Année Scolaire 2022 – 2023
MATHÉMATIQUES MPSI1,2 et MP2I
DS N°6
Jeudi 23/02/2023 (4h)
Les candidats sont invités à composer avec une encre suffisamment visible (en bleu foncé ou en noir par
exemple), le bleu pâle est à proscrire. Les candidats sont également invités à porter une attention particulière
à la qualité de leurs raisonnements ainsi qu’à la rédaction (les copies illisibles ou mal présentées seront
pénalisées). La référence des questions doit obligatoirement être mentionnée et les résultats doivent être
encadrés ou soulignés à la règle.
Les différents problèmes doivent être rédigés sur des copies séparées.
La calculatrice, les formulaires et les téléphones sont interdits.
Problème 1 : Algèbre
Les deux parties sont indépendantes.
Partie I : Polynômes réels scindés
On note E l’ensemble des polynômes non constants à coefficients dans {−1, 0, 1}. Autrement dit, si P ∈ E est de degré
𝑛 ∈ ℕ∗ , il peut s’écrire sous la forme :
𝑛
P(X) = ∑ 𝑎𝑘 X𝑘
𝑘=0
avec 𝑎0 , … , 𝑎𝑛−1 ∈ {−1, 0, 1} et 𝑎𝑛 ∈ {−1, 1}.
On notera E𝑠 ⊂ E l’ensemble des polynômes de E qui sont scindés sur ℝ à racines simples. Autrement dit, si P ∈ E𝑠 est
𝑛
de degré 𝑛, alors il admet 𝑛 racines réelles distinctes et peut donc se factoriser sous la forme P(X) = 𝑎𝑛 ∏ (X − 𝑥𝑘 )
𝑘=1
avec 𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ∈ ℝ deux à deux distincts.
Le but de cette partie est de déterminer tous les polynômes qui sont dans l’ensemble E𝑠 .
Q1) Étude de E.
a) Montrer que P ∈ E ⟺ −P ∈ E.
b) Donner la liste des polynômes unitaires de degré 1 et de degré 2 qui sont dans E. Combien y-a-t-il de
polynômes de degré 1 et de degré 2 dans E ?
Q2) Étude de E𝑠 .
a) Justifier brièvement que P ∈ E𝑠 ⟺ −P ∈ E𝑠 et donner la liste des polynômes unitaires de degré 1 et de
degré 2 qui sont dans E𝑠 . Combien y-a-t-il de polynômes de degré 1 et de degré 2 dans E𝑠 ?
⎧ P(X) = XQ(X)
b) Soit P ∈ E𝑠 de degré supérieur ou égal à 2. Montrer que P(0) = 0 ⟺ ∃Q ∈ E𝑠 , ⎨ .
⎩ Q(0) ≠ 0
Ce résultat nous permet dans la suite de concentrer notre étude sur les polynômes de E𝑠 qui ne s’annulent pas en 0.
1
Q3) Un résultat intermédiaire. Soient 𝑎1 , … , 𝑎𝑛 , 𝑏1 , … , 𝑏𝑛 ∈ ℝ avec (𝑎1 , … , 𝑎𝑛 ) ≠ (0, … , 0).
𝑛
On pose P(X) = ∑ (𝑎𝑖 X + 𝑏𝑖 )2 .
𝑖=1
a) Expliciter les valeurs de 𝑎, 𝑏, 𝑐 ∈ ℝ telles que P(X) = 𝑎X2 + 𝑏X + 𝑐.
b) Justifier brièvement que ∀𝑥 ∈ ℝ, P(𝑥) ⩾ 0. Que peut-on alors dire du signe du discriminant de P ? En
déduire que :
𝑛 2 𝑛 𝑛
( ∑ 𝑎𝑖 𝑏𝑖 ) ⩽ ( ∑ 𝑎𝑖2 ) × ( ∑ 𝑏𝑖2 ) .
𝑖=1 𝑖=1 𝑖=1
c) Montrer que l’on a égalité dans l’inégalité ci-dessus si et seulement si :
∃λ ∈ ℝ, ∀𝑖 ∈ J1, 𝑛K, 𝑏𝑖 = −λ𝑎𝑖 .
d) Soient 𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ∈ ℝ∗ . Montrer que :
𝑛 𝑛 1
𝑛2 ⩽ ( ∑ 𝑥𝑖2 ) × ( ∑ 2
).
𝑖=1 𝑖=1 𝑥𝑖
𝑛
Q4) Majoration du degré. Soit P ∈ E𝑠 de degré 𝑛 ∈ ℕ∗ tel que P(0) ≠ 0. On notera P(X) = ∑ 𝑎𝑘 X𝑘 . On note
𝑘=0
𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ∈ ℝ les 𝑛 racines réelles de P et pour 𝑘 ∈ J1, 𝑛K, on pose σ𝑘 = ∑ 𝑥𝑖1 … 𝑥𝑖𝑘 la 𝑘-ième
1⩽𝑖1 <…<𝑖𝑘 ⩽𝑛
fonction symétrique élémentaire en les 𝑥1 , … , 𝑥𝑛 .
a) Citer la formule liant les racines de P à ses coefficients et en déduire que :
∀𝑘 ∈ J1, 𝑛K, σ𝑘 ∈ {−1, 0, 1}.
