AlgebreLineaire 1
AlgebreLineaire 1
Prépa 2
SIGMA 2 A & B
Algèbre Linéaire
Octobre 2022
1 Diagonalisation 6
1.1 Sous-espaces propres d’un endomorphisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.1 Valeurs propres et vecteurs propres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.2 Polynôme caractéristique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.3 Sous-espaces propres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.4 Ordres de multiplicité d’une valeur propre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Diagonalisation d’un endomorphisme, d’une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.1 Méthode . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
m
1.3.1 Calcul de A . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.2 Résolution d’un système X 0 = AX, où la matrice A est diagonalisable . . . . . . . . . . . . . . 11
2 Arithmétique 15
2.1 Division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2 PGCD et PPCM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.1 PGCD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.2 Algorithme d’Euclide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2.3 PPCM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.3 Entiers premiers entre eux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.4 Théorème de Bézout . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.5 Résoudre l’équation ax + by = c . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1
Diagonalisation
Sommaire
1.1 Sous-espaces propres d’un endomorphisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Diagonalisation d’un endomorphisme, d’une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Dans ce chapitre et sauf mention exprès du contraire, K est un corps (R ou C, en générale), E est un K−espace
vectoriel de dimension n, B = {e1 , . . . ,en } est une base de E, f est un endomorphisme de E, de matrice A dans B. Il
sera question dans ce chapitre non seulement de trouver des conditions pour qu’il existe une base dans laquelle la matrice
de f est diagonale, mais aussi de trouver de telles bases.
À λ ∈ K est une valeur propre de f s’il existe un vecteur non nul x ∈ E tel que f (x) = λx. λ est alors appelée
valeur propre associée au vecteur propre x.
Á Un vecteur non nul x ∈ E est un vecteur propre de f s’il existe un scalaire λ ∈ K tel que f (x) = λx. x est alors
appelé vecteur propre associé à la valeur propre λ.
 L’ensemble des valeurs propre de f est appelé spectre de f et noté Sp(f ).
Propriété 1.1
λ est une valeur propre de f si et seulement si Ker(f − λIE ) 6= {0}, si et seulement si det(A − λIn ) = 0. En
particulier, 0 est valeur propre de f si et seulement si f est non injective.
Propriété 1.2
Les valeurs propres sont les racines du polynôme caractéristique.
−1 −1 1
Solution
Remarque 1.1. Hors mis le vecteur nul 0E , les vecteurs de Eλ sont les vecteurs propres de f associés à la valeur propre
λ.
−1 −1 1
Solution
Définition 1.4
À L’ordre de multiplicité algébrique d’une valeur propre de f , est l’ordre de multiplicité de cette valeur propre
considérée comme racine du polynôme caractéristique de f .
Á L’ordre de multiplicité géométrique d’une valeur propre λ de f , est la dimension du sous-espace propre Eλ .
Remarque 1.2. Lorsqu’on parlera de multiplicité d’une valeur propre sans précision, il s’agira de sa multiplicité algé-
brique
Proposition 1.2. La multiplicité algébrique d’une valeur propre est toujours supérieure ou égale à sa multiplicité géomé-
trique.
+ Un endomorphisme f ∈ L(E) est diagonalisable s’il existe une base de E dans laquelle la matrice de f est diagonale.
+ Une matrice carrée A est diagonalisable si elle est semblable à une matrice diagonale D, c’est-à-dire s’il existe une
matrice inversible P telle que D = P −1 AP soit diagonale.
Proposition 1.3. Un endomorphisme f ∈ L(E) est diagonalisable si et seulement s’il existe une base de E formée de
vecteurs propres de f .
Preuve. Si B = (e1 , . . . ,en ) est une base de E formée de vecteurs propres e1 , . . . ,en , de f , de valeurs propres respectives
λ1 , . . . ,λn (distinctes ou non) alors, la matrice de f dans B est donnée par
λ1 0 ··· ··· 0
.. ..
0
λ2 . .
. .. .. .. ..
..
MB (f ) = . . . .
.
.. ..
.
. .
. 0
0 0 ··· 0 λn
Proposition 1.4. Si λ1 , . . . ,λp sont p valeurs propres distinctes de f alors, les sous-espaces propres Eλ1 , . . . ,Eλn sont
en somme directe.
Preuve. Exercice.
Proposition 1.5. Soient λ1 , . . . ,λp les p valeurs propres distinctes d’une matrice A, de multiplicités algébriques respec-
tives m1 , . . . ,mp . Si PA est scindé alors,
p p
λm
P Q
tr(A) = mi λi et det(A) = i
i
i=1 i=1
Preuve. Exercice.
Théorème 1 –
Soit f un endomorphisme sur un espace vectoriel E de dimension n. Soient λ1 , . . . ,λp les p valeurs propres distinctes
de f . f est diagonalisable si et seulement si
p
L
E= Eλi .
i=1
Corollaire 1.2. Soit f un endomorphisme sur un espace vectoriel E de dimension n. f est diagonalisable si et seulement
si Pf est scindé et les multiplicités algébrique et géométrique de chaque valeur propre sont égales.
−1 −1 1
Solution
1.2.1 Méthode
Pour diagonaliser un endomorphisme f de matrice carrée A dans une base B, on suit les étapes suivantes.
