille, le risque qui lui
est attaché est aussi atténué.

Tobin complète ce résultat par une analyse du comportement de l’agent en face du risque
passé sous silence par Keynes :

La dépréciation monétaire, si elle affecte la monnaie, affecte aussi les autres actifs.

- L’aversion pour le risque. L’argent est hostile au risque Tobin l’appelle un


diversificateur, car il a tendance à repartir son portefeuille entre plusieurs actifs pour
diminuer le risque. Ce comportement explique qu’une part du portefeuille est
conservée en encaisses.
- Le goût pour le risque. L’agent arme le risque au point de préférer gagner moins si le
risque est plus élevé dans ce cas il ne conserve pas d’encaisses.
- La mentalité au risque. L’agent aime alors le risque dans une certaine mesure. Dans
ce cas, il conserve soit tout en encaisse, soit tout en titres
En résumé Tobin a enrichi l’analyse Keynes des encaisses de spéculation.
Contrairement à Keynes, qui devait admettre pour chaque agent le principe du tout
ou rien en encaisses, Tobin a prouvé qu’un agent rationnel pouvait chercher à
diminuer le risque à son portefeuille en déterminant une partie sous forme liquide.

SECTION 3- L’ANALYSE NEO-QUANTITATIVISTE DE LA DEMANDE DE LA MONNAIE.

Milton Friedman (1916) est sans doute le partisan déclaré de la théorie quantitative.
Il présente celle-ci comme une théorie de la demande de monnaie.

Friedman propose une approche macroéconomique et une approche


microéconomique. Dans l’approche macroéconomique, il approfondit la théorie
quantitative de la monnaie pour faire apparaître une demande d’encaisses réelles
proportionnelle au revenu (ou au patrimoine, ou revenu permanent).

Cette thèse a fait l’objet de nombreuses critiques ; en particulier, le modèle devient


caduc s’il est prouvé l’existence d’un actif dominant la monnaie comme les dépôts dans les
caisses d’épargne.

Le coefficient de proportionnalité étant fonction des taux d’intérêt.

En revanche l’approche microéconomique de la demande de monnaie est fondée sur


la gestion par l’individu de son patrimoine ; notion englobant le portefeuille de TOBIN et où
intervient la distinction patrimoine- capital humain et patrimoine capital non humain 1.

26
C’est donc cette présentation formalisée de la demande de monnaie qui permet de
fournir une nouvelle version de la théorie quantitative.

3.1) la demande de monnaie analysée par Milton Friedman

Friedman s’emploie à étudier la demande de monnaie des ménages avant d’élargir


ses conclusions au cas des entreprises. Elle dépend de trois ensembles de facteurs :

-la richesse totale : la monnaie n’est qu’une forme de détention de la richesse. Les autres
formes sont constituées par les obligations, les actions, les biens physiques et le capital
humain. La richesse totale, détenue sous des formes diverses, est prise en compte dans
l’équation de demande de monnaie à travers le revenu total qu’elle engendre, noté Y

- le prix et le rendement des différentes formes de richesse :

Les cinq formes sous lesquelles la richesse peut être détenue donnent lieu, pour
chaque agent, à des combinaisons qui dépendent, pour chaque forme, de son prix sur le
marché et de l’importance des flux de revenus qu’elle rapporte ; ces différentes formes
prendre par la richesse obligent à prendre en compte cinq variables supplémentaires. La
première de ces variables est le niveau général des prix. En effet, la détention de monnaie
peut procurer des revenus monétaires. C’est le cas si les dépôts à vue procurent un intérêt.
La valeur réelle de cette rémunération dépend du volume de biens que l’unit é monétaire
permet d’acquérir. Une augmentation du revenu général des prix réduit le pouvoir d’achat
de l’unité monétaire, et inversement. Le niveau général des prix P, dont l’influence ne se
limite d’ailleurs pas aux seuls actifs monétaires, est donc une variable à intégrer pour la
construction d’une fonction de demande de monnaie. Les autres variables sont le taux
d’intérêt sur le marché des obligations (rb), le taux d’intérêt sur le marché des actions (r e), le
rendement du capital humain (w) et le rendement des biens matériels noté : 1/p dp/dt

-les goûts et les préférences des détenteurs de la richesse

L’introduction d’une variable u permet d’en tenir compte dans l’équation.

