Polynomes Matrices
Polynomes Matrices
SIID 1
rationnelles
S1: SIID
S1 : FILIERE
I Définitions
Dans ce chapitre K désignera l’un des corps Q, R ou C.
ALGEBRE
Définition
Un polynôme à coefficients dans K est une expression de la forme
avec n ∈ N et a0 , a1 , . . . , an ∈ K.
L’ensemble des polynômes est noté K[X].
☞ Les ai sont appelés les coefficients du polynôme.
☞ Si tous les coefficients ai sont nuls, P est appelé le polynôme nul, il est noté
0.
☞ On appelle le degré de P le plus grand entier i tel que ai ̸= 0 ; on le note
deg P .
Pour le degré du polynôme nul on pose par convention deg(0) = −∞.
☞ Un polynôme de la forme P = a0 avec a0 ∈ K est appelé un polynôme
TECHNOLOGIE-OUJDA
constant.
Si a0 ̸= 0, son degré est 0.
Exemples
3
✵ X 5 − 3X + est un polynôme de degré 5.
4
✵ X n + 1 est un polynôme de degré n.
✵ 2 est un polynôme constant, de degré 0.
P × Q = cr X r + cr−1 X r−1 + · · · + c1 X + c0
X
avec r = n + m et ck = ai bj pour k ∈ {0, . . . , r}.
ECOLE
i+j=k
Propositions
Propositions
n o
On note Rn [X] = P ∈ R[X] | deg P ≤ n . Si P, Q ∈ Rn [X] alors P + Q ∈ Rn [X].
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
Remarques
☞ R[X] est un
R−espace vectoriel
dont Rn [X] est un sous espace vectoriel.
n
☞ La famille 1, X, · · · , X est la base canonique de Rn [X].
Définition
✵ Les polynômes comportant un seul terme non nul (du type ak X k ) sont appelés
monômes.
✵ Soit P = an X n + an−1 X n−1 + · · · + a1 X + a0 , un polynôme avec an ̸= 0.
On appelle terme dominant le monôme an X n .
Le coefficient an est appelé le coefficient dominant de P .
✵ Si le coefficient dominant est 1, on dit que P est un polynôme unitaire.
1 Division euclidienne
Définition
Soient A, B ∈ K[X], on dit que B divise A s’il existe Q ∈ K[X] tel que A = BQ.
On note alors B|A.
Proposition
Soient A, B, C ∈ K[X].
1 Si A|B et B|A, alors il existe λ ∈ K∗ tel que A = λB.
2 Si A|B et B|C alors A|C.
3 Si C|A et C|B alors C|(AU + BV ), pour tout U, V ∈ K[X].
Exemple
2X 4 − X 3 − 2X 2 + 3X −
X12 − X + 1
− 2X 4 − 2X 3 + 2X 2
X 3 − 4X 2 + 3X − 2X
1 2+X −3
− X3 − X2 + X
−3X 2 + 2X − 1
− −3X 2 + 3X − 3
−X + 2
Exemple
X 4 − 3X 3 + X + 1 X2 + 2
− X4 + 2X 2
−3X 3 − 2X 2 + X +X
1 2 − 3X − 2
− −3X 3 − 6X
−2X 2 + 7X + 1
− −2X 2 −4
7X + 5
2 pgcd
Proposition
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
Cet unique polynôme est appelé le pgcd (plus grand commun diviseur) de A et B que
l’on note pgcd(A, B).
Remarques
Exemple
Exemple
Calculons le pgcd de A = X 5 + X 4 + 2X 3 + X 2 + X + 2 et B = X 4 + 2X 3 + X 2 − 4.
X 5 + X 4 + 2X 3 + X 2 + X + 2 = (X 4 + 2X 3 + X 2 − 4) × (X − 1) + 3X 3 + 2X 2 + 5X −
1 14
X 4 + 2X 3 + X 2 − 4 = (3X 3 + 2X 2 + 5X − 2) × (3X + 4) − (X 2 + X + 2)
9 9
3X 3 + 2X 2 + 5X − 2 = (X 2 + X + 2) × (3X − 1) + 0
Ainsi pgcd(A, B) = X 2 + X + 2.