À On cherche les valeurs propres de A. (Ce sont les racines du polynômes caractéristiques PA de A.)
Á Si A admet n racines distinctes alors, A est diagonalisable et on passe au point Ä.
 Sinon si le polynôme caractéristique de A n’est pas scindé, alors A n’est pas diagonalisable. Sinon, on ne peut rien
dire à ce niveau.
à On cherche les sous-espaces propres de A en résolvant l’équation (A − λIn )X = 0 pour chaque valeur propre λ de
A.
Ä Si A admet une base de vecteurs propres B 0 alors, A est diagonalisable et on passe suivant.
Å La matrice A est semblable à une matrice diagonale T , correspondante à la matrice de f dans une nouvelle base B 0 .
Si P est la matrice de passage de B à B 0 alors,
T = P −1 AP .
Plus de détails dans la résolution de l’exercice suivant.
Exercice de cours 1.4 Avec un paramètre
0 1 α
On considère pour α ∈ R, la matrice : A = 1 0 2 .
2 2 α+1
(1) Déterminer si le sous-espace h(1, 0, 0), (0, 1, 0)i contient des vecteurs propres de Aα .
(2) Déterminer les sous-espaces propres de Aα .
(3) Pour quelle valeur de α ∈ R la matrice Aα est-elle diagonalisable ?
(4) Pour cette valeur de α, déterminer une matrice de passage P telle que D = P −1 AP soit une matrice diagonale.
Préciser D.
Solution
1.3 Applications
1.3.1 Calcul de Am
Si A est diagonalisable alors, il existe une matrice diagonale D, et une matrice inversible P telle que A = P DP −1 .
On a alors
Am = P Dm P −1 .
Proposition 1.6. Soient E,F et G trois espace vectoriels de dimension finie, de bases B, B 0 et B 00 respectivement. Soient
f : E → F et g : F → G deux applications linéaires de matrices A et B dans les bases B et B 0 , et dans les bases B 0 et
B 00 respectivement. Alors, la matrice C de g ◦ f dans les bases B et B 00 est donnée par C = BA .
Corollaire 1.3. Si A est la matrice de l’endomorphisme f : E → E dans une base B alors, pour tout κ ∈ N, Ak est la
matrice de f k dans la base B.
3 6 5
À Diagonaliser A.
Á Calculer Ak en fonction de k ∈ N.
 On considère les suites (un ), (vn ) et (wn ) définies par leur premier terme u0 , v0 et w0 , et les relations suivantes :
un+1 = −4un − 6vn
vn+1 = 3un + 5vn
w = 3u + 6v + 5w
n+1 n n n
un
pour n ≥ 0. On pose Xn = vn . Exprimer Xn+1 en fonction de A et Xn . En déduire un , vn et wn en fonction
wn
de n.
Solution
Définition 1.6
Une matrice N est dite nilpotente lorsqu’il existe un entier naturel m, tel que N m soit la matrice nulle. L’indice de
nilpotence de N est alors le plus petit entier naturel p tel que N p = 0.
Définition 1.7
[Décomposition de Dunford] On appelle décomposition de Dunford d’une matrice carrée A, une écriture de A sous
la forme A = D + N , D étant une matrice diagonale et N une matrice nilpotente qui commute avec D.
Proposition 1.7. Si A = D + N est une décomposition de Dunford de A avec N une matrice nilpotente d’indice de
nilpotence p alors, pour tout entier k ≥ p,
p−1
k
Ak = N i Dk−i .
P
i
i=0
0 0 −1
Solution
R → Rn
X:
t 7→ eλt v
Preuve. En cours.
!
3 1
Exemple 1.1. Travailler avec A = .
−1 1
Soit
à résoudre le système
0
x = 5x − y + 9z
y 0 = 3x + 4y
z0 = x + y + z
5 −1 9
La matrice A = 3 40 a pour valeurs propres λ1 = 1, λ2 = 2, λ3 = 7.
1 1 1
9 −2 3
Des vecteurs propres correspondants sont V1 = −9,V2 = 3 ,V3 = 3
5 1 1
La solution générale du système s’écrit donc
x(t) 9 −2 3
t 2t 7t t 2t 7t
X(t) = y(t) = αe V1 + be V2 + ce V3 = αe −9 + be 3 + ce 3
z(t) 5 1 1
On l’écrit plutot sous la forme :
x(t) = 9aet − 2be2t + 3ce7t
y(t) = −9aet + 3be2t + 3ce7t
z(t) = 5aet + be2t + ce7t
Cherchons la solution vérifiant x(0) = 1, y(0) = 2, z(0) = 0.
faisant t = 0 dans le système ci-dessus, on obtient le système (non différentiel)
En
9a − 2b + 3c = 1
−9a + 3b + 3c = 2
5a + b + c = 0
En résolvant ce système linéaire, on trouve a = −1/12, b = −1/10, c = 31/60.
La solution cherchée est donc
x(t) = −3/4et + 1/5e2t + 31/20e7t
y(t) = 3/4et − 3/10Be2t + 31/20e7t
z(t) = −5/12et − 1/10e2t + 31/60e7t
−2 2 1 2 −3 0
On donnera aussi la matrice de passage de la base canonique à la base de vecteurs propres.
Exercice 1.2 Diagonalisation dans R, C
1 1 −1
La matrice A = 0 1 0 . est-elle diagonalisable dans R ? Dans C ? Justifier à chaque fois !
