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Socologie Generale

Le document présente une introduction à la sociologie, en abordant ses définitions, ses courants théoriques et les contributions de différents sociologues tels qu'Émile Durkheim, Max Weber et Karl Marx. Il souligne l'importance des faits sociaux, des actions sociales et des rapports de domination dans l'analyse sociologique, tout en discutant des approches individualistes et holistes. Enfin, il évoque les tendances contemporaines de la sociologie, notamment le constructivisme et les théories de la domination et de la distinction de Pierre Bourdieu.
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Socologie Generale

Le document présente une introduction à la sociologie, en abordant ses définitions, ses courants théoriques et les contributions de différents sociologues tels qu'Émile Durkheim, Max Weber et Karl Marx. Il souligne l'importance des faits sociaux, des actions sociales et des rapports de domination dans l'analyse sociologique, tout en discutant des approches individualistes et holistes. Enfin, il évoque les tendances contemporaines de la sociologie, notamment le constructivisme et les théories de la domination et de la distinction de Pierre Bourdieu.
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Cours de JAO Arsène, socio-anthropologue

UNIVERSITE D’ANTSIRANA
ESAED ANTSIRANANA

SOCOLOGIE GENERALE

La sociologie peut se définir comme l’ensemble des recherches qui touchent à


l’organisation et au fonctionnement des sociétés. Elle se considère comme une science qui
étudie la société, et pour reprendre l’expression de Marcel Mauss : « elle désigne la science
des société », c’est une entreprise de connaissance scientifique du social.

Conceptions et courants théoriques de sociologie

Pour Emile Durkheim, la sociologie est la science des faits sociaux. Mais quels sont
les faits qui, en raison de leurs caractéristiques, peuvent être considérés comme tels et être
les objets d’études des sociologues ? Les faits sociaux consistent « en des manières d’agir,
de penser et de sentir, extérieur à l’individu, et qui sont douées d’un pouvoir de coercition en
vertu duquel ils (les faits sociaux) s’imposent à lui ». C’est-à-dire tout ensemble d’actions
humaines qui présente une certaine régularité.

Le fait social possède comme attributs fondamentaux la contrainte, l'extériorité et


l'inévitabilité.

Contrainte : les individus sont amenés à se soumettre à son existence, comme ils
doivent se soumettre à celle de la pesanteur ou de la composition de l'air.

Extériorité : les individus ne produisent pas le fait social en lui-même, mais le


rencontrent à l'extérieur de leurs propres productions psychiques (extériorité par rapport aux
consciences individuelles).

Inévitabilité : les individus ne peuvent faire comme s'il n'existait pas, ils ne peuvent
échapper à son existence.

Selon Durkheim, ce ne sont pas les individus qui peuvent expliquer la réalité sociale, mais
c’est bien la société qui, par l’intermédiaire du pouvoir de coercition des faits sociaux, influence
et explique le comportement des individus. D’après lui, le sociologue doit étudier la société
dans un angle macrosociologique (en s’intéressant aux grandes entités sociales comme
famille, les classes sociales plutôt qu’aux unités élémentaires constitutives de la société qu’est
chaque individu). Il doit étudier le tout (la société) et non les parties qui le composent (les
individus) en tentant notamment de faire apparaitre certains déterminants sociaux.

1
Cours de JAO Arsène, socio-anthropologue

Durkheim préconise une approche holiste, c’est-à-dire une approche qui considère que ce
sont les structures sociales qui influencent les comportements individuels. L’holisme du grec
holos, qui veut dire « entier », est au sens littéral un exposé scientifique qui considère tout
domaine dans lequel il appartient, et met l’accent sur la primauté du groupe, de l’ensemble,
de la communauté, plutôt qu’à l’une de ses particules élémentaires, c’est-à-dire l’individu.

Elle s’oppose à une démarche individualiste qui considère, au contraire, que les
phénomènes collectifs sont le résultat d’actions, de croyances ou d’attitudes individuelles.

