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Cours de Système Politique Comparée

Le cours de système politique comparé aborde la définition, l'historique et la méthode de la politique comparée, en soulignant l'importance de l'autorité et des droits des citoyens dans les régimes politiques. Il examine les différentes approches méthodologiques et critiques de la politique comparée, ainsi que les stratégies de comparaison proposées par des auteurs tels que Dogan et Pelassy. Enfin, il met en lumière les défis et les opportunités d'une analyse comparative dans un contexte global et diversifié.

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Cours de Système Politique Comparée

Le cours de système politique comparé aborde la définition, l'historique et la méthode de la politique comparée, en soulignant l'importance de l'autorité et des droits des citoyens dans les régimes politiques. Il examine les différentes approches méthodologiques et critiques de la politique comparée, ainsi que les stratégies de comparaison proposées par des auteurs tels que Dogan et Pelassy. Enfin, il met en lumière les défis et les opportunités d'une analyse comparative dans un contexte global et diversifié.

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Cours de système politique comparée

LICENCE 3 (2023-2024)

INTRODUCTION GENERAL
I) Comparer des systèmes politiques : qu’est-ce qu’à dire? Définition, historique
et méthode
A) Dans son manuel institution politique de droit constitutionnel, Maurice
Duverger fait ce constat : « À la base de tout régime politique se trouve le
phénomène essentiel de l’autorité, du pouvoir du fait de la distinction entre
gouvernants et gouvernés ; tout régime politique peut être défini comme
l’ensemble des réponses apportées à quatre ordres principaux de problèmes » :
- Autorité des gouvernants et droits et devoirs des citoyens : Quels sont les
fondements du pouvoir politique qui définissent les valeurs fondamentales du
régime ?
- Choix des gouvernants et des représentants des citoyens : comment sont
désignées les personnes ?
- Structures des gouvernements : celles-ci sont rarement uniques ou
monolithiques. Qui sont-elles ? Quelles sont leurs formes d’organisation ? Et
quels rapports les réunissent les unes aux autres ?
- Évaluation, contrôle et limitation des gouvernants : comment s’articulent les
droits et devoirs du gouvernement avec ceux des citoyens ? Comment se
garantissent-ils réciproquement ? Comment réguler et éventuellement forcer
au respect des attributions, des responsabilités et des zones ?