1 0 1
Exercice 1.3 Avec un paramètre
Soient m un nombre réel et f l’endomorphisme de R3 dont la matrice dans la base canonique est
1 0 1
A = −1 2 1.
2−m m−2 m
3 3 1
À Déterminer et factoriser le polynôme caractéristique de A.
Á Déterminer les valeurs propres de u et les sous-espaces propres associés.
 Démontrer que A est diagonalisable et donner une base de R3 dans laquelle la matrice de u est diagonale.
à Trouver une matrice P telle que P −1 AP soit diagonale.
Exercice 1.8
Résoudre le système différentiels suivants :
(
x01 (t) = 6x1 (t) + 3x2 (t) − 3t + 4e3t
.
x02 (t) = −4x1 (t) − x2 (t) + 4t − 4e3t
0 0 a
2
Arithmétique
Sommaire
2.1 Division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2 PGCD et PPCM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.3 Entiers premiers entre eux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.4 Théorème de Bézout . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.5 Résoudre l’équation ax + by = c . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
L’arithmétique est au cœur du cryptage des communications. Pour crypter un message on commence par le trans-
former en un ou plusieurs nombres.
Un entier naturel est un nombre positif permettant de dénombrer des objets. La première définition de l’ensemble des
entiers naturel a été donnée au XIX e siècle par Richard Dedekind et ne contenait pas le nombre zéro. De nos jours on
définit les entiers naturels par les cinq axiomes suivants, appelés axiomes de Peano.
Définition 2.1 Les entiers naturels
L’ensemble des entiers naturels est alors N = {0, 1, 2, 3, . . .}. C’est un ensemble infini. Une propriété importante
des entiers naturels, démontrée par Dedekind à partir des axiomes de la définition, est le principe de récurrence. Sur
l’ensemble N on définit l’addition et la multiplication. Les entiers naturels sont suffisants pour plusieurs situations que
nous rencontrons dans la vie réelle, mais pas pour toutes. Dans certaines situations il est convenable d’utiliser des nombres
négatifs. Par exemple, en économie, il est convenable de considérer un débit comme un crédit négatif de telle sorte que la
somme algébrique des sorties et des entrées donne le bilan économique d’une entreprise.
L’ensemble des entiers relatifs est alors Z = {. . . , −3, −2, −1, 0, 1, 2, 3, . . .}. On définit également les opérations
d’addition et de multiplication sur Z. On note Z∗ (resp. N∗ ) l’ensemble des entiers relatifs (resp. entiers naturels) non nuls.
Il faut noter que (N, +) n’est pas un groupe, puisque tout élément de N n’admet pas de symétrique (opposé) dans N.
Par contre, (Z, +) est un groupe abelien. Toutefois, (Z, +, ×) n’est pas un corps, puisque tout élément de Z n’admet pas
d’inverse dans Z. Ceci est une insuffisance de Z.
Dans ce résultat, r est appelé le reste dans la division euclidienne de a par b. Alors que, q est le quotient, a le dividende
et b le diviseur. Notons que,
r = 0 si et seulement si b|a.
Exemple 2.2. Pour a = 6789 et b = 34, la division euclidienne donne 6789 = 34 × 6789 + 23.
2.2.3 PPCM
Définition 2.4 PPCM
Soient deux entiers a, b ∈ Z. On appelle plus petit commun multiple de a et b, et on note ppcm(a, b), le plus petit
entier positif divisible par a et par b.
Exemple 2.6. 99 et 100 sont premiers entre eux. De façon générale, pour tout a ∈ Z, on montre que a et a + 1 sont
premier entre eux.
Proposition 2.5. Soient a, b ∈ Z, et d = pgcd(a, b). Alors, il existe des entiers a0 et b0 , premiers entre eux, tels que
a = a0 d et b = b0 d.
au + bv = pgcd(a, b).
Corollaire 2.2. Deux entiers a et b sont premiers entre eux si et seulement s’il existe u, v ∈ Z tels que
au + bv = 1.
Corollaire 2.3 (Lemme de Gauss). Soient a, b, c ∈ Z.
Si a|bc et pgcd(a, b) = 1 alors a|c.
ax + by = c. (2.1)
À L’équation (2.1) possède des solutions (x, y) ∈ Z2 si et seulement si pgcd(a, b)|c.
Á Si pgcd(a, b)|c alors il existe même une infinité de solutions entières et elles sont exactement les (x, y) = (x0 +
αk, y0 + βk), avec (x0 , y0 ) une solution particulière de (2.1), et α, β ∈ Z fixés, et k parcourant Z.
x = a1 M1 y1 + · · · + an Mn yN
Exemple 2.9. Une bande de 17 pirates s’est emparée d’un butin composé de pièces d’or d’égale valeur. Ils décident de
se les partager également, et de donner le reste au cuisinier chinois. Celui-ci recevrait alors 3 pièces. Mais les pirates se
querellent, et six d’entre eux sont tués. Le cuisinier recevrait alors 4 pièces. Dans un naufrage ultérieur, seuls le butin, six
pirates et le cuisinier sont sauvés, et le partage donnerait alors 5 pièces d’or à ce dernier. Quelle est la fortune minimale
que peut espérer le cuisinier quand il décide d’empoisonner le reste des pirates ?