A l’encontre des conceptions holistes du social qu’il désapprouve, Raymond Boudon


esquisse un programme « individualiste » congruent avec son option de méthode. Ce
programme vise à traiter les phénomènes sociaux comme les effets de comportements
résultant exclusivement de motivations et de raisons. Il est assorti d’une « théorie ouverte de
la rationalité » proposant des articulations entre rationalité instrumentale, rationalité cognitive
et rationalité axiologique. Dans cette optique, les comportements individuels qui, en dernière
analyse, sont à la base de phénomènes complexes, sont des comportements intentionnels et
rationnels. La rationalité a ici un caractère axiomatique : l’être humain est un être de raison et
l’exercice de la raison porte non seulement sur les moyens mais également sur les fins.
Toutefois, dans la mesure où cette conception large du rationnel englobe une relation aux
valeurs – la rationalité axiologique –, on peut se demander s’il ne conviendrait pas d’y voir
plutôt un postulat de cohérence. Les comportements sont rationnels – ou peuvent tout au
moins faire l’objet d’un postulat de rationalité ou de cohérence – mais ils sont également
intentionnels : ils sont le fait d’individus échappant au déterminisme de l’instinct et aptes à faire
des choix1.

Pour Max Weber, la sociologie est une science qui s’intéresse à l’action sociale. Celle-ci
peut être définie comme une forme de comportement orienté en fonction du sens attribué au
comportement d’autrui. Deux acteurs qui orientent mutuellement leur action l’un sur l’autre
sont engagés dans une relation sociale. Elle se propose de comprendre par interprétation
l’activité sociale et, par-là, d’expliquer causalement son déroulement et ses effets.

Nous entendons par activité un comportement humain, quand et pour autant que l’individu
ou les individus lui communiquent un sens subjectif. Et par activité sociale, l’activité qui,
d’après son sens visé par l’individu ou les individus, se rapporte au comportement d’autrui, par
rapport auquel s’oriente son déroulement.

1
François Chazel et Jacques Coenen-Huther, Introduction : la théorie sociologique générale en question , Revue
européenne des sciences sociales [En ligne], XLVI-140 | 2008, mis en ligne le 01 février 2011, consulté le 02
février 2023. URL : http://journals.openedition.org/ress/160
2
Cours de JAO Arsène, socio-anthropologue

Un comportement religieux n’est pas une activité sociale s’il n’est que contemplation ou
recueillement solitaire car autrui n’intervient pas. En revanche, le fait d’assister à une messe
d’enterrement et de prier avec d’autres personnes est une activité sociale, car le sens visé par
l’individu qui se rend à la messe concerne autrui (témoigner son affection à ceux qui restent,
accompagner pour la dernière fois celui qui part, partager sa tristesse avec les autres
personnes concernées, montrer sa piété réelle ou feinte…).

Pour Weber, la sociologie a pour objectif de comprendre l’activité sociale. Comprendre


signifie saisir par interprétation le sens visé par l’individu. A ce propos, il distingue deux types
de compréhension.

- Une compréhension actuelle qui consiste à saisir immédiatement le sens de l’action au


moment où elle est réalisée.
- Une compréhension explicative qui vise à reconstituer les motivations de l’acteur en
replaçant son action dans un contexte.

Seule l'action orientée vers des fins instrumentales et consistant à choisir les moyens les plus
appropriés pour atteindre ces fins est pleinement compréhensible.

Les quatre types de l’action de Weber


 l’action rationnelle par rapport à un but (zweckrational), dans laquelle l’acteur définit
clairement un but et met rationnellement en œuvre les moyens lui permettant
d’atteindre ce but ;
 l’action rationnelle par rapport à une valeur (wertrational), dans laquelle l’acteur agit
en fonction d’un idéal, mais de manière rationnelle par rapport à cet idéal ;
 l’action affective, dictée par les humeurs et les émotions ;
 l’action traditionnelle, dictée par la conformité aux habitudes et aux coutumes.

