Culture Juive
Culture Juive
SOMMAIRE :
B COMME BD
C COMME CULTURE INTERIORISEE DES JUIFS D’AFRIQUE DU NORD
D COMME DANSE YIDDISH
J COMME JEWPOP
J COMME JUDEO ESPAGNOL
S COMME SYNAGOGUES
Y COMME YIDDISH
Z COMME ZURICH
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b comme bd
Par Stéphanie Lafourcatère Publié le 09/01/2012 à 15H59, mis à jour le 09/01/2012 à 17H05
Une exposition inédite est à découvrir jusqu'au 11 janvier 2012 au Centre culturel André
Neher à Nantes. Elle esquisse les liens entre identité juive et bande dessinée. On y retrouve,
présentée de manière ludique, la production d'auteurs juifs, mais aussi les oeuvres de toute
une série de dessinateurs qui parlent de judéité, pour certains avec précision historique, pour
d'autres avec humour ou dérision.
Que peuvent bien avoir en commun "Superman", "Astérix" ou "Le Chat du Rabbin"? Ces
bandes dessinées ont toutes un point de vue qui leur est propre sur l'identité juive ou plutôt les
identités juives tant elles peuvent prendre des formes multiples. C'est ce que l'on constate dans
cette exposition. Personnages principaux ou secondaires, les juifs sont de toutes les aventures,
historiques, épiques ou drôlatiques. Dans "Le Chat du Rabbin", Joann Sfar en donne une
illustration emblématique avec son matou doué de parole. S'adressant pour la première fois à
son maître qui est rabbin, il l'interroge : "Est-ce que moi, je suis juif?" La réponse sera
positive et déclenchera une comédie humaniste autour de la culture, des traditions et de la
religion juive.
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Le Chat du rabbin, le film. © Joann Sfar et Antoine Delesvaux
A sa manière, Superman puise aussi dans la culture juive. Dans les années 30, Jerry Siegel et
Joe Shuster ont inventé une icône qui fait figure de métaphore de l'intégration de l'immigrant
juif américain. Le héros n'est pas juif, mais on relève certains indices comme la référence au
golem, une créature d'argile façonnée par un rabbin pour protéger les juifs de Prague, ou
encore le fait que ses parents portent des noms hébreux.
Autre manière d'aborder les identités juives : la narration mémorielle. Son plus illustre
représentant est sans nul doute Art Spiegelmann. Figure de proue de la BD underground
américaine des années 70 et 80. De 1981 à 1991, il publie "Maus", une oeuvre monumentale
qui traite de la persécution des juifs dans les années 30 et 40 et de ses relations avec son père.
Un témoignage qui lui a valu le Prix Pulitzer en 1992.
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Aujourd'hui encore, la question de l'identité juive inspire les artistes de BD. On peut citer
deux publications récentes : "Nous n'irons pas voir Auschwitz" (Editions Cambourakis). Son
auteur Jérémie Dres part avec son frère à la recherche de leurs origines en Pologne à la
rencontre de la communauté juive. Dans "Chroniques de Jérusalem" (Editions Delcourt), le
Canadien Guy Delisle livre ses observations inattendues après un an passé en Israël au coeur
des trois religions monothéïstes.
L'exposition a été conçue par le Fonds Social Juif Unifié (FSJU) dans le cadre d'un projet de
"caravane culturelle" qui apporte ainsi aux centres culturels régionaux, un support
iconographique clé en main. Elle sera présentée à travers toute la France jusqu'au 30 juin
2012.
A noter également sur ce même thème, que le Mémorial de la Shoah à Paris présente jusqu'au
4 mars 2012, "Mus / Mouse / Maus", des oeuvres dérivées de "Maus". 26 artistes suédois ont
réinterprété le roman d'Art Spiegelman en reprenant les souris, les chats et les lapins qui
parcourent son récit.
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C COMME CULTURE INTERIORISEE
DES JUIFS D’AFRIQUE DU NORD
LA CULTURE TRADITIONNELLE INTERIORISÉE DES JUIFS
Bonne lecture !
En effet, selon C.Kluchkohn et Murray (1961) la culture peut–être définie à deux niveaux :
1) le premier, le niveau observable, comme les régularités et les identités dans les
comportements observés chez certains individus et dans la multitude des aménagements qui
découlent de ces aménagements. Ces aménagements comme ces comportements sont des
manifestations extérieures observables directement, comme la langue, la méthode d’élever les
enfants, l’habitat, les rites, les traditions, l’art, les techniques, les institutions etc. Cette partie
est plus ou moins consciente et elle a une dimension affective. Mais pour expliquer ces
régularités, les anthropologues ont parlé de culture intériorisée, subjective, psychologique. 2)
La culture intériorisée ou subjective : c’est la représentation intérieure de ces modèles de
comportement, sous forme de normes, de croyances, valeurs-attitudes, mentalités,
comportements cognitifs, de réactions affectives, en un mot les facteurs psychologiques
modaux (qu’on retrouve chez un très grand nombre d’individus mais pas chez tous) qui
caractérisent les membres d’un ensemble social donné. Si on comparait la culture à un
iceberg, sa partie apparente serait le niveau observable qui est relativement conscient et la
partie cachée, la plus importante, serait la culture intériorisée dans l’homme dont il a peu
conscience et qui a une dimension affective très importante
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C’est cette partie cachée de l’iceberg, cette culture subjective, traditionnelle des Juifs
d’Afrique du Nord qui sera développée ici ; celle qui existait chez nos grands parents, arrières
grands – parents, transmis à nos parents et même à certains d’entre nous qui ont actuellement
plus de 50 ans, transmission à des degrés divers d’importance et de conscientisation, selon les
individus, leurs appartenances sociales, leurs pays et leurs villes d’origine. En effet, même
durant le protectorat français, un grand nombre ont continué à vivre selon ce cadre culturel,
empruntant à la modernité quelques traits qui ne changeaient pas fondamentalement la culture
d’origine ; et ensuite, dans les pays d’émigration les plus importants ont été maintenus de
façon variable certains aspects de cette culture.
Ainsi, pour un certain nombre des Juifs d’Afrique du Nord, des pans entiers de cette
culture existent encore dans leur mémoire ou dans leur façon d’être et de se comporter
et ils en ont gardé le sens. Pour d’autres, ce sont des fragments qui subsistent avec un fort
contenu émotionnel – car ils se relient à la famille, à la jeunesse ou à une nostalgie du passé
d’autant plus forte q’il y a eu un déracinement ; mais ils en ont perdu une partie importante de
leurs significations. Enfin pour certains dont je fais partie, ce sont des bribes disparates
éclatées, sans lien entre elles. Ces différences sont liées au degré d’acculturation qui varie
suivant l’ancienneté de la colonisation dans le pays d’origine, suivant le degré de pénétration
de l’occidentalisation et de la culture française dans les régions et les classes sociales au sein
d’un même pays.[3] Sans parler du niveau d’instruction acquis dans les écoles françaises ou
de l’Alliance Israélite qui a été un facteur prépondérant d’acculturation, quelle que soit la
classe sociale d’appartenance. Mais, il faut le dire, pour tous ceux qui ont grandi sous le
régime colonial, le rouleau compresseur de l’assimilation s’est fait sentir puissamment et avec
lui, une grande dévalorisation de cette culture traditionnelle. En effet, tous ceux qui ont pris
en retard le train de la francisation et de la modernité étaient perçus généralement de façon
négative par les « modernes » qui les considéraient comme des « arriérés. », « des
primitifs ». La mission civilisatrice de la France, puis l’émigration a englouti et dévalorisé
cette culture traditionnelle en un laps de temps très court, aliénant les membres de ces
communautés de leurs racines profondes, tout en les ouvrant à l’émancipation, à la
reconnaissance de leurs droits, à la modernité, à une langue et une culture de haut niveau. Ce
processus s’est accentué avec la migration en France. Il s’est orienté différemment avec la
migration en Israël
Pourquoi cette recherche sur cette culture en voie de disparition. ? Pour deux raisons : l’une
scientifique et l’autre personnelle.
La raison scientifique : Vu cette dislocation, cette disparition presque totale de cette culture
juive traditionnelle, il est indispensable de tenter de reconstituer une modélisation en un tout
cohérent et fonctionnel qui est le propre de chaque culture, afin de redonner du sens à des
éléments disparates. De plus, il ne suffit pas de penser que par expérience, on connaisse sa
culture. En fait, chacun en a une vue restreinte et individualisée liée à son histoire propre, ce
qui fait qu’il est aveugle au processus général. Donc la reconstitution du tout est indispensable
afin que cette culture ne disparaisse pas du patrimoine de l’humanité.
Une raison plus personnelle. Je dirai que j’appartiens à la troisième génération d’acculturation
des Juifs de Tunisie, à cette génération qui a connu presque essentiellement la culture
française et les modes de vie moderne. Ainsi, trois de mes grands parents ne parlaient pas le
Français, ils étaient tous profondément religieux, et moi, je ne comprends pas le judéo-arabe,
je suis peu attirée par la musique orientale et je me définis comme juive laïque. De plus,
comme beaucoup de ma classe sociale, je portais en Tunisie un regard réprobateur, voir
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dévalorisant sur toutes les manifestations « arabes » de nos modes de vie. J’ai émigré en 1951,
à 19 ans en Israël dans le cadre d’un mouvement sioniste pionnier de gauche[4] et j’ai vécu
dans le pays 18 ans. Quoique je me sois moulée à l’idéal sioniste de créer un nouveau type de
Juif, un Israélien parlant l’hébreu et se débarrassant des oripeaux de sa Diaspora d’origine,
j’ai pris conscience à un moment donné de la nécessité de connaître mes racines, d’autant plus
que là-bas, c’était le patrimoine ashkénaze qui était prégnant. S’est éveillé en moi la question
du « qui suis-je ? ». :- De culture et d’éducation française, certes, mais je n’avais jamais vécu
en France et n’avais pas la nationalité française ? – Israélienne, tout à fait, par choix et
engagement, partageant ses valeurs ; mais pas seulement cela ? - Juive d’Afrique du Nord,
oui, ce sont mes origines mais à quoi cela correspondait-il pour moi, puisqu’il ne restait
presque rien de mes racines et je n’avais pas conscience de ses vestiges en moi ?
