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Notre Systeme Solaire

Le document présente l'histoire de la compréhension du système solaire, en passant du géocentrisme des Grecs à l'héliocentrisme de Copernic, qui a été initialement rejeté. Il décrit également les astres errants et le zodiaque, ainsi que les forces fondamentales qui régissent l'univers, en utilisant des métaphores de dieux pour illustrer ces forces. Enfin, il aborde la définition des jours de la semaine et leur lien avec les astres connus dans l'Antiquité.

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Notre Systeme Solaire

Le document présente l'histoire de la compréhension du système solaire, en passant du géocentrisme des Grecs à l'héliocentrisme de Copernic, qui a été initialement rejeté. Il décrit également les astres errants et le zodiaque, ainsi que les forces fondamentales qui régissent l'univers, en utilisant des métaphores de dieux pour illustrer ces forces. Enfin, il aborde la définition des jours de la semaine et leur lien avec les astres connus dans l'Antiquité.

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Notre système solaire

Jacques Deferne

© J. Deferne, 17 avril 2016


2

Notre système solaire

Premières idées sur la Planète


Les premiers hommes pensaient que la Terre était plate et au centre de tout et que les astres
étaient fixés sur des sphères emboîtées les unes dans les autres, la sphère la plus proche suppor-
tant la Lune, la sphère la plus extérieure supportant les étoiles qui paraissaient fixes dans le temps.
Le fond étoilé du ciel était considéré comme une tapisserie garnissant les limites de l’Univers.
Les Grecs ont été les premiers à imaginer que la Terre était sphérique en voyant les bateaux qui
s’éloignaient disparaître progressivement derrière l’horizon et en devinant que c’était l’ombre de la
Terre qu’ils voyaient projetée sur la Lune lors des éclipses. Mais ils imaginaient toujours que la
Terre était au centre de leur univers, ce qu’on appelle aujourd’hui le géocentrisme, et que tous les
astres, dont le Soleil, tournaient autour d’elle.
Ils distinguaient aussi les astres errants, c’est-à-dire ceux qui, au cours de l’année, se déplaçaient
lentement dans le ciel par rapport au décor des étoiles qui leur paraissaient fixe à l’échelle de temps de
la vie humaine. Ces astres errants étaient le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne.

Système géocentrique ou héliocentrique ?


Archimède rapporte qu’un certain Aristarque de Samos (310-230) plaçait le Soleil au centre de
l’Univers, ce qu’on appelle l’héliocentrisme, et que la Terre et les astres errants tournaient autour
de celui-là. Malheureusement son hypothèse ne fut pas retenue.
Claude Ptolémée (90-168), un savant grec qui vivait à Alexandrie,
s’était rendu célèbre par ses écrits sur la géographie, l’astrologie et
l’astronomie. Sa notoriété était telle que sa théorie plaçant la Terre
au centre de l’Univers, le géocentrisme, fut universellement adoptée
malgré les difficultés pour expliquer les mouvements apparemment
rétrogrades de certaines planètes.
Il fallut attendre près de 1’500 ans avant qu’un moine polonais pas-
sionné d’astronomie, Nicolas Copernic (1473-1543), ne remette en
question le système de Ptolémée.
Dans son ouvrage «De Revolutionibus», il montre que la Terre n’est
ni immobile ni au centre du Monde. Selon lui, la Terre tourne sur
elle-même en un jour et tourne autour du Soleil en un an. Son ar-
gument (fort peu scientifique) est que son système était plus logique
et plus harmonieux que celui de Ptolémée.
Le système de Copernic fut condamné en 1616 et Galilée qui était
un remuant défenseur de la théorie copernicienne fut condamné par un tribunal ecclésiastique en
1633. L'acceptation de la nouvelle théorie sera lente et ce n’est qu’en 1830 que l’Eglise acceptera
l’idée que la Terre tourne autour du Soleil.
3

Nicolas Copernic (1473-1543)


Système de Copernic

Les astres errants et le zodiaque


Bien avant l’ère chrétienne, les observateurs connaissaient l’existence de sept “astres errants”
qu’ils voyaient se déplacer, nuit après nuit sur le fond du ciel le long d’une bande relativement
étroite. C’est un peu comme s’ils suivaient une sorte d’autoroute dans le ciel dont la largeur est
d’un peu plus de 8° de part et d’autre de l’équateur céleste. Cette “autoroute” porte le nom de
zodiaque.
Pour repérer la course des “astres errants” dans le ciel, les anciens ont divisé le zodiaque en un
certain nombre de secteurs reconnaissables par des groupes d’étoiles auxquels ils ont attribué les
noms figuratifs des constellations qui sont situées sur ce parcours. Les treize constellations pré-
sentes dans le zodiaque sont : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la
Balance, le Serpentaire, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons.

Représentation imagée des constellations


du Lion et du Sagittaire

Ptolémée, vers 130, a développé l’Astrologie et a associé des attributs et des pouvoirs propres
aux planète en fonction de leur position relative à chaque signe du zodiaque. Par ailleurs, les as-
trologues ont ramené le nombre des constellations du zodiaque à douze afin de mieux les faire
correspondre avec les mois de l’année. La plupart des astronomes pratiquaient l’astrologie car
c’était souvent la seule source de financement de leur observatoire !
4

Un peu de vocabulaire
Nous venons de définir le zodiaque que nous avons situé
près de l’équateur céleste. Ce dernier est le prolongement
de l’équateur terrestre sur la voûte céleste. Voici quelques
définitions :
- La sphère céleste est une sphère imaginaire dont le
centre est occupé par la Terre. Elle permet de repré-
senter tous les astres tel qu'on les voit depuis la Terre.
- L’équateur céleste est le prolongement de l’équateur
terrestre sur la sphère céleste. Tout comme la Terre, la
notion d’équateur implique celle de pôle.
- Les pôles célestes sont les points où l’axe de la Terre
perce la sphère céleste. Actuellement le pôle céleste
nord est occupé par l’Etoile polaire.
- L’écliptique est le plan dessiné par l’orbite de la Terre En parcourant l’écliptique, le Soleil traverse
autour du Soleil. L’écliptique recoupe l’équateur céleste l’équateur céleste à l’équinoxe de prin-
en deux points qui correspondent aux équinoxes de temps et à celui d’automne.
printemps et d’automne.
- Le point vernal Ύ, correspond au point de rencontre de l’écliptique et de l’équateur céleste à
l’équinoxe de printemps. Il a été défini comme l’origine de la longitude dans le système de
coordonnées de la sphère céleste.
- Les constellations sont des groupes d’étoiles qui forment sur la sphère céleste comme des
figures imagées. Les anciens Grecs les ont décrites en leur attribuant des noms poétiques.
Elles permettent de situer des zones de ciel sur la sphère céleste. On connaît un peu plus de
80 constellations. Les plus connues sont celles qui sont situées sur le parcours du Soleil et
des planètes sur le zodiaque.

Pose photographique montrant la rotation apparente du ciel autour de l’axe


terrestre. L’étoile fixe au milieu de la photo est dans le prolongement de l’axe
terrestre vers le Nord. C’est l’étoile polaire.
5

Les jours de la semaine


Si nous comprenons bien qu’un jour correspond à la durée de la rotation de la Terre sur elle-
même, qu’une année correspond au temps mis par la Terre pour accomplir son périple autour du
Soleil, qu’un mois correspond grossièrement à la durée de la rotation de la Lune au tour de la
Terre, il est plus difficile de savoir pourquoi on a défini une semaine de 7 jours.
Depuis la plus haute Antiquité la semaine comporte sept jours. La Bible indique que Dieu a créé
la Terre en six jours et que le septième il s’est reposé. Mais ce qui est certain c’est que les noms
des jours de la semaine ont pour origine les noms des sept astres errants connus dans l’Antiquité :

Lundi ☾ La Lune Vendredi Vénus

Mardi Mars Samedi ♄ Saturne

Mercredi ☿ Mercure Dimanche ☼ Soleil (Sunday)

Jeudi ♃ Jupiter

____________________________

Les forces qui régissent l’Univers


Au Panthéon du monde qui nous entoure, quatre forces, tels quatre dieux dominent de leur
puissance toute la matière qui constitue l’Univers. D’une manière imagée, on peut les assimiler à
deux dieux et deux déesses qui régneraient sur l’ensemble de l’univers. Ils sont responsables de la
façon dont la matière est organisée, ils règlent les mouvements des astres et régissent toutes les
formes d’énergie. Ils ont pour nom :
Gravitor, Elektra, Micromegakratos et Perturbatora.
Ils sont en constants désaccords les uns avec les autres, chacun d’entre eux essayant de
contrecarrer les efforts des autres. La querelle explosive qui a vu naître leurs divergences semble
s’être produite au cours d’un événement catastrophique qui a eu lieu il y a environ quatorze mil-
liards d’années et que les astrophysiciens nomment le Big-bang.
Les physiciens les plus imaginatifs pensent qu’avant cet épisode ces dieux vivaient en bonne
harmonie dans une sorte d’âge d’or, dans un univers précédent dont les secrets exacerbent au
plus haut point l’imagination des astrophysiciens.

