Chapit 4 Macro S2
Chapit 4 Macro S2
globale
On suppose que l’Etat n’intervient pas dans les activités économiques, son budget est en
équilibre et les dépenses publiques n’ont pas d’influences significatives.
A partir de l’identité d’équilibre global :
Y = Cf + I + G + (X-M)
A l’équilibre on a :
Y = Cf + I (1)
Y : le produit global,
C : consommation,
I : Investissement, ENCG_ Kenitra_Macroéconomie_Aziz BABOUNIA 2
Chapitre IV- Les déterminants de la demande globale
A ce produit global correspond un revenu global qui peut dépendre de la
consommation et de l’épargne :
Y = C + E (2)
Y: revenu global,
C: consommation,
E: épargne,
La propension moyenne à consommer " the average propensity to consume " est la
fraction du revenu qui est consacrée à la consommation, ou le rapport entre la
consommation C et le revenu R soit :
PMC = C/R
Lorsque le revenu augmente d’une période à l’autre, comment ce supplément de revenu est-
il utilisé ? Soit : ΔR = variation du montant du revenu entre deux périodes ; ΔC = variation
du montant de la consommation et ΔE = variation du montant de l'épargne.
Cette répartition du supplément de revenu est analysée par les propensions marginales à
consommer et à épargner.
La propension marginale à consommer « marginal propensity to consume » est égale à la part des
suppléments de revenu allouée à la consommation, soit le rapport des variations de consommation et des
variations du revenu disponible.
c = PmC = ΔC / ΔR
= dC/dR (la dérivée de C par rapport à R) ; 0 < c < 1
Dans l’exemple n° 1 ci-dessus : PmC = 3500 /5000 = 0,70. Donc 70 % du revenu supplémentaire sont
affectés à la consommation.
C’est le modèle de base de la fonction de consommation. Cependant, d’autres études ont fait ressortir
d’autres facteurs explicatifs de ses variations, tels que le décalage temporel, et la prise en compte du long
terme et de la richesse, le taux d’intérêt et les anticipations de l’inflation.
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Chapitre IV- Les déterminants de la demande globale
[Link] fonction d’épargne
L’épargne est chez les Keynésiens une fonction croissante du revenu disponible.
C’est la partie du revenu non consommé lors de la période considérée :
E = f (R) = R- C
E = R - (c R + C0) = R (1 - c) - C0 = e R - C0
e=1–c
La propension marginale à épargner « the marginal propensity to save » est égale à la fraction des
suppléments de revenu consacrée à l’épargne, soit le rapport de la variation de l’épargne totale désirée
et de la variation du revenu disponible :
e = PmE = ΔE / ΔR
= de/dR (la dérivée de E par rapport à R)
e représente la pente de la droite d’épargne, avec 0 < e <1.
Dans l'exemple n°1, PmE de la période t2 = 1500/5000 = 0,30 (on suppose dans la diapo 9 que
ΔC = 3500, et ΔE= 1500 ) ; soit 30% de l'accroissement du revenu sont épargnés.
Il en découle que la somme de la propension marginale à consommer et de la propension marginale à
épargner est égale à 1 :
Ces dépenses sont essentielles pour augmenter la productivité et la compétitivité des entreprises et générer
des revenus futurs.
L’investissement (I) peut être mesuré par plusieurs indicateurs dont principalement :
Le Taux d’investissement TI = I / PIB x100
C’est la part du PIB consacrée aux achats de biens d’investissement. Ce taux peut être approché par le
rapport entre la FBCF et le PIB.
On peut également calculer le taux d’investissement ainsi que la structure des investissements par secteur
institutionnel ou par branche d’activité économique.
Le Taux de variation de l’investissement = (I1-I0)/I0 x100
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Chapitre IV- Les déterminants de la demande globale
3.3 La fonction d’investissement
3.3.1 L’investissement exprimé en fonction du taux d’intérêt:
I = f (r) avec f’ (r) < 0
Graphique 4 : La courbe d’investissement en fonction du taux d’intérêt
Taux d’intérêt
Le critère de valeur actuelle nette consiste à comparer la valeur actuelle des flux de revenus nets de
l’investissement (= valeur des ventes annuelles - coûts annuels d’exploitation).
Pour ce qui est du taux de rendement interne de l’investissement, la rentabilité des projets est appréciée
sur la base de la confrontation du TRI et du taux d’intérêt. La décision d’investir est prise quand le TRI >
taux d’intérêt en vigueur le projet est rentable.
Par contre, plus le taux d’intérêt est élevé plus la valeur actualisée des projets est faible l’investissement
est non rentable.
En effet, si les perspectives de la demande ne sont pas favorables, les entreprises hésiteront à investir
même si le coût de l’emprunt est attractif.