La fonction de la demande de monnaie, dans laquelle toutes les variables précédentes sont
incorporées, peut alors s’écrire :

M =f (P, rb, re, 1/P dp/dt, Y, u)

M, correspond ici à la quantité de monnaie demandée.

La fonction construite par Friedman lui permet de reformuler la théorie quantitative.

3.2) la reformulation de la théorie quantitative de la monnaie par Milton Friedman.

Milton Friedman affirme que l’équation de demande est indépendante, pour


l’essentiel, des unités nominales utilisées pour mesurer les variations monétaires. Si l’on
change l’unité en laquelle les prix et le revenu monétaire sont exprimés, le montant de

27
monnaie demandé devrait varier proportionnellement. Si la valeur de la monnaie change, le
montant de la monnaie demandée varie en proportion. En effet l’analyse de demande de
monnaie repose sur la maximisation d’une fonction d’utilité définie en termes de grandeurs
réelles. Les variables monétaires n’exercent pas d’influence sur ces grandeurs réelles.

La présentation de la théorie quantitative par Friedman s’éloigne de la formation


quantitative élémentaire selon laquelle la vitesse de circulation est une constante,
déterminée par les habitudes de paiement. Elle se rapproche au contraire de la conception
Keynes, à tel point qu’Harry Johnson a estimé qu’elle pourrait tout aussi bien servir de
fondement à la demande de monnaie Keynésienne.

Pour Friedman, la théorie quantitative est une théorie de la demande de monnaie. Ce


n’est pas a priori une théorie reliant le stock de monnaie aux prix et au revenu. C’est un
ensemble d’hypothèse sur le montant d’encaisses désirées par les agents.

La monnaie est envisagée comme un actif patrimonial dont la demande obéit aux
règles du choix entre divers biens de patrimoine. Ce choix est réalisé selon les préférences
de chaque agent pour la structure désirée de son patrimoine. En analyse microéconomique,
on l’obtient en maximisant un index d’utilité des combinaisons des divers biens
patrimoniaux, sous la contrainte que la somme de la valeur de ces biens est égale à la
richesse de l’agent. La règle de répartition est l’utilité qu’on retire respectivement de chacun
d’eux ; Celle-ci est évidemment déterminée par le revenu procuré par ces divers actifs. Ce
dernier peut être en espèces ou bien sous forme de prestation en nature :

La monnaie en particulier qui a un rendement monétaire nul tire son utilité de sa


liquidité.

La demande de monnaie est alors fonction de la richesse de l’agent (Y) des


rendements des autres actifs patrimoniaux (r b, re, 1/p dP/dt) et d’un paramètre exprimant
les changements (exogènes) des goûts pour la structure de la richesse (u).

On peut formuler alternativement la demande de monnaie de deux façons. On peut l’écrire


en terme nominal.

Md = f (P ; rb, re, 1/P dP/dt, Y, w, u)

La demande nominale (Md) est le résultat d’un calcul de répartition de la richesse


nominale (Y) selon les rendements respectifs des biens de capital et le niveau général des
prix, en fonction des préférences des agents, tenant compte des changements objectifs des
goûts exprimés dans µ.

On peut aussi la représenter en terme réel :

Md/P= f(rb, re, 1/PdP/dt, Y/P, w,u)

La demande de monnaie en valeur réelle est fonction de la richesse réelle.

28
Friedman substitue le concept de (revenu) à la richesse dans la fonction de demande de
monnaie.

La fonction de la demande de monnaie est homogène de degré 1 par rapport à P et Y, ce qui


permet d’écrire.

f (ΨP, rb, Re, 1/P dP/dt, w, ΨY, u ) = f = Ψ (P, rb, re, 1/P dP/dt, w, Y, u )

- Si L = 1/p l’équation devient :


- M/P =f (Rb, Re, 1/P dP/dt, w, Y/P, u)
Présentée ainsi, l’équation exprime la demande d’encaisses réelles comme une
fonction de variable réel indépendant des variables monétaires nominales.
- Si Ψ= 1/Y, l’équation prend forme :
M/Y = f (P/Y, rb, re, 1/p dP/dt, w, u)

NB : cela signifie que si dans l’équation on remplace P par LP (et Y par LY puisqu’il s’agit d’un
revenu monétaire, le résultat est le même que celui pour le fet Lf).