Si x est ce nombre, x est le plus petit entier positif tel que :
x
≡ 3 [17]
x ≡ 4 [11]
x ≡ 5 [6]
Exercice 2.10
(1) Donner, en le justifiant, le nombre de diviseurs positifs de 100100 .
(2) Déterminer le reste de la division de 101101 par 3, et par 5, en déduire le reste de la division euclidienne de 101101 par 15.
Exercice 2.11
Soit n un entier relatif. On pose a = 2n + 3 et b = 5n − 2.
(1) Calculer 5a − 2b. En déduire le PGCD de a et b en fonction de n.
(2) Procéder de même pour exprimer en fonction de n le PGCD de 2n − 1 et 9n + 4.
Exercice 2.12 Restes modulo 10
Calculer les restes modulo 10 de 122 + 455, 122 × 455, 122455 .
Exercice 2.13 Divisibilité par 3
Prouver qu’un entier est divisible par 3 si et seulement si la somme de ses chiffres est divisible par 3.
Exercice 2.14 Restes modulo 23
10 100
Calculer les restes modulo 23 de 3 et 3 .
Exercice 2.15 Restes modulo 17
3141
Calculer les restes modulo 17 de 14 .
Exercice 2.16
Déterminer le reste de la division euclidienne de 51000 par 7.
Exercice 2.17
Montrer que pour tout n ∈ N, l’entier 3n+3 − 44n+2 est un multiple de 11.
2m − 3n = 1 (2.2)
(1) Soit k ∈ N∗ .
(a) Quel est le reste de la division euclidienne de 9k par 8 ?
(b) Déterminer les restes de la division euclidienne de 32k + 1 par 8, puis 32k+1 + 1 par 8.
(2) 2. Soit (m, n) ∈ N × N un couple de solution de (2.2), montrer à l’aide de (1) que m ≤ 2.
(3) En déduire tous les couples (m, n) ∈ N × N d’entier naturels solutions de l’équation (2.2).
Exercice 2.21 Équation avec congruence
Résoudre les équations 3x ≡ 4[7], 4x ≡ 14[30].
Exercice 2.22 Système d’équation avec congruence
Résoudre les systèmes équations suivants.
x ≡ 2[56] x ≡ 3[6] 7x + 5y ≡ 2[8]
(1) . (3) . (5) .
x ≡ 3[99] x ≡ 6[9] 5x + 4y ≡ 16[8]
x ≡ 1[6] x ≡ 6[11] 7x + 5y ≡ 2[9]
(2) . (4) . (6) .
x ≡ 5[9] x ≡ 3[13] 5x + 4y ≡ 16[9]
Exercice 2.23
(1) Déterminer toutes les solutions de 2x + 5y = 59.
(2) Donner tous les couples (x, y) tels que la somme de x pièces de 2 euros et de y billets de 5 euros égale à 59 euros.
Exercice 2.24
(1) Résoudre les systèmes de congruence suivants.
x ≡ 7[15]
x ≡ 2[9]
x ≡ 1[2]
(a) .
x ≡ 5[6] (b) x ≡ 17[20] . x ≡ 2[3]
(c) .
x ≡ 4[7]
x ≡ 3[5]
x ≡ 4[7]
(2) Une bande de 17 pirates volent un sac de pièces d’or. Ils essayent de se partager la fortune en part égales. Il reste 3 pièces.
Dans la bagarre qui s’en suit pour l’attribution du reste, un pirate meurt. La fortune est redistribuée équitablement, cette
fois-ci il reste 10 pièces. A nouveau une dispute survient et un pirate meurt. La fortune est alors distribuée en lots pairs
sans reste parmi les survivants. Quel est le nombre minimum de pièces qu’on volées les pirates ?
3
Variables Aléatoires sur un Espace
Probabilisé Fini
Sommaire
3.1 Univers et évènements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.2 Probabilité sur un univers fini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.3 Indépendance et conditionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.4 Formule de Bayes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.5 Variable aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.6 Caractéristiques d’une variables aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.7 Quelques lois usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.8 Couple de variables aléatoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
LLa théorie des probabilités permet l ?étude de phénomènes ayant un aspect hasardeux.
3.1 Univers et évènements
Une expérience aléatoire est une expérience susceptible à priori de donner des résultats différents lorsqu’on la répète.
Définition 3.1 Univers
On appelle univers, l’ensemble des résultats possibles d’une expérience aléatoire. On le note en général Ω.
Exemple 3.1. L’expérience de lancé d’un dé à six face peut conduire à 6 résultats, selon la face obtenue. Pour modéliser
un tel lancer, on peut choisir pour univers Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6}.
Définition 3.2
Soit Ω un univers fini.
+ Un sous-ensemble de Ω est appelé un évènement.
+ Un singleton de Ω est appelé un évènement élémentaire ou une éventualité.
+ L’évènement Ω est appelé évènement certain et l’ensemble vide est appelé évènement impossible.
+ Deux évènements A et B sont dits incompatibles s’ils sont disjoints, i.e. A ∩ B = ∅.
Exemple 3.2. Dans le lancer de dé, les évènements obtenir un chiffre pair et obtenir un chiffre impair sont incompatibles.
