Document : Les Violences Basées sur le Genre (VBG) dans un Contexte d’Urgence
Humanitaire
1. Introduction
Les crises humanitaires, qu'elles soient causées par des conflits armés, des catastrophes
naturelles ou des pandémies, exacerbent les inégalités existantes et augmentent le risque de
violences basées sur le genre (VBG). Ces violences incluent les agressions sexuelles, les
mariages forcés, la traite des êtres humains et les abus émotionnels ou physiques.
Définition des VBG : Les VBG désignent tout acte de violence perpétré sur une
personne en raison de son genre. Elles visent principalement les femmes et les filles,
bien que les hommes et les garçons puissent également en être victimes.
2. Facteurs Exacerbant les VBG en Situation d’Urgence
Effondrement des structures sociales : Le déplacement des populations, la
destruction des infrastructures et la désintégration des systèmes de protection
sociale augmentent les vulnérabilités.
Inégalités de genre préexistantes : Les normes patriarcales et les inégalités profondes
rendent les femmes et les filles plus exposées.
Promiscuité et surpopulation dans les camps de réfugiés ou les abris temporaires,
qui augmentent les risques d'agressions.
Dépendance économique des femmes, amplifiée par la perte de moyens de
subsistance.
Impunité des agresseurs dans des environnements où les systèmes juridiques sont
affaiblis.
3. Types de VBG en Contexte Humanitaire
1. Violences sexuelles : Viol, harcèlement sexuel, exploitation sexuelle par des acteurs
humanitaires ou des membres de la communauté.
2. Mariages forcés et précoces : Accentuation des mariages arrangés pour des raisons
économiques ou de "protection".
3. Violence domestique : Augmentation des violences intrafamiliales dans des
environnements stressants.
4. Traite des personnes : Exploitation sexuelle et travail forcé, souvent liés à des
migrations forcées.
5. Violence économique : Contrôle des ressources ou interdiction de travailler pour les
femmes.
4. Conséquences des VBG
Physiques : Blessures, grossesses non désirées, infections sexuellement
transmissibles, VIH/SIDA.
Psychologiques : Stress post-traumatique, anxiété, dépression, isolement.
Sociales : Stigmatisation des survivantes, marginalisation, rejet par la communauté
ou la famille.
Économiques : Perte d'opportunités éducatives et professionnelles, aggravation de la
pauvreté.
5. Réponse Humanitaire aux VBG
Principes Directeurs :
Do No Harm (Ne Pas Nuire) : Assurer que toutes les interventions évitent de causer
du tort.
Survivor-Centered Approach : Mettre les besoins, la sécurité et le consentement des
survivantes au cœur des réponses.
Confidentialité : Assurer la discrétion pour éviter toute stigmatisation ou représailles.
Actions Clés :
1. Prévention des VBG :
o Sensibilisation et formation des communautés.
o Conception sécurisée des infrastructures (éclairage, accès séparé aux
toilettes).
o Renforcement des capacités locales pour prévenir les abus.
2. Intervention immédiate :
o Assistance médicale d'urgence (kits post-viol, contraception d’urgence,
dépistage du VIH).
o Soutien psychosocial : Psychologues, lignes d’écoute, groupes de soutien.
o Sécurité : Création de refuges ou espaces sûrs pour les survivantes.
3. Renforcement juridique :
o Collaboration avec les autorités pour documenter les cas et poursuivre les
auteurs.
o Plaidoyer pour l'accès à la justice et la réforme des lois discriminatoires.
4. Coordination humanitaire :
o Intégration de la réponse aux VBG dans les clusters humanitaires (santé, abris,
protection).
o Partage de données sécurisées pour améliorer la réponse globale.
6. Défis dans la Réponse aux VBG
Manque de ressources : Budget insuffisant pour les services dédiés aux VBG.
Tabous culturels : Résistance des communautés à aborder ces sujets.
Difficulté d’identification des cas : Les survivantes hésitent souvent à se manifester
par peur de stigmatisation.
Complexité des contextes : Environnements instables, accès limité aux zones
touchées.
7. Recommandations pour Renforcer la Réponse
1. Évaluation des Besoins :
o Identifier les groupes à risque et cartographier les services existants.
2. Renforcement des Capacités :
o Former les humanitaires sur les VBG et les principes de protection.
o Renforcer les structures locales pour la prise en charge des survivantes.
3. Plaidoyer et Mobilisation :
o Sensibilisation des bailleurs de fonds et des gouvernements à l’importance de
la lutte contre les VBG.
o Encourager l’implication des leaders communautaires dans la prévention.
4. Surveillance et Évaluation :
o Suivre les progrès des interventions.
o Utiliser les leçons apprises pour adapter les stratégies.
8. Conclusion
Les violences basées sur le genre dans les situations d’urgence humanitaire nécessitent une
réponse coordonnée et multisectorielle. Une approche centrée sur les survivantes, un
engagement communautaire fort et un soutien des partenaires internationaux sont
essentiels pour prévenir ces violences et assister efficacement les survivantes.
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