Dans l’équation ainsi présentée, la fonction f peut être remplacé par une fonction V telle
que :

M/Y = f (P/Y, rb, re, 1/P dP/dt w, u)


=_________1______________________
V (P/Y, rb, re, 1/P dP/dt, w, u)

Soit Y = V (P/Y, rb, re, 1/P dP/dt, w, u) x M

Sous cette forme, l’équation à la forme habituelle de la théorie quantitative si V est la


vitesse de circulation revenu.

Friedman note qu’en fait elle nous donne simplement une théorie du revenu
monétaire. L’équation monte en effet que (les variations du revenu monétaire reflète les
variations de la quantité nominale de monnaie). Mais elle ne nous dit absolument pas dans
quelle mesure une variation quelconque de Y se répercute sur le produit réel et dans quelle
mesure elle est reflétée par les prix.

Autres observations et non les moindre, la vitesse de circulation de la monnaie n’est


plus constante et dépend d’un grand nombre de variables, en particulier le taux d’intérêt, le
revenu réel de variable du niveau des prix.

De plus le nombre de variables qui l’influencent est tel qu’on est plus proche de la
formulation Keynésienne que de l’expression quantitative traditionnelle (MV = PY)

Les partisans de la théorie quantitative veulent prouver que la variation de la


quantité de monnaie a une influence prévisible sur le niveau général des prix et le revenu.

Ceci est vrai si la vitesse de circulation est stable.

29
CHAPITRE 4 : STRATEGIE ET INSTRUMENTS DE POLITIQUE MONETAIRE

La monnaie pourrait affecter de nombreuses variables économiques importantes,


les hommes politiques du monde entier se préoccupent de la conduite de la politique
monétaire, c’est à dire de la gestion de la monnaie et des taux d’intérêt. L’organisation
responsable de la conduite de la politique monétaire d’une nation est en général une
banque centrale.

Dans ce chapitre, nous étudierons comment les banques centrales peuvent influer
sur la quantité de monnaie dans l’économie puis nous verrons comment la politique
monétaire est susceptible d’agir sur l’économie réelle.

SECTION 1. STRATEGIE DE LA POLITIQUE MONETAIRE

Une bonne politique monétaire est indispensable au bon fonctionnement de


l’économie. Si elle est trop expansionniste, elle génère de l’inflation, ce qui nuit à l’efficience
de l’économie et à la croissance. Avant de nous intéresser aux instruments utilisés par une
banque centrale pour conduire sa politique monétaire, nous allons à présent nous
appesantir sur les principaux objectifs qu’elle poursuit.

1.1 objectif de stabilité des prix (politique de ciblage d’inflation)

Depuis une trentaine d’années, les autorités de politique économique sont


conscientes des coûts économiques et sociaux de l’inflation et accordent de plus en plus
d’importance à la stabilité des prix. Celle-ci, définie par les banques centrales comme une
inflation basse et stable, est de plus en plus considérée aujourd’hui comme l’objectif
prioritaire de la politique monétaire. Elle est souhaitable parce qu’une augmentation
continue du niveau général des prix, l’inflation, crée une incertitude dans l’économie qui
peut être préjudiciable à la croissance économique. Par exemple, en cas de variation
importante du niveau général des prix, l’information transmise par les prix des biens et des
services est plus difficile à interpréter. Cela vient compliquer les prises de décision des
ménages, des entreprises et des pouvoirs publics, ce qui rend le système financier moins
efficient.

L’inflation pénalise la croissance. Elle complique aussi la prise de décisions pour le


futur. Par exemple, dans un environnement inflationniste, il est plus difficile de déterminer
le montant des sommes à mettre de côté pour financer des dépenses de santé ou
d’éducation. En outre, l’inflation peut nuire à la paix sociale : elle peut générer des conflits
entre les groupes sociaux, chacun cherchant à s’assurer que son revenu augmentera avec le
niveau général des prix.