C’est à George Lavau que nous empruntons la définition du système politique


perçu comme : « (…) un ensemble de processus et de mécanismes destinés à
faire converger ou à neutraliser des pluralismes sociaux irrépressibles et qui de
plus est organisé de façon telle qu’il permet à ses différents acteurs de proposer
des buts contradictoires et de concourir entre eux pour changer l’agencement
du système ou pour modifier ses orientations sans faire exploser l’équilibre des
pluralismes. »
Pour Bertrand Badie et Guy Hermet, « la politique comparée n’est pas qu’un
secteur de la science politique avec ses méthodes propres, ses objets d’analyse
et ses auteurs de référence. C’est également (…) un mode de questionnement
de l’ensemble des phénomènes politiques (…) et paradoxalement le seul
capable de mettre en relief la spécificité de chacun d’un pris en particulier.
Constituant d’un côté le domaine répertorié du comparatiste, de la même façon
que les spécialistes des élections, des politiques publiques, de la pensée
politique ou des relations internationales ont les leurs, elle revêt par conséquent
de l’autre côté le visage moins clairement classable, une sorte d’état d’esprit
hors spécialité, caractéristique de tout chercheur préoccupé de confronter les
observations qu’il rassemble sur son propre terrain à celles se rapportant à des
terrains différents afin d’appréhender les phénomènes qu’il considère. »
C’est ensuite une méthode qui selon Marc Block « vise à rechercher, afin de les
expliquer les ressemblances et les dissemblances qu’offrent des séries de
natures analogues empruntées à des milieux sociaux différents »
Enfin plus généralement c’est un mode de questionnement des phénomènes
politiques qui permet d’approfondir notre compréhension des dits
phénomènes en confrontant les observations rassemblées sur un terrain à des
terrains différents. Daniel-Louis Seiler résume ses trois caractéristiques
principales en livrant une définition de la Pologne comparée: « branche de la
science politique qui consiste à appliquer la méthode comparative à l’analyse
d’unité territoriale sur une base transnationale le plus souvent afin de
comprendre les phénomènes politiques ».
Mamadou Gazibo et Jane Jensen Observe quant à eux que « la politique
comparée se caractérise par un effort d’explication par la confrontation
d’institution de structure sociale et de comportement situés dans un temps et
un espace spécifique. Elle aspire à comprendre les similitudes et les divergences
entre les phénomènes politiques et à dégager des régularités. De ce point de
vue la politique comparée ne se confond ni avec les perspectives
épistémologique basées sur l’irréductibilité de l’expérience ni avec celle fondée
sur l’hypothèse de l’universalité des comportements. Les phénomènes sociaux
institutionnalisés étant en partie spécifique mais partageant aussi des points
commun la politique comparée les aborde en cherchant la source et le pourquoi
des contrastes et des similitudes par le biais de la confrontation (…) la
comparaison n’est possible que si les phénomènes que nous mettons en relation
convergent sur certains points même si les phénomènes eux-mêmes sont
hétérogènes. En effet la comparaison ne se justifie que si ceux-ci présentent
aussi des dissemblances qui deviennent également l’objet de l’analyse et de la
recherche d’explication ».
B-HISTORIQUE: DE L’USAGE DE L’EXPÉRIENCE À LA RÉFLEXION
MÉTHODOLOGIQUE
Selon Mattei Dogon l’un des grands auteurs de la politique comparée, il a fallu
attendre le 19e siècle de Claude Bernard pour que l’usage de l’expérience
comme moyen de connaissance débouche enfin sur une réflexion
méthodologique.
Des siècles d’utilisation parfois systématique le plus souvent hasardeuse on
nourrit l’analyse scientifique et étayer les grandes découvertes mais la réflexion
méthodologique apparaît incroyablement tardive par rapport à l’ancienneté de
la pratique expérimentale.
C’est la connaissance contrastée des cultures américaine et française qui fait la
finesse des analyses des doctrines (l’ouvrage d’Alexis de Tocqueville) c’est le
cumul des informations recueillies en Allemagne, en Autriche, en France ou en
Italie qui permet à Roberto Michels d’élaborer sa loi d’airain de l’oligarchie. Ce
n’est pas seulement dans la philosophie allemande que Karl Marx puise
l’inspiration de ses théories; mais dans l’analyse comparée des réalités sociales
anglaise, belge, allemande ou française.
L’analyse politique comparative moderne ne s’est affirmé qu’au terme d’une
gestation lente cherchant sa voie entre une approche historique qui ne connaît
de raison que chronologique, une approche juridique, il ignore trop souvent le
jeu profond des forces sociales.
*La méthode comparative
Il s’agit d’abord de définir les objets d’études portant notamment sur les
systèmes électoraux, les institutions, les processus de démocratisation, les
structures sociales, culturelles et économiques, qui ont un impact politique. Il
convient ensuite d’adopter une méthode comparative à prétention scientifique
qui offre une perspective heuristique. Il y a de ce point de vue un mode de
questionnement spécifique appliqué à l’ensemble des phénomènes politiques
pour tenter de saisir la portée, la pertinence, la relativité des catégories utilisés
pour analyser telles réalités politiques ex: l’État quand on parle d’Etat on
évoque la constitution de l’institution étatique au point de vue sociale comme
c’est le cas en France par contre parler de l’Etat en Inde où il n’est pas construit
est perçut de la même façon nous oblige à relativiser notre point de vue. Il faut
s’ancrer dans le substrat historique.
La question est de savoir ce qu’il faut mettre comme condition pour réfléchir à
la comparaison cela requiert un effort d’explication méthodique qui consiste
par exemple à confronter des institutions, des structures sociales, des
processus politiques, des comportements politiques qu’on va situer dans le
temps et dans l’espace géographique. Il s’agit de réfléchir à de similitudes et
des convergences de dégager des repères et des régularités, des divergences et
des différences
-s’ancrer dans l’histoire est aujourd’hui un réquisit méthodologique qui confère
à la comparaison plus de rigueur scientifique par exemple la prise en compte
de l’influence du droit constitutionnel peut s’avérer nécessaire pour
comprendre comment ceux sont forgés les constitutions
-l’approche sociologique permet de saisir les interactions entre les institutions
et la culture politique
-comment ces deux variables (institution et culture politiques) interagissent-
elles?
Ex: en Grande Bretagne comment le système électorale a-t-il eut une influence
sur le bipartisme
-le chercheur en politique comparée doit questionner le sens commun, il doit
entretenir un rapport critique par rapport aux flots d’information délivrée par
les médias pour les analyser. Considérons l’Irak, comment les USA régime
démocratique peuvent-il prendre l’initiative de déclarer la guerre à un pays qui
ne les a pas agressés militairement ?
Quels sont les critères que pouvez appliquer les USA et l’ONU pour désigner
qu’un pays est devenue démocratique ? Est-il possible de construire de
l’extérieur un régime démocratique?