Une action sociale ou une pratique sociale est une relation à autrui, qu'il soit présent ou absent,
vivant ou défunt. L'autrui peut être concret (individu, famille ou groupe) ou abstrait et
impersonnel (organisation, Etat, nation, ethnie, religion). Si l'action sociale est motivée par les
valeurs et les intérêts dont sont porteurs les individus ou les groupes (le sens donné par
l'acteur à son comportement), il n'en demeure pas moins qu'elle est un processus dynamique.
Une action sociale provoque toujours une "réaction". Il s'agit d'un enchaînement d'actions-
réactions, c'est-à-dire d'une interaction.

3
Cours de JAO Arsène, socio-anthropologue

Sociologie marxiste

Selon Marx, toute société est composée de deux éléments : infrastructure et


superstructure. L’infrastructure regroupe les bases technico-économiques d’une société et la
superstructure représente les institutions politiques, sociales, juridiques d’une société ainsi
que ses bases philosophiques, culturelles, morales et religions.

Dans la conception marxiste, c’est l’infrastructure qui détermine la superstructure. En


d’autres termes, la sphère économique a un rôle central dans l’explication des phénomènes
humains et sociaux. Pour Marx, l'organisation économique constitue le fondement de
l'organisation de la société. Les forces productives sont l'ensemble des ressources
matérielles (matières premières, machines et entreprises) et des ressources humaines (la
main-d’œuvre caractérisée à la fois par le nombre de travailleurs et par leurs qualifications)
dont dispose une société.

Les rapports de production sont les rapports de propriété sur les ressources
matérielles. De ces rapports de production dérivent des rapports d'exploitation : la classe
sociale qui ne possède que sa force de travail est bien obligée de mettre cette capacité de
travail au service de la classe qui a la propriété des moyens de production. L'économie
détermine donc le système politique et juridique, mais également les phénomènes
culturels et les idées : « l'existence sociale des hommes détermine leur conscience ».

La sociologie marxiste est née au moment de la révolution politique et industrielle


européennes. Marx essayait de comprendre le fonctionnement de la société capitaliste divisée
en deux grandes classes sociales2 : la bourgeoisie (dominante) et le prolétariat (dominée). Il
voit que les institutions publiques et pouvoir d’Etat dans la société constituent instrument au
service de la classe dominante. Il considère que les sociétés doivent être définies par leur
mode3 de production, la combinaison des forces productives (force de travail, outils de
productions, etc).

L’existence de classes sociales tient à la division du travail, aux inégalités de revenus


et de patrimoine, et aux relations de pouvoir qui existent à des degrés divers dans toutes les
sociétés. Le critère décisif d’appartenance à une classe est la place des individus dans les
rapports de production, et plus précisément la possession ou la non-possession des moyens
de production.

2
Une classe sociale est un groupe de grande dimension, homogène dans ses conditions de vie matérielles,
donc dans son style de vie.
3
Processus de vie sociale, politique et intellectuel : on a passé du mode de production esclavagiste, puis féodal
et enfin capitaliste.
4
Cours de JAO Arsène, socio-anthropologue

Un mode de production est une combinaison des forces productives et des rapports
de production propres à une société donnée. Les forces productives sont constituées de
l’ensemble des moyens de production matériels (terre, machine, …) et humains (la main
d’œuvre). Les rapports de production désignent l’ensemble des relations de pouvoir, de
propriété et de répartition des résultats de cette production.

Le mode de production capitaliste est caractérisé par l’opposition centrale entre capital
et travail. La bourgeoisie est la classe dominante, elle possède les moyens de production,
exploite les prolétaire et protège son pouvoir grâce à l’Etat et toute une superstructure (religion,
idéologie, …). Le prolétariat, classe dominée qui ne possède que sa force de travail, doit
vendre celle-ci aux capitalistes dont il subit l’exploitation.

