S_03 (11/14-02-2025)
PARTIE III : DETAILS DES ENVELOPPES – ISOLATION ET ETANCHEITE
CHAPITRE 1 : DETAILS DES ENVELOPPES EN TERMES D’ISOLATION THERMIQUE
I- Introduction :
L’enveloppe d’un bâtiment (murs et toiture) est l’interface entre l’intérieur et l’extérieur, elle
doit assurer des rôles bien précis afin de satisfaire les besoins des usagers de l’espace. Pour
cela, une réflexion sur la forme, les matériaux ainsi que l’orientation doit être effectuée.
L’enveloppe a un rôle culturel et esthétique important ; elle est l’image du bâtiment, de la
société…
L’enveloppe doit satisfaire de nombreuses exigences :
- Stabilité et résistance structurelle
- Sécurité au feu
- Protection par rapport à l’eau
- Protection par rapport à l’air
- Protection thermique
- Protection acoustique
- Relations avec l’extérieur
- L’image du projet
- Durabilité et maintenabilité
- Respect de l’environnement
II- L’isolation thermique :
L’isolation thermique désigne l'ensemble des techniques mises en œuvre pour limiter les
transferts de chaleur entre un milieu chaud et un milieu froid afin d’assurer un confort
thermique à l’intérieur des espaces. L’enveloppe extérieure doit limiter les pertes de chaleur
en hiver et protéger des radiations solaires en été. Cette propriété d’atténuation dépend
des caractéristiques de transmission thermique des parois.
III- Les différents types d’isolants thermiques :
Lorsque l'on parle d'un isolant thermique, on désigne un matériau qui permet d'empêcher
les transferts de chaleur entre un lieu chaud et un lieu froid. Il s'agit d'un matériau qui
empêche la chaleur ou le froid d'une pièce ou d'un logement de s'échapper vers
l'extérieur.
Les isolants thermiques sont utilisés dans le cadre d’une ITE (isolation thermique par
l’extérieur) comme d’une ITI (isolation thermique par l’intérieur). Ils peuvent aussi bien servir
à isoler la toiture (25% des déperditions thermiques), qu'à isoler les murs (20% des
déperditions thermiques) ou encore à isoler les planchers bas (15% des déperditions
thermiques).
Trois grandes familles d’isolants thermiques coexistent sur le marché :
- Les isolants minéraux
- Les isolants biosourcés
- Les isolants synthétiques
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III-1- Les isolants minéraux :
Les isolants minéraux ont en commun d’être fabriqués à base de matière minérale (sable,
roche volcanique, verre recyclé) chauffée à haute température. On cite : laine de roche,
laine de verre, perlite, vermiculite, argile expansée…
Laine de roche Perlite
III-2- Les isolants biosourcés
On appelle isolant biosourcé les matériaux isolants obtenus à partir de matières premières
d’origine biologique. Ils sont donc issus de la biomasse végétale ou animale,
d’écomatériaux et ou encore de matières recyclées... Leur production répond par ailleurs
à des normes exigeantes en matière d’émission de gaz à effet de serre, ce qui constitue un
avantage en soi. Exemples : laine de mouton, algues maritimes, Chanvre, laine de bois
et isolants au bois compressé, ouate de cellulose, liège, lin, plume de canard, roseaux…
Laine de mouton Ouate de cellulose
III-3- Les isolants synthétiques :
Les isolants synthétiques sont quant à eux fabriqués à partir du raffinage du pétrole : ce sont
donc des polymères, plus communément appelés « plastique ». Exemples : Polyuréthane,
polystyrène, mousse phénolique…
Polyuréthane
Polystyrène expansé
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IV- Les différentes techniques d’isolation thermique :
On distingue trois techniques différentes pour réaliser l’isolation thermique des parois.
Chacune d’entre elles disposent d’avantages et d’inconvénients.
Techniques d’isolation thermique
Avantages et inconvénients des différentes techniques d’isolation thermique
V- Isolation thermique des toitures terrasses :
Une toiture-terrasse est composée de trois parties superposées dont chacune assure une
fonction précise de la toiture :
- La partie porteuse qui assure la fonction de stabilité et résistance structurelle.
- L’isolation thermique (les toitures présentent le pourcentage de déperdition le plus
élevé (30%)).