Définition 3.3 Système complet d’évènements
On appelle Système complet d’évènements de Ω toute famille {A1 , . . . , An } d’évènements deux à deux incompa-
tibles dont la réunion est l’évènement certain Ω.
Exemple 3.3. Dans l’expérience du lancer de dé, calculer la probabilité des évènements A ="obtenir un nombre premier"
et B ="obtenir un nombre pair.
Théorème 7 –
Soient (Ω, P ) un espace probabilisé fini et A, B ∈ P(Ω).
+ P (∅) = 0
+ P (A ∪ B) = P (A) + P (B) − P (A ∩ B)
+ P (Ā) = 1 − P (A)
+ A ⊂ B =⇒ P (A) ≤ P (B).
Preuve. En cours.
Exemple 3.4. Si on lance deux pièces indiscernables non truquées, les évènements "la première est pile" et "la seconde
est pile" sont indépendants.
Définition 3.7
Lorsque P (B) 6= 0, la probabilité conditionnelle de A sachant B est le réel
P (A∩B)
P (A|B) := P (B) .
Théorème 8 –
A et B sont indépendant si et seulement si P (A|B) = P (A).
Preuve. En cours.
On a également de Bayes généralisée suivante
Preuve. En cours.
Exemple 3.6. Pour modéliser le lancer d’un dé deux fois, on peut prendre comme univers Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6}2 . Les
applications X1 et X2 qui a chaque paire de lancer donnent le premier et le second chiffre, respectivement, sont des
variables aléatoires. Aussi, S := X1 + X2 est une variable aléatoire.
La loi d’une variable aléatoire permet de définir sur X(Ω) la probabilité PX (x) = P (X = x).
Définition 3.10 Fonction de répartition
La fonction de répartition d’une variable aléatoire réelle X est l’application FX : R → [0, 1] définie par FX (x) =
P (X ≤ x).
Théorème 13 –
Soit X une variables aléatoire réelle sur un espace espace probabilisé fini (Ω, P ). Soient ϕ : R → R une application
et a, b ∈ R.
X
+ E(ϕ(X)) = ϕ(x)P (X = x).
x∈X(Ω)
+ E(aX + b) = aE(X) + b.
+ V (X) = E(X 2 ) − E(X)2 (formule de Kœnning)
+ V (aX + b) = a2 V (X).
V (X)
+ P (|X − E(X)| ≥ a) ≤ a2 .
+ Loi de Bernoulli de paramètre p ∈ [0, 1] notée B(p). Elle sert à modéliser une expérience n’ayant que deux éven-
tualités : succès de probabilité p, et échec de probabilité q = 1 − p. Son espérance est p et sa variance pq.
+ Loi binomiale de paramètres n ∈ N∗ et p ∈ [0, 1] notée B(n, p).
Elle permet de modéliser une expérience de Bernoulli exécutée n fois successivement. X ne prend alors que les
valeurs 0, 1, 2, . . . , n, et P (X = k) = Cnk pk (1 − p)n−k . Son espérance est np et sa variance npq.
Théorème 15 –
Cov(X, Y ) = E(XY ) − E(X)E(Y ).
Preuve. En cours.
Théorème 16 –
V (aX + bY ) = a2 V (X) + 2abCov(X, Y ) + b2 V (Y ).
Preuve. En cours.
Définition 3.17 Covariance
Le coefficient de corrélation linéaire du couple de variables aléatoires (X, Y ) est
Cov(X,Y )
ρ(X, Y ) = σ(X)σ(Y ) .
Preuve. En cours.
Théorème 17 –
Si ρ(X, Y ) = ±1 alors ∃µ ∈ R tel que Y − E(Y ) = µ(X − E(X)).
Preuve. En cours.
Théorème 18 –
Si X et Y sont indépendantes alors :
+ E(XY ) = E(X)E(Y ) ;
+ Cov(X, Y ) = 0 ;
+ ρ(X, Y ) = 0 ;
+ V (X + Y ) = V (X) + V (Y ).
Preuve. En cours.
la probabilité de devenir hors d’usage suite à une panne plus grave est évaluée à 75% ; cette probabilité est de 40% pour
une machine n’ayant jamais eu de panne.
(1) Quelle est la probabilité pour une machine donnée de plus de cinq ans d’être hors d’usage ?
(2) Quelle est la probabilité pour une machine hors d’usage de n’avoir jamais eu de panne auparavant ?
(3) Soit X la variable aléatoire « nombre de machines qui tombent en panne au bout de 5 ans, parmi 10 machines choisies au
hasard ».
(a) Quelle est la loi de probabilité de X, (on donnera le type de loi et les formules de calcul),
(b) Calculer l’espérance, la variance et l’écart-type de X.
(c) Calculer P [X = 5].
Exercice 3.7
(1) A et B sont deux évènements d ?une expérience aléatoire.
(a) Vérifier que P (A ∩ B̄) = P (A) − P (A ∩ B).
(b) b) On suppose que A et B sont indépendants. En déduire P (A ∩ B̄) en fonction de P (A) et P (B) puis en fonction
de P (A) et P (B̄). Que peut-on dire des évènements A et B̄ ?
(c) Expliquer pourquoi, si A et B sont indépendants, alors Ā et B ainsi que Ā et B̄ le sont aussi.
