département d’architecture d’Alger
La ville de Tlemcen
pendant la colonisation française
présenté par : - Belamari Darine
- Salmi Maria
Encadré par : Monsieur Nebbad
Master 1
Histoire de l’architecture
Année : 2025
Sommaire
1) La présentation de Tlemcen................................................................. 2
les villes coloniales les ville
les routes principales
2) Historique............................................................................................ 4
3) Etude de composition urbaine ( voiries ,parcellaire et ilotage ) ............
( espaces urbains place du village mobiliers édifices )
4) symbolique coloniale dans les villages .................................................
5) styles architecturaux ..........................................................................
6) signes iconographique ........................................................................
7) conclusion ..........................................................................................
1
1) Présentation de Tlemcen :
Tlemcen, surnommée "la Perle du Maghreb", est une ville historique située dans l'ouest de
l'Algérie. Riche en patrimoine culturel et architectural, elle a été influencée par plusieurs
civilisations au fil des siècles, dont la colonisation française. Cette période a apporté de
profondes transformations dans l'urbanisme et l'architecture de la ville, modifiant son
paysage et son organisation. Les colons ont introduit de nouvelles infrastructures et un
style architectural qui ont marqué la ville de Tlemcen.
Comment l'urbanisme et l'architecture de Tlemcen ont-ils été transformés par la
colonisation française ?
Situation géographique
Tlemcen est située dans le nord-ouest de l'Algérie, à environ 500 kilomètres d'Alger et
proche de la frontière avec le Maroc. La ville se trouve dans une région montagneuse, près
des montagnes Trara, à une altitude d’environ 800 mètres. Elle est traversée par la rivière
Oued Tlemcen et bénéficie d’un climat méditerranéen, avec des hivers doux et des étés
chauds. Cette situation géographique a permis à Tlemcen de jouer un rôle important dans
l'histoire, notamment sur le plan commercial et culturel.
Pendant la période coloniale, la ville de Tlemcen était délimitée par des éléments naturels
et des infrastructures. Au sud, les montagnes des Trara formaient une frontière naturelle
qui empêchait l’expansion de la ville dans cette direction. Au nord, la rivière Oued
Tlemcen séparait la ville coloniale des zones agricoles.
Les voies principales qui traversaient la ville jouaient un rôle clé dans son organisation.
La route nationale N4 : qui relie Tlemcen à Oran, était un axe important pour les échanges
commerciaux. La route nationale N13, menant à la frontière marocaine, renforçait la
connexion de la ville avec d'autres régions du Maghreb. Ces routes ont aidé à structurer
l’urbanisme de la ville.
source : Boudraa, M. (2006). Tlemcen à travers les siècles 2
Azzedine, R. (2010). La ville coloniale de Tlemcen : urbanisme et transformations. Université de Tlemcen,
Thèse de Doctorat.
Plan de Tlemcen, qui représente les percements de rues
et aménagements de places dans la médina
Azzedine, R. (2010). La ville coloniale de Tlemcen : urbanisme et transformations. Université de Tlemcen, 3
Thèse de Doctorat.
2) HISTORIQUE DE LA VILLE
1-Contexte de l’arrivée française
La colonisation française de l’Algérie débute en 1830 avec la prise d’Alger. Dès le
début, les autorités françaises identifient Tlemcen comme une ville stratégique à contrôler,
surtout en raison de sa position géographique importante entre Alger et le Maroc.
Le 13 janvier 1836, les troupes françaises, commandées par le maréchal Clauzel, entrent
pour la première fois àTlemcen. Elles sont accompagnées par Mustapha Ben Ismaïl, un
chef turc qui a collaboré avec les Français. Mais, cette première occupation sera de courte
durée.
2-La résistance de l'Émir Abdelkader
Cependant la résistance algérienne s’organise rapidement, menée par l’Émir
Abdelkader, une figure emblématique de la lutte algérienne. En mai 1837, le traité de la
Tafna est signé, accordant à l’Émir Abdelkader le contrôle de plusieurs régions, dont
Tlemcen. La ville devient alors un bastion stratégique pour la résistance.