Gravitor est responsable de la gravité


Le placide Gravitor, celui qui nous intéresse le plus ici, est le plus grand d'entre eux. Depuis
longtemps il ne parle plus aux autres dieux. Il s'est désolidarisé des autres divinités, attendant pa-
tiemment que les particules issues du Big-bang s'éloignent suffisamment les unes des autres pour
les rappeler à l'ordre et organiser leur répartition dans l'Univers.
Il règne souverainement sur la totalité de l'Univers sans s'inquiéter des chamailleries auxquelles
se livrent ses trois autres collègues au sein du petit monde des atomes.
6
Son influence ne souffre d’aucune exception et s'étend à toutes
les particules qui peuplent l'Univers. Sa force est uniquement
attractive. Elle tend à rapprocher toutes les particules entre elles.

L’union fait la force


Toutefois, comme cette force d'attraction est extraordinairement
faible, des milliards de milliards de fois plus faible que la force
qui, par exemple, colle un aimant sur du fer, il applique l'adage
"l'union fait la force". Ainsi les centaines de milliards de milliards
de particules qui forment la Lune unissent leur extrême faiblesse
d’attraction pour rester dans la zone d'influence des centaines de
milliards de milliards de particules qui constituent la Terre. Cette
force est bien connue sous le nom de force gravitationnelle ou,
plus simplement, sous le nom de gravité.
C’est elle qui fait tomber la pomme d’un arbre, maintient nos
pieds solidement accrochés
à la Terre et empêche l’at-
mosphère de s’échapper dans l’Espace. Elle assure la cohé-
sion des matériaux qui constituent les astres, elle retient la
Lune autour de notre Terre et organise la ronde des planètes
autour du Soleil et des étoiles dans le cosmos.
Cette force attractive qui lie deux corps est proportionnelle
à la masse de l’un des corps (M1) multipliée par la masse de
l’autre (M2), et inversement proportionnelle au carré de la
distance qui les sépare (d2).

(M 1 × M 2)
F =G
d2 Newton et la pomme.
C'est, dit-on, en observant la chute d'une
pomme sur le sol qu'Isaac Newton eut
l’intuition qui lui fit découvrir, en 1667, la
La constante de gravitation universelle G a pu être mesu- loi de gravitation universelle.

rée expérimentalement par Henri Cavendish en 1798.
Il imagine l'expérience suivante : un haltère constitué de
deux petites masses M1 liées par une tige est suspendue à un fil très fin. Sous l'influence de deux
grosses masses M2 qu'il approche des précédentes, il mesure la force de torsion F qui s'exerce
sur le fil. Connaissant la distance d, il détermine la valeur de la constante G.
Elle vaut :
G = 6,67428 x 10-8 [cm3 g-1 s-2]

Dès lors il devenait facile de calculer la masse de la Terre, celle de la Lune et celle des autres
planètes et du Soleil.
7

Expérience de Cavendish en 1798

Elektra est la déesse des forces électromagnétiques


Cette déesse ne s'occupe que des objets porteurs de charges électriques, en particulier les pro-
tons et les électrons. Elle ignore les objets neutres. Elle est répulsive pour les particules de même
charge, attractive pour les particules de charge opposée.
C'est elle qui détient l'exclusivité d'organiser
la chevauchée fantastique des électrons au-
tour des protons. C’est elle aussi qui lie les
atomes entre eux pour constituer les molé-
cules. Elle est donc responsable de toutes les
réactions chimiques et permet l’existence de
tous les composés chimiques que nous utili-
sons journellement.
Elle commande aussi la foudre, rend pos-
sible les moteurs électriques et tout ce qui
touche à l'électricité, au magnétisme et à
l'électronique.
Tout comme la force de gravité, son in-
fluence ne connaît pas de limite et est inver-
sement proportionnelle à la distance à laquelle elle s’exerce.
Toutefois, dans l’immensité de l’univers, elle n’a aucune influence majeure car les corps célestes
sont globalement constitués d’autant de charges positives que de charges négatives, ce qui an-
nule les effets de la force électromagnétique.
Son influence est surtout prépondérante dans l'environnement proche des atomes et c'est elle
qui régit toutes les lois de la chimie.
Dans l'infiniment petit, elle exerce une énorme force répulsive entre les protons qui sont agglo-
mérés au sein des noyaux atomiques, force contrée par son ennemi héréditaire Megakratos.
8

Dans le monde de l’infiniment petit


Le nain Micromegakratos et
la déesse Perturbatora
règnent sur le monde de
l’infiniment petit. Microme-
gakratos montre une force
herculéenne, mais sa forte
myopie limite considéra-
blement son champ d'ac-
tion. Sa zone d’influence est
inférieure à un cent milliar-
dième de millimètre. Sa
force ne s’exerce qu’au sein
du noyau des atomes dont il
assure la cohésion. Sa res-
ponsabilité est de souder
les quarks trois par trois
pour constituer les protons
et les neutrons et de lier for-
tement ces derniers pour
assurer la cohésion du noyau atomique. Son principal souci est aussi de réprimer les velléités des
protons à vouloir échapper à son contrôle sous l’influence sournoise de sa collègue Elektra qui
cherche à exercer sa force répulsive entre particules de même charge.
Le mode d'action de cette force est curieux en soi : contrairement à ce qui se passe chez ses
autres collègues, cette force augmente avec la distance à laquelle elle s'exerce puis cesse bruta-
lement au delà d'une certaine limite. On pourrait comparer cette force à celle d'un élastique dont
la force augmente lorsqu'on l'étire mais qui se rompt subitement au-delà d'une certaine limite.

Perturbatora joue les trouble fêtes


Perturbatora, cette petite déesse, montre une animosité mar-
quée envers Micromegakratos. Environ 100’000 fois plus faible
que son rival, elle attend patiemment les moments de distrac-
tion de ce dernier pour couper subrepticement les liens qui
tiennent ensemble les particules du noyau, occasionnant alors
les phénomènes de radioactivité et de fission qui permettent la
transmutabilité des éléments.
Son rayon d’action est encore plus limité que celui de l’inter-
action forte (un millionième de milliardième de mm) et ne
s’exerce qu’à l’intérieur des particules, au niveau de quarks, au
sein même des protons et des neutrons.
Les physiciens, qui n’ont pas toujours le sens de la poésie,
désignent ces quatre divinités par les expressions :
- force gravitationnelle,
- force électromagnétique,
- interaction forte et
- interaction faible.
Ces quatre divinités règnent sans partage sur tout l’Univers, de l’infiniment petit à l’infiniment
grand.
9

L’Homme n’est pas le nombril du Monde


Nous sommes dans une Galaxie
Notre Galaxie est un immense système stellaire
constitué de quelques centaines de milliards
d'étoiles semblables à notre Soleil, ainsi que de gi-
gantesques masses de gaz et de poussière. Elle a la
forme d'un disque spiralé, renflé en son centre. Son
diamètre est d'environ 100’000 années lumière. Elle
tourne sur elle-même, entraînant sur sa partie exté-
rieure des sortes de bras spiraux. La rotation est
plus rapide au centre qu'à l'extérieur.
Notre Soleil se trouve un peu à l’extérieur, dans un
des bras spiraux. Là où il se trouve, une rotation
complète de la Galaxie dure un peu plus de 220 mil-
lions d'années.
Par les nuits claires d'été, loin de toute lumière parasite, on peut observer la "Voie Lactée", cette
magnifique bande lumineuse qui traverse tout le ciel. Avec une paire de jumelles on découvre

qu'elle est peuplée d'une immense quantité d'étoiles. C'est une vue partielle de notre Galaxie que
nous entrevoyons par la tranche, à partir d'un des bras spiraux en bordure duquel est situé notre
système solaire.

La voie lactée (photo Noël Cramer)

Qu'est-ce qu'une année lumière ? Qu’est-ce que l’unité astronomique ?


Les distances qui séparent les étoiles ou les galaxies sont colossales et le kilomètre est une unité très
insuffisante. Aussi on exprime les distances en années lumière. C'est la distance parcourue par la
lumière en une année. La vitesse de la lumière étant de 300’000 km par seconde, une année lumière
est donc égale à 9'461 milliards de km.
L’unité astronomique correspond au demi-grand axe de l’orbite de la Terre et vaut environ 150 mil-
lions de km ( plus exactement 149’597’871, 691 m.).
Une année-lumière = 63’241 unité astronomique
10

Naissance du système solaire


Le système solaire est constitué d'une étoile, le Soleil, autour duquel gravitent neuf planètes1. En
regard du Soleil, les planètes ne sont que de minuscules grains de poussière, puisque leur masse
totale ne représente que 0.2% de celle du système solaire contre 99.8% pour le Soleil lui-même.
Le système solaire est né il y a quatre milliards et demi d'années, de la contraction d'un im-
mense nuage d'hydrogène et de poussière. En s'effondrant sur lui-même et en se comprimant, ce
nuage s'est échauffé jusqu'au moment où la température a été suffisamment élevée en son centre
pour amorcer la fusion nucléaire de l'hydrogène qui a fait de cette masse une étoile.
L’effondrement sur lui-même du nuage originel, dû à la force gravitationnelle, a généré un lent
mouvement tourbillonnaire responsable de la rotation du Soleil sur lui-même et a entraîné autour
de lui-même les planètes sur des orbites presque circulaires...