Compte tenu de l’importance de la stabilité des prix pour la bonne santé d’une
économie dans le long terme, un ancrage nominal est considéré comme une pierre angulaire
d’une bonne politique monétaire ; il consiste à utiliser une grandeur nominale (le taux
d’inflation ou la masse monétaire) pour arrimer le niveau général des prix de telle sorte que
sa stabilité soit assurée. Deux raisons, au moins, sont avancées en faveur d’un tel ancrage :

30
 il maintient les anticipations d’inflation à un niveau bas ;
 il atténue, jusqu’à régler le problème de l’incohérence temporelle qui s’énonce ainsi :
la poursuite d’une politique monétaire totalement discrétionnaire donne de mauvais
résultats.
1.2 objectif de croissance

La recherche d’une forte croissance est étroitement liée à l’objectif de plein


emploi. En effet, quand on se rapproche de celui-ci, les entreprises augmentent leurs
dépenses d’équipement en capital pour améliorer la productivité, ce qui est bon pour la
croissance. A l’inverse, si le chômage est élevé et le taux d’utilisation des capacités faible, les
entreprises n’ont pas intérêt à augmenter leurs capacités de production et la taille de leurs
équipements. Mais cela n’empêche pas la poursuite de politique de croissance spécifiques
destinées à encourager l’investissement des entreprises ou l’épargne des ménages, et ce afin
d’augmenter le montant des moyens de financement disponibles. C’est l’objectif poursuivi
par des politiques dites de l’offre à travers des incitations fiscales à l’investissement et à
l’épargne.

SECTION 2 LES INSTRUMENTS DE LA POLITIQUE MONETAIRE

Cette section intéresse la dimension stratégique de la politique monétaire. Elle


porte sur ces aspects opérationnels, c'est-à-dire sur le choix et l’utilisation des instruments
de la politique monétaire.

La banque centrale peut tenter d’agir de manière indirecte sur les crédits
accordés en jouant sur le besoin de refinancement des banques en monnaie centrale grâce à
divers techniques. Elle peut aussi imposer directement aux banques des normes de
distribution de crédit. De manière générale les banques disposent de 3 catégories
d’instruments de politique monétaire. Les opérations d’open-market, les facilites
permanente et les réserves obligatoires.

2.1 les opérations d’open- market.

Les opérations d’open- market constituent l’une des modalités d’interventions des
banques centrales pour améliorer ou pour réduire la liquidité bancaire. La banque centrale
échange en effet des titres sur le marché monétaire contre sa propre monnaie. Ces
opérations, par une variation de la quantité de monnaie centrale disponible sur le marché,
font varier le taux du marché dans le sens souhaité par les autorités monétaires. Ceci dit, la
banque centrale peut envisager de freiner la progression de la masse monétaire en rendant
plus difficile, le refinancement des banques sur le marché monétaire.

Dans ce cas, elle vend des titres sur le marché et reçoit en paiement de la monnaie
centrale. Cette intervention a un effet de quantité : la raréfaction de la monnaie centrale sur
le marché. Elle a aussi un effet prix puisque la limitation de la quantité de monnaie centrale
offerte en élève le prix, c'est-à-dire le taux d’intérêt sur le marché. L’aggravation des

31
conditions de financement des banques affecte alors la distribution du crédit et par là même
leur création de monnaie scripturale.

Inversement, si la banque centrale met en œuvre une politique monétaire moins


restrictive, elle achète des titres sur le marché. Leur paiement se traduit par un apport de
monnaie centrale sur ce marché qui tend à faire baisser le taux d’intérêt.

Par une politique d’open-market, la banque centrale a donc la possibilité d’agir sur le taux du
marché monétaire et d’influencer les crédits bancaires en modifiant les conditions de
refinancements.

Actuellement dans la zone CEMAC, la politique monétaire s’exerce essentiellement


par les interventions de la BEAC sur le marché monétaire (2ème compartiment) au moyen
des taux directeurs qui constituent le plafond (taux des prises en pension) et le plancher
(taux des appels d’offre) entre lesquels fluctue le taux ‘’au jour le jour’’

2.2 les facilités permanentes

Les banques centrales disposent d’un deuxième instrument de politique


monétaire. Il s’agit des facilités permanentes. Il s’agit des concours accordés à l’initiative
de banques centrales ou des banques soit à des taux inférieurs à ceux du marché, délimitant
un taux plancher, soit des taux supérieurs à ceux du marché, délimitant alors un taux
plafond ( elles permettent donc aux banques d’obtenir auprès de la banque centrale des
liquidités au jour le jour contre les actifs éligibles)

La grande différence avec les opérations d’open-market est qu’elles ne donnent


pas lieu à des opérations du marché. Elles sont réalisées dans le cadre de relations
bilatérales entre la banque centrale, qui en fixe les conditions, et un établissement de crédit,
qui en a l’initiative.

