La Réception Sensorielle Chez Les Insectes: Pau Calatayud FR Ma e de Iéry
La Réception Sensorielle Chez Les Insectes: Pau Calatayud FR Ma e de Iéry
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Interactions insectes-plantes
capable de situer l'emplacement et le mouvement vont ainsi permettre à partir des informations
d'un objet. Ils permettent aussi de se diriger par transmises par chaque ommatidie de recons-
rapport au soleil et, chez les insectes volants, de tituer une image. Par ce dispositif, les insectes
stabiliser leur ligne de vol par rapport à l'horizon possèdent un champ de vision très étendu, ne
(comme chez les abeilles, par exemple). Dans donnant pas cependant une image précise de
certains cas, les stemmates font office d'organes leur environnement (Giger et Srinivasan, 1997;
de vision au même titre que les yeux d'araignées von Frisch) 1972). Les yeux à facettes peuvent
et leurs lentilles peuvent former une image sur le transmettre au système nerveux de l'insecte
rhabdomère. jusqu'à 100 images par seconde. Comparé à l'œil
humain qui ne transmet quenviron 20 images
les yeux composés par seconde)cela en fait un dispositif très efficace
Les yeux composés (ou yeux à facettes) pour détecter des objets en mouvements rapides)
regroupent un très grand nombre d'unités photo- surtout lorsque l'insecte vole à une vitesse de
réceptrices appelées omrnatidies, disposées en 7 mètres par seconde, comme j'abeille. Les
mosaïque (fig. 8-2). Leur nombre peut varier de pigments visuelsou rhodopsines présents dans le
8, voire moins pour les Collemboles, à 4 500 à rhabdomère sont sensiblesaux longueurs d'ondes
7 500 environ chez l'abeille, jusqu'à 28 000 pour comprises entre 300 et 600 nm, ce qui rend les
les Odonates (ou les libellules) adultes. Les yeux yeux à fac ettes sensibles aux ultraviolets {de 340
<1.:--- Cornée c
<}-~!I-- Cristall in
Cellule rétinienne
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La réception sensorielle chez les insectes
à 360 nm), au violet et au bleu (de 420 à 460 nm), l'hôte chez les insectes sont: la qualité spectrale
au bleu vert (de 490 à 550 nm) et au rouge (de (les couleurs), les dimensions (la taille) et l'allure
585 à 610 nm). Cependant tous les insectes ne (la forme) (Papaj et Prokopy, 1989; Prokopyet
perçoivent pas le rouge. Ainsi, l'abeille et les Owens, 1983; Schoonhoven et al., 1998).
papillons de nuit par exemple (comme ceux du La réponse des papillons de jour aux couleurs
genre Spodoptera sp. [Lepidoptera, Noctuidae] a été largement étudiée. Il a été montré, par
selon Langer et al. [1979]) ne le voient pas (Giger exemple pour les Piérides du chou, Pieris bras-
et Srinivasan, 1997; von Frisch, 1972) (fig. 8-3). sicae et [Link] (Lepidoptera, Pieridae), qu'ils
changeaient leurs préférences de couleur, du
A Zones d'absorption
-------, vert des tiges à celles des fleurs, pour atterrir
sur une plante en fonction de leurs motiva-
tions à pondre ou à se nourrir du nectar floral.
Chez certains Papilionidés, comme Battus
phi/enor (Lepidoptera, Papilionidae), la forme
des feuilles est déterminante dans le choix de
300 400 500 600 700 sélection de la plante- hôte. Quant aux larves
Longueurs d'ondes (nm) de papillon ou chenilles, elles sont capables,
malgré la présence d'ocelles uniquement,
Figure 8-3 - A : zone d'absorption des capteurs de
de distinguer la silhouette des plantes, leurs
l'œil d'abeille; B : zone d'absorption des cônes de Iœil
couleurs et leurs formes.
humain.