Le Soleil
Le Soleil est l'une des 200 milliards d'étoiles qui constituent
notre Galaxie. C'est la seule dont la surface soit accessible à
notre observation. Sa masse fluide, d’un diamètre de
1’390’000 kilomètres, est composée presque uniquement
d'hydrogène et d'hélium. Tous les autres éléments chimiques
y ont été décelés, mais en très petites quantités. Le Soleil
tourne sur lui-même, avec une période d’environ 27 jours ter-
restres. Comme il est fluide, sa vitesse de rotation est plus
élevée à l’équateur qu’aux pôles.

Au coeur du Soleil, une gigantesque fournaise nucléaire


A la surface du Soleil la température atteint 5'500° degrés. En son centre, où règne une tempé-
rature de 16 millions de degrés, une gigantesque fournaise nucléaire transforme chaque seconde
650 millions de tonnes d'hydrogène en hélium. Au cours de cette réaction, 5’000 tonnes de ma-
2
tière disparaissent chaque seconde, converties en énergie [E] en accord avec la loi d’Einstein :
E = m x c2
L'énergie ainsi dégagée empêche d'une part la matière solaire de s'effondrer sur elle-même, et
génère d'autre part le rayonnement qui réchauffe et illumine les planètes. Ce rayonnement est de
nature électromagnétique : lumière, chaleur.

Surface et atmosphère
La partie visible du Soleil est la photosphère. C'est une couche gazeuse d’environ 300 km
d'épaisseur, constamment agitée par de gigantesques cellules de convection qui lui confèrent son
aspect granulé. Sa température atteint 5'500°.
Des taches sombres, dites taches solaires, apparaissent régulièrement avec une périodicité de
onze ans. Elles correspondent à des zones plus froides soumises à un champ magnétique intense.
Leur origine et leur nature font encore l'objet d'hypothèses variées.
La chromosphère et la couronne, qui composent respectivement la basse et la haute atmo-
sphère du Soleil, ne sont visibles que lors des éclipses totales.

1 En réalité Pluton, n’est plus vraiment considéré comme une planète !


2
L'énergie [E] produite est égale à la masse disparue [m] multipliée par le carré de la vitesse de la lumière [c2]
11
Dans cette atmosphère, des jets de gaz soutenus par des champs magnétiques intenses sont pro-
jetés à des centaines de milliers de kilomètres d'altitude, constituant les protubérances solaires.
Cette atmosphère solaire, dont la température peut atteindre un million de degrés sous l'effet
des turbulences et des contraintes magnétiques, est en continuelle expansion. Elle envoie dans
l'espace un flux de particules ionisées - le vent solaire - à plus de 400 kilomètres par seconde.

Qu'est-ce que le vent solaire?

Photosphère avec une tache solaire Couronne (en rouge) et chromosphère


(Wikipedia) (en gris) photographiées lors de l’éclipse
totale du 11 août 1999 (Wikipedia)

Eruptions solaires
Les éruptions solaires sont
à l’origine du vent solaire

C'est un flux de particules ionisées, constitué principalement de


protons et d'électrons, qui s'échappent en permanence de la cou-
ronne solaire vers les espaces interplanétaires à une vitesse
moyenne de 450 km par seconde. Le champ magnétique terrestre
dévie heureusement ce bombardement et nous protège de ses ef-
fets nocifs sur les tissus vivants.
Visualisation du champ magnétique terrestre qui
dévie et piège les particules du vent solaire.
12

Principales caractéristiques du Soleil


distance moyenne à la Terre 150'000'000 km
diamètre 1'392'400 km
masse 330'000 fois la masse terrestre
densité moyenne 1.4
température de surface 5'500°
température au centre 16'000'000°
âge 4.6 milliards d'années

Le Soleil est encore dans la force de l'âge


Agé de 4,6 milliards d'années, on estime que le Soleil continuera à briller sans modification no-
table pendant encore environ 5 milliards d'années avant d'avoir épuisé tout l'hydrogène qui ali-
mente sa fournaise nucléaire. Mais, lorsque ce combustible sera épuisé, le noyau du Soleil s’ef-
fondrera sur lui-même en provoquant l’augmentation de sa température dans ses couches pro-
fondes. Les couches gazeuses de la surface se dilateront et le diamètre du Soleil augmentera
considérablement (environ 100 fois son diamètre actuel). Les couches extérieures, moins chaudes,
vireront au rouge. Il se transformera alors en une géante rouge. Sa surface atteindra la planète
Mercure qui sera entièrement absorbée. Si la Terre parvient à échapper à cette absorption, la tem-
pérature s'y élèvera de plusieurs centaines de degrés et la vie disparaîtra totalement.

! !
Le Soleil transformé en géante rouge, Une naine blanche.
vue de la Terre par un artiste.

Un milliard d'années plus tard, faute de combustible, cette géante rouge s'effondrera sur elle-
même pour atteindre le stade de naine blanche, astre de quelques milliers de kilomètres de dia-
mètre, constitué de matière dégénérée d’une densité supérieure à une tonne par cm3, et qui
n'émettra plus qu'une faible luminosité blanche.
Et, dans une nuit profonde, la Terre continuera de tourner dans un environnement glacé. Seul un
point blanc à peine perceptible dans le ciel marquera l'emplacement autrefois occupé par un So-
leil rayonnant.
13

Les Planètes
Une planète est un astre qui gravite autour du Soleil et qui n’a pas ou peu d’énergie propre. Sa
luminosité n’est que le reflet de son éclairement par le Soleil. Pour mériter son appellation de pla-
nète, sa taille doit être suffisante pour qu’elle prenne une forme sphérique et le plan de son orbite
ne doit pas être très éloigné du plan de l’écliptique. Huit planètes de taille notable, répondant à la
définition ci-dessus, gravitent autour du Soleil. Cinq d’entre elles sont visible à l’oeil nu. Ce sont
Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Les deux autres ne sont visibles qu’au télescope. Ura-
nus a été découvert en 1781 par l’observation systématique du ciel au moyen d’un télescope.
Quant à Neptune, sa découverte en 1846, a été rendue possible grâce à l’astronome Le Verrier qui
avait calculé la position probable de la planète dans le ciel en se basant sur les irrégularités de
l’orbite d’Uranus.
Pluton, qu’on ne considère plus aujourd’hui comme une planète, a été découvert en 1930 par
l’observation patiente de milliers de photographies du ciel pour voir si un “objet” semblait s’être
déplacé d’une observation à l’autre.

Formation des Planètes


Elles se sont formées par accrétion des résidus de poussière et de gaz qui gravitaient autour du
Soleil en formation, à des distances variant entre 58 millions et 6’000 millions de kilomètres, sur
des orbites faiblement elliptiques.
Les quatre plus proches du Soleil, Mercure, Vénus, la Terre et Mars sont de petite taille, leur
densité est élevée et elles sont constituées de roches. On les appelle les "planètes intérieures".
Par opposition, les planètes dites "extérieures" sont de grande taille, leur densité est faible. Elles
sont fluides, constituées principalement d'hydrogène, et d'hélium comme le Soleil. Ce sont Jupi-
ter, Saturne, Uranus et Neptune.
La plus éloignée et la plus petite de toutes, Pluton, montre quelques particularités qui en font un
cas à part. Récemment l’Union Astronomique Internationale a retiré à Pluton son statut de planète.

Entre Mars et Jupiter


Une loi mathématique (loi dite de Titus-Bode ), qui est censée prévoir la distance moyenne qui
sépare les planètes du Soleil, montre qu'une planète aurait dû se trouver entre Mars et Jupiter. Elle
manque à l'appel mais, en lieu et place, on a découvert des centaines de milliers de fragments ro-
cheux, les Astéroïdes, dont les plus volumineux atteignent presque mille kilomètres de diamètre.

Taille relative des planètes en regard d’une portion du disque solaire


de gauche à droite : le Soleil, Mercure, Vénus, la Terre, Mars, les Astéroïdes, Jupiter, Saturne,
Uranus, Neptune et Pluton.
14

Au delà de Neptune
Le perfectionnement des moyens d’investigation, tels les télescopes géants installés au Chili, les
télescopes en orbite et les sondes d’exploration, a permis de découvrir au delà de Neptune de
très nombreux objets dont certains ont un diamètre analogue à celui de Pluton. C’est ainsi qu’on a
découvert Eris, un objet sphérique d’un diamètre compris entre 2’000 et 3’000 km, situé à plus de
10 milliards de km du Soleil, ainsi que Sedna un objet encore plus éloigné, de 1’500 km de dia-
mètre.