Cette quête identitaire s’est renforcée à partir du constat, dans les années 50 et 60, des
difficultés d’adaptation en Israël d’un grand nombre de Juifs d’Afrique du Nord et en
particulier de Juifs marocains qui avaient fait leur « Alya»[5] en masse, à cette époque.
Je confrontais les jugements critiques, souvent méprisants et les préjugés négatifs que
portait une partie de la société israélienne sur ces immigrés. Et là, je me suis demandée
pourquoi ces difficultés d’intégration ? Pourquoi ces jugements dévalorisants à leurs
égards ? et ceci, bien que n’ayant pas vécu personnellement ces expériences, car installée
dans un Kibboutz. Tous ces questionnements m’ont amenée à vouloir connaître ce
patrimoine, en faisant une recherche sur le sujet.
Le deuxième objectif était d’étudier les processus d’acculturation[7] qu’ont vécus les Juifs,
d’abord en Afrique du Nord puis en France. Ces processus ayant été longuement décrits par
ailleurs, nous avons jugé bon de présenter ici, dans une deuxième partie, les évolutions peu
prévisibles, celles qui se placent en continuité avec la culture traditionnelle : Évolutions
inattendues vers l’hyper orthodoxie alors que tout le monde estimait que la troisième
génération en France allait devenir Juifs et Français et en Israël se fondrait dans le creuset
israélien ; bref, dans les deux cas, elle perdrait sa spécificité de Juifs du Maghreb. Je
présenterai en deuxième partie cette évolution.
Cette recherche s’est déroulée entre 1971 et 1974 (Cohen 1974) auprès d’un groupe de
migrants arrivés en France au cours des années qui ont suivi la décolonisation. Les critères de
sélection étaient : qu’ils vivaient dans le nouveau pays entre 5 et 10 ans et qu’ils étaient âgés
de 35 ans et plus. Ainsi l’ancienneté de ma recherche présentée ici, 30 ans après, non
seulement ne lui enlève en rien de sa valeur, mais encore lui ajoute de la pertinence car les
sujets interviewés étaient encore peu marqués par les évolutions qui ont pu survenir par la
suite.
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Il reste à éclaircir ici un dernier point, afin que les développements ci- dessous soient
compréhensibles. Cette recherche a porté au départ sur un groupe de Juifs originaires du
Maroc (52 sujets de 35 ans et plus qui étaient en France entre 5 et 10 ans). J’ai choisi
d’interviewer les juifs marocains pour une raison très simple : il était plus facile de retrouver
chez eux ce noyau dur de la culture traditionnelle intériorisée des juifs d’Afrique du Nord,
parce que la colonisation avait été plus courte pour eux que pour les autres pays du Maghreb.
D’où la possibilité de découvrir des dimensions importantes et prégnantes de cette culture
traditionnelle, objet de la recherche, rejoignant ainsi Zafrani (1969 et 1971 ) lorsqu’il écrit que
les juifs marocains ont été moins touchés par la colonisation que les deux autres pays du
Maghreb.
Certes des différences existent entre les trois communautés : systèmes politiques différents,
traditions différentes, sans compter l’apport des Megourachim au Maroc, des Livournais en
Tunisie[8]. Mais, je suis partie de l’hypothèse que, malgré ces différences, ils partageaient des
points fondamentaux qui ont constitué le creuset dans lequel s’est développée cette culture
traditionnelle. J’en citerai quelques-uns : implantation très ancienne des juifs dans les trois
pays du Maghreb, imprégnation de la culture méditerranéenne archaïque qu’elle soit : berbère,
punique, romaine et ensuite contacts intensifs durant des siècles avec la civilisation arabo-
musulmanne dans les trois pays, certes souvent entrecoupés de persécutions. Sans oublier les
échanges importants entre les trois communautés par le commerce et les migrations. Enfin,
une dimension importante les rapproche : la colonisation par la même puissance coloniale.
Taïeb (2003) confirme cette hypothèse : « La perception qu’avait les Juifs de Tunisie de leur
condition politique, le regard qu’il portait sur la société d’accueil et le pouvoir musulman
n’étaient en rien particulièrement originaux. Les mêmes attitudes, les mêmes visions
prévalaient dans les autres régences (…), une même vision théologique du monde, une
histoire voisine aboutissaient fréquemment à souder les réactions et les croyances.( p.129) »
Toutefois, pour tester cette hypothèse, j’ai présenté mes données obtenues par les interviews
de Juifs marocains et des informateurs, à une Juive Tunisienne qui a grandi en Tunisie dans
une famille encore très imprégnée de la culture traditionnelle, mais qui a poursuivi des études
supérieures[9]. Ce double positionnement lui a donné à la fois une connaissance du dedans de
cette culture et une prise de distance accompagnée d’une capacité d’analyse que lui a conférée
la culture française. Cette confrontation entre mes données recueillies chez les Juifs marocains
et les analyses objectives de ses propres expériences, observations, souvenirs, savoirs
implicites chez cette personne ressource d’origine tunisienne, a mis en évidence une grande
proximité entre les deux communautés. On peut même dire : l’existence d’un noyau dur
commun.
Ceci étant posé, une étude scientifique comparative mériterait d’être réalisée pour approfondir
cette comparaison.
On peut dire que le Juif traditionnel d’Afrique du Nord vit à l’intérieur de trois cercles :
Le premier cercle serait celui de ses rapports avec la religion qui fonde le cadre spirituel,
moral et social de toute sa vie, auquel peuvent se rajouter des croyances magiques très
prégnantes dans ces pays. Le deuxième cercle serait celui de ses rapports avec sa
famille dans lequel il s’inscrit dans une interdépendance totale. Le troisième serait celui
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de ses rapports avec le groupe, la communauté envers laquelle il a des obligations car
chacun de ses membres porte la responsabilité du tout. Toute son identité se construit, se
développe et puise sa sécurité à l’intérieur de ces trois cercles. Cette phrase d’une
femme de 39 ans de Mogador résume bien la quintessence de cette identité : « Et quand
je pense, j’aime bien entendre la voix de la synagogue. Il paraît que quand je suis en
famille, je suis gaie. Je pense que je serai contente si j’étais à côté des Israélites, que mes
filles, elles se marient avec des Israélites et je serai heureuse de leur faire le mariage des
Israélites. Et si elles ont aussi des enfants qu’ils fassent la connaissance des Israélites.
J’aime bien passer ma vie à faire tout cela ; et quand je serai vieille, il faut que je sois
près de ma famille qui est en Israël et alors, je voudrais être enterrée près d’eux en
Israël. »
Seront abordés successivement ces trois cercles, en choisissant les valeurs, les normes les
représentations les plus significatives. Nous ne présenterons ici que la mentalité populaire
telle qu’elle se retrouve dans une grande majorité. Nous avons laissé de côté l’élite minoritaire
qui détenait une connaissance approfondie des dogmes de la religion et de la tradition Juive.
Le juif d’Afrique de Nord est avant tout un « homo religiogus », la religion lui fournit des
modèles de comportement et des prescriptions pour tous les domaines de sa vie individuelle et
sociale. Il trouve dans la tradition écrite et orale du Judaïsme, non seulement comment remplir
ses devoirs religieux, mais aussi une hygiène mentale et corporelle, des règles de
comportement envers autrui, sa famille, la nature et une réglementation concernant ses droits
et devoirs envers la communauté, ses institutions juridiques, sociales et commerciales. La
religion a pour l’individu, tant dans son vécu conscient que dans les couches les plus
profondes de son psychisme, une place centrale. Voici quelques unes de ses manifestations :
Pendant des siècles, enfermé dans les murs de son «Mellah » ou « Hara » , tenant à garder à
tout prix sa spécificité, quoique culturellement imprégné par la société arabo- berbère qui
l’entoure, le Juif d’Afrique du Nord a connu une vie baignant dans une atmosphère de
religiosité et de piété intense. Ce qui fait dire à un de nos interviewés : » Nos parents vivaient
comme des patriarches », ou à Saisset (1930 ) « ce peuple qui a créé dans les Mellah de
véritables Jérusalem ». Par les prières à la synagogue où il se rend trois fois par jour et qui
souvent se trouve dans sa maison, par les ablutions rituelles, par l’étude de la Thora, du
Talmud et du Zohar, par le repos sacré du Shabbat, par la célébration des fêtes et des
événement importants qui marquent la vie de l’individu, par les références constantes à
l’histoire Juive aux persécutions et à l’exil, par le rêve de retour à Sion, qu’on retrouve même
dans les jeux des enfants[10], par les prénoms bibliques, par tout cela , la religion a ordonné ,
réglé son monde, délimité son présent, son passé et son futur. Cette vie est donc source de
stabilité et sécurité pour l’individu, malgré la précarité qui l’entoure .