(2) Alain et Béatrice tentent de faire des paniers au basket Les évènements « Alain fait un panier » et « Béatrice fait un panier
» sont indépendants et de probabilités respectives et Alain et Béatrice font un essai chacun. Calculer la probabilité des
évènements suivants :
(a) Alain et Béatrice réussissent tous les deux.
(b) Seul Alain réussit.
(c) Aucun panier n ?est marqué.
(d) Au moins un panier est marqué.
(e) Un panier et un seul est marqué.
Exercice 3.8 Le plus grand nombre tiré
On lance deux dés parfaitement équilibrés. On note X le plus grand des numéros obtenus. Déterminer la loi de la
variable aléatoire X.
Exercice 3.9 Tirage avec remise
Une urne contient N boules numérotées de 1 à N . On en tire n en effectuant des tirages avec remise. On note X et Y
le plus petit et le plus grand des nombres obtenus. Déterminer la loi de X et la loi de Y .
Exercice 3.10 Minimum et maximum de deux dés
On lance deux dés équilibrés, on note U1 et U2 les variables aléatoires correspondant aux résultats obtenus. On appelle
X = min(U1 ,U2 ) et Y = max(U1 , U2 ).
(1) Donner la loi de X. En déduire E(X).
(2) Exprimer X + Y en fonction de U1 et U2 . En déduire E(Y ).
(3) Exprimer XY en fonction de U1 et U2 . En déduire Cov(X, Y ). X et Y sont-elles indépendantes ?
Exercice 3.11 Loi d’un dé truqué
On considère un dé cubique truqué dont les faces sont numérotés de 1 à 6 et on note X la variable aléatoire donnée
par le numéro de la face du dessus. On suppose que le dé est truqué de sorte que la probabilité d’obtenir une face est
proportionnelle au numéro inscrit sur cette face.
(1) Déterminer la loi de X, calculer son espérance.
(2) On pose Y = 1/X. Déterminer la loi de Y , et son espérance.
Exercice 3.12
Y \X a1 a2 a3
Soit un couple (X, Y ) de variables aléatoires de loi conjointe est donnée par 1 1 avec ai 6= aj et
b1 0 5 5
1 1
b2 5 5 α
bi 6= bj si i 6= j.
(1) Que vaut α ? Déterminer les lois de X et de Y (lois marginales).
(2) Calculer Cov(X, Y ). Que remarque-t-on si 2a1 = a2 + a3 ?
(3) Les variables aléatoires X et Y sont-elles indépendantes ?
Exercice 3.13 Loi marginale
On dispose de n boites numérotées de 1 à n. La boite k contient k boules numérotées de 1 à k. On choisit au hasard
de façon équiprobable une boite, puis une boule dans cette boite. On note X le numéro de la boite et Y le numéro de la
boule.
(1) Déterminer la loi conjointe du couple (X, Y ).
(2) En déduire la loi de Y .
(3) Calculer l’espérance de Y .
Exercice 3.14 Loi jointe uniforme
2
Soit (X,Y ) un couple de variables aléatoires suivant une loi uniforme sur {0, . . . ,n} .
(1) Déterminer la loi de X, la loi de Y , la loi de X + Y .
(2) X et Y sont-elles indépendantes ?
Exercice 3.15 En plein dans le mille !
Un joueur tire sur une cible de 10cm de rayon, constituée de couronnes concentriques, délimitées par des cercles de
rayons 1,2, ..., 10 cm, et numérotées respectivement de 10 à 1. La probabilité d ?atteindre la couronne k est proportionnelle
à l’aire de cette couronne, et on suppose que le joueur atteint sa cible à chaque lancer. Soit X la variable aléatoire qui à
chaque lancer associe le numéro de la cible.
(1) Quelle est la loi de probabilité de X ?
(2) Le joueur gagne k euros s’il atteint la couronne numérotée k pour k compris entre 6 et 10, tandis qu’il perd 2 euros s’il
atteint l’une des couronnes périphériques numérotées de 1 à 5. Le jeu est-il favorable au joueur ?
Exercice 3.16 Garagiste
Un garagiste dispose de deux voitures de location. Chacune est utilisable en moyenne 4 jours sur 5. Il loue les voitures
avec une marge brute de 300 euros par jour et par voiture. On considère X la variable aléatoire égale au nombre de clients
se présentant chaque jour pour louer une voiture. On suppose que X(Ω) = {0, 1, 2, 3} avec
(1) On note Z le nombre de voitures disponibles par jour. Déterminer la loi de Z. On pourra considérer dans la suite que X et
Z sont indépendantes.
(2) On note Y la variable aléatoire : " nombre de clients satisfaits par jour". Déterminer la loi de Y .
(3) Calculer la marge brute moyenne par jour.
Exercice 3.17 Somme et différence de couple de lois de Bernoulli
Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant la même loi de Bernoulli de paramètre p.
(1) Quelle sont les lois des v.a. S = X + Y et de D = X − Y ?
(2) Ces v.a. X + Y et X − Y peuvent-elles être indépendantes ?
(3) Donner la loi du couple (S, D) et retrouver les résultats de 1).
(4) Calculer E(S), E(D) et Cov(S, D).
Exercice 3.18 Recrutement
4
Variables Aléatoires Continues
Sommaire
4.1 Espace probabilisé (infini) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.2 Variables aléatoires à densité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.3 Caractéristiques d’une variable aléatoire continue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
4.4 Quelques lois continues usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.5 Décomposition en élément simple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
L’ensemble des parties de Ω est la plus grande tribu sur Ω, et {Ω, ∅} est la plus petite tribu sur Ω.