Définition
3 Théorème de Bézout
Théorème de Bézout
Exemple
Exemple
On en déduit
14 1 1
− D = −A × (3X + 4) + B 1 + (X − 1) × (3X + 4)
9 9 9
1 1 1
Donc en posant U = (3X + 4) et V = − 9 + (X − 1)(3X + 4) = − (3X 2 +
14 14 14
X + 5) on a AU + BV = D.
Corollaire
Soient A et B deux polynômes. A et B sont premiers entre eux si et seulement s’il
existe deux polynômes U et V tels que AU + BV = 1.
Corollaire
4 ppcm
Proposition
Soient A, B ∈ K[X] des polynômes non nuls, alors il existe un unique polynôme
unitaire M de plus petit degré tel que A|M et B|M .
Cet unique polynôme est appelé le ppcm (plus petit commun multiple) de A et B
qu’on note ppcm(A, B).
Exemple
ppcm X(X −2)2 (X 2 +1)4 , (X +1)(X −2)3 (X 2 +1)3 = X(X +1)(X −2)3 (X 2 +1)4 .
Proposition
Soient A, B ∈ K[X] des polynômes non nuls et M = ppcm(A, B). Si C ∈ K[X] est
un polynôme tel que A|C et B|C, alors M |C.
P : K → K, x 7→ P (x) = an xn + · · · + a1 x + a0 .
Définition
Soit P ∈ K[X] et α ∈ K. On dit que α est une racine (ou un zéro) de P si P (α) = 0.
Proposition
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
P (α) = 0 ⇐⇒ X − α divise P
Définition
Proposition
Il y a équivalence entre :
(i) α est une racine de multiplicité k de P .
(ii) Il existe Q ∈ K[X] tel que P = (X − α)k Q, avec Q(α) ̸= 0.
(iii) P (α) = P ′ (α) = · · · = P (k−1) (α) = 0 et P (k) (α) ̸= 0.
Remarque
Par analogie avec la dérivée d’une fonction, si P (X) = a0 +a1 X +· · ·+an X n ∈ K[X]
alors le polynôme P ′ (X) = a1 + 2a2 X + · · · + nan X n−1 est le polynôme dérivé de
P.
2 Théorème de d’Alembert-Gauss
Passons à un résultat essentiel de ce chapitre :
Théorème de d’Alembert-Gauss
Tout polynôme à coefficients complexes de degré n ≥ 1 a au moins une racine dans
C. Il admet exactement n racines si on compte chaque racine avec multiplicité.
Exemple
Exemple
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
Pour les autres corps que les nombres complexes nous avons le résultat plus faible
suivant :
Théorème
Exemple
3 Polynômes irréductibles
Définition
Remarques
Exemples
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
Proposition d’Euclide
4 Théorème de factorisation
Théorème
Théorème
Les polynômes irréductibles de R[X] sont les polynômes de degré 1 ainsi que les
polynômes de degré 2 ayant un discriminant ∆ < 0.
Soit P ∈ R[X] de degré n ≥ 1. Alors la factorisation s’écrit P = λ(X − α1 )k1 (X −
α2 )k2 · · · (X −αr )kr Qℓ11 · · · Qℓss , où les αi sont exactement les racines réelles distinctes
de multiplicité ki et les Qi sont des polynômes irréductibles de degré 2 : Qi =
X 2 + βi X + γi avec ∆ = βi2 − 4γi < 0.
Exemple
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
Exemple
Soit P (X) = X 4 + 1.
✵ Sur C. On peut d’abord décomposer P (X) = (X 2 + i)(X 2 − i). Les racines
de P sont donc les racines carrées complexes de i et −i. Ainsi P se factorise
dans C[X] :
√ √ √ √
2 2 2 2
P (X) = X − 2
(1 + i) X + 2
(1 + i) X − 2
(1 − i) X + 2
(1 − i) .