CHAPITRE 1: les fondamentaux de la politique comparée


La politique comparée a fait l’objet de nombreuses critiques quant à ses
résultats. Au milieu des années 50 Roy Macridis a vivement critiqué ce qu’il
appelait alors comparative gouvernement.
Le premier reproche fait à ses recherches c’est le caractère occidentalo-centré
en particulier le fait qu’elle consistait à étudier des aspects isolés des process
gouvernementales dans des pays particuliers pour Roy Macridis et Bernard
Brown considéraient que la plupart des études n’étaient comparatives que de
noms après les indépendances et avec l’émergence de nouveaux états sur la
scène internationale certaines des insuffisances critiques ont été Aujourd’hui
les comparatistes sont sortis des seules contextes occidentales pour élargir les
intuitions comparatives au reste du monde et avec des outils conceptuels
moins ethnocentriques. L’objet de ce chapitre est de répondre à la question
essentielle suivante: « comment comparer » s’agit-il de couvrir tous les cas
possibles de faire une analyse globale Daniel Louis Seiler qualifie ce type
d’effort de « moissonneuse batteuse » pour fustiger l’ambition exagérer qui
poussent les analystes à brasser un taux
A l’inverse peut-on se contenter de faire l’étude de cas c’est à dire analyser un
seul exemple d’un phénomène d’un seul pays dans une perspective
comparative.
Arend Lijphart décrit cette méthode comme ayant trop de variables et peu de
cas. En d’autres termes la question qu’il pose est cette de savoir le nombre de
cas qu’il faut avoir pour pouvoir véritablement comparé. C’est le problème
appelé Small-N qui doit être résolu au préalable si l’on veut mener une bonne
étude comparative. Dans ce chapitre nous allons étudier une série de stratégie
comparative alternative à travers deux typologies différentes: l’une a été
développée par Mattéi Dogan et Dominique Pelassy (I) et l’autre par Charles
Tilly (II)

[Link] types de comparaison de Dogan et Pelassy


La typologie de Dogan et Pelassy semble exhaustive en ce qu’elle propose 5
stratégies: il s’agit d’abord du cas d’espèce (A) puis de la comparative binaire
(B); par la suite il s’agira de poser la comparaison entre pays analogues (C), et
pays contrasté (D). Par la suite ses auteurs nous proposent une
homogénéisation conceptuelle d’un espace hétérogène (E).

A. Le cas d’espèce en politique comparée


A priori l’étude de cas semble être une contradiction lorsque l’on veut faire une
analyse comparative toutefois Dogan et Pélassy propose des modalités
permettant de relier une étude de cas à la politique comparée en effet il
estime que l’ouverture à la comparaison peut être prouver par plusieurs voies
par exemple la monographie peut s’intégrer à d’autres contributions
particulières autour d’une problématique commune comme la nature du
pouvoir charismatique ou le rôle des militaires en [Link] le spécialiste
de la politique comparée s’engage à rechercher les confirmations ou des
éclairages ponctuels de ses hypothèses certes l’étude de cas est très
controversé mais elle n’en demeure pas moins largement accepté. En effet
selon Mark Lichbach et Alan Zuckerman « les comparatistes revendiquent une
vision intellectuelle ambitieuse en ce sens qu’ils abordent ces préoccupations
substantielles avec des questions générales à l’esprit. Celui qui étudie la
politique d’un pays particulier en général -que ce soit le Ghana, USA dans le but
de s’interroger sur des questions abstraites fait de la politique comparée. En
définitive on peut dire que l’étude de cas vis à révéler un sens caché au sujet
d’un ensemble plus large de phénomènes politiques
B .La comparaison binaire
Elle porte sur deux cas elle est soit implicite soit explicite en règle générale
lorsque la rechercher porte sur un cas qui est sensée se rapporte à la culture de
l’observateur (c’est le cas d’Alexis de Tocqueville) elle concerne de préférences
des pays présentant des analogies fondamentales même si l’objectif de
l’analyse est de mettre en évidence des différences dans un ou plusieurs
domaines. En ce sens il y a une pertinence à comparer, des réformes
économiques du Sénégal et de la Côte d’Ivoire deux pays moteurs de la
CEDEAO. Mais une comparaison du Burkina Faso et de la Russie sur la même
question manquerait de pertinence pour la simple raison que ses deux pays
présentent peu de ressemblances du point de vue de la nature de leurs
économies à réformer. C’est là un bon exemple de comparaison de moyenne
ampleur à cheval entre l’étude de cas et les études plus larges le nombre
réduit de cas permet à la fois de les analyser chacun en détail et de rendre
compte des dimensions plus générales. En réalité tout objet se traite à cette
stratégie par exemple selon Jenson et Gazibo « les régimes de santé
canadienne et américain les transitions démocratiques au Bénin et au Niger ou
encore la réforme de la protection sociale sous les gouvernements néolibéraux
aux USA et en Grande Bretagne.

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