𝑛 𝑛
b) En développant σ21 , exprimer ∑ 𝑥𝑖2 en fonction de σ1 et de σ2 . En déduire que ∑ 𝑥𝑖2 ⩽ 3.
𝑖=1 𝑖=1
𝑛
c) On pose Q(X) = ∑ 𝑎𝑘 X𝑛−𝑘 .
𝑘=0
i) Vérifier que Q ∈ E, que Q est de degré 𝑛 et que Q(0) ≠ 0.
ii) Vérifier que ∀𝑖 ∈ J1, 𝑛K, 𝑥𝑖 ≠ 0 et que Q ( 𝑥1 ) = 0. En déduire que Q ∈ E𝑠 .
𝑖
𝑛
1
iii) En déduire que ∑ 𝑥𝑖2
⩽ 3.
𝑖=1
d) Montrer finalement que 𝑛 ⩽ 3.
Q5) Étude du degré 3. Soit P ∈ E𝑠 de degré 3 tel que P(0) ≠ 0. En remarquant que l’on a une égalité dans la
question Q4.d, montrer que ∃λ ∈ ℝ, ∀𝑖 ∈ J1, 3K, 𝑥𝑖2 = λ et en déduire une absurdité.
Q6) Combien y-a-t-il de polynômes dans E𝑠 ?
Partie II : Polynômes positifs sur ℝ
Soit P ∈ ℝ[X] non constant tel que ∀𝑥 ∈ ℝ, P(𝑥) ⩾ 0. Le but de cette partie est de montrer qu’il existe A, B ∈ ℝ[X] tels
que P = A2 + B2 .
𝑛 𝑚
Pour fixer les notations, on note P(X) = λ ∏ (X − α𝑖 )𝑟𝑖 × ∏ (X2 + 𝑎𝑗 X + 𝑏𝑗 )𝑠𝑗 la factorisation de P dans ℝ[X] où
𝑖=1 𝑗=1
λ = dom(P), α1 , … , α𝑛 ∈ ℝ sont les racines réelles distinctes de P (de multiplicités 𝑟1 , … , 𝑟𝑛 ∈ ℕ∗ ) et où pour 𝑗 ∈ J1, 𝑚K,
𝑎𝑗 , 𝑏𝑗 ∈ ℝ sont tels que 𝑎𝑗2 − 4𝑏𝑗 < 0 avec 𝑠1 , … , 𝑠𝑚 ∈ ℕ∗ .
Q7) Justifier que λ > 0.
Q8) Soit 𝑖 ∈ J1, 𝑛K. On note Q ∈ ℝ[X] le polynôme tel que P(X) = (X − α𝑖 )𝑟𝑖 Q(X).
2
a) Justifier que Q(α𝑖 ) ≠ 0 et en déduire qu’il existe η > 0 tel que ∀𝑥 ∈ [α𝑖 − η, α𝑖 + η], Q(𝑥) ≠ 0.
b) Justifier que Q est de signe constant sur [α𝑖 − η, α𝑖 + η] et en déduire que 𝑟𝑖 est pair.
Q9) On pose ℰ = {A2 + B2 , (A, B) ∈ ℝ[X]2 }.
a) Vérifier que si α ∈ ℝ, alors (X − α)2 ∈ ℰ.
b) Montrer que si 𝑎, 𝑏 ∈ ℝ sont tels que 𝑎 2 − 4𝑏 < 0, alors X2 + 𝑎X + 𝑏 ∈ ℰ. On fera apparaître une identité
remarquable.
c) Pour A, B ∈ ℝ[X], on pose C = A + 𝑖B ∈ ℂ[X] et C = A − 𝑖B ∈ ℂ[X].
i) Vérifier que A2 + B2 = C × C.
ii) Soient A1 , B1 , A2 , B2 ∈ ℝ[X]. On note toujours C1 = A1 + 𝑖B1 et C2 = A2 + 𝑖B2 . Vérifier que
C1 C2 = C1 × C2 .
iii) En déduire qu’il existe A3 , B3 ∈ ℝ[X] tels que :
(A21 + B21 ) × (A22 + B22 ) = A23 + B23 .
et en déduire que l’ensemble ℰ est stable par produit.
Q10) Montrer finalement que P ∈ ℰ.
Problème 2 : Analyse
Partie I
𝑒𝑡
On note 𝑓 ∶ 𝑡 ↦ .
1 + 𝑡2
Q1) Justifier que 𝑓 est de classe C∞ sur ℝ et calculer 𝑓 ′ (𝑡).
𝑒 𝑡 ×𝑔(𝑡)
(On l’écrira sous la forme 𝑓 ′ (𝑡) = (1+𝑡 2 )2
où 𝑔(𝑡) est une expression à préciser.)