✵ Sur R. Pour un polynôme à coefficient réels, si α est une racine alors ᾱ aussi.
Dans la décomposition ci-dessus on regroupe les facteurs ayant des racines
conjuguées, cela doit conduire à un polynôme réel :
h √ √ i h √ √ i
2 2 2 2
P (X) = X− 2
(1 + i) X − 2
(1 − i) X+ 2
(1 + i) X + 2
(1 − i)
h √ ih √ i
P (X) = X 2 + 2X + 1 X 2 − 2X + 1 ,
qui est la factorisation dans R[X].
IV Fractions rationnelles
Définition
Une fraction rationnelle à coefficients dans K est une expression de la forme
P
F =
Q
✵ Vérifier que
1 a b
= +
X2 + 1 X +i X −i
1 1
avec a = i, b = − i.
2 2
✵ Vérifier que
X 4 − 8X 2 + 9X − 7 −1 2 −1
=X +1+ + +
(X − 2)2 (X + 3) (X − 2)2 X −2 X +3
P = QE + R
donc
P R
=E+
Q Q
où deg R < deg Q.
La partie polynomiale est donc le quotient de cette division.
R
Et on s’est ramené au cas d’une fraction avec deg R < deg Q.
Q
Voyons en détails comment continuer sur un exemple.
Exemple
P X 5 − 2X 3 + 4X 2 − 8X + 11
Décomposons la fraction = .
Q X 3 − 3X + 2
✵ Première étape : partie polynomiale. On calcule la division euclidienne de P
par Q : P (X) = (X 2 + 1)Q(X) + 2X 2 − 5X + 9.
Donc la partie polynomiale est E(X) = X 2 + 1 et la fraction s’écrit
P (X) 2
2X 2 − 5X + 9
=X +1+ .
Q(X) Q(X)
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
2X 2 − 5X + 9
Notons que pour la fraction le degré du numérateur est stric-
Q(X)
tement plus petit que le degré du dénominateur.
✵ Deuxième étape : factorisation du dénominateur. Q a pour racine évidente
+1 (racine double) et −2 (racine simple) et se factorise donc ainsi Q(X) =
(X − 1)2 (X + 2).
✵ Troisième étape : décomposition théorique en éléments simples. Le théorème
de décomposition en éléments simples nous dit qu’il existe une unique dé-
composition :
P (X) a b c
= E(X) + + + .
Q(X) (X − 1)2 X −1 X +2
Nous savons déjà que E(X) = X 2 + 1, il reste à trouver les nombres a, b, c.
✵ Quatrième étape : détermination des coefficients. Voici une première façon
de déterminer a, b, c.
a b c
On récrit la fraction + + au même dénominateur et
(X − 1)2 X −1 X +2
2X 2 − 5X + 9
on l’identifie avec :
Q(X)
a b c (b + c)X 2 + (a + b − 2c)X + 2a − 2b + c
+ + =
(X − 1)2 X −1 X +2 (X − 1)2 (X + 2)
qui doit être égale à
2X 2 − 5X + 9
.
(X − 1)2 (X + 2)
On en déduit b + c = 2, a + b − 2c = −5 et 2a − 2b + c = 9.
Cela conduit à l’unique solution a = 2, b = −1, c = 3. Donc
P X 5 − 2X 3 + 4X 2 − 8X + 11 2 −1 3
= = X2 + 1 + + + .
Q X 3 − 3X + 2 (X − 1)2 X −1 X +2
a b c
+ +
(X − 1)2 X −1 X +2
P′
Pour déterminer a on multiplie la fraction par (X − 1)2 et on évalue en x = 1.
Q
Tout d’abord en partant de la décomposition théorique on a :
P ′ (X) (X − 1)2
F1 (X) = (X − 1)2 = a + b(X − 1) + c donc F1 (1) = a
Q(X) X +2
D’autre part
2
P ′ (X) 2
2X 2 − 5X + 9 2X 2 − 5X + 9
F1 (X) = (X−1) = (X−1) = donc F1 (1) = 2
Q(X) (X − 1)2 (X + 2) X +2
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
On en déduit a = 2.