Malgré les efforts français, Abdelkader réussit à maintenir une forte résistance pendant
plusieurs années. Mais, les divisions internes affaibliront peu à peu leur position.
3-Réoccupation française et domination coloniale
En janvier 1842, après plusieurs années d’affrontements, les troupes françaises
arrivent à occuper Tlemcen de manière définitive. Cette victoire est facilitée par les
faiblesses internes au sein des populations locales. Avec cette réoccupation commence la
période de domination coloniale à Tlemcen.
Les Français mettent en place des politiques de spoliation des terres. Les terres agricoles
les plus fertiles sont redistribuées aux colons français, forçant les populations locales à
quitter leurs terres.
Général Bertrand Colonel Lucien de Maréchal Thomas-
Clauzel Lamoricière Robert Bugeaud
Féraud, P. (1995). L’histoire de la résistance algérienne : de la première insurrection à la guerre de libération. Paris: 4
Éditions L'Harmattan.
Laouisset, A. (2013). La guerre de résistance d’Abdelkader: Un combat stratégique et idéologique. Tunis: Éditions
Al Manar
Dans un premier temps, il faut savoir que la création des villes coloniales en
Algérie était confiée au génie militaire, avec des objectifs militaires. Les villes étaient
souvent tracées selon un plan en croix, avec des axes Nord-Sud et Est-Ouest. Une place
centrale était réservée à l’armée, qui dominait l’aménagement urbain. Entre 1830 et
1870, un grand projet a été mis en place pour transformer les villes, créer de nouveaux
centres de colonisation et développer les infrastructures, y compris les routes. En 1841,
un arrêté a été pris pour définir les règles sur la concession des terres et la création des
villes.
Le cas de Tlemcen montre bien cette approche. La ville, avant l’arrivée des
Français, était déjà divisée en trois quartiers : les Kouloughlis à l’ouest, les Hadars à
l’est et les Juifs au centre. Le quartier des Kouloughlis était le plus spacieux et aéré,
tandis que les autres quartiers étaient plus serrés. À l’arrivée des Français, la ville était
en grande partie en ruine à cause des conflits internes. Les autorités coloniales ont alors
lancé une reconfiguration urbaine qui s’est poursuivie pendant plus d’un siècle pour
transformer la ville en ce qu’elle est aujourd’hui.
Plan de Tlemcen, 1844 - Archives de Vincennes
source Rebhi, R. (2009). L’urbanisme colonial en Algérie : Tlemcen, Constantine et Alger. Paris : 5
Editions L'Harmattan.:
LE TISSU COLONIAL A TLEMCEN
La colonisation française a apporté des modifications profondes au tissu urbain de
Tlemcen, surtout dans les zones stratégiques et les secteurs déjà urbanisés. Le processus de
transformation s'est effectué à travers des restructurations radicales, qui ont concerné à la
fois des parcelles existantes et des terrains vierges. Ce réaménagement visait à adapter la
ville aux normes européennes du XIXe siècle et controler la population locale.
1. Restructuration du quartier juif
L’un des 1ers secteurs à subir cette transformation fut le quartier juif, situé dans une
position stratégique entre la grande mosquée et le Méchouar, une zone entourée de
casernes. Ce quartier a été entièrement restructuré en fonction des principes d'urbanisme
européens de l'époque, qui cherchaient à imposer une organisation plus rationnelle et plus
moderne des espaces urbains. Dès le début de la colonisation, les autorités françaises ont
entrepris un alignement précipité des rues de cette zone, ce qui a conduit à la création de
rues étroites de seulement quatre à cinq mètres. Ces dimensions ont rapidement été jugées
inadéquates, comme l’a signalé le commandant supérieur du génie en Algérie dans son
rapport du 1er octobre 1848, où il critiquait la qualité de l’urbanisme mis en place.
2. La zone nord du Méchouar et la restructuration du quartier européen
La zone nord du Méchouar, qui incluait l'ancien quartier juif, était idéale pour
l’implantation de nouveaux aménagements urbains, notamment en raison de sa proximité
avec la place des Caravanes et les quartiers Hadars et Kouloughlis. Ces quartiers, situés
respectivement à l'est et à l'ouest de cette zone, étaient en ruine après les premières années
de la colonisation, selon l’apostille du commandant du génie en août 1845. Ces conditions
de délabrement rendaient la zone particulièrement propice à la réorganisation et à la
construction d'un quartier européen.