Les mouches des fruits de la famille des Téphri-
tidés repèrent leurs fruits dans leur environne-
Autres récepteurs visuels
ment en fonction de différentes caractéristiques
Chez certaines espèces d'insectes, comme les visuelles comme la silhouette de l'arbre; puis,
larves du genre Tenebrio (Coleoptera, Tene- lorsqu'elles se rapprochent, la différence de
brionidae), la sensibilité à la lumière, malgré qualité spectrale et de réfraction lumineuse
l'absence de récepteurs visuels connus, indique entre le feuillage et les fruits les guide vers leurs
la présence de cellules épidermiques sensibles cibles; enfin, à près d'un mètre de distance, la
qui réagissent à la lumière. Plusieurs familles de taille et la forme des fruits déterminent leurs
papillon sont également connues pour posséder choix finaux.
des photo-récepteurs sur les génitalia des deux
sexes (comme les papillons du genre Papi/io Chez les formes ailées de pucerons, comme chez
[Lepidoptera, Papilionidae]). Brevicoryne brassicae et Myzus persicae (Ster-
norrhyncha, Aphididae), la couleur influence
Dans certains cas, la lumière influence direc- de façon prioritaire le choix de la feuille sur
tement l'activité cérébrale sans passer par des laquelle ils vont atterrir, indépendamment du
organes visuels. Cette situation est fréquem- statut taxonomique de la plante. En revanche,
ment observée chez les insectes dont les rythmes chez le puceron Hyalopterus pruni (Sternor-
diurnes changent en fonction des saisons. Ainsi, rhyncha, Aphididae), la discrimination entre
chez certaines espèces, la durée du jour, régu- deux espèces végétales se fait en fonction de la
lant la diapause ou le polyphénisme, est estimée couleur et de l'intensité de réfraction. Lassocia-
directement par le cerveau (Chapman, 1998). tion de la couleur à l'intensité de réfraction lumi-
neuse est un facteur visuel déterminant chez les
Influence des caractéristiques visuelles pucerons mais aussi d'autres familles d'insectes
des plantes sur les insectes pour évaluer la qualité de lorgane végétal (sain
Les trois caractéristiques visuelles des plantes ou riche en nutriments) sur lequel ils vont
qui influencent le comportement de sélection de se nourrir.
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Interactions insectes-plantes
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La réception sensorielle chez les insectes
de la timbale. Le reste de l'abdomen est occupé est menacée. Chez certaines espèces tropicales,
par une vaste poche d'air jouant un rôle de réso- le bruit produit par des milliers d'individus est
nateur. Chez d'autres Hémiptères de plus petite parfois audible à plusieurs mètres. Ce type de
taille comme les Cicadellidés, les Delphacidés et communication sonore existe aussi chez certains
Cercopidés, les sons générés également par une Orthoptères, comme les mâles de sauterelle du
paire de timbales sont transmis au travers d'un genre Oedipoda qui percutent le sol avec leur
substrat, le plus souvent une tige ou feuilles de tibia postérieur beaucoup plus fréquemment que
plantes (Claridge, 1985; Ichikawa, 1974; Ichi- les femelles, à raison de 12 fois par seconde.
kawa, 1976). Les Lépidoptères possèdent égale-
ment des organes tympaniques métathoraciques La vibration des ailes
qui peuvent avoir une position alaire chez les Chez les moustiques (Diptera, Culicidae), le
Nymphalidés, abdominale chez les Géométridés nombre de battements des ailespar seconde corres-
et thoracique chez les Noctuelles. En général, pond à un chant d'appel sexuel des femelles, qui
cet organe leur permet de détecter les ultrasons émettent à une fréquence entre 200 et 500 Hz. Ce
des chauves-souris pour leur échapper (Surlykke moyen de communication entre individus d'une
et al., 2003). Dans d'autres cas, comme les Pyra- même espèce est également utilisé par certaines
lidés du genre Gal/eria ou Symmoracma (Lepi- espèces d'Orthoptères (par exemple celles du
doptera, Pyralidae), les adultes possèdent une genre Schistocerca [Orthoptera, Acrididae]). Le
paire de timbales émettrice de sons. son est en général complexe et oscille entre 25 et
Les sons produits par déformation par les Cica- 6 400 Hz. Certains Lépidoptères produisent un
didés sont audibles par l'homme, car ils émettent battement d'ailes oscillant à 20 Hz, complètement
à une fréquence approximative de 1 à 10 kHz. inaudible par l'homme (la limite inférieure audible
Ceux émis par les Lépidoptères en revanche, à par l'homme est d'environ 100 Hz). Les abeilles
une fréquence de 50 à 100 kHz (Chapman, 1998), également utilisent leurs muscles alairespour faire
ne le sont pas. vibrer leurs ailes comme moyen de communica-
tion. Les ouvrières revenant du champ réalisent
La circulation d'air une danse qui met en jeu le battement des ailes.