On fait le même processus pour déterminer c : on multiplie par (X + 2) et on évalue
en −2. On calcule
P ′ (X) 2X 2 − 5X + 9 X +2 X +2
F2 (X) = (X + 2) = =a +b +c
Q(X) (X − 1)2 (X − 1)2 X −1
P ′ (X) a b c
= + +
Q(X) (X − 1)2 X −1 X +2
en x = 0, on obtient :
P ′ (0) c
=a−b+
Q(0) 2
9 c c 9
Donc =a−b+ . Donc b = a + − = −1.
2 2 2 2
Soit P/Q une fraction rationnelle avec P, Q ∈ R[X], pgcd(P, Q) = 1. Alors P/Q
s’écrit de manière unique comme somme :
✵ d’une partie polynomiale E(X),
a
✵ d’éléments simples du type ,
(X − α)i
aX + b
✵ d’éléments simples du type .
(X 2 + αX + β)i
Où les X −α et X 2 +αX +β sont les facteurs irréductibles de Q(X) et les exposants
i sont inférieurs ou égaux à la puissance correspondante dans cette factorisation.
Exemple
P (X) 3X 4 + 5X 3 + 8X 2 + 5X + 3
=
Q(X) (X 2 + X + 1)2 (X − 1)
Comme deg P < deg Q alors E(X) = 0. Le dénominateur est déjà factorisé sur R
car X 2 + X + 1 est irréductible.
La décomposition théorique est donc :
P (X) aX + b cX + d e
= + + .
Q(X) (X 2 + X + 1)2 X2 + X + 1 X −1
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
Il faut ensuite mener au mieux les calculs pour déterminer les coefficients afin
d’obtenir :
P (X) 2X + 1 −1 3
= + + .
Q(X) (X 2 + X + 1)2 X2 + X + 1 X −1
tèmes linéaires
S1: SIID
S1 : FILIERE
I Calculs matriciels
1 Définitions
ALGEBRE
Définition
☞ Une matrice A est un tableau rectangulaire d’éléments de R
☞ A est dite de taille n × p si elle a n lignes et p colonnes
TECHNOLOGIE-OUJDA ALGEBRE
a1,1 a1,2 ... a1,j ... a1,p
a2,1 a2,2 ... a2,j ... a2,p
... ... ... ... ... ...
A=
a
i,1 ai,2 ... ai,j ... ai,p
... ... ... ... ... ...
ou
A = ai,j 1⩽i⩽n
.
1⩽j⩽p
Remarques
A = a1,1 a1,2 . . . a1,p
a1,1
a
2,1
☞ Matrice colonne ou vecteur colonne p = 1 : A =
..
.
an,1
☞ Matrice nulle 0n,p ou 0 : matrice dont tous les coefficients sont nuls
ECOLE
ECOLE
|
A→ ← AB
× × × × − − − cij
Exemples
✶ Calculons A × B, où
! 1 2
1 2 3
A= et B = −1 1
2 3 4
1 1
1 2
−1 1
! 1 1 !
1 2 3 c11 = 2 c12 = 7
2 3 4 c21 = 3 c22 = 11
✶ Par la même manière, nous calculons A × B, où
! !
1 −2 2 4
A= et B=
−2 4 1 2
!
0 0
On obtient A × B = . Notez ici qu’on un produit A × B même si A
0 0
et B non nuls.
Exercice
Soient les trois matrices :
! ! !
0 −1 4 −1 2 5
A= B= et C= .
0 3 5 4 5 4
Propriétés
Remarques
A−p = (A−1 )p = A
|
−1 −1
A {z· · · A−1} .
p facteurs
Exemple
2 1
Sa résolution est immédiate : a = 1, b = − , c = 0, d = . Il n’y a donc qu’une
3 3
2
1 −
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
Propriétés
(A−1 )−1 = A
AB = AC =⇒ B = C
Exercice
! !