Il existe 2 types de facilités permanentes : la facilité de prêt marginale, qui


permet aux banques d’obtenir des liquidités en 24 heures, et la facilité de dépôt marginal,
qui permet de constituer des dépôts à 24 heures. Les taux d’intérêt correspondant à ces
deux facilités fournissent une fourchette pour les taux du marché monétaire et constituant
des indicateurs de la politique monétaire. On peut dire que les facilités marginales servent à
limiter les volatilités du taux de l’argent au jour le jour.

Les opérations des facilités permanentes et d’open-market influencent l’offre de


monnaie centrale. En ce sens qu’elles permettent à la banque centrale de réguler le taux au
jour le jour en agissant sur l’offre de monnaie.

32
2.3 les réserves obligatoires

Contrairement aux deux précédents instruments de politique monétaire qui


permettent à la banque centrale de réguler le taux de l’argent au jour le jour en agissant sur
les conditions de l’offre sur le marché de la monnaie centrale , les réserves obligatoires
permettent d’influencer les conditions de la demande. Cet instrument permet d’agir sur le
besoin structurel du système bancaire en monnaie centrale.

Nous avons vu au THEME 1 que lorsqu’elles créaient de la monnaie scripturale, les


banques devraient faire face à des fuites en monnaie centrale qui limite les possibilités de
création monétaire. Les autorités monétaires peuvent faire apparaître des fuites
supplémentaires, c'est-à-dire accentuer le besoin de la monnaie centrale des banques. Elles
les obligent à déposer à la banque centrale des réserves en monnaie centrale qui ne sont
pas rémunérées et dont le montant est calculé à partir des dépôts de chaque banque et des
crédits qu’elle a accordés.

La contrainte représentée par ces réserves obligatoires varie avec l’assiette sur
lesquelles elles sont calculées. Cette assiette est en effet constituée par les postes, à l’actif
et au passif des bilans bancaires, servant de base au calcul du montant des réserves. Une
augmentation du nombre de poste pris en considération alourdit la contrainte des banques.
Cette contrainte varie aussi avec les taux de réserve qui sont retenus.

Une augmentation de ces taux ou un élargissement de l’assiette à un


accroissement des réserves non rémunérées qui oblige les banques à ralentir leur activité.

SECTION3. CANNAUX DE TRANSMISSION DE LA POLITIQUE MONETAIRE

Les canaux de transmission de la politique monétaire permettent de connaître comment la


politique monétaire peut être susceptible pour favoriser la croissance et donc permet de
considérer les effets de la monnaie sur l’économie réelle.

Il existe 3 canaux :

1- Le canal du taux d’intérêt

Dans le modèle keynésien ISLM, le canal du taux d’intérêt constitue le principal mécanisme
de transmission de la politique monétaire. On met en évidence les effets de la politique
monétaire sur la sphère réelle via le taux d’intérêt. La politique monétaire expansionniste :
M°↑, i ↓, I↑, Y↑ . Cette politique baisse le i réel, ir ↓, ceci réduit le coût du capital,
l’investissement augmente, la demande globale et la production augmente. Ainsi, on
influence l’activité économique en modifiant l’offre de monnaie. Or, ce canal met l’accent
sur le i réel plutôt que nominal puisqu’il s’agit d’un taux qui affecte les décisions des
consommateurs et des entreprises. En réalité, les modifications des i nominal à CT
entraînent une baisse correspondante du i réel à court terme étant donné l’hypothèse de la
rigidité des prix9. Toutefois, selon Bernanke et Gertler (1995), les études empiriques n’ont
pas pu prouvé une incidence significative des taux d’intérêt par le biais du coût du capital.
Ceci a entrainé la recherche d’autres mécanismes de transmission de la politique monétaire.