Dans le cadre de cette transformation, un plan d'alignement a été lancé pour le
quartier européen, qui visait à introduire des rues larges et rectilignes, contrastant avec
l’étroitesse des rues traditionnelles de la médina. Ce plan visait à faciliter les déplacements
et à créer une séparation claire entre les Européens et les Algériens. Le but était d’assurer
une communication fluide entre les portes et les places du centre-ville tout en préservant
les éléments structurels de l’urbanisme existant. Ainsi, les nouvelles rues ont été conçues
pour ne pas détruire trop de maisons, tout en assurant la modernisation du quartier.
3. La création d’un quartier réservé aux Européens
Le quartier européen a donc été formé de manière distincte, avec des rues beaucoup plus
larges que celles des autres quartiers de la médina. Cela reflétait non seulement une
volonté d’instaurer une domination européenne, mais aussi un besoin de sécuriser l’espace
où résidaient les colons. Les autorités françaises ont fait en sorte que les rues et les places
du quartier européen soient visibles, fonctionnelles et représentatives de la modernité
qu’elles souhaitaient imposer, tout en isolant les Européens du reste de la population.
Cela a permis non seulement de renforcer le contrôle militaire et administratif, mais aussi
de marquer une nette séparation sociale et spatiale entre les deux communautés.
source : Hiboun, A. (2001). Les débuts de la colonisation en Algérie : 1830-1847. Alger : Société des Editions et 6
Publications.
Hassani, A. (2010). Urbanisme et colonialisme : Les transformations urbaines dans les villes algériennes sous le
contrôle français.
Plan n° 5 - Zone nord du Méchouar (ex. quartier juif) POS de Tlemcen,
réalisé par l’ANAT (modifié par A. Tahar)
À partir de la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, Tlemcen a continué
de subir une transformation en profondeur. Après les premiers travaux de nivellement
autour du Méchouar et les premières interventions dans la médina, d'autres zones ont
été intégrées dans les projets de réaménagement pour répondre aux besoins de la
population européenne et à la volonté de moderniser la ville selon les principes de
l'urbanisme colonial.
1. L’aliénation des casernes et la réorganisation de l’espace urbain
Le réaménagement du centre-ville, notamment autour du marché couvert et des
casernes de Baylik et de la Qaysâriya, a été central dans ces transformations. En 1884,
le Conseil municipal a sollicité la cession de ces casernes pour libérer l'espace et
répondre aux problèmes d'insalubrité du quartier. Des discussions ont eu lieu pendant
plusieurs années, et un rapport en 1885 a souligné l'importance de récupérer ces
terrains pour les convertir en espaces publics.
Les terrains étaient en mauvais état. Finalement, une convention a été établie en
1897 entre la municipalité, les services militaires et les services des domaines pour la
cession des bâtiments militaires. La volonté était de permettre la construction de
nouvelles infrastructures urbaines modernes, de créer des espaces aérés et d’améliorer
les conditions sanitaires du quartier, alors caractérisé par de fortes concentrations de
population et de mauvaises conditions de vie.
source : Rebhi, R. (2009). L’urbanisme colonial en Algérie : Tlemcen, Constantine et Alger. Paris : 7
Editions L'Harmattan
2. Le développement de nouvelles infrastructures et la création d’espaces publics
Les casernes de Baylik et de la Qaysâriya ont été libérées, permettant l’alignement
des rues, l’ouverture de nouvelles avenues et la création de places publiques. La
construction de nouveaux bâtiments résidentiels et commerciaux a suivi ces
transformations. Ces changements ont été supervisés par des rapports détaillant la cession
des terrains et la transformation de cette zone centrale de Tlemcen. La volonté de la
municipalité était de transformer un quartier insalubre en un secteur moderne, à l'image
des grandes villes européennes.