De plus, elle engendre des sentiments de spiritualité intense, tant au niveau des actes les plus
simples de la vie qu’au niveau d’une participation de l’individu à la vie collective. Sebag
(1959) écrit au sujet du ghetto de Tunis : « la vie religieuse là, c’est la vie de toute une
collectivité qui lutte, souffre, en parlant de Dieu ». Haddad Depaz (1988) évoque
l’atmosphère de religiosité qui caractérisait cette communauté dans sa vie quotidienne et à
travers le cycle annuel des fêtes.
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Nous avons retrouvé ces aspects chez nos interviewés. Voici ce que nous dit une femme de
Marrakech (39 ans) : « je me souviens des fêtes endimanchées, la maison merveilleuse, j’ai
une nostalgie, cela me fait mal (elle pleure). Un homme de 42 ans qui avait vécu dans
le Mellah de Casablanca jusqu’à l’âge de 30 ans, dit : « Je suis malade, je suis atteint
moralement de ne pas avoir le temps de me consacrer entièrement à la religion. Cela me
manque !!!».
Ce n’est pas seulement une nostalgie de l’enfance, du pays natal, c’est aussi une recherche
d’une certaine atmosphère, d’une participation intense à une vie religieuse, d’un vécu spirituel
profond qui cimente les liens entre les Juifs minoritaires en pays d’Islam. C’est aussi le vide
laissé par les manifestations de piété collective comme les pèlerinages aux Saints, la « Hillùla
»[11] et les assemblées autour des Tsadiquîm.( Sages)
72% de nos enquêtés, quel que soit leur niveau socio- économique et leur niveau
d’instruction, ont déclaré regretter de ne plus pouvoir suivre cette coutume en France.
Certaines femmes allument toujours des veilleuses à ces occasions. Actuellement on assiste à
un renouveau de cette pratique. Podselver (2003) décrit la reconstitution à Sarcelles, du
pèlerinage de la Ghriba à Djerba. De plus, il faut mentionner que depuis les accords d’Oslo (
avec une interruption avec la deuxième Intifada), des milliers de personnes venus de France
et d’Israël se renent dans l’île tunisienne pour le célébrer, ainsi qu’à El Hamma, autre lieu de
pèlerinage tunisien et au Maroc à Ouerzene.
Cette coutume très importante chez les Juifs d’Afrique du Nord, n’existe pas dans la loi juive ;
elle a été influencée par le Maraboutisme, très vivant chez les Musulmans. du Maghreb. Elle
constitue des temps intenses de ferveurs collectives, de communion avec le Saint, mais aussi
des moments d’extériorisation des douleurs et des peines personnelles.
Sous l’égide d’une coutume institutionnalisée et en présence des autres membres de la
communauté, se produisait un processus d’abréaction affective, une « catharsis » qu’on
retrouve dans toutes les manifestations collectives de religiosité en Orient. Le saint est
généralement, à la fois un être proche car il a vécu avec sa famille au sein de la communauté
et un homme touché par la sainteté, car il était très pieux et avait fait des Mitsvôt ou même des
miracles. Ainsi, il permettait l’identification de tous et assurait la valeur d’unanimité du
groupe.
D’une part, celle de libérer des tensions individuelles en particulier pour les femmes ; il leur
permettait une fois dans l’année ou plus, d’accéder au sacré, d’être directement en contact
physique avec lui. Elles embrassaient le tombeau du Saint, se couchaient sur la dalle tombale
tout en n’étant pas séparées des hommes ; alors quedan leur vie quotidienne, elles ne se
rendaient pas à la synagogue et si elles y allaient, c’était à l’Ezrat Nachîm[12]. D’autre part,
sur le tombeau, elles pouvaient « se libérer », « se lâcher », « exploser » (termes utilisés par
les femmes elles-mêmes). En un mot, elles pouvaient extérioriser leur souffrance, la
« refroidir » et même extérioriser leurs joies. Elles allaient en procession vers le tombeau, en
chantant et dansant. C’était un véritable défoulement pour elles, alors que toute l’année, elles
vivaient sous de fortes et nombreuses contraintes, sans beaucoup de reconnaissance. Dans les
quelques pèlerinages qui ont lieu de nos jours, on retrouve ces mêmes manifestations
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De plus, il était l’occasion de retrouver la famille éparpillée par les migrations, d’arranger les
mariages, de conclure des affaires et de terminer par une grande fête, sorte de kermesse avec
grillades et boissons alcoolisées, tandis que les enfants s’imprégnaient de cette ferveur
collective, tout en s’amusant comme des fous.
Nous avons été frappé dans nos observations sur les familles juives d’Afrique du Nord et chez
nos interviewés en particulier, par la façon dont étaient exprimés les interdits religieux, et par
la plus grande importance accordée aux interdits qui indiquent ce qu’il ne faut pas faire par
rapport aux prescriptions, aux rites qui indiquent ce qu’il faut faire. Voici un certain nombre
de phrases qui ont éveillé notre attention : « Mon père disait que c’est péché de toucher les
cheveux des parents »; « Quand j’ai dit à ma belle-mère de porter des vêtements européens,
elle m’a dit que c’est péché, c’est la religion ! » ; ou encore : « depuis qu’on était jeune, on
nous disait « c’est péché » et ce qu’ils nous ont dit, nos parents, on le dit à nos enfants. »
Le mot péché est la traduction du mot Haram, qui existe en arabe et en hébreu et qui ne se
rapproche en rien du péché dans le sens chrétien. En arabe, dans son premier sens :ce qui est
interdit et dans son deuxième sens : ce qu’il faut respecter, la maison d’Allah. La maison des
femmes, c’est le Haram, le harem.
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tous les cas, il s’agit de préserver l’identité juive minoritaire dans un monde musulman,
dangereux car majoritaire et culturellement très voisin.
On retrouve ces trois sens dans une expression en judéo- arabe tunisien qu’on utilisait si un
enfant ou un adulte agissait de façon répréhensible ou s’il ne suivait pas les lois religieuses,
ou s’il ne respectait pas ses parents et les représentants de la communauté : « Yikhrej men et-
tibâ » c’est à dire : « tu sors du cercle, du giron ou de la norme » Ce qui implique : « attention
tu t’exclus du groupe, donc tu es en danger de perdre ton cadre et ainsi la protection du
giron ! ». Et aussi, « Attention, tu deviens impur et risque de contaminer les membres de la
famille et alors on risque de te rejeter. » Enfin, « attention, tu nous trahis, tu risques de
devenir un Goï, ce qui est la pire abomination. »
Pour résume, en disant h’ram à l’enfant, on voulait éveiller en lui la crainte et l’amener à se
conformer aux règles et traditions. Tout donc devenait religieux et toute transgression était
dangereuse car elle menaçait la pérennité du judaïsme.
Ces notions de pureté et d’impureté étaient fortement intériorisées chez les Juifs d’Afrique du
Nord. Chez nos interviewés, nous avons été frappés par l’emploi fréquent du mot
« purifier » ; « en faisant l’aumône, je me purifie. « ; « Je me purifie en allant sur la tombe
des Saints . »
Dans le même ordre d’idée, signalons la multiplication des jeûnes. En plus des 7 prescrits
par la religion, on pouvait décider par soi-même, de jeûner plusieurs fois dans l’année parce
qu’on avait fait un péché ou pour remercier Dieu d’avoir exaucer un voeu. Les jeûnes dans le
Judaïsme n’ont pas la signification chrétienne de contrition, ce sont des actes de purification
du corps qui permettent l’élévation de l’esprit vers Dieu. Une femme interviewée racontait
que sa grand-mère pouvait jeûner 2-3 jours de suite, et au moment où elle rompait le jeûne,
les membres de sa famille allaient la toucher, embrasser ses mains et goûtaient au premier plat
qu’elle avait consommé, car tout en elle et tout ce qui était touché par elle, étaient porteur
d’une pureté sacrée. On peut se demander, s’il n’y avait pas là, dans la mentalité populaire,
quelque influence de l’Islam qu’on trouve dans le Ramadan qui est purificateur du corps et de
l’esprit, ou dans le Hadj revenant de La Mecque qu’on touche parce qu’il est sacralisé ? On
retrouvait cette attitude de sacralisation à l’égard des juifs qui avaient été en Israël, avant et
juste après la création de l’état. En ayant foulé la Terre Sainte, ils devenaient sacrés .
En fait, c’est le mot casher qui est utilisé pour refléter ces notions de pureté., prises dans le
sens large de l’application des lois de lacachrout, de la nida et aussi les comportements de
respect. On dira d’une femme qu’elle est, « borma cacher », c’est-à-dire une casserole, un
réceptacle casher si elle est capable d’assurer dans la maison l’application de toutes les règles
religieuses et morales ; car la femme est la garante d’une maison casher et cette dernière est le
réceptacle de la pureté de la famille. À l’opposé, les mots :« salir, souiller, souillure, gâter,
pourriture » sont fréquemment utilisés pour caractériser l’impact de certaines expressions
verbales qui vous souillent ou pour parler d’une jeune fille qui fréquente des garçons ou
d’une femme qui ne garde pas suffisamment ses distances avec les hommes. On dira d’une
femme qui a ses règles « manana », qui veut dire en judéo-arabe tunisien, souillée par ses
règles.