−1 −2 2 1
1 Soient A = et B = . Calculer A−1 , B −1 , (AB)−1 , (BA)−1 ,
3 4 5 3
−2
A .
1 0 0
2 Calculer l’inverse de 0 2 0.
1 0 3
−1 −2 0
2 −1
3 Soit A = 2 3 0. Calculer 2A − A . Sans calculs, en déduire A .
0 0 1
4 Matrices 2 × 2
!
a b
Considérons la matrice 2 × 2 : A = .
c d
Proposition
La méthode pour inverser une matrice A consiste à faire des opérations élémentaires
sur les lignes de la matrice A jusqu’à la transformer en la matrice identité I.
On fait simultanément les mêmes opérations élémentaires en partant de la matrice I. On
aboutit alors à une matrice qui est A−1 . La preuve sera vue dans la section suivante.
N’oubliez pas : tout ce que vous faites sur la partie gauche de la matrice augmentée,
vous devez aussi le faire sur la partie droite.
6 Un exemple
1 2 1
Calculons l’inverse de A = 4 0 −1 .
−1 2 2
Voici la matrice augmentée, avec les lignes numérotées :
1 2 1 1 0 0 L1
(A | I) = 4 0 −1 0 1 0
L2
−1 2 2 0 0 1 L3
On applique la méthode de Gauss pour faire apparaître des 0 sur la première colonne,
d’abord sur la deuxième ligne par l’opération élémentaire L2 ← L2 − 4L1 qui conduit à
la matrice augmentée :
1 2 1 1 0 0
0
−8 −5 −4 1 0
L2 ←L2 −4L1
−1 2 2 0 0 1
Puis un 0 sur la première colonne, à la troisième ligne, avec L3 ← L3 + L1 :
1 2 1 1 0 0
0 −8 −5 −4 1 0
0 4 3 1 0 1 L3 ←L3 +L1
Exercice
! ! !
3 1 2 −3 0 2
1 Si possible calculer l’inverse des matrices : , , ,
7 2 −5 4 3 0
!
α+1 1
.
2 α
!
cos θ − sin θ
2 Soit A(θ) = . Calculer A(θ)−1 .
sin θ cos θ
3 Calculer l’inverse des matrices :
1 0 1 0
1 3 0 2 −2 1 0 2 −2 0
A=
2 1 −1, B = 3 0 5
, C = ,
−1 2 0 1
−2 1 1 1 1 2
0 2 1 3
1 1 1 0 0
2 1 1 1
0 1 2 0 0
1 0 0 1
D=
, E =
−1 1 2 0 0
.
0 1 −1 2
0 0 0 2 1
0 1 1 0
0 0 0 5 3
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
C’est donc le produit des éléments sur la diagonale principale moins le produit des
éléments sur l’autre diagonale.
2 Matrice 3 × 3
Soit A ∈ M3 (R) une matrice 3 × 3 :
a11 a12 a13
A = a21 a22 a23 .
det A = a11 a22 a33 + a12 a23 a31 + a13 a21 a32 − a31 a22 a13 − a32 a23 a11 − a33 a21 a12 .
Exemple
2 1 0
Calculons le déterminant de la matrice A = 1 −1 3.
3 2 1
Par la règle de Sarrus :
det A = 2 × (−1) × 1 + 1 × 3 × 3 + 0 × 1 × 2
− 3 × (−1) × 0 − 2 × 3 × 2 − 1 × 1 × 1 = −6.
Attention : Cette méthode ne s’applique pas pour les matrices de taille supérieure
à 3. Nous verrons d’autres méthodes qui s’appliquent aux matrices carrées de toute
taille et donc aussi aux matrices 3 × 3.
Définition
a11 · · · a1j · · · a1n
. .. ..
.. . .
A = ai1 · · · aij ··· ain
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
.. .. ..