Q2) Déterminer les limites de 𝑓(𝑡) lorsque 𝑡 → −∞ et lorsque 𝑡 → +∞, puis dresser le tableau des variations de
𝑓 sur ℝ.
Q3) a) Calculer 𝑓 ′′ (𝑡).
𝑒 𝑡 ×(𝑡−1)×ℎ(𝑡)
(On l’écrira sous la forme 𝑓 ′′ (𝑡) = (1+𝑡 2 )3
où ℎ(𝑡) est une expression à préciser.)
b) Justifier qu’il existe un réel α ∈] − 15 , 0[ tel que
⎧
⎪ ℎ(𝑡) < 0 si 𝑡 < α
⎪
⎨ ℎ(𝑡) = 0 si 𝑡 = α .
⎪
⎪
⎩ ℎ(𝑡) > 0 si 𝑡 > α
c) Déterminer le signe de 𝑓 ′′ (𝑡) en fonction des valeurs du réel 𝑡 et préciser sur quelle(s) partie(s) de ℝ la
fonction 𝑓 est convexe (resp. concave).
Q4) Tracer l’allure du graphe de 𝑓.
3
Partie II
Au vu des expressions de 𝑓(𝑡), 𝑓 ′ (𝑡) et 𝑓 ′′ (𝑡), nous nous proposons d’établir par récurrence que l’assertion 𝒜(𝑛)
suivante est vraie pour tout 𝑛 ∈ ℕ :
𝑒 𝑡 × P𝑛 (𝑡)
« ∃ P𝑛 ∈ ℝ[X] ∶ ∀ 𝑡 ∈ ℝ, 𝑓 (𝑛) (𝑡) = ».
(1 + 𝑡 2 )𝑛+1
Q5) a) Préciser l’expression à donner au polynôme P0 (X) pour que l’assertion 𝒜(0) soit vraie.
b) Soit 𝑛 ∈ ℕ, on suppose l’assertion 𝒜(𝑛) vraie. Prouver que 𝒜(𝑛 + 1) est vraie, et préciser l’expression
du polynôme P𝑛+1 (X) en fonction des polynômes P𝑛 (X) et P′𝑛 (X).
Q6) Retrouver à l’aide du résultat précédent vos expressions de 𝑓 ′ (𝑡) et 𝑓 ′′ (𝑡) trouvées en questions 1 et 3a.
Q7) Déterminer, en les justifiant, une expression du degré et du coefficient dominant du polynôme P𝑛 .
Q8) Déterminer, en la justifiant, une expression de P𝑛 (𝑖). (Bien sûr, 𝑖 désigne le nombre complexe.)
Partie III
𝑥
On note F ∶ 𝑥 ↦ ∫ 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡.
0
Q9) Préciser le sens de variation de F sur ℝ, ainsi que sa convexité. Préciser l’équation de la tangente en 0 au
graphe de F.
Q10) Déterminer la limite de F(𝑥) quand 𝑥 → +∞.
Q11) Montrer que F(𝑥) possède une limite ℓ finie lorsque 𝑥 → −∞, et montrer que −1 ⩽ ℓ ⩽ 0.
Q12) Tracer l’allure du graphe de F.
Q13) Pour 𝑛 ∈ ℕ∗ , on note
𝑛 𝑒𝑡
𝑢𝑛 = F(𝑛) = ∫ 𝑑𝑡
0 1 + 𝑡2
et on pose
𝑛 𝑡 𝑒𝑡 𝑛 𝑒𝑡 𝑛 𝑒𝑡
𝑥𝑛 = ∫ 𝑑𝑡, 𝑦𝑛 = ∫ 𝑑𝑡, 𝑧𝑛 = ∫ 𝑑𝑡.
1 (1 + 𝑡 2 )2 1 𝑡3 1 𝑡4
a) Déterminer une constante réelle A (indépendante de 𝑛) telle que
𝑒𝑛
𝑢𝑛 = + A + 2𝑥𝑛 .
1 + 𝑛2
b) Ranger dans l’ordre croissant les réels 0, 𝑥𝑛 et 𝑦𝑛 .
𝑛
c) En utilisant une intégration par parties, montrer que 𝑦𝑛 − 3𝑧𝑛 = 𝑜( 𝑒𝑛2 ) quand 𝑛 → +∞.
3/4 𝑛
d) Justifier que 𝑒 𝑛 = 𝑜( 𝑒𝑛2 ).
𝑛
e) Prouver que 𝑧𝑛 = 𝑜( 𝑒𝑛2 ).
(Indication : on pourra découper l’intervalle [1, 𝑛] sous la forme [1, 𝑛3/4 ] ∪ [𝑛3/4 , 𝑛].)
𝑛
f) En déduire que 𝑥𝑛 = 𝑜( 𝑒𝑛2 ), et déterminer un équivalent simple de 𝑢𝑛 .
F(𝑥)
Q14) Préciser le sens de variation de la fonction 𝑥 ↦ 𝑥
sur ℝ+∗ et en déduire
F(𝑥)
lim .
𝑥→+∞ 𝑥
Qu’en déduit-on sur le graphe de F ?
– FIN –