La production du son a lieu au passage de l'air au Les fréquences engendrées par ces battements,
travers d'un orifice (la trompe), système analogue allant de 250 à 300 Hz, permettent aux ouvrières
à celui de la trompette (le sphinx tête-de-mort, un échange d'informations.
Arechontia atropos [Lepidoptera, Sphingidae],
par exemple). Le son produit une fréquence de LA MÉCANORÉCEPTION
l'ordre de 7 à 14 kHz. Il en est de même pour les
Blattidés du genre Gromphadorhina (Blattaria,
Description
Blaberidae), capables d'émettre des sons de 10 à des sensilles mécanoréceptrices
40kHz en expulsant l'air via l'élargissement du La mécanoréception correspond à la perception
quatrième spiracle abdominal. des signaux informationnels impliquant une
énergie mécanique, thermique ou hygromé-
La percussion trique. Ces stimuli sont divers: ils font appel au
Le son provient du simple fait que deux régions toucher, au mouvement, à la gravité, au vent, à la
du corps se heurtent bruyamment ou qu'une vibration des ailes, la pression de l'air ou de l'eau,
partie du corps frappe sur un substrat ou à la température, au son ... Les insectes sont dotés
support. Cette production sonore, au même titre de structures spécialisées, les sensilles, capables
que celle produite par des organes plus spécia- de détecter ces stimuli. Chaque sensille contient
lisés, constitue un mode de communication un ou plusieurs neurones dont la partie sensitive
intraspécifique. C'est le cas des soldats termites (la dendrite), innervant la lumière sensillaire, est
(Isoptera, Rhinotermitidae), lorsque la termitière reliée à l'appareil cuticulaire de la sensille.
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Interactions insectes-plantes
Toutes les sensilles externes sont appelées exté- - les organes chordotona ux ou scolopophores,
rocepteurs. Cest le cas, par exemple, de celles qui sont complètement internes (non visibles
qui répondent aux facteurs de (environnement extérieurement) et constitués de plusieurs unités,
(humidité et température). Celles situées dans appeléesscolopidies (Chapman, 1998; Daly et al.,
les part ies internes de l'insecte sont appelées 1998). Chaque scolopidie est composée de trois
propriocepteurs. Elles participent souvent au cellules: un neurone bipolaire, une cellule coiffe
contrôle de la posture de l'insecte. et une cellule enveloppe. Le neurone, fusiforme,
contient à son extrémité dendritique une vacuole
On distingue quatre types de mécanorécepteurs
réfringente surmontée d'un bouton terminal
(Chapman, 1998; Daly et al., 1998) :
- les sensilles trichoïdes isensilla trichoideaï
(Zacharuk, 1985). Elles sont souvent longues,
fines avec une extrémité point ue et ne sont pas
poreuses (fig. 8-4A). Elles ont une membrane
articulaire entre la soie et la cuticule environ-
nante. Elles sont distribuées sur presque tout le
corps de l'insecte mais concentrées plutôt vers
les pattes, les antennes, les pièces buccales et
les organes génitaux ou de pon te. Elles sont le
plus souvent impliquées dans le toucher, mais
également dans la perception du vent ou des
mouvements de l'air, et dans le contrôle du posi-
tionnemen t des points de jonction des organes
(les pattes par exemple) avec le reste du corps.