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Il s’agit d’une caractéristique importante observée chez les juifs d’Afrique du Nord, la
tendance à adapter les pratiques religieuses aux conditions extérieures, tout en restant
profondément pieux et religieux. Ce qui fait dire que le judaïsme oriental est beaucoup
plus tolérant que celui de l’Europe de l’Est. En effet tant que les conditions sociales ne
les gênent pas, les Juifs d’Afrique du Nord suivent intégralement les pratiques
ancestrales. Mais, dès que les contraintes de la vie quotidienne hors de la communauté
ne le permettent plus, ils enfreignent les prescriptions religieuses ou les adaptent aux
nouvelles réalités. Cependant, ils reviennent intégralement à toutes les pratiques, dès
que les conditions redeviennent possibles. Zafrani ( 1971) montre, d’après les lois et les
textes des rabbins marocains de la fin du XVe siècle jusqu’au début du XXe, combien de fois
il a fallu s’adapter aux usages de la société environnante et même s’effacer devant le minhag
(coutume). Il décrit pour ces communautés, une double fidélité au Judaïsme et à
l’environnement social et culturel. Ainsi, on nous a raconté qu’il existait au Maroc, un office
très matinal pour ceux qui travaillaient le samedi. Et à la fin de leur journée de travail le
shabbat, il venait faire Minha (la prière du soir), comme tous les fidèles. Nos interviewés ont
raconté comment leurs pères acceptaient que les enfants aillent au lycée le samedi et eux-
mêmes travaillaient, tout en respectant intégralement les autres prescriptions du Shabbat. De
même, aller à la Synagogue en voiture étaient tolérés par les rabbins.
Nous nous sommes demandé comment pouvaient se concilier ces deux ordres de choses si
contradictoires : à la fois respecter un ensemble de règles, d’interdits rigoureux et se donner
la possibilité d’enfreindre ces règles lorsque la réalité ne permettait pas de les suivre
? Comment pouvait-on combiner ces deux injonctions paradoxales ? Un début de réponse a
pu être trouvé par les témoignages des interviewés et par l’explication donnée par un de nos
informateurs. Les premiers ont mentionné les réactions de leurs parents très religieux lorsque
leurs enfants, sous l’influence de la modernité et avec la colonisation, ne suivaient plus
scrupuleusement les lois : » Mon grand-père ou ma mère fermait les yeux si je fumais le
samedi dans une autre pièce ou si j’allumais la lumière. C’était comme si ma mère tirait un
rideau devant moi. » ; « Ce qui comptait pour mon père, c’est qu’à la maison, je reste fidèle à
la religion. Ce que je faisais à l’extérieur, il ne voulait pas le savoir »
De son côté l’informateur nous a éclairé sur ce paradoxe, en racontant l’histoire suivante du
folklore juif marocain qui confirme les témoignages cités plus haut. : « Un juif marocain a été
en cachette chez une femme de mauvaise vie, juive. En rentrant chez elle, il n’a pas cherché
la mezouza, mais en sortant, il la cherche. C’est comme si en entrant, il n’était pas lui-même,
mais en sortant, il a repris toutes ses habitudes et est redevenu lui-même ». Cette histoire,
comme les expressions : «fermer les yeux, tirer le rideau » reflètent un même mécanisme
psychologique d’annulation d’une partie de soi ou de l’autre, de son entourage proche, quand
il y a transgression qui n’est pas de son gré car soit forcé d’enfreindre les règles à cause des
réalités extérieures, soit poussé par un désir incontrôlable. Mais ce n’est en rien un
éloignement de la religion, seulement une adaptation superficielle qui ne touche pas l’individu
en profondeur. Ce processus est valable pour cette génération qui a connu le passage de la
société traditionnelle à l’acculturation en Afrique du Nord, mais non pour leurs enfants ou
petits -enfants qui ont été formés à l’esprit cartésien, déjà en Afrique du Nord, c’est de la
mauvaise foi ou de l’hypocrisie. Ainsi beaucoup d’enfants devenus adultes, soit se sont
complètement éloignés de la religion, soit sont devenus hyperorthodoxes (Haredim lithuanien
ou Hassidim Loubavitch) afin de donner sens et valeur à cette transmission ; nous y
reviendrons dans la deuxième partie. Ce rejet chez les jeunes de ce type d’adaptation a été
renforcé par les rites devenus superstitions.
13
Le rite- superstition
En Afrique du Nord comme dans beaucoup de sociétés traditionnelles figées durant des
siècles dans un immobilisme social, économique et culturel et avec peu de contact avec
l’extérieur, il y a eu sclérose des symboles religieux dans la majorité de la population, même
s’il existait une élite érudite. Cette sclérose a été renforcée, au cours du XXe siècle par
l’ignorance grandissante vis-à-vis de la religion, produite par la colonisation qui a introduit sa
culture au détriment d’une recherche de renouveau des cultures autochtones. Pour l’individu
moyen, les pratiques ont perdu progressivement leur sens moral, philosophique et spirituel ;
les symboles religieux se sont appauvris accompagnés d’une inflation des rites où religion et
superstitions se mêlent. Ainsi, on consommait scrupuleusement la préparation des plats rituels
pour chaque fête, on suivait avec ferveur tous les rituels, on allait régulièrement à la
synagogue, mais le sens était perdu, ce qui créait un vide total entre ce qu’on faisait et ce
auquel on adhérait, entraînant une perte d’identité. Par exemple les femmes, après Pourim
rentraient dans un état de fébrilité extrême, de transes même dans leur souci d’assurer de
façon scrupuleuse le nettoyage de Pâques et de le terminer à temps voulu avec l’ouverture du
Seder. Mais peu nombreuses étaient celles qui connaissaient tout le sens de la fête et étaient
capables de comprendre le texte de la Haggadah
Dans ce même ordre d’idée de rite devenu superstition, la transgression est liée à l’idée de
punition terrestre, car des châtiments corporels, dits en hébreu « malkot », étaient imposés par
le cheikh des juifs à ceux qui transgressaient les lois les plus importantes et pour les cas les
plus graves, c’était le bannissement, « le nidouï »[14]. Mais surtout la transgression était
associée à une punition divine. Ainsi, faire un péché était associé à un sentiment de malheur
imminent. « Quand j’étais jeune , je croyais que si je m’approchais du feu le Samedi, ma main
deviendrait noire » ou « fumer le Samedi , me porterait malheur. Dans le même ordre d’idées,
tout ce qui est sacré devient un porte-bonheur, un fétiche. On nous a relaté une cérémonie
religieuse célébrée au Maroc, à l’occasion de la pose d’un lustre dans un lieu de pèlerinage.
Le rabbin, au moment de l’accrochage, avait fait la prière que l’on récite lorsqu’on ouvre le
tabernacle pour sortir les rouleaux de la loi. Se manifeste là une note de fétichisme qui
s’immisce dans certaines pratiques et imprègne le comportement religieux. Sans oublier, la
distribution d’amulettes par les rabbins, que l’on porte sur soi pour se protéger du malheur.
Ces réactions sont un phénomène courant dans toutes les mentalités populaires et même chez
l’homme moderne confronté à des situations existentielles.
Enfin, il faut mentionner, les malédictions à un proche, si celui-ci s’est mis « hors du cercle »
(Yikhrej men et-tibâ ). La malédiction à autrui est un mode d’expression typiquement
oriental. En invoquant les forces surnaturelles, elle a pour but de faire planer la peur pour
ramener l’autre, sur le droit chemin .
L’identité Juive
14
les valeurs juives »… Et ceci qu’on soit religieux ou pas religieux, petit artisan ou de
profession libérale, depuis 2 ans en France ou depuis 10 ans.
Nous verrons dans le deuxième partie, que cette identité juive, la plus prégnante de toutes les
autres, va resurgir dans les évolutions vers l’hyper orthodoxie .
On peut dire que la famille traditionnelle repose sur trois principes de base considérés comme
sacrés :
Le premier est l’autorité des parents, en particulier du père avec pour corollaire, le respect
des enfants à l’égard des parents. Le deuxième est la cohésion physique et morale de la
famille qui a pour but d’assurer la continuité de l’identité familiale et de là celle du groupe
entier. Le troisième est la pureté de ses membres et en particulier la pureté des relations entre
les époux et celle de la jeune fille jusqu’au mariage. Seront analysés ici les trois principes, le
dernier de façon plus concise.
Sur le plan anthropologique, cette famille juive partage un certain nombre de caractéristiques
avec la famille méditerranéenne :Elle est patrilinéaire[15], virilocale,[16] et patriarcale[17].
Elle est souvent élargie, incluant les ascendants, les collatéraux et les descendants, (Je me
souviens que mon grand’père maternel a vécu jusqu’à sa mort en 1939 avec sa sœur
celibataire et la famille de l’un de ses enfants, les autres vivant à proximité). Enfin, elle est
endogame[18].
Les devoirs familiaux sont fondés, d’une part sur le commandement : « honore ton père
et ta mère » qui caractérise l’honnête homme dans la société traditionnelle et d’autre
part sur l’autorité du père qui constitue une des valeurs centrales de la famille
maghrébine. Sur le plan juridique, la femme juive en Terre d’Islam passe de la tutelle
des parents à la tutelle du mari.
Cette enquête a permis de nuancer ces principes en mettant en évidence trois types d’autorité
paternelle :
- la première serait une autorité de type orientale caractérisée par un pouvoir absolu du
père qui régente aussi la vie domestique. La femme, ne peut rien décider sans son accord,
même en ce qui concerne les questions domestiques. 48% des personnes interviewées ont dit
avoir un père de ce type.