- L’étanchéité (Revêtement d’étanchéité) est un système qui rend une toiture
imperméable à l'eau provenant de l'extérieur.
L’isolant peut être placé au-dessous de la couche d’étanchéité ou au-dessus de celle-ci
(toiture inversée).
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V-1- Isolant placé sous l’étanchéité (Toiture chaude) :
La toiture chaude est généralement pourvue d'un pare-vapeur, situé sous l'isolant. Son rôle
est d'empêcher que la vapeur d'eau migrant vers l'extérieur ne se retrouve bloquée par
l'étanchéité et stagne au niveau de l'isolant. L'étanchéité à l'air n'est pas nécessairement
assurée par ce pare-vapeur ; un enduit intérieur peut jouer ce rôle.
1. Support de toiture 2. Forme de pente
3. Pare-vapeur 4. Isolation thermique
5. Membrane d'étanchéité 6. Lestage
Détail d’une toiture chaude
V-2- Isolant placé sur l’étanchéité (Toiture inversée) :
La toiture inversée ne nécessite pas de membrane pare-vapeur dont la fonction est assurée
par l'étanchéité située sous l'isolant. Celui-ci doit avoir des propriétés spécifiques de
résistance à l'eau et aux UV L'étanchéité à l'air pourra être assurée par cette membrane. À
défaut, cette fonction pourra également être assurée par un enduit intérieur.
1. Support de toiture 2. Forme de
pente 3. Membrane d'étanchéité 4.
Isolation thermique 5. Couche de
désolidarisation 6. Lestage
Détail d’une toiture inversée
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PARTIE III : DETAILS DES ENVELOPPES – ISOLATION ET ETANCHEITE
CHAPITRE 2 : DETAILS DES ENVELOPPES EN TERMES D’ETANCHEITE A L’AIR ET A L’EAU
I- Introduction
L'étanchéité physique concerne l'interdiction de passage d'un solide, d'un fluide ou
d'un gaz. Dans le domaine de l'étanchéité, ce passage est appelé fuite et peut être de
plusieurs types :
- Fuite à travers le matériau dont est fait le contenant, il est alors considéré comme
étant perméable au fluide
- Fuite à un défaut du contenant, soit imprévu (fissure, crevaison …) soit intégré au
contenant (jonction de tuyau, fermeture de porte...)
En architecture et en construction l'étanchéité décrit les moyens mis en œuvre pour
s'assurer que les éléments naturels extérieurs (pluies, humidité ascensionnelle, vent) ou
intérieurs (air saturé en humidité) ne viennent pas mettre en péril les éléments constitutifs du
bâtiment (Structure, isolation…).
II- Etanchéité à l’air :
La perméabilité à l'air est définie par la capacité d'un matériau à laisser passer l'air,
autrement dit dans une maison, à avoir des fuites (d'air). On l'exprime en m³/(m².h) ou en
vol/h. Si l'on voit souvent l'air comme un vecteur thermique, il faut avant tout le voir comme
un vecteur d'humidité et dans le bâtiment, un trop fort taux d'humidité n'apporte que des
inconvénients. On pourrait aller jusqu'à dire, que l'étanchéité à l'air est le point névralgique
d'une maison. En effet, elle dépend de nombreux facteurs, dont notamment la qualité de
la construction et peut avoir de nombreuses conséquences aussi bien au niveau de la
ventilation, du chauffage, de l'isolation ou du confort notamment.
II-1- Un renouvèlement d'air nécessaire :
Une maison très étanche à l'air peut avoir des effets très néfastes lorsqu'on est en ventilation
naturelle. Le renouvellement d'air ne sera alors pas suffisant et outre les problèmes de
condensation qui pourront apparaître, c'est bien une dégradation de la qualité de l'air
intérieur qui aura lieu. En effet, les différents polluants (CO2, benzène, aldéhydes...) se
retrouveront en quantité plus élevée, l'air ne sera plus sain. Ce cas arrive classiquement lors
d'une rénovation avec changement des menuiseries et des ouvrants sans modifier le type
de ventilation. Ce cas de figure peut également se retrouver lorsque les entrées d'air des
fenêtres sont bouchées. C'est pourquoi il est important de bien ventiler sa maison, en
mettant en place une ventilation.