3. L'alignement des rues et les nouvelles voies urbaines
Le processus de réaménagement a inclus l'alignement des rues. En 1902, le Conseil
municipal de Tlemcen a adopté un plan d'alignement des voies, permettant d'assurer un
meilleur accès aux différents quartiers et d'organiser la ville selon un modèle européen. Ce
plan visait à créer un réseau de circulation fluide, à garantir des dégagements autour du
marché couvert et à favoriser l'extension de la ville dans des directions précises.
Plan n° 6 - Croquis joint au rapport du chef du génie du 6 juin 1903 - Archives de
Vincennes, 1H969.
Les casernes de Baylik et de la Qaysâriya ont été libérées, permettant l’alignement des
rues, l’ouverture de nouvelles avenues et la création de places publiques puis la
construction de nouveaux bâtiments résidentiels et commerciaux. Ces changements ont
été supervisés par des rapports détaillant la cession des terrains et la transformation de
cette zone centrale de Tlemcen. La volonté de la municipalité était de transformer un
quartier insalubre en un secteur moderne, à l'image des grandes villes européennes.
source : Rebhi, R. (2009). L’urbanisme colonial en Algérie : Tlemcen, Constantine et Alger. Paris : 8
Editions L'Harmattan
Configuration hybride des îlots autour du marché couvert.1903
Zone Méchouar/grande mosquée : l’Adoption de nouvelles voiries européennes
avec conservation partielle des ruelles arabo-musulmanes, formant des îlots
hybrides.
Principaux édifices publics implantés sur l’axe structurant, comme l’église
Saint-Michel (actuelle bibliothèque) et la grande poste.
source: Lescure, M. (2015). La ville coloniale en Algérie : Réformes et urbanisme. Alger : Presses 9
Universitaires d'Alger. :
1842 à 1860 : 1ères Interventions Françaises à Tlemcen
Les autorités militaires françaises concentrent leurs efforts sur la défense et le
contrôle militaire de la ville. Ce qui inclut la destruction d'îlots entiers de la médina et
le percement de larges rues avec de grands carrefours.
Amélioration des fortifications anciennes pour se protéger des attaques (EI
Mechouar).
Construction et aménagement de bâtiments militaires tels que les casernes de
Mechouar et Gourmelat.
Développement d'une relation stratégique entre Mechouar (centre administratif,
économique et militaire) et la porte d'Oran, en perçant de nouvelles rues, places et un
boulevard national.
Vue de Tlemcen du côté du Méchouar au début de la période coloniale. A. Genet.
source: Lescure, M. (2015). La ville coloniale en Algérie : Réformes et urbanisme. Alger : Presses 10
Universitaires d'Alger. :
1860 à 1900 : Expansion Urbaine et Équipements
En 1860, un plan d'extension de Tlemcen typiquement orthogonal est élaboré avec un
axe générateur Est-Ouest (Boulevard National).
Construction de bâtiments publics (banque, sous-préfecture, poste, etc.) et religieux
(protestants, etc.).
Développement de voies secondaires assurant une meilleure desserte transversale,
notamment via les rues comme Augustin Tedeschi, rue de Paix, et rue Eugène
Étienne.
Implantation de crédits lyonnais tels que la B.N.C.I.
Dès 1900, Tlemcen prend l’apparence d’une ville européenne.
1900 à 1962 : Implantation d’Édifices Socio-Culturels et Zoning
Construction d'écoles telles que l'École de Duffaux, l'école des filles de la rue de Fez,
et des collèges (Slane, lycée franco-musulman, lycée des garçons).
Implantation d’écoles dans les quartiers européens (école des filles de Metchekana,
école de la gare, école Pierre Curie, etc.).
Création de quartiers européens périphériques pour les Français, tels que :
Nord : Sidi El Haloui, Sidi Saïd.
Est : Quartier de la gare, Riat El Hammar.
Ouest : Bel Air, Beau Séjour.
Sud : Sidi El Kalaâ, Sidi Chaker.