- Le deuxième type d’autorité serait de type traditionnel classique, c’est à dire que le père
demeure le maître de la maison, mais la mère joue un rôle très important concernant les
enfants et la vie familiale. Voici quelques phrases qui illustrent ce type de fonctionnement
: « Mon père était le maître à bord, il n’y avait que lui qui comptait, mais nous les enfants,
nous considérions la mère plus importante que le père, on avait plus d’affection pour elle.» ;
« Mon père avait la place la plus importante, le rôle économique et religieux. Mais la place de
ma mère était plus importante, alors qu’en apparence, mon père était le super- homme et ma
mère soumise.» 33% de interviewés mentionnent ce deuxième type de fonctionnement
familial
15
- Le troisième type d’autorité paternelle serait atypique. On a décrit des familles
d’appartenance où les femmes ont été amenées, soit par les circonstances de la vie (mari
malade, décédé) soit de par leur caractère propre, à prendre les rênes du ménage. Situation
rare, car généralement c’est un frère ou le fils aîné qui remplace l’époux déficient ou décédé.
19% des interviewés rentrent dans cette catégorie.
Quelle que soit l’autorité du père, la mère juive et méditerranéenne de surcroît, a dans la
famille une autorité importante, mais généralement souterraine pour respecter en apparence
les normes de la toute puissance paternelle. Aussi, on ne peut s’étonner du grand attachement
à la mère qui se manifeste à l’âge adulte tant chez les fils que chez les filles[19]. Plusieurs de
nos interviewés nous ont confié qu’ils allaient tous les soirs rendre visite à leur mère qui
continuait à préparer le dîner à tous ses fils déjà mariés. Souvent, elle s’immisce dans le
ménage de son fils, ce qui est très mal accepté par l’épouse qui désire se libérer de la tutelle
traditionnellement imposée par la famille de son mari. Ce dernier pouvait continuer à prendre
conseil auprès de ses parents pour tout ce qui concerne son propre ménage. Certains fils
donnaient la plus grande partie de leur salaire à leur parents dans le besoin, au détriment de
leur propre famille ; ce qui créait des tension dans le couple. Ils se justifiaient en disant :
« J’ai mes parents, ma famille, ils passent avant tout ! »
Chez les femmes, Ce sont les visites journalières à la mère. « Pour moi, au Maroc, c’était
idéal, j’allais voir ma mère tous les jours, chaque fois que j’allais faire une commission». La
femme peut faire des séjours prolongés dans sa famille, après des événements importants
comme la naissance d’un enfant ou une crise dans le ménage. Quoique dans ce dernier cas, le
père tolérait mal l’éloignement de sa fille du domicile conjugal et pouvait la renvoyer
immédiatement chez elle.
Mais cet attachement à la mère n’enlève en rien à la force de la relation au père. Nous avons
été frappé de constater que cette génération qui a connu la société traditionnelle, mettait sur
un piédestal le père, certes dans la mesure où il était un homme religieux, avec des qualités de
sagesse et de dévouement à l’égard de sa famille. Sans oublier de mentionner le respect aux
parents vieillissant qui n’étaient jamais laissés seuls. Ils vivaient chez une de leur fille ou
chez leur bru qui s’en occupaient jusqu’à leur mort. De même les frères et sœurs célibataires
vivaient toujours chez un membre de la famille.
Ainsi, dés son jeune âge, le Juif d’Afrique du Nord était conditionné à respecter ses parents,
ce respect constituant une des pierres d’angles de la famille méditerranéenne et de beaucoup
de cultures traditionnelles en Afrique et en Asie. Son sens dépasse de beaucoup la
signification occidentale de ce terme tel qu’il est employé de nos jours terme : déférence et
distance à l’égard de certaines personnes. En fait, le respect dans ces sociétés implique la
soumission indiscutable aux parents, la non autonomie en tant qu’être ayant ses propres
volontés et choix, tant que ses parents sont vivants, et ceci même lorsqu’on est adulte et soi-
même père de famille. Voici pour illustrer ce sens quelques phrases recueillies dans la
recherche : « Chez nous, le père reste toujours le père, même lorsque l’enfant est adulte ou
marié.» ; « Mon père , une fois qu’on a grandi, a continué à être le chef de famille, même si
c’était nous qui dirigions l’affaire » ; « Jusqu’à 30 ans, je ne fumais pas devant mon père,
alors que j’étais médecin installé, car il ne fallait pas fumer si lui ne fumait pas. C’était le
respect. Et je n’allais pas m’attabler dans un café car le café était considéré comme
décadent». Cette non autonomie des enfants était vécue sur un mode affectif plus que sur un
mode autoritaire : Il faut toujours faire plaisir aux parents même si c’est au prix de sacrifices
personnels. On se soumet parce qu’on aime ses parents, pour ne pas leur faire de la peine,
16
pour ne pas rendre malade la mère. On entend souvent des expressions adressées aux enfants
du style : « tu vas tuer ta mère, ou tu me tues »
Mais cette affectivité puissante dans les relations parents-enfants a un anvrage plus profond :
celui d’une relation symbolique où chacun des membres de la famille porte la responsabilité
de l’ensemble et est en interdépendance avec les autres.. On est là au cœur de ce que les
sociologues et les anthropologues ont nommé « sociétés holistes, communautaires »,
opposées aux « sociétés individualistes » parce qu’elles ont deux conceptions antagonistes de
l’individu. Dans les secondes qui sont nos sociétés modernes occidentales, prédomine une
conception de l’individu qui privilégie la primauté du sujet sur le lien social, qui valorise sa
différenciation en tant que sujet individualisé par rapport au collectif, à la famille, à la
communauté. Cette conception prône l’autonomisation et l’indépendance. Mais dans les
sociétés communautaires, auxquelles se rattache la société juive traditionnelle en terre
d’Islam, prédomine une autre conception de l’individu qui valorise l’appartenance et la
fidélité aux groupes primaires et l’interdépendance de ses membres pour sauvegarder le
groupe, au détriment de l’indépendance du sujet. Ce qui est exigé de l’individu n’est pas son
autonomisation, mais de bien tenir la place que son sexe, son âge, le statut social et religieux
de sa famille lui ont assignés. En exemples, : les devoirs du fils aîné qui doit se soucier de ses
frères et sœurs si le père ne peut plus l’assurer ; et ceux de la fille cadette qui ne peut se
marier avant sa sœur aînée, ayant le devoir de se soumettre à cette préséance même s’il lui
faut attendre des années. En échange de cette soumission aux droits et devoirs assignés,
l’individu sait qu’il sera toujours protégé, aidé par la famille en cas de besoin.
17
D COMME DANSE YIDDISH
Depuis le 16ème siècle, la danse était une partie importante des festivités juives en Europe de
l'Est, particulièrement des mariages. Mais aucune danse juive ashkenaze n'étaite spécifique à
une communauté: la plus grande partie du répertoire -danses en ligne, en cercle, en couples,
etc.- était cosmopolite ou comprenait des éléments empruntés à l'environnement non juif.
Cependant, les Juifs utilisaient un langage corporel qui les différenciait des non juifs
pratiquant les mêmes danses, en particulier par les mouvements des bras et des mains, ainsi
que par le jeu de jambes chez les jeunes hommes.
Les deux belles-mères, en particulier, mimaient leurs sentiments mutuels lors de la "broyges
tants" ("danse de la colère") et dans la "sholem tants" ("danse de la paix").
Dans les plus orthodoxes, les hommes dansaient séparés des femmes.
18
Après la Renaissance, parmi les
aristocrates et les paysans européens, la
mode allait de plus en plus aux danses de
couple (au cours desquelles les partenaires
de sexes opposés se tenaient par la main
ou par la taille) et aux contre-danses (où
l'on changeait de partenaire).
Pour respecter le decorum éthique, les Juifs y introduirent l'usage du tikhele (mouchoir)
comme moyen d'éviter les cointacts diects entre les sexes. pendant les danses (Zev Feldman).
Dans d'autres cas, de bons danseurs parmi les invités payaient les klezmorim pour avoir le
privilège de se produire en solo.Ces danses en solo pouvaient avoir un but comique,
parodique, voire grotesque, selon le crarctère du danseur et l'humeur du moment!
19
"Mekhutonim
tants"
(danse des beaux-
parents)
Galicie, fin du
19ème siècle
(artiste anonyme)
Le système chorégraphique des danses ashkénazes semble avoir été assez stable et identique
dans toute l'Europe de l'Est entre le début du 19ème siècle et la fin du 20ème. Dans les régions
de Hongrie, de Moldavie et de Wallachie où la Haskala (mouvement des "lumières") et le
modernisme ont eu beaucoup d'influence, l'assimilation culturelle a affaibli cette pratique. Et
la Première Guerre Mondiale, la Révolution Russe y ont mis une fin définitive. Après la
Shoah, les danses traditionnelles n'étaient plus guère pratiquées que dans de rares
communautés yiddishophones d'ancienne Union Soviétique et dans les landsmanshaften aux
Etats-Unis, spécialement à New York et à Philadelphie.
Le sher était considéré comme "la" danse ashkénaze par excellence, aussi bien par les Juifs
eux-mêmes que par les goyim. Il était couramment dansé de la Baltique à la Mer Noire et fut
emprunté par les Moldaves et les Ukrainiens. Aux Etats-Unis, il fut conservé dans les
landsmanshaften (communautés originaires du même shtetl) et dans les milieux socialistes
qui appréciaient sa nature laïque!) jusque dans les années 1960 et au-delà.
Son nom a donné lieu à plusieurs hypothèses étymologiques. Il permet d'exprimer les
postures et les gestes typiquement ashkénazes et donne aux femmes l'opportunité
d'effectuer de subtils mouvements des bras et des épaules mettant en valeur leur
coquetterie!
