Notre Systeme Solaire
Notre Systeme Solaire
Jacques Deferne
Ptolémée, vers 130, a développé l’Astrologie et a associé des attributs et des pouvoirs propres
aux planète en fonction de leur position relative à chaque signe du zodiaque. Par ailleurs, les as-
trologues ont ramené le nombre des constellations du zodiaque à douze afin de mieux les faire
correspondre avec les mois de l’année. La plupart des astronomes pratiquaient l’astrologie car
c’était souvent la seule source de financement de leur observatoire !
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Un peu de vocabulaire
Nous venons de définir le zodiaque que nous avons situé
près de l’équateur céleste. Ce dernier est le prolongement
de l’équateur terrestre sur la voûte céleste. Voici quelques
définitions :
- La sphère céleste est une sphère imaginaire dont le
centre est occupé par la Terre. Elle permet de repré-
senter tous les astres tel qu'on les voit depuis la Terre.
- L’équateur céleste est le prolongement de l’équateur
terrestre sur la sphère céleste. Tout comme la Terre, la
notion d’équateur implique celle de pôle.
- Les pôles célestes sont les points où l’axe de la Terre
perce la sphère céleste. Actuellement le pôle céleste
nord est occupé par l’Etoile polaire.
- L’écliptique est le plan dessiné par l’orbite de la Terre En parcourant l’écliptique, le Soleil traverse
autour du Soleil. L’écliptique recoupe l’équateur céleste l’équateur céleste à l’équinoxe de prin-
en deux points qui correspondent aux équinoxes de temps et à celui d’automne.
printemps et d’automne.
- Le point vernal Ύ, correspond au point de rencontre de l’écliptique et de l’équateur céleste à
l’équinoxe de printemps. Il a été défini comme l’origine de la longitude dans le système de
coordonnées de la sphère céleste.
- Les constellations sont des groupes d’étoiles qui forment sur la sphère céleste comme des
figures imagées. Les anciens Grecs les ont décrites en leur attribuant des noms poétiques.
Elles permettent de situer des zones de ciel sur la sphère céleste. On connaît un peu plus de
80 constellations. Les plus connues sont celles qui sont situées sur le parcours du Soleil et
des planètes sur le zodiaque.
Jeudi ♃ Jupiter
____________________________
(M 1 × M 2)
F =G
d2 Newton et la pomme.
C'est, dit-on, en observant la chute d'une
pomme sur le sol qu'Isaac Newton eut
l’intuition qui lui fit découvrir, en 1667, la
La constante de gravitation universelle G a pu être mesu- loi de gravitation universelle.
€
rée expérimentalement par Henri Cavendish en 1798.
Il imagine l'expérience suivante : un haltère constitué de
deux petites masses M1 liées par une tige est suspendue à un fil très fin. Sous l'influence de deux
grosses masses M2 qu'il approche des précédentes, il mesure la force de torsion F qui s'exerce
sur le fil. Connaissant la distance d, il détermine la valeur de la constante G.
Elle vaut :
G = 6,67428 x 10-8 [cm3 g-1 s-2]
Dès lors il devenait facile de calculer la masse de la Terre, celle de la Lune et celle des autres
planètes et du Soleil.
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qu'elle est peuplée d'une immense quantité d'étoiles. C'est une vue partielle de notre Galaxie que
nous entrevoyons par la tranche, à partir d'un des bras spiraux en bordure duquel est situé notre
système solaire.
Le Soleil
Le Soleil est l'une des 200 milliards d'étoiles qui constituent
notre Galaxie. C'est la seule dont la surface soit accessible à
notre observation. Sa masse fluide, d’un diamètre de
1’390’000 kilomètres, est composée presque uniquement
d'hydrogène et d'hélium. Tous les autres éléments chimiques
y ont été décelés, mais en très petites quantités. Le Soleil
tourne sur lui-même, avec une période d’environ 27 jours ter-
restres. Comme il est fluide, sa vitesse de rotation est plus
élevée à l’équateur qu’aux pôles.
Surface et atmosphère
La partie visible du Soleil est la photosphère. C'est une couche gazeuse d’environ 300 km
d'épaisseur, constamment agitée par de gigantesques cellules de convection qui lui confèrent son
aspect granulé. Sa température atteint 5'500°.