Vue par la sociologie marxiste, la stratification sociale se résume à la division en


classes sociales : elle renvoie à la propriété, à l’exploitation (aspect économique), à la
domination et à la violence (aspect social et économique). Et par la suite c’est une sociologie
des mouvements sociaux.

Cependant, Durkheim analyse la division du travail comme un phénomène social


(et non pas économique) à l'origine d'une nouvelle solidarité entre les membres de la société.
Les sociétés à « solidarité mécanique » (les sociétés primitives) sont marquées par la
proximité des consciences individuelles avec la conscience collective (ensemble des
croyances et des sentiments communs à la moyenne des membres d'une même société): le
lien social est ainsi fondé sur la ressemblance. Dans les sociétés à « solidarité organique »
(les sociétés modernes), les individus exercent des fonctions différentes et sont donc
dépendants les uns des autres. La division du travail crée donc de la solidarité.

Ainsi, le développement de la conscience individuelle (individualisme croissant) dans


les sociétés à « solidarité organique » se traduit par un affaiblissement de la conscience
collective. La division du travail accentue ce phénomène puisque la différenciation des
activités sociales l'emporte sur leur ressemblance. Les sociétés modernes sont donc
menacées de fragmentation sociale.

5
Cours de JAO Arsène, socio-anthropologue

TENDANCE ACTUELLE DE LA SOCIOLOGIE

 Sociologie de la construction sociale ou constructivisme

Ce courant veut rompre avec les dualismes antérieurs : société et individu,


macrosociologie et microsociologie, objectivisme et subjectivisme, … . Il renvoie à l’idée que
la réalité sociale est construite par des acteurs individuels et collectifs dans la base
d’expériences passées (et donc intériorisées) et présentes (de la vie quotidienne), celle-ci
fonctionnant comme des contraintes souvent inconscientes, les individus font néanmoins des
calculs et prennent des décisions. Les actions sociales s'inscrivent donc dans un monde social
construit dont la consistance résulte d'actions antérieures.

Les travaux du sociologue britannique Anthony Giddens entrent dans ce type de


problématique. Pour lui, les structures conditionnent les actions individuelles qui elles- mêmes
produisent de nouvelles structures. La société est donc à la fois la condition et le produit des
actions individuelles. Dès lors, les acteurs ont bien une capacité de réflexion, c’est-à-dire qu’ils
sont capables de comprendre ce qu’ils font pendant qu’ils le font.

 La sociologie de la domination

Pour Pierre Bourdieu, sociologue français, la société est un espace où coexistent différent
rapports de domination. Le postulat de départ de Bourdieu est simple : dans toute société, il y
a des dominants et des dominés. L’objectif de sa sociologie est donc de révéler au grand jour
ces rapports de domination et de caractériser leurs mécanismes de fonctionnement. Le
positionnement de l’individu en tant que dominant ou dominé dépend de la situation
considérée, de ressources dont il dispose et de la stratégie qu’il élabore. En effet, l’espace
social est organisé en champs.

Un champ est un univers relativement homogène et autonome quant à ses règles


d’organisation et de fonctionnement. On distingue ainsi une pluralité de champs : champ
professionnel, champ artistique, champ politique, champ sportif, champ journalistique, etc. les
champs sont avant tout des lieux de concurrence et de lutte où chacun occupe une place
particulière. La place qui est octroyée à chacun au sein d’un champ déterminé est fonction du
volume des capitaux dont il dispose et de leur répartition.

Le capital représente l’ensemble des ressources matérielles et immatérielles dont nous


disposons pour faire valoir notre place. Bourdieu distingue deux grands types de capitaux : un
capital économique (fortune, salaire, revenue) et un capital culturel (diplômes, bonnes
manières). Ce dernier se décompose en capital symbolique (prestige, statut) et en capital
social (connaissances, réseau relationnel).