Les participants sont répartis en quatre (ou un multiple de quatre) couples mixtes (ou de
femmes seulement chez les orthodoxes). La danse débute par une "promenade" en cercles,
puis en couples, après quoi chaque danseur invite successivement les quatre partenaires
féminines du groupe à danser avec lui au centre du cercle. A la fin, le groupe répète la
premenade en cercle. La musique du sher a le même caractère que celle du freylekh, mais la
durée des morceaux doit être suffisante pour ne pas interrompre la danse (Zev Feldman).
Le khosidl a été crée par les hasidim. C'est une danse en solo sur un zemerl (mélodie
d'inspiration religieuse). Elle commence généralement à un tempo modéré et s'accélère peu à
peu jusqu'à atteindre -si tout va bien- un enthousiasme extatique...
L'aspect mimétique des danses juives est particulièrement apparent dans la broygez tants
("danse de la colère"), une danse de mariage dans laquelle les deux belles-mères expriment ou
20
miment leur problèmes relationnels. Une des femmes joue l'offensée pendant que l'autre tente
de l'amadouer. La scène finit par la sholem tants ("danse de la paix") au cours de laquelle
s'exprime la réconciliation.
En dehors du mariage, la broygez tants pouvait aussi être dansée par un homme et une femme.
La hora "lente" ou roumaine est une danse en cercle sur une musique à 3 temps, courante
chez les Juifs et les goyim en Roumanie (Moldavie, Bessarabie, Bukovine) et dans certaines
région d'Ukraine. Elle n'a rien à voir avec la hora israélienne! Les pas en sont généralement
lents et feutrés, ce qui permet à tous d'y participer.
Le freylekh ("joyeux") est la danse juive en ligne ou en cercle sur une musique à 2 temps.
C'était la plus simple et donc la plus courante en Europe de l'Est. Elle se pratiquait dans les
mariages, les Bar-Mitzves et toutes les autres "simkhes" (fêtes).
Elle est vive, joyeuse et se veut néanmoins empreinte de spiritualité. Elle se caractérise par de
longues marches sur des pas, parfois traînants, parfois chassés et parfois assortis de coups de
talons, différents d'un shtetl à un autre, qui laissent une large place à l'improvisation.
N'importe quel danseur peut à tout moment effectuer des exhibitions spectaculaires, comiques
ou improvisées et le meneur initier des figures collectives comme la "grande marche" ou le
"passage de l'aiguille".
Le bulgar est aussi une danse vive en cercle, en ligne ou en couples, sur un rythme proche du
Freylekh, apparue chez les Juifs en Roumanie et au sud de l'Ukraine à la fin du 19ème siècle et
qui fut exportée aux Etats-Unis où elle devint extrêmement populaire dans les années 1920-
1930.
Le terkisher, une danse hassidique sur une rythm "à la turque" dit de 'terkish' (similaire au
tango ou au syrtos), plus répandue dans le Nouveau Monde qu'en Europe.
La sirba est une danse roumaine (Moldavie, Olténie) 'à la façon serbe', en couple ou en ligne,
sur un tempo rapide.
La patsh tants est une contre-danse en cercle des Juifs polonais. La musique en est très typée,
puisqu'elle requiert, à des moments précis, de frapper dans ses mains ('patsh mit di
handelekh') ou de taper des pieds ('tupen mit di fiselekh').
Au début d'une danse, il est d'usage de faire des mouvements d'amplitude modérée et de les
intensifier au fil du temps. Les femmes font des mouvements plus réservés que les hommes.
"Sheynen" (briller) sur en dansant le Sher ou le freylekh montre la fierté de l'homme: il danse
en se pavanant, par exemple les pouces vers les aisselles du gilet ou à la ceinture, paumes vers
l'avant ; ou une main derrière l'oreille et l'autre bras tendu en avant, paume vers le bas, en
faisant des petits mouvement (pro-supination) de la main. C'est l'occasion pour un proster yid
(homme pauvre ou humble) de se sentir important et valorisé!
L' "expression érotique" admise est la façon "discrètement sensuelle" d'avancer les pieds et
de balancer les épaules en avant du côté du pied qui avance!!! Contrairement aux danses
21
arabes, il n'y a pas de mouvements du bassin et des hanches (symbole de soumission de la
femme!!!)
Les mouvements des bras sont importants: ils délimitent son espace "privé" et les gestes des
mains symbolisent un langage: en "ouvrant" les paumes vers le haut, on invite le voisin ; en
mettant les paumes en avant, doigts vers le haut, on lui interdit l'approche!
Et le geste hassidique typique: mains en supination, paumes vers le haut, avec la tête
légèrement inclinée en arrière et sur le côté, semblant implorer Dieu ou le questionner
"pourquoi m'as-tu fait ça"...
Ce chapitre a été élaboré grâce à l'enseignement de Zev Feldman et de Michael Alpert, ainsi
qu'avec l'aide de Khayele Domergue-Zilberberg.
Un a sheynem dank (un grand merci) à Helen Winkler pour sa disponibilité, son
enthousiasme et ses excellentes informations!
http://www.angelfire.com/ns/helenwinkler/assorted.html [email protected]
22
J COMME JEWPOP
Nouveau venu sur la toile, JewPop, est à première vue un site communautaire qui s'adresse
aux juifs français mais pas seulement. Décryptage, ton incisif à la Woody Allen, l'humour
juif de Brooklyn s'exporte désormais en France.
23
Du haut de ses deux mois d'existence, l'accueil semble plutôt favorable avec pour certains
billets plus de 8000 visites. Car Jewpop s’adresse à tous ceux qui cherchent des informations
différentes, originales, insolites et décalées sur le monde juif. Le site veut se démarquer, être
hors de tout sectarisme communautaire, dans une époque où humour, culture et intelligence
sont plus que nécessaires. Des plus belles playmates juives au calendrier des "Nice Jewish
Guys 2012", de la fashion week à Tel Aviv aux billets très salés de TheSelfWoman qui a déjà
elaboré "le Top 5 des raisons pour lesquelles la Séfarade veut épouser un Ashkénaze". Bref, le
site offre une actualité culturelle (livre, musique, cinema, théatre, ...), de sorties, lifestyle en
France et ailleurs, des points de vus sur la politique et sur la religion.
Alain Granat son fondateur a été très inspiré par le magazine américain "Heeb" mais il précise
néanmoins que JewPop veut montrer une autre image des juifs, offrir surtout une autre parole
ou d'autres visions que celles généralement détenues par une communauté très à droite.
Venant de l’univers de la musique, il a pour ambition de faire de JewPop le premier
webmagazine francophone des cultures juives.
Les ouvrages sur le klezmer fourmillent de chapitres sur les relations que le klezmer a
entretenu avec le jazz. Fusion? Bouturage? Descendance? Emprunts? Tout a été dit... et
son contraire aussi! Ce qui est plus étonnant, c'est que les livres sur le jazz parlent fort
peu du klezmer!
24
L'exemple le plus
fréquemment cité de
confluence entre le
klezmer et le jazz est celui
de Benny Goodman. Ecce
homo! Son succès de 1938
"And the Angel
sings", avec (ou sans) la
chanteuse Martha Tilton et
avec le fameux
"chorus" de Ziggy Elman
(on devrait plutôt dire
"solo" car il ne fait que
paraphraser le thème) peut
être considéré comme la
pierre angulaire qui a uni
le klezmer et le jazz...
pour le pire et le meilleur.
Ce thème, devenu célèbre,
n'est autre qu'une
jazzification du "Shtiler
bulgar", un classique du
répertoire des klezmorim.
25
George Gershwin
26
L'incontournable Mickey
Katz mérite une mention
spéciale: Animateur dans
la tradition du badkhn (le
MC des mariages juifs),
comédien, clarinettiste
klezmer, humoriste et
bruiteur (les glug-glug-glug
dans le Hawaiian War
Chant de Spike Jones, c'est
lui!), il fut aussi le
parodiste de nombreux hits,
transformés en shtiks
yiddish: Duvid Krokett,
Keneh Hora, Sixteen tons
of latkes
Aux USA dans les années 1930-1950, de très nombreuses radios yiddish diffusaient -entre
autres- du klezmer-jazz. Les échantillons rédités dans le CD "Music from the Yiddish Radio
Project: Archival recordings from the golden age of Yiddish radio 1930-1950s" en
témoignent.
A l'inverse, des musiciens de jazz, pas obligatoirement juifs, ont aussi emprunté des thèmes
klezmer et yiddish (Billy Holliday ou Jackie Wilson chantant "A yiddishe Mame" bien avant
Miriam Makeba ( p.ex: au Victoria Hall le 12 mai 2006!), "Utt-day zoy" (=Ot azoy neyt a
shnayder) par Cab Calloway, Slim Gaillard & Slam Steward ("Matzo Ball" dans Hellzapoppin
en 1938), Judy Garland, Paul Robeson, Neil Sedaka, etc.
Le renouveau du klezmer qui a déferlé sur les Etats-Unis dans les années 1970 (et, de là, dans
le reste du monde) n'a pas pu faire abstraction de ce voisinage. Des groupes comme Kapelye,
le Klezmer Conservatory Band, les Klezmatics, le Modern Klezmer Quartet et David
Krakauer n'ont jamais renié leur origine américaine ni leurs influences musicales, dont le jazz.
En France, les Yidishe Mamas et Papas, le Gefilte Swing Orkestra et d'autres. Et même en
Suisse: Kol Simcha (alias World Quintet)...