Des taches sombres, dites taches solaires, apparaissent régulièrement avec une périodicité de
onze ans. Elles correspondent à des zones plus froides soumises à un champ magnétique intense.
Leur origine et leur nature font encore l'objet d'hypothèses variées.
La chromosphère et la couronne, qui composent respectivement la basse et la haute atmo-
sphère du Soleil, ne sont visibles que lors des éclipses totales.
Eruptions solaires
Les éruptions solaires sont
à l’origine du vent solaire
! !
Le Soleil transformé en géante rouge, Une naine blanche.
vue de la Terre par un artiste.
Un milliard d'années plus tard, faute de combustible, cette géante rouge s'effondrera sur elle-
même pour atteindre le stade de naine blanche, astre de quelques milliers de kilomètres de dia-
mètre, constitué de matière dégénérée d’une densité supérieure à une tonne par cm3, et qui
n'émettra plus qu'une faible luminosité blanche.
Et, dans une nuit profonde, la Terre continuera de tourner dans un environnement glacé. Seul un
point blanc à peine perceptible dans le ciel marquera l'emplacement autrefois occupé par un So-
leil rayonnant.
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Les Planètes
Une planète est un astre qui gravite autour du Soleil et qui n’a pas ou peu d’énergie propre. Sa
luminosité n’est que le reflet de son éclairement par le Soleil. Pour mériter son appellation de pla-
nète, sa taille doit être suffisante pour qu’elle prenne une forme sphérique et le plan de son orbite
ne doit pas être très éloigné du plan de l’écliptique. Huit planètes de taille notable, répondant à la
définition ci-dessus, gravitent autour du Soleil. Cinq d’entre elles sont visible à l’oeil nu. Ce sont
Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Les deux autres ne sont visibles qu’au télescope. Ura-
nus a été découvert en 1781 par l’observation systématique du ciel au moyen d’un télescope.
Quant à Neptune, sa découverte en 1846, a été rendue possible grâce à l’astronome Le Verrier qui
avait calculé la position probable de la planète dans le ciel en se basant sur les irrégularités de
l’orbite d’Uranus.
Pluton, qu’on ne considère plus aujourd’hui comme une planète, a été découvert en 1930 par
l’observation patiente de milliers de photographies du ciel pour voir si un “objet” semblait s’être
déplacé d’une observation à l’autre.
Au delà de Neptune
Le perfectionnement des moyens d’investigation, tels les télescopes géants installés au Chili, les
télescopes en orbite et les sondes d’exploration, a permis de découvrir au delà de Neptune de
très nombreux objets dont certains ont un diamètre analogue à celui de Pluton. C’est ainsi qu’on a
découvert Eris, un objet sphérique d’un diamètre compris entre 2’000 et 3’000 km, situé à plus de
10 milliards de km du Soleil, ainsi que Sedna un objet encore plus éloigné, de 1’500 km de dia-
mètre.
Les planètes Vénus et Mercure photographiées le 6 février 2007 (Photo Michel Dionne)
Jupiter est aussi très brillante. A l'aide d'une paire de jumelles on peut même apercevoir ses
quatre plus gros satellites, ceux que Galilée avait découverts en pointant sa lunette vers cet
astre. Saturne est un peu moins brillante que Jupiter, mais toujours bien visible à l'oeil nu. Sa cou-
leur orangée permet de la distinguer. Il faut toutefois utiliser un petit télescope pour apercevoir ses
anneaux.