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Cours de JAO Arsène, socio-anthropologue

Selon Bourdieu, les dominants façonnent l’école selon leurs normes et leurs valeurs pour
assurer la reproduction de leur position que l’institution scolaire contribue à transmettre à leurs
héritier.

 La sociologie de la distinction

Pour prouver l’emprise du social sur l’individu, Bourdieu montre que même les goûts
personnels (culinaires, musicaux, sportifs …) qui a priori dont de l’ordre de l’intime, sont en
réalité le reflet de notre position dans l’espace social. En effet, en fonction de notre place dans
la structure sociale, nos habitus diffèrent. Or ce sont eux qui déterminent en dernier lieu nos
goûts personnels qui, mis bout à bout, forme notre style de vie.

Habitus désigne, au sens de Bourdieu, tout ce que l’on a acquis et qui s’incarne de façon
durable dans notre corps et notre esprit sous forme de dispositions permanentes. C’est en
d’autres termes, un système de dispositions acquises producteur de pratiques. Contrairement
à l’habitude qui est considérée comme mécanique, automatique et répétitive, l’habitus est
producteur et pas seulement reproducteur. Il parvient, en dépit des conditionnements
successifs que nous subissons, à générer des comportements nouveaux et différents de ce
que l’on a exactement appris.

 L’analyse des systèmes d’interaction

Selon Raymond Boudon, pour expliquer un phénomène social quelconque, il est


indispensable de reconstruire les motivations des individus concernés par le phénomène en
question, et d’appréhender ce phénomène comme le résultat de l’agrégation des
comportements individuels dictés par ces motivations.

Toute action sociale est réalisée dans un contexte particulier dont il faut donc tenir compte
pour expliquer les comportements des individus. Ce contexte constitue, selon Boudon, un
système d’interaction pouvant appartenir à la catégorie des systèmes fonctionnels ou des
systèmes d’interdépendance. La société est constituée d’individus en interaction et non situés
les uns à côté des autres. C’est pour cela que les interactions produisent des phénomènes
sociaux non voulus par les individus, appelés par Boudon « effets émergents », ou « de
composition », ou encore « d’agrégation » ou « de système ».

« La réalité sociale s’oppose, en effet, à d’autres formes de réalité, non seulement parce
qu’elle est déchirée, traversée de contradictions, mais encore parce que nous baignons dans

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Cours de JAO Arsène, socio-anthropologue

l’objet même que nous cherchons à connaitre »4. La réalité sociale n’est pas donnée mais
construite « ici et maintenant ».

 Rationalisation des activités humaines

Dans les sociétés modernes, les notions de calcul et d’efficacité président aux choix
individuels. Weber constate que l’ensemble des activités humaines, qu’elles soient publiques
ou privées (professionnelles, domestiques, scientifiques, …) sont de plus en plus rationalisées.

La rationalité est une logique d’action fondée sur la raison, la poursuite d’objectifs et non
sur un jugement de valeur. La rationalité est la capacité de déterminer les causes et les
conséquences des choses. Puisque l'individu est doué de raison, il évalue chaque situation
sociale selon ses propres valeurs et intérêts. Dans cette perspective sociologique, il est
primordial de connaître les motivations des acteurs (le sens qu'ils donnent à leurs actions).

Selon Weber, c'est grâce à la rationalisation que l'être humain parvient à dominer la nature
et à maîtriser les déterminismes sociaux. Les progrès techniques et la rationalisation de la vie
sociale, ainsi que celle des valeurs communément partagées, ont largement diminué
l'influence de la religion dans la société (ce phénomène de baisse d'influence de la religion est
appelée sécularisation ou laïcisation).