Comment observer les planètes


On distingue les planètes des étoiles par le fait qu'elles ne scintillent pas dans des conditions
normales d'observation, et qu'on peut observer leur déplacement d'une nuit à l'autre par rapport
aux étoiles qui constituent leur arrière-plan.
Les planètes intérieures restent toujours dans le voisinage du Soleil. On les observe soit dans
le ciel crépusculaire si elles suivent le Soleil dans sa course, soit à la fin de l'aube, si elles le
précèdent. Vénus est facile à observer car c'est l'objet le plus brillant du ciel nocturne après la
Lune. Elle ne s'écarte jamais de plus de 49° du Soleil. Mercure est nettement moins brillante
que Vénus. Tout comme sa voisine, elle reste dans le voisinage du Soleil (28° d'éloignement
maximum). Elle n'apparaît que dans un ciel crépusculaire ou une aube relativement clairs.
Les planètes extérieures ne sont pas confinées au voisinage du Soleil mais voyagent sur tout
le plan de l'écliptique. Il faut consulter des éphémérides pour savoir où les trouver. Mars est
facilement reconnaissable à l'oeil nu par sa brillance et sa couleur rougeâtre caractéristiques.

Les planètes Vénus et Mercure photographiées le 6 février 2007 (Photo Michel Dionne)

Jupiter est aussi très brillante. A l'aide d'une paire de jumelles on peut même apercevoir ses
quatre plus gros satellites, ceux que Galilée avait découverts en pointant sa lunette vers cet
astre. Saturne est un peu moins brillante que Jupiter, mais toujours bien visible à l'oeil nu. Sa cou-
leur orangée permet de la distinguer. Il faut toutefois utiliser un petit télescope pour apercevoir ses
anneaux.
15

Petite description des planètes


Mercure

diamètre 4’878 km
période de rotation 59 jours
densité 5.4
distance au Soleil 58 millions de km
révolution autour du Soleil 88 jours
Inclinaison sur l’écliptique 7°
Nombre de satellites aucun
Poids d’un homme de 70 kg 26.5 kg

A peine plus volumineuse que la Lune, Mercure est la plus


petite des planètes intérieures et la plus proche du Soleil.
Pour cette raison, vue de la Terre, elle ne s'écarte jamais de
plus de 28° du Soleil et on ne l'aperçoit guère qu'au cré-
puscule, toujours très basse-au dessus de l'horizon. Très
inhospitalière, presque sans atmosphère, la température à
sa surface oscille entre 430° le jour et -170° la nuit. Par
beaucoup d'aspects elle ressemble à la Lune avec ses cra-
tères météoritiques et ses plaines de laves issues d'un vol-
canisme ancien, probablement antérieur à trois milliards
d'années. Toutefois, sa densité élevée et son faible champ
magnétique, analogue à celui de la Terre, indiquent que Surface de Mercure photographiée
Mercure possède sous son manteau rocheux un important par la sonde Mariner 10 en 1974
noyau métallique.

Vénus
diamètre 12’104 km
période de rotation 243 jours
densité 5.2
distance au Soleil 108 millions de km
révolution autour du Soleil 224.7 jours
Inclinaison sur l’écliptique 3°24’
Nombre de satellites aucun
Poids d’un homme de 70 kg sur Terre 64 kg

Les nuages de Vénus vus par


la sonde Vénus Orbiter.
16
Vénus est notre plus proche voisine. Dans le ciel nocturne, elle est l'objet le plus brillant après la
Lune. Dans l'imagerie populaire, on l'a baptisée "l'étoile du berger". Elle est même si brillante
qu’on peut parfois l’observer de jour.
À sa surface la réalité est tout autre. En effet, le sol de Vénus est plongé en permanence dans
une profonde pénombre causée par les épais nuages chargés d'acide sulfurique qui le recouvrent.
En altitude, des vents violents, dépassant 350 km à l'heure à l'équateur, entraînent ces nuages
élevés dans une ronde tourbillonnaire autour de la planète. Son atmosphère, 90 fois plus dense
que la nôtre, est principalement composée de gaz carbonique. A cause de l’effet de serre engen-
dré par cette atmosphère, la tempéra-
ture au sol atteint 480°. Les images ra-
dar transmises par les sondes spatiales
montrent de grandes étendues désolées
recouvertes de pierraille, de nombreux
cratères météoritiques et des volcans
éteints.
Vénus a presque la même taille et la
même masse que la Terre. Sa composi-
tion paraît aussi très semblable.
Première image du sol vénusien réalisée
par la sonde soviétique Venera 9, en 1962.

La Terre
diamètre 12’756 km
période de rotation 1 jour
densité 5.5
distance au Soleil 149 millions de km
révolution autour du Soleil 365 jours
Inclinaison sur l’écliptique 0°
Nombre de satellites 1

C'est la seule planète à bénéficier de toutes les conditions nécessaires à l'apparition de la vie :
- sa masse est suffisamment élevée pour retenir une atmosphère, principalement composée
d'azote et d'oxygène, qui filtre les radiations ultraviolettes et atténue les différences de tempé-
rature entre le jour et la nuit,
- son juste éloignement du Soleil, combiné avec un certain effet de serre dû à son atmosphère,
lui confère une température moyenne de 15° à 18°, maintenant la plus grande partie de son
eau sous forme liquide,
- ses océans fonctionnent comme régulateurs de température et, en absorbant le CO2 excéden-
taire, ils stabilisent la composition chimique de l'atmosphère,
- son champ magnétique dévie le "vent solaire" dont les particules ionisantes seraient nocives à
toute forme de vie.
17
Contrairement aux autres planètes, la Terre est aussi vivante sur le plan géologique. La chaleur ré-
siduelle qu’elle renferme est encore suffisante pour déplacer les continents, soulever des chaînes de
montagnes et entretenir les phénomènes volcaniques.1
Par ailleurs, l’énergie solaire et la présence de l’atmosphère engendrent le régime des vents, le
cycle des précipitations et favorise la croissance des végétaux. Indirectement, l’énergie solaire est
aussi responsable de l’érosion des continents et de la formation des roches sédimentaires. La
Terre a subi aussi les mêmes bombardements météoritiques que les autres planètes mais les cra-
tères ont été détruits par l’action de l’érosion. Seuls les plus ré-
cents sont encore visibles.

L’axe de la Terre oscille


L’axe de la Terre est incliné de 23° 45’ par rapport au plan de
l’écliptique. Cette inclinaison est responsable des saisons. Mais, telle
une toupie, l’axe de la Terre pivote et décrit un mouvement de rota-
tion, décrivant un cône. Ce déplacement s’appelle la précession. Le
temps mis par l’axe terrestre pour effectuer une rotation complète
est de 28’796 ans. La cause de ce déplacement est due à la non uni-
formité de la sphère terrestre qui est aplatie aux pôles et montre un
certain renflement à l’équateur.
La conséquence de ce mouvement est que l’intersection entre le
plan de l’écliptique et celui de l’équateur céleste varie avec le
temps. Le point vernal Ύ se déplace d’environ 50 secondes d’arc par an entraînant ce qu’on ap-
pelle la précession des équinoxes.
Comme les astronomes utilisent le point vernal comme origine des méridiens célestes et que ce
point n’est pas fixe, ils ont décidé de se référer à la position qu’il avait le premier janvier 2000 à midi.
L'inclinaison de l'axe de rotation varie de la Terre sur l'écliptique varie aussi entre 22,1° et 24,5°
avec une période de 41'000 ans
La Lune, l’unique satellite de notre planète,
est remarquable par sa taille très importante
en regard de celle de la Terre. Plus qu’une
planète et son satellite, on peut considérer
l’ensemble Terre-Lune comme une planète
double. Un chapitre plus important lui est
consacré plus loin.

Taille de la Lune comparée à celle de la Terre

1 voir des mêmes auteurs “Que savons-nous de notre planète ?”


18

Mars
diamètre 6’787 km
période de rotation 24.5 heures
densité 3.9
distance au Soleil 228 millions de km
révolution autour du Soleil 687 jours
Inclinaison sur l’écliptique 1.8°
Nombre de satellites 2
Poids d’un homme de 70 kg sur Terre 27 kg

Les premières images de Mars nous font découvrir des paysages parsemés d'une multitude de
blocs rocheux partiellement ensevelis sous une poussière rougeâtre riche en oxyde de fer. Une at-
mosphère ténue de gaz carbonique soulève périodiquement d'immenses tempêtes de poussière.
Sa surface montre des cratères d'impact de météorites, des édifices volcaniques, des champs
de dunes. Son relief présente quelques caractéristiques remarquable. Le Mont Olympus est un
volcan de 24 kilomètres d’altitude et de plus de 500 km de diamètre. Dans la zone équatoriale, on
observe de gigantesques canyons dont l'origine demeure encore mystérieuse.
Il est probable que l'eau a dû exis-
ter sur Mars, comme en témoignent
des formes d'érosion fluviatile, mais,
pour des raisons encore inexpli-
quées, il n'en subsiste que de très
faibles quantités, sous forme de
glace dans les régions polaires. On
suppose que des quantités d'eau
plus importantes existent sous
forme de permafrost.