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diamètre 4’878 km
période de rotation 59 jours
densité 5.4
distance au Soleil 58 millions de km
révolution autour du Soleil 88 jours
Inclinaison sur l’écliptique 7°
Nombre de satellites aucun
Poids d’un homme de 70 kg 26.5 kg
Vénus
diamètre 12’104 km
période de rotation 243 jours
densité 5.2
distance au Soleil 108 millions de km
révolution autour du Soleil 224.7 jours
Inclinaison sur l’écliptique 3°24’
Nombre de satellites aucun
Poids d’un homme de 70 kg sur Terre 64 kg
La Terre
diamètre 12’756 km
période de rotation 1 jour
densité 5.5
distance au Soleil 149 millions de km
révolution autour du Soleil 365 jours
Inclinaison sur l’écliptique 0°
Nombre de satellites 1
C'est la seule planète à bénéficier de toutes les conditions nécessaires à l'apparition de la vie :
- sa masse est suffisamment élevée pour retenir une atmosphère, principalement composée
d'azote et d'oxygène, qui filtre les radiations ultraviolettes et atténue les différences de tempé-
rature entre le jour et la nuit,
- son juste éloignement du Soleil, combiné avec un certain effet de serre dû à son atmosphère,
lui confère une température moyenne de 15° à 18°, maintenant la plus grande partie de son
eau sous forme liquide,
- ses océans fonctionnent comme régulateurs de température et, en absorbant le CO2 excéden-
taire, ils stabilisent la composition chimique de l'atmosphère,
- son champ magnétique dévie le "vent solaire" dont les particules ionisantes seraient nocives à
toute forme de vie.
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Contrairement aux autres planètes, la Terre est aussi vivante sur le plan géologique. La chaleur ré-
siduelle qu’elle renferme est encore suffisante pour déplacer les continents, soulever des chaînes de
montagnes et entretenir les phénomènes volcaniques.1
Par ailleurs, l’énergie solaire et la présence de l’atmosphère engendrent le régime des vents, le
cycle des précipitations et favorise la croissance des végétaux. Indirectement, l’énergie solaire est
aussi responsable de l’érosion des continents et de la formation des roches sédimentaires. La
Terre a subi aussi les mêmes bombardements météoritiques que les autres planètes mais les cra-
tères ont été détruits par l’action de l’érosion. Seuls les plus ré-
cents sont encore visibles.
Mars
diamètre 6’787 km
période de rotation 24.5 heures
densité 3.9
distance au Soleil 228 millions de km
révolution autour du Soleil 687 jours
Inclinaison sur l’écliptique 1.8°
Nombre de satellites 2
Poids d’un homme de 70 kg sur Terre 27 kg
Les premières images de Mars nous font découvrir des paysages parsemés d'une multitude de
blocs rocheux partiellement ensevelis sous une poussière rougeâtre riche en oxyde de fer. Une at-
mosphère ténue de gaz carbonique soulève périodiquement d'immenses tempêtes de poussière.
Sa surface montre des cratères d'impact de météorites, des édifices volcaniques, des champs
de dunes. Son relief présente quelques caractéristiques remarquable. Le Mont Olympus est un
volcan de 24 kilomètres d’altitude et de plus de 500 km de diamètre. Dans la zone équatoriale, on
observe de gigantesques canyons dont l'origine demeure encore mystérieuse.
Il est probable que l'eau a dû exis-
ter sur Mars, comme en témoignent
des formes d'érosion fluviatile, mais,
pour des raisons encore inexpli-
quées, il n'en subsiste que de très
faibles quantités, sous forme de
glace dans les régions polaires. On
suppose que des quantités d'eau
plus importantes existent sous
forme de permafrost.
1
Ce terme n'est pas parfaitement adapté. Il faudrait dire "marsostationnaire", mot qui n'existe pas ! Rappe-
lons que c'est l'altitude à laquelle un satellite acquiert une période de révolution égale à la période de rota-
tion de la planète. Le satellite demeure alors stationné en permanence au dessus du même point géogra-
phique.
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La période de révolution de Phobos étant plus courte que la période de rotation de la planète,
ce satellite est progressivement freiné et il se rapproche lentement de la surface de Mars. Il finira
par se désagréger lorsqu'il descendra en-deça de la "Limite de Roche" 1
Phobos
Deimos
Ces deux petits satellites, dont les formes font penser à une pomme de terre, ont
probablement la même composition que les météorites pierreuses.
Deimos est suffisamment éloigné de Mars et sa période de révolution est plus longue que la pé-
riode de rotation de la planète. Deimos subit donc une accélération qui l'éloigne lentement de sa
planète mère.