27
Tout ceci sans oublier l'usage que le rock et la chanson ont fait du répertoire juif: Dona Dona
par Joan Baez ou Claude François, Miserlou repris par de nombreux musiciens (dont Dick
Dale pour le générique de Pulp Fiction), Rich Girl (If I were a rich man) par Gwen Stefani …
UNE DISCOGRAPHIE DE
MUSIQUE KLEZMER ET DE CHANTS YIDDISH
Asoj (avec Helmut Eisel, un disciple de Giora... et ça s’entend!): The Spirit of Klezmer (Koch
CD 34105-2 H1).
Aufwind: un des plus anciens groupes klezmer (est-)allemands (MSR 0039-2, MSR 0144-2
et MSR 0164-2)
Brave Old World: Klezmer Music (Flying Fish, FF 70560), Beyond the Pale (Rounder, C
3135) et Blood Oranges (Pinorrekk Records PRCD 3405027): Pionniers du renouveau
klezmer, à la fois traditionnels et originaux... mais toujours magnifiques!
www.braveoldworld.com
28
Budowitz: Mother Tongue: 19th Century Klezmorim (Koch Schwann 3-1261-2 H) et
Wedding withour bride (Buda 92759-2) Deux magnifiques disques de musique juive
traditionnelle, interprétée au plus proche de ce qui devait se faire au siècle passé en
Europe de l'Est. Avec des notices passionnantes sur les recherches de Josh Horowitz
en musique klezmer www.budowitz.com
Giora Feidman: Le Maestro avec son "incredible clarinette"! Choisi dans une discographie
impressionnante par sa taille, sa beauté et son éclectisme: Klezmer Celebration (Pläne
888-09) www.giorafeidman-online.com/index.html
Bente Kahan: Jewish spirit (Pläne 88812) et: Home Jewish Songs (Pläne 88845): Chansons
yiddish avec la force et le coeur d'un vrai hazan! Stimmen aus Theresienstadt (Pläne
88803): simplement poignant! www.bentekahan.eu
The Klezmatics: Shvaygn=Toyt (Piranha, CDpir 20-2), Rhythm & Jews (Flying Fish, FF
90591), Jews with Horns (Xenophile, 4032), Possessed (Xenophile, Xeno 4050). Du
klez américain dynamique à souhait.
Meredith: Heritage of Yiddish Folklore (Ness Music 396137) et Yiddisher Tam (Le cadre
d'art LCD 21002.
The Modern Klezmer Quartet: Hora and Blue (Global Village Music CD 156): Klez n'
jazz! Du klezmer coltranien, à déguster!
Itzhak Perlman: "In the Fiddler's House" et "Live in the Fiddler's House": quand un virtuose
classique rencontre les meilleurs klezmorim contemporains, cela donne... un best
seller! (EMI Classics 7243 5 55555 2 6)
29
Joel Rubin et Joshua Horowitz: Bessarabian Symphony (Wergo SM 1606-2) et Joel Rubin
Jewish Music Ensemble: Beregovski's Khasene (Weltmusic 281 614-2 /SM 1614-2):
Partitions ramenées d'Ukraine par An-ski et Beregovski au début du vingtième siècle,
magnifiquement interprétées par des virtuoses talentueux. http://www.rubin-
ottens.com/p1.html
Ora Sittner: A Nigun woss loift mir nokh. Voix magnifique et interprétation superbement
émouvante des plus belles chansons yiddish!
Andy Statman quartet: Between heaven and earth (Shanchie 64079) Divinement planant.
John Zorn: Masada Aleph, Beit, Gimel, etc.... Musique juive nouvelle et "radicale", jazzy à
plaisir. Parmi une suite d'une dizaine de CD, une préférence pour Vav le sixième
(Tzadik Diw 900).
Compilations:
KlezFest (ARC Music EUCD 1763): The Klezmatics, Andy Statman Klezmer Orchestra, The
Burning Bush, Brave Old World, The Klezmer Conservatory Band, Giora Feidman,
Frank London Klezmer Brass Allstars... quel programme!
30
Klezmer! Jewish Music from Old World to our World, Yazoo 7017.
Curtis Mike: The Klezmer Repertoire for two clarinets (pour deux instruments
identiques), Advance Music, Rottenburg, 1996
Curtis Mike: A Klezmer Wedding. Advance Music (arrangements pour quatuor à cordes ou
quartet de saxophones).
Feidman Giora: The Magic of the Klezmer (1991) & From the repertoire of Giora Feidman,
ROM productions, P.O.B. 242, Flushing, New York 11363, USA
Golgevit Jean: Afn veg: en chemin: chants populaires yiddish. ed. Maison de la culture
yiddish -Biblioteque Medem, Paris, 147 pages, 2006. Arrangements à plusieurs voix
de chants yiddish, judéo-espagnols, etc. ISBN 2-9520107-3-0
Gordon Mlotek Eleanor & Mlotek Joseph: Mir Trogn a gesang / Pearls of Yiddish
Song / Songs of Generations. Incontournables!!! Trois compilations très riches de
chants yiddish) Ed. Workmen's Circle Education Department, 45 East 33 rd. st. New
York, NY 10016, USA.
Grober Jacques: Tshiriboym: Nouveaux chants yiddish, Ed. Maison de la culture yiddish -
Bibliothèque Medem, Paris, 162 pages, 2006. Compositions et musiques originales par
un poète yiddish contemporain, malheureusement décédé trop tôt. ISBN 2-9520107-2-
2
Horowitz Joshua: The Ultimate Klezmer, Tara Publications, Cedarhurst, NY, USA 2001.
Beaucoup de partitions peu connues [email protected]
Jochsberger Tsipora & Pasternak Velvel: A Harvest of Jewish Song, Tara Publications,
Cedarhurst, NY, USA, 1994. www.tara.com [email protected]
31
Kammen J. & J.Music Publishers: International Dance Folios (musique instrumentale) &
Jewish Song Hit Book: les plus grands tubes yiddish achetés à bas prix à leurs
auteurs...
Kisselgoff Susmann: Lider-zamelbukh far der yiddisher shul un familie, Edit Juwal,
Berlin 1911, 1914
Kol Simcha: The Music of Kol Simcha, Edit: Konzertbüro Bollag, Petersplatz 12, CH-4051
Bâle, Suisse.
Levin Leibu: Vort un nigun, nigunim far yidisher poezye (paroles et musiques)
arrangements pour piano de Hanan Winternitz, ed. I.L.Peretz House, Tel-aviv, 2005,
341 pages. avec paroles et musiques en hébreu et anglais. ISBN 965-7012-59-7
Loberan Isaak: Klezmermusik aus Moldavien und der Ukraine von XIX bis XXI
Jahrhundert, Ed.Center of Jewish Education in Ukraine, Varwe Musica Publication,
Jaegerstrasse 93/18/1, A-1200 Wien (Autriche). De l'histoire et des partitions,
certaines originales, d'autres moins... ISBN 3-9501922-0-4
Mel Bay's Klezmer Collection, Mel Bay Publications Inc., #4 Industrial Drive, Pacific, MO
63069-0066 [email protected]
Rubin Ruth: Voices of a People, 2000, Edit. University of Illinois, ISBN 0-252-06918-8.
Pasternak Velvel: International Jewish Songbook, Tara Publications, Cedarhurst, NY, USA,
1994 www.tara.com [email protected]
Rubin Joel: Mazltov, Jewish-American wedding music for clarinet, from the repertoire
of Dave Tarras, Schott Musik, 1998, ISMN M-001-12146-0
Sapoznik Henry, Dion Shulamis & Sokolow Pete: The Klezmer Plus Folio, Tara
Publications, Cedarhurst, NY, USA, 1991 www.tara.com [email protected]
Sapoznik Henry & Sokolow Pete: The Compleat Klezmer, Tara Publications, Cedarhurst,
NY, USA, 1988. http://www.tara.com/cgi-bin/SoftCart.exe/cgi-
bin/search2.pl?U+taracom+plgv1578 [email protected] Sans doute l'ouvrage
de référence, encore et toujours!
Strom Yale: The Absolutely Complete Klezmer Song Book: 420 pages de partitions avec CD
(36 plages) £54 www.jewishmusic-jmd.co.uk
32
Kroitor Emil: 15 Klezmer Solos Duos and Trios. Partitions pour 3 clarinettes ou
clarinette/sop sax/trompette. Avec CD www.ortav.com
33
Le livre Yidishe folks-lider (1938) de Moïshe Bergovski est en ligne grâce à la
Steven Spielberg Digital Yiddish Library à la page:
www.archive.org/details/nybc210708
Play Klezmer: pour violon et piano, arrangement Nico Dezaire, No 1033475 &1033476,
Editions deHaske (Hollande) ISBN 90-431-1870-2
The German Klezmer Page de Detlev Müller, avec plein de bons links
www.geocities.com/Broadway/1791
34
La Gazette Klezmer: tenue par Alain Karpati, avec des informations sur ce qui se passe en
France: http://lagazetteklezmer.free.fr
The Jewish Music Web Center: www.jmwc.org Une foule de links, de références
bibliographiques, de sites web, de lieux et de dates.
Kol Simcha: www.kolsimcha.com pour en savoir plus sur ces jazz-klezmorim suisses!
Ilana Kravitz, violoniste klezmer anglaise: www.ilanacravitz.com un site avec des infos
intéressantes et des enregistrements de Belf à télécharger gratuitement! Un must!