 L’interactionnisme symbolique de Blumer

C’est un courant sociologique qui met au centre de son analyse la conception que les acteurs
se font du monde, laquelle s’élabore au cours de leurs interactions quotidiennes. Ce postulat
se fonde sur deux principes :

- Les individus agissent en fonction du sens qu’ils donnent aux choses qui les entourent
et non pas en fonction de ce qu’elles sont réellement. Autrement dit, nous ne percevons
pas la réalité telle qu’elle est, mais au travers des représentations que l’on s’en fait, et
ce sont celles-ci qui guident nos actes.
- Ces dernières se construisent au cours de nos interactions quotidiennes. Par
conséquent, pour saisir le sens que les acteurs donnent aux objets qui les entourent,
il faut appréhender la nature de ces interactions.

4
Gilles FERREOL, méthode de la recherche en sciences sociales, Dictionnaire de Sociologie, ARMAND COLIN,
2002

8
Cours de JAO Arsène, socio-anthropologue

Goffman, applique les principes de l’interactionnisme symbolique à l’analyse des


relations de face à face, y compris celles qui apparaissent comme banales ou mineures.
En s’intéressant aux interactions, qu’il définit comme les influences réciproques que les
partenaires exercent sur leurs actions respectives, il montre que la vie sociale, faite d’une
infinité de rite d’interaction, est mise en scène comme une représentation théâtrale.
Chaque interaction est un acte au cours duquel on joue un rôle pour devenir un
personnage. L’acteur est alors l’individu lui-même qui se met en scène quotidiennement,
et le personnage est l’image qu’il veut que les autres se fassent de lui-même. Pour ce faire,
chacun utilise des techniques de représentation comme la façade c’est-à-dire tout
l’appareillage mis en œuvre, consciemment ou non, pour donner une certaine image de
soi (décor, vêtement, gestes, mimiques, langage, …).

QUELQUES CONCEPTS ET THEMES EN SOCIOLOGIE

Société : ce n’est pas une simple collection d’individu isolés. C’est une organisation
culturelle dans laquelle les individus construisent leur personnalité et tissent des liens entre
eux. Selon Durkheim, une société n'est pas un groupe d'individus vivant dans le même
endroit géographique, elle est « avant tout un ensemble d'idées, de croyances, de
sentiments de toutes sortes, qui se réalisent par les individus. »

Groupe social : c’est une union durable des individus de façon plus ou moins proche et
intense. Il se forme sur la base d’une situation commune à ses membres ou du partage
d’habitudes et de points de vue. Une équipe de foot ball par exemple, forme un groupe
social. Les groupes sociaux disposent d’une conscience collective liée à un sentiment
d’appartenance.

Groupe d’appartenance : un individu se rattache à un groupe d’appartenance par son


histoire, ses origines, c’est-à-dire des causes essentiellement objectives.

Group de référence : un individu se rattache à un groupe de référence parce qu’il se


reconnait dans ses valeurs (patriotisme, idéologie, goûts artistiques, …). Il choisit donc de
figurer dans ce groupe pour des raisons essentiellement subjectives.

Statut social : le statut est l’ensemble des positions qu’un individu occupe dans les divers
domaines de la vie (famille, entreprise, association…).

Rôle social : il se définit comme le comportement normalisé que l’on doit adopter pour
respecter son statut en fonction de la position qu’on occupe. C’est donc le comportement
que les autres attendent de nous compte tenu de notre statut.

9
Cours de JAO Arsène, socio-anthropologue

Pour jouer son rôle, un enseignant doit respecter différents normes horaires,
vestimentaires, langagières…Le statut social permet de situer un individu par sa position
hiérarchique dans la société mais aussi par rapport aux autres.

Les valeurs constituent les idéaux d’une société, elles guident les bonnes manières, de
penser, d’être et d’agir. Cohérentes entre elles et hiérarchisées, les valeurs forment un
système.

Les normes traduisent les valeurs en lois, en règles de conduite ou simplement en


principes que l’on doit respecter dans ses fonctions d’être et d’agir pour que les actes
individuels respectent le système de valeurs.