Les astéroïdes
Séparant les petites planètes des géantes que sont Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, on ren-
contre les Astéroïdes. Ce sont des petits corps rocheux situés pour la plupart entre les orbites de
Mars et de Jupiter, dans une zone où des calculs théoriques laissaient prévoir la présence d'une
planète. On estime à plus de 40’000 le nombre de ceux qui ont plus d'un kilomètre de diamètre.
Le plus grand d'entre eux, Cérès, atteint 960 km de diamètre.
Certains astéroïdes ont des orbites très excentriques qui recoupent périodiquement celle de la
Terre. Les météorites qui heurtent la Terre proviennent presque toutes de la région des Astéroïdes. Il
est probable que les Astéroïdes sont constitués d'un peu de la matière originelle du système solaire
qui n'a pu s'agglomérer en une planète dans cette région à cause des perturbations gravitationnelles
dues à la proximité de l'énorme planète Jupiter.
Cérès, 940 km de
diamètre, est le plus
gros des Astéroïdes.
On classe les Astéroïdes en trois catégories sur la base de leur spectre optique. Cette distinction cor-
respond parfaitement aux catégories de météorites qui régulièrement atteignent la Terre : météorites
pierreuse, métalliques ou mixtes.
Jupiter
diamètre 142’800 km
période de rotation 9.9 heures
densité 1.3
distance au Soleil 778 millions de km
révolution autour du Soleil 12 ans
Inclinaison sur l’écliptique 1.3°
Nombre de satellites 16
Poids d’un homme de 70 kg sur Terre 165 kg
Jupiter est la plus volumineuse de toutes les planètes. A elle seule, elle renferme plus de matière
que toutes les autres réunies. C'est un astre glacé, fluide, constitué de 93% d'hydrogène et de 7 %
d’hélium. Sa faible densité (1.33) ne représente que le quart de celle de la Terre. En son centre la
pression atteint 50 millions d'atmosphères et la température 30’000 degrés. Toutefois ces valeurs
sont insuffisantes pour amorcer les réactions nucléaires qui auraient pu faire de Jupiter une étoile.
Sa surface est la proie de vents violents et de cyclones gigantesques. La tache rouge, qui depuis
trois siècles intrigue les astronomes, s'est révélée être un immense tourbillon qui mesure plus de
30’000 km dans sa plus grande longueur.
Il est intéressant de noter que Jupiter rayonne plus d'énergie qu'elle n'en reçoit du Soleil. La
quantité de chaleur produite à l'intérieur de la planète est presque égale à celle reçue du Soleil. Ce
rayonnement s’explique par la contraction progressive des gaz qui la constituent. On estime que
cette contraction entraîne la diminution de son diamètre de 2 cm par an.
21
Io, dont le diamètre est Europa, de taille com- Ganymède, est le plus Callisto est fortement
de 3720 km, est re- parable à la Lune, est volumineux satellite du cratérisée.
m a rq u a b l e p a r l e s parfaitement lisse. Sa système solaire. Son Elle semble recouverte
éruptions volcaniques composition est ana- rayon (5’262 km) est d’une grande épaisseur
qu’on y a observées. logue à celle des mé- supérieur à celui de de glace.
téorites pierreuses Mercure.
Saturne
diamètre 120’000 km
période de rotation 10.6 heures
densité 0.7
distance au Soleil 1’427 millions de km
révolution autour du Soleil 29.5 ans
Inclinaison sur l’écliptique 2.5°
Nombre de satellites 17 au-delà des anneaux
Poids d’un homme de 70 kg 74 kg
Deuxième planète par sa taille, Saturne, tout comme Jupiter, est un astre glacé composé d'hy-
drogène et d'hélium liquide. Sa densité (0.7) est la plus faible que celles de toutes les autres pla-
nètes. Toutefois il semble que Saturne possède un noyau rocheux très dense dont la température
serait de 12’000°. Cela explique pourquoi cette planète, tout comme Jupiter, dégage plus d’éner-
gie qu’elle n’en reçoit du Soleil. A cause de sa rapide rotation sur elle-même, la planète est aplatie
aux pôles et passablement renflée à l’équateur. Le diamètre équatorial est de 120’500 km alors
que le diamètre polaire n’est que de 110’500 km.