. . .
an1 · · · anj · · · ann
n
(−1)i+j aij det(Aij )
X
1 ⩽ ∀i ⩽ n, det(A) =
j=1
Exemple
5 0 6
Calculons le déterminant de la matrice A = 3 7 1
2 0 4
5 0 6
det(A) = 3 7 1
2 0 4
3
(−1)i+2 ai2 det(Ai2 )
X
=
i=1
= (−1)1+2 a12 det(A12 ) + (−1)2+2 a22 det(A22 ) + (−1)3+2 a32 det(A32 )
3 1 5 6 5 6
= (−1) × 0 +1×7 + (−1) × 0
2 4 2 4 3 1
= 0 + 7 × (5 × 4 − 6 × 2) + 0
= 56
Remarque
+ −
Déterminant d’ordre 2 :
− +
+ − +
Déterminant d’ordre 3 : − + −
+ − +
Propriété
lonnes).
✵ Un déterminant change de signe si l’on effectue un nombre impair de permu-
tations.
(Si par exemple, on permute deux lignes uniquement ou deux colonnes uni-
quement).
✵ Un déterminant est linéaire par rapport à chaque ligne et à chaque colonne ;
(si l’on multiplie tous les éléments d’une ligne ou d’une colonne par le même
n
X
Li ← Li + αk Lk , k ̸= i.
k=1
Exemple
2 −1 3 −4
2 0 4 −5
Soit la matrice A =
−2 4 3 1
0 −3 1 −1
2 −1 3 −4
2 0 4 −5
det(A) =
−2 4 3 1
0 −3 1 −1
2 −1 3 −4
0 1 1 −1
=
0 3 6 −3
0 −3 1 −1
1 1 −1
1+1
= (−1) × 2 3 6 −3
−3 1 −1
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
1 1 −1
1+1
= (−1) × 2 3 6 −3
−3 1 −1
1 1 −1
= 2 3 6 −3
−3 1 −1
1 1 −1
= 2 0 3 0
0 4 −4
!
3 0
= 2 (−1)1+1 × 1
4 −4
= 2(3 × (−4) − 0 × 4)
= −24
Proposition
(−1)i+j det(Aij ).
Étapes de l’inversion :
1
✵ On en déduit l’inverse de la matrice A : A−1 = C T (A) .
det(A)
Exemple
−1 2 −1
Calculer l’inverse de A= 2 3 1
2 −2 1
Calcul du déterminant de A :
−1 2 −1
det(A) = 2 3 1
2 −2 1
3 1 2 −1
= (−1)1+1 × (−1) + (−1)2+1 × 2 + (−1)3+1 × 2 2
3
−1
1
−2 1 −2 1
= 5
La comatrice de A :
3 1 2 1 2 3
+ − +
−2 1 2 1 2 −2
2 −1 −1 −1 −1 2
C(A) = − + −
−2 1 2 1 2 −2
2 −1 −1 −1 −1 2
+ − +
3 1 2 1 2 3
5 0 −10
= 0 1 2
5 −1 −7
5 0 5
T
La transposée de la comatrice de A : C (A) = 0
1 −1
.
−10 2 −7
L’inverse de A :
1
A−1 = C T (A)
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
det(A)
1 5 0 5
= 0 1 −1
5 −10 2 −7
1 0 1
1 −1
0
=
5 5
2 −7
−2
5 5
✵ Les coefficients aij et les secondes membres bi sont des éléments donnés de R.
✵ Les inconnues x1 , x2 , ..., xp sont à chercher dans R.
✵ Le système homogène associé à (S) est le système obtenu en remplaçant les bi par
0.
✵ Une solution de (S) est un p-uplet (x1 , x2 , · · · , xp ) qui vérifie simultanément les n
équations de (S). Résoudre (S) signifie chercher toutes les solutions.
2 Système de Cramer
Définition
Remarque
Il y a équivalence entre
☞ Le système est de Cramer.
☞ Le système homogène associé n’admet que le vecteur nul comme solution.
☞ La matrice A est inversible.
☞ det(A) ̸= 0.