Elles sont parfois regroupées à proximité des
articulations, pour former des touffes, et servent
ainsi à la proprioception (fig. 8-4B) ;
- les sensilles campaniformes isensilla campa-
niforma), en forme de cloches renversées
(Zacharuk, 1985). Elles apparaissent commu-
nément sous forme d'un petit dôme à la surface
de la cuticule, généralement entourées d'un
épaississement circulaire ou ovale et recouvertes
d'une ou plusieurs couches de cuticule fibreuse
et parfois spongieuse (fig. 8-5). Elles sont situées
dans des endro its où la cuticule subit fréquem-
ment un stress. On les trouve par exemple à la
jonction des articulations entre les pattes et le
corps de l'insecte, ainsi qu'à la base des haltères de
Diptères. Elles seraient impliquées dans l'o rien-
tation du vol. En effet, les haltères en vibrant Figure 8-4 - A : vue dorsale en microscopie
tendent à maintenir leur plan de vibration, et si le électronique à balayage de l'extrémité de l'abdomen
corps de l'insecte tourne ou change de direction au-dessus de l'ovipositeur d'une femelle de Busseola
[usca (Lepidoptera, Noctuidae) (© G. Mascarel l); B :
en vol, une force de torsion se développe, créant
entre le trochanter et le fémur chez une femelle
un plissement de l'exosquelette qui résulte en un de pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis, Lepidoptera,
stimulus. Un signal nerveux est alors produit et Pyralidae) (© F. Marion-Poli), montrant les nombreux
il est transmis vers le système nerveux central mécanorécepteurstrichoïdes (Tr). La barre horizontale
(Gnatzy et al., 1987) ; représente 33 IJm.
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La réception sensorielle chez les insectes
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Interactions insectes-plantes
œ
Figure 8-6- Schéma dorganisaüondes
,.~~!~ sensillescuticu1aires chirnioréceptrices
°0 . . 00 08, ~ chez les insectes (F. Ma rion-Pol I,
'..
Pore apical ~/iJ:>' O"; I~
d'après Hansen, 1978).
1 '.#4&."
TP SW Le schéma central représente une coupe
longitudinale de sensille gustative
~~
Dendrite_ typique. Celle-ci est composée de
Membrane
-, Corps
DW mécanorécepteurs). Les cellules accessoires
ont pour fonction de mettre en place
articulaire\ tubulaire
-, l'appareil cuticulaire (la soie, la membrane
/ articulaire et la gaine interne) puis elles
\ / se modifient en cellules sécrétrices,
responsables de la composition de la
lymphe sensillaire qui établit un milieu
Jonction aqueux tampon entre le milieu extérieur et
/ septée les neurones sensoriels. De part et d'autre
de ce schéma sont représentées des coupes
transversales de sensilles, respectivement
gustatives(TP = « terminalpore») à gauche
et olfactives (SW = «single wall sensilla»,
Membrane DW = «double wall sensilla»] à droite.
basale Les sensilles olfactives ont exactement
Cellule / la même organisation que les sensilles
tormogène gustatives et ne s'en distinguent que par la
présence de pores sur toute la surface de
Trichogène / Neurone la soie externe, contrairement aux sensilles
chimiorécepteur gustatives qui n'ont qu'un pore terminal ou
une couronne de pores.
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La réception sensorielle chez les insectes
La nomenclature la plus ancienne répertorie Quand elles sont gustatives, on les dénomme le
quatre types principaux de sensilles chimioré- plus souvent chaétiques (sensilla chaetica), car
ceptrices : les trichoïdes, les basiconiques, les elles présentent dans ce cas une extrémité plus
coeloconiques et les placoïdes (Chapman, 1998; arrondie due à leur unique pore terminal.
Daly et al., 1998); voir aussi chapitre 23 de la Lessensilles basiconiques, en forme de cône, sont
partie 4). plus courtes et sont plutôt impliquéesdans l'olfac-
Les sensilles trichoïdes (fig.8-7A) (Zacharuk, tion (Zacharuk, 1985). On les rencontre le plus
1985), se rencontrent souvent sur les organes de souvent sur les antennes (fig. 8-7B). Cependant,
l'insecte, antennes, pattes et organe de ponte. Si elles peuvent être présentessur lespiècesbuccales
elles possèdent des pores disséminés à la surface, et sur d'autres parties du corps de l'insecte.
elles sont olfactives (par exemple les récepteurs Lessensilles coeloconiques présentent une petite
de phéromones sexuelles), si elles ont un pore sensille multiporeuse au centre d'une invagina-
terminal, elles sont gustatives. Si elles possè- tion circulaire de la cuticule (Zacharuk, 1985);
dent une membrane articulaire basale, elles sont fig. 8-7C). Elles sont impliquées dans l'olfaction.
probablement également mécanoréceptrices. On les trouve le plus souvent sur les antennes.