Saturne est surtout connue pour les centaines d'anneaux concentriques qui l’entourent sur un
diamètre de 270’000 km, mais dont l'épaisseur ne dépasse pas 3 km. Ce sont des débris rocheux
et des fragments de glace dont la taille est comprise entre quelques centimètres et plusieurs
22
mètres. Chaque fragment possède sa propre orbite.
On observe des discontinuités entre certains groupes
d’anneaux. Elles sont dues à des perturbations en-
gendrées par les gros satellites qui gravitent au-delà
des anneaux et, pour certains, entre les anneaux.
Uranus
diamètre 51’120 km
période de rotation 17.9 heures
densité 1.3
distance au Soleil 2’870 millions de km
révolution autour du Soleil 84 ans
Inclinaison sur l’écliptique 0.8°
Nombre de satellites 15
Poids d’un homme de 70 kg sur Terre 62 kg
Située très loin du Soleil, Uranus ne reçoit que très peu d'énergie et sa température est inférieure
à -200°. Son atmosphère d'hydrogène, d'hélium et de méthane lui confère une couleur bleu-vert.
On ne connaît pratiquement rien de sa surface. Elle montre toutefois une particularité singulière:
son axe de rotation est situé dans le plan même de son orbite. C’est comme si elle “roulait” sur
son orbite. Cette particularité fait qu’alternativement ses pôles sont parfaitement exposés au So-
leil. Ils reçoivent ainsi plus d’énergie que les régions équatoriales.
Neptune
diamètre 49’530 km
période de rotation 19.2 heures
densité 1.6
distance au Soleil 4’497 millions de km
révolution autour du Soleil 165 ans
Inclinaison sur l’écliptique 1.8°
Nombre de satellites 10
Poids d’un homme de 70 kg sur Terre 88 kg
Neptune photographiée par la
sonde Voyager 2, en 1989.
On ne sait que très peu de choses de Neptune. Elle a été découverte par calcul à partir des per-
turbations qu'elle engendrait sur le mouvement d'Uranus. Au télescope, elle apparaît vert-bleu, ce
qui est un indice de la présence d'un peu de méthane dans son atmosphère constituée d'hydro-
24
gène et d'hélium. En 1989, la sonde Voyager 2 mit en évidence la présence d'une dizaine de petits
satellites et d'un système d'anneaux fins asymétriques.
Pluton
diamètre 2’250 km
période de rotation 6.3 jours
densité 2.0
distance au Soleil 5’214 millions de km
révolution autour du Soleil 248 ans
Inclinaison sur l’écliptique 17.2°
Nombre de satellites 1
Pluton et son satellite Charon Poids d’un homme de 70 kg sur Terre 5 kg
Pluton est une toute petite planète très mystérieuse. Son diamètre, inférieur à celui de la Lune,
est d'environ 2'300 km. Avec Charon, un satellite de près de 1'200 km de diamètre, Pluton consti-
tue un système planétaire double. La densité moyenne de Pluton et Charon est de 2.0. Leur orbite
autour du Soleil est non seulement fortement inclinée par rapport à celle des autres planètes (17°),
mais aussi très excentrique. Cette particularité a fait que, jusqu’en l’an 2000, Pluton et son com-
pagnon étaient plus proches du Soleil que Neptune.
Récemment, l’Union Astronomique universelle lui a retiré son statut de planète. Elle l’a reléguée
au rang de “planète naine”.
Les anneaux
A l'intérieur de la limite de Roche, les petits objets rocheux ne peuvent pas s'agréger en un sa-
tellite unique. Ils gravitent tous autour de leur planète, chacun avec son orbite propre, entrant en
collision les uns avec les autres. Ils constituent alors des ceintures concentriques aplaties : ce sont
les anneaux. Les principaux anneaux de Saturne sont presque tous situés à l’intérieur de la limite
de Roche qui est d’environ 140’000 km en ce qui concerne cette planète.
1
Les météorites, ces messagères de l'espace
Quelque centaines de météorites de taille notable heurtent la Terre chaque année. Leur poids est
compris entre quelques grammes et plusieurs tonnes. Beaucoup plus rarement, notre planète re-
çoit des météorites énormes dont la masse peut dépasser 100’000 tonnes.