Aaron Lebedeff: un des maîtres de la chanson yiddish et un site lui est enmtièrement
consacré (en français!): http://aaronlebedeff.free.fr
Sivann: après un itinéraire tortueux, Sylvie Sivann et ses musiciens parisiens se consacrent à
la musique juive: yiddish, judéo-espagnole, israélienne, etc. A écouter et à voir
www.sylviesivann.com
35
Yiddish Song Archives: index de nombreux chants yiddish et partitions klezmer
http://www.jozef.de/gasn/archive
Zemerl: une excellente base de données de chants juifs (yiddish, judéo-espagnols, hébreux,
etc.). http://www.zemerl.com
Les amis de Tsuica: fous des musiques et des danses d'Europe de l'Est, unissez vous et
visitez le site www.amis-de-tsuica.org.
36
Nous vous signalons l’existence de cette remarquable chorale d'enfants Stambouliote
"Las Estreyikas de Estanbol" dirigée par Izzet Bana.
Leur site (en trois versions: anglais, turc et judéo-espagnol) est très documenté (photos,
chansons, extrait de concerts) et montre la dimension professionnelle de l’entreprise.
El Princhipiko en Djudio.
Nous sommes très heureux de saluer en cette rentrée littéraire 2010 la publication du
Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry en judéo-espagnol (caractères latins et rashi)
aux éditions Tintenfass dans la traduction d'Avner Perez et Gladys Pimienta.
37
Réédition du Dictionnaire du Judéo-espagnol de Joseph Néhama.
Cet ouvrage de référence pour la pratique du judéo-espagnol était devenu introuvable. Il vient
d'être réédité aux éditions de La Lettre Sépharade au prix unitaire de 35 € + 11 € 50 de port
en Colissimo. Il peut être commandé en adressant un chèque de 46,50€ à l'ordre d'Aki
Estamos-AALS Maison des Associations. 38, boulevard Henri IV 75004 PARIS. Bien
préciser l'adresse de livraison souhaitée. Il est également en vente à la Librairie du Temple et
à la Librairie du Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme.
Une discographie critique est disponible sur le site klezmershack de Judith Cohen,
musicologue de Montréal. Par ailleurs, il existe un recensement de près de 100 ans de
musique sépharade sur le site sephardicmusic créé par Joël Bresler. De nombreux disques
antérieurs à 1912 et devenus introuvables sont à nouveau audibles sur ce site comme ceux de
Jacob Algava, Haïm Effendi, Isachino Pessah, Çakum Effendi, Mlle Mariette, Albert Beressi,
Haïm Isac ou un peu plus tardifs ceux de Isaac Angel, Victoria Hazan ou Jack Mayesh.
Le Centre Français des Musiques Juives hébergé par la Fondation du Judaïsme français
et dirigé par Hervé Roten propose de nombreuses ressources concernant la musique
sépharade. Il abrite la bibliothèque Henriette Halphen qui compte plus de 20 000
enregistrements de musiques juives, un millier de partitions et 250 ouvrages dont une partie
concerne l'univers judéo-espagnol. Elle est ouverte au public sur rendez-vous.
Titre de achat en
Editeur Année Pays
l'album ligne
Auteur/Interprète
38
Trier Trier Trier Trier Trier Trier
39
Sefardies
vol.1
Françoise Atlan Romances Buda musique 25 octobre France fnac
sephardies - 1993
Entre la Rose
et le Jasmin
vol.2
Françoise Atlan Romances Buda musique 24 novembre France fnac
Sefardies vol. 1997
3
Avraham Perrera Memories of Timeless 1 octobre Israël israël music
love - the recordings 2007
collection
Yasmine Levy La juderia Adama music 1 octobre Israël israël music
2004
Yasmine Levy Romance and Adama 19 août 2004 Israël israël music
Yasmine
Yasmine Levy Mano Suave Adama 1 octobre Israël israël music
2008
Yehoram Gaon Judeo- NMC Music 1 octobre Israël israël music
espagnol 2000
sephardic
greatest hits
Kol Oud Tof Trio, De Veinticinco tav8 Israël israël music
Esti Kenan Ofri, - The Sounds
Oren Fried, Of Haketiya
Armond Sabach
Isaac Levy El kante de National Authority 1 octobre Israël israël music
una vida for Ladino 2001
Marlène Samoun Sur la route Toupim 20 avril 1998 France priceminister
Marlène Samoun Notches Toupim 1 octobre France israël music
Notches chant 2003
judéo-
espagnol
vivant
Presensya/Hélène Racines Presensya 1 juin 2009 France presensya
Odadia
David Saltiel Chansons Oriente Grèce price minister
judéo-
espagnoles de
Thessalonique
Sandra Bessis - Chants judéo- Mazur Média 14 octobre France price minister
John Mc Lean espagnols 2002
Sylvie Cohen - Yom Musivi 21 février France price minister
François Cotinaud m'enamori 2000
romances
judéo-
espagnoles
Sefaradinfo.org
40
Y comme yiddish
ייִדיש ווערטערבוך אוין וועב
Yiddish Dictionary Online
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U.N. (United
Nations)
f''n · (abbrev.) ״נ
pious, devout,
religious, frum froom (adj.) רום
observant
41
someone
else's, foreign,
alien
dissolve;
funanderlozn (zikh) fun·an'·der·loz·n zikh (vt./vi.)
וננדערלזן
disband ךיז
funem (combination
from the
of "fun" and "dem"
foon'·em (prep.) ונעם
foot; leg fus fùs / fees (m.) וס
foos'· nog· el /
toenail fusnogel
fees'·nog·el
(m.) וסנגעל
soccer; soccer
ball
fusbol · (m.) וסבל
42
fox fuks · (m.) וקס
fifty fuftsik fuf'·tsik / fif'·tskik (number) וציק
futz, to fiddle
around, to
putter around
(American
Jewish, futs · (v.) וץ
possibly
derivated from
Yiddish
'arumfartsen')
birds of a
fun eyn teyg geknotn · (expression)
ון איין טייג
feather געקנטן
now: now and
fun tsayt tsu tsayt · (adv.)
ון צײַט צו
then צײַט
fantasy,
imagination
fantazye · (f.) נטזיע
fantastic,
fabulous
fantastish · (adj.) נטסטיש
fountain fontan · (m.) נטן
43
catch, capture fang · (m.) נג
catch, capture fangen · (v.) נגען
speak with a
twang; fonfen fonf'·en (v.) נען
mumble
in front of; in
favor of
far · (prep.) ר
pro far · (adv.) ר
ride, trip for for / foor (m.) ר
last year far a yor (or) farayor · (adv. phrase) ר יר
at the same far eyn gang / far ayn
time
far eyn gang
gang
(adv. phrase) ר איין גנג
of old far tsaytn far tsayt'·n (adv. phrase) ר צײַטן
dusk; evening farnakht far·nakht' (m.) רנכט
take up,
occupy
farnemen far·nem'·en (v.) רנעמען
negation farneygung far·ney'·goong (f.) רנייגונג
thoughtful, in
thought, fartrakht far·trakht' (adj.) רטרכט
pensive
representative;
substitue; fartreter far'·tret·er (m.) רטרעטער
proxy
44
Découvrir :
http://www.yiddishdictionaryonline.com/
S comme synagogues
Synagogues of the World
France
Source: http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/Judaism/synfrance.html
45
Synagogue in Verdun
The Thionville Synagogue was burned down by the Nazis, but rebuilt in 1957.
This postcard is from the period of German control prior to 1919.
46
Synagogue in Thann showing damage during the
First World War. It was reconstructed after the war.
47
Synagogue on l’Avenue Philippoteaux in Sedan
48
Synagogue in Luneville in 1914 after being damaged by the Germans during World War
I.
49
Synagogue in Jouarre (la Ferte)
Synagogue in Epinal
50
The synagogue in Epernay (consecrated in 1890 and destroyed by the Nazis) - 1906.
Z COMME ZURICH
Exposition remarquable à Zürich : Les plus belles pages de la culture juive écrite. La
collection Braginsky
51
Après Amsterdam, New York et Jérusalem l’exposition de la Collection Braginsky fait
évènement à Zürich. "Le plus ancien document exposé date de 1288. La collection rassemble
notamment des manuscrits juifs, des rouleaux enluminés, des livres imprimés, des contrats de
mariage et des rouleaux d’Esther. Ces objets proviennent d’Europe, d’Asie, d’Afrique du
Nord et du Moyen-Orient." La Tribune de Genève (23.11.2011).
René Braginsky est un collectionneur suisse, amateur passionné des objets de la culture
juive.
Exposition : Les plus belles pages de la culture juive écrite. La collection Braginsky.
Heures d’ouverture/Entrée
Entrée gratuite pour les enfants et les jeunes jusqu’à 16 ans.
Montag, 12.12.2011, 09.30 –17.00 Mit dem Zürcher Lehrhaus Du sollst Dir kein Bild
machen. Ein biblisches Gebot und seine Folgen mehr.
Dienstag, 13.12.2011, 18.30–19.30 Führung mit Experte Die Estherrolle. Kult- und
Kunstobjekt mehr.
Donnerstag , 15.12.2011, 18.00 –19.00 Führung am Abend Schöne Seiten. Ein Rundgang.
Montag, 19.12.2011, 18.15 –20.00 Mit Universität Zürich und ETH Zürich Schrift und Bild
im jüdischen Denken der Postmoderne. mehr.
- Landesmuseum Zürich Musée national suisse à Zürich Museumstrasse 2, 8001 Zürich tél :
+41 (0)44 218 65 11
52