Pour Keynes l’investissement est fonction du taux de rendement (rentabilité) des différents actifs
(physiques et financiers). Donc, la décision d’investir dépend de la comparaison entre le taux d’intérêt
et "l’efficacité marginale du capital" (EMC).
Elle est décroissante avec les volumes investis : les entreprises classent les projets d’investissement
par ordre décroissant d’EMC.
Quand l’investissement est indépendant du revenu, il est dit « investissement autonome » (I0),
dans ce cas il est déterminé par d’autres variables explicatives…
Quand l’investissement dépend du revenu, il est dit « investissement induit » (i), dans ce cas
l’investissement est une fonction croissante du revenu.
L’investissement global est donc égal à la somme de ces deux types d’investissement, soit :
I = f (R) = I0 + iR ; avec f’ (R) > 0
Le coefficient i est égal au rapport entre la variation de l’investissement induit et la variation du
revenu, soit : i = ΔI/ΔR
Investissement
statique : on considère qu’un état de l’économie est statique lorsque les relations entre les
agents économiques sont analysées à une date donnée, en supposant que les équilibres ne
changent pas ;
dynamique : on tient compte du temps, donc tous les agrégats deviennent variables, et des
relations continues et interactives sont établies entre les agents économiques.
Donc, ce multiplicateur (1/ (1-c)) dépend de la propension marginale à consommer (c) ; et puisque 0
< c < 1 K > 1, d’où le nom de multiplicateur.
Dans la période suivante, l’accroissement du revenu entraîne une variation de la consommation. Cette
variation est d’un montant proportionnel à ΔR, compte tenu de la valeur de la propension marginale à
consommer.
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Chapitre IV- Les déterminants de la demande globale
3.5 L’accélérateur de l’investissement
Les dépenses publiques (G) constituent la troisième composante de la demande globale (après C et I),
en tant que levier important dont disposent les pouvoirs publics pour agir sur l’activité économique et
l’emploi. Les dépenses publiques ne sont pas mesurées par un agrégat spécifique. Elles sont évaluées à
partir des comptes des administrations publiques de la comptabilité nationale.
Le budget de l’Etat comprend l’ensemble des recettes que l'Etat obtient par prélèvement sur les différents
agents économiques (impôts, redevances...), et des dépenses engagées par l'Etat, pour le fonctionnement
ou pour les dépenses d'équipement.
Le budget = ensemble des comptes qui décrivent, pour une année civile, les ressources et les
charges de l’Etat. La loi des finances prévoit et autorise, pour chaque année civile, l’ensemble de ces
ressources et charges.
Les budgets économiques sont des comptes nationaux prévisionnels : ils contiennent les prévisions de
l’activité au cours de l’année considérée et permettent de simuler les principales conséquences d’aléas
conjoncturels ou de politiques alternatives sur l’équilibre économique général et sur le budget.
Concernant la structure du budget, celui-ci peut faire l’objet d’une présentation juridique ou
fonctionnelle :
Présentation juridique : le budget comprend les recettes fiscales et non fiscales (revenus d’exploitation d’établissements
publics…), et les dépenses de fonctionnement et d’investissement.
Présentation fonctionnelle : les dépenses de l’Etat sont ventilées en diverses fonctions correspondant aux secteurs d’activité
ou aux domaines d’intervention des pouvoirs publics.
Les dépenses sont analysées en tant que redistribution de l’ensemble des recettes entre les ménages, les entreprises, l’extérieur…
(Voir circuit économique).
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Chapitre IV- Les déterminants de la demande globale
4.2 L’équilibre budgétaire
Le budget peut être excédentaire ou déficitaire. Le déficit budgétaire est l’excédent des dépenses sur les
recettes :
Solde budgétaire = recettes - dépenses de l'Etat
Le solde budgétaire peut être excédentaire (recettes > dépenses), déficitaire (recettes < dépenses), ou à
l’équilibre (recettes= dépenses).
Il ne prend pas en compte la diversité des secteurs d’activité économique. Donc il faut calculer un
multiplicateur spécifique à chaque branche et élaborer une matrice de multiplicateurs sectoriels.
La propension marginale à consommer n’est pas identique pour tous les agents économiques.
Donc il faut calculer un multiplicateur pondéré, qui tient compte de la part de chaque catégorie
professionnelle dans l’ensemble des ménages.
Les décalages temporels sont variables selon la conjoncture, les secteurs et les agents
économiques : les décalages identiques fournissent une fausse dynamique dans l’étude du
multiplicateur.
Il n’existe pas en réalité un plein emploi ou un sous-emploi absolus : des secteurs ou régions
peuvent connaître un plein emploi alors que d’autres sont dans des situations de sous-emploi.