Elle créent à leur arrivée un cratère d'impact analogue à ceux qu'on peut observer sur la Lune et
sur la plupart des astres du système solaire. Toutefois, soumis à l'action de l'érosion, ces cratères
finissent par disparaître. Le plus fameux d'entre eux est celui de Cañon Diablo, en Arizona. Il a plus
d'un kilomètre de diamètre et a été provoqué par la chute d'une météorite géante qui est tombée
là, il y a une vingtaine de milliers d'années.
Les météorites viennent, pour la plupart, de la région des astéroïdes, ces débris, témoins du ma-
tériau originel qui a contribué à la formation des planètes. Elles représentent un stade final de l'ac-
crétion, ce phénomène qui a permis aux planètes de se former par l'agglomération de matériaux
épars qui gravitaient autour du Soleil en formation. En effet, les premières centaines de millions
d'années d'existence des planètes ont été marquées par un intense bombardement de météorites.
Puis, avec la diminution du nombre des petits corps gravitant dans le système solaire, le bombar-
dement a rapidement diminué. Aujourd'hui, la probabilité que la Terre puisse être heurtée par un
astéroïde de grande taille est extrêmement faible. Quelques rares météorites proviennent indirec-
tement de la Lune ou de Mars. Ce sont des météorites géantes qui se sont écrasées sur ces
astres, entraînant la projection de “giclures” dans l’espace et et qui ont été capturées par l’attrac-
tions terrestre. On a pu reconstituer l’orbite de plusieurs météorites. Ce sont des ellipses dont le
périhélie (la partie haute) se situe presque
toujours entre mars et Jupiter.
1 Gérard Guiper (1905-1973), astronome hollandais qui le premier a postulé l’existence de cette ceinture en
1951.
2 Jan Oort (1900-1992), astronome hollandais.
28
Diamètre 3’473 km
période de rotation 27.3 jours
densité 3.3
distance à la terre 384’000 km
révolution autour de la Terre 27,3 jours
Inclinaison sur l’écliptique 5.1°
Poids d’un homme de 70 kg 12 kg
Les “continents”
Caractérisés par une couleur claire, les continents recouvrent la moitié de la surface lunaire. Ils
sont marqués par la juxtaposition et le recouvrement mutuel d'une multitude de cratères de toutes
dimensions et de leurs "éjecta".
Le sol lunaire, épais d'une dizaine de mètres, s'appelle "régolite". C'est une couche de pous-
sière et de débris rocheux plus ou moins grossiers. Ce sont les débris d'impacts de météorites.
Les roches rapportées sur terre sont toutes des
roches éruptives, principalement des anortho-
1
sites, plus rarement des basaltes. Toutes ces
roches montrent une fracturation intense due
aux innombrables impacts météoritiques et sont
transformées en de véritables brèches. L'âge de
la cristallisation des minéraux est compris entre
-4.4 et -4.6 milliards d’années, alors que l'âge
de la transformation en brèches s'étend de 4.6
à 3.8 milliards d’années.
Anorthosite lunaire
Les “mers”
Les "mers" sont les taches sombres qu'on peut apercevoir à l'oeil nu au cours des nuits de pleine
Lune. Ce sont de vastes plaines peu cratérisées de forme grossièrement circulaire. Elles sont nom-
breuses sur la face visible de notre satellite et, curieusement, très rares sur sa face cachée. Ces
"mers" recouvrent les "continents" en laissant émerger les parties les plus hautes, donnant l'impres-
sions de caps, d'îles et de péninsules. Elles sont constituées de basalte. On pense que ce sont des mé-
téorites géantes qui ont percé le manteau et favorisé l’invasion du cratère par des basaltes en fusion.
Les cratères
Ils représentent la principale caractéristique du relief lunaire. Ils sont l'aboutissement d'un bom-
bardement intense de météorites de toutes tailles qui s'est produit au début de l'histoire de la
Lune. Ils sont toujours entourés d'une couronne de débris, les "éjecta".
Les dimensions des cratères varient de quelques mètres pour
les plus petits à plusieurs centaines de km pour les plus vastes.