Il ne faut pas confondre pertes par "fuites d'air" qui doivent être empêchées et pertes par
"renouvellement d'air" qui doivent être maîtrisées par exemple avec des VMC à débit
variable (hygroréglable).
II-2- Les conséquences d'une mauvaise étanchéité à l'air :
- Les pertes thermiques :
Lorsque l'on pense à l'étanchéité à l'air, on pense en premier lieu aux pertes thermiques. En
effet, l'air chaud va s'échapper et une partie du chauffage sera gaspillée. Ces pertes
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thermiques sont rarement quantifiables (sauf test d'infiltrométrie) mais sont généralement
assez vite repérables car ce sont les points où il y a aura apparition de moisissures.
Les principales sources de fuite
- L'inconfort :
La sensation de courant d'air froid est généralement liée à la mauvaise étanchéité à l'air,
notamment au niveau des menuiseries. En plus de cela, une mauvaise étanchéité à l'air va
également perturber l'écoulement que devrait avoir l'air, surtout lorsque la ventilation est
assurée par une VMC double flux, avec le risque d'avoir de l'air vicié transporté dans les
pièces de vie au lieu d'être correctement évacué.
- Les problèmes d’humidité :
La mauvaise étanchéité à l'air engendre un apport d'humidité non contrôlé. Cela peut
provoquer des risques de condensation notamment si la ventilation n'est pas maîtrisée. La
présence de ponts thermiques, qui vont souvent de pair avec une mauvaise étanchéité à
l'air, renforce ces risques de condensation (différence de température importante +
humidité).
III- Etanchéité à l’eau :
L'étanchéité à l'eau est l'ensemble des dispositions constructives mise en œuvre pour
empêcher l'entrée de l'eau à l'intérieur d'un bâtiment. L'objectif est de s'assurer que les
éléments naturels extérieurs (pluies, neige, nappe phréatique) et la présence de vapeur
d'eau dans l'air (humidité ambiante) ne viennent pas mettre en péril les éléments constitutifs
du bâtiment (structure, isolation).
La protection d'un bâtiment contre l'eau fait l'objet de nombreuses techniques de
construction. Les solutions sont différentes selon que l'on envisage l'étanchéité à l'eau
d'un mur enterré, d'une façade, du plancher bas et des couvertures.
III-1- La façade extérieure et son étanchéité :
- Étanchéité de la façade extérieure : le phénomène de remontées capillaires :
On parle de remontées capillaires quand l’eau contenue dans le sol remonte le long des
murs. Ces derniers se retrouvent alors dans un état quasi permanent d’humidité. Si la façade
est très poreuse et non ensoleillée, elle absorbera beaucoup d’eau et se dégradera
facilement.
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Une façade peu poreuse et bien exposée au soleil ne connaîtra pas les effets des
remontées capillaires. L’eau absorbée ou recouvrant la façade se verra évaporée sous
l’effet de la chaleur.
Cas de remontées capillaires
- Les inondations et l’eau de ruissellement
Lors d’une inondation, les façades des maisons séjournent dans une grande quantité d’eau
durant plusieurs semaines. Elles absorbent l’eau stagnante jusqu’à saturation. La façade
s’effrite peu à peu et l’eau présente à l’extérieur s’infiltre dans les différentes pièces de
l’habitation. Le problème d’infiltration se constate également quand l’eau de ruissellement
ne s’écoule plus normalement. Si elle stagne aux alentours de la façade ou ruisselle sur
cette dernière, elle s’infiltre petit à petit à l’intérieur.
- Les symptômes d’un manque d’étanchéité de la façade extérieure
Si une façade présente des problèmes d’étanchéité, les signes ci-dessous peuvent
apparaître :
• La façade reste toujours humide
• La façade présente des taches verdâtres, brunes, sombres ou blanches,
développées par des moisissures
• La peinture de la façade s’effrite ou est craquelée
• La façade se trouve fissurée
• L’eau s’infiltre par la façade de l’extérieur vers l’intérieur
III-1- Etanchéité des toitures terrasses :
Les toitures-terrasses sont une des parties les plus exposées aux intempéries (pluie, neige,
grêle, …) d’un bâtiment. Qu’elles soient accessibles ou non, elles doivent impérativement
être étanches pour éviter que les eaux pluviales ne s’infiltrent et occasionnent de nombreux
dégâts.