Dans les années 1950, les autorités coloniales développent un plan complet pour
l’urbanisme futur de Tlemcen en introduisant des zonings fonctionnels.
source: Lescure, M. (2015). La ville coloniale en Algérie : Réformes et urbanisme. Alger : Presses 11
Universitaires d'Alger. :
plan de Tlemcen
plan de tlemcen
plan de Tlemcen au début de l'époque française, on observe les murs de la ville
12
Azzedine, R. (2010). La ville coloniale de Tlemcen : urbanisme et transformations. Université de
Tlemcen, Thèse de Doctorat.
En architecture
L'urbanisme colonial à Tlemcen reflétait une volonté d'affirmer la domination française
tout en restructurant la ville selon des normes européennes. Les interventions avaient
souvent un double objectif, en premier lieu, l’effacement partiel du patrimoine local en
faisant une destruction de monuments historiques tels que la Qissaria (un ancien centre
commercial espagnol datant du XIIIe siècle) remplacée par le marché couvert en 1904.
en second lieu, l’implantation d'une identité coloniale : La construction de bâtiments
administratifs (tribunaux, églises) et militaires servait à symboliser la présence et l'autorité
française. Par exemple, le quartier Tafrata, construit en 1860, comprenait une église, un
tribunal, et des édifices militaires.
Ces choix architecturaux et urbanistiques avaient une stratégie visant à contrôler la
population indigène tout en établissant la suprématie culturelle et politique de la France.
Azzedine, R. (2010). La ville coloniale de Tlemcen : urbanisme et transformations. Université de 13
Tlemcen, Thèse de Doctorat.
Les styles architecturaux
L'architecture coloniale à Tlemcen est très variée, avec différents styles qui montrent
l'influence de la culture européenne. Cela a été fait pour moderniser la ville et aussi pour
faire une rupture avec l'architecture locale traditionnelle algérienne.
Tout d’abord, Le style néoclassique : Ce style est très populaire en France au 19e
siècle, et il a été utilisé surtout pour les bâtiments administratifs et publics. Il se
caractérise par une symétrie très stricte, avec des colonnes, des frontons (les parties
supérieures des bâtiments), des arches, et une décoration plutôt simple. Par exemple,
la Grande Poste de Tlemcen, qui est un bâtiment qui montre bien ce style. Il a un
grand fronton, des colonnes, et beaucoup d'espace ouvert. Cela montre l'idée de
progrès et de modernité que la France voulait imposer dans une ville comme
Tlemcen.
la grande poste de tlemcen
Le style néogothique : C'est un style moins populairre que le
néoclassique, mais il a été utilisé pour certaines constructions
religieuses, comme les églises. Ce style se caractérise par des éléments
verticaux, des fenêtres en forme d'ogive et beaucoup de pierres
sculptées. Comme l’Église Sainte-Jeanne-d'Arc, construite entre 1907
et 1910 à Tlemcen. Elle a des arcs-boutants et des vitraux, des
éléments inspirés des grandes cathédrales en Europe, ce qui montre
l’implantation du christianisme en Algérie.
l'Église Sainte-Jeanne-d’Arc
Le style mauresque : Ce style s'inspire de l'architecture islamique,
mais il a été modifié pour correspondre à l’esthétique coloniale. On
voit des formes géométriques complexes, des patios intérieurs et des
matériaux comme le bois sculpté, le fer forgé et la céramique. Un
exemple de ce style est le Palais du gouverneur à Tlemcen. Bien
qu’il ait été transformé par les autorités coloniales, il garde des
Palais “El mechouar”
éléments de l'architecture arabo-andalouse, comme les arcades et les
carrelages en faïence. Ce mélange montre comment la France a
voulu imposer son pouvoir tout en utilisant certains éléments de
l'architecture locale pour créer un style hybride.
source : Bouras, A. (2003). L'architecture coloniale en Algérie : De la Ville blanche à la ville 14
colonisée. Alger
L'Iconographie Coloniale :
L'Iconographie Coloniale :
L'iconographie dans l'architecture coloniale visait à établir une distinction nette entre la
ville "française" et la ville "indigène". La mise en place d’une architecture à la fois
imposante et représentative du pouvoir français faisait partie intégrante de cette volonté
de domination. Parmi ceux la :
1-Les monuments publics et administratifs : Ces édifices incarnaient la puissance de l’État
français. Des constructions comme les tribunaux ou encore les hôpitaux coloniaux étaient
des symboles de l'ordre colonial, représentant l’autorité et l’unité du territoire.