33
2-Le canal du crédit

Ce canal considère que le financement de l’économie se base sur le crédit bancaire. Les
banques permettent de résoudre les problèmes d’asymétrie d’information sur les marchés
de crédit. Certains emprunteurs n’ont pas accès aux marchés de crédit s’ils n’empruntent
pas auprès des banques. Lorsqu’il n’existe pas de parfaite substituabilité entre les dépôts et
les autres sources de refinancement pour les banques commerciales, le canal du crédit
bancaire agit ainsi : M↑, dépôts bancaires ↑, prêts bancaires↑, I↑, Y↑. L’augmentation
des prêts entraine une hausse des dépenses d’investissement. Selon le canal du crédit, la
politique monétaire affecte surtout les dépenses des petites entreprises, qui dépendent
notamment des prêts bancaires plutôt que les grandes entreprises qui peuvent se financer
sur le marché des capitaux et ne pas recourir aux crédits bancaires.

3-Le canal du taux de change

Le taux de change est une variable de transmission de la politique monétaire qui exerce des
effets sur les exportations nettes du pays, il fait aussi intégrer les i. La baisse des i réels
nationaux réduit l’attrait des dépôts nationaux en monnaie nationale par rapport aux dépôts
en monnaies étrangères, d’où la baisse de la valeur des dépôts en monnaie nationale par
rapport aux dépôts en devises, c’est la dépréciation de la monnaie nationale. Ensuite, la
dépréciation de la monnaie nationale baisse le prix des biens nationaux par rapport aux
biens étrangers, d’où l’augmentation des exportations nettes et la production globale
augmente. Par exemple si M↑, ir ↓, le taux de change↓, XN ↑, Y↑.

34
BIBLIOGRAPHIE.

Alphandéry Edmond(1985). Cours d’analyse macroéconomique. Paris, Economica, 379p.

Auge,D et Bramoullé,G(1974). Economie monétaire. Dunod, Paris.

Boisseu Christian De(1975). Les vitesses de circulation de la monnaie. Paris, cujas.

Bordes,C. Hautcoeur,P.C et Lacoue Labarthe,D(2008). Monnaie, banque et marchés


financiers. Nouveaux horizons, Paris,894p.

Classen E.M(1970). Analyse des liquidités et théories du portefeuille. PUF, collection


l’économiste,Paris,178p.

Dominique Lacoue Labarthe(1980). Analyse monétaire. Dunod,Paris.

Frederic Mishkin (2008). Monnaie, banque et marchés financiers, 8 e édition, nouveaux


horizons

Laider,D.(1974). La demande de monnaie, Dunod, Paris.

Lane, G(1999). La monnaie électronique est-elle une monnaie nouvelle ? Centre de


recherche en théorie économique J B Say, Université Paris Dauphine, Déc. 17p.

Salgin,G(1991). La théorie de la banque libre. Editions des belles lettres,col laissez faire,
Paris.

Salin, P(1990). La vérité sur la monnaie. Éditions Odile Jacob, Paris.

Semedo G et Villieu P(1997). La zone franc : mécanismes et perspectives


macroéconomiques, Ellipses France.

Arthus, P. (1995), Macroéconomie, Economica, Paris.

Augé,D. et Bramoullé,G. (1998), Economie monétaire, Dalloz, Paris.

Barro, R. et Gordon, DB. (1983),” Discretion and reputation in a model of monetary policy”,
journal of monetary economics n°12.

Bassoni, M. et Beitone, A. (1994), Monnaie : Théories et Politiques, Sirey, coll. Synthèse+,


Paris, 264p.

Besson, J-L, Monnaie et Finance, Presses Universitaires de Grenoble, 1992, 159p, Grenoble.

Bourguinat, H. (1997), Finance internationale, PUF 3ème édition, Paris.

Chouraqui, JC. (1990), Comment formuler la politique monétaire ? Les enseignements de


l’expérience récente, revue française d’économie, vol 4, pp, 5-28.
Diarra, M. (1972), Les Etats africains et la garantie monétaire de la France, NEA, Dakar.

Jacoud,G. (1994), La monnaie dans l’économie, Nathan, Paris

35
Kerfalla, Y. (1984), Contrôle de l’activité bancaire dans les pays africains de la zone
franc,NEA, Abidjan.

Ondo Ossa, A. (1992). Taux de change du franc CFA et construction européenne, Monde en
développement, tome 20. 77/78, pp 59-74.