- L’étanchéité en membrane bitumineuse
Constituée d’une armature enrobée de bitume, la membrane bitumineuse se présente sous
forme rouleau. Ce type d’étanchéité est un système économique, rapide à mettre en
œuvre qui s’applique à tous les types de toitures, y compris les toitures végétalisées.
Le bitume, également appelé asphalte, est une forme de pétrole liquide ou semi-solide,
noire, très visqueuse et collante. Grâce à ses qualités d'imperméabilité, il est largement
utilisé dans la construction.
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Les membranes bitumineuses sont idéales pour l'imperméabilisation des toits, des sous-
sols, des structures souterraines, des ponts et autres structures.
Les membranes bitumineuses sont mises en œuvre par soudure à la flamme sur support en
béton ou sur panneaux isolants ou par collage à froid.
Membranes d’étanchéité (bitumineuses)
Mise en œuvre de membranes d’étanchéité :
[Link]
- L’étanchéité liquide
Cette solution est principalement destinée aux ouvrages spéciaux, difficiles d’accès
(gradins, balcons, coupole…) mais également aux ouvrages ne pouvant pas recevoir de
surcharge ou présentant un risque d’incendie. Appliquée au rouleau, la pose d’un système
d’étanchéité liquide commence par le nettoyage de la surface à étancher. Une fois
propre, on place une toile destinée à protéger la surface en cas de fissure. Sur la toile sera
appliqué au rouleau de peinture un primaire d’adhésion, qui permettra à la résine étanche
de bien adhérer à la surface.
Un système d'étanchéité liquide (SEL) est un mode d'exécution de l'étanchéité réalisé par
l'application de résines liquides (en une ou plusieurs couches) formant après séchage un
revêtement continu, sans soudure parfaitement étanche et de grande résistance.
Mise en œuvre de système d’étanchéité liquide
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PARTIE III : DETAILS DES ENVELOPPES – ISOLATION ET ETANCHEITE
CHAPITRE 3- DETAILS DES ELEMENTS DE FAÇADE
I- Choix des matériaux en fonction :
I-1- Le bois
The Exchange, Kengo Kuma & Associates
C’est dans le quartier animé de Darling Harbour à Sydney que le cabinet Kengo Kuma &
Associates a conçu un nouveau centre polyvalent, The Exchange. Le site choisi pour le
nouveau centre a été défini par Kengo Kuma lui-même comme une « petite poche parmi
les gratte-ciels », un espace à la géométrie rigide et rigoureuse avec de grands bâtiments
résidentiels et des commerces au rez-de-chaussée. Le nouveau bâtiment a été conçu pour
faire partie du vaste programme d’aménagement urbain du quartier, offrant à ses
habitants une bibliothèque publique, une garderie et des espaces à usage commercial,
dont un marché de produits frais et des restaurants. L’architecte a donc créé une forme
qui s’intègre harmonieusement à la place, se fondant dans le paysage urbain pour lui
redonner une échelle plus humaine. Un bâtiment attrayant qui est rapidement devenu un
nouveau repère urbain, et ce malgré sa petite taille par rapport aux grands bâtiments qui
l’entourent et aux gratte-ciels qui caractérisent la skyline de Sydney.
Les façades de The Exchange sont entièrement vitrées mais protégées aux étages
supérieurs par l’écran de bois qui, tel un ruban, enveloppe chaque étage du centre
polyvalent. Il s’agit de bandes en bois organique qui entourent le bâtiment, d’une manière
visiblement naturelle, offrant ainsi plus d’intimité aux différents étages et filtrant la lumière
du soleil pour que les espaces extérieurs jouissent d’un éclairage plus doux.
Pour le revêtement extérieur du bâtiment, Kengo Kuma & Associates ont choisi le bois car il
offrait aux voisins une vue sur une structure naturelle, comme si un nid avait été construit
dans la « poche » laissée entre les gratte-ciels. Un bâtiment qui est rapidement devenu une
architecture iconique pour tout le quartier.