Un pays ouvert sur l’extérieur peut être compétitif sur certains produits, mais la spécialisation dans ces
produits peut être bénéfique tant que la demande internationale qui lui est adressée n’est pas réduite :
si cette demande est croissante spécialisation adéquate. Si au contraire cette demande est en
régression le pays doit effectuer un redéploiement vers d’autres produits.
Dans la réalité il faut tenir compte, en plus des conditions d’équilibre au niveau interne (C+I = C +
E), des échanges de biens et services et d’actifs financiers entre l’économie et le reste du monde, et
du taux de change, ainsi que des implications de l’ouverture sur le fonctionnement de l’économie,
en terme notamment de modification de l’équilibre sur les marchés des biens et services et de la
monnaie.
Comme on a vu au chapitre II, si l’équilibre comptable est une nécessité et il est vérifié, l’équilibre
économique n’est qu’une hypothèse qui peut se réaliser ou non.
L’Etat, pour réaliser ses objectifs de la politique économique, peut intervenir par l’action sur les
dépenses publiques (G) ou sur les recettes fiscales (T), ou encore à travers les transferts qu’il peut
effectuer sous forme de subventions ou aides, par exemple (tr). Ces instruments exercent une
influence sur le niveau du produit national ou revenu national.
Les impôts prélevés par l’Etat peuvent être soit des impôts autonomes, indépendants du revenu (T0),
soit des impôts qui sont fonction du revenu, avec une propension à imposer ou un taux marginal
d’imposition ( t=TR ).
Y= C + I + G (Y=R)
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D’où, R = 1
C0 cT0 ctr I G
1 c ct
Exprime le multiplicateur de l’économie globale pour une économie fermée à trois agents
1
(l’Etat, les ménages et les entreprises).
1 c ct t : taux marginal d’imposition = t= T .
R
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Chapitre IV- Les déterminants de la demande globale
6.2.2 La prise en considération de l’extérieur dans le modèle d’équilibre
On va chercher l’équilibre macroéconomique en intégrant les exportations et les
importations, ou encore la balance commerciale (X-M) de l’économie considérée.
Dans cet équilibre le flux de production et de revenu augmente si la quantité (X-M) augmente, c'est-
à-dire si les exportations augmentent ou si les importations diminuent.
Les exportations étant dépendantes des décisions étrangères, sont considérées comme variable
autonome et ne dépendent pas du revenu national (RN). Par contre, les importations dépendent du
revenu national. Elles sont liées donc à la propension marginale à importer et s’expriment selon la
fonction linaire suivante :
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Chapitre IV- Les déterminants de la demande globale
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Chapitre IV- Les déterminants de la demande globale
Démonstration :
R = C + I + (X – M)
R = C + I + X – ( M0 + mR)
R = C0 + cR + I + X –M0 –mR
R – cR + mR = C0 + I +X –M0
R ( 1 – c + m) = C0 + I + X – M0
1
R = 1 c m (C 0 I X M0)
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Chapitre IV- Les déterminants de la demande globale
Exemple numérique :
Considérons une économie à trois secteurs (l’Etat, les ménages et les entreprises)
avec les activités suivantes :
C = C0 +cR = 8 + 0,3R
I = 110
G= 120
M= M0 + mR = 20 + 0,1R
X = 30
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Exemple numérique :
R= (8 110 30 20)
(1 0,3 0,1)
128
= 0,8 = 160
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Critique de la théorie keynésienne : L’effet HAAVELMO
Selon l’économiste norvégien Trygve HAAVELMO, le multiplicateur budgétaire (dont le revenu est
: 1 1 c (C cT ctr I G)) sera sans effet en cas où la balance commerciale du pays (A) est déficitaire, car
0
toute politique budgétaire déficitaire bénéficiera qu’aux pays qui entretiennent des relations avec le
pays (A).
1
En effet, le multiplicateur k = 1 c m du fait que la propension à importer est forte, se trouve plus
que réduit, et on aura une situation inverse à celle prévue par l’augmentation des investissements.
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Chapitre IV- Les déterminants de la demande globale
• Exemple :
Pour c = 0,5 m = 0,8 Pour c = 0,5 m = 0,1
c : proportion marginale à consommer
M : importations
m : proportion marginale à importer
• K= 1
1
1 0,5 0,8 1,3
0,771 K= 1
1
1 0,5 0,1 0,6
1,671
Conclusion :
Quand la propension marginale à importer (m=0,8) est grande, l’effet du multiplicateur est
faible (0,77 inférieur à 1).
Quand la propension marginale à importer (m=0,1) est faible, l’effet du multiplicateur est
fort (1,67 supérieur à 1)./.
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MERCI POUR VOTRE ATTENTION