Première image du sol vénusien prise par la sonde soviétique


Venera 9, en 1962

Le cas curieux des satellites de Mars


Mars entraîne dans sa course deux satellites minuscules : Deimos, un rocher de 12 x 15 km, si-
tué à env. 20'000 km de sa planète mère et Phobos, un autre bloc à peine plus grand (21 x 25 km),
qui gravite à moins de 6'000 km d'altitude, c'est-à-dire largement au-dessous de l'altitude de l'or-
1
bite dite géostationnaire .

1
Ce terme n'est pas parfaitement adapté. Il faudrait dire "marsostationnaire", mot qui n'existe pas ! Rappe-
lons que c'est l'altitude à laquelle un satellite acquiert une période de révolution égale à la période de rota-
tion de la planète. Le satellite demeure alors stationné en permanence au dessus du même point géogra-
phique.
19
La période de révolution de Phobos étant plus courte que la période de rotation de la planète,
ce satellite est progressivement freiné et il se rapproche lentement de la surface de Mars. Il finira
par se désagréger lorsqu'il descendra en-deça de la "Limite de Roche" 1

Phobos

Deimos

Ces deux petits satellites, dont les formes font penser à une pomme de terre, ont
probablement la même composition que les météorites pierreuses.

Deimos est suffisamment éloigné de Mars et sa période de révolution est plus longue que la pé-
riode de rotation de la planète. Deimos subit donc une accélération qui l'éloigne lentement de sa
planète mère.

Les astéroïdes
Séparant les petites planètes des géantes que sont Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, on ren-
contre les Astéroïdes. Ce sont des petits corps rocheux situés pour la plupart entre les orbites de
Mars et de Jupiter, dans une zone où des calculs théoriques laissaient prévoir la présence d'une
planète. On estime à plus de 40’000 le nombre de ceux qui ont plus d'un kilomètre de diamètre.
Le plus grand d'entre eux, Cérès, atteint 960 km de diamètre.
Certains astéroïdes ont des orbites très excentriques qui recoupent périodiquement celle de la
Terre. Les météorites qui heurtent la Terre proviennent presque toutes de la région des Astéroïdes. Il
est probable que les Astéroïdes sont constitués d'un peu de la matière originelle du système solaire
qui n'a pu s'agglomérer en une planète dans cette région à cause des perturbations gravitationnelles
dues à la proximité de l'énorme planète Jupiter.

Cérès, 940 km de
diamètre, est le plus
gros des Astéroïdes.

Gaspra, premier asté-


roïde survolé par la
sonde spatiale Galileo
en 1991.
Taille : 12 km sur 16 km

On classe les Astéroïdes en trois catégories sur la base de leur spectre optique. Cette distinction cor-
respond parfaitement aux catégories de météorites qui régulièrement atteignent la Terre : météorites
pierreuse, métalliques ou mixtes.

1 Explications concernant la Limite de Roche» à la page 30


20
En reconstituant les trajectoires de
plusieurs météorites arrivées sur la
Terre, on a constaté que la partie
haute de leur orbite était située à
l’intérieur de la ceinture des Asté-
roïdes.
Les orbites des astéroïdes sont
situées entre celles de Mars et de
Jupiter. Deux groupes d’astéroïdes
parcourent la même orbite que Ju-
piter, l’un précède la planète,
l’autre la suit. Ce sont les asté-
roïdes dits “troyens”.

Jupiter
diamètre 142’800 km
période de rotation 9.9 heures
densité 1.3
distance au Soleil 778 millions de km
révolution autour du Soleil 12 ans
Inclinaison sur l’écliptique 1.3°
Nombre de satellites 16
Poids d’un homme de 70 kg sur Terre 165 kg

Jupiter est la plus volumineuse de toutes les planètes. A elle seule, elle renferme plus de matière
que toutes les autres réunies. C'est un astre glacé, fluide, constitué de 93% d'hydrogène et de 7 %
d’hélium. Sa faible densité (1.33) ne représente que le quart de celle de la Terre. En son centre la
pression atteint 50 millions d'atmosphères et la température 30’000 degrés. Toutefois ces valeurs
sont insuffisantes pour amorcer les réactions nucléaires qui auraient pu faire de Jupiter une étoile.
Sa surface est la proie de vents violents et de cyclones gigantesques. La tache rouge, qui depuis
trois siècles intrigue les astronomes, s'est révélée être un immense tourbillon qui mesure plus de
30’000 km dans sa plus grande longueur.
Il est intéressant de noter que Jupiter rayonne plus d'énergie qu'elle n'en reçoit du Soleil. La
quantité de chaleur produite à l'intérieur de la planète est presque égale à celle reçue du Soleil. Ce
rayonnement s’explique par la contraction progressive des gaz qui la constituent. On estime que
cette contraction entraîne la diminution de son diamètre de 2 cm par an.
21

Les satellites de Jupiter


Parmi les seize satellites de Jupiter, quatre sont remarquables par leur dimension importante. Ce
sont Io, Europa, Ganymède et Callisto. Leurs orbites subissent des perturbations notables dues aux
effets de marées qu'ils induisent les uns sur les autres. Il est probable même que ce soient ces
forces qui sont responsables de l'activité volcanique observée sur Io.

Io, dont le diamètre est Europa, de taille com- Ganymède, est le plus Callisto est fortement
de 3720 km, est re- parable à la Lune, est volumineux satellite du cratérisée.
m a rq u a b l e p a r l e s parfaitement lisse. Sa système solaire. Son Elle semble recouverte
éruptions volcaniques composition est ana- rayon (5’262 km) est d’une grande épaisseur
qu’on y a observées. logue à celle des mé- supérieur à celui de de glace.
téorites pierreuses Mercure.

Saturne
diamètre 120’000 km
période de rotation 10.6 heures
densité 0.7
distance au Soleil 1’427 millions de km
révolution autour du Soleil 29.5 ans
Inclinaison sur l’écliptique 2.5°
Nombre de satellites 17 au-delà des anneaux
Poids d’un homme de 70 kg 74 kg

Deuxième planète par sa taille, Saturne, tout comme Jupiter, est un astre glacé composé d'hy-
drogène et d'hélium liquide. Sa densité (0.7) est la plus faible que celles de toutes les autres pla-
nètes. Toutefois il semble que Saturne possède un noyau rocheux très dense dont la température
serait de 12’000°. Cela explique pourquoi cette planète, tout comme Jupiter, dégage plus d’éner-
gie qu’elle n’en reçoit du Soleil. A cause de sa rapide rotation sur elle-même, la planète est aplatie
aux pôles et passablement renflée à l’équateur. Le diamètre équatorial est de 120’500 km alors
que le diamètre polaire n’est que de 110’500 km.
Saturne est surtout connue pour les centaines d'anneaux concentriques qui l’entourent sur un
diamètre de 270’000 km, mais dont l'épaisseur ne dépasse pas 3 km. Ce sont des débris rocheux
et des fragments de glace dont la taille est comprise entre quelques centimètres et plusieurs
22
mètres. Chaque fragment possède sa propre orbite.
On observe des discontinuités entre certains groupes
d’anneaux. Elles sont dues à des perturbations en-
gendrées par les gros satellites qui gravitent au-delà
des anneaux et, pour certains, entre les anneaux.

Les anneaux de Saturne photographiés par


la sonde Voyager 2, le 22 août 1981

Les satellites de Saturne


On dénombre aujourd’hui plus de 50 satellites gravitant autour de Saturne. Ils sont presque tous
de très petite taille. Certains ont moins de 10 km de diamètres. Ce sont probablement des blocs
de glace entourant un cœur rocheux. Les plus gros sont Titan, Rhéa, Dioné, Thétys, Encelade et
Mimas. Ils gravitent presque tous à l'extérieur des fameux anneaux qui caractérisent la planète.
Quelques petits satellites existent juste à la limite des anneaux et même un peu à l’intérieur.
Titan, qui fait exception par sa taille (5’150 km de diamètre), est le plus remarquable d'entre eux.
Sa surface est constituée de matériel rocheux et de glace. Il possède une atmosphère un peu plus
dense que celle de la Terre, composée aussi en grande partie d'azote auquel s'ajoute du méthane
et de l'argon. Mimas est un petit satellite criblé d’impacts de météorites et montre un énorme cra-
tère de plus de 100 km de diamètre.