Salin, P. (1990), La vérité sur la monnaie, Editions Odile Jacob, Paris.

Taylor, JB. (1993), “Discretion versus Policy rules in practice”, Carnegie-Rochester conference
series on public policy, n°39.

Tchuindjang Pouémi, J. (1981), Monnaie, servitude et liberté, éditions Jeune Afrique, Paris.

ANNEXE

36
B1- Sectorisation de l’économie nationale.

L’agrégation des données monétaires ne peut s’effectuer que si les imputations des
opérations entre les différents secteurs de l’économie sont bien effectuées. Ces imputations
supposent que les limites entre ces différents secteurs soient bien définies.

On distingue généralement deux sphères dans l’économie nationale : le secteur financier et


le secteur non financier.

Dans la zone CEMAC, L’article 1er du Règlement COBAC R-2009/02 du 1er avril 2009 portant fixation
des établissements de crédit distingue deux catégories : les établissements bancaires et les
établissements financiers.

a- Les établissements bancaires

La loi ne donne pas une définition de l’établissement bancaire. Il correspond en réalité à


l’ancienne « banque » telle que définie par les conventions de 1990 et 1992. C’est donc
l’établissement de crédit de droit commun. L’établissement bancaire comprend deux sous-
catégories : la banque universelle et les banques spécialisées. Les établissements bancaires
doivent avoir un capital social minimum qui est fixé à [Link] F CFA (dix milliards de
francs CFA).

a1 La banque universelle

Conformément à l’article 9 du Règlement de 2009 précité, la banque universelle est un


établissement bancaire habilité d’une façon générale à recevoir tout fonds du public, à
effectuer toutes opérations de banque sans restriction et toutes opérations connexes ainsi
que les opérations non bancaires. Plus précisément, elle a pour vocation de recevoir du
public des dépôts de fonds à vue et à terme et d’effectuer les opérations de crédit. Il n’y a
donc pas en principe de limitation dans ses activités.

L’une des particularités de la banque universelle tient aussi à la limitation de la possibilité de


prendre des participations dans les sociétés. Toutefois, cette limitation ne s’applique pas aux
participations prises dans d’autres banques et établissements financiers ou dans les sociétés
nécessaires à son exploitation et chargées de la gestion soit de son patrimoine immobilier
soit des services d’étude relevant de la profession bancaire.

a2- Les banques spécialisées

Conformément à l’article 10 du Règlement, ce sont des établissements bancaires dont


l’activité est nécessairement limitée soit par rapport à certaines opérations déterminées
(crédit à long terme, prises de participation), soit par rapport à une clientèle ou un secteur
d’activité déterminé (crédit agricole, crédit au commerce extérieur, crédit aux PME, etc.). Du
fait de cette limitation, elles peuvent bénéficier d’un statut spécial. C’est le cas de la Banque
Camerounaise des PME créée par l’Etat du Cameroun. Elle est destinée principalement au
financement des PME camerounaises.

37
Elles sont habilitées d’une façon générale à recevoir tout fonds du public mais se distinguent
par le caractère spécifique ou restrictif de leur champ d’activité. Elles réalisent les opérations
de banques dans la limite de la décision d’agrément qui les concernent ou des dispositions
statutaires, législatives et réglementaires qui leur sont propres dans le respect toutefois des
prescriptions communes de la réglementation bancaire.

b- Les établissements financiers

Par rapport aux établissements bancaires, les établissements financiers se caractérisent


essentiellement par l’interdiction de recevoir les fonds du public et par l’exigence d’un
capital social minimum qui est fixé à 2. 000. 000. 000 F CFA (deux milliards de francs). La loi
prévoit deux catégories d’établissements financiers : les sociétés financières et les
institutions financières spécialisées.

b1- Les sociétés financières

Les sociétés financières se caractérisent par deux éléments :

– leur mode de financement : elles assurent le financement de leur activité par leurs
capitaux propres, les emprunts auprès des autres établissements de crédit, sur les marchés
de capitaux ou toute autre voie non contraire à la loi.

– la nature des opérations : les sociétés financières ne réalisent que les opérations de
banque résultant de la décision d’agrément qui les concerne ou des dispositions statutaires,
législatives et réglementaires qui leur sont propres.