Preuve. Exercice.
Définition 4.2 Espace probabilisable
Soient Ω un univers et A une tribu sur Ω. Le couple (Ω, A) est appelé espace probabilisable.
Théorème 19 –
Soient (Ω, P ) un espace probabilisé fini et A, B ∈ P(Ω).
+ P (∅) = 0
+ P (A ∪ B) = P (A) + P (B) − P (A ∩ B)
+ P (Ā) = 1 − P (A)
+ A ⊂ B =⇒ P (A) ≤ P (B).
Si une telle fonction f existe, elle est appelée densité de la variable aléatoire X.
Théorème 20 –
Si X est une variable aléatoire à densité, sa fonction de répartition est continue. Autrement dit, pour tout a ∈ R, on a
P (X = a) = 0.
Une conséquence de ce résultat est que, si X est une variable aléatoire à densité, et si a < b, alors
ˆ b
P (a ≤ X ≤ b) = P (a < X ≤ b) = P (a ≤ X < b) = P (a < X < b) = f (t)dt,
a
ˆ +∞
P (X ≥ a) = P (X > a) = f (t)dt,
a
ˆ a
P (X ≤ a) = P (X < a) = f (t)dt.
−∞
Proposition 4.3. Soit F la fonction de répartition d’une variable aléatoire continue X. Alors
+ F est croissante sur R ;
+ F est continue sur R ;
+ ∀a ≤ b, P (a ≤ X ≤ b) = F (b) − F (a) ;
+ lim F (x) = 0 et lim F (x) = 1 ;
x→−∞ x→+∞
+ F est dérivable sur R, sauf en au plus un nombre dénombrable de points, et F 0 (x) = f (x) si F dérivable en x.
Théorème (linéarité de l’espérance) : Soit X et Y deux variables aléatoires à densité définies sur Ω. Alors aX + b admet
une espérance, et E(aX + b) = aE(X) + b ; X + Y admet une espérance et E(X + Y ) = E(X) + E(Y ).
4.3.2 Variance
Soit X une variable aléatoire à densité f . On dit que X admet une variance si X admet une espérance E(X) = m et si
2 ´ +∞
la variable aléatoire X −E(X) admet une espérance, autrement dit si l’intégrale −∞ (x−m)2 f (x)dx est convergente.
Dans ce cas, on appelle variance de X la valeur de cette intégrale :
ˆ +∞
V (X) = (x − m)2 f (x)dx.
−∞
Les propriétés de la variance des variables aléatoires discrètes restent vraies pour les variables aléatoires continues. Ainsi,
si X est une variable aléatoire à densité admettant une densité, alors aX + b admet une variance donnée par
V (aX + b) = a2 V (X).
On dit que deux variables aléatoires X et Y (pas nécessairement à densité...) sont indépendantes si, pour tous intervalles I
et J, on a
P (X ∈ I) ∩ Y ∈ J) = P (X ∈ I) × P (Y ∈ J).
Si X et Y sont deux variables aléatoires à densité indépendantes admettant une variance, alors X + Y admet une variance
et
V (X + Y ) = V (X) + V (Y ).
Si X suit une loi uniforme sur [a,b], alors la fonction de répartition de X est donnée par
0
si t ≤ a
t−a
F (t) = b−a si t ∈ [a,b]
1 si t ≥ b.
a+b (b − a)2
E(X) = et V (X) = .
2 12
1 1
E(X) = et V (X) = 2 .
λ λ
Théorème : Si X suit une loi exponentielle de paramètre λ > 0, alors X est sans mémoire :
Proposition (temps de demi-vie) : Soit X une variable aléatoire suivant une loi exponentielle de paramètre λ > 0 et soit
a > 0 l’unique réel tel que P (X > a) = P (X < a) = 12 . Alors a = ln 2
λ .
1 2
f (x) = √ e−x /2 .
2π
La variable aléatoire X admet alors une espérance qui vaut 0 et une variance qui vaut 1. Puisque la densité d’une loi
normale centrée réduite est une fonction paire, on a pour a > 0
P (X ≤ −a) = P (X ≥ a).
La fonction de répartition d’une variable aléatoire centrée réduite ne s’exprime pas à l’aide des fonctions usuelles. On
en calcule des valeurs approchées à l’aide de l’outil informatique (ou de tables). Néanmoins, les valeurs suivantes inter-
viennent souvent en statistiques :
P (−1 ≤ X ≤ 1) = 0,683
P (−2 ≤ X ≤ 2) = 0,954
P (−3 ≤ X ≤ 3) = 0,997
P (−1,96 ≤ X ≤ 1,96) = 0,95
P (−2,57 ≤ X ≤ 2,57) = 0,99.
X−m
On dit qu’une variable aléatoire X suit une loi normale de paramètres m ∈ R et σ > 0, notée N (m,σ 2 ), si Y = σ
suit une loi N (0,1). Dans ce cas, X admet une espérance égale à m et une variance égale à σ 2 .
Théorème 22 –
Si X suit une loi normale N (m,σ 2 ), alors X admet pour densité la fonction f donnée par
(x − m)2
1
f (x) = √ exp − .