Titan est le plus gros satellite Mimas et son énorme cratère


du système solaire.
23

Uranus
diamètre 51’120 km
période de rotation 17.9 heures
densité 1.3
distance au Soleil 2’870 millions de km
révolution autour du Soleil 84 ans
Inclinaison sur l’écliptique 0.8°
Nombre de satellites 15
Poids d’un homme de 70 kg sur Terre 62 kg

Située très loin du Soleil, Uranus ne reçoit que très peu d'énergie et sa température est inférieure
à -200°. Son atmosphère d'hydrogène, d'hélium et de méthane lui confère une couleur bleu-vert.
On ne connaît pratiquement rien de sa surface. Elle montre toutefois une particularité singulière:
son axe de rotation est situé dans le plan même de son orbite. C’est comme si elle “roulait” sur
son orbite. Cette particularité fait qu’alternativement ses pôles sont parfaitement exposés au So-
leil. Ils reçoivent ainsi plus d’énergie que les régions équatoriales.

Les satellites d'Uranus


Récemment on a découvert autour d’Uranus une douzaine d’anneaux très fins, peu visibles.
Une quinzaine de satellites de petite taille complètent l’environnement de la planète. Ce sont des
masses de glace mélangée avec de la poussière et des débris rocheux.
Seuls Ariel, Umbriel, Titania et Obéron ont un diamètre supérieur à 500 km. Leur nom est tiré
du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare.

Neptune
diamètre 49’530 km
période de rotation 19.2 heures
densité 1.6
distance au Soleil 4’497 millions de km
révolution autour du Soleil 165 ans
Inclinaison sur l’écliptique 1.8°
Nombre de satellites 10
Poids d’un homme de 70 kg sur Terre 88 kg
Neptune photographiée par la
sonde Voyager 2, en 1989.

On ne sait que très peu de choses de Neptune. Elle a été découverte par calcul à partir des per-
turbations qu'elle engendrait sur le mouvement d'Uranus. Au télescope, elle apparaît vert-bleu, ce
qui est un indice de la présence d'un peu de méthane dans son atmosphère constituée d'hydro-
24
gène et d'hélium. En 1989, la sonde Voyager 2 mit en évidence la présence d'une dizaine de petits
satellites et d'un système d'anneaux fins asymétriques.

Les satellites de Neptune


Neptune possède huit satellites dont certains parcourent des orbites très inclinées par rapport à
l'équateur de la planète. Le plus volumineux est Triton, dont
le diamètre est de 2’700 km. Il montre la particularité de tour-
ner dans le sens opposé de la rotation de la planète. A cause
de ce mouvement dit rétrograde, sa vitesse orbitale décroît
rapidement et il se rapproche de sa planète mère. Dans un
avenir de quelques dizaines de millions d'années, il se dislo-
quera probablement sous l'effet des marées et ses débris se
joindront aux anneaux déjà existants.

Triton prise par Voyager 2 lors de


son passage le 25 août 1989.

Pluton
diamètre 2’250 km
période de rotation 6.3 jours
densité 2.0
distance au Soleil 5’214 millions de km
révolution autour du Soleil 248 ans
Inclinaison sur l’écliptique 17.2°
Nombre de satellites 1
Pluton et son satellite Charon Poids d’un homme de 70 kg sur Terre 5 kg

Pluton est une toute petite planète très mystérieuse. Son diamètre, inférieur à celui de la Lune,
est d'environ 2'300 km. Avec Charon, un satellite de près de 1'200 km de diamètre, Pluton consti-
tue un système planétaire double. La densité moyenne de Pluton et Charon est de 2.0. Leur orbite
autour du Soleil est non seulement fortement inclinée par rapport à celle des autres planètes (17°),
mais aussi très excentrique. Cette particularité a fait que, jusqu’en l’an 2000, Pluton et son com-
pagnon étaient plus proches du Soleil que Neptune.
Récemment, l’Union Astronomique universelle lui a retiré son statut de planète. Elle l’a reléguée
au rang de “planète naine”.

A propos des satellites et des anneaux


On observe des satellites autour de la plupart des planètes. Certains d'entre eux sont de grande
taille, d'autres ne sont que de minuscules îlots rocheux de quelques dizaines ou quelques cen-
taines de kilomètres de diamètre seulement.
Les planètes volumineuses possèdent également des systèmes d'anneaux dont les plus connus,
visibles de la Terre, sont ceux de Saturne. L’exploration du système solaire par les sondes spa-
tiales a mis en évidence l'existence d'anneaux ténus autour de Jupiter, de neuf anneaux concen-
triques très étroits autour d'Uranus ainsi que de quatre anneaux au moins autour de Neptune.
25

Les effets de marée et la "limite de Roche"


Chaque satellite induit un effet de marée sur la planète qu'il accompagne. Réciproquement il
existe aussi sur chaque satellite un effet de marée dû à la planète centrale. Provoqués par les
forces de la gravitation, les effets de marées sont d'autant plus intenses que satellites et planète
sont plus proches les uns des autres et que leur masse est plus grande.
Si, pour les raisons que nous expliquerons plus loin, un satellite se rapproche de sa planète
mère, les forces d’attraction réciproques augmentent et, à un moment donné, elles vont être su-
périeures aux forces de cohésion qui maintiennent ensemble tous les constituants du satellite :
celui-ci aura alors tendance à se désagréger !
Pour chaque planète il existe donc une distance limite en deçà de laquelle aucun corps céleste
ne peut pénétrer sans risquer de se disloquer. Cette limite, dite de "Roche" - du nom du mathé-
maticien qui l'a mise en évidence - dépend du volume de la planète et des densités des deux
astres. Cette distance est assez faible pour les planètes de petite taille mais elle est beaucoup plus
importante pour les planètes volumineuses.
Toutefois, les anneaux peuvent s’étendre un peu au-delà de la limite de Roche et les satellites
peuvent exister un peu en deçà de cette limite. La valeur de limite de Roche calculée pour le sys-
tème Terre-Lune est de 13’000 km.

Les anneaux
A l'intérieur de la limite de Roche, les petits objets rocheux ne peuvent pas s'agréger en un sa-
tellite unique. Ils gravitent tous autour de leur planète, chacun avec son orbite propre, entrant en
collision les uns avec les autres. Ils constituent alors des ceintures concentriques aplaties : ce sont
les anneaux. Les principaux anneaux de Saturne sont presque tous situés à l’intérieur de la limite
de Roche qui est d’environ 140’000 km en ce qui concerne cette planète.

Au delà de la limite de Roche, les satellites


C’est surtout autour des grandes planètes que les satellites sont les plus abondants. On en dé-
nombre seize autour de Jupiter, une cinquantaine autour de Saturne, une quinzaine autour d'Ura-
nus. Neptune en possède au moins dix, Mars deux, la Terre et Pluton n’en ont qu’un seul, alors
que Vénus et Mercure n’en ont pas du tout. Les masses des satellites restent toujours très faibles
comparées à celles des planètes qu'ils accompagnent. Ainsi Ganymède, le plus gros de tous les
satellites et dont le diamètre est supérieur à 5'000 km, ne dépasse pas un demi-millionième de la
masse de Jupiter.
Le cas de la Lune par contre, est exceptionnel. En effet sa masse représente 1/81 de celle de la
Terre. Récemment, on a découvert un cas encore plus exceptionnel : le satellite Charon, dont la
masse est 1/8 de celle de Pluton.

1
Les météorites, ces messagères de l'espace
Quelque centaines de météorites de taille notable heurtent la Terre chaque année. Leur poids est
compris entre quelques grammes et plusieurs tonnes. Beaucoup plus rarement, notre planète re-
çoit des météorites énormes dont la masse peut dépasser 100’000 tonnes.

1 Voir aussi des mêmes auteurs “Les météorites, messagères de l’espace


26

Meteor Crater, Arizona


II a été provoqué par la chute d'une météorite géante il y a environ environ 20’000 ans.

Elle créent à leur arrivée un cratère d'impact analogue à ceux qu'on peut observer sur la Lune et
sur la plupart des astres du système solaire. Toutefois, soumis à l'action de l'érosion, ces cratères
finissent par disparaître. Le plus fameux d'entre eux est celui de Cañon Diablo, en Arizona. Il a plus
d'un kilomètre de diamètre et a été provoqué par la chute d'une météorite géante qui est tombée
là, il y a une vingtaine de milliers d'années.
Les météorites viennent, pour la plupart, de la région des astéroïdes, ces débris, témoins du ma-
tériau originel qui a contribué à la formation des planètes. Elles représentent un stade final de l'ac-
crétion, ce phénomène qui a permis aux planètes de se former par l'agglomération de matériaux
épars qui gravitaient autour du Soleil en formation. En effet, les premières centaines de millions
d'années d'existence des planètes ont été marquées par un intense bombardement de météorites.
Puis, avec la diminution du nombre des petits corps gravitant dans le système solaire, le bombar-
dement a rapidement diminué. Aujourd'hui, la probabilité que la Terre puisse être heurtée par un
astéroïde de grande taille est extrêmement faible. Quelques rares météorites proviennent indirec-
tement de la Lune ou de Mars. Ce sont des météorites géantes qui se sont écrasées sur ces
astres, entraînant la projection de “giclures” dans l’espace et et qui ont été capturées par l’attrac-
tions terrestre. On a pu reconstituer l’orbite de plusieurs météorites. Ce sont des ellipses dont le
périhélie (la partie haute) se situe presque
toujours entre mars et Jupiter.