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I-2- Le béton – L ’acier – Les fibres de verre :
Le centre culturel Heydar Aliyev, Zaha Hadid
Le centre culturel Heydar Aliyev, réalisé entre 2007 et 2012, est conçu par l’architecte Zaha
Hadid. Il est situé à Bakou, capitale de l'Azerbaïdjan.
Le projet comportant un auditorium, une bibliothèque, un café et des espaces semi-publics,
s'élève sur le sommet d'une colline urbaine dans le quartier le plus récent de la ville.
L'enveloppe présente des ondulations, des plis et des torsions qui se veulent utiles de
manière à scinder les différents lieux de l'édifice : accueil, salles, couloir de circulation.
Le projet se présente sous forme d’une structure en béton et un cadre en trois dimensions
qui soutiennent une surface réalisée à l’aide de matériaux permettant de donner à
l’architecture la forme plastique (béton renforcé aux fibres de verre et polyester renforcé
aux fibres de verre).
Le bâtiment se distingue par sa façade en fibre de verre renforcée par des panneaux
d'aluminium-polyester bituminés. Une protection étanche, complétée par un film
monocouche de polyoléfines thermoplastiques modifiées de 2 mm d'épaisseur, armé d'une
grille polyester. L'ensemble des toitures et façades exposées, soit 40.000 m² sont ainsi
protégés des rayons ultraviolets pour une grande durabilité et une grande résistance
mécanique.
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I-3- Le verre – L ’acier :
Musée de l'avenir, Dubaï, Emirats Arabes Unis, Shaun Killa
Le Musée du futur est un monument consacré aux démarches innovantes scientifiques et
futuristes, situé dans le quartier financier Financial district de Dubaï, aux Émirats arabes unis.
C’est un bâtiment en forme de tore avec des ouvertures en forme de poème calligraphié
parlant de l'avenir, écrit par Son Altesse Cheikh Mohammed ben Rashid Al Maktoum, le
souverain de Dubaï et aussi vice-président et premier ministre des Émirats arabes unis.
Avec ses 1024 panneaux de revêtement, le bâtiment se présente comme l'une des
structures les plus complexes au monde. Killa Design et Buro Happold ont développé de
nouveaux outils de conception paramétrique et de modélisation des informations du
bâtiment (BIM), notamment un algorithme de croissance qui utilise des moyens numériques
pour développer la structure métallique interne. Le bâtiment de 77 mètres de haut est
soutenu par une structure en acier qui a été "développée numériquement" à l'aide d'outils
paramétriques - une structure qui signifie que le bâtiment n'a pas de colonnes internes.
L’enveloppe du projet associe des préimprégnés de fibre de verre et de carbone légers,
dont les performances au feu ont été approuvées par la défense civile de Dubaï (DCD),
avec un revêtement extérieur en acier inoxydable permettant de produire la superbe
couche extérieure du bâtiment en forme de tore. La forme de chaque panneau est unique
car la calligraphie arabe recouvrant la façade est moulée dans chaque panneau, les
lettres noires faisant également office de fenêtres en verre sur la façade.
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II- Façade verte :
Une façade verte est une paroi verticale (ou oblique) végétalisée à l’aide de plantes qui
plongent leurs racines dans la terre ou dans des bacs.
On distingue trois types de façades vertes :
II-1- Façade avec revêtement végétal apposé : le mur comme support
Dans le cas où le mur de façade est le support direct de la plante (uniquement valable
pour les espèces végétales munies de crampons ou de ventouses), le revêtement mural
doit permettre un bon accrochage à la plante afin de lui garantir un plein épanouissement.
Cet accrochage est possible sur des murs en pierre naturelle, en brique, en bois…
Les plantes grimpantes ne font pas de trous dans la maçonnerie mais peuvent profiter d'une
fissure ou de joints de ciment vieilli pour s'y introduire et occasionnent dans ce cas des
dégâts. Dès lors, les revêtements de façade doivent être en bon état pour y accueillir des
plantes grimpantes. Dans le cas contraire, on préfère les plantes grimpantes évoluant sur
un support accroché au mur de façade.