3 Méthodes de résolution
1. La règle de Cramer :
x1
x
2
.. donnée, pour
Un système de Cramer d’ordre n admet une solution unique x =
.
xn
tout 1 ⩽ i ⩽ n, par :
Exemple
x1 + 3x2 + 4x3 = 50
Soit le système (S)
3x1 + 5x2 − 4x3 = 2
4x1 + 7x2 − 2x3 = 31
1 3 4
La matrice du système est : A = 3 5 −4.
4 7 −2
1 3 4
On a det(A) = 3 5 −4 = −8 ̸= 0.
4 7 −2
Le système est donc de Cramer, il admet une solution unique donnée par :
50 3 4
2 5 −4
31 7 −2 −24
x1 = = = 3.
det(A) −8
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
1 50 4
3 2 −4
4 31 −2 −40
x2 = = = 5.
det(A) −8
1 3 50
3 5 2
4 7 31 −64
x3 = = = 8.
det(A) −8
Exemple
x1 + 3x2 + 4x3 = 50 L1
Soit le système (S)
3x1 + 5x2 − 4x3 = 2 L2
4x1 + 7x2 − 2x3 = 31
L3
Élimination de x1 dans L2 et L3
x1 + 3x2 + 4x3 = 50
x2 + 4x3 = 37 L2 ← L2 − 3L1
5x2 + 18x3 = 169 L3 ← L3 − 4L1
Élimination de x1 dans L2 et L3 :
x1 + 3x2 + 4x3 = 50
x2 + 4x3 = 37 L2 ← L2 − 3L1
5x2 + 18x3 = 169 L3 ← L3 − 4L1
Élimination de x2 dans L3 :
x1 + 3x2 + 4x3 = 50
x2 + 4x3 = 37
2x3 = 16 L3 ← L3 − 5L2
D’où de L3 : x3 = 8,
puis de L2 : x2 = 37 − 4x3 = 5,
et enfin de L1 : x1 = 50 − 3x2 − 4x3 = 3.
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
Remarque
Exemple 1
2x1 + x2 − 2x3 + 3x4 = 1 L1
Soit le système (S)
3x1 + 2x2 − x3 + 2x4 = 4 L2
3x1 + 3x2 + 3x3 − 3x4 = 5 L3
On effectue les opérations élémentaires suivantes pour faire disparaître les x1 des
lignes 2 et 3 :
2x1 − x2 − 2x3 + 3x4 = 1
x2 + 4x3 − 5x4 = 5 L2 ← 2L2 − 3L1
3x2 + 12x3 − 15x4 = 7 L3 ← 2L3 − 3L1
2x1 − x2 − 2x3 + 3x4 = 1
x2 + 4x3 − 5x4 = 5 L2 ← 2L2 − 3L1
3x2 + 12x3 − 15x4 = 7 L3 ← 2L3 − 3L1
2x1 − x2 − 2x3 + 3x4 = 1
x2 + 4x3 − 5x4 = 5
0 = −8 L3 ← L3 − 3L2
La dernière équation permet d’affirmer que le système n’a pas de solution.
Exemple 2
x1 + 2x2 − 2x3 = 2 L1
Soit le système (S)
2x1 + 4x2 − 3x3 = 5 L2
5x1 + 10x2 − 8x3 = 12
L3
x1 + 2x2 − 2x3 = 2
x3 = 1 L2 ← L2 − 2L1
L3 ← L3 − 5L1
2x3 = 2
ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE-OUJDA
x1 + 2x2 − 2x3 = 2
x3 = 1
L3 ← L3 − 2L2
0x3 = 0
x1 + 2x2 − 2x3 = 2
x3 = 1
L3 ← L3 − 2L2
0x3 = 0
x1 + 2x2 − 2x3 = 2
x3 = 1
En reportant x3 = 1 dans la première équation, il vient x1 = 4 − 2x2 , x2 ∈ R.
Donc le système admet une infinité de solutions données par
x1 = 4 − 2x2 , x2 ∈ R, x3 = 1.