Les sociétés financières sont généralement constituées de filiales de groupes bancaires ou


d’entreprises commerciales qui s’investissent dans diverses activités telles que le crédit-bail,
l’affacturage ou l’octroi des garanties.

Sont considérées par exemple comme sociétés financières :

– Les établissements de promotion de la consommation. Ils financent les ventes à


tempérament ou à crédit c’est-à-dire consentent des prêts pour le financement des
dépenses d’ordre familial ou l’acquisition de biens semi-durables.

– Les établissements de promotion des investissements. Ils sont spécialisés dans l’octroi des
crédits à moyen et long terme notamment pour le financement des opérations immobilières
des entreprises telles les acquisitions ou constructions d’usine..

– Les établissements de factoring. Le factoring ou affacturage est l’opération par laquelle


une personne, le factor, achète les créances commerciales à terme qu’une personne,
l’adhérent, détient sur ses clients. En contrepartie du paiement d’une prime, le factor se
charge, à ses risques et périls du recouvrement de la créance à l’échéance. L’affacturage est
désormais réglementé au Cameroun par la loi de 23 avril 2014.

– Les établissements de crédit-bail. Le crédit-bail ou leasing est l’opération par laquelle un


établissement financier acquiert et met à la disposition d’une entreprise locataire du
matériel industriel sous forme de location mais avec option pour le locataire de devenir

38
propriétaire à l’issu de la période de location. La formule du crédit-bail permet ainsi à
l’entreprise d’acquérir et surtout d’utiliser des biens sans recours au crédit classique. Le
crédit-bail est donc analysé comme une alternative au crédit bancaire classique. Le crédit-
bail est désormais régi au Cameroun par la loi du 10 décembre 2010. Aux termes de l’article
3 de cette loi : « Le crédit-bail est une opération de crédit destinée au financement de
l’acquisition ou de l’utilisation des biens meubles ou immeubles à usage professionnel. Il
consiste en la location des biens d’équipement, de matériel d’outillage ou de biens
immobiliers à usage professionnel, spécialement achetés ou construits, en vue de cette
location, par des entreprises qui en demeurent propriétaires. Ces opérations de location,
quelle que soit leur dénomination, donnent au locataire la faculté d’acquérir, tout ou partie
des biens loués, moyennant un prix convenu, tenant compte, au moins pour partie, des
versements effectués à titre de loyers ».

b2- Les institutions financières spécialisées

Les institutions financières spécialisées se caractérisent par un seul élément :


l’accomplissement d’une mission d’intérêt public décidée par l’autorité nationale qui les
crée. La création des institutions financières spécialisées relève donc de l’initiative des
autorités nationales des différents pays. Leurs modalités de financement et les opérations
qu’elles peuvent accomplir sont définies par des textes législatifs particuliers. Elles peuvent
être chargées par exemple d’acquérir et gérer des participations dans d’autres entreprises
commerciales, financières ou industrielles en cours de formation ou déjà existantes,
d’octroyer des prêts ou avals à leurs filiales, d’assurer la garantie de placement et de vente
dans le public des titres de sociétés, de la gestion des portefeuilles de valeur mobilière, de
l’émission d’actions et d’obligations, etc.

B2- présentation du secteur non financier de la zone CEMAC.

Selon la nouvelle méthodologie, toutes les opérations avec les entités non résidentes sont, par
définition, classées dans les avoirs et les engagements extérieurs. Par conséquent si on exclut
l’Extérieur, le secteur non financier se décompose de la manière suivante :

- les administrations publiques. Institutions et services publics fournissant essentiellement des


services non marchands (éducation, santé, police, défense, voirie, sécurité sociale, etc.).
- les entreprises publiques non financières. Les EPA ou sociétés d’économie mixte où l’Etat
détient au moins 30% du capital social et produisant des biens et services marchands
destinés au public.
- Le secteur privé. il comprend les ménages, les entreprises privées, les et autres
entrepreneurs.

La BEAC calcule à partir de bilans consolidés des établissements de crédit présentent, les
montants des agrégats monétaires dans la zone CEMAC

Dans la zone CEMAC, la BEAC suit l ‘évolution de M1 agrégat monétaire qui comprend la
monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale et M2 agrégat intermédiaire qui additionne M1 et
les dépôts à terme.

39

Vous aimerez peut-être aussi