Parenté, famille, fihavanana

La parenté nous sert donc à déterminer quels sont ceux qui font partie ou non de notre
famille. Elle regroupe l’ensemble des personnes unies par des liens de filiation. Ces
derniers peuvent être naturels, comme c’est le cas entre des parents et des enfants, ou la
conséquence d’alliances, comme c’est le cas entre un mari et sa femme.

La filiation est l’ensemble des règles qui définissent le statut d’un enfant par rapport à ses
ascendants (père et/ou mère) et qui réagissent par conséquent les modalités de
transmission de la parenté. Si l’enfant se situe par rapport au père, on parle de la filiation
patrilinéaire ; s’il se situe par rapport à la mère, il s’agit d’une filiation matrilinéaire ; enfin
dans une filiation cognatique ou indifférenciée, l’enfant se situe par rapport aux deux
indifféremment. A Madagascar, la majorité des groupes ethniques était anciennement
dans un système patrilinéaire. Mais actuellement c’est le système indifférencié qui est
dominant.

Une famille, au sens large, est un groupe social élémentaire qui est constitué d’un
ensemble de personnes ayant entre elles des liens de parenté. Elle regroupe alors
l’ensemble de la parenté. Au sens étroit du terme, c’est un groupe constitué d’au moins
deux personnes ayant des liens de parenté (de filiation ou d’alliance) et résidant ensemble.

Véritable lien social au sein des communautés rurales malgaches, le fihavanana est un
ensemble de règles et de normes qui définissent un code de bonne conduite en société.

Socialisation : elle désigne l’acquisition par les individus des valeurs et des normes de la
société dans laquelle ils vivent. La socialisation est un processus par lequel chaque
individu forge son identité et sa personnalité tout en s’intégrant à son environnement social.
La socialisation s’effectue selon des modalités variables en fonction :

10
Cours de JAO Arsène, socio-anthropologue

- Du temps : avec les sociétés, leurs valeurs et leurs normes évoluent. Les modèles
éducatifs varient ;
- De l’espace : les différentes sociétés ont des règles de conduite et des processus de
socialisation divers ;
- Du groupe social : à l’intérieur d’une même société, une partie des valeurs, normes
et des habitudes sont spécifiques aux groupes sociaux. La socialisation contribue à
perpétuer ces écarts.

Les différentes instances de la socialisation

La famille : c’est un agent de socialisation fondamentale. Elle transmet des valeurs, des
normes et des habitudes à travers une multitude de pratiques et d’échange quotidiens.
L’apprentissage et l’éducation forment une composante majeure de toute socialisation.

L’école (au sens large) joue aussi un rôle essentiel, son seulement en transmettant des
connaissances, mais aussi des valeurs et des règles de conduite.

Le travail contribue grandement à la socialisation dans les sociétés industrielles dont il est une
des valeurs centrales. L’emploi normalise les individus en leur permettant d’avoir un revenu,
un rôle, une place et crée une multitude de relations hiérarchiques, techniques ou amicales.

Les religions et groupes de pairs exercent aussi une fonction socialisatrice : groupe d’âge,
groupes professionnels, sportifs, politiques, etc.

Les étapes de la socialisation

L’enfance et l’adolescence sont l’époque de la socialisation primaire marquée par des


apprentissages fondamentaux aussi bien d’un point de vue individuel (chacun apprend qui il
est, comment il s’appelle, qui l’entoure…) que social (il acquiert le langage, les règles de
politesse, les normes de comportement…). L’éducation dans la famille, à l’école est une
dimension essentielle de cette phase, mais les groupes de pairs (fratries, camarades de
classe, copains…) et les médias (télévision, film, presse) prennent progressivement de
l’importance.

L’adolescence, phase de socialisation très importante, est marquée par l’entrée dans une
vie sexuelle partagée et la préparation d’engagements professionnels, civiques, familiaux.

11
Cours de JAO Arsène, socio-anthropologue

On y apprend à adapter ses comportements au rôle que l’on tient en fonction du statut que
l’on occupe. Les adultes connaissent une socialisation secondaire qui passe notamment par
le monde de travail et divers engagements citoyens.