Les places publiques et espaces de circulation: Les boulevards haussmanniens à
l'européenne ont été aménagés, souvent bordés d'arbres et de statues, pour représenter le
progrès et l’organisation de la société française. L’aménagement des places publiques
comme la place de la République, en 1919, ou la place de la gare servaient de points de
rassemblement et d’affirmation de l'autorité coloniale. Ces lieux étaient souvent décorés
de statues ou d’obélisques à l’image des grandes figures de la France (victimes des guerres
napoléoniennes ou du colonialisme), renforçant ainsi la symbolique de l'hégémonie
coloniale.
Les infrastructures religieuses : L'implantation d’églises de style néogothique ou baroque
faisait partie de la volonté de diffuser le christianisme. À Tlemcen, l'Église Sainte-Jeanne-
d’Arc (début XXe siècle) en est un exemple frappant. Ces églises, souvent surélevées et
dominant les espaces environnants, symbolisaient à la fois la supériorité culturelle et
religieuse de la France.
l'Église Sainte-Jeanne-d’Arc
ABADIE Louis, 1994, Tlemcen au passé retrouvé, Jaques Gandini, France. 15
Les immeubles de rapport à Tlemcen, un patrimoine en péril Apartment buildings in Tlemcen, an endangered heritage
SAIDI Yasmine Nour El Houda.
Conclusion
En conclusion, l’étude de Tlemcen pendant la période coloniale française montre
un changement important dans la ville, à la fois dans son architecture, sa société et
sa culture. Le régime colonial a transformé la ville en introduisant des éléments
venant de la France, tout en essayant d’effacer ou de marginaliser les traditions
locales. L’architecture coloniale, avec des styles comme le néoclassique, le
néogothique et le mauresque, montre cette différence entre une modernité imposée
et des éléments du style local traditionnel ( mauresque ) intégré, un mélange entre
domination et influence sur la culture locale.
La société tlemcénienne a également vécu de grands changements, marqués par
des inégalités de pouvoir, mais aussi par des résistances. La colonisation n’a pas
seulement cherché à dominer, elle a aussi voulu transformer profondément
l’identité des habitants en imposant de nouvelles structures sociales et culturelles.
Cependant, Tlemcen n’a pas été qu’un lieu de domination, c’était aussi un endroit
où il y a eu des résistances, des revendications pour préserver les traditions et
réapproprier la culture locale. Finalement, cette période a laissé une empreinte
durable sur la ville, un mélange entre héritage colonial et traditions locales.
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bibliographie
ABADIE, Louis. (1994). Tlemcen au passé retrouvé. Jacques Gandini,
France.
Les immeubles de rapport à Tlemcen, un patrimoine en péril / Apartment
buildings in Tlemcen, an endangered heritage. SAIDI, Yasmine Nour El
Houda.
BOURAS, A. (2003). L'architecture coloniale en Algérie : De la Ville blanche
à la ville colonisée. Alger.
LESCURE, M. (2015). La ville coloniale en Algérie : Réformes et urbanisme.
Alger : Presses Universitaires d'Alger.
REBHI, R. (2009). L’urbanisme colonial en Algérie : Tlemcen, Constantine et
Alger. Paris : Editions L'Harmattan.
HIBOUN, A. (2001). Les débuts de la colonisation en Algérie : 1830-1847.
Alger : Société des Editions et Publications.
HASSANI, A. (2010). Urbanisme et colonialisme : Les transformations
urbaines dans les villes algériennes sous le contrôle français.
FÉRAUD, P. (1995). L’histoire de la résistance algérienne : de la première
insurrection à la guerre de libération. Paris : Éditions L'Harmattan.
LAOUISSET, A. (2013). La guerre de résistance d’Abdelkader : Un combat
stratégique et idéologique. Tunis : Éditions Al Manar.
BOUDRAA, M. (2006). Tlemcen à travers les siècles.
AZZEDINE, R. (2010). La ville coloniale de Tlemcen : urbanisme et
transformations. Université de Tlemcen, Thèse de Doctorat.
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