Reconstitution des orbites de deux météorites, Pribram


et Lost City. La partie haute de leur orbite se situe dans
la ceinture des Astéroïdes.
27

Les Comètes, des visiteuses discrètes


Périodiquement, des comètes provenant de régions extrêmement
éloignées, s'approchent du Soleil, frôlant parfois une planète, puis
retournent dans leur région lointaine. Leur apparition sporadique et
les phénomènes spectaculaires qui marquent leur passage ont tou-
jours fasciné les hommes.
Les astrophysiciens ont profité du passage de la comète de Halley
en 1986 pour envoyer plusieurs sondes spatiales dans son voisinage
immédiat. La sonde Giotto a passé à 596 km du noyau de la comète.
Les résultats de ces diverses missions ont montré que le noyau de la
comète de Halley est une masse sombre dont la forme est semblable
à celle d'un ananas de 16 km de long et de 8 km de diamètre, consti-
tué de plus de 80% de glace, recouverte de poussière.
En s'approchant du Soleil une faible partie de la glace se volatilise
Comète de Hale Bopp
entraînant avec elle de fines poussières et divers autres gaz. Ces
visible durant l’été 1997
éléments alimentent l'enveloppe gazeuse qui entoure le noyau ainsi
que la queue de la comète. Cette dernière est provoquée par la pres-
sion du vent solaire sur les parties volatiles de la comète.
De nombreuses comètes reviennent périodiquement et on peut calculer leur périodicité. La plus
connue d'entre elles est la comète de Halley qui passe au voisinage de la Terre tous les 76 ans. Les
comètes abandonnent sur leur passage des nuages de poussière qui à leur tour, dans les nuits
claires, marqueront leur passage sous forme d'essaims d'étoiles filantes. Les poussières les plus
fines, distribuées en un disque épais autour de la terre, reflètent la lumière du soleil et sont à l'origine
de la lumière zodiacale, cette faible lueur qu'on aperçoit parfois dans le ciel nocturne.

Au delà de Neptune, la ceinture de Kuiper1


Un peu au-delà de l’orbite de Neptune existe une ceinture en forme d’anneau analogue à la
ceinture des Astéroïdes, constituée d’objets pouvant atteindre plus de 100 km de diamètre. A ce
jour, on a déjà répertorié plusieurs dizaines de milliers d’objets, le plus gros dépassant 1000 km de
diamètre. A la différence de la ceinture des AstéroïdesI, la ceinture de Kuiper est peuplée de petits
astres constitués de composés volatils gelés comme le méthane, l'ammoniac ou l'eau.
Il semble encore que le périhélie (la partie la plus éloignée d’une orbite) des comètes à courte
période se situerait dans la Ceinture de Kuiper.

Plus loin encore, l’hypothétique Nuage de Oort2


Le nuage d'Oort serait une vaste zone située bien au-delà de la ceinture de Kuiper, aux confins
du Système solaire Elle contiendrait des milliards de comètes.
Aucune observation directe n’a pu mettre en évidence ce nuage mais les calcul des orbites des
comètes à longue période semble montrer qu’elles sont issues de cette région qui constituerait
donc un “réservoir de comètes”. Ce nuage serait le reliquat de la nébuleuse originelle qui s'est
effondrée pour former le Soleil et les planètes il y a environ cinq milliards d'années.

1 Gérard Guiper (1905-1973), astronome hollandais qui le premier a postulé l’existence de cette ceinture en
1951.
2 Jan Oort (1900-1992), astronome hollandais.
28

La Lune, compagne de la Terre

Diamètre 3’473 km
période de rotation 27.3 jours
densité 3.3
distance à la terre 384’000 km
révolution autour de la Terre 27,3 jours
Inclinaison sur l’écliptique 5.1°
Poids d’un homme de 70 kg 12 kg

La Lune tourne sur elle-même avec la même période que


sa rotation autour de la Terre. Elle présente donc toujours la
même face au regard des Terriens.
Les mesures géophysiques effectuées par les modules qui
se sont posés sur notre voisine révèlent une structure interne
assez semblable à celle de la Terre. Bien que cette structure
ne paraisse pas homogène, elle possède un petit noyau cen-
tral moins dense que celui de la Terre entouré d’un manteau
rocheux, lui-même recouvert d’une croûte superficielle d’une
trentaine de kilomètres d’épaisseur. Cette structure résulte du
refroidissement et de la différenciation par gravité d’un mag-
ma originel en fusion. Il semble toutefois que la croûte soit
plus épaisse sur sa face cachée, ce qui pourrait expliquer
son mouvement synchrone. Son refroidissement plus avan- Face cachée de la Lune cartographiée
cé que celui de la Terre fait qu’aujourd’hui la Lune est géo- par la sonde Appolo 16 ,en 1972
logiquement inactive.

Le système Terre-Lune, un haltère asymétrique


La Lune occupe donc une place à part dans le cor-
tège des satellites. Distante en moyenne de 384'000
km, sa masse et son volume, relativement à ceux de
la Terre (1/81e et 1/50e), en font un satellite particulier.
De plus, le diamètre de la Terre n'est que quatre fois
supérieur à celui de la Lune.
On affirme généralement que la Lune tourne autour
de la Terre. Ce n'est pas vraiment exact et il est plus
correct de préciser que l'ensemble Terre-Lune, tel un
haltère asymétrique, tourne autour du centre de gravi-
té commun situé sur l'axe qui relie les deux astres, à
4'667 km du centre de la Terre.
Taille relative de la Terre en
regard de celle de la Lune.
29

La Lune est responsable des marées


Chacun sait que l'attraction de la Lune sur les océans pro-
voque un gonflement du niveau des eaux - la marée - lors du
passage de notre satellite au zénith. Mais ce qu’on sait moins
- les manuels scolaires n’en parlent généralement pas - c’est
qu’il y a aussi une marée haute sur la face de la Terre oppo-
sée à la Lune. Cette autre marée est provoquée par la force
centrifuge occasionnée par la rotation asymétrique de la Terre
autour du centre de gravité de “l'haltère” Terre-Lune.
Le phénomène des marées n'est pas restreint à la masse
des océans mais il affecte aussi les continents: il y a en effet

L’ensemble Terre-Lune, un haltère asymétrique. On distingue


les deux bourrelets que constituent les marées .

des marées terrestres, tout à fait analogues aux marées marines,


qui soulèvent les continents d'une quarantaine de centimètres
deux fois par jour.

Les marées, de gigantesques freins.


Sur le dessin de la page précédente, on voit les deux "bourre-
lets" que sont les marées, toujours orientés selon l'axe Terre-
Lune, mais avec une légère avance. Celle-ci est due à l'entraî-
nement de la masse des océans par la rotation de la Terre qui
décale la déformation causée par l'attraction de la Lune vers
l'avant. Ces deux bourrelets agissent comme d'immenses mâ- Les marées agissent comme
choires de frein qui, à la longue, provoquent un ralentissement de gigantesques freins.
de la rotation de la Terre.

La Lune s'éloigne, la Terre ralentit !


L'énergie de freinage, ainsi perdue par notre planète, est transmise à la Lune et transférée à son
mouvement orbital, l'éloignant petit à petit de nous. Cet éloignement augmente de 3 cm chaque
année alors que le ralentissement de la rotation de la Terre entraîne une augmentation de la durée
du jour d'environ 2 millièmes de seconde par siècle ! Cette valeur peut paraître faible mais, si on
tient compte des quatre milliards et demi d'années d'existence de la Terre, ce ralentissement est
loin d'être négligeable. On a pu démontrer en effet qu'à l'ère primaire la Terre tournait sur elle-
même en 22 heures et que l'année comptait alors 400 jours !
Si on remonte dans le temps de quelques centaines de millions d’années, on est obligé d’ad-
mettre que la Lune était à une distance beaucoup plus proche de la Terre, peut-être à moins de
100'000 km.
30

Petite histoire "géologique" de la Lune


On doit les premières descriptions cartographiques de la
Lune à Galilée qui, dès 1609, pointait sa lunette en direction
de notre satellite. Très vite on a distingué deux sortes de
formations :
− des zones sombres, plates, grossièrement circulaires,
improprement appelées maria ou mers,
− des "continents", plus clairs, montagneux, occupant le
reste de la surface.
Mers et continents sont criblés de cratères circulaires de
toutes dimensions, dont les plus grands dépassent plusieurs
centaines de km de diamètre.