L’existence d’un système de valeurs et une socialisation efficace ne suffisent pas à assurer
un fonctionnement social cohérent. Une société n’est jamais à l’abri de crises, de conflits et de
déséquilibres. Il existe un ensemble de mécanismes de régulation et de contrôle social dont
le rôle est d’assurer la continuité et l’ordre social.

La régulation sociale est l’ensemble des moyens qu’utilise une société pour sauvegarder
la cohésion sociale (macro social) et assurer un nombre suffisant d’interaction entre les
individus (micro social). L’existence de sanctions régulatrices montre que la société pratique
un contrôle sur les individus qui la composent. Le contrôle social est constitué de l’ensemble
des pressions, implicites ou explicites, qu’exerce la société pour amener les individus à se
conformer aux normes.

Mais la période actuelle semble être caractérisée par une désorganisation sociale
importante. Elle ressemble ainsi à celle qu’ont connue les premiers sociologues et évoque ce
que Durkheim qualifiait de situation « anomique ». L’anomie est selon Durkheim, une situation
marquée par l’absence de normes et donc une déficience des règles communément
acceptées.

La déviance est une transgression de normes en vigueur dans une société ou dans un
groupe déterminé. Loin d’être homogène, ce concept regroupe des catégories hétérogène en
terme de gravité tant au niveau des personnes (tueurs, pédophiles, voleurs, dealers,
toxicomanes, délinquants juvéniles, prostituées, malades mentaux, homosexuels) que des
comportements (viols, vol, violence conjugale, …).

La délinquance est une transgression de normes juridiques alors que la déviance,


concept plus large, se réfère aux normes sociales qui peuvent parfois prendre la forme de
normes juridiques. Ainsi, l’acte délinquant fait l’objet de sanctions juridiques alors que la
déviance peut faire l’objet seulement de sanctions sociales informelles.

Le système social contrôle la personnalité par la socialisation tandis que les règles sociales
ne sont intériorisées que si leur acceptation devient une source de gratification pour l'individu.

Les différentes approches de la réalité sociale

 Approche descriptive : elle situe et classe les individus dans la société en fonction
de différents indicateurs qui permettent de fabriquer différentes catégories, de qualifier

12
Cours de JAO Arsène, socio-anthropologue

leur poids relatifs et de mesurer leur évolution chiffrée. On peut ainsi décrire une
société en fonction de la répartition entre hommes et femmes, entre citadins et ruraux,
en classe d’âge, en tranches de revenus ou en professions.
 Approche analytique : elle est centrée sur les relations entre les groupes sociaux.
Cela permet de distinguer deux grands types de société :
 Celles où la hiérarchie sociale est fermée, comme les sociétés de castes, d’apartheid,
ou d’ordre dans lesquelles une position sociale particulière et à peu près inamovible
est assignée aux individus en fonction de leur naissance ;
 Celle dont la hiérarchie ouverte reconnait l’égalité juridique à la naissance ainsi que le
droit de changer de position sociale (par la réussite scolaire et/ou professionnelle par
exemple).

Références bibliographiques

- A. Touraine, Pourrons-nous vivre ensemble ?, Fayard, 1997


- D. Schapper, la compréhension sociologique, PUF, 1999
- E. Durkheim, De la division du travail social, PUF, 1986
- E. Durkheim, les règles de la méthode sociologique, PUF, 1983
- Frédéric Lebaron, la sociologie de A à Z, Dunod, Paris, 2009
- G. Rocher, Introduction à la sociologie générale, Points Sciences Humaines, 1968
- J. M. Chapoulie, la tradition sociologique de Chicago, Seuil, 2001
- M. Weber, l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Plon, 1964
- P. Bourdieu, la misère du monde, SEUIL, 1998
- R. Boudon, les méthodes en sociologie, PUF, 1969
- R. Boudon, la logique du social, Hachette, 1979

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