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Interactions insectes-plantes
Les sensilles placoïdes (sensilla placodea) ont détectant des odeurs de plantes sont qualifiées
une forme de plaques plus ou moins invaginées de General Odorant Binding Proteins (GOBP).
et plus ou moins ovales. Elles sont multipo- Ces protéines sont sécrétées par les cellules acces-
reuses et impliquées dans l'olfaction (Kaissling et soires de chaque sensille et constituent l'espèce
Renner, 1968); fig. 8-7D). On les rencontre sur chimique présente à la plus forte concentration
les antennes de Coléoptères, d'Hyménoptères, dans la lymphe de la sensille. Les membranes
de certains Hémiptères comme les pucerons, de dendritiq ues des neurones olfactifs portent des
certains Thysanoptères comme les thrips, mais récepteurs olfactifs maintenant bien décrits
ellessemblent absentes chez les Lépidoptères. chez la drosophile et quelques espèces d'insectes
(Bombyx mori [Lepidoptera, BombycidaeJ, Apis
Fonctionnement mellifera [Hymenoptera, Apidae], Tribolium
des sensilles olfactives [Coleoptera, TenebrionidaeJ, moustiques.. .).
Reconnaissance membranaire
Les chimiorécepteurs olfactifs sont principale-
ment rencontrés chez les insectessur les antennes.
On trouve également des sensiIles olfactives
en plus petit nombre sur les pièces buccales
(Orthoptères par exemple), sur les palpes maxil-
laires (Diptères évolués, larves de Lépidoptères)
et parfois en petit nombre sur l'ovipositeur (ou
organe de ponte). Ils sont impliqués dans la loca-
lisation à distance de la nourritu re, des sites de
ponte et du partenaire sexuel (antennes) et dans
J'analyse des odeurs du substrat alimentaire ou de Antennes d'u n papillon Sphingidae (Lepidoptera)
ponte (pièces buccales, ovipositeur). La plupart (© Th. Colin).
des odeurs étant plutôt lipophiles (solubles dans
les lipides), elles seraient facilement adsorbées Transduction
par les lipides épicuticulaires des sensilles et
diffu seraient vers les neurones olfactifs par de Une des caractéristiques des chimiorécepteurs
est de traduire un signal chimique v éhicul é par
minuscules pores répartis sur toute la surface
des sensilles (fig. 8-6). Comme le milieu qui les protéines sensiUai res en signal électrique par
entoure les dendrites des neurones olfactifs est dépolarisation membranaire des dendr ites.
aqueux, elles se lieraient à des protéines spéci- Les récepteurs olfactifs sont des protéines à sept
fiques solubles dans l'eau et présentes en grande domaines transmembranaires qui formeraient
quantité dans la lymphe de la sensille, protéines des dimères entre un récepteur olfactif respon-
liant des odeurs (Odorant Binding Proteins, OBP sable de la spécifici té de liaison avec un ligand
en anglais), analogues fonctionnellement à des et un récepteur olfactif partenaire, qui engen-
lipocalines (protéines qui transportent les ligands drerait avec le précédent un canal ionique et/ou
hydrophobes chez les vertébrés et les invertébrés). permettrait une interaction avecdes protéines G.
Ces protéines changeraient de conformation à Ces événements initiaux de la transduction sont
proximité de la membrane nerveuse pour délivrer amplifiés par différentes cascadesde transduction
leur ligand. Les OBP exprimées spécifiquement provoquant in fine la génération de potentiels
dans les sensilles répondant aux phéromones d'action transmis jusqu'aux lobes antennaires. La
sexuelles chez les Lépidoptères sont qualifiées réponse est de type phasique/tonique et perdure
de Pheromone Binding Proteins (PBP), tandis pendant une courte période après la suppression
que celles qui sont exprimées dans les sensilles du stimulus.
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La réception sensorielle chez les insectes
Figure 8-8 - Vue en microscopie électronique à balayage de la face ventrale de segments antennaires
d'un mâle de Busseola [usca (barre d'échelle = 100 um) (© M. Chirntawi).
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Interactions insectes-plantes
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