σ 2π 2σ 2
P (x) a1 a2 an
= + + ··· +
(x − a)n (bx2 + cx + d)m (x − a) (x − a)2 (x − a)n
b1 x + c 1 b2 x + c2 bm x + cm
+ + + ··· + ,
(bx2 + cx + d) (bx2 + cx + d)2 (bx2 + cx + d)m
a1 , . . . ,an , b1 , . . . ,bm , c1 , . . . ,cm , étant des constantes réelle à déterminer (soit par identification, soit par autres
ai bi x+ci
méthodes). Les fractions (x−a)i sont appelés éléments simples de première espèces, et les fractions (bx2 +cx+d)i sont
appelés, éléments simples de seconde espèce.
Pour intégrer une fraction rationnelle P (x)/Q(x), on suit les étapes suivantes :
+ Si deg(P (x)) ≥ deg(Q(x)), on effectue la division euclidienne de P (x) par Q(x) pour obtenir P (x)/Q(x) =
P0 (x) + P1 (x)/Q1 (x), P0 ,P1 et Q1 étant des polynômes tels que deg(P1 (x)) < deg(Q1 (x))
+ On factorise Q1 (x) en produit de facteurs de premier et/ou de second degré.
+ On décompose P1 (x)/Q1 (x) en éléments simples.
b
+ Primitives des éléments simples de première espèce (x−a)n.
´ b
— Pour n = 1, (x−a) = b · ln |x − a| + cste
´ b b
— Pour n ≥ 2, (x−a) n = − (n−1)(x−a)n−1 + cste
a1 x+b1
+ Primitives des éléments simples de seconde espèce (ax2 +bx+c)m ., avec ∆ = b2 − 4ac < 0.
√
b −∆
— On écrit ax2 + bx + c = a[(x − α)2 + β 2 ], avec α = − 2a , et β = 2a .
x−α
— On effectue le changement de variables u = β , et on obtient :
ˆ ˆ
a1 x + b1 1 a1 βu + a1 α + b1
= 2m−1 n .
(ax2 + bx + c)m β a (u2 + 1)m
´ u
´ 1
+ Reste à déterminer les primitives (u2 +1) m et (u2 +1)m
´ u 2
— Pour, (u2 +1) m , on pose t = u + 1.
´
— (u21+1) = arctan u + cste
´ 1
— Pour N ≥ 2, on intègre (u2 +1) m par partie.
x4 x2 +3x+1
´3 ´0
Exemple 4.1. Soit les fonctions f (x) = (x−1)3 et h(x) = (x−1)(x2 +2x+2) . Calculons I = 2
f (x)dx et J = −1
h(x)dx.
Comme le degré du numérateur de f est supérieur ou égal à celui de son dénominateur, il faut commencer par effectuer
une division euclidienne. On obtient
6x2 − 8x + 3
f (x) = x + 3 +
(x − 1)3
La partie polynômiale est directement intégrable. La décomposition en éléments simples (de première espèce) de g(x) =
6x2 −8x+3
(x−1)3 donne
6 4 1
g(x) = + + .
x − 1 (x − 1)2 (x − 1)3
Par suite,
ˆ 3 3 3
1 3 1 1
I= f (x)dx = [ x + 3x]32 + [6 ln(x − 1)]2 − 4 −
2 2 x−1 2 2(x − 1)2 2
15
Donc, I = 4 + 8 + 6 ln 2 .
Comme le degré du numérateur de h est strictement inférieur à celui du dénominateur, pas de division euclidienne
nécessaire ! La décomposition en éléments simples (de première et seconde espèces) de h donne
1 1
h(x) = + .
x − 1 x2 + 2x + 2
Le premier terme est directement intégrable. La forme canonique du second terme donne x2 + 2x + 2 = (x + 1)2 + 1. On
peut alors poser u = x + 1. Il suit que
ˆ 0 ˆ 0 ˆ 1
dx du 1
J= h(x)dx = + = [ln |x − 1|]0−1 + [arctan(u)]0
−1 −1 x−1 0 u2 + 1
π
Donc, J = 4 − ln 2
Indicat
Exercice 4.2 Loi de Cauchy
a
Soit f la fonction définie sur R par f (x) = 1+x2 . Déterminer a pour que f soit la densité de probabilité d’une
variable aléatoire X. Déterminer la fonction de répartition de X. X admet-elle une espérance ?
Exercice 4.3 Une densité
a
Soit la fonction f définie sur R par f (x) = x x
√ si x ≥ 1 et f (x) = 0 sinon.
(1) Déterminer le réel a pour que f soit une densité de probabilité d’une certaine variable aléatoire X.
(2) Déterminer la fonction de répartition associée à X.
(3) X admet-elle une espérance ? Si oui, la déterminer.
Exercice 4.4
On modélise la durée de vie des galaxies par des lois exponentielles. On estime qu’une galaxie a probabilité de
disparaître d’ici à un million d’année égale à 0,000 002%.
(1) Déterminer la valeur du paramètre λ de la loi exponentielle X mesurant la durée de vie de la galaxie.
(2) Quelle est l’espérance de vie de la galaxie ?
(3) Quelle est la probabilité que la galaxie ait disparu d’ici à 3 millions d’années ?
(4) Quelle est la probabilité que la galaxie soit toujours là dans 10 millions d’année ?