II-2- Façade avec revêtement végétal apposé : avec structure de support accrochée au mur
Les supports accrochés au mur peuvent être linéaires (fils, câbles, barres, tubes…) ou
bidimensionnels (câbles entrecroisés, cadres avec treillis ou filets, panneaux ajourés…
La distance minimale entre le mur et le support est d'au moins 2 cm en plus du diamètre de
la plus grosse tige caractéristique de l'espèce végétale prévue.
Il est préférable de mettre en place le support pendant la construction du bâtiment, ce qui
laisse au projet un choix technique plus important :
1. Structure rigide avec points d'ancrage uniformément répartis sur toute la hauteur
de la paroi
2. Structure rigide avec point d'ancrage principal à la partie supérieure du mur. Des
points d'ancrage secondaires empêchent les mouvements latéraux
3. Structure rigide prenant principalement appui au sol sur une fondation. Les points
d'ancrage secondaires empêchent les mouvements latéraux
3a. Variante avec ancrage au pied de la paroi au moyen d'équerres
4. Structure relativement flexible : câbles tendus ou fibre de verre avec points
d'ancrage principaux à leurs extrémités.
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Dans le cas où le support est mis en place après la construction du bâtiment :
- Privilégier les structures fixées à la façade et/ou au sol ;
- S’assurer que la structure de la façade présente une résistance suffisante ;
- Dans le cas d'une isolation par l'extérieur, être vigilant à ne pas créer un pont
thermique au niveau des points de fixation du support.
Exemples de réalisations sur des supports métalliques
III- Façades à double peau
Les façades double peau se composent d'une paroi extérieure et d'une paroi intérieure,
généralement vitrées et séparées par une cavité de quelques centimètres à plusieurs
mètres. Cette dernière permet une circulation de l'air et intègre souvent des protections
solaires qui sont protégées des intempéries.
La façade à double peau comporte :
III-1- Le vitrage et son emplacement :
Le type du vitrage intérieur et du vitrage extérieur sont généralement différents. Cette
différence est due essentiellement au type de ventilation. En effet, il en existe quatre
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possibilités en fonction de la destination et de l’arrivée de l’air à l’intérieur du canal. Comme
le montre la figure ci-dessous, la position du double vitrage dépend essentiellement du type
de ventilation. Etant donné que le double vitrage est meilleur isolant thermique que le
simple vitrage, sa position influe d’une manière considérable le bilan thermique de la zone
considérée. En ce qui concerne la ventilation extérieure, le double vitrage est du côté
intérieur. Cette position contribue à mieux séparer l’espace extérieur de l’espace intérieur.
En été, cela permet de diminuer la propagation de la chaleur emmagasinée par la
protection solaire et l’effet de serre engendré dans cet espace confiné à l’intérieur des
locaux. De la même manière et pour les mêmes raisons, le double vitrage est placé du côté
extérieur pour la ventilation intérieure. En hiver, la chaleur engendrée par l’effet de serre et
celle absorbée par les protections solaires contribuent au préchauffage des locaux et le
double vitrage isole le local vis à vis de l’ambiance extérieure.
Différents types de ventilation du canal de la façade double-peau
III-2- Protections solaires et leur position :
La protection solaire remplit deux objectifs bien distincts : limiter les apports solaires d’une
part et de réguler le flux lumineux, d’autre part. Il existe plusieurs types de protections solaires
dans l’industrie. Leur utilisation est judicieuse puisqu’une bonne position combinée à une
bonne ventilation du canal peut considérablement baisser les consommations
énergétiques.
III-3- Le canal de la façade :
Le canal est l’espace délimité entre les deux couches de verre. C’est là que circule l’air et
sert de tampon thermique. Il est possible de classer les façades double peau en fonction
de l’épaisseur du canal. Trois catégories peuvent être proposées :
- La première catégorie concerne les canaux dont l’épaisseur varie entre 5 cm et 50
cm. Cette plage d’épaisseur est la plus utilisée.
- La deuxième catégorie concerne les canaux dont l’épaisseur varie entre 50 cm et
200 cm. Cette plage d’épaisseur rend les canaux des façades accessibles. Cette
dernière reste un critère important pour le choix final du type de la façade.
- La troisième catégorie concerne les épaisseurs dépassant 200 cm. C’est le cas des
grands atriums et les grands espaces intérieurs
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Canaux de façade
Détail de la façade à double-peau des immeubles qui composent l’îlot Rive-Centre
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