On nomme souvent "bassins" ceux dont le diamètre dépasse
200 km. L'étude des âges relatifs des cratères suivant leur taille,
selon le principe qu'un cratère qui se superpose à un autre est
plus jeune que celui-ci, permet de reconstituer l'intensité du
bombardement météoritique dans le temps.
Cratères sur la face cachée de la
Lune (photo Apollo 16. NASA)
1 Voir des mêmes auteurs et sur le même site Le Monde fascinant des roches
32
L'origine de la Lune
L'origine de la Lune est toujours une énigme pour les savants. Plusieurs hypothèses ont été
échafaudées :
- La Lune serait une partie du manteau terrestre qui se serait séparé de la Terre très tôt dans
l'histoire commune des deux astres.
- La Lune se serait formée ailleurs dans le système solaire et aurait été capturée lors de son pas-
sage à proximité de la Terre.
- Les deux astres se seraient formés simultanément à proximité l'un de l'autre, à partir du même
nuage de poussière et de gaz.
- La Lune se serait formée à partir du matériel éjecté à la suite d'une collision entre la Terre et un
autre astre.
Les deux premières ont été abandonnées car elles ne parviennent pas à expliquer la dynamique
des mouvements des deux astres ni les analogies et différences dans leur composition pétrogra-
phique.
L'hypothèse de la formation simultanée des deux astres à proximité l'un de l'autre a eu long-
temps la faveur des savants. Toutefois elle n'explique ni pourquoi la Lune n'a pas de noyau métal-
lique, ni le moment cinétique actuel du système.
L'hypothèse de l'impact connaît actuellement un regain de faveur et des simulation mathéma-
tiques semblent indiquer que ce modèle permet d'expliquer tous les paramètres physiques et dy-
namiques caractéristiques des deux astres.
Très tôt dans l’histoire du système solaire, une collision se serait produite entre la Terre et un
autre objet de grande taille. Cette collision aurait entraîné l'éjection d'une énorme quantité de ma-
tière qui se serait agglomérée dans le voisinage de la Terre pour donner naissance à la Lune.
Cette théorie peut expliquer toutes les différences ou similarités entre la Terre et la Lune. La ma-
tière éjectée provenait principalement du manteau, plus pauvre en fer, ce qui explique que la Lune
contient une faible proportion de cet élément. Cette hypothèse explique mieux pourquoi la Terre
est la seule planète interne du système solaire à posséder un satellite de si grande taille.
0.5
1.0
2.5
Des zones de fusion partielle provoquent
l’émission de magmas basaltiques qui enva-
Formation des “mers” hissent les bassins météoritiques les plus af-
3.0 (de -3.8 m.a. à -2.8 m.a.) faissés, formant ainsi les “mers”
Conclusion provisoire
Notre système solaire n'est pas unique : on sait aujourd'hui qu'un très grand nombre d’étoiles
parmi les milliards d’autres qui peuplent notre Galaxie, possèdent un système planétaire analogue
au nôtre et que les processus donnant naissance à une forme de vie ont certainement existé pour
des planètes inconnues gravitant autour d'étoiles lointaines.
Les progrès de l'astrophysique on d'ailleurs permis de découvrir de nombreuses planètes dans
le voisinage d'étoiles relativement proches. On les a baptisées exoplanètes.
Il est donc certain que la vie existe également ailleurs, non seulement dans notre galaxie, mais
aussi dans les milliards d'autres qui peuplent notre Univers. Mais sous quelle forme ? Nous ne le
saurons jamais !
L'incommensurabilité de cet univers et toutes les questions que son existence font apparaître
sont là pour nous rappeler la précarité et l'infinie petitesse de l'Homme.
Par ailleurs, l’Astronomie est la seule science qui nous permette de remonter dans le temps. Les
galaxies très lointaines que nous observons aujourd’hui sont les images prises il y a plusieurs mil-
liards d’années et qui ont mis tout ce temps à nous parvenir.
Imaginons encore que nous ayons un télescope ultra puissant et que nous le pointions sur une
planète située à 80 millions d’années lumière. Imaginons encore que sur cette planète un lac parfai-
tement immobile qui se comporte comme un miroir. Nous pourrions alors voir une image de la Terre
telle qu’elle était il y a 160 millions d’années et, peut-être, pourrions nous voir courir les dinosaures !
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