Les “continents”
Caractérisés par une couleur claire, les continents recouvrent la moitié de la surface lunaire. Ils
sont marqués par la juxtaposition et le recouvrement mutuel d'une multitude de cratères de toutes
dimensions et de leurs "éjecta".
Le sol lunaire, épais d'une dizaine de mètres, s'appelle "régolite". C'est une couche de pous-
sière et de débris rocheux plus ou moins grossiers. Ce sont les débris d'impacts de météorites.
Les roches rapportées sur terre sont toutes des
roches éruptives, principalement des anortho-
1
sites, plus rarement des basaltes. Toutes ces
roches montrent une fracturation intense due
aux innombrables impacts météoritiques et sont
transformées en de véritables brèches. L'âge de
la cristallisation des minéraux est compris entre
-4.4 et -4.6 milliards d’années, alors que l'âge
de la transformation en brèches s'étend de 4.6
à 3.8 milliards d’années.
Anorthosite lunaire

Les “mers”
Les "mers" sont les taches sombres qu'on peut apercevoir à l'oeil nu au cours des nuits de pleine
Lune. Ce sont de vastes plaines peu cratérisées de forme grossièrement circulaire. Elles sont nom-
breuses sur la face visible de notre satellite et, curieusement, très rares sur sa face cachée. Ces
"mers" recouvrent les "continents" en laissant émerger les parties les plus hautes, donnant l'impres-
sions de caps, d'îles et de péninsules. Elles sont constituées de basalte. On pense que ce sont des mé-
téorites géantes qui ont percé le manteau et favorisé l’invasion du cratère par des basaltes en fusion.

Y-a-t-il sur la Lune des minéraux inconnus sur Terre ?


Seules trois espèces minérales inconnues sur Terre ont été identifiées dans les roches lunaires. Il
s'agit de minéraux cristallisés à des pressions très élevées (impact de météorites) ou dans des
conditions fortement réductrices.

1 Voir des mêmes auteurs “Le Monde fascinant des Roches”


31

Nouveaux minéraux découverts sur la Lune

Le zirconium, l'yttrium et le titane sont des éléments


Tranquillityite Fe8(Zr,Y)2 Ti3Si3O24 relativement abondants dans les basaltes lunaires où ce
minéral a été identifié.

Pyroxferroite Fe6CaSi7O21 Minéral de haute pression trouvé dans un gabbro.

Le nom du minéral est composé des premières syllabes


Armalcolite (Mg,Fe)Ti2O5
des noms des astronautes Amstrong, Aldrin et Collins.

Les roches lunaires


Elles sont toutes de nature éruptive, à l'exception des brèches de la surface qui ont été formées
par les impacts des météorites. Leur composition est comparable à celle des roches éruptives ter-
restres. Toutefois, globalement, elles contiennent plus de calcium, d'aluminium et de titane, un
peu moins de sodium et de potassium. Elles sont de nature anorthositique1 .
La composition des roches qui constituent les mers est différente de celles des continents : ce
sont des basaltes qui ont envahi les parties basses d'anciens bassins et cratères géants. L'âge de
ces basaltes est compris entre - 3.9 milliards d’années pour les plus anciens et -3.2 milliards d’an-
nées pour les plus récents.

Les cratères
Ils représentent la principale caractéristique du relief lunaire. Ils sont l'aboutissement d'un bom-
bardement intense de météorites de toutes tailles qui s'est produit au début de l'histoire de la
Lune. Ils sont toujours entourés d'une couronne de débris, les "éjecta".
Les dimensions des cratères varient de quelques mètres pour
les plus petits à plusieurs centaines de km pour les plus vastes.
On nomme souvent "bassins" ceux dont le diamètre dépasse
200 km. L'étude des âges relatifs des cratères suivant leur taille,
selon le principe qu'un cratère qui se superpose à un autre est
plus jeune que celui-ci, permet de reconstituer l'intensité du
bombardement météoritique dans le temps.
Cratères sur la face cachée de la
Lune (photo Apollo 16. NASA)

1 Voir des mêmes auteurs et sur le même site Le Monde fascinant des roches
32

L'origine de la Lune
L'origine de la Lune est toujours une énigme pour les savants. Plusieurs hypothèses ont été
échafaudées :
- La Lune serait une partie du manteau terrestre qui se serait séparé de la Terre très tôt dans
l'histoire commune des deux astres.
- La Lune se serait formée ailleurs dans le système solaire et aurait été capturée lors de son pas-
sage à proximité de la Terre.
- Les deux astres se seraient formés simultanément à proximité l'un de l'autre, à partir du même
nuage de poussière et de gaz.
- La Lune se serait formée à partir du matériel éjecté à la suite d'une collision entre la Terre et un
autre astre.
Les deux premières ont été abandonnées car elles ne parviennent pas à expliquer la dynamique
des mouvements des deux astres ni les analogies et différences dans leur composition pétrogra-
phique.
L'hypothèse de la formation simultanée des deux astres à proximité l'un de l'autre a eu long-
temps la faveur des savants. Toutefois elle n'explique ni pourquoi la Lune n'a pas de noyau métal-
lique, ni le moment cinétique actuel du système.
L'hypothèse de l'impact connaît actuellement un regain de faveur et des simulation mathéma-
tiques semblent indiquer que ce modèle permet d'expliquer tous les paramètres physiques et dy-
namiques caractéristiques des deux astres.
Très tôt dans l’histoire du système solaire, une collision se serait produite entre la Terre et un
autre objet de grande taille. Cette collision aurait entraîné l'éjection d'une énorme quantité de ma-
tière qui se serait agglomérée dans le voisinage de la Terre pour donner naissance à la Lune.
Cette théorie peut expliquer toutes les différences ou similarités entre la Terre et la Lune. La ma-
tière éjectée provenait principalement du manteau, plus pauvre en fer, ce qui explique que la Lune
contient une faible proportion de cet élément. Cette hypothèse explique mieux pourquoi la Terre
est la seule planète interne du système solaire à posséder un satellite de si grande taille.

Une collision avec une gigantesque astéroïde, il y a 4.5 milliards d'an-


nées serait à l'origine de la formation de la Lune ([Link].-
fr)
33

Résumé de l'histoire géologique de la Lune

Age en . Activité géologique


m.a

0.5

Les chutes de météorites deviennent rares

1.0

L’activité volcanique est terminée. Quelques


1.5 rares météorites de faibles dimensions
Astre “mort” s’écrasent encore parfois à sa surface. Des
poussières cosmiques “sablent” les roches et
adoucissent très lentement le relief lunaire.
2.0

Les chutes de météorites diminuent.

2.5
Des zones de fusion partielle provoquent
l’émission de magmas basaltiques qui enva-
Formation des “mers” hissent les bassins météoritiques les plus af-
3.0 (de -3.8 m.a. à -2.8 m.a.) faissés, formant ainsi les “mers”

Les chutes de météorites sont encore abon-


3.5
dantes.

La chaleur entraîne la fusion partielle de la


4.0 Lune. En se refroidissant, les minéraux les
Formation de la croûte
moins denses se concentrent en surface
(de -4.3 m.a. à -3.8 m.a.)
pour former la croûte lunaire de composition
anorthositique.
4.5
Naissance de la Lune
Le bombardement météoritique est très in-
tense
34

Conclusion provisoire
Notre système solaire n'est pas unique : on sait aujourd'hui qu'un très grand nombre d’étoiles
parmi les milliards d’autres qui peuplent notre Galaxie, possèdent un système planétaire analogue
au nôtre et que les processus donnant naissance à une forme de vie ont certainement existé pour
des planètes inconnues gravitant autour d'étoiles lointaines.
Les progrès de l'astrophysique on d'ailleurs permis de découvrir de nombreuses planètes dans
le voisinage d'étoiles relativement proches. On les a baptisées exoplanètes.
Il est donc certain que la vie existe également ailleurs, non seulement dans notre galaxie, mais
aussi dans les milliards d'autres qui peuplent notre Univers. Mais sous quelle forme ? Nous ne le
saurons jamais !
L'incommensurabilité de cet univers et toutes les questions que son existence font apparaître
sont là pour nous rappeler la précarité et l'infinie petitesse de l'Homme.
Par ailleurs, l’Astronomie est la seule science qui nous permette de remonter dans le temps. Les
galaxies très lointaines que nous observons aujourd’hui sont les images prises il y a plusieurs mil-
liards d’années et qui ont mis tout ce temps à nous parvenir.
Imaginons encore que nous ayons un télescope ultra puissant et que nous le pointions sur une
planète située à 80 millions d’années lumière. Imaginons encore que sur cette planète un lac parfai-
tement immobile qui se comporte comme un miroir. Nous pourrions alors voir une image de la Terre
telle qu’elle était il y a 160 millions d’années et, peut-être, pourrions nous voir courir les dinosaures !

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